Loïc Comment est-ce que l'on est en force spéciale ?
Matt Pour être force spéciale, quoi qu'il arrive à un moment donné, il va falloir qu'on soit leader. Même de soi-même, qu'on reçoit le pincement sur le bras et qu'on sait qu'à l'intérieur de cette pièce, il y a deux terroristes armés et qu'il faut rentrer. À ce moment-là, c'est toi qui es en tête de colonne et c'est toi qui deviens le leader du groupe. Même si ça fait que trois ans que tu es dans le groupe.
Loïc Hello, hello, c'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés. Eh bien écoute, bienvenue Matt sur le podcast.
Matt Merci, merci de me recevoir.
Loïc Je suis ravi de t'accueillir. Un grand merci d'ailleurs à Teddy pour la suggestion de mise en relation. Teddy, si vous écoute, merci, merci. Je vais devenir le podcast non officiel des anciens commandos marines, j'ai l'impression.
Matt Pas officiel, bientôt.
Loïc C'est clair. Mais en tout cas, moi je suis ravi que tu puisses prendre un petit peu de temps aujourd'hui avec nous pour nous parler de ton parcours puisque tu seras, si je ne me trompe pas, bientôt ex-commando marine, mais pour le moment, tu l'es toujours.
Matt Exactement, dans quelques mois, je suis bientôt ex, mais là, je suis en pleine reconversion.
Loïc Super. Et puis, ce qui va être intéressant aussi, c'est que tu nous parles de ce que tu as décidé de partager avec le plus grand nombre puisque tu sors un livre qui est déjà disponible.
Matt Non, il sort officiellement le 19 novembre parce qu'il y a une pénurie de papiers dans le monde apparemment il y a toujours des problèmes d'approvisionnement la photo Covid on ne sait pas trop il y a eu un mois de retard qui sort le 19 novembre ce week-end normalement je reçois les premiers livres parce que j'ai une dédicace samedi à Lorient je les aurai en main pour la première fois génial génial
Loïc alors ça va être pour ça que je me suis embrouillé parce qu'il me semblait que tu avais des séances de dédicaces prévues plus tôt que ça non ?
Matt ouais c'est ça le samedi prochain le 6 là
Loïc excellent super, j'ai hâte qu'on discute de tout ça ce que je te propose c'est de commencer par te présenter nous dire quel a été ton parcours dans les grandes lignes
Matt ouais bien sûr alors moi je suis arrivé en fils de militaire donc j'ai voyagé j'ai extrêmement voyagé pendant toute mon enfance ensuite j'ai eu un ultimatum par mes parents qu'est-ce que je vais faire de ma vie donc j'ai assez vite trouvé j'en parle dans le livre c'est pour ça que je m'expose là-dessus c'est que très vite j'ai trouvé ma voie en fait grâce à l'époque à un magazine tout simplement parce qu'on n'avait pas internet et en décembre 2002 j'ai signé mon contrat dans la marine pour espérer rentrer dans les commandos marines et forces spéciales de la marine. Donc j'y suis arrivé quelques mois plus tard donc en juillet 2003 j'ai intégré le commando Jobert, là j'ai fait pendant six ans mes armes d'opérateurs, d'équipiers. Ensuite je suis parti au chef d'équipe commando donc là je suis devenu chef d'équipe donc je suis retourné encore une fois à Jobert, au commando Jobert. Ensuite j'ai pu passer les tests de sélection pour rentrer dans un groupe spécialisé au sein des commandos marines, c'est celui du contre-terrorisme et de la libération d'otages, le CTLO. Et ça j'y suis arrivé en 2010 où j'ai intégré le commando Treppel. De 2010 à 2019 j'étais chef d'équipe chez eux et ensuite j'ai pris les rênes d'un groupe du commando du c'était l'eau commando par fantaigneau et de 2019 jusqu'à aujourd'hui et aujourd'hui je vois là j'ai les lâché les j'ai donné les clés du groupe à mon adjoint qui est lui devenu chef et voilà tout se passe bien et moi je maintenant je suis en pleine reconversion et voilà je discute avec avec pas mal de sociétés pour trouver un avenir sympa.
Loïc Génial, génial. Punaise, sacré parcours. Peut-être que tu peux nous en dire un tout petit peu plus sur le CTLO, parce que les commandos marines, je pense que ça parle au plus grand nombre, même s'il y a des gens, même si on n'est pas forcément dans cet univers-là, il y a eu des reportages, etc. Donc c'est vrai que c'est un univers qui s'ouvre un petit peu plus, j'ai l'impression. Mais le CTLO en particulier, Comment est-ce que c'est organisé ? Enfin, par rapport à ce que tu peux partager, évidemment. Et quelles sont ces missions ?
