Les Frappés

Seule en mer pendant 48 jours, de l'Afrique du Sud aux Açores, avec Claire Valade

Loïc Blanchard Season 5 Episode 229

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 1:12:26

Claire est une Québécoise qui a été mise sur un bateau avant même de savoir marcher. Grands-parents bretons passionnés de voile, tour du monde en famille à 9 ans, traversée des Andes à vélo à 18 : l'aventure, chez elle, ce n'est pas une parenthèse, c'est un mode de vie !

En Afrique du Sud, après avoir sillonné l'océan Indien, elle achète un voilier de 1978 qui a déjà six tours du monde dans la quille. Direction la France, en solitaire, sur un bateau sans frigo, sans douche, (on pourrait même dire sans moteur fiable 😅), avec une barre qui casse dès les premiers instants et le mal de mer en prime.

Dans cet épisode, on parle de confiance en soi, de gestion de chocolat, de galères en mer et de cette petite voix qui te dit « c'est bon, tu peux le faire ».

🎙 Les autres épisodes qui pourraient vous plaire :
👉 Épisode #225 - Aller vers ses peurs avec Mathis Bourgnon, vainqueur de la Mini Transat 2025

👉 Épisode #154 - Prendre le départ du Vendée Globe ⛵️ avec Sam Goodchild

👉 Épisode #149 - Récit d'une transatlantique à la voile ⛵️ en solitaire et sans assistance avec Sasha Lanièce

Vous pouvez suivre Claire ici ⬇️
📸 Instagram
🌏 Film "Seule en mer, de l'Afrique du Sud aux Açores"

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Devenir Tipeur sur Tipeee (fr.tipeee.com/les-frappes)
✅ Suivez le podcast sur votre plateforme d'écoute
🙂 Parler du podcast autour de vous et partagez cet épisode
⭐️ Laissez une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify
💌 Abonnez-vous à la newsletter

Pour suivre Les Frappés sur les réseaux 👇🏼
📸 Instagram
💼 LinkedIn
📹 YouTube
🌏 Site internet

Des suggestions ou envie de partager votre avis ? Envoyez moi un email.

Vague Surprise Et Frayeur

Claire

Moi, j'étais dos aux vagues et je vois Martin qui écarquille les yeux, mais je me dis mais qu'est-ce qui se passe

Unknown

?

Claire

Et là, tout d'un coup, j'entends un bruit, puis il y a une vague qui passe par-dessus les panneaux solaires, elle devait être à la hauteur de la bourne en fait, elle nous a recouvert d'eau. Nous, on était du coup trempés jusqu'aux eaux et en Afrique du Sud, l'eau, elle n'est pas chaude, il ne fait pas chaud, le soleil venait de se coucher, on était grelottantes, un peu la peur aussi qui te rajoute un peu du pas bien.

Unknown

Musique

Rencontre Avec Claire

Loïc

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants Sous-titrage ST' 501 Feu vert, c'est parfait. Eh bien, écoute, bienvenue, Claire, au micro des Frappés. Je suis super content de te recevoir sur le podcast. Et puis, comme je te disais, c'est assez marrant. Parfois, on me le dit, des copains qui me disent que c'est rigolo de t'appeler au téléphone parce que je viens d'écouter un podcast et donc d'entendre ta voix. Là, moi, c'est pareil. J'ai terminé hier soir, pour tout te dire, seul en mer, ton documentaire. Et je me suis absolument régalé. Mais du coup, c'est vrai que c'est toujours rigolo après d'entendre la personne en en live, en vrai, quand on a consommé pas mal de contenu où on entendait sa voix. Donc bienvenue Claire sur Les

Claire

Frappés.

Loïc

Merci Loïc, ça me fait super plaisir d'être là. Donc Claire, tu es actuellement dans les Alpes en France, mais tu es d'origine canadienne. Tu es née et tu as grandi au Québec et tu as pas mal bourlingué déjà. Et donc je disais, moi j'ai vu ton film qui est d'ailleurs disponible en ligne pour tout le monde il y a le lien en description de l'épisode alors il y a la bande annonce sur le site des aventuriers voyageurs je ne sais pas si le film complet est disponible

Claire

il était disponible mais j'avoue qu'il faudrait que je refasse un petit check pour voir parce qu'on m'a déjà dit que l'adresse n'était plus la bonne donc il faut que

Loïc

je revérifie ça bon en tout cas s'il est disponible vous avez le lien tout de suite en description de l'épisode mais voilà ce film que tu m'as gentiment envoyé pour que je puisse préparer notre échange il raconte une de tes aventures en particulier une aventure en solitaire Madagascar, Afrique du Sud je ne sais pas où tu dirais que c'est le vrai départ même

Claire

si le bateau tu l'as acheté à Madagascar le bateau je l'ai acheté en Afrique du Sud c'était juste à la limite entre Mozambique et l'Afrique du Sud et j'avais commencé l'aventure du film à Madagascar vu que c'était quelque chose qu'on s'était dit avec les aventuriers voyageurs qu'il serait intéressant à montrer vraiment un peu de ne pas arriver brusquement j'ai acheté le bateau mais plus venir puisque ça faisait deux ans et demi que je naviguais comment ça m'était venu un peu l'idée et un peu l'avant, un peu l'après. Il n'y a pas trop l'après dans le film pour le coup, mais un peu l'avant de tout ce processus. Donc, je l'ai acheté en Afrique du

Speaker 3

Sud.

Claire

Et en Afrique du Sud, je dirais que le départ de cette aventure, ça a vraiment été l'Afrique du Sud. C'est là que ça a fait un clash avec l'histoire d'avant et qu'en Afrique du Sud, j'ai vraiment suivi cet appel que j'avais toujours eu de me dire, là, qu'est-ce que je fais

Unknown

?

Claire

Est-ce que je peux un avion, est-ce que je rentre à la maison

Unknown

?

Claire

Est-ce que toutes mes affaires, est-ce que je les mets dans un convoi

Unknown

?

Claire

Est-ce que je vais faire du bateau stop

Unknown

?

Claire

Qu'est-ce que je fais

Unknown

?

Acheter Eskimo Sur Un Coup

Claire

Et c'est assez marrant parce que ça, j'en parle pas dans le film. J'avais un ami qui était dans une autre marina en Afrique du Sud. Un très bon ami, Marcus Pukonen, un Canadien qui a fait le tour du monde sans du tout utiliser de moteur ou de moyens motorisés, même pour arriver dans les ports. Souvent, il avait construit des pagaies pour emmener son petit bateau dans les ports. Il avait fait une grande partie de son tour du monde aussi en vélo, en marchant, en canoë. Bref, il a trouvé tous les moyens pour le faire. Et c'est quelqu'un qui avait toujours cru en moi. C'était un bon ami. Et un jour, il savait ma situation. Moi, je suis partie me poser pour réfléchir à ma vie, faire un peu de montagne et tout. Et il m'envoie un message. Il me dit « Claire, il faut que tu reviennes. Là, il y a ce bateau. Il est trop beau. Il est à cette marina. Tu as dû le voir. Il est à vendre. Moi, il est trop gros pour moi parce que je ne peux pas ramer avec. » pour toi, il est parfait. Et du coup, l'idée fait son bout de chemin. Et au début, je me dis, ah, c'est vrai que j'ai toujours rêvé de faire du solitaire et tout. Mais à cette époque-là, au moment que je réfléchissais, je ne savais pas encore que j'allais faire du solitaire. Mais je voulais un bateau. Et c'était toujours quelque chose que j'avais vraiment voulu. Et il me dit ça, il insiste un petit peu. J'en parle à mes parents. Mes parents me disent, attends un petit peu. Et pour l'anecdote, quand j'avais 18 ans, je voulais faire le tour de l'Atlantique à la voile. Et j'avais un ami qui avait un 28 pieds. Et mon père m'a dit, non, non, tu vous ne faites pas ça sur un 28P, minimum 30 pieds. Donc, c'est une information qui était restée dans ma tête. Et en Afrique du Sud, du coup, ce bateau-là fait 32 pieds. Donc, je me dis, bon, 32 pieds. Mes parents, au début, me disent, bon, il fait 32 pieds, ok, mais attends un petit peu, c'est peut-être un peu tôt et tout. Et bon, je venais quand même de passer deux ans et demi à bourlinguer entre l'Australie, l'Afrique du Sud, à faire l'océan Indien, à faire un petit peu tout ça. L'océan Indien qui est réputé pour être un océan assez caprice assez compliqué parmi tous les océans à traverser. Mais j'étais en confiance et je n'ai pas lâché l'affaire. Et de l'autre côté, j'avais Marcus qui me disait « Claire, il faut que tu viennes voir le bateau et tout. » Et du coup, je me dis « Bon, je remonte voir le bateau. » Et là, je reçois le plus beau message que je pouvais recevoir de la part de mes parents. C'est-à-dire « Bon, vas-y Claire, on te soutient là-dedans. On te soutient dans ce projet. Mentalement, on est derrière toi. » voir ce bateau et je me dis bon ok faut que j'y aille et là j'arrive à ce bateau là et là c'est bon tu vois quand tu sais que t'as ce petit truc en toi qui dit mais c'est la bonne direction vas-y que tout s'aligne et bah chanter ce truc et quand je suis dans cet état là de vouloir un truc bah c'est un peu je suis inarrêtable en fait je vais y aller quoi je vais faire tout ce qu'il faut et j'arrive à la marina je rencontre le gars il me dit ouais je suis pas sûre et tout si je veux le vendre il y avait rien d'officiel en fait c'était du bouche à oreille et moi Moi, j'étais, mais je veux ce bateau, en fait. Il est trop bien. Il est petit, mais il est costaud. Il est fait pour traverser les océans. Il est fait pour se retourner et se remettre et qu'il n'y ait rien de bougé. Et je voulais ce bateau-là. Et là, dans la marina, le mot commençait à se faire savoir que je commençais à être très intéressée. Et tout le monde venait me voir et me disait, ah ouais, mais moi aussi, je pense à l'acheter. Ah ouais, mais tu sais, moi aussi, je pense à l'acheter. Bref, il y avait 5-6 personnes tout d'un coup qui étaient intéressées par le bateau. Et il a fallu qu'en 12 heures, je donne ma réponse et que je dise au gars, je te l'achète. Voici les sous. Voilà. parce que sinon, quelqu'un d'autre allait l'acheter.

Loïc

C'était un

Claire

peu la course.

Loïc

Excellent. Et donc, c'est comme ça que tu as fait l'acquisition de Eskimos.

Claire

Eskimos, oui, c'est comme ça que j'ai fait son acquisition. Ça a été un peu rapide, mais je savais que c'était le bon et je n'ai jamais regretté d'avoir acheté

Loïc

le bateau. Génial. Alors, avant ça, Claire, parce que tu le disais, tu avais déjà, avant de prendre le départ depuis la Nouvelle-Zélande, tu avais déjà pas mal voyagé auparavant, c'est en indien, tu l'as mentionné, mais je sais qu'il y a eu d'autres choses aussi. Si on fait un peu un rétro-pédalage, ça a été quoi ton rapport à la mer plus jeune pendant ton enfance

Unknown

?

