Gaël Quand on revient, on revient toujours différent. On a appris sur soi. J'aime beaucoup parler de ça, quand je pars en solitaire faire la traversée du Haut Atlas. C'est ma première expédition en solitaire, donc vraiment, je me suis découvert de l'intérieur. J'ai appris à vivre la solitude, mais dans l'ennui, dans le bon sens du terme. Et je trouve que quand on se connaît bien, on va être bien meilleur avec les autres.
Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. Vivre de ses aventures une fois son diplôme d'ingénieur en poche, c'est le choix qu'a fait Gaël Meunier, mon invité de la semaine. A 26 ans, Gaël a déjà plusieurs aventures originales derrière lui. Il a pédalé de Lyon à Istanbul, il a skié en Suède dans le parc du Sarek, il a passé 55 jours dans le Haut Atlas marocain avec sa jument Fnouna et plus récemment, il a traversé les Alpes en parapente de la Slovénie jusqu'à Nice. Il y a vraiment deux messages que je retiens de cet échange. Le premier, c'est qu'il est souvent bénéfique de marquer des temps de pause pour se relire, comme dit Gaël. Et le second, c'est que sans avoir toutes les cartes en main, on peut se lancer et vivre des expériences qui nous transforment. Attention, vous pourriez bien partir à l'aventure à la suite de cet épisode. Excellente écoute à vous les frottes.
Gaël Bienvenue Gaël sur le podcast. Merci.
Loïc Ravi de te recevoir. Je suis super curieux parce que quand tu m'as contacté, que tu m'as expliqué ce que tu faisais, je me suis dit mais qu'est-ce que c'est que cette dinguerie ? Il faut absolument effectivement qu'on échange autour d'un épisode sur le podcast. Donc, écoute, ce que je te propose, c'est de commencer peut-être par te présenter dans les grandes lignes, nous expliquer qui tu es et ce que tu as fait plus récemment surtout.
Gaël Je m'appelle Gaël Meunier. J'ai 26 ans. J'ai fait une école d'ingénieur et après mes études, je suis parti pendant un an avec des copains faire différents projets sportifs. Donc, cinq challenges. C'était plutôt une année sabbatique, on va dire. Donc, on avait fait Lyon-Istanbul à vélo. Après, on a fait du ski nordique, du ski de rando en Suède. Après, on a fait de la survie et un trek entre la Macédoine du Nord, l'Albanie et la Grèce. Plus récemment, je suis parti faire la traversée des Alpes en parapente. Et aujourd'hui, du coup, depuis ces cinq challenges-là, j'ai décidé d'essayer de vivre de mes aventures. Donc, la première partie, c'était de faire un documentaire parce que je m'étais renseigné avec d'autres aventuriers pour savoir comment ils faisaient pour vivre. et on m'avait dit qu'il y avait plusieurs options, conférences, films, documentaires, interventions. Et du coup, j'ai pris l'option de faire un film et je suis parti faire la traversée du Haut Atlas marocain à cheval en solitaire. C'était mon premier voyage en solitaire et j'en suis revenu tout changer. Et puis depuis, ça a continué.
Loïc Excellent, excellent. J'allais dire, ça fait rêver, mais comme toujours, j'imagine qu'on va en parler. Il y a certainement des aspects qu'on ne voit pas qui sont moins fun, notamment sur l'aspect financier, etc. Mais bon, on va en parler. Mais en tout cas, excellent comme introduction. Et tu dirais que ça a été quoi l'appel de l'aventure, justement ?
Gaël Qu'est-ce qui fait que tu t'es lancé dans ces défis juste sorti de l'école d'ingé et que tu as continué derrière ? La première étape, j'ai fait une école d'ingénieurs qui s'appelle l'ICAM. Et à l'ICAM, on nous propose l'expériment. L'expériment, c'est quatre mois entre la troisième et la quatrième année où on va partir faire un projet qu'on prépare toute l'année avec un fil rouge. Il y en a qui partent faire du Cap Nord à vélo. Il y en a qui vont faire du kayak en Corse. Il y en a qui vont faire des projets sportifs ou non. Il y a quelques règles. C'est d'être à plus de 800 kilomètres de ses parents, passer un mois tout seul sans personne qu'on connaît et faire un peu d'humanitaire. Et moi, ça, je ne l'ai pas pu le faire parce que je suis passé en alternance après mes deux années de prépa. Parce que j'avais envie de gagner ma vie, parce que j'avais envie de monter un peu dans ce côté entreprise. Du coup, je n'ai pas eu l'occasion de faire ça. Et j'avais un super ami qui était avec moi à l'ICAM. Lui qui est resté en intégré. Et un jour, je suis arrivé dans sa chambre avec deux cartes du monde. Et je lui ai dit, bon, on fait quoi ? On part où ? Et je lui avais déjà parlé du fait de faire un tour du monde après les études. Et finalement, de fil en aiguille, on a créé le projet aventure. Et on s'est lancé ces challenges-là.
Loïc C'est juste génial ce concept-là de... Comment tu dis ? Experiment, c'est ça ?
Gaël Oui, c'est ça.
Loïc Et ça, c'est... Je n'ai jamais entendu ça. En tout cas, moi, j'ai fait une école de commerce et ce n'est pas du tout... Alors, il y a des assos, etc. Mais ce n'est pas du tout quelque chose qui fait partie du programme. C'est un peu la norme dans les écoles d'ingés ou c'est l'ICAM qui a un positif ?
Gaël Non, c'est une particularité de l'ICAM. Dans les écoles d'ingés, ce qui est obligatoire, c'est de faire six mois à l'étranger. Donc, moi, j'ai pu partir, par exemple, je suis parti en Inde en prépa. Je suis parti après six mois en Autriche pendant mon école. Donc, déjà, j'avais un an de ça. Plus, en alternance, du coup, j'ai quand même pu faire l'Autriche. Mais j'ai fait aussi trois mois à l'étranger dans une entreprise. Donc, ça, c'était chouette aussi. Et en plus de ça, quand on est en intégré normal, on est obligé de faire l'expériment. C'est quelque chose qui est obligatoire et qui est un peu spécial de l'ICAM. Souvent, les élèves viennent aussi pour cette partie-là. Parce que oui, ça fait rêver, ça ouvre des portes. En fait, les gens reviennent changer. L'ICAM, il y a aussi une particularité, c'est la relecture. Donc, c'est apprendre à savoir prendre du temps pour se relire et savoir où on va. Et moi, c'est quelque chose que je fais encore au quotidien. C'est quelque chose qui est important pour moi. C'est de parfois relever la tête du guidon parce que je vois que ce n'est pas le bon endroit. Ce n'est pas là où je veux aller. Et en fait, me remettre les bonnes bases et puis me diriger dans le bon sens.
Loïc J'allais te demander justement, qu'est-ce que tu penses ? Alors, même si toi, tu n'as pas pu le vivre dans le cadre du cursus, de manière organisée, mais par rapport à tes potes qui, eux, ont pu le faire ou même toutes les aventures que tu as vécues finalement, peut-être quelques années après, mais encore assez jeune, tu dirais que c'est quoi, de ton point de vue, le bénéfice pour celles et ceux qui peuvent avoir un cursus comme ça de vivre ce type d'expérience assez jeune ? C'est quoi les bénéfices, tu penses ?
Gaël Oui, à la fois, c'est quelque chose qui n'est pas des vacances. Ils ne partent pas en vacances, c'est un projet. Donc, c'est une organisation. Donc, il y a toute cette partie-là que moi, je trouve géniale. C'est création d'un projet, gestion de projet. Et ça, qui est à ce côté ingénieur, donc c'est vraiment prendre des tips, apprendre à bien gérer ses projets. L'autre partie, c'est que c'est personnel. Donc, c'est un rêve, en fait. C'est eux qui vont créer leur rêve et ils vont prendre du temps pour réfléchir à ce qu'ils veulent faire. Et ça, c'est quand même hyper bénéfique. Déjà, c'est hyper motivant, en fait, pour les élèves de se dire « je vais réaliser un rêve ». Donc, parfois, c'est des gens qui avaient des rêves avant qui ont pu le réaliser. D'autres, il n'y avait pas encore de rêve, mais du coup, ils ont réfléchi à avoir un peu plus de créativité. On a des cours de créativité aussi pour ça, pour se mettre dans un milieu où on est prêt à apprendre des tips, à réfléchir avec les autres, écouter les autres, et puis après, se lancer dans son propre rêve. Donc ça, je trouve ça génial. Et puis après, quand on part, quand on revient, on revient toujours différent, en fait. On a appris sur soi. Moi, j'aime beaucoup parler de ça. Quand je pars en solitaire, faire la traversée du Haut Atlas, c'est ma première expédition en solitaire. Donc vraiment, je me suis découvert de l'intérieur. J'ai appris à vivre la solitude, mais dans l'ennui, dans le bon sens du terme. C'est-à-dire qu'on a une pensée qui passe, on la cogite, on la travaille, on l'apprend. Et puis en fait, on est là, c'est nous, quoi. Et on vit vraiment humainement soi. Et je trouve que quand on se connaît bien, on va être bien meilleur avec les autres. Ça va être beaucoup plus facile, même dans un milieu d'entreprise, en fait, quand on se développe humainement, personnellement, comme on se connaît, on va être meilleur avec les autres.
Loïc Il faudrait presque que le modèle de l'ICAM en termes de cursus soit obligatoire un peu partout. Parce que franchement, quand on t'entend, je suis assez convaincu d'accord avec toi, c'est juste exceptionnel comme opportunité de pouvoir vivre des expériences comme ça à jeune. Et comme tu le disais, ce n'est pas des vacances. Donc c'est surtout ça, c'est là où c'est intéressant. C'est peut-être justement parce que c'est des vacances qu'on en revient grandi.
Gaël Parce que ce n'est pas des vacances, pardon, qu'on en revient grandi. Oui, complètement. Même moi qui fais ça aujourd'hui, presque au quotidien, on va dire, j'ai besoin de vacances. En dehors de ça, parce que j'ai besoin de mes potes, je suis quelqu'un qui se ressource avec ses amis, on va dire. Mon frère, il dit souvent, il y a deux types de personnes, il y a ceux qui se ressourcent seuls et ceux qui se ressourcent en groupe. Et moi, c'est mes potes, c'est ma famille qui me permet de recharger les batteries et puis après la redépenser quand je vais tout seul. Et il y en a, c'est le contraire. Et du coup, c'est sûr que ça, c'est quelque chose de, moi, que je trouve, que j'adore parler parce que, moi, je l'ai fait en dehors de l'ICAM, mais quand c'est obligatoire à l'ICAM, les gens qui viennent pour ça, c'est génial. Ceux qui ne connaissaient pas et qui arrivent et on leur dit, tu fais ça, et bien, ils reviennent transformés en fait. Et tout le monde le dit en fait. Ce qui est cool, c'est que c'est les élèves qui le disent, c'est pas, c'est les élèves eux-mêmes qui se le disent sur eux-mêmes, c'est pas, enfin, les autres aussi le remarquent, mais c'est pas l'ami qui va dire, ah, t'as changé quand même. Non, c'est soi-même, on se sent grandi quoi. Excellent.
Loïc Excellent. Donc, si on fait un petit résumé, donc tu le disais, toi, t'as fait le choix de l'apprentissage, donc c'est-à-dire que tu étais encore étudiant à l'école et en même temps en entreprise, donc il y a, voilà, cette partie-là du cursus, t'as pas pu la faire. En revanche, donc, si j'ai bonne mémoire, ça fait que 8 minutes qu'on parle, mais donc c'est une fois diplômé que t'es parti faire cette année en gros sabbatique avec des potes de l'ICAM. Vous avez vécu vos 5 aventures, c'est ça ?
Gaël Ouais, enfin, je dis 5, on en avait 5 en tête et on en a fait 4 parce qu'on est parti pendant la période du Covid. Donc, en fait, la première étape, c'était Lyon-Istanbul à vélo. Enfin, normalement, c'était Lyon-Monténégro-Nice à vélo. On devait faire un tour et ensuite enchaîner sur le tour de la Corse en kayak. On était 4 pour ce projet-là. L'idée, c'était... En fait, le projet Aventure, on l'a créé à 3. Il y avait Albé, Com et moi. Albé qui était celui avec qui j'ai apporté les cartes et Com, un autre beau copain qui s'est rajouté au bout de 6 mois en discutant. Il a dit, ouais, je suis chaud. Et ensuite, on avait Henri Ternon qui, lui, avait comme projet de faire un gros projet en vélo pendant son expériment mais qui s'est cassé, enfin, qui a eu une fracture. Du coup, qui n'a pas pu faire ça et on lui a proposé. Il nous a dit, bah oui, c'était un rêve aussi. Donc, je suis chaud pour le faire. Je prendrai le temps de le faire. Et donc, c'était cool de l'avoir aussi avec nous. Et donc là, on est parti. Au début, du coup, on est parti pour Lyon-Monténégro-Nice. Et toutes les deux semaines, les frontières fermaient derrière nous. C'est-à-dire qu'il y avait le Covid qui arrivait et on arrivait à avancer mais on voyait bien que si on broussait le chemin, c'était fini. Du coup, on avance jusqu'à la frontière du Monténégro et là, on se dit, qu'est-ce qu'on fait ? Soit on pouvait rentrer en bus et essayer de tenter le tour de Corse en kayak mais on n'était pas sûr de le faire avec le Covid. Ça allait sûrement être compliqué. Soit on faisait d'autres choses et puis on nous avait envoyé un message sur Insta d'un gars qui nous avait dit « Mais pourquoi pas aller à Istanbul ? » Nous, on avait rigolé au début quand il nous avait dit ça et en fait, on a regardé sur une carte. On a regardé le timing qu'on avait. C'était un peu plus du double mais comme si on enlevait l'aventure kayak, on aurait le temps pour le faire et on s'est dit « Ok, bon ben banco, on y va. » Et la première étape, c'était de passer au Monténégro parce que le Monténégro, c'était marqué sur Internet « Fermé, compliqué avec le Covid » et on s'est dit « On ne pourra jamais passer. » Et moi, ce jour-là, j'avais cassé un rayon et j'avais des rayons un peu particuliers. Du coup, j'ai dû faire un aller-retour à Split en Croatie en stop et eux, ils ont essayé de passer et ils disaient « Mais de toute façon, on essaye, on t'attend et au pire, si ça passe, ben ça passe, si ça passe, ça passe pas, ça passe pas. » Et ils y sont allés. Moi, je n'ai pas reçu de message. Je suis revenu à la frontière. Là, j'ai reçu un message des potes qui disaient « On a réussi à passer. » Moi, il était minuit. Je suis arrivé à la frontière. J'ai passé la frontière. Je les ai retrouvés et c'était la fête et on s'est dit « Ok, c'est bon, c'est parti. » C'était la dernière frontière compliquée parce qu'après, les autres frontières étaient encore ouvertes. Le Covid n'était pas encore arrivé là-bas. Donc, on a fait « Ok, c'est parti. » Et donc, après le Monténégro, c'est quoi l'itinéraire
Loïc pour aller à Istanbul à vélo ? C'est Albanie, Kosovo ?
