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Saison 4 EP·196 Vélo #ultra-cyclisme #entrepreneuriat #Alpes

07 janvier 2025

350 km en vélo, 11 000 m de D+ en moins de 24 h : défi des 7 Majeurs, avec Nathan Courtier

Durée · 1h04 · Transcription disponible

Nathan

Le récit

Nathan Courtier est devenu le 21 juin 2024 un "chevalier de la Confrérie des 7 Majeurs" après avoir réalisé en moins de 24h l'ascension à vélo sans assistance de 7 cols mythiques des Alpes.

Pour venir à bout de ce défi, bien connu des amateurs d'ultra-cyclisme, il a du parcourir plus de 350 kilomètres et 11 000m de dénivelés. Une sacrée performance qui lui a permis d'en apprendre énormément sur la manière d'aborder une telle distance, que ce soit dans la gestion de la nutrition, de l'effort ou du sommeil.

En selle pour un récit sur le défi des 7 majeurs !

🔎 Le site officiel de la Confrérie des 7 Majeurs c'est ici.

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Transcription

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Nathan La moitié, donc la moitié je commence à avoir très mal aux genoux mais voilà, une fois que je me suis ancré le truc dans la tête, je me refuse d'abandonner. Puis il y a ça, puis tu vois je suis au milieu de l'Italie, c'est vraiment l'Italie perdue. Je ne suis pas à Turin, je ne peux pas prendre de train, il n'y a rien à faire. Je dois bien rentrer en France, j'aurais pu prendre un hôtel, etc. Mais je me dis « bah non, je continue, ce col-là, il n'y a rien, il n'y a même pas de village, il n'y a vraiment pas grand monde ».

Loïc Hello hello, vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Pour la première fois, j'accueille sur le podcast un authentique chevalier. Nathan Courtier a réalisé un défi incroyable en vélo, le défi des 7 majeurs, franchir 7 cols en France et en Italie en moins de 24 heures. C'est à peu près 350 km et 11 mm de dénivelé qu'il a bouclé en seulement 22 heures. Incroyable performance dont Nathan nous fait le récit en détail dans cet épisode. Je vous souhaite une excellente écoute. Fabuleux. Eh bien écoute, bienvenue Nathan sur le podcast. Ravi de te recevoir au micro défrappé pour qu'on parle de plein de choses, mais notamment d'un gros défi que tu viens de réaliser, le défi des 7 majeurs, depuis lequel tu es chevalier. Ça fait quoi d'ailleurs d'être chevalier ?

Nathan Ça fait quoi d'être chevalier ? Écoute, c'était un petit défi que je m'étais fixé à moi-même. Non, après ça n'a pas changé mon quotidien. Je ne me balade pas avec une cuirasse chaque jour.

Loïc Sur le vélo.

Nathan Pratique.

Loïc Yes. En tout cas, encore une fois, bienvenue sur le podcast. Ravi de te recevoir. Et puis, écoute, ce que je te propose en intro, c'est de nous expliquer un peu ton histoire avec le vélo et ton parcours en général qui t'a amené jusqu'à te lancer sur ce gros défi personnel.

Nathan Oui. Écoute, avec plaisir. Alors, mon histoire avec le vélo, elle n'est pas si ancienne que ça finalement. Donc, j'ai 32 ans aujourd'hui et j'ai commencé le vélo, figure-toi réellement, on va dire. Alors, c'est un peu contradictoire, paradoxal, c'est pendant le confinement, je tournais un peu en bourrique chez moi et du coup, j'ai réussi à trouver un home trainer. Et donc, j'ai branché un peu mon vélo, qui était un vélo assez bas de gamme, sur le home trainer. J'ai commencé à faire ça. Suite à ça, en sortie de confinement, j'ai croisé un pote qui allait faire les Pyrénées, qui allait traverser les Pyrénées. Je me suis dit, ah, ça a l'air chouette. On faisait la queue devant un magasin de vélo pour avoir un truc de réparation. Et finalement, du coup, je me suis aussi lancé dans la traversée des Pyrénées. Donc, c'était l'été 2020, je n'avais jamais grimpé un col et j'ai commencé par ça. C'était un peu violent. Et voilà. Et ensuite, ça s'est un peu enchaîné. J'y ai vraiment pris goût. Donc, j'ai roulé pas mal en 2020. En 2021, j'ai commencé à faire des trucs un peu plus longs parce que j'aimais bien ça. Un peu plus long, un peu trop long parfois. Disons qu'on parle beaucoup de progressivité à vélo. Enfin, ça, je l'ai appris après. Et moi, j'ai tendance à parfois aller un peu trop vite, trop fort dans ce que j'aime. Du coup, ça m'a amené aussi vers des blessures. Et donc, j'ai jonglé, on va dire, entre 2020 et aujourd'hui, entre une nouvelle passion. J'en avais plein d'autres avant, mais c'est vrai que je faisais du sport sans plus. En tout cas, j'ai toujours été très actif, un peu hyperactif, aimé faire plein de choses, etc. Et je suis quelqu'un de passionné. Donc, quand je me lance, je me lance à fond. Et par contre, le vélo, du coup, j'ai accéléré un peu en 2021. J'ai roulé un peu plus fort. Et qu'est-ce que j'ai... Voilà, le premier voyage à vélo, tu vois, style backpacking sur une semaine, ce genre de choses. C'est vrai que je prends beaucoup de plaisir à ça. Les petits trips d'une semaine, en dormant à droite, à gauche, en faisant des rencontres, ça, ça me plaît. Et après, première ultra en 2022, j'ai fait un biking man, ça doit te parler.

Loïc Ah oui, yes.

Nathan J'ai fait un biking man, donc 1000 kilomètres en 2022.

Loïc C'était lequel, quand même ?

Nathan Alors, en fait, tout ce que je vais te dire, il va y avoir un petit lien avec les blessures. Je devais faire la course. Et voilà, en fait, j'ai eu des soucis aux genoux et donc j'ai reporté. J'ai fait Aura, donc Auvergne-Rhône-Alpes, avec pas mal de dénivelé. C'était très chouette. J'ai cru que j'allais abandonner aussi parce que j'avais trop mal aux genoux. Et j'ai fini, donc, premier biking man finalement 2022. Et voilà. Après, j'aurais bien aimé faire la race au Cross France l'année d'après, mais ça a été un peu compliqué. Pareil, blessure. Il s'est passé pas mal de choses en 2023. J'ai pas pu rouler beaucoup première partie d'année, justement à cause de ça. Et finalement, pour des raisons diverses perso, on va dire, pro-perso, je suis parti en Amérique du Sud. J'ai pris un congé plusieurs mois. J'ai fait quatre mois de vélo en Amérique du Sud, du Pérou jusqu'au sud de la Patagonie. C'était chouette. Dans une approche très différente, pas du tout le même poids sur le vélo, moi qui ai l'habitude de voyager assez léger. Et puis, je suis rentré début d'année. J'ai déménagé dans les Alpes, avec un lieu de pratique qui, moi, me plaît beaucoup, parce que j'adore la montagne. Je suis passionné de montagne. Et puis, je connaissais ce truc des sept majeurs. Ça faisait quelques années que j'en entendais parler, ou je l'avais vu. Et je me suis dit, cette année, j'habite ici. C'est le moment de le cocher, et de le tenter, en tout cas. Et donc, jour de l'été, le 21 juin, j'ai tenté l'expérience. Je me suis dit, allez, c'est le jour le plus long de l'année. Il va falloir passer un bon bout de temps sur le vélo. C'est le moment de le tenter. Et je l'ai tenté ce jour-là.

Loïc Voilà. Excellent. Yes. Alors, attends, juste avant qu'on rentre dans le détail, c'est quoi le type de blessure que tu peux avoir quand tu es surentraîné, ou peut-être que tu forces un peu trop, en tout cas qu'il n'y a pas cette notion de progressivité que tu évoquais ? Tu peux avoir quoi comme blessure à vélo ?

Nathan Oui. Alors, c'est une très bonne question. Moi, c'est souvent des blessures un peu tendineuses, dans le sens où il y a eu des vraies tendinopathies tendon d'Achille, des douleurs au genou, et voilà, des équilibres posturaux ou des manques de progressivité qui font qu'en effet, il y a des inflammations qui se créent. Et on va dire qu'historiquement, c'est encore parfois compliqué pour moi aujourd'hui. Je ne suis pas hyper bon dans les coudes de mon corps. Je le reconnais. Et du coup, à plusieurs reprises, tu vois, j'ai voulu poursuivre. Je devais faire une course que tu connais peut-être aussi qui s'appelle la Desertus Baikus. Je devais faire ça en 2023. Et tu vois, je me suis entraîné sur un truc qui me faisait mal pendant des semaines. Et puis, trois semaines avant la cour, j'ai dit en fait, c'est mort. Ce n'est plus possible. Et voilà, des diverses inflammations, type tendineux, ce genre de choses. Après, je suis très grand, donc j'ai un corps qui est... Je fais 1m95, tu vois, donc j'ai un corps qui est aussi peut-être plus sujet aux blessures que d'autres.

