Les Frappés

4200km à travers l'Europe sur la Transcontinental Race 🚲 avec Adrien Charlot

Adrien Charlot Season 4 Episode 183

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Dans cet épisode je reçois Adrien Charlot qui vient nous raconter sa Transcontinental Race, une course d’ultra cyclisme de légende à réaliser en solitaire et sans assistance sur plus de 4000km, entre la France 🇫🇷 et la Turquie 🇹🇷

On parle de préparation, d’attaque de chiens des Balkan 😱, de compresseurs salutaires 😇 et de trace GPS pas toujours optimales 😩

Excellente écoute à vous !

🔎 Pour en apprendre plus sur la Transcontinental Race, c'est ici.

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👉 Éloge du voyage lent et du cyclotourisme 🚲 avec Florian Coupé

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SPEAKER_00

Et j'étais au milieu de la Turquie, au milieu d'absolument nulle part, et donc j'ai marché pendant 8 km pour aller au premier village pour pouvoir regonfler, pour pouvoir repartir. Et donc je suis arrivé dans un village où tout le monde était sur la place du village, tout le monde était en train de manger ensemble, tout le monde était en train de boire le thé, enfin c'était une ambiance assez cool. Et en fait ils m'ont tous aidé en arrivant là-bas. La gestion des chiens c'est compliqué, il y en a qui se sont fait mordre. C'est vraiment quelque chose que je voulais éviter parce qu'en fait il y a la rage qui est présente dans les Balkans.

SPEAKER_01

Hello hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Dans cet épisode, je reçois Adrien Charlot qui vient nous raconter sa Transcontinental Race, une course d'ultracyclisme de légende à réaliser en solitaire et sans assistance sur plus de 4000 kilomètres entre la France et la Turquie. Chronofinale pour lui, 14 jours et 11 heures. On parle de préparation d'attaques de chiens des Balkans, de compresseurs salutaires et de traces GPS pas toujours optimisées. Excellente écoute à vous

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

allez c'est parti bienvenue Adrien sur cet épisode du podcast Les Frappés, ravi de te recevoir premier enregistrement post pause estivale donc très content que tu sois là et désolé puisque derrière en coulisses en fait ce qui se passe c'est qu'on a dû refaire l'enregistrement, il y a eu une petite galère avec mon site d'enregistrement qui du coup n'est plus mon site d'enregistrement, voilà j'ai changé donc ça devrait aller mais en tout cas Adrien, vraiment merci beaucoup de t'être libéré, ravi que tu sois là et puis hâte d'échanger sur ce que tu fais et en particulier sur une épreuve que tu as fait récemment la Transcontinental Race qui est juste un monstre absolu de l'ultracyclisme

SPEAKER_00

ouais donc distance c'est un gros gros morceau mais oui merci à toi de m'accueillir et hâte de parler

SPEAKER_01

de

SPEAKER_00

tout ça yes trop bien

SPEAKER_01

mais écoute Adrien pour commencer ce que je te propose c'est peut-être de nous expliquer en quelques phrases qui tu es quel a été ton parcours et comment on en arrive à prendre le départ d'une Transcontinental

SPEAKER_00

Race alors Je suis Adrien Charlot, j'ai aujourd'hui 30 ans et je me définirais comme un sportif de longue distance, que ce soit maintenant en trail et à vélo. Et pour ce qui est de mon parcours, j'ai toujours fait un petit peu de sport dans ma vie, mais... Plus jeune, j'en faisais un petit peu. J'ai eu une pause après pendant les études jusqu'à mes 23-24 ans où j'en faisais presque plus et où je faisais plus la fête que je faisais du sport à cette époque-là. Et en gros, à mes 24 ans, j'ai arrêté pas mal d'alcool, j'ai arrêté de fumer et je me suis mis à faire pas mal de sport et notamment avec le vélo où j'ai commencé à faire du vélo avec des courses un peu classiques, à prendre un club de vélo et faire des courses pffc ce qu'on appelle donc des courses de 60 à 80 km en circuit donc des circuits de 3 à 10 km à chaque fois on faisait des tours des tours des tours donc ça a été un petit peu ça sur les premières années avec quelques cyclo sportives à côté mais les plus longues distances de course à cette époque là était environ de 150 160 km et c'était assez rare déjà de faire ces distances là et à côté de ça du coup j'ai fait pas mal de rando en itinérance j'étais parti une de mes premières randos en itinérance c'était le tour des volcans d'auvergne donc sur quatre jours donc une ça faisait 40 à 50 km par jour en moyenne quand même ouais ouais c'était en autonomie complète pour le coup c'était pas ma première ma toute première rando en itinérance puisque la toute première ça avait été un échec complet j'avais emmené beaucoup trop de choses beaucoup trop de choses qui servaient à rien j'étais pas du tout bon en alimentation pas du tout bon en hydratation pas bon dans mes choix de spots de sommeil il n'y avait pas grand chose qui était bon et ça m'a pas Par contre, j'ai beaucoup appris à Contrario. Ça a été l'avantage. Quand on fait beaucoup d'erreurs, ça permet de beaucoup apprendre. Ensuite, je suis allé sur le GR20 que j'ai fait en un peu plus ou un peu moins de six jours. plus ou moins un demi-jour quoi en gros et c'était aussi en autonomie complète j'avais tout ce qu'il me fallait pour manger j'avais tout ce qu'il fallait pour dormir sur moi j'avais mon réchaud, j'avais absolument tout tout ce dont j'avais besoin à ce moment

SPEAKER_01

là tu l'as fait

SPEAKER_00

dans quel sens

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

nord-sud, sud-nord

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais nord-sud et donc pour le faire en 6 jours ça veut dire qu'on triple les étapes du nord donc ouais les étapes du nord sont des jolis morceaux et je m'en rendais absolument pas compte en fait avant de partir là-dessus c'est pareil en fait pour Cependant, je me disais que c'était assez débile de faire ça pour une de mes premières randonnées d'itinérance, parce que je ne m'étais pas du tout rendu compte de la difficulté du truc. Pour moi, j'avais juste regardé de loin, il y a tant de kilomètres, il y a tant de dénivelés, mais je n'avais pas du tout pris en compte la technicité du parcours, et qui sur le GR20 est très importante. Je me souviens vraiment de la fin de la première étape, ou en contrebas je crois que c'était de mémoire c'était une petite station de ski où j'arrivais et en fait je le voyais de super loin et c'était en descente et pour moi du coup j'arrivais dans très très peu de temps mais en fait c'était une descente où on descendait des rochers de je pense de 70 80 voire centimètres voire un mètre à chaque fois et du coup en fait on avançait pas du tout à chaque fois fallait mettre les mains c'était avec un sac à dos de 15 16 kilos dans le dos et en fait j'avançais pas et j'avais dû mettre 2 à 3 heures alors que je voyais en fait le point d'arrivée c'était vraiment la technicité je ne l'ai pas du tout pris en compte alors que sur le GR20 c'est peut-être le facteur le plus important en dehors des kilomètres et du dénivelé pour le coup même si le ratio de dénivelé par kilomètre est quand même assez important et après ça j'avais aussi fait une descente de la Loire en kayak sur 6 jours en autonomie également donc la Loire c'était cool mais c'était très monotone on était aussi sur entre 40 et 50 kilomètres par jour du coup en kayak ça m'avait fait faire Orléans rangé mais c'était quelque chose de très monotone et finalement c'était cool de le faire sur le moment mais c'est pas un truc que je referais c'est pas un truc qui m'intéresse puisque ouais c'est toujours la même chose

SPEAKER_01

il y a peut-être moins eu la dimension effort et galère que sur un GR20 ou sur les courses de vélo

SPEAKER_00

que tu fais alors j'ai eu la dimension d'effort quand même pas mal puisque je faisais moins de sport quand même cette année là j'avais fait moins de sport donc j'étais un peu moins endurant et donc l'effort était quand même bien présent et galère j'ai eu une nuit de très grosse galère puisque je dormais du coup je dormais en hamac et j'ai eu une nuit d'orage en hamac et alors ça je crois que c'est la pire nuit de ma vie sans aucune éducation on a ce petit réflexe quand il y a de l'orage de compter entre le moment où ça tonne et le moment où ça éclaire tu sais on compte le nombre de secondes pour savoir si c'est très loin ou pas et en fait ça tonnait et ça éclairait en même temps un bonheur quand t'es là-dessus là-dessous et que tu es censé dormir pendant ce temps-là et que l'orage il avait duré une heure sur une première fois et de heures après ça avait recommencé encore pendant une heure c'était là je crois que c'était une des pires nuits de ma vie je pense une nuit où j'ai le plus peur il y a quand même eu des galères aussi sur cette descente là et après après ça à un moment du coup marquant qui m'a fait reprendre un peu plus le vélo puisque j'avais un peu un peu coupé je faisais un petit peu moins de sport donc sur cette année là où j'ai fait la descente en kayak et après donc je suis arrivé en master et pour mon alternance de master je suis arrivé chez un des plus grands retailers de sport de France qui s'appelle du coup Décathlon et je me suis retrouvé dans un espèce d'écosystème où tous les gens enfin tous nos collègues font du sport ou s'intéressent au sport et tous nos clients font aussi du sport et là ça m'a vraiment donné cette envie de reprendre cette envie de faire du sport, et c'est le moment où je me suis mis pour le coup au trial, avec une préparation que j'avais faite, mon premier trial était de 80 km, donc en fait, comment un sport n'est jamais trop intelligent, c'est quand même hyper progressif, je ne le conseillerais pas non plus, mais ouais, ça s'était pour le coup bien passé, pour moi c'était, comme j'avais fait des randos d'une cinquantaine de kilomètres à chaque fois, pour moi 80 km c'était pas si éloigné de ça, et ça pouvait le faire, et ça l'avait plutôt bien fait dans le Pays Basque, Et en même temps que ça, il y a un collègue qui a été recruté juste après moi et qui lui faisait de la longue distance à vélo juste avant d'être recruté et de commencer à travailler dans ce décathlon-là. Il avait fait la French Divide, qui est une traversée de la France en gravel VTT. Ça peut être faisable en gravel, mais c'est plutôt VTT quand même. Et il y a un peu plus de 2000 kilomètres, je crois, un truc comme ça. Et en fait, à discuter avec lui, à... voir comment il était je me suis dit qu'on n'était pas si éloigné que ça l'un de l'autre et que si lui il arrivait à faire ce type de course là ce type de longue distance là et bien je voyais pas trop ce qui moi pouvait m'empêcher de le faire donc j'ai commencé à rallonger les distances un petit peu à vélo je m'étais j'étais parti sur un bordeaux toulouse quelque chose de ça faisait 250 260 bornes tout plat mais c'était ma première longue distance un petit peu à vélo et ensuite la même année dans l'été j'ai j'étais parti, j'avais deux semaines de vacances, je savais pas trop trop quoi en faire, et donc une semaine ou deux avant, j'ai ouvert Strava, la carte de Strava, et je me suis dit, bon, où est-ce que je veux aller

