Andy Les Frappés de la Flamme
Tortuga En fait, il faisait tellement froid à l'extérieur que la flamme ne chauffait pas. Si le poil ne fonctionne pas, on n'a pas d'eau.
Andy On passait de moins 30 à 3 degrés. Et là, ça pouvait être très compliqué pour nous qui voulions camper sur un lac gelé et avancer sur un lac gelé.
Tortuga On avait envie de se mettre en t-shirt au mois de février à 400 km au nord du cercle polaire arctique.
Invité 1 Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Salut Andy, salut Mathis ! Salut ! En forme ? En pleine forme !
Andy Ouais, très bien, maintenant qu'on est rentrés, on est en forme ! C'est bon ?
Invité 1 Bah écoutez, on va en parler en tout cas, mais très très content de vous recevoir pour qu'on discute de votre récente expédition dans les contrées lointaines et surtout froides. Donc bien curieux d'avoir votre retour sur ce que vous avez pu vivre. Mais peut-être dans un premier temps, comme en plus vous êtes deux, on va commencer les présentations. Andy, tu veux commencer ? Tu es un vétéran du podcast, donc je te laisse prendre la main.
Tortuga Allez go, c'est parti ! Mais moi, bah du coup, c'est Andy, j'ai 31 ans, c'est mon deuxième podcast, l'est frappé, puisque j'avais déjà présenté quand j'avais fait la traversée de l'Islande, bah la préparation de la traversée de l'Islande. Niveau aventure, je suis encore novice, je ne me considère pas comme un aventurier vraiment professionnel, même si je commence déjà à avoir quelques aventures un peu extrêmes à mon palmarès, avec notamment l'Islande où on a fait le podcast. La Mongolie, le pays où j'ai commencé les aventures. Et là, dernièrement, la Laponie finlandaise avec Mathis et Noël.
Invité 1 Excellent. Ouais, la Mongolie, si je me rappelle bien, ça avait été une grosse traversée à pied avec... Tu avais une espèce de jouelet, c'est ça ? Une chariote en fait.
Tortuga C'est ça, ouais, exactement. C'était ma première aventure, donc c'était en semi-autonomie. C'était encadré aussi avec Noël, d'ailleurs, qui est parti avec nous aussi en Laponie. Mais c'était vraiment pour une première aventure. Moi, j'avais besoin d'un truc qui soit quand même bien ficelé, bien préparé au cas où, parce que je ne savais pas réellement ce que je voulais en pleine nature. Et voilà, la Mongolie, ça restera ma première grosse expédition.
Invité 1 Excellent, excellent. L'Islande, alors je ne me rappelle plus du détail en termes de kilomètres, etc. Mais je me souviens qu'avec Thierry, quand vous nous en aviez parlé, c'était un truc assez fou. Et au final, dans la réalisation, ça a été, tu le disais juste avant, 80 à 100 bornes par jour, c'est ça ? C'est ça, ouais.
Tortuga L'Islande, c'était surhumain. L'Islande, c'était surhumain. On a fait 80 à 100 bornes par jour et en tout, on a fait 1800 kilomètres de marche, ouais. En 21 jours. En 21 jours.
Invité 1 Ok. Le délire. Bon, je mettrai le lien de l'épisode, je crois que c'était le numéro 29, si j'ai bonne mémoire, ou 27, s'il y en a qui veulent aller écouter. Écoute, bienvenue à nouveau, Andy. Mathis, je te laisse prendre la main. Qui es-tu et qui est Mathis ?
Andy Yes. Bon, ben moi, c'est mon tout premier podcast Les Frappés, hein. Voilà. J'espère pas le dernier. Donc moi, c'est Mathis alias Tortuga sur les réseaux sociaux. Et maintenant, ça fait plusieurs années que je réalise des films d'aventure sur les réseaux sociaux et bientôt à la télé. Donc moi, c'est aujourd'hui mon job là plein temps. Donc je suis content de pouvoir vivre de ma passion. Et ben un peu comme Andy, je pars à l'aventure un peu autour du monde, à l'exception que moi, je réalise du coup des films moi-même, parce que c'est ma passion aussi, la vidéo, j'en parlerai. Donc sur YouTube, ça a commencé et maintenant bientôt télé. Et du coup, j'ai fait ma première grosse aventure, c'était l'Islande, la traversée de l'Islande nord-sud, comme Andy. Et ensuite, j'ai enchaîné avec des plus petites aventures et des plus grosses aussi, avec la traversée des Cévennes avec un âne. J'étais parti dans le sud de la France, là dans les Cévennes. La France à vélo, vu qu'on pouvait pas trop voyager pendant le Covid. Et ensuite, je suis vraiment tombé un peu des pays nordiques, parce que je suis parti traverser, la première fois, c'était la Laponie suédoise, en ski nordique, donc avec une autre personne à l'époque, on était deux. C'était ma première aventure arctique. Ensuite, je suis retourné en Norvège pour vivre chez un mûcheur qui vivait sans eau ni électricité depuis plusieurs années, quasiment 20 ans, je crois, avec ses 29 chiens de traîneau. Donc, j'ai vécu reclus chez lui. Et ensuite, ah oui, donc il y a eu la Mongolie aussi que j'ai fait, comme Andy, mais à cheval. Excellent. J'ai traversé une partie de la Mongolie à cheval pour un documentaire qui, j'espère, sera diffusé sur Ushuaya TV, celui-là. Et récemment, donc, la traversée du lac Dinari en Finlande avec Andy et Noël. Donc, c'était ma première grosse aventure à trois, en groupe de trois. Et ça s'est pas passé comme prévu. Il y a eu plein de péripéties, c'est ce qu'on va raconter. Mais on est rentrés avec plein de beaux souvenirs et surtout de belles images. Donc, c'est ce qui compte.
Invité 1 Trop bien. Oh là là. Hâte d'échanger. Mais peut-être juste pour toi, du coup, Mathis, première petite question sur ton parcours. Andy, je ne sais plus si on en avait parlé de ton activité de coach, etc. Il me semble que oui. Mais toi, Mathis, comment est-ce que tu en es arrivé un jour à te dire, allez, boum, je vais devenir aventurier et faire mes propres films d'aventure ?
Andy Alors, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Ça veut dire que moi, je n'étais pas du tout dans l'aventure de base. Mes parents, ce n'est pas du tout Mike Horn. J'étais loin du monde de l'aventure. J'ai eu un parcours classique. Je suis plutôt créatif littéraire. J'ai une passion pour la vidéo depuis petit, pour l'écriture. Je faisais des petites vidéos d'entreprises quand j'ai créé mon autre entreprise à l'époque. Mais j'ai fait une école de commerce. J'ai travaillé pour des entreprises classiques. Je travaillais pour Michel Augustin dans la com, d'ailleurs. C'était ma dernière entreprise. Et en fait, c'était un voyage en 2016. En fait, j'avais une année sabbatique, une année qui était enfin dédiée à moi, alors que toute ma vie depuis jeune, on me disait entre guillemets quoi faire. Je suivais le parcours classique parce que je pensais qu'il n'y avait que ça dans la vie. Et en fait, quand j'ai eu cette année pour moi, j'étais un peu perdu à cette époque-là. Et c'est mon meilleur ami qui me dit, mais écoute, je sais que tu as cette envie de voyager. Je sais que tu as envie de faire des projets de vidéos, etc. Viens, on part en road trip en Amérique latine, en Pérou. On commence par le Pérou. Et moi, j'étais là, attends, en road trip avec le sac à dos. Mais moi, c'est un truc jamais, enfin, on va jamais rentrer de ce périple. J'ai entendu parler de l'Amérique latine. C'est la drogue, les cartels, enfin bref, avec tous les a priori d'un mec qui n'y connaît rien en voyage. Et au final, je suis allé avec ma petite caméra pour voir ce que ça allait faire, un road trip d'un mois. Et en fait, ce qui devait être un road trip d'un mois, c'est transformé en road trip d'un an. J'ai parcouru le monde. J'ai été piqué par la mouche du voyage, le Pérou, la Bolivie, le Mexique. Ensuite, je suis parti me reclure solo en six mois en Asie du Sud-Est. Et plus j'avançais dans le temps, plus je commençais à sortir des sentiers battus. J'ai découvert la randonnée. J'ai découvert, j'ai traversé le Vietnam à moto. J'ai découvert la spiritualité dans un monastère bouddhiste en Thaïlande. Je testais plein de trucs. Et à côté de ça, je voyais que sur YouTube, il y en a qui, comme Alex Vizéo, Bruno Malteur, qui vivaient de ça. Je ne connaissais pas du tout le monde des réseaux sociaux. Et j'ai dit, c'est ce que j'ai envie de faire. C'est mon but, j'ai envie de vivre du voyage à force. Donc, j'ai commencé à publier. Au début, ça ne marchait pas du tout. Je faisais 100 vues, 200 vues sur YouTube. Et le projet vraiment qui a fonctionné, c'est justement ma traversée de l'Islande à pied du nord au sud. Après avoir, parce que du coup, les étapes étaient longues, le périple était long. C'est-à-dire qu'après être entré de mon tour du monde, j'avais plus de sous. Donc, il fallait que je rebosse dans mon entreprise. J'ai repris des études. J'ai travaillé chez Michel Augustin, justement, à ce moment-là. Donc, il y a eu des vads et des vins. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, ces choses-là. Et j'ai décidé de quitter vraiment ma dernière entreprise lorsque j'étais vraiment prêt financièrement et intérieurement. Et c'était donc en 2020 où j'ai diffusé mon film de Seul en Islande, qui était justement en partenariat avec ma dernière société, Michel Augustin. C'est important de le dire parce que c'est vraiment eux qui m'ont un peu… C'était ma dernière expérience, on va dire, qui m'a un peu lancé dans ce monde-là. Et puis, depuis Seul en Islande, c'est là où je me suis dit, je tiens peut-être quelque chose. Et j'ai continué vraiment dans le côté aventure depuis maintenant 2020, donc 3-4 ans. Et puis, on pourra en reparler après. Mais donc aujourd'hui, j'arrive enfin à subvenir à mes besoins avec cette activité. Trop bien. Voilà.
Invité 1 Trop, trop bien. OK. Merci beaucoup pour la présentation. Du coup, c'est intéressant de voir d'ailleurs, puisque tu le précisais avant qu'on enchaîne sur le lac Inari. Mais il y a eu un peu… J'ai l'impression qu'il y a un peu des grandes cases à cocher quand on se lance dans l'univers de l'aventure. L'Islande, clairement. J'ai quand même souvent des gens qui me disent « Ah ben là, j'ai envie de me faire un gros trip. J'ai envie un peu de découvrir ce que c'est de partir seul dans des paysages reculés, etc. » Donc, je vais en Islande. Et vous, visiblement, en plus de l'Islande, il y a eu la Mongolie. Mais c'est super intéressant. Du coup, à quel moment est-ce que… Comment est-ce que vos chemins se sont croisés déjà ? J'ai commencé par ça.
Tortuga J'étais sur les réseaux, du coup. Moi, j'ai commencé à connaître Matisse avec son film justement sur la traversée de l'Islande. C'est d'ailleurs son film qui a inspiré ensuite notre aventure avec Thierry. Parce que c'est en découvrant que son film, que je me suis dit « Tiens, ça pourrait être sympa de se faire un truc comme ça. » Et Thierry y est arrivé et puis il a mis la barre un petit peu plus haute. On a fait 1820, mais à la base, je voulais faire un truc au Matisse. Et puis, on a commencé à échanger de temps en temps. Moi, je me souviens, je ne sais pas si Matisse se souvient, mais je lui avais dit que j'avais traversé la Mongolie. Et je lui avais dit « Franchement, si tu veux faire un pays, un jour, fais la Mongolie, tu vas adorer. » Parce que ça reste vraiment… Ça reste un pays fabuleux, la Mongolie avec les nomades. Il y a une culture vraiment intéressante. Et puis, on a continué à discuter, à échanger, à partager des likes, des petits cœurs sur Instagram. Et puis voilà, au fur et à mesure, on a continué à se parler. Puis moi, je l'ai contacté pour la Laponie il y a un an, un peu plus d'un an, en lui expliquant mon projet et pourquoi il était obligé de venir.
Invité 1 Ok. Et le troisième larron, donc Noël, c'était une relation à toi, c'est ça Andy ?
Tortuga Oui, c'est ça exactement. Noël, moi, c'est lui qui organisait l'expédition en Mongolie en 2019. Et Noël, pourquoi je l'ai pris entre guillemets dans l'équipe ? Parce que déjà, nous, on avait besoin d'expérience avec Matisse. Parce que nous, on a de l'expérience, c'est tout jeune pour nous, ça fait 3-4 ans. Et c'est vrai que s'aventurer dans des pays extrêmes comme ça, il faut quand même de grosses connaissances. Et Noël, c'était la personne idéale pour ça, parce que pour le coup, ça reste une personne très humble sur les réseaux sociaux. On ne verra jamais Noël se mettre en avant, etc. Mais pourtant, Matisse pourra en parler aussi, mais c'est quelqu'un qui mériterait d'être connu autant que de grands aventuriers. Il a une connaissance incroyable. Il a traversé un ami bien à pied, l'un des déserts les plus compliqués au monde. Il a fait la Laponie, mais d'est en ouest, donc en commençant de la Russie jusqu'à Norvège, je crois, c'est ça ? Norvège ou Suède, je ne sais jamais. Norvège, je crois. Norvège, il a fait la Bolivie. Donc, il y a vraiment une grosse connaissance dans les aventures extrêmes.
Invité 1 Ok, excellent. Et du coup, pourquoi ce lac en particulier ? C'est Inari, c'est ça ? Le lac d'Inari, oui.
Tortuga Je vais à Matisse, du coup, expliquer.
Andy Pour revenir un peu sur ce que disait Andy, c'est vrai que ça s'est fait petit à petit le projet. Au début, c'était qu'une idée. On ne savait pas trop, on voulait aller dans des pays du Nord, mais on ne savait pas trop encore quoi faire. On savait que ça allait être la Finlande ou la Norvège. En tout cas, ça serait en Laponie. Et moi, oui, c'est vrai qu'en fait, au niveau, enfin, aventure nordique, c'est beaucoup plus différent qu'une grosse rando en Islande ou en France ou n'importe où dans le monde. Ou même la Mongolie, c'est vraiment dans des milieux très hostiles où il fait, on en parlera, mais très très froid. On a des températures jusqu'à moins 30 degrés. Donc, il y a des réflexes à avoir. Et même si, bon, je pense qu'on commençait à avoir une certaine expérience, quelqu'un vraiment qui s'y connaissait, c'était quelque chose d'indispensable. Surtout qu'on allait traverser un lac gelé. Moi, on m'a toujours dit, de toute façon, dans les aventures nordiques, tu ne pars pas seul quoi. Ouais. Et du coup, pourquoi la... En fait, au début, on hésitait entre la Finlande, du coup la Laponie finlandaise, ou nous rendre jusqu'en Norvège, jusqu'au Cap Nord.
