Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·237 Trail #Ultra #Addiction #Voyage

28 juillet 2026

Sortir de l'addiction (drogue, alcool) par l'ultra trail, avec Alban Berson

Durée · 58 min · Transcription disponible

Alban

Le récit

Alban Berson a passé presque vingt ans à faire la fête. Ça a commencé au lycée, dans un contexte de harcèlement, avec l'alcool et la drogue comme échappatoires. Ça a continué pendant seize ans de saisons en restauration entre stations de ski et stations balnéaires, où les soirées entre saisonniers faisaient partie du décor et où l'alcool n'était jamais très loin.

En avril 2015, à 34 ans, il s'effondre. Burn-out violent, hospitalisation en psychiatrie à Briançon. Il décrit une douleur qu'il compare à une jambe cassée, sauf que le mal était partout. En sortant de là, il se fixe un objectif simple : courir un semi-marathon. Il le termine en 1h21. Quelques mois plus tard, il gagne sa première course de trail, un 17 km au pied de Gap, en chaussettes de tennis et vieux sac à dos. Ces deux moments deviennent les électrochocs qui changent tout.

Depuis, Alban n'a pas arrêté de progresser. 13ème à l'UTMB (22h27), 2ème à la TDS en 2024, athlète sponsorisé par Altra, pisteur secouriste nordique à Serre-Chevalier, et une vie nomade en camping-car dans le Briançonnais. Il a aussi parcouru environ 25 000 km à vélo à travers 25 pays, de l'Amérique centrale à la côte adriatique.

Dans cet épisode, Alban parle de tout ça sans filtre. De l'addiction, du TDAH diagnostiqué il y a un an et demi qui explique une partie de son parcours, du choix difficile de s'éloigner de certains amis pour se reconstruire, et de ce que la montagne et l'ultra lui apportent au quotidien.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 NAHUEL PASSERAT : FINISHER DU RAMSAY’S ROUND EN 23H50 – RETOUR SUR UN DÉFI LÉGENDAIRE

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Loïc Moi quand je fais 13ème à l'UTMB, où il y a une foule de fous qui t'applaudit, moi les deux derniers kilomètres j'étais en larmes parce que j'étais... J'ai une scolarité compliquée, je me suis un peu perdu dans l'alcool et les drogues. Et là se retrouver avec des gens qui te prennent en photo, qui te font des vidéos, qui t'applaudissent, qui te crient dessus... Ça m'a prouvé que j'étais capable de faire des belles choses également. Hello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent, et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre le micro à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi ? Parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, il se pourrait bien qu'une écoute régulière puisse t'entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. C'est parti. Eh bien, écoute, bienvenue Alban sur Les Frappés. Ultra content de te recevoir au micro du podcast pour parler de plein de choses, de sport, mais pas que, d'addiction aussi. Un thème qu'on n'a jamais vraiment clairement évoqué avec aucun de mes anciens invités. mais un thème pour le moins ultra important et qui fait partie complètement de ton histoire et qui explique en partie où tu en es aujourd'hui. Donc écoute, ultra intéressé, merci beaucoup de m'avoir contacté et à nouveau, bienvenue sur le podcast. Merci à toi Loïc, ça va être chouette d'échanger là-dessus. C'est un sujet que j'aime bien parler, si ça peut aider des gens, les problèmes d'addiction, je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui sont sujets à ça. Et puis, j'ai également une neuro-atipie où le sport me fait beaucoup de bien, surtout le trail avec cette partie sport nature, sport montagne. Yes. Écoute, on va parler de tout ça. Ce que je te propose, Alban, c'est peut-être dans les grandes lignes, nous expliquer ce que tu fais aujourd'hui. et puis après on se penchera un peu plus sur d'où tu viens qu'est-ce qui occupe tes journées aujourd'hui cette ville là depuis quelques hivers je suis pisteur secouriste en ski de fond à Bliançon Cerche-Chevalier ça fait deux ans que j'habite là-bas à Bliançon même par curiosité ou j'habite dans le Bliançonnet en fait j'habite en camping-car ok donc des fois je suis à Bliançon à Monétier dans la vallée de la Clarée ouais J'ai un peu la bougeotte dans le brion sonné, et puis un peu partout aussi. C'est un peu une vie nomade que j'apprécie, qui est assez proche de la nature, un peu minimaliste. Et voilà, c'est assez simple. C'est des choses que je retrouve dans mon sport aussi, qui est le trail. Et j'aime beaucoup ça. Tous ces avantages. Bon, il n'y a pas que des avantages. Ce n'est pas tous les jours facile. Ça peut être froid. quand il fait moins 14 c'est pas toujours évident dans le camping-car parce qu'il y a le chauffage mais bon il fait pas non plus 20 degrés mais ouais du coup je suis arrivé il y a 12 ans dans le brillant saunet ça a été un peu le coup de foudre de cette ville qui est la plus haute ville de France et d'Europe je crois et qui est au croisement de 5 vallées avec un terrain de jeu infini un peu un même avec le col du Galibier le col du Lisoire le col du Ganon en vélo et puis tellement de vallées avec plein de sentiers qui sont un terrain de jeu grandiose et un climat qui est chouette aussi car on est un peu plus ensoleillé que c'est un peu plus ensoleillé que la Savoie la Haute-Savoie où j'ai fait quelques saisons précédemment avant d'arriver il y a 12 ans à Brionçon j'ai été dans d'autres stations comme Tignes Val-d'Isère les Deux-Alpes Châtel Grand-Bornan voilà ça fait 20 ans je suis saisonnier. Les 16 premières années, j'étais dans la cuisine, dans la restauration. Et là, ça fait 4 ans que je voulais un peu me rapprocher du sport. J'ai fait mon pisteur mordique il y a 4 ans. Excellent. Donc, rôle du sauveteur, secouriste, du secouriste-pisteur, ce qu'ils font, c'est quoi ? C'est que tu tarpentes toutes les traces de ce qu'ils font, toutes les pistes sur les domaines qui se réservent au ce qu'ils font et tu es là pour prêter assistance, identifier des problèmes etc c'est ça ? exactement c'est comme l'Alpin on sécurise les pistes on fait les premiers secours aussi alors il y a beaucoup moins de secours qu'en Alpin c'est beaucoup moins accidentogène mais nous on fait une dizaine de secours par par saison je pense qu'un pisteur en Alpin c'est plus 5-6 par jour