Matt Alors, le CTLO, c'est le groupe de contre-terrorisme et de libération d'otages. Donc, tous ces chaque mots définissent ce qu'on peut faire comme mission. Ensuite, à l'époque, quand je suis arrivé au commando, il n'y en avait que deux. Donc, un à Jovert, un à Trépelle. Ensuite, on a décidé d'en créer deux de plus. Du coup, maintenant, il y a un CTLO dans chaque commando, c'est-à-dire qu'il y en a quatre à Lorient et il y en a deux à Toulon, parce qu'il y a des CTLO au commando Uber. Ensuite, comment ça s'organise ? On est une dizaine de gars avec un minimum de six ans d'expérience. et voilà nous ce qu'on il y a des sélections qui sont réalisées une fois par an donc c'est des sélections d'une semaine pendant une semaine en fait on va tester les gars qui veulent rentrer chez nous au niveau du tir, de l'analyse de situation c'est surtout ça en fait, on analyse comment le gars réagit face à différentes situations ça peut être un accident de la route et du coup il doit Il doit gérer la sécurité. Puis d'un coup, il y a un mec armé qui arrive, qu'est-ce qu'il fait ? Enfin voilà, c'est différentes situations. Et à chaque fois, il travaille pendant toute cette semaine, il va travailler tout seul. Et comme ça, on va pouvoir bien le noter et bien le sélectionner. Donc on a une… Voilà, il y a environ par an, il y a environ quatre mecs qui réussissent à rentrer dans le groupe CETELO. Et ces quatre gars sont dispatchés dans deux ou trois CETELO. Il n'y a pas beaucoup de recrues tous les ans, parce que c'est assez spécifique. Mais il faut qu'on garde notre force, notre spécialité. On ne peut pas prendre n'importe qui, malheureusement. Après, au bout du compte, on part en mission. Les missions dans CTLO, c'est environ une fois tous les 16 mois, on part en mission pour le contre-terrorisme et libérer des otages
Loïc d'accord et donc tu disais qu'il y a 6 CTLO chacun a sa spécialité ou pas forcément ?
Matt non pas forcément on travaille énormément là dessus c'est qu'on essaie d'avoir tous un tronc commun on va appeler ça comme ça on sait tous faire exactement les mêmes choses après c'est sûr en fonction du chef il y a des petites subtilités qui arrivent mais non on essaie d'avoir tous le même comme ça on peut s'échanger un jour si on travaille ensemble on a tous les mêmes fondamentaux comme ça ça nous protège c'est pour notre sécurité tout simplement
Loïc ok waouh Qu'est-ce qui fait que tu es resté aussi longtemps finalement dans la marine ? Je te pose la question parce que tu es le quatrième commando ou bientôt ex-commando avec qui j'échange. Pour le moment, ce que j'ai observé, c'est plutôt des parcours qui s'arrêtent au bout de dix ans. Tu vois que ce soit Teddy, Louis, Tony. Toi, tu es quand même allé vachement plus loin. Et puis si je comprends bien, avec la moitié de ton parcours au sein d'une unité d'élite dans les unités d'élite, c'est ça ouais et qu'est-ce qui fait que la flamme a continué à brûler pour toi sur quasiment 20 ans
Matt en fait c'est un métier c'est un métier de passion les forces spéciales moi quand j'avais 19 ans dans ma petite chambre à l'époque j'étais en Martinique je me suis dit j'ai d'un coup été passionné par ce monde là j'ai travaillé j'y suis arrivé et si on m'avait dit que c'était à 500 euros par mois, je l'aurais fait. En fait, l'argent n'avait pas d'importance pour moi parce que j'étais passionné par ce métier. Et puis voilà, on arrive, on est quand même bien soutenus, la marine fait beaucoup de choses pour nous, on travaille en équipe, donc au bout d'un moment, on est tous des amis, on devient tous des amis. et voilà moi le matin tous les matins je me levais j'avais pas l'impression d'aller au travail et ça pendant 20 ans pourtant voilà et puis on a une on a un rythme de vie qui est assez assez bien tous les matins on a minimum deux heures de sport ensuite on travaille individu individuellement sur notre matériel pour ensuite l'après midi travailler en groupe faire des missions des entraînements etc que et puis et puis quand on est en france on est assez libre c'est à dire que le chef de groupe peut décider ok cet après midi par exemple voilà on prend nous tous notre planche de surf et puis on va surfer j'organise souvent des matins les gars les maths ce matin vous faites ce que vous voulez vous allez surfer vous allez faire du foot voilà on est assez libre Mais par contre, quand on demande d'être au rendez-vous, et bien là, les gars, bien sûr, les gars, ils sont à fond, ils sont à 100%. Voilà, c'est un métier de passion. Et en plus, dans ce métier-là, il est bien géré et on crée une osmose. On a vraiment l'impression d'avoir une deuxième famille.
Loïc Alors, tu parles de famille, peut-être pour continuer sur ton parcours en général avant de rentrer dans le détail. Je suppose, vu ce que j'ai lu et même si, encore une fois, on connaît très peu en tant que civil cet univers, mais que c'est quand même aussi une vie avec des sacrifices, ne serait-ce que du fait de ta disponibilité, la disponibilité qui est exigée de la part de chacun au sein des commandos. Comment est-ce que tu as réussi au fil des ans à conjuguer une vie de famille et un engagement total pour la France ?
Matt Alors, ça, ça se fait petit à petit. voilà j'étais comment dire commando ensuite bah voilà on trouve quelqu'un avec qui faire notre vie et tout simplement cette personne là elle comprend comprend le métier qu'on fait et puis elle nous suit à 100% et puis nous on pourrait pas être aussi bon si on n'avait pas la famille qui nous soutient derrière donc c'est un voilà c'est un cercle un cercle vertueux c'est à dire que des fois ça se passe mal au boulot et puis à la maison ça fait du bien des fois c'est l'inverse donc voilà il faut ça c'est difficile à expliquer mais ça ça se conjugue bien généralement mais voilà après les militaires on a beaucoup de déploiement souvent ça dure quatre mois donc là c'est pas évident surtout que la dernière mission que j'ai réalisé c'était c'était la première fois que j'avais parce que j'ai un petit qui a trois ans donc c'était la première fois que je partais avec un petit qui reste à la maison donc là c'est pas évident parce qu'on se rende compte que lui comprend pas et voilà il évolue très très vite et puis on a envie d'être près d'eux mais mais après quatre mois c'est vite passé quand on a beaucoup de choses à faire dans le le pays en question, 4 mois ça passe très vite et puis on a des femmes qui sont aussi fortes que nous on est fort sur le terrain à gérer la maison, à gérer les tracas de tous les jours et voilà c'est elles les bosses à la maison il faut le dire. Heureusement qu'elles sont là et c'est pour ça que nous on est un peu plus serein. Quand ça se passe bien à la maison ça se passe bien au boulot et quand ça se passe pas bien à la maison, il faut faire en sorte que... Il ne faut pas hésiter à se l'avouer et puis en parler avec les copains. Parce qu'eux aussi ont des problèmes et puis on se rend compte qu'on n'est pas tout seul à avoir des problèmes. Et du coup, c'est un peu plus facile à gérer.
