Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·105 Entrepreneuriat #natation #champion de France #solidarité

14 mars 2023

Révolutionner la mobilité des personnes en fauteuil 👩‍🦽 avec Charlotte Alaux, co-fondatrice de Omni

Durée · 52 min · Transcription disponible

Charlotte

Le récit

Charlotte est la cofondatrice de Omni, l'entreprise qui révolutionne la mobilité des personnes en fauteuil !

La mission de Charlotte est simple : apporter une solution économique et extrêmement pratique aux quelques 750 000 personnes en en France qui, comme elle depuis ses 4 ans, doivent se déplacer en fauteuil.

Cet échange, c'est un fabuleux témoignage de résilience et de détermination dans lequel Charlotte nous retrace son parcours inspirant, de son enfance marquée par un profond sentiment d'injustice face à sa différence, à sa vie de femme qui n'hésite pas aujourd'hui à partager au plus grand nombre les anecdotes de son quotidien.

Merci Charlotte pour ce super moment, excellente continuation avec Omni 🤩

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #46 - Lilian Dauzat - Entrepreneur & Aventurier - Maintenir la flamme de la curiosité pour continuer à grandir
Épisode #91 - Sélam Chapuy - Championne de France de natation handisport - La vie est belle !

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Transcription

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Charlotte Les frappés de la mobilité des personnes en fauteuil·e·s, co-fondatrice de Omni. Et pour nous, le pari, il est gagné parce que si une personne valide, elle a envie d'essayer un truc que tu utilises en fauteuil, ça veut dire que la barrière, elle n'y est plus et qu'on est sur quelque chose qui donne envie, qui est cool et c'est agréable, c'est reboostant.

Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra-trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement, et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Bienvenue Charlotte sur le podcast.

Charlotte Merci beaucoup Loïc.

Loïc Je suis très très content de te recevoir. Merci beaucoup d'avoir répondu à ma sollicitation. C'est super sympa. J'imagine que tu dois être comme toutes les entrepreneuses très occupées. Donc, chouette que tu aies pu prendre un peu de temps. Merci beaucoup pour ça.

Charlotte Merci à toi de me recevoir. Je suis trop contente de faire partie de ce podcast. Je suis trop contente d'être là. Trop bien.

Loïc Génial. Eh bien écoute, merci beaucoup. Ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par nous expliquer en quelques phrases qui tu es, et ce que tu fais aujourd'hui.

Charlotte Yes. Donc, je suis Charlotte, Charlotte Allo. J'ai 31 ans. Je suis cofondatrice d'Omni. Donc, Omni, en fait, c'est une solution de mobilité pour améliorer la mobilité des personnes en fauteuil roulant, puisque moi, je suis moi-même en fauteuil roulant depuis l'âge de 4 ans. On a un peu plus de 25 ans d'expérience en fauteuil.

Loïc Donc, Omni, c'est une aventure qui a démarré quand ?