Loïc Ah, mais alors attends, ça, ça m'intéresse parce que moi, je fais 1m91 et je réfléchissais justement hier au fait que j'ai souvent mal au cervical quand je dépasse des sorties peut-être 70-80 kilomètres en route et 40-50 en gravel. Et je me disais, mais est-ce que c'est la posture ? Enfin, ça me paraît bizarre quand je vois qu'il y a des gens qui font 300 jours. Ouais, après, je pense qu'on n'est pas tous égaux.

Nathan C'est vrai. Moi aussi, ça m'a frustré. J'ai des collègues ou des potes ou des gens... Alors voilà, il y en a... J'ai un pote qui fait du trail, je pense à lui, qui court en sandal, que tu connais peut-être, qui lui enchaîne des trucs de ma boule en permanence. Et je me dis, ouais, mais bon, après, il est peut-être plus habitué et je pense que voilà, parfois, c'est dur à expliquer. C'est comme ça, il faut savoir s'écouter. Donc, c'est un vrai travail. Et sinon, après, renfort sur les douleurs cervicales, type gainage, ce genre de choses, je pense que ça peut aider.

Loïc Bon, à tester. OK. Donc, défi des sept majeurs, qu'est-ce que c'est que cette folie ? Est-ce que tu peux nous en dire plus sur déjà en quoi ça consiste, c'est quoi le concept et peut-être l'histoire de la chose ? Est-ce que c'est une épreuve organisée ? Est-ce que c'est une sorte de défi un peu... Ouais. Tu vois comme... Comment ça s'appelle ?

Nathan Les cinglés du Ventoux. Non ?

Loïc Ouais, il y a les cinglés du Ventoux. Non, il y a la Tourmagne ou quelque chose comme ça ? Le Tourmagne ?

Nathan C'est quelque chose, ça ? Non, le Tourmagne, ça ne me dit rien. Attends, mais peut-être

Loïc que je dis n'importe quoi.

Nathan Il y a quelque chose au départ d'Annecy, je crois, mais je ne sais plus comment s'il gère.

Loïc C'est un truc, c'est... Ah, punaise, j'ai vu... Je suivais un YouTuber qui s'appelle... qui a une chaîne sur le gravel. Mince. OK. Stéphane, qui a une chaîne sur le gravel. Mais bon, bref. Et qui a fait ça il n'y a pas longtemps. Je crois que c'est le Challenge Mane. C'est ça, je crois. Ah bah tu vois, je connais pas. Il faut enlever une tour vers... Mais bon, c'est un truc, tu le fais... Ouais, il y en a pas mal des trucs comme ça.

Nathan T'as des trucs dans les... T'as quelque chose dans les Ardennes, voilà. Enfin, je vais...

Loïc Il n'y a pas d'organe, en fait. Si tu prends le départ quand tu veux, il faut juste que tu sois capable de prouver, tu vois, que tu as... Ouais, exactement. Enfin, bon, bref. Ouais. C'est ça les sept majeurs ? Ouais, donc là,

Nathan on a répondu à la question. Pour dire ma question. Alors ouais, donc les sept majeurs, comme son nom l'indique, consistent en le fait de grimper sept cols qui sont autour de... au sud de Briançon. Donc généralement, le départ se fait aux alentours de Briançon. Donc une très belle région pour le coup, pour ceux qui habitent pas loin. Enfin, en tout cas, sont vraiment chanceux parce que c'est vraiment un coin magnifique des Alpes assez dur d'accès. Donc les sept cols, je peux les citer, il y a l'Isoar qui est assez connu. Il y a certains cols du Tour de France qui sont très connus. Assez vite, ça bascule en Italie. Donc il y a le col Daniel qui est magnifique, qui est très haut aussi, en 2007. C'est sept cols à plus de 2000. Donc c'est des cols assez hauts. Et ensuite, il y a deux cols italiens, Sampere et Foniera, qui sont vraiment durs, qu'on connaît pas en France, mais qui sont... C'est vraiment des petites routes italiennes sur des pourcentages vraiment exigeants et c'est vraiment très dur. Et ensuite, on revient en France, on passe à Lombarde et on arrive dans le Mercantour ensuite avec le très connu, enfin le col de la Bonnette qui est... Alors je mélange toujours un peu, il y en a qui disent c'est le col le plus haut d'Europe, c'est toujours un peu... La route asphaltée la plus haute d'Europe, il y en a qui disent que non, je suis toujours un peu perdu, mais bon, bref, toujours est-il que c'est à 2008. Et ensuite, il reste le col de Vars pour finir, qui est je pense le moins haut de tous. Et retour à Briançon, alors moi je suis parti un peu avant Briançon et donc comme tu le disais, enfin comme on le disait, c'est pas une course dans le sens où c'est pas comme un ultra où t'as X personnes qui prennent un départ en même temps et c'est le premier arrivé qui est gagné. Là, tu le fais un peu quand tu veux, quand tu le souhaites, forcément, quand les conditions le permettent. Et alors le principe, c'est que c'est une confrérie, ils appellent ça. Et donc, il y a un site internet, chacun peut aller voir. Et en fait, on fait en effet homologuer son temps et en fonction du temps qu'on a mis donc sur base de photos et d'une trace travaux, généralement, on devient soit chevalier de la confrérie, soit grand maître, soit maître, soit, je ne sais plus, apprenti après, voilà, en fonction de la durée du temps qu'on met. Et en effet, donc le grade ultime, en l'occurrence, c'est chevalier, il faut mettre moins de 24 heures sans assistance. Parce que voilà, on peut aussi, et j'ai croisé des personnes qui le faisaient avec assistance, donc famille, proches, etc., qui ravitaillaient.

Loïc Ok.

Nathan Voilà.

Loïc C'est la première fois que je reçois officiellement un chat sur le podcast. Mais alors attends, du coup, les 7 calls, ça représente quoi en termes de dénivelé, de distance ?

Nathan Ouais, donc, alors... Enfin,

Loïc est-ce que tu as une... En fait,

Nathan c'est quoi l'idée ?

Loïc Ouais,

Nathan donc t'as une...

Loïc impérativement passé par ses calls, après tu fais ce que tu veux, entre,

Nathan c'est ça ? Oui, après, t'es sur une route d'un call, généralement, il n'y a qu'une route et sur une vallée, il n'y a qu'une route. Donc en fait, t'as pas 40 000 options. Enfin, je dis ça, mais ceci dit, j'ai quand même réussi à me louper une fois ou deux. Mais je pense que ça, c'est le manque de lucidité. Mais normalement, tu peux pas trop te tromper et en gros, ça représente 11 000 mètres de dénivelé à peu de choses près et je crois que c'est 360, je sais plus exactement, je crois que c'est 360, 370 kilomètres à peu près. Voilà.

Loïc Et donc, t'as fait ça en moins de 24 heures.

Nathan Oui, je crois que j'ai fait ça en 22 heures avec les pauses, je crois. Oh là là ! Donc, ça implique de rouler de nuit

Loïc un peu et voilà. Oui, bah, j'imagine que sur les 20... Quand tu dis 22 heures, c'est incluant les pauses ?

Nathan Oui. Après, j'ai fait, voilà, j'ai pas passé mon temps en faisant des pauses, j'ai fait une vraie pause en Italie parce que j'avais le sentiment que j'avais pas le droit de passer une journée en Italie, enfin, au moins m'arrêter, prendre un café et une part de pizza, quoi. Mais c'est la seule vraie pause que j'ai faite, sinon c'était plutôt des pauses se déshabiller, se rhabiller, manger un bout, faire pipi. C'était assez express.

Loïc Ok, donc 11 000 mètres de dénivelé et 310, t'as dit ?

Nathan Non, je crois que c'est, alors il faudrait que je regarde, j'ai pas la trace sous les yeux, je crois que c'est 360, 370. Vu que je me suis perdu un peu, j'ai dû rajouter 5 ou 10 kilomètres.

Loïc Oh là là, ok, en 22 heures. Ouais, quand tu me disais tout à l'heure qu'on n'est pas tous égaux dans l'effort, ok, bon. Ouais, c'était avec beaucoup d'humilité. oh la vache, ok, et donc, au départ, tu visais déjà moins de 24 heures ?

Nathan Ouais, je m'étais dit je veux essayer de faire ce truc, enfin, je veux le faire et je veux le faire en moins de 24 heures. Je veux le tenter en moins de 24 heures. Je connaissais des gens qui l'avaient fait en moins de 24 heures et puis ouais, j'avais envie de le tenter comme ça.

Loïc Ça semblait approchable.

Nathan après, après, tu raisonnes un peu bêtement mais tu dis, bon après, c'est sûr que tu roules pas souvent avec autant de dénivelé et d'affilé mais tu, voilà, si tu raisonnes un peu simplement, tu te dis, tu te dis, bon voilà, tu fais 20 heures à 20 km heure de moyenne puis en fait, tu fais 400 km donc normalement, ça semble jouable si tu roules à peu près à 18, 20 et que tu t'arrêtes pas beaucoup, c'est jouable. Ok. Voilà.

