Thierry On en a suffisamment de surprises sur le chemin, mais si on les a déjà bien identifiés au départ et qu'on n'est pas dépourvus quand il arrive à un problème bénin, on va être plus à même de répondre aux problèmes majeurs quand il va arriver. Donc c'est ce que j'essaye de faire. Pendant un mois ou deux avant, j'ai ma luge dans ma chambre et je modifie les positions. Il faut que les yeux fermés, je sache où est le matériel. Sous-titrage Société Radio-Canada ou encore des militaires, des forces spéciales.
Loïc Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs,
Thierry irrévocables dans vos vies. Nickel. Eh bien, écoute, bienvenue Thierry pour la troisième fois au micro du podcast. Ça a été officiellement le vainqueur, le recordman, tout ce qu'on veut. j'ai jamais eu d'invités jusqu'à présent qui sont passés trois fois sur le podcast mais comme on s'est absolument régalé les deux premières fois, je me suis dit allons-y, remettons le couvert pour une troisième, surtout que tu viens de réaliser deux performances absolument exceptionnelles ou en tout cas globalement une performance globale exceptionnelle sur deux courses monstrueuses auxquelles tu viens de participer donc ravi Thierry de te recevoir à nouveau pour que tu viennes nous raconter tes dernières aventures Bonjour Loïc je suis très heureux d'être avec toi encore une fois et de partager effectivement ces deux courses une un peu moins réussie que l'autre bien sûr et voilà on va passer un beau moment j'en suis sûr
Loïc yes
Thierry donc Thierry la dernière fois que tu es venu sur le podcast on avait parlé d'une aventure que tu avais partagée avec ton fils tu avais fait
Loïc un énorme tour du monde qui était en fait la combinaison d'une transatlantique à la rame d'une traversée du continent nord-américain
Thierry à vélo, en tout cas des Etats-Unis à vélo, puis à nouveau du vélo, puis de la course à pied pour finir. C'était absolument énormissime. Mais une aventure plutôt au long cours. Là, tu viens de participer à deux épreuves légendaires dans l'univers de l'Ultra. Alors, toi, tu touches un peu à tous les milieux. Tu as déjà fait des épreuves dans du très chaud, du très froid. Mais j'ai quand même l'impression que tu es pas mal attiré par le très froid. Et là, en l'occurrence, il s'agissait la première course de la Yukon Arctic Ultra qui avait lieu début février si je ne me trompe pas j'ai noté 1er février en préparant l'épisode c'est ça ? ça oui ok donc la Yukon Arctic Ultra qui a lieu au Canada le Yukon c'est un des territoires du nord du Canada donc on peut difficilement faire plus au nord que ça c'est une course que tu avais déjà remportée d'ailleurs c'était la première fois qu'on avait échangé pour le tout premier épisode tu nous en avais parlé
Loïc 20... Alors, je me rappelle que je m'étais planté, et du coup, j'ai un doute maintenant. Je ne sais plus si c'était 25 ou 27 jours.
Thierry Non, ça, c'était pour le Yukon. Comme tu dis, en 2019, c'est là que j'avais mis 9 jours. Là, ce que tu dis, c'est pour l'Eddie Tarod. Ah oui, non, pardon, je comprends. Avec l'Eddie Tarod. Et en fait, on s'était trompé, je t'avais dit une bêtise, c'était bien 25 jours. Je me suis trompé quand je t'avais dit... À force, je me ménage. Tu m'étonnes, à force de les enchaîner. Donc, l'Eddie Tarod, autant pour moi. Mais c'est vrai qu'on avait évoqué la Yukon Arctic aussi, également à ce moment-là. Yukon Arctic, tu y as participé cette année, tu étais dans les favoris, le favori selon les articles que les gens liront, tu étais le favori ou l'un des favoris. Et puis, il y en a une deuxième. Alors, tu nous le diras, je ne sais pas si les deux, si tu avais prévu à la base d'enchaîner les deux ou si tu as décidé de partir sur la Laplande après le… Je ne sais pas si toi, tu le qualifies d'un échec, mais en tout cas, le résultat de la Yukon qui n'était pas vraiment celui espéré. Mais voilà, on va parler de tout ça. Peut-être Thierry, pour commencer, s'il y en a qui n'ont pas écouté tes épisodes d'avant, on va faire un focus sur ces deux courses. Mais de manière générale, c'est quoi ton rapport à ces courses dans des environnements polaires, ultra froids, des formats très longs, du 500 km et plus ? Comment dans les grandes lignes, est-ce que tu es tombé là-dedans et qu'est-ce qui te plaît dans ces formats-là ? Moi, j'ai tendance à dire sur mes interventions que je fais régulièrement, c'est de dire que plus je me trouve longtemps dans des milieux naturels, et plus je m'éclate. Donc c'est vraiment ce qui me pousse à faire des très longues distances, c'est me trouver dans cette nature souvent hostile, parce que même si le désert, j'en fais de moins en moins, mais j'ai adoré ça à un certain moment, que ce soit le désert ou le grand froid, on est souvent seul face à l'immensité de la nature, à la force de la nature, et à des difficultés où il faut savoir se gérer. Et c'est ce qui m'attire le plus. Donc certes, on a un dossard, on a un résultat, on essaie de faire le mieux possible, mais ce qui m'anime, je dirais, dans le fait de participer à ces courses, c'est de me prouver que je suis capable encore de faire des choses. Ça, c'est sûr, pour maintenant, c'est le cas. Mais en plus, de passer, comme je disais, du temps et de m'épanouir aussi dans ces milieux naturels qui sont incroyables. donc voilà c'est ce qui m'anime vraiment à chaque inscription de course depuis des années je me souviens tu avais partagé sur ton premier épisode quand tu nous parlais de l'éditerre d'une anecdote puisque c'est une course qui se fait alors toi tu l'avais fait à pied mais je crois qu'historiquement si j'ai bonne mémoire c'est une course qui se faisait en chien de traîneau puis il y a d'autres formats qui ont été ajoutés au fur et à mesure dont notamment à fatbike donc vélo avec des énormes roues pour aller sur la neige. Et je me rappelle, tu avais partagé l'anecdote d'un participant qui, je crois, dès le premier jour peut-être, un participant à vélo, a traversé la glace et s'est retrouvé, au final, amputé. Des doigts ou des mains, je ne me rappelle plus très bien si c'était les doigts ou les mains, mais en tout cas, c'est un amputation. Donc, le risque, il est réel. Du coup, ma question, c'est... Alors là, tu viens de parler évidemment de la beauté de l'environnement, je pense que ça va être incroyable comme expérience de se retrouver face à soi-même comme ça, mais est-ce que est-ce qu'on finit par s'habituer à la rugosité et à la dangerosité de l'environnement ou c'est toujours un paramètre qui parfois peut te faire flipper pendant les épreuves ou avant les épreuves d'ailleurs ? Alors, comme je le dis souvent, je ne fais pas ça pour me mettre en danger, alors que bien sûr c'est paradoxal ce que je viens de dire, mais je me prépare énormément à ce genre de course pour justement que ça n'arrive pas. On sait qu'il y a des possibilités, il ne faut pas le nier, c'est possible qu'il nous arrive quelque chose en faisant une erreur, mais justement, quand on est précis dans sa préparation, quand on a testé tous les paramètres, malgré l'habitude que j'ai depuis des années de faire ce genre de course, je retravaille tous les automatismes, notamment la vitesse dans laquelle je vais devoir entrer dans mon duvet, parce que justement j'ai 5 minutes pour entrer quand je décide de dormir, donc je me chronomètre encore pour ça, à chaque fois, pour être performant, pour connaître vraiment la position de mon matériel dans la luge, pour ne pas perdre de temps, pour ne pas qu'il nous arrive ce genre d'aléas. Encore une fois, l'objectif, c'est de passer du temps, comme je le dis, et de se prouver à soi-même qu'on est capable de faire ces choses-là. Mais c'est surtout de raconter aussi des belles histoires quand je rentre. J'ai besoin de raconter à mes enfants, à ma famille, ce qui s'est passé. Déjà, pour eux, ils ont peur souvent. Ils ont confiance maintenant depuis le temps. Je parle beaucoup avec eux de ce paramètre, de faire très attention. Mais ils savent très bien que ça peut arriver. On en a parlé aussi. Mais encore une fois, il faut vraiment que je me mette en condition souvent de réussite. Et cette anecdote, elle était terrible parce que je croise deux fois ce vélo qui était face à moi. Alors j'ai douté, je me suis dit est-ce que c'est moi qui ne vais pas dans le bon sens ou lui ? Il s'avérait que c'était bien lui. et quand je le vois le lendemain au checkpoint dans un petit refuge avec Iroa Dessé-Di-Doigt qui était tout noir même si je ne suis pas un spécialiste des engelures, je n'avais jamais vu de si près des engelures effectivement il a eu les dix doigts amputés il est tombé dans l'eau parce qu'il s'était trompé de parcours et il n'a pas dû faire les gestes qui allaient bien parce qu'on a tout le matériel normalement pour trouver des solutions et il faut aller très vite là aussi parce qu'au début on peut utiliser encore nos mains mais ça va très vite, donc il faut pouvoir faire un petit feu, il y a un réchaud donc est-ce qu'il a pu allumer son réchaud pour pouvoir se réchauffer au moins les mains ou il a foncé directement vers le checkpoint pour voir s'il avait le temps encore d'y arriver je ne sais pas tout ça mais au final c'est que repartir on avait fait à peine une cinquantaine ou une quarantaine ou cinquantaine de kilomètres il y en avait quand même 1650 repartir avec cette vision des engelures et de ce visage de ce cycliste qui avait compris que c'était très grave. C'était dur de repartir après ça. J'avais vraiment du mal à me remobiliser, à me dire, bon, là, tu as un objectif, tu penses à lui, tu te dis, c'est terrible de voir ça. Donc, effectivement, c'est des moments très compliqués, mais il n'y a pas énormément d'accidents, malgré tout. Sur ces courses-là, il faut quand même relativiser. et comme je le dis moi je n'ai qu'un objectif quand je fais ces courses c'est me préparer et anticiper tout ça c'est vraiment très très important pour moi
Loïc ouais donc ce que tu dis