ouais du coup du coup ouais mais on fait aussi du contrôle parce que les sites nordique, on peut se garer n'importe où et rentrer sur les pistes facilement. Donc, on patrouille un peu pour contrôler. On fait de l'encaissement également. Et voilà, c'est un peu plus polyvalent parce que il y a ces multi-entrées. Et puis, vu qu'on a moins de secours, ça nous permet d'avoir d'autres choses à faire. Et la bobologie est plus légère, j'imagine, aussi ? Oui, mais pas que. Il y a des bons crashs aussi. Et puis, c'est un sport d'endurance un peu. Donc, on peut avoir des petits problèmes cardiaques et des petits malaises. Contrairement à l'Alpin, c'est plus de la glisse et c'est plus des accidents, des chocs. Là, on peut avoir des malaises et les malaises, ce n'est pas ce qui est le plus facile à gérer. OK. Malaises, elle est fort. Oui, j'imagine. OK. Et donc, avant ça, tu disais pendant 16 ans des saisons en cuisine. juste avant qu'on bascule sur ce qu'il y avait avant le bréant sonné et avant le fait que tu deviennes pisteur secouriste la place du sport aujourd'hui dans ta vie d'un point de vue loisir tu as évoqué le trail un peu rapidement mais est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton niveau de pratique donc j'ai commencé en 2015 le trail maintenant j'ai commencé par des 17 kilomètres un semi-marathon après un 17 kilomètres sur le trail de la fourcha en dessous de gap et j'ai vite augmenté les distances j'aimais bien le côté de passer beaucoup de temps en montagne donc je suis vite parti sur des formats un peu marathon 60 kilomètres où j'ai passé pas mal de temps et après j'ai augmenté les distances un peu classiques passé sur du 80-90 et après j'ai voulu me rapprocher un peu de ce côté aventure qui est l'Ultra Trail où on découvre beaucoup de choses autant géographiquement qu'en soi que physiquement que mentalement j'aime bien ce côté découverte et aventure et voilà c'est pour ça que je suis je cours essentiellement maintenant sur des formats ultra comme la TDS comme l'ITMB à Chamonix de Mew Tamader Val d'Aran UTMB beaucoup de courses UTMB ouais ok et la plus longue distance que t'es courue par curiosité moi c'est l'ultra tour du Mont Blanc 176 km ok avec 10 000 mètres de dénivelé un petit peu moins je crois 9600 176 et ça c'est un format dans l'ultra t'as un format en particulier que tu préfères tu vois des types type distance UTMB au delà de 150 160 ou pas forcément j'aime bien le le long j'aime bien au dessus entre 140 et 170 après j'ai pas fait au dessus mais j'aime bien ce côté il y a un côté où il faut être patient sur ses courses et j'aime bien être le côté sagesse et patience du départ de ses courses où forcément on peut pas partir on peut partir partir à fond mais on le paye c'est un sport d'usure un peu on sait que moi quand j'ai fait l'UTMB à Chamonix je suis passé à la mi-parcours je devais être 60ème au kilomètre 80 et à la fin je termine 13ème parce que je fais un gros final et parce que les autres ils étaient ils étaient cuits devant et voilà ça fait une 13ème place sur l'UTMB qui est la plus la course sur ce format la plus relevée au monde et je suis mis 22h27 donc solide très solide une belle fierté pour moi et donc c'est après ton UTMB que t'es devenu que t'as signé avec Altra parce qu'on en a pas encore parlé il y a 8 ans peut-être il y a 7-8 ans que j'ai signé avec Altra ça fait 10 ans que je cours depuis 2015 j'ai dû signer en 2017 j'ai dû faire une 13ème place le 98 Mont Blanc et c'est à cette époque là que j'ai signé avec Altra j'avais un peu toute leur paire de chaussures et j'avais des performances plus ou moins correctes donc ils m'ont intégré dans la team où j'avais un peu que du matériel au début que quelques paires de chaussures et après j'ai de plus en plus fait de beaux résultats et voilà maintenant j'ai un petit contrat professionnel j'en vis pas à 100% mais voilà ça m'aide à me décharger un petit peu sur les intersaisons et voilà à m'entraîner un peu mieux alors Altra n'est pas sponsor de cet épisode n'hésite pas à leur en parler on sait jamais mais j'adore Altra s'il y en a qui ne connaissent pas la particularité de ses chaussures alors je ne sais pas d'ailleurs si c'est tous les modèles qui sont comme ça mais il y a une forme de pied la forme du chausson est une forme naturelle donc avec l'avant du pied qui est plus large que le talon ce qui n'est pas vraiment la norme donc pour les gens moi j'ai des pieds plutôt larges j'ai marché pieds nus j'ai grandi en Valkadonie donc la chaussure fermée je ne connaissais pas jusqu'à mes 9-10 ans et après j'ai fait beaucoup de judo et donc voilà j'ai des pieds plutôt larges et Altra j'adore pour ça parce que quand je fais mes sorties que ce soit sur route ou trail je n'ai pas les pieds qui s'écrasent les uns les autres et je trouve que c'est ultra agréable et en plus et même question d'ailleurs je ne sais pas si c'est toutes les paires mais ils sont en drop zéro quasiment oui c'est les deux particularités en fait d'Altra c'est d'avoir cette boîte à orteils comme tu disais un peu large après selon les modèles des chaussures il y a différentes largeurs il y a des boîtes à orteils qui sont plus ou moins larges selon les modèles ça c'est bien expliqué sur leur site et c'est vrai que ça donne un côté où on a l'impression de courir un peu quand on court pieds nus sur la plage avec les orteils un peu larges ça donne cette impression de courir de cette façon et il y a le zéro drop ça veut dire que l'avant du pied et le talon ils sont à la même épaisseur s'il y a 16 mm de semelle à l'avant il y a 16 mm à l'arrière mais depuis peu là ils font un modèle pour les gens qui sont un petit peu réticents c'est bien que les gens puissent essayer Altra avec un tout faible drop c'est du 4 mm ça permet aux gens d'essayer cette boîte à orteils et puis ça permet aussi d'avoir une progression sur le fait de passer d'un drop un peu important à zéro car ça tire un peu les mollets il y a quand même il y a un protocole à mettre en place si on veut se mettre à ses chaussures et ça se fait très bien mais il faut le faire correctement il ne faut pas partir sur 40 km en passant d'un drop de 10 mm à 0 parce que sinon les tendons, les mollets ne vont pas supporter ce qui est compréhensible et normal je