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Le Colisée, c'était pas super loin, et ça me tentait d'aller voir comment c'était, donc j'avais fait Bordeaux, j'avais fait une trace Bordeaux-Rome, et remonté derrière à Nice, et puis du coup, je m'étais fait ça pendant mes deux semaines de vacances, donc il y avait 2500 bords dans une douzaine de jours, et ouais, c'était ma première expérience, du coup, en vélo, en bikepacking, et sur plusieurs étapes,

SPEAKER_01

pour le coup. C'est quoi, tu dirais, le fil rouge entre toutes ces expériences

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce qui fait qu'à chaque fois, t'es reparti sur des formats plutôt longs, à chaque fois en autonomie, à priori plutôt en solo, j'ai

SPEAKER_00

l'impression

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, alors j'aime bien le fait d'être en solo, puisque ça me... Et ça me confronte avec moi-même, et ça me permet de réfléchir à beaucoup de choses. Ça me permet de philosopher aussi de temps en temps, enfin, quand on est en solitaire comme ça, pour peu qu'on ait pas de musique qu'on ait rien dans les oreilles en fait on refait le

SPEAKER_02

monde

SPEAKER_00

on refait vraiment le monde et ça me permet aussi d'être créatif sur ces moments là de penser à énormément de choses et c'est vraiment le côté que j'aime beaucoup dans le côté en solitaire et après la montée progressive des défis je pense qu'il y a une grosse notion de vouloir voir jusqu'où je peux aller de vouloir voir jusqu'où je peux envoyer mon corps et je pense pas trop avoir trouvé la limite pour l'instant donc peut-être que ça va grossir encore un petit peu donc ouais Je pense que c'est quand même

SPEAKER_01

pas mal ça. Ok, donc si on résume, on va dire que tu as commencé à te frotter au long, en tout cas, des efforts sur plusieurs jours en autonomie, etc. avec la rando, tu as basculé aussi sur le trail, le vélo. À quel moment est-ce que tu te rappelles la première fois que tu as entendu parler de la transcontinentale et ce qui t'est passé par la tête quand tu as découvert l'énormité de cette

SPEAKER_00

épreuve

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais plus. quand est-ce que c'était la toute première course d'ultra endurance dont j'ai entendu parler c'était la race cross américain à l'époque et ça c'était il y a je dirais une bonne dizaine d'années où j'avais vu un documentaire je crois que ça devait être sur canal ou un truc comme ça et c'était une période où pour moi c'était très très loin en fait et j'avais vu ce documentaire sur cette course où des types s'amusent à traverser les Etats-Unis d'ouest en est en vélo avec une assistance et où en fait ils dorment pas pendant quasiment les 5000 kilomètres ou alors ils font des micro-siestes et je m'étais dit que c'était absolument dingue absolument lunaire que c'était complètement lointain en fait de ce que j'étais capable de faire sur le moment mais avec ce truc où je me disais quand même que Un jour dans ma vie, pourquoi pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais j'étais très loin. À cette période-là, je ne faisais pas de sport. Je sortais tous les jours, tous les soirs, tous les week-ends. Enfin, j'étais très, très, très loin de ça. Mais j'avais été en admiration sur cette course-là. Et après, la Transcontinental, c'est une course que je dois connaître depuis peut-être deux ans, deux ans et demi, quelque chose comme ça. Mais oui, c'est ce côté solitaire où en fait, je pensais, j'avais juste entendu parler de la course, mais je ne m'étais pas tant documenté que ça, en fait, sur la course avant de candidater dessus j'ai appris à la connaître au fur et à mesure en fait j'avais juste vu en gros le tracé que ça faisait et je m'étais dit que ouais ça pouvait être cool mais en fait je connaissais pas grand chose sur cette course là avant de candidater dessus et je pense que

SPEAKER_01

c'est aussi une erreur ouais peut-être que parfois c'est mieux je me dis que tu vois ça me fait penser à quelques trucs que j'ai fait et à postériorité je me disais si j'avais su de ce dans quoi je m'engageais je me serais peut-être pas engagé

SPEAKER_00

tu vois à discuter avec beaucoup d'autres concurrents qui la faisaient pour la première fois c'est ce qu'on disait aussi comment on fait pour retourner une deuxième fois quand on sait ce

SPEAKER_01

que c'est mais du coup est-ce que tu peux peut-être nous faire une présentation un peu synthétique de l'histoire de la course, la vision de la course comment tout ça est né et ce qu'elle a de particulier

SPEAKER_00

alors la course elle est née il y a une dizaine d'années la volonté ça a toujours été de traverser l'Europe en autonomie Au tout début, la course partait de Londres et allait toujours au sud de l'Europe. Elle est arrivée en Turquie, elle est arrivée en Grèce, elle est arrivée en Bulgarie. Cette course-là a été créée par Michael, qui est un des plus grands athlètes de cyclisme en longue distance. Je pense que c'est lui qui a encore le record sur la French Divide, une des plus grandes courses gravel aux Etats-Unis. C'est d'ailleurs une des plus grandes courses d'ultra du monde.

SPEAKER_01

La Continental Divide, tu veux dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

la French

SPEAKER_01

Divide ah

SPEAKER_00

la French Divide non non la French Divide c'est le Tour

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Divide ah le Tour Divide

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voilà ok d'accord et c'est pareil ça doit être 4 ou 5 000 km je crois en gravel enfin c'est un gros gros morceau aussi et donc c'est Michael qui a créé cette course là avec son esprit dont lui avait de la longue distance et comment est-ce que lui il aimait faire de la longue distance donc dans les règles il y a qu'on doit être obligatoirement solitaire et qu'on doit obligatoirement pas avoir d'assistance pendant la course ça c'est vraiment les règles fondamentales, on part sur la transcontinentale on sait qu'on part tout seul et on doit se débrouiller tout seul sur toute la course et un élément marquant du coup de l'histoire de la course c'est que Michael est décédé de mémoire en 2017 sur une course de vélo en Australie après un accident avec une voiture et en fait derrière c'est sa femme qui a repris la course pour continuer de la faire

SPEAKER_02

vivre

SPEAKER_00

et la course du coup a traversé un peu les périodes ces 10 années du coup de course vis-à-vis de ça et je sais pas si je l'ai dit mais à la base c'est une course anglaise donc qui était partie la première fois de Londres ensuite il y a eu une histoire avec Gramont en Belgique avec plusieurs départs de Gramont il y avait eu un départ aussi de Brest et avec cette volonté là en fait d'aller d'aller faire une traversée de l'europe mais pas quelque chose de simple je crois qu'un des slogans de la course c'est une course magnifiquement difficile c'est vraiment vraiment ça les paysages sont dingues mais ils mettent un point d'honneur à chaque fois à la rendre toujours plus difficile c'est un peu le c'est un peu un des points d'honneur de la course et de l'organe

SPEAKER_01

du coup comment ça se passe tu parlais de dossiers d'inscription c'est tu peux pas acheter ton dossier sard en fait c'est ça tu candidates et t'es sélectionné ou

SPEAKER_00

pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais exactement on a un dossier de candidature de mémoire j'avais mis 2-3 heures à le remplir vis-à-vis de la course en gros dans ce dossier de candidature là ce qui nous pose comme question c'est si on a déjà fait alors que ce soit vélo ou pas mais si on a déjà fait de la longue distance en solitaire en itinérance donc ça peut être à pied ou à vélo peu importe c'est mieux d'avoir quand même un bagage à vélo pour s'engager sur ce type de course et après il nous demande aussi comment on se débrouille pour transmettre une coordonnée GPS il nous demandait de transmettre la coordonnée GPS du panneau du tourmalet la coordonnée exacte à savoir qu'en haut du tourmalet il y a deux panneaux il y a le géant du tourmalet qui fait office de panneau et il y a aussi un autre panneau et ça quand on y est déjà allé on le sait et du coup j'avais transmis les deux coordonnées en expliquant pour être sûr de ne pas me tromper et il nous demandait aussi il y avait un petit village dans lequel on pouvait trouver de l'eau sur un point GPS et il nous transmettait 5 points GPS, il nous demandait à quel point GPS on pouvait trouver de l'eau. Il y avait plein de questions comme ça, et la question la plus marquante, c'était comment est-ce qu'on réagit en cas d'attaque de chien

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et là, il faut qu'on explique comment est-ce qu'on doit réagir en cas d'attaque de chien. Pour l'anecdote, dans l'idéal, on reste calme, on descend du vélo, on laisse le vélo entre nous et le chien, et on avance tranquillement en sortant de son territoire et en espérant que tout se passe bien. Dans l'idéal, c'est ça, puisqu'en plus, les chiens ont la rage dans les Balkans, donc il faut il faut quand même le faire assez bien. Mais cette technique-là marche quand même assez bien. Et dans le dossier de candidature, c'est plein de questions comme ça à remplir. Et après, un mois, un mois et demi après, on sait si on est sélectionné ou pas pour la

SPEAKER_01

course. Ok. Et l'inscription à cette course, parce que du coup, tu es en autonomie, il n'y a pas d'assistance. J'imagine qu'à part des checkpoints, il n'y a pas vraiment grand-chose de la part de l'ORGA qui est mis en place. Mais les frais d'inscription, ils sont du coup cohérents par rapport à ça ou pas forcément

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

on est à 600 euros de frais d'inscription sur la course et oui comme tu dis alors il y a le départ l'arrivée qui sont organisés et la tenue des checkpoints et il y a des photographes professionnels il y a tout le marketing autour de la course et en fait cette course là ça fait vivre aussi des personnes donc si on prend tous ces aspects là en compte oui ça peut les frais d'inscription peuvent correspondre mais ça reste quand même assez cher en fait 600 euros par rapport à si on prend le truc

SPEAKER_01

global

SPEAKER_00

donc à savoir aussi que pour ouvrir la course au plus grand nombre il y a ce qu'ils appellent la bourse Michael et cette année ils ont pris 4 personnes pour lesquelles ils ont financé l'inscription de la course et ils ont aussi financé leur transport et une partie de leurs frais pendant la course pour essayer d'ouvrir un maximum et donc il y avait un étudiant allemand qui faisait partie de cette bourse Michael il y avait une fille du Kyrgyzstan qui pour l'histoire n'a pas réussi à avoir ses visas chaîne donc qui a pas pu prendre le départ de la course elle a fait juste la partie turque et il y avait aussi deux autres personnes qui étaient dans cette bourse là et ils essaient vraiment d'ouvrir la course au plus grand nombre au plus grand nombre de nationalités et à la plus grande diversité de type de personnes possible donc ouais il y a vraiment cette volonté là

SPEAKER_01

dans la course En âge des participants je me rappelle que la première fois qu'on a enregistré tu avais évoqué les âges il y avait un écart de fou entre le le plus jeune et le plus

SPEAKER_00

âgé ouais ouais ouais Alors, elle est arrivée, elle a 18 ans. La concurrente la plus jeune, c'est Carlotta Schumacher, de mémoire. Et le plus vieux, je ne sais plus s'il est arrivé ou pas, mais il a eu 68 ans pendant la course. Et le deuxième plus vieux avait 67. Donc, en fait… Il y a vraiment tous les âges. On rencontre des personnes de tous les âges, de tous les milieux sociaux. Et c'est vraiment ce qui fait la magie de cette course-là aussi. Excellent.