Thierry c'est que même avec l'habitude en fait tu continues d'avoir le même niveau d'exigence et de préparation pour chacune de ces courses parce que la réalité c'est que si tu l'as pas il n'y a pas vraiment de marge il n'y a pas vraiment de droit à l'erreur sur ces formats là vu les conditions climatiques et l'isolement c'est exactement ça, il n'y a pas de marge à l'erreur et puis il faut vraiment revenir souvent aux bases dans tous les domaines là je vais parler du sommeil mais alimentaire il faut se reposer les bonnes questions trouver des solutions user un peu de l'expérience qu'on a aussi maintenant j'ai quand même de l'expérience donc sur le matériel je sais ce qui est bon, ce qui est moins bon et je sais ce que je peux utiliser ce que je ne peux pas utiliser je sais ce qui est utile ou pas et tout ça, c'est important. Toute cette expertise, elle est très importante pour évoluer même. Au fur et à mesure du temps, j'ai fait évoluer les vêtements avec mon équipe Montessimale. On a vraiment travaillé des protos pour être élégés mais très efficaces parce que la sécurité, c'est vraiment le plus important. Si on rentre un peu plus dans le détail maintenant, d'ailleurs tu dis la Yukon Arctic Trail, de Yukon je dis la Yukon mais je ne sais pas si ça ouais moi aussi j'ai dit la Yukon donc je suis la Yukon ok c'est quoi un peu parce que tu nous avais beaucoup parlé de l'histoire de l'éditer à roth justement moi ça m'avait marqué la manière dont la course avait évolué l'accueil des gens etc l'histoire de la Yukon Arctic c'est quoi et qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on retrouve comme format sur cette course alors le format initial n'existe plus on est toujours sur une course on suit le parcours des chiens de traîneau, les Munchers, qui faisaient un parcours et qui partaient de Whitehorse, qui est la capitale du Yukon, et qui allaient sur Dawson et même ils allaient plus loin, ils continuaient. Et le format, je dirais, initial de la course à pied, du vélo et du ski, puisqu'il y a ces trois disciplines, le format le plus long, c'était les 700 kilomètres qui rejoignaient Dawson. C'était historique parce que c'était la route que parcouraient bien sûr et qui ne se fait plus maintenant. C'est bien dommage parce que c'était vraiment un parcours magnifique, en ligne, on est arrivé dans cette ville des chercheurs d'or d'Ausson et il y avait toute une histoire. En plus, c'était très joli ce parcours. Donc ça, c'était l'histoire initiale, de suivre ce parcours-là. Et depuis deux ans, ils ont changé de parcours. Puisqu'il n'y a plus la course qui existe de chez le traîneau, elle ne se fait plus pour des raisons économiques et diverses. Donc, ils ont trouvé un autre parcours qui, à mon sens, est moins intéressant parce qu'il y a un aller-retour. L'année dernière, ils avaient fait un aller-retour sur une partie pour finir dans un village. Et cette année, ils ont fait carrément un aller-retour du village où ils finissaient et revenir au départ. Et ça, c'est vrai que ce n'est pas très intéressant parce qu'un aller-retour, c'est toujours un chemin. c'est difficile moi j'aime pas revenir en arrière comme ça et puis bon en fin de compte on voit qu'une partie du paysage puisque dans l'autre sens c'est la même chose et il n'y a pas d'histoire en plus et ça il n'y a pas d'histoire sur ce parcours maintenant donc je dirais qu'il est pour moi il y a moins d'intérêt que l'histoire de se dire on part quand même de Whitehorse, on va jusqu'à Dawson cette ville des chercheurs d'or il y avait quand même cette histoire là à laquelle on s'accrochait, c'était, on arrivait à Dawson, on rentrait, on voyait le parcours qu'on avait fait en passant par la route, et on peut même rentrer en avion pour revenir à la Whitehorse. Donc c'était vraiment, et puis c'est une ville très atypique Dawson, avec beaucoup de coloration, avec des motels un peu particuliers. Voilà, donc c'est, il y a plus cette partie-là, je trouve ça dommage, mais quand même j'y suis allé. donc j'avais envie de revenir alors pourquoi avant que tu me poses la question pourquoi y être allé et revenir parce qu'en plus j'ai horreur de refaire les mêmes courses j'ai horreur de ça mais quand j'ai fini mon tour du monde avec mon fils j'avais envie de faire une course et il me suis dit comme j'adore le polaire il faut que je trouve une course j'ai cherché, j'ai cherché quelle course que je pouvais faire j'avais vu la 6633 que j'avais jamais faite même si elle se fait sur la route c'est 380 miles je me suis dit je vais faire cette course et j'ai vu qu'on pouvait s'inscrire qu'en 2028 et j'ai pas compris parce que cette année justement ils l'ont fait et j'ai pas vu l'inscription donc je suis pas allé voir cette course et il y avait pas grand chose j'avais toutes fait les courses donc c'était difficile de trouver quelque chose de différent et donc j'ai dit bon ben puisque tu as tout fait pourquoi tu referais pas le Yukon le 1er février et que tu n'enchaînerais pas avec la plan, ça te ferait une challenge, ça tu ne l'as jamais fait d'enchaîner les deux. C'est le même organisateur, je l'ai appelé, je lui ai dit « Robert, j'aimerais bien faire les deux ». Il me dit que ça ne s'est jamais fait dans le format long, ça s'est fait sur des formats plus courts, mais ça ne s'est jamais fait sur le format long. C'est ambitieux, mais pourquoi pas ? J'ai dit que ça va me motiver. Quand je vais m'entraîner, je vais penser à ce challenge des deux. Je voulais m'animer, ce n'était pas la surenchère, c'était plutôt me motiver à moi de me dire je vais faire quelque chose d'un peu différent. Bon, au final, ça ne s'est pas passé comme je le voulais, mais c'était ça un peu l'idée. Donc les formats, les distances sur lesquelles toi, tu es parti, ou en tout cas, tu voulais faire... Et puis, quel était le délai entre les deux pour qu'on se rende un peu compte ? Oui, voilà. Alors, la première, la Yukon Artic Ultra, c'était sur le format le plus long qui faisait 645 km. Ça, c'était le 1er février. et donc bon dans l'absolu je m'étais dit je mettrais à peu près 8 jours 8 ou 9 jours, voilà ce que je m'étais dit de faire donc le temps que je rentre je rentre à peu près mi-février à la maison et enchaîner, il fallait que je reporte assez rapidement sur la plante pour faire le 1er mars, 1er février, 1er mars avec seulement 15 jours d'intervalle entre les deux, le démarrage des 511 km de la Laponie donc c'était ambitieux, c'était très ambitieux mais je me suis dit bon, pourquoi pas il faut voir, est-ce que j'en suis capable est-ce que je peux, mais c'était une source de motivation pour moi, donc je me dis j'avais fait 1600 km en 25 jours sur le lit à rôde, bon même si c'est il y a un départ ou une arrivée, il n'y a pas de coupure au milieu, parce que souvent la coupure c'est le moment le plus délicat parce que bon, à un moment donné tu as toutes les endorphines qui redescendent et puis il n'y a pas juste des périodes de récupération donc c'était quand même audacieux voilà donc l'idée elle était là 645 km au mois de mars au mois de février pardon et 511 km au mois de mars
Loïc ok
Thierry ok tu parlais de la préparation que du coup le fait la perspective d'enchaîner les deux c'est ce qui a été motivé enfin ce qui t'a motivé pour la préparation tu disais un peu plus tôt aussi qu'il faut absolument rien laisser au hasard dans sa prépa, côté matériel, etc. Mais comment tu te prépares physiquement ? Parce que je n'ai pas souvenir qu'on avait trop parlé de ça dans ton premier épisode. Comment tu te prépares physiquement ? Toi, tu habites vers Toulouse. Il fait parfois froid l'hiver, mais pas le froid du Yukon. Comment tu te prépares physiquement pour des formats comme ça ? Alors là, je te confirme, il n'y a pas les températures chez moi qu'on peut trouver. Même en France, il n'y a jamais les températures qu'on peut trouver dans le Grand Nord moi je suis effectivement à 30 km après Toulouse mais j'ai aussi une maison dans l'Ariège, je suis très souvent je suis dans les Pyrénées, dans la partie ariègeuse dans la haute Ariège, dans la vallée de Ville de Sceaux et là je m'entraîne très régulièrement dans les montagnes pour corser les choses et surtout pour faire du travail très spécifique, je tire un pneu souvent pour simuler l'attraction de la luge qu'il ne faut pas négliger parce que c'est un poids qu'on a derrière, même si je travaille le poids, même si je travaille la glisse, même si je travaille tous les paramètres pour justement forcer le moins possible. C'est quand même un paramètre non négligeable et donc je vais dans les montagnes, j'essaye de tirer ce pneu pendant des heures, voire des journées entières pour simuler un peu cette traction. Donc ça, c'est pour le renforcement musculaire et pour le travail très spécifique. Après moi, mes entraînements c'est pratiquement tous les jours. Quand je suis en pleine préparation, je m'entraîne tous les jours donc ça va être des longues distances, un peu moins long du dénivelé ou pas c'est un peu variable mais voilà l'entraînement il n'est pas différent, c'est ce que je fais depuis tout temps, c'est juste peut-être maintenant je fais un peu plus du spécifique où la traction du pneu elle est peut-être plus importante mais sinon le travail foncier est très régulier toute la semaine ça représente entre 15 et 20 heures par semaine et ensuite j'essaye d'y associer du renforcement musculaire avec pas mal d'étirements aussi et puis du travail de salle je travaille en salle et puis comme j'ai utilisé pas mal le rameur sur notre tour du monde je trouvais que c'était très bénéfique pour une préparation générale je l'utilise très régulièrement je l'utilise plusieurs fois dans la semaine ça me maintient le cardio en mettant du rythme, et en même temps, je travaille tous les autres muscles de façon à être prêt pour ce genre d'épreuve qui est souvent difficile, notamment sur le Yukon, où il y avait du dénivelé sur une partie qui était importante, mais il n'y avait pas des grosses montées, mais il y a eu quand même 20 km d'ascension après le premier CP, donc c'est des bonnes montées, bonnes descentes aussi, mais surtout des bonnes montées, et donc il faut vraiment être prêt physiquement travailler les lombaires travailler tous les muscles qui vont être sollicités pendant cette époque Et à l'approche des courses ton alimentation elle évolue ? Tu t'essaies de prendre du poids et du gras notamment ou pas forcément ? Non j'en ai pas besoin, j'en ai déjà donc j'ai pas besoin de prendre du poids c'est pas un souci, bien au contraire c'est ce que je combats en permanence donc non non je prends pas du poids certains le font, dont Mike Horn il le fait aussi parce que lui il fait des expéditions sur plusieurs mois et il a besoin de s'engraisser un peu mais nous non, moi non, personnellement je le fais pas, je te dis j'essaye de combattre plutôt le poids de tout temps donc c'est plutôt ça que j'essaye de faire que d'en prendre pour ce type, alors après effectivement on en perd beaucoup sur ces courses parce que déjà moi j'ai du mal à m'alimenter quand je suis dans un effort comme ça constant et que ce soit dans le désert, dans le froid ou dans les montagnes, c'est la même chose. J'ai quand même une grosse difficulté à m'alimenter. Là, j'en perds déjà pas mal. Sinon, je ne fais rien de très particulier. Je travaille plus ce que je vais manger sur la course parce que comme je suis assez difficile, maintenant je me connais, donc j'essaie de trouver des stratèges pour essayer de m'alimenter un minimum et que ça me serve. Ça me serve pour pouvoir avancer et essayer de franchir la ligne. Ok.