trouve, enfin voilà encore une fois, pas un point sponsorisé mais ça fait des années que j'ai des Altra sur route ou Trail et j'en suis ultra content et ce que j'aime bien, le drop 0 je trouve que c'est intéressant parce que finalement on court entre guillemets la foulée plus naturelle je pense que quand t'as 12 mm tu vois que tu sens rien, aucun caillou et que ton pied est penché vers la main artificiellement enfin bon, voilà après chez Altra il y a des semelles qui sont assez minimalistes, très fines mais il y a également des semelles comme le modèle Olympus qui sont plutôt maximalistes avec un gros amorti qui sont plus pour des formats très longs. Voilà. C'est vrai. Ce n'est pas forcément des amortis ultra, des semelles ultra fines. Non. Mais oui, le Drop Zero, s'il y en a que ça intéresse, regardez le Drop Zero. Mais il faut s'y habituer. Oui, exactement. Excellent. OK. Donc, un sacré niveau en trail. Comment tu gères tes saisons ? Est-ce qu'Altra, ça se passe comment quand tu as un contrat pro comme ça ? Est-ce qu'il y a des courses un peu obligatoires où il faut que tu sois pour des questions de visibilité ou c'est toi qui fais ton planning tout seul ? Un petit peu des deux. C'est vrai que pour les sponsors, c'est quand même mieux d'aller courir des courses qui ont de la visibilité, des grandes courses avec un niveau important international. Et c'est vrai que les UTMB séries, UTMB à Chamonix et les UTMB séries, il y a beaucoup de médiatisation. Donc, les marques sont plutôt friands qu'on joue le jeu d'aller sur ces courses. Et puis après, moi, je trouve mon compte parce que maintenant, sur les UTMB séries, il y a quasiment 56 courses, même peut-être 60. Je ne sais plus. Il y avait 56 encore il n'y a pas très longtemps. Et du coup, je trouve toujours des belles courses qui me plaisent donc ça me va très bien de rester sur ce circuit ok et là la prochaine grosse course que tu prépares c'est quoi ? c'est Verbier by UTMB c'est une course de 140 km avec 9000 un peu plus de 9000 de dénivelé c'est une course qui est plutôt alpin et c'est des formats que j'aime beaucoup comme la TDS la TDS c'est une course qui est sur la semaine UTMB à Chamonix qui a lieu en début de semaine, le mardi. C'est moins... C'est plus des sentiers techniques, plus sauvages que vraiment le Tour du Mont-Blanc. Le Tour du Mont-Blanc, c'est quand même des pistes assez larges et assez propres. Là, la TDS est vraiment technique. Et justement, la TDS, j'ai fait quatrième en 2021 et deuxième en 2024. Et c'est des parcours qui me plaisent bien. Et c'est pour ça que je vais revenir sur Verbier, là. veut venir sur Verbier Bayutembe qui aura lieu le 10 juillet et puis c'est des chemins qui correspondent un petit peu à ce que j'ai sur Brionçon-Cert-Chevalier ça ressemble bien à ces petits chemins de randonnée voilà j'ai vraiment hâte de faire cette course c'est une course qui me plaît depuis longtemps mais ça fait 5 ans que je vais à Chamonix par rapport aux partenaires et puis c'est quand même c'est quand même le sommet mondial du trail là-bas à Chamonix bref et le fait de ne pas avoir été pris au tirage au sort cette année ça me permet de faire d'autres courses notamment Verbier qui aura lieu le 10 juillet et après j'ai une deuxième course qui s'appelle Wise Trouble Bayutembe qui a lieu à Cran-Montana Cran-Montana on connait par rapport au drame qui a eu lieu il n'y a pas très longtemps malheureusement et qui sera à 115 kilomètres avec 6600 mètres de dénivelé et pareil c'est également en Suisse et c'est des parcours qui sont très beaux, très sauvages et c'est ça qui me plaît souvent quand c'est technique sauvage c'est là où il y a les plus beaux paysages, je trouve il ne faut pas faire une généralité et du coup avec cette échéance en juillet 10 juillet tu disais tes semaines d'entraînement, comment tu structures ton entraînement de manière générale c'est beaucoup de temps en montagne j'imagine mais ça ressemble à quoi ? Oui, c'est environ 15-20 heures par semaine. L'hiver, c'est pas mal de ski de fond par rapport à mon travail déjà, même si c'est pas très qualitatif, mais on passe pas mal de temps sur les skis. Après, c'est pas vraiment de l'entraînement, mais bon, ça fait toujours un petit peu de volume. Du ski de rando quand je suis en congé, un petit peu de natation, de la salle de sport également, du renforcement en salle. mais puis l'été c'est surtout du VTT, du vélo-route un petit peu de natation encore et beaucoup courir parce que c'est ce que je préfère en fait j'adore courir, j'aime le côté simplicité et minimaliste de la course à pied je trouve ça génial d'aller courir on prend juste la paire de baskets, un short, deux bars un petit peu d'eau et puis on part à l'aventure dans les montagnes je trouve ça tellement simple il n'y a pas de matériel à préparer il n'y a pas de pneus à gonfler des pots à coller et la seule il n'y a pas de casse en fait le fait de pas avoir de matériel il n'y a quasiment pas de casse la seule panne qu'on peut avoir c'est la panne de nous même en fait on ne va pas casser une chaîne on ne va pas casser une fixation la seule panne qu'on peut juste avoir c'est le fait d'être fatigué ou parce qu'on s'est tordu une cheville ou autre et je trouve que c'est un élément qui me plaît cette simplicité et c'est dans la nature humaine de courir donc j'aime se rapprocher de ces choses simples et minimalistes c'est pour ça que je vis aussi dans un camping-car et voilà c'est quoi d'ailleurs comme camping-car je ne suis pas un spécialiste mais il n'y a pas longtemps on a fait un long week-end en van aménagé en Marco Polo avec ma femme et ma fille de 4 ans et c'était très chouette donc j'ai un peu regardé depuis tu vois mais je suis curieux c'est quoi comme modèle ça fait quelle taille c'est un Fiat Ducato c'est ce qu'on appelle un profilé donc c'est pas capucine c'est pas un intégral c'est un profilé et il fait 6m50 de long c'est un Fiat Ducato Laïka ok mais qui est un petit peu cassé car je me suis fait cambrioler il y a un mois ah bon j'ai mis un bon coup sur le moral j'ai eu pas mal d'affaires de voler j'ai de la casse mais non si si ouais il y a du cambriolage des camping-cars dans le bruit en sonnet oui ouais et le lendemain il y en a eu un autre aussi et ils ont attrapé la personne