Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. En tout cas Thierry, je suis absolument ravi que tu reviennes au micro du podcast. Quasiment deux ans plus tard, la première fois c'était en août 2023, je te le disais juste avant qu'on démarre. À l'époque, tu nous avais parlé d'un truc complètement dingue, Lydie tarot de 1000 miles que tu avais gagné en 25 jours.
Invité 1 C'est ça, 27 ? Non, non, non, j'avais gagné en 22 jours. C'était 22 ? Oui, 22 jours et c'est pareil en 3 jours, c'est un peu ça.
Loïc J'imagine, oui. Ok, 22 jours, je ne sais pas pourquoi je m'étais noté 25, mais en tout cas, bon, ça ne change pas grand-chose. C'était absolument fou. Par moins 40 degrés, 100 tentes, enfin, complètement dingue.
Invité 1 Un très bon souvenir, même si il y a eu des difficultés, mais c'est toujours un souvenir dont je me rappelle très régulièrement.
Loïc En tout cas, moi, je me rappelle de quelques anecdotes. Tu nous avais piqué qu'au départ, il y a un gars à vélo qui avait traversé la glace, parce que c'est une preuve qui peut se faire aussi à vélo. Tout à fait. Que tu avais brûlé tes gants dans un petit refuge en essayant de te faire à manger.
Invité 1 Enfin, voilà, c'était ça, oui.
Loïc Les souvenirs que j'en ai, c'était assez extrême.
Invité 1 Sur ces 22 jours, il y a eu pas mal d'anecdotes. C'est vrai que des bonnes et des moins bonnes. Celles du cycliste, ce n'est pas un super souvenir, parce que c'est la première fois que je me confrontais à des doigts gelés et voir vraiment en direct ce que ça représente. C'est assez choquant, je dirais. Et ça, ce n'était pas un bon souvenir, mais même les gars, ce n'était pas un bon souvenir. Mais j'ai quand même quelques anecdotes assez sympas. Donc, j'essaie plutôt de me rappeler.
Loïc Oui. En tout cas, s'il y en a qui ne l'ont pas encore fait, avant d'écouter cet épisode, je vous conseille vraiment d'aller écouter le précédent. Le lien est en description de celui-ci. Puisque dans l'épisode précédent, tu nous avais aussi partagé quelques infos sur ce qui va être l'objet de ce podcast aujourd'hui. À savoir un énorme projet sur lequel tu travaillais déjà en 2023. Je me souviens que tu m'avais dit que le bateau était déjà dans le jardin. J'en ai beaucoup fait rire. Parce que c'était peut-être un an du départ, un truc comme ça. Plus d'un an du départ.
Invité 1 Plus d'un an, oui. Je l'ai récupéré un peu en avance parce que je pensais pouvoir faire cette aventure un an avant. Malheureusement et heureusement, puisqu'on va en parler et j'ai pu le vivre avec mon fils. C'est pour ça que j'avais voulu, après l'édit à road, enchaîner. J'avais acheté le bateau juste avant de partir. Voilà pourquoi je l'avais en avance.
Loïc Excellent. En tout cas, tu nous en avais déjà parlé de ce projet complètement fou. Donc, l'idée, tu me dis si je me trompe, initialement, c'est que tu t'avais prévu de faire un énorme tour du monde en solo. Oui, c'est ça. Avec du bateau, du vélo, de la marche, la course, la totale. Quelque chose d'assez monstrueux, comme tu en as bien l'habitude. Et en fait, quelques temps avant le départ, ton fils, Yann, si j'ai bonne mémoire, t'as demandé s'il pouvait t'accompagner.
Invité 1 Oui, c'est exactement ça. J'étais sur une course au Maroc avec mon épouse et je reçois un appel, ce qui n'est pas son habitude. Puisque quand je suis en course, s'il m'appelle, il faut que tu sois urgent. Et donc, il m'appelle, je lui réponds, pensant qu'il y avait une urgence. Il me dit, quand tu rentres, il faut que je te parle. Donc, ça m'a inquiété. En plus, je venais de lui acheter la voiture. Donc, je me suis dit, ça y est, il a cassé la voiture déjà. Il me dit, non, non, ne t'inquiète pas, il n'y a rien de grave. Je lui dis, oui, tu m'appelles, tu sais, il n'y a rien de grave. Et puis, voilà, donc ça avait commencé comme ça. Et quand je suis rentré, il me dit, j'aimerais faire le tour du monde avec toi. Alors, directement, je n'ai pas hésité un seul moment. J'ai dit, non, c'est impossible. C'est impossible, je ne peux pas faire ça tout seul. Et je ne peux pas t'intégrer dans le projet. Au fond de moi, c'était trop de responsabilités. Je savais l'engagement que j'allais y mettre. Et je ne me sentais pas de partager ça avec Yann. Et donc, j'en parle à mon épouse, à sa mère. Et j'ai dit, Yann, tu ne sais pas ce qu'il m'a dit. Il voudrait faire le tour du monde avec moi. Et là, j'étais encore plus surpris parce qu'elle me dit, c'était une très bonne idée. Une très bonne idée. Alors là, je suis surpris parce que je me dis, elle me laisse déjà partir. Elle sait comment je fais mes projets. Et là, elle prendrait le risque de le faire venir avec moi, enfin, d'accepter sa venue. Et là, j'étais vraiment... J'étais choqué parce que je me suis dit, c'est bizarre. Et puis, au bout d'un certain temps, j'ai réfléchi. Et puis, j'ai dit, pourquoi pas ? Je lui ai quand même demandé de regarder deux films avant de me dire oui, vraiment. Le premier, c'était Gérard d'Abeauville quand il a traversé le Pacifique Nord. Alors, bien sûr, j'avais grossi le trait parce que le Pacifique Nord, ce n'est pas l'Atlantique que j'allais traverser. Mais je voulais qu'il voit la difficulté quand on est seul dans l'océan, même si on allait être deux, en l'occurrence. Mais je voulais qu'il voit cet engagement physique, moral que j'avais vu dans ce documentaire de Gérard d'Abeauville. Et le deuxième, c'était, alors je ne me souviens plus le titre, mais c'était deux Anglais de la City qui avaient décidé de battre un record du monde de 18 kilomètres en vélo et qui partaient du Cap Nord et qui allaient jusqu'à l'Afrique du Sud. Et ce que je voulais qu'il voit, ce n'est pas l'exploit sportif. Ce que je voulais qu'il voit, c'est qu'à un moment donné, il traverse un pays dont je ne me souviens plus le nom. Quelques temps avant de traverser ce pays, ils avaient vu des gens qui leur avaient dit « N'y allez pas, en ce moment, c'est très dangereux. » Et un des deux prend peur. Et avant de traverser ce pays, il dit « Moi, je veux le traverser en avion, je ne veux pas le traverser en vélo, j'ai trop peur. » Et ce que je voulais qu'il voit surtout, c'était à partir de là, ça a cassé leur relation. Ils n'étaient plus sur la longueur d'onde. Le projet, l'objectif de battre ce record était fichu. Donc, il y avait des disputes, mais qui étaient certainement ça. C'est ce qu'on ressentait dans le film. Et ce que je voulais vraiment, c'est qu'ils se rendent compte que quand on a un objectif, quand on a un engagement vis-à-vis de soi, de son partenaire, de ses partenaires aussi, pour des projets d'une telle envergure, ce que je voulais qu'ils se rendent compte, c'est qu'il faut aller au bout. Alors, pas à n'importe quel prix, on est d'accord, mais aller au bout, ce n'est pas parce qu'on a peur qu'on n'y va pas. Il fallait penser avant, il fallait se renseigner, il fallait regarder ce détail-là. Donc, je voulais qu'ils se rendent compte que l'engagement, il allait être total et que l'objectif, il fallait atteindre. Voilà pourquoi. Et puis, il voit ça, il me dit, oui, c'était un peu dur, tes films. Mais je suis toujours motivé. Je dis, si tu es motivé, ok, banco, tu viens avec moi.
Loïc Donc, toi, ce qui te faisait peur d'emblée, c'était plus la notion de… Parce qu'il est sportif. Enfin, je veux dire, il a… Toi, c'est vraiment absolument extrême, les formats sur lesquels tu t'engages. Mais Yann, c'était quoi sa relation au sport, à l'endurance, à l'ultra-endurance ?
Invité 1 Alors, Yann est un rugbyman, il joue seconde de ligne. Avant le projet, il faisait 100 kilos, 100 kilos, 1m87, un joli bébé. Et donc, voilà, il n'était pas dans le sport d'endurance, il était plutôt dans l'explosivité que demande le rugby. Mais j'avais fait quand même quelques aventures à l'œil, entre guillemets, puisqu'on était parti déjà sur le… Quand il avait 12 ans, sur le GR10, pendant 4 jours pour faire 100 kilomètres, avec plus de 2500 positifs. Et il avait fait, et j'avais été surpris par son endurance. Alors, de la négation, oui et non, parce que là, il était obligé de me dire avec nous, c'était un projet qu'on avait avec mon épouse Isa. Et donc, j'étais surpris par son engagement et surtout sa résistance au mal. Il avait eu des ampoules très rapidement sur ce parcours, mais il ne se plaignait jamais. Et moi, je suis bien placé pour savoir que c'est très douloureux, que c'est des brûlures et qu'il aurait pu se plaindre. Et moi, je trouvais des solutions peut-être pour chanter quelques parcours. Et il ne s'était pas plein. Il fallait qu'il soit toujours devant, d'ailleurs. Et je m'étais dit quand même, quelle résilience à son âge, devant un tel effort. Donc, je savais qu'il avait des prédispositions. Mais entre savoir sur quatre jours et sur autant de mois, je n'avais aucune certitude. Moi, ce qui m'inquiétait vraiment au départ, c'était surtout de l'amener sur l'océan. Parce que l'océan, je n'avais aucune expérience, moi, par contre. Et déjà, ça allait être difficile pour moi. Je me suis dit, partagez ça avec lui, avec ce que ça représente, sans assistance. Donc là, j'avais quand même quelques interrogations. Et c'est ce qui m'a fait dire que je ne voulais pas au départ. Et voilà.
Loïc Je pense qu'en tant que papa, ça résonne encore plus cette notion de... Tu l'as évoqué au tout début quand tu as dit non, quand tu nous disais pour la première fois que tu avais dit non, cette notion de responsabilité. Parce que là, tu nous dis que finalement, ce que tu as essayé d'exposer Yann autant que possible à la réalité que ça allait pouvoir être en lui montrant des films, etc. Mais toi, comment tu as fait ce travail de te dire « Ok, je suis son père. C'est initialement mon défi. C'est moi qui ai l'expérience. » Alors, peut-être pas d'être en Atlantique à la rame, mais tout le reste, tu étais quand même extrêmement capé. Donc, comment tu as réussi peut-être à switcher et à faire en sorte que vous puissiez la vivre à deux, cette aventure, sans qu'il y ait cette notion de « Je suis absolument le seul responsable et tout repose sur mes épaules. » Qui est peut-être spontanément, en tout cas, quand tu expliques tout ça, le sentiment que moi j'ai.