Loïc Je ne savais pas que tu étais difficile, comme tu dis, sur l'alimentation.
Thierry Il faut quoi du coup ? Tes saucisses, ton cassoulet, c'est quoi le… Qu'est-ce que tu veux dire qui est difficile ? Alors, écoute, c'est que dès que je suis en micro-traumatisme sur mon estomac, il n'y a rien qui passe. Donc, j'essaie de trouver des aliments qui me conviennent. je ne veux pas te dire là, parce que ça change en plus, c'est ça le plus terrible, c'est que si c'était toujours la même chose, mais des fois il y a des aliments qui passent alors l'avantage que j'ai eu cette fois-ci c'est que pour notre tour du monde on avait 140 kilos pour la traversée de l'Atlantique notre Transat, on a eu 140 kilos d'alimentation, notamment lyophilisée, sur le bateau et j'ai pu découvrir des marques que je ne connaissais absolument pas et le partenaire qu'on avait il nous a fourni avec beaucoup de marques pour qu'on ait une grosse variété et du coup j'ai pu identifier des marques qui me convenaient mieux dans lesquelles j'appréciais et donc je les ai notés et il m'en restait d'ailleurs pas mal de la Transat puisqu'on avait prévu 80 jours, on a mis 50 jours donc ça fait beaucoup quand tu es deux dans le bateau donc il nous a resté pas mal donc j'ai utilisé ces c'est lyophilisé c'est bas et c'était bien parce que au moins ça m'a permis de pouvoir éviter cette phase pour le lyophiliser ça allait mais c'est tout ce qui est prise alimentaire rapide où là j'ai eu un peu plus de mal j'arrivais pas trop à m'alimenter quand j'étais dans l'effort il fallait vraiment que je m'arrête un certain temps pour arriver, bien souvent j'arrivais j'allais me coucher pour déjà laisser poser mon corps et manger avant de partir pour que là, j'ai pas cet effet de micro-traumatisme, je dirais, de mon estomac qui me mettent dans des états des fois difficiles.
Loïc Ok. Et niveau matériel, t'es parti avec le même équipement sur ces deux courses ou il y a des spécificités qu'il fallait prendre en compte ?
Thierry Alors, le Yukon, il y avait un peu de matériel rien de très important mais notamment, on est obligé d'avoir trois thermos sur le Yukon sur la Plane, deux seulement les thermos c'est là où on met notre eau chaude qu'on nous donne sur les postes de contrôle ou qu'on se fait soi-même avec nos réchauds et donc au Yukon par rapport à l'environnement et les températures qui peuvent être beaucoup plus froides on était obligé d'avoir ça d'avoir trois thermos, on était obligé d'avoir aussi une veste c'est dérisoire là aussi 400 grammes de plumes d'oie une veste expédition grand froid alors que sur la Laplante c'est 350 on n'est pas à 50 grammes près mais il y a quelques spécificités on est obligé d'avoir une lumière sur la Laplante parce que certainement c'est un Laponie suédois c'est demandé mais au Yukon n'est pas obligé il y a quelques spécificités mais globalement c'est à peu près la même chose donc moi l'équipement je n'ai pas eu besoin de me faire de nez à la tête j'ai mis le même pour les deux j'ai pas regardé si c'était 350 ou 400 j'ai mis 400 directement pour ma veste la lumière je l'ai pas mise parce que bon c'est toujours des contraintes mais sinon globalement j'étais parti avec le même matériel donc ça c'était pas un sujet j'avais plus travaillé comme d'habitude le poids global par exemple je prends un exemple concret mais par exemple la vaisselle elle est toute en titane parce que c'est plus léger on est obligé d'en avoir une casserole d'un litre autant qu'elle soit en titane ça fait gagner un peu de poids et je vois que par rapport à 2019 par exemple où j'étais je pense au delà des 25 kilos sur ma luge maintenant je suis plutôt au delà de 15 15-17 kilos donc j'ai vraiment gagné pas mal de poids en travaillant d'ailleurs quand ils voient ma luge au départ, certains se demandent quelle course je fais parce qu'ils la voient petite ils la voient très ergonomique mais là aussi je travaille aussi l'ergonomie c'est que d'ailleurs je travaille avec des sacs compressibles pour vraiment que ce soit pas vraiment la pagaille dans ma luge, je veux que tout soit à sa place vraiment très calée et tout au long du parcours parce que souvent on a tendance à laisser gonfler les choses et puis après on peut plus les ranger dans la luge, surtout quand on a des luges très light comme moi il faut, la place elle est comptée, donc je m'entraîne aussi à vraiment repositionner les choses à leur place et dans le conditionnement que je les avais mis à l'initial. Ça, c'est très important. Il s'avère que ça se ressent. Ça surprend les gens quand ils voient ma luge. Mais j'ai tout le matériel obligatoire. Je réponds à tous les critères. La seule chose, c'est que j'ai vraiment compressé les choses. J'ai vraiment tout le matériel. Les vêtements, ils sont dans les poches où j'enlève vraiment le vide. Et puis, je travaille chaque élément pour que je puisse avoir toujours dans des zones sécuritaires ça c'est le plus important mais du matériel le plus léger possible qui répond aux critères de la course
Loïc ouais deux dernières questions
Thierry sur le matériel, la première c'est ta luge elle est en quoi ? en plastique ? elle est en plastique moi dans mon sac de 23 kilos qu'on met dans ton bagage que tu mets en soute j'ai ma luge j'ai mes raquettes, j'ai mes bâtons, j'ai tout dans mon sac c'est incroyable j'ai pas besoin de faire un bagage sportif j'ai tout en Laponie j'ai eu du mal parce que j'avais pris peut-être un peu trop d'alimentation mais sinon j'ai tout j'ai tout le matériel parce qu'il est ergonomique parce que là aussi j'avais commandé à l'époque ma luge aux Etats-Unis il y avait un matériel avec un sac en dynamo très léger mais aussi très solide très solide et surtout qui résiste à la pluie qui peut résister à l'abrasion, qui peut y avoir vos chocs, on peut prendre nos branches, un caillou, il ne faut pas que ça déchire. Donc tout ça, je l'ai et j'en suis très content. En plus, il est compartimenté, ma luge est compartimenté, j'ai toute la partie nuit qui est sur l'avant de ma luge, je n'ai pas besoin de réfléchir, j'ouvre le sac, je tire mon duvet qui lui-même est dans le bivy bag, c'est-à-dire l'enveloppe étanche qui va protéger mon duvet. Dessous, j'ai mon matelas, j'ai même maintenant mon petit moteur pour gonfler pour ne plus le faire avec le sac tout ça est très organisé très compartimenté dans ma luge, j'ai ma zone pour les repas, j'ai ma zone pour mes vêtements, j'ai la zone pour la partie électronique tout ça c'est du travail que je fais vraiment pendant un mois ou deux avant j'ai ma luge dans ma chambre et je modifie les positions je mémorise toutes les positions, il faut que les yeux fermés sachent où est le matériel et ça c'est très important parce que quand il arrive justement un problème comme on a parlé tout à l'heure du vélo il faut savoir où est ton matériel si tu cherches ton briquet ou ton réchaud où tu l'as mis ou tu le mets pas à la même position dès que tu l'as utilisé quand tu veux le ranger et bien tu peux avoir des accidents et ça va très vite, c'est la vitesse qui va faire que tu peux résoudre un problème et si t'es pas efficace, ça sert à rien c'est pour ça que je travaille encore comme je dis, toujours les automatismes je réfléchis toujours à quelque chose de nouveau alors j'ai la chance d'être écouté avec un équipementier qui est sensible à ça, qui profite aussi de cette expérience pour aussi des fois trouver des produits qui peuvent correspondre au grand public mais à l'origine c'est vrai qu'on arrive à trouver avec eux des solutions et ils sont très à l'écoute, là j'ai le même sur ma luge, ils ont réparé fermeture de ma luge, donc j'ai fait des modifications pour être plus efficace. C'est fait de petits détails, mais c'est ce qui me caractérise quelque part, c'est toujours entrer dans le détail du détail pour justement être performant et surtout t'enlever des problèmes. On en a suffisamment de surprises sur le chemin, mais si on les a déjà bien identifiés au départ et qu'on n'est pas dépourvus quand il y a un problème bénin, on va être plus à même de répondre aux problèmes majeurs quand il va arriver donc c'est ce que j'essaye de faire et pour l'instant ça ne me réussit pas trop mal ça existe les luges en titane et je te pose la question parce que j'ai assez régulièrement quand je vois
Loïc l'expédition de Mathieu Tourdeur il n'y a pas très longtemps, ils ont fendu une luge ils essaient de la réparer avec des avec des
Thierry cireflex etc, ça a fonctionné plus ou moins bien mais je vois souvent quand même des histoires de luge abîmée à cause du froid. Du coup, je me demande s'il n'y a que l'option plastique qui existe ou si tu as des gens qui se font, je ne sais pas, des luges en alu, en titane ou d'autres matériaux peut-être plus résistants au froid. Alors, la majeure partie, ce n'est pas en plastique. Ce sont un genre de composite. Il y en a qui sont en carbone. Alors ça, c'est hyper fragile. Par contre, ça, c'est hyper fragile, mais c'est très intéressant. Le poids, c'est toujours pareil. On combat le poids. ils mettent aussi des skis dessous j'ai un ami Mathieu qui met des skis sous sa luge et lui il est très performant avec ça mais il a souvent coupé sa luge parce qu'elle est fragile, un titane j'en ai jamais vu, pourquoi pas sauf que la neige, le titane quand le froid on va mettre mettons le doigt dessus qui fait vraiment très froid on risque d'être collé c'est ça qui peut être la limite la limite s'il fait moins 25 il fait moins 40 tu mets le doigt sur tu enlèves ton gant pour une raison que j'ignore tu touches la partie métallique tu risques de rester collé donc est-ce que c'est c'est intéressant j'en sais rien je sais pas maintenant bon pourquoi pas je n'en ai jamais vu bon j'y pense comme ça mais il y a peut-être d'autres mêmes problématiques mais j'en ai jamais vu elles sont toujours plutôt en composite ou en carbone mais en carbone très peu encore une fois parce que c'est c'est fragile et puis en plexi c'est des matières composites je ne sais pas comment elles sont faites exactement c'est le genre de fibres mais pas de carbone c'est très rare, c'est trop fragile Ok Dernière question sur la partie matériel tu as beaucoup parlé du matériel obligatoire la chasse au poids etc mais est-ce que tu as quand même est-ce que tu emmènes quand même avec toi du matériel confort est-ce que tu as un truc sur tes courses Mycorn il parle des fois dans ses livres d'une casserole qui l'a suivie pendant longtemps. C'était sa casserole fétiche. Il voulait cette casserole-là qui n'était peut-être pas la plus légère. Est-ce que toi, tu as un truc comme ça avec une veste, un équipement spécial qui t'apporte une petite dose de confort en plus
Loïc pendant ces épreuves ?