Loïc

Dans quel cadre est-ce que tu t'es

Claire

agrandie

Unknown

?

Claire

Alors, moi, j'ai vécu toute ma vie au Québec, mais j'ai été mise sur un bateau, je pense que je venais de sortir du berceau, en fait. Mes grands-parents, ils étaient du côté de mon père, ils habitaient en Bretagne et c'était des fanas de voile. Et mon grand-père, c'était un fana de voile, mais un fana de voile qui qui va te dire que sous ses fesses, il sent que le bateau a accéléré ou a ralenti, qui peut aller aux instruments, traverser vers l'Angleterre, qui va faire un peu de regatte, mettre sur les réglages fins. Vraiment, un amoureux de la voile, pour la voile, ce que c'est la voile pure, un vrai puriste, on peut l'appeler comme ça. Et du coup, toute petite, on m'a mise sur des bateaux. Quand tu as trois ans, tu ne sais pas trop ce que tu fais. Et après, tous les étés, je passais mes étés en Bretagne. Mes parents nous envoyaient en stage chez les grands-parents Et les grands-parents, c'était marée basse. Quand il n'y a pas d'eau, on peut faire ce qu'on veut sur Terre. Mais dès qu'il y a de l'eau, en fait, ce n'est pas le choix. Il faut être sur l'eau. Vous choisissez ce que vous voulez. Vous prenez une planche à vol, vous prenez un optimiste, vous prenez un laser. Avec les copains, en fait, sur là où est-ce qu'on habitait, on avait tous les types de bateaux disponibles. Pour nous, on était un camp de vacances à trois familles, en fait. Et du coup, on passait du temps sur l'eau. Et pour s'amuser sans objectif, les bateaux mouillages, c'était nos bouées. Donc, je m'excuse d'avance. pour tous ceux dont j'ai rayé avec mon mâle anti-fouling, que j'ai foncé dedans. Et voilà, j'ai commencé la planche à voile, j'avais 5 ans. Ah oui, waouh

Unknown

!

Claire

L'optimiste, pareil. Et mon oncle et ma tante se sont bien chargées de nous apprendre à faire de la voile. Et voilà, petit à petit, tous les étés, je continuais à faire de la voile. Quand j'étais plus petite, avec mes parents, quand j'avais 9 ans, ils ont acheté un bateau et ils nous ont offert, je pense, un des plus beaux cadeaux qu'on peut avoir en tant qu'affront, c'est partir à l'inventure et découvrir le monde pendant deux ans. On a fait l'école à la maison, on est parti du Québec, on a traversé le canal de Panama et on s'est rendu jusqu'en Nouvelle-Calédonie. Et voilà, c'était impressionnant et j'avais toujours ma planche à vol avec moi. Dès que je pouvais, je la mettais à l'eau, je fermais la planche. Et après, on est resté en Nouvelle-Calédonie pendant huit mois parce que c'était parfait pour apprendre le kite. Donc après, mon frère et moi, on avait... Moi, j'avais dix ans, mon frère en avait neuf. Eh bien, ils nous ont mis au kite. Et à dix ans, on tirait des bords, on faisait du kitesurf sur Super bien, quoi. Donc, en tant qu'enfant, c'est génial comme

Loïc

enfance. Vous

Claire

étiez à Nouméa, du coup

Unknown

?

Claire

Ouais, on était

Loïc

à

Claire

Nouméa. Génial. Et on allait à l'îlomètre pour faire du

Loïc

kite, si tu connais. J'ai grandi en Nouméa, en fait. Ah bon,

Claire

ben voilà. On était à Porte du Sud, exactement. Mais un paradis. Mais après, bon, chaque beau rêve, comme ça, a une fin. Et mes parents, la réalité les a rattrapés. Il fallait retourner travailler. Donc, on est retournés au Québec. On a vendu le bateau. Ils ont vendu le bateau, plutôt. On est revenus au Québec. Et là, pour moi, c'était un clash. On est revenus vivre à Montréal, en ville. C'est complètement en décalage avec les enfants de ton âge. Parce que toi, tu as vécu des choses assez extraordinaires qui t'ont fait grandir d'une manière que tu ne peux pas partager avec les enfants qui ont le même âge que toi parce qu'ils n'ont pas vécu

Speaker 3

ça.

Enfance Entre Bretagne Et Mer

Claire

Et que moi, j'avais qu'une envie, c'était de retourner en bateau. J'avais une envie, c'était qu'on... J'aimais bien le mode de vie, en fait. Mais ça a pris du temps et mes parents, ils ont racheté un bateau des années plus tard. Mais on n'est jamais reparti en grand voyage parce qu'il fallait travailler, il nous fallait qu'on finisse les cours et tout. Mais voilà, je m'étais toujours dit, moi, j'aurais un bateau avant d'avoir un appartement. Et ton frère, par curiosité, c'était la même chose

Unknown

?

Claire

Non, c'est assez ça qui est intéressant, on va dire, si c'est une étude de cas social, c'est qu'on est complètement différents. Et il a beaucoup aimé, mais il avait à la base un peu peur de l'eau. Il est très fort. Il fait du kite, il fait de la voile, il fait tout. Mais non, ça, il n'a pas suivi le même chemin. Lui, il était très bien. Ça a plutôt fait l'effet inverse. Il préfère rester chez lui. On

Loïc

va dire ça comme ça. D'accord. OK. C'est marrant. Comme quoi, dans la même fratrie, avec peu d'écart, même expérience d'enfance, on peut avoir des affinités différentes.

Claire

Exactement. Une question de

Loïc

personnalité, je pense. OK. Donc, vous rentrez au Québec après deux ans de voyage et quasiment un an en Nouvelle-Calédonie par paradis sur terre, je suis d'accord avec toi. Là, toi, ton frère et toi, vous poursuivez, vous avez une scolarité classique, on va dire, vous partez pas dans du sport, tu vois, parce qu'en France, on a les sports études, etc. Vous restez dans des scolarités normales, classiques, sans sport particulier.

Claire

Ouais, on reste dans une... Oui, oui, on reste dans un truc classique. Moi, il y a une époque où est-ce que j'ai voulu faire de la voile en compétition, on est allé à la réunion d'information avec mon père, et vu le prix que ça coûte faire de la compétition à la voile. Mon père, il m'a laissé le choix. Il m'a dit, mais c'est soit tu viens en vacances avec nous faire du kite, soit tu fais une croix sur les vacances de kite et tu fais de la compète. Il dit, on ne peut pas tout faire. Et j'ai dit, bon, je préfère les vacances de kite. Mais voilà, on a toujours continué de faire de la voile. Toutes les vacances, c'était pour aller faire du kite. Après, quand ils ont racheté un bateau, le bateau, il était à Québec. Du coup, on allait souvent à Québec faire de la voile. Un peu plus tard, ils l'ont descendu. Je les ai aidés à le convoyer sur la côte est américaine pour le descendre au Bahamas parce qu'après, ils ont baissé beaucoup de temps au Bahamas. Mais après, j'ai été monitrice de voile. Ça, c'était ma manière de ramener la voile un peu là-dedans. Donc, c'était mon boulot d'été pendant 4 ans. J'enseignais la voile. Les plus jeunes, ils avaient 4 ans. Les plus vieux, ils devaient avoir 50 ans. Donc, c'était un chouette mixte. Et oui, après une éducation normale, moi, je n'ai pas été à l'université. J'ai voulu à un certain moment en nutrition, mais cette volonté de toujours performer scolairement, ça m'a... C'est pas ça que je voulais. Moi, je voulais pas passer toutes mes journées dans les bouquins. Je voulais aller faire du ski. Je voulais aller faire du ski de rando. Je voulais aller marcher. Je voulais m'entraîner. Je faisais beaucoup de triathlon, de course à pied dans le temps. Et mes parents, ils m'ont toujours dit « Tu fais ce que tu veux tant que t'as un plan B. » Et là, mon plan B, c'était « Ok, je quitte le cursus normal de... d'université. Mais je me fais un plan B de faire des études en naturopathie à distance. Comme ça, si jamais tous mes plans d'aventure ne marchent pas, j'aurai toujours ça dans lequel je pourrais travailler, dans lequel je suis diplômée. Donc,

Loïc

c'est ce que

Claire

tu as fait

Unknown

?

Claire

C'est ce que j'ai fait. J'ai fait mes études en naturopathie. Je suis diplôme en naturopathie. Ça fait longtemps que je n'ai plus mis le nez dans mes bouquins, donc je ne peux pas dire que maintenant, je serai une naturopathe de qualité. Mais c'est ce que j'ai fait. Et ça m'a permis de travailler, ça m'a permis de m'entraîner de faire plein

Loïc

de choses hyper intéressantes. Génial. Et donc, le retour sur les océans, sur les mers pour toi, il s'est passé quand

Unknown

?

Loïc

Tu dis que tu n'es pas allée à l'université. C'est à ce moment-là que tu as décidé de

Claire

repartir

Unknown

?

Claire

Pas tout de suite. J'avais très envie d'aventure. Donc, ce que je suis allée faire en premier, c'était puisque mon tour de l'Atlantique à la voile que je voulais faire avec le 28 pieds n'a pas fonctionné. Je me suis rabattue sur un projet de traverser les Andes en vélo du PSG. de la Bolivie jusqu'en Équateur ça ça a duré 4 mois et c'était un autre côté de l'aventure c'est complètement différent que le bateau mais on retrouve un peu des choses semblables d'aller trouver son eau quelque part d'aller trouver sa nourriture de son énergie l'inconnu aussi de se retrouver des repères à chaque nouvel endroit où est-ce qu'on va de se faire confiance aussi et il y a le côté physique qui m'intéressait beaucoup dans le voyage à vélo aussi parce qu'on va pas se mentir sur un bateau dans une traversée tu fais pas beaucoup de pas par jour

Loïc

ouais

Claire

Et donc, j'ai fait ça. Après, j'ai fait la Nouvelle-Zélande à

Loïc

vélo. Et là, c'était en... Pardon, Claire, c'était... Quelle année et

Claire

t'avais quel âge, du coup

Unknown

?

Claire

C'était... J'avais 18 ans et c'était en 2016. Waouh

Unknown

!