Loïc Ça, c'est vraiment une notion qui me fascine chaque fois que j'échange avec des gens qui sont passés par l'effort spécial. C'est cette notion de groupe et de solidarité. Alors, peut-être que je n'ai pas eu de chance en entreprise, c'est pas que je ne l'ai pas du tout trouvé ou j'ai trouvé l'inverse. Tu vois, j'ai passé sept ans, je viens de terminer là, j'ai passé sept ans chez Apple, avec des expériences globalement positives, tu vois, avec un bon sens du travail en équipe. Mais par rapport à l'intensité, j'ai l'impression que vous, vous vivez au sein des groupes, ça n'a juste rien à voir. Et je me pose souvent la question, est-ce que c'est possible, d'ailleurs, je te la pose à toi aussi, est-ce que tu penses que c'est possible de retrouver ce niveau de cohésion et de fraternité, pour reprendre un terme que j'entends souvent dans l'armée, dans le monde civil ?
Matt Oui, complètement. Moi, je suis en passe de découvrir le monde civil. On verra ce que je peux faire à ce niveau-là. Mais moi, j'y crois. Et d'ailleurs, je pense que ce serait un objectif pour moi, dans la société où j'arrive, de créer cette fraternité. En fait, je pense qu'il faut casser les habitudes. On ne peut pas toutes les semaines, venir au boulot, faire son taf et échanger deux ou trois mots avec quelqu'un. C'est bien parce que le boulot reste important, mais je pense qu'on peut être beaucoup plus efficace si, ne serait-ce qu'une fois par semaine, on bloque une demi-journée où tout le monde se rencontre, tout le monde réalise quelque chose ensemble. ça peut être une sortie vélo, ça peut être, allez on va tous à la piscine, on va voir qui c'est qui est le meilleur en apnée, etc. Et puis, en fait, créer cet engouement que nous, on fait tous les jours, sans se rendre compte, et dans une société, je pense que c'est, on peut y arriver avec un peu plus de difficultés, mais on peut y arriver, je pense qu'on en retrouve aux Etats-Unis d'ailleurs, je pense que Apple aux Etats-Unis enfin voilà il y a énormément de choses qui sont créées, je pense qu'il y a des salles de sport dans la boîte il y a énormément de choses il y a des cours privés, il y a de la sophrologie, enfin j'en passe mais voilà, je pense que il faut qu'on prenne exemple sur les américains à ce sujet ils sont très très forts au niveau de leur créer une osmose au sein d'une société c'est réalisable
Loïc bon le message est lancé excellent super pour commencer doucement la transition vers le coeur du sujet quand est-ce que tu quand est-ce que tu t'es dit que tu voulais partager ton expérience et tes apprentissages de 20 ans dans l'effort spécial au plus grand nombre à travers ton livre
Matt d'un coup en 2018 j'étais en mission en plein milieu du désert et je me suis dit on n'avait pas grand chose à faire c'était une mission assez calme on essayait d'avoir pas mal de renseignements avant de passer à l'action et pendant quelques mois on n'a rien fait et au bout de deux semaines arrivé sur le territoire je me suis vite rendu compte de ça je me suis dit allez il faut que je fasse quelque chose en fait de mon temps libre et c'est en salle de sport je me suis dit ok depuis tout petit on nous rabâche dans toutes nos formations allez les gars avancer avancer c'est dans la tête ça se passe dans la tête mais à aucun moment il ya personne personne n'a pris le temps de nous expliquer comment ça se passait dans la tête d'un gamin de 19 ans qui voilà qui est fort physiquement mais en fait face à la première difficulté tout s'écroule et on est tous passé par là en fait je me suis dit mais oui il faut il faut que je veux avec mon expérience il faut que je transmette ça aux plus jeunes et en fait je me suis dit allez c'est parti donc j'ai tout simplement ouvert une page youtube comment écrire un livre et je me suis formé pendant quelques jours et puis après je me suis lancé et je me suis obligé à écrire deux heures par jour, que ce soit le matin, l'après midi, la nuit. Dès que j'avais une idée, je me mettais sur mon ordinateur ou en salle de sport. Je me rappelle qu'en salle de sport, je prenais dans mon téléphone et je m'enregistrais. En sport, on a énormément d'idées parce que voilà le sport c'est créer beaucoup de choses à l'intérieur et du coup on est un petit peu euphorique et il faut s'en servir pour pour réfléchir à des choses à des objectifs pour ensuite les vacances à quand on est plus au calme les retranscrire et moi j'ai eu cette idée là d'écrire un bouquin et j'espère j'espère vraiment qui va aider les plus jeunes et les moins jeunes à voilà atteindre leur objectif on peut être chef d'entreprise et se retrouver dans les quelques lignes que j'ai pu écrire en leadership en gestion du stress notamment voilà
Loïc voilà comment c'est parti alors ce livre comment est ce que tu l'as structuré si je me souviens bien il ya quatre quatre grandes notions que tu abordes ouais c'est ça donc c'est la confiance
Matt en soi le leadership la gestion du stress et le courage c'est les quatre valeurs qui sont pour moi il est très important pour devenir force spéciale c'est le ces quatre valeurs se situent au centre du livre ça on va dire que c'est le coeur du livre et à travers toutes ces valeurs la confiance en soi par exemple à chaque fois j'explique des je relate des missions qui sont réellement passées et en étant un petit peu ouais voilà distant par à tous à quelques points de détails bien sûr pour pour rester, pour garder un petit peu ce secret, et puis pour pouvoir l'écrire et le diffuser. Et à chaque fois, j'en tire, en fait, j'explique comment j'y suis arrivé, par exemple, avoir un peu plus de confiance en moi, comment j'y suis arrivé, par quelles actions j'ai acquéri un peu plus de confiance en moi. Et ensuite, j'explique dans une mission, et ensuite, je dis les actions à réaliser pour ceux qui n'ont pas assez confiance en eux, ou pas assez de courage, etc. Ça se travaille, c'est comme tout, ça se travaille.
