Les Frappés

De l'échec à la victoire, leçon de résilience en milieu polaire avec Thierry Corbarieu

Loïc Blanchard Season 5 Episode 231

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 1:21:14

Thierry Corbarieu revient sur le podcast pour la troisième fois. Dans cet épisode il nous raconte un double challenge polaire que personne n'avait tenté sur format long : enchaîner la Yukon Arctic Ultra (645 km) début février, puis la Lapland Arctic Ultra (511 km) début mars. Entre les deux : 15 jours.

Sauf que la Yukon Arctic Ultra ne s'est pas du tout passée comme prévu. Dès les premières heures, plus d'énergie, plus rien. Thierry a lutté, souffert même; avant de finir par déclencher sa balise après 75 km. C'était son premier abandon en milieu polaire.

Dans l'avion du retour, il en était convaincu : la Laponie, venait aussi de tomber à l'eau. Et puis le mental a repris le dessus. Il a fini par prendre le départ. À son rythme. Dès le deuxième jour, il était en tête. Il n'a plus lâché jusqu'à la fin.

Dans cet épisode, on parle de préparation minutieuse, de thermos achetée en catastrophe dans un village suédois pour éviter la disqualification, de neige collante qui transformait les raquettes en échasses, et de ce que ça fait de se relever quelques semaines après un échec pour aller gagner.

Excellente écoute !

🔎 Thierry est un ambassadeur de Cimalp, fabriquant français de vêtement technique pour les sports de montagne.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #213 - Un tour du monde père-fils : les leçons de Thierry Corbarieu

👉 Épisode #128 - Remporter une course de 1600km en 22 jours par -40° avec Thierry Corbarieu

👉 Mon récit de la PTL : plus de 300km et 26 000m de dénivelé autour du Mont Blanc

Vous pouvez suivre Thierry ici ⬇️
💼 LinkedIn
📸 Instagram
👍 Facebook

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Devenir Tipeur sur Tipeee (fr.tipeee.com/les-frappes)
✅ Suivez le podcast sur votre plateforme d'écoute
🙂 Parler du podcast autour de vous et partagez cet épisode
⭐️ Laissez une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify
💌 Abonnez-vous à la newsletter

Pour suivre Les Frappés sur les réseaux 👇🏼
📸 Instagram
💼 LinkedIn
📹 YouTube
🌏 Site internet

Des suggestions ou envie de partager votre avis ? Envoyez moi un email.

Accueil Et Retour De Thierry

Thierry

On en a suffisamment de surprises sur le chemin. Mais si on les a déjà bien identifiées au départ et qu'on n'est pas dépourvu quand il arrive un problème bénin, on va être plus à même de répondre aux problèmes majeurs quand il va arriver. Donc c'est ce que j'essaye de faire. Pendant un mois ou deux avant, j'ai ma luge dans ma chambre et je modifie les positions. Il faut que les yeux fermés, je sache où est le matériel.

Loïc

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants Nickel. Eh bien, écoute, bienvenue Thierry pour la troisième fois au micro du podcast. Ça a été officiellement le vainqueur, le record man, tout ce qu'on veut. Je n'ai jamais eu d'invité jusqu'à présent qui sont passés trois fois sur le podcast, mais comme on s'est absolument régalé les deux premières fois, je me suis dit, allons-y, remettons le couvert pour une troisième, surtout que tu viens de réaliser deux performances absolument exceptionnelles, ou en tout cas globalement une performance globale exceptionnelle sur deux courses monstrueuses auxquelles tu viens de participer donc ravi Thierry de te recevoir à nouveau pour que tu viennes nous raconter tes dernières

Thierry

aventures Bonjour Loïc je suis très heureux d'être avec toi encore une fois et de partager

Loïc

effectivement ces deux courses une un peu moins réussie que l'autre bien sûr et voilà on va passer un bon moment j'en suis sûr Yes donc Thierry la dernière fois que tu es venu sur le podcast on avait parlé d'une aventure que tu avais pas avec ton fils vous avez fait un énorme tour du monde qui était en fait la combinaison d'une transatlantique à la rame d'une traversée du continent nord-américain à vélo enfin en tout cas des Etats-Unis à vélo puis à nouveau du vélo puis de la course à pied pour finir c'était absolument énormissime mais une aventure plutôt au long cours là tu viens de participer à deux épreuves légendaires dans l'univers de l'ultra alors toi tu es plutôt tu touches un peu à tous les milieux milieu, tu as déjà fait des épreuves dans du très très chaud, du très très froid. Mais j'ai quand même l'impression que tu es pas mal attiré par le très très froid. Et là, en l'occurrence, il s'agissait de la première course de la Yukon Arctic Ultra qui avait lieu début février, si je ne me trompe pas. J'ai noté 1er février en préparant l'épisode. C'est ça? C'est ça, oui. Donc, la Yukon Arctic Ultra qui a lieu au Canada. Le Yukon, c'est un des territoires du nord du Canada. Donc, on On peut difficilement faire plus au nord que ça. C'est une course que tu avais déjà remportée. D'ailleurs, c'était la première fois qu'on avait échangé pour le tout premier épisode. Tu nous en avais parlé. Je me rappelle que je m'étais planté. Du coup, j'ai un doute maintenant. Je ne sais plus si c'était 25 ou 27

Thierry

jours. Non, ça, c'était pour le Yukon. Comme tu dis, en 2019, c'est là que j'avais mis 9 jours. Là, ce que tu dis, c'est pour l'Illitarod. Ah oui, non, pardon. Je comprends. Avec l'Illitarod. En fait, c'était trompé. Je t'avais dit une bêtise. C'était bien 25 jours. Je me suis trompé quand je t'ai dit je

Pourquoi Le Grand Froid Attire

Loïc

t'avais dit à force je me ménage bah ouais tu m'étonnes à force de les enchaîner donc l'éditeur doit y avoir autant pour moi mais c'est vrai qu'on avait évoqué la Yukon Arctic aussi également à ce moment là Yukon Arctic donc tu y as participé cette année t'étais dans les favoris ou le favori selon les articles que les gens liront t'étais le favori ou l'un des favoris et puis il y en a eu une deuxième alors tu nous le diras je sais pas si les deux si t'avais prévu à la base d'enchaîner les deux ou si t'as décidé de partir sur la Laplande après le... Je ne sais pas si toi, tu le qualifies d'un échec, mais en tout cas, le résultat de la Yukon qui n'était pas vraiment celui espéré. Mais voilà, on va parler de tout ça. Peut-être Thierry, pour commencer, s'il y en a qui n'ont pas écouté tes épisodes d'avant, on va faire un focus sur ces deux courses, mais de manière générale, c'est quoi ton rapport à ces courses dans des environnements polaires, ultra-froids, des formats très longs, du 500 km et plus? Comment, dans les Grandes Lignes, est-ce que tu es tombé là dans et qu'est-ce qui te plaît

Thierry

dans ces formes-là

Loïc

?

Thierry

Moi, j'ai tendance à dire sur mes interventions que je fais régulièrement, c'est de dire que plus je me trouve longtemps dans des milieux naturels et plus je m'éclate. C'est vraiment ce qui me pousse à faire des très longues distances. C'est me trouver dans cette nature souvent hostile parce que même si le désert, j'en fais de moins en moins, mais j'ai adoré ça à un certain moment. Que ce soit le désert ou le grand froid, c'est qu'on est souvent seul face à l'immensité de la nature, à la force de la nature et à des difficultés où il faut savoir se gérer. Et c'est ce qui m'attire le plus. Donc certes, on a un dossard, on a un résultat, on essaie de faire le mieux possible, mais ce qui m'anime, je dirais, dans le fait de participer à ces courses, c'est de me prouver que je suis capable encore de faire des choses. Ça, c'est sûr, pour maintenant, c'est le cas. Mais en plus de passer, comme je disais, du temps et et de m'épanouir aussi dans ces milieux naturels qui sont incroyables. C'est ce qui m'anime vraiment à chaque inscription de course depuis des années.

Loïc

Je me souviens, tu avais partagé sur ton premier épisode, quand tu nous parlais de l'Edith Harrod, une anecdote, parce que c'est une course qui se fait, alors toi, tu l'avais fait à pied, mais je crois qu'historiquement, si j'ai bonne mémoire, c'est une course qui se faisait en chien de traîneau, puis il y a d'autres formats qui ont été ajoutés au fur et à mesure, dont notamment à fat bike, donc vélo avec des énormes roues pour aller sur la neige. Et je me rappelle, tu avais partagé l'anecdote d'un participant qui, je crois, dès le premier jour peut-être, un participant à vélo, a traversé la glace et s'est retrouvé au final, amputé. Des doigts ou des mains, je ne me rappelle plus très bien si c'était les doigts ou les mains, mais en tout cas, voilà, amputation. Donc, le risque, il est réel. Du coup, ma question, alors là, tu viens de parler évidemment de la beauté de l'environnement, je pense que ça va être incroyable comme expérience de se retrouver face à soi-même comme ça, mais est-ce qu'on finit par s'habituer à la rugosité et à la dangerosité de l'environnement ou c'est toujours un paramètre qui parfois peut te faire flipper pendant les épreuves ou avant les épreuves d'ailleurs?