Gaël Ouais, Macédoine du Nord, Albanie. Non, on a fait Albanie, Bulgarie. La Grèce était fermée. On voulait passer par la Grèce. Finalement, c'était fermée. Du coup, c'est pour ça qu'on a pris la Bulgarie et Bulgarie-Turquie. D'accord. On est arrivé. Le but, c'était d'aller aux frontières de l'Asie, donc à Istanbul. Et là, vous aviez une expérience de vélo dans le groupe ? Oui et non. On était à Grenoble tous les trois en alternance et eux, c'était en stage. Donc, on pratiquait quand même pas mal de sport. On faisait du vélo, mais on est partis avec des vélos de route. On est partis le plus léger possible avec des sacoches. Moi, j'avais rajouté des petites barres en fer parce que j'avais un vélo carbone et j'avais rajouté des barres pour le solidifier. Vraiment, c'était la baroude un peu. Mais ça nous ressemblait aussi. On est un peu comme ça. On n'est pas pro et on aime peut-être comme ça. Et on n'avait jamais fait deux ou trois jours à vélo ensemble. Henri Ternon, lui, il avait fait beaucoup de sport quand il était jeune. Il était en sport-études, en triathlon. Du coup, c'est lui qui nous a rincés sur tous les équipements de vélo, les habits, etc. C'était grâce à lui. Mais derrière, on a découvert un peu sur le tas. Moi, j'ai dû changer au milieu mon porte-bagages qui a cassé parce qu'on avait pris du matos comme ça. Et en fait, c'est ça aussi. C'est l'aventure, c'est de se dire on ne prépare pas tout. On verra bien comment ça se passe. Nous, on voulait faire Lyon-Monténégro-Nice. Finalement, on est arrivé à Istanbul. Du coup, on a pris plein de chemins. En fait, arriver en Albanie, c'était complètement différent. On arrive dans un pays où les routes, c'est des chemins. Enfin, les endroits qu'on prenait, nous, on utilise une application qui s'appelle Mapsme que pas mal de voyageurs utilisent. Et on utilisait, on disait, on prend les routes jaunes à chaque fois. Les routes jaunes, c'est les nationales presque. Et sur place, les routes jaunes, c'était des chemins. Du coup, on a dit, bon, on prendra peut-être plus les routes jaunes sur Mapsme. Mais c'était rigolo. Du coup, on est arrivé dans des chemins en terre avec nos super vélos de route. Mais c'était ça aussi. On a crevé, on a eu des rayons cassés, mais c'était l'aventure et c'était ça qui était cool.
Loïc Et alors, le carbone
Gaël pour faire du bikepacking, tu recommandes ou pas ? Moi, j'en ai pas souffert. Donc, j'étais content qu'il soit tout léger. Mais j'ai dû lui mettre, oui, il n'était pas content.
Loïc Tu m'étonnes. Ok.
Gaël Donc, Lyon-Istanbul
Loïc avec, en fait, le Monténégro, c'est au milieu, c'est ça ? Quasiment,
Gaël je regarde sur le plan. C'est même un peu avant en termes de kilomètres. Ok. Parce que, ouais, vraiment, nous, c'était le milieu parce qu'on devait rentrer à Nice. Et niveau timing, il fallait qu'on fasse, il fallait qu'on ait un peu plus de temps que la première partie. Mais comme on n'a pas fait le kayak qui prenait 30 jours, on a pu prendre ce temps-là pour aller jusqu'à là-bas. Ok. Et donc, vous avez mis combien de temps au total ? Alors, c'était 5400 kilomètres en deux mois et demi.
Loïc Oh,
Gaël piaise. Ok. Je crois, on est parti le 1er octobre, tu vois, et on est rentré le 17 décembre. Excellent. Et tu dirais, parce que c'est quand même, c'est intéressant, cette décision un peu à la volée
Loïc au Monténégro au dernier moment de dire, boum, bah en fait, on double quasiment le trip. Tu dirais que ça a été quoi
Gaël l'impact du groupe dans la décision ? En fait, on ne double pas le trip parce qu'on devait faire le retour, entre guillemets. On devait rouler jusqu'à... Ah oui,
Loïc c'est-à-dire que là, à Istanbul, oui, après vous êtes rentré en avion, j'imagine, c'est ça ? Non,
Gaël pas trop avions nous, mais on a pris un bus pour rentrer. Ah oui, ok. 27 heures de bus, mais ouais, c'était la décision, je me souviens très bien, on était dans un bar en train de prendre un demi, on ne prenait pas trop de bière non plus parce qu'il fallait quand même rouler. Mais je me souviens, on était en train de réfléchir, il y en avait un qui était aux toilettes et là, on se dit, ouais, on va faire ça. Et on attend qu'il sorte et on lui a dit, ça te dit, on va à Istanbul ? Et là, on a dit, ah, énorme, pourquoi pas ? Et c'était parti, on a regardé, voilà, on a étudié le truc en fait. Et là, moi, j'ai vachement du mal avec le mot retour. C'est quelque chose que je ne voulais pas entendre et quand on arrivait au Monténégro, il disait, de toute façon, après, on va avoir le retour et parce qu'en fait, mentalement, j'ai l'impression que ça nous met dans une situation où on se dit, on est en train de rentrer et comme je kiffe tellement le moment, je n'ai pas envie de me mettre dans cette situation-là, j'ai envie que le retour, la fin, ce soit vraiment le feu d'artifice, quoi. Du coup, le fait qu'on aille jusqu'à Istanbul, ça, pour moi, c'était mieux, mentalement. J'ai kiffé et c'était vraiment le moment où on a eu le plus d'aventures, en fait, le côté un peu plus inconnu parce que l'Europe, jusqu'au Croatie, c'est encore des routes classiques, c'est encore des gens qui parlent bien anglais. Voilà, on n'est pas forcément dépaysé, même si on l'est un peu. Mais après, l'Albanie, la Turquie, la Bulgarie, c'est des pays complètement différents des autres et dans lesquels, voilà, moi, j'ai tellement adoré découvrir aussi ces gens-là. T'as une anecdote peut-être sur ces pays-là, au-delà des routes nationales qui sont des chemins ? Il y a un truc rigolo qu'on a mis dans notre documentaire de Lyon Istanbul, c'est qu'en Albanie, il y a des robinets dans les rues et qui sont vraiment à l'air libre et nous, c'était un endroit où on se brossait les dents régulièrement et je trouvais ça trop rigolo de dire, à l'Albanie, il y a toujours des robinets, quoi. On peut toujours brosser les dents.
Loïc Excellent.
Gaël Excellent. En Albanie, une autre anecdote, c'est les chiens, enfin, que ce soit en Albanie ou après, les chiens, c'est drôle mais il faut savoir faire attention. Quand tu vois trois gros bulldogs qui arrivent à fond dans un champ et que nous, on est en train de monter, on se dit, bon, qu'est-ce qu'on fait ? Les gars, c'est parti, on y va. Et là, on pédale, on pédale, on pédale et le but, c'est qu'ils ne nous arrivent pas et parfois, on prenait des cailloux pour juste leur faire peur. Le mieux, c'est de leur faire peur. Tu lèves les bras et ils se cassent. Mais quand tu es sur un vélo, tu ne peux plus leur faire peur. Tu as juste ton pied pour leur faire mal mais pas leur faire peur. Donc voilà, il vaut mieux accélérer que de se prendre un petit coup de niaquage.
Loïc Ouais, ouais. Je crois que c'est Sofiane, j'oublie systématiquement son nom, qui fait de l'ultra, qui a encore gagné la Silk Road cette année qui, je crois, l'année dernière, ça te dit quelque chose ? Sofiane Seili ? Non. Ça te parle ? Non ? C'est un cycliste, un ultra cycliste français qui gagne des courses, genre la Silk Road, tu vois, des courses vraiment mais très très très très longues et qui, l'année dernière, s'est fait mordre par un chien et ça l'a mis au fond du trou, en fait. Morsure de chien, même en le traitant vite, tu vois, tu peux choper des trucs pas terribles. Et je me rappelle de ça, il disait qu'il était mais complètement, ça l'avait mis KO. Donc voilà. Attention aux chiens si vous partez d'abord au Monteligro puis finalement à Istanbul à vélo, il faut faire gaffe, il faut gérer. Ok, trop bien, donc deux mois et demi cette première aventure. La Corse, donc ça passe à la trappe à cause du Covid, le tour de Corse en kayak.
Gaël Ok,
Loïc j'aurais bien aimé que tu nous auras, c'est dommage parce que c'était un truc que j'avais en tête à un moment et que je n'ai jamais encore concrétisé. Donc, c'est prévu que vous le refassiez à un moment donné ou ?
Gaël Moi, j'étais peut-être seul, je m'étais dit. J'avais préparé un peu le truc mais finalement, je suis tombé dans un autre progrès. Mais je me suis dit pourquoi pas de le refaire. ouais, c'est rigolo. Et la lignée, c'était vous alliez louer le matos directement en Corse ? Ouais, on avait déjà trouvé un gars qui nous prêtait même les kayaks. On avait une journée avec le même gars qui nous apprenait à bien gérer les trucs, à faire demi-tour si on tombe dans l'eau. C'est ce qu'il m'a dit. Parce que le but était d'avoir les kayaks fermés là. Ouais. Il nous avait conseillé ça, ça va plus vite, on peut mettre du matos facilement dedans. Voilà. Nous, on n'avait pas de grosse expérience là-dedans mais c'était un challenge aussi. Ok, trop bien. Et donc, une fois qu'il y a eu le retour d'Istanbul de fée, en 27 heures de bus, l'aventure d'après, ça a été quoi ? La première aventure d'après, c'est d'acheter un van et de l'aménager. Donc ça, c'était jusqu'en février. Et ensuite, on est parti en Suède. Donc là, on avait deux projets. Un projet sur le long terme, on va dire, c'est de faire du ski de rando globalement dans les montagnes là-bas. Nous, on voulait partir en Norvège, dans les Lofoten, mais finalement, pas possible avec le Covid. Donc, la Suède était complètement ouverte, donc ça, c'était cool. Même sur la route, on arrive par le Pays-Bas et en fait, on ne pouvait pas rentrer en Suède par le Pays-Bas. Mais par contre, on pouvait rentrer par l'Allemagne. Donc nous, on a fait 600 kilomètres en plus pour aller prendre un bateau et traverser alors que c'était... Et pour se retrouver de l'autre côté quoi. À je ne sais pas combien de kilomètres, à côté quoi. On se dit, merde, mais c'est complètement le con, c'est du bon sens, mais eux, ils n'ont pas forcément cet idéal du bon sens et plus les règles qui marchent aussi dans certains milieux quoi. Mais moi, ça m'a paru bizarre. Mais du coup, on a fait le tour, on est quand même rentrés et là, on est arrivé en Suède. Et là, du coup, il y a deux projets. Le ski de rando, donc globalement, on a fait plein de ski de rando un peu partout. Et ensuite, on a fait aussi 20 jours en autonomie totale avec des traîneaux, des pulkas dans le Sarek. Je ne sais pas si on t'a déjà parlé un peu du Sarek. Oui, yes. J'en ai pas mal parlé avec justement,
Loïc on discutait en off avec les gars de Arctic Fools qui ont fait leur première expédition là-bas. Et moi, j'avais fait, alors je ne sais pas si le King's Eden descend jusqu'à...
Gaël Oui, il passe à un moment donné à côté.
Loïc Il passe, oui, mais je ne sais pas. Moi, je m'étais arrêté à... Qu'est-ce qu'on s'appelle ? Fjallraven ? Fjallraven ? Donc, je crois que je n'étais pas descendu jusque dans le Sarek, mais oui. magnifique là-bas, non ?
