Maryline Gagner le Marathon des Sables avec Maryline Nakache. J'ai vraiment négligé le confort. J'ai tout misé sur la nourriture. J'ai évité au départ d'avoir le sac le plus léger possible, tout en respectant les 6,5 kg qui étaient obligatoires au départ. J'avais pas de matelas, j'avais juste... j'avais tenu une rechange, j'avais toujours de quoi me laver... Le fait de dormir par terre sur le sol dur, j'ai vraiment eu du mal.
Loïc Bienvenue sur les frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Marilyn est une ultra-traileuse qui a remporté l'édition 2023 du mythique Marathon des Sables. Cet épisode, c'était bien sûr l'occasion d'échanger sur sa vie et son parcours d'athlète Mais aussi et surtout de vous proposer un compte-rendu d'une course de légende Marilyn est une athlète Simalp, le sponsor de cet épisode Simalp, c'est une marque française créée en 1964 par des amoureux de montagne pour des amoureux de montagne Ils conçoivent des équipements de trail, d'alpinisme, de ski ou encore de randonnée Donc c'est assez varié mais ça reste toujours dans l'univers de la montagne Ils mettent l'accent sur la technicité, la durabilité, l'innovation et l'accessibilité de leurs produits ce qui est plutôt pas mal pour nos portefeuilles. Personnellement j'adore le matos outdoor, je réalise des tests pour plein de marques différentes depuis plus de dix ans donc je reconnais un produit de qualité quand j'en ai un entre les mains. Dans le cas de Simalp, j'ai eu l'occasion de partir en montagne avec plusieurs de leurs pièces emblématiques, première couche, veste isolante, veste étanche, short pantalon et franchement ça n'a été que de bonnes expériences. Les produits sont bien pensés, c'est robuste et en plus c'est français. Un détail que j'adore ce sont les pictogrammes qui présentent les caractéristiques techniques de chaque produit isolant, étanche, anti-odeur etc ce qui est super pratique lorsque comme moi vous commencez à avoir pas mal de vêtements dans vos placards et que vous vous y perdez. Simalp commercialise en direct sur internet ce qui leur permet d'offrir des tarifs très compétitifs donc foncez faire un tour sur leur site simalp.fr. Excellente écoute à vous les frappés ! je pense que ça serait d'ailleurs ma première question la van life pourquoi la van life en
Maryline tant que sportive professionnelle ou là alors déjà je suis pas professionnelle je vis pas de ma passion aujourd'hui c'est un peu plus compliqué pourquoi la van life parce que c'est un rêve que que j'avais depuis longtemps. Et puis un jour, moi quand j'ai une idée en tête, c'est fini, il faut que je le fasse et ce n'est pas autrement. Donc je me suis lancée, j'ai acheté le van, j'ai revendu mon appartement, toutes mes affaires, la plupart, soit données, soit revendues, soit mis de côté chez la famille, mais bon, pas grand-chose. Et j'ai eu un coup de cœur pour un van chez Volkswagen. Donc voilà, je l'ai acheté pour vivre dedans.
Loïc Le mythique California, c'est ça que tu as pris ?
Maryline Exactement, oui, un peu plus nouveau parce que c'est une nouvelle version mais oui c'était mon rêve en fait ma tante elle en avait un et j'étais déjà partie avec elle et voilà c'était j'adore ça et c'est elle qui m'a donné un peu le goût de la van life
Loïc génial alors sportif professionnel j'étais quasiment enfin j'étais convaincu que tu l'étais vu le nombre de courses auxquelles tu participes tes résultats etc c'est quoi ta situation du coup
Maryline alors en fait au départ j'étais ingénieure en matériaux dans une grosse société il y a un an et je ne me reconnaissais pas du tout plus en tout cas dans ce que je faisais ça ne me plaisait plus vraiment je ne me plaisais plus trop les mêmes valeurs avec ce métier en tout cas et donc j'ai posé négocié un départ à l'amiable pour pouvoir reprendre des études et une formation en parallèle aujourd'hui je fais des études BTS synthétique et aussi une formation d'entraîneur en athlétisme. Donc, mon objectif serait d'être coach sportif et coach en nutrition sportive. Je le suis déjà plus ou moins, on va dire, en parallèle.
Loïc Ce que j'allais dire, c'est des domaines dans lesquels, on va dire, que tu es quand même pas mal déjà crédible.
Maryline Je ne sais pas, mais bon, j'essaie de l'être en tout cas.
Loïc ok et comment est-ce que tu as amorcé ce virage tu vois entre une carrière professionnelle enfin ingénieur en sciences des matériaux avec une spécialisation sur les satellites c'est ça j'ai vu ou pas du tout
Maryline en fait non en fait j'étais ingénieur matériaux précédé j'ai travaillé deux ans pour les satellites mais plutôt en fait c'est la même boîte j'ai été mutée des sonars en fait sonars militaires aux satellites et après je suis revenue au sonar donc dernièrement c'était plutôt les sonars militaires
Loïc d'accord ok ok c'était même la place du sport du coup
Maryline toujours je fais un peu de sport mais bon pas à gros niveau depuis que je suis jeune je suis assez hyper active j'adore la nature etc donc j'ai fait au départ tout un tas de sports je suis passée par la natation de la boxe du tennis enfin un peu de tout sans jamais vraiment accrocher sur un sport en particulier. Et puis, j'ai commencé à courir petit à petit, au départ avec mon ex qui s'était mis à courir aussi. Mon ex-mari, donc on avait couru et lui l'arrêtait. Et moi, j'étais prise de passion et je continuais. Et voilà, j'ai augmenté petit à petit les dictants. J'ai couru avec les collègues de boulot et j'ai fait mes premières compètes. Et voilà, donc grande passionnée. c'est à dire que quand je fais quelque chose soit je le fais pas soit je le fais à fond et voilà donc je le fais à fond
Loïc Génial mais tu dirais que c'est quoi que tu as trouvé dans le trail qui fait que tu as accroché versus toutes les autres disciplines que tu avais pu tenter ou visiblement il n'y avait pas eu ces atouts accrochus
Maryline C'est une bonne question je pense que pour moi courir c'est plus naturel d'autres sports beaucoup plus techniques en fait les sports techniques je suis nulle c'est c'est pas mon truc même la natation j'adore nager mais j'ai pas les bons mouvements donc je vais pas vite après je serais capable de nager pendant des heures mais j'ai vraiment pas les bons mouvements les sports d'équipe c'est pas trop mon truc non plus et donc la course cette piste je trouvais que c'était je sais pas naturel pour moi de courir et voilà et d'autant plus que être à l'extérieur j'adore ça donc c'est C'était naturel au final pour moi de courir. Et après, je me suis demandé pourquoi je ne l'avais pas fait avant au final.
