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Saison 1 EP·040 Forces spéciales #commando #armée #gastronomie

13 juillet 2021

Louis Saillans (Forces Spéciales) : Commando Marine, s’engouffrer dans l’inconnu et affronter le danger

Durée · 1h55 · Transcription disponible

Louis Saillans (Forces Spéciales) : Comm

Le récit

Louis Saillans est un ancien des Forces Spéciales françaises, qui pourtant ne se destinait pas à une carrière de militaire.

C'est après son bac, et par passion pour l'aviation qu'il s'engage dans l'armée de l'Air. Épanoui mais conscient qu'il n'est peut-être pas autant à sa place que d'autres, c'est une rencontre avec un groupement commando, dans la carlingue d'un avion de transport, qui le convainc de changer d'environnement. Il fait alors des pieds et des mains pour rejoindre le mythique STAC, le stage des Commandos Marine  🔱 . C'est sa 1ère leçon de vie : la peur est un inhibiteur puissant. Il faut oser demander ! Louis revient par la suite avec nous sur son parcours au sein des Forces Spéciales, une fois que lui sera décerné le fameux béret vert qu'il va fièrement porter pendant 10 ans, d'abord comme opérateur puis comme Chef de Groupe. Aujourd'hui Capitaine dans la Marine Nationale, il quittera bientôt les rangs de l'armée pour rejoindre le monde civil.

Entre réflexions sur la valeur de l'engagement, sa vision du rôle du chef (2ème leçon de vie !) ou encore le fait de choisir ses souffrances pour mieux préparer l'avenir, Louis nous livre ici un témoignage authentique et plein d'humilité, bien loin de certains clichés du monde militaire.

Un échange absolument passionnant avec un homme au parcours exceptionnel pourtant resté dans l'ombre, jusqu'à la sortie récente de son livre, comme beaucoup d'hommes et de femmes qui servent sous les drapeaux  🇫🇷

Un immense merci 🙏🏼 🤩  à Louis pour l'honneur qu'il nous a fait  de faire partie de nos invités !

🔎 À l'occasion de la sortie de son livre "Chef de Guerre", l'éditeur de Louis, Mareuil Éditions, a diffusé une excellente vidéo bande-annonce à retrouver ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #31 - Teddy Palassy - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales), Project Manager CROSSCALL - Le physique a ses limites, le mental n'en a pas

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Louis Le délucé de l'hélico, décolle derrière moi. Et dès qu'il a décollé, déluge de feu. On se fait tirer dessus à l'arme lourde, à la grèce Tickoff. Je choisis mes souffrances, en fait. La guerre, c'est quand même le paroxysme de ce symbole. La guerre, c'est la sueur qui épargne le sang. C'est l'adage qu'on a dans les armées. Entraînement difficile, guerre facile.

Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous Les Frappés ! Et bien c'est parti, vers action comme on dit. Salut Louis, bienvenue sur le podcast.

Louis Salut Loïc.

Loïc Ravi de t'accueillir aujourd'hui. Très très heureux que tu aies pu te libérer pour nous, c'est même un honneur. Je suis toujours épaté par les parcours de celles et ceux qui s'engagent sous les drapeaux et alors qu'en ces forces spéciales, personnellement encore plus. Donc vraiment un grand grand merci. Et c'est chouette qu'on puisse le faire. Alors on n'a pas fait le jour J, mais on le fait le lendemain. Hier c'était le 6 juin. Donc c'est chouette pour la symbolique aussi. Écoute, sans en dire plus, je te laisse te présenter, nous dire d'où est-ce que tu viens, ce que tu fais et voilà.

Louis Oui, ça marche. Moi je m'appelle Louis Saillon, j'ai 34 ans, je suis marié, j'ai deux enfants. J'habite à Lorient où j'ai travaillé pendant 10 ans pour les opérations spéciales en tant qu'opérateur puis chef de groupe. Là je suis effectivement officier dans la marine, je suis capitaine et je continue à travailler pour la marine, plus pour très longtemps. Mais voilà, je suis encore dans un statut d'active.

Loïc Wow, génial. Et donc force spéciale, plus particulièrement, tu es chez les commandos marines comme Teddy et d'ailleurs qu'on remercie parce que c'est grâce à lui qu'on a pu entrer en relation. Donc peut-être qu'on peut commencer par ça. Alors tu l'as dit, tu es encore d'active donc il y a pas mal de choses que tu pourras pas nous dire, en tout cas pas dans les détails. Mais peut-être qu'on pourrait commencer par le commencement. Qu'est-ce qui t'a amené à t'engager dans l'armée dans un premier temps et puis par la suite à bifurquer vers les forces spéciales ?

Louis Alors moi j'étais pas du tout prévu de rentrer dans l'armée. S'il y a un destin, eh bien moi mon destin n'était pas celui de rentrer dans l'armée, clairement. Moi j'étais pas très bon à l'école. J'ai eu mon bac RICRAC, je suis parti à l'université et par contre ce que j'aimais bien c'était travailler avec les enfants, les jeunes, les adolescents et c'était les sciences. Donc du coup je me suis orienté vers une licence de physique chimie dans l'idée de devenir prof. Donc moi je voulais être prof à la base. Donc on est un peu loin. Effectivement. Pour un jeune qui plus tard finira dans un effort spécial, moi-même j'étais un peu loin je pense. Et donc à l'université il se trouve que j'avais pas mal de temps libre et donc j'en ai profité pour avoir un petit boulot à côté. Je logeais chez mes parents donc c'était plus de l'argent de poche qu'autre chose. Et du coup avec cet argent de poche j'ai pu me payer des vols en avion, en aéroclub. Donc sur des petits avions. Et je raconte un petit peu ça dans le livre que j'ai écrit. Et donc j'ai commencé par entrer dans l'aéronautique comme ça. Donc un peu en loisir. Donc c'est la version de loisir que je faisais. Et j'ai rencontré un instructeur dans ce club qui était un militaire bénévole au club. Et c'est lui qui m'a un peu mis le pied à l'étrier, qui m'a dit écoute il y a des concours de l'armée de l'air qui sont ouverts aux jeunes pilotes, qui viennent d'avoir le bac. Tente, tu n'as rien à faire. Et moi effectivement j'étais complètement ignorant du fait qu'on pouvait passer des concours pour entrer dans l'armée de l'air dès le bac. Donc c'est ce que j'ai fait. Je me suis préparé, je me suis renseigné, je me suis préparé. J'étais très stressé à l'idée de passer un concours militaire. J'avais, je pense comme tout le monde, beaucoup de clichés en tête qui certains se sont révélés vrais et d'autres faux. Et donc du coup je suis rentré, j'ai passé ce concours, j'ai réussi. Je n'ai pas fini ma licence. J'ai claqué la porte de l'université et je suis parti dans l'armée de l'air. J'ai fait trois ans comme élève pilote, j'ai passé mes diplômes de pilote professionnel. Et au bout de trois ans, j'ai réalisé que j'aimais beaucoup ce que je faisais, mais il manquait un truc. Et donc, ça j'en parle rapidement, mais en réalité ça a été un très long processus fastidieux qui était de dire, ok, je suis dans l'armée de l'air, je suis dans la voie, dans une voie qui est quand même très sympa, celle de piloter des avions. Moi, je me destinais à l'aviation tactique, aux avions de transport et je devais partir à Avoir en transformation opérationnelle sur Zingui. Là, à ce moment-là, j'étais à Cognac, j'ai fait Salon de Provence, l'école de l'air, puis Cognac, l'école de pilotage de l'armée de l'air. Et à la fin de mon module à Cognac, j'ai un cas de conscience, je me dis, ce que je fais, je l'aime bien, et je sens que je ne suis pas aussi doué que mes camarades. Je sens que je travaille deux fois plus pour le même résultat qu'eux, alors qu'eux, il y en a qui sont vraiment doués. Alors, ce n'est pas le cas de tout le monde dans la promotion, et il y a des mecs dans la promotion qui étaient vraiment doués, et donc je me comparais forcément à eux, et je me disais, ça me gêne un peu, ils ont l'air très forts, ils y arrivent, ils ont l'air avec beaucoup de facilité, et moi, je n'en ai pas beaucoup. Donc du coup, ça me pose question, et puis surtout, on avait commencé notre formation dans l'armée de l'air, comme dans toutes les formations dans l'armée. Ça, c'est un truc qui est particulier dans l'armée. Quand on rentre dans l'armée, que l'on soit médecin, qu'on fasse chirurgien dans l'armée, qu'on fasse cuistot, qu'on fasse chauffeur, quoi que mécanicien sur un bateau, quel que soit le métier, on va faire ses classes, et on va apprendre les rudiments, les fondamentaux du combat, pour avant tout être un combattant. C'est le principe du militaire, savoir employer son arme, l'employé en sécurité, l'employé en groupe, ou à plusieurs, tout du moins. Donc du coup, moi, je fais mes classes, et pendant ces classes, là par contre, j'avais été très bon. J'avais été très bon, et ça m'avait beaucoup plu, mais il y avait une espèce de boule d'enthousiasme, c'est-à-dire que comme j'avais été très bon, j'avais eu droit à un vol en Alpha Jet, en récompense, enfin bref, c'était un truc de fou, du coup, je sortais de mes classes, ça s'était hyper bien passé, je suis parti faire de l'Alpha Jet, j'étais comme un dingue, bon bref, donc c'était vraiment, je planais, quoi. Mais arrivé donc, la fin de ce module de formation à Cognac, je commence à me dire, est-ce que finalement, là où j'ai vraiment été à l'aise et à ma place, c'était pas pendant cette formation initiale, où on était sur le terrain, on crappait, on faisait des tirs, on faisait la bagarre, tout ça, et ça, j'étais vraiment bien dedans. Et donc du coup, gros cas de conscience, je me dis, soit je continue, mais je trime, c'est difficile, et je suis pas 100% épanoui, soit je plaque tout, et je pars toujours dans l'armée, puisque je sens que c'est là où j'ai envie d'être, et je pars faire un truc beaucoup plus physique. À ce moment-là, j'avais aucune idée d'où je devais aller. Comme tout le monde, je me disais l'effort spécial, aucune idée de ce qu'il y avait dedans. Moi, je connaissais que les reportages qu'on voyait à la télé. Voilà, moi, c'était le truc standard, quoi. Il y a certains de mes copains, eux, c'est depuis qu'ils sont nés, ils savent que ce qu'ils veulent faire, c'est combo de marine, c'est shooter ops, c'est machin. Moi, j'étais pas du tout en ce cas-là. J'arrive à ce moment-là, je me dis, bon, je veux faire du terrain, mais où est-ce que je vais ? Et donc là, c'est encore un peu un concours de circonstances qui m'amène à me dire commandos marines, puisque je suis dans l'armée de l'air, et les seuls forces spéciales que je connais, c'est les commandos marines, grâce à Marius et au reportage. Et donc, je me pose la question, mais j'ai aucune info. Sur Internet, il n'y a pas d'info qui filtre. Dans les centres de recrutement, ils ne nous expliquent pas, et je ne connais personne, bien sûr, qui fait ce truc-là. Dans ma famille, il n'y a pas de militaire, je suis le seul militaire. Bref, du coup, c'est un peu... Donc, du coup, d'un côté, je ne sais pas si tu vois, le truc, c'est quand même assez particulier. D'un côté, une voie un peu royale, où ça se passe bien, quand on est pilote dans l'armée de l'air, c'est plutôt confort, c'est très exigeant, c'est très difficile, ça demande beaucoup de professionnalisme, mais si on rentre dans le moule, franchement, c'est top. Et de l'autre, un truc complètement inconnu, le noir absolu, je rentre, je ne sais pas où je vais.

Loïc Mais quelque chose qui te fait dire que c'est peut-être ça qui t'attire le plus, en fait.