Gaël Oui, incroyable. Les 20 jours, c'était un truc de fou pour nous. Déjà, faire 180 sandwiches pour préparer le projet tout en automie. Avant de partir, on avait fait du déshydraté. On avait acheté une machine qui sèche les aliments. Donc, on s'était amusé avec différents aliments. On avait essayé les œufs, mais ça ne marche pas. Les patates, ça ne marche pas. Après, on avait les champignons, les carottes, voilà, tout ce qui est pas mal. à mettre dans un petit stack avec de la soupe, du couscous ou des pâtes ou du riz qu'on mettait. On avait en fait un sac par jour qu'on avait à mettre juste dans de l'eau bouillante et puis c'était fait. Pour avoir de l'eau bouillante, il fallait faire fondre la neige. Donc, ça, c'était un peu un quotidien assez simple. Et on a eu pendant ces… En fait, on a fait 18 jours exactement. On a eu 8 jours de mauvais temps sur les 18 jours et c'était les 8 premiers jours. Donc là, c'était un moment assez particulier quoi. Quand je dis mauvais temps, c'est des jours blancs, c'est-à-dire qu'on ne voit pas la différence entre la neige et le ciel. C'est tout gris devant et c'est tout blanc par terre donc nos yeux, ils s'adaptent très mal. Et donc là, on avait une carte papier, on avait nos GPS mais on ne voyait pas grand-chose avec les GPS. Donc, on se repérait avec les fins de coulée de rivières entre guillemets parce que c'est des rivières qui sont enneigées mais au moins, on peut voir les traces un peu, les combes quoi. Et là, on se disait, ok, on est là à ce moment-là, on vient de passer ces deux rivières-là donc on est en train d'avancer là. Et l'idée, c'était, on s'amusait en fait avec ce côté carte papier à se repérer. Et du coup, 8 jours de mauvais temps, pendant ces 8 jours, c'était un moment assez unique où on a eu énormément le temps de réfléchir. On n'avait qu'une chose à faire toute la journée, c'était de marcher et à part marcher, du coup, on est dans nos pensées. À penser à nos vies, à nos projets, à nos rêves. Et on est tous les trois ressortis de cette expédition avec différents projets, différentes choses dans notre tête par rapport à notre futur. Donc vraiment, ça a changé notre vie presque, je dirais. Ou en tout cas, ça nous a créé, on a réussi à créer des projets grâce à ça. Et je me disais, mais ça serait dingue, tous les entrepreneurs devraient faire ça en fait. Ils devraient faire, je ne sais pas, même ne serait-ce qu'un week-end sans téléphone. Mais là, c'est un peu plus poussé parce que la créativité, elle vient quoi. Elle est obligée, tu es obligée d'être créatif en fait, sinon tu ne fais rien. Et tu t'ennuies au début, c'est chiant, mais en fait, l'ennui après, il est bon et tu kiffes et tu as envie de retrouver dans cette même situation-là, d'avoir qu'à marcher, d'avoir une pensée, de la traiter et de se dire, ok, c'est par là. Et puis, d'inventer un nouveau truc, de se dire, ok, mon projet, ça va être ça. Ah mais non, mais ça, je sais que je n'aime pas trop. Ok, on va rajouter ça, ça, ça. c'est trop bon.
Loïc Et qu'est-ce qui fait, tu penses que sur le format ski de rando, Poulka, dans le Sarek, vous avez, enfin, ça a eu cet impact sur vous. En tout cas, et de ce que je comprends, le vélo, il n'a peut-être pas forcément eu le Lyon-Istanbul.
Gaël Ouais, parce qu'à vélo, déjà, on était quatre, donc on discute souvent, on a cet échange, etc. En ski, on était trois, mais quand tu es dans un jour blanc qui a du vent, tu ne te mets pas à côté de ton pote pour lui parler super fort parce que tu n'entends rien de ce qu'il dit. Donc, on était les uns derrière les autres, on se suivait, mais du coup, on cogite quand même pas mal. En Lyon-Istanbul, on a eu des moments comme ça aussi, de réflexion, mais en tout cas, je ne sais pas pourquoi. Peut-être la situation d'être dans du blanc, d'être au milieu de nulle part, d'avoir rien en fait. En fait, c'est ça, je pense. On n'a rien. Dans le Sarek, c'est un désert de neige, tu as quelques arbres, tu as quelques rochers, tu as les montagnes. Mais à part ça, tu es seul au milieu de nulle part. Alors que Lyon-Istanbul, tu as tout le temps des gens, tu as envie de rencontrer, tu fais des sourires, tu dis bonjour, tu fais des copains, tu as plein de choses qui sont là pour te disperser un peu.
Loïc Ok. Super intéressant. Ok. Et toi, du coup, par rapport à ces réflexions, quand tu es revenu de ces 18-20 jours dans le Sarek, qu'est-ce qui avait changé ?
Gaël Moi, c'est là que j'ai pris la décision d'essayer de vivre, de comprendre comment on pouvait vivre de ces aventures. Donc, c'est à partir de moi que j'ai appelé d'autres personnes qui vivaient de leurs aventures pour savoir comment ils faisaient. Comment ils faisaient ? On m'avait dit, il y a plusieurs façons, soit tu bosses en tant qu'ingé, tu poses du sans solde, mais tu préviens avant de rentrer dans la boîte que tu poseras du sans solde. Soit tu bosses un peu dans le milieu des aventures et tu en fais en plus à côté, donc dans des agences, des guides de voyage, des choses comme ça. Soit tu fais des conférences, soit tu fais des livres, soit tu fais des documentaires, soit tu fais les trois. Et donc moi, à ce moment-là, je me suis dit, oui, je vais lancer un documentaire et je vais essayer de partir faire cette option-là qui m'a amené à faire aussi derrière des conférences. Et aujourd'hui, j'ai envie d'écrire un livre. Donc voilà, c'est ça qui est rigolo. Trop bien. Trop bien.
Loïc Et donc après le Sarek, pour terminer cette année sabbatique, entre guillemets, il y a eu quoi ?
Gaël Donc là, on a fait six jours de survie et un trek entre l'Albanie, la Macédoine et la Grèce. Et là, on n'était plus que deux. Donc à chaque fois, on perdait un joueur. Bon, c'était un peu prévu à la base, mais comme on n'avait pas trop envie de faire la survie, du coup, il nous avait dit, moi, je m'arrête là à ce moment-là. Et ok, c'était très bien. Enfin, chacun avait ses envies aussi, donc c'était cool qu'il accepte de se retirer lui-même. C'est bien que la personne, si tu n'as pas envie de le faire, tu ne le fais pas. Enfin, c'était ça, c'est l'idée. Ok.
Loïc De la survie, c'était quoi ? Un stage encadré ?
Gaël Non, l'idée, c'était de partir avec presque rien, donc dans un endroit où on essaye de survivre. On avait trois objectifs, donc survivre, faire un habitat stable et durable et faire une cartographie des alentours du lieu où on était. Donc, on avait trouvé sur Internet, sur Google Maps. Au début, on voulait partir en Russie, mais avec le Covid, toujours compliqué. Dans la, je ne sais plus comment ça s'appelle, la forêt, il y a une grosse forêt qui existe en Russie où c'est vraiment paumé, tu n'as rien et tu as plein de faunet de flore, donc pour se nourrir, c'était facile, entre guillemets. Enfin, je dis ça, mais je ne pense pas, mais voilà, tu as plus d'éléments. Et finalement, on est allé en Macédoine du Nord. On avait trouvé sur notre, sur Google Maps, un endroit où il y avait une rivière qui est donnée sur un lac. Donc, on arrivait nous vers le lac et on est remonté la rivière jusqu'à trouver un endroit. Et donc, avec ces trois objectifs de, voilà, d'essayer de les suivre, on avait pris avec nous une scie, des couteaux, un duvet chacun, un kilo de riz, non, un peu de riz, plus d'un kilo, je crois, ou un kilo peut-être, une casserole et des cannes à pêche, le plus important. L'idée qu'on s'était dit, de toute façon, nous, on ne sait pas trop faire de survie, qu'est-ce qu'on va faire ? Donc, on a pris des livres et on va pêcher parce que ça, ça va, c'est plus facile, c'est plus commun pour tout le monde. Et donc, on s'était dit, la rivière, c'est sûr, on va avoir du poisson, ça va être facile. Donc, on arrive là-bas, on monte la rivière tout en haut, on arrive, la rivière, il y avait beaucoup moins d'eau là où on était et on se pose pendant une journée et on commence à pêcher et on pêche rien. Du coup, on se nourrissait avec des orties principalement qu'on faisait bouillir mais on n'avait pas de sel donc pas très bon. Au bout de deux jours, on n'en pouvait plus de manger des orties. Donc, on essayait de changer un peu, on avait du blé qu'on broyait, qu'on essayait de faire chauffer, on mangeait des escargots et il y a un jour, le troisième jour, donc on n'avait pas encore pêché de poissons et Albé arrive avec une main dans le dos et il me dit Gaël, j'ai un truc à manger, c'est trop mignon, je ne sais pas si on va le manger et c'était une tortue. Une petite tortue, il y a plein de tortues là-bas en fait, nous on ne l'avait pas remarqué mais à ce moment-là, on l'a vu et on a dit qu'est-ce qu'on fait et en fait, on avait tellement faim, on mourait de faim, on était épuisés et du coup, on a dit bon ben on la mange, on la fait bouillir, on la mangeait et après coup, on a compris que quand on est revenus, on a regardé un peu sur internet et les tortues, c'est un animal qui est très dangereux à manger comme le renard, c'est plein de bactéries. Bon nous, en l'occurrence, on n'a pas eu de grosses maladies à cause de ça mais voilà, on a réussi à passer au dos de ça, on a mangé aussi des grenouilles et troisième jour, donc on pêche et là, je pêche le plus gros poisson de ma vie qui faisait la taille de mon bras un poisson chat et qu'on a mangé en cinq minutes. On l'a fait bouillir, on l'a mangé, c'était fini. Donc c'était cool, on avait un peu plus d'énergie déjà mais le soir même, on avait re plus d'énergie donc on continue à vivre un peu comme des loques on va dire et ce qui est assez rigolo, c'est qu'au bout de trois jours, notre comportement et notre mental avaient déjà changé c'est-à-dire qu'au début, on a mal à la tête, on a faim, on a vraiment une sensation de faim et au bout de trois jours, le mal de tête il s'en va et la faim n'existe plus non plus. C'est-à-dire qu'on est mou, on ne fait rien, on marche doucement mais on n'a pas faim en fait, on est fatigué mais on n'a pas faim donc ça c'est quelque chose qui était assez fou de se découvrir aussi humainement, personnellement c'est-à-dire ah ouais mais en fait ok, on arrivait à survivre ça c'est quelque chose qui est sûr c'est qu'on arrivait à survivre dans le sens où en mangeant ce qu'on avait on pouvait tenir longtemps. Donc on a continué jusqu'au cinquième jour, on a repêché un autre poisson, on a perdu deux hameçons, on s'est fait manger des hameçons par les poissons donc un peu relou. On a descendu un peu plus la rivière pour arriver dans un endroit où c'était un peu plus profond avec plus de poissons mais toujours très peu de pêche finalement. Il y a un moment où on voit un banc de poisson passer et on se dit putain on aurait tellement dû prendre un filet de pêche ça aurait été on aurait fait sécher le poisson etc. et jusqu'au sixième jour nous le but c'était de tenir 30 jours et au sixième jour voilà ça c'est ce que je n'ai pas dit au début mais c'est quand même important et en fait au sixième jour on a remarqué qu'on avait coupé trois morceaux de bois nous on voulait faire une maison en briques avec des pierres faire des vrais lits voilà faire quelque chose durable qui soit stylé qu'on puisse revenir passer des moments dedans et en fait on avait coupé trois morceaux de branches on avait dormi deux nuits sous la pluie donc on n'arrivait à rien faire par rapport à notre habitat niveau cartographie on avait marché sur l'endroit à peu près là où on était donc c'était peut-être 100 mètres d'envergure on va dire autour de là où on était donc on n'avait rien fait de spécial et on arrivait à survivre on s'est dit mais qu'est-ce qu'on fait là qu'est-ce qu'on fait Albé on n'arrive pas à avancer dans nos deux objectifs le troisième on y arrive mais les deux autres on n'arrive pas qu'est-ce qu'on fait et on a commencé à parler de burgers de frites là le mental la faim revient le mal de crâne aussi et on s'est dit bon bah ok on se donne enfin en discutant on s'est trouvé trois options soit on va au van on va chercher de la nourriture on revient au même endroit et on fait nos trucs qu'on avait vraiment envie donc construire un habitat cartographié soit on revient au van on cherche un autre lieu on se prépare mieux niveau technique niveau connaissance des plantes parce que il y a une journée par exemple où j'avais trouvé des racines qui ressemblaient à du manioc et je me suis dit waouh trop cool j'ai trouvé un truc ça ressemblait même à un peu des patates et trop bien on va pouvoir manger ça c'est bon on est sauvés j'en avais pris plein partout et j'avais ramené vraiment la quantité dans mes bras et donc on essaye juste de la manger sans le faire cuire je goûte un peu c'est pas très bon ok du coup on le fait bouillir et on fait bouillir et je faisais les techniques de my corn c'est à dire que je frottais sur ma main d'abord ensuite sur la lèvre donc j'avais rien eu pour les deux parties et du coup la troisième c'était de mastiquer donc j'ai mâché mâché et au bout de 5 minutes je recrache et pendant une journée j'avais plus de goût dans la bouche donc j'ai dit ok on mange on mange pas ce truc là donc comme quoi les techniques de my corn ça marche mais voilà faut faire gaffe à pas s'empoisonner non plus donc on s'est dit ok c'est mort et voilà du coup et troisième option donc première option rester deuxième option trouver un autre lieu troisième option on s'est dit ok on crée quelque chose en 24 heures et on repart directement et du coup on s'est dit bon bah c'est parti on fait ça on part faire 30 jours de marche entre l'Albanie la Macédoine et la Grèce en reliant les deux plus hauts sommets des pays donc le mont Corab qui est le sommet de la Macédoine du Nord et de l'Albanie et le mont Olympe qui est le sommet le plus haut de la Grèce et donc on a fait ça en fait ce qui était intéressant c'est que moi j'ai pas du tout abandonné donc c'est quelque chose qui a été difficile pour moi pendant deux jours j'étais mal mentalement je me disais mais qu'est-ce que vont penser mes potes voilà le regard des autres toujours et qu'on apprend énormément au fur et à mesure de temps mais ce regard des autres se dire merde putain mais chier quoi j'aime pas abandonner etc et par contre au bout de 48 heures on était déjà reparti on était déjà en train de marcher et là je me suis dit mais ouais mais putain on a tellement bien fait déjà on est en train de faire un nouveau trek un nouveau projet on n'était pas bien on n'arrivait pas à suivre nos objectifs donc il y a un moment il faut faire un choix il faut faire changer quelque chose et on a réussi à changer en 24 heures donc ça c'est quelque chose dont on était assez fiers de se dire bah en fait en 24 heures on a créé un nouveau projet on a acheté ce qu'il fallait et on est reparti et là c'était enfin du coup moi j'étais plutôt content j'en ai reparlé avec mes potes qui m'ont dit mais Guelph on s'en fout on s'en fout que tu survives ou pas enfin que tu réussis ou pas tout le monde s'en fout en fait et les gens ils sont juste contentes que tu leur racontes les histoires que tu leur racontes que t'as mangé un énorme poisson chat que t'as mangé une tortue et voilà c'est ça qu'ils veulent entendre c'est l'aventure et puis ils veulent entendre aussi que t'as eu ce choix là à faire et que t'es changé parce qu'il en faut de temps en temps des choix et dans nos vies quotidiennes c'est la même chose bref donc voilà on a fait tout ça et c'était c'était un chouette projet derrière qui est arrivé trop bien trop bien et donc ensuite alors attends peut-être déjà une question par rapport à ça parce que je trouve ça assez original cette idée de dire on va j'impression qu'il y a beaucoup de en tout cas sur cette dernière aventure un gros drive c'était l'idée de construire de fabriquer quelque chose de créer quelque chose tu vois l'habitat la carte