Thierry

Alors, comme je dis souvent, je ne fais pas ça pour me mettre en danger, alors que bien sûr c'est paradoxal ce que je suis en train de dire, mais je me prépare énormément à ce genre de course, pour justement que ça n'arrive pas. On sait qu'il y a des possibilités, il ne faut pas le nier, c'est possible qu'il nous arrive quelque chose en faisant une erreur, mais justement, quand on est précis dans sa préparation, quand on a testé tous les paramètres, malgré l'habitude que j'ai depuis des années de faire ce genre de course je retravaille tous les automatismes notamment la vitesse dans laquelle je vais devoir entrer dans mon duvet parce que justement j'ai cinq minutes pour entrer pour quand je décide de dormir donc je me chronomètre encore pour ça à chaque fois pour être performant pour pour connaître vraiment la position de mon matériel dans la luge pour pas perdre de temps pour pas qu'il nous arrive ce genre d'aléas parce que c'est pas encore une fois c'est vraiment pas des l'objectif c'est de passer du temps comme je je le dis, et de se prouver à soi-même qu'on est capable de faire ces choses-là. Mais c'est surtout de raconter aussi des belles histoires quand je rentre. J'ai besoin de raconter à mes enfants, à ma famille, ce qui s'est passé. Et déjà, pour eux, ils ont peur souvent. Ils ont confiance maintenant depuis le temps. Je parle beaucoup avec eux de ce paramètre, de faire très attention. Mais ils savent très bien que ça peut arriver. On en a parlé aussi. Mais encore une fois, il faut vraiment que je me mette en condition souvent de réussite. Et c'est anecdote, elle était terrible parce que je croise deux fois ce vélo face à moi qui était face à moi, alors j'ai douté je me suis dit est-ce que c'est moi qui vais pas dans le bon sens ou lui il s'avérait que c'était bien lui et quand je le vois le lendemain au checkpoint dans un petit refuge là avec il regardait ses dix doigts qui étaient tout noirs même si je suis pas un spécialiste des enjolures, j'avais jamais vu de si près des enjolures, effectivement il a eu les dix doigts amputés il est tombé dans l'eau parce qu'il s'était trompé de parcours, et il a pas dû faire les gestes qui allaient bien, parce qu'on a tout le matériel normalement pour trouver des solutions, et il faut aller très vite là aussi, parce qu'au début on peut utiliser encore nos mains, mais ça va très vite, donc il faut pouvoir faire un petit feu, il faut pouvoir, il y a un réchaud, donc est-ce qu'il a pu allumer son réchaud pour pouvoir se réchauffer au moins les mains, ou il a foncé directement vers le checkpoint pour voir s'il avait le temps encore d'y arriver, je ne sais pas tout ça, mais au final c'est que repartir, on avait fait à à peine une cinquantaine ou une quarantaine ou cinquantaine de kilomètres. Il y en avait quand même 1650. Repartir avec cette vision des engelures et de ce visage de ce cycliste qui avait compris que c'était très grave. Et c'était dur de repartir. Après ça, j'avais vraiment du mal à me remobiliser, à me dire, bon, ben là, tu as un objectif, tu penses à lui, tu te dis, c'est terrible, c'est terrible de voir ça. Donc effectivement, c'est des moments très compliqués, mais il n'y a pas énormément d'accidents, malgré tout, sur ces courses-là, il faut quand même relativiser. Et comme je le dis, moi, je n'ai qu'un objectif quand je fais ces courses, c'est me préparer et anticiper tout.

Loïc

C'est vraiment très important pour moi. Oui, donc ce que tu dis, c'est que même avec l'habitude, en fait, tu continues d'avoir le même niveau d'exigence et de préparation pour chacune de ces courses, parce que la réalité, c'est que si tu ne l'as pas, il n'y a pas vraiment de marge, il n'y a pas vraiment de droit à l'erreur sur ces formats-là, vu les conditions climatiques et l'isolement.

Thierry

C'est exactement ça. Il n'y a pas de marge à l'erreur et puis il faut vraiment revenir souvent aux bases dans tous les domaines. Là, je vais parler du sommeil, mais alimentaire, il faut se reposer les bonnes questions, trouver des solutions, user un peu de l'expérience qu'on a aussi. Maintenant, j'ai quand même de l'expérience, donc sur le matériel, je sais ce qui est bon ou ce qui est moins bon et je sais ce que je peux utiliser ce que je peux pas utiliser je sais ce qui est utile ou pas et tout ça ça rentre c'est important toute cette expertise elle est très importante pour pouvoir pour évoluer même au fur et à mesure du temps j'ai fait évoluer les vêtements avec mon équipe Montier Simal on a vraiment travaillé des protos pour être élégé mais très efficace parce que la sécurité c'est vraiment le plus important hum hum

Loïc

Si on rentre un peu plus dans le détail maintenant, d'ailleurs, tu dis la Yukon Arctic Trail, je dis la Yukon, mais je ne sais pas

Thierry

si

Histoire Et Format De La Yukon

Loïc

ça… Moi aussi, j'ai dit la Yukon. C'est quoi un peu le… Parce que tu nous avais beaucoup parlé de l'histoire de l'éditarod, justement. Moi, ça m'avait marqué. La manière dont la course avait évolué, l'accueil des gens, etc. L'histoire de la Yukon Arctic, c'est quoi? Et qu'est-ce qu'on retrouve comme format sur cette

Thierry

course

Loïc

?

Enchaîner Yukon Et Laponie

Thierry

Alors, le format initial n'existe plus. On est toujours sur une course, on suit le parcours des chiens de traîneau, les mûcheurs, qui faisaient un parcours, qui partaient de Whitehorse, qui est la capitale du Yukon, et qui allaient sur Dawson, et même ils allaient plus loin, ils continuaient, et le format initial de la course à pied, du vélo, et du ski, puisqu'il y a ces trois disciplines. Le format le plus long, c'était les 700 kilomètres qui rejoignaient Dawson. C'était historique parce que c'était la route que parcouraient bien sûr les mûcheurs et qui ne se fait plus maintenant. Et c'est bien dommage parce que c'était vraiment un parcours magnifique, en ligne. On arrivait dans cette ville des chercheurs d'or à Dawson et il y avait toute une histoire. Et en plus, c'était très joli, ce parcours. Donc ça, c'était l'histoire initiale de suivre ce parcours-là et depuis deux ans ils ont changé de parcours puisqu'il n'y a plus la course qui existe de chaîne traîneau, elle ne se fait plus pour des raisons économiques et divers donc ils ont trouvé un autre parcours qui à mon sens est moins intéressant parce qu'il y a un aller-retour l'année dernière ils avaient fait un aller-retour sur une partie pour finir dans un village et cette année ils ont fait carrément un aller-retour du village où ils finissaient et revenir au départ et ça c'est vrai que c'est pas très intéressant parce que quand on a les retours c'est toujours un chemin mais c'est il est pas c'est difficile moi j'aime pas je regarde ça revenir en arrière comme ça et puis bon en fin de compte on voit qu'une partie du paysage puisque dans l'autre sens c'est la même chose et il n'y a pas d'histoire en plus et ça il n'y a pas d'histoire sur ce parcours maintenant donc je dirais qu'il est pour moi il y a moins d'intérêt il y a moins d'intérêt que l'histoire de se dire on part quand même de Whitehorse on va jusqu'à Dawson cette ville des chercheurs d'or il y avait quand même cette histoire là à laquelle on s'accrochait c'était on arrivait à Dawson on rentrait on voyait le parcours qu'on avait fait en passant par la route et on peut même rentrer en avion pour revenir à la Whitehorse donc c'était vraiment et puis c'est une ville très atypique Dawson avec beaucoup de coloration avec des motels un peu particuliers voilà donc c'est il y a plus cette partie là je trouve ça dommage mais quand même j'y suis allé donc j'avais envie de revenir alors pourquoi avant que tu me poses la question pourquoi y être allé et revenir en plus j'ai horreur de refaire les mêmes courses j'ai horreur de ça mais quand j'ai fini mon tour du monde avec mon fils j'avais envie de faire une course et je me suis dit comme j'adore le polaire il faut que je trouve une course j'ai cherché quelle course que je pouvais faire j'avais vu la 6633 que j'avais jamais faite même si elle se fait sur la route c'est 380 miles je me suis dit je vais faire cette course et j'ai vu qu'on pouvait s'inscrire qu'en 2028 et j'ai pas compris parce que cette année justement ils l'ont fait et j'ai pas vu l'inscription donc je suis pas allé voir cette course et il y avait pas grand chose, je les avais toutes fait les courses donc c'était difficile de trouver quelque chose de différent et donc j'ai dit bon ben puisque tu as tout fait, pourquoi tu ne referais pas le Yukon le 1er février et que tu n'enchaînerais pas avec la Laplande ça te ferait un challenge ça tu ne l'as jamais fait d'enchaîner les deux c'est le même organisateur je l'ai appelé je lui ai dit Robert j'aimerais bien faire les deux il me dit ça ne s'est jamais fait dans le format long ça s'est fait sur des formats plus courts ça ne s'est jamais fait sur le format long c'est ambitieux mais pourquoi pas ça m'a motivé quand je vais m'entraîner je vais penser à ce challenge des deux et et c'est ce qui m'a je voulais m'animer c'était pas la surenchère c'était plutôt me motiver à moi de me dire je vais faire quelque chose un peu différent bon au final ça s'est pas passé comme je le voulais mais c'était ça un peu l'idée

Loïc

donc les formats les distances sur lesquelles toi t'es parti ou en tout cas tu voulais faire et puis quel était le délai entre les deux pour qu'on se rende un peu

Thierry

compte ouais voilà alors la première la Yukon Arctic Ultra c'était sur le format le plus long qui faisait 645 kilomètres Ça, c'était le 1er février. Et donc, dans l'absolu, je m'étais dit que je mettrais à peu près 8 jours, 8-9 jours. Voilà ce que je m'étais dit de faire. Donc, le temps que je rentre, je rentre à peu près mi-février à la maison et enchaîné. Il fallait que je reporte assez rapidement sur la plante pour faire le 1er mars, 1er février, 1er mars, avec seulement 15 jours d'intervalle entre les deux. Le démarrage des 511 km de la Laponie, donc c'était ambitieux, c'était très ambitieux, mais je me suis dit, bon, pourquoi pas, il faut voir, est-ce que j'en suis capable, est-ce que je peux, mais c'était une source de motivation pour moi, donc je me dis, j'avais fait 1600 kilomètres en 25 jours sur le Ditarod, bon, même si c'est, il y a un départ et une arrivée, il n'y a pas de coupure au milieu, parce que souvent la coupure, c'est le moment le plus délicat, je trouve, parce que bon, à un moment donné, tu as toutes les endorphines qui redescendent, après il faut, voilà, et puis il n'y a pas eu cette période de ré Donc, c'était quand même audacieux. Voilà. Donc, l'idée, elle était là. 645 kilomètres au mois de février et 511 kilomètres au mois de mars.

Entraînement Traction Et Endurance

Loïc

OK. Ok. Tu parlais de la préparation, que du coup, le fait, la perspective d'enchaîner les deux, c'est ce qui t'a motivé pour la préparation. Tu disais un peu plus tôt aussi qu'il ne faut absolument rien laisser au hasard dans sa prépa, côté matériel, etc. Comment tu te prépares physiquement? Parce que je n'ai pas souvenir qu'on avait trop parlé de ça dans ton premier épisode. Comment tu te prépares physiquement? Toi, tu habites vers Toulouse. Il fait parfois froid l'hiver, mais pas le froid du Yukon, tu vois. Comment tu prépare physiquement pour des formats comme

Thierry

ça

Loïc

?