Loïc Tu disais que tu avais petit à petit allongé les distances. Oui. Du coup, j'ai envie de te poser un peu la même question. Qu'est-ce qui t'a attiré ? Qu'est-ce qui fait que tu as eu envie d'allonger ? Et je te la pose parce que récemment, j'ai échangé avec quelqu'un que tu connais très bien, Alexia Coudray, qui fait aussi partie de la team Simalp. et qui, elle, pour le coup, avait plutôt envie de rester sur des distances plus courtes, de mémoire, plutôt entre 10 et 30 kilomètres. Et c'est là-dedans qu'elle s'éclate et elle prend beaucoup de dossards, quasiment une soixantaine l'année dernière.
Maryline Toutes les semaines, un ou deux dossards, oui.
Loïc Oui, voilà, ce qui est quand même, franchement, en termes de rythme, assez hallucinant. Et elle dit justement qu'elle, le fait de monter dans les distances, ça ne l'attirait pas forcément. toi qu'est ce qui fait que tu as eu envie d'aller explorer on va dire des courses de plus en plus
Maryline longues je me sens bien en fait à partir d'un enfin je prends vraiment du plaisir à courir c'est à partir d'un certain moment au début c'est je suis en fait plutôt un diesel un vieux diesel donc il me faut un petit moment pour me mettre dans le truc et me sentir bien il y a ça et le fait aussi que je suis pas une je suis pas performante et pas puissante au niveau rapidité donc le trail court généralement voilà c'est je me fais démonter et j'arrive enfin en tout cas au niveau c'est plus difficile pour moi parce que je suis pas une rapide comme certaines peuvent l'être plus endurante que rapide depuis toujours un depuis depuis que je suis jeune et voilà mais c'est vraiment le fait que j'ai besoin de courir longtemps pour me sortir bien et vraiment avoir
Loïc ma dose ma dose de sport j'ai eu un invité il n'y a pas très longtemps qui fait lui de l'ultra cyclisme steven le yari qui nous dit et qui me disait que en fait lui ses courses elles commencent au bout de 1000 km tu vois pareil voilà on va dire qu'au bout de 1000 km le diesel est chaud et là il peut se lancer est-ce que toi tu as un peu un point de repère comme ça tu vois que ce soit en distance ou en nombre d'heures passées sur la course
Maryline tu te dis
Loïc allez là c'est bon
Maryline ouais sur une campette c'est je dirais au bout de 2 heures je commence à être dans mon élément
Loïc ok
Maryline mais à vélo c'est pareil au final j'adore faire du vélo mais je ne vais pas vite mais je suis capable tu vois il y a 2 jours je suis allée voir mon frère j'ai fait presque 200 bornes
Loïc ah oui
Maryline mais je vais à la même vitesse que je fasse 200 bornes ou que je fasse 2 heures de vélo c'est pareil pour moi
Loïc parce que d'un point de vue j'aime bien sur le podcast tu vas explorer un petit peu évidemment les performances physiques c'est toujours super impressionnant et on va en parler tu as un palmarès qui est vraiment impressionnant mais je suis aussi toujours un peu curieux de l'aspect mental de comment est-ce que tout ça se met en place notamment dans les épreuves toi qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné pourquoi deux heures, est-ce qu'au bout de deux heures c'est physiologique, c'est-à-dire tu sens que ton corps est lancé, tu as un rythme dans les jambes et tu peux exprimer ton plein potentiel ou est-ce que c'est psychologique où tu dis ok là ça y est c'est bon je suis dans la course je lâche les chevaux et le corps suivra ou pas d'ailleurs peut-être que des fois tu exploses mais c'est quoi c'est plutôt physique c'est plutôt mental c'est un mix des deux tu arrives à le dire ça ?
Maryline je pense que c'est un mix des deux alors déjà je déteste les départs et les 30 premières minutes de course parce que ça part très très vite moi je suis incapable de partir très vite et je n'aime pas ça donc ça me stresse je les vois partir j'ai dit oula mais elles sont trop fortes ces filles-là ou ces garçons et ils sont partis à toute allure je vais me prendre la enfin voilà je vais arriver dernière enfin pas dernière mais bon c'est pas ma course, c'est fini le niveau il est trop haut après je commence bien sûr ceux qui sont partis trop vite bon il y en a qui qui performent, qui restent devant mais il y en a beaucoup qui finissent par craquer rapidement au bout d'une heure ou deux donc c'est là aussi que je commence à rattraper et psychologiquement ça me fait du bien, je me dis ah bah non finalement ceux qui sont partis trop vite ils ont pas géré et je vais pas finir à la ramasse donc il y a déjà ça et aussi je pense physiologiquement je me sens je commence à trouver mon rythme au bout d'un certain moment
Loïc ok
Maryline les débuts sont toujours difficiles
Loïc ouais c'est très intéressant ce que tu dis sur l'aspect psychologique où finalement ça fait du bien de re-rattraper tous ces gens qui sont partis à fond
Maryline mais c'est toujours pareil sur toutes les courses et à chaque fois ça fait la même chose je suis pas bien au début
Loïc ça c'est quand même un bon tip moi je sais que j'ai plutôt tendance à me laisser aussi emporter sur les quelques courses que je fais par le rythme effréné au départ où tu dis punaise mais c'est pas possible je suis pas en canne le niveau est vraiment trop élevé comment ça se fait que tout le monde court aussi vite et puis à l'inverse de toi généralement moi je me laisse entraîner et je finis par exploser il faut que je mette en pratique ce que tu sais faire visiblement très très bien
Maryline il faut être très patient sur les ultras
Loïc ça c'est quelque chose que tu as développé de manière empirique comment ça s'est fait d'ailleurs on va dire ta montée en puissance sur l'ultra sur le trail en général est-ce que tu as été rapidement accompagné est-ce que c'est quelque chose sur lequel j'ai l'impression en tout cas d'un point de vue pro tu es en train d'amorcer un virage donc ça se structure de ce côté là mais côté sportif est-ce que tu as un suivi une équipe d'un point de vue coaching sportif, des diététiciens, etc. Est-ce que tout ça est déjà en place ou ça se construit au fur et à mesure encore ?