Loïc Super. Je trouve que c'est une démarche qui est absolument géniale. Surtout, encore une fois, je suppose beaucoup, mais j'imagine que 20 ans dans l'effort spécial, ça a dû être un rythme particulièrement intense. Ce que je trouve intéressant, c'est que tu aies pris le temps de regarder dans le rétroviseur, en fait, et de tirer des enseignements de tout ce que tu as pu vivre pendant ces 20 ans et puis surtout de le partager. et donc ce que je te propose c'est qu'on fasse un petit peu de teasing par rapport à ton livre Objectif Force Spécial et qu'on balaye ces 4 notions et puis sans forcément rentrer trop dans le détail parce qu'on ne va quand même pas tout dire il faudrait que les gens qui sont intéressés aillent lire ton livre mais que voilà peut-être qu'on évoque une mission toi la façon dont tu conçois cette notion de leadership de gestion du stress, de courage etc et puis voilà
Matt on va commencer peut-être par la confiance en soi en fait pour pour être confiant il faut en fait c'est un cercle, il faut être fort mentalement tout simplement on ne peut pas avoir confiance en soi si on ne on ne peut pas faire ce métier si on n'a pas confiance en soi parce qu'on va être face à des situations compliquées et c'est impossible de faire ce métier si on n'a pas un minimum confiance en soi. Par exemple, je me suis retrouvé, notamment pour les sélections CTLO, dans une situation compliquée où j'étais tout seul. Je l'écris dans le livre où il y avait les gars qui sont là à me regarder. Et puis, toi, tu es tout seul face à ta situation. Et puis, j'étais dans un stand de tir. enfin, je devais faire du renseignement, grimper au-dessus d'un grillage, aller prendre des renseignements à l'intérieur d'une maison pour aller écouter un échange entre deux mecs. Et ensuite, je devais m'exfiltrer dans une voiture au centre-ville, et puis là, cagouler, et puis on me posait des questions, j'étais dans le coffre dans la voiture, on me posait des questions, et comment ça s'est passé, qu'est-ce que tu as vu, qu'est-ce que tu as entendu, et puis je devais tout leur dire, leur raconter, et puis en fait j'étais noté là-dessus. Et arrivé sur base, par rapport à tout ce que tu as vu, tout ce que tu sais, tu dois neutraliser le gars. Donc là c'était la seule question que je n'avais pas eu réponse. J'avais zappé complètement et je me suis dit ok, je me suis posé, j'avais une minute pour réaliser mon tir et pendant une minute je me suis dit ok allez mathieu t'as conçu sans toi tu sais que tu peux y arriver et c'est en fait j'ai eu un dialogue interne la première des choses c'est qu'on est face à une situation et au manque de confiance en soi faut se dialoguer intérieurement pour essayer de se créer une petite bulle de confiance quoi qu'il arrive je me crée ma bulle et je vais trouver la solution je vais trouver et puis au bout d'un moment c'est venu tout simplement je me suis rendu compte que voilà il ya un détail le tee shirt jaune je crois que c'est ça et voilà voilà il y avait un mec qui avait un tee shirt jaune et puis voilà j'ai tiré sur la cible de la cible en plat en papier parce que c'était des tests et voilà j'ai réussi à la mission donc je le raconte dans le bouquin mais sinon il ya beaucoup de choses qui peuvent nous aider c'est à dire il faut croire il faut croire en soi même on peut pas se dire façon je suis nul je suis pas bien s'appelle les croyances aidantes c'est à dire que s'il ya un mec qui monte à la corde et que nous on n'y arrive pas faut pas se dire ok moi je suis nul j'y suis pas arrivé je suis nul non faut dire la prochaine fois je vais y arriver comment lui il y est arrivé pour se poser des questions en fait tout ça va va nous permettre de... Il faut croire en soi. Il faut avoir des visualisations positives. C'est-à-dire que le mec qui prépare une compétition judo, par exemple, il doit visualiser sa victoire. Il doit vraiment... Dans sa douche, quand il est dans la voiture, il doit vraiment visualiser ce qui va le faire gagner. C'est-à-dire, ça peut être n'importe qui, ça peut être Teddy Riner face à nous on s'en fout le but c'est de visualiser quelques gestes et ces gestes vont nous permettre de gagner et ça il faut se répéter il faut le répéter un maximum deux fois et en dernier c'est les actes, il faut réaliser des choses, je l'ai écrit dans le bouquin aussi je ne veux pas en parler moi je suis un footballeur depuis tout petit et arrivé à Lorient, je n'ai pas hésité à m'insérer dans le stade. J'y suis arrivé, je ne dirai pas comment. J'ai été frappé au bureau de l'entraîneur. J'avais le cœur qui battait à 3000. Quand je suis sorti de là, j'avais un petit papier disant que je pouvais revenir quelques mois plus tard pour essayer de rentrer en équipe réserve. Mais j'y suis arrivé, j'avais réussi. j'avais créé quelque chose, j'avais réalisé un acte qui m'a permis d'être plus confiant. Voilà, c'est au niveau de la confiance en soi, j'en parle beaucoup plus dans le livre, mais voilà ce que je peux vous dire aujourd'hui là-dessus.
