Les Frappés

Prendre le départ du Vendée Globe ⛵️ avec Sam Goodchild

Sam Goodchild Season 4 Episode 154

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Sam Goodchild est un skipper professionnel qui va prendre le départ en novembre 2024 du Vendée Globe, la plus grande course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance.

Dans cet épisode, on parle de l’importance d’être polyvalent, d’un appel de Netflix, et d’un passage par dessus bord qui aurait pu très très mal finir.

📸 : ©Jean-Louis Carli/IMOCA

🎙 Les épisodes qui pourront vous intéresser :
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👉  Épisode #49 - Apprendre à écouter ses émotions avec Julia Virat, guide de haute montagne et navigatrice

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SPEAKER_02

Je suis allé à l'avant et puis il y a une grosse vague, un peu plus que d'autres, et ça m'a arraché, ça m'a fait tomber dans la voile qui m'a poussé dans l'eau et puis voilà. Et là, j'ai passé 40 minutes dans l'eau où il se passe un peu beaucoup de choses dans la tête. Et heureusement, il m'a trouvé au bout de 40 minutes, il a pu me remonter à bord. On a continué notre régate et le lendemain, on a fini, on a gagné l'étape. Ça va sûrement pas être simple, mais lâche pas parce que si tu as envie, tu vas y arriver.

SPEAKER_00

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Sam Goodchild est un skipper professionnel qui va prendre le départ en novembre 2024 du Vendée Globe, la plus grande course à la voile autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Dans cet épisode, on parle de l'importance d'être polyvalent, d'un appel de Netflix et d'un passage par-dessus bord qui aurait pu très très mal finir. Excellente écoute à vous

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Eh bien écoute, bienvenue Sam sur le podcast. Je suis super content de te recevoir pour un épisode qui promet d'être intense. On va parler voile, on va parler solitaire, mais pas que. Très certainement qu'on va parler de résilience, puisque ça c'est quand même, tu vas nous en dire plus évidemment, mais c'est quand même j'ai l'impression le fil rouge de ton parcours jusqu'à présent, la résilience, la capacité à rebondir. Mais quoi qu'il en soit, je suis super content que tu aies pu trouver du temps pour venir nous raconter un peu ton parcours sur les

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frappés bah merci Loïc merci pour l'accueil aussi chaleureux j'ai hâte d'échanger

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aussi un grand merci d'ailleurs à Marie auditrice du podcast qui nous a mis en

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relation

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ouais effectivement merci Marie Sam la difficulté avec des invités de ton pédigré j'ai envie de dire c'est qu'il y a déjà donc t'es né en 89 donc t'as un an de plus que moi mais j'ai l'impression que t'as 15 vies de plus que moi par contre il y a déjà tellement de choses que t'as fait que ce soit ton enfance Enfance, tu as grandi sur un bateau, sur Grenade, c'est ça

UNKNOWN

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Des

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îles Grenade

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On a passé huit ans sur le bateau à un peu bouger et puis on a passé sept ans à Grenade, en bonne partie dans une maison. Donc oui, j'ai un passeport de Grenade, on va dire.

SPEAKER_00

C'est là où je suis le plus lié. Donc entre l'enfance, le retour en Angleterre un peu brutal dans l'internat, toutes les courses auxquelles tu as déjà participé, les nombreuses galères que tu as eues. Le challenge, en fait, c'est d'arriver à trouver un angle

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

pour pas qu'on y passe 5 heures, parce que je pense qu'il y a largement de quoi faire une longue conversation, et il se trouve qu'on est sur le podcast de la résilience et du dépassement de soi, donc c'est l'angle que je te propose pour cet échange, qu'on rentre peut-être un peu plus dans le détail sur certaines expériences marquantes de ton parcours, et la première pour aller tout de suite dans le vif du sujet, ou alors attends, non, on va faire avant ça quand même, parce que moi je prépare l'épisode depuis un petit moment, donc je commence à un petit peu connaître ton parcours, mais il y a peut-être des gens qui ne te connaissent pas encore très bien qui nous écoutent, Donc avant ma première question sur la résilience, ce serait peut-être comment est-ce que toi tu te présentes avec ces 15 vies que tu as déjà