Loïc c'est quelque chose ça vient d'où ça c'est c'est le mindset ingénieur ou rien à voir
Gaël je pense qu'il y a le mindset ingénieur bah construire c'est quelque chose nous on est des scouts pendant plein notre enfance on avait fait des habitats en bois des cabanes surélevées voilà des trucs qui tiennent déjà pendant 30 jours enfin les 20 jours de camp qu'on a c'est des trucs balèzes parfois ça fait sur deux étages t'as chacun à son petit lit et nous on s'était dit on veut faire un truc durable donc en bois c'est pas durable dans le sens où bah nous à chaque fois au bout des 20 jours on est obligé de le défaire mais même si tu le laisses ça dure peut-être un an deux ans mais après le bois il s'abîme surtout que quand on part comme ça c'est pas comme un chalet où tu peux le traiter nous on le traitait pas au scout l'idée c'est de faire un truc qui reste trois semaines et du coup là on s'était dit bah en pierre c'est quelque chose qui va rester dans le temps et on avait envie de faire un truc comme ça et pourquoi ça je sais pas je pense que c'est en regardant les autres en s'inspirant un peu d'autres personnes qui avaient fait des trucs marrants de se dire bah nous aussi on va essayer de faire un truc balèze et on se lance pour faire ça la cartographie c'était un peu l'objectif de de pas rester toujours au même endroit tu vois l'idée c'était d'avoir un habitat solide super mais aussi d'aller découvrir ça se trouve il y a bien mieux autour en termes de nourriture ça se trouve il y avait un autre endroit où on aurait trouvé des murs des myrtilles etc donc l'idée c'était aussi de s'obliger à découvrir le reste
Loïc super intéressant
Gaël donc là au retour de l'Albanie Grèce Macédoine du Nord le dernier trip là il s'est écoulé un an entre le départ de Lyon vers Istanbul et là le retour ça a fait un an ouais à peu près je me souviens ouais un peu moins d'un an un peu moins d'un an on a dû rentrer en juillet et on était parti en octobre 1er octobre
Loïc et avant qu'on parle du coup notamment des deux gros expés que tu as fait par la suite est-ce que tu arriverais à dire tu vois ce que ça t'a apporté cette année d'expérience finalement assez diverse le fil rouge c'est quand même l'aventure et le fait d'oser se lancer sans avoir toutes les cartes en main j'ai l'impression mais est-ce que t'arriverais déjà à dire en quoi le Gaël qui est revenu quasiment un an après cette lancée
Gaël était différent du Gaël sorti d'école d'ingé bah là on a eu des projets à plusieurs déjà donc je trouve que ça m'a vachement fait grandir sur le management on va dire de gestion de soi mais à plusieurs d'écouter les autres d'entendre qu'on a pas les mêmes avis de débattre sur des sujets quand on est parti en vélo on avait tous envie de faire un projet à vélo tous envie de faire Lyon Monténégro Nice à vélo mais on avait pas les mêmes envies au fond de soi et ça on le savait pas on l'a découvert pendant le projet c'est à dire qu'il y avait Com qui voulait faire plutôt de la communication des vidéos voilà et faire le truc à vélo aussi mais voilà créer un petit documentaire il y avait Henri Ternon qui lui c'était les bornes les kilomètres kilomètres parce que les challengers il adore ça Albé c'était passer un moment quotidien près du feu voilà et avoir cette ambiance de groupe et moi c'était plus faire des rencontres aller voir les autres et ça on a mis des mots sur ça après ce projet là c'est ça qui était assez fou c'est qu'au début du coup ça a créé des conflits on va dire puis on s'est adapté on a compris un peu ce que voulaient les uns les autres mais on avait pas mis de mots tu vois on avait compris mentalement donc on s'adaptait on s'engueulait beaucoup moins et à la fin on avait plutôt une connivence et c'était ça qui était bon c'est qu'en fait on avait beau se connaître être des super potes avant partir à 4 c'est pas pareil 24h sur 24 dormir dans la même tente c'est quelque chose de spécial et ça ces mots là j'ai trouvé ça fou de se dire après coup d'avoir mis ok bah en fait c'est pour ça mais oui les envies de chacun étaient différentes et c'est parce que peut-être qu'on avait pas assez bien préparé le projet tu vois parce que le projet c'est beau c'est bien d'avoir de qualifier les objectifs mais il y a aussi nos envies personnelles qu'est-ce qu'on avait vraiment envie de faire et pourquoi on voulait faire ça et ça c'est important de les mettre sur la table avant de partir en fait et parfois c'est difficile d'aller mettre sur la table moi j'allais pas mettre oui c'est vraiment les rencontres que j'ai envie de faire non parce que c'est aussi au cours du projet que je me suis dit ah mais oui j'ai envie de faire des rencontres donc c'est ça c'est assez compliqué à faire mais c'est du brainstorming c'est de la réflexion et qui permet d'avancer et de comprendre et puis ce qui est rigolo c'est aussi de ne pas le savoir peut-être pendant le projet et puis voilà de partir à l'inconnu
Loïc c'est un super point je suis toujours curieux de savoir quand il y a des projets qui se font en groupe comme ça quelle est la dynamique tu vois est-ce que enfin quels sont les aspects peut-être où il y a eu des frictions enfin des frictions en tout cas des points qui a priori n'auraient pas nécessairement représenté des challenges et qui finalement en ont représenté je trouve ça très intéressant parce qu'on a rarement l'occasion de partir quand même longtemps en groupe et tu me fais penser par rapport à ce que tu me dis à un autre épisode que j'avais eu que j'avais fait avec Nicolas Marcio et Tom Gauthier eux ils étaient partis alors ils étaient que que deux mais ils se connaissaient assez peu ils étaient partis au Groenland depuis l'Islande sur un catamaran de sport donc je ne sais pas si tu vois ce que c'est les catamarans de sport c'est les catamarans de plage en fait le truc n'était pas censé sortir la bande des 300 mètres limite tu vois c'est un truc minuscule il n'y a pas de pont c'est un filet de coque et bref donc un peu comme vous j'ai l'impression dans l'esprit tu vois on y va on va apprendre on va apprendre sur le tas etc et eux par contre ils avaient vraiment mis un gros focus sur la préparation du projet ils étaient
Gaël je me rappelle qu'on avait échangé ils étaient très très au clair sur ce qu'ils allaient chercher chacun individuellement et globalement ça s'était du coup super bien passé
Loïc pour ça donc voilà après chacun vit le truc comme il veut tu vois mais je trouve ça marrant que tu ramènes le point de la com et c'est déjà un sujet quand j'avais posé cette question de comment ça s'est passé en groupe qui était revenu le point de la com donc il y a peut-être un truc pour les futurs aventuriers en groupe qui nous écoutent la com travailler la com ou ayez-le en tête ok super intéressant et donc suite suite à cette année qu'est-ce qui s'est passé ensuite pour toi est-ce qu'il y a eu une tentative du coup de revenir sur un schéma classique trouver un job etc ou c'était déjà super clair pour toi que tu restais dans le monde de l'aventure et où tu es déjà parti sur l'organisation de la suivante
Gaël ouais c'était déjà clair dans ma tête à partir du moment où j'avais contacté ces personnes-là du milieu de l'aventure qui m'ont expliqué qu'ils pouvaient gagner de l'argent aussi qu'ils arrivaient à en vivre je me suis dit bah je vais essayer j'avais de la chance d'avoir mis de côté de l'argent pendant mon alternance donc je pouvais me permettre de me lancer en fait avec ce que j'avais déjà j'avais acheté le van enfin du coup j'ai revendu le van pour me faire aussi des sous de côté ça ça m'a permis vraiment de financièrement me lancer chose qu'on ne peut pas toujours faire en fait c'est clair que quand j'en parle il y en a qui me disaient ah ouais mais moi j'avais pas cet argent-là sur le côté donc je peux pas me lancer il faut forcément que je mette un peu de côté avant même si les aventures ça coûte pas très cher donc c'était clair dans la tête que je voulais repartir et j'avais déjà du coup réfléchi au projet clair et net on va dire donc j'ai décidé de préparer la traversée du Haut Atlas marocain au début je m'étais dit quand j'en discutais je voulais faire ça à pied dans le but d'aller rencontrer les berbères qui est un vieux peuple d'Afrique du Nord et en fait en en discutant et en faisant aussi ce trek pendant Macédoine à la Bénigresse je me suis dit non mais j'ai envie d'être un peu plus original et d'ailleurs l'originalité c'était revenu souvent dans les discussions que j'avais avec d'autres aventuriers parce que ça fait un peu plus pour pouvoir en parler derrière c'est plus facile de pouvoir derrière faire des conférences faire un documentaire les gens en parlent plus si c'est un peu plus original donc c'est comme ça que j'ai eu l'idée de partir à cheval enfin de en tout cas préparer le projet pour partir à cheval et j'avais envie de faire aussi de la moto donc je partis à moto depuis Lyon jusqu'à Arnifra là c'était les premiers kilomètres 1000 kilomètres à moto j'en parle pas du tout dans mon documentaire mais c'est un projet qui me tenait à coeur et qui était vraiment trop chouette je voulais pas prendre l'avion et pour des questions environnementales on va dire que je suis pas comment on dit extrême dans mes domaines donc si je veux un jour prendre l'avion je pourrais le prendre et puis en plus si on compare moto, avion ça consomme sûrement moins mais bon la moto ça consomme aussi c'est pas comme si j'y allais en vélo donc voilà j'avais quand même envie de faire un projet à moto et j'étais super content de le faire et là c'était une partie du trip qui était géniale d'être dans les steppes marocaines je suis sorti du bateau à Tangier et en 300 mètres j'étais déjà sur une piste j'avais trouvé un itinéraire GPS et ça c'était c'était le bonheur en fait je me suis dit mais putain c'est un truc de malade j'ai fait à peine 300 mètres de route je suis déjà sur les pistes et c'est parti là je kiffe donc j'ai kiffé pendant 5 ouais entre 5 et 7 jours je me souviens plus je dormais un peu chez l'habitant et souvent sous mon tard et je suis arrivé à Rchnifra où là j'ai cherché ma jument et ce que j'aime dire c'est que je cherchais un cheval costaud et gentil costaud pour porter mes affaires et gentil parce qu'à part une semaine de poney en 6ème j'avais jamais fait de cheval donc du coup voilà je m'étais quand même préparé avant de partir avec ma cousine qui elle dresse des chevaux qui m'avait appris à mettre un mord mettre une selle elle m'a appris les bases et puis je lui téléphonais régulièrement quand j'étais sur place pour savoir si les chevaux correspondaient j'ai mis un peu de temps à la trouver comme voilà avec les caractéristiques dont j'avais besoin au début c'était plutôt des des animaux un peu faibles avec enfin on voyait leur côte voilà ça donnait un peu froid dans le dos j'avais pas trop envie de me lancer avec ça avec des animaux comme ça et finalement donc je suis allé j'ai augmenté aussi mon budget et je suis allé dans des haras dans des écuries où là les chevaux étaient en meilleur état en meilleure santé et voilà j'avais deux points importants c'est que bah ils soient quand même bien en chair on va dire et qu'ils aient les pattes gentilles et les pieds propres pardon que leurs pieds soient pas abîmés parce que j'allais faire des kilomètres avec et du coup j'ai trouvé Fniouna Fniouna une juante de 7 ans en super forme qui faisait du du saut d'obstacle qui était super gentil j'ai fait un tour de 3 heures avant de la pour être sûr et elle passait partout donc j'ai fait ok c'est bon c'est elle dont j'ai besoin j'en avais vu tellement avant que j'ai tout de suite compris que c'était c'était elle et puis bah je suis parti avec elle pour faire tout ce projet là
Loïc excellent et donc la traversée du du haut atlas marocain c'est quoi ? c'est un itinéraire un peu comme le GR20 c'est t'as un point de départ un point d'arrivée avec une trace au milieu très tu vois balisé ou c'est une grande région