SPEAKER_01

Bon, du coup, tu télécharges le dossier. Tu découvres la course il y a à peu près deux ans. À un moment donné, tu as eu un déclic. Qu'est-ce qui fait que tu t'es dit, allez, cette année, j'envoie le dossier, je me sens prêt

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

À la base, je voulais faire la Race Cross France. Je ne voulais pas faire cette course-là, mais la Race Cross France, qui pour moi était un peu plus… un peu moins engagé. Donc, 2500 bornes. Ouais, 2500 bornes. Et en fait, les dates de la course étaient en même temps que ma dernière semaine de cours. Donc, ma dernière semaine de cours de master et je ne voulais pas louper ces dernières semaines de cours là puisque pour moi, c'était important de finir le cursus scolaire proprement et d'aller jusqu'au bout. Et donc, je ne pouvais pas faire la race Cross France et quand j'ai vu du coup la transcontinentale, les dates correspondaient et je pouvais la faire au niveau des dates et quand j'ai vu les check points que le premier checkpoint il était dans les alpes slovènes le second il était en bosnie herzégovine le troisième il était au kosovo et le quatrième en turquie à tchernakale je me suis dit que j'avais envie de rouler vraiment dans ces endroits là et je me suis dit c'est parti j'ai envie de voir comment c'est j'ai envie de voir comment c'est dans les balkans j'ai envie de voir comment c'est dans le kosovo où on nous dit que c'était en guerre depuis depuis x années j'ai envie de voir comment c'est là bas comment ils ont évolué j'avais envie de voir tout ça des paysages qui mettaient vraiment inconnu et j'ai essayé de garder ces paysages paysages les plus inconnus possibles jusqu'au jour où j'allais passer dedans pendant la course. J'essayais de ne pas regarder avant ce que j'allais avoir pour regarder cette surprise-là dans les Balkans. Quand tu

SPEAKER_01

as reçu la

SPEAKER_00

réponse, qu'est-ce que tu t'es dit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'avais un sourire assez incontrôlable sur mon visage et j'étais content, vraiment content d'être sélectionné et je me rendais toujours pas compte à ce moment-là de pourquoi je m'étais embarqué. Pour moi, j'étais juste heureux de pouvoir participer à cette course-là, mais je me rendais pas compte encore

SPEAKER_01

sur le moment de ce dans quoi je m'embarquais du coup tu peux me rappeler la réponse elle tombe combien de temps avant le départ de la course

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je sais plus si c'était mi-janvier ou fin janvier et le départ était le 21 juillet

SPEAKER_01

ok donc du coup t'attaques une prépa spécifique à ce moment là ou t'étais déjà dedans depuis un moment parce que t'es actif et que tu roules

SPEAKER_00

souvent

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je roulais pas trop trop à cette période là j'avais racheté un vélo du coup en décembre et je courais par contre beaucoup jusqu'à j'avais ma première course de trail elle était en mars sur la saison et j'avais en gros de janvier février et tout début mars j'avais 800 bornes en course à pied donc je courais quand même pas mal mais je faisais j'avais fait assez peu de vélo sur cette période là enfin je vais être à 200 250 bornes par semaine je pense un truc comme ça et à partir de mars j'ai vraiment arrêté complètement de courir pour transférer du coup tout sur le vélo et m'envoyer du coup une grosse prépa à vélo et euh je suis arrivé avec 11 000 km au départ de la transcontinentale donc en 7

SPEAKER_01

mois ouais ok ouais c'est quand même ça fait 1500 1500 par mois ça fait 400 par semaine

SPEAKER_00

ça fait 2700 bornes au mois de mai la plus grosse semaine en faisait 900 920 ou 930 bornes et je m'étais fait un bordeaux compostel aussi en préparation du coup sur 3 jours et ça faisait 1000 bornes sur 3 jours en me mettant en condition du coup en faisant le départ à 19h en roulant quasiment toute la première nuit j'avais dormi 1h aussi la première nuit et après j'avais roulé tout le long et j'avais fini blessé pour l'anecdote ah ouais c'était pas hyper intelligent en gros là la prépa j'ai vraiment commencé en mars et en avril je partais faire 1000 bornes en 3 jours donc forcément en terme de progressivité il n'y a pas de miracle donc j'ai fini avec une tendue à

SPEAKER_01

la cheville

SPEAKER_00

gauche parce qu'à la base je voulais aller plus loin que Compostelle et du coup quand j'ai senti la tendinite arriver je me suis dit que

SPEAKER_01

non

SPEAKER_00

on n'allait pas forcer là dessus et pour pas compromettre les chances de la transcontinentale qui était vraiment l'objectif de

SPEAKER_01

la saison et donc dans ta préparation c'était quoi l'objectif ou en tout cas l'approche que tu as eu est-ce que tu travaillais le sommeil en multipliant les sorties avec peu de repos est-ce que tu travaillais vraiment sur un rythme doux avec beaucoup de kilomètres mais pas forcément énormément de dénivelé, t'as eu quoi

SPEAKER_00

comme approche

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai pas tant travaillé le sommeil que ça je me suis vraiment dit qu'il fallait que je fasse du temps de selle puisque pendant la course on allait rester beaucoup de temps sur le vélo et quand on reste longtemps sur le vélo ça peut créer des douleurs partout mais vraiment partout, ça peut en créer dans les épaules dans le cou, dans les mains au contact avec la selle dans les pieds et vraiment d'essayer de faire un maximum de temps de selle, un maximum de kilomètres pour préparer le corps un maximum à ces potentielles douleurs-là. Mais je n'ai pas eu du coup de stratégie où je suis allé faire du dénivelé. J'en ai fait même assez peu puisque j'habitais du coup sur Bordeaux sur les trois dernières années et donc pendant cette préparation-là. Et Bordeaux, c'est quand même très, très, très plat. Donc, oui. Non, je n'ai pas fait tant de dénivelé que ça et je ne me suis pas non plus trop contraint au niveau du sommeil. Ça, je me suis vraiment réservé et je me suis dit que si on était bien reposé avant... on allait pouvoir réussir à couper un peu le sommeil après, ce qui était moyennement vrai au final. Mais ça, en fait, on le sait avec l'expérience après, il y a des erreurs que je ne referai pas sur une prochaine préparation, il n'y a

SPEAKER_01

pas de doute. Tu vas nous en parler, mais juste avant ça, petit point technique, tu étais parti sur quoi comme vélo et qu'est-ce qu'on a comme équipement quand on part pour du 4000 km sans assistance et pas vraiment en autonomie, mais en tout cas sans assistance

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Du coup, en vélo, j'avais un vélo de route c'est le Vendry Cell RCR donc un vélo qui est typé aéro et quand même typé montagne mais pas ultra typé confort donc j'avais déjà fait des parties de 3 à 400 km avant avec ce vélo donc je savais très bien que ça le faisait et que j'avais pas de problème à ce niveau là mais ouais j'avais fait ce choix de vélo là c'était des roues carbone des Zip 303 donc 45 mm de haut qui passe plutôt partout c'est pas encore trop haut pour être trop pénalisé quand ça grimpe mais c'est pas non plus c'est pas non plus des roues trop bas pour sur le plat et de pénaliser non plus donc ça passait quand même plutôt partout après d'un point de vue bagages j'avais une petite sacoche sous le guidon dans lequel dans laquelle j'avais tout mon dépannage où j'avais mes chambre air j'avais pris des plaquettes au cas où j'avais un multi tolles avec un des montres un dérive chaîne du coup dessus j'avais vraiment tout le dépannage que je peux dont je pouvais avoir besoin des attaches rapide aussi des rustines enfin tout tout le dépannage dont je pouvais avoir besoin et après j'avais aussi une sacoche derrière la selle donc qui faisait qu'il 15 litres. Et dans celle-là, j'avais à peu près tout le reste. Enfin, j'avais matelas, duvet pour pouvoir dormir. Qu'est-ce que j'avais d'autre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'avais une doudoune aussi dedans. J'avais vraiment tous les vêtements dont j'avais besoin. Il n'y avait pas grand-chose au final, mais tout ce dont j'avais besoin était dans la sacoche derrière. Et en textile, j'ai parti avec une doudoune, un cahouet, un cuissard, un maillot, une paire de manchettes, une paire de jambières, et puis voilà.

SPEAKER_01

Ok, pas

SPEAKER_00

de rechange en fait, du coup. Non, non, du coup, je l'avais le soir. Ça séchait quand je dormais, et puis bon, je les remettais le matin, c'était toujours un petit peu frais mais ça repartait

SPEAKER_01

comme ça et puis ok punaise matelas duvet textile dans une sacoche de 15 litres tu as optimisé là

SPEAKER_00

quand même ouais oui alors le matelas je pense qu'il y a moyen de trouver plus light le duvet c'est le plus compact et le plus light que j'ai trouvé pour le coup pour un duvet à 10 degrés parce que

SPEAKER_02

je

SPEAKER_00

savais que ça ne pouvait pas trop tomber plus bas que 10 degrés ou si ça tombait plus bas que 10 degrés j'avais déjà prévu de dormir à l'hôtel donc à ce niveau là je ne m'étais pas trop trop inquiété mais oui oui complètement c'était très très light et après d'un point de vue d'un point de vue électronique j'avais pris deux batteries deux batteries de 10 000 avec un panneau solaire pour les recharger sur la journée

SPEAKER_01

et oui puisque t'as pas de dynamo sur ces vélos

SPEAKER_00

non alors beaucoup de concurrents en avaient installé mais en fait ça coûte cher à installer une dynamo alors c'est un investissement aussi mais en gros faut compter 500 euros pour installer une dynamo sur un vélodrote puisqu'il faut racheter un moyeu dynamo faire rayonner la roue avec le moyeu donc ça coûte quand même ça coûte quand même un petit peu d'argent, mais c'est vrai qu'après, en qualité d'éclairage, on est quand même pas mal. Moi, au niveau de l'éclairage, j'avais une frontale, du coup, avec un support de casque qui était sur le casque, et ça, c'était ma lumière principale à l'avant, et après, j'avais une lumière secondaire qui allait être accrochée au vélo, mais je m'éclairais comme ça, du coup, et le panneau solaire, je pense qu'il y a moyen de s'en passer si on dort à l'hôtel. Après, j'ai quand même pas mal dormi à l'hôtel sur le trajet, et il y a moyen de s'en passer, donc il y a moyen encore d'optimiser le truc, je pense, pour perdre en un kilo sur le package mais en tout ça fait de mémoire sans eau sans eau ça doit faire 14 kg le vélo avec les bagages ok et j'avais aussi pris un sac de trail pour l'avoir toujours sur moi pour avoir mon téléphone du coup dans le sac tout ce dont j'avais vraiment besoin à l'instant et du coup j'avais mis toute ma nourriture aussi dans le sac de trail derrière pour pouvoir en fait l'idée de départ c'était de descendre le moins possible du vélo et de pouvoir manger sur le vélo de pouvoir tout faire sur le vélo bon après au fur et à mesure des jours on se rend compte qu'on a

