Un moment fort, c'est vraiment cet arrivé sur des fjords gelés sur ce glacier. Tu as une vue vraiment sur une mer de glace, mais franchement, c'est la chose la plus belle que j'ai jamais vue de toute ma vie. Ça te prend, tu as un air frais qui t'arrive dessus, tu vois un glacier, ça a perte de vue et ça craque de tous les côtés. Et là, ça c'est très très fort.
Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales.
Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Joseph est un passionné d'aventure. Les grands espaces, c'est clairement ce qui le fait vibrer. Et après avoir descendu le Danube en kayak en 25 jours, Il décide de se lancer dans une traversée, ou plutôt une triple traversée. Il va s'attaquer aux îles Féroé, à l'Islande, puis au Groenland. Ce que je retiens de cet échange, c'est qu'il ne faut pas attendre d'être fin prêt pour se lancer dans les projets qui nous font rêver. Joseph en est l'exemple. Excellent écoute à vous.
Eh bien, on y va. bienvenue à nouveau Joseph pour la deuxième partie de cet épisode exceptionnel sur ta triple traversée des îles Ferroé de l'Islande du Groenland et en fait on pourrait même dire quadruple traversée parce qu'il y a aussi une traversée non pas pédestre mais maritime enfin bref tu vas nous en parler la dernière fois on s'était quitté à la fin de ton récit de la traversée de l'Islande tu étais en train de prendre une pause bien méritée de l'autre côté de l'Atlantique au Canada et tu t'as prêté à ce moment-là à attaquer le dernier gros gros morceau de cette aventure incroyable à savoir la traversée du Groenland mais il y a eu autre chose juste avant ça donc écoute partons pour que tu nous expliques que tu nous fasses le récit de la deuxième partie de ton aventure merci Louis pour l'accueil sur ce deuxième épisode on s'était quitté sur l'Islande et après ce deux mois d'aventure c'était le moment de prendre une pause et donc je retourne en France je dépose un peu toutes mes affaires des skis qui ont vécu, une pulca qui était neuve et qui revient avec un petit peu abîmé comme moi et c'est parti pour un mois et demi de pause et sur ce mois et demi même si l'aventure des Trois Îles elle était en partie terminée, du moins la partie numéro 1 et bien j'avais un petit objectif c'était de trouver un bateau pour passer du Canada là où j'ai fait ma pause
au Groenland. On en avait parlé sur la partie 1, j'avais un objectif, c'était un peu de réduire le fait de prendre l'avion. Et quand on est au Canada, le Groenland, ça paraît vraiment très très proche. Sauf que il n'y a pas d'avion qui passe là-bas. Et donc, un petit objectif que j'avais en tête, c'était de passer en voilier. Donc, c'est un petit mois de navigation entre le Canada et le Groenland, ça dépend où tu vas. et par chance la petite étoile de l'aventure elle m'a apporté un capitaine qui cherchait deux compagnons justement pour retourner en Norvège depuis le Canada mais en passant par le Groenland donc super je vais être ma copine on est au Canada et elle veut retourner en Europe, moi je vais passer au Groenland donc les étoiles sont alignées et on se retrouve à embarquer sur un voilier de 13 mètres à 3 pour partir sur ma troisième île, on va dire, celle du
Lowenland. Donc tu l'as dit, c'est une étape qui se rajoute. Une quatrième petite traversée, traversée de la mer du Lowenland, la mer du Labrador et ensuite pour terminer sur le Lowenland. Incroyable. Donc là du coup, ça veut dire que quand vous embarquez, toi tu as tout ton matériel pour la traversée du Lowenland. Ouais, ouais, ouais. j'ai tout le matériel et donc on doit prendre un petit avion interne pour rejoindre le port du Canada le port c'est Halifax c'est sur la côte est du Canada et donc j'ai tout préparé dans mon sac, j'ai des liophilisés j'ai mon matos de bivouac j'ai vraiment énormément de choses j'ai un sac qui va peser pas loin des 40 kilos quand j'aurai rajouté le fusil, un petit kayak dedans, une pagaie une pagaie démontable enfin vraiment l'ensemble du matériel quasiment et ce petit avion d'une heure et ben ça m'a mis un petit coup de stress parce qu'ils avaient perdu mon bagage donc arrivé à Halifax je me retrouve sans rien il fait froid, je suis en short t-shirt et j'ai plus aucune affaire pour l'aventure en Groenland et donc là c'est la merde là le capitaine en plus il était pressé de partir lui il avait un mariage en Norvège
et on devait traverser un certain nombre de mailles nautiques.
Et donc, moi, j'arrive au Canada sans aucune affaire. Et là, je pense que l'aventure, elle est terminée pour moi. Je me dis, on ne va jamais retrouver ce sac.