Loïc Ok. Du coup, ça a été quoi ? Il y a eu combien de temps entre le moment où tu t'es décidé à prendre le départ et le départ en lui-même ?

Nathan Ouais. Alors, qu'est-ce que t'as fait

Loïc pour de cette préparation en fait ? Comment tu l'as approché ?

Nathan Ouais, bonne question. C'est un peu contradictoire parce qu'en fait, je l'ai fait, c'était pas mon premier choix on va dire sur cette année mais comme je te dis, j'ai passé beaucoup de temps blessé sur les dernières années. Moi, j'ai trop envie de revivre l'expérience et les sensations de dépassement de soi, de l'ultra en itinérant sur plusieurs jours parce que j'ai vraiment, c'est vraiment quelque chose que j'aime beaucoup. Sauf que, en fait, quand j'ai fait le Baking Man il y a deux ans, j'ai vraiment eu assez mal. Je me suis blessé pas mal les dernières. Alors, j'ai énormément roulé en Amérique du Sud mais tu vois, c'était pas un ultra. Je dormais la nuit, je faisais des pauses, je roulais 5 ou 6 jours sur 7 mais en zone, enfin voilà, vraiment pas toujours très vite et donc cette année, j'avais l'idée de faire soit la race cross France longue, soit un Baking Man et finalement, à quelques semaines ou mois de faire ça, je me disais, je suis encore un peu juste sur la distance, j'ai besoin de me rassurer ou en tout cas, de tenter un truc plus court. Alors finalement, à posteriori, je ne sais pas si c'est plus facile ou en tout cas, moins exigeant puisque du coup, je me suis aussi blessé pendant cette match-là, on pourra en reparler et donc on va dire que je suis arrivé en Haute-Savoie, tu vois, j'habite près de Chamonix en Haute-Savoie en mars et donc j'ai commencé à rouler au printemps et on va dire que, tu vois, mais j'ai commencé à me dire ouais, je vais faire ça, je vais faire un truc fin juin et les 7 majeurs, ça collait bien donc on va dire début mai et après, sur la prépa, j'ai fait un truc plutôt classique dans le sens où je roule quand même souvent parce que j'adore ça le dénivelé ici, en fait, on peut faire que ça à moins de se manger la vallée mais ça, en toute transparence, c'est pas ce qui m'excite le plus, la vélo, la vallée de Larve, faire des allers-retours donc moi, je fais vite beaucoup de dénivelé et donc voilà, essayer de faire du dénivelé sans pour autant se mettre la misère à chaque fois, j'ai fait une ou deux cyclos en préparation plutôt pour m'amuser et puis voilà, c'est borné mettre un peu d'intensité de temps en temps et puis des sorties longues régulièrement sans pour autant faire, voilà, j'ai pas fait plein de 3-400 cette année, j'ai fait quelques 200 et puis voilà, des sorties de 6-7 heures.

Loïc Ça représentait combien par semaine à peu près cette phase de préparation ?

Nathan Je saurais pas te dire exactement, je dirais que lorsque je roulais bien au printemps, je roulais 300-400, après c'est vrai que c'est étonnant parce qu'avant j'étais à Lille et à Lille, je faisais parfois aussi des sorties de groupe où tu sais, on roule à 30 à l'heure sans forcer, avec des pelotons sur du plat et ici, c'est vrai que je suis arrivé en mars et puis tu te retrouves à la fin de tes sorties avec des moyennes, alors je suis pas trop du genre à regarder ma moyenne quand je roule mais tu le vois a posteriori, des moyennes à 22, donc en fait, tu roules moins vite. Mais voilà, c'était des semaines à 10, 20, entre 10 et 20 heures sur le vélo, je pense. Je regarde pas exactement, j'aime bien rouler un peu le midi et le week-end, faire des sorties un peu plus longues quand ça va et que j'ai le temps et que je suis dispo.

Loïc Et par curiosité, du coup, tu fais quoi comme job ? Il faut pouvoir aussi, tu vois, rentrer dans un agenda.

Nathan Ouais, alors je travaille chez Decathlon, donc je sais pas si je peux les citer, trop tard. Oui. Et donc voilà, je travaille en supply chain, donc dans la gestion des stocks chez Decathlon. Voilà.

Loïc Ok, d'où ça l'ange ?

Nathan D'où ça l'ange, puisqu'il y a des sports de montagne qui sont basés ici.

Loïc C'est Kechua, non ? Exactement,

Nathan Kechua, Simon, qui sont basés ici et donc moi, ça me permettait de me rapprocher de mon terrain de jeu que j'apprécie.

Loïc Excellent, excellent. Donc professionnellement, j'imagine que t'es aussi dans un contexte où il va y avoir un peu une sorte d'émulation où ça fait du sport de tous les jours.

Nathan C'est clair. Ouais, oui, ça a toujours été le cas. Forcément, chez Decathlon, il y a une vraie... Ça, c'est un truc qui est agréable, c'est qu'on te laisse et c'est accepter que ta pratique sportive, elle est là et elle est nécessaire pour ton bien-être. Donc ça, c'est quand même chouette. Tout le monde fait du sport le midi, le week-end, la Salange, c'est encore plus qu'à Lille, forcément. Tout le monde rentre le lundi et est sorti en montagne. Et la Salange, c'est plus que le vélo, tu vois, c'est plus trail, parapente, alpi, escalade. Et voilà, après, en effet, moi, c'est le vélo et c'est... J'aime beaucoup mais c'est vrai que même parfois, c'est trop dans le sens où c'est toujours vraiment très, très orienté sport. Toutes les conversations et tu vois, je parlais des blessures. Quand tu es blessé, vivre à Salange et que tu aimes le sport, ce n'est pas évident même socialement parce qu'en fait, tout le monde fait ça. tu as moins de sorties culturelles forcément et tu n'as qu'une envie, tu as la montagne qui t'appelle, tout ton entourage part. Donc, toi, si tu ne peux rien faire, vaut mieux. Tu vois, je l'ai fait cet été. À un moment, je suis parti, je vais à Paris, je monte voir les JO parce que c'est encore un petit lien avec le sport mais je n'en pouvais plus d'être là et de voir les gens qui allaient grimper, rouler, voler, etc. Yes.

Loïc Yes, ok. Donc, tu arrives sur place en mars, début de prépa à ce moment-là, dans les 300-400 km semaine avec pas mal de dénivelé. Du coup, tu te sens prêt début d'été pour faire ça le premier jour de l'été. Côté matos, tu étais parti sur quoi ? Du coup, tu as fait quoi comme choix et c'est quoi un peu les enjeux stratégiques sur un défi pareil autant de kilomètres, autant de dénivelé en si peu de temps ?

Nathan Oui. Alors, sur le vélo, enfin le matos, en fait, vu qu'il n'y a que du dénivelé, autant tu vois, sur un ultra, le poids compte déjà pas mal, mais là, vraiment, je pense que ça compte énormément et donc, il faut vraiment limiter le poids, je pense, dans le sens où chaque gramme, tu le sens. Donc moi, j'ai un vélo, je travaille chez Decathlon, donc je roule sur un RCR, un vélo, enfin, j'ai plusieurs vélos, j'ai un Titan en gravel, mais là, voilà, j'ai pris mon vélo, tu vois, type E-Route qui reste assez confortable et qui est léger et alors, vu que je le faisais sans assistance, j'ai croisé des mecs ou des gens en assistance avec assistance qui, eux, n'avaient vraiment rien sur le vélo, moi, du coup, j'avais quand même pris du matériel, il faut savoir, enfin, du, ouais, quelques, ouais, un peu de matos, il faut savoir qu'en 21 juin, il faisait encore hyper froid, je ne sais pas si on est au printemps, le, on a eu un printemps pourri et il y avait encore beaucoup de neige en haut et ça a été, en fait, je suis parti le vendredi soir et il n'y a plus des torrents, on était en vigilance orange crue dans les Alpes et donc, en l'occurrence, j'ai quand même dû, tu vois, emmener doudoune, gants, manchettes, jambières, enfin, de quoi te couvrir en haut puisqu'en fait, en haut de chaque col, quasiment, il faisait pas loin de zéro degré. Lorsqu'en plein milieu de journée, en Italie, il faisait 25, donc tu as des gros, des gros écarts de température. Moi, je préfère généralement qu'on roulait quand il fait chaud mais voilà, là en haut, il faisait bien froid plus après, forcément, pas mal de nutrition, bar en tout genre et quelques trucs un peu salés genre, cacahuète, des fruits secs, etc. Et puis, pas auprès de quoi réparer, quoi, de quoi réparer le vélo, les basiques, chambre à air, pompe, etc. Donc,

Loïc T'as eu la casse d'ailleurs ?