Claire

Ouais. Ouais, j'étais... C'était marrant parce qu'à l'époque, en fait, quand tu voyages à vélo, surtout en Équateur, il y avait beaucoup d'endroits où est-ce que tu pouvais aller, que tous les cyclistes allaient. Par exemple, c'était des locaux qui disaient, ben, vous pouvez venir chez moi, je vous accueille en tant que cycliste, vous pouvez planter votre tente ou j'ai un endroit où vous pouvez dormir. mettre des matelas mais souvent ces endroits que ces gens-là avaient vu plusieurs cyclistes passer ou qu'on se rejoignait en tant que cycliste et tout et il y en avait un qui tenait du coup une sorte d'annuaire un peu de recueil de tous les cyclistes qui étaient passés et quand je lui ai dit mon âge et en plus je venais de tourner 18 ans ouais je pense que je venais de tourner 18 ans j'étais ouais toute jeune adulte et il a regardé son recueil il m'a dit ah tu fais partie des vraiment plus jeunes qui sont venus par ici et bah du coup coup ça c'est sympa quoi moi je me suis dit je peux pédaler je peux voyager et puis voilà quoi tout simplement j'avais pas de voilà donc ça c'était en 2016 après il y a 2018 c'était la Nouvelle-Zélande après je suis rentrée et après j'avais un ami qu'on avait rencontré en Nouvelle-Calédonie quand on vivait là-bas qui venait d'acheter son bateau il avait acheté un bateau en ferro-ciment donc ça ça surprend les gens souvent parce que le bateau était fait en ciment et ça flotte grâce salaire qui est à l'intérieur de la coque. Et il était trop grand pour lui tout seul. Et il savait que je sauvais des sous, que j'économisais pour m'acheter un futur bateau. Il m'a dit, vas-y Claire, j'ai besoin d'une équipière pour traverser l'océan Indien. Et du coup, j'ai dit, très bien, j'arrive. Du coup, j'ai fait mes valises et je suis arrivée en Australie sur son

Loïc

bateau. Voilà. D'accord. Et donc, c'est là qu'une fois que tu as fait la traversée de l'océan Indien,

Claire

Madagascar, Afrique du Sud. D'accord. Voilà. On a fait ça ça a été un peu long parce que ça a duré deux ans et demi vu qu'en arrivant en Indonésie, il y a eu des problèmes moteurs. On a dû attendre pour faire changer le moteur. Ensuite, on monte vers la Thaïlande Covid, du coup coincé en Thaïlande pendant un an. Et dès qu'on a pu, en fait, on a filé vers les Maldives et puis après l'Interzandi, Tanzanie. Et il y a un fait marrant là-dedans. Quand j'étais petite avec mes parents, la plus longue traversée qu'on avait faite, c'était entre les Galapagos et les Marquises. Et c'était 21 jours. Et moi, je m'étais dit, pendant cette traversée Maldive-Tanzanie, en fait, il y avait l'opportunité de s'arrêter au Seychelles. Mais moi, j'avais secrètement envie de faire une très grande traversée. Donc, j'ai trouvé tous les arguments possibles pour qu'on ne s'arrête pas au Seychelles et qu'on fasse un direct Tanzanie. Du coup, ça faisait 26 jours en mer. Et j'étais bien contente de faire une longue traversée.

Loïc

Ça a été quoi, tu dirais, avec du recul maintenant, les grands apprentissages de ces premières expériences finalement assez longues quand même quand tu pars 4 mois en Équateur du Pérou à l'Équateur pour traverser un bout de l'Amérique du Sud à vélo puis la traversée de l'océan Indien même si tu n'étais pas en solo pour l'océan Indien mais c'est quand même des aventures que tu as vécues assez jeune tu dirais que ça a été quoi les apprentissages de chacune

Unknown

?

Claire

Je pense que le plus grand apprentissage il est assez inconscient en fait je pense que c'est toute l'expérience d'aventure l'expérience des mésaventures aussi, qui font en sorte que dans notre tête, ça se crée tout un bagage de choses qui sont bien ou mal passées et qui vont créer l'intuition qu'on peut avoir dans les aventures et cette petite voix en fait qui va nous dire oui t'es capable vas-y ou oh oh fais attention ça t'as déjà vécu flasheur fais attention quoi et ça ça aide beaucoup parce qu'au fur et à mesure tu te rends compte des aventures que t'arrives beaucoup plus à anticiper ce qui va bien se passer ou mal se passer même si et c'est encore plus vrai en bateau le plan A c'est jamais le plan qui va se passer donc faut toujours avoir un plan A B C D E F Peut-être. Toujours prendre de la marge et... mais le plus grand apprentissage je pense c'est la confiance qu'on est capable de le faire en fait que j'étais capable que t'as une force en toi qui va arriver dans les moments les plus durs il va y avoir des moments plus durs ça c'est inévitable mais les ressources ça finisse toujours par arriver et que c'est une passe et que ça fait des montagnes russes et il faut juste se préparer que ça va monter ça va redescendre mais ça va remonter en

Vélo, Andes Et Confiance

Loïc

fait et y croire et ça tu l'avais anticipé avant de partir je Je pense surtout à l'Amérique du Sud parce que 18 ans, alors après, tout est relatif. J'ai déjà eu des conversations avec des anciens invités ou des auditeurs, des auditrices du podcast sur ce sujet de l'âge. Moi, j'aime bien poser la question parce que pour moi, ça me semble important, mais je sais qu'il y en a qui considèrent que ce n'est pas forcément pertinent, qu'on peut faire des choses incroyables à 18 ans et à 70. Mais malgré tout, je trouve qu'à 18 ans, on n'a pas encore l'expérience de vie peut-être nécessaire pour parfois se rendre compte de ce dont quoi on se lance. Du coup, ma question, c'est celle-ci. Est-ce que là, pour l'Amérique du Sud, avant de partir avec Eskimo d'Afrique du Sud jusqu'à la France en solitaire, est-ce que tu avais anticipé

Unknown

?

Loïc

Est-ce que tu avais conscience de potentiellement les galères que tu allais avoir à affronter

Unknown

?

Loïc

Ou comme c'était à chaque fois des premières, tu as dû faire face pour le coup à des choses que tu n'avais pas nécessairement préparées

Unknown

?

Claire

Je pense que non, je n'étais pas préparée à toutes les galères à vélo pour le cas du vélo j'avais pas prévu passer par les Andes à la base j'avais prévu passer par la côte du Pérou et m'arrêter dans les spots de surf sauf qu'arrivé à La Paz en Bolivie le gars il m'a dit mais fais pas ça en fait c'est le désert le long du Pérou c'est tout plat tu vas te faire chier tu vas avoir trop chaud c'est pas sécuritaire passe par les montagnes tu dis ok ça marche et je m'étais renseignée un peu je me suis dit des montées de 30 km et tout j'avais dit ça au père d'un copain il m'avait dit mais nous on venait du Québec on Au Québec, on a des collines, on n'a pas des montagnes. Il me dit, mais non, ça n'existe pas des descentes de 30 kilomètres. Mais en fait, dans les ans, tu te rends compte que des montées de 100 kilomètres, ça existe. Donc ouais, ça, c'était une bonne galère. Et quand tu as un vélo qui fait presque ton poids, oui, tu ne t'en rends pas compte. Tu pleures et tout. Donc non, je ne m'attendais pas à avoir autant de difficultés. Et sur Eskimo, je ne m'attendais pas non plus à autant de difficultés. Il faut dire que sur l'autre bateau, on avait eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de problèmes en tout genre. Donc ça, je t'ai préparé. Mais c'est différent quand t'es tout seul au milieu de l'océan à devoir les gérer, ces problèmes-là, en fait. Oui, et puis

Loïc

que t'es en mer, en plus.

Claire

C'est

Loïc

ça. Tu le dis à un moment donné dans ton film. J'imagine, je suppose que c'est quand même pas la même chose d'avoir une galère après 15 jours en solo, en mer, loin de tout, que à quelques kilomètres d'un village dans les Andes les deux sont compliqués mais il y a une situation où t'es vraiment pour le coup qu'avec toi-même

Claire

mais c'est ça en fait à vélo t'as ta tente sur toi t'as la nourriture sur toi t'as tout ce qu'il faut donc il t'arrive une galère ou t'en as marre bah c'est pas grave tu t'arrêtes tu plantes la tente et tu dors et tu recommences le lendemain et ça ira mieux en fait et j'ai eu la chance qu'il n'y avait jamais d'humains à mauvaise intention moi ce qui me fait le plus peur c'est les humains en soi dans mes aventures et en bateau oui quand il t'arrive une galère bah t'es tout seul en fait mais au large l'avantage c'est que si t'arrives un problème vu que t'as aucun danger imminent de la côte et bah t'as le temps quand même pour y réfléchir t'as un peu le stress de dire bah ok là je suis tout seul et tout mais avec le téléphone satellite t'as quand même moyen de contacter des gens compétents qui peuvent t'aiguiller sur des réflexions que tu n'as peut-être pas avec la fatigue avec le stress du problème avec les conséquences possibles parce que toi quand t'es dedans tu vois tout ça et quand tu contactes quelqu'un qui est un peu posé qui est chez lui posé avec un café il va dire non mais t'inquiète ça va aller et tout et t'as le temps alors que bah là dernièrement je naviguais en Grèce sur mon bateau j'ai eu des problèmes avec l'arbre d'hélice par exemple qui s'est défait en navigation donc l'arbre d'hélice c'est ouais c'est ce qui tient l'hélice avec un long tube qui est connecté au moteur et qu'en navigation que ça se détache et que tu dois plonger pour le repousser et que tu sais pas bref et là t'es vraiment dans la merde parce que tu peux pas c'est très compliqué et là par contre là t'as la côte qui est pas loin donc il faut que t'agisses vite et t'as la nuit qui va tomber faut que t'agisses vite alors qu'en pleine mer bah oui faut que t'agisses mais t'as le temps et ça ça aide un petit peu

Loïc

ok un petit peu waouh si et la Nouvelle-Zélande dans les grandes lignes c'était quoi ton projet tu t'es lancée dans

Claire

quoi

Unknown

?

Claire

alors la Nouvelle-Zélande c'était Paris à vélo et bah c'était traverser toute la Nouvelle-Zélande à vélo donc du nord au sud et après remonter vers Christchurch et Et le projet, c'était vraiment juste de découvrir ce pays qui me faisait rêver. On entend plein de choses sur la Nouvelle-Zélande et c'est vraiment un pays magnifique, un pays qui m'a aussi déçu sur certains aspects.

Loïc

Ah bon

Unknown

?