Loïc Super. C'est marrant que tu aies pris l'exemple du judo, parce que c'est… En fait, empiriquement, je me suis rendu compte quelques années après que c'est exactement ce que je faisais pour les premiers championnats de France, tu vois. j'avais à l'époque, il n'y avait pas de smartphone donc quand je démarrais mon téléphone tu pouvais personnaliser un message donc moi mon message, j'avais 14-15 ans 15 ans peut-être c'était champion de France et j'avais ça pendant 8 mois donc chaque fois tous les matins que j'allais mettre mon téléphone j'avais champion de France et c'était quelque chose tu parlais de visualisation, de projection, de croyance aidante c'est clair que pour en avoir fait l'expérience assez jeune ça marche en tout cas ça ne peut que te mettre dans les meilleures conditions pour des échéances importantes. Génial. Super. Donc là, on a couvert la confiance en soi. Deuxième notion laquelle tu veux aborder.
Matt Alors, on va parler de leadership. On va parler… Ça, c'est quelque chose que… C'est difficile à acquérir. Pour moi, le leadership, c'est une identité. Depuis tout petit, soit on est un leader, soit on ne l'est pas. Mais on peut le travailler et on peut le devenir. On ne peut pas… En fait, pour être force spéciale, quoi qu'il arrive, à un moment donné, il va falloir qu'on soit leader. Leader même de soi-même. Quand on reçoit le pincement sur le bras et qu'on se dit… et qu'on sait qu'à l'intérieur de cette pièce, il y a deux terroristes armés et qu'il faut rentrer, à ce moment-là, c'est toi qui es en tête de colonne et c'est toi qui deviens le leader du groupe, malgré tout. Même si ça fait que trois ans que tu es dans le groupe, c'est toi qui deviens le leader. Donc, voilà. Comment y arriver, comment le faire ? En fait, c'est un travail de longue haleine, mais il faut savoir, un leader, il faut, il doit savoir communiquer sa passion. Voilà, un chef de groupe, moi, je suis rentré dans la marine, mon chef de groupe, il a tout de suite réussi à me communiquer sa passion, de l'arme, sa passion, de tout, enfin, de tout ce qu'on peut retrouver dans notre travail. Mais il faut savoir aussi fédérer, Parce que savoir fédérer, c'est hyper important parce que du coup, les gens nous regardent, nous écoutent. Il ne faut pas dire n'importe quoi. Un leader, il doit être exemplaire, tout simplement. Franchement, on ne peut pas demander à des gens quelque chose. Ce qu'on reflète, ce n'est pas ce qu'on demande, tout simplement. Il faut vraiment être aussi ambitieux. On ne peut pas être un leader sans avoir d'ambition. Un leader se doit d'avoir un ou deux, voire même trois coups d'avance sur le reste de son groupe. Même si on est chef d'équipe, c'est-à-dire soldat, on peut être leader, on peut avoir un coup d'avance sur le chef de groupe. Ça peut arriver, il faut simplement savoir le faire et savoir le dire. et ensuite un leader il doit savoir être à l'écoute à l'écoute de ce qui se passe tout autour de lui c'est à dire géographiquement même quand on arrive dans un milieu et d'un coup en fait il faut savoir sentir les choses moi quand je rentre dans un bâtiment où je sais que dans un hôtel où on doit aller reconnaître cet hôtel alors qu'il y a des terroristes à l'intérieur il faut sentir les choses on peut pas aller on peut pas avoir cet effet tunnel on appelle ça, il faut avoir un petit recul et il faut sortir les choses, il faut se positionner en tant que leader, dire on va là, on bloque ici, il faut être décisif, il faut savoir prendre des
Loïc décisions au bon moment. J'ai l'impression d'une forme d'intelligence situationnelle aussi, je ne sais pas si c'est un terme qui te parle mais j'ai un peu l'impression d'entendre ça quand tu l'expliques.
Matt C'est une analyse de situation tout de suite, dès qu'on met le pied quelque part, il faut analyser, c'est comme quelqu'un qui rentre dans un restaurant par exemple avec sa femme et tout d'un coup il voit que il ya quelque chose qui se passe pas bien et puis ça se sent il ya beaucoup de personnes qui sont capables de le faire ça c'est surtout les mères de famille elle le sent très très vite il ya quelque chose qui va pas avec leur enfant donc voilà c'est ce petit truc là en fait il faut qu'un leader il faut qu'il est en soi et moi je reviens là dessus c'est vraiment une identité C'est un dialogue interne, encore une fois, il faut se le dire. Aujourd'hui, je vais être leader. Par exemple, si on a prévu une conférence, aujourd'hui, je serai leader. C'est moi qui veux mener tout ça, etc. Il faut anticiper. Voilà ce que je peux vous dire. J'en parle notamment d'une mission où très jeune, mon chef de groupe m'a mis en chef de détachement pour aller sur deux bâtiments français contre la piraterie somalienne. Et j'en parle dans le bouquin où là je me suis senti leader parce que j'avais une quarantaine de personnes sous mes ordres et face à nous il y avait les pirates. Donc on a subi plusieurs attaques. Il fallait réagir, on est seul au milieu de l'océan, donc il ne faut pas faire n'importe quoi. Et quand on a 27 ans, j'avais 26 ans à l'époque, Donc, voilà, il faut se sentir les doigts, comme on dit, vulgairement.