Nathan Non, rien du tout. Donc, ouais, j'ai eu beaucoup de chance à ce niveau-là. Sauf sur le bonhomme. Sauf sur le bonhomme. Si, j'ai eu juste, mais bon, j'ai eu de la chance, du coup, j'ai un dérailleur électrique et je pourrais te raconter après, mais il y a une anecdote assez marrante sur le défi qui fait qu'en fait, j'ai essayé de passer ma... je pense que j'ai essayé de passer mes vitesses vraiment trop souvent et donc, en fait, j'avais plus de batterie sur mon dérailleur arrière et heureusement, j'avais une batterie de rechange donc normalement, la batterie, elle tient 1000 bornes et là, au bout de 250 bornes, j'avais plus de batterie. Donc, j'ai changé ma batterie de dérailleur mais ça n'a pas été un vrai problème.

Loïc Ok, donc, j'imagine que l'avantage de cette trace, c'est que le profil ne change pas en fait, c'est que du dénivelé, tu n'as pas à gérer peut-être comme sur la Rêve de Cross France où tu sais que tu vas avoir un peu tout donc les questions se posent sur le matos. Ouais, non, là, c'est clair,

Nathan c'est que tu montes, tu descends, en fait, c'est assez simple, le schéma, au bout d'un moment, tu le répètes, c'est tu montes, tu arrives en bas, tu te déshabilles, tu montes, tu arrives en haut, tu manges un bout, tu t'habilles, tu descends et c'est repeat cette fois quoi, grosso modo.

Loïc Donc, tu avais des prolongateurs ?

Nathan Pas de prolongateurs parce que, enfin, dans un col, non, non, pas de prolongateurs.

Loïc Ouais, ok.

Nathan Le plus léger possible et puis, je n'ai pas trop hésité là-dessus.

Loïc Ok, excellent. Bon, et si on rentre un peu dans les moments forts du coup du défi, tu es parti à quelle heure et dans quel état d'esprit ?

Nathan Donc, j'ai dormi près de Briançon, je suis parti à trois heures sur diverses recommandations. Donc, j'ai réussi à dormir un peu avant, je me suis couché, tu vois, vers, alors j'ai pris la route après le boulot et en effet, comme je te disais, il pleuvait à Torrent, je suis quand même arrivé vers 21h à Briançon, un peu fatigué, mais du coup, j'ai quand même réussi à dormir entre, tu vois, 22h et 1h30, quelque chose comme ça, je fais une petite nuit de trois heures.

Loïc Ah, tu avais pris un hôtel ou tu étais dans la route ? Non,

Nathan j'ai de la chance, j'ai une pote qui habite là-bas, que je n'avais pas vue depuis des années, mais que j'ai croisée par hasard la semaine même à Chamonix et qui m'a dit viens dormir chez moi. Donc, Marie, je la salue, je l'écoute, parce que ça m'a bien aidé. Et donc, voilà, parti à trois heures. Assez marrant parce que du coup, je prends le départ et deux bornes après le départ. je viens de partir et là, il y a une camionnette qui me double et un mec qui me dit « Ah, tu fais les sept majeurs ? » Je dis « Ouais ». Et il me dit « Ah, il y a mon fils qui est » donc là, en l'occurrence, il portait assistance à son fils. Il me dit « Il y a mon fils qui est juste derrière. Et voilà, et donc, mon fils qui est juste derrière, il va te rattraper, etc. » Et donc, en effet, il est arrivé, il roulait beaucoup plus fort que moi sur le début de course. Mais finalement, après, on s'est vu toute la journée parce que je pense que sans lui faire offense qu'il est parti un peu fort. Et donc, on s'est revus pas mal après en haut, en bas, etc. Et donc, voilà, j'ai commencé à Briançon en pleine nuit par monter l'Izoar qui est un très beau col.

Loïc L'Izoar,

Nathan ok. magnifique col et donc, levé de soleil sur l'Izoar. J'ai de la chance, il a plu à Torrent le vendredi, mais par contre, il a fait très beau le samedi. Et donc,

Loïc t'es monté en direct par pont de Servière, etc. C'est direct depuis Bélançon, t'as pas fait le grand tour.

Nathan Ouais, alors tu vois, je me rappelle même plus des noms des bleds. Et t'es monté tout de suite ? Ouais, en fait, j'ai commencé à l'Argentière-la-Bassée, donc 10 km avant. Donc, t'as un faux plat montant, je pense, jusqu'à Briançon et après, tu montes direct.

Loïc Ok.

Nathan Et donc, Izoar, levé du soleil, ouais, 5-6 heures, arrivé, donc, j'ai eu très très froid dans la descente de l'Izoar, je sais pas ce qui m'a pris, je me suis pas trop couvert en haut de l'Izoar, et donc, enfin, tu sais, c'est un peu comme les débuts d'un ultra, t'es un peu con, entre guillemets, dans le sens où tu dis, ah, faut pas que je perde de temps, et tout. Et donc, tu vois, j'ai même pas pris le temps de sortir la doudoune alors qu'il faisait zéro, donc j'étais congelé et bon, bref, ça a été quand même. Et après, après, enchaînement avec Agnel, vraiment magnifique col, tu vois, il y avait encore pas mal de neige en haut d'Agnel, il y avait des gens qui allaient skier, plein de gens qui allaient skier, donc le jour de l'été, ski de rando, tu vois. Donc, marmotte et skieur dans Agnel, c'était vraiment magnifique. J'ai beaucoup aimé, donc en haut, des murs de neige encore, ça a été à 2700, mais vraiment des murs de neige.

Loïc Ouais, parce que je crois que cette année, attends, c'est l'eau tarée qui a été déneigée difficilement le 8 juin, je crois, il y avait genre 4 ou 5 mètres de neige.

Nathan Ouais, en fait, c'est ça. En gros, tous les, enfin, avec le réchauffement climatique, il n'y a pas de neige en bas. Par contre, il y a eu beaucoup de précipitations cet hiver et au printemps, et donc en fait, en haut d'école, ils ont eu beaucoup de mal à déneiger. Et voilà, donc ça a été assez compliqué. Ça a été, enfin voilà, je pense que, moi, il y a des écoles qui ont ouvert la semaine avant que je le fasse, quoi. Jusqu'au jour même, jusqu'au jour même, potentiellement, on ne savait pas si on allait pouvoir le faire.

Loïc Ouais, ouais, ok.

Nathan Je cherchais le nom du gars qui m'avait doublé, ça vient de me revenir, il s'appelait Augustin. Augustin, ouais, j'ai vu pas mal de fois dans le journal.

Loïc Augustin,

Nathan si jamais t'écoutes.

Loïc Donc, col Daniel, t'arrives, c'est ambiance ski, marmotte, doudoune, neige. Ouais, exactement. Mais là, tu viens déjà de faire quand même

Nathan 30% de la trace

Loïc pour faire du nombre de cols.

Nathan Ouais, là, il y a déjà, je pense, 4000 dans les pattes, mais à ce moment-là, ça va bien. Tu vois, il y a encore tôt le matin, en haut Daniel, il doit être 8-9h, tu vois, je pense. Donc, ça va. Et après, bascule en Italie, c'est vraiment très beau. Piémont, Italien. Pareil, je conseille, si vous êtes pas loin, c'est très joli. Piémont avec, tu vois, des toits en los dans les bleds, dans les petits villages d'Italie endormie. C'est vraiment magnifique. Un petit côté, moi, j'aime beaucoup l'Italie, tu vois, un peu le romantisme italien, dans le sens où, voilà, un peu cette nostalgie, tu sens parfois les papis mamis qui prennent leur café petit matin, ça, j'adore. Mais bon, on n'a pas trop le temps de m'arrêter ce jour-là, malheureusement. Et donc, après, j'ai enchaîné avec Sampere, et là, ouais, l'école italienne qui sont pas connue, donc, j'avais pas trop regardé la trace, et donc, tu vois, tu te dis, ouais, celui-là, il me parle pas, il doit pas être très dur. Et en fait, c'était les pires, Sampere et Fauniera derrière, c'était vraiment les pires. Pourquoi ? Parce qu'il est plus raide ? Ouais, en fait, chaque col est très long, tu vois, c'est à chaque fois, tu sais, sur le GPS, maintenant, sur les GPS, tu as, tu enregistres la trace, il te dit, au moment où tu arrives dans la montée, il te dit, bon, ben voilà, montez dans 3, 2, 1, puis là, tu vois le profil. restant 17 kilomètres ou 20 kilomètres, 1200 mètres de dénivelé, donc tu vois, tu dis, ah ouais, c'est quand même, et si je prends, tu vois, Fauniera, qui est le quatrième, lui, c'est genre, enfin, c'est plus dur qu'un vent, enfin, je suis pas sûr que j'ai, je pense que j'ai déjà fait la Lowe, ce qui est aussi dur, enfin, en termes de difficultés, même si différent, mais sinon, je pense que, tu vois, c'est plus dur que le Ventoux, parce que la route, elle est un peu merdique, c'est très raide, c'est interminable, et puis, et puis, ouais, la route, tu vois, des racines d'arbres, parfois des sections limite gravel, parce que, tu sais, c'est pas des grands cols empruntés par les voitures, donc en fait, la route, elle a pas été refaite depuis, je sais pas combien d'années, et voilà, puis tu t'y attends pas, tu les connais pas, puis voilà, c'est des cols, en fait, c'est ça, à chaque fois, c'est des cols 17 kilomètres à 8%, tu vois, des choses comme ça, donc c'est quand même dur. Ouais, voilà, donc,