Tortuga Comme l'aventure des engagés qui s'avait fait une nuit polaire. Oui. Et s'inspirer un petit peu de cette traversée, donc la faire différemment bien sûr, mais s'inspirer de cette traversée pour aller jusqu'au... jusqu'au Cap Nord.
Andy Voilà. Sauf que du coup, on a commencé un peu à poser sur le papier les distances, le matériel, le poids. Et on a tout de suite un petit peu déchanté quand même. Là, on s'est dit que ça allait être une aventure assez costaud, un peu comme ce qu'Andy avait vécu en Islande. Et c'est vrai qu'un des premiers trucs qu'Andy a dit, c'est on fait plus... Enfin, on ne fait pas comme en Islande, j'ai envie de profiter, j'ai envie de kiffer cette aventure. Et moi, j'étais complètement de cet avis-là. Surtout que généralement, moi, en fait, ce qui se rajoute à mes aventures, c'est la caméra, le fait de filmer, le projet de film. Ce qui rajoute une difficulté supplémentaire et ce qui ralentit pas mal. Donc, on a un peu creusé, on a regardé et on s'est dit... Enfin, c'est surtout Noël qui avait proposé, il a dit qu'il avait jamais fait encore la région Dinari, le lac Dinari, et que c'était une magnifique région. Et il a proposé l'aventure de faire le tour du lac Dinari initialement. Et c'est comme ça que ça s'est fait, on s'est tous mis d'accord. Sachant qu'il y avait encore des villages pas loin quand on débutait de notre aventure. Donc, il y avait une belle boucle à faire et on s'est décidé là-dessus. Excellent.
Invité 1 Excellent. Est-ce que vous vous rappelez peut-être... Donc, Mathis, tu disais que assez rapidement, vous vous êtes rendu compte que quand vous avez commencé à planifier une aventure peut-être un peu plus conséquente que ça allait être dantesque. Est-ce que vous avez en tête c'était quoi ? C'était le poids ? C'était la quantité de matériel ? C'était la logistique pour se rendre sur place ? Et c'est quoi qui vous a impressionné, qui fait que vous êtes entre guillemets rabattu sur le lac Dinari ?
Tortuga Moi, c'était plus d'un point de vue duré. Ah oui. Parce que moi, j'ai une vie de famille, j'ai les enfants, j'ai ma femme, j'ai mon boulot parce que moi, je ne vis pas des aventures, c'est du plus. Et c'est vrai que moi, c'était vraiment le temps parce que d'un point de vue, de mon côté, d'un point de vue physique, de ce que j'avais déjà vécu avec Thierry, en fait, tout me paraissait accessible. En fait, c'est en en discutant après avec Noël. Mathis, tu vois, c'est des trucs bêtes, mais j'avais fait le tracé, je n'avais même pas regardé le dénivelé parce que pour moi, ça n'avait pas l'importance. Et puis, en discutant avec Mathis, il me dit que ça va être costaud, on ne pourra pas le faire en autant de jours. Si on veut faire un film, il y a des moments où on va devoir s'arrêter. Et c'est pour ça aussi que Mathis était là parce que le but vraiment de cette aventure, c'était de faire un film pour sensibiliser les gens au changement climatique. Donc, il fallait vraiment qu'on prenne le temps de faire les choses correctement.
Andy Oui. Et moi, le premier truc que j'ai tilté très rapidement, c'est quand ils ont choisi la période. Et quand ils ont dit février, j'ai dit, ah merde, c'est les températures, on a des moins 20, moins 30 la nuit. Et pour alors, quand tu fais des images, quand il n'y a pas de lumière, ce n'est pas ouf. Et quand il fait très froid, ce n'est pas ouf non plus pour les… En vrai, ce qui m'a pris haut, c'était les images. C'était la mince, ça va être encore plus compliqué. C'est ça qui m'a fait assez flipper au début. Et puis ensuite aussi, il y a un truc qui… Les poids des poulkas. C'est vrai qu'en fait, au début, moi, j'étais un petit peu… Je regardais un petit peu de loin au début parce que je laissais un peu Noël vraiment dans son côté expert de la préparation de l'aventure. Et il y avait Andy aussi qui était un peu le chef de groupe qui avait mis en place ce projet. Et du coup, moi, je m'étais un peu vraiment… Pour une fois, vu qu'on était en groupe, normalement, je suis toujours seul, donc il faut s'occuper de tout. Là, j'étais content. Moi, je m'occupais juste vraiment un peu de la partie caméra, etc. Et c'est vrai que quand j'entendais du coup, bon bah en fait, on va partir sans bonbonne de gaz, sans essence, on va prendre un réchaud à bois, on va couper du bois et tout, machin et tout. Et là, je disais… Bon, je leur fais confiance, mais je commence à me dire, waouh, ça complique encore les choses. Effectivement, ça va compliquer les choses. Et en plus, ça rajoutait… Il y a une superbe tente un peu à la Jack London, avec un truc énorme, avec… On pourrait pouvoir mettre du coup, directement le poil dedans. Et je disais, mais combien ça va peser tout ça ? Oh ! Et c'est vrai que les pulkas, on en arrivait quasiment à entre 70 et 75 kilos chacune après. Deux pulkas à trois. Et c'est vrai qu'on… En tout cas, moi, je les sentais bien. Ah ah ah ah ah !
Invité 1 Donc, côté orgasme, vous aviez deux pulkas pour trois, c'est ça ? Ouais, c'est ça, exactement. Ok, ok. Et… Et le troisième, sac à dos ?
Andy Sac à dos, ouais. Sac à dos, ouais. Donc, en fait, moi, il y avait un… C'était mon… En fait, on avait deux autres petits sacs à dos. Andy, il avait un petit sac à dos en plus de sa pulka, mais qui était faite pour la pulka, donc qui faisait partie de la lanière. Noël avait un autre petit sac à dos aussi, mais tu sais, c'est vraiment de secours pour mettre un peu de nourriture, etc. Et moi, j'avais un sac à dos un peu plus gros, avec le matériel informatique, parce que du coup, tout ce qui était électronique, plutôt pardon, c'était… Il fallait pas les mettre dans les pulkas, parce qu'il faut avoir accès rapidement. Et puis, ça peut être fragile. Donc, en fait, on avait préparé un sac plus électronique avec les caméras, etc. Et généralement, quand on échangeait, quand on prenait la pulka, la personne qui n'avait pas la pulka, soit mettait un des sacs, ou alors on mettait le sac par-dessus la pulka, mais en gros, on essayait d'échanger à tour de rôle.
Invité 1 Ok. Ok, ok. Et sachant que côté dénivelé, l'itinérière finale, donc le tour du lac d'Inari, il y avait du dénivelé ou c'était… Non.
Andy C'est pas trop, il n'y a pas de pulka. C'est un lac vraiment assez plein.
Invité 1 Ok. Et en termes de distance, c'était un peu plus de 200 bornes, c'est ça ?
Tortuga Ouais, c'est entre 200 et 250, je crois. Ok, ok, ok.
Invité 1 Je suis en train de regarder la carte, en fait c'est le dernier gros lac au nord. Avant la Norvège et la Russie, ouais. Ouais, c'est ça, avant d'arriver… En fait, je n'avais jamais fait gaffe que la Finlande n'avait pas d'accès à la mer au nord. Bref. Ouais, directement, on passe sur la Norvège. Ouais, c'est ça, c'est la Norvège. Ok. Ok, punaise. Donc, ça s'est transformé du coup en le tour du lac d'Inari. Les conditions… Donc, vous êtes quand même parti en février, c'est bien ça ? Ouais.
Loïc Ok.
Invité 1 Ok. Ok. Donc, hiver polaire, sympa. Comment est-ce qu'on se prépare à trois ? Sachant que toi, donc Andy, tu avais déjà fait une exp avec Noël. Oui. Mais il n'y en avait eu qu'une entre guillemets et avec Mathis, vous n'aviez jamais rien fait ensemble avant. Non, non, non.
Tortuga Donc, comme Mathis le disait, moi, j'étais un petit peu le… même si je n'aime pas dire ça, le chef d'orchestre parce que moi, je connaissais Mathis, je connaissais Noël. Mathis et Noël ne se connaissaient pas de base. Donc, c'est vrai que moi, je me suis occupé de toute la partie logistique hors partie film qui a été gérée par Mathis. Donc, logistique, c'est le choix de la tente, les poucas, les vêtements, voilà, tout ça, tout ça. De là, j'en suis venu à… En fait, on voulait… le but, c'était de faire une aventure qui ne ressemble pas aux autres. Tu commences un petit peu à me connaître, mais moi, je n'aime pas faire comme les autres. J'aime bien m'inspirer des autres, mais ne pas faire… ne pas faire à l'identique. Et là, le but, c'était de s'immerger un petit peu plus dans le… dans la culture des Samis. On y reviendra juste après. Et en fait, de là, en discutant avec Noël et Mathis, on en est venu à se dire, ce serait bien de vivre cette aventure un petit peu à la Jack London. Donc, comme Mathis le disait précédemment, donc partir avec un poêle à bois, partir avec vraiment une grande tente tipi qui est prévue pour les conditions… conditions extrêmes de froid. Mais obligatoirement, on n'est pas sur une tente… une tente d'expédition qui pèse 2 kg, où on est dedans les uns sur les autres. On voulait vraiment que la tente soit un lieu de convivialité, pour qu'on puisse discuter, qu'on puisse passer du temps dedans. Bon, au final, on a passé plus de temps à faire chauffer les gourdes, etc. Mais voilà, pareil, on y reviendra tout à l'heure. Mais c'est vrai que moi, j'ai géré toute cette préparation, bien sûr, en demandant les avis de Mathis et de Noël. Mais j'ai géré toute cette partie un petit peu logistique. Noël, lui, s'est occupé de plus de la partie itinéraire, choix des parcours, travail sur le… vraiment sur le parcours en profondeur avec… Bon, maintenant, c'est un petit peu facilité avec Google Earth parce que tous les tracés, c'est lui qui les avait faits. Et Mathis, lui, il s'occupait un petit peu plus de la partie… Bah, un petit peu plus, non. Il s'occupait de la partie son, vidéo, choix du matériel, voilà, un petit peu le descriptif de l'aventure en amont, de ce qu'il voulait, de ce qu'on allait rechercher, etc.
Invité 1 Ok. Excellent. D'ailleurs, sur ce point, Mathis, parce que j'ai jamais vraiment vécu de l'intérieur, tu vois, un tournage de film pendant une aventure, mais ça représente… qu'est-ce que ça implique, en fait ? Tu parlais de, tout à l'heure, pour les besoins du film, il faut parfois s'arrêter, etc. À quel point est-ce que ça prend de la place dans une expédition comme celle-là ?
Andy Bah, c'est une très bonne question. En fait, parfois, j'ai des remarques quand je suis parti, par exemple, pour la première fois en Laponie en Suède. J'ai fait le Kingsleyden, qui est un sentier balisé, qui pour moi était une aventure. En plus, on est resté en pleine tempête avec l'autre personne avec qui j'étais. On a connu une tempête pendant les deux semaines où on était là-bas. Donc, pour moi, c'était la première fois que j'étais dans une tempête de neige. Et j'appelais ça, du coup, une aventure. Et j'ai eu beaucoup de remarques qui disaient « mais moi, je l'ai déjà fait, ça se fait, c'est faisable, nanana ». Ce n'est pas une aventure. Et en fait, ce que les gens oublient forcément, c'est que derrière, en fait, tout ce que ça implique aussi d'essayer de capturer des images, de ramener du matériel, ça va rajouter une difficulté à ton voyage qui va transformer ton aventure en quelque chose d'une vraie aventure. C'est-à-dire que l'aventure, elle fait partie aussi de réussir à capturer ce moment-là, tout ce moment-là. Et ce qui n'est pas évident parfois et ce qui ne peut pas arriver, tu peux rentrer sans images. J'ai des collègues, entre guillemets, des gens qui font un peu la même chose que moi, qui ont déjà été pris dans une tempête et qui ont préféré ne pas prendre le risque, par exemple, de prendre des images. Et donc, quand tu es tout seul, en vrai, c'est plutôt simple parce que tu fais un peu ce que tu veux. Tu vas à ton rythme, tu peux poser ta caméra, aller la rechercher quand tu veux. Si tu n'as pas envie de filmer, tu ne filmes pas. C'est pour ça que généralement, je suis tout seul, c'est que pour moi, c'est beaucoup plus simple de gérer ça. Ouais. Là, quand on est plusieurs, ça rajoute, je me suis rendu compte, notamment aussi dans cette aventure-là, mais dans d'autres aventures aussi où j'étais en groupe ou à deux. Et en fait, parfois, toi, tu es vraiment à fond dans ton… justement dans cet objectif de faire un film. Et par exemple, Noël, lui, était vraiment focus sur l'aventure, sur la partie technique, aventure, etc. Et du coup, parfois, on divergeait un peu sur le moment. Et puis, tu sais, c'est des moments assez extrêmes quand il fait très froid. Tu sais qu'on va galérer à trouver un endroit où poser sa tente, etc. Lui, il gérait en fait des points qui étaient différents aux miens. Et ça, parfois, c'est un peu compliqué parce que du coup, il faut réussir à s'entendre. Et quand je disais, écoutez, là, il faut qu'on s'arrête, il y a un beau plan à prendre. Et bien, Noël, c'était à lui. Il devait me dire, écoute, OK, on s'arrête. Par contre, on ne peut pas s'arrêter trop longtemps, sinon on va refroidir. Donc, c'est là où ça va être compliqué. C'est qu'on va devoir gérer en même temps le côté où il y a nous, en fait, en tant que personne, à faire attention parce qu'on est dans un milieu assez hostile et qu'on n'a pas non plus trop de temps à perdre parce que le soleil se couche très tôt. Et moi, de mon côté, en fait, du coup, à gérer l'image et de dire, OK, bon, là, il y a une belle image à prendre, mais il ne faut pas que je prenne trop de temps, etc. Donc, ça rajoute encore beaucoup plus de complications à l'aventure. Et effectivement, comme je disais tout à l'heure, les journées sont très courtes. Donc, j'ai un laps de temps très court pour filmer. Au début, on y reviendra, mais on a eu des températures qui avoisinaient les moins 30. Bah là, il y a la moitié de mon équipement qui marchait plus. La GoPro, elle ne s'allumait plus. J'avais beau la mettre dans la boudoune, il faisait beaucoup trop froid. Le drone, il n'y avait plus de question de lancer le drone. Donc, j'ai dû faire avec le portable au début et la caméra 360 que j'avais qui fonctionnait très bien dans le froid. Donc, il fallait vraiment s'adapter. Et il y avait aussi des moments compliqués. Par exemple, en fait, se dire le matin, là, on se réveille. Il faut sortir de son duvet. C'est le pire moment de la journée. Et là, il fallait que je sorte du duvet en disant, bon, allez, Mathis, tu sors du duvet. Mais là, il faut au moins un shot, un plan de nous qui sortons du duvet. Prends ta caméra et tu refais le plan une deuxième fois. Donc, il fallait faire deux fois la scène, sortir du duvet, aller chercher la caméra, l'allumer, machin. Hop, tac, se remettre dans le duvet, ressortir, refilmer un peu les autres. Donc, c'est des petits sacrifices. Mais quand tu as enfin le shot parfait et le moment que tu voulais, c'est que du bonheur. Et moi, il y a toujours un peu un credo. C'est plus le plan est difficile et chiant à prendre, plus c'est un plan qui va être bon. C'est ça. Parce que du coup, généralement, dans les plans les plus compliqués à prendre, tu n'as pas envie de les faire. C'est pour ça que ça rend beaucoup mieux à l'image. C'est que ce sont des plans qui ne sont pas pris par tout le monde.