Loïc

Oula, alors là, il faut que tu m'en dises plus parce que je crois que c'est la première fois

Claire

peut-être que j'entends ça. Mais vas-y, très, très curieux. En fait, c'est un pays magnifique avec ses montagnes et tout. Culturellement parlant, c'est un pays qui étouffe, je trouve, la culture maori. À vélo, ce qui est intéressant, c'est que tu as le temps, en fait, de voir le paysage quand tu monte une côte en vélo chargée à 50 kilos, tu as le temps de le voir, de le digérer, de le recracher le paysage. Et du coup, tu fais attention à tout ce qui se passe, au mode de vie. Les gens sont très enclins à t'aider. Je pense que ce n'est pas la même chose des gens qui vont à l'hôtel ou en van parce qu'ils n'ont pas autant besoin de l'habitant. Et du coup, tu vois comment les gens vivent. Et les Maoris, ils ne sont pas là alors que c'est leur terre à la base. C'est un pays que de l'extérieur, tu as l'impression que c'est l'eldorado de l'environnement du plein air et tout qui font attention à l'environnement mais en fait pas vraiment et ça je suis tombée de haut quand j'ai appris ça parce que c'est pas du tout voilà c'est surtout sur cette notion de l'environnement je pense on est dans des rues tu vois des avions passer pour jeter des pesticides sur les cultures tu vois la qualité des rivières qui sont douteuses les gens doivent payer du moins à Auckland dans la région d'Auckland dans l'île du Nord pour aller jeter leur poubelle du coup ils entassent tout dans des vieilles caravanes et ils font brûler au bout d'un certain

Loïc

temps

Claire

ah ouais ouais t'as un peu de tout ça et moi ça m'avait déçu après les gens sont hyper gentils t'as la culture un peu du mouton et de la culture du bosh un peu du cow-boy new-zélandais qui m'avait intéressé t'as bien sûr les hauts sommets les glaciers le mont Cook tout ça les volcans ça fait rêver sur plein de points mais il y a un côté que pour moi c'est une fausse publicité

Loïc

mais bon voilà c'est hyper intéressant il y a quelques pays comme ça en tout cas en France je sais pas si c'est le cas au Canada et au Québec en particulier mais il y a quelques pays en France qu'on met un peu sur un piédestal la Nouvelle-Zélande ça en fait partie la Suisse le Japon et le Canada d'ailleurs je pense et qu'on idéalise mais oui finalement ton partage ton expérience ça prouve juste qu'il y a du bon et du moins bon partout y compris en

Claire

Nouvelle-Zélande

Loïc

je pense que

Claire

c'est le cas un peu dans tous les pays je

Loïc

pense je suis d'accord je suis d'accord ok incroyable oui donc t'as quand même eu et qu'est-ce qui t'a qu'est-ce qui fait que tu t'es lancé d'abord à vélo plutôt que plutôt que sur un bateau alors t'expliquer qu'il y avait cette notion tu vois du 28 pieds que tes parents voulaient absolument que tu te lances sur une plateforme on va dire enfin quelque chose d'une taille significante mais pourquoi d'abord le vélo et pas d'expérience en mer sachant que ce que t'expliquais c'est que clairement t'as baigné dans cet univers et ça faisait partie des rêves que tu avais depuis

Claire

un bon moment parce que je pense et ça a été une réponse toute simple je pense qu'à la base je m'en voyais pas capable en fait c'était un rêve qui était pour moi inatteignable c'est un truc que j'avais mais je me disais mais non c'est pas pour tout de suite c'est trop pas concret en fait c'est trop pas concret c'est pas très français de dire ça mais c'est pas assez concret j'ai pas les compétences pour c'est ouais j'avais pas de bateau à ce moment là j'avais pas les sous pour acheter un bateau non plus ouais et je pense que le Pérou en fait le Machu Picchu ça me faisait beaucoup rêver donc je pense que c'est pour ça aussi que ça a penché dans la balance et après j'ai pas regretté de pas partir en bateau je me suis toujours dit ça serait quelque chose pour plus tard c'est quelque chose qui va arriver mais ça va arriver quand je serai prête et c'est un fait marrant ça me fait penser quand j'étais petite quand je faisais de l'optimisme du coup en Bretagne un jour mon oncle était sur son petit bateau moteur et il me coachait il me disait viens Claire on va sortir du bateau des bateaux à l'ancre. On va aller plus loin dans la baie. Et moi, dans ma tête, les bateaux dans lesquels étaient mes bouées, c'était un peu ma zone de confort. Et je me disais, mais non, on ne va pas sortir du bateau, on ne va pas aller au large. Il va y avoir trop de vent, en fait. Et c'est marrant parce que si je pouvais dire à la petite Claire de cette époque qu'elle aurait traversé un océan complet, elle m'aurait dit, non, on va aller plus loin que le bout du Finistère. Donc, ça, c'était... Voilà. Et pour Pourquoi je ne suis pas allée en bateau

Unknown

?

Claire

Je pense que c'est vraiment ça. C'était trop inatteignable pour moi, en fait. Les opportunités, elles n'étaient pas là. Alors que quand j'ai eu Eskimo, c'est vraiment tout s'emboîtait d'un coup. Tout s'était aligné, oui. Oui, et en fait, j'avais tellement rencontré de gens pendant ce voyage de deux ans et demi qui m'avaient tellement nourri et j'avais tellement nourri mon envie d'être capitaine à mon tour. Parce que quand tu es équipier, tu n'as pas du tout la même... les mêmes préoccupations qu'un capitaine peut avoir en tant que capitaine en fait t'es toujours en train de tout penser t'as un million de choses auxquelles penser que tu te rends pas compte en tant qu'équipier que t'as à penser à tout ça en fait et tant que t'es pas capitaine ou tant que t'as pas un capitaine qui te laisse être capitaine et ça c'est très dur pour un capitaine à faire tu peux pas en fait et moi j'ai eu de la chance quand j'ai eu le bateau c'est en fait malgré mon jeune âge je reviens un peu à ta question de jeune âge le fait d'être jeune ça peut créer de la jalousie parfois envers des gens qui auraient toujours voulu faire ça, mais qui l'ont jamais

Speaker 3

fait.

Apprentissages Et Intuition D’aventurière

Claire

Et parfois, on va pouvoir vouloir te décourager, te dire mais non, mais t'es trop jeune, attends un peu, mais non, mais t'as pas l'expérience qu'il faut, ou t'as pas ci et t'as pas ça. Et étonnamment, quand j'ai acheté le bateau, j'ai jamais eu à faire face à ce genre de commentaires. Et à l'époque, j'avais tout juste 25 ans, donc c'est pas jeune, mais c'est pas vieux non plus. Et ouais, sur le coup, ça m'a pas étonnée, mais je pense que c'est pas Parce que sur le moment, j'étais tellement sûre de moi, tellement déterminée. Il n'y avait aucune faille possible que personne ne pouvait s'infiltrer dedans pour me faire douter en fait. Et ça, les gens devaient le sentir et tout ce que j'ai reçu, c'est de

Loïc

l'aide. Ultra intéressant.

Unknown

Ok.

Loïc

Donc, tu sens que c'est le moment, les planètes sont alignées, tu as l'expérience, tu viens de passer deux ans et demi à voyager, tu as rencontré plein de gens. Tu le disais un peu plus tôt, tu as dû affronter pas mal de galères sur ce bateau en ferro-ciment. Comment tu designs la suite du projet

Unknown

?

Loïc

Est-ce que tu te dis dès le départ, ok, je veux rejoindre la France en passant par l'île Sainte-Hélène et les Açores

Unknown

?

Loïc

Ou est-ce que tu sais à peu près le cap que tu veux prendre prendre, mais sans forcément les étapes

Claire

intermédiaires

Unknown

?

Claire

Non. Au début, je reste assez modeste dans mon projet. Je me dis déjà, ça sera Sainte-Hélène. À Sainte-Hélène, on verra où je veux aller. Même pas, en fait. Au tout début, moi, c'était, non, je vais faire comme tout le monde, en fait. Je vais aller à Sainte-Hélène, après au Brésil, après au Caraïbe, et après, on verra. Et là, j'ai des amis qui m'ont parlé qui étaient en Afrique du Sud. En fait, en Afrique du Sud, on était toute une bande de jeunes et tout, chacun sur leur bateau. On avait une très belle dynamique. Et c'est des amis que j'ai encore maintenant ici en France. Et disent, nous, on va rentrer en France parce qu'il faut qu'on soit de retour à telle date. Si on fait le grand tour, on n'y sera pas, mais du coup, il y a une route qui passe par les Açores. Et quand tu regardes la route, tu te dis, ok, c'est du portant jusqu'au Poteau-Noir, donc la zone de l'équateur, et après, c'est du prêt jusqu'aux Açores. Et pour ceux qui ne font pas de voile, parmi les auditeurs, quand on fait un tour du monde, on essaye d'être toujours avec le vent qui nous pousse dans le dos, parce que c'est beaucoup plus confortable, et on est sûrs ou presque d'aller à la bonne destination quand on est auprès donc contre le vent on est à un angle de 45 degrés du vent et on se fait cahuter dans tous les côtés et il suffit d'une variation de vent de quelques degrés pour nous empêcher d'aller à notre destination et de voir tirer des bords donc un peu comme on fait des conversions pour monter en haut d'une montagne à ski de tourner à droite puis après à gauche retourner à droite et bien on fait un peu la même chose sur un bateau et donc sur l'idée ils me disent ça et je me dis bon bah allez j'ai un monocoque ça remonte bien au vent monocoque, ça va le faire. Je me dis, allez, je fais ça. Mais d'abord, je me dis ça, mais je me dis aussi, attends que cote d'aller à Saint-Hélène, et à Saint-Hélène, tu verras. Ce qui me confortait dans mon projet, c'est que je savais aussi que l'Atlantique Sud, c'est reconnu pour être un des océans les plus gentils qu'il soit, outre la traversée du Pacifique Galapagos-Marquise, qui est très calme aussi. Et du coup, je me disais, c'est parfait pour tester un bateau, pour tester mes capacités et tout. Je vais faire ça. Je décide aussi de... Quand je pars de... Quand j'ai fait Richard's Bay Cape Town, je l'ai fait avec un ami aussi, Martin, qui s'y connaît beaucoup en bateau, qui a navigué toute sa vie en bateau, qui sait gérer. Et je m'étais dit, il sait faire, du coup, on va à deux sur le bateau, et ça va me permettre de m'entraîner aussi à faire des manœuvres seules, mais qu'il soit là au cas où ça marche pas. Comme ça, je pourrais me rendre compte est-ce que mon ambition est réellement possible. Et... Et après, je verrai. Mais je savais déjà qu'entre Cape Town et Saint-Hélène, je ne prendrais pas d'équipier, pour la simple et bonne raison que, ne me connaissant pas en tant que capitaine, je ne voulais pas prendre la responsabilité de quelqu'un à bord. Je me disais, moi, si je meurs, et voilà, j'étais franco avec moi-même, je me suis dit, si je meurs, s'il m'arrive un problème, je suis toute seule à me mettre dans... à en payer les conséquences. Mais c'était hors de question que je mette quelqu'un en danger. sans savoir ce que je vais aller avant, en fait. Je n'avais aucune crédibilité en tant que capitaine, donc c'était hors de question. Et du coup, avec Martin, on part de Richard's Bay et heureusement qu'il était là parce qu'il y a 14 choses qui ont cassé au fur et à mesure sur le bateau. C'était un peu la galère. Il y a une nuit qui a eu trois choses d'affilée. Je pense qu'au début, c'était une des poulies du régulateur. Donc là, je le réveille et tout pour qu'on fasse ça à deux. Ensuite, c'était la poulie du phoque, du petit phoque. Et je le réveille. Et troisième chose qui casse, c'est le tangon qui se détache du point auquel il était attaché sur le mât et qui traîne dans l'eau et tout. Il est cassé en deux. Puis là, je me dis, rendu là, je ne vais pas le réveiller, le tangon. Et c'est la Et puis, je ne me suis pas très fière, mais je n'avais aucune manière de le ramener à bord sans me blesser. J'ai dû laisser filer le tangon à l'eau. Mais je me suis dit, c'est bon, je peux zérer. Je ne vais pas le réveiller, c'est bon. Il faut qu'il dampe pendant son quart aussi. et c'était très formateur de l'avoir à bord parce que il me laissait faire en fait il me laissait prendre les décisions il me disait si je lui demandais son avis il me disait mais Claire c'est toi le capitaine c'est toi qui décide en fait et du coup il me laissait faire il me laissait faire les manoeuvres on essayait de réfléchir à deux aussi comment je pouvais prendre des prises de riz toute seule comment je pouvais faire mes virements de bord toute seule sachant que sur mon bateau il y a deux voiles d'avant et qu'il faut gérer la barre et faire tourner les deux voiles en même temps donc c'était des techniques qu'on mettait en place pour que tout se passe bien et puis Et tout, c'est presque tout bien passé. Donc, on était contents une fois qu'on était