SPEAKER_01

besoin de s'arrêter quand même de temps en temps mais l'idée de départ c'est de faire un maximum de choses sur le vélo ok super intéressant franchement côté matos je pense qu'on pourrait faire un podcast rien que sur ça en tout cas j'aurais suffisamment de questions pour en faire un épisode complet mais bon je suis sûr que t'auras d'autres anecdotes et partages à nous faire sur ce sujet du coup donc tu t'inscris tu reçois la confirmation c'est parti t'attaques ta préparation quand même assez balèze 11 000 km en quoi en 6 mois du coup non

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

si tu t'es mis 6 mois ouais donc vraiment balèze on arrive au jour du départ est-ce que tu peux un peu nous raconter comment ça se passe, l'ambiance que tu découvres comment toi tu te sens et ce que tu vois autour de

SPEAKER_00

toi alors déjà le départ ça se passe au Vélodrome de Roubaix c'est un très haut lieu du cyclisme puisque c'est l'endroit d'arrivée tous les ans de Paris-Roubaix donc c'est vraiment un endroit un peu légendaire dans le vélo et donc on arrive sur le Vélodrome donc le départ il enregistre il se faisait juste à côté du vélodrome à l'endroit où se trouvent les douches du vélodrome et donc en arrivant on a fait un petit tour du vélodrome avant d'aller quand même faire leur enregistrement et là du coup on avait le bike check donc pour contrôler qu'on avait tout le matériel obligatoire donc était assez assez léger en termes de matériel obligatoire en gros c'était d'avoir un baudrier réfléchissant sur nous deux lumières avant deux lumières arrière distincte un casque homologué et une cata dioptre derrière je crois qu'en matériaux obligatoires c'était tout. Une fois derrière t'as dit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Une catédioptre pour avoir le réflecteur comme ça au cas où notre lumière derrière s'éteint et on s'en rend pas compte les phares de voiture réfléchissent dessus et puis on est quand même visible et donc on avait ça à faire donc pour ça le début était à 10h et le briefing était à 17h et donc pour moi ça allait prendre beaucoup de temps et en fait donc j'y suis allé directement à l'ouverture et en fait ça a pas pris de temps c'était en 10 minutes c'était plié et après j'ai attendu 7h en fait donc ça fait partie des petites choses des petites erreurs qu'on fait au début et en fait j'aurais dû y aller en début d'après midi et puis prendre le temps la matinée mais c'est les petites erreurs avec le stress avec l'envie qu'on fait au début et que je referai pas non plus sur une prochaine fois mais on arrive avec une ambiance avec tous les bénévoles avec tous les concurrents tout le monde est un peu stressé tout le monde a envie de partir il y a des concurrents qui viennent de partout on commence à regarder un peu les vélos de tout le monde pour savoir comment qui est équipé et comment ils sont équipés et on cherche un petit peu aussi parce qu'on a tous une casquette avec notre numéro de dossard dessus et du coup on cherche aussi la casquette numéro 1 puisque c'est le vainqueur du coup de l'année passée qui a la casquette numéro 1 et pour voir son vélo et voir un peu comment il est équipé pour se rassurer aussi un petit peu en même temps et ouais non non c'était une ambiance super cool avec aussi des visiteurs qui venaient pour voir pour discuter avec tout le monde et tout donc l'ambiance était super cool vraiment et on est parti à 20h le soir pour le départ de la course donc on a fait un tour du vélodrome de Roubaix et après on s'est lancé pour aller jusqu'à Gramont la première partie était une section obligatoire de Roubaix à Gramont donc tracée par l'organisation et on passait tous les monts des Flandres donc l'arrivée était sur le mur de Gramont on doit être à je pense qu'un pente max on doit être pas loin des 20% avec 10 pavés donc c'est assez cool et on passait aussi le vieux Quarmont, le Paterberg enfin tout tous ces mots là qui sont habituellement utilisés pendant le tour défendre donc ouais des lieux un peu mythiques du vélo et après ces 80 bornes là tout le monde partait un peu par rapport à la trace qu'il avait fait puisque entre chaque checkpoint les traces sont pas imposées et chacun fait ce qu'il veut du coup entre chaque checkpoint

SPEAKER_01

et c'est là si j'ai bonne mémoire que il y a eu un outsider sur tous les concurrents qui a décidé de passer par la

SPEAKER_00

Suisse en gros c'est ça ouais ouais ouais alors que tout le monde descendait en Belgique passer le Luxembourg pour après passer en Allemagne et descendre directement en Autriche enfin vraiment couper une diagonale tout droit finalement et bien moi je m'étais dit que c'était une bonne idée de passer en France de passer en Suisse et de passer en Italie et au final ce choix de trace m'a fait faire sur le moment 150 bornes de plus et 4000 ou 5000 mètres de dénivelé de plus que tout le monde et c'est très frustrant quand on ouvre la carte globale sur laquelle il y a tout le monde les petits points GPS de tous les concurrents et qu'on se rend compte qu'on est quasiment le seul enfin il y en avait quelques-uns derrière moi mais en gros sur 330 au départ on devait être une quinzaine à avoir fait ce choix là donc très très peu et on se rend compte que tout le monde est en train de couper donc en train de faire moins de kilomètres que nous et le dénivelé je savais pas du coup à la base mais ça je l'ai su qu'en échangeant avec un autre concurrent sur le premier checkpoint où je lui dis que moi je crois que j'avais plus de 15 000 mètres de dénivelé à ce moment là et il me regarde et il me fait bah non moi j'ai à peine 10 000 franchement sur ce moment là je me suis dit mais

SPEAKER_01

merde c'était quoi la motivation à passer par la Suisse tu te souviens de ce que tu t'étais dit

SPEAKER_00

en fait pour moi ça me paraissait pour descendre dans ma tête c'était logique de passer en France de redescendre en Suisse et de passer en Italie et en fait j'avais pas fait ce dézoom sur ma carte pour voir qu'en fait il y avait moyen de faire plus court

SPEAKER_01

et

SPEAKER_00

pour moi en fait c'était très ok, pour moi ma trace était bonne il n'y avait pas de doute, pour moi c'était le plus court et ouais il n'y avait aucun doute là dessus et en fait avec du recul puisque après la course je suis rentré le vendredi, le samedi je l'ai passé en famille et le dimanche matin j'ai pris mon pc et je me suis posé pour faire la trace du coup idéale et j'ai refait toute la trace sur Komoot et sur Strava et finalement oui il n'y avait pas de débat en fait il n'y avait pas de sujet quand on l'a refait et du coup avec cette expérience là on se rend compte que la trace originale était très très mauvaise

SPEAKER_01

prochaine fois tu utiliseras Open Runner tu

SPEAKER_00

connais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais je connais Open Runner mais oui j'ai pas du tout pensé à Open Runner mais ça peut être pas mal ouais parce

SPEAKER_01

qu'il

SPEAKER_00

trace pas mal les chemins ouais c'est

SPEAKER_01

ça

SPEAKER_00

c'est français

SPEAKER_01

Open Runner non

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

c'est français ouais ils sont basés à Annecy et j'en parle volontiers parce que je les utilise depuis longtemps et ils ont été sponsors du podcast cet été mais je trouve que la solution est géniale sur le traçage automatique c'est vraiment un outil hyper puissant en tout cas si tu veux exploiter un outil de traçage à fond il y a toutes les fonctionnalités pour si tu veux avoir un usage plus simple c'est possible aussi mais c'est un outil que je trouve hyper puissant pour le traçage

SPEAKER_00

et on peut tracer à l'étranger

SPEAKER_01

aussi ou c'est que en France

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

non non tu peux tracer à l'étranger aussi et l'avantage c'est que je crois que c'est le seul en France à avoir le fond de carte IGN topo 25 qui est genre la carte la plus précise que tu peux avoir en France à part les cartes peut-être de course d'orientation mais c'est

SPEAKER_00

juste l'idéal là où c'est vraiment cool

SPEAKER_01

c'est que tu sais si c'est du chemin tu sais si c'est de la petite route c'est ça ok donc passage par la Suisse chose que tu ne referais pas avec du recul ces premiers jours de course du coup comment ça se passe tu vois les premiers coups de pédale les premiers centaines de kilomètres en termes de sensation tu parlais un peu plus tôt au départ t'observais un peu les autres sur quel vélo ils partaient, quel matériel etc est-ce que tu te rappelles peut-être déjà de sujets où tu t'es dit ah punaise j'aurais dû avoir ce matos ça c'est trop lourd ça ça me sert à rien ou j'ai telle ou telle sensation je m'y attendais pas enfin est-ce que tu peux peut-être rentrer un peu dans le détail de ces tu vois 3-4 premiers jours de course peut-être jusqu'au checkpoint 1 en fait ça serait pas