Louis Mais il y a un truc qui me fait dire, j'ai besoin de me tester, j'ai besoin d'aller plus loin, j'ai besoin de me mettre en danger, de me mettre en déséquilibre. Et un jour, il y a une campagne de saut sur la base où j'étais, donc c'est un transal, un gros avion transporteur de l'armée qui vient, qui pose sur la piste dont on était, et qui reste là une semaine, et pendant toute la semaine, il largue des parachutistes. Et là, c'était des parachutistes, c'était GCP, de je ne sais plus qu'un régiment d'ailleurs, donc des groupements commodo-parachutistes. Donc c'est des gars qui font de la chute libre dans les régiments parachutistes de l'armée de terre. Et les pilotes disent, bon, est-ce qu'il y a des mecs qui veulent venir avec nous pour voir ? Moi, volontaire directe. Ils me mettent dans la soute, dans la soute, je suis accroché avec une laisse à la carlingue, donc je deviens un espèce de chihuahua au milieu de ces mecs. J'avais l'impression que tous hyper barraques, hyper taciturnes, avec un air très martial, tous équipés avec des flingues partout, des parachutes énormes, etc. Et moi, j'étais là, regardez ça, avec des grands vieux, dans la soute, je suis là, et je me dis, qu'est-ce qu'il se passe là ? Donc on arrive, l'avion monte, on arrive en altitude, on ouvre la porte, la trappe, la sève vide, les mecs, ils vont se jeter dans le vide. Moi, je suis comme un fou, je ne sais pas, mais qu'est-ce que c'est ce truc de fou ? Et j'ai l'impression d'assister, d'être un peu au cirque, c'est-à-dire que j'assiste au cirque, un truc fascinant, éblouissant, et on me dit, ça, tu peux le faire, c'est-à-dire que, je me dis, il y a une voie qui, c'est possible de faire ça dans l'armée, et là, je me dis, c'est-à-dire que moi, militaire, c'est-à-dire que je peux faire ça. Si je prends les bonnes décisions, les bons trucs, je peux faire ça. Et là, mon cerveau part en éblition, je me dis, c'est génial. Mais bon, voilà, reste toujours la question, est-ce que les commandos marines, c'est si bien que ça ? On se pose plein de questions, comme beaucoup de jeunes, d'ailleurs, qui me contactent sur Instagram, sur Facebook et ailleurs, j'ai énormément de demandes, de jeunes qui se disent, est-ce que c'est si bien que ça ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Donc, bon, ils se font un avis peut-être avec ce podcast, mais en tout cas, moi, j'étais comme eux, c'est-à-dire que j'étais dans l'obscurité. Et un jour, je croise, donc, un copain à moi dont le père était dans un régiment de force spéciale, le 13ème régiment dragon parachutiste, qui est aujourd'hui à Bordeaux. Et je croise ce gars-là, donc, le père de mon pote, et je lui dis, écoutez, je me pose plein de questions, je sais que vous, vous êtes militaire, dans les forces spéciales, je crois, mais je ne suis même pas sûr. Le gars, il ne racontait pas ses missions ni rien, mais je le savais parce que les enfants le savaient. Et donc, je lui dis, écoutez, moi, j'aimerais bien entrer chez commandos marines, mais je ne sais pas si c'est bien, qu'est-ce que vous en pensez ? Lui, il me regarde, il me dit, va chez le commandos marines. L'air, très sûr de lui, et je sens, et je connais ce gars-là, et c'est un gars qui était hyper bien faisant pour moi, qui avait une super horreur auprès de moi, je me dis, ok, s'il me dit ça, il y a un moment, il faut y aller. Et donc là, je fais tout, je dis à mes parents, hop, j'arrête tout ce que je fais, je finis mon diplôme, donc j'ai fini mes derniers examens pour passer mon diplôme de pilote, et puis, j'appelle les gens de la marine, et je leur dis, aidez-moi, je veux rentrer chez le commandos marines. Et donc là, très étonnamment, ça, ça a été une leçon de vie pour moi. Quand on demande, je pense que les gens sous-estiment le nombre de gens qui répondent lorsque vous demandez. Quand on ose demander, quand on ose contacter des gens que l'on ne connaît pas, ni d'Eve, ni d'Adam, en disant, écoutez, j'ai besoin d'aide, je pense que les gens ne sous-estiment, ils sous-estiment vraiment toute l'aide qu'ils peuvent avoir. Et donc, moi, je fais ça, mais auprès de capitaines de frégades, donc c'est les lieutenants colonels, pour donner un ordre d'idée, c'est mes N plus 5, je contente des mecs qui dans ma énergie sont des N plus 5, je les appelle au culot et je leur dis, je me présente, et je dis, voilà, excusez-moi de vous déranger, mais vraiment, j'ai besoin d'aide, je ne sais pas à qui m'adresser. Donc aidez-moi, s'il vous plaît des mois, et les mecs, les mecs ont fait des pieds et des mains pour m'aider. C'est N plus 5, on est incroyable. Ils ont pris du temps, sur un emploi du temps qui était hyper chargé, je le découvrirai après, parce qu'après, je les recontacterai, je découvrirai l'envers du décor et que c'est des mecs qui sont hyper occupés. Il n'y a rien de tel qu'un mec hyper occupé pour vous aider. Si le mec est hyper occupé, c'est le mec le plus efficace qu'il soit, il trouvera du temps, il se dépoîtera, il vous trouvera les 5 minutes, la bonne personne pour vous mettre en contact et pour vous aider. Et ça, je suis convaincu que c'est la même chose dans le civil. J'ai vu plein d'expériences identiques de gens qui disent, j'avais vu la dernière fois sur Internet, des gens qui disent, je crois que c'était, je crois que c'est Elon Musk. Oui. Il dit que quand il était très jeune, il avait contacté le gars d'Apple qui était encore vivant.

Loïc Steve Jobs.

Louis Steve Jobs. Il lui avait envoyé un mail en lui demandant un conseil et Steve Jobs lui avait répondu. Alors qu'ils avaient n'avaient aucun contact. Il avait juste fait doser, dire écoutez, voilà, j'ai juste besoin d'un conseil sur un truc. Le mec, il avait pris les 5 minutes pour répondre parce que pour lui, finalement, ce n'était pas énorme. Alors que moi, dans ma position, typiquement, quand je me donnais à la place de ce qu'était peut-être Elon Musk quand il était jeune, je ne connaissais rien, je n'avais aucune idée, je ne savais pas où j'allais. Et ces mecs-là, ça devient des phares dans la nuit. Bref, donc voilà, ça, c'était vraiment une expérience de vie. Et depuis, j'ai retenu la leçon, depuis, je n'hésite plus jamais à demander vraiment quand j'ai besoin d'aide et à m'adresser. C'est mon père, mon père, il avait une façon de faire quand j'ai des amis qui venaient à la maison. Je faisais en sorte que quand j'ai des amis qui venaient, ils devaient avoir suffisamment d'audace et de politesse. C'est à l'époque, qu'on n'avait pas les portables, etc., il fallait appeler au téléphone et on tombait sur les parents. Et du coup, mon père, il était toujours un peu stoïque et il faisait un peu peur au téléphone. Et du coup, on finit par découvrir qu'en fait, c'est en étant poli, mais en étant ayant un peu d'audace, un peu de courage, qu'en fait, ça passait tout le temps. Et mon père, il adorait. Parce que du coup, il disait, ah ben, pas de problème, vous êtes présenté, vous allez demander votre truc, il n'y a pas de problème que vous vous passez l'ouïe et machin. Enfin bref, c'était vraiment drôle. Donc voilà, donc ça, c'était une drôle expérience, mais bref, ça m'est resté ce truc-là.

Loïc En tout cas, si je peux, pardon Louis, mais c'est vrai que par rapport à ça, tu disais, c'est sans doute pareil dans le civil. Alors, à une bien moindre échelle, évidemment, mais c'est vrai que moi, je le vois sur le podcast, tu vois, oser demander, quand on a lancé toute l'aventure, les frapper, je m'attendais à ce qu'il y ait un taux de réponse des gens que je contacte parce que je ne connais pas. Enfin, nous, et j'ai des champions olympiques, des entrepreneurs qui doivent être, comme tu dis, hyper busy qui me répondent et le taux de réponse, c'est quasiment 80%. Tu vois, c'est incroyable. Donc, je trouve que déjà, voilà, juste pour appuyer ce que tu dis dans le civil, c'est une super leçon. Demandez.

Louis Exactement. Là, ce qu'on fait là, tout de suite, ça en est la preuve vivante.

Loïc Exactement.

Louis Tu es venu me demander et moi, je suis ravi de répondre à cette citation-là. Enfin, moi, je trouve ça génial. Donc, effectivement, voilà, grande leçon pour moi et c'est une leçon qui restera pour le restant de mes jours, ça c'est clair, oser quoi, oser, avoir l'audace. Mais on ne se rend pas compte à quel point c'est difficile de demander quand... Je pense que l'inconscient des gens est tellement énorme, c'est-à-dire que l'image mentale qu'on se fait de la question qu'on est en train de poser à la personne en face, l'image mentale qu'on s'en fait est tellement énorme qu'il y a énormément de gens qui n'osent même pas demander. Il s'autofiltre, oui. Je pense que la peur, c'est le facteur numéro un dans l'inhibition pour les gens d'aller vers les autres. C'est vraiment énormissime. Moi, l'expérience que j'avais eue pour étayer un peu cette idée-là, c'était... J'ai fait un peu de boxe quand j'étais plus jeune et je me souviens ma première compétition. L'entraîneur demande en salle qui veut faire la compétition de dimanche, moi, je me porte volontaire et je fais le malin. Bien sûr. Puisqu'on est au club, on est avec les copains, forcément, on dit bien sûr que je suis volontaire, etc. La semaine précédente, bien sûr, je suis absolument terrassé par la peur. Tout seul chez moi, je me dis pourquoi j'ai dit oui. Je vais monter sur un rime pour me faire tabasser, mais pourquoi j'ai... Arrivée la veille, j'ai l'estomac complètement noué, vraiment, je ne suis pas bien et le lendemain, je me dis, ok, je pars au carton, je me fais une montagne du truc, je me dis que je vais me faire éclater, etc. Mais je monte quand même sur le ring et j'y vais. Sauf que quand j'arrive dans la salle, je réalise que la moitié des compétiteurs sont absents. Et là, je me dis, il y a un truc grave qui s'est passé, c'est vraiment inhabituel. Et je vais voir mon entraîneur et mon entraîneur me dit non, non, non, c'est normal en fait. Toutes les compétitions, c'est comme ça. Wow. Oui, toutes les compétitions, c'est comme ça. Parce qu'on connaît toutes les compétitions, les grandes compétitions olympiques, les compétitions nationales, etc., où les champions, enfin, on ne voit jamais un champion ne pas se présenter à son combat. Surtout quand c'est des combats publicisés, forcément, les mecs sont toujours là. Mais en amateur, je pense que les gens seraient étonnés du nombre de gens qui s'inscrivent mais qui ne viennent pas à leur combat, ne serait-ce que par peur. Et Tyson, il a dit cette phrase, Tyson qui a une histoire je trouve très intéressante, Mike Tyson, champion du monde à toute catégorie, poids lourd, toute fédération, pardon, poids lourd à 20 ans, le gars explique, dans une interview, il s'adresse à la caméra et il dit vous avez essayé et vous avez foiré, eh bien félicitations, la plupart des gens n'essaient même pas. Et ça, j'en suis absolument convaincu pour refaire le parallèle avec cette histoire d'oser demander aux gens etc. La peur, c'est le premier inhibiteur qui fait qu'en fait on se dit ça ne va pas le faire donc je ne demande même pas. Alors que finalement la plupart du temps on ne risque pas grand-chose. On a toujours quelque chose à gagner, à demander, à oser faire une demande structurée alors que je pense que les gens se font une montagne absolument énorme. Je pense que typiquement, je suis désolé, on dérive un peu de ce sujet intéressant, les filles, par exemple, ne se rendent pas compte de la difficulté, de la trouille qu'elles inspirent aux mecs quand il s'agit de demander leur numéro. Je pense que les filles ne se rendent pas compte en fait. je pense qu'elles se sentent c'est une grande moyenne que je fais. Il y a bien sûr des cas isolés mais la plupart des filles ne se rendent pas compte mais la plupart des mecs sont complètement tétanisés quand il s'agit d'aller aborder une fille surtout si elle est attractive. Plus elle est attractive, plus les mecs sont absolument tétanisés d'aller voir une fille ne serait-ce que pour les moins son numéro. Il y a des clubs aux Etats-Unis il y avait toujours des espèces de fraternités de mecs dans les universités américaines et une des épreuves pour entrer dans la fraternité de mecs c'était d'aller obtenir 10 numéros de téléphone dans la rue. On peut se dire que c'est complètement puéril c'est complètement absurde et effectivement il y a un côté un peu puéril mais l'exercice est hyper intéressant parce qu'aller obtenir 10 numéros de téléphone à des inconnus dans la rue franchement c'est une sacrée épreuve pour la plupart des gens. Il y a peu de gens qui ont suffisamment d'aisance orale qui sont assez confiants qui ont assez confiance en eux pour oser surmonter cette peur-là d'aborder une fille et de lui demander son numéro. C'est énormissime. Enfin bref voilà donc petite digression mais bref c'est intéressant enfin moi en tout cas j'avais trouvé ça intéressant à cette étape-là. Et enfin donc j'arrive à Lorient après pas mal de magouilles administratives et je rentre dans la marine la marine m'intègre généreusement et je fais mon brevet d'aptitude technique à Lorient

Loïc donc là t'avais quel âge ?

Louis Moi j'avais à ce moment-là j'avais 23 ans

Loïc Ah ouais ok

Louis je rentre dans l'armée il y a 20 ans dans l'armée de l'air 20 ans 23 ans je rentre je présente mon BAT fusil marin dans la foulée donc c'est un BAT qui dure je sais plus combien de temps ça dure je crois que c'est 6 mois ensuite il y a il y avait le stageco 2 mois et ensuite on est dans le grand bas on part on part en unité bon là c'est la vraie vie et donc moi j'arrive au BAT j'en fais mes classes donc c'est des classes à peu près classiques avec des éléments en plus parce qu'on devient un chef d'équipe donc on nous apprend à gérer un petit groupe de bonhommes on nous apprend la tactique on nous apprend pas mal de trucs et là bon là je sens que là je suis vraiment à l'aise c'est vraiment mon truc en tout cas moi je suis vraiment épanoui donc je m'installe je m'ancre un petit peu à l'Orient et je pars je pars après après mon stage je pars après mon BAT présenter le stage commando et donc on est quelques-uns voilà de mon BAT à présenter donc on restera un petit groupe très soudé pour présenter le stage commando donc le stage commando c'est l'Orient pendant deux mois à peu près avec des présélections donc les présélections c'est ce qui écrème le plus dans le stage co alors peut-être que vous l'avez déjà abordé avec Teddy je sais pas

Loïc on en avait un petit peu parlé on en a pas mal parlé même avec Teddy mais c'est intéressant parce que je crois qu'entre Teddy et toi c'est-à-dire qu'il est sorti quand toi t'es rentré il me semble à peu près

Louis après en ce moment-là parce que moi je l'ai côtoyé en tant que il a changé de spécialité Teddy il est passé monitaire de sport comme il était très porté sur les sports de combat et du coup moi je l'ai côtoyé en tant que monitaire de sport de combat

Loïc ok ouais donc mais ça mais ouais donc on en avait parlé du stage co mais mais ça serait intéressant de voir bah justement est-ce que c'est des choses qui évoluent ou pas du tout moi de ce que j'avais cru comprendre ça n'a pas bougé depuis un petit moment en tout cas la façon la comment est-ce qu'on dit la la rusticité des épreuves justement c'est volontaire le fait que ça bouge pas trop mais mais je serais curieux de savoir comment ça s'est passé pour toi parce que c'est un peu la seule partie de la sélection commando qu'on qu'on voit je sais pas si on pourrait vraiment dire qu'on le voit mais peut-être qu'on se fait une vague idée de ce à quoi ça pourrait ressembler à travers les reportages tu vois c'est un peu le seul truc tu parlais du documentaire de Marius voilà après tout le reste qui se fait en opération etc pour les civils c'est complètement l'inconnu donc je serais curieux de savoir à quoi ça ressemblait pour toi

Louis alors le stage co je pense que c'est un bon format c'est pas quelque chose qui est usurté c'est à dire que toutes les souffrances que l'on endure au stage co c'est pas des souffrances usurpées c'est pas une escroquerie c'est vraiment nécessaire ça nous permet déjà d'avoir un processus de sélection c'est à dire qu'il y a des gens qui ne correspondent pas à ce qu'on recherche en produit final donc eux ils vont quitter l'aventure au fur et à mesure de l'avancée du stage commando et puis même pour les gens qui restent ça reste une épreuve collective mais surtout individuelle puisqu'on va être amené dans des retranchements qu'on ne peut pas expérimenter en dehors du stage co on ne peut pas expérimenter le niveau sanitaire qu'on peut nous imposer au stage co le degré d'exigence physique morale et mentale il n'y a aucun endroit au monde où on peut avoir un encadrement qui est là présent pour nous offrir un cadre où on peut aller dans de telles extrémités