Invité 1 J'en parlais avec un autre invité. Alors, l'épisode n'est pas encore sorti au moment où on enregistre, mais qui a traversé. Alors, il ne voulait pas qu'on le présente de cette façon, mais je crois qu'en fait, c'est quand même le cas. C'est le premier à avoir fait une traversée hivernale en solo et en autonomie de l'Islande à vélo et avec une pulka derrière le vélo. Et avant ça, il avait fait un trip l'été, une traversée nord-sud puis ouest-est, je crois, de l'Islande, là encore à vélo avec des amis. Et donc là, pour celui-là, il avait fait un film. Et en fait, c'est exactement ce que tu dis, Mathis. Tu as des plans dans le film où ils sont pris dans la tempête. Et franchement, moi, je lui ai posé la question. Comment tu peux penser en pleine tempête ? Enfin, tu vois bien que c'est la galère. Limite, les vélos s'envolent, etc., chassent sur le côté. Comment tu peux penser à sortir ta caméra pour faire un plan à ce moment-là ? Et il disait un petit peu, finalement, comme toi, que c'est ça qui montre aussi l'intensité de l'expérience, en fait. Donc, c'est intéressant.
Tortuga Et là où moi, si je peux revenir là-dessus, c'est là où on voit... Parce que des fois, on entend que ce n'est pas un métier, être aventurier, faire des films d'aventure. Et en fait, moi, je me suis rendu compte à quel point Mathis, ce qu'il faisait, c'était un vrai métier. Parce que, en fait, l'Islande, par exemple, il y a trois jours, les trois jours les plus difficiles qu'on a vécu en Islande, on n'a aucune image. Parce que nous, notre but, c'était de continuer. Et on n'avait personne comme Mathis pour nous dire, stop, on fait un film. Ça, il faut le filmer. Alors oui, c'est dur. Mais tu verras, tu seras content de l'avoir en image après. Et c'est vrai que là-dessus, c'est un vrai métier de savoir dire stop. Surtout à deux émergumènes comme Noël et moi. Surtout Noël parce que moi, j'étais un petit peu sur la balance à l'avant. On a tracé. Oui, mais c'est vrai que c'est un métier. Il faut savoir dire stop et ça paraît facile de dire ça. Mais moi, pour avoir vécu les deux aventures où sur l'Islande, je n'ai pas dit stop et du coup, il y a des images qu'on n'a pas. Moi, je les ai dans la tête, mais ils ne sont pas retranscrits à travers une vidéo. Et là, les images qu'on va avoir dans le film, ça va être un vrai métier.
Andy Mais oui, justement, j'ai une petite anecdote. Enfin, une anecdote. J'étais à Val d'Isère, j'étais invité pour le festival du film d'Aventures et de Découvertes, qui est présenté chaque année par Sylvain Tesson. Et du coup, Sylvain Tesson, quand il présentait le festival à l'ouverture, il avait dit quelque chose qui est très vrai. Il a fait une citation d'une autre personne qui avait écrit ça. Vraiment, en fait, le but, ce qu'on apprécie dans le film d'Aventures et dans l'Aventures, ce n'est pas de voyager, mais c'est le fait d'avoir voyagé. Et c'est vrai que quand tu es dans l'Aventure, tu n'as qu'une envie, c'est de rentrer. Tu douilles, tu as froid, tu te dis mais qu'est-ce que je fais là ? Et il disait que c'est vrai que c'est le fait de l'avoir fait qui est le plus satisfaisant dans l'Aventure. Et quoi de mieux, quand tu l'as fait, de le partager ensuite et de montrer aux autres et de partager ce que tu as vécu sur place. Et c'est pour ça que tout le monde, généralement les aventuriers, ils font des livres, ils font des films, etc. Pour partager ce qu'ils ont vécu. Et c'est pour ça que ça fait vraiment le partage et la captation un peu, l'écriture, la photo ou la vidéo, ça fait aussi partie de l'Aventure en soi. Et comme tu disais Andy, c'est vrai que pouvoir parfois s'arrêter et même prendre le temps d'immortaliser le moment, que ce soit même en toi ou avec un appareil ou autre, que ce soit la vidéo ou l'écriture, ça fait partie de l'Aventure. Pour moi, en tout cas, c'est quelque chose de très important.
Invité 1 Est-ce que tu arrives quand même, du coup c'est plus pour toi Matisse, à rester dans l'Aventure, à profiter de l'instant, à vivre l'instant pleinement ? Ou est-ce que tu es quand même en permanence en train de réfléchir ? Est-ce que ça ferait un bon plan ? Est-ce que je sors la caméra maintenant ? Qu'est-ce que je fais pour un prochain plan ? Est-ce qu'au bout d'un moment, ça ne prend pas trop de place ?
Andy Oui, j'ai beaucoup cette question. Alors, ça dépend. Ça dépend vraiment de l'Aventure et du moment. Mais en fait, vu que moi, c'est une passion aussi la vidéo, quand j'ai le bon plan, je ressens la même chose que quand je m'assieds par terre et que j'observe un coucher de soleil, un coucher de soleil, j'ai la même pique de la molécule de joie. D'endorphine. D'endorphine ou de... D'opamine. D'opamine. D'opamine. Voilà, un petit pic de dopamine qu'on vient chercher. On l'a pareil. Quand j'ai lancé mon drone et qu'il atterrit alors qu'il faisait très froid et que je pensais qu'il allait se cracher et qu'il est revenu avec cette incroyable image, je me dis, c'est précieux ce que j'ai. Et puis, il y a autre chose aussi, c'est que, en fait, alors certes, parfois quand tu es un peu focus sur le bon plan, etc., tu es moins dans le moment présent de temps en temps ou quand tu pars juste faire ta rando ou ton aventure sans artifice, entre guillemets. C'est sûr que tu es beaucoup plus dedans à 200%. Mais en fait, cette prise d'image, c'est ce qui aujourd'hui me permet d'en vivre. Et c'est ce qui me permet d'en vivre tous les ans, de pouvoir repartir quand je veux à l'aventure et de voyager tout le temps. Donc, en fait, c'est un petit sacrifice qui me permet d'avoir plus de moments où, évidemment, je vais en profiter aussi sur le terrain. Donc, voilà. Excellent.
Invité 1 OK. Ce que je vous propose, c'est de rentrer dans le vif du sujet avec cet exp à Inari. Inari, c'était le point de départ, d'ailleurs, la ville en tant que telle ? Je fais l'expert, là, mais je vous pose la question juste parce que j'ai la carte sous les yeux et que je vois qu'il y a une ville qui s'appelle Inari. Mais sinon, je sais. Non, on est parti d'Ivalo au début. On a atterri à Ivalo. OK.
Andy Et ensuite, on a décidé de faire en trois jours Ivalo-Inari. Mais c'est un peu le test. Et heureusement qu'on l'a fait. Parce que du coup, on rejoignait vraiment le vrai point de départ, c'était Inari. Et finalement, en fait, la moitié de ce qui nous est passé, c'était entre Ivalo et Inari. Et on s'est dit, en fait, pendant deux, trois jours, trois, quatre jours, là, on va tester, on va se tester l'équipement, etc. Et puis, quand on arrivera à Inari, il y aura des habitations, il y aura peut-être des petits commerces. Donc, on fera le point là-bas. OK.
Invité 1 Et c'était quoi, avant qu'on parle de ce qui s'est passé, c'était quoi les points que justement vous vouliez tester ou sur lesquels vous étiez particulièrement vigilant ? J'imagine qu'il y avait, par exemple, les habits pour l'isolation, enfin le côté thermique des habits. Mais est-ce qu'il y avait autre chose que vous vouliez tester en vrai sur cette section ?
Tortuga Déjà, c'était aussi apprendre à cohabiter à trois. Voilà. Donc, obligatoirement, il y a des rôles qui se prennent dans un groupe. Et ces trois jours, ça permettait vraiment d'apprendre si Matisse, on pouvait lui rentrer dedans direct ou s'il fallait y aller tranquillement dans les paroles. Il y en a qui aiment bien être agressif. Donc, c'était les trois jours, c'était ça aussi. C'était apprendre à se connaître, apprendre à savoir se parler, apprendre à se dire les choses. Et en plus de tout le matériel, j'ai envie de dire, c'était quand même cette partie-là qui était la plus importante parce qu'au final, on cohabite quand même ensemble pendant deux semaines. Et si ça se passe mal, j'ai envie de dire, on est obligé de rester ensemble parce qu'on n'a qu'une tente, on n'a qu'un poêle, on n'a que deux boules qu'un. Donc, on avait trois jours justement pour voir si ça allait bien se passer. Ok.
Invité 1 Et toi, Matisse, d'un point de vue technique, est-ce qu'il y avait des choses en particulier sur lesquelles tu voulais être vigilant pour cette section en jacainnari ?
Andy Je pense et je pense qu'Andy va être d'accord avec moi aussi, c'est le poil. Ouais. En fait, on est parti vraiment qu'avec un poil sans... On n'a pas pris de bouteilles de gaz et tout. On s'est dit qu'on le prendrait de toute façon à Inari un secours. Mais on s'est dit là, on va tester le poil à bois. Donc vraiment, entre Ivalo et Inari, on n'avait que le poil à bois et ça va nous poser problème justement. On va en expliquer après. Mais heureusement qu'on est parti qu'avec ça parce que ça a vraiment... Là, on a des choses à raconter quoi. Et du coup, bon, effectivement, l'équipement, il y avait certains... Moi, j'étais un petit peu sceptique parce qu'on avait du coup des sponsors. Il y avait certains équipements que c'est la première fois qu'on les testait, même si j'étais allé à la montagne avant. Dont la doudoune qui finalement a bien tenu, à part moi qui l'ai brûlé sur le poil à bois et tout sortait de la doudoune. Et j'étais en panique déjà parce que ça vonnait de commencer. Et puis, moi, niveau matériel aussi, je me suis dit c'est cool parce que du coup, moi, je vais pouvoir tester dans ces conditions-là le matériel. Et ensuite, aviser qu'on arrivera à Inari, pouvoir recharger le matériel, savoir si ça s'est beaucoup plus déchargé que d'habitude, etc. Donc, ouais, c'était vraiment une opportunité de tout tester et de connaître du coup les deux loustiques. Et de voir comment, comme disait Andy, on allait vivre l'aventure ensemble.
Invité 1 Ok. Bon, et du coup, sur le terrain, visiblement, déjà rien que cette première section, donc trois jours, c'est ce qu'il vous a fallu en vrai pour le faire. Oui.
Andy Trois jours, c'est Andy, si je me souviens bien.
Invité 1 Ouais, c'est ça. Ok. Et bon, bah du coup, qu'est-ce qui s'est passé ? Ça a l'air d'avoir été riche déjà.
Andy Premier jour, Andy, vas-y. Ouais.
Tortuga Moi, j'ai été surpris déjà de l'accueil en Finlande au niveau d'Ivalo, vraiment la frontière Ivalo avec le lac. C'est que souvent, on entend dans les pays nordiques qu'on peut dormir dans le jardin, ils sont ouverts. En fait, là, on s'est retrouvé face à un problème, c'est qu'au démarrage, obligatoirement, on est juste à côté de l'autre. C'est qu'au démarrage, on est juste à côté de la ville parce qu'on marche. Donc, même si on fait cette borne, on est juste à côté. Première nuit. Ouais. Et on se retrouvait toujours dans des jardins, dans des maisons. En fait, il n'y avait jamais d'espace libre. Donc, en fait, la première nuit, plusieurs fois, on allait, Mathis allait voir les gens pour savoir si on pouvait planter la tente là. Et en fait, on se prenait des vents. À chaque fois, il y en a même une à un moment donné, elle nous avait dit oui. On commence à tout sortir, la pelle, on enlève la poudreuse et tout pour se mettre bien. Et en fait, elle est revenue dix minutes plus tard pour nous dire mais non, en fait, vous ne vous mettez pas là. Donc, on a dû tout remballer. Il faisait noir. C'était la première nuit. Elle s'est passée comme ça, en fait. Et au final, on a quand même su, on est arrivé dans une maison où le monsieur nous a laissé une partie de sa cour, en fait, pour planter la tente. Et je vais laisser Mathis expliquer ce qui s'est passé parce que c'est lui qui l'a vécu. Moi, j'ai vécu le lendemain.
Andy Je le raconte. En gros, en fait, au début, on passe. C'est un peu l'embouche. Il y a un début de rivière, de ruisseau, en fait, qui est gelé. Et c'est très, c'est déconseillé de, on est assez proche des bords, donc des… Des berges. Des berges, voilà. Et du coup, ce n'est pas du tout conseillé vraiment de poser sa tente au-dessus de l'eau, surtout à ce niveau-là, quoi. Quand tu es au milieu du lac, tu sais que la glace est épaisse. Ici, on n'était pas trop sûr. Donc, il fallait qu'on aille sur les berges. Mais effectivement, comme ils ont dit, les berges sont privées. Et en fait, maintenant que je recule, je pense que, tu vois, en plein février, il n'y a pas beaucoup de gens qui font ce qu'on a fait. Et du coup, de voir trois gars barbus avec tout un équipement, tu vois, qui viennent toquer aux portes, le soleil s'est couché. Les mecs, ils se sont dit, ça, c'est bizarre. Non, on ne veut pas d'eux sur notre terrain. Et c'est vrai qu'ils étaient vraiment froids, quoi. Et quand on a réussi enfin à trouver ce vieux monsieur qui a plus ou moins compris ce qu'on voulait et qu'on a commencé à planter notre tente, il y a un gars qui débarque de nulle part. Alors, juste avant, on était allé couper du bois pour notre poêle à bois, qu'on a galéré à allumer parce qu'il faisait moins de 30. Donc, on a coupé du bois, mais on a vu qu'il y avait une petite maison en face avec un stock de bois déjà bien coupé. On s'est regardé avec Noël, on s'est dit, bon, allez, on se prend une ou deux bûches, ni vu ni connu. Ça va, c'est pas non plus... C'est quelques bûches de bois. Ça va nous aider à nous réchauffer parce que là, on a très, très froid. Il faisait très, très froid. On a une grosse claque dès le début. Et là, il y a un gars qui arrive. Je ne sais plus, il n'est pas venu en voiture, non ?