Mais finalement, trois jours plus tard, on arrive à remuer un peu ciel et terre pour savoir où est ce sac. Et je me retrouve à nouveau équipé et prêt à partir. donc on embarque avec 3-4 jours de retard à cause de ce sac là mais on embarque donc 20 jours de traversée objectif de base c'était le Groenland mais cette année le passage entre le Canada et le Groenland est super bouché on est en début de saison de ce genre de traversée et donc la côte ouest et sud du Groenland elle est vraiment bouchée de glace notre bateau ne suffira pas pour passer et donc après réflexion on décide de taper un petit peu plus au sud et donc de rejoindre l'Islande donc à l'épisode dernier à l'épisode dernier on s'était arrêté en Islande et là un mois et demi de pause et 20 jours de traversée plus tard je me retrouve en Islande pour passer au Groenland et entamer cette troisième méga île du coup c'est quoi parce que là on est passé rapidement dessus mais 20 jours de traversée j'imagine qu'il y a eu des hauts débats des challenges, des moments incroyables c'est quoi toi que tu que tu retiens de
cette partie de l'aventure ? Des hauts et des bas oui pas mal de bas ce que je retiens c'est que c'est une espérance fabuleuse c'était une espérance, j'étais pas sûr de la tenter, j'ai des petites expériences en bateau avec ma clopine à Nice on a habité un an et demi sur un petit voilier de 7m60 donc naviguer j'ai des bases je suis pas un grand navigateur j'ai même souvent le mal de mer quand ça bouge un peu trop donc on s'était lancé un peu tête baissée dans cette aventure sans vraiment se projeter sans vraiment être conscient de ce que c'est 20 jours sur un océan je pense mais expérience de fou où t'apprends la vie ta vie sur un bateau t'apprends à véritablement naviguer à faire des quarts de nuit durant 20 jours donc à se partager un petit peu les moments de sommeil et les moments de veille et ça c'est une sacrée expérience et ouais il n'y a personne sur l'eau ça aussi c'est notable à partir du moment où on a quitté la côte du Canada jusqu'à l'arrivée en Islande on n'a croisé aucun bateau, rien sur le radar et ça c'est particulier de prendre conscience qu'il n'y a personne autour de toi 20 jours donc du coup entre les quarts etc j'imagine qu'au final c'est long et assez court
vous avez eu du vent en permanence ? il y a eu pas mal de vent même parfois un peu trop on a eu des prévisions un peu très venteuses qui s'annonçaient on a échappé un peu on va dire aux tempêtes mais on s'est fait secouer quand même sur 20 jours c'est pas un océan c'est pas la mer Méditerranée en été donc c'est pas de tout repos c'est pas 20 jours où tu dis on arrête de naviguer on se met au soleil on sort la canne à pêche et on pêche tranquillement en prenant l'apéro c'est pas tellement ça là c'est 20 jours de brume de ciel gris, de vent donc en termes de conditions météo c'est pas relax et on se fait secouer dans tous les sens donc au début c'est assez drôle et au fur et à mesure ça commence à peser et je pense qu'on rajoutait 5 jours de navigation on commençait à se mettre un peu sur la tranche tu cuisines, il y a tout qui tombe tu fais tomber ton plat de riz que t'as galéré pendant un quart d'heure à tenter de faire c'est une sacrée expérience ça c'est sûr moi j'ai l'habitude d'avoir les deux pieds sur terre et d'aimer la stabilité et là j'ai appris à vivre avec ça c'est un peu la philosophie de cette aventure c'est qu'on ne peut pas être expert sur tous les points avant de partir et là, je n'étais pas expert je ne suis pas devenu mais en tout cas j'ai pris un peu d'expérience Excellent Du coup, arrivé en Islande enfin, retour en Islande plutôt, ton objectif étant le Groenland, comment comment est-ce que tu t'organises et juste avant ça, on est donc t'as dit 20 jours donc là on a 4 périodes de l'année donc on arrive fin juin on se rapproche du mois de juillet ok donc là il y a aussi le chrono qui tourne parce que si j'ai bonne mémoire le Groenland s'est ouvert entre guillemets à partir d'avril c'est ça pour les tout ce qui est expédition etc en tout cas pour les traversées c'est avril et ben ça je je ne sais pas pendant ma tête c'est ouvert toute l'année mais c'est à toi de t'adapter un petit peu à la condition météologique ouais oui voilà en tout cas t'as plus là si on se rapproche de juillet t'as pas 6 mois devant toi pour pour faire ton trip ouais ouais ouais de toute façon j'ai une deadline c'est fin août j'étais parti en mi-temps donc j'ai eu 6 mois de disponibles et bah ces 6 mois se sont pas mal écoulés déjà donc 20 jours sur le bateau j'arrive à peu près le 20-22 en Islande et mon seul objectif c'est de c'est de passer au Drainland le plus vite possible
pour tenter de vivre l'aventure que j'ai en tête depuis un certain nombre d'années.
Et donc d'Islande, après 20 jours de navigation, je prends un petit avion pour passer sur la côte ouest du Groenland et arriver à Nuuk, la capitale du Groenland, qui sera le point de départ de l'expédition au Groenland, qui n'est pas une traversée. L'objectif de base, c'était d'enchaîner les kilomètres et de monter le plus au nord possible depuis Nuuk. mais finalement petit changement de programme et petit changement de philosophie en arrivant sur l'île ok donc t'arrives finalement à Nook là donc l'idée initiale c'était vraiment de partir de t'avais une ville un village que tu visais au nord de Nook en particulier ou l'idée c'était d'avancer au max puis de revenir à Nook alors au niveau de l'organisation je suis pas le le plus aguerri j'avais un seul et unique objectif c'était d'aller rejoindre la côte ouest et donc là j'ai choisi Nook et de remonter le plus au nord possible et je m'étais pas fixé un objectif mais je m'étais fixé une limite en fait tout au nord il y a un dernier aéroport et je me suis dit si jamais dans le cas où tout est bon j'arrive à faire 800 bornes 900 bornes et bien je sais qu'ici ça sera le dernier point
où je pourrais revenir à la civilisation ensuite. J'ai un peu fonctionné comme ça. Je me suis fait des points en me disant si j'arrive là, je peux rentrer. Par contre, après, si je dépasse ce point-là, c'est plus compliqué. Et donc, le point le plus au nord, c'était quoi ? Il ou Lissat ou encore plus au nord ? Non, encore plus au nord. Je n'ai plus en tête. Mais il y a une base américaine et juste au-dessus, il reste un petit aéroport qui est considéré un peu comme la dernière ville au nord du Lourdeslandes.
Et donc ça, c'était 800 kilomètres au nord de Nook. Je pense même un petit peu plus. Donc c'était un projet vraiment, vraiment ambitieux. C'était le projet de Javé 1. Enfin, c'était ma limite du projet, on va dire. Je savais que ce n'était pas jouable dans les temps impartis. Mais voilà, l'objectif, il était clair, c'était je venais de finir la traversée des fairways. Je venais de finir l'Islande. Et moi, j'aime bien enchaîner des bornes, j'aime bien explorer un peu à travers cet objectif un peu bête et méchant de foncer tout droit à travers une nature sauvage, et donc je m'étais fixé cette petite limite-là. Mais comme je t'ai dit, arriver au Groenland, ça change un peu. J'avais pris conscience qu'il y avait une autre manière aussi d'explorer,
même si j'adore enchaîner des kilomètres. Faire 20 jours de bateau, ça m'avait changé un petit peu la philosophie de ce voyage-là, en disant qu'il y avait peut-être moyen de prendre le temps de vivre autrement sur cette troisième île.
Justement, le voilier, ça m'a fait prendre conscience un peu des distances, du temps.