SPEAKER_00

mal ouais alors la première journée c'était globalement bien passé on partait à 20h donc du coup c'était départ de nuit au début je m'étais dit que l'objectif c'était de pas dormir toute la nuit et d'enquiller de 20h jusqu'à derrière 21-22h le lendemain et c'était vraiment l'objectif de la première nuit et première journée à la fin de la première nuit de mémoire c'était vers 4-5h du matin où je commençais à m'endormir un petit peu sur le vélo et donc j'ai fait le choix de m'arrêter dormir peut-être 1h 1h30 pour repartir après derrière et le côté un peu drôle pendant cette heure cette heure et demie pendant laquelle je me suis arrêté c'est que j'entendais quelques vélos qui me doulaient pendant la nuit et du coup c'était le bruit de la cassette qui me réveillait sur le moment et je les entendais passer à côté de moi donc ça c'était assez marrant mais du coup après sur la première journée après cette sieste là je me sentais super bien et c'est toute la première journée où j'ai passé la France et la fin de la première étape elle s'est terminée à Remiremont dans les Vosges et ça faisait 570 bornes du coup sur la première étape et à ce moment là je me sentais vraiment très bien et donc les deux premières nuits je les ai fait dehors la deuxième nuit j'ai aussi dormi dehors donc juste avec matelas duvet pour juste trouver un abri et dormir en matelas duvet dehors la seconde journée je suis arrivé en suisse donc j'ai passé mulhouse et derrière j'ai passé balle pour arriver en suisse et là c'était vraiment très cool aussi en fait la suisse sur la première partie est quand même assez plate donc ça allait à peu près et en suisse comme j'étais le seul en fait on a des spectateurs de la course des gens qui suivait sur le live tracking qui sont venus à ma rencontre il ya deux personnes l'une après l'autre qui sont venus en vélo du coup à ma rencontre me rencontrer juste échanger un petit peu discuter un petit peu échanger j'ai roulé quelques kilomètres ensemble et après ils sont repartis donc ça c'était le côté assez cool et je pense que si j'avais pas roulé tout seul dans mon coin à cet endroit là ben ça ce serait jamais arrivé du coup je sais pas si d'autres concurrents ont vécu la même chose en dehors des premiers du coup sur le reste du parcours et après je suis arrivé dans les Alpes Suisses les Alpes Suisses où ça a commencé à se compliquer un petit peu où j'avais la première le premier vrai gros col donc du coup pour monter à Davos et il était je crois qu'il devait être 22h quand je suis arrivé à Davos ou quelque chose comme ça et il commençait à y avoir du brouillard il commençait à faire froid ça commençait à être humide et donc c'est le premier moment où je me suis dit que j'allais prendre un hôtel c'était à Davos parce que je me voyais pas dormir à 1500m d'altitude dehors il faisait 10 degrés donc je m'étais dit que dans la nuit la température allait encore tomber et je me sentais pas de remonter un col de redescendre pour aller chercher la ville d'après donc ça a été mon premier hôtel où on book un hôtel on prend une douche on dort 4h et on repart quand on dit ça à la réception si c'est ok il faut partir à 2h du matin le lendemain alors qu'il est 22 il nous regarde un peu bizarrement il nous regarde un peu bizarrement et la journée d'après c'était l'arrivée en Italie aussi alors cette journée là cette matinée là c'est le seul moment où j'ai eu vraiment de la pluie j'ai eu une montée de col avec de la pluie et la descente de col derrière avec de la pluie et descente de col en Suisse sur des descente hyper rapide, ça roulait jusqu'à 70 kmh en descente alors que c'était mouillé et j'étais gelé donc j'essayais de freiner pendant la descente en fait pour pas descendre trop vite non plus mais ça roulait quand même super vite et j'avais mal partout dans cette descente là j'avais mal aux mains, j'avais mal aux épaules parce que j'étais toujours tendu, dû au froid aussi et dû au fait que j'étais sur les freins donc après je me suis arrêté dans une station service je suis resté une demi-heure je crois dans la station service à boire des cafés, à manger pour essayer de me réchauffer un maximum et après repartir et cette journée là en Italie derrière a été a été quand même compliqué puisque j'ai monté un col qui s'appelait de mémoire c'était le Passo dell'Erbe c'était 26 km sur le papier à 6% sauf qu'en fait il y avait des parties plates dans le col il y avait des redescentes donc c'était 6% de moyenne mais c'était pas 6% en fait pendant tout le col et il y avait de mémoire un passage qui était de 5 km à plus de 15% et à ce moment là en fait j'étais complètement cuit j'étais j'étais vraiment vraiment vraiment dans le dur dans cette montée de col là et alors qu'il était pas si tard que ça du coup je me suis arrêté pour dormir donc après la montée de col j'ai basculé j'ai fait la descente et à ce moment là je me suis arrêté pour dormir et vraiment psychologiquement j'étais au fond du seau c'était les premières fois où je m'étais dit que ça allait être trop dur que je vais abandonner parce que c'est trop compliqué et donc quand je suis arrivé à l'hôtel je me suis dit bon ok là c'est compliqué psychologiquement je suis déjà au fond du seau alors que j'ai fait 1000 km il en reste 3000 et donc comment on fait donc ma décision ça a été de faire une grosse nuit de sommeil à ce moment là et de mémoire j'ai dormi 10h j'ai dormi 10h ce jour là pour vraiment me reposer un max et repartir vraiment frais et quand je suis reparti du coup ce matin là psychologiquement j'étais bien physiquement j'étais vraiment bien aussi et ce jour là c'était le jour pour aller au premier checkpoint et c'est aussi le jour où j'ai recroisé des concurrents puisque en fait avant avec mon choix de traces entre le lundi matin et le jeudi après midi j'avais croisé absolument personne en fait aucun autre concurrent et j'en ai recroisé que ce jour là et donc ça va faire remonter en italie continuer pardon en italie remonter après en autriche pour ensuite redescendre redescendre au niveau du haut niveau de la frontière italo slovène et pour aller chercher le premier checkpoint et avec la première premier parcours obligatoire ça commençait par une montée, on montait à 2100 ou 2200 mètres d'altitude en Slovénie et ensuite ça nous faisait redescendre, refaire une autre montée pour ensuite rebasculer derrière et aller chercher le checkpoint et la deuxième montée elle était interminable vraiment interminable, en fait on avait des petits numéros à tous les virages et le premier virage était le numéro 49 et à chaque virage il y avait le numéro numéro et il y avait l'altitude dans laquelle on était donc en fait on savait qu'on avait en gros 1000 mètres à monter mais on voyait quasiment tous les 20-30 mètres d'altitude de ce qu'on faisait et c'était interminable absolument interminable et la descente de ce col là était aussi très très amusante puisqu'ils ont eu la bonne idée de mettre du pavé dans tous les virages donc en fait dans les virages on n'avançait pas du tout on était vraiment sur les freins pour pas avancer et du coup on relâchait les freins sur les lignes droites, on repilait tout derrière pour repasser les sections pavées pour avoir de l'adhérence et après fin c'était descendre vraiment interminable mais première arrivée au premier checkpoint c'était arrivé de mémoire à 1h du matin et donc juste pour tamponner reprendre de l'eau et puis repartir discuter un petit peu aussi quelques minutes avec les bénévoles et avec les autres concurrents qui étaient là sur le moment et puis après repartir parce que c'était la frontière slovène et le lendemain ça me faisait arriver du coup du côté de l'ubéna

SPEAKER_01

ok donc au checkpoint concrètement tu as quoi tu as un petit livret c'est ça avec euh des cases pour chaque chain point et ils viennent mettre un tampon

SPEAKER_00

ouais c'est ça ils nous le donnent au départ et on doit on doit l'amener amener le petit le petit carnet à la fin excellent

SPEAKER_01

et ça tu l'as gardé tu l'as

SPEAKER_00

toujours ouais ouais je l'ai encore

SPEAKER_01

trop

SPEAKER_00

bien ils ont été étonnés à la fin de voir comment j'en avais pris soin c'est vrai pour moi ça c'est tous les autres concurrents en fait je pense qu'ils en ont pas avec la lucidité sur le moment il y en a qui l'avaient fait tomber dans l'eau enfin s'il y avait un peu de tout et moi je l'avais mis dans une petite pochette plastifiée pour essayer d'en prendre soin pour le garder après pour avoir cette trace là en fait ce truc-là d'après. Excellent.

SPEAKER_01

Alors, tu disais dans tes motivations à partir sur la transcontinentale, c'était le tracé quand tu avais découvert que ça faisait traverser les Balkans, une zone que tu ne connaissais pas trop. Ça t'avait motivé à candidater. Quand tu es arrivé dans les Balkans, déjà, est-ce que toi, tu t'attendais à quelque chose en particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu avais des attentes, des a priori sur les paysages, les gens, etc.

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et qu'est-ce que tu as

SPEAKER_00

découvert

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre honnêtement on m'avait juste prévenu que dans les Balkans effectivement il pouvait y avoir beaucoup beaucoup de chiens errants et ça s'est révélé vrai puisque les Balkans officiellement je crois que ça commence en Croatie et en Croatie c'était les premiers chiens aussi les premières attaques de chiens donc qui ont pas arrêté derrière jusqu'à la Turquie donc il y a eu ça et les Balkans en fait je savais pas à quel point j'avais aucune idée des paysages en fait dans les Balkans et ça a été une Très très bonne surprise. puisque en fait du sud de la bosnie jusqu'au jusqu'à toute la partie en fait du monténégro les paysages étaient vraiment vraiment magnifique et je crois que c'est les plus belles sections qu'on a eues sur le trajet c'était vraiment la partie sud bosnie et la partie monténégro avec le dur mitor au monténégro où c'est vraiment vraiment magnifique où ça fait des espèces de grands deux steppes qui ressemble un petit peu la mongolie et ensuite on a des des espèces de canyon avec des rivières d'eau qui qui sont transparentes. Le Monténégro, pour ça, c'était vraiment, vraiment beau. Et je ne savais pas non plus à quoi m'attendre au niveau des populations. Et en Bosnie, la surprise a été particulière. Ils ne sont pas hyper, hyper chaleureux, pas hyper accueillants en Bosnie. Pour leur découvrir, c'est très, très compliqué. Je discutais avec un autre gars, un autre Français, et il me disait que lui s'était vu refuser l'entrée d'un restaurant en Bosnie. Ils l'ont vu arriver et dit bah non en fait non on va pas te servir ok ok merci et la conduite aussi en bosnie la conduite des automobilistes qui est vraiment l'élément marquant c'était vraiment la bosnie au niveau de la conduite quand on arrive en bosnie en fait le premier rond-point que j'ai pris il y avait un automobiliste qui l'avait pris à l'envers et qui forçait le passage de tout le monde et pour lui c'était normal et ça c'était 200 mètres de la frontière donc ça tombait assez vite dans le bain du pays en fait et après par pendant tout ce pays-là, je n'ai pas mis d'écouteurs du tout puisqu'en fait, on se fait continuellement frôler par des voitures et je voulais pouvoir entendre si une voiture arrivait ou si quelque chose arrivait. La Bosnie, c'était compliqué et il y a un moment, je me suis trouvé avec un Indien qui s'appelle Mohit et il était juste devant moi. On arrivait dans un tunnel qui n'était pas éclairé et il était juste devant moi et du coup, lui, il s'est fait renverser dans le tunnel et la voiture ne s'est même pas arrêtée en

SPEAKER_01

fait.

SPEAKER_00

Ah oui. Il s'est juste fait renverser c'est dans le tunnel et la voiture est partie mais normalement comme si de rien n'était donc ouais et après du coup pour l'anecdote je me suis retrouvé donc dans une station service un dimanche en Bosnie avec un indien qui était en train de se désinfecter les plats avec de la vodka c'était un c'était un très très grand moment c'était un très très grand moment ouais c'était improbable c'était improbable bon il était juste égratigné et finalement il avait pas grand chose mais il était plus choqué sur le moment de la situation

SPEAKER_01

ouais qu'il avait mal finalement ouais ça pour l'avoir vécu le fait de te faire renverser et que la voiture s'arrête pas ouais ça laisse peut-être plus de marques que les bobos physiques mais bon ouais ouais complètement ouais ok là j'imagine bien la scène avec le caissier ou la caissière qui vous regardent mais qu'est-ce que c'est que ce truc les gars qui se désinfectent à la vodka avec leur vélo d'où ils

SPEAKER_00

viennent ouais parce qu'il n'y avait que ça en fait quand on était dimanche

SPEAKER_01

il

SPEAKER_00

n'y avait rien sur le moment je lui ai dit qu'il fallait qu'il nettoie ses plaies et il a demandé à la station service s'il y avait des infectants ou quelque chose et il lui dit bah non non j'ai rien et puis je le vois repartir dans la station service il revient avec une petite flasque de vodka pour nettoyer ses plaies ouais c'était assez drôle sur le moment puisque bon finalement il avait pas tant de choses que

SPEAKER_01

ça

SPEAKER_00

ouais

SPEAKER_01

tu devais le sentir passer la désinfection à la vodka ouais

SPEAKER_00

ça avait l'air de

SPEAKER_01

le couper un peu quand même ouais ouais ok alors toute petite parentèle sur les chiens parce que t'es clairement pas le premier à m'en parler je pense qu'à peu près tous les invités qui font de l'ultracyclisme et qui sont passés dans les Balkans ont évoqué ça les chiens errants du coup quand tu parles d'attaque de chiens concrètement c'est quoi c'est des chiens qui aboient qui sont en liberté enfin chiens errants mais pas plus agressifs que ça ou c'est vraiment des attaques ils te courent après pour te niaquer les