mais voilà c'est pas mal aïe aïe aïe ok ok bon trail pour en revenir au trail comment t'en es arrivé du coup à ce sport là on va rentrer un peu dans le le vif du sujet j'ai envie de dire mais est-ce que tu peux nous expliquer voilà comment le cheminement s'est fait jusqu'à jusqu'à ce que tu découvres cette discipline et que tu décides d'y consacrer plus de temps ? Alors, on va peut-être commencer par un peu le début. Je courais, je faisais pas mal, mon papa il courait, donc je courais un peu avec lui, bon, pas sur les mêmes distances parce que j'étais petit, je faisais plutôt 2-3 kilomètres. Donc, j'ai fait un peu les crosses du collège, en primaire je courais aussi à l'école. Je marchais plutôt bien et en sixième j'ai dû faire j'ai dû faire un dixième de la Basse Normandie et puis j'ai gagné quelques petites courses de village dans les fêtes de village il y avait toujours des petites courses donc je courais plutôt bien sauf que à la fin du collège comme beaucoup malheureusement j'ai commencé à fumer quelques cigarettes et à faire un peu la fête à la suite je suis arrivé au lycée au lycée j'ai eu des gros soucis d'harcèlement psychologique et physique du coup ça m'a ça n'a pas été une très bonne phase de la part de camarades ? de la part de camarades ouais j'étais dans un un lycée en vente je sais pas pourquoi j'étais partie dans la vente je savais pas trop quoi faire après mon collège donc mes parents m'ont mis dans dans la vente alors que j'ai pas du tout j'ai pas trop le bagout en plus je ne suis pas du tout vendeur mais ne sachant pas quoi faire et puis j'avais mes cousins qui faisaient de la vente également donc ils m'ont mis là-dedans ça n'a pas été trop une réussite parce que je ne me suis pas plus et je ne me suis pas intégré non plus dans cette classe j'ai eu du gros harcèlement physique et psychologique assez dur qui du coup j'avais besoin de décompresser sur mes week-ends et j'ai commencé à faire beaucoup beaucoup la fête à sortir pas mal dans le milieu de... J'étais en Normandie à cette époque-là. Il y a un gros mouvement de musique alternative comme le punk ou les rêve-parties. Donc, j'ai passé beaucoup de temps là-dedans. Tous mes week-ends, j'allais un petit peu en festival, en rêve-parties, dans les concerts punk. Et puis, c'est des milieux où ça fait la fête, où il y a beaucoup d'alcool et de drogue. et je n'ai jamais eu trop de limites sur tout ça autant sur la quantité que sur le quoi sur comment le prendre j'ai un peu tout exploré j'étais dans un milieu où on ne se rendait pas trop compte on était un petit peu c'est un petit peu comme un trailer qui a envie d'aller découvrir toutes les montagnes, toutes les vallées moi j'avais envie d'essayer toutes les substances qui existaient il y a des choses qui marchaient plus ou moins bien mais voilà j'ai pris de tout en étant conscient à ce moment là du fait que tu t'enfonçais de plus en plus et qu'il y avait des risques le risque sur la santé je ne m'en préoccupais pas trop j'étais plutôt un peu ouais j'étais un peu dans le milieu punk un peu nos futurs un peu, on s'en fout, on profite et puis on verra ce que ça donne j'étais plutôt un peu dans un mode un peu destruction et voilà, après c'était plus sur les week-ends donc ça a duré de mes 16 ans jusqu'à 24 ans, après à 24 ans j'ai envie de découvrir autre chose et puis il y avait un métier qui me plaisait depuis quelques temps, c'était la restauration la cuisine notamment et puis j'avais la chance aussi avec mes parents d'aller tous les ans faire une semaine de ski de Normandie on partait faire du ski à la montagne donc j'avais aussi envie de faire une saison de ski et puis en cuisine donc je suis parti au Grand Bornan à mes 24 ans et c'est vrai qu'en station de ski comme ça il n'y a pas trop de il n'y a plus trop de week-end en fait il y a des soirées tous les soirs on se retrouve entre saisonniers tous les soirs il y a des discothèques il y a des concerts il y a des DJs et puis et on se retrouve tous les soirs pour pour bringuer et de tes 16 à 24 ans du coup tu étais encore chez tes parents à ce moment-là ou t'étais autonome ? De 16 à 18, j'étais encore chez mes parents. Peut-être un peu plus tard. Je ne sais plus à quel âge j'ai pris un appartement. Et eux, voyez... Comment ? Et eux se rendaient compte de ton addiction qui s'était installée, en tout cas de ce que tu faisais ? Ils pensaient que je faisais la fête, peut-être que je fumais quelques joints, et encore je sais même pas trop s'ils ont réalisé ça. Mais ouais, ils le voyaient pas forcément. Je me faisais des fois quelques fois engueuler quand je rentrais bourré à la maison, mais ils pensaient pas que c'était autant en fait. Et ouais. Et après, donc après, j'ai fait quelques... pour changer entre mes saisons, entre la montagne, la mer. J'allais plutôt dans les Landes où j'ai fait une saison à Béliens-Mer aussi. J'allais plutôt l'été dans les stations balnéaires et l'hiver dans les stations de ski. Et dans le milieu de la restauration également, il y a beaucoup de... C'est assez facile quand même de trouver de l'alcool. Et puis, on a besoin de décompresser. Il y a beaucoup de stress quand même dans ce milieu de la restauration. Parce qu'il y a beaucoup de verres. On est vite à décompresser, à fumer la cigarette, à boire un verre, deux verres, trois verres. Et puis, il y a une soirée là-bas. Tous les soirs, on était amenés à se retrouver entre saisonniers, entre collègues, entre saisonniers des autres restaurants et puis à boire des canons. Comment tu fais pour tenir avec un rythme pareil ? Parce que la restauration, enfin, moi, je n'ai jamais travaillé en restauration, mais de ce que je vois c'est des horaires abominables des conditions l'été il fait chaud, t'es en cuisine tu crèves de chaud si en plus derrière ça t'enchaînes avec grosses soirées alcool et compagnie à la fin de la saison t'es déglingué ouais ouais, souvent les fins de saison c'est compliqué parce que moi je skie en plus, je skie quasiment tous les jours donc on commence le travail à 8h on finit à 14h, on basse qui est 2-3h entre la coupure de 14h à 17h. Moi, j'arrivais à aller skier 2h. Et puis, je revenais à 17h pour refaire le service du soir jusqu'à... Ça dépendait dans quel type de restauration je travaillais, mais