Loïc Ouais, et donc là, à ce moment-là, sur les écoles italiens, toi, physiquement, mentalement, ça tient encore ? Alors,

Nathan physiquement, ça va encore, je me rappelle, je me rappelle, ouais, j'ai commencé à avoir mal aux genoux, dans le troisième, c'était Sampere, j'ai croisé d'autres Français, donc un mec, notamment, qui s'appelle Julien, que je peux aussi saluer, j'ai fait tout le Sampere, qui est en fait, qui est une bête, qui est un mec qui a déjà fait, genre, le troisième de l'étape du Tour, ou je ne sais plus, mais qui était assez monstrueux, et j'ai croisé, enfin voilà, j'ai doublé le patron d'ASO aussi, ASO, c'est la boîte qui fait le Tour de France, donc il y a quand même du monde, qui faisait ce truc, mais eux, ils faisaient ça sur plusieurs jours, entre potes, en prenant un hôtel, tu vois, c'était un peu, sur deux, trois jours, ils faisaient ça, et avec assistance, donc c'était, donc j'ai monté tout Sampere avec Julien, et je me souviens, je commençais à dire à Julien, ouais, j'ai mal au genou, je ne sais pas trop ce qui ne va pas, etc., j'avais changé un ou deux réglages sur mon vélo, la veille, ce qu'il ne faut surtout pas faire, mais sinon, en tout cas, musculairement, ça allait bien, tu vois, je n'avais pas de douleur, et je continuais de bien avancer, je commençais à avoir un peu mal au genou, c'est tout, sinon Sampere, j'ai bien grimpé, ouais, j'ai commencé à avoir bien mal en haut de celui-là, et c'était surtout le quatrième, moi, je vais y venir, mais là, ça allait encore, enfin, tu vois, je n'ai pas souvenir dans la journée de me dire, ça y est, je suis mort physiquement, je ne peux pas y arriver, parce que c'est trop dur, je pense que j'étais prêt, je suis plutôt à l'aise quand ça grimpe, donc, ça se passait bien, voilà, après, donc, ouais, non, Sampere, j'ai fait ça comme il faut, puis à chaque fois, tu vois, plutôt lucide, je prenais le temps de manger un bout en haut, alors si, dans Sampere, je me suis rendu compte que je n'allais pas avoir assez de batterie, dans mon téléphone, donc, il est comme, ah,

Loïc parce que, GPS sur le téléphone ?

Nathan Non, non, non, mais, bon, c'est quand même sympa pour faire des photos, et puis écrire un copain une fois ou deux, et du coup, c'est l'assistance de Julien, il m'a un peu chargé le téléphone pendant le col, j'avais pris le mauvais chargeur, j'avais une batterie portable, mais je n'avais pas le bon câble, donc,

Loïc voilà,

Nathan et, donc, vraiment magnifique comme coin italien, et après, c'est enchaîné, c'est enchaîné un fauniera, descendu, une belle chapelle, etc., et là, je commence sur Fauniera, et là, ça me paraît, je recroise Augustin, le mec qui m'avait doublé à 3h du mat', donc, il avait un peu ralenti, et on se rendait compte que c'était vraiment dur, et, et là, je pars un peu plus fort que lui, donc, à chaque fois, on ne s'attendait pas spécialement, on allait à notre prime dans le col, tu fais toujours un peu le ravito en eau, etc., et là, Fauniera, ça me paraît vraiment, vraiment dur, vraiment, ça me paraissait, alors, c'était des très très beaux paysages, un peu minéral, enfin, dans la forêt, puis après, plus minéral, ce qui est incroyable, c'est que les paysages changent pas mal, mais ça me paraissait vraiment, vraiment dur, tu vois, au milieu du col, je me dis, je ne comprends pas, c'est vraiment trop dur, je mettais en danse sous le temps, je n'y arrivais pas, et...

Loïc Donc, c'est celui-ci qui était très très long ?

Nathan Ouais, en fait, ils sont tous très longs, mais... Non, tu vois, je pense qu'ils font tous, hormis Vars, peut-être, et ils font tous entre 15 et 20 bornes, la bonnette, c'est même encore plus long, mais ceux-là, ils étaient très raides aussi, tu vois, c'est du 8-9 en moyenne, et Foniera, c'était peut-être même plus, et ça me paraissait vraiment infaisable, et du coup, au bout d'un moment, je dis, bon, là, je n'y arrive plus, je mets pieds, j'avais déjà fait ça en ultra, je dis, je mets pieds à terre, et je vais avancer en marchant, tu vois, j'avais les chaussures de route avec des cales-routes, je me dis, j'enlève mes pompes, je vais marcher, et là, je descends, et en fait, en descendant, je me rends compte que je suis grand plateau, sur mon vélo, et donc, je montais le col quasiment le plus dur que j'avais jamais monté, grand plateau, et tu vois, en fait, et là,

Loïc tu penses que c'était un manque de lucidité,

Nathan et là, je m'en veux, tu vois, je me dis, et j'avais déjà mal aux genoux, je me dis, mais quel con, en fait, je viens de me faire, ouais, manque de lucidité, je pense, je ne sais pas ce que j'ai fait, donc en fait, je tournais les jambes à 40 tours minutes, enfin, je ne tournais plus, et je montais, et puis en fait, comme si je montais, j'en sais rien, un col en single speed, je ne sais pas, et là, je me dis, mais quel débile, et donc du coup, à 5 kilomètres, il devait rester 4 kilomètres, ou 5 kilomètres, sur les 17, j'ai passé petit plateau, et là, la fin m'a marri assez facile, la fin du col, et ouais, du coup, ça s'est bien passé à la fin, j'ai pris plus de plaisir, mais avant ça, c'était vraiment un calvaire, parce que là, c'était vraiment un calvaire.

Loïc Du coup, comment tu te remobilises, parce que sur la journée, j'avais été demandé comment tu te remobilises, sachant qu'il t'en restait encore derrière, parce que tu étais à quelle étape,

Nathan à quel stade ? En gros, la moitié, la moitié, donc la moitié, je commence à avoir très mal aux genoux, mais voilà, une fois que je me suis ancré le truc dans la tête, je me refuse à abandonner, puis il y a ça, puis tu vois, je suis au milieu de l'Italie, c'est vraiment l'Italie perdue, je ne suis pas à Turin, je ne peux pas prendre de train, il n'y a rien à faire, je dois bien rentrer en France, j'aurais pu prendre un hôtel, etc., mais je me dis, ben non, je continue, ce col-là, il n'y a rien, il n'y a même pas de village, il n'y a vraiment pas grand monde. En effet, tu as peut-être des animaux, des forêts, et puis ensuite de la roche, et quelques cyclistes italiens. Et donc, non, je ne me pose pas trop la question, je poursuis sur ce col fauniera, qui s'appelle aussi le col des morts, pour la petite anecdote en italien. Voilà. Et non, ce n'est pas trop de mal, tu vois, mentalement, je suis concentré sur le truc, donc je ne me dis pas, je me dis j'ai été bête, et puis je repars, c'est comme ça, je ne me pose pas trop la question. J'aime bien discuter, donc après, si je croise, j'adore discuter quand je suis au vélo, donc je salue les Italiens, je baragouine de trois mots à chaque fois, et puis voilà, j'arrive en haut de fauniera, et déjà, assez content, quand même là, je commençais à avoir mal aux pattes, en haut, il y a une statue qui n'est pas très belle, mais bon, un petit symbole, une statue de Marco Pantani, en haut du col, je prends un peu le temps là-haut, en parlant aux Italiens, en faisant à chaque fois une petite photo en haut, pour immortaliser le moment. Donc voilà, et puis j'ai bouclé, là, je me dis, bon, je ne sais plus exactement, mais tu vois, quand tu es à 4 sur 7, tu dis, ça y est, j'ai fait plus de la moitié, tu commences à rentrer dans un autre mindset, puis à chaque fois, je voyais aussi Augustin en haut, alors là, je crois que je ne l'ai même pas vu en haut de celui-là, parce qu'il a été plus long à monter, forcément, je suis monté pour grand plateau, donc je suis monté assez vite.

Loïc Voilà le tip pour tout le monde, si vous voulez améliorer votre moyenne, faites des calls sur le grand plateau.

Nathan Ouais, ben Pougachar, il fait ça, parfois, ça marche bien. Donc, voilà, en haut du quatrième, non, le moral plutôt beau fixe, je commence à rentrer un mal au genou, mais je me dis, c'est comme ça, je vais continuer, on va espérer que ça passe.

Loïc Et du coup, sur la suite, on le sait, c'est passé, puisque tu as fini, mais c'est passé dans la douleur.