Charlotte Omni, ça a démarré il y a 4 ans, quand j'ai rencontré mes super associés ingénieurs qui réfléchissaient justement à une idée pour développer une solution, comment aider les personnes qui sont en fauteuil. Eux, ils sont valides, donc ils n'y connaissaient absolument rien au handicap, mais ils avaient cette volonté de trouver une solution dans le cadre de leur formation. Ils ont fait une formation d'innovation centrée utilisateur, où tu vas te mettre à la place de l'utilisateur pour développer une solution. Et donc, voilà, ils avaient un an pour appliquer cette méthode. Et le cas pratique, c'était mettez-vous à la place d'une personne en fauteuil et trouver une solution pour améliorer son quotidien, sa mobilité. Et donc, ouais, on s'est rencontrés et ça a été un peu un coup de foudre parce que moi, j'étais hyper impressionnée que des gens valides s'intéressent autant au sujet sans être concernés de près ou de loin. Et ouais, ils avaient beau ne pas être en fauteuil, ils avaient identifié vraiment tous les challenges qu'on peut avoir quand on est en fauteuil, tous les obstacles, les trucs qui peuvent paraître évidents et qui sont un peu aux yeux quand tu te mets cinq minutes dans un fauteuil et que tu essayes de te balader dans la rue où tu te retrouves vite bloqué avec les pentes, les côtes, toutes ces choses-là. J'ai pas mal de potes qui ont des enfants aussi et du coup, avec la poussette, ils s'en rendent vite compte aussi. Et je ne sais pas si même avec une valise, c'est quelque chose qui toi aussi, parfois, peut te surprendre de se dire « Ah ouais, non, mais dans ces cas-là, c'est quand même un peu galère de se déplacer. » Mais donc ouais, ce constat, en tout cas, il est ressorti assez facilement. Il y avait un autre aspect qu'ils ont ressorti aussi quand ils se sont mis en fauteuil, c'était de voir les interactions sociales qui pouvaient être différentes aussi quand tu es en fauteuil. C'est-à-dire que les gens interagissaient différemment avec eux, généralement plutôt bienveillantes en partant d'un bon sentiment, mais parfois un peu maladroite de ne pas savoir comment agir, quoi faire, est-ce que je l'aide, qu'est-ce que je fais ? Et de se rendre compte que les gens ont un comportement qui est différent quand tu es debout ou quand tu es en fauteuil. Et donc voilà, ils avaient identifié plein de choses comme ça où je trouvais que c'était assez vrai. Et je me suis dit « Ok, donc ils ont fait un constat qui est juste et ils ont envie de faire avancer les choses, donc essayons de faire quelque chose ensemble. » Moi, j'étais en poste chez Airbus à ce moment-là. J'étais en CDI, j'avais une situation assez confortable. C'était passionnant ce que je faisais, c'était cool. Et quand ils sont arrivés, j'étais « Ok, moi je faisais ça après le boulot, sur mon temps libre, je les aidais à avancer. » J'étais un peu leur cobaye à tester leurs idées farfelues pour voir ce que ça donnait. Et l'idée, c'était vraiment le design thinking, de faire des solutions. Donc il y a toute cette phase d'observation, d'immersion. Et après, de prototypage très rapide, en faisant des trucs très bricolés, pour juste tester l'expérience assez vite et pouvoir itérer et avancer comme ça, sans se dire « On part sur une idée et au bout de deux ans, on se rend compte qu'en fait, ça ne répond pas au marché. » Et c'est vraiment l'idée de prototyper rapidement, d'itérer et d'avancer. Donc voilà, ils me faisaient tester des trucs. Parfois, dans la plupart des cas, c'était intéressant parce que ça répondait à un besoin, mais ça dégradait un autre besoin, donc pas utilisable. Et jusqu'au jour où ils m'ont mise sur une trottinette électrique. Et là, ça a été incroyable comme sensation. Ça ne ressemblait vraiment à rien. À la base, le truc qui m'avait fait essayer, c'était des bouts de bois et de métal installés sur une trottinette avec un fauteuil déjà installé dessus. C'était énorme. Ça pouvait casser des chevilles quand tu circulais. C'était un char d'assaut. Mais tu avais quand même ces sensations de piloter avec le guidon de la trottinette, d'avoir ces sensations de vent sur le visage. Et oui, pas mal de sensations. Et de retour aussi à ce que j'avais comme frustration quand j'étais petite. Je me disais, oui, moi, j'ai envie de faire de la trottinette, du vélo, du skate comme les copains, de ne pas pouvoir le faire. Et là, de le faire, c'est vrai que ça a fait remonter pas mal de choses. Et les garçons, ils ont dit, non, mais là, il y a un truc, ça se sent. Il y a de l'émotion, c'est fort. En plus d'avoir un impact dans ta vie où là, moi, je suis circulée du coup hyper facilement de chez moi où il y a des pavés. C'était impressionnant. Du coup, ils avaient toute une communauté aussi d'utilisateurs avec lequel ils ont construit le projet. Donc, on l'a fait tester à d'autres personnes. Elles ont eu les mêmes retours que moi. Et on s'est dit, OK, il ne faut pas que ça s'arrête comme ça, un projet étudiant. Et donc, on a fait leur présentation de fin d'études ensemble. Je suis montée sur la scène avec eux. Et j'ai compris qu'ils voulaient créer une boîte pour pouvoir commercialiser ce produit. Et je leur ai dit que je voulais faire partie de l'aventure. Et ils m'ont dit, ça tombe bien parce qu'on attendait que ça vienne de toi. Donc, c'est trop cool. Et ouais, l'idée, c'était vraiment de se dire, on va révolutionner la mobilité. Les gens vont pouvoir circuler beaucoup plus facilement parce qu'aujourd'hui, tout ce qui existe coûte hyper cher parce que c'est des produits qui sont développés spécifiquement pour des gens en fauteuil. Et donc, c'est inabordable pour la plupart des gens en fauteuil. Et donc là, en s'appuyant sur une trottinette électrique, on a un produit qui est beaucoup moins cher et qui permet de démocratiser la mobilité. En plus d'être ludique et inclusif. Donc voilà, ça coché un peu toutes les cases. Et voilà l'aventure depuis 4 ans.

Loïc Wow, funaise. Si tous les cas pratiques en école d'ingé ou de commerce, tu vois, pouvaient déboucher sur ce genre d'aventure, ça serait quand même fabuleux. Ok. Donc aujourd'hui, j'ai plein de questions qui me sont venues, mais juste avant qu'on ouvre toutes ces portes. Donc pour expliquer un petit peu ce que vous faites, tu parlais de solutions pour la mobilité des personnes en fauteuil. Si je ne me trompe pas, vous avez deux types de produits. C'est ça, c'est-à-dire qu'il y a le système de fixation que tu peux mettre sur ton fauteuil et qui te permet de te « clipser » à une trottinette électrique standard, je suppose. C'est-à-dire, si tu es à Paris, je ne sais même plus comment elle s'appelle là-bas, mais les trottinettes de Paris, je suppose. Et après, vous avez aussi un système où les utilisateurs peuvent acheter la trottinette électrique Omni qui est déjà équipée pour que le fauteuil puisse s'y rattacher, c'est ça ?

Charlotte Donc effectivement, en fait, on a commencé avec un premier produit qui était le système de fixation dont tu parles, qui permet de faire la liaison entre les fauteuils roulants et les trottinettes électriques. Donc c'est ce qui nous a pris deux ans à développer pour que ce soit vraiment universel et que ça réponde à tout le cahier des charges qu'on s'était fixé. Donc c'est effectivement une partie en système de fixation où il y a une partie qui est sur la trottinette, une partie sur le fauteuil et une autre partie qui fait le lien entre les deux. Donc on a déposé plusieurs brevets, on a fait passer des tests en laboratoire pour pouvoir commercialiser ce produit. On était hyper naïfs au début parce qu'on s'était dit que quand on avait fait notre projet, notre présentation du projet de fin d'étude, que c'est bon. On avait l'idée qu'on avait fait un prototype, que c'est bon, en six mois, c'était plié. Et finalement, ça nous a pris deux ans. Heureusement qu'on ne l'a pas su dès le début parce que je pense qu'on serait peut-être découragé. Mais bon, avec du recul, pourtant tous les experts nous l'avaient dit. Mais nous, on était là, non, on y croit. Donc, on a deux ans de développement. Donc après, on a commencé à commercialiser. Effectivement, les utilisateurs pouvaient utiliser ce système avec n'importe quelle trottinette électrique du marché. C'est toujours le cas d'ailleurs. Celles qui sont en libre-service dont tu parlais dans la rue, ce n'est pas tout à fait le cas. Techniquement, en fait, si c'est possible d'utiliser notre solution sur ces trottinettes-là. Mais le problème, c'est qu'elles ne sont pas encore adaptées pour un usage en fauteuil parce que le guidon est très haut. Elles sont assez lourdes. Il faut donner une impulsion avec le pied pour démarrer. Enfin, tout un tas de choses qui font que ce n'est pas hyper pratique en fauteuil. Donc, on travaille avec eux pour les faire adapter et qu'elles soient utilisables aussi bien debout qu'assises. Ce qui est le cas avec justement le deuxième produit qu'on a développé, qui est une trottinette qu'on a co-développée avec un partenaire. Donc, c'est une trottinette standard, sauf qu'on a modifié le guidon pour qu'il soit rapproché de l'utilisateur. On a rajouté un système de freinage renforcé et plein d'autres choses qui font que l'expérience est vraiment meilleure en fauteuil. Malgré tout, on peut remettre le guidon droit et donc la trottinette reste utilisable par une personne valide parce que c'était vraiment notre objectif de rester dans un truc inclusif et partageable, qu'on soit en fauteuil ou valide. Et donc, deuxième produit qui est la trottinette électrique qu'on a développée suite au retour des utilisateurs parce qu'on est vraiment dans cette idée de s'appuyer sur les retours de la communauté pour pouvoir développer Omni. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on ne vend quasiment que des packs avec la trottinette et le système de fixation où au moins comme ça, on est sûr que l'expérience est optimale quand on est en fauteuil et que la personne sera bien.