Nutrition Et Alimentation Difficile

Thierry

Alors là je te confirme, il n'y a pas les températures chez moi qu'on peut trouver, même en France il n'y a jamais les températures qu'on peut trouver dans le Grand Nord, mais moi je suis effectivement à 30 km après Toulouse, mais j'ai aussi une maison à l'Ariège, je suis très souvent, je suis dans les Pyrénées, donc dans la partie ariégeoise, dans la Haute-Ariège, dans la vallée de Ville de Sceaux, et là je m'entraîne très régulièrement dans les montagnes, et pour pour corser les choses et surtout pour faire du travail très spécifique je tire un pneu souvent pour simuler la traction de la luge qu'il ne faut pas négliger parce que c'est un poids qu'on a derrière même si je travaille le poids, même si je travaille la glisse même si je travaille tous les paramètres pour justement renforcer le moins possible c'est quand même un paramètre non négligeable et donc je vais dans les montagnes j'essaye de tirer ce pneu pendant des heures voire des journées entières pour simuler un peu cette traction donc ça c'est pour le renforcer musculaire et pour le travail très spécifique après moi mes entraînements c'est pratiquement tous les jours quand je suis en pleine préparation je m'entraîne tous les jours donc ça va être des longues distances, un peu moins long du dénivelé ou pas c'est un peu variable mais voilà, l'entraînement il n'est pas différent c'est ce que je fais depuis tout temps c'est juste peut-être maintenant je fais un peu plus du spécifique où la traction du pneu elle est peut-être plus importante mais sinon le travail foncier très régulier toute la semaine ça représente entre 15 et 20 heures par semaine et ensuite j'essaye d'y associer du renforcement musculaire avec pas mal d'étirements aussi et puis du travail de salle je travaille en salle et puis comme j'ai utilisé pas mal le rameur sur notre tour du monde, je trouvais que c'était très bénéfique pour une préparation générale je l'utilise très régulièrement donc je l'utilise plusieurs fois dans la semaine, ça me maintient le cardio, en mettant du rythme, et en même temps, je travaille tous les autres muscles de façon à être prêt pour ce genre d'épreuve qui est souvent difficile, notamment sur le Yukon, où il y avait du dénivelé sur une partie qui était importante, mais alors, pas avec des grosses montées, mais il y a quand même 20 km d'ascension après le premier CP, donc c'est des bonnes montées, bonnes descentes aussi, mais mais surtout des bonnes montées. Et donc, il faut vraiment être prêt physiquement. Il faut travailler les lombaires, il faut travailler tous les muscles qui vont être sollicités pendant cette époque.

Loïc

et à l'approche des courses ton alimentation elle évolue tu essaies de prendre du poids et du gras notamment ou

Thierry

pas forcément non j'en ai pas besoin j'en ai déjà donc j'ai pas besoin de prendre du poids c'est pas un souci bien au contraire c'est ce que je combats en permanence donc non non je prends pas du poids certains le font dont Mike Horn il le fait aussi parce que lui il fait des expéditions sur plusieurs mois et il a besoin de s'engraisser un peu mais nous moi non, personnellement je le fais pas j'essaye de combattre plutôt le poids de tout temps donc c'est plutôt ça que j'essaye de faire que d'en prendre pour ce type alors après effectivement on en perd beaucoup sur ces courses parce que déjà moi j'ai du mal à m'alimenter quand je suis dans un effort comme ça constant et que ce soit dans le désert, dans le froid ou dans les montagnes c'est la même chose j'ai quand même une grosse difficulté à m'alimenter donc là j'en perds déjà un peu pas mal, mais sinon je ne fais rien de très particulier. Je travaille plus ce que je vais manger sur la course, parce que comme je suis assez difficile, maintenant je me connais, donc j'essaie de trouver des stratégies pour essayer de m'alimenter un minimum et que ça me serve pour pouvoir avancer et essayer de franchir la ligne. ok

Loïc

je savais pas que t'étais difficile comme tu dis sur l'alimentation il faut quoi du coup tes saucisses ton cassoulet c'est quoi le ça peut dire que c'est

Thierry

difficile alors écoute c'est que dès que je suis en micro traumatisme sur mon estomac y'a rien qui passe donc j'essaye de trouver des aliments qui me conviennent alors je peux pas te dire là parce que ça change en plus c'est ça le plus terrible c'est que si c'était toujours la même chose mais des fois il y a des aliments qui passent alors l'avantage que j'ai eu cette fois-ci c'est que pour notre tour du monde on avait 140 kilos pour la traversée de l'Atlantique notre transat on a eu 140 kilos d'alimentation notamment lyophilisée sur le bateau et j'ai pu découvrir des marques que je connaissais absolument pas et le partenaire qu'on avait il nous a fourni du lyophilisé avec beaucoup de marques pour qu'on ait une grosse variété et du coup j'ai pu identifier des marques marques qui me convenaient mieux et dans lesquelles j'ai apprécié plutôt, j'ai apprécié et donc je les ai notées et il m'en restait d'ailleurs pas mal de la Transat puisqu'on avait prévu 80 jours, on a mis 50 jours donc ça fait beaucoup quand tu es deux dans le bateau donc il en a resté pas mal et donc j'ai utilisé ces lyophilisés, ces bars et c'était bien parce que au moins ça m'a permis de pouvoir éviter cette phase pour le lyophiliser ça allait mais c'est tout ce qui est prise alimentaire rapide où là j'ai eu un peu plus de mal j'arrivais pas trop à m'alimenter quand j'étais dans l'effort il fallait vraiment que je m'arrête un certain temps pour arriver bien souvent j'arrivais j'allais me coucher pour déjà laisser poser mon corps et manger avant de partir pour que là j'ai pas cet effet de micro traumatisme je dirais de mon estomac qui sont qui me mettent dans des états des fois difficiles

Loïc

ok Et niveau matériel, tu es parti avec le même équipement sur ces deux courses ou il y a des spécificités qu'il fallait prendre en compte?

Thierry

Alors, le Yukon, il y avait un peu de matériel, rien de très important, mais notamment, on est obligé d'avoir trois thermos sur le Yukon. Sur la Laplanne, deux seulement. Les thermos, c'est là où on met notre eau chaude qu'on nous donne sur les postes de contrôle ou qu'on se fait soi-même avec nos réchauds. Et donc, au Yukon, par rapport à l'environnement et les températures qui peuvent être beaucoup plus froides, on était obligé d'avoir ça, d'avoir trois thermos. On était obligé d'avoir aussi une veste, c'est des risoirs là aussi, mais 400 grammes de plume d'eau, une veste expédition, grand froid, alors que sur la plante, c'est 350. On n'est pas à 50 grammes près, mais il y a quelques spécificités. On était obligé d'avoir une lumière sur à la plane parce que certainement c'est en Laponie suédoise c'est demandé mais au Yukon on n'est pas obligé voilà il y a quelques spécificités mais globalement c'est à peu près la même chose donc moi l'équipement j'ai pas eu besoin de me faire donner à la tête j'ai mis le même pour les deux j'ai pas décidé 350 ou 400 j'ai mis 400 directement pour ma veste la lumière je l'ai pas mise parce que bon c'est toujours des contraintes mais sinon globalement j'étais parti avec le même matériel donc ça c'était pas un sujet j'avais plus travaillé comme d'habitude le le poids global par exemple je prends un exemple concret par exemple la vaisselle est toute en titane parce que c'est plus léger on est obligé d'en avoir une casserole d'un litre autant qu'elle soit en titane ça fait gagner un peu de poids et je vois que par rapport en 2019 par exemple où j'étais je pense au delà des 25 kilos sur ma luge maintenant je suis plutôt au delà de 15-17 kilos donc j'ai vraiment

Loïc

gagné et pas mal de quoi. Oui, tu as bien

Thierry

optimisé. Oui, en travaillant. D'ailleurs, quand il voit ma luge, effectivement, au départ, certains se demandent quel cours je fais. Parce qu'il la voit petite, il la voit très ergonomique. Mais là aussi, je travaille aussi l'ergonomie. C'est que d'ailleurs, je travaille avec des sacs compressibles pour vraiment que ce ne soit pas vraiment la pagaille dans ma luge. Je veux que tout soit à sa place, vraiment très calé et tout au long du parcours. Parce que souvent, on a tendance à laisser gonfler les choses et puis après, on On ne peut plus les ranger dans la luge, surtout quand on a des luges très light comme moi. La place, elle est comptée. Donc, je m'entraîne aussi à repositionner les choses à leur place et dans le conditionnement que je les avais mis à l'initial. Ça, c'est très important. Il s'avère que ça se ressent. Ça surprend les gens quand ils voient ma luge, mais j'ai tout le matériel obligatoire. Je réponds à tous les critères. La seule chose, c'est que j'ai vraiment compressé les choses. j'ai vraiment tout le matériel les vêtements ils sont dans des poches où j'enlève vraiment le vide et puis je travaille chaque élément pour que je puisse avoir toujours dans des zones sécuritaires ça c'est le plus important mais du matériel le plus léger possible qui répond aux critères de la

Loïc

course ouais deux dernières questions sur le matériel la première c'est ta luge elle est en quoi? en plastique?

Thierry

elle est en plastique moi dans mon sac de 23 kg kilos de ton bagage que tu mets en soute j'ai ma luge j'ai mes raquettes, j'ai mes bâtons, j'ai tout dans mon sac c'est incroyable j'ai pas besoin de faire un bagage sportif, j'ai tout alors en Laponie j'ai eu du mal parce que j'avais pris peut-être un peu trop d'alimentation mais sinon j'ai tout j'ai tout le matériel parce qu'il est ergonomique, parce que là aussi j'avais commandé à l'époque ma luge aux Etats-Unis il y avait un matériel avec un sac en dynamo très très léger mais aussi très solide très solide et surtout qui résiste à la pluie qui peut résister à l'abrasion qui peut y avoir au choc on peut prendre nos branches un caillou il ne faut pas que ça déchire donc tout ça je l'ai et je suis très content et en plus il est compartimenté ma luge est compartimentée j'ai toute la partie nuit qui est sur l'avant de ma luge je n'ai pas besoin de réfléchir j'ouvre le sac je tire mon duvet qui lui-même est dans le bivy bag c'est-à-dire l'enveloppe étanche qui va protéger mon duvet dessous j'ai mon matelas j'ai même maintenant mon petit moteur pour gonfler pour ne plus le faire avec le sac tout ça est très organisé très compartimenté dans ma luge j'ai ma zone pour les repas j'ai ma zone pour mes vêtements j'ai la zone pour la partie électronique tout ça c'est du travail que je fais vraiment pendant un mois ou deux avant j'ai ma luge dans ma chambre et je modifie les positions je mémorise toutes les positions il faut que les yeux fermés je sache où est le matériel et ça c'est très important parce que quand il arrive justement un problème comme on a parlé tout à l'heure du vélo il faut savoir où est ton matériel si tu cherches ton briquet ou ton réchaud où tu l'as mis ou tu le mets pas à la même position dès que tu l'as utilisé quand tu veux le ranger et bien tu peux avoir des accidents et ça va très vite C'est la vitesse qui va faire que tu peux résoudre un problème. Et si t'es pas efficace, ça sert à rien. C'est pour ça que je travaille encore, comme je dis, toujours les automatismes, je réfléchis toujours à quelque chose de nouveau. J'ai la chance d'être écouté avec un équipementier qui est sensible à ça, qui profite aussi de cette expérience pour aussi, des fois, trouver des produits qui peuvent correspondre au grand public. Mais à l'origine, c'est vrai qu'on arrive à trouver avec eux des solutions et ils sont très à l'écoute. Là, même sur ma luge, ils ont réparé la fermeture de ma luge, donc j'ai fait des modifications pour être plus efficace. C'est fait de petits détails, mais c'est ce qui me caractérise quelque part, c'est toujours entrer dans le détail du détail pour justement être performant et surtout t'enlever des problèmes. On en a suffisamment de surprises sur le chemin, mais si on les a déjà bien identifiés au départ et qu'on n'est pas dépourvu quand il arrive un problème bénin on va être plus à même de répondre aux problèmes majeurs quand il va arriver donc c'est ce que j'essaye de faire et pour l'instant ça ne me réussit