Tortuga Il s'est garé en haut, ouais.
Andy Il s'est garé, ouais. Il arrive et tout machin. Et puis, il vient nous voir. Et clairement, il était alcoolisé. Et puis, il vient... Donc, moi, j'étais un peu le gars qui allait vers les... Oui, très vite dans le groupe, on a commencé à avoir son rôle. Et dès qu'il fallait parler à quelqu'un, c'était moi. Parce que du coup, bon, je parlais peut-être un peu mieux anglais. Et puis, moi, je m'en fichais un peu. J'allais vers les gens, je m'en fousais. Donc, ils ont dit, bon, tu te déberdes avec lui. Nous, on va faire le bois. Et du coup, je commençais à lui parler. Et puis, il était bourré. Et il me dit, ouais. Il commence à me parler de l'OTAN, de la Finlande, de la Russie. Je dis, voilà, je ne vois pas partir. Il fait moins de 30. On est fatigué de parler. Et là, d'un coup, dans plein de discussions, il me pointe du doigt et il me dit, écoute, le vieux qui est là, derrière, là, dans la maison, c'est mon père. S'il lui arrive quoi que ce soit, t'es mort. Je lui dis, pardon, excuse-moi, que je n'ai pas compris. Il dit, s'il lui arrive quoi que ce soit, là, c'est mon père, je te tue. Et il monte moi, en plus. Du coup, les autres n'étaient pas là. J'ai dit, oulala, ok, ok. Il essaie de prendre une photo de moi en mode, je te retiens. Et là, je n'étais pas du tout... Je dis, ok, pas de souci. Donc, il repart. Donc, je leur explique l'histoire aux deux autres. Accueil particulier, déjà. Je dis, je ne suis pas serein. Imagine, il vient nous rouler dessus pendant la nuit. Ou je ne sais pas, il était complètement bourré. Ou au final, tu sais, quand t'es fatigué, t'as froid, tu t'endors en deux secondes. Tant pis, il a peur. Et le lendemain, on est parti très tôt. On s'en allait très, très tôt. La peur un peu au ventre. Et là, c'est Andy qui assiste à ça.
Tortuga À la scène, ouais. En fait, moi, je sors de la tente. Et en fait, je vois ce monsieur, en fait, parce que moi, je ne l'avais pas vu la veille. Et en fait, il arrive et il avait planté un couteau. Mais franchement, la lame faisait bien 30 cm. Il était juste à côté de notre tente, quoi. Planté à côté de la tente. Et en fait, juste au moment où je sors de la tente, lui, il venait le récupérer. Et donc, il y avait certainement vu qu'on était réveillé. Il ne s'était rien passé. Donc, il venait récupérer son couteau avant qu'on sorte. Sauf que je suis sorti en même temps que lui, quoi.
Andy Et du coup, il était prêt à mettre sa menace à exécution s'il y avait un souci. Et surtout qu'on s'est dit avec Noël après, mais le bois qu'on allait piquer, je crois que c'était chez lui. Il y avait les traces de pas qui allaient vers notre tente et tout. Donc, il suffisait qu'il soit énervé et qu'il dise, putain, c'est des voleurs, machin.
Invité 1 Ah ouais, ok. Ça met dans l'ambiance déjà. Ok, ok. Étonnant. C'est vrai que moi aussi, j'avais cette croyance que... Alors, c'est peut-être qu'en Suède, j'en sais rien, mais je ne sais plus comment ils appellent ça. Tu appelles ça... Ça avait même un nom. Ouais, exactement. Le fait que tu puisses... À partir du moment où tu ne laisses pas de traces et que tu te poses chez des gens sur un terrain qui est inoccupé, c'est-à-dire s'ils ne sont pas chez eux, en fait, c'est ok, mais visiblement, pas quand ils sont chez eux.
Andy Bah, je pense que oui, mais là, vu qu'ils étaient chez eux, dans ces endroits peut-être reculés où ils ne sont pas habitués aux randonneurs, peut-être que dans les endroits où ils sont habitués aux randonneurs, ils laissent. Mais là, ou alors c'est des circonstances, je ne sais pas. Mais peut-être qu'après, on va faire des rencontres qui sont très belles. Donc là, à ce niveau-là, en tout cas, vers Ivalo, faites attention s'il y en a qui veulent... Ok.
Invité 1 Ok. Bon. Donc, sa première nuit, par rapport à tout ce que vous vouliez tester, tout ce que vous vouliez évaluer là sur cette première section, est-ce que déjà il y a eu des mauvaises surprises ou au contraire des choses qui ont mieux fonctionné que prévu ?
Tortuga Bah, c'est plus le deuxième jour, puisque le premier jour, mis à part la tente, le poêle, où on s'est rendu compte déjà que le poêle, ça allait être dur, mais ça allait être faisable. Le premier jour, on s'est dit ça, ou alors on va galérer à l'allumer, mais ça allait être faisable. En fait, le deuxième jour, on est reparti assez tôt, justement, et on avait fait 7-8 kilomètres. Et voilà, c'était l'heure de manger. Il était à peu près 11 heures, on commençait à avoir faim. On savait qu'on allait devoir allumer le poêle, ça allait prendre du temps. Donc, on voyait une petite maison de pêcheurs. On se dit, bah, on va se poser là, sous le porche, pour être à l'abri du vent. Parce que là, il faisait vraiment froid. Il faisait plus de moins 30. Il y avait moins 30 affichés, mais en ressenti avec le vent, on n'était pas loin des moins 40. Et en fait, là, on a commencé à se rendre compte à quel point le poêle à bois, ça allait être difficile. Parce qu'en fait, il faisait tellement froid à l'extérieur, qu'en fait, la flamme ne chauffait pas. Ah oui. Donc, en fait, alors les gens qui ne connaissent pas vraiment, ils se disent que pour boire, c'est facile, il y a de la neige. Mais sauf que la neige, il faut la faire fondre. Et si le poêle ne fonctionne pas, on n'a pas d'eau. Et en fait, on a eu le problème que ça nous a pris une après-midi, de 11 heures jusqu'à 16 heures, pour préparer le repas et les gourdes pour le lendemain. Pour faire trois litres d'eau, oui. Et donc, en fait, on s'est dit, mais ce n'est pas possible. Tu imagines faire ça tous les jours ? C'est impossible, quoi. Vous avez fait trois litres d'eau, tu as dit, Mathis ? Oui, oui. Trois litres d'eau tellement il faisait froid, en fait, ça ne chauffait pas. Même en protégeant, il y avait... En fait, ça regelait et la flamme ne chauffait pas. C'était...
Andy Les parois étaient... En plus, du coup, il y avait du vent. On n'avait pas mis la tente. On était un peu cachés. Mais le vent froid, ça devait refroidir instantanément, en fait, le poêle. Et puis, oui. Et puis, en fait, l'eau qu'on mettait dessus sur la casserole, ça se mettait... Ce n'était pas assez suffisant, quoi. Oui. Ça mettait trop de temps à fondre. Donc, on a mis, je crois, trois litres en une après-midi.
Tortuga Oui, c'est ça. Exactement. Exactement.
Invité 1 Sachant qu'avec l'effort air sec et tout, c'est quasiment ce que vous buviez par personne par jour, non ? C'est ce qu'on devait boire.
Andy C'est vrai.
Invité 1 C'est vrai.
Andy Ça a été un gros problème, l'eau, pendant cette aventure-là, je pense. Et en fait, le problème, c'est que du coup, pour manger aussi, on a besoin de l'eau. Parce qu'on est du lyophilisé. Et donc, le soir, le soir arrive, donc on a trois litres d'eau. Mais là, on se dit, du coup, il faut qu'on mange. Donc, on a préparé avec ces trois litres d'eau. On en a déjà utilisé quasiment la moitié pour manger le soir et le lendemain matin.
Tortuga Parce qu'en lyophilisé, on n'avait que les soupes.
Andy On n'avait que les soupes, oui.
Tortuga Et tout le reste des repas, on n'avait pas pris de lyophilisé justement pour avoir un impact écologique au minimum. Donc, on était parti avec du vrac, en fait, du riz, du quinoa, tout ça.
Andy Et c'est pareil. Oui, oui, voilà.
Tortuga Ce n'était pas vraiment du lyophilé, mais c'est pas… Qui nécessite du coup un petit peu plus d'eau et un petit peu plus de temps de chauffage.
Andy Donc, c'était encore plus compliqué à ne pas prendre que du lyophilé avec du riz, du quinoa qui mettent beaucoup de temps à préparer. Donc, pour manger, pour boire, là, on s'est dit, bon, il va falloir que demain, on arrive à Inari. On s'est dit, là, on ne peut pas continuer comme ça. Ma doudoune, en plus, je la brûle sur le pôle à bois en faisant une de… pendant cet après-midi. Donc, tu as toutes les plumes qui sortent du truc. Je n'avais pas vu comment j'avais fait ça. Je me dis, bon, il va falloir qu'on aille à Inari et il va falloir qu'on y arrive.
Invité 1 C'était quoi la marque des doudounes par curiosité ? Parce que j'imagine qu'il faut des trucs quand même bien costauds pour ces températures. Colombien.
Tortuga C'était une doudoune colombien, oui. Colombien, ok.
Andy D'ailleurs, ce n'était pas que doudounes. Ils avaient envoyé les gants, le masque, on avait le pantalon. Ils avaient vraiment donné toute la tenue complète. On était un peu le test, justement. Je crois qu'ils n'avaient jamais encore testé ça en milieu. En conflit, oui.
Loïc Ok.
Andy Et au final, ça a vraiment tenu le coup. Enfin, c'était adapté à l'aventure. Par contre, il ne fallait pas l'approcher sur une surface chaude. Et vu qu'on avait le poil à bois et qu'on devait à chaque fois mettre du bois, je crois que c'est un moment dit qu'il me dit, regarde ta manche. Il y avait tout l'intérieur qui sortait. Je dis, ça, ce n'est pas bon. Donc, j'ai mis du scotch en attendant. Et pour la petite histoire, le soir, du coup, le soleil tombe. Et le froid revient. Et là, on se dit, est-ce que vraiment, on va foutre la tente ? Et on n'a toujours pas assez d'eau. En fait, cette eau, ça nous a handicapés. Et à un moment, moi, il y avait une petite table en bois et je tire la table pour la mettre devant, pour qu'on pose un peu nos affaires et tout. Il y avait une espèce de cendrier. Donc, je l'enlève. Et là, qu'est-ce que je vois en dessous ? Les clés de la cabane de pêche. Donc, on regarde et on se dit, non, non, non, non, ça ne se fait pas. On peut surtout avec l'histoire de la veille. Puis, le temps avance et tout. L'eau, on galère encore. Et là, on commence. Parce que tu vois, on reste... En fait, on ne peut pas bouger. Et à cette température-là, ne pas bouger, c'est vraiment... On peut être super bien équipé. Vraiment, on commençait beaucoup à se refroidir. Et on avait besoin de cette eau. Donc, on ne pouvait pas avancer. Donc, à un moment, je regarde et je dis, attends, je vais quand même tester, voir si ça marche. Et j'ouvre la petite partie. Donc, je pense que ça va être une cabane d'été ou de pêche pas trop utilisée. Enfin, pas trop utilisée. Qui devait être utilisée par je ne sais pas qui pour l'été. Et j'arrive à ouvrir la partie sauna. Et je me dis... Enfin, qui est du coup... Donc, à l'intérieur, il fait aussi froid qu'à l'extérieur. Donc, vu qu'il ne s'est pas du tout isolé. Et on se met dedans. Donc, on est un peu à l'abri du vent et tout. Mais on se regarde et on se dit, bon, allez, il était quoi ? Il était 17h, là, il faisait nuit noire. Est-ce qu'on t'est-il pas à voir à l'intérieur de la cabane ?
Tortuga Moi, je me souviens vous avoir dit... Et du coup, là, c'est mon retour avec Thierry. Je leur dis... Par contre, je vous le dis, je vous dis, un truc comme ça en Islande avec Thierry. Je dis, on est en cas extrême, on rentre dedans. Et là, je les ai vus tous les deux avec un sourire comme ça. En fait, ils attendaient juste qu'il y a un gars qui leur dise... Ouais, qui leur sentait...
Andy Et là, au début, il était là, non, c'est pas possible, on peut pas et tout. Puis moi, j'étais là, j'étais un peu entre deux et on dit, on s'en fout. De toute façon, on va rien prendre et tout. Donc, on arrive à ouvrir la porte et on voit les petits chaussons, le truc, le confort et tout. On se regarde, on se dit, quand même... Et moi, je vois qu'en fait, en haut, il y a une espèce de grenier comme un refuge non gardé. Un grenier avec justement des matelas et tout. Justement, je pense, pour dormir à l'arrache et tout. J'ai dit, mais c'est parfait, comme ça, on n'a pas rentré dedans. On se met dans le petit grenier. Et du coup, on a passé la nuit là-dedans, dans ce grenier. Et ça faisait du bien, même s'il faisait aussi froid dedans. Le fait d'être comme dans une... Vraiment à la maison, quoi. Bah, psychologiquement, ça nous a fait du bien.
Tortuga On a quand même... Mathis a quand même mis un petit mot sur la porte.
Andy Ouais, on a mis un petit mot. Genre, on s'est dit, bon, vu l'expérience qu'on a eue la veille, on a mis un petit... J'ai écrit un truc en mode, vous en faites pas, on est gentil. On a mis trois petits bonhommes. On est à l'intérieur, on reste juste pour la nuit. Ne nous tuez pas ou un truc comme ça. Au cas où on soit surpris en pleine nuit par les habitants de la cabane, quoi. Excellent.
Invité 1 Du coup, arrivé à Inari... Ah non, attends, c'est pas fini. C'est pas fini. Ah ouais, la vache, ça a été intense ces trois jours, là. En fait, les trois premiers jours qui sont longs, après ça commence à dérouler.
Andy Après ça va, ouais. Et ouais, le troisième jour, donc on s'est dit, il faut qu'on se lève vraiment de bonheur. Là, on a... Du coup, on se réveille avec un litre et demi, je crois que c'est ça on dit. Ouais, un litre et demi, ouais. Pour trois. Donc on se fait notre petit café rapide et tout, mais on a quasiment que un litre pour trois pour une journée. Et on s'est dit, là, il faut absolument qu'on arrive à Inari, parce qu'on ne tiendra pas comme ça.