Thierry Non, j'ai fait évoluer les choses. En fait, je n'ai rien de très spécifique parce que ce n'est pas que je ne m'entache pas mais je pense souvent à l'évolution des choses. Donc, je n'ai pas vraiment quelque chose de que ce serait un fétiche où je n'ai jamais rien eu avec et qu'il faudrait que je l'amène à chaque fois. Non, parce que je me dis toujours que c'est comme tout. Il y a une évolution et que ce que je pense être le mieux et quelque chose qui m'a été vraiment grandement utile, il peut évoluer. Il peut évoluer et donc je ne me suis pas attaché à grand-chose. J'ai toujours le même couteau, certes, parce que c'est peut-être ça, oui, le seul objet fétiche, parce que je l'aime bien. et d'ailleurs même maintenant je le garde à table chez moi parce que j'ai certainement un attachement particulier avec ce couteau maintenant tu vois j'y pensais même pas mais je l'ai fait machinalement comme mon fils il a gardé son couteau qu'il avait sur lui à la ceinture quand on a fait le tour du monde il avait un couteau au cas où on a une corde qui nous passe autour du cours quand on serait éjecté du bateau il fallait un couteau pour pouvoir couper la corde si besoin et ce couteau et bon, il y a une histoire. Tu l'as eu à la ceinture, tu sais que c'est pour ta vie si jamais il t'arrive quelque chose. Donc, quelque part, il a certainement un rapport à ce couteau un peu différent, c'est sûr. Voilà, donc moi sur ça, oui, mais après, non, non, je n'ai pas grand-chose. Je n'ai pas de doudou, tout ça, non, je n'ai pas. Ouais, ok. Ok. Bon, la Yukon Arctic Ultra, donc 645 kilomètres, 1er février. Le départ était quand même à Whitehorse, c'était juste la suite qui étaient différentes ? Alors non, le départ, il n'est pas à Whitehorse, il est dans un petit village à une heure et demie à peu près de route. D'accord. Je ne me souviens plus le nom d'ailleurs. Et il est donc un endroit, au moins on n'est pas au milieu de nulle part parce qu'il avait hésité à nous mettre sur un parking. Et là, il nous met un endroit où c'est qu'il y a un petit pub, là, c'est sympa. Et donc, là, les 47 premiers kilomètres, c'est un lac, quoi. C'est un lac qui fait très chaud. Il fait très chaud pour le Grand Nord. Il fait moins 5, c'est vraiment chaud. Il fait moins 5 à peu près. La neige est vraiment très lourde. Je décide, comme la plupart des gens devant, de partir sans mettre les raquettes. Avec les tennis, en me disant que c'est plat, on va peut-être forcer un peu plus, mais au moins on n'a pas les raquettes, parce que c'est quand même contraignant d'avoir les raquettes. Si on peut se les éviter au départ où on est frais, pourquoi ? ça n'a pas duré longtemps la plupart des coureurs au bout d'un quart d'heure on a tous mis la raquette parce que c'était infernal on s'enfonçait c'était mou c'était terrible parce que physiquement même si on est en début de course c'est une épreuve de devoir faire un effort comme ça et puis on était quand même quelques coureurs ensemble et là on s'est tiré un peu l'amour un peu trop pour moi je pense que c'était aussi un des facteurs qui a fait que je n'étais pas bien dès le départ avant ça j'ai eu quand même deux jours avant j'avais appelé mon to-be parce que j'étais pas bien j'avais mal à l'estomac je pense que j'avais un début de virus aussi parce que j'étais pas super bien dans ma chambre ça peut arriver mais c'est pas l'appréhension de la course parce que je n'avais pas forcément une grosse cette fois là mais c'était plutôt que j'étais pas bien donc j'ai pris le départ en me disant ça va passer c'est rien et on est parti un peu vite donc ça, ça a été un deuxième facteur aggravant à mon avis parce que là du coup, pardon Thierry je te coupe mais pour avoir lu pas mal de et encore une fois, lu seulement donc tu me corrises si je dis n'importe quoi mais j'ai souvent lu qu'un critère un aspect important sur ces épreuves c'est d'essayer de ne pas transpirer parce qu'une fois que tu transpires, après tu te refroidis tout devient un peu compliqué mais là s'il fait moins 5 degrés, que tu es collé au sol en tractant ta luge de 17-20 kilos c'est un sujet que tu dois vraiment gérer ça du coup la transpiration ou il faisait tellement doux qu'au final on ne boit pas plus que ça alors effectivement c'était un sujet préoccupant parce que dans la journée c'est pas grave, comme les températures n'étaient pas très très froides mais dès que le soleil commence à partir tu te dis il va faire plus froid t'as transpiré, comment tu vas faire pour sécher tes affaires, il faut te changer mais bon ça c'est limite c'était un facteur aussi important la transpiration, je voyais les coureurs autour de moi, ils s'enlevaient les couches ils s'enlevaient presque en étant t-shirt, c'est tellement que ça faisait chaud à ce moment là et c'était mon cas mais ça n'a pas été déterminant pour moi je dirais que j'avais déjà anticipé, j'étais parti assez léger donc j'avais anticipé ce problème là et je n'ai pas eu besoin de me changer dix fois pour arriver à la bonne température j'avais identifié le problème je m'étais équipé en conséquence je savais que j'allais avoir un petit peu froid au départ mais j'allais vite avoir chaud dans le mouvement ok donc départ de course il fait anormalement chaud pour l'endroit et la saison compliqué d'avancer gros effort dès le début là mentalement tu partais sur 8-9 jours c'est ce que tu avais planifié pour les 645 km c'est ce que je m'étais donné comme échéance après en sachant que ça peut varier suivant justement l'enneigement c'est vrai que c'est plus ou moins parce que c'est, en fait j'étais parti du constat que j'avais fait 700 km au Yukon 2019 et j'avais mis 9 jours donc je me dis bon allez entre 8 et 9 ça peut le faire il y a moins de kilomètres ça peut aller sans connaître trop le parcours j'en avais quand même discuté avec d'autres coureurs donc et donc je je m'étais imaginé ça et puis bon j'avais des repères j'allais à la plante j'avais mis 5 jours pour faire les 511 5 jours et 20 heures je crois donc je me suis dit oui je suis à peu près dans ce temps là quand je suis parti voilà ok donc un départ pas tout à fait habituel pour ces formats là, à quel moment tu dirais est-ce que ça a commencé à devenir vraiment compliqué très rapidement au bout de 3h 4h plus d'énergie plus rien tout est que souffrance je suis très loin chaque kilomètre est un calvaire je coche les kilomètres tellement que je suis pas bien je me dis ces 47 premiers kilomètres voire 48 pour arriver au poste de contrôle sont difficiles comment je vais arriver là bas je me le demande je suis en souffrance je ne suis qu'en souffrance j'ai vraiment pas de bonnes sensations je me sens pas bien je me sens surtout vide j'ai plus d'énergie je m'arrête régulièrement pensant que ça allait y aller mieux mais ça y fait pas je suis pas bien et je lutte parce qu'il me dit il faut absolument que t'arrives au premier poste de contrôle pour pouvoir te reposer et voir ce qui se passe récupérer peut-être qu'une fois de plus je pensais être parti vraiment trop vite et c'est ça qui m'avait mis dans cet état-là, mais je pense qu'il n'y avait pas que ça je pense que j'étais pas bien vraiment pour d'autres raisons et j'y arrive mais j'y arrive tardivement mais je m'en fiche de là que j'y arrive tardivement, j'y arrive parce que c'était ça le plus important parce que je me demandais si j'allais même pas arrêter avant tellement que j'étais mal j'avais plus d'énergie du tout et moi je suis quelqu'un qui a quand j'arrive, il ne me tarde qu'une chose, c'est de repartir je ne reste pas très longtemps dans les postes de contrôle mais là quand j'arrive au poste de contrôle le premier je me dis ça y est, j'arrête là, c'est fini je ne peux plus, j'en peux plus je suis épuisé, je suis mal et je fais une chose que je ne fais jamais, je prends mon duvet je le sors, je ne fais jamais dans le premier temps, je veux dire c'est trop tôt, et là je décide de me coucher je me mets dans le duvet, je ne dors pas parce que je suis préoccupé je n'ai pas forcément hyper je n'ai pas besoin de sommeil je suis juste épuisé je me mets dans mon duvet en me reposant, je reste 8h dans mon duvet je ne fais jamais ça jamais, jamais je fais une course quand même et puis je me force à me lever du duvet j'essaye de m'alimenter un peu ça passe plus ou moins mais ça passe un peu j'avais envie d'arrêter je me suis dit je ne veux pas continuer dans cet état là ce n'est pas normal, je ne suis pas bien et puis je pense à tout le trajet que j'ai fait tout ce que ça engendre comme contrainte de venir quand même là je me dis tu as déjà été dans des situations peut-être pas similaires mais dans des difficultés donc je décide de repartir je dis à l'organisateur qui était présent je dis écoute je repars et dans un premier temps quand je repars, je ne suis pas trop mal. Et je me dis, bon, mais c'est peut-être un mauvais passage, alors qu'on a 20 kilomètres d'ascension, mais je ne suis pas trop