Invité 1 Oui, je n'ai pas pris la mesure, je dirais, de l'expérience à deux. Je pensais que, justement, en tant que manager, dans ma vie professionnelle, c'était quelque chose de naturel, d'évident et que j'essayais de rassembler sur tous mes projets toujours du monde et que cette notion d'équipe me convenait. J'ai fait aussi, moi aussi, du rugby, donc j'ai la notion du sport collectif. Mais je ne m'étais pas rendu compte, vraiment, et ce n'est pas dans le projet que j'ai ressenti, et surtout que Yann me l'a dit, que depuis quelques années, de faire ces aventures, on n'est pas tout seul. C'est une course en général, même si j'y fais quelques expéditions seul. La notion d'être seul face aux défis m'a rendu aussi un peu autonome à outrance. C'est-à-dire que c'est compliqué d'amener quelqu'un quand on a vraiment des habitudes, surtout dans l'extrême, où là, on est exacerbé par l'effort et tout ressort vraiment décuplé. Je n'avais pas vraiment cette notion que j'allais vivre des moments difficiles, d'être à deux, parce que même si c'est mon fils l'engagement, il est à deux, ça je m'en étais rendu compte, mais comment dire, seul, je prends mes propres responsabilités et j'avance coûte que coûte. Quand tu es deux, tu vas penser plus à l'autre qu'à toi, et j'avais perdu toutes ces notions. Et j'ai mis du temps à vraiment le comprendre dans le projet. Et comme je dis, c'est Yann qui m'a mis devant cette évidence et en me le disant, ça a résonné à un certain moment. Pas au-dessus, parce qu'au début, c'était un peu l'autruche. Je baisse la tête encore, je fonctionne comme je fonctionne et c'est moi qui ai raison. Mais au bout d'un certain temps, je me suis dit, mais c'est vrai, c'est vrai que je fonctionne comme quelqu'un qui est célibataire depuis trop longtemps, qui devient un vieux garçon avec ses habitudes. Non, mais c'est comme ça que je le ressens, avec le recul. Et là, je me suis dit, il faut que tu fonctionnes complètement autrement. Il est là, il est présent, il vit l'aventure, il t'apporte énormément, parce que je me suis rendu aussi compte qu'il m'apportait énormément sur le projet au fur et à mesure du temps. Et que je devais fonctionner autrement et qu'il fallait que je chunte vraiment ce côté solitaire qui m'a bien aidé pendant toutes mes 20 ans d'aventure et de course extrême, mais là, ce n'était pas le cas. Il fallait être deux, soudé et à l'écoute de l'autre et qu'on soit égaux. Ça, c'était très important, c'est-à-dire que je n'étais pas le leader. J'avais certes une expérience, j'avais certes préparé beaucoup plus le projet que lui, mais dans l'aventure, au niveau de l'engagement qu'on y mettait chacun, on était égaux. C'était difficile à expliquer, mais c'était un gros travail sur moi, ce que j'ai dû faire, c'est de me dire, là, j'ai autant besoin de lui que lui a besoin de moi et il n'y a pas de leader, tu n'as pas de père-fils. Il faut vraiment, même si on ne peut pas l'enlever, cette relation est liée, elle est profonde, elle est viscérale même, mais il fallait vraiment que je sorte. Là, on est à deux, on a chacun nos rôles qui sont déterminés par la capacité justement à mettre des choses en place chacun. Et d'ailleurs, ça s'est révélé, je prends un exemple tout bête, mais qui est important, sur la traversée, c'est moi qui ai travaillé le sujet de la navigation, mais vraiment travailler, comme d'habitude, vraiment à l'extrême, chercher les détails, du détail. Et au final, c'est lui qui a fait toute la navigation. Parce que vu son âge et son implication dans le matériel, il était beaucoup plus apte à prendre des décisions, à utiliser les appareils que moi, alors que moi, j'y avais travaillé, mais j'étais moins vif. Et je l'ai laissé faire parce que même le routeur était surpris des trajectoires qu'on prenait qui étaient excellentes, surtout au début. Et voilà, donc ça, c'était important de me dire, écoute, j'ai de l'expérience, je me suis entraîné pour, j'ai fait certainement 100 fois plus de choses que lui pour préparer ce projet, mais il est plus performant. Donc, puisqu'il est performant, je lui donne ce rôle et quelque part, c'était important aussi de lui donner des rôles, des responsabilités. C'était aussi ça, l'engagement que j'avais vis-à-vis de lui. C'était de donner sa place dans le projet. Si je veux qu'il progresse et je veux qu'il s'épanouisse et si je veux que ce soit un voyage aussi initiatique pour lui, c'était important de lui donner toutes les clés et surtout toutes les possibilités de s'épanouir en me donnant aussi la possibilité de faire des choses différentes, moi, et que lui, il soit bon dans le domaine où il était le meilleur. C'est ça qui était important. Tu as utilisé le terme de... Je ne sais pas si... Tu vois un peu ?
Loïc Ah oui, je vois. En tout cas, je comprends ce que tu dis. je pense que sans avoir vécu ce que vous avez vécu, c'est très compliqué de vraiment l'intégrer et de ressentir à 100% ce que ça veut dire. Mais en tout cas, tu vois cette notion de chacun fourni, c'est un peu comme ça que je comprends ce que tu disais par rapport au fait que vous étiez égaux. Tu vois, c'est que finalement, chacun fournit sa part et il n'y a pas de...
Invité 1 Exactement.
Loïc Il n'y a pas de... Parce que tu disais de leader et une personne qui a vraiment pris le lead, tu vois, à un moment donné, c'est méga intéressant. L'exemple que tu donnes sur la...
Invité 1 C'est ça. Oui, c'est ça en fait. J'étais vraiment très loin de cette notion. Pour moi, il y a toujours un leader et là, il n'y en avait pas. Alors, bien sûr, même si j'avais quand même plus d'expérience et que j'avais travaillé vraiment tous les sujets à fond, beaucoup plus que lui parce que lui, il était à l'école pendant la réparation et il est venu dernièrement. Mais quand même, il y avait besoin qu'on établisse justement un rapport différent que d'avoir un leader qu'il faut suivre absolument derrière, quoi coûte, quoi coûte. Mais c'est difficile à accepter. Ça a été difficile pour moi de l'accepter. Lui, c'était naturel de l'accepter puisque sur le papier, il y avait de l'expérience. Mais pour moi, je suis son papa donc c'est moi qui dois lui montrer l'exemple. Je suis le porteur du projet donc c'est moi qui amène le dynamisme. Je suis celui qui a travaillé beaucoup le sujet donc je connais tout. C'était difficile de me dire au départ qu'en fait, non, ce n'est pas comme ça que ça se passe parce qu'il faut faire avec des qualités et des défauts de chacun mais s'il est meilleur dans un domaine, il faut le laisser. Et c'est ce qui faisait partie aussi du projet qui s'épanouit, qui devienne plus fort, qui prenne aussi des décisions. Donc au final, ça s'est fait naturellement mais avec un certain moment où il y a eu un flottement, des mots un peu forts, peut-être. Ce n'était pas facile d'entendre que... Ah oui, c'était pas facile d'entendre son fils. De toute façon, toi c'est normal parce que tu es tellement à faire des choses seul qu'en fait, tu n'écoutes pas les autres. Et c'était vrai quelque part. Et ça a été dur mais quand je l'ai accepté, ça a été beaucoup mieux pour tous les deux.
Loïc Tu as utilisé un terme super intéressant, voyage initiatique. Et cette notion, tu vois, d'initiation, elle implique un défi, quelque chose, une épreuve que tu n'as jamais rencontrée avant à laquelle tu dois faire face. pour Yann et je vais t'expliquer pourquoi je te pose cette question-là. Pour Yann, tu dirais que c'est arrivé à quel moment ? Et je te la pose parce que moi, ce que j'ai vu, j'ai regardé quelques... Vous avez mis en ligne régulièrement via LinkedIn, Instagram, etc., des vidéos de votre périple. Et donc, vous avez commencé par cette traversée à la rame de l'Atlantique et il y a une des vidéos où on voit Yann en train de pleurer sur le bateau donc voilà, je me demande à quel moment est-ce que cette initiation,
Invité 1 elle a commencé ? Tu tombes pile-poin parce qu'auparavant, on a fait quand même presque 1400 km en vélo mais ce n'était pas là le plus difficile. On était accompagnés, c'était juste une mise en jambe pour partir de Toulouse et arriver jusqu'au ferry et là, tu as vraiment trouvé alors là, tu es bon quand même parce que tu... En revendant les vidéos, tu es tombé au moment où Yann prend conscience réellement du sens de l'aventure mais aussi de l'engagement de cette aventure parce que quand on voit les images où il pleure, on est dans les deux premiers jours et deux premiers jours et là, il ne sait plus comment faire, il n'arrive plus à maîtriser ses émotions et là, j'ai tout mon sens dans l'expérience. C'est-à-dire que moi, j'essaie de lui expliquer en fin de compte, même si ça lui paraît long, ça va être tellement rapide autour du monde qu'il ne va même pas s'en rendre compte. J'essaie de lui expliquer que moi aussi, dans mes courses, j'ai tronçonné mes courses en général qui sont de très longue distance, je ne pense jamais à l'arrivée, je pense toujours à ce qui est le plus proche pour m'accrocher à quelque chose. J'essaie de lui donner des choses très concrètes, notamment, on n'était pas très loin de la Noël, on avait quelques semaines pour arriver à la Noël, même presque un mois, mais bon, pour moi, c'était des semaines, mais je lui ai dit, il faut s'accrocher à ça, ça va arriver tellement vite et quand on va être à la Noël, on va être au premier de l'an une semaine après et quand on va être au premier de l'an, on va être très proche de l'arrivée. Donc, j'essaie vraiment de tronçonner le parcours, parce que bien sûr, sur l'eau, c'est encore pire parce que c'est l'horizon, c'est à peu près... C'est la monotonie. Oui, exactement, c'est toujours l'effort constant, on ne s'arrête jamais ou juste pour dormir ou se reposer puisqu'on alternait, mais c'était très difficile mentalement. Là, il n'était pas prêt à ça et quand il craque dans les premiers jours, je suis obligé de trouver les bons mots et là, j'ai tout moins sens dans l'équipe en me disant, au contraire de ce que je disais tout à l'heure, là, vraiment, j'ai amené mon expérience pour qu'il arrive à passer ce cap des deux jours et j'avais les bons mots. Autant, il y a des fois, je n'ai pas été bon, autant là, j'ai trouvé que mon expérience et j'ai su trouver les mots pour lui faire comprendre justement ce que j'étais en train de lui expliquer, que ça va aller passer très très vite et qu'il faut qu'il s'accroche vraiment à des choses simples. Effectivement, parce que ce n'est pas facile de le voir pleurer, même s'il a plus pleuré quand il fermait la cabine et qu'il était à l'intérieur que devant moi. Ça, c'était un peu de pudeur et il savait aussi que ça allait me toucher, je pense. Mais je savais qu'il n'était pas bien parce que quand il sortait, je voyais bien son visage et quand on faisait, quand on changeait de rameur, enfin que je passais à l'intérieur, lui à l'extérieur, je voyais bien qu'il avait pleuré ou qu'il n'était pas bien. Donc, j'essayais de trouver le moyen de le rassurer mais aussi de lui faire comprendre qu'on va avancer quand même et que malgré tout, le temps, il passe vite et qu'il faut profiter des moments même si c'est difficile, même si on n'est pas toujours heureux sur le bateau parce que c'est un engagement tellement physique et moral qu'on n'a pas toujours bien sûr des bons moments mais dès qu'on pouvait, c'est ce qu'il dit aussi dans plusieurs vidéos, c'est qu'il peut passer du rire aux larmes assez facilement parce qu'on est épuisé, parce que justement il y a des moments très difficiles, des moments où on rigole de rien, on a pu défourir des choses, mais tellement bénin et bénin et je ne rigolerai pas maintenant. Mais on avait besoin de ça, on avait besoin justement de passer du rire aux larmes, les émotions, comme je dis tout à l'heure, elles sont exacerbées par l'effort qu'on a pu faire sur la rame. c'est vraiment le moment le plus compliqué je dirais à gérer.