Loïc en sécurité

Louis en sécurité c'est à dire que on en avait parlé avec Teddy dans un autre podcast et il avait évoqué un gars qui était complètement ensanglanté qui avait pris un coup à la tête et qu'il allait voir les instructeurs du stage commando et qu'il leur avait dit bon ben voilà je suis blessé en fait jusqu'au stage commando à chaque fois dans sa vie où on a un bobo en fait on va voir sa maman on va voir sa copine on va voir on va voir on appelle les infirmiers on appelle les médecins et on leur dit oh là là j'ai un bobo vite vite il faut me soigner il faut que j'arrête l'activité en cours et il faut me soigner et c'est la réaction qu'on attend naturellement et c'est une réaction d'empathie normale sauf que quand on arrive au stage commando on arrive face à des gars qui ont un beret vert et une veste anglaise on leur présente notre bobo plus ou moins grave alors généralement c'est assez grave parce qu'on connait les attendus donc on sait qu'on peut pas y aller pour des petits bobos donc on arrive la tête ensanglantée et raconte cette anecdote le gars prend à l'instructeur et l'instructeur au lieu de lui dire oulala va vite te mettre de côté ou va te rincer t'appeler ou machin il lui dit est-ce que tu veux continuer le gars la tête ensanglantée mais ça il n'y a nulle part ailleurs qu'on voit ça moi j'avais vu j'en discutais avec un collègue l'autre jour qui m'a raconté il était en formation à Lorient à l'école des fusillés et donc il y a une infirmerie bien sûr il y a un centre de soins où il y a des médecins il y a des infirmiers il y a des aides-soignants et un jour il avait une blessure au genou et donc il faut savoir que le centre de soins c'est le centre de soins des fusillés marins mais aussi des commandos donc ils ont un profil un peu particulier les gars dans le banc et donc il arrive en boitant du genou avec une béquille et il dit bon voilà j'ai mal au genou et il me raconte le gars en face donc un infirmier il le regarde il ne dit pas un mot il prend un gobelet dans lequel il verse de l'eau il le regarde il prend un sucre il met le sucre dans l'eau il le touille avec une cuillère il lui donne à boire toujours sans dire un mot il lui dit vas-y bois donc mon camarade il boit sans trop comprendre puis il le regarde il lui dit ça va mieux et là mon camarade il n'avait pas besoin de dire plus j'avais compris j'ai posé le verre j'ai fait merci ça va mieux et il est reparti il a compris que sa blessure ne valait pas le coup voilà le coup du sucre touillé dans l'eau tiens voilà ça va mieux c'est quand même

Loïc la fameuse tu sais c'est quoi l'expression de Marius de la dopamine ou qu'est-ce qu'il disait du motivex moraline moraline c'est ça

Louis c'est un peu ça voilà donc du coup on se retrouve confronté à des mecs comme ça et on se rend compte que là s'il devait y avoir une définition matérialisée de sortir de sa zone de confort je pense que ce serait ça se faire un bobo et continuer à courir sur son bobo continuer à escalader malgré son bobo ça c'est vraiment quelque chose qui est particulier se dire ok là je ne suis plus dans les conditions nominales mais il va falloir que j'aille au-delà quand on doit faire une analogie souvent avec le niveau sportif des commandos marines nous on nous parle de de formule 1 mais souvent ça c'est un exemple qui est souvent repris parce qu'on dit on ne cherche pas des formule 1 on ne cherche pas des mecs qui soient vraiment très bons dans un domaine parce que les formule 1 c'est fragile ils disent nous on veut des 4x4 on veut des mecs peut-être qu'ils ne feront pas un temps de formule 1 sur la piste de formule 1 mais ils pourront sortir du circuit et ils pourront aller rouler dans un champ ils pourront traverser le champ la formule 1 elle ne traversera jamais le champ parce qu'elle n'est pas capable donc ça c'est vraiment ce qu'ils cherchent c'est d'avoir des mecs qui soient résilients et qui soient polyvalents et donc c'est ce qu'on éprouve un peu au stage commando dans ces conditions qu'on a décrite un petit peu donc on a toute une série d'exercices du parcours et bien sûr on voit des trucs que je verrais nulle part ailleurs des mecs qui tombent dans les rangs en hypothermie des mecs je me souviens de l'histoire que je raconte dans le livre mais qui était assez édifiante pour moi un gars qui était énorme qui faisait 1m90 pour il faisait 110 kilos c'était un monstre et le gars à un moment on était confronté à une épreuve qui sur le papier n'était pas grand chose sur le papier on devait aller au bord de la cuve donc qui est un un grand bassin d'environ 30 mètres de diamètre mais de nuit et on devait sauter d'environ on était 5 mètres peut-être 6 mètres de haut et on doit sauter d'une margelle qui est à 6 mètres de haut dans l'eau dans l'eau noire du coup donc ça sur le papier ça paraît hyper simple mais ça c'était une épreuve surmontable pour lui pour cette espèce de Goliath je me suis dit mais c'est trop bête un gars comme ça énorme on dirait une force de la nature et ce tout petit truc tout bête il n'était pas arrivé à le faire il a dit moi je ne peux pas il y avait bien sûr la cumulation la fatigue le mental qui était usé on est stressé on est angoissé en permanence on est dans des conditions psychologiques qui sont assez particulières puisqu'on n'a pas de montre on ne sait jamais on ne connait pas le programme donc on ne sait jamais ce qu'on va faire dans la soirée dans la nuit le lendemain dans l'heure qui suit on ne sait pas ce qui va se passer donc ça nous met un espèce d'état d'instabilité qui fait que notre monde s'arrête à maintenant et les deux minutes qui vont suivre maintenant mon état de santé à moi mon état de fatigue mon état de fatigue de mon copain les deux minutes qui vont suivre et c'est tout c'est tout mon monde mon monde il circonscrit là-dedans il n'y a pas de demain il n'y a pas d'après c'est maintenant tout de suite là et c'est instantané et l'instructeur c'est la figure tutélaire qui nous ouvre la voie qui nous dit prochaine épreuve et là mon monde se circonscrit maintenant autour d'une nouvelle épreuve mais c'est tout tout est focalisé sur l'épreuve et c'est comme ça alors moi c'est comme ça que je le vivais c'est épreuve après épreuve puisque de toute façon on ne pouvait pas se projeter donc c'était ok maintenant c'est cette épreuve il faut que je la réussisse et il faut arriver en tout cas à se mettre suffisamment dans le jeu pour donner le maximum dans l'épreuve intelligemment pour surmonter le petit bobo le fait qu'on n'ait pas dormi toutes ces petites choses là

Loïc c'est super intéressant parce que j'ai l'impression enfin c'est ce que tu décrivais mais l'intensité l'enchaînement etc font que quelque part il y a tu ne peux plus rien cacher tu vois tu donnais cet exemple du grand costaud d'un mètre 90 c'est c'est super intéressant de voir que voilà il y a ça qui est ressorti tu vois à un moment donné et peut-être que si on l'avait pris dans d'autres conditions tu vois deux jours au bord de la plage en vacances voilà là ça serait passé mais il y a eu ça qui est ressorti et je trouve que c'est super intéressant parce que ça vient peut-être un peu à l'encontre d'une croyance qu'ont certaines personnes qui ne sont pas forcément familières du format ou de ce que les commandos cherchent pour dire voilà ce n'est pas que des tas de muscles en fait bien au contraire et la sélection elle se fait aussi sur le plan mental et et morale et la capacité tu vois à continuer à avancer avancer au fil des épreuves donc super intéressant et sur ce que tu disais par rapport à ton monde qui s'arrête tu vois à l'épreuve suivante ça me fait penser je ne sais pas si tu l'as lu mais dans son livre Marius il parle d'une des épreuves aussi où ils sont alors je crois qu'ils sont en France de mémoire ils sont en France dans un coin un peu froid un peu pelé et et en fait sur quasiment un chapitre entier il raconte son espèce de combat intérieur quand il finit par bouffer une tablette de chocolat à un copain à lui et que c'était le truc il s'en évolue il s'en évolue des années jusqu'à ce qu'il jusqu'à ce qu'il le recroise et qu'il finisse par lui avouer tu vois la honteuse action de lui avoir bouffé sa tablette de chocolat pendant le stage quoi

Louis dans ce stage on est amené à des extrémités qu'on ne ferait pas en tendant en balle une épreuve je me souviens il y avait une faute collective c'était pas une épreuve c'était une sanction qu'on nous avait donnée suite à une épreuve collective on devait prendre tout notre barbare et faire un sprint tout autour d'un ensemble de bâtiments et et donc l'action est donnée on doit réagir vite donc on enfile tous nos affaires et on part on commence à courir et j'en vois deux du coin de l'oeil qui au lieu de faire tout le tour de l'ensemble des bâtiments coupent en passant au milieu de certains bâtiments et les gars donc s'économisent en courant un tout petit peu moins mais c'est absolument ridicule ils économisent 20 mètres de course à pied bon 20 mètres avec le gros sac etc donc c'est quand même éprouvant mais c'est que 20 mètres finalement ils arrivent de l'autre côté ils rejoignent le reste du groupe je les attrape par le col je me souviens très bien je l'attrape par le col le gars je savais pas qui c'était parce que pour le coup pendant le stage con on a plus de noms on a plus de numéros on a juste un numéro donc je connaissais juste ton numéro je l'attrape par le col et je lui ai dit tu recommences ça et je t'éclate le gars je l'ai vu dans son regard il était un peu soupçonneux et je lui ai dit je vais sortir du stage je te retrouve dans le commando et je t'éclate je l'ai remis dans le rang on a continué on a refait il a plus jamais triché ce gars là a eu son bébé vert je l'ai retrouvé en commando et au moment où on s'est serré la main ça faisait je sais pas ça faisait peut-être deux ans qu'on s'était pas vu j'ai vu dans son regard qu'il se souvenait très bien j'ai fait le mine de rien pour que c'était passé et c'est du passé et c'est comme ça mais j'ai très bien vu dans son regard qu'il a eu un moment il y a eu un moment où il s'est dit oula ah tiens je me souviens de ce qu'il a dit et je pense qu'il se sent très clairement très exactement de ce que j'ai dit parce que moi je m'en souviens exactement et c'est ces moments là où en fait on se rend compte des extrémités où on est poussé c'était 20 mètres de course à pied qu'on s'en moque bon finalement que le gars il est un peu coupé dans les coins bon voilà mais sur le moment pour nous c'était essentiel parce que s'il se faisait toper c'est tout le groupe qui allait croquer pour lui en fait et donc pour moi c'était intolérable que lui il fasse une sanction qui nous pénalise à nous tous bref donc du coup et je pense qu'aujourd'hui je le recroise encore le gars a la même réaction je le sais je sais quand on se croise je sais qu'il n'est pas en confiance il n'est pas bien parce que je sais et qu'on le sait tous les deux il ne sait pas grand chose mais ça reste enfin c'est je pense que je peux le croiser en 40 ans on aura la même réaction que plus de deux j'aurais l'air de dire je sais ce que tu as fait et tu sais très bien que je sais que tu sais que je sais enfin bref c'est des trucs qui restent mais il s'est poussé à un paroxysme fou alors qu'aujourd'hui moi je ne suis pas du tout je ne suis pas du tout enfin je ne suis pas du tout sanguin parce que ce n'est pas du tout le genre de réaction que je peux avoir aujourd'hui il y a quelqu'un par exemple dans la circulation sur la route je ne suis pas du tout sanguin donc on peut me couper la route bon ça m'éliore un peu mais je ne vais pas déclencher une course poursuite ou quoi que ce soit mais là ça m'avait vraiment vraiment poussé à une extrémité qui est restée finalement et dont le souvenir est resté en tout cas très fort

Loïc intéressant c'est aussi un bon apprentissage j'imagine parce que ce niveau d'intensité qui te pousse à des extrémités c'est peut-être aussi par la suite ce que potentiellement tu retrouves en opération donc c'est aussi intéressant de voir comment chacun réagit dans ces cas de figure j'imagine c'est ça

Louis on voit la vraie nature de certains comment ils s'appelaient c'est Jung Carl Jung qui parlait donc c'est un psychanalyste et qui parlait de ce qu'on appelle la persona et la persona c'est une espèce de figure que l'on se donne en société en fonction de la personne avec qui on est donc on sera plutôt à l'aise en famille on aura l'air plutôt peut-être conciliant en entreprise au travail etc et donc tout ça Jung ça avait un nom particulier un peu comme un masque que l'on enfile en fonction des situations sauf que ça prend un peu d'énergie d'avoir ce masque là de l'enfiler correctement au bon moment c'est un peu comme quand on joue au jeu vidéo avec un copain et que d'un coup le téléphone sonne et c'est le patron et donc du coup entre copains on parle pas de la même manière qu'on parle à son patron donc quand on décroche hop on va changer de masque et on va en mettre un autre c'est une bonne image voilà et donc du coup ça demande quand même un effort au stage co on a plus d'énergie tout est consommé et donc on a pas l'énergie d'enfiler correctement ce personnage et parfois on se laisse aller à une nature un peu plus profonde en tout cas qui se révèle qui fait surface un petit peu et ça c'est hyper intéressant parce qu'effectivement on voit un petit peu on touche un petit peu à la personnalité un peu profonde de certains mecs et c'est là où moi j'ai vu des mecs briller et qui aujourd'hui font partie de mes idoles vraiment des mecs que j'admire vraiment parce que je les ai vus au fond du trou j'ai vu comment ils réagissaient au fond du trou et j'ai dit ok toi t'es vraiment un mec à part on voit vraiment donc on voit le pire on voit ce mec qui triche pour 20 mètres et on voit des mecs qui sont prêts à tout sacrifier pour leurs collègues et ça moi ça m'a absolument sidéré et et et et c'est quelque chose qui est assez beau et donc en opération effectivement quand on part on a plutôt tendance à choisir le gars qui a c'est une valeur sûre ! On se dit bon bah lui c'est une valeur sûre et et et effectivement c'est des gars qui ont des des des personnalités incroyables et avec qui c'est c'est un absolu plaisir de travailler et il y en a plein enfin c'est génial