Nathan Ouais, donc la suite, je descends, en bas de celui-là, en fait, fatigué quand même, donc c'est là où je me dis, je vais faire une petite pause café en Italie, donc j'arrive dans un bled, je trouve le premier café qui passe, et là, ah ouais, alors là, c'était quand même assez drôle, parce que, donc en Italie, généralement, ils aiment bien prendre le temps dans les cafés, donc moi, j'essaie d'expliquer à la serveuse que je n'ai pas le temps, mais elle tarde à arriver, donc je finis par aller au comptoir, et je lui dis, bon, je voudrais un café, une part de pizza, une focaccia, un café, ou un double café, ou un café long, je ne sais plus, j'essaie de dire ça, parce que les expressos italiens, bon, c'est quand même toujours très court, un croissant, à la pistache, je crois, parce qu'ils font des trucs comme ça en Italie, et puis, et puis, et puis deux poches de glace, tu vois, je lui dis aussi, et donc je n'arrivais pas à dire ça, donc je crois qu'elle me dit, elle croyait que je voulais une glace à manger, donc, non, non, je lui dis, non, pour mes genoux, je lui montre les genoux, et donc, bon, j'arrive à avoir à peu près tout ça, je prends mon café, ma pizza, je me mets les deux poches de glace sur les genoux, je passe un coup de téléphone, à ma mère à ce moment-là, je me rappelle, et puis, j'avale tout, et je repars, je recroise Augustin, et on attaque, on attaque la Lombarde, donc là, c'est retour en France, et alors là, c'est, ah oui, autre hasard, c'est marrant, parce que quand on fait du long, il se passe quand même tout un tas de choses, ceux qui ont déjà fait, c'est pour ça que je vous conseille de le faire, même si pas forcément, borné 400 bornes, mais voilà, rouler longtemps, il se passe toujours un tas d'expérience, ça développe la résilience, le partage, la curiosité, etc., c'est incroyable, et donc, je croise en fait, au pied de la Lombarde, un mec qui s'appelle Flo, qui est en fait, le beau-frère de mon coloc, et qui est un des meilleurs potes du fameux Augustin, que je double, et qu'on se redouble toute la journée, et en fait, Flo est venu d'habiter à Marseille, et il est venu supporter son pote, et faire les deux derniers calls, avec lui, quoi, et, en sachant que moi, il m'en restait un de plus, et donc, je croise Flo, que j'avais déjà vu chez moi, et on se met à faire la Lombarde ensemble, et à discuter, donc c'est cool, j'ai trouvé un pote dans la Lombarde, alors, alors, du coup, super rencontre, et j'ai fait toute la Lombarde avec Flo, Augustin, avec de ses potes un peu derrière, et, ça a passé le temps bien vite, bon, ils étaient frais comme des gardons, et je lui dis, Flo, moi, j'ai déjà eu 7 ou 8 minutes de dénive dans les pattes, donc, peut-être un peu moins vite, mais, mais c'était chouette, ouais, puis très beau call aussi, la Lombarde, on arrive en haut, et là, on se retrouve, donc, avec Augustin, Flo, qui j'ai fait le call, et ses potes, donc, on était 5 en haut, et donc, très sympa, là, il y avait le père d'Augustin qui était là, il a filé 2, 3 dragibus, c'était, c'était sympa, on a fait une petite photo en haut, et la Lombarde, j'avais moins mal au genou, ou alors, je ne le sentais plus, ou c'est le fait d'être avec quelqu'un, je ne sais pas, ça s'est très bien passé comme call, très joli aussi, enfin, de toute façon, c'est que des très beaux calls, hormis le Vars, je ne pourrais pas le dire, parce qu'il faisait nuit, mais sinon, tous les calls sont incroyables, et je descends la Lombarde, là, il y a un long faux plat, long faux plat vent de face, terrible, et en vrai, voilà, par chance, là, il y avait Flo, et donc ses potes avec nous, et on en a un peu profité, même s'ils roulaient trop fort, voilà, ça nous a un peu abrités, pendant 15 bornes dans la vallée, ce n'était pas énorme, mais rien que mentalement, ça aide quand même un peu, d'être en groupe, quand tu as un gros vent de face dans une vallée, enfin, je pense que tous ceux qui ont fait du vélo en montagne, des vents de face dans la vallée, après, un certain nombre de calls, il n'y a pas grand chose de pire, et donc, et donc, voilà, et donc, et ensuite, on arrive à Saint-Etienne-de-Tinet, là, il y a des parents de mon colloque qui vivent là, des parents de Bertrand, mon colloque, et je m'arrête, faire un coup là-bas, reprendre des poches de glace, remanger un bout, remettre de la glace sur les genoux, et puis, et puis là, j'ai poursuivi tout seul, après, eux, ils sont partis, et j'ai poursuivi, j'ai fait la bonnette, donc la bonnette, c'est un magnifique call, mais interminable pour ceux qui connaissent, là, il était déjà, tu vois, 19h, je pense, quand j'ai commencé la bonnette,

Loïc et donc,

Nathan voilà,

Loïc ça doit être dur, même si la journée est longue, quand tu attaques la fin de journée, là,

Nathan ouais, là, c'est long, tu sens que l'air qui se rafraîchit, il n'y a plus grand monde, il n'y a plus, voire plus personne, en fait, tu sens le climat qui devient un peu rude, tu vois, les sommets un peu enneigés, venteux, froid, plus de voitures, plus de cyclistes, bon, là, tu te dis, ouais, la fin, elle va être un peu plus longue, quoi, donc, voilà.

Loïc Tu avais d'ailleurs, en stratégie, tu vois, là, tu viens de dire, ça fait passer le temps, le fait de rouler avec des gens, mais est-ce que tu avais une stratégie, enfin, une stratégie, est-ce que tu avais aussi de la musique, tu vois, ou, je ne sais pas, des podcasts, tu avais prévu des choses pour te changer un peu les idées ?

Nathan Ouais, alors, paradoxalement, souvent, je roule avec des podcasts ou de la musique, en effet, tu vois, en Amérique du Sud, je parlais de ça, je l'ai fait beaucoup, là, j'en ai mis, de mémoire, tu vois, j'ai mis de la musique dans l'Isoar, le matin, au lever du soleil, une musique contemplative, je suis un passionné de musique, donc, j'ai écouté un artiste qui s'appelle Fortette, pour ceux à qui ça parle, c'est de la musique électronique, mais très mélodique, et, sauf qu'en fait, au bout de 5 bornes, mon écouteur est tombé de mon oreille, ou 10 bornes, j'ai mis 5 ou 10 minutes à le retrouver, ça m'a saoulé, et je crois que du coup, ça m'a un peu vacciné, j'ai dit, bon, je ne remettrai plus aujourd'hui, et je crois que je n'en ai pas remis, ou peut-être à la toute fin, je ne sais plus très bien.

Loïc On t'envoyait un gros We Are The Champions, sur la dernière école.

Nathan Ouais, si, si, t'as raison, en fait, je m'en suis mis dans la bonnette, et je n'ai pas mis We Are The Champions, je suis un fan de musique électronique, donc je me suis mis un truc un peu plus techno, un peu vénère, tu vois, qui tape un peu, ou un peu plus rythmé, quoi. Ouais, le matin, c'était un peu mélodique, les petits oiseaux et tout, et à 20h, là, tu mets un truc qui tabasse un peu dans les soirs. Voilà. C'est énorme. Et, voilà, je suis plutôt à l'instinct sur la musique, moi.

Loïc Ok. Ok, donc bonnette, on est au numéro ?

Nathan Numéro 6.

Loïc Numéro 6.

Nathan Bonnette, numéro 6, c'est le plus long, c'est le plus haut, donc, très long, je me rhabille en cours d'école, je recroise Augustin, qui attend son père, parce que c'est son père qui a ses habits, et ouais, ça caille, là, franchement, pour le coup, bonnette, à 2006, à 21, heure, tu vois, là, c'est 2, 3 degrés, plus personne dans le col, un espèce de village abandonné, je ne sais même plus ce que c'était que ce village, mais il y a un village, ceux qui ont déjà grimpé la bonnette doivent savoir, mais un espèce de village, tu as l'impression que c'est une ancienne mine abandonnée, je ne sais plus exactement ce que c'est. Et on arrive en haut, donc en haut du col, là, il y a encore beaucoup de neige, et en fait, la bonnette, tu as le col de la bonnette, et ensuite, tu as la cime de la bonnette, qui est une petite route qui tourne autour du haut de la montagne, et normalement, dans le défi des 7 majeurs, il faut passer la cime, sauf que là, il y avait trop de neige, mais, je ne sais pas, j'étais un peu bête, je me suis dit, je veux faire le truc d'autre, en bonne et du forme, et donc, je me dis, je vais passer par la cime, même s'il y a de la neige, et donc, je descends de mon vélo, j'escalade le mur de neige à pied, et je repasse derrière, donc c'était un mur de neige, tu vois, créé par les déneigeuses, qui essayent de déneiger, et donc, je grimpe la cime, en plus, c'est très très raide, la dernière route sur la cime, et donc, j'arrive en haut de la cime, 2810 mètres, une route créée par Napoléon, pour l'anecdote, j'ai quand même eu le temps de lire le panneau, même si ça y est, là, il commençait à faire bien nuit, tu vois, il devait être 21h30, ça y est, c'était nuit noire, j'arrive de l'autre côté, je repasse, je redescends du vélo pour repasser le mur de neige de l'autre côté, créé par les déneigeuses, qui étaient encore là, d'ailleurs à l'arrêt, honnêtement, c'était un poil dangereux, ça même, parce qu'elle a des murs de neige quand il fait à moitié nuit à la frontale,