SPEAKER_02

eues

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, c'est sûr que ça dépend un peu de la scénario, mais rapidement, je suis Sam Goodchild, j'étais né en Angleterre avec des parents anglais, mais j'ai parti de l'Angleterre assez rapidement pour habiter sur un bateau. On a passé pas mal de temps aux Antilles. Donc j'ai grandi aux Antilles sur un bateau et puis sur l'île des Granades jusqu'à 15 ans. j'ai fait l'éternat et puis un peu avant mais à 18 ans j'ai touché un peu pour la première fois le monde de course au large et le projet de Vendée Globe et voilà j'avais trouvé une envie de faire ça à ce moment là et je n'ai pas lâché l'affaire depuis donc ça fait à peu près 15 ans et là je suis à 10 mois à peu près de ma première Vendée Globe si tout se passe comme

SPEAKER_00

prévu waouh j'ai écouté ce matin le podcast que tu as fait avec Fortitude où tu parlais aussi de ce Vendée Globe des Globes j'ai vraiment l'impression que c'est le il te posait une question sur finalement alors il a une approche très philosophique Nicolas de Fortitude donc il te posait une question sur je sais plus exactement comment il l'a formulé mais globalement est-ce que tu réfléchis au Sam que tu seras demain ou au chemin parcours etc et ta réponse c'était bah qu'en fait dans toutes les décisions que tu prends il y a une chose qui entre en compte c'est est-ce que ça te permet de te rapprocher du goal du Vendée Globe euh ou pas et du coup la première question que j'ai envie de te poser c'est ce Vendée Globe quelle signification est-ce que tu lui donnes qu'est-ce qu'il représente pour toi qu'est-ce qu'elle représente cette course

SPEAKER_02

c'est pas si simple que ça mais d'une manière rien de tout c'est à dire j'y pense pas toujours en disant j'imagine moi sur le Vendée Globe ça serait comme ci ça serait comme ça mais d'une autre manière tout parce qu'honnêtement ma vie il est comme il est aujourd'hui aux causes de cette quête pour le Vendée Globe j'ai décidé que je voulais faire ça et quand j'avais on va dire 16-17 ans et depuis à chaque fois que j'ai un choix à prendre dans ma vie je prends ça dans un sens de qu'est-ce qui va me rapprocher au Vendée Globe donc aujourd'hui j'habite en France ça c'est parce qu'en 2014 je me suis trouvé à un moment où je ne savais plus trop quelle était la prochaine échéance donc j'ai dit la meilleure endroit pour y être c'est Lorient parce que c'est là où il y a 90% de projets Vendée Globe donc je me suis installé à Lorient et ben voilà j'y suis avec une famille avec un travail etc et donc il y a plein de choix comme ça dans ma vie où je me trouve là où je suis aujourd'hui au cause de cette quête de Vendée Globe donc dans le quotidien j'y pense aujourd'hui beaucoup parce qu'il arrive dans 10 mois mais mais dans le quotidien normalement j'y pense pas trop et puis en même temps je suis qui je suis au cause du fait que j'ai jamais lâché l'affaire

SPEAKER_00

hum C'est quoi ton souvenir de cette première découverte de ce qu'est le Vendée Globe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que tu te rappelles ce que tu as ressenti et ce qui t'a fait dire peut-être à ce moment-là, un jour je prendrai le départ de cette

SPEAKER_02

course

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il y en a plusieurs. La première, c'est en 2004. On était à Grenade, du coup, de là où j'habitais. On a vu une cyclone qui a un peu détruit l'île. Et pendant cette cyclone, on se cachait à l'intérieur de la maison. Et je me commençais à lire des magazines de mon père, donc des Yachting World, des Yachting Yachting, un peu des magazines anglais de la voile. Et là, c'est le Vendée Globe 2004 qui s'approche. Et il parle des skippers anglais, le Vendée Globe 2004. Ça a l'air dingue, j'ai envie de faire ça. Et je pense un peu à la réaction des gens autour de moi c'était pas non c'est pas possible c'est complètement fou ça c'est pas possible ça n'arrivera pas ou peut-être pas dans ces mots là mais en tout cas c'était le sentiment que j'ai eue et donc moi j'étais un peu ok j'accepte le défi et c'est parti et puis le moment très très marquant c'était en 2008 donc quatre ans plus tard je me trouve comme équipe technique donc juste les petits mains qui aident mike golding qui prépare son Vendée Globe en 2008. Et je me trouve à faire la descente de chenelle de Sape de Lonne. Donc c'est impressionnant comme atmosphère. C'est une chenelle qui doit faire un peu plus de 1 km de longue. Et le matin de départ de Vendée Globe, c'est noir du monde. On ne voit pas des bâtiments, on ne voit rien. On voit juste du monde. je pense pas loin d'un million de personnes qui descendent pour cette sortie de chaîne

SPEAKER_01

et

SPEAKER_02

j'ai fait ça sur son bateau donc j'ai eu le sentiment d'être empêché cette émotion tellement chargée et ça m'a touché tellement fort que moi j'ai envie de revenir en étant celui qui ne revient pas

SPEAKER_00

génial donc si on fait un passage rapide sur ton enfance donc tu te disais tes parents ont pris la décision de quitter l'Angleterre Je crois que ton papa est parti pour une transat. Tu n'étais pas encore né, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et vous l'avez rejoint avec ta maman quand tu avais deux mois.