Loïc tu aurais un exemple peut-être assez concret sans nous dévoiler des détails que tu peux pas partager d'une de ces situations où t'as vu un gars au fond du trou et qui pour toi en termes de réaction a clairement brillé

Louis ouais c'est une anecdote que je raconte dans le livre c'est un mec qui est tiers d'élite c'est un bon copain il a fait il a eu une mission la mission c'était de reconnaître une zone particulière au fond du Sahel et donc pour être projeté là-bas les gars sont projetés en avion et ils sont largués en parachute donc ils ont une infiltration sous voile on appelle ça donc ils sortent de l'avion en pleine nuit donc ils survolent en pleine nuit ils sortent de l'avion, tombent en parachute et ils arrivent au sol sauf que lui il se retrouve par un coup du sort isolé du reste du groupe qui est censé être à peu près au même endroit atterrir à un autre endroit lui il se trouve à dériver sur 6 km donc 6 km en infiltration c'est énorme c'est à peu près 2 heures d'infiltration 6 km et en zone hostile et il se retrouve tout seul et donc il commence à faire son atterrissage et donc à l'atterrissage donc il voit bien l'altitude qui décroît il voit bien qu'il est loin il se dit bon bah là je suis tout seul ok je suis tout seul sur ce coup là et il arrive au sol en fait avec la lune qui était pleine il y a eu une espèce d'ombre qui l'a surpris dans les rochers et en fait du coup il a complètement raté son atterrissage il s'est abîmé assez fort il a impacté le sol à l'atterrissage donc ça a été un atterrissage très brutal une bonne partie de ses équipements sont hors d'état les lunettes de vision nocturne qu'il avait sur la tête sont hors d'état sa radio ne fonctionne plus il a encore son flingue il a encore ses munitions son sac et il sent il est tombé donc il a eu un impact au sol donc il est tombé inconscient un tout petit moment il se réveille il se rend compte qu'il est tout seul toujours tout seul au milieu de nulle part en zone hostile il se dit bon très bien il rassemble ses affaires il rassemble son parachute ils font qu'il a une douleur à la jambe mais de toute façon là j'ai pas le choix et j'ai mes collègues qui comptent sur moi en fait quand on est tiers d'élite on est ce qu'on là les tiers d'élite ils ont des fusils de précision les fusils de précision c'est des armes d'appui donc c'est des zones c'est des personnels qui doivent couvrir des zones pour protéger une opération donc on les voit quand on a des des événements présidentiels par exemple on dit qu'on met des tiers d'élite en haut des immeubles etc c'est ça c'est-à-dire qu'ils couvrent des zones ils surveillent des zones et ils sont là ils peuvent protéger des personnalités ils peuvent protéger des groupes et donc lui c'était son job et il dit si je suis pas là si je suis pas à l'opération là en fait il y a toute une partie de l'opération où les gars seront pas protégés au-dessus du moins ils auront une protection hyper faible parce que moi je serai pas là donc je pourrais pas protéger la zone que je vais protéger et donc nuit ni deux il ramasse son flingue il le met sur l'épaule et il se met à courir pendant six bornes au milieu de nulle part en zone hostile de nuit sans radio et avec une jambe très douloureuse il sait pas ce qu'il a de toute façon il a pas le choix donc il se dit jambe pas jambe tant pis il faut que je cours donc il se met à courir et il a environ un flingue qui fait à peu près 5 à 10 kilos sur l'épaule et il a environ allez 30-40 kilos d'équipement sur lui et il est en train de courir il court 6 kilomètres il arrive sur zone il rend compte qu'il est présent qu'il est en bon état et il prend son appui pour l'opération l'opération se passe grâce à lui l'appui est pris tout le monde est là ils peuvent reconnaître la zone la mission se passe bien il rentre il monte dans l'avion et lui il s'effondre de douleur et il ne peut plus marcher sur sa jambe au moment où il remonte dans l'avion en fait il a une rupture des deux ligaments croisés il rentrera sur base on lui fera une écho on lui fera du truc et du coup il sera en béquille pendant la jambe immobilisée et pendant un an je crois il n'a pas pu bosser parce qu'il était immobilisé jambe immobilisée donc le mec il s'est tapé 6 bornes de nuit avec 40 kilos sur le dos à minima avec une rupture des deux ligaments croisés de son genou en termes de résilience

Loïc ouais ouais c'est clair

Louis c'est clair c'est une histoire ce que je raconte là c'est une histoire qui ne sortira jamais nulle part parce que ce mec là c'est monsieur tout le monde c'est monsieur tout le monde vous le croisez c'est un père de famille qui adore ses gosses qui adore faire des conneries avec ses gosses qui adore passer du temps avec ses voisins c'est un mec tout simple mais vraiment tout simple sauf que ce gars là c'est un putain de héros et personne ne le saura jamais

Loïc c'est vraiment une très très belle histoire je ne pensais pas que tu allais nous parler d'une histoire déjà en opération mais c'est encore plus c'est encore plus édifiant je trouve parce que justement il y a toute la dimension voilà on est hors cadre là tu vois c'est plus le cadre rassurant enfin rassurant même si c'est un cadre extrême mais c'est plus le cadre du stage là c'est en opération quoi donc je suis née c'est impressionnant et ben alors j'ai pas forcément j'ai pas forcément

Louis j'ai pas forcément j'ai pas forcément ça il y en a plein l'armée sauf que les mecs c'est souvent enfin moi toutes les histoires que j'ai entendues à chaque fois c'est des mecs hyper humbles hyper simples quand on leur demande putain t'as pas eu peur machin les mecs de toute façon je pouvais pas lâcher les collègues quoi ça c'est la phrase de base quoi c'est le mec qui fait ça pour les collègues et ben de toute façon je pouvais pas lâcher l'affaire les collègues étaient là enfin et puis voilà et les mecs et ça il y en a plein l'armée française des histoires comme ça des héros il y en a plein l'armée vraiment

Loïc je trouve que c'est un peu tu vois peut-être pour ouvrir une parenthèse c'est un peu le paradoxe parce que d'un côté évidemment que c'est compliqué de partager ce genre d'histoire pour plein de raisons évidentes tu vois protéger les missions protéger les équipes mais de l'autre je trouve que c'est aussi ça qui inspire tu vois et tu disais que t'es contacté par plein de jeunes ben j'imagine qu'ils sont plus inspirés par ça sans vouloir dénigrer les campagnes de com de l'armée que par une campagne de com officielle tu vois ou un spot publicitaire de 30 secondes bien monté machin ou on voit tout le monde en uniforme bien propre c'est des histoires comme ça qui en tout cas moi personnellement je trouve incroyable

Louis les gens vibrent pour ces histoires là moi je veux dire moi je m'engage pas dans l'armée pour pour faire le 14 juillet même si c'est un honneur de faire le 14 juillet de faire le défilé etc je m'engage pas pour j'en sais rien moi pour faire sentinelle pour patrouiller dans les gares en France moi je m'engage pour la bagarre pour la gloire pour l'aventure c'est pour ça qu'on s'engage donc mettre l'accent sur le fait qu'on fasse sentinelle je pense pas que c'est une très bonne idée ou la sécurité de l'emploi machin ah oui c'est sympa mais c'est pas ce qu'on cherche je pense que les gens ils seraient beaucoup plus heureux à avoir des bonnes missions un peu audacieuses avec des chefs un peu audacieux un peu cortiqués comme c'est beaucoup le cas sauf qu'on on en parle pas trop et voilà ils seraient beaucoup plus contents que d'avoir un petit job plan plan derrière un ordi avec la sécurité de l'emploi

Loïc en tout cas t'attires pas les mêmes personnes je suppose

Louis c'est long

Loïc tu vois

Louis ouais je suis tout à fait d'accord mais il y a quand même un truc quoi il y a quand même une fascination enfin moi les quelques conférences que j'ai pu faire là à malgré le Covid à chaque fois c'est ça quoi à chaque fois les jeunes ils me disent moi ce que je préfère c'est les histoires que vous racontez que les histoires là de mecs qui se retrouvent tous seuls au fin fond de la pampa c'est les histoires du groupe qui est obligé de manœuvrer face à l'ennemi machin etc c'est ça qui les fait rêver les gamins clairement enfin ces histoires là il y a un côté universel en fait il y a je pense qu'il y a vraiment un côté universel à toutes ces histoires un peu guerrières c'est c'est c'est quelque chose qu'on retrouve dans toutes les civilisations il y a des archétypes dans toutes les civilisations et l'archétype du héros du guerrier c'est quand même des trucs qui qu'on retrouve on peut aller chez les bavilloniens à moins 5000 avant Jésus-Christ chez les mésopotamiens à moins 7000 avant Jésus-Christ on retrouve ces histoires on retrouve l'histoire du héros on retrouve ces trucs qui sont qui qui vont au-delà de la simple du monde contemporain qu'on connaît ou d'une période non non c'est des trucs qui sont vraiment plus grands que nous et qui sont inscrits très profondément dans un espèce d'inconscient collectif et vraiment je le découvre ça je le découvre parce que à chaque fois ça fait mouche à chaque fois même chez des gens qui sont loin de l'armée même chez des gens qui sont bien sûr des gens qui sont pas du tout sensibles à l'armée aux valeurs de l'armée etc ces histoires là elles touchent elles touchent je sais pas ce qu'elles touchent mais à chaque fois on sent qu'on a la torsion des gens auxquels on parle on sent vraiment qu'il y a un truc difficile à expliquer

Loïc non mais intéressant en tout cas puis comme tu dis des histoires comme ça ce qui est d'un côté ce qui fascine c'est que elles sont un peu secrètes que ce soit par humilité ou secrètes ou peu connues que ce soit par humilité ou par nécessité mais je trouve que comme tu dis c'est aussi ça qui attire qui fait rêver c'est faire partie de la fratrie de la communauté et encore plus chez les forces spéciales je suppose tu dois vraiment avoir d'ailleurs peut-être que tu peux nous le dire une fois que tu as eu ce béret vert et que la vraie aventure en unité a commencé comment ça s'est passé parce que tu as dit lui il nous a parlé il nous a partagé un peu son expérience mais toi quasiment dix ans plus tard je crois ça a ressemblé à quoi l'intégration