SPEAKER_00

mollets ah on se fait courser vraiment ah ouais vraiment ok ouais vraiment on se fait vraiment courser les deux premiers c'était en croix si eux ils étaient assez vénère et sur le moment en fait j'ai eu le réflexe de descendre une dent et d'accélérer donc ça va que sur le moment j'avais des jambes mais en fait c'est pas toujours le cas et c'est pas toujours plat donc on peut pas toujours s'échapper aussi facilement et après à chaque fois où je sentais que c'était vraiment vraiment limite je m'arrêtais vraiment et je laissais le vélo entre moi et le chien et puis je partais pour l'anecdote j'avais pris une petite bombe lacrymogène au cas où vraiment un chien soit vraiment très très énervé et je m'étais dit que bon au pire ça va lui faire mal pendant 10 minutes mais ça va pas lui c'est de ses quelles derrière donc il n'aura pas de problème vis-à-vis de ça je sais que ça existe pour les ours au Canada par

SPEAKER_01

exemple

SPEAKER_00

des bombes lacrymogènes comme ça donc j'étais parti un peu dans cette idée là et je l'ai sorti une fois je ne l'ai pas utilisé mais une fois je l'ai eu dans la main droite parce que le chien était vraiment vraiment énervé et je sentais que ça pouvait tourner très très mal donc ouais on se fait courser en fait continuellement et alors des fois on se dit que on se fait courser par des chiens mais ils sont dans un grillage et Et donc, ça va. Mais en fait, les grillages, des fois, il n'y a pas de boue au grillage. Donc, on se dit que tout va bien et on se rend compte qu'il n'y a pas de boue au grillage. Et j'ai cette image en Bosnie où vraiment, c'était vraiment le cas. Et il y avait une dizaine de chiens qui couraient à côté. Donc, je me suis dit, il y a une clôture, donc ça va. Et en fait, il n'y avait pas de boue à la clôture. Et donc, quand on arrive au bout, on se retrouve avec une dizaine de chiens qui nous coursent. C'est un très gros moment. Ça surprend vraiment. La gestion des chiens, c'est compliqué. Il y en a qui se sont fait mordre pour le coup. Et C'est vraiment quelque chose que je voulais éviter parce qu'en fait, il y a la rage qui est présente dans les Balkans. Et si on se fait mordre par un chien qui a la rage, ça peut poser des gros problèmes derrière.

SPEAKER_01

Est-ce que j'allais te demander si tu te fais mordre par un chien qui a la rage

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Enfin, dans tous les cas, qu'il ait la rage ou pas, je ne sais pas si tu peux le savoir visuellement, mais si tu te fais mordre dans ces pays-là, j'imagine que tu mets le clignot, fin de course, hôpital. Ouais. Ouais. Ok. Et tu vas nous en parler côté... Enfin, la manière dont tu as ajusté aussi le... tout ce qui est sommeil, nuit à l'hôtel, nuit dehors, etc. Mais je suppose que dans ces pays-là, les nuits dehors, tu dois réfléchir avant de te poser, sachant qu'il y a des meutes. C'est relativement courant qu'il y a des meutes de chiens en liberté qui attaquent.

SPEAKER_00

Au niveau du sommeil, j'ai fait quatre nuits dehors. J'ai fait les deux premières nuits. J'ai fait celle après le premier checkpoint en Slovénie et la toute dernière nuit en Turquie. Mais sinon, après tout le reste, j'ai pris des hôtels puisque en fait dans les Balkans les hôtels on en a pour 25-30 euros et puis voilà donc ça vaut pas le coup de s'embêter à dormir dehors, avoir une nuit de mauvaise qualité alors que les hôtels sont pas très chers et en stratégie de sommeil j'ai assez vite ajusté à me coucher tôt et à repartir très tôt donc quand je dis me coucher tôt je me couchais vers 19h 20h max et après ça me faisait repartir vers 1h-2h du matin parce qu'en fait c'est beaucoup plus facile de booker un hôtel sous les coûts de 18 de 19h parce qu'on book vraiment l'hôtel à chaque fois je les bookais 10 minutes avant d'y aller donc c'est plus facile de les booker vers 18-19h que de se retrouver à les booker à 23h minuit où il n'y aura plus de choix ou alors on va payer peut-être plus cher et où ça va être aussi galère de manger avant d'aller à l'hôtel là vers 18-19h j'avais pas ces problèmes là en fait et donc j'ai vite ajusté ma stratégie pour que ça devienne

SPEAKER_01

ça par exemple tu l'avais pas du tout en tête avant de prendre le départ de la course

SPEAKER_00

pas du tout je l'ai fait au feeling pour moi en fait au départ de la course je l'ai dormi à toutes les nuit dehors je m'étais dit je vais prendre un ou deux hôtels sur le trajet pour prendre une douche laver mes vêtements et puis voilà mais j'étais vraiment parti en me disant que toutes les nuits dehors ça allait le faire mais en fait mes nuits étaient très peu qualitatives dehors donc ça a impacté très très fortement mon moral la journée qui suivait et je pense que si j'avais passé toutes mes nuits dehors comme l'idée que j'avais eu avant de partir je pense que je serais pas arrivé au bout honnêtement

SPEAKER_01

Ça, le fait de dormir dehors sur des épreuves sportives comme ça en solo, je ne te cache pas que moi, c'est un truc... Ça me fascine à chaque fois les récits de gens comme toi qui l'ont vécu. Là, je te posais une question un peu plus tôt sur les chiens. C'est qu'un sujet. Le concept d'arriver à se poser et d'avoir une nuit qualitative en étant dehors sur un matelas, dans un duvet ou sous un abri de bus. J'ai plein d'anciens invités... qui font ça régulièrement et je me pose systématiquement la question est-ce que moi j'arriverais à faire ça comment ils

SPEAKER_00

font ouais clairement c'est assez compliqué à gérer honnêtement là où on gagne du temps c'est qu'on met moins de temps à s'endormir et on a moins de temps pour tout déballer déballer le matériel, gonfler le matelas et puis s'endormir et repartir le lendemain que si on était dans un hôtel mais en fait comme la nuit est plus qualitative dans un hôtel je pense qu'on y gagne on y gagne en énergie on y gagne en mental on gagne sur tous les points en fait à

SPEAKER_01

dormir à l'hôtel ouais ouais ça demande peut-être plus de temps la phase repos prend peut-être plus de temps mais au final c'est du temps que tu gagnes certainement côté performance vitesse sur le vélo parce que t'as plus rechargé les batteries en

SPEAKER_00

fait ouais ouais ouais

SPEAKER_01

clairement ouais il n'y a pas de doute là-dessus ok donc les Balkans surpris en tout cas en Bosnie est-ce qu'il y a d'autres choses qui t'ont marqué des rencontres, des regards

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment ils te regardaient les gens que tu croisais là-bas quand ils comprenaient que tu étais là pour sa vélo et que tu étais parti de France quelques jours avant seulement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Dans les Balkans, ils s'en foutaient un peu dans les Balkans. Ils faisaient leur vie et ça ne les préoccupait pas tant que ça. Là où ça les préoccupait un peu plus, je trouvais que c'était en Turquie. En Turquie, les gens sont un peu plus chaleureux, ils s'intéressent un Pour les enfants, on est un peu plus des attractions aussi. Puisqu'on passe dans des villages en Turquie où c'est que des agriculteurs. Et en fait, dans leur journée, je pense qu'il n'y a pas tant... d'action que ça ou de points attractifs que ça plusieurs jours de suite où on passait dans les villages en Turquie tu vois tout le monde qui est sur la place de village en train de boire le thé et tout le monde est comme ça en train de discuter donc il y a cette convivialité qu'ils ont entre eux mais je pense pas qu'ils aient tant d'animation que ça en dehors dans leur vie et c'est pour ça qu'à chaque fois que je m'arrêtais j'ai toujours été bien accueilli et des fois même invité par les gens des villages donc il y a vraiment ce regard et après du coup avec le traducteur avec Google Trad on arrive à échanger puisqu'il parle par contre très peu anglais donc c'était compliqué mais avec Google Trad on arrive à échanger ils m'expliquaient un peu leur vie je leur expliquais aussi un petit peu ce que je faisais et ouais ça c'était vraiment cool là dessus en Turquie et c'est pas quelque chose que j'ai retrouvé dans les autres pays au

SPEAKER_01

final ça donne envie enfin ça donne envie ça donne presque envie de s'intéresser à cette épreuve d'un peu plus près de vivre ce genre d'expérience c'est peut-être un cas des épreuves vraiment longues où tu traverses de grandes zones géographiques comme ça, c'est que du coup, tu as forcément de la rencontre. Tu n'aurais peut-être pas ça sur une épreuve d'une journée, deux jours où tu es né dans le guidon à fond sur le chrono. Là, je trouve ça fascinant de voir que tu as fait une épreuve sportive incroyable. Tu as certainement appris, ça va être une de mes questions, plein de choses sur toi et sur tes capacités et qu'en même temps, tu as découvert des paysages de fous hyper variés parce qu'entre la France et la Turquie, il y a eu on se doute bien que ça change un petit peu et t'as fait des rencontres pareil que t'aurais jamais fait sans

SPEAKER_00

ça la plupart des rencontres je pense qu'elles ont été faites plutôt avec les autres concurrents sur la partie de course puisque même si on part sur une course qui est en solitaire et sans assistance en fait à chaque fois ou presque qu'on voyait un autre concurrent qui était en train de manger qui s'est arrêté à une station de service ou arrêté à manger quelque part et bien du coup en fait on a tendance à s'arrêter du coup avec l'autre concurrent pour échanger quelques mots pour manger aussi un petit peu en même temps donc vraiment on discute du coup aussi beaucoup avec les autres et plus au final qu'avec les populations locales mais comme il y a une très très grande diversité sur la course ça fait quand même qu'on discute quand même avec beaucoup de types de personnes différentes et j'ai cette image en arrivant au Kosovo donc on passait un col on redescendait et la première superette du coup après le Kosovo je me suis arrêté manger avec il y avait un Moldave un finlandais et un californien et on s'est arrêté, on mangeait on buvait un coup dans la supérette et après on est chacun parti donc il y a des très très grandes diversités de populations et c'est super intéressant à ce

SPEAKER_01

niveau là t'as eu une rencontre parmi les concurrents ou les populations locales qui t'a vraiment marqué

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

il y avait eu un petit papy en Turquie qui vendait ses fruits et ses légumes et qui, lui... Quand j'étais arrivé, j'étais un petit peu fatigué. C'était une des premières personnes avec qui j'avais un petit peu échangé en Turquie. Et lui, il m'avait beaucoup arrangé dans le sens où directement, il m'avait proposé de changer ma monnaie. Il avait appelé un copain à lui pour connaître le taux de change et pour pouvoir changer la monnaie et pour pouvoir m'échanger de la monnaie derrière. Il m'a donné du melon. On a échangé un petit peu sur le moment. Et ça, c'était ma première rencontre en Turquie. Et j'ai compris qu'en Turquie, du coup, les gens étaient quand même plutôt chaleureux à ce niveau-là. Et au niveau des populations, je pense que c'était peut-être la rencontre la plus marquante celle dont je me rappelle le plus et ensuite au niveau des concurrents je pense que ouais je pense que c'est les échanges avec cet indien Moït ou vraiment c'est un personnage particulier qui est vraiment vraiment très très cool et on s'est retrouvé après à un hôtel ensemble à manger au restaurant et à perdre deux heures à manger et discuter au restaurant alors qu'on est en pleine course ça n'a aucun sens donc ouais c'est gars là est super cool et pour l'anecdote lui il est déjà reparti sur une autre course sur la partie sur une autre course aux états unis il fait que ça ouais ouais mais un gars un gars super cool mais on rencontre énormément de monde énormément de types de personnes ouais c'est c'est vraiment vraiment cool excellent