Loïc Ok, super clair. Ok, tu parlais de ce premier test du prototype qui est aujourd'hui Omni où ça a déclenché pas mal d'émotions parce que ça faisait écho à un certain nombre de frustrations que tu avais eues en grandissant en fauteuil, de choses que tu ne pouvais pas faire. Est-ce que tu peux nous en dire peut-être un peu plus sur ta réalité avant Omni, c'est-à-dire au quotidien une personne en fauteuil en France ? C'est quoi généralement les principales frustrations, les principaux freins au quotidien que les valides ne voient pas forcément ?

Charlotte Déjà, il faut se dire qu'on est à peu près 750 000 en France dans notre situation. Et donc, le quotidien qu'on peut avoir, c'est vrai que moi j'ai très rapidement passé mon permis de conduire parce que les bus autour de chez moi n'étaient pas accessibles. Ça évoluait entre-temps, mais quand j'avais 18 ans, les bus n'étaient pas encore ça. Et même, tu me dirais encore aujourd'hui, ce n'est pas encore évident de prendre le bus parce qu'il y a une rampe qui sort du bus, à l'arrière du bus pour faire le pont entre le bus et le trottoir. Mais cette rampe, elle sort une fois sur deux, elle ne fonctionne pas tout le temps. Et en plus de ça, le bus est souvent bondé, tu as l'impression de déranger, les gens soupirent, ça prend du temps. Du coup, ce n'est pas une expérience qui est hyper agréable à vivre. Surtout qu'à Paris, après ça dépend des villes, mais en tout cas à Paris, il n'y a qu'une seule ligne de métro qui est accessible sur Paris, sur les 14 lignes.

Loïc C'est laquelle, par curiosité ?

Charlotte La 14, justement, celle qui est la plus moderne et qui est tout automatisée. Mais en l'occurrence, moi, je n'habite pas du tout sur cette ligne et je ne travaille pas sur cette ligne. Donc, il y a aucun moment où ça ne m'est utile. Donc, il faut faire sans le métro. Donc, c'est plutôt bus ou alors le tramway qui fait le tour de Paris, mais qui ne rentre pas dedans. Donc, la voiture, c'était vraiment, pour moi, ça a été la source d'autonomie. Enfin, à 18 ans, j'avais passé le code et le jour de mes 18 ans, dans la semaine, je passais le permis. On avait déjà fait équiper la voiture et du coup, je l'ai eue tout de suite. Et c'est vraiment ça qui a été le premier gap pour moi, pour l'autonomie, parce que jusque-là, mes parents devaient m'accompagner partout. Et c'est souvent ça, en fait. Les gens sont souvent, soit aidés de... Les aidants sont hyper importants dans le quotidien. Et ouais, sinon, tu n'es pas autonome. Et c'est pour ça aussi qu'il y a beaucoup de gens qui sont bloqués chez eux, qui ne sortent pas de chez eux. Et donc là, le fait d'avoir la trottinette électrique, moi, ça me permet de moins prendre la voiture. Donc, c'est vrai que tu as quand même un gain de temps parce qu'il n'y a pas les bouchons. Tu sais que quand tu pars, tu arrives à telle heure et il ne va pas y avoir de problème sur le trajet, que ce sera ce timing-là. Donc, un gain de temps, un gain aussi sur la fatigue. Parce que prendre la voiture, ça implique de devoir porter le fauteuil pour le mettre dans la voiture, de faire son transfert aussi, du fauteuil à la voiture où il faut appuyer sur ses bras. Et ça, c'est quelque chose des transferts qu'on fait tous les jours, plusieurs fois par jour, qui fatiguent les épaules et les bras. Et donc, là, la trottinette fait qu'on n'a pas besoin de faire ça. Et tu as une charge mentale en moins qui est assez importante parce que tu te dis, je n'ai pas besoin d'anticiper les choses. Si sur le chemin, j'ai besoin de faire une course, je ne vais pas avoir à y réfléchir deux fois. Parce que si jamais c'est le cas avec la voiture, il va falloir que j'anticipe où est-ce que je peux me garer, où je sorte le fauteuil, que machin et tout. Là, avec la trottinette, je rentre dans le magasin. Avec la trottinette, je fais mes petites courses et je ressors. Ça m'a pris deux secondes. Et ouais, c'est hyper pratique. Même pour faire des petits déplacements, ça ne me fatigue plus. Et puis, c'est vrai que c'est hyper agréable. Tu es sur les pistes cyclables, tu échanges avec les gens. En plus, c'est fou, mais vraiment, quasiment une fois par trajet. Et ça, c'est tous les utilisateurs qui me le disent aussi. Tu te fais arrêter par quelqu'un qui te dit, mais c'est génial. Donc, on te donne envie de l'essayer. Et pour nous, le pari, il est gagné. Parce que si une personne valide, elle a envie d'essayer un truc que tu utilises en fauteuil, ça veut dire que la barrière, elle n'y est plus. Et que ouais, on est sur quelque chose qui donne envie, qui est cool. Et c'est agréable, c'est reboostant.