Loïc en chaussures de... En calotto,

Nathan c'est pas l'idéal, et là, je descends la bonnette, et là, il faisait nuit, il commençait à faire nuit, et tu vois, là, c'est un peu flou dans ma mémoire, je crois que c'est dans la bonnette, dans la descente de la bonnette, ouais, c'est dans la descente de la... je ne sais plus si c'est les bonnettes ou varses, et là, donc là, j'allume la frontale et les phares de vélo, et je croise... ouais, chamois, marmotte, chamois ou lièvre, et lièvre, dans la descente, pas marmotte, chamois et lièvre, et là, je me fais une ou deux frayères dans la descente, je sens que je commence vraiment à fatiguer, à perdre un poil en lucidité, et ouais, des petits coups de flip quand même sur la descente, alors je ne saurais plus dire si c'est bonnette ou varses, mais ouais, des animaux dans la descente qui me font un peu peur, et j'arrive au pied, au pied donc à Josier, au pied de la bonnette de l'autre côté, et là, ouais, c'est un peu bizarre, on commence à entrer dans les petits villages complètement endormis, il fait nuit noire, et moi, je me dis, je commence à vraiment fatiguer, à m'endormir à moitié dans la descente de la bonnette. Ça,

Loïc tu le sens comment ? Parce que tu as des périodes d'absence ou les yeux qui se ferment ?

Nathan Ouais, enfin, ouais, tu vois, je perds un peu, je fatigue un peu, je pense que c'était plus la descente de varses qui était vraiment dure, mais bonnette, je sens que la fatigue commence à venir, donc je m'arrête un peu à Josier, je remange un petit bout, je croise Augustin à nouveau qui lui a fini parce qu'il a commencé plus tôt et donc un col avant moi, en fait, vu que tu le fais dans l'ordre que tu veux, tu n'es pas nécessairement obligé de commencer par l'isoire, donc lui a fini, il plonge dans le camion de son père pour dormir, et moi, il me reste varses qui, sur le papier, est le moins dur, donc à la fois, je me dis, bon, c'est bon, c'est pas trop dur, ça devrait aller, et il s'avère que du coup, j'entame varses et en fait, varses, le début, ça va et la fin, c'est un calvaire parce que c'est vraiment raide et c'est un calvaire, c'est vraiment très dur, il y a des orages qui commencent à péter un peu partout,

Loïc ah ouais, pas cool,

Nathan un peu autour de moi, je commence à prendre quelques gouttes, je vois les éclairs, je suis vraiment fatigué et j'avais donc un pote Olivier qui l'avait déjà fait, qui fait du trail aussi et qui l'avait déjà fait et qui m'avait dit, ouais, moi tellement varses, c'était dur, j'ai marché, donc en fait, j'ai suivi ce qu'il avait fait, je me suis dit, ouais, je veux marcher un peu et donc j'ai avancé varses comme ça, mais j'étais même perdu sur la nutrition, tu vois, j'avais à la fois trop mangé mais l'impression d'être en fringale, etc., je me sentais vraiment pas bien, ça m'a rarement fait ça sur le vélo, mais bon, j'ai avancé comme ça et j'ai fini un peu au mental, au mental, la montée de varses au milieu des orages. Heureusement, je n'ai pas eu d'orage trop fort sur moi, j'ai eu quelques gouttes mais ce n'était pas trop violent, quoi. Voilà. Ok. Sachant que,

Loïc ouais, pardon, vas-y.

Nathan Non, non, après du coup, descente de varses et c'est là où je m'endormais vraiment, je pense, mais il restait très peu, tu vois, donc je me disais, bon, après il reste un faux plat et donc j'ai fini, voilà, j'ai fini la fin, j'ai limite peu de souvenirs, j'avançais un peu sans réfléchir sur la fin. En mode robot, quoi. En mode robot, exactement. Ouais. Voilà.

Loïc La fin, du coup, qu'est-ce qui se passe en termes d'émotions, est-ce que tu arrives quand même à réaliser ou tu es trop fatigué pour ça ?

Nathan Ouais, très content de l'avoir fait, j'ai bien mal partout et j'arrive chez Marie donc qui m'héberge très sympa, elle m'avait laissé une pizza maison toute prête, donc adorable. À la fois j'ai trop faim mais à la fois le bit vraiment en vrac donc je mange un bout et je m'effondre. Non, une fierté mais je pense que je ne réalise pas trop et voilà, après je m'étais fixé ce défi, je suis très content mais un peu épuisé, tu vois, j'ai quand même la lucidité d'aller me doucher parce que je me sens quand même vraiment grasseux et puis après je m'effondre quoi. Mais en dormant toutefois assez mal parce que je pense que tu as encore un peu les muscles qui sont à fond. Tous ceux qui ont déjà fait du long le savent un peu je trouve. Après un effort très long, on ne dort pas bien la première nuit. C'est au bout de deux, trois jours où ça va mieux quoi. Mais voilà, donc je boucle comme ça, très content et je finis en 22 heures avec une heure et demi de pause à peu près pour 24 en objectif donc très content.

Loïc Finaise, bravo.

Nathan Merci.

Loïc Du coup, c'est quoi les grands apprentissages que tu retires de ce défi ? Notamment, si on se dit que tu précisais un peu plus tôt, tu pensais que c'était un poil trop tôt pour toi pour partir sur du format très long genre sur la Crosse France plus de 2000. Donc, en quoi est-ce que ce trip va te servir

Nathan pour ça ? Bon, alors, c'est une expérience incroyable. Franchement, je pense que c'est ce qui est le plus dur que j'ai fait à vélo dans le sens où j'ai déjà fait du très long mais sur du très long tu peux te reposer sur le plat. Sur le plat, tu fais juste tourner les jambes et puis le temps passe un peu plus vite ou... Et donc là, c'est très dur tout le temps en fait et à la fois ça demande une lucidité permanente parce que quand tu montes en fait, t'es en plein effort donc t'es quand même en prise, tu vois, j'ai un capteur de puissance, tu vois quand même la puissance que tu mets, t'es toujours quand même en train d'engager parce que t'as pas le choix sinon t'avances pas et en descente tu dois quand même être lucide parce que c'est des petites routes où il fait nuit etc. Donc, ça implique quand même tu vois, d'un point de vue de la sécurité, il faut être quand même vigilant. Je pense à ça parce que les ultras, c'est vrai qu'on parle souvent de la sécurité, du sommeil etc. donc, moi je suis obligé de me faire aussi le porte-parole de ça, il faut quand même faire attention et s'écouter notamment sur la fatigue. Là, voilà, moi je me suis quand même arrêté une fois ou deux parce que je me sentais que c'était limite alors j'ai pas vraiment dormi mais juste se poser, manger un bout, boire un coup, etc. ça fait quand même du bien et il faut s'écouter là-dessus et après, non, sur les grands apprentissages, alors malheureusement j'ai eu mal, je pense que peut-être que j'aurais dû arrêter parce qu'après je l'ai payé quand même pendant un certain temps. La progressivité, j'en parlais tout à l'heure mais c'est vraiment important c'est vraiment important à vélo quand même même si je pense que tout est, enfin beaucoup de choses sont faisables par beaucoup de monde et donc croyez en vos rêves etc. je pense qu'il faut vraiment pas se brider par rapport à ça mais y aller progressivement c'est important et pas se dire même en trail pas se dire demain matin je fais du TMB parce que je me mets à bien courir etc. c'est quand même important être à l'écoute de son corps sur une préparation etc. et sinon après c'est vraiment sur le long c'est toujours tout est question de résilience c'est toujours comme ça moi je suis pas trop du genre à faire des plans c'est vrai quand on écoute certains podcasts t'en as beaucoup qui disent j'ai des plans sur le sommeil sur la nutrition etc. et moi j'avoue que c'est pas mon parti pris parce que je trouve qu'en fait y'a jamais rien qui se passe comme prévu ou rarement en fait parfois tu te sens mieux t'as envie d'aller plus loin parfois tu crèves parfois parfois tu as une panne x ou y je l'ai vécu aussi en Amérique du Sud sur des éléments plus lointains parfois tu t'es fatigué parfois t'as la pêche etc. et donc en fait je trouve ça dommage moi de me dire je vais dormir à cet endroit là ou je vais m'arrêter à cet endroit là bah oui et non en fait si je me sens moins bien avant ou si je me sens trop bien je trouve ça stupide de s'arrêter là c'est pareil sur la bouffe moi me dire je dois manger une barre à telle fréquence bah en fait parfois j'ai trop faim il y a une super boulangerie je vais la dévaliser et je serai très content et parfois y'a rien et là c'est bien d'avoir des trucs de secours etc. donc en fait je trouve que c'est ça la beauté du vélo en longue distance c'est la capacité à s'adapter généralement les je pense que les plus forts sont généralement ceux qui sont les meilleurs dans la recherche de solutions c'est pas forcément ceux qui sont capables de développer le plus de watts

Loïc en temps

Nathan ouais

Loïc assez d'accord et pour revenir sur le sommeil il me semble que en tout cas sur la race across France c'est obligatoire maintenant non ?