Maryline Aujourd'hui, j'ai un entraîneur qui me suit, Gérard Lopez, qui est dans mon club. En fait, comment c'est venu ? Je ne cherchais pas du tout ça au départ. Je faisais mes petits trails régionaux, etc. Je commençais à gagner certaines courses. et à bien m'amuser. Et puis, un jour, il y a Samuel Bonodo, mon ancien copain, qui est venu vers moi en me disant qu'il aimerait bien me coacher parce qu'il voyait qu'il pouvait faire quelque chose avec moi. Parce que je m'entraînais vraiment au feeling. Je courais un peu. Maximum une heure et demie. Mes sorties faisaient maximum une heure et demie, un peu plus. Par contre, je me régalais en compétition à faire des langues du sein. Mais moi, je n'avais aucun entraînement structuré ou quoi que ce soit. Je courais entre midi et deux, le soir ou le matin. Et voilà, un peu de vélo, un peu de natation parce que j'aimais bien. Et donc, j'ai commencé à travailler avec lui. Et ça s'est très bien passé. Et j'ai commencé à suivre ses plans. Et finalement, je trouvais que c'était bien parce que c'était ludique. Ça a changé un peu d'être toute seule et d'avoir quelque chose. J'avais plus à trop réfléchir. Qu'est-ce que j'allais faire aujourd'hui ? Est-ce que je cours comme ci ? Est-ce que je cours comme ça ? Donc, je suivais ses plans. Et voilà, petit à petit, ça s'est fait comme ça. Et donc, il m'avait fait énormément progresser à l'époque. Et notamment, j'avais gagné les championnats de France en 2018. Et puis, bon, finalement, on a pris… Avec Samuel, on a pris des chemins un peu différents, même si ça se passait très bien. Et du coup, je suis allée vers un autre entraîneur qui est Gérard Lopez aujourd'hui, qui me suit. Et voilà, donc finalement, j'y ai pris goût. Et je continue à suivre ces entraînements, même si des fois, ils craquent un peu avec moi parce que j'ai tendance à en faire toujours un peu plus.
Loïc Oui, j'ai lu ça. Tu n'es pas trop fan des périodes de repos.
Maryline J'ai vraiment du mal avec le repos. Je sais que ce n'est pas ce qu'il faut faire et ce que je ne conseillerais pas de faire. Mais personnellement, j'ai vraiment du mal avec le repos.
Loïc En fait, le repos, ce que j'ai compris, c'est que tu as tes entraînements pour le trail et qu'à côté de ça, comme tu es une amoureuse d'outdoor, de montagne, quand tu es supposée être en repos, en fait, il se passe quoi ? C'est que tu pars faire des treks ou ce genre d'activité, c'est ça ?
Maryline Oui, où je vais voir mon frère à vélo qui a 200 km d'ici.
Loïc Voilà, c'est ça.
Maryline Je vais nager, je vais traverser le lac de l'autre côté. Après, ce ne sont pas des trucs violents, mais bon, ça me fait vraiment du bien, j'en ai besoin. Et les jours où je ne fais rien, j'en ai quelques-uns. C'est très difficile pour moi. donc voilà il s'habitue avec ça il fait avec ça mais bon il m'engueule un peu des fois
Loïc il a raison est-ce que tu penses que c'est peut-être ça qui fait la différence parce que bon là tu nous as juste parlé des championnats de France que tu as de trail long que tu as gagné en 2018 mais il y a eu quand même pas mal d'épreuves dont une assez récente quand même on va parler le Marathon des Sables que tu as remporté tu penses que c'est le fait que tu aies ces entraînements croisés ou en tout cas un rythme même s'il n'est pas forcément violent à l'entraînement dans le sens où ce ne sont pas des séances d'intervalle que tu enchaînes, que tu enchaînes, que tu enchaînes. Mais les treks, c'est peut-être un peu plus doux, le vélo aussi. Est-ce que tu penses que c'est le volume que tu fais qui te permet d'avoir ces résultats quelque part ? Même si tu ne le recommandes pas de ne pas trop avoir de repos ?
Maryline Je ne sais pas parce que si je me reposais plus souvent, je ne sais pas ce que ça ferait au final. Après, la plupart des athlètes élites, ils ont peut-être plus de périodes de repos que moi et il y en a qui performent beaucoup plus. Donc, je ne sais pas. C'est juste que moi, j'en ai besoin, que j'adore ça et j'ai besoin d'être à l'extérieur, j'ai besoin de bouger et que je ne me sens pas bien si je ne fais rien. Après, non, je ne sais pas du tout si ça y fait quelque chose ou pas. Bon, après, rien qu'avec les entraînements, parfois, comme fait mon coach, il y a des gros volumes. Donc, pendant les grosses périodes, je n'en fais pas plus. Je fais ce qu'il me dit
Loïc et voilà.
Maryline Il me fait déjà bien bosser aussi.
Loïc Excellent. Donc, je l'ai évoqué récemment, il y a eu une grosse épreuve, le Marathon des Sables, qui est quand même maintenant, j'aurais envie de dire, je ne suis pas un spécialiste comme toi, mais peut-être autant médiatisé, aussi connu que l'UTMB, même si c'est des épreuves assez différentes, mais on en entend quand même beaucoup parler. Donc, cette épreuve, tu l'as remportée, première féminine. ce qui était d'ailleurs c'était ta première participation si je ne me trompe pas, tu étais déjà allé au Maroc mais pour le MDS c'était la première fois oui ce que je te propose c'est que tu nous en disais un petit peu plus qu'est-ce qu'elle a représenté pour toi cette course avant que tu en prennes le départ et puis comment est-ce qu'on se prépare à une épreuve comme ça
Maryline alors le désert c'est toujours quelque chose qui m'a attirée et je ne sais pas pourquoi. J'en parlais tout le temps, même quand je ne courais pas. Mon rêve était de traverser le désert. D'ailleurs, j'ai retrouvé un livre que m'avait offert mes colocs quand j'étais en école d'ingénieur qui était sur le Sahara et qui disait « J'espère que tu réaliseras ton rêve un jour ». Donc, voilà. Quand j'ai commencé à courir, c'est une des épreuves qui m'a attirée aussi, sauf que ce n'était pas évident d'y aller parce que c'est un gros budget. et donc j'ai dû attendre d'être un peu plus un peu plus connue entre guillemets de pouvoir être invité pour la course et donc voilà ça s'est fait l'année dernière comme ça et bien sûr j'étais hyper ravie de pouvoir la faire après au niveau de la prépa j'avoue que ça m'a beaucoup stressé parce qu'en fait moi je me suis un peu préparé pas la dernière minute mais bon peut-être j'ai J'ai commencé vraiment à finaliser mon sac deux ou trois semaines avant, alors qu'il y a des gens qui l'avaient fait depuis déjà un an et qui avaient déjà tout pesé, tout réglé et tout mis dans le sac. Le sac était déjà tout prêt. Parce que pour la première fois, ce n'est pas évident parce que chacun a des conseils différents. Donc, j'en ai pris un peu partout des conseils et j'en ai pas mal aussi pris des personnes à qui j'allais partager l'attente. que je ne sais pas mais donc voilà qu'on avait mis en contact et j'ai essayé de faire un sac un peu en prenant le sac et la prépa c'est mon entraîneur qui a géré plus ou moins mais oui surtout au niveau matériel je ne savais pas du tout quoi faire et bon voilà je suis partie avec quelques conseils et j'ai un peu adapté après au niveau
Loïc peut-être s'il y en a qui ne sont pas trop familiers du détail de l'épreuve en fait c'est une course à étapes donc ça veut dire que tous les soirs les concurrents se retrouvent dans une sorte de village athlète où il ya des tentes qui sont dressées où tout le monde peut se reposer avant de repartir le lendemain tout le monde à la même heure donc c'est pas une course où où le chrono est enclenché sur la ligne de départ et arrêté sur la ligne d'arrivée en mode non-stop. Il y a des étapes.