Invité 1 Parce que question... Pardon, je te coupe Mathis, mais question bête, mais quand on regarde la carte de l'Islande, il y a des points d'eau, enfin, il y a de l'eau partout. C'était pas un sujet là, par exemple, désolé, si la question est stupide, mais de péter la glace à un endroit et d'aller chercher de l'eau, même si elle était glaciale.
Andy Ah non, ouais, c'était... Ouais, t'as trop de neige. Ouais, à moins 30, moins 40, l'épaisseur de neige, de glace aussi. Et en fait, même si c'est possible, il te faut des outils, il te faut une foreuse pour percer. C'est très compliqué de percer de la glace sur un lac ou sur la neige. Si on n'est pas équipé, tu peux avoir des soucis. Il faut vraiment être équipé pour ça.
Tortuga Et puis, il faut aussi la faire bouillir. Pour la purifier. Les gens ne s'en rendent pas compte, mais en fait, il y a tellement de... Il y a des animaux sauvages qui sont là, donc on sait pas si... Tu vois, l'urine, les déjections, etc. Donc en fait, on est obligé à chaque fois de tout mettre sur le feu pour aller le fond.
Andy Ouais, sur toute la neige, ouais.
Tortuga Sur toute la neige, ouais.
Andy Et du coup, le lendemain, on se dit, ok, on va se lever. Je crois là, on s'est levé très tôt, 4 heures, vers 4 heures du mat', on sort et on se dit, là, on fait tout droit vers Inari. On s'arrête pas. Mathis, si vous avez regardé, pas d'image. On va tout droit et on se relaie. Donc là, c'était vraiment militaire. C'était un peu comme, je pense, toi, t'as vécu en Islande. On tire pendant une heure. Ensuite, Andy prend le relais. Paf, on met le sac à dos. Ensuite, moi, je me repose. Et du coup, on mangeait. On s'est quasiment pas nourris de la journée parce qu'on avait que des cacahuètes, des trucs. On n'avait pas le temps de manger. On n'avait pas assez d'eau. Des barres énergisantes, on n'en pouvait plus à la fin. Et surtout, pas d'eau. Quasiment pas d'eau pendant une journée où on va faire 43 km à tracter, du coup, les poulkas pendant toute cette journée. Donc, en ski de rando ou en raquette ? En ski d'ordic, ouais.
Tortuga En ski d'ordic et en marche aussi. En marche parfois. Ouais.
Invité 1 Ok. 40 bornes. Ok. Donc, il vous aura fallu combien de temps pour qu'on se rende un peu compte du rythme pour faire les 40 bornes ?
Tortuga On est arrivé le soir à 22h. C'est ça, Mathis ? Parce que ça fait 22h, le truc. Donc, on a fait à peu près 5h du matin jusqu'à 22h.
Andy Ouais. Non-stop. Non-stop, ouais. Et à la fin, on était tellement fatigués. Psychologiquement, c'était très dur parce qu'on voyait les lumières de Guinari. Donc, on était super contents. Mais en fait, à ce moment-là, je me rappelle le temps, il s'est arrêté parce que tu avais beau tirer et avancer. La neige, en plus, s'était levée, il faisait nuit. Donc, tu avais beau tirer, tu as l'impression que les lumières n'avançaient pas. Et psychologiquement, c'était une souffrance parce que ça avançait tellement doucement. On se disait, mais quand est-ce qu'on arrive ? Et on les voyait, c'était là, quoi. Et à un moment, il y a Noël qui a fait un petit malaise parce qu'on n'avait plus d'eau, quoi. Donc, il s'est posé sur la pulca et on lui a donné les dernières gouttes d'eau. Et moi, je me rappelle de ce moment-là où je me suis posé sur la pulca et j'ai fermé un peu les yeux tellement j'étais fatigué. Et je me suis dit, en vrai, là, je pourrais m'endormir en 30 secondes. Et je me suis dit, tu t'endors, tu ne te réveilles plus, là. Et je me rappelle, je me laissais un peu partir sur la pulca et j'ai dit, bon, allez, on y est quasiment là, on va arriver. Ça va être tellement la joie extrême, quoi, d'arriver.
Tortuga Et à ce moment-là, moi, j'étais vraiment bien physiquement. Je l'ai payé les jours suivants, d'ailleurs. Mais milieu d'après-midi, je voyais que Noël et Mathis, ça devenait dur. Et je leur dis, de toute façon, on n'a pas le choix, on est obligés d'y aller. Je dis, moi, je me sens bien. Je dis, reliez-vous sur les pulca. Je dis, moi, je garde la pulca toute la journée. Ce n'est pas grave. Je dis, reliez-vous. Et puis au final, la fin, je n'en pouvais plus parce que la dernière heure, moi, je l'ai fait sans pulca parce que j'étais usé de ouf. Mais voilà, après, on a eu… Ça reste une belle journée, cette journée, parce que même ceux qui n'avaient pas la pulca, en fait, on était là, on allait parler à celui qui était loin. Tu vois, on essayait de lui changer les idées. On essayait… Ouais, c'était très enfantin, en fait. Tu sais, on savait que c'était dur, mais on essayait de… Tiens, je vais te faire changer les idées, même si je sais que tu es en train de chier, quoi. C'était… C'est vrai que…
Andy C'est vrai que… C'était… T'as donné beaucoup d'énergie aussi à venir… Parce que du coup, parfois, Noël était plus devant, moi, j'étais derrière. Et du coup, toi, tu allais… Tu changeais de groupe et tu disais, vas-y, on discutait un peu. C'était pas mal d'un soutien jusqu'à ce qu'à la fin, tu n'aies plus de force du tout. Et là, je me rappelle, tu venais de me filer la pulca et la dernière côte. Ouais. Et pour le truc, on est arrivés, il y avait une pizzeria. Pizzeria. Tu arrives de cette étape, qui est le seul restaurant du village, et qui fermait genre la cuisine cinq minutes après. Ouais. Et Andy court vers la pizzeria et tout. Moi, je me rappelle, je les appelle parce qu'on avait en fin du réseau et je leur dis, « S'il vous plaît, laissez… » On arrive, on arrive, laissez ouvert et tout. On est arrivés et on a bu des litres d'eau. Des litres d'eau, ils l'ont vu arriver. C'était vraiment, on aurait dit un salon de western quoi. Il y avait que des finlandais bourrés dans le truc. Et on arrive et nous, on était là avec tout dégueulasse machin. Et je les regardais, je lui dis, « Où c'est que ça fait une journée qu'on n'a pas bu d'eau ? » Et le mec s'en foutait, c'est. Il était là, « Bon, vas-y, bois, paye. »
Tortuga Il servait ça dans des shops de 50 litres. Ouais, on en a bu trois comme ça. On a bu un litre et demi en cinq minutes quoi. Tellement…
Andy Ce qui n'est pas du tout à bon, on ne peut pas faire ça.
Invité 1 Comme quoi, l'ironie quand même, manquer d'eau en étant entouré de neige, ça paraît improbable quand on n'a pas vécu.
Tortuga C'est ça. Jamais je ne me serais imaginé manquer d'eau.
Invité 1 Bah, ouais, ouais. Et au-delà de ça, moi j'ai découvert justement en échangeant avec l'invité dont je vous parlais, Geoffrey. Moi, je pensais, bah, tu pars dans des milieux polaires, il y a de la neige, tu fais fond de la neige et tu bois et ça te fait de l'eau quoi. Mais en fait, il m'expliquait que non parce qu'il faut y apporter des compléments. Donc, lui, je crois qu'il a fait… Je ne sais plus, je ne vais pas dire de bêtises, mais il a fait peut-être, je crois, 40 jours sa traversée de l'Islande. Et il expliquait en fait, sur une période aussi longue, il faut que tu mettes des sels minéraux, etc. Parce qu'en fait, dans l'eau, enfin dans la neige fondue, il n'y a rien. Il n'y a absolument rien en fait. Et ton corps a besoin de ce qu'on trouve dans l'eau normalement. Donc voilà, c'est une chose…
Andy Parce que c'est vrai que l'eau qu'on boit, l'eau de source, elle est mélangée avec la terre entre guillemets quoi. Elle passe entre les cailloux, les rochers, donc ça apporte ce qu'il faut. Ce charge en temps. Alors que ce qui tombe de la pluie, l'eau de pluie, de neige, c'est que de l'eau quoi. Enfin, on peut dire que c'est que de l'eau. Donc en fait, ça te fait plein de carences si tu bois que de ça trop longtemps.
Invité 1 Et ouais, ouais. Oh punaise, ok. Bon, là au moins, vous étiez dans l'ambiance directement. Donc Ainari, j'imagine que vous avez fait quelques petits ajustements, notamment côté matos. Mathis, il a fait le plein. Le plein d'eux. Le plein de gaz.
Andy Ah ouais, ouais, ouais, putain, je suis allé acheter des bonbons de mamelles qu'on est repassés après. C'est mort, là on part, j'en ai même planqué une dans ma dodoine parce qu'on voulait en prendre qu'une. J'ai dit non, on en prend deux, c'est mort.
Invité 1 Donc vous aviez, mais parce que vous aviez déjà emmené en backup un réchaud sans les bonbonnes de gaz, c'est ça ? Ou vous avez monté un réchaud ? Oui, c'est ça. Tu avais été en réchaud, ok.
Andy Et bah du coup, on te dit, tu pourras dire un peu, cette journée là, ce qu'on avait fait, surtout on est allé se renseigner l'état du lac. Ouais. Parce qu'on est passé de moins 30 en fait, et ils annonçaient des températures quasiment positives. Donc là, ça a ajouté une nouvelle problématique. Ouais, c'est quelque chose qu'ils avaient, qu'ils voient très rarement. C'est pas du moins 30 à, tu passes pas de moins 30 à 3 degrés quoi. Et là, on passait de moins 30 à 3 degrés. Et là, ça pouvait être très compliqué pour nous, qu'ils voulions camper sur un lac gelé et avancer sur un lac gelé. Donc, on est allé au petit parlement de Samy là, qui avait dans le village. Et on discutait avec eux et tout. Et là, la petite dame, je me rappelle, elle dit, mais vous êtes malade. Et elle nous montre une photo d'un motoneige enfoncé dans le lac. Et il dit, voilà, ça c'était hier. N'allez pas sur le lac, c'est pas possible, nanana. Nous, avec Noël, je m'appelais, on s'est regardé, on s'est dit, en vrai, ça va aller et tout. On me dit, toi, t'es là en mode, t'étais plus, ça se voyait le papa de famille. T'es là et qui dit, les gars, vous avez rien à perdre. Moi, j'ai une famille à retrouver après. Et heureusement que tu étais là pour un peu faire le côté, les gars, heureux. Faut quand même qu'on prenne nos précautions. Là, ça nous a fait quand même un coup de flip et on s'est dit, bon, on se fixe une règle. On ne sort pas des sentiers de motoneige. Donc, on suit les traces un peu là où ça tient quoi. Et on fait attention, on ne va pas sur les berges où on ne va pas, etc. Donc, on s'est entretenu longtemps avec un gars qui avait les cartes. Et il nous avait entouré des endroits en disant, bon, là, on est passé, ça craint. Là, on est passé, ça craint. Il ne faut pas aller vers les berges, etc. Il y avait des zones en rouge. Donc, on s'est dit, on va suivre vraiment les pistes motoneige et faire gaffe de ne pas traverser la glace. On est allé acheter des petits outils que j'ai peut-être ici. Je ne sais pas si on voit si c'est une espèce de collier. Ouais, je ne vais pas. C'est une espèce de collier qu'on met autour du cou, là, avec des pics. Et au cas où tu tombes dans la neige, tu défais ton collier, ça te fait deux pics comme ça et tu peux t'agripper sur la glace. C'est vraiment en mode survie si tu tombes dans la neige. Bon, après, on était trois dans la glace et on avait pris de la corde au kazoo pour s'encorder. Mais au kazoo, c'est quand même indispensable d'avoir ce petit outil. Parce que tu sais, quand tu tombes dans un lac gelé, en fait, pour t'agripper sur la glace, tu ne peux pas. Il n'y a plus d'adhérence. Il y en a qui se noient comme ça parce qu'ils ne peuvent pas sortir de leur trou. Donc, il y a ce petit crochet, ce petit piqué qu'on avait pour sortir.
Tortuga Et ouais, ça posait plusieurs problèmes. Le réchauffement, c'est que déjà, d'un point de vue, comme Mathis le disait, moi, j'avais promis une chose à ma femme avant de partir, c'est de ne pas prendre de risques. Quand elle m'a montré la motoneige, la première chose que j'ai vu, c'est que j'ai vu la tête de ma femme en disant « Je t'ai dit de ne pas prendre de risques ». Je me suis dit « Hep, hep, hep, les gars, tranquille, tranquille ». Et le deuxième problème, c'est que nous, on avait prévu une tente pour vivre à Jeff London, une tente qui est assez grande, qui devait être plantée sur la glace. Sauf que du coup, on n'avait plus le droit de planter la tente sur la glace parce que dès que tu sortais des chemins de motoneige, tu pouvais passer à travers, il y avait de l'eau. Donc, en fait, la seule solution, c'était soit de rester sur les chemins de motoneige, soit d'avancer tranquillement sur les berges et de planter la tente sur la berge. Sauf que les berges, des fois, elles sont en hauteur. Donc, en fait, il faut réussir à les atteindre. Et encore, quand on arrive à les atteindre, ce n'est jamais régulier. Il y a quand même des différences de niveau, il y a des arbres, il y a de la poudreuse. Il y a énormément de poudreuse. Moi, j'ai vraiment pointé du doigt cette problématique qu'on allait avoir. Donc, c'est vrai que moi, j'avais beaucoup de mal. Au début, je me suis dit, ce n'est pas possible. Il faut qu'on change d'itinéraire complètement. Et puis voilà, après, en discutant, on a trouvé l'idéal pour nous trois. Et au final, on a quand même su plutôt bien s'en sortir. Mais c'est vrai que ce changement brutal de température, ça a quand même... Ça nous a mis quand même pas mal en difficulté au vu du matériel qu'on avait pris.