Loïc Et là, sur cette mission spécifiquement, du coup, ça a été quoi ton dialogue quand tu as su que ça allait être toi le chef de détachement ?
Matt J'ai été très honoré. J'ai demandé pourquoi. Il m'a dit, en fait, c'est ça, ce chef de groupe-là, il me communique sa passion. Et il m'a dit, mais si, tu es capable de le faire. Et puis à ce moment-là, je me suis dit, ok, si le chef me dit que moi je suis capable de le faire, donc c'est parti, je me suis dit à partir de ce moment-là, je n'ai pas hésité une seconde. Il y a des moments où on est dans le doute, mais quand on est chef à notre niveau, on se doit de ne pas le montrer aux autres. Il faut juste savoir l'encaisser, peut-être poser des questions, etc. Mais quand on est leader, les moments de doute, il faut les éviter. Par contre, ils arriveront quoi qu'il arrive. Il faut essayer de les cacher malgré tout et être à l'écoute. Je reviens là-dessus, c'est être à l'écoute des autres. Les autres, malgré tout, pourront nous aider à réaliser, à trouver la bonne solution, la solution la plus efficace.
Loïc excellent alors tu parlais d'exemplarité aussi est-ce qu'il y a peut-être une anecdote sur soit cette mission soit une autre qui pourrait illustrer ça cette notion d'exemplarité
Matt alors l'exemplarité ouais il faut en fait on va dire que c'est un tout c'est sur en fait c'est sur mes 20 ans de carrière on peut pas c'est compliqué de dire là j'ai été exemplaire parce que c'est compliqué de le dire comme ça, mais c'est surtout sur la longévité. Il faut être exemplaire à tout niveau, tout le temps. C'est sûr, il y a des moments où on fait des erreurs, mais ce sont des petites erreurs, on va dire. Il faut vraiment être exemplaire au niveau de l'humilité, c'est ce qui nous caractérise le plus. Là-dessus, on ne peut pas se permettre de se la péter quand on discute avec quelqu'un et qu'il nous pose des questions, on ne peut pas se la jouer star. Non, il faut garder son humilité parce que c'est quelque chose qu'on a choisi. On ne l'est pas devenu, donc on l'a choisi. C'est normal qu'on arrive à ce niveau-là de formation. C'est comme un footballeur professionnel, il l'a choisi. Je ne sais pas si eux sont très humbles, mais je pense que oui, pour la plupart. Il faut garder cette humilité et grâce à cette humilité, on devient exemplaire. Et l'exemplaire, être exemplaire, ce n'est pas nous qui le décidons, c'est les autres qui nous qualifient. Moi, je trouve que ce mec est exemplaire et du coup, je vais le suivre. Je pense qu'il a la façon de faire et je pense que c'est la bonne façon. Je vais le suivre et du coup, pour moi, ce mec, il est exemplaire.
Loïc Aujourd'hui, après 20 ans dans l'effort spécial, tu dirais que Matt est exemplaire ou a été exemplaire ?
Matt En fait, non, je ne dirais pas que j'ai été exemplaire, parce que ça serait compliqué de raconter ça. Mais par rapport à ce que les gens me retournent, par rapport à tout ce que je reçois, même en ce moment, par rapport à… Enfin, voilà, moi, quand j'étais chef de groupe, les gars voulaient venir dans mon groupe. Je leur demandais, mais dans quel groupe tu veux aller ? Moi, je veux aller dans ton groupe. je me dis c'est que le boulot je le fais quand même assez bien du coup c'est vraiment par rapport à ça le sentiment des autres me font dire que oui j'ai l'impression que je crée une bonne image je suis par rapport à d'autres ça marche
Loïc super parfait on a couvert leadership on passe au courage
Matt le courage ouais le courage j'en parle dans le livre c'est une vertu pour moi le courage c'est vraiment quelque chose qui en fait c'est une vertu d'entreprendre des actions difficiles sur des moments bien précis qui peuvent mal finir tout simplement quand on est courageux en fait on s'en rend même pas compte. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui se passe, et en fait, on réagit. C'est une réaction à un contact, c'est une réaction à quelqu'un qui est dans la rue, qui va se faire écraser. Nous, on réagit, en fait, on se met en danger pour sauver la vie d'autrui. Du coup, dans le livre, j'en parle à travers la mission que j'ai réalisée en Afghanistan, où on a perdu notre pote Jonathan, john oui il est décédé dans une dans un campagne et puis voilà on a dû aller chercher voilà je parle du courage dans le livre et c'est une introspection sur ce que j'ai vécu à ce moment là et c'est ça a été un petit peu compliqué de l'écrire mais ça voilà ça ça fait ça fait maintenant quelques années et puis c'est digéré tout ça et ça fait du bien aussi d'en parler et le courage c'est quelque chose vraiment qui qui est très important chez nous on a besoin de gaillard quoi des mecs courageux sur deux qui savent qui savent faire des choses que qu'on n'avait même pas pensé une seconde moi j'ai vu des gars de mon groupe ne serait-ce que le faire trois quatre mètres à gauche pour pour ouvrir un angle puis tomber sur quelqu'un le maîtriser sans sans faire coup de feu le mec qui était tout seul face à cette situation et à ce moment là le gars il a eu énormément de courage quoi s'il n'avait pas eu de ce