Loïc

arrivés à Cape Town. La casse, par curiosité, c'était quoi

Unknown

?

Loïc

C'est que le bateau était déjà un peu usé d'un point de vue à Castillages, etc.

Unknown

?

Claire

Ou c'était pas

Loïc

de

Claire

chance

Unknown

?

Claire

C'était un mélange de tout ce qui était à Castillages. En fait, le bateau, il est resté à quai. Il était à sec pendant trois ans. Et je vais faire une parenthèse parce que ça va aider à mieux comprendre aussi ce bateau-là. Il avait un ancien propriétaire, Rick, qui s'appelait un Canadien, qui a fait six fois le tour du monde. monde avec ce bateau-là et qu'à chaque fois il passait. C'est un bateau, quand j'ai su ça, j'ai dit c'est bon, ce bateau il en a sous la quille en fait, c'est lui qui va me guider, il sait quoi faire. Et ce monsieur-là en fait, il a aussi hiverné longtemps, passé beaucoup de temps en Alaska sur ce bateau-là, donc dans le bateau il y a un chauffage qui ne marche pas, que j'ai jamais fait marcher parce qu'il y a des problèmes prioritaires, mais que c'est dans ma liste de choses à faire. Et lors de son dernier passage en Afrique du Sud, il a été malade, il est malheureusement décédé. Et ce bateau a été saisi par le gouvernement africain parce qu'il fallait... Il était... Il excédait son droit de... de présence dans le pays, parce que quand tu vas dans un pays avec un bateau, tu importes un bien, donc le bateau, et selon les pays, tu peux rester un mois, trois mois, quatre mois, ça dépend. Et du coup, pour payer ce passage-là, le gouvernement a saisi le bateau, et les amis de Rick ont tout fait pour sauver le bateau, donc ils ont sauvé, ils ont vendu tout le matériel qu'il y avait à bord, donc ils ont vendu le four, ils ont vendu le radar, ils ont vendu l'AIS, ils ont vendu tout ce qui avait de la valeur, sauf les voiles qu'ils ont laissé à bord. Et après, ils ont réussi du coup à racheter le bateau et après ils l'ont revendu au propriétaire qui me l'a vendu à moi mais entre temps ils ont mis le bateau à sec et le bateau est resté pendant trois ans au carénage en Afrique du Sud et en Afrique du Sud c'est un climat qui est assez chaud assez sec et du coup ils avaient laissé tout ce qui est poulie dehors ils avaient laissé à grande voile aussi plein de choses et donc tout le plastique avait pris le soleil le soleil c'est le pire ennemi sur un bateau en fait ça mange les tissus ça mange les voiles ça mange la castillage et bah du coup c'est tout la castillage qui a force de le plastique était rendu trop rigide, trop fragile. À chaque force qui était appliquée dessus en navigation, tout

Speaker 3

cassait.

Devenir Capitaine Et Choisir Sa Route

Claire

Et le pire truc qui est arrivé, tu as dû le voir dans le film du coup, c'est la barre en fait. C'est une grosse barre franche. À l'arrière du bateau, il y a un immense safran et il y a une barre qui fait plus de 2 mètres de long en bois. C'était massif. Et sur ce bois-là, il y avait un porte-drapeau qui a été installé au fond, à la jonction entre le safran qui plongeant l'eau et la barre du coup là où est-ce qu'on met la main pour diriger le bateau et par ces trois vis là de l'eau s'est infiltrée par la pluie et avait pénétré dans le bois de la barre et puisque cette barre était résinée et bien l'humidité ne pouvait pas sortir et en manœuvre avec Martin du coup on était à 50 000 des côtes après trois jours de nav on voulait faire un direct Cape Town et en Afrique du Sud c'est très rare d'avoir la fenêtre météo pour faire un direct Cape Town et on était pressé par le temps parce que si je voulais remonter en France ou du moins passer le Cap des Aiguilles qui est le cap le plus au sud de l'Afrique du Sud c'est pas le Cap de Bonne Espérance c'est le Cap des Aiguilles il fallait que je le passe avant la mi-mars parce que sinon la météo n'allait plus me permettre de passer on était pressé du coup on voulait le faire en direct la troisième jour de nav c'est le soir le soleil se couche on est dans une vague de 2 à 3 mètres de large de haut pardon il y a du vent on veut empanner là je pousse la barre et là j'entends le crac et là je me dis mais qu'est-ce qui se passe et là je me retourne et la barre je la tenais dans la main en fait elle était plus du tout attachée au safran et elle était cassée et là t'as Martin qui me regarde avec ses grands yeux et je lui dis et là je fais merde il me dit quoi

Unknown

?

Claire

je dis bah on a plus de barre on a plus de barre tout simplement du coup là j'étais un peu figée j'étais en train de me dire oula mais ça faut pas que je dise ça à mes parents tout de suite hein et du coup il me regarde il me fait ok allez action on descend les voiles et tout il arrive à me remettre dedans parce que son le coup j'ai ça a dû durer 5 secondes mais j'ai dû figer on descend les voiles et tout on se met à la cape donc à la cape c'est faire en sorte d'avoir un certain angle par rapport aux vagues pour pas se faire trop cahuter on essaye de voir ce qu'on peut faire avec la barre donc on essaye de la tailler et tout avec un marteau on essaye de frapper sur tout ce qu'on peut on éclate en même temps tout ce qu'on peut pour essayer de renfoncer la barre dans le trou là où est-ce qu'elle était encastrée en fait et un certain moi j'étais de d'eau aux vagues, et tout d'un coup on est en train de faire ça, et je vois Martin qui écarquille les yeux, mais je me dis mais qu'est-ce qui se passe

Unknown

?

Claire

Et là tout d'un coup j'entends un bruit, puis il y a une vague qui passe par-dessus les panneaux solaires, elle devait être à la hauteur de la baume en fait, elle nous a recouvert d'eau, nous on était du coup trempés jusqu'aux eaux, et en Afrique du Sud l'eau elle est pas chaude, il fait pas chaud, le soleil venait de se coucher, on était grelottantes, un peu la peur aussi qui te rajoute un peu du pas bien, et du coup on se regarde, il y avait de l'eau partout, moi c'est un cockpit qui fait un peu baignoire, et j'avais l'iridium donc c'est mon téléphone satellite qui était en train de flotter donc vite je le rattrape avant qu'il tombe à l'eau parce que c'est quand même bien pratique ce truc et on reprend nos esprits et on se faisait kiter de tous les bords et tout on va changer parce que c'est quand même priorité de pas avoir froid et tout d'un coup moi j'étais en train de me changer et je commence à avoir le mal de mer parce que je suis très sujette au mal de mer et là t'as Martin qui me dit oh Claire viens j'ai une idée et tout je lui dis attends Martin deux secondes faut que je vomisse Donc là, je me vide et là, je lui dis « Ok, là, ça va mieux. Là, on peut réparer la barre. » Et on a réussi à... Ouais, on a réussi tant bien que mal et miraculeusement, en fait, à mettre des garcettes pour faire une force vers l'arrière, pour la mettre en place et faire en sorte, et là, c'est du luxe, que le régulateur puisse tenir la barre et barrer et que nous, on n'ait pas à barrer toute la nuit. Et ça, c'est un grand luxe. Et parce qu'on se disait « Si on n'arrive pas à la réparer, il faut qu'on appelle... » les secours en mer en fait parce qu'on ne pourra pas rentrer proche des terres et moi je nous voyais déjà en fait le courant des aiguilles c'est un courant qui longe très fort qui longe toute l'Afrique du Sud jusqu'au Cap des Aiguilles et après qui descend vers l'Antarctique donc moi je nous voyais déjà partir en Antarctique tu vois j'ai dit c'est bon ça y est on est foutus mais on a géré ça on était allé au port le plus proche et j'étais déjà passée avec Claude Bateau à ce port là donc je connaissais et j'ai dit au maître de port j'ai dit vas-y file nous une place faire facile parce qu'on a la barre en manœuvre de port qui peut lâcher à tout moment. Donc il a déplacé des bateaux pour nous faire une belle grande place facile et on est arrivé, on a pu se reposer, boire une bonne grande bière, manger une pizza et penser à la suite du problème après.