Loïc Ouais, excellent. Super. Bon, écoute, franchement, effectivement, en tout cas, ça donne envie de s'intéresser plus au sujet. Et c'est vrai que quand tu as… Moi, je n'ai pas d'amis proches ou j'ai eu des employés avec qui je travaillais qui étaient en fauteuil. Mais quand tu n'as pas quelqu'un dans ton cercle de connaissances plus ou moins proche qui est concerné par ce genre de challenge, c'est vrai que c'est comme plein de choses, en fait. Tu te rends moins compte. Donc, c'est toujours intéressant d'avoir un retour de quelqu'un qui vit ça depuis longtemps, depuis un peu plus de 25 ans, ce que tu disais. Donc, intéressant. Le podcast, T'es frappé, c'est le podcast de la résilience et de la détermination. Donc, je serais un peu curieux de savoir, tu vois, quand tu grandis en fauteuil, à quoi est-ce que ça ressemble, tu vois, d'un point de vue construction identitaire, lien social, etc., du côté justement de ces qualités de la résilience, de la détermination ? Est-ce que toi, tu vois ce que finalement ça t'a apporté dans la façon dont tu t'es développée en tant que femme ?

Charlotte Ouais, ouais. Le mot résilience, il résonne vachement en moi. Enfin, c'est clair que c'est quelque chose... Quand tu vis un truc comme ça, ça t'apprend à être résilient. Et bon, bah... Ouais, en fait, je suis en fauteuil depuis que j'ai 4 ans, donc j'ai quasiment toujours été en fauteuil. Et il y a plusieurs phases. Il y a des phases de frustration, de sentiment d'injustice, d'acceptation, où c'est un processus qui est long. Et où effectivement, bah c'est... Les choses, elles évoluent, malgré tout. Aujourd'hui, je trouve qu'on parle plus de ces sujets-là, d'acceptation, de différence. Mais... Même si ça reste encore compliqué. Mais en tout cas, moi, à mon époque, c'était encore... Je parle comme une vieille. Je disais, ouais... Enfin, en tout cas, quand j'étais plus jeune, c'est vrai que t'as tous les enfants qui viennent te voir. Qu'est-ce que t'as ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Alors qu'ils te connaissent pas trop. Toi, t'as pas forcément envie de raconter ta vie à tout le monde. Et puis, le sentiment de... Dans la cour de récré, de pas pouvoir faire comme les autres qui courent, qui jouent à chat, qui font la marrelle. Enfin, des trucs bêtes, mais où tu te dis, bon, bah, moi, je peux pas. Et où tu te sens différent. Donc, du coup, c'est un peu dur à ce niveau-là. Mais après, j'ai eu la chance d'être hyper entourée par ma famille. Malgré tout, des amis que je m'étais faits même depuis la maternelle, en fait. Et qui ont continué d'évoluer avec moi. Parce que ça a eu un impact assez fort. Enfin, en fait, on s'est vachement soudés. Les gens autour de mes parents, les amis, la famille, se sont beaucoup relayés pour que les parents soient avec moi à l'hôpital. Pour vivre... Parce que j'ai eu une leucémie, en fait. Donc, ça a pas mal chamboulé toutes nos vies. Et ouais, il s'est créé quelque chose d'hyper fort. Où on a pu s'appuyer les uns sur les autres. Et où j'ai eu la chance d'avoir tout un entourage qui me disait, mais en fait, tu t'en fiches de ce que pensent les gens. Et t'es super. Et tu pourras faire tout ce que tu veux dans la vie. Et en plus, ça m'a emmené partout. À me faire faire plein de choses. Et à montrer que rien n'était impossible. Et ça a vraiment été le mindset depuis que je suis petite. Que t'inquiète, tu pars quand même en colo. Comme les copains, on s'adapte. On fait ci, on fait ça. On trouve toujours des solutions. Et c'est un peu ça qui m'a construit tout du long. Et en même temps, de se dire, bon, bah... Il y a des choses qui ne sont pas possibles. Mais de choisir un peu ces batailles, en fait. Et de se dire, ok... Enfin, tu rencontres tellement de problèmes vitaux et compliqués que tu sais qu'est-ce qui est important, qu'est-ce qui ne l'est pas. Et ouais, c'est vrai que je vois par rapport à des proches autour de moi qui n'ont pas forcément vécu des choses aussi difficiles. Mais bon, chacun vit ses choses. Enfin, chacun vit des choses. Mais quand tu vis des drames, des trucs vraiment lourds, je pense que tu prends plus la mesure de ce qui est important, ce qui ne l'est pas. Ce sur quoi il faut apporter de l'importance. Et ouais, choisir ses combats. Se dire, ça, on s'en fiche. Enfin, ouais. Je ne sais pas. Je me gare peut-être un peu.