Maryline Oui, c'est ça. En précisant, c'est une course en autonomie complète et l'organisation ne fournit en fait que l'eau et les tentes berbères. Tout le reste, c'est sur le dos.
Loïc Ok. Et donc, tu n'as pas de sac d'allègement ou autre ? C'est-à-dire que le matos avec lequel tu pars, tu le gardes jusqu'au bout ?
Maryline C'est ça.
Loïc D'accord. Ah oui.
Maryline On n'a même pas le droit de s'en débarrasser. Tout est contrôlé. Enfin, il y a des vérifs de sac pour ne pas, je ne sais pas s'il fait trop chaud, on ne laisse pas un pull quelque part dans la poubelle. Il faut le garder du début à la fin.
Loïc D'accord. OK. Donc, c'est quand même un paramètre. C'est pour ça
Maryline que c'est très compliqué de préparer son frère.
Loïc Oui. Parce que c'est quoi les spécificités d'une course comme ça dans le désert ? C'est les écarts de température, c'est le sable qui s'insinue partout, c'est la répartition du poids avec l'eau. C'est quoi un peu les enjeux auxquels tu n'étais pas trop habituée pour faire ce fameux sac ?
Maryline En fait, je n'étais pas habituée à grand-chose. Alors oui, déjà, on peut parler du sable. Donc, pour ma prépa, je suis allée m'entraîner deux semaines en Camargue. La plage de l'Espiguet, c'est une plage qui est immense. Et bon, ce n'est pas tout à fait le Sahara, mais bon, disons que ça m'a pas mal aidée. donc j'ai testé les guêtres je n'avais jamais mis des guêtres quelles chaussures mettre c'est compliqué parce qu'on met des chaussures de trail des chaussures de course à pied donc ça c'est pareil c'est partagé il y a tous les avis quelles chaussettes parce que c'est hyper important est-ce que je vais avoir des cloques pas des cloques généralement j'en ai pas sur les trails ou très peu et puis là à la fin j'ai énormément souffert des pieds
Loïc parce que l'enjeu pardon je te coupe Marilyn mais sur ce point en particulier l'enjeu du coup c'est quoi c'est de minimiser au maximum les grains de sable qui rentrent ou est-ce que tu as des gens qui se disent l'inverse c'est-à-dire limite j'y vais en sandales comme ça, ça rentre mais ça sort tout de suite et je te demande parce qu'en fait il y avait un peu cette problématique sur une course en Écosse où tout est tout le temps mouillé et donc il y avait un peu deux écoles donc c'est un extrême inverse là c'était pas le sable c'était l'eau deux écoles il y en a qui disaient il faut absolument qu'en gros mais mes pieds soient au sec donc j'essaie de les rendre étanches au maximum les chaussures et d'autres qui disaient de toute façon ça va rentrer donc autant mettre les chaussures que tu mets pour aller marcher dans les rochers au bord de l'eau c'est un peu les deux extrêmes donc je me demande si c'était comme ça aussi si c'est comme ça pour le sable ou si le fait de laisser rentrer le sable c'est un non sujet et qu'il faut absolument que t'es rien qui rentre
Maryline alors moi j'ai vu personne s'enguettre alors j'ai peut-être pas fait attention il y en a peut-être un ou deux parce qu'on était beaucoup mais même les marocains ils ont des guêtres après les guêtres c'est très très efficace au final c'est pas le sable qui m'a donné les impôts je pense pas j'avais très peu de sable dans les chaussures ou alors c'était vraiment minimisé parce que maintenant ils font vraiment des systèmes de guêtres au top ce qu'il y a c'est que quand on a les guêtres on transpire, on a l'épée avec 45 degrés 50 degrés qu'on a eu mes pieds n'étaient pas habitués là-dessus et puis même on a quand même peut-être quelques grains qui rentrent et les pieds restent sales puisqu'on ne se lave pas complètement, on ne peut pas se laver même si on les nettoie un peu les pieds ne sont pas nickels donc quand on remet des chaussures ça peut frotter quand même et je pense que c'est plus la chaleur et l'humidité qui ont fait que mes pieds étaient un peu bousillés à la fin et aussi le fait que j'ai fait
Loïc du fait de la transpire
Maryline la transpiration et aussi je me suis rendu compte au bout d'un moment que j'avais fait une grosse connerie c'est-à-dire que quand je me mouillais la tête au ravito ou même le matin je mouillais les pieds et c'est ce qu'il fallait surtout pas faire et donc c'est pas évident de prendre une grosse bouteille, de se mouiller complètement parce qu'il faisait tellement chaud et il aurait fallu que je fasse vraiment attention à pas mouiller les pieds
Loïc ok, super intéressant
Maryline j'ai jamais autant souffert des pieds je sais pas comment j'ai pu recourir le lendemain parce que les deux premiers jours c'est allé, les troisième ça a commencé, le quatrième c'était arrivé au bout de l'étape j'avais déjà en feu heureusement sur le bivouac on a vraiment des bons podologues qui étaient là il y en avait peut-être une quinzaine qui étaient là exprès, les gens ils faisaient la queue pour aller au podologue moi j'ai la chance que j'arrivais dans les premières donc j'y allais tout de suite et voilà j'attendais pas trop longtemps mais ils faisaient des miracles ils mettaient des pansements ils enlevaient les cloques ils désinfectaient et le lendemain j'arrivais à courir mais je sais pas comment Parce que la dernière étape, à la fin du marathon, j'ai énormément souffert des pieds. En plus, les pieds gonflent avec la chaleur, donc ça n'aide pas.