Louis je crois que ça ça a beaucoup changé de ce que moi j'ai compris dans l'évolution des mentalités nous globalement quand on est arrivé le message était clair ils avaient besoin de mecs avec qui ils allaient partir en mission ils avaient besoin d'opérateurs pour partir en mission donc ils n'avaient pas l'armée c'est quand même un endroit il y a beaucoup de tradition il y a beaucoup d'usages et c'est vrai que moi tous mes aînés m'ont toujours raconté alors moi ça m'est arrivé aussi un petit peu à la marge je me suis fait bauter on subit un petit peu les petits rites initiatiques enfin pour certains clairement on les subit il y en a qui sont toujours toujours en oeuvre mais qui ont une vraie symbolique par exemple chez les commandos marines il y a ce qu'on appelle le tordage de badge je ne sais pas d'où ça vient mais voilà c'est un truc où à un moment on nous tord le badge donc c'est la petite insigne qu'on porte sur nos bérets et il y a toute une épreuve une espèce de rite initiatique avant ça et donc ça ça a lieu de tout temps donc même les anciens que j'ai pu rencontrer des commandos marines avec qui j'en discute c'est pareil pour eux donc ça c'est le truc qui traverse un peu les âges et puis il y a d'autres trucs comme les bautages pas forcément inutiles mais mais où les gars ils avaient ouais je ne sais pas trop comment dire mais il y avait peut-être moins la pression des missions ok il y avait moins l'aspect ok on va partir en mission toi et moi on part en mission ensemble bientôt donc moi ton supérieur j'ai intérêt à ce que toi mon subordiné on fonctionne bien on a une bonne synergie et que ça marche bien ça c'était peut-être avant il y avait plus une histoire de hiérarchie avec il n'y a que les anciens qui partaient en mission et les jeunes ne partaient pas trop en mission etc donc les jeunes se tapaient un peu plus les bautages alors que là aujourd'hui ça a beaucoup changé et puis il y a un gros turnover aussi les gens changent beaucoup le métier c'est assez éprouvant donc voilà on fatigue assez vite donc on a beaucoup de gens qui partent finalement assez jeunes alors qu'avant les mecs faisaient absolument toute leur carrière en commando donc aujourd'hui c'est un peu plus rare ça arrive bien sûr toujours c'est un peu plus rare donc je pense qu'il y a aussi des mentalités qui ont changé par rapport à ça ok et voilà donc du coup moi l'arrivée c'est plutôt bien passé et puis les projections les premières projections ont eu lieu et puis ça c'est ça s'est plutôt bien passé après c'est un milieu qui est particulier les commandos marines c'est à dire que c'est un milieu qui est très technique de très grands c'est un milieu de très technique et où il y a de très grands professionnels les commandos marines par définition c'est des mecs qui sont extrêmement assidus dans leur métier ils connaissent leur métier sur le bout des doigts je dis pas ça parce que j'en viens mais vraiment c'est quelque chose que j'ai constaté les mecs c'est des vrais pros c'est à dire que quand on fait un truc on le fait de A à Z et on le fait vraiment à fond et donc ça c'est un truc que j'ai adoré il y a un degré de professionnalisme que je pense que je rencontrerai nulle part ailleurs c'est voilà le gars il perçoit un nouvel équipement et bien même si c'est pas son truc il va se taper toute la notice toute la nuit s'il le faut pour bien comprendre comment il fonctionne il va tester l'équipement dans toutes les conditions possibles pour que le jour J arrive enfin même si c'est deux jours après s'il doit mettre en oeuvre l'équipement pendant deux jours il a fait que tester son équipement il est passé jour et nuit pour être sûr de pouvoir le mettre en oeuvre correctement et que il arrive pas en disant ah bah je crois qu'il n'y a plus de pile ah bah tranquille il n'y a plus de pile bah quel dommage typiquement c'est typiquement le genre de truc qui était insupportable le mec qui n'avait plus de pile il disait ah bah il n'y a plus de pile bah oui mais c'est plus de pile tu vas prendre pour ton grade parce que c'est ton problème c'est pas mon problème donc voilà donc ça c'est des trucs bon c'est des petits trucs mais c'était partout tous les équipements qu'on avait c'est à dire qu'il était en question d'avoir une nouvelle lunette et pas sur son flingue et pas savoir son serveur sachant qu'on a on a beaucoup on perçoit beaucoup de matériel en commando donc il y a toute une diversité tout un panel de missions plein de matériel différent et donc quand on arrive on est un peu sous la vague avec tout l'apprentissage qu'on doit faire de tous les différents équipements que ce soit des équipements numériques des viseurs spéciaux etc mais aussi des systèmes pyrotechniques des mises en oeuvre d'armes d'explosifs de trucs on a plein plein plein de matos et donc pour être à jour de ça et ne pas se retrouver dès la première manip en difficulté parce que on t'a demandé de faire un montage pyrotechnique de nuit et que tu t'es remis les pinceaux bon voilà déjà ça part très très mal parce qu'on n'a pas de temps à perdre en fait on a des cycles d'entraînement qui sont bien définis on a des cycles de repos bien définis des cycles de missions qui sont bien définis et il faut qu'on soit à l'heure au bon moment si on n'est pas à l'heure pour la mission la mission ne passe sous le nez et donc là pour en revenir à l'arrivée en commando il y a quand même une émulation entre entre commando donc entre individus mais aussi entre groupes et entre commando de manière générale donc d'où l'intérêt aussi d'être bien à l'heure pour au rendez-vous et donc voilà la stimulation et puis on est éprouvé individuellement on est éprouvé quand on rentre même si on a fait le stage co on cherche un petit peu à savoir à quoi on peut servir dans le groupe c'est quoi notre intérêt d'être là et donc je trouve que la scène dans Zero Dark Thirty et quand il y a un gars qui arrive il y a le nouveau donc c'est ce film sur la neutralisation de Sam Ben Laden par les Navy Seals américains il y a une scène au début où on voit le jeune Bleu Bit qui arrive en unité et il doit faire une espèce de danse de strip tease à tout son groupe qui est rassemblé devant lui c'est un peu ce temps-là au début on doit faire rire le patron on doit faire des sketchs en plus d'être bon sur le terrain donc c'est un peu un ensemble et puis surtout ça permet au groupe un peu de nous éprouver et de savoir quand je disais à quoi on sert c'est vraiment ça où sont nos compétences dans quoi est-ce que je suis vraiment bon et ça c'est important quand on a un métier qui est aussi polymorphe que celui des commandos marines c'est-à-dire qu'on fait vraiment de tout on peut faire du contre-terrorisme maritime de l'aérocordage on peut faire du franchissement de l'escalade du combat en jungle du combat dans le désert de la patrouille motorisée donc en véhicule enfin bref il y a tout un panel de trucs sans le côté de tout le maritime bien sûr les infiltrations nautiques etc les palmes le subaquatique donc du coup où est-ce qu'on est bon dans quoi est-ce qu'on excelle ça permet aussi à la hiérarchie de se dire ok ce gars-là il a plutôt ce profil-là voilà moi je vais plutôt le binommer avec telle autre personne qui va l'équilibrer qui va faire une bonne synergie un bon ensemble ou au contraire je vais plutôt le mettre encore en formation ou parce qu'il a encore besoin de mûrissement etc et c'est ça c'est un autre truc que je disais avec Teddy Palacy quand les méchants me demandent ce qu'il faut faire en arrivant en commando pour arriver en commando je disais déjà essayez d'acquérir une compétence dans le civil au moins pour plusieurs raisons premièrement ça montre que vous avez de la discipline ça montre que vous êtes capable de vous engager pour quelque chose de A à Z ça c'est fondamental quand on veut acquérir une compétence et Dieu sait qu'il y a des compétences à acquérir en commando et ensuite vous allez arriver avec une compétence qui quelle qu'elle soit vous servira d'une façon ou d'une autre et donc on évoquait avec Teddy le gars qui passait son CAP boulangerie on se dit non mais moi je pars faire la guerre je passe mon CAP boulangerie quand on a son CAP boulangerie et qu'on est en base avancée avec zéro soutien on n'a pas de cuistot on n'a pas de commis et bien on se tourne vers ceux qui savent cuisiner pour cuisiner et ça devient un peu les champions de la marmite et ils marquent des points comme ça voilà chacun apporte son truc apporte sa petite pierre à l'échiquier par exemple nous on avait un gars qui faisait de la photo genre donc il faisait de la photo parce que dans le cadre de son métier de commando marine il s'était orienté vers le renseignement et donc il faisait beaucoup de prises de vues parce que dans le renseignement on fait beaucoup de prises de vues on apprend à utiliser des appareils photo etc et donc lui c'était devenu une passion et donc il prenait des photos tout le temps donc il nous a fait on a pu faire à la fin de l'année un magnifique book avec des portfolios des photos des gars et tout et c'était hyper sympa et ça en termes de cohez c'était top on était trop content d'avoir ce gars là qui fasse de la photo alors que c'est pas du tout le truc qu'on pourrait attendre d'un commando marine ou d'un gars quand il rentre chez les commandos marines

Loïc est-ce que c'est le fameux Largo ?

Louis non non c'est pas Largo

Loïc ah c'est pas Largo ok

Louis non c'est pas Largo mais Largo typiquement voilà ça c'est une compétence qu'il a développée en commando et aujourd'hui qui lui sert vachement il a sorti un livre magnifique ouais je l'ai très beau hyper beau il a un coup d'oeil absolument génial et voilà donc c'est plein de petits trucs comme ça donc acquérir une compétence c'est un vrai truc quoi et il y a un vrai enjeu derrière à plusieurs niveaux qu'il ne faut pas sous-estimer

Loïc c'est un super conseil je trouve en tout cas qui rejoint clairement ce que disait Alex French SAS tu sais qui est un ancien du Premier Pays Match je crois et j'avais vu une de ses vidéos où il expliquait que bah exactement ce que tu viens de dire et que lui la compétence il donnait son exemple perso j'aurais jamais pensé à ça mais c'est vrai que quand il l'a dit ça faisait complètement sens lui il faisait de la course d'orientation avant et ZZ bah voilà en fait la course d'orientation c'était juste un énorme avantage en tant que force spéciale

Louis c'est énorme

Loïc ouais

Louis c'est énorme parce qu'en infiltration quand on a besoin d'un gars qui capte hyper vite par où il faut passer qui capte très bien son environnement enfin c'est absolument génial c'est hyper précieux j'ai l'anecdote d'un gars par Fraténo c'était un gars c'était un un fils de paysan la chasse c'était sa vie c'était un chasseur incroyable et ce gars là il suffisait quelle que soit l'infiltration il suffisait de le mettre en tête il trouvait toujours les meilleurs sentiers les meilleurs chemins il sentait le terrain en fait c'est un gars il avait vécu toute sa vie pour l'anecdote une fois en Manille je l'ai vu il a il est on était en entraînement dans une campagne bretonne et il y a un des sangliers qui sont passés avec des petits marcassins et lui il est parti il a quitté le groupe deux minutes il est revenu avec un marcassin dans les bras c'était un gars c'était sa deuxième nature et bah ça c'est un atout incroyable en fait pour un groupe lui on le met en tête et il va il va il va sentir le terrain il va savoir exactement par où il faut passer c'est hyper précieux ces gars là et donc voilà quelle que soit la compétence il ne faut pas la sous-estimer parce qu'on ne mesure pas l'intérêt que les gens peuvent avoir là-dedans mais c'est vrai dans le civil aussi enfin je veux dire ouais même quand on a une compétence une vraie compétence en fait ce qui est intéressant c'est quand je dis acquérir une compétence c'est pas connaître deux trois trucs c'est pas connaître deux trois ficiels dans un truc c'est être vraiment compétent et c'est là où je reprends l'exemple du gars à qui on confie un nouveau matériel une nouvelle jumelle optronique le gars il comprend rien il a même pas le bac et il va passer la nuit à lire le mode d'emploi pour s'imprégner pour comprendre comment ça marche et pour savoir exactement quel est son usage il va le mettre en oeuvre il va se planter et elle va tomber en panne il va la réparer etc jusqu'à ce qu'il soit parfait jusqu'à ce que l'utilisation soit idéale là il a acquis une vraie compétence dans ce processus là le mec qui acquiert la machine qui a compris où était le boulot en off qui dit ok c'est bon j'ai compris il a pas acquis une compétence il a acquis un usage c'est à peu près comment ça marche il est pas compétent dans ce qu'il fait et c'est ça vraiment qui différencie aussi je trouve les certaines unités de d'autres je sais pas si c'est français ce que j'ai dit certaines unités d'autres

Loïc vis-à-vis d'autres ouais c'est très clair

Louis c'est le c'est l'obsession que certains mecs ont certains mecs sont vraiment obsédés par ce qu'ils font et moi je me souviens l'instructeur qui nous avait appris les explosifs dès qu'on faisait cramer des mèches lentes donc c'est des c'est des mèches de poudre pour déclencher les explosifs dès qu'on les a cramés il sentait l'odeur il disait ça c'est une odeur que j'adore le mec c'était son truc et il était devenu voilà c'était un artificier accompli les explosifs c'était son truc et c'est ce qu'on recherche finalement parce qu'une bonne équipe c'est ça en fait c'est un ensemble de mecs qui ont des expériences différentes qui ont des profils différents qui ont des compétences différentes

Loïc alors puisqu'on parle d'équipe quel parcours toi est-ce que t'as eu donc bon évidemment une fois que t'as eu ton BRVR d'ailleurs t'as intégré lequel des commandos

Louis moi j'entends à Treppel

Loïc Treppel ok est-ce que c'est toujours une tradition j'ouvre une parenthèse dans la parenthèse que les majors de promo rentrent à Demontfort

Louis ah non

Loïc non ok pareil j'ai lu ça dans le livre de Marius et du coup je l'avais jamais entendu ailleurs

Louis s'il l'a dit c'était probablement vrai quand lui c'était son cas aujourd'hui moi j'ai vu le truc se faire complètement au hasard ok lui je le sens plutôt là lui je le sens plutôt là et il distribuait les trucs comme ça

Loïc ok donc t'as pas le choix en fait

Louis sans trop savoir pourquoi on a été mis là bon voilà du coup moi j'ai fait mon temps en tant qu'opérateur je suis arrivé donc au second mètre et après quelques années je suis passé j'ai fait court officier et après mon court officier je suis retourné en commando et j'ai fait chef de groupe au commando Jobert Jobert ok donc c'est deux commandos d'assaut alors après moi c'était c'était un choix qui était très confortable pour moi moi c'est des commandos que j'aimais beaucoup et l'assaut ça a toujours été mon truc moi j'aime beaucoup ça que ce soit l'assaut en mer l'assaut à terre enfin tous ces trucs là moi c'est des trucs qui me branchent bien et voilà donc en plus je suis plutôt voilà j'aime bien les sports de contact donc voilà ça correspondait pas mal je pense à mon profil et je pense que l'expérience a montré que j'étais plutôt à l'aise là-dedans mais j'en étais très content et c'est des commandos qui ont des alors pour l'anecdote c'est des tous les commandos donc les quatre commandos originels on va dire commandos de Montfort de Parfantegno Treppel et Jobert avaient tous des spécificités ainsi qu'Hubert qui a gardé sa spécificité Hubert c'était le condo Hubert c'était Action Subaquatique donc ça ils ont gardé cette spécificité là et les quatre autres commandos donc avaient tous des spécificités pendant très longtemps et donc ça a laissé des traces dans les commandos maintenant ils sont tous les savoir-faire sont à peu près horizontalisés mais il demeure quand même des comment dire des sensibilités dans les commandos donc par exemple un cas typique c'était le commando de Montfort où il prenait des énormes mules des mecs énormes des gorilles pourquoi ? parce qu'initialement c'était un commando d'appui donc il faisait tout ce qui était tir longue distance et mortier et les mortiers c'était des plaques il y avait des plaques de mortier qui pesaient 30 kilos qu'il fallait emporter en infiltration et donc il fallait des profils relativement rustiques ok donc voilà aujourd'hui on ne porte plus les plaques mortier mais c'est resté à Montfort il y a toujours des physiques particuliers c'est des gars à De Panfantagno par exemple originalement c'est un commando qui ne fait que du renseignement donc de la photo du renseignement humain etc et donc les profils des gars c'était un profil de triathlète donc des mecs plutôt fin très endurants un peu comme Teddy en fait

Loïc comment ? ça se confie un peu tu vois je pense à Teddy qui me disait je crois qu'il fait 1m75 pas forcément un gros profil il était de Panfantagno lui aussi

Louis voilà et donc enfin je ne sais pas si la règle se vérifie à chaque fois mais en tout cas il y a une tendance générale c'est vrai qu'aujourd'hui c'est encore un peu le cas bon je ne sais pas si ça ça restera mais voilà et Jobet à la trépel c'était plutôt des mecs bon des bagarreurs généralement et ça a été enfin moi en tout cas quand j'y étais c'était complètement le cas il y avait des bagarres très régulièrement quand on sortait et donc c'était presque une espèce de tradition de déclencher des bagarres donc voilà donc c'était c'est un truc qui a resté assez longtemps

Loïc ok super intéressant et du coup en quoi est-ce que ton métier a changé une fois que tu es devenu chef de groupe qu'est-ce qui a été complètement différent pour toi

Louis c'est très différent dans la mesure où on a un petit groupe de mecs à gérer qui va de 10 à enfin ouais 15 à parfois une trentaine sur le terrain avec avec tous les supplétifs qui venaient s'ajouter donc ça pouvait être du traducteur du du chien enfin des choses comme ça et surtout ça ça augmente le degré d'exigence c'est-à-dire pour moi j'étais plus exigeant en banque chef de groupe qu'en tant qu'opérateur ok vis-à-vis de toi-même vis-à-vis de tes hommes je suis juste exigeant vis-à-vis de moi-même quand on est responsable de mecs tout de suite on est encore plus exigeant moi je trouve envers soi-même par mesure d'exemplarité ouais et ça c'est c'est un truc clairement là que j'ai aussi appris à la manière dure mais j'ai vraiment appris le sens de la responsabilité c'est-à-dire le vrai sens de la responsabilité pas le sens de la responsabilité la responsabilité légale quoi je parle pas de ça je parle pas de