Loïc Non, non, mais c'est... Écoute, franchement, je te rejoins complètement. Et tu vois, ça me fait penser à... Il n'y a pas très longtemps, j'ai fait un épisode avec... Une fille incroyable qui s'appelle Selam Chapuis, qui a 17 ans et qui est en équipe de France de natation handisport. Elle est paraplégique. Et en fait, on discutait de ça, tu vois. C'est-à-dire de comment... Et puis elle, elle a... Enfin, un truc en plus. Je ne sais pas si c'est un truc en plus. Mais en tout cas, dans son histoire, il y a un autre aspect qui est qu'elle a été adoptée. En fait, elle a grandi en Éthiopie, dans un orphelinat. Donc, où les conditions n'étaient pas... Voilà. Clairement pas optimales pour une petite fille et encore moins pour une petite fille paraplégique. Et donc, en fait, elle expliquait comment, tu vois, cette partie de son histoire fait qu'aujourd'hui, en fait, elle croque la vie à fond et elle a beaucoup de recul par rapport à certaines petites galères du quotidien ou certains défis parce qu'elle est sportive de haut niveau. Donc, forcément, il y a, tu vois, le côté entraînement, c'est intense, etc. Et je trouvais ça assez inspirant. Finalement, ça rejoint ce que tu dis, tu vois. Et plus récemment, par rapport à ce que tu disais, j'adore... Parfois, c'est peut-être un peu cliché, mais moi, je ne trouve pas. Mais c'est cette phrase de l'impossible est possible, finalement. Et il n'y a pas très longtemps, pour te l'illustrer, j'ai échangé avec un Canadien qui s'appelle Sébastien Sasseville, qui est diabétique de type 1. Donc, je ne sais pas si tu connais trop le diabète. Moi, j'ai découvert, du coup, en échangeant avec lui... Enfin, j'en ai appris plus, en tout cas, en échangeant avec lui, que les diabétiques de type 1, c'est à peu près 10% des diabétiques. Et c'est un diabète qui est... C'est un peu la faute à pas de chance, en fait. Ça n'a aucun lien avec ton hygiène de vie ou ton âge, etc. Et c'est un diabète qui est... En fait, qui n'est pas curable, que tu ne peux pas vraiment... Tu es obligé un peu de vivre avec et de t'adapter. Donc, il faut pomper à l'insuline et tout le bazar. Et lui, il a été diagnostiqué, je crois, qu'il avait 22 ans de mémoire. 22 ans, je crois. Et aujourd'hui, il en a 43. Et depuis, il a fait l'Everest, plusieurs Ironman. Il a traversé le Canada à vélo, en courant. Il a traversé les États-Unis à vélo. Et finalement, tu vois, c'est juste une super illustration de plus qu'effectivement... Enfin, l'impossible est possible. Oui. On peut faire beaucoup, beaucoup, beaucoup plus, je pense, que ce qu'on imagine spontanément.

Charlotte Complètement, oui.

Loïc Excellent. Donc, écoute, super intéressant, tu vois, sur ce point de résilience, de détermination. Aujourd'hui, cette... Alors, je te pose la question vraiment très naïvement, parce que tu parlais des gens qui sont un peu maladroits des fois quand on parle de handicap ou de différence. Est-ce que, du coup, le terme qui serait approprié, est-ce que toi, tu considères que tu as une différence ? Est-ce que tu considères que... Comment tu l'exprimes ?

Charlotte Je pense qu'on a tous des différences, en fait. Vraiment, quand tu creuses chacun, on a quand même des particularités, des choses. Après, en fait, le truc, c'est que le fauteuil roulant, c'est quelque chose qui est très visible, qui interpelle beaucoup. Et parce que quand on voit le fauteuil, on se demande tout de suite qu'est-ce qui lui est arrivé, pourquoi elle est en fauteuil. C'est vrai que c'est quelque chose qu'on voit avant la personne, finalement. C'est souvent quelque chose qui ressort comme ça. Mais sinon, je trouve qu'on le gomme quand même assez vite. Et pour ça, c'est aussi parce que je suis habituée et que je sais que les gens, dans leur tête, quand j'arrive dans un endroit où il y a du monde et les gens ne connaissent pas, oui, le fauteuil, ça va interloquer. Et souvent, on me regarde et je sens dans la tête des gens qu'on se pose des questions. Et en fait, j'essaye d'évacuer le truc assez rapidement en mettant à l'aise les gens, en leur montrant que je suis assez sociable, que j'aime bien rigoler et que le fauteuil n'est pas un problème et qu'en fait, on oublie assez vite. Ok. Mais oui, sinon, je pense que... Je me suis mise assez... Il y a peu de temps, en fait, sur Instagram. Je n'étais pas très réseau sociaux. Je suis un peu une mamie sur ce point-là. Mais du coup, je me suis mise il y a peu de temps sur Instagram pour justement essayer de... Parce que je côtoie beaucoup de personnes en fauteuil de part Omni. Et de tout ce qui ressort et tout, j'avais envie de communiquer justement sur tous ces moments absurdes. Et du coup, sur mon compte Charlotte sur Insta, Charlotte Allo, je parle en fait de tous ces moments absurdes pour essayer à la fois... Sur un ton humoristique, mais pour essayer de sensibiliser le grand public en se disant... Oui, en fait, quand tu vois une personne qui galère par exemple dans la rue, en fauteuil, le truc à faire, c'est... Tu peux lui demander de l'aide, mais en aucun cas, il faut l'aider sans lui demander son avis parce qu'il y a un risque que tu la pousses et qu'elle tombe parce qu'il y a un truc devant que tu n'as pas vu et qui font que le fauteuil bascule. Ou des petites choses comme... C'est bizarre quand il y a des inconnus qui t'arrêtent dans la rue pour te dire je prie pour toi. Enfin, des petites anecdotes comme ça qui permettent de soulever le voile un peu sur justement tout ce qu'on rencontre quand on est en fauteuil et en même temps de le faire de manière drôle pour que les gens le prennent avec humour et que ça se diffuse. Mais ouais, il y a pas mal de petites anecdotes comme ça qu'on partage et voilà, je ne sais plus où ce que je viens.

Loïc Parce que ma question initiale, ça allait être finalement est-ce qu'aujourd'hui, cette différence, en tout cas le fait que tu sois en fauteuil, tu le cultives versus ces moments dont tu parlais quand tu étais plus petite où c'était un peu plus un combat, quelque chose de subi. Est-ce qu'aujourd'hui, c'est clairement quelque chose qui fait partie de toi que tu assumes oui, j'imagine que oui, mais que tu n'hésites pas à partager ? Et visiblement oui puisque avec Instagram, c'est peut-être un peu ça l'objectif.