c'était jusqu'à 21h, 23h, ça dépendait. J'ai fait beaucoup d'établissements différents, donc c'est pour ça que ce n'est pas évident de donner un horaire. Et puis, le soir, on vivait la bière de débauche, la cigarette, et puis une deuxième une troisième et puis on était partis dans les bistrots de la station et du coup on tient avec les nerfs et puis certainement aussi avec la drogue qui nous aide l'alcool, la drogue ça nous boostait un peu et voilà dans le milieu saisonnier il y a aussi un sujet avec la drogue pas que l'alcool oui je pense après je pense que la drogue elle est un peu partout dans tous les milieux il y en a partout de la drogue on se rend pas compte mais moi qui étais dans le milieu je sais qu'il y en a un petit peu partout mais je pense que niveau restauration il y a beaucoup de il y a cette pression de la cette pression comment dire cette pression qui est là d'être toujours à fond d'avoir une pression horaire d'être prêt à midi d'avoir la pression des clients aussi du patron donc on est toujours speed et c'est vrai que le soir on a besoin de décompresser de se détendre il y a énormément de tabagisme de problèmes d'alcool et de drogue dans le milieu de la restauration et j'en avais parlé justement avec la médecine du travail de mon histoire que le sport m'avait un petit peu sauvé et il m'avait dit que c'était une catastrophe ah ouais je te dis ça mais oui j'ai un pote qui avait un resto pendant longtemps et qui qui prenait alors c'était ultra bizarre en fait on m'arrive sur des dans tous les cas ça reste des sujets d'addiction je pense et de dérive mais il y a des saisons il prenait peut-être 20 kilos d'autres saisons il perdait 20 kilos parce qu'en fait il mangeait plus rien il y avait eu un sujet d'alcool aussi il était à une bouteille de Jack Daniels par jour tu vois à un moment donné ça avait l'air c'était clairement intense il s'en était sorti mais moi qui ai jamais travaillé dans le milieu c'est l'exemple que j'avais à côté de moi d'un très bon, très vieux copain où ça avait l'air clairement hard Oui, moi j'ai tellement vu des frères de cuisine qui étaient complètement alcooliques et puis c'est facile en restauration, il y a toujours la pression il y a toujours la pression qui n'est pas très loin, il y a les bouteilles de rouge pour faire le bœuf bourrignon il y a le rhum pour faire les phares bretons ou la pâtisserie il y a toujours des combines pour trouver un petit peu d'alcool, ceux qui veulent en cuisine. Et puis, cette tradition de la bière de débauche. Donc, moi, c'est vrai que j'avais plutôt, au début, l'impression de faire la fête. Et en fait, il y a un moment donné où on se dit aussi, en fait, quand je vais au bar, ce n'est pas pour faire la fête parce que la première chose que je vais faire, c'est aller chercher mon piquon bière ou autre. Et mon but, c'est de boire vite pour avoir cette ivresse. et puis du coup on n'est plus dans une je pense qu'on s'est dit qu'on va faire la fête mais en fait la seule chose qu'on vient chercher c'est notre dose notre dose alcool et puis voilà comment tu te sors de tout ça du coup ? du coup suite à une saison là à Cerche-Vallée quand je suis allée à Cerche-Vallée on a fait une saison entre amis dans une colocation avec une amie qui dealait pas mal en plus donc c'était pas le bon plan et donc une saison riche en alcool et en drogue avec peu de sommeil et en 2015 en avril 2015 j'ai fait un gros burn out où j'arrive pas du tout à remonter donc là t'avais quel âge ? j'avais 34 ans 34 ans ok et j'ai vu mon médecin et il ne savait pas quoi faire pour moi. Il me dit d'aller me faire hospitaliser à Bliançon. J'arrive en psychiatrie et il me retrouve en boule dans le couloir, en train de pleurer. C'était vraiment pas bien. J'avais vraiment un mal. C'était assez particulier, ce mal. J'avais l'impression que me casser une jambe, ça aurait fait moins mal que le mal que je vivais à ce moment-là. C'était un mal-être générale, c'est ça ? Oui, ma lettre générale, mais il y avait une souffrance, il y avait vraiment une souffrance. Pas juste à déprime où tu as envie de rien faire, des fois tu as un petit coup moins bien, ou tu as envie de rien, tu n'es pas bien, tu es triste tout le monde. Là, j'avais ça, mais j'avais également une douleur. Je ne sais pas comment le... J'avais l'impression que si je me cassais une jambe, j'aurais moins mal. Et ça, c'est arrivé d'un coup ? Ça m'a duré 4-5 jours avant de me faire hospitaliser avant d'aller voir mon médecin et me faire hospitaliser c'était vraiment une saison où j'avais vraiment abusé abusé de la fête, abusé d'alcool et des drogues et voilà et aujourd'hui tu penses que c'est ton corps qui te je sais pas si ça paraît évident quand je le dis ou je dis n'importe quoi mais spontanément je me dis ça se trouve en fait c'est le corps qui a essayé de reprendre le contrôle en te mettant au plus mal pour que les choses changent Peut-être, oui. Peut-être que c'est un moyen de défense. Peut-être que oui. Oui, comme un peu la gueule de bois du lendemain de la fête où on a mal à la tête et qui est certainement une déshydratation. Mais oui, c'est peut-être mon corps qui a voulu m'alerter. Et voilà. Du coup, je reste 3-4 jours en psychiatrie. J'étais vraiment je me sentais bien j'avais besoin d'être pris en charge je me sentais vraiment bien les 2-3 premiers jours après quand ça a été mieux parce que j'ai un peu pris les médicaments pour des antidépresseurs pour un peu me rebooster après j'avais vraiment envie de partir parce qu'on est mélangé quand même avec nous on est plus là pour un burn out pour des problèmes d'addiction et on est quand même mélangé en psychiatrie à manger avec des personnes qui ont une grosse pathologie. Être à table avec toutes ces personnes-là, ça m'a un peu choqué. Mais je pense que ça a été un mal pour un bien car en ressortant de là-bas, je ne voulais jamais revivre ça. Je n'étais pas à ma place. Je n'étais pas non plus... Il y avait des gens qui étaient vraiment handicapés. et ça a été l'électrochoc de me dire je ne vais surtout pas revenir et je me suis remis un objectif c'était le semi-marathon de Neva Jouyanson qui avait lieu en juillet donc j'ai commencé à courir un petit peu tranquillement et se passer à course et je tu fais 1h16 non 1h21 une heure