Loïc Et oui, c'est ce que j'allais te demander, oui.
Maryline Ça n'aide pas. Et on fait de la rétention d'eau aussi, plus ou moins, parce qu'on prend beaucoup de passives de sel aussi pour justement pas trop évacuer l'eau, pour la garder. Et ça, bon, ça a des avantages et des inconvénients aussi. tout à la fin j'avais les pieds qui avaient doublé mais après la course avant ils ont plutôt tenu bon et j'ai dû porter des claquettes pendant une semaine
Loïc ah ouais oh punaise ok
Maryline c'est une des pires vis-à-vis des pieds
Loïc ok donc le sable l'enjeu c'est que ça rentre pas
Maryline au final
Loïc les pieds ont souffert
Maryline au final j'arrivais quand même à courir mais bon il fallait pas y penser
Loïc ouais ouais mais le film oui j'imagine que pour arriver première fin de semaine tu cours quasiment tout le temps c'est quoi le ratio marche-course ?
Maryline alors je sais pas en temps normal parce que bon à l'étape de 90 j'ai quand même eu un gros coup de fatigue je sais pas c'est peut-être 90% de course pour moi en tout cas et 10% de marche
Loïc sauf
Maryline l'étape de 90 où il y a des portions où j'aurais pu courir mais j'étais presque en hyperthermie, je ne sais pas comment on dit. Et j'ai eu un moment donné où j'ai marché alors que c'était plat et que j'aurais pu courir parce que j'étais vraiment, vraiment pas bien et que j'avais trop chaud. Et cette étape,
Loïc tu peux me rappeler, je n'arrive jamais à me souvenir, c'est le quatrième jour, c'est ça ?
Maryline C'est le quatrième jour, oui. Parce qu'il y a cinq étapes et c'est une étape solidaire. Et elle faisait, cette année, en plus ils nous ont gâtés, 90 kilomètres.
Loïc en sachant que
Maryline contrairement à ce que tu disais au début sur l'étape de 90 c'est sur l'étape de 45 km ceux qui sont un peu plus forts partent après les autres
Loïc ah d'accord
Maryline donc on est parti vraiment quand il faisait très très chaud les premiers, je sais plus je crois qu'on est parti à je sais plus si c'était 10h 10h alors que les autres étaient partis à 7h des choses comme ça
Loïc donc il fait déjà quoi une trentaine de degrés quasiment à 10h
Maryline même plus il faisait peut-être 35 degrés déjà
Loïc oh punaise ok
Maryline l'étape du marathon on est parti une heure après en fait c'était pour pouvoir comme on était pas beaucoup à partir de après c'était pour pouvoir avoir du monde tout le long que les gens ils nous encouragent au début qu'on ne se trouve pas tout seul tout de suite
Loïc ouais ouais d'accord et aussi qu'on puisse peut-être qu'il y a une sécurité
Maryline il y a ça et le fait qu'on arrive aussi la nuit, ce qui est super sympa.
Loïc Ok. Ok, donc premier gros paramètre, le sable, l'hydratation.
Maryline Mais à la limite, ce n'est pas ce qui m'a gênée le plus. Le pire, c'était la chaleur. La chaleur, on est... Déjà, à cette époque de l'année, on n'est pas vraiment habitués, même si j'habite dans le sud. Et d'autre part, on a eu des températures de canicule marocaine. je ne sais pas comment on dit, où ils ne s'attendaient pas à voir ça non plus parce que ce sont des températures plutôt juillet-août d'habitude alors que là on était en avril-mai. Et donc même, on avait tout le temps chaud, on avait entre 45 et 50 degrés la journée et même la nuit, d'habitude, les autres années, les gens prenaient presque une doudoune et ils avaient froid. Ils faisaient peut-être 5 degrés, 10 degrés max. Et cette année, non, et ils faisaient encore 30 degrés la nuit. Donc, ce n'était pas évident à récupérer. Oui, ce que j'allais dire en termes de récup. Il y a ça et puis l'eau qu'ils nous fournissaient était tout le temps bouillante. Donc, on buvait de l'eau chaude tout le temps. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. Tellement que à la fin, si on ne pouvait pas faire de feu pour faire chauffer de l'hyophilité, il n'y avait pas besoin pour en fait. On mettait direct dans l'hyophilité, c'était déjà chaud. Il n'y avait pas forcément besoin de faire le feu.
Loïc Ah ouais.
Maryline Elle était bouillante. Oh, putain. jacques donc pour savoir que si on ne boit pas on est mal mais voilà
Loïc c'est
Maryline ok
Loïc donc ça c'était le pire et puis oui même en vivant dans le sud comme tu dis compliqué de s'habituer enfin comment tu peux t'entraîner à courir par 45 degrés autrement qu'en allant sur place c'est compliqué ah bah je ne sais pas c'est compliqué
Maryline et après je ne sais pas s'il y en a qui font du sauna ou des trucs comme ça mais même il n'y a que les Marocains qui sont là depuis qu'ils sont petits qui sont habitués à ça même si tu vas y aller deux semaines je pense quand tu reviens en France tu te déshabitues tout de suite il faut être né là-bas et donc du coup l'eau est très difficile à gérer parce que même moi qui suis pas une grosse buveuse d'eau sur les trails je bois très peu il y a des fois je suis arrivée à sec au ravito alors qu'ils étaient espacés peut-être de 10 à 12 kilomètres
Loïc donc ça veut dire qu'en termes de consommation
Maryline t'étais à combien alors moi j'ai mis le gd à litre et demi pratiquement parce que j'avais deux flasques de nom même pas de 1,2 donc ouais les vers des 4 il y en a qui prenait carrément là et deux en fait on avait droit une ou deux bouteilles d'eau de l'unitre et demi sur les ravitaux on pouvait en prendre plus c'est vraiment voilà pour les marcheurs qui mettaient beaucoup de temps mais on avait des pénalités dans ce que je faisais comme j'avais que deux flasques de 1,4 litre parce que je ne m'attendais pas à boire autant. Et la grosse bouteille, je n'avais pas envie de me l'apporter. Je ne savais pas comment l'apporter. Il y en a qui avaient des systèmes pour avoir les deux grosses bouteilles sur eux, mais je ne sais pas trop. Donc, je me servais d'une bouteille pour me mouiller complètement et une bouteille que je buvais et je remplissais mes flasques. Mais ce n'était pas assez. C'était difficile.