Loïc

pas trop mal ça existe les luges en titane et je te pose la question parce que j'ai assez régulièrement quand je vois l'expédition de Mathieu Tordeur il n'y a pas très longtemps ils ont fendu une luge ils essaient de la réparer avec des avec des cirflex etc ça a fonctionné plus ou moins bien mais je vois souvent quand même des histoires de luges abîmées à cause du froid du coup je me demande s'il n'y a que l'option plastique qui existe ou si tu as des gens qui se font des luges en alu, en titane ou d'autres matériaux peut-être plus résistants au froid

Thierry

alors la majeure partie c'est pas en plastique c'est un genre de composite il y en a qui sont en carbone alors ça c'est hyper fragile c'est hyper fragile mais c'est très intéressant le poids c'est toujours pareil on combat le poids ils mettent aussi des skis dessous j'ai un ami Mathieu qui met des skis sous sa luge et lui il est très performant avec ça mais il a souvent coupé sa luge parce qu'elle est fragile en titane j'en ai jamais vu pourquoi pas sauf que la neige titane quand le froid on va mettre mettons le doigt dessus qui fait vraiment très froid on risque d'être collé c'est ça qui peut être la limite la limite s'il fait moins 25°C tu mets le doigt sur tu enlèves ton gant pour une raison que j'ignore tu touches la partie métallique tu risques de rester collé donc est-ce que c'est c'est intéressant je ne sais rien je ne sais pas maintenant bon pourquoi pas je n'en ai jamais vu bon j'y pense comme ça mais il y a peut-être d'autres problématiques mais je n'en ai jamais vu de sont toujours plutôt en composite ou en carbone mais en carbone très peu encore une fois parce que c'est c'est fragile et puis en plexi enfin je sais pas c'est des matières composites je sais pas comment elles sont

Loïc

faites exactement mais c'est le genre de fibres tu

Thierry

vois mais pas de carbone

Loïc

pas de carbone c'est très rare c'est trop fragile ok dernière question sur la partie matériel t'as beaucoup parlé du matériel obligatoire la chasse au poids etc mais est-ce que t'as quand même est-ce que t'emmènes quand même avec toi tu vois du matériel confort est-ce que t'as un truc sur tes courses tu vois Mike Horn il parle des fois dans ses livres enfin plusieurs de ses livres d'une casserole qui l'a suivi pendant longtemps, c'était sa casserole fétiche, il voulait cette casserole-là, qui n'était peut-être pas la plus légère. Est-ce que toi, tu as un truc comme ça avec une veste, un équipement spécial qui t'apporte une petite dose de confort en plus pendant ces épreuves?

Thierry

Non, j'ai fait évoluer les choses. En fait, je n'ai rien de très spécifique parce que ce n'est pas que je ne m'attache pas, mais je pense souvent à l'évolution des choses. Donc, je n'ai pas vraiment quelque chose qui serait fétiche ou que je n'ai jamais réuni avec et qu'il faudrait que je l'amène à chaque fois. Non, parce que je me dis toujours que c'est comme tout. Il y a une évolution et que ce que je pense être le mieux et quelque chose qui m'a été vraiment grandement utile, il peut évoluer. Il peut évoluer et donc je ne me suis pas attaché à grand-chose. Bon, j'ai toujours le même couteau, certes, parce que c'est peut-être ça, oui, le seul objet fétiche parce que je l'aime bien. Et d'ailleurs, même maintenant, je le garde à table chez moi parce j'ai certainement un attachement particulier avec ce couteau maintenant tu vois j'y pensais même pas mais je l'ai fait machinalement comme mon fils il a gardé son couteau qu'il avait sur lui à la ceinture quand on a fait le tour du monde il avait un couteau au cas où on a une corde qui nous passe autour du cours quand on serait éjecté du bateau il fallait un couteau pour pouvoir couper la corde si besoin et ce beau couteau il y a une histoire tu l'as vu à la ceinture tu sais que c'est pour ta vie si jamais il t'arrive quelque chose quelque chose donc quelque part il a certainement un rapport à ce couteau un peu différent c'est sûr voilà donc moi sur ça oui mais après non non j'ai

Loïc

pas grand chose j'ai

Thierry

pas de doudou

Départ Yukon Trop Doux

Loïc

tout ça non j'ai pas ouais ok ok bon la Yukon Arctic Ultra donc 645 km 1er février le départ était quand même à Whitehorse c'était juste la suite qui était différente ou

Thierry

même alors non le départ il est pas à Whitehorse il est dans un petit village à une heure et demie à peu près de route je me souviens plus le nom d'ailleurs et et il est donc un endroit au moins on n'est pas au milieu de nulle part parce qu'il avait hésité à nous mettre sur un parking et là il nous met un endroit où il y a un petit pub c'est sympa et donc les 47 premiers kilomètres c'est un lac c'est un lac il fait très chaud il fait très chaud pour le Grand Nord il fait moins 5 c'est vraiment chaud il fait moins 5 à peu près et la neige est vraiment très lourde très lourde, et je décide, comme la plupart des gens devant, de partir sans mettre les raquettes, donc avec les tennis, en me disant c'est plat, on va peut-être forcer un peu plus, mais au moins on n'a pas les raquettes, parce que c'est quand même contraignant d'avoir les raquettes, et si on peut se les éviter au départ où on est frais, ça n'a pas duré longtemps, la plupart des coureurs, au bout d'un quart d'heure, on a tous mis les raquettes, parce que c'était infernal, on s'est enfoncé, c'était mou, c'était terrible, parce que physiquement, même si on est un début de course c'est une épreuve de devoir faire un effort comme ça et puis on était quand même quelques coureurs ensemble et là on s'est tiré un peu la bourre, un peu trop pour moi je pense que c'était aussi un des facteurs qui a fait que j'étais pas bien dès le départ avant ça j'ai eu quand même deux jours avant j'avais appelé mon to be parce que j'étais pas bien j'avais mal à l'estomac je pense que j'avais un début de virus aussi parce que j'étais pas super bien dans ma chambre donc bon ça peut arriver mais c'est pas l'impréhension de la course parce que je n'avais pas forcément une grosse cette fois là mais c'était plutôt j'étais pas bien voilà donc j'ai pris le départ on me disait ça va passer c'est rien et on est parti un peu vite donc ça ça a été un deuxième facteur aggravant à mon avis

Loïc

parce que là du coup pardon Thierry je te coupe mais pour avoir lu pas mal de et encore une fois lu seulement donc tu me corriges si je dis n'importe quoi mais j'ai souvent lu qu'un un aspect important sur ces épreuves, c'est d'essayer de ne pas transpirer parce qu'une fois que tu transpires, après tu te refroidis, tout devient un peu compliqué. Mais là, s'il fait moins 5 degrés, que tu es collé au sol en tractant ta luge de 17-20 kilos, c'est un sujet que tu dois vraiment gérer, la transpiration, où il faisait tellement doux qu'au final, pas plus

Thierry

que ça. Effectivement, c'était un sujet préoccupant parce que dans la journée, ce n'est pas grave. Comme les températures n'étaient pas très froides, mais dès que le soleil commence à partir, tu te dis, il va faire plus froid, t'as transpiré, comment tu vas faire pour sécher tes affaires, ou il faut te changer, mais bon, ça c'est limite. C'était un facteur aussi très important, la transpiration, je voyais les coureurs autour de moi, ils s'enlevaient les couchers, ils s'enlevaient presque en étant en t-shirt, c'est tellement que ça faisait chaud à ce moment-là, et c'était mon cas, mais ça n'a pas été déterminant pour moi, je dirais que j'ai eu J'avais déjà anticipé, j'étais parti assez léger, donc j'avais anticipé ce problème-là et je n'ai pas eu besoin de me changer dix fois pour arriver à la bonne température. J'avais identifié le problème, je m'étais équipé en conséquence. Je savais que j'allais avoir un petit peu froid au départ, mais j'allais vite avoir chaud dans le mouvement.

Loïc

ok donc départ de course il fait anormalement chaud pour l'endroit et la saison compliqué d'avancer gros efforts dès le début là mentalement tu partais sur combien tu disais 8-9 jours c'est ce que tu avais planifié pour les 645 km

Thierry

c'est ce que je m'étais donné comme échéance après en sachant que ça peut varier suivant justement l'enneigement c'est vrai que c'est plus ou moins parce que c'est en fait j'étais parti du constat que j'avais fait 700 kilomètres au Yukon 2019, et j'avais mis 9 jours, donc je me dis, entre 8 et 9, ça peut le faire, il y a moins de kilomètres, ça peut aller, sans connaître trop le parcours, j'en avais quand même discuté avec d'autres coureurs, et donc je m'étais imaginé ça, et puis j'avais des repères, j'allais à la plante, j'avais mis 5 jours pour faire les 511 kilomètres, 5 jours et 20 heures, je crois, pour faire les... Donc je me suis dit, oui, je suis à peu près... Dans

Loïc

ce temps-là, quand je suis parti. Un départ pas tout à fait habituel pour ces formats-là. À quel moment tu dirais que ça a commencé à devenir vraiment compliqué?

Thierry

Très rapidement, au bout de 3 heures, 4 heures, plus d'énergie, plus rien. Tout est que souffrance. Je suis très loin. Chaque kilomètre est un calvaire. Je coche les kilomètres tellement que je ne suis pas bien. Je me dis que ces 47 premiers kilomètres, voire 48, pour arriver au poste de contrôle, sont difficiles. Comment je vais arriver là-bas

Loïc

?