de 16 secondes pour un premier semi-marathon après c'était plutôt descendant le semi-marathon de Névache il y a 300 mètres de dénivelé négatif c'est que de la descente quasiment donc c'est un peu plus facile mais ça m'a donné des bonnes sensations certainement les sensations que j'avais quand j'étais plus petit et j'aimais ce côté nature donc je suis vite parti sur du trail je me suis entraîné sur des formats un peu montagne et j'ai participé au trail de la Fourcha en octobre qui est un 17 km, c'était la première édition il y avait 25 personnes et il s'avère que j'arrive je demande à l'organisateur comment ça se passe comment ça se passe le tracé, il y a de la rue Balise, il y a des ravitaux du coup il m'explique il était un peu surpris d'avoir une personne comme moi et je fais la course et il s'avère que que je passe la ligne d'arriver en premier. Donc, ça a été la grosse surprise pour moi et pour l'organisateur qui ne pensait pas me voir. J'avais une tenue, j'avais une sorte de plage avec des chaussettes de tennis, un vieux sac à dos. Et puis là, je me retrouve à monter sur le podium sur la plus haute marche, à parler au micro et puis avec des gens qui applaudissent. Et là, ça a été le deuxième électrochoc qui m'a fait qui m'a qui m'a boosté pour arrêter toutes mes conneries parce que là à ce moment là quand tu fais le semi Névage-Briançon t'es donc à la sortie de l'hôpital psy tu consommais encore drogue, alcool ? un petit peu d'alcool mais c'était pas évident parce que j'avais tendance à boire un, deux, trois verres et puis une fois que j'en buvais trois j'en buvais 15 derrière donc dès que je commençais je partais vite dans l'ivresse et donc après cette course t'as dit le trail du le trail de la fourcha qui existe encore, justement j'étais bénévole dans les secours cette année, ça faisait 10 ans que j'avais participé, enfin l'année dernière c'était rigolo d'échanger avec l'organisateur de lui raconter mon parcours parce qu'il n'était pas au courant que je venais de de ses problèmes d'addiction du coup je les ai remercié également mais c'était cool de venir 10 heures après et de faire le secours avec mon bagage de pisteur secouriste je peux faire des postes de secours là dessus c'était chouette et donc après cette première victoire du coup là tu disais que ça a été un deuxième électrochoc l'alcool, tout a été fini à ce moment là ou comment ça s'est passé après après je comment dire j'ai voulu de plus en plus performer j'ai vu que ça me plaisait d'une de passer du temps là-haut de m'entraîner et je me suis dit que j'avais peut-être j'étais peut-être bon pour ça avec le bagage que j'avais quand j'étais plus petit donc je me suis mis des objectifs un peu plus longs. J'ai beaucoup... J'ai vite voulu aller sur des formats un peu 40-50 kilomètres où c'est un peu plus de temps en montagne, un peu plus d'aventure. Et voilà, j'ai perdu un peu le fil, je ne sais plus. Par rapport à l'alcool, du coup, tu disais que la drogue a été finie après l'hôpital, mais qu'il y avait encore parfois un peu d'alcool. et du coup je te demandais si après cette deuxième course second électrochoc c'est là où tu avais définitivement fermé la porte sur l'alcool et je te pose la question parce que justement comme tout se pendre ton histoire avec l'addiction c'est ultra intéressant de voir comment tu fais qu'est-ce que tu as mis en place pour te sortir de ça et arriver là où tu en es aujourd'hui j'ai mis un gros frein à l'alcool j'ai dû faire un peu éviter beaucoup de soirées, un peu changer les copains aussi, éviter de trop traîner avec eux. Et puis, essayer de créer un nouveau cercle d'amis. Je me suis inscrit au club de Briançon, au club d'athlétisme. Ça m'a permis de rencontrer d'autres personnes qui avaient la même passion maintenant. et voilà après j'ai une consommation toujours d'alcool mais qui est très modeste je vais boire un verre de vin au restaurant ou une bière mais c'est 2-3 verres d'alcool dans la semaine contrairement à avant où c'était plutôt je sais pas une dizaine par jour peut-être je sais pas trop mais ça dépendait des moments mais ça n'a rien à voir et je fais attention de... Maintenant, j'ai ma passion et je sais ce que je veux. Et voilà, je n'ai pas du tout envie de repartir là-dedans. C'est intéressant ce que tu dis sur les cercles d'amis. Ça ne doit pas être évident parce que finalement, tu n'as pas vraiment changé d'environnement. Tu vois, ces dérives, ton burn-out était à Cerchevalier et aujourd'hui, c'est toujours là où tu travailles et là où tu t'entraînes, etc. Donc, je suis assez admiratif, tu vois, de cette décision de dire je sais où je veux aller et donc je mets les changements en place qu'il faut autour de moi parce que tu vas nous en dire si t'es ok je suis assez curieux que tu nous en partages tu nous en dis un peu plus mais renoncer à des amitiés même quand on peut se rendre compte qu'elles sont pas ultra bénéfiques pour nous voire toxiques c'est pas forcément quelque chose de ultra évident non c'est pas évident surtout que dans toutes ces années de fête j'ai quand même eu des très très bons copains et on a vécu des choses de fou on a partagé des choses folles tout en se détruisant mais c'est une vie qui a été énormément intense entre le travail le ski toutes ces fêtes dans ces saisons on fait beaucoup de copinage assez rapidement parce qu'on sait qu'on est tous là pour 3-4 mois et c'est vrai que l'alcool aide aussi à faire des rencontres mais voilà si je voulais prendre soin de moi et passer à autre chose parce que je me détruisais physiquement et certainement psychologiquement mentalement il fallait que que je les vois moins et ça ils ont compris ? je sais pas trop j'en ai pas trop reparlé avec eux après ils ont entendu mon passé ils sont admiratifs de ce que je suis devenu pour certains et voilà j'ai également beaucoup d'amis qui sont comme moi qui ont dû arrêter l'alcool parce qu'ils ont été trop loin également à se brûler les ailes et ouais mais je pense que c'est un petit peu c'est souvent des manques de confiance en soi pas une très bonne estime de soi ce qui a été mon cas moi j'ai été diagnostiqué TDAH j'ai une neuroatypie c'est à dire un TDAH un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité qui a été diagnostiqué il y a un an et