Loïc

incroyable

Claire

toutes

Loïc

mes aventures du coup au moment en dépit de toutes ces galères je suis assez curieux par rapport à ce que tu expliquais tu vois qu'avant les planètes n'étaient pas nécessairement alignées et puis là tu as senti que c'était le bon moment donc tu as fait ce premier tout petit enfin ce premier tronçon avec quelqu'un de très expérimenté qu'est-ce qui t'a fait dire en dépit de 12, 13, 14 casques jusqu'à Cape Town j'y vais quand même même je sens que

Casse En Mer Et Barre Brisée

Claire

je suis prête et j'ai ce qu'il faut je pense que c'est arrivé je l'ai déjà d'être avec Martin en fait il m'a mis vraiment en confiance aussi que j'étais capable de le faire que j'étais capable de prendre des décisions dans des moments critiques aussi il y a eu un moment où est-ce que j'ai dû faire la décision entre soit s'arrêter soit prendre un front de sud-ouest et tout le monde nous avait dit faut pas prendre de front de sud-ouest en Afrique du Sud j'avais décidé de le prendre pareil et j'ai bien fait parce qu'il était tout gentil et juste pas de vent dedans ça c'est un peu galère mais j'ai réussi à prendre des décisions qui faisaient en sorte qu'on était arrivé à temps à Cape Town et ce sentiment de me dire ok je suis capable et bah c'était dans la nuit j'étais en train de barrer au moteur devant les lumières de Cape tarn après le cap de bonne espérance et tout et je me rappelle m'être dit à ce moment là je sais pas rationnellement pourquoi je me sens capable pourquoi je suis plus capable rationnellement mais j'ai cette petite voix en moi cette petite intuition qui me dit mais c'est bon tu peux le faire quoi tu peux y aller et je pense qu'il y avait la double motivation de savoir qu'il y avait ma grand-mère en France qui était en fin de vie c'était pas officiel qu'elle était en fin de vie mais je le sentais qu'il lui en reste pas beaucoup et mon grand-père qui était un puriste de la voile était déjà décédé il y avait quelques années et ma grand-mère était du même gabarit que mon grand-père en fait ils aimaient tous les deux profondément la voile et je m'étais dit j'aimerais trop en fait être capable je verrai à Saint-Hélène si je suis capable mais j'aimerais trop être capable de remonter en France et aller la voir mais en bateau en fait de retourner avec mon bateau après l'Afrique du Sud là où j'ai appris la voile ça me faisait trop rêver et voilà et j'arrive du coup à Cape Town où moiteur de nuit, je vois ces lumières-là, je suis paisible et tout. Et je me dis, mais c'est bon, je peux le faire, quoi. Je peux partir toute seule. Et je n'avais jamais navigué quand j'ai largué les amarres de Cape Town pour partir pour 16 jours en mer vers Saint-Hélène. Mais je n'avais jamais navigué toute seule, toute seule sur mon bateau, en fait. Et c'était culotté. Ça, je m'en rends compte après. C'est le terme. Parfois, il y a, en fait, dans le monde du bateau et en général dans le bateau de voyage, je ne sais pas si tu as D'autres invités t'ont déjà parlé de ça. Mais il y a la préparation infinie d'un bateau à quai. Je l'appelle comme ça parce qu'il y a beaucoup de gens qui vont vouloir préparer leur bateau, mais du mieux possible en fait. Ils vont essayer de penser à tous les détails, de penser à tout, et tu as un peu de tout type de personnes. Mais au final, à trop vouloir préparer le bateau, en fait tu pars jamais moi le bateau j'ai décidé et j'avais pas beaucoup de temps pour préparer entre le bateau entre le moment où j'ai acheté le bateau et que je suis partie de Richards Bay donc là où je l'ai acheté à la limite du Mozambique et bah il s'est écoulé 3 semaines et ça aurait été plus rapide si j'avais pas la baume à changer bah non ça aurait pas pu être plus rapide parce que j'avais la baume à changer plein de trucs à changer mais ça aurait pu être plus rapide que ça m'aurait pas dérangé en fait parce et voilà moi mon critère c'était tant que le bateau je peux le diriger seul tant que j'ai des voiles parce que j'avais appris avec l'expérience de l'autre bateau qu'un moteur je peux pas m'y fier tant que j'ai des voiles tant que je sais naviguer tant que j'ai de la nourriture de l'eau et tant que mon bateau il est sécuritaire tant que le mât peut tenir debout tant que je peux me mettre en sécurité bah en fait ça va mon seul critère c'est la sécurité en fait et et tant que je pouvais tout réparer moi-même c'est un critère aussi parce que mon bateau je l'ai choisi le plus sain possible j'ai pas d'enrouleur en avant donc un enrouleur c'est ce qui permet d'enrouler la voile d'avant parce que je sais que c'est un point faible potentiel et que si tu ne peux pas enrouler ta voile alors que t'as une tempête qui arrive et ben tu peux avoir des gros problèmes j'ai choisi d'avoir un système électrique très simple dans mon bateau comme ça je ne dépends pas d'électricité j'ai deux petits panneaux solaires je suis large en électricité en fait tout ce que j'ai sur le bateau je peux le réparer moi-même et ça c'est un grand critère d'une part pour me faciliter la vie et d'autre part parce qu'on passe tellement de temps à réparer des bateaux sinon qu'on ne profite pas de la vie en bateau et ouais donc l'éternelle préparation c'est quelque chose à faire attention s'il y a des gens qui écoutent et qui veulent partir en bateau c'est qu'un bateau il ne sera jamais à 100% prêt il y aura toujours toujours toujours des trucs qui vont casser sur un bateau et ça sera toujours des trucs qu'on n'aura jamais anticipé

Loïc

parce que ton bateau du coup donc tu disais que c'était important pour toi qu'il soit le plus simple possible. Il avait fait six fois le tour du monde déjà. Tu sais quand est-ce qu'il a été construit et si c'est un modèle qui est encore fabriqué aujourd'hui, s'il y a encore un chantier naval qui le

Claire

fait

Unknown

?

Claire

Alors, le modèle, c'est un Dreadnought 32. Il a été fabriqué en 78, donc il va sur ses 50 ans dans deux ans. C'est un gros bateau et je trouve ça assez intéressant de voir que des bateaux, ça dure aussi longtemps. Les anciens bateaux étaient un peu plus solide que maintenant, je dirais. Ils en ont sorti, si je ne dis pas de bêtises, ils les ont construits pendant une dizaine d'années, environ 80 exemplaires, donc jusqu'en 88 à peu près. 78-88 à peu près. Construits en Californie et non, ils n'en construisent plus du tout maintenant. Mais il y a des bateaux qui ressemblent, les West Cell par exemple, c'est des bateaux qu'on voit beaucoup dans les Caraïbes ou au Bahamas. Et en fait, ils ont été construits sur la base du Tahiti Cat qui est un peu plus connu et c'est des gros bateaux solides à quille longue

Loïc

ok et tu pourrais trouver sur des bateaux récents la même rusticité et simplicité que ce que tu avais avec Eskimo

Unknown

?

Claire

rusticité je ne sais pas parce que moi le bateau pour donner un ordre d'idée la coque elle fait 3 cm d'épaisseur les bateaux récents si on parle de bateaux de course et pour aller à l'extrême on parle de millimètres d'épaisseur ouais parce qu'on cherche la performance. Moi, ce n'est pas un bateau qui va vite, forcément. C'est un bateau sur lequel je peux compter, en fait. Des bateaux aussi rustiques, donc non, aussi... C'était quoi l'autre critère que tu m'as

Loïc

dit

Unknown

?

Loïc

Simple,

Claire

finalement, tu vois. Oui, simple, je pense que oui. Après, oui, ça peut arriver. Après, c'était surtout les bateaux anciens qui étaient simples, parce que je pense qu'il n'y avait pas autant de demandes. Pour donner une idée, j'ai pas de... Moi, tout ce que j'ai en termes de sanitaire dans mon bateau, c'est juste une toilette, en fait. J'ai pas de douche, j'ai pas d'évier autre que l'évier de la cuisine. Il est aussi simple à ce niveau-là. J'ai pas vraiment de cabine en tant que Je dors dans le salon et là, récemment, j'ai fait un plus grand lit. J'ai construit un truc un peu plus grand pour avoir un peu plus de confort. Mais sinon, c'est que des bannettes. Maintenant, les gens sont beaucoup plus à la recherche de confort. Ils sont beaucoup plus... Et je pense que c'est aussi lié au fait qu'il y a beaucoup plus de gens... qui n'ont pas du tout, du tout d'expérience dans le milieu marin qui y vont, qui veulent du coup un maximum de sécurité à bord. Donc, en sécurité, ils vont avoir toutes les pompes possibles, ils vont avoir toutes les alarmes possibles, ils vont avoir des trucs très compliqués parce que je pense que ça permet de combler certains, d'équilibrer un peu tout le monde de cette manière-là, en fait. Et franchement, les bateaux récents qui sont aussi simples et rustiques qu'esquimaux, je n'en ai pas vu beaucoup. C'est souvent des vieux bateaux, en

Loïc

fait. Oui, comme de 3 cm d'épaisseur. À titre de comparaison, il y en a qui ne l'ont pas écouté récemment. Il y a un épisode qui est sorti avec Mathis Brognon qui a gagné la Mini Transat sur un bateau en carbone. Et lui, ce n'était pas 3 cm d'épaisseur de coque, c'est 3 mm. L'eau

Claire

est

Loïc

beaucoup plus proche. C'est ça. Donc, tu prends le départ direction Sainte-Hélène. Alors, pour être tout à fait honnête, il a fallu quand même que je j'ouvre Maps pour bien vérifier où se situe Saint-Hélène. Donc, globalement, c'est... On va dire que c'est dans... Sur un planisphère, quelque chose de plat, je pense que ça doit être ligne droite, quasiment ligne droite depuis Sao Paulo jusqu'à l'Angola. Donc, c'est vraiment entre le Brésil et l'Angola, le Gabon, on va dire. Et... J'avais d'ailleurs jamais vu ça, mais il y a une autre île pas loin, l'Ascension. Pourquoi Saint-Hélène et pas Ascension

Unknown

?

Loïc

Je ne sais même pas si on peut y aller à Ascension ou si c'est un truc militaire. J'ai l'impression qu'il y a des pistes qui ont l'air un peu plus sérieuses que juste des pistes civiles. C'était une option aussi ou pour toi c'était Saint-Hélène

Unknown

?