Thierry

Je me le demande. Je suis en souffrance. Je ne suis qu'en souffrance. Je n'ai vraiment pas de bonnes sensations. Je ne me sens pas bien. Je me sens surtout vide. Je n'ai plus d'énergie. Je m'arrête régulièrement pensant que ça allait aller mieux mais ça y fait pas je suis pas bien et je lutte je lutte parce que je me dis il faut absolument que t'arrives au premier poste de contrôle pour pouvoir te reposer et voir ce qui se passe récupérer peut-être une fois de plus je pensais être parti vraiment trop vite et c'est ça qui m'avait mis dans cet état là mais je pense qu'il n'y avait pas que ça je pense que j'étais pas bien vraiment pour d'autres raisons et j'y arrive mais j'y arrive tardivement mais je m'en fiche que j'arrive tardivement j'arrive parce que c'était ça le plus important parce que je me demandais si j'allais même pas arrêter avant tellement que j'étais mal j'avais plus d'énergie du tout et moi je suis quelqu'un qui a quand j'arrive il me tarde qu'une chose c'est de repartir je reste pas très longtemps dans les postes de contrôle mais là quand j'arrive au poste de contrôle le premier je me dis ça y est j'arrête là c'est fini j'en peux plus je suis épuisé je suis mal et je fais une chose que je fais jamais je prends mon duvet je le sors et je fais jamais dans le premier temps je veux dire c'est trop tôt et là je décide de me coucher quoi alors je me mets dans le duvet je dors pas parce que je suis préoccupé je suis pas forcément hyper j'ai pas besoin de sommeil je suis juste épuisé je me mets dans mon duvet en me reposant je reste 8h dans mon duvet ah ouais je fais jamais ça jamais jamais je sais même Je me force à me lever du V, j'essaie de m'alimenter un peu, ça passe plus ou moins, mais ça passe un peu. J'avais envie d'arrêter là. Je me suis dit, je ne veux pas continuer dans cet état-là, ce n'est pas normal, je ne suis pas bien. Et puis, je pense à tout le trajet que j'ai fait, à tout ce que ça engendre comme contrainte de venir quand même là. Je me dis, écoute, tu as déjà été dans des situations peut-être Pas similaire, mais dans des difficultés. Donc, je décide de repartir. Je dis à l'organisateur qui était présent, je lui dis, écoute, je repars. Je repars et dans un premier temps, quand je repars, je ne suis pas trop mal. Et je me dis, bon, c'est peut-être un mauvais passage, alors qu'on a 20 kilomètres d'ascension, mais je ne suis pas trop mal. Je me dis, c'était un mauvais passage, ça va aller. Et puis là aussi, au bout de 4 heures, ça recommence, rebolote. Plus d'énergie, plus rien. comme la veille. Je suis mal, mais mal, mal, mal. Et là, toute la journée, Je cogite, j'étais parti très tôt le matin, je passe une partie de la matinée, je suis pas bien, j'arrive à l'après-midi, je suis pas bien, j'arrive en fin d'après-midi, j'ai dit mais là je peux pas, le poste de contrôle le prochain il est à 20 kilomètres, mais je me sens vraiment pas d'y arriver, je suis trop mal pour y arriver, mais ça prend des heures et des heures, je veux pas déclencher parce que je veux essayer d'y arriver, je me dis c'est pas normal, ça va passer, je je double 7 ou 8 coureurs, certains je les connais, donc ils me disent, mais non Thierry, ça va passer, mais je le sais que ça va passer, mais ça passe pas, et je suis de plus en plus mal, jusqu'au moment où je dis, bon ben là c'est bon, j'arrête, je ne vis que de la souffrance, et c'est pas l'objectif, je sais que c'est des courses où c'est dur, mais là c'est pas normal que je sois dans cet état-là, et donc je décide de déclencher ma balise, alors il y a deux façons de la déclencher, on la déclenche pour les secours, où là je préviens plutôt l'organisateur, en lui disant je suis pas bien je lui envoie un message d'abord je lui dis écoute je suis pas bien je vais arrêter là parce que je me sens pas d'arriver au poste de contrôle mais ça va il n'y a pas d'urgence c'est juste que je suis épuisé il me dit ils vont mettre un moment parce qu'il y a pas mal de gens qui sont dans ton cas et donc on va quand même s'occuper d'eux parce qu'ils ont déclenché la balise avant toi et là j'attendrai à peu près 6h qu'ils arrivent donc je me mets dans mon duvet j'essaye de récupérer j'essaye de passer le temps avec sa tête de me dire bah t'sais C'est la première fois que j'ai déjà abandonné sur des courses, mais là, c'est la première fois en milieu polaire. Donc, c'est un électrochoc. Mon challenge, c'était de réussir les deux. Je pense même pas à la prochaine. Je me dis, c'était peut-être trop tôt par rapport au tour du monde. C'était peut-être, t'as pas fait l'entraînement qu'il faut. T'as plein de questions. Tu te dis, qu'est-ce que j'ai fait de mal

Loïc

?

Thierry

Qu'est-ce que j'ai pas fait, que j'ai eu fait la dernière fois

Loïc

?

Rebond Mental Et Bloc D’entraînement

Thierry

Là, les questions vont dans tous les sens. J'envoie des messages à mon entourage pour les prévenir que je ne suis pas bien, qu'ils ne s'inquiètent pas, je suis en sécurité dans mon duvet, il ne fait pas froid, ça va, ils vont venir me chercher, parce qu'ils ne voient pas le coin bouger, donc ils sont en questionnement, et donc voilà, après toutes ces questions, et quand je pense à la Laplande, je me dis mais je ne veux pas y aller, je me dis mais comment je vais faire pour dire à l'organisateur, je voudrais ne pas y aller, je n'ai pas envie de vivre ça, cette année ce n'est pas mon entourage, année, il y a quelque chose qui ne va pas. Et donc, je déclenche, ils viennent me chercher. Je rentre très tardivement sur Whitehorse. J'arrive à l'hôtel. Je ne dors pas de la nuit parce que je ne suis pas bien de ne pas avoir réussi. Ça me dérange. Et donc, je réfléchis. Je reste 2-3 jours sur Whitehorse avant que mon avion vienne me chercher. J'étais toujours dans le idée de ne pas aller à la plaine. J'ai dit, je n'y vais pas, ce n'est pas possible, je n'y vais pas. Et puis dans l'avion, je commence à réfléchir, je me dis, avant de prendre cette décision, dans tous les cas, ton inscription est perdue, c'est trop près de la course, tes logements que tu as pris, c'est dommage à les perdre. Et je me dis, en rentrant, je rentre chez moi, je vais voir un peu ma famille, et puis je vais partir directement chez moi à la montagne. Je vais me isolé, tout seul, je vais aller m'entraîner, et je me dis, ces 75 km que tu as fait, c'était une session d'entraînement longue qui va te faire préparer pour la Laplande. Et quand je rentre, je pars à la montagne directe, après avoir dit bonjour quand même chez moi, et je pars, et là je m'entraîne très très fort, et je pars dès le lendemain que je me pose les pieds dans les montagnes, je vais m'entraîner, mais alors comme un fou, pendant 10 jours, et je m'entraîne en me disant, voilà, je vais faire une grosse prépa, même si on est très proche de l'autre, j'ai fait cette sortie longue de 75 km dans le froid, donc j'ai pu travailler les choses spécifiquement, et là je vais m'entraîner pour la Laponie, et c'est ce que j'ai fait, je me suis entraîné fort, je suis arrivé, déjà j'avais cette motivation qui était un revenu, j'avais envie, mais j'avais qu'un seul objectif, moi je suis un compétiteur, mais mais là, vraiment, le seul objectif, c'était de finir. Je ne voulais pas vraiment me dire, cette année, ce n'était pas ton année, tu as échoué sur les deux épreuves. Et ça, ça a commencé à me travailler, de me dire, de finir, je commençais, ça devenait une obsession, de finir la Laplande. Et donc, voilà, c'est ce qui s'est passé pour le Yukon. Et voilà la phase de préparation avant la

Loïc

Laponie. Waouh! Écoute, merci pour pour ce beau partage j'ai envie de te dire d'un côté c'est ultra intéressant en fait ton témoignage parce que quand on voit ce que tu fais puis là t'en parles quand même de manière ultra humble enfin voilà c'est la troisième fois qu'on échange sur le podcast à chaque fois que tu me racontes tu nous racontes ici tu vois les aventures dans lesquelles tu te lances enfin moi la réaction des gens ma réaction c'est systématiquement la même tu vois c'est lunaire enfin c'est vraiment c'est démentiel c'est énorme les distances l'isolement les conditions mais là de voir que finalement même un Thierry Corbarieux il peut y avoir des moments où l'énergie n'est pas là ce n'est pas le bon jour mais que malgré ça tu as quand même réussi à te relancer à tout de suite retrouver la dynamique qui fait que tu as pu prendre le départ de la Laplande et plus que le départ d'ailleurs parce que tu vas nous en parler mais tu n'as pas juste fini la Laplande c'est à la fois inspirant et Et voilà, ça montre que finalement, on est tous dans le même bateau, entre guillemets. Tu vois, chacun à différents niveaux, parce qu'on ne fait pas tous des Yukon Arctic Ultra, mais que les coups de mou, évidemment, ça paraît évident quand je le dis, mais les coups de mou concernent tout le monde, y compris les gens qui surperforment, comme tu le fais toi très régulièrement.

Stress Avant La Laponie

Thierry

C'est évident. Et encore une fois, c'est vrai que le fait de... D'avoir toujours réussi, j'ai abandonné dans le désert ou dans les montagnes, mais là, pour moi, c'était mon élément. Donc je me suis dit, même si ça, ça ne marche pas, j'étais vraiment dans le doute. J'étais dans le doute. Et ensuite, quand j'ai fini cette préparation, je suis arrivé vraiment remonté. J'ai encore refait mon sac, j'ai tout repris. j'ai vraiment regardé tout spécifiquement, comme si je refaisais une course, vraiment j'ai pas tenu compte de me dire, j'ai eu le Yukon, tu peux juste ranger tes affaires et partir au Yukon, non, j'ai vraiment été très précis encore, sur plein de petits détails encore, et j'ai regardé qu'est-ce qui pourrait m'aider, en plus j'avais la chance de l'avoir remporté deux ans avant, la plante, donc je savais vraiment ce que j'allais voir, j'ai même appelé mon pote Mathieu pour lui dire, lui il avait gagné un ski, moi je l'avais gagné à pied, on était à arriver en même temps, main dans la main, c'était génial, et je l'ai appelé pour lui demander des détails sur le parcours qui me semblait, malgré que ça ne fait que deux ans, un peu trouble, et j'ai échangé avec lui sur la philosophie aussi des temps d'arrêt, on a vraiment travaillé avec lui sur ce sujet-là, pour bien me remémorer les temps de passage, les objectifs, mais toujours dans une optique d'arriver au bout, peu importe le temps que j'allais y mettre, mais je veux arriver au bout. Voilà. Donc, je suis parti là-bas, en Laponie, avec cette motivation, cette envie, et beaucoup de stress, ce qui m'arrive rarement, mais là, beaucoup, beaucoup de stress, parce que j'avais encore cet échec, pour moi, c'est quand même un échec, au Yukon, et j'avais ça dans la tête, et la veille du départ, en Laponie, j'étais en panique, totale, en panique. Alors là, je me suis dit, même ça, c'est pas possible, être en panique, alors que je joue pas à la maison, déjà

Loïc

?