Gaël et tu fais un peu ce que tu veux ouais plutôt deuxième option le GR non c'est pas balisé c'est non c'est beaucoup plus rustique que ça moi j'avais trouvé un itinéraire sur internet enfin plein d'itinéraires d'un monsieur monsieur Martin je m'en souviens très parce qu'il y avait que celui-là qui avait ces itinéraires là plein de petits itinéraires de trois semaines on va dire qui reliaient les 1500 kilomètres que je voulais faire donc de Midelt à Gadir c'est vraiment toute la traversée du haut atlas et je voulais terminer au bord de la mer sur l'océan enfin au bord de l'océan et donc j'avais décidé de suivre tout ce fonds d'itinéraire là j'avais imprimé mes cartes et je suis parti comme ça là-bas et il n'y a pas enfin j'avais pas trouvé moi de cartes IGN ou de cartes comme ça là-bas il y en a sûrement on m'avait dit qu'il y en avait moi j'en ai pas trouvé en tout cas je ne savais pas où les trouver et pourtant en me renseignant voilà j'avais pas eu de réponse par rapport à ça donc j'ai fait avec ce que j'avais et par contre l'application Mapsmi marche très bien c'est ça qui était aussi rigolo c'est que j'ai trouvé du coup je voulais faire les 1500 km moi j'étais parti avec 5 objectifs rencontrer les berbères faire la traversée du haut Atlas donc les 1500 km faire ça à cheval faire des sommets et faire du parapente et pendant les 15 premiers jours en fait j'en ai vachement chié je faisais les je faisais 30 km par jour avec ma jument j'étais à côté de ma jument je la montais pas parce que je devais faire 30 km par jour je rencontrais un peu les berbères le soir parce que je dormais chez eux mais le matin je partais très tôt et j'arrivais tard le soir je faisais pas de sommet je faisais pas de parapente parce que en fait j'avais ces 30 km par jour qui étaient obligatoires parmi ces 1500 km par rapport à mon timing aussi et moi je m'étais dit que je ferais plus en fait en me renseignant avec d'autres personnes je pensais que j'allais faire plus de kilomètres que seulement les 30 km par jour parce que 30 km par jour je pourrais les faire à pied sans ma jument mais en fait avec la jument c'était aussi plus long parce que je devais m'arrêter pour la faire manger voilà il y avait d'autres contraintes et au bout de 15 jours je me dis mais Gaël pourquoi t'es venu quels sont tes objectifs oui tu es parti pour faire les 1500 km oui tu peux y arriver mais tu prends pas assez de plaisir par rapport à tu suis pas tes objectifs donc je prenais moins de plaisir mentalement j'étais j'étais là à me dire ah purée mais est-ce que je vais y arriver voilà est-ce que ça va matcher et tout et donc c'est un moment de relecture lever la tête du guidon l'ICAM et là je me dis ok quels étaient mes objectifs donc je relis mes 5 objectifs et je me dis mais en fait en enlevant un des objectifs j'arrive à faire tous les autres donc donc t'as mangé ta jument comment t'as mangé ta jument et là et là quelle est la réponse non et du coup j'ai décidé de pas faire 1500 km mais 500 km ok et du coup j'ai quand même fait la traversée du haut atlas c'est une partie bon c'est pas la traversée entière mais du jour au lendemain je faisais que 20 km je montais ma jument donc ça c'était un truc qui était ouf c'était un rêve je faisais des sommets je me suis arrêté sur deux sites de parapente pour faire des pour voler quoi et je dormais chez l'habitant et je prenais du temps avec eux et ça c'était aussi quelque chose qui a changé normalement je partais le matin je m'arrêtais pas prendre du thé enfin je m'arrêtais peut-être prendre un thé dans la journée après j'en prenais trois j'étais là pour ça aussi donc ce choix il a vraiment été primordial on va dire dans le changement du projet et je me souviens du 16ème jour je me réveille sous mon tarp sous la pluie donc normalement t'es pas content quand il pleut il y avait un jument qui était devant moi et là j'étais comblé d'une joie immense de me dire mais oui mais c'est là j'avais rien fait de plus tu vois j'avais pas fait de kilomètres en plus j'avais pas fait de sommet ni de parapente mais je savais que c'était clair dans ma tête que j'allais dans la bonne direction et souvent on dit faire un choix c'est quand on est faire un bon choix c'est quand on est en paix avec avec ce choix après l'avoir fait et là j'étais clairement en paix avec ça
Loïc il y a je trouve qu'il y a deux choses hyper inspirantes dans ce que tu racontes bon évidemment la première c'est cette cette habitude cette capacité à lever la tête du guidon effectivement enfin je trouve ça assez intéressant et peut-être qu'on le fait pas assez c'est peut-être pour ça qu'il y a souvent des projets tu vois qui qui génèrent plus de frustration que de plaisir parce qu'on s'en tient à ce qu'on s'était fixé et puis non mais on veut absolument faire x kilomètres faire tel résultat sur une course etc alors qu'il suffirait peut-être juste comme tu l'as fait de réaligner les objectifs et le deuxième en fait que t'as pas mentionné clairement mais que moi j'ai l'impression de retrouver dans tout ce que tu dis c'est le fait d'oser se lancer sans avoir toutes les cartes en main encore une fois tu vois un truc tout bête enfin moi je sais que je planifie une traversée du haut de l'atlas les cartes ça serait un peu une obsession tu vois je me dis non non mais il me faut des cartes précises tu vois et il me faut des cartes genre officielles l'équivalent hygiène et je ferais un peu une fixette là-dessus je pense et t'entendre dire que bon non je suis parti avec une jument j'avais pas trop l'habitude de monter tu vois ça c'est un autre truc la jument je me dirais mais attends comment je la fais boire tu vois je m'obnumérer avec des sujets où j'ai l'impression que en fait ça viendrait parasiter de trucs plus qu'autre chose et en fait à t'entendre c'est fou parce que toi j'ai pas l'impression que ça t'a bloqué une seule seconde tu t'es dit je veux faire ça c'est un rêve j'ai pas toutes les cartes en main c'est pas grave j'y vais et c'est juste génial d'entendre ça ça incite à faire la même chose en fait
Gaël ouais je sais pas si c'est aussi par rapport à faire une école d'ingénieur ou pas mais en école on apprend à répondre à des problèmes tu vois le but c'est de trouver des réponses à des solutions enfin de trouver des solutions à des problèmes et c'est ce qui m'arrive tous les jours quand je pars à l'inconnu quand je sais pas ce qui va m'arriver comment t'aurais fait il y a pas de carte tu vois il y a pas de carte à part celle que j'ai trouvée il y en a pas d'officiel qu'est-ce que tu fais dans cette situation ouais tu vois t'es obligé de faire avec avec ce qu'on a aussi et puis c'est peut-être quelque chose aussi par rapport à mes valeurs c'est peut-être la sobriété de se dire bah même si je pars avec pas grand chose et puis de demander oser demander aux gens de l'aide et puis c'est ça qui est bon en fait y'a pas besoin de carte les cartes les berbères ils connaissent par coeur tout le coin donc tu peux leur demander donc ce serait peut-être mieux d'apprendre à parler berbère avant de trouver une carte tu vois mais après tu t'adaptes tu parles avec les mains et c'est ça qui est génial mais ça c'est quelque chose qui fait partie aussi de mon caractère c'est l'inconnu matière tu vois de pas savoir je pense qu'on a chacun ses limites chacun va avoir voilà un endroit il peut pas aller plus loin et pourtant moi à chaque fois j'essaye d'aller plus loin et tout le monde peut aller plus loin mais du coup cette limite là elle est très personnelle et ça va être différent vraiment en fonction de chacun moi c'est d'aller au Maroc et de faire du parapente faire ça à cheval mais il y en a ça va être juste à côté de chez eux déjà d'avoir une petite limite de dire bonjour à son voisin tu vois c'est peut-être parce qu'ils osent pas ou dire bonjour dans la rue c'est des choses enfin ça c'est des choses qui sont toutes petites et qui peuvent faire peur et en fait quand on les fait on est content de le faire et ça nous rend heureux l'accueil berbère
Loïc comment tu le synthétiserais toi ? parce que j'ai jamais vécu ce genre d'expérience mais c'est vrai que j'en entends enfin quand tu regardes des récits de gens qui sont partis qui ont été au contact de berbères
Gaël j'ai l'impression que c'est l'accueil est juste exceptionnel ouais c'est un c'est quelque chose d'assez incroyable je préfère dire déjà au début en fait que quand on veut dormir chez l'habitant il nous invite pas comme ça c'est pas bonjour viens dormir chez moi c'est d'abord tu dois demander parce que ce que je trouve tout à fait normal mais d'offrir un thé dans la rue enfin dans la rue j'ai pas eu beaucoup de rues là où j'étais mais tu es au milieu de nulle part et tout le monde me proposait du thé j'avais 5 thés par jour j'étais obligé d'en refuser donc déjà cet accueil là en fait ils sont heureux de te voir et ça fait plaisir en fait en France on a pas cette culture là d'être heureux qu'il y ait quelqu'un d'autre déjà on différencie pas forcément le touriste du mec qui va bosser mais eux facilement ils me différencient quand j'ai un cheval avec des bagages ils comprennent tout de suite que je suis pas marocain donc c'est ça aussi c'est que nous on voit la différence et du coup enfin eux ils nous voient en tant que différents donc ils sont prêts à nous accueillir et moi je trouve ça c'est un moment unique de l'accueil elle est à la fois dans leur façon d'être de sourire de venir te proposer de prendre un thé et puis après quand tu leur demandes de dormir chez eux mais en plus de ça c'est une accueille généreuse c'est à dire que tu fais presque partie de leur famille en fait ils vont pas te différencier avec quelqu'un qui fait partie de leur famille ils vont t'offrir à manger autant que voire plus ils vont peut-être te différencier parce qu'ils vont te faire encore plus à manger et ce que j'ai trouvé aussi enfin qui m'a un peu surpris c'est normalement en gros l'idéal d'une maison il y a trois pièces on va dire quatre pièces un salon une chambre une cuisine et les parents dorment dans le salon et les enfants dans la chambre et moi à chaque fois que j'arrivais chez eux ils me laissaient le salon pour que je sois tout seul et ils dormaient en famille dans la chambre et ça déjà j'ai trouvé ça unique qui est prêt à donner son lit pour un invité je me dis mais waouh c'est fort c'est vraiment une générosité qui est qui est au-delà de ce qu'on espère en fait donc ça c'est quelque chose
Loïc ça a changé la manière dont t'as un regard sur la société depuis que t'es rentré en France
Gaël ou en tout cas sur tes rapports avec l'autre ouais sur la générosité le fait de vivre sobrement avec presque rien voilà c'est un c'est un confort en fait c'est un confort aussi de vivre avec pas grand chose parce que on n'a pas de matériel on n'est pas attaché à quelque chose aujourd'hui on est vachement attaché à notre téléphone notre ordinateur on a besoin de tout ça et parce que c'est dans la culture qu'on a mais du coup d'arriver à s'en détacher de plus avoir le dernier le dernier téléphone dernier cri voilà c'est quelque chose qui qui devient agréable on va dire et de se dire bah ouais moi je ne vais avec pas grand chose j'aime bien dormir chez l'habitant encore en France quand je fais des petites expéditions c'est trop cool de faire ça et puis d'aller vers les autres en fait j'ai remarqué que dans toutes ces expéditions c'est que l'humain est hyper bon quand il est dans son milieu c'est à dire que souvent à la campagne les gens ils sont beaucoup plus accueillants c'est beaucoup plus facile de dormir chez l'habitant qu'en ville est-ce que c'est parce que les habitants sont moins heureux on va dire en ville je ne sais pas mais en tout cas moi ce que je ressens c'est que le sourire tout ça quand je vais demander dans une ferme bah les gens ils vont dire mais viens et ils ont beaucoup moins de choses que les gens qui sont en ville c'est ça que je trouve fou en fait et ça ne veut pas dire que c'est les gens moins bons en ville parce que en ville c'est juste que la barrière est plus dure à casser quand on arrive à ouvrir les portes et à rentrer un peu dans la de discuter avec des personnes bah on remarque que si tu les mets à l'aise bah ils sont ils sont prêts à aussi prêter leur chambre pour que tu dormes quoi donc c'est ça que je trouve ça ouais en fait ce que j'ai retenu c'est que l'humain est bon partout que tout le monde a du bon en soi et que quand il y a des conflits des gens qui se fritent des gens qui râlent c'est souvent lié à quelque chose qui va pas bien dans leur vie au moment présent quoi donc c'est aussi à nous d'écouter ces personnes là et de leur partager des choses bah même juste de les écouter en fait parfois c'est juste ça qu'il faut faire c'est écouter qu'ils ont à te dire et de comprendre qu'ils sont pas bien en ce moment parce qu'ils ont un problème familial ils ont perdu un proche ou voilà ils sont un j'en sais rien mais voilà c'est juste que si l'être humain est pas bon à ce moment là c'est peut-être qu'il a quelque chose qui va pas bien pour lui quoi t'en as eu quand même des rencontres
Loïc alors là sur le Maroc ou la prochaine XP dont on va en parler dont on va parler je vais y arriver t'en as eu quand même des rencontres qui sont peut-être moins bien passées que globalement ce que j'ai l'impression que t'as vécu
Gaël j'en ai eu une au Maroc où ça s'est pas très bien passé c'est que c'était dans les premiers jours je galérais encore et j'arrive dans un village et dans les villages là-bas je demandais toujours le M'Chadem et le Chir c'est les chefs du village en gros c'est un peu comme le maire du village en France et je leur demandais si je pouvais dormir chez l'habitant à chaque fois et il me dit oui soit chez moi soit chez quelqu'un et là en l'occurrence il me dit non tu dors pas là moi j'étais avec ma jument je venais de passer une journée de merde et je voulais dormir chez l'habitant et je me dis mais merde quoi qu'est-ce que je fais et je repars bredouille de ce village qui avait peut-être je sais pas 100 habitants et j'avance comme ça et je me dis merde putain mais qu'est-ce que j'ai foiré et j'ai compris en fait enfin j'ai en tout cas interprété j'ai l'impression que c'était à cause de ça c'est qu'il y avait le Covid et il venait de faire une grosse communication sur le Covid à ce moment-là et il disait on refuse tous les enfin la télé c'était refusé tous les étrangers quoi on veut pas de Covid et donc peut-être que c'était un mal pour un bien ils voulaient pas voilà ils voulaient pas rendre malade si les gens qui étaient là et puis on n'arrivait pas moi au début j'arrivais vraiment j'avais du mal à discuter avec eux avec des mots quoi je parlais vraiment avec les gestes quand j'explique que je veux dormir et il me dit ok non je peux pas argumenter j'ai vu ma jument c'est tout c'est pas grave j'ai refait 3 heures de marche jusqu'au village suivant et on m'a accueilli derrière quoi mais oui ça peut arriver qu'on se fasse refuser et qu'on est à s'adapter et ce jour là j'aurais pu dormir sur mon tarp j'avais plus de nourriture j'étais crevé en fait j'avais passé une mauvaise journée et je m'étais dit Gaël ne dors pas tout seul voilà accepte aussi essaye de te faire inviter ça te fera du bien pour mieux dormir et du coup je suis allé dans un autre village et c'était bon après