SPEAKER_01

excellent donc on se rapproche de la Turquie là où on y est déjà tu vas me dire à partir d'où tu veux reprendre mais à quoi elle ressemble cette fin d'épreuve pour toi que ce soit physiquement mentalement en termes de stratégie matérielle qu'est-ce qui se passe de notable sur la

SPEAKER_00

fin alors c'était la Turquie était assez compliquée vraiment assez compliquée elle était très compliquée pour le coup puisqu'on avait déjà eu des sections de gravel avant en Bosnie notamment on avait une section obligatoire qui avait été en gravel et après cette section là pour couper j'avais aussi pris des sections gravel donc des sections de chemin ou parfois c'était des chemins même plutôt type et vtt où il fallait marcher pour le coup et on en a retrouvé beaucoup en turquie puisque en turquie c'est soit des très grandes routes ou des fois on se retrouve à rouler sur des deux fois deux voies ou soit c'est des chemins ou des petites routes donc il ya vraiment ce contraste là en turquie et la partie de parcours obligatoire donc après après tchana calais c'était vraiment vraiment vraiment compliqué le deuxième de la course il avait dit dans le podcast de la course du coup qu'il avait crevé cette fois en 60 km et qu'il y avait passé je crois que c'était une dizaine d'heures donc cette partie là était vraiment très compliqué en fait en arrivant dessus moi je trouvais que ça allait jusqu'à deux kilomètres deux kilomètres de la fin de ce parcours où j'ai crevé et où j'ai crevé c'était ma première crevaison du coup après 3400 3500 km donc ça allait quand même mais cette première crevaison là elle m'a fait perdre environ trois heures puisque avec le manque du lucidité en fait on fait une succession de mauvais choix vraiment une sélection de mauvais choix j'ai quand j'ai crevé je me suis alors j'étais en pneu tubeless donc le liquide coulait et je m'étais dit que ça allait reboucher donc j'ai pris une cartouche de co2 j'ai percuté pour regonfler mon pneu et je m'étais dit à ce moment là que le liquide préventif allait reboucher ce qui n'a pas du tout été le cas puisque j'ai mis trop de pression d'un coup dans le pneu et que ça a même empiré la situation et ensuite donc je suis passé en chambre air à ce moment là j'ai percuté ma deuxième cartouche de co2 et là tout le co2 est parti quand je les percuter donc inutilisable et après ma pompe sur le moment ne fonctionnait pas donc j'étais dans une situation vraiment compliqué ou sur le moment je savais pas quoi faire pour moi sur le moment il n'y avait pas de solution et j'étais au milieu de la turquie au milieu d'absolument nulle part le premier village était à 8 km et donc j'ai marché pendant 8 km pour pour aller au premier village, pour pouvoir regonfler, pour pouvoir repartir. Et donc, je suis arrivé dans un village où tout le monde était sur la place du village, tout le monde était en train de manger ensemble, tout le monde était en train de boire le thé. Enfin, c'était une ambiance assez cool. Et en fait, ils m'ont tous aidé en arrivant là-bas. Et ça, c'était vraiment un moment vraiment cool. Ils m'ont aidé. À un moment, il y a une petite dame qui s'approchait de moi, qui m'a offert un sandwich, qui m'avait préparé un sandwich, qui me l'a ramené. Ils m'ont filé à manger aussi en même temps. Donc, c'était vraiment... vraiment hyper chaleureux en fait un moment vraiment hyper chaleureux même si sur ce moment là j'étais un peu c'était un moment compliqué pour moi quand même et en fait eux ils avaient un compresseur sur un tracteur et ce qui m'a permis donc de regonfler donc j'ai regonflé à 3 ou 4 barres un truc comme ça ça m'a permis de claquer le tubeless et donc ça faisait toujours une vibration à tous les tours de roue mais au moins j'avais regonflé je pouvais repartir donc ouais ce moment là a été compliqué j'ai eu une autre crevaison derrière le lendemain où j'ai crevé j'avais une épine enfin j'avais deux épines dans le pneu donc double crevaison et à ce moment là j'étais pareil là j'étais dans un chemin au milieu de nulle part au milieu des champs et il y a un petit gars qui est passé sur sa moto et il me demande du coup si j'ai besoin d'aide si j'ai besoin de quelque chose je lui dis que non pour moi j'avais tout ce qu'il fallait pour réparer donc je lui dis non c'est ok t'embête pas et il est revenu après il m'a dit vous êtes sûr que vous avez besoin de rien et à ce moment là je lui ai dit bah là honnêtement le seul truc qui pourrait m'aider c'est un compresseur et il me fait ah bah oui oui mon père il est à un kilomètre d'ici il en a un alors qu'on était absolument au milieu des champs en fait il y avait rien il y avait rien du tout et donc on a laissé le vélo posé dans le chemin il m'a emmené avec sa petite moto avec ma roue pour pour regonfler au compresseur après il m'a ramené à mon vélo et puis je suis remonté sur le vélo et je suis

SPEAKER_01

reparti

SPEAKER_00

excellent ouais situation un peu cocasse sur le moment mais un énorme moment de chance en fait énorme moment de chance parce qu'ils avaient un compresseur et sur le moment le compresseur a assez de pression en plus pour craquer le tubeless donc nickel j'étais reparti vraiment bien et le lendemain de ça la réparation que j'avais fait du coup pour les deux épines il ya une des deux rustines qui a pas tenu et donc je me suis retrouvé encore avec le pneu à plat donc 150 200 km derrière et à ce moment là donc j'avais plus de rustines j'avais plus de chambre à air ma pompe fonctionnait pas et j'étais dans la proximité d'une ville et donc je suis allé à pied pour essayer de trouver un magasin de vélo et tous les magasins un vélo qui était noté sur Google Maps n'existait pas en fait il n'y en avait aucun qui était ouvert ou aucun qui existait et donc à ce moment là je savais absolument pas quoi faire pour moi à ce moment là j'avais pas de solution et j'ai demandé à des gens sur le moment et donc j'ai demandé à un turc et en fait lui il m'expliquait en turc donc je lui disais que je comprenais pas et donc il m'expliquait en parlant plus fort mais avec les gestes j'ai fini par comprendre qu'il fallait prendre une rue un peu plus loin pour essayer de trouver quelque chose donc je suis aidé dans cette direction là il y a un autre gars qui m'a vu donc lui il parlait anglais donc on a discuté en anglais et puis il m'a réexpliqué il m'a reconfirmé qu'il y avait bien un vendeur de vélo à ce moment là à cet endroit là donc j'y suis allé et j'ai racheté 3 chambres à air pour finir et puis et j'ai racheté aussi une pompe pour être sûr de pouvoir finir et de pouvoir réparer si à un moment donné je me retrouvais dans la même situation et ce moment là il y avait plusieurs moments où je suis passé c'est la dernière crevaison la première crevaison c'est deux moments où je suis passé très proche de l'abandon du coup parce que sur le moment je voyais pas de solution et Et quand c'est comme ça, psychologiquement, on n'est pas très très bien parce qu'il y a de la fatigue physique et ça impacte psychologiquement. Et ouais, c'est très compliqué en sachant qu'en plus en Turquie, il y avait énormément de dénivelé. Sur les 500 derniers kilomètres, je crois qu'il y avait 8000 mètres de dénivelé. Donc en fait, ça faisait... Il y avait du vent, il faisait super chaud. Donc la partie turque était vraiment compliquée. Et à la fin, j'avais juste envie de finir. Mais j'étais pas... j'étais pas tant dans la joie j'étais pas fier d'avoir fini mais j'étais juste soulagé en fait d'avoir fini et soulagé d'avoir fini cette partie turque qui était vraiment vraiment vraiment très compliquée pour le coup

SPEAKER_01

Donc, juste pour revenir sur un point, parce que là, à chaque fois, au final, ce qui t'a sorti de ces situations, la solution, ça a été autrui. En fait, ça a été des gens qui sont venus t'aider. Mais sachant que pour rappeler les règles de la course, entre concurrents, par contre, vous n'avez pas le droit de vous aider.

SPEAKER_00

On en avait parlé lors du premier enregistrement.

UNKNOWN

C'est ce qui est un peu particulier, je trouve.

SPEAKER_01

Finalement, entre vous, vous ne pouvez pas vous aider, mais sans l'aide de quelqu'un d'autre, il y a peut-être pas mal de fois où ce serait un

SPEAKER_00

abandon. Oui, c'est ça. On n'a pas le droit de se porter assistance et sur la première crevaison il y a un autre concurrent qui m'a rattrapé et sur le moment il m'a posé sa pompe mais en fait je savais j'aurais pu prendre sa pompe et ne rien dire à personne et puis voilà mais sur le moment je voulais pas sortir des règles de la

SPEAKER_02

course

SPEAKER_00

et donc je savais que si je prenais sa pompe derrière c'était l'abandon et donc je voulais pas ça et je voulais me donner la chance de continuer et donc j'ai voulu continuer mais oui on a pas le droit de se porter assistance mutuellement en

SPEAKER_02

fait

SPEAKER_00

sauf si vraiment c'est un cas vital et là il n'y a pas de débat il n'y a pas de sujet et à ce moment là on aide mais si c'est juste mécanique on n'aide pas les autres concurrents et ça on le sent

SPEAKER_01

important ouais waouh punaise quelle course et donc la fin je serais curieux de savoir tu vois un peu le dernier jour alors tu viens de l'évoquer où sur la fin tu étais content de finir de te débarrasser un peu j'ai l'impression de cette transcontinentale sur le coup mais tu vois peut-être les dernières heures ou le passage de la ligne d'arrivée qu'est-ce qui te passe par la tête et quel a été ton chrono final aussi on n'en a pas encore parlé chrono final tu vois kilométrage total dénivelé qu'on se rende un peu compte tu vois de l'ampleur de ce que tu as