demi qui explique aussi mes problèmes de scolarité où socialement c'est pas toujours évident on a un mode de fonctionnement neurologique qui est à part qui est différent des autres personnes donc c'est pour ça que j'ai eu cette scolarité très difficile et le TDAH c'est un problème de c'est pas un manque de dopamine c'est un problème de gestion de la dopamine elle est mal gérée dans la tête et on est vraiment sujet aux addictions à l'alcool, les drogues les addictions au sport on aime beaucoup les sports extrêmes on a toujours besoin d'être sollicité on a besoin d'aventure de... On est des gens qui aiment le voyage pour avoir ce côté adrénaline et toujours être sollicité, en fait. On a besoin d'être sollicité tout le temps. Et voilà. Et ça, je suis assez curieux parce qu'encore une fois, ce n'est pas du tout des sujets qu'on évoque habituellement sur le podcast, mais que je trouve ultra intéressant et je pense qu'il faut on ne s'y intéresse pas suffisamment ces sujets d'addiction de manière générale j'ai dû parler une fois avec un invité de la UL passera en trail de alors c'est pas vraiment enfin je ne sais pas si ça tombe dans la catégorie addiction mais des troubles du comportement alimentaire tu vois alors qu'apparemment lui me disait mais non mais c'est ultra fréquent dans l'univers du trail et du sport de niveau en général ce type de comportement tu vois et moi je l'ai vécu dans le judo et voilà donc Bref, du coup, par rapport au TDAH, comment tu t'es retrouvé à faire un diagnostic et est-ce que ça a changé des choses pour toi, maintenant, de pouvoir mettre une étiquette, d'avoir ce truc, cette explication, peut-être sur certains comportements ou certaines phases de ton passé ? Oui, moi, je suis diagnostiqué parce que depuis pas mal d'années, j'ai la maladie de Wulis-Sekbom. La maladie de Wulis-Sekbom, c'est ce qu'on appelle aussi les jambes sans repos, la maladie des jambes sans repos, les jambes électriques et en fait c'est lié avec un TDAH on sait pas trop dans quel sens ça marche mais le TDAH on a des gros problèmes de sommeil parce qu'on rumine beaucoup et on a souvent aussi cette pathologie cette maladie de Wulishekbom et c'est mon neurologue qui m'a parlé du TDAH quand j'étais là voir pour ces problèmes de sommeil et après j'ai été voir une neuropsych qui m'a fait un test et ça s'est avéré positif et le test ça consiste en quoi ? t'es actif je veux dire c'est toi qui répond à des c'est un questionnaire ouais il y a un questionnaire pour moi et un questionnaire pour les parents parce que souvent le TDAH arrive quand on est jeune donc il y a un questionnaire qui a été rempli par mes parents et un autre par mois et après, selon tous les critères, ils valident le TDAH ou pas. Et voilà, moi, ça a été, ça a été, ça a été confirmé. Et, alors, un tout petit peu plus tôt, tu mentionnais la confiance en soi, enfin, plutôt le manque de confiance en soi qui est sans doute, qui peut expliquer en partie certaines dérives, certaines addictions, etc. aujourd'hui entre ta pratique du trail enfin de l'ultra ta performance et ce diagnostic récent tu dirais que t'es où en termes de confiance en soi ça m'aide un peu c'est toujours valorisant quand tu fais des beaux résultats moi quand je fais 13ème à l'UTMB où il y a une foule de fous qui t'applaudit les deux derniers kilomètres j'étais en larmes parce que j'étais je pensais j'ai une scolarité compliquée je me suis un peu perdu dans l'alcool et les drogues et là se retrouver avec des gens qui te prennent en photo, qui te font des vidéos qui t'applaudissent, qui te client dessus l'année dernière à la deuxième place à la TDS aussi c'était tellement fort, les gens qui veulent te taper dans ta main ben oui moi j'avais une fierté ça m'a ça m'a ça m'a prouvé que j'étais capable de faire des belles choses également et c'est vrai que le sport là ça m'aide beaucoup en fait quand je suis en société j'ai tendance à beaucoup, on a un cerveau qui rumine beaucoup, qui pense à plein de choses je crois qu'on a un TDAH, on a 50 idées par minute, on est toujours en train de penser à des trucs et le fait d'être en montagne, moi ça m'apaise beaucoup parce que j'ai pas le regard sur cette société où je me pose plein de questions et je suis obligé d'être focus aussi, notamment en descente je suis obligé d'être focus sur où je mets les pieds pour pas me blesser, pour pas tomber et ça m'oblige à me canaliser et ce côté nature ce côté simplicité ce côté ça me fait quelque chose qui est hyper important pour moi et ça me ressource ça me voilà écoute ça fait ça fait chaud au coeur d'entendre une histoire comme ça la manière dont t'as réussi à te sortir de tout ça et aujourd'hui l'épanouissement que tu trouves dans le trail en particulier. Tu évoquais un peu plus tôt, tu disais, le TDAH, dans les symptômes, il y a aussi le fait de voyager, de bouger, etc. On n'en a pas encore parlé, mais je sais qu'en off, tu me l'avais précisé, tu as énormément bougé à vélo aussi. J'ai fait pas mal de voyages à vélo. J'ai fait environ peut-être 20-25 000 kilomètres. C'est énorme. Avec 25 pays. S'il y en a qui ne s'apparulent pas, j'avais reçu un invité, Adrien Charles, qui avait fait le tour d'Europe à vélo, littéralement un tour d'Europe intégrale, c'était de mémoire c'était 13 914 000 km donc voilà, 25 000 km c'est vraiment monstrueux. Ouais, appris sur 6 voyages, pas en une fois. Ouais, ouais mais quand même. Et du coup c'était quoi le chez... Enfin c'est quel format que tu préfères, tu pars de chez toi à vélo pour te rendre dans un autre pays, tu pars en train, t'es en solo ? J'ai un peu tout fait. Il y a un voyage qui m'avait beaucoup plu. J'avais fait Cancun du Mexique. J'étais parti en avion, là, pour le coup. J'avais fait Cancun du Mexique jusqu'à Panama City, donc c'est toute l'Amérique centrale. Et puis, en essayant d'aller un coup côté pacifique, un coup côté mer des Caraïbes, je crois. Et puis, un peu visiter tous ces pays-là. Le Guatemala, le Honduras, Nicaragua, Costa Rica. Magnifique. Panama. et ça c'était un chouette voyage toute la maîle centrale mais j'étais parti aussi faire un ultra trail en Cappadoce, j'avais pris le vélo avec moi je devais faire le 120 km mais je me suis baissé avant à la cheville donc j'avais fait que le 38 mais du coup