Loïc comment tu gères justement le fait de recharger les batteries en termes d'énergie émotionnellement quand tu pars sur un truc même si tu croises des gens que tu as ta jument tu es quand même toi solo en train de mener le truc de A à Z comment ça se passe est-ce que tu avais une stratégie en place est-ce que c'était justement ce fameux lever la tête du guidon tous les X jours comment tu l'as géré
Gaël c'est accepter de prendre des pauses après ces jours là j'ai pris j'ai pris 3 jours de pause dans un gîte pour me relire quand tu me le dis comme ça c'est pas préparé à l'avance c'est pas quelque chose que je me dis tous les X jours je vais me relire non j'ai senti le besoin de faire une pause j'ai fait une pause cette pause m'a permis aussi de prendre du temps pour me relire pour comprendre pourquoi j'étais là et grâce à ça du coup derrière j'ai aussi dans ce moment là je téléphone à mes amis qui me permettent de vraiment me ressourcer et d'échanger sur les solutions possibles il y en a qui m'ont dit mais pourquoi Gaël tu ne vend pas ta jument pourquoi tu ne prends pas une mule pourquoi tu ne changes pas tes plans en fait et moi quand je suis dans ma tête quand je suis dans mon projet je me dis je veux faire les 1500 kilomètres j'y vais j'y vais j'y vais je ne veux pas abandonner j'ai déjà abandonné dans mon projet survie j'ai pas envie d'abandonner et qui me dit mais Gaël on s'en fout ça me rassure tu vois ça me rassure aussi et c'est des il y a des personnes avec qui j'échange plus sur certains sujets que d'autres il y en a qui vont m'apporter beaucoup plus de de sérénité et je sais qu'ils sont là voilà il y a des personnes avec qui tu discutes tu sais qu'ils ont souvent les bons mots et c'est eux que j'appelle dans ces moments là voilà parce que je sais qu'ils ont un regard un bon regard sur moi tu vois
Loïc excellent du coup au final l'expérience au Maroc enfin au Maroc la traversée du Haut Atlas ça dure combien de temps tu le boucles en
Gaël deux mois et demi deux mois et demi là aussi ah ouais c'était un gros projet en fait j'ai fait 55 jours dans le Haut Atlas et la partie moto en plus donc ouais
Loïc et comment t'as vécu alors ça peut paraître tout bête pour certains mais pour avoir eu des chevaux et beaucoup d'animaux il y a il y a quand même un attachement qui se crée surtout j'imagine après deux mois et demi avec donc comment t'as vécu
Gaël la séparation bah je m'étais dit jamais je m'attacherai un cheval ouais je m'appelle Gaël Mounier écoute et ce que je disais pour choquer un peu les gens qui nous écoutent c'est je suis pas matérialiste donc tu imagines le gars quoi pourtant j'adore les animaux je suis quelqu'un de très voilà je prends très soin d'eux j'ai eu des galères avec elle et pourtant voilà j'ai toujours essayé de de faire au maximum pour que ça se passe bien je suis beaucoup dans le bon sens aussi donc vraiment voilà que ça se passe bien et donc je m'étais dit non mais je m'attacherai pas à une jument et quand je l'ai revendu bah je me suis je me suis fait avoir j'ai fleuré c'était dur je me suis dit mais putain mais non j'ai pas envie de la lâcher mais j'avais déjà étudié les questions de me dire est-ce que je la ramène je peux pas la ramener elle serait plus malheureuse en France j'aurais pas le temps de m'en occuper puis juste le trajet ça me dirait mais non jamais j'en mets un cheval dans un van pendant 3 jours 4 jours attendez chemin pourri pour la ramener elle aurait été trop stressée donc voilà c'est quand même des des choses qui sont qui ouais j'avais pas envie de la blesser et c'était dur de la de la revendre j'ai mis longtemps à la vendre en fait je voulais vraiment qu'elle soit dans un endroit bien et quand je voyais les les coachés ceux qui les chevaux qui tirent les calèches dans les rues je me suis dit non mais jamais je la laisserai là donc j'ai pris un peu plus de temps jusqu'à être vraiment le dernier jour là où je devais partir et j'ai trouvé le hara dans lequel j'ai pu la vendre je l'ai laissé dans le meilleur hara de Marrakech en tout cas c'est comme ça qu'il s'est présenté et du coup voilà j'ai revendu là-bas et je sais qu'elle est dans un bon endroit retour en France
Loïc parce que là on en a pas encore parlé on a beaucoup parlé des expéditions mais quand tu passes deux mois et demi pour la première fois solo dans un environnement
Gaël où t'es quand même le Sarex est isolé mais tu irais quand même au coeur de l'Europe en Suède pas loin de tout etc là c'était peut-être un peu différent comment ça se passe le retour dans la société française
Loïc connectée etc
Gaël c'est toujours un moment en particulier où j'ai envie d'échanger j'ai envie de partager à la fois les gens ils ont l'impression de tout connaître parce que je mettais un peu sur les réseaux mes nouvelles à la fois j'ai envie de leur passer des messages du coup je prends du temps je prends du temps pour moi solo de réécrire de prendre un peu de temps voilà personnel mais j'ai aussi besoin de revoir mes potes de revoir ma famille donc je prends toujours aussi ces deux temps là qui sont les deux c'est le plus important pour moi c'est de retrouver ma famille retrouver mes amis discuter avec eux échanger même ceux que j'aurais pas forcément vu pendant deux mois et demi parce qu'il y en a qui habitent loin et quand même leur donner des nouvelles leur dire que je suis rentré ça c'est des moments qui sont importants pour moi mais aussi souvent c'est juste avant de rentrer déjà j'essaye de faire un bilan un peu du projet de me dire qu'est-ce qui était bien qu'est-ce qui était pas bien qu'est-ce que je changerais j'aime bien le faire ça avant de rentrer parce que quand tu rentres tout de suite tu reviens dans un nouveau quotidien tu reviens assez rapidement finalement dans la société et du coup je note ce que j'ai appris et même encore aujourd'hui parfois on me donne des contacts si je note pas qui me l'a donné j'oublie complètement parce que je retourne dans un quotidien et voilà c'est ça même si la personne m'a vachement choqué m'a vachement plu et quand je reviens sur ce contact trois jours après je me dis attends c'était qui c'est la même chose c'est-à-dire que tout ce que tout ce que j'ai appris j'essaye de le noter avant d'arriver et quand je reviens bah là je pourrais me relire sur ce que j'ai appris et me dire ah oui c'était ça tout ça c'est vraiment c'était trop chouette et au retour du Maroc
Loïc il y a eu combien de temps entre le moment où tu poses le pied à Lyon et le moment où c'est Lyon c'est ça ou Grenoble
Gaël Lyon
Loïc Lyon c'est ça et le moment où tu repars pour la dernière grosse aventure en date
Gaël là il y a eu beaucoup de temps j'ai donc pour mon retour documentaire préparation du nouveau documentaire sur la traversée du Haut Atlas sur aussi mon histoire donc j'ai décidé de de faire un film qui parle à la fois de l'expédition dont on vient de parler mais aussi de de mon cancer j'ai eu un cancer à 15 ans et j'ai décidé de dédier ce documentaire là à cette maladie en message d'espoir en disant oser croire en ses rêves c'est possible de s'en sortir et c'est un message qui va à la fois donc pour les malades bien sûr mais aussi pour les personnes qui ont des problèmes dans leur vie que ce soit des problèmes familiaux des détenus de prison qui ont fait des conneries de se dire c'est possible de s'en sortir et c'est important de croire en ses rêves et voilà c'est un message que j'ai décidé de mettre dans ce documentaire là que j'ai eu l'idée de dédier ce documentaire à ce cancer je l'ai eu pendant le projet on me dit souvent du coup tes projets tu les fais parce que t'as eu un cancer non c'est pas vrai ma vie elle est aussi comme elle est parce que je suis comme ça et ce documentaire là je l'ai dédié à ce cancer pour parler de ça et l'idée du documentaire c'était en fait d'où ça vient c'est un j'avais vu un poster d'une personne qui avait gravi l'Everest et qui disait être passé par là aussi d'être malade avant et elle m'a donné envie de continuer moi à faire du sport à l'époque et je faisais beaucoup de vélo du VTT je me souviens que j'allais creuser mes bosses et je me faisais perfuser l'après-midi donc j'ai perdu mes cheveux etc et en fait grâce à ça grâce à lui grâce à la personne que je ne sais pas qui elle est ce message qu'il avait mis sur un poster je me suis dit merci en fait j'ai réussi à oser croire en mes rêves et à oser voilà m'en sortir et du coup j'ai décidé d'aller à mon tour poser un poster dans l'endroit où j'étais traité en tant que message voilà pour les autres waouh
Loïc c'était quoi comme cancer que tu as eu c'est pas indiscret
Gaël c'est Hodgkin c'est des ganglions qu'on a les ganglions tu sais on en a souvent là sous la gorge et ben moi j'en avais dans le ventre et bon c'est un cancer qui se soigne plutôt bien bon ça reste un cancer donc par définition on peut en mourir mais aujourd'hui les traitements sont bons et puis j'étais vachement très bien accompagné vachement très bien j'étais vachement bien accompagné dans le sens où à la fois mes potes ils sont restés comme ils étaient ça c'est quelque chose d'unique en fait que tes potes ils changent pas parce que t'as une maladie mes parents étaient toujours là aussi mes infirmières mes petits soins mes profs voilà c'est tout ce monde là qui m'a permis d'avancer correctement et de faire face à la maladie c'est clair que c'est un super message t'évoquer la personne qui a gravé l'évraise
Loïc dont tu ne connais pas le nom j'ai eu un invité qui a eu un parcours un peu comme ça aussi qui est diabétique de type 1 donc le diabète de la malchance le diabète que tu chopes jeune qui a rien à voir avec ton hygiène de vie et lui il a découvert ça
Gaël je crois 22 23 ans je ne sais plus et donc c'est hyper contraignant t'es globalement pompe à insuline c'est à vie c'est pas ce qu'il y a de plus fun mais lui un peu comme toi en fait s'est dit je vais pas m'apitoyer sur mon sort
Loïc je vais en faire un message porteur d'espoir et il est parti Sébastien Sasseville il est parti faire l'Everest donc l'Everest avec une pompe à insuline enfin l'insuline ça doit être conservé je crois à température ambiante ou réfrigérée je ne sais plus donc sur l'Everest une vraie galère il n'y a pas de chaîne du froid en fait puisque quand de base puis après il a traversé le Canada à vélo puis en courant enfin bon bref donc je trouve que c'est c'est des ce type de message tu vois d'avoir quelqu'un comme toi
Gaël qui dit je suis passé par une phase pas rigolote mais regardez c'est possible de s'en sortir derrière enfin de s'en sortir de faire de suivre sa voie derrière je trouve ça juste
Loïc juste super inspirant bravo pour ça tu vois je ne savais pas du tout que tu étais passé par par la case cancer tu communiques dessus un peu sur les réseaux habituellement ou la vidéo commentaire
Gaël non pas je le fais dans mon film donc ça c'est un peu si on lit si on lit le résumé etc mais c'est pas en fait pendant 10 ans j'en parlais peu finalement de mon cancer j'ai toujours eu la patate j'ai toujours eu le sourire même mes potes à qui je l'ai montré enfin des gens de mon école d'ingé à qui je l'ai montré récemment ils m'ont dit ah mais je ne savais pas que tu avais eu un cancer bah ouais je n'ai pas envie que ça soit non plus que ça soit fiché en fait je n'ai pas envie d'être affiché il y a eu le cancer voilà et c'est pour ça que c'est cool d'entendre ah ouais je ne savais pas en fait c'est peut-être pour ça que tu as la patate et tout oui peut-être mais en fait voilà c'est ça et puis aujourd'hui je commence à changer un peu tu vois de me dire oui c'est mon histoire ouais c'est moi et et c'est peut-être important que j'en parle pour pour motiver d'autres personnes à à avoir la patate donc ça doucement ça traite son chemin dans ma tête on va dire et donc je fais des conférences avec des détenus tu vois en prison et et c'est trop bien de parler de ça parce que eux bah on parle déjà de liberté qu'est-ce que la liberté pour chacun est-ce que parfois même s'ils sont en prison ils se sentent libres ou pas mais aussi qu'est-ce qu'il a fait est-ce qu'ils se sentent capables de s'en sortir et d'oser croire en leur rêve c'est ça que j'essaye de de passer comme message et c'est assez cool de pouvoir faire ça
Loïc ta dernière expédition en date du coup une nouvelle une vraie folie moi c'est avec celle-là que tu m'avais tu m'avais contacté et qui m'avait vraiment surpris est-ce que tu peux nous en dire
Gaël un petit peu plus bien sûr voilà c'est c'est totalement passion je suis parti au Maroc quand on est parti là je faisais du du parapente et j'étais encore débutant et cette passion l'a perduré j'ai appris à voler beaucoup mieux et donc là je vole depuis longtemps enfin ça fait 4 ans que je vole et j'ai décidé de partir faire la traversée du Haut-A-Tasse à chaque fois je dis ça de faire la traversée des Alpes en parapente donc de Slovénie jusqu'à Nice et de faire la traversée entière complète de toute cette belle chaîne de montagne qui sont les Alpes waouh lourd
Loïc ok et donc en parapente ça représente quoi comme contrainte d'un point de vue logistique j'imagine tu le fais pas en une traite ouais