Loïc rendre ta présentation à l'heure

Louis comment

Loïc je parle pas de rendre ta présentation à l'heure ou de l'imprimer sur le bon format de papier

Louis ouais c'est ça je parle pas d'être d'être le référent parce que c'est le responsable non je parle d'être vraiment responsable de ces mecs responsable de l'émission ça vraiment c'est un truc que j'ai que j'ai appris alors à la manière forte ça a été humiliant parfois lorsque j'ai failli mais c'était une vraie leçon une vraie leçon et surtout quand ça marchait quand ça marchait c'était très gratifiant même si le rôle du chef c'est toujours un peu ingrat parce que du coup voilà on est parfois un peu isolé en tant que chef mais c'est normal c'est le rôle du chef mais ça a été extrêmement édifiant pour moi mais même au-delà de mon boulot c'est-à-dire que le fait de prendre la responsabilité de quelqu'un d'autre c'est quelque chose qui même en tant que père de famille est vraiment important à mes yeux aujourd'hui et ça porte c'est un poids qui est vraiment extrêmement lourd à porter mais que je porte avec autant de plaisir que je sais que c'est des souffrances que j'ai choisi c'est-à-dire que c'est des souffrances que j'embrasse pour une raison bien précise que j'ai choisi et ça c'est un truc que je trouvais difficile à expliquer mais c'est dur en fait d'être responsable franchement on a envie de tout sauf d'être responsable on n'a pas envie de se lever le matin d'avoir l'exemplaire de gérer la merde des autres d'être toujours derrière les autres de machin sauf qu'en fait ça nous fait vraiment grandir prendre sa responsabilité ça nous fait vraiment grandir parce que toutes ces souffrances qu'on endure tous ces petits désagréments qui deviennent très grands plus on prend de la responsabilité en fait ça donne vraiment un sens aux choses ça c'est un truc qui est hyper important à comprendre et là pour le coup on peut l'extrapoler à l'infini on peut l'extrapoler dans toutes les conditions que ce soit au boulot dans nos relations intimes dans nos relations conjugales dans nos relations amicales vraiment que j'ai découvert ça j'ai découvert que quand on prenait sa responsabilité on donnait du sens à nos souffrances parce qu'en fait ce monde n'est qu'un un enchaînement de souffrances qu'on le veuille ou non en fait je veux dire qui aime se lever le matin aux aurores pour aller travailler on aimerait bien faire ce qu'on veut finalement on aimerait bien avoir une vie d'éternel enfant et faire ce qu'on veut jouer avec les autres toute la journée manger quand bon nous semble que la table soit mise sans qu'on ait rien à faire et mettre sur la table qui ne veut pas ça ? je veux dire au fond de nous c'est ce qu'on souhaite à chaque fois mais non la table elle n'est pas mise il faut qu'on la mette sinon la cuisine elle n'est pas faite il faut qu'on la fasse tout ça c'est des souffrances mais mais bout à bout je trouve qu'elle donne vraiment un sens et je trouve que le piège alors là je vais faire une petite digression mais je trouve qu'aujourd'hui le piège qu'on nous offre c'est de dire ne prenez pas de responsabilité c'est la merde des responsabilités il va vous arriver des trucs c'est chiant c'est nul faites pas ça ayez une petite vie tranquille comme on disait tout à l'heure fonctionnaire tranquille toute votre vie pas d'embêtement calculez bien votre retraite soyez tranquille il ne vous arrivera rien c'est un mensonge il vous arrivera toutes les souffrances du monde c'est certain personne n'est épargné personne n'est épargné parce que personne n'a de famille parfaite tout le monde a des problèmes de famille tout le monde a des problèmes avec sa femme avec ses enfants plus ou moins grand mais tout le monde en a c'est inévitable et ça de croire qu'en fait en ayant une petite vie épée on va s'épargner tout ça c'est un mensonge c'est pas vrai et je trouve que d'un côté on a cette posture hyper passive qu'on nous suggère où finalement c'est le plaisir immédiat c'est on essaie d'avoir tout tout de suite d'avoir un certain confort le beurre l'argent du beurre et d'un autre moi c'est ce qu'on m'a proposé en arrivant au commando on m'a dit voilà tu prends toutes les responsabilités mon gars et ta vie elle va avoir du sens et surtout tu ne subiras plus tes souffrances tu vas les choisir et ça pour moi c'est vraiment c'était vraiment le révélateur de ces souffrances c'était de dire arrête de subir choisis les tes souffrances choisis ton poison choisis-le mon gars t'as intérêt à le choisir parce que si tu ne le choisis pas on va t'en filer un qui sera bien plus désagréable

Loïc c'est un beau message en tout cas je trouve que tu vois ça fait complètement sens par rapport à ce que tu dis le fait de choisir ses souffrances et ce que ça t'a apporté parce que bah oui tu vois on n'est jamais à l'abri enfin on n'est jamais à l'abri c'est évident qu'il va y avoir des imprévus des choses plus compliquées à gérer que ce qu'on avait imaginé mais si on est allé se chercher un petit peu se faire un peu mal et qu'on a appris à travers ces expériences c'est exactement ce que tu dis bah je suis enfin j'ai pas fait les commandos mais c'est vrai que tous les invités avec qui j'ai discuté quel que soit leur profil c'est un peu ça qui ressort à chaque fois c'est que ces expériences quand bien même elles sont difficiles et challengeantes elles t'arment pour la suite il y a même pas c'est c'est vraiment c'est cette capacité à savoir quand aller se challenger en faisant le pari que de toute façon à un moment donné quelle que soit la situation ça te servira et dans tout ce que tu racontais sur les commandos j'ai un peu l'impression que c'est c'est un peu l'idée c'est à dire que vous passez à travers l'entraînement de ce que je comprends et il n'est jamais fini en fait donc le stage c'est un peu l'introduction enfin c'est de l'avant l'avant goût de l'entrée et une fois que tu as fait ton stage là c'est un entraînement pour la vie en fait mais l'objectif est toujours le même

Louis c'est exaltant en fait je choisis mes souffrances

Loïc ouais

Louis je choisis mes souffrances en fait quand je pars à la guerre c'est quand même le le paroxysme de ce symbole la guerre c'est la sueur qui épargne le sang c'est l'adage qu'on a dans les armées entraînement difficile guerre facile c'est ça en fait je choisis mes souffrances maintenant pour ne pas les endurer après parce qu'après je dominerai la situation dans laquelle on va me plonger si je cours tous les matins si je me je souffre tous les matins à me lever à me mettre en short et d'aller courir aller m'exercer physiquement le jour où sur le terrain je devrais courir avec tout mon barda pour échapper à l'ennemi ou pour prendre l'ennemi à revers j'y arriverai dix fois mieux et l'effort sera tellement plus facile que si je ne courais jamais parce que le jour on va nous demander d'aller chercher d'aller prendre l'ennemi à revers à toute vitesse et que moi je serai en surpoids je ne cours jamais j'aurai un cardio de poule j'aurai pas de jambe mais là ça va être une souffrance terrible puisque je ne vais pas y arriver je vais faire échec et il y a peut-être des gens qui vont mourir à cause de moi c'est ça que ça veut dire donc en fait on ne peut pas aller au-delà de se dire si je rate la souffrance elle va être telle qu'il y a des gens qui vont finir par y passer qu'il va falloir que je me présente à toute la famille des défunts en disant je suis désolé je n'ai pas assuré je n'ai pas assuré à mon poste et en fait c'est eux qui ont trunqué pour moi c'est mes copains qui ont trunqué pour moi c'est ça que ça veut dire en fait et ça c'est un truc qui est terrible et donc c'est paroxystique ce truc là mais dans nos vies c'est clairement le fait d'avoir typiquement de pouvoir avoir des plaisirs différés par rapport à des plaisirs à résister à des plaisirs immédiats pour avoir des plaisirs différés c'est quelque chose qui est énorme c'est énorme le fait de pouvoir faire ça en fait je m'ouvre un panel de possibilités que celui qui ne peut succomber qui succombe systématiquement au plaisir immédiat en fait lui c'est un l'estolicien il dirait lui que c'est un esclave il est esclave de ses instincts en fait le mec il est enfermé il a l'impression d'être libre parce qu'il dit oui à toutes les premières sollicitations qui arrivent mais typiquement c'est le genre de mec que tu vas retrouver dans une addiction à l'alcool une addiction au porno une addiction à la drogue à 30 ans c'est inévitable inévitable dans la société d'aujourd'hui avec toutes les sollicitations qu'on a c'est un calcul qui est simple à faire et ça c'est un truc auquel on apprend à résister donc du coup on se dit ok je m'entraîne aujourd'hui pour demain pour un plus grand bien qui sera demain en plus pour le coup dans les armées c'est un bien qui nous dépasse ça a un vrai sens donc nos souffrances elles ont vraiment un sens je souffre pour mes copains pour ne pas laisser tomber mes copains à l'aujourd'hui c'est ça le truc et ça c'est hyper puissant c'est une donnée qui est hyper puissante et qui a un moteur pareil dont on n'imagine pas la puissance moi par exemple le fait d'avoir pris sa responsabilité mes responsabilités je ne les ai pas prises du jour au lendemain je ne suis pas arrivé dans l'armée on m'a dit poum hop toi dans 3 ans tu es au stage commando et boum tu es vert et vert et voilà ça ne s'est pas du tout fait comme ça ça s'est fait petit à petit jour après jour des échecs des réussites des échecs des réussites des réussites des échecs etc sauf que je n'ai jamais rechigné finalement j'ai eu des échecs mais j'y suis allé alors que la plupart des gens comme on l'a dit déjà rien que l'idée de pouvoir envisager un échec pour eux c'est trop la plupart des gens quand ils quand ils conçoivent donc le challenge comme tu en parlais tout à l'heure ou admettons une compétition non seulement ils mettent en forme les conditions de leur succès donc si je cours ce marathon ce semi-marathon en moins d'une trente pour moi je suis content machin mais en même temps ils mettent en oeuvre les conditions de leur échec si je cours plus d'une trente là c'est pas bon quoi ouais ça il faut que je le dise à ma copine il faut que je le dise à mes amis et tout à fait il faut que je le dise sur Strava et donc du coup quand j'arrive à la fin de mon semi et que j'ai fait une trente-cinq ah putain ah là c'est un coût énorme sauf que sauf que j'ai été sur ce semi et je l'ai fait même si je m'étais fixé des conditions et ça c'est un truc qu'il y a peu de gens qui sont capables de faire et c'est d'ailleurs je pense le point commun de toutes ces espèces d'entrepreneurs de génie qui arrivent à la tête d'entreprises gigantesques c'est que les mecs ils n'ont jamais cessé d'essayer même sur les échecs c'est-à-dire que c'est des mecs qui ont eu des échecs toute leur vie ils n'ont jamais arrêté ils n'ont jamais dit ok c'est un échec j'arrête c'est terminé et c'est ce que tu disais c'est-à-dire que même les échecs clairement je me suis toujours mieux porté après une épreuve où j'ai fait échec qu'après une épreuve où je n'ai pas osé me présenter là je peux te dire

Loïc pardon excuse-moi

Louis non je t'en prie

Loïc justement par rapport à ça parce que c'est enfin je trouve que c'est moi c'est ça que je trouve super intéressant c'est cette capacité je crois que même il y a je ne sais pas si c'est pas Richard Branson qui disait ça que le succès c'est réussir à perpétuellement se relancer après les échecs tu vois et que c'est ça la réussite il y avait un adage comme ça mais quand tu as démarré chef de groupe tu me disais que tu es passé par des apprentissages parfois très difficiles voire humiliants je serais curieux de savoir encore une fois avec ce que tu peux partager si tu avais un exemple à nous donner pour que ça

Louis résonne un peu plus un exemple dont je parle dans le livre c'est c'était sur un exercice et en fait j'avais un jeune opérateur dans mon groupe je l'ai mis en tête pour la dernière partie d'une infiltration et il s'est fait détecter sur la fin sur la dernière partie d'infiltration là où on était au plus près de l'ennemi donc c'était un exercice donc en l'occurrence bon ça se passe comme ça se passe sauf qu'au débrief tout le monde avait bien remarqué cet élément là donc que mon groupe s'était fait détecter finalement quasiment avant le contact avec l'ennemi et donc en réel et à juste titre on aurait pu se faire on aurait vraiment pu être dans une situation très défavorable donc du coup déjà bon moi déjà je ruminais déjà mon échec et il y a eu un gros débriefing avec tout le monde dont mes chefs qui étaient là et moi j'étais là et est arrivé le moment où on débriefe cette partie de la mission et donc moi on ne fait qu'un tour on commence à dire bon les gars vous vous êtes fait détecter juste avant l'entrée donc ça c'est zéro parce que là en vrai vous vous êtes fait découper enfin bref voilà je le sais très bien j'en suis parfaitement conscient mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir un espèce de ressentiment très fort parce que j'ai vraiment beaucoup de peine de m'être fait avoir j'aime pas perdre je n'aime pas perdre et donc il commence à dire ça et moi je commence à dire ouais mais attendez moi on m'a donné un opérateur hyper jeune que j'ai mis en oeuvre pour l'exercice il s'est fait détecter mais les gars il est jeune enfin je veux dire il faut être indulgent il vient d'arriver ça fait quelques semaines qu'il est là il n'a pas encore tous les trucs voilà il s'est fait un peu dépasser et là ce que j'ai fait en disant ça je me suis parfaitement défaussé de ma responsabilité j'ai dit c'est pas moi les gars c'est lui et donc je l'ai dit et bon là les instructeurs bon ils ont redoublé ils ont redoublé d'invectives ils ont dit bon ça va pas du tout et puis moi j'ai commencé à me défendre mon pacha mon chef m'a dit bon tu te calmes laisse tomber pour l'instant et je suis sorti de là et j'étais vraiment en colère et c'est mon second enfin le second du commandant où j'étais qui est venu me voir qui m'a dit écoute ce que t'as fait là c'est pas possible tu peux pas faire ça en fait tu peux pas faire ça parce que t'es un groupe bon là et que c'est toi le chef et que t'es responsable de tout tes maîtres tu peux pas te dépasser sur un maître c'est impossible et en fait ça m'a je pense que quelqu'un aurait pu arriver avec un coup de poing lancé depuis 10 mètres il m'aurait moins sonné que ce que mon supérieur m'a dit à ce mois il m'a vraiment j'étais c'est tout bête pourtant enfin ça paraît élémentaire quand j'en parle mais sur le coup j'étais tellement passionné et tellement énervé d'avoir perdu que j'arrivais pas à voir que j'étais en train de me dépasser et donc il me dit ça il me dit en fait tu peux pas c'est impossible et en plus il me fait un petit clin d'oeil à la fin en me disant j'étais à ta place il y a quelques années et j'ai eu exactement la même réaction donc et c'est et c'est lui-même un gars qui était à la même place qu'il est là aujourd'hui qui est venu voir le chef de groupe qu'il était pour lui dire tu peux pas avoir cette réaction là quand t'es un groupe t'es responsable de tout le monde même du petit dernier etc et en fait c'était pour ma gueule c'est très difficile à admettre dans mon fort antérieur j'ai trouvé ça très humiliant mais c'était une vraie leçon et pour le coup ça m'a jamais quitté ça m'a jamais quitté et j'ai plus jamais réagi comme ça et j'ai bien compris parfois on a besoin voilà d'un coup de poids lancé depuis 10 mètres pour comprendre la réaction