Loïc Punaise. Ok. Donc, l'hydratation, un gros sujet aussi. tu as un peu répondu mais j'allais te demander du coup sur la récup comment est-ce que ça se passe parce que tu partages la tendre donc j'imagine que pas tout le monde se couche au même moment il y en a peut-être qui discutent etc
Maryline dès qu'il faisait nuit généralement on dormait on essayait de dormir et dès qu'il faisait jour on était levé de toute façon mais j'avoue que je pense que j'ai pratiquement pas dormi alors il y avait l'adrénaline, les endorphines de la course. Parce que généralement, quand je fais un trail, le soir, je ne dors jamais une compétition. Et là, vu que c'était tout le jour, j'ai très peu dormi. Il y avait ça, le fait que j'ai eu... j'ai vraiment négligé le confort. J'ai tout misé sur la nourriture. J'ai évité au départ d'avoir le sac le plus léger possible tout en respectant les 6,5 kg qui étaient obligatoires à départ. Mais pour cela j'ai vraiment négligé le confort et j'ai tout misé sur la nourriture ce qui est bien aussi mais disons que j'avais pas de matelas j'avais juste tenue de rechange j'avais tout juste comme lavé c'était un peu cradoc mais c'était pas grave on était tous dans le même cas mais le fait de dormir par terre sur le sol dur j'ai vraiment eu du mal
Loïc tu m'étonnes c'est peut-être pas plus mal qu'il ait fait chaud la nuit parce que sol dur un peu pierreux s'il fait 5 degrés, tu es congelé c'est un bloc de glace en fait
Maryline peut-être oui, il y avait deux écoles il y en a qui me disaient non c'est pas la peine il y en a qui me disaient il faut prendre un matelas j'ai fait le choix de pas du tout en prendre après il y en avait des estralites je pense que si j'ai à refaire j'en prendrais un estralite
Loïc ouais
Maryline mais il y avait ça et le fait qu'il fasse très chaud la nuit aussi donc c'était pas évident
Loïc est-ce que la chaleur plus plus les conditions tu vois le manque de repos etc ça a eu un impact sur ta stratégie de nutrition ou même tu vois sur la digestion etc ça s'est passé comment de ce côté là
Maryline pas forcément j'ai généralement que ce soit sur les trails ou n'importe quoi j'ai pas du tout de soucis pour m'alimenter je suis capable de manger n'importe quand et n'importe quoi. Après, j'avoue qu'avec la chaleur, c'était... Même les lyophilisés, on était tous un peu écoeurés de ce qu'on avait emmené, donc ce n'était pas évident. Donc, on se force quand même. Moi, je me force en tout cas pour récupérer le max possible et pour le lendemain. Après, autant le lyophilisé, j'avais pris... Maintenant, il faut des choses très légères avec beaucoup de calories. Donc, j'ai vraiment privilégié et le rapport calories sur le poids le plus grand possible. Ce n'était pas forcément très bon et c'était un peu toujours la même chose. Mais bon, ça me permettait quand même d'avoir quelque chose dans les somas. Par contre, sur les ravitaux de course, ça, je n'en avais pas assez du tout. Et même tout m'écœurer aussi. Quand il fait chaud comme ça, il n'y a pas de ravitaux du tout en nourriture. même pour le 90 km, on ne peut pas prévoir plus que, je ne sais pas. 5 bars, 6 bars quoi, max. Parce qu'après, c'est très lourd. C'est très, très lourd. Et puis même, quand il fait chaud comme ça, j'avais du mal à manger des bars, même s'il y a des choses très, très bonnes, notamment chez NAC, que j'ai utilisé les petites gaufrettes et tout ça, ça passait encore. Mais sinon, c'était pas... Il aurait fallu peut-être des choses un peu comme de la compote, des choses qui passent bien, mais on ne peut pas se permettre de prendre de la compote parce que c'est trop lourd. ou alors si j'ai pensé peut-être à l'après mais peut-être plus de compotes lyophilisées aussi ça existe
Loïc des compotes lyophilisées ?
Maryline oui ça existe mais par contre après il faut gérer l'eau il faut mettre dedans enfin voilà c'est pas forcément évident et puis la compote ça reste peu calorique donc c'est pas l'idéal non plus donc c'est quelque chose d'optimisé ça les ravitaillement pendant la course
Loïc c'est super intéressant parce que je trouve tu vois des épreuves comme ça qui sortent vraiment en tout cas de l'ordinaire de coureurs on va dire en France ou en tout cas qui ne sont pas des coureurs marocains il y a tellement de zones finalement que tu ne maîtrises pas ou auxquelles on n'est pas habitué que c'est riche en apprentissage est-ce que tu dirais qu'il y a des justement tu vois qu'il y a des que tu as gagné en expérience sur des aspects de gestion de course etc qui te serviront même si ce n'est pas sur un Marathon des Sables avec toutes les spécificités d'une course comme ça ?
Maryline C'est pas sûr c'est vraiment très spécifique et tous les points que j'aimerais améliorer c'est plus vis-à-vis du marathon des sables, un peu plus de confort peut-être des choses finalement un peu moins caloriques mais que je préfère manger c'est des choses plus pour le marathon des sables après oui je pense que maintenant je crée un petit peu moins la chaleur je peux peut-être un petit peu mieux gérer parce qu'à la fin j'ai compris qu'il fallait vraiment se mouiller tout le temps la tête ce que je ne faisais jamais durant les trails de façon générale et on ne s'en rend pas compte qu'on prend vraiment un coup de chaud donc là dessus oui s'il fait chaud je pense que j'arriverais peut-être encore je ne suis même pas sûre un peu mieux à gérer après peut-être pour d'autres courses à étapes oui ça peut servir
Loïc ça peut servir ou des courses
Maryline dans le sable ou des courses vraiment pas de grosse chaleur mais de façon générale sur des trails où on a des ravitos où on a de tout tout le temps ça ne me servira peut-être pas vraiment l'expérience que j'ai eue au marathon des salles
Loïc ok tu te projetais comment sur cette course en particulier est-ce que tu y allais pour la performance, est-ce que c'était vraiment entre guillemets un tir d'essai pour te frotter à ce type d'épreuve à étapes dans un environnement particulier et à quel moment et quel que soit tu vois l'état d'esprit dans lequel tu t'es dansé, à quel moment est-ce que tu t'es rendu compte que potentiellement, ça allait le faire, que tu allais finir première ?