Nous, on a l'habitude de pouvoir quasiment se téléporter à l'autre bout du monde en une demi-journée d'avion. Et là, en fait, pour passer du Canada à l'Islande, il a fallu 20 jours. Et avant de le faire, tu ne réalises pas trop. Tu dis, en fait, si je prends un avion, j'en ai pour 3-4 heures. Et là, 20 jours de navigation, ça change un petit truc en moi quand même. En disant, c'est bien aussi de pouvoir prendre le temps. Donc, j'arrive à Nook et je me dis, en fait, je voulais prendre un bateau pour descendre plus au sud de base. Et je me dis, tiens, tu es à Nook. C'est l'objectif déjà d'être au Groenland, d'explorer, de vivre un petit peu dans cette méga île, eh bien, on part de nous. Tu es à nous, tu remplis ton sac à dos, tu achètes un petit peu à manger, tu fais les points au niveau des équipements,
eh bien, tu pars de nous. Pas besoin de te prendre la tête à prendre un autre bateau ou à tenter de se déplacer pour arriver à un autre meilleur endroit. Et donc, je pars de nous à pied. Je quitte mon Airbnb cinq à six jours après mon arrivée pour me laisser le temps de récupérer et de préparer tout ça. Et je pars plein Est avec un objectif qui est un petit village qui est à l'est de nous qui s'appelle Capicillite qui sera ma première étape j'avais prévu 10-15 jours pour aller rejoindre ce premier village et faire le point là-bas et après une fois là-bas je me suis dit on verra quelle sera la seconde étape ok donc là le village tu dis qu'il s'appelle Capicillite ça se dit pas comme ça je pense en Groenlandais mais je pourrais pas te dire comment ça se redit je l'ai entendu je l'ai en tête mais je pourrais pas le répéter ah oui avec un K ok je suis sur une carte en même temps j'essaie de voir un peu par où t'es passé 15 jours donc là on est pas en fait j'imagine qu'il y a pas de village qui sont sur la cadres glaciaires enfin sur le le glacier en tant que tel du Groenland-Cy non non non il y a il y a des villes surtout proches de la mer ou alors ancrées dans des fjords ou sur des petites îles ouais il n'y a rien qui est enterré dans les terres ok incroyable c'est fou quand même donc là à ce stade là du coup tu n'as plus vraiment d'objectif en tout cas d'un point de vue géographique l'idée c'est plus de prendre le temps de prendre le temps j'ai l'impression et de profiter à fond, mais tu as quand même une direction en tête, tu sais plus ou moins vers où tu veux aller ? Ouais, j'ai une direction déjà c'est le village donc j'aime pas partir en marchant sans avoir d'objectif précis même si je prends le temps, même si j'explore, je fais des allers-retours ou même des parcours en étoile de temps en temps et bien j'aime bien me dire dans 10-15 jours je vais là-bas et je serai là-bas mais sur le chemin par contre rien m'empêcher d'avancer vers l'est un jour et finalement de me repérer qu'il y avait une vallée vers le nord et donc je monte vers le nord et je vais explorer cette petite endroit qui sur ma carte a l'air super chouette et je me dis à quoi ça ressemble en vrai et donc je fais un détour, je fais des zigzags je parcours en étoile je trouve même une cabane où je reste 2-3 jours au même endroit où je chope mon premier poisson groenlandais après des heures à pêcher sous la pluie mais voilà parfois je me pose et je vais explorer, je vais marcher je vais monter sur une montagne donc je me permets ça quand je dis que je prends le temps c'est pas que je pose la tente à 13h en étant parti à 10h c'est que je fais des grandes journées mais pas uniquement dans une seule les mêmes directions. Je me permets d'aller explorer ma carte en plus
en détail. C'est comme ça que je vois cette expression de prendre le temps dans ce genre d'aventure. En termes de sensations,
à ce moment-là, t'es parti de nous qu'il y a une quinzaine de jours, c'est ça ? 10-15 jours quand t'arrives à ce premier stop de... Avec des petits problèmes de... traversé de col entre les deux donc je me fais bloquer par des cols qui sont trop enneigés à cette période de l'année et finalement ma traversée qui devait, j'avais pas prévu de faire demi-tour évidemment et je me trouve coincé quand j'essaye de passer un col et donc je fais demi-tour, je réfléchis un peu aux autres possibilités j'essaye un deuxième col le lendemain et échec à nouveau donc pour passer à ce village là je me dis que c'est pas possible, que j'y arriverai pas donc deuxième demi-tour en fait il y a trop de neige, il y a trop de brume, il y a trop de pluie j'arrive pas à passer ces deux colles là et je me retrouve bloqué entre Nouk et Capicillite d'accord avec toujours l'objectif d'atteindre le village mais un petit obstacle en face de moi, c'est deux colles infranchissables en tout cas dans les conditions météologiques
actuelle, je n'arrive pas à passer. Et donc là, encore une fois, sur deux jours d'affilée, je fais demi-tour et je replante ma tente exactement au même endroit en me disant, en fait, raté, tu n'arriveras pas à atteindre le village que tu avais regardé sur la carte.