SPEAKER_00

fait sur le dernier jour journée, la dernière journée a quand même été assez longue, puisque j'étais parti le matin, je sais plus à quelle heure j'étais parti, mais la dernière étape faisait 360 ou 370 kilomètres, et il y avait un peu plus de 6000 de D+, sur la dernière étape que j'ai faite, donc c'était vraiment long, et on avait une dernière partie obligatoire en Turquie, d'une centaine de bornes, et il y avait 2000 de D+, et je pensais pas, en fait tout le monde pensait que c'était que de la route, mais il y avait aussi des sections gravel, dans cette partie-là, plutôt sableuse, parce qu'on est sur la côte donc c'était assez compliqué il ya aussi un moment où je m'endormais sur le vélo donc je me suis arrêté dormir une heure et pour repartir après sur le moment je me suis arrêté dormir une heure et quand le réveil a sonné je me suis dit bof est ce que tu es vraiment à une heure près d'une heure et je suis reparti après parce qu'il me restait 50 km à faire derrière et puis et puis je savais que ça allait le faire mais sur le cette dernière partie cette dernière journée vraiment sur cette ces derniers 100 km là j'ai vraiment senti j'étais très très fatigué et tant physiquement que fatigué mentalement en fait la partie turque elle m'avait vraiment épuisé sur tous les points avec le dénivelé avec le vent qu'il y avait constamment ça a été vraiment très compliqué et aussi sur l'alimentation puisque en Turquie il y a très peu de points pour s'alimenter de manière diversifiée donc en fait on a tous mangé on discutait après avec le concurrent on a tous mangé à peu près la même chose la nourriture de station service donc on s'arrêtait en gros on mangeait des chocos et on repartait mais faire ça pendant 3 jours ça rajoute en fait une difficulté psychologique puisqu'on mange des trucs qu'on a pas envie de manger mais qu'il faut qu'on mange donc ça rajoutait aussi la difficulté et après le dernier parcours nous emmenait jusqu'à Istanbul et en gros les 20 derniers kilomètres on les fait dans Istanbul et là on sent que c'est tout plat dans Istanbul et qu'on a plus qu'à rouler tranquillement c'est sur la côte et vraiment le le sentiment à ce moment là est vraiment cool puisqu'on sait qu'on arrive on sait qu'il n'y a plus de difficulté et sur les 20 derniers kilomètres j'ai roulé mais j'ai pas roulé non plus trop vite pour profiter quand même pour essayer de profiter de ces 20 derniers kilomètres parce que je savais qu'après c'était fini même si j'avais quand même vraiment envie d'arriver j'ai quand même essayé de profiter un peu de la fin mais le sentiment global c'était plus du soulagement finalement d'avoir terminé que de la fierté sur le moment et c'est plutôt le lendemain en fait où le temps de récupérer un petit peu et puis après de se rendre compte de ce qu'on a fait mais à l'instant T c'était quand même très très compliqué c'était pas un sentiment hyper positif à l'instant T et qu'il l'ait après devenu mais sur le moment non c'était compliqué

SPEAKER_01

c'est la magie du cerveau il oublie vite les moments de galère et c'est comme ça qu'on finit par se réinscrire sur des épreuves de

SPEAKER_00

l'horreur ouais c'est ça parce que même sur le moment après on se dit bah en fait non j'ai pas envie et puis en fait quelques jours après on se dit bah si en fait je

SPEAKER_01

partirais bien sur un truc comme ça et puis bon du coup ça a été quoi les grands apprentissages pour toi quelques semaines après

SPEAKER_00

l'arrivée beaucoup sur la préparation la préparation en amont alors autant la préparation physique pour moi elle était bonne les jambes globalement étaient bonnes donc il n'y avait pas trop de soucis à ce niveau là mais sur la préparation en amont notamment sur le tracé passer plus de temps sur le tracé mieux le travailler puisqu'au final par rapport au tracé idéal j'ai dû faire environ 300 km de plus et un peu plus de 8000 mètres de dénivelé en plus que le tracé idéal donc vraiment clairement c'est c'est pas possible en fait quand on part sur une course comme ça ça représente à peu près une journée et demie je pense donc ouais non c'est compliqué en sachant que du coup je l'ai pas dit mais je finis en 14 jours et 11 heures pour pour 4200 km donc ouais c'était le plus grand apprentissage c'était ça mentalement aussi où je me suis je pense renforcer mentalement pendant la transcontinentale mais où ça peut être très très largement amélioré en faisant une préparation mentale chose que j'ai pas du tout fait en fait avant et je pense que ça une préparation mentale ça peut aider vraiment aller beaucoup plus loin dans l'effort puisque en fait quand je vois l'état dans lequel moi j'étais et pour moi j'étais très fatigué et l'état dans lequel je voyais d'autres concurrents quand je les doublais ou quand je les rencontrais en fait j'étais presque jaloux de l'état dans lequel ils arrivaient à se mettre sur le moment puisqu'on croise des gens on discute un petit peu avec eux mais on voit que dans leurs yeux il se passe pas grand chose parce qu'ils se sont envoyés tellement loin tellement loin dans la douleur tellement loin dans la fatigue que oui ils ont réussi à se faire mal et je pense pas avoir réussi à aller aussi loin que ça et donc ça c'est pas un regret que j'ai mais je pense que c'est un travail pour réussir à aller plus loin dans cette douleur là et dans cette fatigue physique mais je pense

SPEAKER_01

que c'est hyper intéressant ce que tu viens de dire du coup ton approche ça serait de dire en fait à l'arrivée j'étais pas les yeux éteints comme certains concurrents que j'ai vu donc c'est peut-être que j'en avais encore sous la pédale c'est ça que tu dis et ce que t'aimerais faire c'est être capable d'aller chercher ce petit trait réserve d'énergie supplémentaire dans laquelle t'as pas

SPEAKER_00

tapé ouais ouais ouais c'est comme ça que tu vois complètement ouais alors il y a des moments où je pense que ça m'a pas sauvé mais presque puisqu'au tout début de la Bosnie j'ai croisé un concurrent mais lui il était vraiment pas du tout lucide sur le moment il était très très très fatigué et alors à ce moment là en Bosnie avec les conducteurs qui faisaient que nous frôler je pense que c'était une bonne chose d'être lucide puisque si on fait des petits écarts ça aurait peut-être pu causer des accidents et on aurait pu se faire mal pour le coup Mais oui, après, je pense qu'en fait, il y avait moyen d'aller chercher plus loin dans l'effort. Sur le moment, je n'en étais pas capable. Mais je pense qu'avec une bonne préparation mentale, je pense qu'il y a une grosse, grosse marge là-dessus.

SPEAKER_01

Du coup, tu as d'autres épreuves de ce format-là en tête pour

SPEAKER_00

l'avenir

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pour l'année prochaine, je pense que ça va être des courses quand même plus courtes. Je pense que ça va être des formats à 1 000 km, à 2 500 km max, que ce soit peut-être une Racecross Paris ou une Racecross France. Et après, partir sur du trail aussi, je pense. Retourner sur du trail que je n'ai pas trop fait depuis le mois de mars dernier. Et j'ai vraiment envie de repartir sur du trail, et d'autant plus que là, on est sur l'instant où on Là où on enregistre, on est le lundi après l'UTMB et on a eu une course d'ampologie sur l'UTMB qui donne vraiment envie d'aller dans les montagnes, d'aller courir dans les montagnes. Je pense qu'il y aura du trail aussi l'année prochaine et peut-être refaire une transcontinentale dans deux à trois ans. Parce qu'on n'en a pas parlé, mais c'est aussi un budget. Je pense que la transcontinentale, sur la course en elle-même, on est entre 3 000 et 3 200 euros de mémoire. Dans tous les aspects, la nourriture, le transport, l'hôtel, l'inscription et après si on rajoute la prépa on est plus proche des 4000 et si on rajoute le vélo on est plus proche des 8 donc c'est ouais faire ça tous les ans c'est compliqué d'un point de vue financier mais je pense que dans 2-3 ans ouais je pense que j'y retournerai excellent

SPEAKER_01

bah écoute on se fera un nouveau récap à ce moment là en tout cas c'était vraiment passionnant bravo pour ce que t'as réalisé très très impressionnant est-ce que t'aurais peut-être tu vois en conclusion si on fait une synthèse très très très très rapide de tout ce que tu nous as dit. Tu es quelqu'un qui est attiré par ce genre de format-là, qui ne se pose pas trop de questions avant course. Parfois, ça peut jouer des tours, mais finalement, est-ce que ce n'est pas ça qui fait que tu repars à chaque fois

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et surtout, tu montres que c'est possible de partir sur des formats comme ça. Alors, j'allais dire en prenant du plaisir. Tu viens de dire qu'à l'arrivée, tu n'en avais pas trop, mais est-ce qu'il y a vraiment des gens qui finissent des courses comme ça dans le plaisir absolu

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je ne sais pas. Donc, qu'est-ce que tu voudrais dire peut-être à tous les gens qui nous écoutent, qui se disent« Ah, mais ces épreuves, ça me fait rêver mais je suis pas encore prêt il faudrait que je fasse ça enfin tu vois qui repousse finalement le moment du départ alors qu'ils savent peut-être au fond d'eux que c'est ce genre d'épreuve qui les ferait kiffer en

SPEAKER_00

fait ouais alors pour le plaisir les 3500 premiers kilomètres j'en ai quand même pris pas mal c'est vraiment la toute fin de course c'est compliqué ça a gâché un peu cette notion de plaisir mais sur tout le reste de la course c'était quand même assez cool et ouais je dirais que de toute façon on est jamais assez prêt même quand on prend prend le départ d'une course, on n'est jamais assez prêt et on pense ne jamais être assez prêt. Mais si on s'écoute sur ces moments-là, en fait, on ne fait jamais rien, je pense. On ne s'inscrit jamais à une épreuve et je pense qu'on ne saute jamais le pas. Alors qu'en fait, si on regarde, je ne suis pas tant différent de tout le monde, je pense, qu'on a tous deux bras et deux jambes. Donc, en fait, on peut tous faire des choses. Si on a envie de les faire et si on a la motivation de mettre les choses en place pour faire quelque chose, je pense qu'on est tous capables d'aller faire des courses de longue distance si on a envie d'en faire. Mais la condition, c'est d'avoir envie de les faire. Si on a vraiment envie de les faire et qu'on met vraiment les choses en place pour les faire, en fait, il n'y a aucune raison qu'on ne puisse pas

SPEAKER_01

les faire. Excellent. Excellent. Merci Adrien. Encore une fois, ton témoignage en est l'exemple qu'on est capable de faire quand il y a la motivation et le travail qui est mis en place. Merci encore pour ton témoignage. S'il y en a qui veulent aller regarder, découvrir un peu plus d'infos sur la Transcontinentale, comme d'habitude, les liens sont en description. Même chose pour les réseaux sociaux d'Adrien. Je te souhaite un bon retour dans le trade et peut-être à une prochaine pour un nouvel épisode débrief. Merci à toi de m'avoir accueilli

SPEAKER_00

et puis oui, avec

SPEAKER_01

plaisir à une prochaine fois. Merci d'avoir écouté cet échange avec Adrien jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura motivé, encouragé, inspiré à vous lancer dans l'ultracyclisme ou en tout cas dans ces défis et projets qui vous font rêver. Partagez cet épisode à un maximum de personnes autour de vous. Pensez à parler du podcast de manière générale. C'est une excellente manière de remercier tous ces invités qui viennent nous partager des enseignements si riches au micro du podcast. Je vous rappelle également, c'est la rentrée, on revient sur les basiques si vous voulez également soutenir le podcast et bien vous pouvez le faire financièrement via la plateforme tipeee tipeee.com c'est à partir de 1 euro par mois et chaque contribution m'aide énormément que ce soit pour couvrir les frais de fonctionnement du podcast renouveler le matériel bref continuer à faire tourner les frappés de manière la plus professionnelle possible merci à vous une fois de plus pour votre fidélité et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode ciao les frappés

UNKNOWN

Merci à tous.