Charlotte C'est ça, ouais. Non, ben effectivement, moi je l'ai accepté, je le vis bien et justement, j'ai envie de communiquer dessus à la fois pour aider des personnes qui sont en fauteuil et qui se posent des questions et qui n'ont peut-être pas encore accepté ou alors qui sont dans cette démarche-là et de s'entraider, de faire avancer les choses là-dessus et en même temps, pour le grand public, de montrer qu'être en fauteuil, ça n'empêche pas d'être normal, si je puis dire. Et oui, du coup, avec Omni, ça me permet en plus de communiquer sur ces enjeux plus au-delà de la mobilité et de notre solution, de parler des problématiques de handicap et ça, c'est chouette parce que ça me permet de le faire et de faire avancer les choses là-dessus et d'avoir toute une communauté qui se développe où je ne suis pas toute seule et où on peut donner aussi la parole à plein de personnes et que tu sois jeune, moins jeune, que ce soit de naissance, suite à un accident et c'est hyper agréable.

Loïc Oui, génial. Super. Écoute, je n'avais pas vu que tu avais un compte sur Insta donc je vais aller regarder ça. Ce sera l'occasion de découvrir de bonnes anecdotes, j'ai l'impression.

Charlotte On rigole pas mal.

Loïc Excellent. Super. Si on revient à Omni, donc tu expliquais que tu as travaillé avec tes... Ils sont quatre, c'est ça ? Les quatre étudiants initialement ?

Charlotte On était cinq à la base. Il y a un de nos associés, Sullivan, qui est parti il y a un an où il a racheté ses parts. Ça s'est hyper bien passé. C'est juste que Sullivan, il était hyper créatif et tout ça et il ne se retrouvait plus trop dans le développement ensuite de la solution une fois qu'on est un peu moins dans la créativité, dans la conception. Et du coup, il avait envie de faire d'autres choses et il ne se retrouvait pas là dans le développement d'Omni. Donc, on lui a racheté ses parts et là, il voyage, il fait plein de belles choses, il nous envoie plein de photos, il est dans des écoliers, il se forme à la couture, à être menuisier, à faire plein de choses plus manuelles. Et ouais, on est content que ça se passe comme ça parce que c'est vrai que dans l'entrepreneuriat, on nous avait pas mal alertés aussi sur le fait d'être cinq cofondateurs, que c'était beaucoup, que ça pouvait faire peur. Et au final, ça a été une force parce qu'on était, et on l'est toujours, hyper complémentaires et c'est vraiment cool de pouvoir avancer tout seul. Moi, je suis hyper impressionnée par les entrepreneurs qui sont tout seuls à démarrer. Franchement, moi, j'ai clairement besoin de mes associés pour partager les moments de doute, échanger sur comment faire les choses et tout ça. C'est vrai qu'entreprendre tout seul, c'est courageux.

Loïc Ouais, je suis assez d'accord avec toi. Tu vois, nous, on est deux, avec Stéphane, à avoir créé Papyrus. Et bon, maintenant, on a une troisième personne, Hélène, qui travaille avec nous, mais on est deux cofondateurs. Et ouais, effectivement, si j'essaie d'imaginer à quoi ça ressemblerait si j'avais été seul, c'est pas la même galère quand même. Ouais. Ça aurait été vraiment difficile, ne serait-ce comme tu dis, que pour le partage, quand il y a des phases un peu difficiles. Et puis bon, tu vas nous en dire un peu plus sur Omni, comment ça s'est passé au tout début. Mais nous, la boîte a un an, tu vois, un peu plus d'un an. Et c'est vrai que c'est un peu le yo-yo émotionnel des fois. Tu alternes dans la même journée, tu vois. Super nouvelle, les moins bonnes nouvelles, super nouvelle à nouveau. Donc à deux, ce qui est cool, c'est que tu peux partager. Mais du coup, chez Omni, comment ça s'est... Oui, c'est ça, clairement, le montagne russe. Chez Omni, comment ça s'est, le fait d'être 5 ? Comment vous l'avez structuré au tout début ?

Charlotte On avait tous quand même nos casquettes, même si elles évoluent au fur et à mesure. Tu avais une personne plus en charge du développement produit, l'autre en charge du réglementaire, en charge du pôle finance. Moi qui étais plutôt sur l'aspect marketing et marketing, communication, puis ensuite vente. Et donc voilà, on était tous avec des responsabilités quand même très identifiées et complémentaires et où malgré tout, moi je travaillais quand même aussi pas mal avec les deux personnes sur le produit pour justement tester, itérer. Et même si on a des casquettes, effectivement, on est un peu multitâche dans une startup. Mais ouais, c'était assez établi quand même, nos rôles et responsabilités. Et par contre, on a tous le même nombre de parts et donc le même poids dans les prises de décision. Et ça, ça a toujours été aussi notre volonté de vouloir, enfin, quand il y a une décision à prendre, bien sûr, c'est la personne qui est responsable du sujet qui a le dernier mot, mais qui expose des choses et on vote et donc à la majorité et voilà.

Loïc Génial. Donc, géographiquement, vous êtes tous au même endroit ou vous fonctionnez en partie en remote ?

Charlotte Alors, on est tous sur Paris. Malgré tout, on fait quand même de temps en temps du télétravail. C'est flexible. Les personnes dans l'équipe peuvent faire un à deux jours de télétravail dans la semaine. Et pour le coup, on a un associé, Robin, qui, là, est parti depuis peu s'installer au Mans et donc, il fait une semaine sur Paris, une semaine au Mans. C'est assez récent. on essaye justement de trouver l'organisation puisqu'il a entré des travails une semaine sur deux et pour le coup, il est sur le sujet du développement international. il peut un peu plus avancer de son côté. C'est moins problématique et on garde le lien. On s'envoie quand même des petits chats régulièrement pour rigoler même quand on est à distance. mais sinon, principalement en présentiel, c'est vrai qu'il y a vraiment une bonne ambiance dans l'équipe. Maintenant, on est dix dans l'équipe.

Loïc OK.

Charlotte Et c'est agréable de se retrouver, de passer du temps ensemble. Et moi, j'aime bien avoir cette possibilité de faire du télétravail, mais que ce ne soit pas imposé et qu'on ait la possibilité de se retrouver dans un environnement dans lequel on est bien et être en télétravail quand on en a envie.