Loïc En tout cas, bravo à toi pour d'avoir trouvé les mots et bravo à lui parce que si tu dis que c'est arrivé au deuxième jour, il me semble que vous en avez mis 50 pour faire la transat. C'est ça. Il s'est quand même accroché sur les 48 jours restants tout en sachant évidemment que tu me dis si je me trompe mais j'ai interviewé plusieurs fois des gens qui ont fait des transats à la rame. En fait, tu peux mettre une quarantaine de jours comme 60 potentiellement.
Invité 1 Oui, écoute, nous on avait 80 jours de repas sur le bateau. Ah oui. On n'avait aucune notion. Dans ma tête, c'était 70 jours max, même si j'avais 10 jours en cas, c'est jamais. Mais je n'avais pas de notion. Donc, je m'étais je voulais aller le plus vite possible. Ça, c'est une évidence. Mais savoir qu'on allait mettre 50 jours, c'était vraiment au-delà de mes espérances parce que j'espérais aller vite mais pas aussi vite. Donc, c'est sûr que c'était sympa. Et surtout au début, on est allé très très vite au départ parce qu'il y avait du vent qui était porteur et puis on a eu heureusement et malheureusement des tempêtes qui ont duré plusieurs jours. et là, par contre, on allait très vite sans ramer parce qu'on ne pouvait pas on sortait. Oui, parce qu'on était obligé par moments puisqu'on n'avait plus de batterie et il fallait tenir le gandaille mais on allait très vite sans mettre un coup de ram. On fait entre 100 et 150 kilomètres par jour mais tellement qu'il y avait le vent qui poussait dans le bon sens et une houle incroyable.
Loïc Sachant que quand tu dis il y a peut-être des gens qui ne visualisent pas mais quand on parle de traversée Transat en bateau tu peux nous donner quelques chiffres sur le confort du dit bateau parce que si je ne me trompe pas c'est une cabine étanche à l'avant une cabine hermétique enfin pareil à l'arrière il va y avoir quoi un mètre carré par personne ?
Invité 1 Voilà j'ai fait le choix de prendre un bateau qui a été éprouvé qui est un bateau anglais il n'y a pas beaucoup de choix dans ce type de bateau mais là il en a deux ou trois choix et là j'ai pris ce bateau parce que je m'étais bien renseigné et c'est un aviron de mer c'est 7 mètres 34 de long 1 mètre 70 de large et il a deux cabines une cabine en arrière qui va servir plutôt pour la partie matérielle tout ce qui est stockage du matériel ça peut être du matériel électronique ça peut être du matériel technique ça peut être du matériel décordage ça peut être voilà il y a toute la partie à l'arrière avec mon safran et mon gouvernail qui est piloté par mon pilote automatique quand je peux l'utiliser et ensuite il y a l'avant du bateau alors c'est un Ranoch R25 mais du haut c'est à dire solo pardon solo c'est à dire qu'il y a un seul poste de ram parce qu'il existe le même bateau mais avec deux postes de ram moi c'est parce que je l'avais acheté que pour moi mais il peut être utilisé pour deux personnes mais au final c'est pas plus mal parce que comme j'en avais parlé avec le fabricant on peut l'utiliser les gens qui prennent pour deux personnes avec deux postes de ram au bout d'un certain temps même très rapidement il n'y en a plus qu'un qui ram et ils alternent pour ne pas jamais s'arrêter et donc il y a un déséquilibre parce que le poste de ram il n'est pas bien équilibré il se met ou devant ou derrière alors que nous on avait un poste de ram très équilibré par rapport à la surface bateau la cabine est plus grande aussi même si elle fait moins de deux mètres carrés la cabine elle est vraiment toute petite donc on peut dormir à deux mais on est très serré surtout Yann qui fait un mètre 87 il prend beaucoup de place et qui est assez large j'ai l'épaule et il prend plus de place que moi et ensuite il y a tout le panneau de commande avec l'AIS la radio le GPS enfin tout ce qui est électronique plus l'organe majeur du bateau qui est le dessalinateur il est dans cette zone là et nos deux batteries qui sont alimentées par les panneaux solaires donc ça c'est vraiment l'habitacle de survivre c'est hermétique donc quand on est enfermé on est dans une capsule quand il y a un mauvais temps normalement on devrait être à l'intérieur même si nous on a été obligé d'aller à l'extérieur parce que la tempête a duré vraiment très longtemps et on était obligé de se mettre en manuel c'est à dire on tenait le gouvernail à la main à l'extérieur même si on ne ramait pas on devait le tenir parce qu'on n'avait plus que 9% de batterie sur les batteries au lithium même il n'y avait plus de soleil donc on ne pouvait plus alimenter les batteries donc le pilote auto on ne le mettait plus il y avait plein d'organes électriques qu'on n'utilisait plus on n'utilisait que pour le dessalinateur parce que c'était impératif et encore même une journée j'avais de l'eau en réserve je voulais utiliser l'eau en réserve pour ne pas utiliser le dessalinateur pour conserver mes batteries parce que le lithium la particularité c'est que quand elles sont complètement déchargées elles ne peuvent plus se recharger donc je savais ça donc il fallait on était en 9% on était en le seuil critique et donc il fallait être dehors même s'il y avait la tempête on était dehors on s'attachait on se tenait on a été balayés il y en a été une fois éjectés même du bateau ah oui en coupant même la sangle avait coupé sur la violence du choc et je suis sorti directement pour aller le récupérer du coup l'eau est rentrée à l'intérieur ça a été un moment un peu difficile mais au final il a tenu le bateau très rapidement parce qu'il y a des cordes qui font le tour du bateau voilà donc c'est un bateau vraiment on est l'un sur l'autre sur un bateau comme ça on ne peut pas se louper on ne peut pas s'isoler on ne peut pas se dire bon mais là je ne te supporte plus je vais aller faire un petit tour là non on est carrément ensemble du matin au soir 24h sur 24 7 jours sur 7 au seul moment c'est quand on rame qu'on ferme la porte et on est isolé et on est à l'intérieur on est là pour se reposer et ça encore c'était possible quand il ne faisait pas trop chaud parce que quand il fait trop chaud on ne peut même pas rester à l'intérieur il faut être à l'extérieur alors là on a très très peu de place encore moins je dirais on est assis vraiment parce que comme il est fait pour un seul rameur du coup la place elle est limitée sur l'arrière donc on avait mis un petit siège où on s'allongeait pour rester à l'extérieur puisque c'était impossible à l'intérieur j'avais fait une petite même ombrelle où on se cachait dessous pour pouvoir ça je l'avais fabriqué avant c'était sur l'expérience qu'on avait eu quand on a fait Minorque Barcelone en trois jours j'avais vu qu'il était tellement chaud qu'il fallait que je trouve un système donc j'ai fait un système de bâche au-dessus voilà donc ça c'est vraiment pas le confort c'est sûr que c'était pas une croisière qui fait rêver mais on le savait on était prêt à ce combat prêt à encaisser justement le côté spartiate du bateau mais bon même si on était prêt c'est quand on y est vraiment qu'on se rend compte que c'est compliqué et même je dirais quand il y a eu des vents contraires où là on était obligé de mettre l'encre flottante qui permet de bloquer le bateau à une certaine mesure mais il bloque quand même le bateau en maintenant que c'est un genre de parachute qui arrête c'est une encre flottante et donc on se disait chaque fois si je fais ça ça va pas ramer pendant un voire trois jours en général c'était trois jours de vent contraire quand ça arrivait mais par contre ce qu'on avait pas réfléchi la première fois que ça m'est arrivé c'est que comme on est à l'envers et qu'en général il y a de la houle aussi le bateau il faisait que taper que taper que taper donc on peut pas dormir il montait il tapait il était bloqué il avait un point fixe et lui à chaque vague il prenait un coup donc c'est impossible de dormir et c'est impossible de se reposer et là en plus on n'avance plus on peut pas se reposer c'est usant physiquement mentalement et on croit qu'on va se reposer mais on se repose pas et voilà donc il y a des moments sur le bateau où c'est difficile mais il y a des beaux moments aussi quand on a une bande de dauphins qui nous suit ou un espadon on avait un espadon bleu magnifique de 2m50 mais alors là je vais dire c'était beau magnifique on a fait des belles vidéos d'ailleurs sous l'eau avec cet espadon mais on avait aussi l'inquiétude parce que j'avais vu depuis quelques années qu'il y avait eu des cas où des espadons avaient foncé sur l'embarcation pour une raison qu'on ignore et ils avaient carrément trouvé l'embarcation notamment l'année dernière sur la même que la nôtre ils avaient traversé carrément la coque il a fallu mettre des pinoches c'est des cônes en bois avec de la résine pour pouvoir colmater ça j'avais pas envie de le vivre donc c'était angoissant de savoir qu'il y avait un espadon de 2m50 stationnaire derrière et qu'il ne bougeait pas j'avais cette image qu'il allait nous foncer dessus à un moment donné bon c'est pas arrivé heureusement voilà donc le milieu marin on était content quand on voyait un mammifère ou quand on quand on voyait même des oiseaux qui passaient au dessus c'était sympa c'était vraiment sympa
Loïc 50 jours donc pour faire la traversée tu disais un peu plus tôt t'avais pas une expérience aussi grande de ce milieu que ce que tu peux l'avoir à terre c'est quoi toi les 2-3 apprentissages que t'as fait alors ça peut être des trucs même très précis tu vois j'évoque souvent cet exemple de Vincent Colliard un explorateur polaire français qui m'avait raconté que la chose la plus importante qu'il avait appris sur ses expés c'était de toujours amener une brosse à dents une brosse pour les zips de sa tente pour le gel et quand tu connais pas le milieu bah en fait c'est complètement fou tu te dis jamais si tu connais pas le milieu jamais tu te dis faut que j'avais une brosse pour pas que mes zips soient gelés toi il y a des découvertes comme ça que t'as faites t'as parlé du petit parasol là au-dessus du siège que t'avais fabriqué mais est-ce que t'es revenu de ces 50 jours avec d'autres apprentissages