courage là il serait resté à distance il aurait ouvert le feu non il a préféré garder son arbre dans son dos et à les maîtriser le gars et je pense que voilà c'est une vertu qu'on a tous ça par contre on l'a tous j'en suis persuadé tout le monde a une part de nous on est tous courageux à un moment donné pour la famille pour les amis enfin voilà il faut qu'on il faut savoir se dire ok aujourd'hui j'ai peur là j'ai peur je sais pas je prends l'exemple d'une rame de métro il ya une agression qui est en train de se faire et ben oui le coeur bat vite ok là j'ai peur mais j'ai pas le droit d'avoir peur il faut que je sois courageux en fait encore une fois c'est un dialogue interne qu'il faut se dire dans l'instant t à l'instant t aujourd'hui je serai j'aurais pas peur aujourd'hui je serai courageux et quoi qu'il advienne voilà faut aussi pour être courageux faut être missionné c'est à dire si toi loïc je te donne une mission ok ta mission c'est de quoi qu'il arrive de rentrer de rentrer dans cette maison et puis d'aller sauver ta famille et va tout de suite tu vas tu vas te déconnecter et tu vas tu vas tu vas sentir en toi une mission et tu vas être normalement courageux tu vas tu vas avoir en toi beaucoup de courage pour réaliser ta mission et puis et puis pour finir ouais faut se créer une identité je suis un homme courageux fausse le fausse la voie fausse le ou faut essayer de se persuader soi même d'être courage pour un jeune pour quelqu'un qui est qu'à pas trop de confiance en lui qui est n'est pas trop courageux, c'est un petit peu lié, tout ça. Et ok, aujourd'hui, je serai courageux, aujourd'hui, je ne vais rien laisser passer. Mon chef qui m'emmerde tous les jours, je vais essayer de lui discuter un petit peu avec lui, les yeux dans les yeux, et je vais lui dire ce que je pense. C'est ça, être courageux aussi. Voilà ce que je peux dire là-dessus.
Loïc Ça fait beaucoup écho, tu sais, en judo, encore une fois, j'ai fait de judo pendant quelques temps, on a un code moral en France, donc c'est une série de vertu, de valeur, oui. Et le courage, justement, je reconnais, dans ce que tu as décrit, ça m'a complètement évoqué la façon dont on l'apprend aux jeunes en judo. Le courage, c'est, dans ce code moral, c'est faire ce qui est juste. J'ai l'impression que c'est un peu ce que tu dis, en fait. Quel que soit, tu vois, le risque associé à l'action que tu vas prendre, en fait, tu ne prends même pas ce risque en compte. Tu fais ce qui doit être fait. J'ai un peu l'impression que c'est ça.
Matt Je le dis, c'est facile d'être courageux quand il n'y a rien à perdre. c'est facile d'être courageux quand on ne risque rien mais par contre si le fait d'être courageux et qu'on ne sait pas ce qui va arriver juste après là oui, là on peut parler de courage quand les gars de la BRI à Paris quand les gars du RAID sont rentrés dans le Bataclan je pense que ces hommes là ils ont été très courageux. Ils ne savaient pas où ils allaient, mais ils y sont allés.
Loïc Complètement. C'est clair que c'est un exemple qui parle à beaucoup de gens. Tu as dû me voir me retourner, parce que j'ai lu un livre il n'y a pas longtemps sur le courage. L'auteur, je crois qu'il s'appelle Gérard Guerrier, qui d'ailleurs a échangé avec des anciens, je ne sais pas si c'est des anciens, mais des gens de la BRI qui étaient au Bataclan. Je crois qu'il a échangé avec des commandos. Justement, il parle exactement de ce que tu viens de dire. c'est si quelque part il n'y a pas de risque est-ce qu'on peut vraiment parler de courage ?
Matt Oui, totalement.
Loïc Et j'ai trouvé la réflexion très intéressante. Est-ce qu'en fait le courage ça ne commence pas à partir du moment où potentiellement l'action que tu entreprends comporte des risques pour toi quels que soient les risques ?
Matt Bien sûr. On peut faire exactement le parallèle avec Alain et Cédric les deux gars du commando Uber qui sont décédés. ils respirent le courage ces deux gars quand ils sont rentrés dans cette hutte ils ne savaient pas ce qui allait se passer le seul but pour eux c'était de sauver les otages le courage à l'état pur c'est exactement ça
Loïc pour finir sur la notion de courage t'évoquer une mission c'est vraiment pour savoir si on parle la même chose Est-ce que c'est une mission qui a fait l'objet d'un reportage ou d'un documentaire ? Oui, exactement.
Matt L'HK35. Je reviens sur cette mission parce que la plupart des gens qui s'intéressent au sujet la connaissent. D'ailleurs, le reportage de Stéphane Rebaugane, pour nous, on l'a pris vraiment comme un cadeau. C'est un hommage qui a été rendu à John. et pour nous, c'est également un hommage, quoi qu'il arrive. Même pour la famille de John, vous vous rendez compte, je parle à tout le monde, quand un père de famille, une mère de famille, une cousine perd un être cher, on se dit, mais comment ça s'est passé ? Et là, grâce à ça, grâce à ce reportage-là, tout le monde a eu des images et ça permet peut-être de passer à autre chose, ou en tout cas d'être un peu plus serein pour le restant de notre vie, tout simplement.