Andy Et c'est vrai qu'en fait, limite, on aurait préféré qu'on restait à moins 30. Parce que, en fait, la problématique, on va revenir un peu dessus, mais c'est que maintenant, tout était humide, tout fondé. L'humidité, c'est horrible aussi dans ces milieux-là. Au moins, quand c'est gelé, c'est gelé. Tu as tout qui gèle, mais tu n'as pas d'eau, quoi. Ce n'est pas humide. Là, l'humidité, c'était assez compliqué. Tout était humide, ton sac de couchage qui était gelé est maintenant humide. Tu étais vraiment dans l'humidité constante. Et du coup, quand on était encore à Inari, on s'est posé, on s'est dit, bon, on va voir, on va au moins faire la traversée du lac et on va voir comment ça se passe. Et au pire, on s'arrêtera au nord. On aura déjà fait la traversée de cet immense lac qui serait quand même incroyable. Noël, ça se voyait que dans le fond, lui, c'est un ultra trailer. Il voulait aller au bout de son truc, quoi. Son but, c'était vraiment de faire ce tour-là. Ça se voyait qu'il y avait vraiment ce côté de la niaque. Et nous, on était là en mode, on va faire attention quand même et on va prendre nos précautions. Il faut qu'on prenne notre temps pour le film et tout. Et du coup, moi, j'en ai profité. J'ai fait mon rôle. J'ai rencontré des Samis directement à Inari. On est dans un parlement. On a eu trop de chance. C'était la journée des Samis. Genre, on est arrivé pendant la journée des Samis. Donc, je suis allé les interviewer. On est allé manger des trucs. J'ai rencontré un autre gars qui me suivait sur les réseaux, sur Tortuga, qui faisait aussi… Lui, il passait par la route à pied tout seul et tout. Donc, on a discuté. Il était bon en couture. Il m'a réparé mon adoudoune. Voilà. Donc, on a fait le plein de provisions. Et puis, on était partis. Direction vraiment l'aventure plein nord, là.
Tortuga Parce que c'est vrai que je vais revenir là-dessus, mais pour les gens vraiment qui écoutent le podcast qui ne sont jamais vraiment partis dans ce genre d'aventure, il faut s'imaginer qu'à moins de 30 degrés, quand on tracte les poulkas, on est en veste. On a chaud. Parce qu'il y a des dépenses, le corps chauffe et on a chaud. Donc, en fait, quand il faisait 3 degrés, on avait envie de se mettre en t-shirt. Au mois de février, à 400 km au nord du cercle polaire arctique. En t-shirt, il faut… Il y a des gens qui, quand on parle de changement climatique, c'est pas vrai. Mais il faut s'imaginer qu'on est tout là-haut en t-shirt. Donc, c'était vraiment un problème parce que les vêtements, en fait, il fallait toujours jongler, toujours mettre une veste, enlever la veste, enlever un t-shirt, remettre un autre t-shirt. C'était vraiment… Parce qu'en fait, on ne pouvait pas suer. Parce que si tu sues le soir, dès que le soir tombe, les températures baissent. Donc, si tu as fait un froid, tu gèles. Donc, c'était vraiment un calcul à faire. C'est vrai que ça, c'était quand même un peu compliqué avec les variations de température. Ça a été un boulot monstre, quoi.
Invité 1 C'est Mike Horn, je crois, de sa dernière expédition de mémoire. C'est pole to pole, je crois. Pole nord, pole sud. Je ne sais plus en quelle année il a fait ça. Mais il explique que, ouais, quand il est parti avec Borghi, Haussland, pour rejoindre le pôle nord, qu'en fait, ils ont été confrontés à un problème qu'ils n'avaient jamais eu, à cause du réchauffement climatique, qui est qu'il n'y avait pas de glace, en fait. Il marchait sur l'eau, sur des pellicules de glace tellement fines qu'il était obligé de rester en combinaison étanche, alors que normalement, il ne devait les mettre que pour faire des traversées, en gros, d'iceberg en iceberg. Donc, ouais, ça a la... Enfin, les... Je ne crois pas à me tromper en disant que les effets, scientifiquement, ce qui a été prouvé, c'est que les effets, en fait, du réchauffement sont amplifiés aux extrémités, en fait, c'est-à-dire au pole. Donc, c'est quand même flippant, parce que 30 degrés d'écart en quoi, 48 heures, en fait ? Enfin, même pas, à 24 heures. Vous êtes arrivé, il faisait moins 30, le lendemain, il faisait 3, quasiment, c'est ça ? Ouais, c'est ça.
Andy C'est un truc de fou. Et, bah, au moins, on a vu l'impact, parce que c'est vrai que, donc, c'est des phénomènes qui... Naturels, hein, ça... Bon, on peut... Les températures peuvent varier. Mais là, d'avoir un aussi gros pic... C'est pour ça qu'on... Bon, on peut pas vraiment parler de réchauffement, c'est vraiment un bouleversement climatique. C'est juste plus... C'est sans dessous dessus. D'avoir une variation aussi extrême, et surtout que ça tienne dans le temps, et quand... Parce que normalement, ils me disaient, bon, bah, parfois, ça arrive un peu, mais en février, tu retombes vite à moins 20, moins 30, quoi. T'as l'espèce de redou, comme on appelle des redous. T'as un vent... Et là, d'avoir cet extrême, et puis d'un coup, une température estivale pendant quasiment deux semaines... Bon. Après, moi, de mon côté, ça me permettait de rallumer mon drone, les caméras, donc j'étais là, bon, bah, c'est cool.
Invité 1 Ouais. Est-ce que c'est un sujet que t'as évoqué avec les Samy que vous avez rencontrés, d'ailleurs ?
Andy Ouais. C'est un sujet qu'on a évoqué, d'ailleurs, et un des gros impacts qu'ils ont, les Samy, avec ce changement climatique, et avec ce redou, par exemple, c'est les rennes, en fait. Donc, j'aurais jamais imaginé que c'était ça, mais les rennes, du coup, parce qu'ils élèvent des rennes, eux, mangent... Ils ont une technique pour gratter la glace et pour aller manger des petites plantes qui sont prises dans la glace, des pousses, etc. Et en fait, quand il y a cette espèce de pic, ces changements constants de température, en fait, les couches de glace, il y a des couches qui fondent, qui regèlent, qui fondent, etc. Donc, ça fait des espèces de strates qui vont piéger plus cette nourriture, d'après ce que j'ai compris. Et du coup, en fait, les rennes ne peuvent plus aller se nourrir correctement. Et donc, en fait, ils ne peuvent plus du tout nourrir leurs rennes. Donc, heureusement, c'est un pays du Nord qui... Ils ont, enfin, entre guillemets, civilisés quoi. Enfin, civilisés. Qui ont des ressources, qui ont les ressources nécessaires pour s'occuper de leurs rennes en cas de problème comme celui-ci. Mais ça ne leur rend pas la tâche facile. Mais dans d'autres pays où... Des pays du tiers-monde ou dans le besoin qui vont connaître des problématiques similaires, ben, ça va être très, très compliqué pour eux quoi.
Tortuga Parce que, ouais, il y a ce problème. Et il y a aussi le problème que nous, on rencontré où on était obligés de suivre les traces de motoneige. Nous, on a suivi des rennes sur plusieurs kilomètres parce qu'en fait, ils ne trouvaient pas d'endroit pour pouvoir traverser. Donc, en fait, les rennes sont sur les traces de motoneige pendant plusieurs kilomètres aussi, le temps de trouver une glace qui soit assez dure pour qu'ils puissent passer quoi.
Invité 1 C'est flippant hein. Ouais. Et donc, du coup, le choix que vous avez fait, ça a été de faire quoi ? De dormir sur les pistes de motoneige sans monter la tente ?
Tortuga Non, ça, on ne pouvait pas. C'était interdit parce que… Ah oui, c'était interdit, ok. C'est interdit de dormir sur les pistes de motoneige. C'est comme si tu dors sur l'autoroute en fait. Ah, ils sont utilisés à ce point ? Ouais, ils sont utilisés. La nuit, tu as des motoneiges parfois qui passent, donc tu ne peux pas dormir dessus. Donc, en fait…
Andy Ah, ils sont utilisés à ce point, c'était… Fréquemment, je veux dire. Au début de Dinari, quand tu es à côté des villes, après, plus on s'écartait… Là, tu en as… En fait, les motoneiges qui passent, ce n'est pas des touristes… Ouais. En fait, c'est les samis. Les samis qui sont un peuple plus ou moins nomade, qui ont leur ferme vraiment au milieu de nulle part. Eux, pour se déplacer… Avant, ils se déplaçaient en traîneau et les rennes. Et en fait, ces pistes-là, c'est les seules pistes praticables sur cet immense slack où les samis peuvent circuler en fait. Donc, tu as des journées où tu ne croisais personne. On a eu deux jours sans croiser personne, mais il suffit que la nuit, tu sois au milieu de ton truc et que tu as une motoneige qui te fonce dessus, ce n'est pas ouf quoi. Donc, on préférait ne pas prendre le risque. Ok.
Invité 1 Et donc, la solution, ça a été rejoindre les berges quand vous pouviez et essayer de dormir là quoi.
Tortuga Ça, c'est exactement des berges ou des cabanes, ou des… Voilà, tout ce qu'on pouvait trouver en fait. Donc, c'est vrai que ça a été souvent des berges, mais parfois, on s'est aussi incrusté dans des petits logements. Tu vois, en fait, dans les pays nordiques, tu as des petits… Ils appellent ça des lieux de convivialité. Donc, c'est des petites cabanes avec un feu au milieu. Et donc, des fois, ça nous arrivait de se mettre dedans. On a encore une belle anecdote à raconter là-dessus. Ah, là. Vas-y, vas-y. Là, c'est bien. Parce que pour l'instant, ils ont juste l'histoire avec la parole. Mais ensuite, vous allez avoir les images avec le film. Vous allez comprendre pourquoi on rigole un peu nerveusement.
Andy Ouais, du coup, ça faisait plusieurs jours qu'on était partis là. Là, toi, tu avais pas mal donné au début Andy. C'est le moment où tu commences un peu à avoir mal aux genoux. Ouais. Et en plus, du coup, avec la différence de température, les pistes, ça devienait plus de la gado, plus de la neige. Donc, il fallait plus sortir les skis. C'était un peu plus compliqué. Donc, il y a eu des journées où vraiment, on était en solo. Donc, comme on disait, on dormait sur les berges. Et c'était vraiment une mission de sortir sur les berges. Il fallait donc sortir des pistes. Donc, commencer à aller… Donc, être sûr sur la carte qu'on était pas trop loin de la berge et qu'il y avait pas trop de risque de tomber, tu vois, mettre le pied dans le mauvais endroit. Et il fallait tasser la neige, planter la tente, trouver un espace assez grand pour la tente. Donc, c'était vraiment toujours une mission. Donc, quand on arrivait à côté d'un petit village, qu'on voyait des habitations sur une carte, c'était l'occasion pour nous de nous dire, il faut qu'on voit s'il n'y a pas un endroit un peu plus… Pareil, dans un jardin. Et on était tombés sur cette petite cabane, ce foyer qu'ils ont tous, donc les Finlandais, qui est généralement à l'extérieur d'une habitation, avec une cheminée, un feu, et c'est pour discuter autour du feu, manger à l'intérieur, et ensuite, tu dors pas là-dedans. Et nous, on s'est dit, vas-y, on va s'installer, c'est ouvert, on va s'installer sur les banquettes, faire un feu. Donc, on a fait un feu et on s'est dit, bon, pour l'instant, tout va bien, il n'y a personne. Et là, on se met dans nos sacs de couchage, on s'est étalés, nanana, tac, on est donc, allez, bonne nuit tout le monde. Et là, on entend les chiens aboyés. Ça aboie, ça aboie. Et là, il y a un gars qu'on avait croisé, il y avait pas plus tôt, un gars, mais c'était un Russe. Il faisait plus de 2 mètres, le mec. Franchement, il a passé la porte de la cabane, il a baissé sa tête pour... Comme Agrid, ouais. C'est ça, ouais.
Tortuga Et nous, on était allongés, donc en fait, nous, on le voyait, voilà, vraiment immense, du bas vers le haut. Il y a son berge allemand qui rentre dans la toute petite cabane, donc juste à côté de nous. Enfin, on n'avait pas le droit de brancher, quoi. Sinon, on se faisait démolir, quoi. Et là, il explique... Donc, en fait, il y avait le propriétaire qui était là, et le propriétaire, il explique, il dit... Combien ? 100 euros ? Je croyais, il y avait demandé.
Andy Il dit, ouais, vous partez, vous partez et tout. On me dit, non, non, vous êtes... Ils disent, bon, il me regarde, Mathis, tu t'occupes. Donc, je dis, bon, je commence à négocier. Je dis, est-ce qu'on peut pas payer et tout, machin ? Il dit, ouais, si bon. Ok, 100 euros. Il dit, 100 euros pour dormir là-dedans. Donc, j'essaie de négocier un peu. Il dit, de toute façon, c'est 100 euros dehors. Donc là, bah, écoute...
Tortuga On fait les fonds de poche parce qu'on avait pas beaucoup de liquide. Et moi, j'avais des sous dans ma veste, dans mon sac de couchage. Et donc, eux, ils donnent et tout. Moi, je dis, vas-y, il faut qu'on garde de les sous. Je faisais semblant de rien avoir. Et je voyais, ils partaient pas. Donc, ils partaient pas. Donc, je dis, bah, vas-y, je vais donner 10 euros. Il reste. Donc, je dis, putain, je vais devoir tout donner, quoi. J'ai dû tout donner mon argent. J'étais vénère. Et du coup, on a pu dormir là. Mais en fait, il faut s'imaginer. Parce que les gens, ils vont se dire, ouais, ils ont été dormir chez l'habitant. En fait, c'est des cabanes qui sont là au milieu de rien. Et en fait, nous, on pensait vraiment que c'était comme des cabanes d'urgence, en fait, des endroits où on pouvait se poser tranquille. Et puis, tant que tu remets tout proprement, ensuite, tu t'en vas. Et puis, c'est bon. Mais non, en fait, c'est vraiment des... En fait, on n'arrivait pas trop à se dissocier.
Andy À savoir si tu es privé ou parce que parfois, ils mettent en disposition des randonneurs l'été ou des aventuriers, un peu ceux qui viennent en motonnage, justement, un peu des touristes qui viennent d'Inari ou autre. Et on avait réussi à trouver une carte qui montrait bien les logements qui étaient accessibles, les logements qui étaient moins, etc. Mais c'était vraiment compliqué de savoir, ouais, est-ce que ça, c'est un terrain privé ? Est-ce qu'on est en plein milieu de la nature ? Et on se posait quand même un peu ces questions de savoir si on avait le droit, quoi.
Invité 1 Et là, visiblement, vous étiez plutôt sur un terrain privé. Là, on n'avait pas le droit. Les chiens nous ont bien fait comprendre. Ok. Punaise. Excellent. Ok. Et donc, quand vous êtes parti d'Inari, l'idée, c'était quoi, alors ? C'était de tenter le tour ou de viser un point plein nord, quitte à revenir sur ses traces ?