Invité 1 bah effectivement on en apprend beaucoup sur 52 jours alors moi ce que j'ai fait c'est que j'ai tout noté j'ai tout noté bon peut-être mon côté un peu psycho là de se dire il y a le détail du détail il faut toujours faire attention à tout mais je me suis dit surtout que mon expérience si ça peut profiter à quelqu'un qui voudrait faire la même chose j'ai tout noté sur un carnet j'ai mis le moindre détail de ce que moi je ferais si j'avais une autre traversée à faire donc tout ce que je trouvais bien sur la traversée je l'ai marqué qu'est-ce que je pourrais donner comme exemple que là j'ai pas en tête mais j'ai marqué énormément de choses sur le bateau je dis moi si je c'est exactement ce que je ferais si j'avais besoin un exemple bête mais c'était par exemple les rames elles ont fait déjà deux traversées parce que moi c'était un bateau d'occasion c'est des rames en carbone qui marchent très bien où il n'y a aucun problème mais par contre je me suis dit je changerais les rames par exemple parce que je me dis le carbone ça vit malgré tout et que je prendrais pas le risque de couper une rame sur l'océan et ça c'est un détail mais pour moi qui a une grosse importance le désalinateur le moteur il marchait très bien j'avais changé la membrane parce qu'elle était usée mais en même temps je voulais pas prendre le risque qu'elle fonctionne pas au milieu d'océan parce que c'est très embêtant à changer par contre le moteur même s'il marche bien je mettrais un moteur neuf parce qu'il y a l'usure du temps plein de petites choses comme ça qui font que voilà donc qu'est-ce que j'ai appris j'ai appris que même si même si dans le détail je suis allé vraiment très très loin puisque j'ai doublé tout j'avais comme je disais le désalinateur j'avais deux moteurs des désalinateurs j'avais deux ventilateurs des désalinateurs un d'ailleurs heureusement que je l'ai eu c'était d'abord penser aux petits ventilateurs c'est des tout petits ventilateurs qui en a les désalinateurs et il est tombé en panne la veille du départ et je m'en suis aperçu je ne sais pas comment d'ailleurs je regarde des désalinateurs parce que c'était vraiment quelque chose qui m'obsédait et quand je vois j'ai dit mais c'est bizarre qu'il ne tourne pas ce ventilateur il doit tourner en permanence heureusement j'ai quelques notions en électricité en électronique donc j'ai regardé effectivement il est en panne donc il a fallu que je soude un autre ventilateur la veille du départ c'est stressant de se dire déjà le matériel que j'avais prévu en plus il faut que je l'utilise pour de suite sans avoir commencé à faire un seul maïs sur la mer sur l'océan et voilà donc ça c'est stressant et donc plein de détails comme ça j'avais un double j'avais la totalité j'avais un ferrassounet d'ailleurs au gaz j'avais tout le matériel pour pouvoir dépanner j'avais deux gouvernails deux safrans bon j'avais tout doublé et malgré tout il arrive toujours des choses comme je viens de le dire avec le ventilateur il y a plein de choses qui peuvent arriver donc voilà l'idée aussi de faire profiter de mon expérience je ne sais pas pourquoi je pensais à ça je me suis dit bon ce bateau il est formidable parce qu'il prend super bien la mer par contre c'est un bateau qui est vraiment il est très rassurant il est très stable malgré une houle on a eu des vagues à plus de 6 mètres donc on a eu une houle énorme et et donc quand je me suis dit ils tiennent très bien la mer mais il y a quelques petits détails qui font que on peut on peut aussi arrêter le projet parce que si le dessalinateur par exemple il ne marche pas même si on a une pompe à main je sais qu'il y en a qui l'ont fait avec la pompe à main je ne sais pas comment ils ont fait parce que moi j'ai essayé c'est pas évident d'arriver à faire même un litre d'eau savoir qu'il nous fallait pour tous les deux entre je dirais 10 et voire par moment quand il faisait très chaud 15 litres d'eau par jour parce qu'on avait besoin d'eau pour la tout ce qui était lyophilisé bien sûr et donc tout ça c'était vraiment fait d'énormément de détails que j'avais bien bien anticipé alors je les avais travaillé en m'entraînant en m'entraînant aussi j'étais pas très loin moi j'étais en Arbonne donc j'étais sur les temps de bâche et des fois je sortais en mer de façon à pouvoir avoir quelques mais là aussi c'est délicat avec un bateau comme ça sortir en mer on doit être ou assisté par quelqu'un qui est au port ou avoir un bateau pas très loin parce que si on est pris par le vent ou par une houle on revient pas sur un bateau comme ça on n'a pas assez de puissance et donc tout ça l'entraînement c'est difficile ou alors la meilleure expérience qu'on ait eu c'est ce que je disais tout à l'heure c'est quand on est à la mine orque et qu'on est revenu en trois jours là vraiment on a pris un maximum d'expérience quand je suis revenu j'ai fait plein de modifications dans le bateau notamment pour le confort en parlant tout à l'heure de la bâche qui nous protégeait du soleil c'est suite à cette expérience et puis il y en avait d'autres j'ai vraiment tout noté j'ai modifié tous les paramètres que j'avais identifiés pour que ce soit le plus réussi possible et qu'on ait le moins de problèmes pendant cette longue traversée
Loïc traversée qui représente si je ne me trompe pas à peu près 5000 kilomètres c'est ça oui donc 50 jours on l'a dit au final on en a longuement parlé mais ça a été surtout sur le vélo que vous avez passé énormément de temps puisque vous êtes parti le 8 novembre 2024 donc tu disais que vous avez commencé par un peu plus de 1000 kilomètres enfin bien plus que 1000 kilomètres de vélo pour rejoindre le départ à la rame au total je me suis noté que vous avez fait 20 000 kilomètres à vélo sur 7 mois d'aventure donc clairement c'est sur le vélo que vous avez passé le plus de temps comment vous avez enchaîné quand on sort de 50 jours de Transatlantique alors même si tu disais que c'était bien plus rapide que ce que tu attendais j'imagine que les corps et les esprits sont bien marqués donc comment vous avez rechargé les batteries avant qu'elles soient complètement vides et qu'on ne puisse plus le faire mais comment vous avez rechargé vos batteries à vous avant de repartir pour 19 000 et quelques kilomètres
Invité 1 alors c'est marrant ce que tu dis parce que justement j'étais et il en est ressorti encore autre chose c'est à dire quand j'ai discuté il y a quelques semaines avec un copain qui avait fait la tracée de l'Atlantique à la rame avec le même bateau que moi une année avant il me dit franchement je ne sais pas comment vous avez fait pour monter sur le vélo quand je vois comment j'étais mal physiquement après la tracée traversée j'ai mis près de 6 mois pour pouvoir remonter sur un vélo et pouvoir faire du sport un peu intensement comment vous avez fait c'est un peu l'histoire du sport je dirais en d'endurance et notamment sur ce que je connais le mieux la course à pied c'est à dire que quand tu te programmes pour faire quelque chose tu arrives à trouver des solutions et tu arrives à associer l'esprit et le physique je m'explique c'est à dire que si on te dit que tu es parti pour 100 km et que au 90e km on te dit la course va faire 50 km de plus tu n'es pas prêt de le faire et tu ne vas pas y arriver tu n'arriveras pas parce que psychologiquement tu étais programmé pour faire 100 km par contre quand on te dit que tu es prévu pour faire un sammise tu vas le faire le sammise il n'y a pas de problème et c'est un peu ce que je voulais expliquer c'est que là on était pris dans notre tête qu'on allait enchaîner sur le reste alors certes physiquement on avait perdu à peu près une dizaine de kilos chacun donc on était un peu affaibli même si ça ne fait pas de mal quand même mais pour le vélo c'est pas mal de perdre un peu de poids surtout pour moi même si Yann il avait déjà pendant l'entraînement perdu 10 kg il a été à 20 de perdu donc c'était pas mal mais effectivement on est touché physiquement parce qu'on est allé loin on n'a pas trop de blessures heureusement on n'a même pratiquement rien après la traversée on a juste qu'on est très fatigué qu'on n'a pas trop dormi non plus puisqu'on a alterné on récupère pas trop donc ça c'est difficile on ne se rend pas compte ça mais ça a aussi un facteur aggravant et donc on sait qu'on a 15 jours de récupération une première semaine où on a toute la famille on récupère plus ou moins parce que on veut profiter de tout le monde c'est difficile donc on ne fait pas trop attention on sort un peu du cadre sportif parce qu'on en a besoin aussi mentalement et puis ils s'en vont et les quelques jours sont de reprise un peu mentale sont un peu difficiles mais on est vraiment focus après sur ce qu'on doit faire et on a hâte de découvrir pour en avoir pas la veillane on était pareil sur le même longueur d'onde sur ce sujet on avait vraiment hâte encore de continuer on savait que le projet il démarrait puisqu'on avait 50 jours mais on a été loin au moment d'arriver on avait tout à l'heure traversé des Etats-Unis et puis l'Asie rentrait à la maison donc ça c'est beaucoup de kilomètres on a fait rien en Béloir puisqu'au final on a fait à peu près 19 000 kilomètres pas 20 000 mais 19 000 et donc on avait rien fait on a fait 1300 kilomètres et il restait tout le reste et donc là il a fallu se remettre vite vite dans l'aventure heureusement ce sont des sports où c'est pas comme la course à pied où on a vraiment des grosses des grosses contraintes mécaniques quand on a une course à pied elle est choc tout ça qui quand même crée des lésions