Thierry

En même temps, pourquoi

Loïc

?

Stratégie Checkpoints Pour Gagner

Thierry

C'est mon plaisir, c'est ma passion. Ok, mais je ne sais pas pourquoi. Je n'arrivais même plus à la maîtriser, cette panique. Je n'étais pas bien. Et là, j'ai appelé mon ami Gérard Ségui, qui me connaît par cœur. Et il me dit, surtout ce que tu ne vas pas faire, c'est de suivre Mathieu Blanchard. Je ne le suis pas. Surtout, si tu veux finir, tu ne pars pas comme lui, comme une balle. Et je dis, oui, ne t'inquiète pas, j'avais prévu de ne pas le faire déjà. Et je m'en fiche même de tout ce qu'ils vont me partir. Je les laisse faire. Ne t'inquiète pas, ce n'est vraiment pas le sujet. Mais j'étais obligé de me faire rassurer par des amis très proches. Et c'est ce que j'ai fait. Mais je n'étais pas bien la veille. Vraiment, j'avais cette... une pression que j'ai jamais eue, même pour les 1600 kilomètres à l'île de Tarod, j'avais la pression, parce que c'était quand même un événement, mais pas cette boule à l'estomac qui t'inhibe, qui te met en panique, et j'avais jamais vécu ça. Donc, le matin, j'arrive pas très serein, mais en me disant, en me rappelant les fondamentaux, tu pars doucement, l'objectif c'est que de finir, tout ça. Je pars avec cette idée-là, et on part, mais je me dis, j'ai trop je vais trottiner et en fait comme c'est place sur tout le début j'ai couru je me suis jamais arrêté sur toute la partie sur les 25 ou 30 premiers kilomètres j'ai fait que courir et d'ailleurs j'avais dit je courrais pas avec Mathieu mais on a passé presque 45 minutes ou une heure ensemble donc on a pu échanger on a pu discuter sur plein de sujets et c'était chouette et donc je me suis pas préoccupé il y en a deux qui étaient partis très très vite un jeune que j'avais préparé de 22 ans qui était parti très vite avec le Polonais jeune aussi, qui était parti très vite tous les deux, mais je m'en fichais complètement. J'étais loin de mes préoccupations. Et puis, dès le premier poste de contrôle, en allant à mon rythme, je suis arrivé déjà sur le jeune Français, je suis arrivé sur lui. J'ai dit, ben voilà, en prenant mon temps, en le faisant comme il faut, en courant toujours, mais en prenant mon temps, je reviens assez facilement. Et puis, ben voilà, au deuxième poste de contrôle, je me trouve là avec Mathieu et Blanchard et on discute, il me dit, mais dis donc, pour faire les 500, vous allez déjà très vite. Je dis, oui, mais bon, c'était des temps de passage que j'avais dès la dernière fois, même si on était un peu plus rapide. J'étais un peu plus rapide parce que la neige le permettait. Mais il y a deux ans avant, c'était un peu plus mou dans cette zone. Donc là, ça nous permettait de faire... Les deux premiers jours, il fait 100 km par jour, donc c'est vrai que c'est... C'est beaucoup, quoi. Donc on arrive, lui, il part, Mathieu et moi, je pars quelques... deux heures après, je crois. Un peu près de deux heures et demie après donc j'étais pas loin derrière et puis il y avait les deux autres donc il y avait juste un devant il n'y avait plus que le polonais et donc je suis parti et je me suis dit on est encore très loin et puis je me suis dit c'est bien dommage que je ne me sois pas mis moi aussi sur le 185 parce que ça voudrait dire que demain soir j'aurais fini c'est dommage pourquoi je suis allé encore me mettre sur le 1600 et puis je continue je me suis dit bon c'est bon, t'es bien à l'objectif, t'es là, il faut y aller, et donc je passe le poste de contrôle, et puis, ce que je vous dis là, c'est cette deuxième nuit, je vais dormir dans une cabane où j'avais dormi, et le problème, c'est qu'il y avait tellement de neige que j'ai pas trouvé la cabane, impossible de trouver la cabane, et j'avançais, j'avançais la nuit, j'avais déjà, j'étais premier, parce que le polonais, je l'avais doublé depuis les 5 heures du soir, et j'étais premier, mais je trouvais pas la cabane, c'est pas que je voulais maintenir mon effort pour arriver au poste de contrôle, au contraire, je Je savais que c'était une erreur de faire ça. Mais j'étais tellement à la recherche de cette commande que je ne trouvais pas. Je me disais, j'ai dû la louper, mais d'être un peu plus loin. Et j'avançais, j'avançais. Sauf que là, je me suis trouvé à un moment donné à une heure et demie ou une heure et quart du poste de contrôle et très fatigué parce que je n'avais pas dormi de la nuit. Et là, je lui ai dit, il faut que tu dormes. Il faut quand même être raisonnable. On est quand même très loin de l'arrivée. Donc là, j'ai installé mon bivouac. J'ai dormi pendant une heure et quart pour ne pas arriver directement sur le poste de contrôle. J'ai dormi une heure et quart et puis je suis arrivé sur le poste de contrôle, j'étais troisième du 200 km, du 185 km, donc j'ai dit, il n'y a pas beaucoup de luges, c'est bien, et bien sûr, largement premier du 500, mais sans le vouloir, parce que là, c'est le fait de ne pas avoir trouvé cette cabane, et donc là, j'ai récupéré, j'avais coupé un thermos, et je savais que c'était un matériel obligatoire, ils me l'ont dit d'ailleurs au poste de contrôle, parce que j'ai commencé à négocier, essayer de voir s'il y avait deux, ça suffirait, j'en avais deux, mais voir s'il n'y avait qu'un, ça suffirait, ne tirerai pas.

Loïc

Ils m'ont dit non, il faut absolument deux. Sinon, tu ne peux pas prendre le départ. Les postes de contrôle, ils ressemblent à quoi? C'est des refuges dans lesquels tu as à manger, tu peux te poser, t'allonger, dormir un peu si tu veux ou c'est très sommaire?

Thierry

Ils sont tous différents. Le poste de contrôle avant, c'était juste une cabane au milieu de nulle part. Tu ne peux pas te reposer dedans, tu peux juste te manger à l'intérieur, mais après, il te faut dormir à l'extérieur. Là, on arrive à la fin de la course du 185. Là, c'est sur un bâtiment de la ville donc là tu peux dormir tu peux manger à l'intérieur bon là c'est là c'est grand luxe donc c'est on est super bien là et voilà donc quand j'ai ce problème de thermos je j'appelle Mathieu Blanchard qui dormait puisqu'il avait fini il s'est pas réveillé malheureusement je voulais qu'il me donne son thermos pour que je puisse reprendre le départ sinon j'étais obligé d'abandonner à cause de mon thermos et je l'appelle il répond pas et il me dit si tu veux il faut que tu ailles dans le village acheter un thermos donc je suis parti à pied faire un kilomètre, aller acheter une thermos, revenir. Je me suis perdu en plus. Je criais dans la rue parce que je ne savais pas revenir. Donc, j'ai dit mais ce n'est pas possible. Je me suis perdu dans la ville alors que j'ai mis un temps fou. Je suis revenu et juste quand je suis revenu, il y a le polonais qui est arrivé. Donc, moi, je m'étais déjà reposé. Je n'ai plus qu'à manger et je suis reparti. Et je savais très bien qu'en repartant, j'avais 70 kilomètres pour arriver au prochain poste de contrôle. Je savais que puisque j'avais… je l'avais vécu il y a deux ans, qu'il fallait que j'arrive et que je dorme là-bas. Parce que si je dors sur le chemin, j'allais perdre énormément de temps. Et c'est ce que j'ai fait. Je me suis vraiment cantonné alors qu'il y avait beaucoup de neige. Les motoneiges n'étaient même plus tellement qu'il y avait de la neige. Donc je savais que ça allait être encore plus dur qu'il y a deux ans. Mais j'étais parti plus tôt parce que j'étais allé plus vite sur le premier tronçon. Et je suis parti sur ce chemin avec ce seul objectif, c'était d'arriver. Je suis arrivé à minuit et demi là-bas. Je suis arrivé à minuit et demi, je me rappelle très bien et je savais que là le challenge pour moi là j'allais marquer des points parce que le deuxième il était il n'avait pas cette expérience là donc il est parti plus tard que moi et il était obligé de dormir sur le chemin donc il dort sur le chemin mais après il va être obligé de se reposer dans le poste de contrôle pour sécher ses affaires parce que là on pouvait sécher nos affaires donc je savais que là j'allais gagner du temps et là c'est ce que j'ai fait tous les jours parce que j'avais l'expérience aussi du parcours donc j'essayais d'arriver au point de contrôle sans être obligé de dormir en intermédiaire, donc ça demandait beaucoup d'efforts, énormément d'efforts, surtout avec beaucoup de neige comme il y avait, j'avais plus que le cycliste d'ailleurs à ce poste de contrôle, j'avais plus que John le cycliste anglais qui me faisait bien la trace, donc j'étais content parce qu'au moins j'ai pas besoin de réfléchir avec toute cette neige, et puis le matin en me levant, John était parti depuis une heure, et je suis allé arriver sur lui très rapidement, parce que moi j'avais les raquettes, et lui il pousse le vélo, et j'ai doublé John et puis voilà donc je suis passé devant et là à partir de là c'est moi qui ai fait la trace j'ai fait la trace pendant un jour et demi et donc j'ai continué mon effort pour arriver toujours sans dormir dans l'intermédiaire pour arriver dans les postes de contrôle et de dormir dans les postes de contrôle pour pouvoir récupérer c'est ce que je savais que ça c'était très important pour arriver à performer et c'est comme ça que j'ai gagné du temps chaque jour j'ai gagné à peu près 15 km par jour grâce à ça sur le deuxième et pour finir à 60 km à l'arrivée mais c'est

Loïc

vrai que c'est ça qui m'a permis de le faire ultra intéressant elle a une vraie stratégie ultra intéressant alors c'est marrant que tu mentionnes John parce qu'en préparant l'épisode j'étais allé regarder je suis allé faire des tours sur le site de Laplande Laplande Arctic Yukon Arctic et puis j'ai regardé les classements et j'ai vu que John Knapp donc en fat bike il a mis 4 heures de plus alors je ne sais pas c'est quoi les distances du fat bike ah c'est la même distance que nous. Exactement la même. Donc tu as été plus rapide de 4 heures que le premier en fight bike.