Là, en termes de sensations, parce que tu avais déjà été seul en Islande, même si l'Islande il y a une concentration démographique qui est méga faible le Groenland c'est incomparable donc j'imagine qu'à l'inverse de l'Islande par exemple tu dois pas croiser beaucoup de routes ou de pistes j'imagine qu'il y en a pas du tout en fait et puis en termes de paysage moi ce que je vois sur la carte c'est que c'est plein de bras de mer le relief a l'air assez c'est pas une grande plaine étendue où tu vois loin c'est bien escarpé et il y a de l'eau absolument partout donc je suppose qu'assez vite tu dois avoir la sensation d'être perdu au fin fond du monde c'est comme ça que tu le ressens toi à ce moment là après avoir quitté Nook ouais ouais bah carrément c'est un mélange de fjords de montagnes qui part de zéro et qui monte à ça peut monter à 1500 là où j'étais à peu près donc ça fait des gros dénivelés tu vois de grande vue dégagée à part quand tu te rapproches des fjords où là tu tombes sur des immenses fjords qui peuvent mesurer en long pour rejoindre entre la terre et la mer des centaines de kilomètres donc ça peut être vraiment immense mais comme tu l'as dit il n'y a pas de route, il n'y a pas de sentier il n'y a pas de randonneur et justement là quand tu es bloqué tu te retrouves bloqué mais tout seul donc vraiment grand sentiment de solitude quand tu quittes la plus grande ville du Groenland qui fait 20 000 habitants je pense donc tu te retrouves tout seul dans ces grandes montagnes, dans ces grands fjords sans humain en tout cas parce qu'il y a énormément d'animaux, des reines des lapins des ours, moi j'en ai pas vu mais tu te retrouves tout seul dans cette belle nature mais par chance d'ailleurs quand j'étais bloqué entre les deux cols où j'arrivais pas à passer j'ai rencontré mes premiers individus après une semaine de marche au bon moment parce que je tombe sur un bateau de chercheurs qui étudiaient des insectes et l'eau du loin de l'onde qui est un gros centre de recherche pour ce genre de thématiques et donc il me sauve un petit peu la mise j'ai pas retourné à pied à Anouk il m'emmène et me permet de contourner cet obstacle rocheux que j'arrivais pas à franchir et me ramène du coup sur la suite de l'aventure mais en ayant esquivé ces deux cols que j'arrivais pas à passer donc j'étais seul mais par chance au moment où il fallait trouver quelqu'un j'ai trouvé quelqu'un, donc ça c'était vraiment cool donc là t'étais quand même serein sur le fait que la neige allait finir par fondre et que du coup, l'école serait dégagée
si tu as poursuivi. Oui, j'avoue que c'était un petit pari. Mais je ne voulais pas m'arrêter là. J'avais fait 20 jours de bateau pour arriver ici. Je voulais atteindre ce village et je me suis dit, là, a priori, c'était les deux cols les plus compliqués en termes de neige. On va continuer à avancer dans la saison. faut pas que je m'arrête là j'ai pas envie de faire demi-tour et de rester dans cette petite portion autour de Nook et donc ils m'ont permis de continuer le pari c'était de que la suite ça passerait donc ils me déposent et je continue vers ce village là et c'est bon mon pari a fonctionné c'était moins enneigé après et il n'y a plus eu d'obstacles naturels qui m'ont bloqué complètement la route excellent pas à cette échelle en tout cas donc quand t'arrives à Capicillite le village est habité à l'année permanent ou c'est uniquement à la bonne saison on va dire ouais le village est habité à l'année c'est pas un gros village moi j'avais noté qu'une seule information c'est qu'il y avait une épicerie donc ça c'était le seul petit truc qui m'intéressait et dont j'avais l'information donc il y a un
que t'avais trouvé où d'ailleurs par curiosité ? que j'avais trouvé, je pense, sur le net. Je pense. Il y a des ouvertures de l'épicerie. En tout cas, je les avais notées. Je ne sais plus où j'avais trouvé l'information, mais je me souviens de mon petit cahier où je prends des notes et j'avais noté où était la petite épicerie du village. Et donc, c'était un objectif que j'avais en tête, je dois avouer, après 10-15 jours de marche, d'arriver au village et de manger autre chose que du poisson. je me suis dit trop bien j'arrive au village la première chose que je fais c'est je passe à cette épicerie je regarde ce qu'ils ont et et j'achète à manger donc objectif très très simple de changer un petit peu de nourriture mais j'avoue ça m'a permis de d'accélérer un peu sur les derniers kilomètres qui devenaient longs avant le village mais pas de chance j'arrive un samedi je pense une heure après la fermeture de l'épicerie donc l'épicerie ré-ouvre deux jours après et donc j'ai plus grand chose à manger mais je rencontre quelqu'un qui me dit ah mais pas de soucis regarde dans la rivière il y a plein de poissons des fjords, il y a des cabillots il y a du saumon, des truites, tu peux aller pêcher ouais mais ça fait déjà 10-15 jours que je pêche donc en fait même dans dans cette petite dans ce petit problème là où j'avais prévu d'acheter à manger et finalement je n'en trouve pas ça permet de prendre contact avec la population aussi, ils se rendent compte qu'il y a un mec qui arrive dans le village il n'a plus à bouffer et je trouve que ça a permis de tisser un peu des liens ils m'ont pris un peu sous leurs ailes en disant, bah là viens on va t'emmener pêcher viens je t'emmène manger chez moi donc j'ai pas eu cette épicerie mais j'ai eu des contacts avec la population locale et ça c'était chouette et globalement les gens sur place comment ils réagissent quand ils te voient débarquer est-ce qu'ils sont finalement habitués est-ce qu'il y a des gars solo des voyageurs solo qui débarquent dans ce coin perdu à Capicillite ou est-ce que ça suscite beaucoup de questions d'interrogations c'est quoi les réactions je pense que c'est un village qui peut être qui est accessible depuis nous où il y a des des bateaux qui font des navettes mais mais en arrivant j'ai une sensation positive et j'aime bien celle-là c'est de se dire qu'il n'y a pas de grand monde et là quand j'arrive il n'y a que des villageois qui sont locaux et ça ça me plaît bien de me dire je suis certes pas le seul européen à faire ça mais qu'à ce moment-là il n'y a personne d'autre et dans les discussions avec les gens ils voient d'après ce que j'ai eu ils voient rarement des gens tout seuls et ça c'est chouette de dire ah j'ai fait un petit truc qui ne sait pas très régulièrement qui se fait ça c'est sûr mais qui ne se fait pas très régulièrement et de manière seule donc ça en plus d'apporter cette petite satisfaction que