Loïc c'est clair

Louis j'ai compris là qu'en fait c'était hors de question d'avoir ce genre de comportement d'autant plus quand on est chef de groupe chez les commandes de marine et qu'on va partir au combat c'était juste inacceptable et donc pour moi c'était une vraie leçon de vie et ça m'a servi par la suite l'expérience a fait qu'on a eu beaucoup de chance et puis les missions qu'on a pu faire se sont très bien passées et on est sortis 20 cœurs à chaque fois tous en même morceau donc c'était top on était hyper content excellent

Loïc écoute puisque tu viens de mentionner les missions je regarde l'heure pour pas te prendre trop non plus de ton temps mais est-ce que tu est-ce que ça tirait si on bascule sans encore une fois rentrer dans les détails c'est 36 fois que je le dis mais pour que les gens comprennent bien qu'il y a un certain nombre de choses que tu peux pas partager est-ce que ça tirait si on enchaîne sur la partie vraiment opérationnelle mission donc si je me souviens bien t'as fait 10 ans enfin t'es encore mais vraiment en opérationnel 10 ans qu'est-ce que tu retiens toi est-ce qu'il y a une mission en particulier qui ressort qui t'a marqué que ce soit en positif ou en moins mais si tu devais retenir une seule de ces missions si c'est possible ce serait laquelle bah

Louis moi je retiens une mission qui partait sur un échec et qui s'est révélée être un vrai succès et donc où j'ai pu mettre en oeuvre en rétrospective vraiment ce que l'armée m'a appris c'est-à-dire que en rentrant dans l'armée on apprend une discipline on apprend un cadre très strict mais qui a des des vraies origines qui a des vraies traditions et des vraies des vraies ascendances à l'armée qui expliquent pourquoi on a une hiérarchie pourquoi on a un cadre et pourquoi c'est si rigide parce que du coup ça m'a formaté et ce formatage j'ai pu vraiment l'intégrer à tel point que ça m'a permis de développer de le rendre d'en faire une seconde nature chez moi et de que ce soit tellement naturel que je puisse basculer de ce formatage très strict à une forme de créativité qui elle fait partie de ma nature profonde je ne sais pas si c'est clair ce que je dis

Loïc d'un côté j'ai l'impression rester toi-même en tout cas capitaliser sur tu vois les forces qui faisaient partie de toi mais le tout dans un avec une sorte des automatismes en fait j'ai l'impression tu es venu mettre des automatismes au-dessus de forces que tu avais déjà véritablement en toi

Louis c'est ça en fait moi je suis quelqu'un de très créatif et du coup quand je suis en train dans l'armée j'ai dû mettre tout ça sous le boisseau j'ai dû me contraindre vraiment beaucoup ça m'a beaucoup coûté de me contraindre mais une fois que j'ai bien pris en compte tout le fonctionnement militaire tactique c'est arrivé à un tel point de maturation dans mon développement professionnel que j'arrivais à à le mettre en oeuvre avec une certaine forme de créativité dont on a je pense besoin sur le terrain puisque le terrain est un élément toujours très instable où il faut repenser son plan d'action en permanence donc du coup on part sur une mission qui est une mission d'interception d'un groupe diadiste au fin fond du Sahel et on a un hélico donc c'est une mission que je raconte dans le livre et on n'a pas beaucoup d'informations sur le groupe qu'on va aborder donc je pose des questions à l'officier Rance et je lui demande qu'ils sont combien est-ce qu'ils ont de l'armement ils savent qu'ils sont au moins 4 ou 5 et qu'ils ont 2 véhicules voilà moi c'est les infos qu'on me donne donc moi je fais mon petit calcul dans ma tête je me projette un petit peu on me donne une photo satellite de l'endroit où ils sont arrêtés pour faire un bivouac et ils sont en plein jour sous les arbres sous une espèce d'ouède et moi je me dis bon très bien l'environnement je m'imprègne de l'environnement que je vois par satellite les seules données qu'on a on n'a pas de données topographiques on a que les données satellites donc c'est une image et donc je vois le dessin de l'ouède et à côté de l'ouède un espèce de relief donc je me dis bon le relief est pas mal c'est intéressant tactiquement parlant je vais peut-être essayer d'utiliser ce relief pour me cacher au début poser des appuis donc c'est-à-dire assurer des positions de tir et contourner le relief pendant que certains ont ces appuis-là pendant que on est parti à deux groupes donc l'autre groupe qui est un groupe du Cipadis l'autre groupe garde des appuis nous on m'adresse donc on me dit bon voilà le chemin relativement simple on met ça au point avec les gars du groupe avec mon chef ops et puis la mission déclenche assez vite puisqu'ils sont en bivouac pour une durée indéterminée ça se trouve ils allaient partir dans l'heure on ne savait pas trop donc il fallait agir vite donc on agit vite on s'équipe on part dans l'hélico dans l'hélico on entend les communications entre les différents hélicos mais aussi avec la base arrière et on a surtout les communications avec les hélicoptères d'assaut qui sont sur l'avant du dispositif qui vont reconnaître environ 5 à 10 minutes avant le poser la zone donc j'entends les mises à jour à la radio donc je continue à briefer le groupe à ce moment on est dans l'hélico donc on ne peut pas parler parce que les radios sont trop proches et on n'a pas d'intercom de bord pour parler entre nous moi je peux parler avec les pilotes mais je ne peux pas parler avec les gars j'ai un petit panneau avec un Velleda et je fais des petits dessins je suis très fort et ça m'a fait du coup je fais des petits dessins pour mettre les gens à jour j'ai fait des petits mots pour expliquer la situation bon c'est des mises à jour relativement simples mais ça se précipite au fur et à mesure qu'on approche puisqu'il y a un moment où les hélicos terre d'attaque arrivent au dessus de la zone et ça déclenche des mouvements chez l'ennemi soit l'ennemi se terre se cache ou se met en défense ferme soit l'ennemi fuit donc du coup on a plusieurs options là il y a les deux options qui étaient prises donc ça crée une espèce de confusion donc là les mises à jour vont très vite et là je passe la tête en bord de la cellule de l'hélico pour voir un petit peu ce qui se passe dehors on est en plein jour et donc je commence à voir la zone et je vois de la fumée qui sort de la zone et je vois le tigre qui commence à tirer sur la zone donc là je me dis bon les mecs ils tirent sur le tigre donc le tigre est en train de faire le ménage bon en tout cas les mecs en face ils sont pas venus là pour vendre des tapis c'est du tout sérieux donc voilà je mets tout le monde à jour et puis voilà je prépare mon équipement et on y va donc on tourne peut-être une minute au-dessus de la zone le tigre t'y fait encore quelques tirs les gazelles font des tirs avec l'artiste et il nous pose sauf que pendant la minute où je suis en train de survol à zone je cherche mon relief je me dis là je vois bien l'OED je reconnais l'OED par rapport à la photo satellite et mon relief en fait je découvre qu'il est absent la montagne a disparu il n'y a pas de montagne et en fait ce qu'on a vu sur l'image satellite c'était une ombre c'est un relief en fait cette ombre c'était une espèce de terre qui était un peu plus ocre à un endroit et qui faisait qui donnait l'impression qu'il y avait un relief en fait il n'y avait pas de relief comme on n'avait pas de données topographiques on n'avait pas la planimétrie donc on ne savait pas ce que c'était donc on était parti juste au visuel et avec comme on était pressé par le temps on n'avait pas le temps de faire plus et donc là je me dis ok j'ai pas de relief et je suis en train de me rendre compte qu'en fait les pilotes ils vont me poser exactement là où j'ai demandé sur un point GPS sauf que mon point GPS c'était derrière mon relief donc je passe de derrière mon relief à au milieu d'un billard c'est à dire sans la moindre protection et je réalise le truc alors qu'ils sont en train d'amorcer la descente donc là plus le temps de bloquer la manip pour repartir parce qu'il y a des groupes qui vont être le temps de passer les infos il y a déjà des mecs qui vont être au sol donc là il n'est plus question de briser le groupe en deux enfin le dispositif en deux donc il faut qu'on pose tous ou personne ne pose donc là je vois le truc arriver je dis ok c'est parti là c'est pour de vrai et le tigre continue à tirer pendant ce temps là donc je suis en train de me dire ils sont combés en fait donc là toutes les infos fusent dans ma tête je me dis ok là on est en train de poser sur un billard il y a encore des mecs qui sont encore dans le web ils sont en train de tirer sur le tigre donc ils sont armés ils sont nombreux parce que le tigre tire et il n'arrête pas à les réduire je me dis ça ça je pense qu'on ça va être compliqué on sort de l'hélico je sors de l'hélico l'hélico décolle derrière moi et dès qu'il a décollé déluge de feu on se fait tirer dessus à l'arme lourde à la la kary tinkov et là on se retrouve tous plaqués au sol au milieu de ce billard on se dit mais qu'est-ce qui se passe là là on fait quoi enfin on se dit pas on fait quoi puis on se dit mais qui nous a posé là qui a monté cette manique donc là on se dit bon bah de toute façon quitte à être cramé cramer pour cramer, mourir en courant plutôt que... mourir glorieusement plutôt qu'enterrer dans un trou. Donc là, on se relève. Moi, je donne les consignes et puis on commence à partir par petits groupes de 4, 4 ou 5, et on fait des mouvements, des petits bons en courant à travers le glacis, mais toujours sous le feu. Donc là, on manoeuvre sous le feu. Là, c'est le truc école. On se fait tirer dessus et on court. Donc, pas le choix. Donc là, ça tombe pas loin. Les tirques sont assez ajustés, donc on fait pas les malins non plus. C'est-à-dire qu'on est pas en train de... On court vite, quoi. C'est-à-dire qu'on court pas... Voilà.

Loïc T'es à quelle distance, là, de l'Oued ?

Louis À 200-300 mètres. Ah ouais ! Pour une arme, c'est coaching. C'est des portés qui sont... Voilà. Et donc, on continue à courir à travers le glacis. Et là, on arrive aux abords de l'Oued. Donc là, on commence à... Bon, ben, on a répliqué déjà. Donc, on commence à distinguer des mecs. Là, il y a une tire d'élite qui me donne des positions de mec. Bon, ben... Moi, je donne toutes les comptines pour qu'ils en éliminent le plus possible et en qu'on bouge. Ça continue à tirer. Là, je vois mon... L'adjoint de mon chef Ops... Je sens qu'il a détecté une autre situation parce que, du coup, il y a eu des fuyards. Mais il y a des fuyards à 400 mètres qui se faisaient prendre en compte mais qui se faisaient tirer dessus par des tiers de sommation. Donc, ça a déclenché une deuxième situation un peu plus loin. Donc, mon adjoint a été pris par cette situation-là. Enfin, l'adjoint de mon chef. Donc, je me dis... Bon, OK. La situation-là, les mecs sont complètement débordés. Donc, maintenant, c'est à nous de prendre la manip. Donc, là, je me dis... Soit on reste là et l'ennemi manœuvre. Parce que, clairement, il y a encore de l'ennemi. Les idichos n'arriveront pas à tout réduire parce qu'il y a trop de couverture végétale. C'était pas 4. Ah, c'était pas 4. À ce moment-là, je me dis... OK, c'est bon. Là, je ne sais pas combien ils sont, mais voilà. Et donc, nous, on commence à manœuvrer. Je dis... Nous, on bouge, tant pis. On n'a pas le choix. Il faut qu'on bouge. C'est inévitable. Et donc, on bouge. Donc, là, on dessous les premiers mecs. On tombe sur des mecs dans des buissons. Les tiers d'élite font le travail au début. Très vite, on arrive sur des blessés. Donc là, on en croise 2-3. 2-3 blessés. On arrive sur le camion. Premier camion. Donc, on vérifie le camion. OK, le camion est clair. Et là, moi, je dis à mon chef, on ne peut pas rester là. C'est trop dangereux. J'ai trop de masques végétaux trop proches de moi. L'ennemi, ça se trouve, il est juste derrière. Je ne l'entends pas, mais il est juste derrière. Donc, je ne peux pas le laisser là. Donc, il faut absolument que je prenne de la place. Et donc, du coup, je continue la manœuvre. Donc, on continue. À ce moment-là, les gars du CPAD étaient encore engagés sur notre situation. En fait, il y avait des mecs un peu partout. Et les tirs, c'était... Là, depuis qu'on avait engagé l'OED, les tirs étaient maintenant à l'extérieur de l'OED. Donc, nous, on était dans l'OED. On n'avait plus trop de tirs. Donc ça, je comprendrai après pourquoi. On continue à avancer. Là, on se fait engager à très courte portée. Vraiment à très courte portée par des mecs derrière un buisson. Donc là, on réplique. Les mecs continuent à tirer. On réplique, les mecs continuent à tirer. Je dis, non, mais ce n'est pas possible. Les mecs, ils sont en titane. Et donc là, je dis aux tigres, bon, le tigre, pendant que je tire, comme ils sont vraiment très, très bons, on était sur un... Les équipages étaient vraiment incroyables. Ils ont dit, OK, je vois les mecs. Je suis en mesure de tirer. Sauf que les mecs étaient à 15 mètres de nous. Tigres, normalement, la distance minimale d'engagement, c'est 70 mètres. Pourquoi ? Parce que c'est des obus de 30 mm qui tirent. Un obus de 30 mm, je n'en ai pas là, mais il faut s'imaginer un marqueur. En fait, un marqueur de tableau Velleda. Ça ressemble à ça, à peu près un obus. Donc, c'est des gros trucs. Et ça fait des éclats qui sont mortels jusqu'à 70 mètres. Sauf que là, moi, je suis coincé avec deux mecs. Je ne savais pas qu'il y avait deux mecs, mais bref, il y avait deux mecs derrière une espèce de petit talus au milieu d'un bosquet très dense. Et il nous a arrosé. Il avait l'air de savoir où est-ce qu'on était alors que nous, on ne voyait pas. Nous, on était plaqués au sol, planqués dans les trucs. Je ne sais pas comment ça en est sorti d'ailleurs. Et le tigre m'a dit, écoute, je suis vertical là. Normalement, ça le fait. Et donc, je lui dis, ok, écoute, vas-y feu, parce que là, les mecs, ils n'arrêtent pas. Donc là, j'ai juste le temps de dire au gars, planqués-vous, le tir tombe. Donc, un gros nuage de poussière. On se dit, ok, c'est bon. Là, les mecs sont morts. Mais on ne se fie pas au truc. On se dit, bon, on tente. Moi, j'envoie une petite grenade sur le bas sur le cou. Et puis, on y va. Et puis, on monte dessus. Et là, on se rend compte qu'effectivement, les mecs étaient, bon, là, ils étaient morts. Mais voilà, les mecs, ils avaient résisté jusqu'au bout. Ils avaient tous les deux les armes à la main. Donc, voilà. On se dit, là, on a échappé belle. Puis, on continue à avancer. On tombe sur un autre mec planqué derrière un buisson qui nous attendait, d'ailleurs, par le mauvais côté. Donc, du coup, on l'a contourné. Et on est tombé sur son dos. Donc, voilà, nickel. Et on continue comme ça. On en a échappé encore un autre juste après. Mais c'était toujours des confrontations très, très proches. Avec des gars, à un moment, on arrive sous un buisson et on tombe sur cinq mecs sous buisson. On a réussi à les faire prisonnier, les cinq. Mais c'était une extrémiste, quoi. Enfin, les cinq, à chaque moment, on ne savait pas s'il y en a un qui allait dégainer quelque chose ou pas. C'était vraiment très, très tendu. Et donc, c'était un niveau de tension extrêmement fort. Et voilà. Donc, ça, c'était une mission qui était hyper éprouvante. Moralement, enfin, pas moralement, mais nerveusement. C'était très éprouvant parce que c'était vraiment de la très courte distance. Et les hélicos ne pouvaient pas nous aider parce qu'ils avaient du mal à voir. Enfin, c'était des circonstances. Enfin, je ne vais pas détailler, ils ne pouvaient pas très bien voir. Et donc, du coup, on a... Voilà. Et finalement, au final, les quatre ou cinq, on fera le compte à la fin entre les prisonniers et les mecs décédés. On verra que finalement, il n'y en avait pas quatre ou cinq, il y en avait 22 mecs. Ah oui. Et c'était un peu le sketch, quoi. Ils étaient tous armés. Enfin, bref, c'était un truc. Bon, bref. Mais on était hyper fiers de notre opération et c'était une très belle opération. Et puis, voilà. Et on est rentrés sur base et on a bien fait ça. C'était très sympa.