Maryline Alors, au départ, j'allais vraiment pour la découverte et je voulais à tout prix finir, savoir que j'étais capable de finir en ayant finalement un minimum sur moi. Parce qu'en fait, ce sont des courses où les barrières en aires sont extra larges et en fait, tu peux la faire tout en marchant finalement. donc beaucoup de personnes sont capables de finir cette course bon cette année ça a été un peu exceptionnel parce qu'il y a eu 40% d'abandon du fait de la chaleur mais les autres années il y a beaucoup moins, il y a peut-être 5% d'abandon c'est des courses où même en étant bon marcheur et en ayant l'habitude de marcher très très très très longtemps sur des distances comme ça, ça peut se faire donc bon déjà mon objectif était de finir en courant et en étant plus ou moins bien entre guillemets et de pouvoir faire ses six jours et d'arriver à la fin, avoir ma médaille finisher. Après, j'avoue, je suis toujours un petit peu compétitrice quand même. Donc, j'avais regardé un peu ce qu'il y avait. Et j'espérais faire un top 5 peut-être au départ. Surtout qu'il y avait des gens, la plupart des filles qui étaient fortes l'avaient déjà fait. Je pense notamment à Raina Débat, qui l'avait gagné il y a deux ans, qui était aussi sur la course. Il y avait une Marocaine, Aziza, qui était aussi forte et qui avait déjà fait l'expérience de la course et qui est arrivée deuxième. Il y avait certaines personnes comme ça. Donc bon, les ultra-trails, on ne sait jamais trop à quoi s'attendre. Donc oui, je me projetais peut-être à faire un top 5. Et après, j'ai commencé à me rendre... c'est parti très très vite sur les premières étapes Ragna a fait tout le temps première et moi finalement je me suis rendu j'étais je crois deuxième les deux premières étapes et même les trois premières étapes donc là oui on commence à se dire qu'on peut peut-être faire quelque chose après j'appréhendais beaucoup et notamment tout le monde appréhendait beaucoup cette étape de 90 km heure de 90 kilomètres tellement qu'on apprendait que c'était un sujet tabou en fait plutôt, on n'en parlait jamais on disait on verra bien, il ne faut pas trop se projeter, il faut faire étape par étape mais on ne parle pas du 90, on en a parlé la veille on a commencé à regarder la veille c'est vraiment un sujet tabou parce que sinon déjà que les trois premières étapes sont dures, pourtant elles sont toutes entre 30 et 40 kilomètres et il ne vaut mieux pas s'imaginer l'étape de 90 degrés, de 90 kilomètres sinon ça démoralise un peu. Donc j'apprendais vraiment cette étape-là et finalement, celle qui était tout le temps première sur les trois premières étapes a pris un gros coup de chaud et elle a terminé très très loin d'ailleurs. Et c'est à partir de cette étape-là que je suis passée première au classement général femme et il ne restait plus qu'une étape, donc il y a l'étape marathon et qu'il fallait que j'assure pour passer première sur toute la course. Mais oui, c'est à partir du 86 km, l'étape de 90 km que j'ai commencé à me rendre compte que je pouvais potentiellement terminer devant.
Loïc En sachant que c'est le moindre
Maryline coût de chaleur que tu as. Il suffit que, je ne sais pas, tu n'es pas bien sur l'étape du 42, la dernière étape. Tu te mets à marcher et tu perds des heures et des heures.
Loïc c'est ce que j'avais te demandé alors là on parle du Marathon des Sables mais vu le nombre de courses que tu as fait je pense que ça a déjà dû t'arriver de te rendre compte que ça y est la victoire c'est à portée de main généralement comment est-ce que tu le gères est-ce que tu as une stratégie où tu restes quand même prudente est-ce que tu lâches tes chevaux et tu vas à fond quitte à ce que ça explose en vol t'as quoi comme approche habituellement
Maryline je sais pas je sais pas je sais pas je sais pas j'ai jamais terminé une course en étant complètement effondrée ça m'arrivera peut-être un jour mais jusqu'à maintenant je sais pas faire je sais pas je sais pas je sais pas me mettre dans le rouge rouge je sais pas pourquoi c'est peut-être un bloc psychologique ou physiologique peut-être aussi d'ailleurs je sais pas faire donc je reste à mon rythme généralement je joue plus sur mon endurance et le fait que généralement tout le monde ralentit plus ou moins en fin de course de toute façon et j'ai jamais eu vraiment très très peu d'écart avec quelqu'un à part sur les trails très courts, les trails d'entraînement ou les crosses etc où il fallait vraiment que j'accélère pour être sûre qu'elle ne me rattrape pas donc pour revenir sur le marathon des sables, la dernière étape de 42 km, mon objectif. Il y avait Aziza qui était passé deuxième, qui était... J'avais creusé un écart de 30 minutes, je crois, en tout. Mais 30 minutes, ce que je disais, c'est que si on a un gros coup de chaleur qu'on se met à marcher, c'est un basse de vent. C'est ce qui s'est passé d'ailleurs sur l'étape du 90, où elle finalement est arrivée devant moi parce que j'ai eu tellement un gros coup de chaleur que je me suis misée à marcher et elle était au départ loin d'ailleurs, elle a fini 10 minutes devant moi. donc mon but de la dernière étape était de gérer pour ne pas garder au minimum de ne pas qu'elle me prenne ces 30 minutes là donc je suis partie assez prudemment et je me suis mouillée tout le temps j'ai bu je ne me suis surtout pas mise dans le rouge parce qu'il faisait encore plus chaud je crois ce jour là et voilà finalement je suis arrivée première et elle ne m'a pas rattrapée parce que tout le monde avait tout donné à l'étape de 90 km mais voilà j'ai vraiment géré dans la dernière étape je suis vraiment pas à la fond du tout c'était je gère et surtout il fallait pas que je prenne deux coups de chaleur
Loïc ouais ok ce qui c'est super intéressant ça aussi tu vois cette notion de gestion de l'effort finalement c'est un peu le tu vois ralentir pour me enfin ralentir non t'as pas ralenti mais j'ai l'impression que ce qui ce qui semble très bien fonctionner chez toi c'est la régularité la consistance de ce que j'entends en fait une fois que tu t'es mise sur une allure tu as cette capacité à rester dessus et ce qui te permet de finir en forme en fait
Maryline c'est peut-être ça par contre ça peut être aussi un défaut du fait que je peux donner encore un peu plus mais que je ne sais pas le faire qui peut faire la différence avec quelqu'un qui va encore plus vite j'arrive à passer ce cap quitte un jour à vraiment être épuisée et à ne pas pouvoir finir une course à cause de ça. C'est les seules fois où je n'ai pas pu finir une course, c'est parce que j'avais été blessée. Ce n'est pas parce que je n'avais pas été bien durant la course.