Loïc Oui. C'est un peu ce qu'on se dit aussi avec Stéphane, parce que nous, moi, je suis à Aix-en-Provence maintenant. Avant ça, j'étais en Suisse. Stéphane est à Paris, Hélène est à Tours. Bref, on est un peu aux quatre coins de la France. On a notre board, ils sont entre Bordeaux, les Landes des Paris aussi. Du coup, c'est vrai que chaque fois qu'on se retrouve, on se dit, punaise, mais on ne le fait pas assez. C'est quasiment tout le temps à Paris. On se dit qu'on ne le fait pas assez, que ça manque un peu ce contact. La réunion quotidienne, c'est cool, mais ce n'est quand même pas pareil que de pouvoir échanger comme ça de temps en temps en face à face.

Charlotte Oui, c'est sûr que ce lien social, il est chouette. Ce que Robin va attester là aussi, c'est que quand il est au Mans, il va essayer d'aller dans des espaces de coworking pour, même si ce n'est pas avec nous, pouvoir avoir ce truc avec d'autres personnes qui travaillent un peu solo et d'avoir ce lien social quand même.

Loïc Oui, c'est exactement ce que je fais depuis peu de temps. Je fais un super coworking à Aix, s'il y en a qui nous écoutent, Aix en Provence, qui s'appelle Yellow Working, qui a été créé d'ailleurs par un ancien invité du podcast, Livian Dosa, de l'épisode, je crois, 49, qui a traversé l'Atlantique à la rame et qui est aussi un entrepreneur. Et donc, voilà, super coworking. Et c'est vrai que, c'est tout bête, mais tu as un peu cette émulation, tu vois, tu arrives, il y a une ambiance un peu feutrée, mais les gens parlent quand même, tu as des endroits où tu peux discuter. Oui, ça met, je trouve, tu es tout de suite dans une ambiance, ok, là, je suis productif, je me concentre sur ce que je fais, mais si j'ai envie d'échanger, j'en ai la possibilité aussi. Et puis, ça te sort un peu de ton quotidien quand tu travailles tout le temps à la maison. Une fois, c'est un peu lourd.

Charlotte Oui.

Loïc Ok. Alors moi, j'ai une petite question sur la partie, enfin, j'ai plusieurs questions sur la partie développement du produit. Comment est-ce que ça se passe quand tu as une idée de, quand tu as un prototype, quelque chose entre les mains, tu vois, qui ressemble au char d'assaut que tu décrivais tout à l'heure ? Comment tu fais pour identifier les bons producteurs, enfin, les bons producteurs ? J'ai l'impression que je parle de fruits et légumes, Mais les bons fournisseurs, tu vois, qu'est-ce que tu leur envoies ? Est-ce que tu leur envoies une sorte de descriptif technique pour qu'ils puissent te dire s'ils peuvent travailler avec toi ou pas ? Enfin, comment ça se met en place cette phase-là ?

Charlotte Ben, nous, on a eu la chance d'être accompagnés par l'incubateur des arts et métiers, l'école des arts et métiers où Robin a fait ses études.

Loïc Ok.

Charlotte Donc, on a eu quand même pas mal d'experts aussi dans le domaine, dans le hardware pour nous aider à développer la solution technique, à choisir aussi les procédés. et donc, nous, on est sur des procédés assez simples de fabrication et je ne sais plus exactement comment on avait eu le listing des fournisseurs possibles. je pense que c'est Robin de par son réseau qui a réussi à faire une liste de fournisseurs potentiels pour tel et tel aspect. et effectivement, on se pose la question parce qu'en plus, au début, comme on était en train de tester et tout, tu ne sais pas trop est-ce que tu envoies ton produit, est-ce que tu envoies les plans, comment ça se passe ? Et donc, on a bossé avec des petites structures et ça a facilité les choses une fois que le brevet était déposé aussi.

Loïc Oui, j'imagine.

Charlotte J'imagine. J'imagine. J'imagine, oui.

Loïc Vous en avez combien en tout, des brevets déposés ?

Charlotte Trois brevets.

Loïc Trois brevets, ok. Qui concernent tous le système de fixation ou aussi la trottinette ?

Charlotte Après, je ne peux pas trop en dire.

Loïc D'accord, ok, ça marche. Ok, ok. Et donc, si on reste un petit peu sur le côté technique, si je ne me trompe pas, vous avez participé et remporté un concours assez iconique quand même dans l'univers des innovations technologiques qui est le concours Lépine. Est-ce que tu peux nous le présenter rapidement et nous en dire un petit peu plus ?

Charlotte Yes. Au début, j'ai eu peur quand tu disais que tu allais poser des questions techniques, je me suis dit oula, il n'a pas, il ne reste pas la meilleure personne de l'équipe pour ça. Mais ce qui est de parler du concours Lépine, ça, je peux en parler. Non, le concours Lépine, c'était très chouette d'y participer. C'est vrai que moi, j'y suis allée pas mal de fois à la Foire de Paris et voir justement, passer au concours Lépine, voir toutes ces innovations, toutes ces inventions. Il faut savoir que ce soit le ferrère passé, le stylobique, plein de choses comme ça qu'on utilise au quotidien qui viennent de là, en fait, et des inventeurs qui ont vu leurs innovations et se faire connaître grâce au concours Lépine et cette reconnaissance qui fait plaisir. d'autant plus que ce soit un concours, encore une fois, sur des inventions en tout genre. Et nous, on a remporté le grand prix du concours Lépine en 2021. Et c'est chouette parce que se dire aussi qu'une invention pour les personnes à mobilité réduite soit récompensée aussi dans un concours aussi important, c'est chouette. Ça nous a amené énormément de visibilité et donc ça a permis aux personnes qui ont besoin de cette solution de savoir qu'elle existe et de pouvoir parler encore une fois de toutes ces problématiques du handicap et de faire avancer les choses. pour nous, ça a été une super opportunité et je la recommande vraiment à tous les inventeurs parce que c'est une vraie rampe de lancement. Et puis, moi, c'est vraiment en plus depuis que je suis petite quelque chose que je trouve fou et de me dire jamais j'aurais pensé qu'un produit que j'aurais développé avec des copains se serait retrouvé là.