Thierry

Oui, mais c'est arrivé au Yukon en 2019, ça dépend de la qualité des cyclistes aussi et ça dépend aussi de la neige. Là, en l'occurrence, John, il aurait été devant moi si la neige avait été beaucoup plus portante. Là, il y avait beaucoup de neige. Un vélo, ça a beau avoir des grosses roues, c'est très difficile pour lui. Et en plus, ça m'a motivé. Moi, je me suis dit maintenant, je ne veux plus que le vélo revienne sur moi. J'avais ça comme objectif. Il faut se motiver comme et c'est vrai que John est sympathique c'est un vrai anglais le gars il lâchera jamais rien jusqu'à la dernière seconde il lâchera jamais rien moi jamais j'aurais poussé le vélo comme lui jamais un vélo c'est fait pour être dessus c'est un effort considérable qu'il a fait mais lui c'est vraiment l'anglais dans toute sa splendeur je lâcherai rien jusqu'au bout jusqu'à la ligne d'arrivée il est pas question j'arriverai toujours ça suffit et John il m'a fait halluciner de le voir comme ça dans cet effort mais c'était incroyable de le voir comme ça et voilà et John l'avait gagné l'année avant à pied c'est un très bon coureur c'est un très très bon coureur qui a fait de très bons résultats sur la Spagne je ne sais même pas s'il n'a pas gagné d'ailleurs et c'est un super coureur mais je comprends que c'est un super coureur parce qu'il a vraiment il a la rage quoi c'est c'est voilà tu n'as pas besoin de lui parler à John rien qu'en le regardant tu as compris tu as compris que c'était c'est un dur à cuire quoi et moi j'adore ce genre de personnage là qui d'ailleurs on communique là ensemble parce que il a vu ma luge il est quand même il a vu ma luge il m'a dit Thierry il faut que tu me dises comment tu fais une luge comme ça et il faut absolument l'année prochaine je veux le faire à ski est-ce que tu peux m'aider dans ma préparation et je dis oui John il n'y a pas de problème il n'y a pas de

Loïc

soucis ouais effectivement alors je n'étais pas allé faire un tour sur son palmarès à lui mais alors je vois il y a au moins un podium au troisième au classement général sur la spine en 2019 tour des géants ouais oh punaise la vache il y a du Il y a de l'ultra sous la

Thierry

ceinture. Ça ne m'étonne pas. Ce nom, je l'avais déjà vu plusieurs fois sur les palmarès. J'étais content aussi de le rencontrer. Il n'y a pas beaucoup de paroles avec John, mais c'est des gens comme ça que j'adore. C'est des vrais pour moi. C'est des gens qui sont authentiques, qui ne lâchent jamais rien. C'est ce que j'aime. Excellent.

Loïc

ok donc ultra intéressant finalement ce que tu dis bah tu disais un peu plus tôt que tu détestais refaire les courses sur lesquelles tu t'es aligné là j'avoue que dans ce cas là enfin vu ce que tu racontes on se dit bah là il y avait un vrai avantage quand même parce que tu

Thierry

connaissais

Loïc

ta stratégie au final elle était basée sur le fait que tu l'avais déjà fait

Thierry

carrément et le seul problématique que j'ai eu je dirais sur ma stratégie c'est j'avais pas anticipé que les deux derniers jours il y avait de la ça allait être de la colle la neige et j'avais pas anticipé ça c'est à dire que j'avais jamais vécu une neige aussi collante j'avais des boules sous les raquettes, tous les 5 minutes il fallait que je tourne dans la raquette ce qui est un supplice quand on a fait autant de kilomètres pour casser la boule parce que sinon j'étais sur des oeufs et c'était une horreur ça ça a été une horreur c'est surtout qu'elle collait ça collait donc ça faisait des boules dessous qui devenaient de plus en plus grosses donc on avait l'impression d'être sur des échasses même si on était à 10 cm du sol mais c'était très désagréable parce qu'on a suivi qui tourne, on n'est pas bien, on n'avance pas. Et donc, c'était vraiment très, très difficile. Donc ça, je n'avais jamais vécu, ça ne m'est jamais arrivé d'avoir une neige aussi collante que ça. C'est la première fois.

Loïc

ok est-ce qu'il y a eu le fait que tu aies refait cette course pour la deuxième fois que tu sois allé finalement la stratégie tu l'as adaptée par rapport à ce que tu savais déjà mais est-ce que le fait est-ce que finalement tu vois un intérêt au-delà du fait que ça a dû jouer quand même sur ton excédent de performance mais est-ce que tu as vu un intérêt d'un point de vue apprentissage plaisir etc à revenir sur un terrain que tu connaissais est-ce que du coup il y a des fois où tu débranchais plus le cerveau parce que tu savais à peu près à quoi ça allait ressembler ou d'un point de vue charge mentale c'était plus agréable est-ce que tu as vu un bénéfice à refaire intégralement une course que tu avais déjà

Autres Formats Et Kungsleden

Thierry

faite

Loïc

?

Thierry

Alors j'y vois un réel avantage déjà dans celle-ci parce que déjà premièrement elle est très belle elle passe dans des sites très beaux c'est très varié il y a du changement on arrive dans des petits hameaux franchement il a un parcours extraordinaire donc déjà je l'avais déjà remarqué que la première fois mais là j'ai vraiment mesuré la chance d'être sur ce parcours contrairement au Yukon où je l'ai dit tout à l'heure le parcours il est pas très intéressant bon ça reste des milieux polaires mais c'est assez monotone dans la montée quand tu fais que les montées descendent mais c'est toujours pareil c'est toujours la même chose mais par contre là on a de la variation on a des intérêts on passe au cercle polaire deux fois donc il y a les cabas mais c'est génial franchement c'est un parcours rêvé j'aurais aimé qu'ils le fassent même plus tôt parce qu'on est dans une période où c'est rare qu'il fasse très froid quand on arrive au mois de mars dans cette partie de la Laponie il peut y faire froid mais c'est plutôt quelques semaines avant c'est dommage de ne pas la faire quelques semaines avant parce qu'il ne le fera pas parce qu'il y a la Yukon mais c'est dommage parce que là il n'y aurait rien d'intérêt il faut savoir qu'une semaine avant il faisait moins 25 moins 30 même jusqu'à moins 30 qu'il a fait, une semaine avant, 15 jours avant même. Et c'est dommage parce que faire cette course-là avec du moins 35, moins 20, moins 25, moins 35, ça serait exceptionnel parce qu'il y a de la portance, on a une vraie course polaire, elle est géniale. Vraiment, elle est très bien. Alors, pour répondre à ta question, je n'ai pas fait les courses, je ne vais pas les refaire, mais pourtant j'ai dit celle-ci, ce sera la dernière, mais je ne suis pas je me suis un peu emballé parce que je me dis que j'aimerais peut-être y revenir elle me plaît cette course elle est belle pas parce que je l'ai gagnée mais je la trouve très belle c'est vraiment le parcours est réussi je trouve ça génial cette course et donc rien que pour ces raisons alors j'ai eu même une idée dans quelques années dans 2-3 ans j'aimerais bien m'emmener toute ma famille faire le 50 km qui découvre cette région de la Laponie on va me faire ça en famille le 50 km 50 kilomètres, et après qu'on profite un peu du coin. Ça, j'ai vraiment l'idée. Pourquoi dans trois ans

Loïc

?

Thierry

J'aurai 60 ans, donc j'aimerais bien pour ça, faire cette course avec mes enfants et mon épouse. Mais ça, j'ai un projet de le faire, mais je me dis que peut-être je reviendrai aussi faire la Laplande, parce que je mesure l'intérêt d'être dans des... Et puis en plus, l'intérêt d'être dans ce coin-là, mais c'est vrai que ce coin de la Laponie, quand on arrive, on est de suite dépaysé, on n'est pas comme quand on arrive ou à Whitehorse, ou à Yukon, ou en Alaska, en courage, où c'est des capitales, où on arrive directement dans la ville. Là, on arrive, c'est plus petit, donc on est de suite dans la nature, on a ce rapport à la nature direct. C'est pareil aussi quand on sort des grandes agglomérations au Yukon ou en Alaska, mais avec l'intérêt de faire la course, c'est qu'on est rapidement dans les milieux naturels, c'est ce que j'apprécie

Loïc

le plus, moi. Ok. Tu penses un jour... tenter d'autres formats? Fatbike? J'y ai

Thierry

pensé. J'y ai pensé cette année. J'avais l'idée de faire du fatbike et je ne me suis pas donné le moyen d'y arriver. Ski, pourquoi pas

Loïc

?

Thierry

La seule chose que j'aurais pu tenter cette année, c'était de faire le Kungsleiden. C'est la course hivernale de la Spine. Je m'étais renseigné, mais il fallait la faire en ski. Je n'avais pas d'expérience pour la faire. En plus, je Je l'ai fait moi en expédition seul. La totalité de la course, je l'ai fait tout seul en 9 jours. Et je sais le monstre que c'est. Je sais l'énergie qu'il faut y mettre. C'est tellement difficile, tellement dur. Alors moi, j'ai été encore plus dur pour moi parce que moi, je l'ai fait en raquette. Il y avait énormément de neige. Je me suis pris deux tempêtes énormes. Et en même temps, j'étais seul. J'avais une grosse luge seule. Je n'avais prévenu personne là-bas. Donc, j'étais en autonomie totale. Donc, c'est ce qui a rendu l'effort considérable. Mais je dirais, quand je sais ce qu'il faut donner comme énergie pour y aller là-bas, pour la faire, je suis un peu moins motivé parce que je sais que ça va être un gros engagement.

Loïc

Parce que c'est... c'est quel tracé? Parce que moi, j'ai fait le tracé des touristes, c'est-à-dire Abisko, Kiruna, en passant par le Cape Neuquais, mais ça va jusqu'à Emavan, non? C'est ça?