musculaires donc là à la rame il n'y a pas ça c'est un peu comme le vélo il n'y a pas on a des lésions parce que c'est difficile on peut avoir mal au genou parce qu'il y a la répétitivité de la rame où on pousse beaucoup avec les cuisses donc les articulations comme les genoux on les sollicite mais il n'y a pas de choc donc on n'a pas cette usure qu'on peut avoir dans la course à pied donc là en vélo on sait qu'on part quand même avec avec une récupération de quelques semaines même si c'est court la difficulté c'était plutôt les conditions climatiques parce que on est à New York en plein hiver et on n'a pas été épargné et ça c'est vrai que ça c'était un facteur que je connaissais je ne le découvrais pas puisque c'était un peu mon souhait mais je n'avais pas mesuré vraiment la difficulté où je n'avais peut-être pas mesuré où je n'avais pas pris conscience que ça allait être le facteur déterminant dans notre avancée et que on allait vraiment souffrir parce que je me suis dit tu as quand même l'expérience du froid et tu vas trouver des solutions même si je sais que le vélo c'est compliqué parce que dès qu'il y a un peu de vent avec le froid de suite on est on est mal et puis c'est dangereux et ça n'a pas manqué c'était vraiment le cas et en plus on a eu d'autant plus une période alors on ne peut plus dire que c'est une période exceptionnelle puisque c'était la deuxième de l'année aux Etats-Unis une période de grand froid il s'en est jusqu'au Texas et avec des températures au plus froid qu'on ait eu c'était moins 25 et moins 25 en vélo c'est difficile on avait beau avoir des gants de ski ils ne se sont pas chauffants on avait un cuissard long mais avec une membrane mais c'était il fait froid c'est difficile autant en course à pied c'est pas c'est pas pareil on a moins froid beaucoup moins froid mais en vélo c'est des conditions très difficiles en plus il y avait de la neige et de la glace par moment et là c'était encore par moment impossible de passer parce que c'était trop dangereux on ne tenait pas avec nos pneus on avait pris des pneus qu'on avait acheté là-bas à cranter j'avais prévu au départ des pneus gravel mais structurés de façon à ce qu'au milieu on soit sur la route comme il faut et sur le côté on adhère un peu plus quand il y a eu de la neige mais là on était obligé de passer carrément à des pneus avec des crans crantés pour qu'on puisse tenir un peu mieux sur la neige et qu'on a démarré avec déjà 20 cm de neige donc on savait qu'on avait un kilométrage à faire assez important on s'était donné 130 km de moyenne par jour et il faut mettre 38 jours et l'entrée c'est il faut se mettre il faut démarrer donc après la difficulté effectivement de la rame donc ça on l'avait quand même il fallait reprendre en fait c'était quand même du plaisir de savoir qu'on avait reprendre comme une activité on avait hâte de reprendre quand même sauf que vraiment le froid il nous a mis à mal dès le départ c'était ça la difficulté plus que le physique je dirais c'est les conditions météo qui ont été dantesques
Loïc en tout cas c'est quand même très impressionnant l'enchaînement c'est vrai que quand tu regardes le défi au global 50 jours de rame c'est fou après ils ont enchaîné mais en fait l'enchaînement c'est loin d'être anodin et comme tu dis mentalement j'ai pas du tout ton expérience mais j'ai fait une course ce que t'as évoqué le fait de si ton cerveau tu lui dis que tu fais 5 km et que tu en rajoutes 2 à l'arrivée c'est terrible mais si tu sais que tu pars pour 7 ou 8 finalement tu es capable de le faire moi ça m'a tout fait penser à l'arrivée de la PTL qui est une course de 300 tu connais je courais dans Chamonix à l'arrivée ça faisait 148 heures quand on était dans la course j'avais dormi peut-être 5 heures en tout j'étais bien attaqué je courais dans Chamonix à l'arrivée j'ai passé la ligne d'arrivée et le temps de faire 2-3 photos etc il y avait les tables avec le repas mais juste l'arrivée c'est chez l'UTM Bepart donc la chapelle et j'avais je ne sais pas 15 mètres à faire pour aller m'asseoir à une table et prendre un coca impossible tout était grippé tu vois en 2 minutes les jambes ne fonctionnaient plus c'était fini l'extinction des feux merci au revoir
Invité 1 vraiment hallucinant c'est dingue
Loïc enfin bon ok donc le froid je n'avais pas vu que vous aviez dû affronter des conditions pareilles moins 25 sur le vélo en plus avec la vitesse etc ça doit être abominable oui donc vous aviez prévu tu disais 38 jours pour les Etats-Unis c'est ça ?
Invité 1 oui c'est ça 38 étapes pour les Etats-Unis et au final on a mis 38 étapes parce qu'on avait pris les billets d'avion alors on n'a pas eu le choix ah oui on n'a pas le choix il fallait réaliser coûte que coûte on s'était vide on n'a pas le choix quand ça ira mieux on fera plus de kilomètres que ce qu'on avait prévu et tant qu'il s'est mauvais on va faire peut-être un peu moins voilà on ne savait pas trop au final on est resté quand même assez dans notre kilométrage quotidien je dirais mais à part une étape on n'a pas pu c'était pas possible on l'a carrément chanté là je suis parti tout seul cette fois-là parce que c'était vraiment très très fort la fois il faisait moins 1.500 et à un moment donné je ne sentais plus ni mes pieds ni mes mains et à ce moment-là j'allais trouver je cherchais une solution pour rentrer à l'intérieur de quelqu'un pour pouvoir appeler qui vienne me récupérer parce qu'on avait le camping-car d'assistance mais je ne pouvais pas rester le faire dehors ce n'était pas possible si je ne sentais plus mes doigts je ne pouvais même pas appuyer sur le téléphone et justement ils m'ont doublé parce qu'ils ont eu un problème technique donc ils m'ont doublé ils ont vu dans mes gestes qu'il fallait vite qu'ils s'arrêtent et là je n'ai mis je ne sais plus combien de temps pour arriver à me réchauffer pourtant j'ai l'expérience du froid mais j'ai vraiment été très très mal j'ai dit là personne ne saura on ne fait plus rien il faut attendre on ne fait plus rien jusqu'à demain on arrête on chunte cette étape ce n'est pas possible il faut se rendre à l'évidence on ne peut pas c'est impossible c'est trop dangereux voilà en plus quelques jours avant Yann il tombe sur le dos sur une plaque de verglas sans compter l'accident qu'il a eu le deuxième jour aux Etats-Unis où il se prend une voiture de face donc il finit aux urgences ouais ouais c'est alors la période tout le monde était inquiet pour le bateau parce qu'il s'est dit sur le vélo ça va être plus facile certes on est on a de l'assistance possible on est sur terre c'est plus simple mais moi j'avais quand même peur c'était une période de froid mais surtout de la circulation j'avais peur que j'ai un accident que je ne peux pas maîtriser un camion qui ne voit pas derrière qui ne voit pas enfin c'est ça qui m'inquiétait beaucoup aussi dans la venue de Yann parce que il y a des choses qu'on maîtrise d'autres qu'on ne maîtrise pas et ça on ne maîtrise pas si ça des accidents on n'est pas les seuls à en avoir et malheureusement pour certains ils ont été mortels donc j'avais conscience de tout ça et ça m'inquiétait le vélo pour moi mais surtout pour lui et quand je l'ai vu lui parce qu'en plus je n'ai pas vu l'accident j'étais juste un feu devant et quand Yann il s'est pris la voiture de face qui a été éjectée sur une dizaine de mètres j'ai juste envoyé les ambulances passer et c'est arrivé très très rapidement et que quelqu'un m'a dit à la fenêtre de sa voiture votre collègue il a eu un accident ne vous inquiétez pas il est vu il bouge et Yann m'appelle à ce moment là au téléphone c'est allé très vite entre que les secours arrivent l'accident très vite et là je me suis dit ouf là est-ce que c'était pas trop trop engagé de faire ça en plein hiver bon même si l'accident ça n'a rien à voir avec l'hiver parce que ils ont coupé sur un feu la voiture a coupé carrément et comme il était arrêté en attendant un feu elle a tellement coupé la dame qu'elle lui arrêterait dedans de face bon mais là c'est pas facile de voir son fils aux urgences avec une minerve d'entrée pour tous les examens des contusions partout là on se dit est-ce que j'ai pas fait une erreur là c'est sûr que je me suis posé beaucoup de questions même si là je pensais plus au projet je pensais qu'à sa santé je pensais qu'il me tardait d'avoir des nouvelles on fait plein de scanners on fait plein de batterie d'examen et il s'arrêtait deux trois jours trois jours je crois oui trois jours et il est revenu très rapidement parce que c'était c'était des chocs il y avait des hématomes un peu partout mais mais il n'y avait rien de cassé donc il a pu continuer mais bon dans la tête il savait qu'il avait pris un gros choc et dix jours après c'est là dix jours après il fait une chute il glisse sur une plaque et tombe sur le dos il peut même plus se relever tellement qu'il a mal alors je me suis dit là c'est vraiment franchement d'avoir fait ça je me suis posé mille questions en me disant mais non là c'est pas possible dix jours après il est au sol et en plus il ne peut plus bouger il a mis cinq minutes à se relever ouais là je me suis vraiment posé beaucoup de questions je me suis dit bon là c'est peut-être un peu trop et on a continué on a baissé la tête on a géré au quotidien on a trouvé des solutions pour finir effectivement on est 38 étapes à l'heure et on est arrivé on a pu prendre notre avion comme était prévu sans problème
Loïc incroyable sur une note un peu plus fun si vous aviez été américain ce petit accident enfin cet accident avec Yann là ça vous aurait sans doute payé tout le voyage enfin toute l'aventure avec les assurances et compagnie un truc comme ça aux Etats-Unis