j'aime bien ça a aussi permis de tisser des liens avec avec les gens qui habitaient ici où là comme je suis seul, peut-être le contact il est plus facile, si t'arrives en groupe avec 6 potes à toi je pense que t'as moins de chance de te poser de manger un truc avec les gens qui sont là et qui passent leur vie ici donc j'ai bien aimé ça ce petit sentiment d'être un peu l'étranger dans un village incroyable depuis tout à l'heure je t'ai dit j'ai la carte sous les yeux, je fais des zooms, des dézooms c'est vide, il n'y a absolument rien j'aime bien de dire que il n'y a rien mais il y a tout en fait quand tu regardes la carte tu dis qu'il n'y a pas de route il n'y a pas de bâtiment, il n'y a rien donc c'est vide mais la sensation que tu as quand tu es dedans tu te dis en fait il y a tout il y a des animaux il y a du poisson, il y a des rivières c'est magnifique et donc tu es comblé et ça j'aime bien quand il n'y a rien mais pour toi dans ce moment là en fait tu retrouves tout tu n'as pas besoin de j'ai parlé d'une épicerie, tu n'as pas besoin d'une épicerie pour manger tu prends ta canapèche tu vas dans le fjord tu patientes 20 minutes, tu as ton repas donc il n'y a rien il n'y a pas de supermarché mais il y a tout parce qu'il y a de l'eau, il y a de la nourriture il y a du kiff, en plus il fait beau à ce moment là donc ça c'est vraiment chouette excellent du coup t'arrives t'arrives à Capicillite déposée en bateau non non pas forcément déposée en bateau enfin avant c'est ça ils te font contourner l'école donc t'arrives là je reprends la ça va être je reprends la marche ça va être particulier pour les villageois de te voir arriver à pied et pas en bateau non j'imagine ouais ils ont dû voir arriver un mec avec un énorme sac une Winchester sur l'épaule et je me suis rendu compte après en étant invité dans une famille que dès qu'il y a quelqu'un qui marche et qui vient de la direction où je venais et bien il y a tout le monde avec ses pères de jumelles qui commencent à étudier et à se demander c'est qui celui-là donc je m'étais fait repérer bien avant que je le sache ok excellent du coup la suite de l'aventure tu décides de partir dans quelle direction alors le l'objectif de base c'était je me dis je vais au village
et après je remonte vers le nord comme ce que j'avais prévu de faire. Et en étant invité, en discutant de choses d'aventures, de rivières, de glaciers, je me rends compte que la partie sud a l'air super chouette. Et donc je décide, 3-4 jours après d'être arrivé à ce village, en attendant de pouvoir refaire un petit peu un stock de nourriture et un stock d'énergie dans ces jambes qui commençaient à fatiguer sous le poids du sac, je décide de partir vers le sud avec un objectif qui est assez chouette. Je devais descendre vers le sud, trouver une rivière et la remonter jusqu'au glacier. Et arrivé au glacier, je mets mon kayak à l'eau et je redescends la rivière
et je continue vers le sud ensuite. Donc ça, c'était l'objectif de base après ce petit village-là. Donc je pars pour un objectif de 20 jours en disant, allez, pendant 20 jours, tu descends et après, ce sera l'occasion de remonter. et donc là sur l'itinéraire zéro village, zéro pas d'épicerie même pas une épicerie donc je fais le plein de chocolat et je pars avec mes affaires, mon kayak et donc je m'engoufle dans une longue vallée qui ensuite je rejoins une vallée glaciaire et là j'avais pour objectif de remonter cette rivière qui était magnifique dans une vallée verdoyante, avec des aigles qui tournent autour toute la journée, avec des reines partout, et jusqu'à arriver jusqu'au glacier. Donc le glacier, c'est le début de l'Islandis, le début de ces 80% du Groenland
qui est complètement gelé. Et ça, c'est un sacré choc. Tu arrives, tu vois une mer de glace, des stris de glace, des gros morceaux d'icebergs qui tombent non-stop dans l'eau. donc c'est un spectacle visuel et sonore de fou au fond après dix jours de marche tu tombes là dessus et là c'est un gros moment un grand moment tu je suis assez impressionné par l'engagement en fait de l'aventure enfin tu vois partir comme ça partir 20 jours avec un sac sur le dos c'est une chose, partir 20 jours quand tu sais que potentiellement tu vas être absolument seul au monde, loin de tout même si tu as, comme tu disais un peu plus tôt, tu manques de rien mais quand même l'engagement il est vraiment total est-ce que t'avais des de l'anxiété peut-être même des craintes particulières avant de partir sur cette partie-là de l'expédition en particulier ouais j'avais deux craintes une peut-être un peu plus rationnelle qu'une autre la première c'est la peur de la petite frayeur autour de l'ours où je sais qu'au louré Nantes il y a des ours et même si je suis pas dans la région ou le territoire où les ours ont l'habitude d'être là et ben il y a des ours qui passent et la population locale d'ailleurs sait qu'il y en a un qui est pas très très loin donc ça c'est une petite chose qui me trotte en tête non-stop quand tu marches dans des buissons quand tu es dans les rochers ou quand il y a de la brume même si j'ai le fusil à l'épaule j'ai cette petite appréhension donc ça c'est sûr donc ça c'est la peur rationnelle qui est peut-être plus plus forte que la deuxième la deuxième c'est au niveau de la météo il n'y a aucun arbre il n'y a aucun abri il n'y a rien pour faire sécher tes affaires et quand tu te prends la pluie moi ça m'impacte beaucoup le moral et je me suis dit en fait il me reste 20 jours à peu près avant de pouvoir me reposer et s'il pleut ça va être long, ça va être très très long et ça a été long parce que pendant 5-6 jours d'affilée j'ai pris la pluie donc là gros coup gros coup de mou parce que 5-6 jours sur la pluie avec des affaires qui commencent à être trempées malgré une tente malgré ta veste imperméable et bien quand il pleut toute la journée et que t'es dehors et bien t'es trempé et donc là je prends un petit coup de mou je dois avouer le moral est assez bas et je me dis il me reste 15 jours 20 jours devant moi et ça va être long là je commence à en avoir un peu marre mais ça a vite varié en fait ça a vite changé il a suffi d'un petit coup de soleil et un joli lac où poser le kayak pour soulager un peu le dos et après c'était reparti 20 jours de bonheur donc ouais peur de l'ours et peur de la pluie deux choses un peu différentes et la solitude aucune appréhension par rapport à ça la solitude c'est pas ce qui me fait encore une fois c'est ce qui est impressionnant c'est l'isolement total quoi ouais la solitude c'est pas ce qui me fait le plus le plus peur à part