SPEAKER_02

Oui. Pour faire vite fait, mes parents, ils tenaient une barre de vin dans l'Algarve au Portugal. Donc, ils sont d'origine anglaise, mais on n'a très peu habité en Angleterre tous. Et en fait, ils avaient tous les appartements dans une banque en Islande qui a planté dans les années 80. Donc, ils ont perdu tous les appartements. Donc, ils se sont retrouvés avec un bateau et un bout de terrain. Ils ont soit un vent de bateau construit en maison, Soit on vend le terrain et on va l'habiller. Donc, ils ont pris option 2. Et donc, ma maman était enceinte avec moi. Mon père, il est parti avec le bateau aux Antilles. Ma maman, elle a eu moins. Et puis, elle est partie dès que j'étais capable de prendre l'avion quelques semaines plus tard pour le joindre aux Antilles.

SPEAKER_00

Le fait de vivre sur un bateau, c'est devenu ton quotidien pour toute ton enfance et ton adolescence. Je te disais, je voulais qu'on prenne l'angle de la résilience, de cette capacité à gérer son quotidien, son challenge, quel qu'il soit, pour le reste de l'échange. Le premier, si j'ai bien écouté ce que tu disais sur le podcast de Fortitude et ce que j'ai pu lire ailleurs, le premier vrai challenge pour toi, ça a été finalement le... le désenracinement, le fait que tu aies passé d'un quotidien qui était le tien dans les Antilles où vous déménagez, vous bougiez tous les X mois, tous les 6 mois si j'ai bonne mémoire, à tout d'un coup être catapulté en Grande-Bretagne, en internat, un endroit où tu connaissais globalement pas grand monde et où le rêve de tout le monde c'était d'avoir la vie que toi tu avais avant finalement, c'est-à-dire dans les

SPEAKER_02

Antilles. Oui, c'est sûr que c'était le premier moment, après ce qui est drôle avec ça, c'est que c'est moi qui l'ai demandé, dans un sens, nous, on était dans des conditions pas exactement idéales aux Antilles, après le cyclone, on faisait l'école dans le parking de l'école, dans des tentes UNICEF, c'était pas idéal pour faire l'école, et j'ai entendu des copains qui sont venus dans une ternaire en Angleterre, et j'ai dit à mes parents, en fait, ça a l'air sympa, qu'est-ce que vous en pensez

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et ils ont dit, en fait, on n'aurait jamais pensé de tomber le côté du monde comme ça, mais si ça te plaît, on s'est renseignés. Donc, ils ils sont les renseignés, ils ont trouvé cet éternat pas loin d'Oxford, au milieu de l'Angleterre, c'est-à-dire le plus loin de la mer que possible. Et voilà, ça s'est bien matché. On a trouvé un ou deux autres familles qui avaient des enfants qui sont grandis aux Antilles aussi. Donc, c'était un peu, ça faisait un petit lien. Je n'étais pas tout seul, tout seul, mais à part ça, je ne connaissais personne. Et donc, je me suis trouvé là-bas et au moment où je n'ai pas trouvé ça dur particulièrement, mais ce qui m'en compte après, et que le nombre de choses que j'ai apprises à ce moment-là sont énormes. De se trouver à 15 ans, loin de tout, un peu tout seul, à dire, en fait, si tu as envie de naviguer, il faut te débrouiller, donc tu prends ton vélo, tu vas à le club de voile et tu n'as pas l'argent pour acheter un bateau, mais tu vas bien trouver des gens qui vont t'aider. Donc, c'est ça que j'ai fait. Et tout ce que j'avais envie de faire, c'était ma permis de conduire. J'ai demandé à mes parents, ils ont dit, oui, oui, on va attendre que tu aies un peu plus vieux. Je me débrouille tout seul, du coup. Et puis, après trois mois, ils ont compris que c'était mieux de m'aider que de ne pas m'aider. Mais voilà, c'est sûr que j'ai appris pas mal de choses entre ces 15 et 18 ans où j'ai appris que si tu as envie de quelque chose, si tu as envie d'aller vers quelque part, il faut le faire.