Claire

En fait, j'avais deux options. J'avais plusieurs options. J'avais aussi l'option de m'arrêter en Namibie pour me réduire le chemin, mais je ne l'ai pas fait parce qu'en Namibie, la Namibie est connu pour ses vents violents. Sûrement des histoires de thermique liées au désert et tout ça. Et des vents très forts aussi le long de la côte. Et moi, je voulais partir au large, parce qu'au large, t'es en sécurité, comme je disais un peu plus tôt. Si t'arrives à un problème, t'as le temps de te retourner. Et je voulais pas me mettre dans des 40 nœuds volontairement, au mouillage, des trucs comme ça. Je voulais être simple, parce qu'être en mer, 40 nœuds, ça va. Mais si t'es au mouillage, dans 40 nœuds, en train de remonter une encre à la main, parce que mon gain d'eau, dans ce qui me à remonter l'ancre, c'est manuel. En solitaire, t'apprends aussi à te mettre dans des situations que tu peux gérer. Et donc, aller à Saint-Hélène, c'était plus simple. C'est aussi l'île où est-ce que va tout le monde. L'Ascension, c'est une île un peu plus au nord. Et en fait, t'as bien vu, en fait, c'est très militaire. Et il y a Bernard de Moitessier qui était passé, il me semble, dans son livre que j'avais lu. Mais maintenant, tu dois payer pour y accéder. Tu dois payer un permis pour quelques jours. Et t'es juste limité à quelques jours. Et donc, j'ai décidé de ne pas le faire parce que je ne voulais pas payer de permis, que j'étais très bien à Sainte-Hélène et qu'à Sainte-Hélène, en fait, j'y suis arrivée un mardi. J'en suis repartie un dimanche matin. Mais j'ai pu descendre à Sainte-Hélène sur l'île qu'après vendredi après-midi. non même pas que vendredi après non samedi j'ai que passé samedi à terre ouais samedi et dimanche matin parce que c'était juste après le covid et du coup ils passaient le test covid qu'une seule fois par semaine c'est à dire le jeudi et après il fallait que t'attendes d'avoir les résultats le lendemain pour pouvoir prétendre descendre à terre donc ils disent oui oui tu peux prendre une bouée mais t'as pas le droit d'aller à l'eau et t'as pas le droit de descendre à terre évidemment je suis allée à l'eau quand même mais on avait pas le droit de descendre à terre et tout ça pour dire qu'en fait je me suis pas éternisée non plus parce que je savais que si je voulais aller en France, parce que rendu à Sainte-Hélène, c'était clair dans ma tête que j'avais ce qu'il fallait pour monter en France, que j'aimais passer du temps en mer, que j'aimais la solitude, que j'avais géré mon bateau, que j'avais de plus en plus confiance en moi, en mes capacités et tout. Et que si je m'éternisais à Sainte-Hélène, eh bien, il y avait aussi la saison des cyclones en mai, qui commence en mai, qui me jouait des tours. Et donc, ça prend un certain temps passer l'équateur depuis Sainte-Hélène. Et après, ça en prend un autre certains temps arriver aux Açores et donc si je voulais éviter de me mettre sur la route d'une tempête tropicale et ben fallait pas que je traîne en fait c'était surtout ça et sachant qu'une fois arrivé aux Açores la saison pour retraverser vers la France c'est essentiellement le mois de juillet pour voir ce qu'il y a le moins d'activités de dépression parce que si on prend le temps de regarder la météo sur une semaine de ce qui se passe dans ces environs là ben t'as tout le temps une dépression en fait t'as tous les 3 jours t'as une dépression qui passe et en fait tu choisis la moins pire voilà grosso modo

Loïc

Je vois. Tu découvres quoi

Unknown

?

Loïc

La vie insulaire, alors bon, tu avais vécu en Nouvelle-Calédonie, mais bon, on ne parle pas quand même de la même taille d'île entre la Nouvelle-Calédonie et Saint-Hélène ou les Açores. Je te pose la question, je pense que je connais la réponse parce que tu en parles pas mal dans ton film, mais si tu devais partager un petit peu le type de rencontre que tu as fait sur place, l'accueil qui est réservé aux gens qui voyagent comme toi en voilier, c'est... Tu le raconterais comment, les gens que tu retrouves

Claire

là-bas

Unknown

?

Partir Sans Préparation Infinie

Claire

Eh bien, ça m'a rappelé la chaleur des Polynésiens, en fait. L'accueil des Polynésiens en Marquise. C'est franchement, là-bas, il faut savoir que le forfait téléphonique coûte très cher. Donc, les gens, ils ne sont pas forcément sur leur téléphone, ils sont dans la rue, en fait. Ils se parlent, les gens sont assis, ils boivent le café, ils sont sur des bancs. Tu as vraiment une activité... ouais les gens sont là, ils te disent bonjour ils te prennent pas non plus comme un porte-monnaie parce qu'ils savent à Saint-Hélène que si t'arrives c'est que t'as passé un certain nombre de jours en mer et que tu vas repartir et que tu vas repasser un certain nombre de jours en mer donc il y a une certaine entraide aussi et ça c'est assez beau à voir moi j'y étais passée un peu après tout le monde, tout le monde avait beaucoup plus d'avance que moi, tous ceux qui faisaient la transat, moi j'étais une des dernières à partir d'Afrique du Sud et donc cet accueil était assez intéressant et même une fois je pars pour faire une rando et je me dis bon bah tiens allez je redescends par la route j'en ai pour quelques kilomètres à redescendre ça prend du temps et tout c'est pas grave je commence à marcher sur la route il commence à pleuvoir je me baisse pour sortir mon imperméable au moment que je me relève il y a une voiture qui s'arrête qui me dit est-ce que tu veux qu'on t'avance et tout je dis bah allez carrément bien sûr et là donc ils me prennent à bord de leur voiture et au début ils devaient m'emporter à un croisement et finalement ils me disent ah mais tu vas jusqu'à Jamestown ah mais si tu veux j'y vais plus tard dans la journée pour faire tel ou tel bricole, mais viens, tu peux boire le café à la maison, comme ça. Je me fais, allez, ok, donc ils m'ont invité chez eux, on a bu le café et tout, leur parler un peu tout ça, et j'en suis repartie, ils m'ont emporté à Jamestown plus tôt que prévu, alors qu'ils devaient m'y amener plus tard, ils m'ont filé de la nourriture, ils m'ont filmé les légumes, parce qu'en fait, à Jamestown, t'as le bateau de réapprovisionnement qui passe une fois par semaine, donc il me semble qu'il y a Il y avait un ou deux magasins dans l'île où est-ce que tu peux prendre des fruits et des légumes. Tout le reste, j'avais pris en Afrique du Sud. Mais moi, j'ai la contrainte que parce que je n'ai pas de frigo à bord, je dois prendre des légumes qui n'ont pas été réfrigérés avant. Sinon, ils ne tiennent pas du tout longtemps dans les tropiques. Ça tient trois jours et ça moisit. Et donc, je pense que j'ai pu me réapprovisionner avec trois patates, un concombre, deux, trois chayotes. Et puis voilà. Ils m'ont donné deux, trois chayotes de plus. C'était le bienvenu, quoi

Unknown

!

Claire

et donc c'est des rencontres comme ça qui sont incroyables où après tu vas dans des petits pubs où est-ce que t'as tous les drapeaux de tous les navigateurs qui sont passés et après il y avait un autre gars en solitaire qui était passé et franchement je lui lève mon chapeau parce que lui il avait traversé dans un bateau encore un peu plus petit avec uniquement des il savait pas naviguer en fait il a acheté son bateau il a fait 2-3 ronds il s'est dit allez hop vers Saint-Hélène et il a traversé avec des petits pilotes automatiques de bar mais c'est des petits pilotes automatique. Moi, j'en avais deux à bord. Ils ont tous les deux cassés. Et lui, il met toute sa vie dans les mains de ses petits pilotes auto. Et donc, c'était très intéressant d'échanger, de comparer un peu nos expériences et tout. Donc, tu fais toujours des belles rencontres dans ces

Loïc

îles-là. Trop bien. Est-ce qu'il y a un moment en particulier

Unknown

?

Loïc

Alors, une question peut-être un peu compliquée parce que tu as passé beaucoup de temps en mer. Mais est-ce qu'il y a un moment où tu vois un moment dans la journée ou une journée en particulier

Unknown

?

Loïc

quelque chose que tu as pu voir, une réflexion que tu as eue, qui t'a vraiment marqué, qui résumerait un peu cette expérience de la vie en solitaire sur Eskimo

Unknown

?

Claire

C'est une bonne question, parce qu'il y a vraiment beaucoup de réflexions qui nous passent en tête quand on est tout seul. qu'on est tous plus forts que ce qu'on pense, en fait. On peut penser que notre limite, elle est quelque part, mais en fait, elle est beaucoup plus loin. J'ai dit un truc similaire un peu en début d'interview, mais en fait, c'est tellement vrai. On pense qu'on n'est pas capables, mais au final, on se rend compte qu'on est capables et on fait des choses. Si on met juste un petit pas l'un devant l'autre et qu'on grignote en bateau, par exemple, qu'on grignote des milles jour après jour, au bout d'un certain nombre de jours, on a remonté l'Atlantique, en fait, et on

Speaker 3

ne

Claire

s'y attendait pas. Et ça prend parfois beaucoup plus d'autant que ce qu'on a prévu. Mais ouais, on a une certaine résilience. Et ouais, comme réflexion, moi, je me suis fait en sorte, je me suis... J'ai eu la réflexion que j'ai tendance à beaucoup anticiper, analyser des situations, mais que si je suis dans une situation qui me demande d'être totalement présente parce qu'il y a un danger ou qu'il faut agir, je switch totalement de mode et je viens focus sur le truc et j'ai découvert que j'avais beaucoup plus de sang froid que ce que je pensais. Et qui va avec le fait qu'on est tous plus forts que ce qu'on est en fait. Il faut juste être dans des situations qui nous challengent un petit peu et on découvre des épluchures de soi-même dont on n'avait pas conscience.

Unknown

Au revoir.

Loïc

Excellent. J'aimerais te dire que ça donne presque envie de se prendre un petit bateau et d'aller se frotter à la vie en solitaire au large. Mais bon, pas encore tout à fait pour moi. J'avais une dernière petite question. Alors là, un peu plus logistique, c'est qu'entre Sainte-Hélène et les Açores, il y a le Cap Vert. Là, c'était un choix aussi pour maximiser la période en solitaire, de ne pas s'y

Claire

arrêter

Unknown

? On aurait pu le croire.

Claire

Non, cette partie, elle était un peu compliquée. Un peu compliquée dans le sens que je pensais que j'allais mettre 30 jours entre Sainte-Hélène et les Açores et finalement j'en ai mis 48. Donc mes calculs n'étaient pas du tout bons. Ce qui est inclus dans ces calculs-là qui n'est pas du tout bon, c'est en termes de nourriture aussi et en termes d'eau. Moi, je voulais aller aux Açores absolument parce que j'avais le timing aussi de ma grand-mère, j'avais le timing de vouloir avoir le temps de profiter un peu aux Açores aussi avant de repartir direct. Il y a aussi le fait que quand tu pars en traversé, je l'ai glissé un mot tout à l'heure, moi j'ai le mal de mer et ça me prend toujours un petit temps avant de m'amarriner et je savais que si je m'arrêtais au Cap Vert et bah t'as tout le temps d'arriver, t'as le temps de repartir, il faut te remettre dans le dans alors que quand t'es dedans, t'es dedans en fait et pour moi ça me paraissait plus simple mais par rapport à cette question de vivre et d'eau, j'ai quand même dû calculer en passant pas loin du Cap Vert et pas loin c'était relatif parce qu'en fait il aurait fallu que j'y remonte en tirant des bords de près et dans cette zone-là, il y a une sorte de courant aussi qui est contre toi, qui vient du nord-est, qui ne joue pas en ma faveur. Donc finalement, il n'y avait pas une très grande différence de jour entre arriver au Cap-Vert et les

Speaker 3

Açores.