Invité 1 je pense que tu empoches un gros chèque pour l'instant c'est nous qui avons la facture et j'ose pas dire par des sens je dirais pas le montant mais c'est un très très gros chèque on est en train d'en parler avec les assurances mais il faut pas avoir un accident aux Etats-Unis encore là il a été hospitalisé trois heures seulement j'osais même pas imaginer s'il avait eu quelque chose ça aurait été vraiment très très compliqué donc il vaut mieux on peut voir ça quand même à l'origine prendre une assurance très spécifique qu'on avait en Asie mais qu'on avait pas aux Etats-Unis heureusement on a une autre assurance qui prend le relais mais je dirais il faut y penser quand on fait un tel projet
Loïc ouais clairement et même tu sais quoi même pas très loin de chez nous moi j'ai vécu en Suisse je me suis pris une voiture pareille à vélo en Suisse j'ai fait je pense 12 minutes d'ambulance bon j'ai rien payé mais j'ai reçu la facture intégrale il t'envoie la facture avec le montant complet donc tu vois ce que t'étais censé payer et après du coup tu vois combien tu dois effectivement payer bon moi je devais payer zéro mais 12 minutes d'ambulance c'était 1400 euros un truc comme ça bon
Invité 1 mais là t'es très
Loïc t'es encore très loin
Invité 1 des Etats-Unis
Loïc donc ouais j'imagine j'imagine non non
Invité 1 on a été surpris c'est vrai que là il faut aussi prendre conscience parce que c'est perturbant on sait pas trop comment ça va se passer et quand on est sur le projet nous on doit se concentrer sur ce qu'on doit faire mais on peut pas laisser pour compte le cet accident et heureusement j'ai mon épouse qui a géré vraiment ça à merveille et qui a qui a fait toutes les démarches mais c'est sûr qu'on aurait dû rester sur place on aurait dû faire ce qu'il fallait avec la conductrice mais on l'a pas fait et parce qu'on voulait toujours avancer et qu'il y avait juste des contusions donc on s'est dit c'est pas grave on avance on se préoccupe pas de ça sans penser que parce que là on avait pas la facture à ce moment là on ne savait pas on ne savait rien du tout et peut-être que si on avait su on serait resté quitte à perdre un peu de temps parce que peut-être on s'embêterait moins maintenant pour régler ça mais bon voilà c'est fait c'est fait on avance il n'y a pas un bon d'homme le plus important c'est qu'il y en ait soit en bonne santé marre et tout
Loïc en tout cas je suis extrêmement impressionné par ce que tu racontes sur le fait que vous avez grillé une étape à cause des températures parce qu'encore une fois je reprécise s'il y en a qui ne t'ont pas écouté Lydie Tarod 1000 bon alors tu as fait plein d'aventures tu as été expérimenté dans le froid mais Lydie Tarod 1000 donc 1600 kilomètres je recite les chiffres bon 22 jours j'avais 25 mais 22 jours ce qui est déjà énormissime moins 40 degrés au fin fond de l'Alaska sans tente 22 jours sans tente moins 40 degrés voilà donc clairement le froid tu sais gérer donc là de t'entendre dire que c'était tellement difficile à cause du froid que que vous avez stoppé cette journée là je trouve que c'est extrêmement impressionnant
Invité 1 oui oui c'est sûr c'est sûr surtout bruyante parce que c'est vrai que j'ai été surpris autant sur le bateau il m'a surpris tous les jours par son abnégation par ses capacités à trouver les ressources de toujours avancer baisser la tête sans se poser trop de questions sans se plaindre c'est ça qui était incroyable et même s'il avait des coups de mou des coups de blues sur le vélo c'était pareil il m'a surpris je crois que j'ai autant appris je dirais sur moi et sur lui en le voyant que dans toute notre vie qu'on a passé ensemble parce que on a vécu des moments tellement engagés que c'est dans ces moments là aussi qu'on voit la vraie personnalité des gens et le courage qu'il a eu tout le long du parcours m'a vraiment ému au plus profond de moi et surpris parce que c'était incroyable d'arriver à son âge à 20 ans de baisser la tête comme ça toujours avancé sans se poser trop de questions bien sûr qu'ils se sont posés des questions mais sans se plaindre encore une fois et sans me dire une seule fois c'est trop dur je peux plus moi je veux rentrer d'accord je t'avais dit que je venais mais c'est trop difficile non jamais ça lui même pas venu à l'esprit
Loïc qu'est-ce que tu dirais que lui il a découvert sur toi parce que toi pour le coup je vais pas dire que t'étais dans ton je pense qu'il faut faire très attention je veux surtout pas que les gens pensent que je minimise ce que ça représentait pour toi parce que encore une fois t'avais vraiment 20 ans d'expérience dans l'ultra mais c'était quand même de ce que tu expliques forcément un énorme challenge donc toi t'étais quand même beaucoup plus dans ton environnement entre guillemets que lui peut-être que tu vois à ses yeux tu sortais moins de ton cadre habituel que ce que lui pouvait le faire pour toi mais qu'est-ce que tu dirais je sais pas si vous en avez parlé mais qu'est-ce que lui il a découvert de toi à travers ces 7 mois d'aventure partagée
Invité 1 c'est plutôt à lui de répondre à cette question c'est difficile pour moi de parler à sa place mais je pense que autant moi c'est évident que moi j'ai découvert énormément sur lui donc lui il a appris à me connaître encore une fois on est sous le même toit mais c'est dans la difficulté dans la négation que j'avais déjà dit mais dans tous ces facteurs où tout est exacerbé qu'on arrive à vraiment à se découvrir à se lâcher tu dirais avoir aucun filtre donc il a il a découvert que par moment j'ai beau avoir beaucoup d'expérience j'ai aussi beaucoup de doutes et ça peut-être qu'il a découvert parce que de l'extérieur j'ai toujours l'impression d'être indestructible alors que je suis comme tout le monde j'ai mes qualités j'ai mes défauts j'ai ma sensibilité j'ai par moment je cherchais des ressources aussi je suis comme tout le monde j'ai beau avoir de l'expérience je suis comme tout le monde et je vais chercher déjà très loin et ça il a découvert je pense que ça c'était peut-être une surprise pour lui parce que encore une fois on a toujours une image des gens extérieurs quand ils suivent comme quoi moi il peut rien m'arriver mais là ils voient bien que je suis en train ou en doute par moment et ça ça a dû être une surprise on n'en a pas évoqué plus que ça parce que encore une fois j'aime mais au final c'est ça c'est ce qu'il a dû découvrir sur sur moi sur et puis voilà il a dû découvrir aussi ma vraie personnalité dans des moments difficiles voilà on est encore une fois c'est vraiment des moments privilégiés mais on se met tout nu quoi et on est obligé des fois on voudrait se contrôler mais on ne peut pas parce que parce qu'on ne peut pas parce que ce n'est pas le moment parce que c'est trop difficile pour le faire et que il faut il faut il faut avancer donc dans ce moment là il faut il faut tout lâcher et c'est là c'est ce qu'il a découvert chez moi c'est que je ne suis peut-être pas autant comment dire c'est d'accord que j'ai de l'expérience mais je suis comme un homme normal quoi je ne suis pas un super héros je ne suis pas quelqu'un d'indestructible je suis normal un homme classique qui est passionné surtout et qui fait aussi qui réussit aussi certaines choses parce que je suis très mythiculeux et ça je pense qu'il s'est aperçu au quotidien pour ça par contre en avoir parlé j'ai essayé d'expliquer pourquoi j'étais autant pointilleux pas que pour me rassurer c'est que ça faisait partie aussi de de toutes ces sports extrêmes c'est que si on est on ne va pas dans le détail si on n'est pas très pointilleux on ne peut pas atteindre son objectif ça c'est ce qu'il a vraiment vu la réalité il a touché du doigt ce que je lui racontais et voilà donc je pense que c'est ce qu'il a découvert il me semble
Loïc on le fera venir malheureusement Yann ne pouvait pas être là avec nous
Invité 1 non il travaille
Loïc aujourd'hui il travaille donc forcément des contraintes mais on va voir ce qu'on peut faire pour peut-être recueillir du coup son point de vue à lui donc 38 jours tu disais donc on en est déjà plus les deux semaines de repos ça commence déjà à faire une bonne grosse période dans l'aventure quand vous prenez l'avion vous atterrissez où ensuite
Invité 1 alors on on atterrit à Ulaanbaatar en Mongolie c'est le début de l'Asie et un rêve de longue date d'aller à Mongolie parce que ça me faisait rêver ce pays et donc démarrer par là avait du sens par l'ambi que j'avais d'y aller à l'origine et puis Yann était content aussi de découvrir ces contrées lointaines et là aussi on savait très bien que c'était on a été la fin de l'hiver mais toujours l'hiver quoi et c'est l'hiver en Mongolie ça doit être ah ouais alors là on est passé de moins 25 à moins 17 par moment alors on va dire oui c'est meilleur non non c'est pas meilleur parce que le vent on a eu des vents à plus de 80 km par moment et qui étaient très déstabilisants sur le vélo et de la neige et de la glace vraiment terrible on a passé des cols à neiger où on montait on arrivait à monter mais on n'arrivait pas à descendre parce que c'était trop dangereux donc très sauvage et là la difficulté c'était d'aller d'un point A à un point B parce que même si on avait l'attente sur nous c'était impossible on n'était pas équipé pour passer une nuit dans cette température c'était pas possible donc puis on transpirait en vélo malgré tout on était couverts on avait des doudounes pour faire du vélo on avait des matériels quand même techniques mais on pouvait pas on était quand même on était en transpiration et on pouvait pas passer une nuit sous-temps c'était pas possible donc il fallait trouver des petits villages très isolés par moments et très lointains et ça quand on démarrait c'était pas possible de pas atteindre le village voilà c'était une question de survie et ça c'était mon angoisse quotidienne de pouvoir les atteindre sans savoir exactement où on allait pouvoir dormir parce que c'est pas comme aux Etats-Unis