mal. Je me dis, c'était un mauvais passage, ça va aller. Et puis là aussi, au bout de 4 heures, ça recommence, rebelote. Je n'ai plus d'énergie, plus rien, comme la veille. Je suis mal, mais mal, mal, mal. Et là, toute la journée, je cogite. J'étais parti très tôt le matin, je passe une partie de la matinée, je ne suis pas bien, j'arrive à l'après-midi, je ne suis pas bien, j'arrive en fin de l'après-midi, j'ai dit, mais là, je ne peux pas, le poste de contrôle, le prochain, il est à 20 km, mais je ne me sens vraiment pas d'y arriver, je suis trop mal pour y arriver, mais ça prend des heures à deux heures, je ne veux pas déclencher, parce que je veux essayer d'y arriver, je me dis, ce n'est pas normal, ça va passer, je double 7 ou 8 coureurs, certains, je les connais, donc ils me disent, mais non, Thierry, ça va passer, mais je le sais que ça va passer, et ça passe pas et je suis de plus en plus mal jusqu'au moment où je dis bon ben là c'est bon j'arrête je ne vis que de la souffrance et c'est pas l'objectif quoi je sais que c'est des courses où c'est dur mais là c'est pas normal que je sois dans cet état là et donc ben je décide de déclencher ma balise alors il y a deux façons de la déclencher où on la déclenche pour les secours où là je préviens plutôt l'organisateur en lui disant je suis pas bien je lui envoie un message d'abord je lui dis écoute je suis pas bien je vais arrêter là parce que je ne me sens pas d'arriver au poste de contrôle mais ça va il n'y a pas d'urgence c'est juste que je suis épuisé ils vont mettre au moment parce qu'il y a pas mal de gens qui sont dans ton cas et donc on va quand même s'occuper d'eux parce qu'ils ont déclenché la balise avant toi et là j'attendrai à peu près 6h ils arrivent donc je me mets dans mon UV j'essaye de récupérer j'essaye de passer le temps avec sa tête de me dire, c'est la première fois que j'ai déjà abandonné sur des courses, mais là, c'est la première fois en milieu polaire. Donc, c'est un électrochoc. Mon challenge, c'était de réussir les deux. Donc, je me dis, je ne pense même pas à la prochaine. Je me dis, c'était peut-être trop tôt par rapport au tour du monde. C'était peut-être, tu n'as pas fait l'entraînement qu'il faut. Tu as plein de questions. Tu te dis, qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Qu'est-ce que je n'ai pas fait, que j'ai eu fait la dernière fois ? Les questions sont dans tous les sens. j'envoie des messages à mon entourage pour les prévenir que je ne suis pas bien qu'ils ne s'inquiètent pas je suis en sécurité dans mon duvet, il ne fait pas froid ça va, ils vont venir me chercher s'ils ne voient pas le coin bouger donc ils sont en questionnement et donc voilà, après toutes ces questions et quand je pense à la Laplanne je me dis mais je ne veux pas y aller je me dis mais comment je vais faire pour dire à l'organisateur je voudrais ne pas y aller j'ai pas envie de vivre ça cette année c'est pas mon année il y a quelque chose qui va pas et donc je déclenche ils viennent me chercher je rentre très tardivement sur Whitehorse j'arrive à l'hôtel je dors pas de la nuit parce que je suis pas bien de ne pas avoir réussi ça me dérange et donc je réfléchis je reste 2-3 jours sur Whitehorse avant que mon avion vienne me chercher. J'étais toujours dans l'idée de ne pas aller à la plane. J'ai dit, je n'y vais pas, ce n'est pas possible. Et puis dans l'avion, je commence à réfléchir. Je me dis, avant de prendre cette décision, dans tous les cas, ton inscription est perdue, c'est trop près de la course, tes logements que tu as pris, c'est dommage à les perdre. Et je me dis, en rentrant, je rentre chez moi, je vais voir un peu ma famille et puis je vais partir directement chez moi à la montagne je vais m'isoler tout seul je vais aller m'entraîner et je me dis ces 75 km que tu as fait c'était une session d'entraînement longue qui va te faire préparer pour la laplane et quand je rentre je pars à la montagne directe et après on va dire bonjour quand même chez moi et je pars et là je m'entraîne très très fort Je pars dès le lendemain que je me pose les pieds dans les montagnes. Je vais m'entraîner comme un fou pendant dix jours. Je m'entraîne en me disant que je vais faire une grosse prépa, même si on est très proche de l'autre. J'ai fait cette sortie longue de 75 km en le froid, donc j'ai pu travailler les choses spécifiquement. Et là, je vais m'entraîner pour la Laponie. C'est ce que j'ai fait. Je me suis entraîné fort. Je suis arrivé. Déjà, j'avais cette motivation qui était un revenu. J'avais envie, mais j'avais qu'un seul objectif. Là, c'était vraiment... Moi, je suis un compétiteur, mais là, vraiment, le seul objectif, c'était de finir. Je ne voulais pas vraiment me dire... Cette année, ce n'était pas ton année, tu as échoué sur les deux épreuves. Et ça, ça commençait à me travailler, de me dire... De finir... Je commençais à... Ça devenait une obsession, de finir la Laplande. Et donc, voilà, c'est ce qui s'est passé pour le Yukon. Et voilà la phase de préparation. Van La Laponie. Waouh. Écoute, merci pour ce beau partage. J'ai envie de te dire, d'un côté, c'est ultra intéressant, en fait, ton témoignage parce que quand on voit ce que tu fais, puis là, t'en parles quand même de manière ultra humble. C'est la troisième fois qu'on échange sur le podcast. À chaque fois que tu nous racontes ici, tu vois, les aventures dans lesquelles tu te lances. Enfin, moi, la réaction des gens, ma réaction, c'est systématiquement la même. c'est lunaire c'est vraiment démentiel c'est énorme les distances l'isolement, les conditions mais là de voir que même un Thierry Corbarieux il peut y avoir des moments où l'énergie n'est pas là c'est pas le bon jour mais que malgré ça tu as quand même réussi à te relancer à tout de suite retrouver la dynamique qui fait que tu as pu prendre le départ de la Laplande et plus que le départ d'ailleurs parce que tu vas nous en parler mais t'as pas juste fini la japlande c'est à la fois inspirant et ça montre que finalement on est tous dans le même bateau entre guillemets, chacun à différents niveaux parce qu'on fait pas tous des Yukon Artic Ultra mais que les coups de mou, évidemment ça paraît évident quand je dis mais les coups de mou concernent tout le monde y compris les gens qui surperforment comme tu le fais toi très régulièrement C'est évident. Et encore une fois, c'est vrai que le fait d'avoir toujours réussi, j'ai abandonné dans le désert ou dans les montagnes. Mais là, pour moi, c'était mon élément. Donc, je me suis dit, même si ça, ça ne marche pas. Alors, j'étais vraiment dans le doute. J'étais dans le doute. Et ensuite, quand j'ai fini cette préparation, je suis arrivé vraiment à remonter. J'ai encore refait mon sac. J'ai tout repris. J'ai vraiment regardé tout spécifiquement. Comme si je refaisais les courses. Vraiment, je n'ai pas tenu compte de me dire « J'ai eu le Yukon, tu peux juste ranger tes affaires et partir au Yukon ». Non. J'ai vraiment été très précis encore sur plein de petits détails encore. Et j'ai regardé qu'est-ce qui pourrait m'aider. En plus, j'avais la chance de l'avoir remporté deux ans avant. Donc, je savais vraiment ce que j'allais voir. J'ai même appelé mon pote Mathieu pour lui dire « Lui, il avait gagné un ski. et moi je l'avais gagné à pied, on était arrivé en même temps, même dans la main, c'était génial, et je l'ai appelé pour lui demander des détails sur le parcours qui me semblait, malgré que ça ne fait que deux ans, un peu trouble, et j'ai échangé avec lui sur la philosophie aussi des temps d'arrêt, on a vraiment travaillé avec lui ce sujet-là, pour bien me remémorer les temps de passage, les objectifs, mais toujours dans une optique d'arriver au bout, peu importe le temps que j'allais y mettre mais je veux arriver au bout donc je suis parti là-bas en Laponie avec cette motivation, cette envie et beaucoup de stress ce qui m'arrive rarement mais là beaucoup de stress parce que j'avais encore cet échec pour moi c'est quand même un échec au Yukon et j'avais ça dans la tête et la veille du départ à Laponie j'étais en panique totale je me suis dit même ça c'est pas possible être en panique alors que je joue pas à la maison déjà en même temps pourquoi c'est mon plaisir c'est ma passion ok mais je sais pas pourquoi j'arrivais même plus à la maîtriser cette panique j'étais pas bien et là j'ai appelé mon ami Gérard Segui qui me connait par coeur et il me dit surtout ce que tu vas pas faire c'est de suivre pour Mathieu et Blanchard. Je ne le suis pas. Surtout, si tu veux finir, tu ne pars pas comme lui, comme une balle. Et je dis, oui, oui, ne t'inquiète pas, j'avais prévu de ne pas le faire, déjà. Et je m'en fiche même de tout ce qu'ils vont partir, je les laisse faire. Ne t'inquiète pas, ce n'est vraiment pas le sujet. Mais j'étais obligé de me faire rassurer par des amis très proches, et c'est ce que j'ai fait. Mais je n'étais pas bien la veille. Vraiment, j'avais une