Loïc Ok. Super intéressant. Marathon des Sables, c'était il y a quelques mois déjà. Tu as enchaîné assez rapidement, j'ai l'impression, avec d'autres courses. Je pense que ce sera ma dernière question. même si tu n'es pas encore pro tu as un rythme qui est quand même finalement celui d'une athlète élite si on dit qu'élite c'est aux portes du professionnel tu es clairement là dedans et je trouve ça super impressionnant de voir la capacité que des athlètes des femmes, des hommes comme toi que vous avez à enchaîner des efforts qui sont importants tu dirais que physiologiquement ou même mentalement il faut combien de temps généralement pour te sentir complètement remise d'une épreuve alors le Marathon des Sables c'est un peu particulier mais peut-être tu vois d'un UTMB d'un EcoTrail Paris pour parler de quelques courses d'autres courses que tu as faites et remportées d'ailleurs habituellement tu as une période de repos à laquelle tu t'astreins ou pas forcément
Maryline alors j'ai l'impression mais je suis pas sûre que je récupère de plus en plus vite alors je sais pas si c'est mon corps qui réagit de plus en plus qui s'habitue finalement à récupérer de plus en plus vite ou pas après le marathon des sables c'était un peu plus mental surtout que j'avais plus du tout envie de courir pendant quelques temps et que j'avais vraiment enfin c'est quand même ces 7 jours de trail plus tout le reste à côté et voilà le fait qu'on ne dort pas bien, qu'on ne mange pas bien, j'ai eu un peu plus de récup, mais généralement, je récupère très vite. Par exemple, pour le Lavaredo, qui était ma dernière course, le lendemain, j'étais un peu fatiguée, mais le lundi, deux jours après, je me sentais comme si… Ce n'est pas comme si je n'avais rien fait, mais je me sentais très bien. Et j'ai notamment enchaîné sur du vélo, parce que là-bas, c'est tellement beau que… J'ai fait toute l'école de vélo, j'ai fait 100 kilomètres d'un vélo deux jours après. c'était malgré enfin voilà après on est censé avoir une période de récup donc mon coach mon entraîneur m'avait quand même mis 10 jours de récup à rien faire mais je lui avais dit que je ne peux pas les respecter parce que là-bas c'était mon bouc il fallait que je fasse du vélo
Loïc excellent parce que tu avais
Maryline quand même généralement quelques jours après c'est vrai que j'ai tendance à bien récupérer 2 jours 2 jours 3 jours
Loïc c'est impressionnant si je ne suis pas blessée
Maryline et qu'il n'y a pas des douleurs quelque part. Ça peut arriver. Après les chemins, j'ai eu un peu mal. Après certaines courses, quand j'ai été blessée, c'était beaucoup plus long, mais ce n'était plus dû à la blessure qu'à la fatigue.
Loïc Ok. Impressionnant. Écoute, je t'avais dit que c'était la dernière question, mais en fait, j'en ai encore une dernière promis pour conclure tout ça. Sur quel projet est-ce que tu te concentres d'ici fin 2023 ? Est-ce qu'il y a une course en particulier, un voyage un retour au Népal on n'aura pas pu en parler mais j'ai vu que tu avais fait un voyage visiblement qui t'a marqué au Népal donc est-ce qu'il y a quelque chose en particulier sur lequel tu te concentres d'ici la fin de l'année ?
Maryline alors oui très bientôt là je vais faire la TDS
Loïc ah excellent
Maryline fin août donc là je suis en plein de prépa je suis en plein de prépa et fin de semaine je monte à la montagne pour aller m'entraîner avec mon petit van pendant trois semaines
Loïc génial du côté de Chamonix du coup pour être proche de la trace ?
Maryline Non, je ne vais pas aller aussi loin. Je vais aller du côté d'Oron plutôt, je pense. Ce n'est pas trop loin. Je n'avais pas envie de trop faire trajet. Il faut que je reste près de ma famille en ce moment. Je ne voulais pas aller trop loin. Mais voilà, c'est la TDS. Tu dois bien connaître, il paraît que tu as fait la PTL.
Loïc Oui, bien connaître la TDS, non. Mais oui, j'ai fait la PTL l'année dernière. c'était long et par contre moi le ratio course à pied marche était carrément l'inverse de ce que tu as fait sur le marathon de l'étape donc c'était plutôt 95% de marche, 5% de course mais c'était déjà suffisant en termes d'effort mais si tu cherches un truc aussi long que le marathon, enfin aussi long, tu serais plus rapide mais une épreuve un peu longue je te recommande la PTL en termes d'expérience de partage c'est assez chouette c'est forcément en équipe
Maryline ça a l'air chouette mais bravo de l'avoir terminé c'est un beau challenge
Loïc c'était un gros chantier merci beaucoup Marilyn on arrive au bout c'était génial d'en apprendre plus sur ta pratique et puis surtout sur cette expérience récente du Marathon des Sables et ta victoire encore bravo pour ça et puis écoute excellente prépa pour la TDS
Maryline merci beaucoup ça fait un plaisir d'échanger avec toi
Loïc merci Marilyn Bonne soirée.
Maryline Bonne soirée.
Loïc Merci d'avoir écouté cette conversation avec Marilyn jusqu'au bout. S'il y en a qui ça a donné envie d'aller se frotter au désert marocain, dites-le moi. Envoyez-moi vos feedbacks sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je vous propose chaque semaine du contenu entièrement gratuit que je m'efforce de rendre le plus qualitatif possible. Pour remercier tous ces frappés inspirants que je reçois, Prenez quelques secondes maintenant pour laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Pensez également à partager cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui sont intéressées par les sujets d'aventure, de dépassement et évidemment d'ultra trail. Merci pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode avec un aventurier qui a nagé de Calvi à Monaco en totale autonomie et presque sans assistance. Sous-titrage ST' 501
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