Thierry

Exactement. Le tracé, il fait 460 kilomètres et il va jusqu'à Emavan, il part d'Abisko. Abisko, il va jusqu'à Emavan et il part, il y a la première partie sud où il y a les grosses montagnes à passer, le Sarek, une partie du Sarek, je dirais. Il y a 150 kilomètres là, très, très difficiles. dur parce qu'il peut y avoir aussi vraiment des conditions météo difficiles puisqu'on est en altitude par moment on passe des cols et donc ça c'est une partie difficile et puis après c'est long quand même toute l'autre partie elle est longue et notamment moi j'ai eu dans un couloir d'avalanche bien identifié une tempête de neige où même les motoneiges n'allaient pas parce qu'il y avait tellement de neige où je devais faire des traces, j'en avais jusqu'au genou même avec la raquette j'ai perdu peut-être 12 kilos je sur cette course en 9 jours c'était horrible ce que j'ai vécu c'est horrible et donc après ça m'a donné une telle expérience pour l'Edith Harrod que j'étais l'année avant l'Edith Harrod donc je voulais absolument la faire je voulais faire ce parcours d'un parce que on ne pouvait pas aller aux Etats-Unis à cette époque là c'est en 2021 et on n'avait pas le droit d'aller aux Etats-Unis donc je m'étais dit que tout l'entraînement que j'avais fait pour aller faire l'Edith Harrod je vais le mettre sur le Kingsleyden donc j'ai profité un peu de ces mois d'entraînement pour aller faire ça et puis mais ça m'a donné vraiment une réelle confiance une expérience pour appréhender l'Edith Harrod avec beaucoup plus de sérénité ça c'est sûr d'avoir vécu dans des conditions aussi dantesques que sur le Kungsleden qui peut être terrible le blackout comment on appelle ça le black white le black white white out white out je suis tellement bon en anglais white out et en fait c'est mais mais je l'ai vécu moi ça c'est quelque chose de mais on peut même pas en parler il faut le vivre c'est des vents j'ai des vents à plus de 100 km heure où j'étais en effort constant parce que vous avez légèrement sur l'avant et j'étais abaissé complètement j'avais peur que ma luge s'envole derrière heureusement elle était lourde donc elle s'enfonçait bien dans la neige mais c'était des moments très très compliqués ouais

Loïc

oh là là les aventures de Thierry incroyables ok donc peut-être un passage sur du fat bike oui j'aimerais bien à venir ce projet de famille il y aura la suite des aventures du coup sur la Laplande mais moi j'ai une question par rapport à finalement cet enchaînement tu l'as fait alors pas comme tu voulais parce que t'es pas allé au bout de la Yukon mais tu disais qu'avant le départ de la Laplande tu avais cette espèce de boule dans l'estomac, cette pression que tu te mettais qui n'était pas habituelle pour toi. À quel moment elle s'est dissipée et à quel moment est-ce que tu as réalisé que c'est bon, sur la Laplande, tu étais au niveau où tu es d'habitude et tu as repris confiance?

Thierry

J'ai repris confiance quand je suis passé devant au bout de la deuxième journée et que j'ai vu que sur une cabane, il y avait le premier, le Polonais qui était… en repos, je me suis dit, c'est tôt quand même pour être en repos, ça veut dire qu'il était allé certainement vite, et qu'il commençait à accuser le coup de cette vitesse, là je me suis dit, bon, il y a peut-être quelque chose à jouer, mais on est tellement loin que ne t'enflamme pas Thierry, j'ai pris confiance quand il y a eu des paramètres, quand je suis parti après le 200ème, quand ils finissent le 185 km, que je suis parti de Overcalix, et que je suis allé sur le premier poste de contrôle, que j'ai réussi ce premier tronçon sans dormir au milieu, et que derrière j'ai vu que j'avais creusé le trou j'ai dit maintenant il y a des choses à faire je peux gagner cette course il y a des possibilités donc ça m'a motivé même si j'étais là pour finir le côté compétiteur il s'est remis en place j'étais en discussion avec des gens qui me suivent donc on calculait les possibilités donc là je me suis dit c'est possible c'est possible que je mais le chemin est vraiment très très long encore donc il ne faut pas s'embarquer aller, faire les choses simplement, mais après j'ai vu quand même que chaque jour je creusais l'écart, chaque jour je creusais l'écart, je creusais l'écart, donc bon, il fallait que moi je puisse tenir, donc c'est ce que je me suis préoccupé, de me dire écoute-toi de toi maintenant, puisque derrière ça suit pas trop, donc essaye de te préoccuper que de ce que tu dois faire toi, pour justement pas avoir de défaillance, ne force pas plus, essaye de faire l'effort constant, mais soit régulier dans ton effort, Et ça devrait le faire si tu arrives sans pépin.

Loïc

c'est quoi tes bon alors là tu viens quand même de le dire mais finalement l'apprentissage que tu retires de ça de cette manière de cette capacité que tu as eu à te remobiliser et alors je ne sais pas si c'est un peu on est peut-être un peu dans le cliché mais la valeur de l'échec tu vois parce que comment ce qui s'est passé sur la Yukon finalement c'est peut-être ça aussi qui fait que tu es arrivé encore plus près encore plus attentif tu vois sur la Laplande et que ça s'est passé comme ça s'est

Thierry

passé c'est exactement ça je pense que ce n'est pas un cliché mais tu as raison de dire que j'ai dû me remobiliser peut-être me préparer un peu plus fortement parce que j'avais ça dans la tête et je voulais vraiment pas louper la deuxième course qui a fait que je suis arrivé avec des valeurs un peu différentes c'est-à-dire que je me mettais moins la pression sur le résultat au départ et au fur et à mesure j'étais bien, je me suis senti bien j'ai fait jouer l'expérience sur la fin de la course mais c'est ça que j'en retiens retient que, et c'est ce que j'essaie de communiquer souvent dans mes interventions, dans mes conférences, on me dit, oui, mais t'as réussi ça, t'as réussi ça, mais nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir qu'est-ce que t'as loupé pour savoir comment tu t'es remobilisé. Là, j'ai fait un consensus. J'ai loupé et j'ai réussi rapidement, donc je suis remobilisé. Effectivement, c'est ce que j'en ai retenu. C'est pour ça qu'elle fera partie des plus belles, même si j'en ai gagné des courses peut-être plus prestigieuses, comme l'Editaro de 1650, qui restent le Graal pour moi, mais celle-ci, elle a une saveur toute particulière. J'étais tellement fier de l'avoir gagné après ce qui m'était arrivé. J'étais hyper fier. Je me suis, pour une fois, alors que je n'aime pas trop parler de moi, mais c'est vrai que je me suis dit, mais là, quand même, c'est déjà parce que tu ne te rajeunis pas et tu arrives encore à maintenir de l'effort, sachant qu'il y avait quand même des jeunes derrière et qui poussaient très fort. Et j'ai réussi à maintenir mon effort et à être toujours là, malgré tout, et me dire, te remobiliser alors que tu as eu un stress terrible et que tu as vraiment cet échec qui t'a omnibulé pendant les semaines qui ont précédé la course, elle reste vraiment une course qui a une saveur, comme je disais, très particulière et qui va être peut-être une référence pour moi, parce que j'ai su trouver l'énergie, la volonté et les clés après une déconvenue

Loïc

quelques semaines avant ultra intéressant bah écoute Thierry en tout cas un immense merci pour ces partages comme toujours un grand plaisir de t'avoir au micro du podcast c'est toujours ultra intéressant est-ce qu'il y a on a parlé de beaucoup de choses mais est-ce qu'il y a un dernier message que toi tu voudrais faire passer en guise de conclusion?

Thierry

Non, le seul message, c'est de me dire, même si c'était peut-être une question que tu voulais me poser sur la fin, mais je me dis que ça va peut-être m'aider dans les futurs choix de courses à venir. Peut-être que là, je m'étais lancé un challenge un peu trop ambitieux, peut-être par rapport à maintenant, à ma capacité de récupération et d'anticiper les choses, mais peut-être à mon fonctionnement tout court, parce que peut-être que je n'étais pas prêt à enchaîner ces deux courses l'une derrière l'autre. donc je crois que ça m'a ouvert les yeux sur le fait de me dire les prochaines je vais me laisser du temps entre plusieurs courses pour les faire comme il faut et de les faire sans me mettre de pression particulière voilà donc ça c'est vraiment le message pour les prochaines là pour l'instant j'ai un challenge particulier dans deux mois avec un homme de mes fils puisqu'on va faire la plus vieille course de kayak au monde la Yukon River Quest je reviens au Yukon excellent J'allais bientôt habiter là-bas si ça continue. On va faire cette course de 715 kilomètres en kayak. On l'a fait. On a pris la catégorie kayak double. Donc, on va vivre encore une aventure magnifique à partager avec un autre de mes fils. J'ai hâte, même si je commence à avoir la trouille quand même parce que j'ai fait hier une session avec toute l'eau qu'il y avait dans les montagnes de kayak. C'est technique le kayak. Oui, parce que la particularité, c'est que je les places de course, mais je n'ai pas fait de kayak. J'ai fait une sortie. Je vais m'entraîner. Je ne peux pas m'entraîner avec mon bateau à rame parce que je l'ai vendu il y a trois jours. Ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas du tout la même spécificité. J'ai hâte de vivre encore cette aventure dans deux mois et demi avec Lucas, mon fils, au Yukon. Après, j'ai d'autres projets. J'ai un projet de travail Transat de Washington jusqu'en Alaska, une régate de 1400 kilomètres. Donc, très, très, très dans l'aventure près des côtes en passant par les fjords. Mais bon, là aussi, je suis en train de m'entraîner. Je ne connais rien à la voie. Donc, ça fait depuis l'année dernière que je me suis lancé le défi de pouvoir me préparer pour être prêt en 2028. Voilà. Si je suis prêt, j'irai. Sinon, je repousserai un peu. Mais on a l'ambition de faire ça avec un de mes fils, le même avec qui je vais partir d'ailleurs au Yukon dans deux mois et demi, de faire ça, de partager ça ensemble et puis après certainement j'y mettrai des courses polaires parce que je pense que c'est ce qui me plaît, ce qui me plaît le plus peut-être quelques déserts je dois peut-être revenir, on va voir la fin de l'année sur la 333 où j'ai toujours le record de 56 heures et donc le revendicateur qui m'a appelé il m'a dit Thierry il serait temps que tu reviennes, alors j'aime pas refaire les courses mais là je m'en fiche, je dis ok cours, je ne vais pas le battre. Ça fait déjà depuis 2009 que je n'ai plus la caisse pour aller aussi vite. Mais par contre, le fait d'aller sur un format comme ça, j'aime bien. Pourquoi pas

Loïc

?

Thierry

Je ne sais pas

Loïc

encore. On va voir. Excellent. Excellent. Eh bien, écoute, ça promet de nombreux prochains épisodes. C'est parfait. Ça me va très bien. Vas-y, continue. Avec grand plaisir. Un grand, grand merci Thierry, une fois de plus. C'était génial de pouvoir échanger. Et puis, bonne prépa pour cette course en C'est en kayak,

Thierry

en canot

Loïc

?

Thierry

Kayak double. Vraiment en kayak, kayak, fermé. Voilà, c'est ça, un vrai kayak. J'ai retourné deux fois hier, c'est un

Loïc

vrai kayak. Ah là là, ça m'en s'épique. Bonne prépa à tous les deux et puis à une prochaine.

Thierry

Merci

Loïc

beaucoup Loïc. A

Thierry

bientôt Thierry, ciao.

Loïc

Au revoir.