pression que je n'ai jamais eue, même pour les 1600 kilomètres à l'Ile-Tarod, j'avais la pression parce que c'était quand même un événement. Mais pas cette boule à l'estomac qui t'inhibe, qui te met en panique. J'avais jamais vécu ça. Donc, le matin, je n'arrive pas très serein, mais en me rappelant les fondamentaux, tu pars doucement, tu ne les sais que de finir, tout ça. Je pars avec cette idée-là, et on part, mais je me dis, j'ai trottiné, je vais trottiné, et en fait comme c'est plat sur tout le début j'ai couru, je ne me suis jamais arrêté sur toute la partie sur les 25 ou 30 premiers kilomètres j'ai fait que courir et d'ailleurs je lui ai dit je ne courrais pas avec Mathieu mais on a passé presque 45 minutes ou une heure ensemble donc on a pu échanger on a pu discuter sur plein de sujets et c'était chouette et donc je ne me suis pas préoccupé il y en a deux qui étaient partis très très vite un jeune que j'avais préparé de 22 ans qui était parti très vite avec le polonais qui était parti très vite tous les deux, mais je m'en fichais complètement. J'étais loin de mes préoccupations. Et puis, dès le premier poste de contrôle, en allant à mon rythme, je suis arrivé déjà sur le jeune français. Je suis arrivé sur lui. J'ai dit, ben voilà, en prenant mon temps, en le faisant comme il faut, en courant toujours, mais en prenant mon temps, je reviens assez facilement. Et puis, ben voilà, au deuxième poste de contrôle, je me trouve là avec Mathieu Blanchard, on discute, il m'a dit « Mais dis donc, pour faire les 500, vous allez déjà très vite. » Je dis « Oui, mais bon, c'était le temps de passage que j'avais dès la dernière fois, même si on était un peu plus rapide. J'étais un peu plus rapide parce que la neige le permettait. Il y a deux ans avant, c'était un peu plus mou dans cette zone. Donc là, ça nous permettait de faire... Les deux premiers jours, je fais 100 km par jour. Donc c'est vrai que c'est... C'est beaucoup, quoi. Donc on arrive... Lui, il part, Mathieu, et moi, je pars quelques... deux heures après, je crois. à peu près, de deux heures et demie après. Donc, j'étais pas loin derrière, et puis, il y avait les deux autres, donc, il y avait juste un devant, il n'y avait plus que le polonais. Et donc, je suis parti, et je me suis dit, on est encore très loin. Et puis, je me suis dit, c'est bien dommage que je ne me sois pas mis, moi aussi, sur le 185, parce que ça voudrait dire que demain soir, j'aurais fini. C'est dommage. Pourquoi je suis allé encore me mettre sur le 1600 ? Et puis, je continue. je me dis bon c'est bon qu'il était bien l'objectif, il fallait y aller et donc je passe le poste de contrôle et puis ce que je me dis là c'est cette deuxième nuit, je vais dormir dans une cabane où j'avais dormi et le problème c'est qu'il y avait tellement de neige que j'ai pas trouvé la cabane, impossible de trouver la cabane, et j'avançais, j'avançais la nuit j'avais déjà, j'étais premier parce que le polonais je l'avais doublé depuis les 5h du soir, et j'étais premier mais je trouvais pas la cabane, c'est pas que je voulais maintenir mon effort pour arriver au poste de contrôle. Au contraire, je savais que c'était une erreur de faire ça. Mais j'étais tellement à la recherche de ce commande que je ne trouvais pas, je me disais, j'ai dû la louper, mais d'autre un peu plus loin. Et j'avançais, j'avançais. Sauf que là, je me suis trouvé à un moment donné à une heure et demie ou une heure et quart du poste de contrôle, et très fatigué parce que je n'avais pas dormi de la nuit. Et là, je me suis dit, il faut que tu dormes. Il faut quand même être raisonnable, on est quand même très loin de l'arrivée. Donc là, j'ai installé mon bivouac, j'ai dormi pendant une heure et quart pour pas arriver directement sur le poste de contrôle voilà j'ai dormi une heure et quart et puis je suis arrivé sur le poste de contrôle j'étais troisième du du 200 km du 185 km là donc j'ai dit il n'y a pas beaucoup de luge là c'est bien et bien sûr largement premier du 500 mais sans le vouloir parce que là c'est le fait de pas avoir trouvé cette cabane et donc là je me suis j'ai récupéré j'avais coupé un thermos et je savais que c'était un matériel obligatoire qui me l'ont dit d'ailleurs au poste de contrôle parce que je commence à négocier et essayer de voir s'il y avait deux, ça suffirait. J'en avais deux, mais voir s'il y avait qu'un, ça ne suffirait pas. Ils m'ont dit non, non, il faut absolument deux. Sinon, tu ne peux pas prendre le départ. Donc, comment tu es ?
Loïc Pardon, Thierry, les postes de contrôle, ils ressemblent à quoi ? C'est des refuges dans lesquels tu as à manger ? Tu peux te poser, t'allonger, dormir un peu si tu veux ou c'est très sommaire ?
Thierry Alors, ils sont tous différents. Le poste de contrôle avant, c'était juste une cabane au milieu de nulle part. Tu ne peux pas te reposer dedans, tu peux juste manger à l'intérieur mais après il te faut dormir à l'extérieur là on arrive à la fin de la course du 185 donc là c'est sur un bâtiment de la ville donc là tu peux dormir, tu peux manger à l'intérieur bon là c'est là c'est grand luxe on est super bien là et voilà donc quand j'ai ce problème de thermos j'appelle Mathieu Blanchard qui dormait puisqu'il avait fini, il ne s'est pas réveillé malheureusement je voulais qu'il me donne son thermos pour que je puisse reprendre le départ sinon j'étais obligé d'abandonner à cause de mon thermos et je l'appelle, il ne répond pas et ils me disent, si tu veux il faut que tu ailles dans le village, acheter un thermos donc je suis parti à pied, faire un kilomètre aller acheter un thermos revenir, je me suis perdu en plus, je criais dans la rue parce que je ne savais pas revenir donc j'ai dit, mais ce n'est pas possible je me suis perdu dans la ville alors que j'ai mis un temps fou je suis revenu et juste quand je suis revenu il y a le polonais qui est arrivé donc moi je m'étais déjà reposé je n'ai plus qu'à manger et je suis reparti. Et je savais très bien en repartant qu'il fallait... J'avais 70 km pour arriver au prochain poste de contrôle. Je savais que, puisque je l'avais vécu il y a deux ans, qu'il fallait que j'arrive et que je dorme là-bas. Parce que si je dors sur le chemin, j'allais perdre énormément de temps. Et c'est ce que j'ai fait. Je me suis vraiment cantonné alors qu'il y avait beaucoup de neige. Les motoneiges n'aient pas même plus tellement qu'il y avait de la neige. Donc je savais que ça allait être encore plus dur qu'il y a deux ans. Mais j'étais parti plus tôt parce que j'étais allé plus vite sur le premier tronçon. Je suis parti sur ce chemin avec ce seul objectif, c'était d'arriver. Je suis arrivé à minuit et demi là-bas. Je suis arrivé à minuit et demi, je m'en rappelle très bien. Je savais que là, le challenge pour moi, là, j'allais marquer des points. Parce que le deuxième, il n'avait pas cette expérience-là, donc il est parti plus tard que moi et il était obligé de dormir sur le chemin. Donc, il dort sur le chemin, mais après, il est obligé de se reposer dans le poste de contrôle pour sécher ses affaires. parce que là, on pouvait sécher nos affaires. Donc, je savais que là, j'allais gagner du temps. Et là, c'est ce que j'ai fait tous les jours parce que j'avais l'expérience aussi du parcours. Donc, j'ai essayé d'arriver au point de contrôle sans être obligé de dormir en intermédiaire. Donc, ça demandait beaucoup d'efforts, énormément d'efforts, surtout avec beaucoup de neige comme il y avait. Je n'avais plus que le cycliste, d'ailleurs, à ce poste de contrôle. Je n'avais plus que John Knack, le cycliste anglais, qui me faisait bien la trace. Donc, j'étais content parce qu'au moins, je n'ai pas besoin de réfléchir avec toute cette neige. Et puis le matin, en me levant, John était parti depuis une heure et je suis allé arriver sur lui très rapidement parce que moi j'avais les raquettes. Lui, il pousse le vélo. J'ai doublé John et puis voilà, je suis passé devant et à partir de là, c'est moi qui ai fait la trace. J'ai fait la trace pendant un jour et demi. Et donc, j'ai continué mon effort pour arriver toujours sans dormir en intermédiaire, pour arriver dans les postes de contrôle et de dormir dans les postes de contrôle pour pouvoir récupérer. Je savais que ça, c'était très important pour arriver à performer. C'est comme ça que j'ai gagné du temps chaque jour. J'ai gagné à peu près 15 kilomètres par jour grâce à ça sur le deuxième et pour finir à 60 kilomètres à l'arrivée. C'est vrai que c'est ça qui m'a permis de le faire.
Loïc Ultra intéressant. Elle a une vraie stratégie ultra intéressante. C'est marrant que tu mentionnes John parce qu'en préparant l'épisode, j'étais allé regarder, je suis allé faire des tours sur le site de la Plante, la Plante-Arctique, Yukon-Arctique, et puis j'ai regardé les classements et j'ai vu que John Knapp, donc en fatbike, il a mis 4 heures de plus. Alors, je ne sais pas c'est quoi les distances du fatbike ?