Sainte-Hélène, Açores Et Ravitaillement

Claire

Et surtout que pour l'eau, j'ai dû calculer est-ce que j'avais assez d'eau. Moi, j'avais des problèmes de rouille dans mes cuves, donc je ne pouvais pas boire en soi l'eau des cuves. J'avais que des bidons d'eau par dizaine et par dizaine pour être sûre d'avoir assez d'eau. Je récupère un peu d'eau de pluie. J'ai dû me fabriquer un filtre, tester un filtre pour voir si je pouvais faire filtrer la rouille si l'eau était buvable après. Donc, j'ai plié un t-shirt en 10, en 20 pour faire passer l'eau au travers pour voir si elle ressortait transparente. Le test était bon, donc je me suis dit, c'est bon, si j'ai plus d'eau, je peux boire l'eau d'équipe. Et après, c'était par rapport au stock de nourriture. J'ai dû calculer, ok, est-ce que j'ai assez

Unknown

?

Claire

Les œufs, après, j'étais très méthodique dans ma manière de manger pour être sûre d'avoir un peu de tout. Le seul truc que j'avais tous les jours, c'était un carré de

Loïc

chocolat. J'allais dire, je m'en rappelle surtout que le chocolat... Là, la gestion du chocolat était particulièrement

Claire

pointilleuse. Ah oui, ça, c'était de l'art. Après, pour tout ce qui était conserve, j'avais des légumes, j'en avais plus depuis très longtemps. Même avant d'arriver à l'Équateur, j'avais un bout de concombre que je coupais en morceaux pour avoir un petit morceau de concombre tous les jours. Sinon, j'avais des conserves. Donc, une journée sur deux, j'avais une conserve de légumes. Une journée sur deux, j'avais une conserve de légumineuses. Des œufs, c'était un à tous les deux jours. J'essayais de faire en sorte de les retourner aussi régulièrement pour pas qu'ils moisissent c'était une certaine gestion et voilà je fais mon calcul en passant pas loin du caverne je me dis ok est-ce que je peux continuer il va falloir serrer un peu la ceinture mais je peux continuer j'ai plus de frais mais bon allez c'est

Speaker 3

pas grave ça va

Claire

le faire et je me dis vas-y t'es dans le bain t'es dedans tire jusqu'aux assorts ça va

Loïc

le faire L'arrivée en France les retrouvailles avec ta famille et en particulier ta grand-mère est-ce que tu peux nous en parler

Unknown

?

Claire

Ouais mais je pense que retrouvailles en famille je pense que c'est important que je mentionne l'arrivée aux Açores parce que je pense que j'en parle pas dans le film mais en fait quand je suis arrivée aux Açores ma mère m'avait envoyé des messages sur mon téléphone satellite quelques jours avant me disant je vais essayer d'être là en fait mais il n'y avait rien de sûr et en fait quand je suis arrivée aux Açores j'avais plus de moteur, il y avait du vent et tout donc j'ai des amis que j'avais rencontrés en Afrique du Sud qui étaient aux Açores qui sont arrivés pour m'aider à faire les derniers bords pour ensuite rentrer dans la marina à la voile, parce que le prix demandé par la Marina pour me remorquer était... désillusoire en plus qu'on était un samedi il me faisait x3 donc c'était pas question de payer ce prix là pour me faire remorquer et il y avait un avion qui était passé deux fois au-dessus de ma tête je me dis ok tu vois et j'arrive on a marre le bateau à quai et on était en train de plier les voiles avec les copains et là j'entends ma mère qui me dit coucou ma fille et là je me retourne et il y avait ma mère qui était là ma mère était au Canada la veille quoi en fait donc c'était assez incroyable et en fait son avion il avait pas pu atterrir au premier coup donc ils étaient passés deux fois au-dessus de moi alors que j'étais en train de naviguer en arrivant aux Açores. C'est quand même une arrivée assez incroyable. Et après l'arrivée en Bretagne, c'est fort en émotion parce que déjà je suis arrivée à Roscoff, première arrivée, et c'était une arrivée Ce n'était pas là où est-ce qu'avait ma grand-mère. Elle était un peu plus loin, elle les ardrieux. Mais cette arrivée à Roscoff, c'était aussi sans moteur. J'ai une malédiction. J'essaye de la soigner, mais c'est un peu compliqué. Là, pour le coup, je me suis fait remorquer, mais c'était gratuit en France. Mais là, c'était avec des amis qu'on avait croisés, qu'on était en voyage autour du monde avec mes parents. Donc, c'était des super retrouvailles aussi de retrouver ces gens-là. C'était chaleureux comme accueil de voir ces gens-là. Et après, j'ai attendu la fenêtre météo la plus proche que je pouvais pour filer vers les Ardriers pour aller voir ma grand-mère. Et ça faisait quelque chose de passer devant ces baies, devant ces bateaux, là où est-ce que j'avais pris des cours de voile, que j'avais navigué avec des petits catamarans, avec des optimistes, avec ma planche à voile. Et là, calculer courant avec mon bateau pour y aller à la marina avec mon bateau, amarrer là où est-ce que j'avais pris des départs de régate avec mon oncle. Donc, c'était incroyable. Et là, j'amarre le bateau et je vais dans le centre-ville et là, je vois mon oncle, ma tante qui arrive et ma grand-mère dans sa petite... chaise roulante et tout. Et là, c'est bon. Là, j'ai su que tous les efforts, toutes les galères, ça en valait la

Loïc

peine.

Unknown

Magnifique.

Claire

Elle t'a dit quoi, ta grand-mère, si tu es OK pour le partager

Unknown

?

Claire

Je pense qu'elle ne m'a pas dit grand-chose. Elle était juste émue, en fait. Moi, quand je l'ai vue, je me suis dit, j'espère que mon grand-père, il voit ça de là-haut,

Speaker 3

en

Claire

fait. Parce que j'étais contente de leur avoir fait vivre ça. Et avec le téléphone satellite, ce qui était bien c'est que pendant ma traversée je pouvais l'appeler en fait de temps en temps et pour lui donner des nouvelles donc elle se rendait compte de ce que c'était quoi et elle pouvait suivre sur la carte jusqu'où j'étais rendue et pour elle elle a toujours aimé donc c'était le plus beau cadeau que je pouvais lui faire pour ses derniers mois de vie quoi c'était formidable

Loïc

La suite des aventures, du coup, Claire. Aujourd'hui, alors si j'ai bien compris, j'ai regardé un peu sur les réseaux. Eskimo, tu l'as toujours. C'est toujours ton bateau.

Claire

Malgré les offres de vente que j'ai eues, c'est toujours

Loïc

mon bateau. J'ai cru comprendre aussi que tu étais pas mal dans une période montagne. J'ai vu que sur ton profil, tu te présentes comme... Attends, que je ne dise pas de bêtises.

Claire

Thalassophile

Loïc

et Orifile, c'est ça

Unknown

?

Claire

ça

Unknown

?

Loïc

Exactement, oui. Amoureuse de la mer et de la montagne. Est-ce qu'il y a déjà des projets sur lesquels tu travailles

Unknown

?

Loïc

De nouvelles aventures, nouveaux départs au loin, au large, en

Claire

solitaire

Unknown

?

Claire

Il y a des envies. Il n'y a pas de projet concret parce qu'en fait, je me suis rendue compte qu'être aussi loin, du coup, si on met en bout à bout le voyage en bateau avec mes parents, avec l'autre bateau et avec mon bateau, j'ai fait un tour du monde à la voile. Ça demande d'être très loin. C'est des aventures qui prennent du temps, qui me demandent d'être loin des siens. Et quand fait, on se rend compte qu'on peut faire des aventures sans aller aussi

Speaker 3

loin.

Claire

Et que ça fait quelques années que je sillonne la Méditerranée avec mon bateau, avec les amis, avec mon compagnon, et qu'il y a beaucoup à faire, en fait, ici. Et que, c'est marrant, mais après la traversée au large, moi, j'ai appris à naviguer, à faire de la navigation côtière, ce qui est beaucoup plus compliqué en tant que capitaine, parce que je l'ai fait avec l'autre bateau, mais en tant que capitaine, c'est autre chose. Il y a beaucoup plus de... Je trouve ça beaucoup plus dur, en fait, tous les jours de naviguer, plutôt que de partir 10 jours naviguer d'affilée. Il y a beaucoup plus de chose à gérer. Donc en projet, il y aurait des envies d'aller en Norvège avec le bateau, de faire un peu l'Ecosse, l'Angleterre, tout ça. Pourquoi pas faire du solitaire

Unknown

?

Retour En Bretagne Pour Sa Grand-Mère

Claire

Oui, j'aimerais ça. Peut-être pas tout de suite parce que pour le moment, j'ai besoin d'être un peu plus proche et que j'ai pas forcément envie non plus de faire des traversées pour ensuite laisser le bateau, prendre l'avion pour revenir en montagne et tout ça. Pour le moment, je trouve mon équilibre à être une partie de l'année en montagne parce que j'adore et que j'ai un côté de moi qui est montagnarde. faire du ski ça me fait vibrer faire du parapente faire de la rando je bosse en refuge les étés pour faire la caisse de bord donc voilà je me vois pas faire des traversées pour le moment aller traverser et vivre en montagne pour le moment c'est pas compatible pour moi parce que je veux pas trop prendre l'avion donc pour le moment la Grèce ça me va très bien la Norvège prochainement et après ouais pourquoi pas un grand tour de l'Atlantique mais en passant aussi par le Groenland l'Islande les îles Faroe tout ça ça germe tranquillement mais tranquillement on va voir les envies futures mais oui un jour refaire du solitaire ça fait trop

Loïc

plaisir trop bien bah écoute hâte de suivre ça et de voir le prochain film que tu vas en faire

Claire

du coup bah avant le prochain film il y aura un livre qui va sortir prochainement ah excellent ouais j'ai pas encore de date mais je suis en train de finir la mise en

Loïc

page trop bien du coup en auto-édition ou

Claire

t'as une maison

Unknown

?

Claire

non c'est en OGC par des maisons d'édition mais ça a pas porté ses fruits Du coup, autant faire les choses par soi-même.

Loïc

Je vais faire une auto-édition. Génial. Trop bien. Je regarderai ça. Je vais suivre tout ça. Merci énormément, Claire, pour cet échange. C'était franchement passionnant. Une vraie invitation au voyage et surtout à oser se lancer, quelle que soit l'aventure. Est-ce que toi, il y a un mot de la fin

Unknown

?

Loïc

Quelque chose que tu voudrais faire passer, même si on a échangé sur beaucoup de sujets, mais un point en particulier que tu voudrais souligner

Unknown

?

Claire

qu'il faut se lancer en fait. Il ne faut pas attendre d'être prêt, il ne faut pas attendre d'avoir toutes les réponses. Si on a une petite graine d'aventure qui ne veut que germer, il faut juste l'arroser et puis elle va germer et ça va le faire. Tout

Loïc

simplement.

Claire

Très belle image. Merci énormément Claire. Bon vent pour la suite. Merci à toi. C'était un grand plaisir cette conversation.

Unknown

Merci Claire. Merci.