dans les moments de mou on va dire au niveau psychologique, au niveau du moral c'est pas quelque chose que je vois comme négatif, j'étais là où je voulais être exactement dans la façon où je voulais vivre ce moment, donc ça c'était nickel mais par contre le fait d'être tout seul et de se dire il n'y a pas de chemin donc je devais devoir grimper ce col là qui a l'air bien chaud s'il m'arrive un truc il ne faut pas compter sur les secours d'aussitôt ça c'est quelque chose qui te trotte en tête aussi quand tu marches ou quand tu te fais une petite frayeur en tombant dans un ébouli ou entre des rochers c'est un truc que t'as en tête donc je rajouterais cette petite peur aussi c'est pas une peur mais c'est quelque chose qu'il faut avoir à l'esprit de dire t'es tout seul et si t'arrives quelque chose et ben il t'arrive quelque chose et t'avais quoi pour potentiellement prévenir des secours en téléphone satellite ? Ouais, un Garmin qui permettait d'envoyer un signal en cas de détresse et dans les moments un petit peu plus tendus que les autres j'ai envie de dire j'avais contact aussi avec deux personnes qui géraient un peu plus ça, c'était ma copine et un ami qui était un peu plus vigilant sur ça, donc dès que je m'engageais dans un call ou dans un endroit qui était pas très très safe on va dire je disais là restez proche du téléphone donc ça permettait d'envoyer un peu plus de messages que d'habitude pour prévenir que tout allait bien et si jamais j'envoyais pas de messages là il fallait un petit peu plus s'inquiéter que les autres jours mais tout s'est bien passé pas de panique ça a été quoi du coup les moments forts au delà de la pluie de cette phase de l'expédition un moment fort c'est vraiment cet arrivé sur des fieurs gelées sur ce glacier tu passes un petit dénivelé et là tu as une vue vraiment sur une mer de glace et ça j'avais vu des photos, j'avais vu des vidéos, des documentaires mais franchement c'est la chose la plus belle que j'ai jamais vue de toute ma vie ça te prend, t'as un air frais qui t'arrive dessus, tu vois un glacier ça a perte de vue et ça craque de tous les côtés et là c'est ça c'est très très fort, vraiment c'était un spectacle j'ai déjà dit mais visuel ça te prend les yeux moi j'ai pas réussi à enlever mon regard de cette mer de glace pendant un certain temps et sonore parce que toute la journée quand tu te rapproches, quand tu dors ça craque et ça m'a fait penser un peu à Sylvain Tesson qui dit que quand il habite dans sa petite cabane au bord du lac Baïkal il entend le lac chanter le lac craquer et c'était exactement ça et donc ça c'est un moment très très fort ça restera vraiment gravé dans ma tête un certain temps excellent ça donne presque envie de faire une traversée en bateau pendant 20 jours 15 jours d'expédition vers un premier village puis 20 jours ensuite de marche tout seul pour voir ça incroyable ça c'était vraiment un spectacle fort après comme j'avais prévu de redescendre dans la rivière que j'avais suivi pour arriver jusque-là,
finalement, je m'étais rendu compte que ce n'était pas jouable. Cette rivière était très amincie. Et bien souvent, elle était quasi sèche. Et donc, ce n'était pas possible de descendre en petit pas craft le long de cette rivière.
Donc, on va dire malheureusement, je n'ai pas pu la descendre. Je n'ai pas pu m'amuser un petit peu dans cette rivière et continuer plus au sud. Mais finalement, j'ai changé de plan et j'ai suivi ce glacier. J'ai longé le glacier. Et ça, je ne regrette pas du tout. Finalement, j'ai fait continuer ce spectacle. Je suis resté proche de ce gros glacier qui m'épatait tellement. Donc ça, c'était chouette. Incroyable. Donc là, on est à un peu plus de 30 jours, 40 jours d'expédition ? Oui, on se rapproche de la fin. Je suis resté 47 jours dans la nature entre mon départ de Nouc et mon retour à Nouc. et ouais ça commence à là on commence à se rapprocher du 30 du 30ème je dirais là t'as des tu ressens des changements quand t'es isolé de manière j'insiste vraiment sur l'isolement parce que je pense que c'est très difficile à concevoir pour quelqu'un qui l'a pas vécu en tout cas un isolement aussi important que le tien, que ce soit géographique t'étais vraiment pour le coup loin de tout tu peux être seul en montagne au dessus de Grenoble à portée de voie presque de la civilisation à vue de la civilisation mais là toi t'étais vraiment loin de tout est-ce que t'as ressenti des changements dans tes réflexions la journée est-ce que tu t'es mis à te parler toi-même est-ce qu'il y a des choses qui t'ont marqué dont tu as fait l'expérience au Groenland que tu n'avais pas forcément vécu dans tes traversées de l'Islande, des îles Féroé
ou du Danube en kayak ? Ouais, ouais, ouais. C'est ce que je recherchais un petit peu. J'adore les montagnes, les Alpes françaises. C'est vraiment super beau. Mais tu as toujours un petit peu cette idée de dire je ne suis jamais très loin de quelque chose, une route, d'un village. Et au Féroé, on retrouvait un peu ça. C'est un tout petit pays, même si tu as des vues dégagées sur une nature totalement intacte, tu sais qu'à une vingtaine de kilomètres, tu as un village où tu as une route. En Islande, tu l'as un petit peu moins quand tu es sur les hauts plateaux. Mais au Groenland, c'est sûr qu'à partir du moment où tu quittes un village,
il n'y a pas de route, il n'y a rien. Et ça, c'est ce que je recherchais. Donc ça, je dirais que ce n'est même pas un point négatif, c'est cette sensation-là, je la recherchais. et ouais quand t'es isolé, quand t'es tout seul tu m'as demandé si je me parlais tout seul bah de temps en temps ouais et je me à voix haute ouais ouais ouais j'étais pas tout seul parce qu'il y avait des reines toutes les je pense toutes les heures tu rencontres un reine tu rencontres un animal qui débouche qui déboule sur le chemin et là j'ai relu un peu les notes que je prenais dans la tente le soir et j'ai noté que je parlais aux rennes tu vois j'essayais de dire mais toi je t'ai déjà vu, t'étais pas là ce matin donc parfois j'ai des petits souvenirs de petites phrases comme ça qui ressortent un peu, bon je m'en ai pas des discussions très approfondies avec les rennes mais j'ai pas gardé la bouche fermée pendant un mois et demi au Lourenland tu t'insultes quand tu fais des conneries tu t'esclames quand c'est magnifique et tu peux même parler au reine donc t'es pas vraiment tout seul en tout cas pas dans ta tête incroyable incroyable après ce qui est tu veux nous en parler de la fin d'expédition mais je suppose que le retour à la civilisation entre guillemets il est relativement doux au Groenland parce que tu redébarques pas d'un coup au coeur de New York ou dans le métro parisien ouais ouais c'est doux, le retour à nous qui s'est fait en douceur c'était, j'arrive au 47ème jour je suis de retour à Capicillite et je me dis, ça y est t'as vécu ce que tu voulais vivre si ça s'était arrêté en Islande ou au Ferroé il aurait manqué quelque chose, ça c'est sûr mais là, c'est bon t'as vécu une autre aventure t'as 3ème île, 47 jours au Groenland à marcher, à pêcher, à galérer à camper tous les soirs