Loïc Voilà. Et une mission... Typiquement, cette mission, à partir du moment où tu montes dans l'hélico jusqu'au retour à la base, ça a duré combien de temps ?

Louis Attends, j'ai réfléchi. Ça a dû durer... Une vingtaine d'heures.

Loïc Ah ouais, quand même. OK.

Louis Parce qu'en fait, il y a le temps de...

Loïc Il y a le trajet, oui.

Louis L'arrivée sur zone, la gestion de la zone... Ensuite, on a... Ensuite, il faut... Bon, c'est la partie un peu glauque, mais il faut rassembler les cadavres. Il faut les prendre en photo avec le matériel. Il faut faire la sépulture. Il faut comptabiliser les prisonniers. Il faut identifier les prisonniers. Et ensuite, il faut mettre à feu. Il faut rassembler toutes les munitions, toutes les flingues. On les met dans les pick-up. On met à feu les... Enfin, on fait toutes les explosives sur les pick-up qu'on met à feu. Ensuite, les hélicoptères doivent, pendant ce temps-là, aller faire les plaints, faire des rotations à droite et gauche. Ensuite, il y a toujours un hélicoptère ou deux sur la zone pour nous protéger ou un drone ou deux pour nous protéger. Et ensuite, l'hélicoptère revient nous chercher. Et ensuite, il y a le trajet retour. Donc ouais, il est temps de faire tout ça. C'est des zones qui sont hyper éclatées. Donc du coup, on a navigué centaines de mètres pendant la mission. Et donc, à la fin, on ne courait pas. Mais on devait marcher à chaque fois, aller chercher le mec mort là-bas, le mec prisonnier à l'autre bout, le rassembler avec les autres prisonniers, machin, machin. Enfin, c'est un peu la galère. Mais ouais, une vingtaine d'heure.

Loïc Et le temps de... C'est vrai que je n'avais pas du tout pensé à ça. Mais comme tu parlais d'intensité, en fait, la question que j'avais en tête, c'était plus vraiment par rapport au temps d'action.

Louis 45 minutes, je pense. 45 minutes, une heure. Ah ouais, punaise. Chaque minute déroulée vraiment... Une minute, c'était une heure, quoi. Ouais. J'ai l'impression que... C'était interminable. C'était... C'est super intéressant. J'ai... Quelques missions qu'on a eues comme ça, où c'était vraiment violent, à chaque fois, il y a ce phénomène de ralenti. En fait, je crois que c'est un vrai phénomène physiologique. Nos... En fait, on a la capacité... Nos sens ont une capacité d'enregistrement qui est relativement limitée. Par exemple, la vue... Notre vue est... Et dans toutes les espèces animales, on a la vue la plus sophistiquée, la plus développée qui soit. C'est-à-dire qu'on a une vue, on est capable de voir très près. Donc, on est presque capable de voir le bout de son nez. Et on peut voir jusqu'à peut-être un kilomètre, deux kilomètres, peut-être même trois kilomètres. Enfin, voilà. Donc, on peut voir des trucs hyper loin. Donc, on a cette capacité. Et on a une capacité de focale. On peut faire le point très vite sur ce qu'on a besoin de voir. Mais on a aussi une capacité, jusqu'à 170 degrés à peu près, de vision avec une résolution moins forte, mais une vision périphérique, surtout sur le mouvement. Tous les mouvements qu'il y a sur 170 degrés, on va les détecter systématiquement. D'ailleurs, dans le monde animal, ça se voit vachement. Les proies, quand elles ont peur, elles figent. Parce que, vous pensez par exemple à une biche. Une biche, quand elle est effrayée, elle fige. Parce que, du coup, d'une part, elle met en œuvre ses censeurs pour comprendre ce qui se passe. Mais d'autre part, elle se fige pour s'effacer par rapport aux prédateurs, comme nous, qui se basent sur le mouvement pour détecter. Donc, du coup, on a une capacité de résolution qui est assez faible au niveau des yeux, au niveau de la résolution. On a une bonne vue, mais on a une vue qui est très limitée. Elle est limitée sur un tout petit disque face à nous. Et notre résolution va se faire point par point en permanence. et bouge en permanence. Dès qu'on voit un objet, on fait la mise au point en permanence sur tous les points de l'objet. Sauf que, quand on a ces moments de tension qui grandissent, ils ont fait l'expérience, notamment sur des... Une expérience... Gros de l'expérience, d'ailleurs. Sur des gens qui font du saut en... Comment on appelle ça ? Sur l'élastique. Voilà. Ils ont fait l'expérience sur des gens sur l'élastique. Et en fait, ils ont... Ils ont dit... Ils ont donné aux gens un... Un espèce de boîtier dans lequel il y a des chiffres qui défilaient. Et donc, il y a des gens qui étaient en salle qui devaient, pendant 5 secondes, enregistrer tous les chiffres qui défilaient sur le boîtier. Et d'autres qui devaient faire ça, mais pendant un saut à l'élastique. Et en fait, il se trouve que pendant le saut à l'élastique, il y a une poussée d'endorphines et d'hormones, notamment d'adrénaline, qui augmente la capacité, donc l'acuité visuelle et les capacités cognitives, la capacité de la mémoire, etc. C'est pour ça qu'on a ces souvenirs dans ces moments-là qui se figent. Parce qu'en fait, on a un processus bien plus puissant que notre processus du quotidien qui se met en place et qui nous permet de voir plus, d'enregistrer plus. C'est pour ça qu'en fait, quand on est dans ces moments-là de stress, c'est pour ça qu'une minute paraît une heure. Et c'est pour ça que généralement, après des moments comme ça, on a des petites hypoglycémies parce que le corps a consommé énormément de réserves parce qu'il s'est mis dans un état de travail, de surentraînement, on va dire. Je ne sais pas si on peut le dire comme ça, mais de surchauffe. où il a consommé beaucoup plus. Et donc, on n'est pas dans cet état en permanence parce que justement, si on était dans cet état en permanence, on devrait avoir des réserves de sucre énormes. Donc, on serait énorme si on devait avoir cet état d'acuité et de mémoire permanent. Voilà. C'est pour ça qu'une minute passe pour une heure en ce moment-là.

Loïc Pour une heure, oui. Super intéressant. Ça me fait penser, tu as utilisé l'analogie, enfin la contre-analogie du coup, avec la Formule 1 plutôt, mais je crois que les pilotes de Formule 1 de mémoire perdent plusieurs kilos par course. Tu vois, ça me fait un peu penser à ce que tu dis par rapport à l'intensité. Du coup, j'imagine que les missions comme ça, vous ne les enchaînez pas vraiment. C'est compliqué. Ça peut arriver.

Louis Ça peut arriver. C'est une question de la baraka. C'est-à-dire que si on est au bon endroit, au bon moment, on enchaîne. Ça peut, moi, ça m'est arrivé de faire ce genre de mission et partir 24 heures après. Repartir dans la foulée sur une autre manip. Mais coup de chance. Et puis, pareil, de faire un mois sans rien faire, attendre avant d'avoir une mission.

Loïc C'est toujours l'importance d'être prêt tout le temps.

Louis Oui, par contre, c'est un contrat. Quand on est en mission, on est prêt à partir à tout moment. Ça, c'est un peu le gage du truc.

Loïc Le deal. Le deal. Waouh. OK. Écoute, on arrive à la fin.

Louis On avait dit qu'on ne ferait pas deux heures. On n'a pas fait deux heures,

Loïc on n'est pas mal. On y est presque. En tout cas, je voulais te remercier une fois de plus infiniment pour ton temps, tout ce que tu as bien voulu partager avec nous. Je suis sûr que ce podcast sera super intéressant pour nos auditeurs qui soient du monde de l'armée ou pas parce que finalement, on n'a pas tant parlé que ça de bagarres, ce genre de choses. C'était plutôt super intéressant. Moi, j'ai trouvé sur tous tes apprentissages, ton approche en tant que chef et comment est-ce que tu t'es vu grandir à travers tes expériences à l'armée. Donc, encore une fois, un grand, grand merci. Je mettrai le lien pour ton livre puisque tu l'as évoqué plusieurs fois. C'est vrai que je n'en ai pas parlé. Je ne l'ai pas lu en avance exprès pour me préserver un peu, pour garder un peu de surprise quand j'allais échanger avec toi. Mais tu as sorti il y a quoi ? Il y a six mois peut-être, chef de guerre ? Sorti fin février. Fin février, donc c'est tout récent encore.

Louis Chef de guerre ? C'est quatre mois après.

Loïc Tu racontes, pour le coup, là tu rentres vachement plus dans le détail sur des opérations. Alors, t'expliquais, notamment, j'avais vu ton intervention sur le QG, que pour brouiller un peu les pistes, les références dans le temps et les lieux ne correspondent pas à la réalité.

Louis Je ne brouille pas les pistes, je blanchis simplement certaines données parce que si je donnais les éléments, en fait, ça causerait beaucoup de mal, je pense, aux armées et ce n'est pas ce que je veux. Moi, je veux juste simplement raconter des histoires qui sont des histoires vraies, pour le coup, qui sont des trucs véritables, mais je suis obligé d'enlever l'espace-temps pour pouvoir me libérer du... comment dire ? pour ne pas être assujettis à des problèmes de diffusion de secrets militaires. Donc, on ne saura pas où et quand dans le livre, même si ceux qui savent, savent, voilà, on a gage du milieu, mais en tout cas, ça me permet aussi d'aller plus loin dans le récit. Parce que si j'avais donné tous les détails de qui, quand, quoi, où, en fait, je serais obligé de survoler certains détails pour des questions de jurisprudence, pour des questions légales, alors que là, je peux aller assez loin dans le récit, dire certaines choses qui sont, d'ailleurs, même certains journalistes qui m'ont interviewé qui connaissaient certaines situations ou tout du moins qui pensaient les connaître, ont découvert certains éléments supplémentaires que j'apportais grâce au récit. Donc, voilà, c'est des trucs qui sont, on va dire, c'est une tactique, c'est une stratégie que j'ai adoptée, mais c'est pour le bien du lecteur et le bien de l'histoire.

Loïc Génial. Excellent. Ben écoute, je mettrai le lien vers tout ça. Encore une fois, un grand merci pour ton temps, ta dispo et ton authenticité, c'était super viable comme échange et je te souhaite…

Louis Moi, je suis toujours très flatté quand je suis reçu, je me l'heure, mais c'est vrai, quand je suis reçu par des podcasts où je vois qu'il n'y a que des espèces de dingues de sportifs de haut niveau, des images, des exposures, moi, je n'ai pas l'impression d'être un de ces gars-là, quoi. Vraiment, moi, je suis vraiment très flatté et je te remercie.

Loïc Écoute, merci à toi. En tout cas, tu nous offres pour la fin une belle leçon d'humilité, donc moi, c'est ce que je retiendrai de tout ton échange. Teddy nous en avait un petit peu parlé, tu vois, cette notion de nonchalance, d'humilité des commandos et je trouve que tu l'as bien incarné ce soir. encore une fois, un grand merci Louis et je te dis à une prochaine.

Louis Super, merci Loïc. Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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