Loïc Dernière notion ?
Matt Oui, la gestion du stress. La gestion du stress, c'est… Il faut savoir comment gérer son stress. Déjà, le stress, comme beaucoup le savent, il y a le bon et le mauvais stress. il faut savoir le canaliser, il faut savoir l'identifier. OK, là, je suis stressé et c'est normal, en fait, tout simplement. Quand j'arrive aux sélections pour devenir commando marine, c'est normal d'être stressé. Et en fait, le plus important, c'est comment dire, il faut éviter aussi le stress inutile. Si trois semaines avant la compétition ou 15 jours avant le début des tests, si là on commence à stresser, c'est inutile. Il faut tout de suite y réfléchir, se poser, prendre ses baskets, aller courir et puis dire, ce n'est pas maintenant que je vais commencer à me stresser pour réussir ce que j'ai à faire. Il faut anticiper tout ça. Il faut analyser son soi interne. Il faut le combattre. Il faut anticiper et affronter la situation qui va arriver. Et pour ça, pour stresser un petit peu moins, encore une fois, il faut se mettre en situation. si par exemple le gars il stresse quand on rentre dans l'eau quand il rentre dans l'eau et ben il faut à chaque fois qu'il rentre dans l'eau à la piscine ou à la plage il faut qu'ils se disent ok je suis pas en train de rentrer dans cette piscine là je suis en haut de la cuve cette fameuse cuve sombre et très très froide et voilà il c'est un dialogue il faut qu'ils se disent ok je suis prêt à rentrer dans cette cuve à côté de moi il ya un instructeur quand même que les su là je vais faire 50 mètres de nage ensuite je vais aller chercher un plongeur qui a huit mètres de profondeur voilà c'est et puis à force de le faire tout simplement il va et ben il va savoir gérer son stress en fait il va par exemple moi j'avais j'ai l'habitude de faire ça au début à chaque fois j'allumé ma douche les quelques secondes en règle générale c'est entre 10 et 15 secondes où l'eau il est froide et ben j'allais dessous mais j'allais tout c'est pas pour me faire m'entraîner au froid parce que ça c'est on n'y arrive jamais à part maille corn on va dire mais c'est juste pour que mon cerveau analyse la situation c'est à dire que quand je ferme les yeux et je me mets sous cette eau froide je me dis ok je suis dans la queue je suis en train de passer les tests pour devenir force spéciale je suis pas chez moi sous ma douche non je suis en train de rentrer dans cette cube pour passer les tests et à chaque fois et si on le fait tous les jours tous les jours deux trois mois avant en fait au bout d'un moment le cerveau il va il va analyser ce stress l'eau froide et le jour j en fait au lieu d'avoir le coeur qui bat 180 et bas le cerveau va dire non c'est bon je connais je connais cette sensation je connais ce stress et du coup et le coeur battra beaucoup moins beaucoup moins fort et le gars sera beaucoup plus apte à réaliser son épreuve le stress c'est vraiment accepter d'être stressé mais il faut pouvoir l'anticiper
Loïc c'est passionnant parce que je retrouve beaucoup de notions qui m'ont été partagées par un autre invité dans un épisode plus tôt d'ailleurs je crois que tu as un trajet long bientôt donc je t'inviterai à l'écouter peut-être que ça t'intéressera et c'est sur le subconscient. C'est un coach hypnothérapeute, préparateur mental qui accompagne des athlètes plutôt de très haut niveau, des apnéistes avec des records mondiaux, des athlètes olympiques, etc. Et dans cet épisode, il nous expliquait que le cerveau ne fait pas vraiment la différence entre l'imagerie et la réalité. Et qu'en fait, un excellent moyen de passer des paliers extrêmement importants en termes de performance dans le sport, c'est en utilisant l'imagerie et en fait c'est ce que toi tu as appelé le dialogue interne ou les croyances aidantes ou supportantes c'est ça en fait comment est-ce que tu arrives à t'imaginer des situations, te mettre en situation pour au moment où elle arrive être prêt et puis la surmonter facilement je ne sais pas si c'est facile mais en tout cas la surmonter avec ton plein potentiel
Matt exactement et je raconte dans le livre le jour où j'étais le plus stressé dans ma carrière et ça ça sera la surprise du chef on va dire en deux mois c'est le jour où j'ai reçu une balle en plein dans la plaque et du coup j'ai été projeté en arrière et puis je le raconte dans le livre ça c'est du teasing
Loïc gros stress ouais j'imagine bah écoute je me précipite sur une librairie dès le 19 novembre pour aller lire ça on arrive au bout, je sais que tu as un rendez-vous juste après donc un grand merci Matt peut-être le mot de la fin qu'est-ce que tu retiendrais toi de façon très synthétique quel serait le message en une phrase que tu aurais envie de partager après 20 ans dans l'effort spécial
Matt réalisez vos rêves tout simplement il ne faut pas s'arrêter à quelqu'un qui va vous stopper dans votre élan si vous avez décidé de faire quelque chose si vous avez décidé si vous avez un objectif faites-le faites-le vraiment et ne vous arrêtez pas au premier obstacle allez jusqu'au bout des choses
Loïc super un immense merci Matt merci beaucoup pour ton temps j'ai hâte d'entamer la lecture de ton livre Objectif Fort Spécial et puis je te dis à une prochaine pour de nouveaux récits peut-être
Matt super, merci à toi Loïc et puis hâte d'écouter tout ça hâte de te réécouter à travers d'autres podcasts donc merci et puis à bientôt à bientôt, salut Matt ciao
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