Gaël en parapente il faut savoir qu'en parapente on peut voler jusqu'à 10 heures par jour on va dire et les meilleurs font 350 km par jour donc ce qui est énorme et ça souvent on le sait pas quand on fait pas de parapente mais moi j'ai pas j'ai pas du tout ce niveau là enfin j'ai pas non plus les ailes qui vont pour je fais des vols de 100 km
Loïc pardon je te coupe mais je te coupe pardon mais quand tu parles de niveau pour faire 350 km c'est quoi c'est de la maîtrise technique en fait c'est la capacité à lire l'aérologie etc
Gaël ouais c'est principalement technique mais aussi les ailes et l'engagement donc les ailes de parapente sont différentes pour faire 350 km il faut des ailes elles sont catégorisées en A, B, C, D et il faut avoir des D pour voler faire des gros gros des gros gros vols comme ça parce qu'il faut aller plus vite mais l'engagement est plus fort dans le sens où si t'as une fermeture donc un crash on va dire où ta voile se bouge un peu et elle se retourne sur elle-même bah là ça va être plus compliqué de s'en sortir si t'as pas les capacités techniques d'accord donc voilà c'est des c'est surtout l'engagement je pense qui est important et la technique forcément qui va avec
Loïc ok donc 350 km c'est un peu la distance max que mettent les plus engagés la distance totale que t'avais à couvrir Slovénie Nice
Gaël 1800 je pense entre 1500 et 1800 à vrai dire je fais pas trop et et donc toi tu couvrais combien ça représentait combien de quelle durée pour toi donc moi j'ai mis 34 jours pour faire tout ça
Loïc ah ouais
Gaël donc tu vois oh pinaise c'est très long parce que j'ai eu j'ai eu 20 jours 20 jours de vent d'ouest moi j'allais à l'ouest donc des petits vols mais voilà les meilleurs la X Alpes c'est la traversée des Alpes complètes en compétition qui existait avant il y a 8 ans ça faisait vraiment à peu près ce parcours là peut-être un peu moins long il mettait 8 jours donc voilà parce que ils partent en printemps avec des conditions très fortes mais des super conditions et puis ils font des gros vols moi j'avais mon plus gros vol de la traversée c'est 115 km donc ce qui est en 7 heures de vol donc ce qui est déjà long mais qui même si j'avais fait ça pendant pendant 15 jours bah j'aurais mis 15 jours quoi pour faire tout la traversée et j'ai eu donc j'ai eu beaucoup de vent d'ouest qui m'a contraint à changer d'itinéraire donc je suis parti de Slovénie là j'ai fait 5 jours de super 5 jours de vol vraiment extra avec des sans bornes et ça c'était trop bien c'est à peu près mes gros vols c'est sans bornes moi mon plus gros c'est 250 mais c'est dans des conditions incroyables une journée particulière donc c'est pour dire qu'en fait faire sans bornes il faut des conditions déjà super bonnes pour faire sans bornes donc j'ai eu des super conditions et ensuite vent d'ouest qui arrive et là beaucoup de choix à faire j'avais décidé en fait je suis parti en suivant les traces de Didier Favre c'est un monsieur qui faisait du Delta Plan dans les années 80 et qui a lui mis 3 mois pour faire la traversée des Alpes depuis il est parti depuis la mer vers Nice et il est arrivé jusqu'à Gessénis là où je suis parti en Slovénie et donc son objectif principal c'était de faire la traversée mais sans véhicule et sans Z sans téléphérique donc c'était ça aussi mon objectif c'était pas de faire marche vol et je me suis autorisé à prendre des vélos et à faire du canot tu vois donc c'était l'idée c'est vraiment être très très sobre aussi c'était à la fois côté environnement même si voilà j'aime bien ce côté là mais je le promeu je le promeu pas à fond c'est pas voilà c'est pas mon centre dans ce que je dis c'est pas l'environnement mais je fais tout pour être dedans mais je sais pas ce que je veux pas forcément parler c'était aussi pour le côté difficulté se dire que c'est jusqu'au bout quoi c'est vraiment c'est le plus pur possible puriste voilà d'être pur dans tout dans toute cette traversée donc c'était voilà c'était du coup après je voulais dire j'étais en train d'expliquer que le vent est arrivé au bout de 5 jours et là j'ai dû faire un choix de changer mon itinéraire et de partir plus au nord normalement on passe par la vallée du Rhône et du Rhin c'est une grosse vallée en Suisse qui fait 250 km et qu'on peut faire presque en une journée en parapente et du coup moi j'ai décidé de passer au nord de ça pour être protégé un peu du vent et faire des petits vols de 30 km mais si j'étais dans la grosse vallée j'aurais pas volé en fait parce que c'était trop dangereux trop de vent on peut pas voler ou voler le matin ou le soir mais donc j'ai fait ce choix là de partir au nord et là j'ai découvert des paysages incroyables au dessus des lacs parce que le nord de la Suisse c'est fabuleux je conseille à tout le monde d'aller là-bas surtout pour voler parce que tu voles au dessus des lacs qui sont magnifiques aux heures du coucher de soleil c'est un truc de dingue donc j'ai mis plus de temps mais c'était voilà c'était quand même trop chouette mais du coup quand tu fais des changements d'itinéraire comme ça tu repères en avance les zones de posée je sais pas quel est le bon vocabulaire mais tu sais où tu vas te poser à peu près ou non quand on part en vol bivouac donc le vol bivouac c'est vraiment le marché c'est dormir en montagne et voler c'est le meilleur vol bivouac possible sur trois jours par exemple c'est de décoller en montagne de poser un endroit en montagne le soir et de redécoller le lendemain de l'autre côté face est mais en ayant très peu marché le but c'est de pas marcher mais moi je posais tout le temps en vallée et je remontais tout le temps à pied et du coup on sait pas où on pose en fait tu sais pas si tu vas faire 100 bornes ou 10 bornes dans la journée donc même s'il y avait un kilomètre tu peux pas choisir où tu poses mais du coup
Loïc visuellement tu cherches quoi pour poser des champs
Gaël des champs des champs que ce soit si c'est en montagne un endroit à peu près pas trop pentu et sinon des champs dans les vallées il y a toujours des champs même un chemin aujourd'hui quand tu voles beaucoup tu t'apprends à essayer à poser dans des conditions plus difficiles on va dire mais un chemin à côté d'une route tu peux le faire si t'as pas de câbles électriques c'est vraiment beaucoup de se dire ok je vais poser dans 5 minutes 10 minutes tu prends ce temps là pour observer regarder le sol tu restes si t'es encore assez haut et tu te dis bon bah déjà regarder le vent dans quel sens il est d'observer s'il y a pas des câbles électriques ce qui peut être dangereux des barbelés et après tu poses dans le champ et globalement sur toute la traversée j'ai fait un poser dans un atterrissage officiel et le reste que dans des zones que dans des champs parce qu'il y en a partout en fait ça se trouve facilement
Loïc mais du coup tu fais quand même attention à ce que les champs soient proches je sais pas justement d'une route d'un hameau d'un village pour après pouvoir te déplacer ou te loger
Gaël au mieux oui au mieux au mieux je regarde sur internet en vol un autre décollage comme ça je me dis ok demain matin je monterai là ça c'est trop bien quand tu fais ça et tu dis ok du coup je vais me rapprocher par là et je pose là et quand il y a un champ il y a souvent des fermes à côté ça se trouve facilement ou parfois je sais que je vais marcher je me fais 10 bornes à pied pour trouver une maison et 10 bornes ça reste raisonnable pour dormir et le lendemain remonter voilà il y a souvent ce choix là à faire est-ce que je monte ce soir est-ce que je monte demain sachant que demain c'est une super condition je veux décoller à 10h ou demain non c'est pas je vole pas avant midi donc je vais dormir plutôt en bas voilà
Loïc donc ok donc t'as quand même internet à l'altitude à laquelle tu voles ouais t'es connecté
Gaël presque tout le temps il y a sauf en Suisse il y aurait internet mais ça coûterait 500 euros pour que je prenne un forfait et je prenais pas de forfait en Suisse donc je m'arrêtais pour demander j'essayais de faire des screenshots sur presque tout l'endroit où je vais voler pour essayer de voir où je vais poser et puis après de temps en temps je décollais dans un endroit qui était pas forcément un décollage officiel mais où j'avais repéré un peu que ça pouvait décoller ok ok ok et donc typiquement une journée de vol quand tu pars pour faire de la distance tu alors c'est des questions peut-être un peu bêtes pour les gens qui connaissent qui ont déjà volé mais tu manges tu te ravitailles tu manges et tu bois en l'air du coup enfin ouais en vol exactement en fait je prépare des sandwichs pour le midi il y en a qui préparent même du couscous et qui le mangent avec la cuillère mais moi je pars du principe que je vais devoir être concentré quand même pas mal deux ans mon vol donc il faut que ça soit simple j'ai un camelback avec de l'eau et j'ai même un je peux même pisser tu vois en l'air j'ai un kit spécial pour pouvoir pisser en l'air ok et heureusement qu'il y a ça sinon quand tu fais des vols de 10 heures c'est un peu compliqué ouais ouais ouais
Loïc s'il faut descendre juste pour pour une pause technique à chaque fois c'est pas compliqué ok ok donc il faut éviter de se mettre sous un parapente quand le gars est là ou la nana depuis un moment sur un long vol quoi parce que potentiellement il y a un largage technique c'est ça
Gaël ouais c'est rigolo de dire ça me fait marrer à chaque fois que je pisse je dis ah je pisse sur le monde
Loïc t'es passé du coup en Suisse parce que le podcast t'es pas mal écouté en Suisse puis moi j'ai vécu en Suisse je pense dans une zone enfin pas très loin de là où t'es passé c'était quoi les lacs que t'as survolé c'est le lac de Bicet Interlaken là donc il y a les deux lacs ah ouais incroyable
Gaël les quatre cantons ouais j'ai fait les quatre cantons Interlaken donc les deux lacs je sais plus comment ils s'appellent et après il y en a peut-être moins après c'est ceux-là qui m'ont vachement marqué ouais
Loïc Interlaken
Gaël en plus t'es vraiment entouré de montagnes c'est assez il y a quand même pas mal de dénivelé des deux côtes et des lacs ouais et là j'ai d'ailleurs il a plu un peu ces jours-là et j'étais en vélo c'est assez rigolo mais je demandais régulièrement aux gens de me prêter des vélos ils me disaient mais comment tu fais pour avoir un vélo Gaël bah je demande un vélo et les gens me le prêtent et je leur dis que je le pose plus loin soit chez d'autres gens soit chez des amis et donc c'était cool j'ai demandé peut-être 5 vélos tu vois même peut-être un peu plus moi même prêter un vélo électrique une fois où j'ai une grosse journée où il y avait du fun annoncé donc beaucoup de vent pas de possibilité de voler et c'est le jour où je suis arrivé à Olichenstein donc le gars il m'a prêté son vélo il allait bosser le lendemain par là-bas du coup je suis allé jusqu'à là-bas en vélo électrique j'ai dû faire 80 bornes donc tu vois c'est quand même une grosse journée de vélo et arrivé là-bas bah j'ai rendu le vélo derrière aux messieurs donc c'était trop bien pinaise ok j'avais jamais entendu ça près de vélo ouais en fait quand t'es légitime je veux dire c'est quand t'as une raison de le faire c'est comme dormir chez l'habitant quand je suis en week-end ou quoi et que je peux pas dormir chez l'habitant parce que j'ai pas de raison alors que là j'ai vraiment une raison c'est que je suis à traverser des Alpes je suis en parapente j'ai besoin d'avancer est-ce que ça vous dérange de me le prêter de là à là on trouve une solution ensemble on discute est-ce que vous connaissez quelqu'un qui habite là-bas ou est-ce que je peux pas l'attacher avec un cadenas et faut toujours que ça soit un peu du bon sens aussi parce que sinon je ferais du stop donc faut pas que faut que ça soit que les gens y aillent faut pas qu'ils se déplacent pour moi faut que ça soit vraiment dans du bon sens quoi s'ils vont par là-bas parce qu'ils bossent c'est bon de toute façon c'est mes règles à moi je m'autorise comme je veux donc si jamais ça a changé et que finalement ils bossaient plus là et qu'ils allaient venir chercher je m'en fous mais voilà c'est par principe j'essaye d'être d'être en accord avec mes valeurs c'est quoi le moment que t'as le plus marqué sur cette traversée des Alpes en parapente j'ai fait un de mes plus beaux vols plus difficiles et je suis allé les plus hauts donc je suis allé à 4400 mètres d'altitude c'était un record pour moi et j'ai fait 120 bornes c'était au début du trip et c'était c'était dur j'en ai chié tout le long du vol c'était des conditions assez fortes donc il faut être toujours concentré j'ai eu des points bas où j'ai failli poser finalement j'ai trouvé un petit thermique les thermiques c'est une bulle d'air chaud qui se représente par un cylindre qui monte et donc tu dois rester dans le cylindre et pour ça tu t'enroules dedans et parfois ce cylindre là il fait 50 mètres d'envergure parfois il fait 300 mètres et quand il est petit donc 50 mètres on va dire ou j'en sais rien 10 mètres bah là tu dois tourner beaucoup plus vite mais pour rester dedans et avec le vent il va être décalé un peu donc tu vas te décaler globalement avec la masse d'air et donc là j'ai eu un moment où j'étais très bas j'ai trouvé un thermique qui était super fort qui m'a remonté tout en haut et 10 minutes après j'étais à 4004 tu vois donc tu t'es ouah c'était ouf et j'ai fini cette journée à 19h30 j'étais encore en l'air à 3900 mètres d'altitude donc ce qui est assez rare à cette heure là et puis voilà c'était super vol
Loïc donc t'as passé la journée à plus de 3000 3005