ou ailleurs où on peut réserver auparavant là il faut quand on arrive la première chose à faire c'est de trouver son logement et tous les jours tous les jours de trouver son logement et donc c'était parfois dans des dans des yurtes parfois dans des dans des écoles parfois dans des endroits où ils ont l'habitude de recevoir des touristes des fois c'était des pensions voilà c'était très rarement dans des hôtels parce qu'il n'y en avait pas forcément dans les villages où on était il fallait vraiment des très grandes villes et là oui on en profitait pour aller à l'hôtel mais sinon c'était souvent dans des endroits qui étaient qui étaient incroyables parce que par exemple dans l'école on s'avait compris que c'était quand on arrivait on allait directement dans les dans les petites supérettes qu'il y avait enfin les supérettes c'était plutôt des épiceries parce qu'on savait que c'était là où c'est que tout le monde pouvait se rassembler et qu'il y avait toutes les informations et on demandait où dormir et une fois il y a une dame qui me dit nous on pense que vous pourriez dormir dans une école là c'était un moment magique parce que là tout le monde on était l'attraction dans l'école on est arrivé on a raconté notre histoire père-fils ils avaient des yeux et on avait un traducteur de langue qui nous permettait de communiquer c'était génial et carrément ils nous ont fait manger le soir dans cette école les habitants ils nous ont fait manger ils nous ont ramené la manger dans l'école on a vécu une soirée magnifique ça c'est des souvenirs qui m'ont resté toute notre vie on a eu notre anecdote dans une yourte avec une habitante qui avait l'habitude de recevoir des touristes mais là elle lui mettait vraiment du coeur dans tout ce qu'elle nous racontait elle passait toute la soirée avec nous et donc elle nous racontait tout ce qu'elle faisait les plats elle m'envoyait même des recettes de chez elle enfin c'était dingue elle voulait surtout qu'on ne touche pas son poil je savais que c'était important quand même pour eux le poil dans une yourte donc je ne le touchais pas je savais qu'il ne fallait pas le faire mais celle qui venait la nuit nous mettre le crotin de vache qui était le combustible elle ne voulait surtout pas donc toutes les 3 heures elle rentrait dans la yourte il faisait très très froid il faisait moins 15 et donc on était bien contents que le poil il marche bien mais c'était des moments très très particuliers on avait nos vélos à l'intérieur de la yourte c'était rigolo on les voulait toujours en proximité notre un peu le rapport occidental au matériel il aurait pu rester d'or il n'y avait pas de problème mais on les voulait à côté on avait tellement peur qu'on nous les voit comme si ils allaient disparaître en Mongolie c'était impossible c'était quelque chose qui n'était même pas envisageable et nous on les voulait donc on les avait dans la yourte à côté de nous et on a passé des soirées comme ça discuter avec des gens comme on pouvait mais souvent avec le traducteur bien sûr et ça c'est vraiment l'essence même du voyage c'était ce que je recherchais de pouvoir communiquer mais aussi que Yann il se rende compte aussi comment fonctionnaient les gens même si on découvrait tous les deux mais je le voyais je me suis dit qu'est-ce que c'est quelle chance il a 20 ans de pouvoir avoir comme première expérience après avoir quitté l'école de suite d'avoir une telle expérience avec les gens de voir un peu comment le monde dans la réalité c'est-à-dire qu'on le décrit plus ou moins bien dans les médias mais là tu es dans la vraie vie donc quand tu passes dans des pays où soi-disant c'est catastrophique n'y aller surtout pas et que tu t'aperçois que les gens ont un coeur énorme et qu'ils t'accueillent avec un plaisir ils ne font pas de cinéma je veux dire ils n'ont aucun intérêt à nous recevoir ou à nous rendre service je veux dire il n'y a pas de c'est pas pour une ou de l'argent ou autre chose c'est juste parce qu'ils ont envie de faire plaisir ton histoire leur plaît et partager sa veillante c'était formidable c'était magique
Loïc c'est vrai que ça c'est un grand mystère le fait que c'est souvent ceux qui ont le moins qui offrent le plus je pense que si tu débarques tu vois dans certains quartiers chic en France avec ton vélo pas lavé depuis 4 jours et que tu demandes l'hospitalité je ne suis pas bien sûr qu'ils soient reçus avec le même sourire qu'au fin fond de la Mongolie ou ce qu'ils ont c'est peut-être vraiment pas grand chose
Invité 1 c'est vrai on parle de la Mongolie mais moi le pays qui va me rester le plus c'est le Kazakhstan le Kazakhstan même si l'Ouzbékistan en fait j'attendais tellement de l'Ouzbékistan par rapport à tout ce que j'avais vu que j'étais légèrement déçu je dirais même si c'était un beau pays il n'y a pas de problème mais par contre l'hospitalité au Kazakhstan des Kazakhs va nous rester alors ça comme le le plus beau des pays traversés on était même et de loin parce qu'on a tellement d'anecdotes on était obligé même de faire attention par moments à ce qu'on disait où on allait parce que la générosité des gens était trop importante et chaque fois c'était tellement difficile à accepter parce que c'est gênant d'avoir toujours quelqu'un qui veut te donner quelque chose ou qui est là pour te rendre service que tu ne veux pas les déranger non plus c'est de ma culture je n'aime pas déranger les gens je ne suis pas trop demandeur et chaque fois ça m'émeut tellement que c'est difficile donc par moments tu sais même d'éviter ces situations parce qu'eux ils veulent tout te donner des anecdotes on en a tous les jours de rapport avec les gens que ce serait trop long de raconter mais c'est tellement ce qui en ressort je dirais le plus dans ce voyage c'est vraiment cette relation dans ces pays là alors que quand tu dis Kazakhstan ça ne fait pas rêver les gens ça ne fait pas rêver les gens et pourtant quel pays magnifique déjà pays spandide avec ses steppes vertes plus contrairement à la Mongolie où c'est plutôt assez sablonneux je dirais la couleur elle est différente et voir ces grands cavaliers qui gardent leur troupeau d'une centaine de chevaux par moment ça va rester des images magnifiques que je suis heureux d'avoir vécu vu et partagé avec Yann c'était des moments extraordinaires et la rencontre en plus avec les gens elle a été identique aux tous les jours fabuleuse et alors certainement on a un vecteur de communication plus fort parce qu'on était père et fils et ça parlait aux gens certainement il y a ça qui est rentré certainement en compte mais je crois pas il y a aussi le rapport aux autres comme tu le disais si bien moi ils ont des choses c'est un pays pauvre Kazakhstan et plus ils donnent plus ils ont envie de donner plus ils ont envie de partager plus ils sont curieux ils ont envie de cette relation vraie je dirais qu'on puisse échanger sur plein de sujets et rien que d'en parler ça m'émeut encore vous voyez ça s'entend c'est vraiment quelque chose qui va rester toute notre vie et certainement qu'on en reparlera très souvent à Veillenne
Loïc si on tire une ligne droite depuis le Kazakhstan jusqu'à Toulouse on passe par deux pays qui malheureusement font la une de l'actualité depuis un peu trop longtemps et pas pour les bons sujets on passe par la Russie et l'Ukraine comment vous avez comment vous avez géré ça du coup vous avez fait un petit saut en avion vous avez contourné par la Turquie
Invité 1 justement on a sauté le Kazakhstan en passant par l'Ouzbékistan parce qu'on a une frontière qui s'est fermée malheureusement entre le Kazakhstan et non l'Ouzbékistan et le Kazakhstan on avait 400 km à faire pour aller à Ktaou qui était le dernier village avant la mer Kaspienne on n'en voulait pas passer par l'Iran parce que ça était bien que ça chauffait et c'était prévu dans le projet on avait été appelé par l'ambassade donc on avait dit on ne prendra pas le risque on n'allait pas passer par la Russie parce que même si on peut y aller c'était pas le projet et ça ne correspondait pas à l'éthique que j'en faisais je ne voulais pas passer par la Russie l'Ukraine bien sûr encore moins avec la guerre et donc on a sauté de l'Ouzbékistan on a sauté la mer Kaspienne en avion pour atterrir en Georgie à l'Azerbaïdjan on aurait pu y aller mais il a aussi il fallait un visa et puis il y avait les frontières au moment où on devait le faire fermer donc on est arrivé en Georgie et dans ces Georgie Turquie Turquie Bulgarie Serbie Croatie Slovénie Italie et France mais voilà un peu le déroulement mais là aussi Georgie pays magique magique par la beauté des paysages et la Kéosie qu'on a eu Turquie on a adoré vraiment tout ce qui est il n'y a pas d'endroit où on est passé qu'on n'a pas aimé mais vraiment là aussi il faut aller voir sur place pour parler vraiment de ce qui se passe il faut être sur un vélo être vraiment minimaliste pour vraiment être au contact des peuples dans les montagnes par exemple comment ça a été notre cas et s'arrêter dans un petit village et voir un peu la gentillesse des gens il n'y avait pas d'animosité loin de là on peut dire est-ce que les français sont aimés je ne sais pas si les autres pays sont aimés mais je peux dire qu'il n'y a jamais eu de problème en disant qu'on était français ils étaient complètement indifférents il n'y a pas eu même de blague sur le fait qu'on soit français au contraire je veux dire ce qui leur pesait c'était notre projet et après il n'y avait pas d'animosité qu'il y a en soi sur le parcours on a vraiment eu aucun soucis sur tout le parcours et voilà c'était vraiment voilà comment on a fait on a sauté la mer Caspienne en atterrissant à Tim Vissi en Georgie
Loïc l'arrivée si je ne me trompe pas vous avez fini par histoire de se dégourdir les jambes une dernière fois 240 km en courant pour arriver à Toulouse c'est ça ?