Thierry Ah, c'est la même distance que nous. Exactement la même. Donc, tu as été plus rapide de 4 heures que le premier en fatbike. Oui, mais si tu es arrivé au Yukon en 2019, ça dépend de la qualité des cyclistes aussi et ça dépend aussi de la neige. Là, en l'occurrence, John, il aurait été devant moi si la neige avait été beaucoup plus portante. Là, il y avait beaucoup de neige. En vélo, ça a beau être avec des grosses roues, c'est très difficile pour lui. Et en plus, ça m'a motivé. Moi, je me suis dit, maintenant, je ne veux plus que le vélo revienne sur moi. J'avais ça comme objectif. Il faut se motiver comme on peut. Et c'est vrai que John, en plus, John est sympathique. C'est un vrai anglais. C'est le gars, il ne lâchera jamais rien. Jusqu'à la dernière seconde, il ne lâchera jamais rien. Moi, jamais je n'aurais poussé le vélo comme lui. Jamais. Jamais. Un vélo, c'est fait pour être dessus. c'est un effort considérable qu'il a fait, mais lui c'est vraiment l'anglais dans toute sa splendeur je ne lâcherai rien jusqu'au bout, jusqu'à la ligne d'arrivée, il n'est pas question, j'arriverai toujours, ça suffit et John, il m'a fait halluciner de le voir comme ça, dans cet effort mais c'était incroyable de le voir comme ça et voilà, et John l'avait gagné l'année avant à pied c'est un très bon coureur qui a fait de très bons résultats sur la Spagne, je ne sais même pas s'il n'a pas gagné d'ailleurs. C'est un super coureur, mais je comprends que c'est un super coureur parce qu'il a vraiment la rage. Tu n'as pas besoin de lui parler à John, rien qu'en le regardant, tu as compris. Tu as compris que c'est un dur à cure. Et moi, j'adore ce genre de personnage. D'ailleurs, on communique ensemble parce que il a vu ma luge. Il a vu ma luge, il m'a dit Thierry, il faut que tu me dises comment tu fais une luge comme ça. Et absolument, l'année prochaine, je vais le faire à ski. Est-ce que tu peux m'aider dans ma préparation et je dis oui John il n'y a pas de problème il n'y a pas de soucis
Loïc ouais effectivement alors je n'étais pas allé faire un tour sur son palmarès à lui mais alors je vois il y a au moins un podium au troisième au classement général sur la Spine en 2019 tordé géant
Thierry ouais oh punaise la vache il y a du il y a de l'ultra là il y a de l'ultra sous la ceinture ouais ça ne m'étonne pas bon déjà ce nom je l'avais déjà vu plusieurs fois sur tous les sur les palmarès mais voilà j'étais content aussi de le rencontrer il n'y a pas beaucoup de paroles avec John mais c'est des gens comme ça que j'adore c'est des vrais pour moi c'est des gens qui sont authentiques qui ne lâchent jamais rien et c'est ce que j'aime excellent
Loïc ok donc ultra intéressant finalement ce que tu dis tu disais un peu plus tôt que tu détestais refaire les courses sur lesquelles tu es aligné là j'avoue que dans ce cas là vu ce que tu racontes on se dit il y avait un vrai avantage parce que tu connaissais ta stratégie. Au final, elle était basée sur le fait que tu l'avais déjà fait.
Thierry Carrément. Le seul problématique que j'ai eue sur ma stratégie, c'est que je n'avais pas anticipé que les deux derniers jours, ça allait être de la colle, la neige. Je n'avais pas anticipé ça. C'est-à-dire que je n'avais jamais vécu une neige aussi collante. J'avais des boules sous les raquettes. Tous les cinq minutes, il fallait que je tourne la raquette, ce qui est un supplice quand on a fait autant de kilomètres, pour casser la boule parce que sinon, j'étais sur des oeufs. C'était une horreur. Ça, ça a été une horreur. sur la Yukon du coup ? c'est surtout qu'elle collait ça collait donc ça faisait des boules dessous qui devenaient de plus en plus grosses donc on avait l'impression d'être sur des échasses même si on était 10 cm du sol mais c'était très désagréable parce qu'on a la cheville qui tourne on n'est pas bien on n'avance pas et donc c'était vraiment très très difficile ça je n'avais jamais vécu ça m'est jamais arrivé d'avoir une neige aussi collante que ça, c'est la première fois ok est-ce qu'il y a eu le fait que tu aies refait cette course pour la deuxième fois, que tu sois allé finalement la stratégie t'a adapté par rapport à ce que tu savais déjà
Loïc est-ce que finalement tu vois un intérêt au-delà du fait que ça a dû jouer quand même sur ton excellent performance mais est-ce que t'as vu un intérêt d'un point de vue apprentissage plaisir etc à revenir sur un terrain que tu connaissais est-ce que du coup il y a des fois où tu débranchais plus le cerveau
Thierry parce que tu savais à peu près à quoi ça allait ressembler ou d'un point de vue charge mentale c'était plus agréable est-ce que tu avais un bénéfice à refaire intégralement une course que tu avais déjà faite alors j'y vois un réel avantage déjà celle-ci parce que déjà premièrement elle est très belle elle passe dans des sites très beaux c'est très varié il y a du changement on arrive dans des petits hameaux franchement il a un parcours extraordinaire donc déjà je l'avais déjà remarqué la première fois mais là j'ai vraiment mesuré la chance d'être sur ce parcours contrairement au Yukon où je l'ai dit tout à l'heure le parcours il est pas très intéressant bon ça reste des milieux polaires mais c'est assez monotone dans la montée quand tu fais que les montées descendent, montées descendent mais c'est toujours pareil c'est toujours la même chose mais par contre là on a de la variation on a des intérêts on passe au cercle polaire deux fois donc il y a les cabanes mais c'est génial franchement c'est un parcours rêvé j'aurais aimé qu'ils le fassent même plus tôt parce qu'on est dans une période où c'est c'est rare qu'il fasse très froid quand on arrive au mois de mars dans cette partie de la Laponie il peut y faire froid mais c'est plutôt quelques semaines avant c'est dommage de ne pas la faire quelques semaines avant parce qu'il ne le fera pas parce qu'il y a la Yukon, mais c'est dommage parce que là, il y aurait un réel intérêt. Il faut savoir qu'une semaine avant, il faisait moins 25, moins 30. Même jusqu'à moins 35, il a fait. Une semaine avant, 15 jours avant même. Et c'est dommage parce que faire cette course-là avec du moins 35, moins 20, moins 25, moins 35, ça serait exceptionnel. Parce qu'il y a de la portance, on a une vraie course de polaire. Elle est géniale. vraiment elle est très bien pour répondre à ta question je n'ai pas fait les courses je n'ai pas les refaire mais pourtant j'ai dit celle-ci ce sera le dernier an mais je me suis un peu emballé parce que je me dis que j'aimerais peut-être y revenir elle me plaît cette course elle est belle pas parce que je vais les gagner mais je la trouve très belle c'est vraiment le parcours est réussi je trouve ça génial cette course et donc rien que pour ces raisons alors j'ai eu même une idée dans quelques années, dans 2-3 ans j'aimerais bien même emmener toute ma famille faire le 50 km qui découvre cette région de la Laponie, on fasse ça en famille le 50 km et après qu'on profite un peu du coin ça j'ai vraiment à l'idée pourquoi dans 3 ans j'aurai 60 ans j'aimerais bien pour ça faire cette course avec mes enfants et mon épouse mais ça j'ai un projet de le faire mais je me dis que peut-être je reviendrai aussi faire la Laplante parce que je mesure l'intérêt d'être dans des et puis en plus l'intérêt d'être dans ce coin là mais c'est vrai que ce coin de la Laponie quand on arrive on est de suite dépaysé on n'est pas comme quand on arrive ou à Whitehorse au Yukon ou en Alaska en Corrège où c'est des capitales où on arrive directement dans la ville c'est plus petit donc on est de suite dans la nature on a ce rapport à la nature direct c'est pareil aussi quand on sort des grandes agglomérations au Yukon ou en Alaska, mais avec l'intérêt de faire la course, c'est qu'on est rapidement dans les milieux naturels, c'est ce que j'apprécie le plus moi. Ok. Tu penses un jour tenter d'autres formats ? Fatbike ? J'ai pensé, je pensais cette année, j'avais l'idée de faire le fatbike, et je ne me suis pas donné les moyens d'y arriver, ce qui pourquoi pas, la seule chose que j'aurais pu tenter cette année c'était de faire le Kingsleyden c'est la course hivernale de la Spine je m'étais renseigné mais il fallait la faire en ski, j'avais pas d'expérience pour la faire et puis en plus je l'ai fait moi en expédition seul la totalité de la course je l'ai fait tout seul en 9 jours et je sais le moindre que c'est je sais l'énergie qu'il faut y mettre c'est tellement difficile tellement dur j'ai été encore plus dur que pour moi parce que moi, je l'ai fait en raquette, il y avait énormément de neige, je me suis pris deux tempêtes énormes, et en même temps, j'étais seul. J'avais une grosse luge, seul, je n'avais prévenu personne là-bas, donc j'étais en autonomie totale. Donc, c'est ce qui a rendu l'effort considérable. Mais, je dirais, quand je sais ce qu'il faut donner comme énergie pour y aller là-bas, pour la faire, je suis un peu moins motivé parce que je sais que ça va être un gros engagement.
Loïc Parce que, la Kung-Jaden, c'est quel tracé ? parce que moi j'avais fait le tracé des touristes, c'est-à-dire Abisko-Kiruna en passant par le Cape Neucais, mais ça va jusqu'à Emavan, non ? C'est ça ?