Nathan ouais alors ouais je confirme je l'ai pas fait récemment mais ils ont mis en place un truc comme ça et je trouve ça pas mal parce que c'est vrai que t'entends parfois des histoires et c'est vrai on est peut-être pas tous égaux non plus sur le sommeil mais je trouve que parfois tu peux écouter des podcasts et t'entends des mecs qui disent ouais j'ai dormi deux heures sur trois jours ou sur quatre jours j'en sais rien bah oui mais en fait peut-être que lui il sait le faire et pas toi et donc en fait faut vraiment être vigilant quand même c'est vite arrivé il y a quand même des décès à vélo il y en a quand même les chutes à vélo c'est vite arrivé par perte de lucidité tu vois là c'est con mais deux chamoins dans une descente si tu freines deux minutes trop tard et je l'avais déjà eu ça en roulant de nuit si tu freines une seconde trop tard tu te le prends et bon bah tu sais pas ce qui peut se passer quoi

Loïc ouais

Nathan donc là c'est

Loïc j'ai un pote qui s'est pris un sanglier c'était pas c'était un deux roues motorisés il était à scout mais je pense qu'il allait à peu près la vitesse d'un vélo à ce moment là c'était un carnage coma ah ouais

Nathan ah ouais non bah des histoires comme ça t'en as un paquet et donc c'est vrai qu'il faut faire gaffe enfin ça reste ça reste un sport où t'as de la vitesse ou voilà même que ce soit dans le milieu amateur ou pro il peut y avoir des accidents donc moi je trouve qu'il faut pas s'arrêter à ça parce qu'il y en a quand même peu par rapport au nombre de pratiquants etc mais il faut être vigilant et donc sur le sommeil notamment il faut s'écouter et après il faut manger beaucoup je repense enfin voilà il faut manger tout le temps avant je pense que je mangeais pas assez j'ai aucun problème à digérer donc mange tout le temps le plus que tu peux et puis ça te donnera du gaz pour avancer

Loïc ça c'est quand même un énorme avantage de ce sport c'est que tu peux tu peux en faire tout en bouffant ouais c'est clair que je fais pas tout c'est mes grosses motivations à faire des sorties on me dit ah punaise je vais pouvoir découvrir de nouvelles boulangeries tu vois me goinfrer tout en roulant

Nathan ouais ouais c'est clair moi j'adore les boulanges là tu vois je suis en train de sur Google Maps là tu peux créer des listes enregistrées et donc je suis en train d'en faire une en haut de Savoie où je me fais toutes mes sorties longues j'essaie de trouver une boulange sympa et ensuite je me l'enregistre en mettant des petits commentaires et comme ça je suis en train de mapper les Alpes en boulange énorme

Loïc énorme faudrait faire des guides tu vois bah franchement il y a un truc à faire il y a un truc à faire

Nathan et on pourra en reparler tu vois moi je pour une autre raison je regarde beaucoup les cafés vélo en ce moment parce que parce que j'ai peut-être un projet perso autour de ça d'ailleurs enfin d'ailleurs je passe un petit message mais potentiellement je cherche partenaire ou associé donc si c'est un sujet qui vous intéresse écrivez moi mais donc tu as des bouquins de café vélo parce que c'est un truc qui se développe et qui marche bien et je comprends pourquoi parce que moi j'adore ça et pareil sur les boulanges tu pourrais faire un guide des boulanges où ils font du salé tu vois tu peux tu as pas c'est clair il y a vraiment un truc à faire là dessus

Loïc et bah écoute affaire à suivre

Nathan ouais

Loïc génial bah écoute Nathan c'était top de rentrer vraiment dans le détail de ce défi que tu as réalisé franchement encore bravo plus de 350 bornes en moins de 24 heures avec 11 000 de dénivelé c'est quand même ouais merci très très impressionnant très costaud est-ce que toi il y a un message que tu voudrais faire passer en guise de conclusion

Nathan alors pour conclure je j'y ai pas réfléchi mais en tout cas si enfin moi le message pour moi il est assez évident c'est enfin j'en ai j'en ai plusieurs mais qui finalement se rejoignent c'est quand même de façon assez banale vive l'aventure et et sortez de chez vous enfin ça peut paraître un peu cliché mais l'aventure est au pas de votre porte ça c'est vraiment un truc vrai je suis parti en Amérique du Sud de faire enfin voilà j'ai vécu une expérience incroyable donc moi je réfléchis toujours à mon impact carbone et je suis conscient que ça a un énorme impact donc je fais attention vis-à-vis de ça et je le referai pas chaque année mais aujourd'hui voilà être dehors et prendre son vélo ou enfin voilà même partir en stop j'en sais rien partir dehors à la découverte de la nouveauté c'est quelque chose qui va vous apporter énormément sous d'innombrables aspects et voilà et moi ce que j'apprécie énormément c'est bon forcément le vélo j'aime beaucoup parce que t'as val des kilomètres l'air de rien tu vois vraiment beaucoup de choses mais tu fais aussi beaucoup de rencontres je fais beaucoup de semaines bikepacking où typiquement je dors chez les gens en passant par un site qui s'appelle Warm Showers que certains connaissent peut-être et voilà et donc en fait le voyage à vélo comme j'en sais rien le voyage en stop comme le voyage en bus comme la marche je pense à ma soeur qui a fait les chemins de Saint-Jacques de Compostelle il n'y a pas longtemps c'est vraiment quelque chose qui vous fera grandir et qui vous fera apprendre sur vous-même et sur les autres et découvrir et grandir intérieurement donc voilà en reprenant une phrase qui se dit beaucoup mais finalement qui est tellement vrai l'aventure commence au pas de votre porte et bien c'est quand même quelque chose de vrai et après il n'y a pas besoin d'être un ultra cycliste et de faire 3000 bornes pour vivre des expériences incroyables en fait chacun à son niveau et à sa vitesse peut vivre des trucs super chouettes et il n'y a pas que les meilleurs du monde qui font l'UTMB en 20 heures ou ce genre de choses qui enfin voilà c'est pas toujours autour de la perf même si la perf est chouette chacun le vit à sa façon et je pense qu'on peut tous vivre des expériences incroyables peu importe le temps qu'on met la durée et la vitesse à laquelle on va voilà

Loïc complètement d'accord complètement d'accord tant mieux excellent et bien écoute encore une fois merci beaucoup Nathan si il y en a qui ont des questions n'hésitez pas il y a le lien vers le profil Insta de Nathan en description de l'épisode ouais merci merci une fois de plus et puis bah écoute du coup qu'est-ce qu'on te souhaite on te souhaite une bonne prépa pour la race across France de l'an prochain

Nathan ouais peut-être merci Loïc en tout cas pour l'invitation une bonne prépa pour en effet j'espère l'année prochaine avoir une pratique sans blessure quitte à faire finalement tu vois quitte à faire moi dur si je peux pas faire la RAF c'est pas grave et c'est ça puis en effet tu vois je parlais du projet de café vélo c'est si je peux avancer là-dessus tu peux voilà c'est un truc qu'on peut me souhaiter aussi c'est d'avancer sur ce beau projet potentiellement en parallèle je sais pas à quelle échéance mais c'est un truc qui me tient à coeur justement tu vois pour les partages de partager les rencontres les rencontres parce que c'est vraiment quelque chose qui est incroyable mais en tout cas un grand merci pour l'invitation c'était chouette de pouvoir partager sur ce beau moment et puis si jamais vous avez des questions sur l'expérience en tant que telle n'hésitez pas à me contacter je me fais toujours un plaisir de parler vélo c'est vraiment une passion avec plaisir pour échanger voilà et bah fabuleux

Loïc merci beaucoup Nathan merci Loïc

Nathan allez salut bonne journée à une prochaine

Loïc merci d'avoir écouté ce récit de Nathan et de son défi des 7 majeurs jusqu'au bout pensez à partager l'épisode autour de vous à vous abonner laissez une note un commentaire sur votre plateforme d'écoute c'est la meilleure manière de donner de la visibilité à ces invités exceptionnels qui viennent témoigner au micro défrappés chaque semaine je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast c'est possible à partir de 1 euro par mois chaque euro compte ça je peux vous le dire merci à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas ça se passe sur tipi tip eee .com slash les-frappés merci d'avance à toutes celles et ceux qui passeront à l'action merci enfin pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao les frappés il Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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