sous des ciels magnifiques et dans des conditions de fou. Et là, je suis très chanceux. Et sur le retour, je me dis, c'est bon en fait, tu peux rentrer, t'es bien, t'as vécu ce que tu voulais vivre exactement comme tu voulais le vivre. Et c'est la première fois que ça m'est arrivé, de rentrer d'une aventure et me dire, c'est bon, tu peux être serein et rentrer tout doucement chez toi. Mais ça, c'était entre Nook et Capicillite. Une fois avec Nook, tout s'accélère quand même. tu vois j'ai fait durer le plus longtemps possible cette aventure et le jour d'après après mon retour à nous que ben je dois prendre l'avion et finalement ben en 3h t'es en Europe tu te retrouves à Paris la demi-journée d'après et là c'est le choc tu te prends des des odeurs que t'as plus l'habitude de prendre la pollution le bruit les gens et donc le retour il s'est quand même fait très très vite entre le le soir où je pose la dernière fois la tente à côté du village où je profite d'un coucher de soleil, d'un lever de soleil magnifique sur un fjord où il y a des petits icebergs un petit peu qui
continuent à flotter. Et deux jours après, je suis dans le train à Paris parce que je viens d'atterrir là-bas et tout s'est accéléré. Donc cet état d'esprit de retour lent à la réalité, il n'a existé que au Groenland. là tu t'avais déjà fait le récit du Groenland que ce soit oralement ou par écrit à quelqu'un d'autre t'avais déjà essayé de partager ce que t'as vécu là-bas avant cet épisode dans les grandes lignes on me pose la question alors le Groenland, alors l'Islande mais j'ai pas encore pris le temps de vraiment mettre mes mots à moi dessus j'ai fouillé un petit peu dans ce que j'avais écrit j'aimerais bien notamment travailler autour d'un récit mais j'en suis pas du tout au Groenland encore là je suis dans mon travail d'écriture je suis encore à vélo je suis encore au Danemark donc le chemin jusqu'au Groenland et ça lance encore un peu long et là maintenant que tu viens de faire l'exercice est-ce que t'as le sentiment que t'arrives à restituer ce que t'as vécu là-bas à mettre des mots sur les émotions les sensations, le ressenti
ou c'est compliqué ? Je pense que dans nos discussions, même si ça fait plus de 30 minutes qu'on parle, je pense que j'arrive à ressortir 10%. 10% de vraiment ce que j'ai vécu, à la fois en termes d'émotions positives, ultra positives, où malgré la petite chute de morale sur 5-6 jours, j'ai vécu 47 jours vraiment de bonheur intense. et là même dans quand on parle, même quand je te fais des petites anecdotes sur ce voyage là je me rends compte qu'il y a plein de choses que j'aimerais te dire et qu'on n'a pas encore parlé mais c'est je dirais 10%, j'arrive à exprimer 10% de ce positif là et peut-être un peu moins des galères et des éléments un peu plus impactants sur le moral ou sur le physique qui ont été un petit peu on va dire caché sous l'effet positif de ce que j'ai vécu quand je relis mes notes je me rends compte que souvent j'étais dans le mal physiquement et je me posais des questions mais quand je parle du Lourdes Land c'est pas la première chose qui me vient à l'esprit donc j'ai tendance à minimiser un petit peu les efforts les galères les journées où tu te retrouves à tenter de pêcher sous la pluie pendant 3 heures ça c'est passé un petit peu en dessous et les points positifs ont pris le dessus dans les moments où j'essaye de
raconter un petit peu cette aventure.
La magie du cerveau. C'est ça, elle a fait le choix.
Excellent. Ok, les galères, si tu devais résumer cette partie de l'aventure au Groenland, c'était quoi physiquement qui était difficile ? C'était le poids du sac sur les épaules, c'était le terrain, les jambes, un tout, ça a été quoi ? C'est un tout. Donc, tu quittes le village et tu sais qu'il n'y a pas de sentier. Donc, c'est vraiment du hors-sentier. Tu te retrouves dans des buissons, dans de la roche, dans des éboulis ou même proche des glaciers. Donc, le terrain est vraiment compliqué. Ce n'est pas un GR où tu peux enchaîner les kilomètres tout droit et sans jamais faire demi-tour. Là, souvent, tu zigzagues à travers des rochers, tu descends, tu remontes parce que ça ne passe pas. donc le terrain est vraiment difficile et un sac un sac extrêmement lourd j'avais jamais porté un sac aussi lourd avec le fusil, avec le kayak, avec la nourriture je suis parti avec un sac de pas loin de 40 kilos et ça c'était une grande première pour moi après 20 jours de navigation j'avais un corps un peu aussi un petit peu affaibli donc la reprise de marche avec ce gros sac à dos dans des terrains on va dire non roulants pour rester soft ça ça m'a impacté physiquement et au fur et à mesure de l'aventure le corps aussi est aussi fait j'ai aussi appris à mieux gérer mes efforts à aller moins vite dans certains endroits le dos c'est adapté au sac donc il y a cet aspect physique qui a impacté et l'aspect moral ce qu'on avait dit avant il y a des jours où tu te prends la pluie non-stop tu manges sous la pluie tu dors sous la pluie tu commences à être mouillé et ça ça sèche pas donc les galères c'est au niveau de ça c'est au niveau de la difficulté physique et le fait d'être on va dire soumis à la météo quand il pleut et tu peux rien faire donc tu acceptes et tu continues une autre galère aussi on en a pas parlé je pense que j'ai eu les pieds mouillés pendant 47 jours et ça c'est ça pèse aussi on a parlé d'un terrain difficile mais c'est un terrain surtout mouillé où tes pieds ils s'enfoncent dans des marécages non-stop je pense que mon record c'est de garder mes pieds secs pendant une heure le matin je m'étais noté ça j'ai jamais eu des pieds secs plus d'une heure tu traverses des rivières tu marches dans des marécages dans des énormes flaques et donc les pieds mouillés
pendant 47 jours. Le petit moment du soir où tu enlèves les chaussettes et tu repères que tes pieds ressemblent à des vieux pieds avec la peau fripée, il est assez marrant. Mais ça pèse aussi un petit peu sur le moral de devoir enfiler tes chaussures et tes chaussettes mouillées tous les matins.