Thierry Exactement. Le tracé, il fait 460 kilomètres. Ah donc, c'est ça. Il va jusqu'à Emavan, il part d'Abisko. Abisko, il va jusqu'à Emavan et il part, il y a la première partie sud où il y a les grosses montagnes à passer, le Sarek, une partie du Sarek, je dirais. Il y a 100 grands kilomètres là, très très difficiles, dure parce que il peut y avoir aussi vraiment des conditions météo difficiles puisqu'on est en altitude par moment on passe des cols et donc ça c'est une partie difficile et puis après c'est long quand même, toute l'autre partie elle est longue et notamment moi j'ai eu dans un couloir d'avalanche bien identifié une tempête de neige où même les motoneiges n'allaient pas parce qu'il y avait tellement de neige où je devais faire des traces, j'en avais jusqu'au genou même avec les raquettes j'ai perdu peut-être 12 kilos sur cette course en 9 jours c'était horrible ce que j'ai vécu après ça m'a donné une telle expérience pour l'Edith Arrod c'était l'année avant l'Edith Arrod je voulais absolument la faire je voulais faire ce parcours parce qu'on ne pouvait pas aller aux Etats-Unis à cette époque là, c'est en 2021 et on n'avait pas le droit d'aller aux Etats-Unis donc je m'étais dit que tout l'entraînement que j'avais fait pour aller faire l'Edith Arrod, je vais le mettre sur le Kingsleyden. J'ai profité un peu de ces mois d'entraînement pour aller faire ça. Ça m'a donné vraiment une réelle confiance, une expérience pour appréhender l'Edith Arrod avec beaucoup plus de sérénité. Ça, c'est sûr d'avoir vécu dans des conditions aussi dantesques que sur le Kingsleyden qui peut être terrible. Le blackout, comment on appelle ça ? Le black-white. White-out. je suis tellement bon en anglais mais je l'ai vécu moi ça c'est quelque chose on peut même pas en parler il faut le vivre j'ai des vents à plus de 100 kmh où j'étais en effort constant parce que j'avais légèrement sur l'avant j'étais baissé complètement j'avais peur que ma lue juste envoie derrière heureusement elle était lourde donc elle s'enfonçait bien dans la neige mais c'était des moments très très compliqués les aventures de Thierry incroyables peut-être un passage
Loïc sur du fat bike j'aimerais bien à venir ce projet de famille
Thierry il y aura la suite des aventures sur la Laplande j'ai une question par rapport à cet enchaînement tu l'as fait pas comme tu voulais t'es pas allé au bout de la Yukon
Loïc mais tu disais qu'avant le départ de la Laplande, tu avais cette espèce de boule dans l'estomac, cette pression que tu te mettais qui n'était pas habituelle pour toi. À quel moment elle s'est dissipée et à quel moment est-ce que tu as réalisé que c'est bon sur la Laplande, tu étais au niveau où tu es
Thierry d'habitude et tu as repris confiance ? J'ai repris confiance quand je suis passé devant au bout de la deuxième journée que j'ai vu que sur une cabane il y avait le premier, le polonais qui était en repos je me suis dit c'est tôt quand même pour être en repos ça veut dire qu'il était allé certainement vite et qu'il commençait à accuser le coup de cette vitesse là je me suis dit bon il y a peut-être quelque chose à jouer mais on est tellement loin que ne t'enflamme pas Thierry j'ai pris confiance quand il y a eu des paramètres quand je suis parti après le 200ème quand ils finissent le 185km que je suis parti d'Overcalix et que je suis allé sur le premier poste de contrôle, que j'ai réussi ce premier tronçon sans me dormir au milieu et que derrière j'ai vu que j'avais creusé le trou j'ai dit maintenant il y a des choses à faire, je peux gagner cette course, il y a des possibilités donc ça m'a motivé même si j'étais là pour finir le côté compétiteur il s'est remis en place j'étais en discussion avec des gens qui me suivent on calculait les possibilités donc là je me suis dit c'est possible mais le chemin est vraiment très très long encore donc il ne faut pas s'emballer faire les choses simplement mais après j'ai vu quand même que chaque jour je creusais l'écart chaque jour je creusais l'écart donc bon il fallait que moi je puisse tenir donc c'est ce que je me suis préoccupé de me dire plutôt de toi maintenant puisque derrière ça ne suit pas trop donc essaye de te préoccuper que de ce que tu dois faire toi pour justement pas avoir de défaillance ne force pas plus essaye de faire l'effort constant mais sois régulier dans ton effort et ça devrait le faire si tu arrives sans pépin c'est quoi tes bon alors là tu viens quand même de le dire mais finalement l'apprentissage que tu retires de ça de cette manière, de cette capacité que t'as eu à te remobiliser et je sais pas si c'est un peu, on est peut-être un peu dans le cliché
Loïc la valeur de l'échec parce que ce qui s'est passé sur la Yukon finalement c'est peut-être ça aussi qui fait que tu es arrivé encore plus près encore plus attentif sur la Laplande et que ça s'est passé comme ça s'est passé
Thierry c'est exactement ça je pense que c'est pas un cliché mais tu as raison de dire que j'ai dû me remobiliser peut-être me préparer un peu plus fortement parce que j'avais ça dans la tête et je voulais pas vraiment pas louper la deuxième course qui a fait que je suis arrivé avec des valeurs un peu différentes. C'est-à-dire que je me mettais moins la pression sur le résultat au départ. Au fur et à mesure, j'étais bien, je me suis senti bien. J'ai fait jouer l'expérience sur la fin de la course. Mais c'est ça que j'en retiens. J'en retiens que... C'est ce que j'essaie de communiquer souvent dans mes interventions, dans mes conférences. On me dit, oui, mais tu as réussi ça, tu as réussi ça. Mais nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir qu'est-ce que tu as loupé pour savoir comment tu t'es remobilisé. Là, j'ai fait un consensus. J'ai loupé et j'ai réussi rapidement. J'ai su me remobiliser. Effectivement, c'est ce que j'en ai retenu. C'est pour ça qu'elle fera partie des plus belles, même si j'en ai gagné des courses peut-être plus prestigieuses, comme l'édite à Rod 1650, qui reste le Graal pour moi. Celle-ci, elle a une saveur toute particulière. J'étais tellement fier de l'avoir gagnée après ce qui m'était arrivé. j'étais hyper fier je me suis pour une fois alors que j'aime pas trop parler de moi mais c'est vrai que je me suis dit mais là quand même c'est déjà parce que tu ne rajeunis pas et tu arrives encore à maintenir de l'effort sachant qu'il y avait quand même des jeunes derrière et qui poussaient très fort et j'ai réussi à maintenir mon effort et être toujours là malgré tout et me dire te remobiliser alors que tu as eu un stress terrible et que tu as vraiment cet échec qui t'a omnibulé pendant les semaines qui ont précédé la course. Elle reste vraiment une course qui a une saveur, comme je disais, très particulière et qui va être peut-être une référence pour moi parce que j'ai su trouver l'énergie, la volonté et les clés après une déconvenue quelques semaines avant.
Loïc ultra intéressant bah écoute Thierry en tout cas
Thierry un immense merci pour ces partages comme toujours un grand plaisir de t'avoir au micro du podcast c'est toujours ultra intéressant est-ce qu'il y a on a parlé de beaucoup de choses mais est-ce qu'il y a un dernier message que toi tu voudrais faire passer en guise de conclusion ? non le seul message je vais me dire même si c'était peut-être une question que tu voulais me poser sur la fête mais je me dis que je vais peut-être ça va peut-être m'aider dans les futurs choix de courses à venir. Peut-être que là, je m'étais lancé un challenge un peu trop ambitieux peut-être par rapport à maintenant, à ma capacité de récupération et d'anticiper les choses, mais peut-être à mon fonctionnement tout court parce que peut-être que je n'étais pas prêt à enchaîner ces deux courses l'une derrière l'autre. Donc, je crois que ça m'a ouvert les yeux sur le fait de me dire les prochaines, je vais me laisser du temps entre plusieurs courses pour les faire comme il faut. Et de les faire sans me mettre de pression particulière. Voilà. Donc ça, c'est vraiment le message pour les prochaines. Là, pour l'instant, j'ai un challenge particulier dans deux mois avec un hôte de mes fils, puisqu'on va faire la plus vieille course de kayak au monde, la Yukon River Quest. Je reviens au Yukon. Excellent. J'ai bientôt habité là-bas, si ça continue. On va faire cette course de 715 kilomètres en kayak. on a pris la catégorie kayak double donc on va vivre encore une aventure magnifique à partager avec un autre de mes fils j'ai hâte même si je commence à avoir la trouille parce que j'ai fait hier une session avec toute l'eau qu'il y avait dans les montagnes de kayak c'est technique le kayak oui parce que la particularité c'est que je vais faire cette course mais j'ai pas fait de kayak j'ai fait qu'une sortie donc voilà je vais m'entraîner je ne peux pas m'entraîner avec mon bateau à rame parce que je l'ai vendu il y a 3 jours ok donc voilà c'est pas la même chose c'est pas la même spécificité donc voilà j'ai hâte de vivre encore cette aventure dans 2 mois et demi avec Lucas mon fils au Yukon et puis après j'ai d'autres projets j'ai un projet de transat de Washington jusqu'en Alaska une régate de 1400 km donc très très très dans l'aventure près des côtes en passant par les fjords mais bon là aussi je suis en train de m'entraîner je connais rien à la voie donc ça fait depuis l'année dernière que je me suis lancé le défi de pouvoir me préparer pour être prêt en 2028 voilà si je suis prêt j'irai sinon je repousserai un peu mais on a l'ambition de faire ça avec un de mes fils le même avec qui je vais partir d'ailleurs au Yukon dans deux mois et demi de faire ça de partager ça ensemble et puis après certainement j'y mettrai des courses polaires parce que je pense que c'est ce qui me plaît ce qui me plaît le plus peut-être quelques déserts je dois peut-être revenir on va voir la fin de l'année sur la 333 où j'ai toujours le record de 56 heures et donc le remédiaire qui m'a appelé il m'a dit Thierry il serait temps que tu reviennes alors j'aime pas refaire les courses mais là je m'en fiche du record je vais pas le battre ça fait déjà depuis 2009 j'ai plus la caisse pour aller aussi vite mais par contre le fait d'aller d'aller sur un format comme ça j'aime bien pourquoi pas je sais pas encore on va voir excellent excellent et bah écoute ça promet de nombreux prochains épisodes c'est parfait ça me va très bien vas-y continue avec grand plaisir avec vraiment un grand grand merci Thierry une fois de plus c'était génial de pouvoir échanger et puis bonne prépa pour cette course c'est en kayak en canot kayak double un kayak-kayak c'est ça oui un vrai kayak j'ai retourné deux fois hier c'est un vrai kayak ça m'en s'épique bonne prépa à tous les deux et puis à une prochaine merci beaucoup Loïc à bientôt Thierry au revoir
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