Invité 1 non c'est pas exactement ça on a fait 215 km parce qu'on devait partir du démarrage de l'étang d'auto et puis une connaissance Jean-Paul Ferré il me téléphone me dit j'aimerais bien que tu fasses le départ de Port-Iran je dis oui j'avais aucune raison de le faire si ce n'est que c'était le démarrage du canal du Midi mais depuis l'étang d'auto mais je lui disais pourquoi pas c'est une bonne idée je pense que Yann 215 ça devrait lui convenir moi je n'en ai jamais assez mais lui je pense ça devrait lui convenir et effectivement on a fait les 215 derniers kilomètres en 6 étapes alors que Yann n'avait jamais fait plus de 10 km en courant et là je savais que ça allait être très très compliqué mais l'idée de la course à pièces déjà c'est ma discipline mais l'idée majeure et première je dirais pourquoi on a fini en course à pied la première c'est parce que c'est mon sport mais la première c'est surtout que c'était l'occasion de partager avec les gens sur le trajet il y avait déjà on aimerait faire un bout de chemin avec vous et j'ai dit l'idée c'est si vous avez l'occasion venez sur le canal du Midi et venez faire le nombre du kilomètre que vous aurez envie vous faites ce que vous voulez vous pouvez venir avec nous on vous racontera notre histoire et puis même si on ne raconte pas vous aurez partagé un peu avec nous notre aventure et on sera tellement content de vous voir qu'on passera un bon moment voilà l'idée de le faire en course à pied et c'était un gros change pour Yann le premier jour il a passé le premier marathon il a passé le deuxième à 10 km de l'arrivée il ne pouvait plus poser le pied par terre ça a été plus compliqué et il a fait les trois jours après en vélo il a fini la dernière étape en courant mais c'était très très difficile pour lui je savais je me doutais bien que ça allait être compliqué faire un marathon par jour pratiquement c'est pas simple même si on avait toute la journée pour le faire même si on alternait avec beaucoup avec la marche en plus il a fait très très chaud il faisait plus de 40 degrés par moment sur le bord du canal il n'y avait pas de platane au début et donc pas d'arbre plutôt et donc c'est vrai que c'était assez difficile physiquement la chaleur mais bon on était tellement contents on savait que on allait vivre une arrivée fabuleuse chez nous et donc on était on était enthousiastes malgré tout et puis effectivement les gens qui venaient qui venaient nous voir pendant notre trajet sur les différentes étapes ça nous a boosté à chaque fois et on était heureux après avoir mais quelque part j'avais aussi j'avais plus le plaisir de vivre 100% de l'aventure à Vian c'est ce qui ça me faisait drôle quand même de de de de pleuvoir je me retournais par moment je le cherchais je savais que j'allais plus avoir cette relation intime et profonde avec lui et même si toute bonne chose a toujours une fin j'étais quand même j'étais déçu quand même de plus de plus avoir ce privilège je sais que après qu'on allait reprendre nos vies quotidiennes c'était fini c'est unique de faire ça je le conseille vraiment parce que même s'il y a des moments douloureux on va dans la profondeur pour se connaître et quand on est papa enfin un père un fils une dimension je ne sais pas une mère une fille c'est pas c'est juste il y a une autre dimension je dirais on le fait ça avec un bon pote c'est extraordinaire mais le faire avec un membre de sa famille notamment un de ses filles de ses filles je dirais c'est quand même unique et quel bonheur de l'avoir fait je suis très très heureux de l'avoir fait parce que on a partagé vraiment des difficultés on a partagé des moments des fourrires comme je l'ai dit on a partagé des moments très profonds et voilà c'est ce que je me suis dit sur le parcours quand je me retournais j'aurais plus la chance c'est fini voilà on est on finit on finit l'histoire mais on n'a plus on aura plus ce rapport là et voilà j'en étais un peu déçu mais c'est la vie il faut continuer
Loïc au final tu dirais que le conseil que tu donnais au deuxième jour si on fait un espèce de rétro-pédalage qu'on revient plusieurs mois en arrière au deuxième jour de la Transat tu lui disais que ça allait passer vite c'est ton impression à l'arrivée là maintenant que ça t'a digéré un peu
Invité 1 c'est passé encore plus vite que je ne l'avais prédit j'ai passé mais vraiment tellement rapidement que les gens qui sont venus nous voir au départ sur la passe du Capitola Toulouse qui sont venus l'impression que c'était hier mais c'est passé en plus d'un suivi pour certains avaient beaucoup d'enthousiasme mais très régulièrement ils étaient tellement au quotidien avec nous qu'ils avaient l'impression de ne jamais nous avoir quittés et pour nous c'était la même chose exactement j'ai dit tu vois Yann je t'avais dit déjà que la vie elle passe très vite qu'il faut en profiter mais alors là le projet j'ai mis deux ans deux ans et demi à le préparer sept mois c'est passé comme s'il n'y en avait rien fait et je savais très bien que ça allait être le cas ça passe tellement vite les choses et d'autant plus quand c'est vraiment avec beaucoup d'intensité comme c'était le cas c'était assez militaire comme organisation parce que il y avait des sujets à traiter tous les jours mais au final c'est passé comme ça et j'ai l'impression que ça ne s'est pas fait parce que bien sûr je décris tout avec beaucoup de détails parce que c'est très frais donc je sais que ça s'est fait mais c'est vrai que c'est passé tellement vite que c'est incroyable
Loïc tu dirais que t'as récupéré au moment où on enregistre on est pile poil un mois et un jour après votre arrivée on est le 15 juillet vous êtes arrivé le 14 physiquement vous en êtes où physiquement mentalement
Invité 1 alors pour Yann physiquement il a récupéré il a couru dès la première semaine il a recouru même s'il a mal il avait un peu mal aux pieds mais il a recouru alors il ne faisait pas du gros kilométrage mais il avait besoin de continuer sa phase sportive on était entre 6 et 8 heures de sport par jour donc il avait besoin de continuer là il travaille donc il court un peu moins même si je l'ai vu il m'a fait quelques vidéos le matin avant d'aller au travail qu'il allait courir donc c'est bien il ne faisait pas ça avant donc c'est bien et donc pour ma part bon j'ai eu quelques sollicitations donc j'ai j'étais un peu occupé ces derniers temps et puis en plus je suis en train de préparer le livre qui va parler de cette aventure et le le reportage même si c'est pas moi qui vais faire le montage donc j'ai un vidéaste qui s'en occupe mais on fait un documentaire plutôt sur notre aventure en 52 minutes comme finalisera certainement fin août donc ça m'occupe ça pas mal et physiquement moi j'essaye de de m'entretenir j'essaye de sortir régulièrement je fais on va dire 3-4 sorties par semaine un peu de vélo un peu de course à pied comme j'étais en montagne la semaine dernière j'en ai profité je faisais de l'écriture un peu le matin après j'allais courir en montagne ça m'évadait ça m'a fait ça m'a fait beaucoup de bien et ben voilà donc maintenant je vais essayer de me replonger dans mes prochaines aventures qui m'arrivaient quand même assez rapidement parce que le temps passe vite et donc déjà dès septembre je vais commencer une préparation pour cet hiver une course polaire je sais pas encore j'en ai deux en prévision ça devrait s'orienter sur une que j'avais fait j'avais fait au Kingsleyden je sais pas si on en avait parlé je t'avais fait en Suède ouais ouais j'étais parti en solo après le Covid sans organisation sans rien j'avais fait mes 500 km sur le Kingsleyden la totalité là il y a une course qui existe depuis deux ans et ou la première année personne qui est arrivé cette année il y en a deux et du coup je me tâte à y aller je réfléchis encore mais parce que je connais la difficulté du parcours et je sais qu'il va falloir un gros engagement là aussi et donc voilà je vais peut-être me projeter sur celle-ci ou une autre à Road 135 aux Etats-Unis qui est beaucoup plus courte qui avait fait 217 elle est mythique c'est pour ça aussi que je voulais la faire mais j'ai du mal à m'inscrire le site il bouge pas trop et donc je sais pas je réfléchis entre les deux voilà et puis une autre aventure avec un de mes autres fils en juin dans le Canada au Yukon voilà une descente en kayak d'une course qui s'appelle Yukon River Quest River je sais pas dans quel ordre mais voilà comment elle s'appelle c'est une course de 715 kilomètres ce que j'avais fait en plein hiver en 2019 quand j'avais gagné l'Ukra Arctic Ultra le Yukon Arctic Ultra en 2019 ça faisait 700 kilomètres et là ça fait 715 kilomètres descendre la rivière Yukon en course en kayak en plein milieu sauvage et ça je ferais bien avec mon fils aîné c'est bon il m'a donné son accord il a réfléchi un peu il a aussi il a regardé quelques vidéos il m'a dit bon attends ouais je vais réfléchir et puis bon il est très pris avec son métier de vétérinaire donc il a pas trop de temps mais il devrait certainement on devrait faire cette aventure en juin l'année prochaine et puis une autre avec l'autre fils mon troisième fils l'année après là c'est en Alaska c'est une régate alors j'y connais rien du tout en voile mais je vais c'est une petite régate enfin une petite régate de 1400 kilomètres où tu passes ou par les fjords ou par le pacifique nord c'est assez engagé donc bon j'y réfléchis c'est pas encore c'est moi qui ai pas encore donné l'accord mais on devrait c'est pour ça que je suis pas en stage la semaine prochaine je fais une semaine stage de voile et je vais me préparer pendant deux ans au cas où on fasse cette course voilà on ne l'arrête plus
Loïc on ne l'arrête plus enfin on ne l'a jamais arrêté d'ailleurs c'est pas comme si ça venait de démarrer
Invité 1 et on a le temps de s'arrêter ça arrive tellement vite ça aussi c'est clair il vaut mieux en profiter j'essaie d'en profiter un maximum et voilà bah écoute
Loïc je pense que t'as bien raison et en tout cas merci pour ce cet incroyable témoignage moi je sais que alors je sais pas si ça résonne plus maintenant que je suis papa mais vraiment un grand merci parce que tu vois ce que tu dis sur le fait que tout passe vite et que finalement moi le message que je retiens de toute cette aventure c'est le partage tu vois ce que ça a créé les souvenirs les expériences incroyables que vous avez vécu ensemble père-fils moi je sais que ça bah là ça me fait réfléchir tu vois depuis le début de l'échange sur qu'est-ce que je peux faire avec ma fille pour bon qui est encore petite qui a trois ans et demi donc on va pas faire une transat maintenant mais voilà c'est un vrai message super inspirant j'ai trouvé sur
Invité 1 le fait de prendre le temps tu vois Yann il y avait trois ans la première aventure qu'il a fait il y avait trois ans parce que c'était une sacrée aventure de partir en famille en vélo avec des remorques sur les pistes cyclables on était parti d'Arcachon jusqu'à presque Pesqu'Biarritz un peu avant et donc ça faisait pas mal de kilomètres par jour et en une semaine lui il savait même pas faire du vélo donc il était dans la remorque derrière et c'était le sacré aventure tu vois tu peux faire à tout âge tu peux partir l'essentiel c'était d'être dans un campement tous les jours et de monter la tente on avait tout le matin avec son nom et ça ça c'est ce que je raconte souvent avec les écoles dites à vos parents forcez-les à faire une toute petite aventure autour de chez vous faites des choses vraiment on n'a pas besoin d'aller au bout du monde même si vous pouvez le faire faites-le mais commencez déjà par faire une aventure une sortie de votre maison prendre un vélo avec une tente et aller faire ne serait-ce que 3 kilomètres dans les bois qui sont à côté de chez vous et passer une soirée moi je l'ai fait je l'ai fait encore avec mon épouse et un autre j'en fais ça des fois et on va on va camper dans les bois à côté de la maison mais bon des fois de sortir de son quotidien ça fait du bien ça fait aussi prendre conscience que notre quotidien il est bien il est ce qu'il est mais on a besoin aussi de s'évader de se reconnecter à plein de choses de la vie et la nature en fait partie
Loïc je suis complètement d'accord là tu vois on revient elle a fait sa première nuit en refuge ce week-end super refuge bon pas très haut dans le Haut-Verdon mais c'est un ancien observatoire donc il y avait aussi observation de la lune avec un télescope etc c'était vraiment génial c'est fou donc et voilà en tout cas ton message moi c'est ça que j'en retire de cet échange et merci beaucoup Thierry
Invité 1 merci à toi ça a du bon plaisir Loïc
Loïc un immense plaisir la première fois bon tu nous avais fait halluciner avec ce récit de l'éditharod là cette fois-ci je ne vais pas me re-répéter mais très très inspirant sur la notion de partage d'engagement et finalement voilà ce que je retiens aussi c'est que même avec plus de 20 ans d'expérience comme toi et bien on apprend toujours sur soi sur le matériel sur voilà gérer des situations imprévues et puis écoute ce que je te propose c'est qu'on se donne rendez-vous pour les prochaines aventures il y en a déjà 3-4 là sur la liste qui m'ont l'air pas mal ouais ouais ouais
Invité 1 c'est ça je remplis facilement la jeune larme c'est ça
Loïc un immense merci Thierry en tout cas bonne prépa pour la suite bon stage de voile et puis je te dis à une prochaine j'espère
Invité 1 merci Loïc avec plaisir
Loïc allez à bientôt onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada
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