C'est une troisième petite galère que je rajouterai à la liste. Donc le terrain et le sac, l'aspect de la météo qui n'est quand même pas la météo de la côte d'Azur, ça c'est sûr. Et ses pieds mouillés. Trois galères pour le prix d'une. Cadeau, le combo. C'est quoi, tu dirais, les plus gros apprentissages que tu as fait sur toi, sur le matériel, sur la technique, l'orientation, bref, tout confondu, qui pourront te servir pour de prochaines aventures, tu penses ? La compétence de pêche. J'ai mis un certain temps avant d'attraper mon premier poisson. j'ai passé quelques jours à attendre avec ma canne à pêche comme un con dans l'eau, ça ça marchait pas trop et au fur et à mesure je suis pas devenu un pêcheur expérimenté mais j'ai réussi à manger tous les jours du poisson quand je le voulais et ça c'est une petite compétence que je suis un peu fier de l'avoir parce que ça m'a vraiment plu de me dire en fait tu peux être dans un endroit et tu peux te débrouiller pour trouver à manger et quand il n'y avait pas de poisson je pouvais aller ramasser des moules ou essayer de trouver des coquillages à manger et ça c'était chouette donc je mettrais cette compétence là sur la liste essayer de se débrouiller un petit peu avec les moyens du bord pour trouver à manger que ce soit même avec des champignons j'ai réussi à trouver à manger dans la nature et ça c'est chouette et j'aimerais bien le remettre à profit dans une autre aventure excellent tu as parlé de l'orientation je pense que je rajouterais ça aussi se renter sur une carte qui n'est pas une carte de Une carte topo comme on a l'habitude d'avoir en France, qui est à des échelles beaucoup plus grandes,
et de se dire, en fait, c'est la lecture du terrain qui prime. Et tu te demandes, est-ce que c'est mieux de passer par ce col-là, tenter de passer par la vallée ? Donc, c'est un peu de laisser erreur. Mais au fur et à mesure, j'ai aussi réussi à mieux lire l'environnement, que ce soit des échelles comme des cols pour passer ou des vallées à suivre. Mais rien qu'aussi à 500 mètres devant toi, tu dis, en fait, il faut que tu trouves un chemin pour passer, pour longer cette falaise-là, et bien souvent, tu plantes et tu fais demi-tour. Et au fur et à mesure, je pense, sans prétention aucune, mais je pense avoir aussi pris une petite habitude et un petit peu plus d'œil
pour lire les endroits où ça passait mieux.
Après, j'ai aussi plein d'idées en tête, plein d'images en tête qui me disent qu'en fait, pas du tout, parce que je me suis retrouvé bloqué dans des buissons, je me suis retrouvé dans des rochers. mais je pense que j'ai un peu progressé sur ce point quand même waouh, punaise quel énorme quel énorme morceau cette aventure au Groenland est-ce que ça t'a finalement conforté dans l'idée que ce qui toi te fait vibrer c'est ce type d'aventure très isolé, très loin, très long finalement très seul ou est-ce que tu revois peut-être un peu ta copie pour les prochaines expéditions et tu reviens à quelque chose peut-être de moins engagé alors ça aurait fait plaisir à un certain nombre de personnes que je dis que je vais revoir ma copie et que j'ai trouvé d'autres manières de me sentir vivant mais malheureusement pour eux c'est ce que je kiffe j'avais quelques doutes on va avouer j'avais quelques doutes sur la question mais maintenant c'est vraiment vraiment clair. On a parlé
de là où il n'y a rien, mais il y a tout. C'est vraiment cette petite philosophie que j'aime bien. Me retrouver dans ces grands espaces, à se débrouiller un peu par soi-même, qu'il y ait de la neige ou de l'eau, que ce soit sur les moments en kayak, en packraft,
avec de la faune, avec de la flore. Ouais, c'est vraiment ça qui me fait vibrer. Et maintenant, j'en ai vraiment la certitude. Waouh. du coup est-ce que t'as déjà une potentielle prochaine destination en tête ? des destinations j'en ai tellement en tête qu'il va falloir maintenant faire des choix mais dès cet hiver j'aimerais bien remettre la poulka sur la neige donc j'aimerais bien remonter en Norvège comme ce que j'avais fait un peu pour préparer l'aventure et profiter de ces grands espaces mais en Europe pour l'instant et après sur la liste c'est sûr qu'il y a le nord américain qui m'attire énormément, donc j'avais déjà fait un petit tour en Alaska, j'étais parti tout seul en Alaska, mais j'aimerais énormément retrouver des grands fleuves à descendre et des énormes forêts sans chemin à traverser, donc ça c'est aussi dans un coin de ma tête et j'espère que ça verra le jour prochainement Bah écoute je viens de faire un épisode avec un aventurier qui a descendu le fleuve Yukon en Pacraft en 60 jours donc si ça t'intéresse je vous mets en relation je suis sûr qu'il y aura plein de trucs intéressants mais c'était ça avait l'air complètement dingue c'était un récit un peu comme le tien tu vois de grands espaces déserts de solitude d'émerveillement face à la nature enfin c'était incroyable cet échange ah tu m'étonnes parce que ça fait partie de ce que j'ai en tête aussi trop bien plein de bonnes choses qui arrivent c'est fabuleux, merci beaucoup Joseph pour ces deux épisodes c'était fascinant de te suivre dans ta triple slash quadruple traversée hyper impressionnant aussi de voir le niveau d'engagement que t'as eu et surtout l'humilité avec laquelle t'en parles parce que c'est quand même pas à la portée de tout le monde si je pense qu'il y a plein de choses qui sont possibles pour quasiment tout le monde je pense que tout est possible mais il y a une différence entre savoir que potentiellement on peut le faire et oser le réaliser et toi tu l'as fait et t'as même récidivé donc franchement bravo hâte de lire le récit de tout ça et de suivre la suite de tes aventures c'était un plaisir de me remettre dedans de partager des anecdotes je suis rentré les jambes sont en France mais la tête est toujours un peu là-bas et t'as participé à l'émergence de souvenirs et ça me fait toujours vibrer trop bien un grand merci une fois de plus Joseph et je te dis à une prochaine à la prochaine Loïc merci beaucoup
Merci d'avoir écouté cet échange avec Joseph jusqu'au bout. J'espère que vous aurez été aussi fascinés par son récit que moi. Quelle aventure incroyable. Et vraiment, une fois de plus, ce que je retiens de cet échange, c'est que tout est possible, que même nos rêves les plus fous peuvent être réalisés. Donc allons-y, lançons-nous. N'attendons pas d'être prêts pour enfin réaliser le premier pas. Partagez cet épisode à fond autour de vous pour qu'il inspire encore plus de personnes à passer à l'action et parler des frappés, parler des frappés pour qu'encore plus de gens écoutent les récits exceptionnels de tous ces invités qui viennent témoigner au micro du podcast.
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