Gaël non parce que tu prends un thermique tu descends tu descends tu descends en fait tu essayes d'avancer tu traverses des vallées tu te retrouves plus bas et des moments où tu te trouves très bas près du sol donc ça dépend où il était je crois qu'il était peut-être à 2005 là où j'ai eu le point bas mais j'étais à 2005 et le sol était à 2005 enfin pour dire que c'était j'étais pas à 2500 mètres de hauteur par rapport au sol quand j'étais à 4004 les glaciers étaient à 3009 donc tu vois j'étais pas si haut par rapport au sol mais c'était monstrueux mais quand tu voles à 4004 il fait combien en ressenti ? là c'est une journée assez chaude en fait on perd un degré par 100 mètres de hauteur à peu près ouais ça un peu moins 0,8 je crois jusqu'à une certaine altitude après ça change aussi en fonction des masères mais ce jour là il faisait assez chaud en bas donc si tu t'imagines qu'il fait je sais pas à 25 à 2005 ça fait qu'il fait 15 à à 3005 donc il devait faire bon non il faisait froid il devait faire 0 degré à 4004 je pense mais on est bien équipé j'ai mes je mets ma doudoune j'ai une veste par dessus j'ai des gros gants les journées où tu voles assez haut t'essayes d'être très bien équipé quand même ouais moi je dis 0 non je pense même pas je pense qu'il faisait un peu plus en fait quand il y a de la neige en altitude je me dis qu'il fait 0 mais je sais pas si c'est une bonne c'est bon quand il y a un glacier au dessus du glacier bien sûr qu'il faisait 0 quoi forcément mais voilà je saurais pas te dire
Loïc mais un peu froid quand même mais en tout cas t'es équipé quoi
Gaël ouais en fait au printemps c'est pire là je suis parti en juillet mais au printemps il fait encore super froid quoi il y a beaucoup plus de neige donc je suis beaucoup plus équipé que ça
Loïc ok le comment ça alors encore une fois question bête mais comment ça se passe pour les passages de frontières parce que même si on est en Europe enfin la Suisse c'est pas l'espace Schengen donc tu dois te déclarer quelque part t'as une radio pour annoncer que t'arrives et ça se passe comment
Gaël t'as jamais vu en l'air là des stations border
Loïc qui sont en Montgolfière
Gaël tu t'arrêtes salut non il y a aucun problème il n'y a rien à faire tu passes et tout s'il y avait quelque chose à faire en tout cas je ne le sais pas mais quand tu passes une frontière en voiture même France-Suisse t'as pas t'es rarement arrêté quoi je pense que je crois que dans le vol libre on m'aurait prévenu si c'était interdit je pense qu'il y a vraiment un truc qui est globalement autorisé faut juste par contre avoir quand tu voles en Suisse c'est différent du reste c'est qu'ils ont besoin faut que tu aies le brevet de pilote confirmé alors qu'en France le vol libre par son nom dit qu'on n'a pas besoin de brevet pour voler en France ok voilà il y a juste une assurance qui est obligatoire mais le brevet n'est pas obligatoire alors qu'en Suisse il faut le brevet du coup moi j'ai passé mes brevets mais du coup j'avais pas de soucis par rapport à ça
Loïc ok ça a été quoi ton sentiment à l'arrivée
Gaël donc t'es allé jusqu'à Nice je passe direct à l'arrivée mais t'as bien réussi
Loïc à poser à Nice au final
Gaël j'ai posé à 30 km de Nice et j'ai terminé avec un vélo un vélo d'enfant pour terminer la dernière descente jusqu'au bout et j'ai eu beaucoup de chance c'était les derniers jours de il n'y avait plus de possibilité de voler derrière parce qu'il pleuvait le lendemain donc je suis arrivé pile poil à ce qu'il faut au moment voulu en fait je rebondis juste sur un truc c'est que j'ai fait la traversée en deux fois je suis parti donc début juillet je me suis arrêté fin juillet enfin j'ai fait 24 jours en juillet parce que j'avais des obligations en août j'ai caché un carnet en Suisse quand je me suis arrêté je me suis arrêté du coup à Lenk c'est une station de ski qui est à 80 km de la frontière française à peu près et j'ai laissé un carnet et quand je suis revenu en septembre je suis allé rechercher ce carnet là pour avoir physiquement aussi voilà dire vraiment j'ai fait la traversée entière donc j'ai repris le carnet et je suis reparti jusqu'à jusqu'à du coup je suis atterri un peu avant Cagnes-sur-Mer et j'ai terminé et j'ai du coup je suis descendu en vélo jusqu'à Cagnes et là par pureté aussi j'ai ressorti le parapente j'ai refait un petit un petit décollage on va dire pour me dire c'est bon je suis arrivé et bon j'étais heureux en fait j'étais très fier aussi d'avoir fait ça c'est quelque chose qui est en fait je me suis dit mais waouh j'ai fait la traversée entière quand je dézoome sur une carte où j'étais je fais waouh c'est énorme la traversée est trop cool de le faire sans voilà j'en ai chié j'en ai bavé de ne pas prendre de ne pas prendre de véhicules de ne pas prendre de téléphériques j'ai tout fait à force de mes jambes quoi et en fait de se dire qu'on peut faire des kilomètres comme ça en volant je trouve ça juste dingue je trouve ça juste fou de se dire ouais on peut faire bah 100 bornes par jour en volant sachant que 100 bornes c'est pas les mêmes kilomètres qu'en voiture t'imagines bien en montagne nous on est à vol d'oiseau et en voiture bah tu passerais presque autant pas autant de temps mais voilà tu passerais un temps énorme aussi donc c'était ouais de la fierté de un soulagement surtout je suis arrivé un jour avant que ça soit terminé pour les conditions et puis et puis vraiment un bonheur parce que on va dire que tout juillet j'ai eu ce vent d'ouest qui m'a qui m'a fait avancer par un petit saut de puce de 20-30 kilomètres et tout septembre j'ai fait des vols de de fou en fait c'était pas des conditions énormes c'était des bonnes conditions pour septembre et j'ai volé comme je le voulais quoi j'étais heureux de voler et j'ai pris un plaisir fou à voilà à être à être en l'air plus que quand j'étais en Suisse parce qu'en Suisse j'ai beaucoup marché j'ai beaucoup fait de vélo et j'ai apprécié pour d'autres choses la Suisse mais pas pour le vol et pour le vol vraiment c'était j'avais besoin de ça aussi pour terminer en beauté quoi
Loïc excellent bah j'ai envie de te reposer un peu la même question que sur l'expédition précédente c'est parce que là au final c'était même si tu l'as coupé etc qu'il y a eu beaucoup plus de en tout cas j'ai l'impression beaucoup plus de contact avec la civilisation qu'au Maroc mais qu'est-ce que tu dirais que c'est quoi les apprentissages finalement de cette traversée des Alpes en parapente
Gaël je pense que c'est peut-être là que j'ai encore plus poussé sur le bon côté de l'humain d'apprendre que partout où j'étais jusqu'en Suisse je parlais en anglais donc j'étais un peu dépaysé on va dire même si et j'étais accueilli par plein de gens tout le temps tous les soirs et même en Europe voilà il n'y a pas qu'au Maroc où on nous accueille en France aussi en Suisse en Autriche parfois on dit que c'est des gens fermés mais en fait pas du tout peut-être que c'est la manière d'arriver peut-être parce que j'arrive en parapente dans leur jardin et ils m'accueillent plus facilement mais tu vois c'est quelque chose de fou en fait les gens sont tellement heureux de partager un moment avec moi de je ne sais pas si c'est parce qu'ils se disent ouais j'ai passé un moment avec un gars qui fait la traversée des Alpes ou c'est parce que ils sont contents d'offrir moi en tout cas je retiens leur sourire je retiens l'énorme bout de fromage qui me sortent rien que pour moi je remarque qu'ils ont déjà fini de manger et qu'ils me refont cuisiner un de mes plats préférés un risotto de fruits de mer tu vois c'est des moments qui sont uniques pour moi et qui me rappellent en fait que l'humain est bon et que c'est chouette de partager ses moments avec eux donc ça c'est une grosse c'est le plus beau message que j'ai retenu il y a d'autres choses que j'ai retenu c'est la motivation quand on quand on part en parapente dans l'objectif de faire la traversée sans véhicule on est contraint de marcher avec un sac de 22 kilos entre 22 et 24 kilos en fonction de quand je suis parti au début c'était 24 kilos et après quand je suis revenu j'ai enlevé quelques kilos pour être un peu plus léger c'est lourd mais j'ai trouvé dingue le fait que de savoir que j'allais voler j'étais motivé j'avais envie de voler et ben j'étais capable de faire 1000 mètres de déniveur le matin poser au milieu de la journée parce que j'avais mal géré mon vol remonter 1000 mètres et repartir avec un sac de 24 kilos et je suis pas un quelqu'un enfin je suis sportif mais je suis pas un monstre tu vois et en fait c'est pas le fait d'être costaud c'est pas le fait d'avoir beaucoup d'expérience c'est le fait d'être motivé et cette motivation elle se retrouve dans tous les projets de toute personne en fait que ça soit dans le milieu du sport dans le milieu de l'aventure mais dans le milieu de l'entreprise et ce côté en entreprise de savoir motiver ses employés est tellement important savoir comment chaque personne est différente comment motiver chaque personne parfois ça va être avec un salaire mais parfois ça va être avec une reconnaissance avec des moyens quand on était petit c'était avec des gommettes tu vois c'est vraiment ça qui cette motivation elle est elle est tellement importante parce que quand on est motivé on est heureux et moi ça m'a permis de faire des vols trop bien des vols à 20h après avoir fait une journée de galère et être là et de dire mais ouais c'est là que je veux être c'est ça que je suis venu chercher c'est de galérer pendant cette montée mais d'être là et de voler avec le coucher de soleil au dessus du lac et ouais j'ai kiffé quoi
Loïc énorme en tout cas quand on t'entend raconter tout ça clairement on sent on sent la passion j'allais dire ça donnerait presque envie de partir faire du parapente pas encore en tout cas type perso mais je crois qu'il y a encore un peu d'appréhension mais qui sait ça pourrait arriver ça pourrait arriver en fait j'en avais fait une fois à Annecy au dessus du lac et on était trop lourds avec le je sais pas comment on dit le guide et donc on n'arrivait pas trop à remonter et je me disais non mais là c'est chaud quand même si je suis trop lourd pour monter avec le parapente ça craint donc bref voilà petite parenthèse mais ouais clairement on sent la passion est-ce que ça t'amène du coup est-ce qu'il y a déjà de prochaines expéditions en parapente ou pas d'ailleurs qui sont qui sont dans les cartons pour toi
Gaël bah là j'ai un documentaire que j'aimerais faire sur les états de l'eau du coup je suis en train de préparer tout ça c'est un documentaire que j'ai envie de faire en région Rhône-Alpes l'idée c'est de partir d'un sommet du Mont Blanc et d'arriver à Lyon jusqu'à chez moi en faisant différents défis sportifs et différentes aventures avec différents intervenants donc ça serait du parapente en fait c'est les états de l'eau dans ces trois états donc solide, liquide, gazeux donc parapente, gazeux avec un guide de haute montagne ensuite faire la cascade de glace et du ski jusqu'à la mer de glace donc partie solide on va dire avec là un glaciologue qui nous apprendrait aussi qui ouvrait sur sa partie scientifique ensuite descente de larves en kayak là j'aimerais avoir un photographe animalier enfin j'ai déjà un photographe animalier qui sera prêt à venir avec moi et ensuite le tour du lac Lément en kitesurf donc là qui mêle un peu solide non liquide et gazeux avec un sportif de haut niveau qui veut battre le record du tour du lac et après descente à vélo jusqu'à Lyon plutôt là j'aimerais en fait c'est artistique scientifique et sportif et donc là ce serait pas partie encore artistique comme le photographe mais j'aimerais avoir un écrivain qui parle à la fois de l'eau mais aussi avec son côté artistique tu vois un tesson une personne comme ça qui pourrait venir ça serait ça serait dingue bon tesson c'est peut-être compliqué mais genre de personnes voilà qui qui ont une façon bien à eux de parler et qui rendrait un peu plus artistique ce projet génial génial si les gens veulent suivre la manière dont tout ça se met en place du coup c'est quoi le mieux c'est Instagram j'ai mon site internet Gaël Meunier ou Insta Gaël Meunier aussi ok trop bien mais sur Insta ouais je suis en train d'essayer de je me professionnalise de plus en plus mon Insta je le trouve pas très cool mais là j'ai eu plein de contacts ce week-end dans des festivals d'aventure donc pour progresser là-dedans et peut-être déléguer avec des étudiants ou des choses comme ça donc c'est voilà j'ai plein de portes qui s'ouvrent c'est trop chouette trop bien
Loïc génial et bien écoute Gaël un grand grand merci c'était passionnant de t'entendre parler de tes expéditions de ce que ça de ce qu'elle t'apporte de comment est-ce que tu grandis à travers elle est-ce qu'il y aurait un tu en as déjà passé plusieurs mais est-ce qu'il y aurait un message peut-être tu vois
Gaël de conclusion que tu tu voudrais partager bah oser croire en vos rêves même les plus petits et puis voilà mettez le premier coup de pédale le premier pied à l'étrier lancez-vous excellent merci beaucoup Gaël merci merci je mettrai les liens en description pour que les gens puissent suivre la préparation de ta prochaine expédition les documentaires à un moment donné seront peut-être disponibles en ligne ou il y en a déjà deux qui sont en ligne sur Youtube il y a Lyon Istanbul à vélo qui est sur c'est partagé par le projet aventure et Guy Souris sur le le Sarek donc les 20 jours en autonomie totale qui est aussi sur projet aventure trop bien génial merci Gaël très bonne préparation de la prochaine expé et bah peut-être à la prochaine pour un nouveau récit d'aventure merci Loïc
Loïc merci d'avoir écouté cet échange avec Gaël jusqu'au bout j'espère que ça vous aura incité à partir vous-même à l'aventure sans avoir toutes les cartes en main cet épisode comme tous les autres vous a été proposé gratuitement tout ce que je vous demande en retour c'est de m'aider à donner encore plus de visibilité à mes invités en laissant une note 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute pensez également à partager cet épisode autour de vous à toutes les personnes
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Loïc d'aventure de dépassement de résilience
Gaël de sport etc si vous voulez m'envoyer des suggestions d'invités ou des feedbacks
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