j'étais rentré de Cappadoce jusqu'à Bliançon en passant par le mont Olympe, j'avais voulu aller grimper le mont Olympe en courant et puis visiter les météores qui sont des gros pitons rocheux avec des monastères dans le nord de la Grèce. J'ai fait également le tour de la Corse. J'étais parti aussi de Berlitz jusqu'à Marrakech en faisant la côte de la presqu'île ibérique. Et puis en passant par plutôt Warzazate, Fès, Warzazate, Marrakech. Et voilà, ouais. Et qu'est-ce que j'ai fait d'autre ? J'ai fait le nord de l'Irlande également. Ah, magnifique. Ça va être beau, ça. je sais plus trop ce que j'ai fait d'autre ah j'ai fait de Nantes chez ma soeur aussi jusqu'à presque la mer Noire jusqu'à l'Eurovelo 6 et je suis revenu par la côte adriatique et j'avais fait 3500 kilomètres 3500 kilomètres non 4500 kilomètres en un mois et demi donc ça faisait des journées de 100 kilomètres et là j'ai un projet j'aimerais bien aller faire repartir peut-être à l'automne. Il faut que je vois si ça se coupille bien. Mais ça dépend de comment ça se passe dans le pays au niveau de la guerre, tout ça. C'est pas trop chaud, mais j'aimerais bien aller faire la Karakoram Highway, qui part de Islamabad et qui va jusqu'en Chine. Et après, enchaîner avec la Pami Highway. Parce que de la Chine, on peut basculer du côté Kyrgyzstan, et après revenir par la Pami Highway. Du coup, c'est deux routes mythiques qui sont en haute altitude. et ça serait un enchaînement qui me fait rêver mais il faut pas que ça soit il faut que je vois comment ça se passe géopolitiquement parlant et tout ça en solo à chaque fois ? ouais j'aime bien partir seul génial j'aime bien me retrouver souvent le nord de l'instant j'avais fait avec l'un de mes meilleurs amis c'était encore le moment où je faisais encore pas mal la fête donc on avait fait un peu le tour des pubs à vélo. Mais on a eu de la Guinness. Mais sinon, plutôt tout seul. J'aime bien ce côté simplicité, ce côté rencontre également. On est quand même plus sujet à aller voir les gens. Et puis, j'aime bien cette simplicité d'organisation. T'as quoi comme vélo par curiosité ? J'ai eu plusieurs vélos. J'ai eu des VTT. j'ai fait que des voyages en VTT mais là j'hésite avec le gavel mais à voir pour l'instant j'ai un vélo de course et un VTT et vu que j'habite en camping-car avoir un troisième vélo c'est pas évident c'est plus une question de logistique après ou alors faut que t'aies un Brompton un vélo pliable ouais mais pour la Pamela Highway ouais ça peut être un peu complexe mais en gavel ça doit être bien parce que ça doit être assez vite quand même mais ouais je sais pas si tu peux avoir des suspensions sur des vélos je pense pas non ça existe un peu maintenant sur les fourches avant et je me demande s'il n'y a pas aussi des gravels qui ont une suspension sous la selle ah oui ça oui sous la selle mais à l'avant aussi maintenant ils en font mais parce que maintenant quitte à avoir un gravel en suspension autant peut-être avoir un cross country en léger c'est vrai que maintenant la frontière je ne sais pas trop le gravel la suspension d'aujourd'hui en fait c'est le VTT des années 90 globalement la boucée bouclée on revient ouais je suis assez d'accord avec toi à part qu'il y a un guidon un centre mais bon après sur un VTT maintenant on peut aussi mettre un centre ou il y en a qui prennent des VTT et qui mettent des prolongateurs aussi ouais magnifique projet retour par la Pamir Highway ça ça déjà rien rien que les noms Caracorum Pamir c'est bon tu voyages déjà là oui ça me fait rêver mais on verra si c'est automne ou pas ou sinon il y aura un autre voyage mais mais voilà, on va déjà se concentrer sur les deux ultras qui m'attendent. Oui. C'est les deux gros objectifs, surtout que l'année dernière, j'ai eu pas mal de blessures, donc je me suis fait opérer du Ménisque et je me suis blessé au dos au travail dix jours avant l'UTMB, donc j'ai dû abandonner l'UTMB à 80 kilomètres, mais surtout qu'on avait eu des conditions pluvieuses, de la neige, du vent, du froid, de la pluie, on était trempés, on s'est retrouvés sous la neige au col du Bonhomme, donc ça m'a un peu bloqué le dos et donc j'espère que cette saison sera plus plus riche en résultats et à me faire plaisir bah écoute c'est tout ce que je te souhaite en tout cas un immense merci Alban c'était passionnant merci et bravo pour la transparence c'est pareil aussi ouvertement tout ça c'était vraiment chouette d'échanger j'espère que ça peut aider quelques personnes c'est ce qui serait la meilleure des choses. Si ça peut inspirer des personnes qui ont des problèmes d'addiction ou des problèmes de neuroatypique, ce serait vraiment chouette. Justement avec Altra, on est en train de faire un film sur mon histoire un petit peu plus de détails avec mes parents qui sont venus où ça a été beaucoup d'émotions parce que mes parents n'étaient pas au courant de tout. Ils n'étaient pas au courant de mes problèmes de drogue, de toutes ces drogues que j'ai prises puisque je n'avais pas de limite. et ils n'étaient pas au courant non plus de mon harcèlement que j'ai eu au lycée donc ce film il y a beaucoup d'émotions et ça va sortir à Chamonix sur la semaine de l'UTMB à Chamonix, ça sortira le mercredi il y aura une première là-bas et après ça risque de passer dans les festivals de cinéma de Montaigne et c'est un beau projet ça n'a pas été évident à faire parce qu'avec ma pathologie c'est pas toujours évident de parler dans un micro d'avoir une caméra, de se confier il y a beaucoup d'émotions et voilà c'est un film qu'on fait avec Altra et j'ai hâte de voir le résultat en espérant que ça plaise aux gens J'espère que j'aurai l'occasion de le voir mais ouais merci beaucoup une fois de plus s'il y a des gens qui veulent échanger avec toi Instagram c'est le mieux avec plaisir ouais avec plaisir bah écoutez le lien est en description de l'épisode merci énormément une fois de plus Alban bonne fin de prépa et puis bah écoute on reste en contact et on se fera un épisode débrief de la Pamir Highway du Caracorum ouais j'espère ouais ce serait fait mais si c'est pas cette année ce sera pour plus tard mais voilà yes bah écoute génial merci encore une fois Alban à bientôt merci à toi Loïc

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