Loïc Comme quoi ? Comme quoi ? Oui.

Charlotte C'est fou.

Loïc Yes. Super. Si on prend un petit peu de hauteur, la mission pour toi aujourd'hui, Domini, en tout cas, l'objectif un petit peu, tu vois, super macro ultime donc plus peut-être en termes d'impact que vous visez, ce serait quoi ?

Charlotte Vraiment, c'est d'améliorer la mobilité de toutes les personnes à mobilité réduite et ça passe par différents enjeux. Le fait de proposer un produit, un produit comme celui qu'on a aujourd'hui, des services, mais on milite aussi pas mal auprès des pouvoirs publics, des politiques et pour faire avancer les choses. Donc voilà, nous, notre objectif, c'est vraiment d'avoir un impact sur la mobilité et l'inclusion et du coup, d'être intégré aussi auprès de pas mal d'entreprises privées. Donc on parlait des opérateurs de trottinettes en libre-service, de faire en sorte qu'on pense à l'inclusion dès le début et c'est tellement plus facile de le faire dès lancement d'un projet plutôt que de le faire à posteriori et de voir que pour rendre accessible un métro, ça coûte maintenant des millions et des millions alors que si on le fait dès le début, c'est quand même plus simple.

Loïc Oui, génial. Les grandes étapes pour Omni à venir, est-ce qu'il y a des milestones déjà que vous avez identifiés sur, tu parlais d'internationalisation, est-ce qu'il y a des pays que vous voulez ouvrir en particulier ? Est-ce qu'il y a des choses dont tu peux nous parler ou c'est encore secret ?

Charlotte Oui, l'international, maintenant qu'on a réussi à tout stabiliser en France, tout mettre en place, l'idée, ça va être de reproduire un peu le même schéma en Europe. On va commencer par des pays un peu limitrophes et quand même pas trop loin. Mais donc, effectivement, ça passe par... Malgré tout, on ne se rend pas compte parce qu'il y a encore des gens qui me demandent aujourd'hui, mais sinon, à part la trottinette, c'est quoi ? Tu as un boulot dans la vie ?

Loïc Ah oui ? Ce n'est pas vrai ?

Charlotte Oui, ce n'est pas un hobby. C'est mon job à plein temps. Et on ne se rend pas compte qu'on n'est pas dans l'entrepreneuriat, mais tout prend extrêmement de temps. Et en fait, d'aller à l'international, c'est aussi... ça prend aussi énormément de temps parce qu'il faut traduire le site, il faut dupliquer son marketing. Pareil pour l'équipe de vente, d'après-vente. Donc, ça prend du temps de faire tout ça. Donc, on cherche aussi des partenaires locaux. Et donc, voilà, l'idée, ça va être... Donc, Robin, il est focalisé sur ce développement-là. Et ça commence dès début 2023. Donc, le lancement en Europe et puis, le développement en France où il y a encore énormément de choses à faire et on n'est pas encore connus auprès de tous.

Loïc Ok. Génial. Plein de belles aventures à venir en tout cas. C'est top.

Charlotte Ouais, complètement.

Loïc Super. Eh bien, écoute, Charlotte, c'était vraiment génial d'en apprendre plus sur Omni et puis surtout de pouvoir avoir la chance d'avoir ton témoignage en direct, tu vois, sur ton histoire à toi et puis finalement de voir où ça t'a amené aujourd'hui. C'est vraiment super inspirant. Est-ce que toi, il y a un message que tu aurais envie de partager pour conclure cet échange ?

Charlotte Alors, qu'est-ce que je pourrais dire ? Déjà, j'espère que ça vous a plu aussi. C'est vrai que moi aussi, ça m'a plu de participer à ce podcast et c'est drôle. Tu fais un peu de l'introspection en discutant comme ça et j'ai trouvé ça chouette. Non, ce que je peux dire et que je répète, mais que c'est important d'être bienveillant les uns avec les autres et surtout de ne pas se sentir mal à l'aise. Il faut se dire qu'il n'y a pas trop de tabou. Il ne faut pas non plus être gênant et aller voir un inconnu en lui demandant qu'est-ce qu'il a, qu'est-ce qui lui arrive. Mais en tout cas, il ne faut pas qu'il y ait de malaise ou de gêne. On est différents les uns des autres. Il y a 80% des handicaps qui sont invisibles. Donc en soi, il y a encore plus de personnes qu'on ne soupçonne pas qui ont aussi des handicaps et finalement, on est tous différents les uns des autres et juste, je pense qu'il faut être bienveillant avec tout le monde et ça, c'est vraiment un truc que je trouve hyper important et dont on ne se rend pas, qu'on n'a pas forcément suffisamment conscience. Mais voilà.

Loïc Génial. Charlotte, un très grand merci. Si les gens veulent te suivre, je mettrai le lien vers ton Instagram pour qu'ils aient toutes les anecdotes croustillantes de ton quotidien. Les gens qui te tiennent la main en te disant qu'ils vont prier pour toi, j'avoue que ça, ça doit surprendre au début. Mais bon, voilà. Et puis, il y en a qui sont intéressés pour en apprendre plus sur Omni. Le site internet, c'est Omni... Omni, Omni...

Charlotte Omni.community.

Loïc Omni.community. Ok.

Charlotte Voilà.

Loïc Omni.community, donc je mettrai ça en description de l'épisode. Merci une fois de plus pour ton temps, c'était génial. Et puis, je te souhaite tout le meilleur pour la suite du développement d'Omni.

Charlotte Merci beaucoup, Jelic. Et puis, c'était un plaisir, merci encore.

Loïc Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité. Sous-titrage ST' 501 et de la fin. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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