Tortuga Le but, ouais, c'était, à la base, c'était de faire le tour. Ensuite, une fois qu'on a rencontré les gens au Parlement et puis le tourisme, etc., on s'est dit, écoute, on va aller au… Déjà, on va se fixer comme objectif d'aller au point le plus au nord du lac. Et ensuite, on verra. On verra parce que, bah, peut-être que ce ne sera pas possible de faire le tour. Ou alors, on va se rendre compte qu'au final, c'était juste des paroles et puis ça va aller. Donc, le premier objectif, c'est à la base de faire le tour. Et ensuite, c'est devenu d'aller au point le plus au nord.
Invité 1 Ok. Ok. Et donc, le point le plus au nord, il y avait quoi ? Il y avait une ville ? Il y avait quelque chose ? Je vois… Kirkenes, là ?
Andy Ou c'est trop loin, ça ? Non, non. Kirkenes, c'était… Non, Kirkenes, c'est en Norvège, ça, du coup. C'est Seventi Jarvi.
Invité 1 Ah oui, c'est déjà en Norvège.
Andy Ah oui, ok. Donc, c'était vraiment quasiment à la frontière, enfin un peu plus bas de la frontière. Il y a quelques villages, il y a Kirakaoli, Varpuniemi et nous, on s'est arrêté à Sevetyarvi. Ah oui. Sevetyarvi. Ok. Qui était vraiment au nord-nord du lac, même un peu plus au nord du lac. Et vraiment, ouais, on avait en fait pour objectif de faire de par là, de revenir un peu sur nos pas et de traverser sur l'est du lac. Sauf qu'avec les conditions qu'il y avait, je pense qu'on a bien fait de nous arrêter là-bas. Et donc, on a vécu quand même quasiment deux… C'était deux semaines sur le lac, plus de deux semaines. Ouais, deux semaines. Donc, Dinari jusqu'à Sevetyarvi, on a vécu deux semaines à bivouaquer, à ne pas prendre de douche, évidemment. On était avec… Moi, j'avais un peu honte d'utiliser mes petites lingettes parce que les deux autres, là, surtout à Noël, ils sont… Ce qui est très, très bien. Ils étaient très… Ils faisaient très attention à ce qu'on utilisait, à ce qu'on mangeait, par rapport à… Pour le respect de l'environnement et pour le respect… Pour faire une aventure vraiment la plus difficile possible. Parce que du coup, avec faire pouillir du riz, le poêle à bois, pas de lingettes, etc. Moi, j'avais pris en cachette quelques petites lingettes quand même pour essayer de temps en temps, en plus de nettoyer mon matériel, de faire ma petite douche en scred. Je sais que Noël, par exemple, il faisait ses besoins. Il utilisait quasiment pas de… Non, là, il en a utilisé parce que c'était plus compliqué. Mais je crois qu'il nous a expliqué que quand il était en Norvège, il avait fait des expéditions. Parfois, il s'essuie juste à la neige, quoi.
Tortuga Et en fait, il le fait plus parce que du coup, ça érite les fesses, en fait. Et t'es obligé à un moment donné… C'est vrai que… Après, le papier, ça reste quand même un truc qui se… Ouais, ouais, on avait du PQ.
Andy Qui se… Qui se… Qui se résolvent. Généralement, on le prenait, on le mettait dans le sac poubelle. On a vraiment essayé de laisser aucune trace tout le long. Et ça, c'était… En fait, ça rajoute encore… Il y en a beaucoup qui partent vraiment dans des expéditions plus… Sur le papier plus compliquées. Et finalement, qui ont beaucoup d'art… Enfin, pas d'artifice, mais qui… Ouais, qui… Ils ont vraiment… Bah, ils ont tout leur lyophilie. Ils ont un peu plus de confort. Nous, on a vraiment décidé de partir avec zéro, zéro confort, quoi. C'est… Au début, j'ai eu un peu du mal, ça, plus les caméras. Et au final, on s'y fait. Et puis, à un moment, il y a eu… Voilà, pour une aventure, il y a eu des… Des petits accrochages avec… Noël par rapport à notre vision de voir le truc, tu vois. Il était là, mais… Moi, on m'avait pas dit qu'il y avait un film. Enfin, j'étais pas… J'étais pas sûr et tout. Et… Il faut vraiment qu'on trace, faut pas qu'on s'arrête. Et puis moi, j'étais là, mais non, moi, je veux mon film. Il y a eu des petits trucs comme ça, mais c'était vraiment tout gentil. Et à un moment, je me rappelle trop bien, on était arrivés dans un endroit. C'était une petite île. Avec une caméra… C'était trop trop beau. Une petite île où il y avait une petite cabane où on pouvait passer la nuit. Et j'ai dit à Noël, écoute. En vrai, on s'arrête là. On s'arrête. Je te… Prends ta caméra, parce qu'il y avait sa petite caméra, son petit opéril objectif. Et va faire un tour, tu vas voir, tu vas kiffer. Prends… Parce que tu vois, lui, il était vraiment dans son optique vraiment ultra trail de foncer tête baissée. Et on avait du mal à le suivre. Et moi, j'avais le seul de ne pas pouvoir le suivre un peu, tu vois. Je me prenais un petit coup dans mon… Et je disais, vas-y. Maintenant que je te suis, je tire la pouca comme un fou pour te suivre. Là, c'est à toi de te mettre à la place de la tortuga. C'est pour ça qu'on appelle la tortue. C'est pas pour rien. Et de prendre ton temps et d'aller prendre des petites photos et tout. Et c'est vrai qu'il allait faire un tour pendant genre une heure. On l'a perdu. Et il est revenu, il nous a fait… Oh ! Mais moi, demain, je suis chaud qu'on reste là. Trop stylé, j'ai pu prendre mon temps. J'ai observé des oiseaux, j'ai écouté et tout. Et là, un peu comme toi, tu me posais la question de… Est-ce que ta caméra, elle… Parfois, tu n'es pas l'impression d'être sur le moment même ? Et bien, avec Noël, on se disait… Enfin, quand on en discutait, je me demandais si son côté vraiment performance, ça ne l'empêchait pas aussi d'admirer un peu le tout. Et il a dit, ouais, effectivement, là, j'ai pris mon pied à prendre un peu mon temps et à observer. Et je pense que tous les deux, avec Noël et moi, on était tellement beaucoup à l'opposé sur notre vision de l'aventure, qu'on a beaucoup appris l'un de l'autre, je pense. Moi, j'ai beaucoup appris de Noël sur ce côté un peu militaire, performance, être très rigoureux, que je n'ai pas forcément. Et lui, peut-être, je ne sais pas ce que tu en penses, Andy, il a appris de cette expérience à peut-être relâcher et à plus se laisser porter. Je ne sais pas, tu en penses quoi, Andy, là-dessus ? C'est ce que j'ai un peu senti, moi.
Tortuga C'est ça, ouais, exactement. Parce qu'en fait, à la base, Noël, quand tu es venu dans le projet, l'objectif, c'était de vivre une aventure comme Mathis et moi, on le voulait. Donc, c'est le faire avec un côté sportif parce que moi, j'aime ça aussi, mais pas non plus le faire comme j'avais vécu l'Islande. Et Noël, il était partant parce qu'il se dit, bah oui, moi, ça va me changer. Il dit justement, ça va me permettre. En fait, au fur et à mesure, tu te rends compte que ça revient tout le temps. En fait, il ne vous est pas expliqué.
Loïc Il n'arrivait pas.
Tortuga Il nous a expliqué qu'en fait, sa femme à Noël, elle appelle tout ou rien. En fait, c'est soit il fait un truc à fond ou soit il ne fait rien. Alors que là, au début, il nous avait dit, bah oui, je vais faire comme vous. Mais tu vois, ça reprend. C'est dans son tempérament. Donc, obligatoirement, il ne s'en rend même pas compte. Et là, c'est vrai que cette journée là, il est revenu avec des yeux. Vraiment, il s'est dit, bah en fait, c'est bien le slow travel. C'est ça ? Ouais, c'est ça. Moi, je suis un partenant du slow travel. Parce qu'au début, il se foutait un petit peu de Mathis sur le slow travel. Tu vois, il s'était un petit peu de la moquerie. Du coup, il est revenu là dessus en disant, tu vois, en se disant, bah en fait, c'est bien. Le slow travel. Ouais, c'est vrai que c'était sympa. C'était sympa.
Invité 1 Génial. J'allais justement vous poser la question, finalement, de ce que vous avez appris, alors que ce soit en groupe ou même sur vous-même ou techniquement pour de prochaines expéditions. Si vous deviez résumer un peu tout ça individuellement, qu'est-ce que ce serait ?
Tortuga Moi, de mon côté, je pense que le… Après, c'est déjà… J'avais déjà ça en moi. C'est le fait de se dire les choses. Là, on était à trois. C'était encore plus dur qu'avec Thierry parce que du coup, tu as deux autres personnes. Donc, deux choix possibles. Et en fait, pendant trop de jours, on a gardé des choses en nous. Plus Noël et Mathis. Parce que moi, j'étais un petit peu entre deux. Et je voyageais, moi. Et en fait, à un moment donné, on était à l'arrêt. Et je dis écoute, on se met là. On était sur une table. Je dis on va se dire les choses. Il faut qu'on se dise les choses qui vont, les choses qui vont pas. Je dis au moins, en avant, je sentais très bien qu'il y avait un truc entre Mathis et Noël, qu'il y avait des hondis. Et au final, en fait, ça faisait trois jours que Noël était tête baissée parce qu'il se sentait entre guillemets pas bien. Parce que pour lui, il y avait des soucis. Au final, c'était pas des soucis. Et en fait, en se disant les choses, du soir, on a tous été se boire une bière. Noël, il voulait rester tard la nuit alors qu'une heure avant, tant qu'on avait pas réglé ce problème, il voulait absolument qu'on aille dormir pour repartir tôt le lendemain. Vraiment se dire les choses, c'est important. Et puis, ceux aussi qui nous écoutent et qui ont envie de partir avec des gens aussi, c'est vraiment, franchement, dites-vous les choses parce que ça peut vraiment, ça peut bouffer une aventure quoi.
Andy Ouais, moi, c'est pareil. En fait, moi, j'ai plus l'habitude de faire des aventures seul. Et c'est vrai que quand tu pars dans des aventures extrêmes en groupe comme ça, il y a toujours des tensions. C'est tellement, enfin, tu vis tellement un truc à cran que même s'il se passe rien dans le groupe, tu vas toujours trouver la petite bébête parce que tu as besoin d'extérioriser. Tu sais, tu souffres, tu as froid, tu as faim. Donc, il y a toujours des moments où dans ta tête, ça travaille. Ah putain, lui, il a fait ça, ça m'a saoulé. Et ça prend des proportions démesurées. J'ai connu ça aussi en Islande quand j'étais avec, il y avait une équipe technique qui était censée me suivre pour filmer, qui m'a perdu en fait de vue et j'étais vénère contre eux. Et il y avait juste besoin de crever l'abcès parce que je vivais un moment qui était assez difficile. En fait, c'est des moments qui sont très durs. Donc, il faut beaucoup communiquer. Et quand tu arrives au bout d'une aventure comme ça avec un groupe en plus qu'on ne se connaissait pas, c'est quand même un truc de dingue parce que tu te dis au début, il suffit que ça colle pas. Je suis déjà parti à voyager avec quelqu'un qui, ça fonctionnait pas, le duo ne fonctionnait pas, enfin, on ne s'entendait pas très bien. On s'est plus supporté qu'autre chose et c'est très compliqué. Tu ne kiffes pas. Alors que là, heureusement, humainement, on a beaucoup appris l'un de l'autre et puis les petites tensions qu'il y a eues, on l'a très bien gérée. Et à trois, finalement, je trouve qu'il y a toujours un intermédiaire dans toute situation. C'est pas mal. Donc ça, c'est plutôt cool. Et après, si on a encore un peu le temps, il faudra qu'on raconte la rencontre de fou qu'on a eue à la fin. Ouais. Assev et Thierry.
Tortuga Vas-y, ça, je te laisse.
Invité 1 Alors ça, donc ça, c'était... Comment tu prononces, c'est Vetti Yarvi, c'est ça ?
Andy Ouais, c'est S-E-V-E-T, c'est ça ? Ouais, I-J-A-R-V-I.
Invité 1 Donc ça, c'était le point que vous visiez, du coup, une fois que vous avez eu l'info, qu'en fait, il faisait 30 degrés de plus que prévu.
Andy Voilà, on s'est dit, les températures, elles étaient encore un peu... Elles étaient pas ce qu'il fallait. Ça continuait encore un peu à descendre un peu, mais à remonter si tôt. Enfin, c'était pas rassurant. Donc on se dit, on va arriver à S-E-V-E-T-Y-A-R-V-I, et on va trouver un... On va essayer de trouver un endroit, déjà, pour boire de l'eau, parce que, bah en fait, on a toujours autant de mal à faire chauffer notre eau. Donc en fait, on est toujours en mode ration. On a toujours été en mode ration pendant tout le long, ce qui a compliqué un peu les choses.
Tortuga Parce qu'il faut s'imaginer aussi que le tracé... Nous, on a fait Sud-Nord. En fait, ce tracé-là, s'il se passait quoi que ce soit, on avait toujours la possibilité à faire une dizaine de kilomètres et à rattraper la route. Voilà, 10 kilomètres, c'est quand même énorme, mais on avait toujours cette possibilité. Que si on partait vraiment sur le tour, de l'autre côté, c'était le no man's land. S'il se passait quoi que ce soit, c'était hélicoptère. Voilà, on n'avait aucune possibilité pour faire demi-tour. Donc c'était... Voilà, c'était un risque à prendre et le risque, on l'a mesuré. Il était... En tout cas pour Mathis et moi, il était trop important par rapport à... Par rapport à... voilà, à la vie, à l'aventure en elle-même. Ok.
Andy Il y avait une autre problématique aussi dans le retour. Je pense qu'on aurait pu le faire, mais... Mais en fait, moi, il n'y avait plus trop d'intérêt aussi par rapport à ma mission qui était là-bas de filmer. C'est qu'on avait... On était vraiment dans le no man's land pour un bout de temps. Donc, plus de possibilité de recharger. Ah oui. Des caméras, etc. Donc, ça aurait été dommage. Et psychologiquement, le fait de savoir, de me dire bon bah... Là, il n'y a plus qu'à attendre en fait de terminer cette aventure. J'aurais moins pris de plaisir. Alors que là, on a fait des très belles rencontres jusqu'à Sevet Yervi. Où on est arrivés donc sans eau. Enfin, quasiment plus d'eau. On avait donc soif. On s'est dit putain, on arrive dans un village. On va forcément aller voir des petits commerces et tout. Sauf que là-bas, quand on dit village, c'est deux, trois patelins quoi. C'est des Samy, droite à gauche. Et on se dit, on arrive et là, on commence à se renseigner. Et ils disent non, bah non, il n'y a rien. Il n'y a rien ici. Il n'y a même pas d'endroit où dormir. Donc, il voulait reposer la tente. On se dit, pour nous, c'est quasiment l'arrivée. On était heureux. Et en fait, on repart qu'on est reparti. Et là, à un moment, on dit tout espoir est perdu. Et de nulle part, on était sur une route. Je vois une petite dame avec son châle, une petite dame avec une poussette. La scène était un peu... Ça sortait un peu de nulle part quoi. Qu'est-ce qu'elle fout là avec son bébé en plein milieu ? Donc là, encore les deux, ils me regardent. Ils disent, Mathis, va la voir. Donc, je vais aller la voir et tout. Je dis, bon bah du coup, bonjour. Est-ce qu'on cherche quelque chose à manger, à boire ? Est-ce que vous ne savez pas où est-ce qu'on pourrait aller ? Et là, ils nous regardent et disent, écoute, vous avez de la chance. Enfin, ça tombe bien. On vient de sortir de l'église. On fêtait du coup la dernière... Donc, c'est des orthodoxes là-bas. On vient de terminer une cérémonie qui est très spéciale. C'est le dernier jour avant notre carême. Et en fait, à partir de demain, ils font le carême et ils ne mangent plus de viande. Donc, aujourd'hui, c'est le dernier repas entre notre communauté. Venez avec nous. On va manger du coup nos dernières reines. Donc, c'est un festin qu'on va... On ne sait pas encore que c'est un festin. Je ne sais pas. Donc, on la suit. On rentre dans ces cabanes assez typiques que je disais là. Enfin, qu'on dit raconter avec le feu au milieu. Donc, un peu plus gros. Donc, on arrive. On est complètement crado. Eux, donc, ils sortent de l'église tout propre. Donc là, ils nous disent, bon, ben, levez-vous. On se lève. On regarde la croix. On fait la prière. Leur prière orthodoxe. Donc, on ne comprend pas grand-chose. Mais on se le fait avec joie. Ils allument le feu. Et là, c'est le festin. Donc, qu'est-ce que vous voulez boire ? Donc, on a l'impression d'être un peu des SDF au prix du bas de roue. Parce que c'est vraiment cracra. Et la fin d'aventure, pas de douche, machin. Et du coup, on discute avec le prêtre et tout. Donc, ils nous servent de la soupe aux reines, du reine séché. Ils nous font le barbecue. On fait cuire les saucisses de reine sur le barbecue et tout. Et nous, on est là. Mais on était à deux autres pleurer. Noël, je n'ai jamais vu sourire comme ça. Et du coup, on discutait tout. Et on lui dit, bon, ben, incroyable. Même moi, je lui dis, on a eu de la chance de vous croiser. Donc, le prêtre répond, non, ce n'est pas de la chance. C'est Dieu. Et donc, un moment assez fort. Et évidemment, dans le groupe, moi, c'est ça que je trouve ça incroyable dans ces rencontres. Il y avait une Samy, une Samy qui nous chante, qui nous parle. Donc, on a une petite interview, qui a bien voulu faire l'interview. Et qui nous fait un chant Samy qui descend de tradition en tradition, qui était très poignant. Un chant Samy dans cet endroit un peu orthodoxe. C'est des chants guturaux, c'est ça ou rien à voir ?
Invité 1 Un petit peu, ouais.
Andy Un petit peu, un peu. Ça ressemble un peu comme un indien, quoi. Ouais. Ben, je ne vais pas me risquer à tenter, mais la séquence sera disponible dans le film. Il sera disponible, donc, in fine, sur YouTube, Tortuga Vidéo. Et du coup, on discute et tout. Et puis, on dit, ben, on n'a pas d'endroit où dormir cette nuit. Mais c'est pas grave, on va sortir la tente. On est repu. Et elle dit, non, non, non, vous inquiétez pas. Hop. On a quelqu'un de notre communauté qui est prêt à vous héberger. Oh, OK. Donc, on prend nos affaires et on va dormir pour notre dernière nuit chez l'habitant directement, donc, qui nous ont préparé le logis, le machin. On va dormir chez eux au chaud pour cette dernière nuit avant de rentrer à Inari. Et vraiment, c'était incroyable. Sachant que l'aventure n'est pas terminée parce qu'après, on a refait Inari, Ivalo, c'est les trois premiers jours, là. On l'a refait en ski nordique. Mais là, c'était beaucoup plus… Voilà, on était dans l'aventure. On savait quoi faire. C'était très bien passé.
Tortuga Moi, j'ai une petite anecdote sur cette rencontre. Il y en a deux même. Moi, je suis athée et à un moment, je me suis dit… En fait, j'avais limite envie d'être croyant, quoi. Je me suis dit, c'est pas possible parce que vraiment… T'étais vraiment dans cette ambiance où tu te dis, bah, en fait, moi, je vais croire à l'église orthodoxe. C'était venu comme ça. Et l'huile convertie, quoi. Et la deuxième histoire, c'est que… C'est vrai qu'on n'a pas raconté ça, mais Noël, il est végétarien. Ah oui, c'est vrai. Il a fait toute cette aventure sans manger de viande, etc. Ah oui. Et là, en fait, on arrive dans un festa où il nous donne du renne, etc. Et là, regarde Noël, il était en train de manger du renne. Ah oui, bah oui.
Andy C'est vrai que… Je vois, il nous a regardés. Il a dit, bah, en fait… Mais c'est vrai. Quand tu as une rencontre comme ça à l'aventure, tu mets tes convictions, entre guillemets, de côté à ce moment-là. Et il dit, enfin, c'est beaucoup trop beau. Le moment s'y prête. Et puis, tu peux pas refuser, quoi. T'es invité là. Tu peux te dire, bah, écoute, non, je fais de difficile. Et c'est incroyable. Mais c'est vrai que Noël, on n'a pas dit, mais bah… Parce que, en fait, même moi, je l'avais complètement oublié. Mais du coup, bah, végétarien. Donc, il a pas mangé de viande. Et il a un bras en moins. Ouais. De… Qui… C'est tellement… Ça passe tellement discrètement qu'on pense pas. Donc, c'est de naissance. Donc, ce Noël-là, qui a quand même… Il a quel âge, maintenant ?
Tortuga 60.
Andy 60 ans. 60 ans. 60 ans. Un bras en moins. Il mange pas de viande. Tu te dis, bah… Et ce gars-là, il nous mettait la pâtée, mais tout le long, quoi. C'est… Je pense que c'est… C'est le Mike Horn non médiatisé, ce gars-là. Et si un jour, ouais, t'as l'opportunité de faire un podcast avec lui, je pense que… Bah, après, peut-être qu'il aime moins parler de ce qu'il fait. Donc, c'est peut-être mieux que nous, on en parle. C'est le moment. C'est le moment. Ouais, voilà. C'est un anti-marche. Ouais, ça se voyait. Ça se voyait qu'il avait un… Une espèce de feu intérieur. Et quand il était sur place… Parfois, il était dans sa bulle, il était là… Moi, je suis là pour… Pour morfler… Enfin, il avait ce besoin de… Il avait ce besoin de… De morfler dans l'aventure et de… De… Il voulait pas tricher, quoi. Ouais. Pour lui, l'aventure, il y a certaines valeurs, je pense. Il y a ce côté de souffrance, de remise en soi. Il faut tester ses capacités. Et bah, il le faisait pas à moitié. Et il y allait à fond, quoi. Donc, j'ai beaucoup appris aussi de ce côté de… Où il y a des moments où on a eu du mal à suivre. Où c'était beaucoup… C'était la souffrance. Mais en fait, on se disait… Bah voilà, c'est ça l'aventure. C'est aussi de… De se pousser dans ses retranchements. Et nous, il nous aidait bien à nous pousser dans nos retranchements. Excellent. Punaise.
Invité 1 Ça fait quand même une aventure bien intense. Finalement, vous êtes pas partis… Vous êtes pas partis si longtemps que ça. Vous êtes pas partis… Andy, c'était combien de temps la Mongolie ? Tu vois, je me rappelle plus. Tu me l'avais dit, mais…
Tortuga La Mongolie, deux semaines, l'Islande un mois.
Invité 1 Ah, voilà. C'était l'Islande un mois, ouais. Mais déjà, de voir en deux semaines tout ce que vous avez vécu, c'est quand même fou. Qu'est-ce que… Presque trois semaines en france. Ouais, presque trois semaines. Ouais. Ah non, mais… Assez intense. Qu'est-ce que… Comment est-ce que ça influence du coup les prochains projets que vous pensez monter, ensemble ou pas d'ailleurs ?
Tortuga Moi, de mon côté maintenant, après trois aventures, je commence à savoir quel type d'aventurier je suis. On en a d'ailleurs beaucoup parlé avec Mathis. Je sais que j'aime bien le côté sportif. J'en ai besoin. Mais… Mais j'ai besoin aussi du côté de Mathis où je profite, je vais chez l'habitant, je découvre, je rencontre. Ça, c'est vrai que… Je me rends compte que je suis un aventurier comme ça aussi. Et… Après, je dis pas que dans l'avenir, je ferai que des aventures comme ça parce que peut-être qu'un jour, je vais me dire, ouais, j'ai envie de me remettre dans le dur et refaire une aventure de ouf, comme j'avais vécu avec Thierry. En tout cas, moi là, pour l'instant, je vais être plus sur des aventures vraiment avec un contact humain plus, plus quoi. Ok.
Andy Je fais la petite photo pour la story. Et… Ouais, on en a pas mal parlé avec Andy. C'est vrai que… C'était dur. C'était dur. Ces aventures, de toute façon, c'est des aventures dans le Nord, c'est des aventures qui sont très costauds. C'est pour ça que c'est un peu le monde des Matthew Torder, Mike Horn, etc. Alban Michon, que j'ai rencontré d'ailleurs pendant l'événement que j'ai fait à Val d'Isère. Et… C'est vrai que je me suis rendu compte que pendant cette aventure, bah à chaque fois, j'avais peut-être plus ce côté aisance avec les gens qu'on rencontrait. Ouais. J'ai pris plaisir un peu à aller voir des gens en leur disant, est-ce que moi, vous avez de l'eau, ce qu'il y a à manger, machin. Et je vais discuter avec eux. Et je pense que… Même si pareil, je disais que ce côté sportif… Moi, j'aime bien en fait ce côté d'utiliser son corps comme moyen de locomotion. Mais ce que j'aime moins dans ce côté aventure à la Mike Horn, j'ai envie de dire, c'est le côté vraiment très… Recherche de résultats et de performance. où je ne suis pas trop dans ce truc-là. Enfin, même si ça fait toujours plaisir de montrer à soi-même qu'on a possibilité de dépasser ses capacités. J'y prends moins plaisir de me dire, ah, aujourd'hui, j'ai fait 43 kilomètres sans eau. C'est marrant à raconter, mais sur le moment, vraiment, tu douilles, quoi. Donc, moi, je vais continuer un peu les aventures que je fais, c'est-à-dire ma lenteur. Moi, généralement, c'est des randos. Quand j'ai fait l'Islande, j'ai fait des grosses étapes quand même, mais pas aussi fortes que Andy. Parce qu'il y a toujours ce côté où j'ai besoin aussi de… J'aime bien un peu montrer ce côté philosophique de la marche, de prendre son temps, qui est vraiment à l'antipode de notre vie en France quand on rentre où tout doit aller vite, etc. Moi, je veux vraiment que ça casse un peu là-dessus. Et puis, il y a toujours aussi cette histoire de capturer du contenu et des films, qui est très compliqué quand on est dans la recherche de performance. Donc, continuez, moi, à m'axer sur des aventures comme, par exemple, chez un Muescher en Norvège, où il y a ce côté rencontre, même si j'adore les pays nordiques, mais plus différemment. Et à la limite, si je repars dans une aventure comme ça, tu vois, si je dois filmer Noël ou autre, ou Andy, je viendrai pour filmer quelqu'un, mais sans que moi, je sois partie prenante de l'aventure, par exemple. Donc, si c'était à refaire, je le referais. Je pense que… Tu vois, c'est un truc que je referais peut-être tout seul, parce que ça doit être différent aussi. Mais le faire à trois, c'était aussi un… J'ai beaucoup appris de cette aventure aussi. On a des très belles images. Pour moi, c'était une réussite.
Invité 1 Trop bien. Trop bien. En tout cas, ça fait vraiment envie. Et puis, ça incite à, pourquoi pas, se créer ses propres aventures. Encore une fois, deux semaines, deux semaines et demie, trois semaines, c'est à la fois long et pas tant que ça, dans le sens où c'est un peu à la portée. Enfin, on peut s'organiser un truc comme ça, je pense, une fois dans l'année. Et pas nécessairement besoin de faire à la Maïcorn le tour du pôle Nord par le cercle arctic ou je ne sais pas quoi pour vivre l'aventure. Donc, super intéressant. Puis, cool aussi de voir finalement comment vous avez ajusté un petit peu, que ce soit l'itinéraire, le matériel, etc. Au fur et à mesure que vous engrangez en fait de l'expérience pendant le trip. Donc là encore, ça montre qu'évidemment, il faut se préparer, etc. Mais que vous êtes parti sans forcément avoir absolument toutes les cartes en main, qu'il y avait aussi une phase où vous saviez que vous alliez ajuster sans doute certaines choses. Donc, franchement, super intéressant. Le film, tu as une idée Mathis de quand il sort à peu près ?
Andy Normalement, il devrait sortir fin mai, début juin. Donc, de ce mois-ci et ça sera disponible sur la chaîne YouTube Tortuga Vidéo.
Invité 1 Ok, excellent. Écoute, j'intégrerai les liens vers vos comptes. Merci beaucoup à tous les deux. C'était juste génial. Avec grand plaisir. Et puis, je vous souhaite une bonne préparation pour vos prochaines expi alors.
Andy Merci. Et puis, j'ai terminé sur ce petite citation que je vais mettre dans le film. Je pense que tu viens de dire le fait de sortir un peu du Sentier Battu. Mais en route, c'est Nicolas Bouvier qui l'a dit. En route, le mieux, c'est de se perdre. Lorsque l'on s'égare, les projets font place aux surprises. Et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. Que Nicolas Bouvier a dit.
Invité 1 Excellent. Andy, un petit mot de la fin toi aussi ? Oh, c'est beau, c'est beau. Franchement, on l'a rajouté après ça. Je crois qu'il l'a même mis en fond d'écran de son PC. Ah oui, j'ai ouvert, j'avais mis son note.
Andy Excellent.
Invité 1 Bon écoutez, merci beaucoup à tous les deux. Et puis, je vous dis peut-être à une prochaine alors. Salut, merci à toi. Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast. LesFrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com. Je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. À la semaine prochaine pour un nouvel invité. Merci à tous. Merci à tous.
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