SPEAKER_00

Mais on ne peut pas attendre les autres de le faire pour soi. Si je ne me trompe pas, c'est aussi à ce moment-là que la possibilité un jour de vivre de ta passion qui est donc qui était déjà la voile c'est à ce moment là que c'est devenu plus ou moins une réalité que tu t'es rendu compte tu nous racontes peut-être le contexte dans lequel c'est arrivé que tu t'es rendu compte qu'on pouvait devenir marin, skipper, navigateur professionnel et vivre de ça

SPEAKER_02

en fait ouais exactement donc en Angleterre il y a beaucoup le système de voile pour aller au jeu donc les petits bateaux on navigue beaucoup et moi je suis arrivé à 15 ans à faire ça et en fait je me trouvais dépassé parce que tous les autres jeunes de mon âge ils avaient fait ça depuis dix ans et moi j'étais plutôt le bateau habitable gros bateau sur lequel eux ils avaient jamais navigué donc je me suis trouvé aller vers un sens où j'étais un peu plus à l'aise sur le plus gros bateau et donc Il y avait une académie qui était montée pour aider des jeunes à naviguer sur le gros bateau, entre guillemets, donc trouver des propriétaires qui cherchaient des équipages et trouver des jeunes motivés pour le mettre ensemble. Et à un moment donné, l'équipe d'Alex Thompson, sponsorisée par Hugo Boss, ils avaient dit que nous, on a un bateau qui va faire un tour du monde avec plein d'escales pour aller voir tous les bureaux et les magasins Hugo Boss autour du monde. Et sur chaque, une des grosses étapes, on va inviter deux personnes de cette académie pour venir découvrir le corso large. et donc moi j'étais toujours à l'école j'avais 17 ans et j'ai fait cette j'ai fait une application et on m'a demandé de venir faire la transat qui était en mai 2007 du coup où on est parti des Portsmouth dans le sud de l'Angleterre pour aller à Halifax au Canada et voilà donc ça c'était ma première touchée à cette équipe de voile où j'ai découvert tout un autre monde de gens qui faisaient ma passion et ils étaient payés pour pas génial je reste avec eux c'est top et ça s'est pas passé tout à fait comme ça mais en tout cas j'ai découvert ce monde à ce moment là excellent excellent

SPEAKER_00

Si on fait à nouveau une sorte de fast-forward, aujourd'hui, clairement, ça fait une quinzaine d'années, peut-être un peu plus, que tu es navigateur

SPEAKER_02

pro

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?

SPEAKER_02

Depuis 2008, depuis que j'ai fini mon bac… j'ai

SPEAKER_00

commencé ça ok tu dirais que ça a été quoi peut-être les grands jalons du parcours les grands milestones par lesquels tu es passé pour en arriver là où tu en es aujourd'hui

SPEAKER_02

honnêtement c'est dur parce que à chaque fois j'ai fait quelque chose parfois j'ai fait des navigations ou des projets où je n'étais pas payé pour quelque chose qui n'était vraiment pas très intéressant et d'autres moments j'étais payé pour faire des trucs exceptionnels mais je me dis à chaque fois il m'a apporté énormément soit c'est un contexte, soit c'est une expérience soit c'est des contacts humains avec des gens qui m'ont aidé ou qui m'ont suivi ou qui m'ont soutenu c'était ma carrière essayer de retrouver un, parfois ils sont hyper médiatiques et On dit que ça doit être génial et puis ça ne fait pas le cas. Et inversement, parfois, ce n'est pas du tout médiatisé, mais ça m'a apporté tellement que c'est impossible à compter. Donc, essayer de dire quel moment m'a apporté le plus, c'est assez dur. Je pense que l'époque de Figaro, on en parle dans notre monde de course au large, on parle de Figaro comme un peu de l'école de la course au large, et ça c'est vraiment le cas, c'est que c'est des petits bateaux où on se trouve contre un peu le mer de notre monde de la voile, et on apprend très vite de nos erreurs, parce qu'on a 40 bateaux sur la ligne de départ, donc dès qu'on fait un petit erreur, en fait on se fait doubler, on se fait passer, on va moins vite, donc on apprend plein de choses. Et puis en fait, ce que j'adorais d'apprendre de tout ça c'était justement ce que je viens de dire mais en fait ce que j'ai manqué c'est de naviguer avec les autres parce que pour apprendre il faut quand même naviguer avec des gens expérimentés donc après ça j'ai pu naviguer avec pas mal de gros bateaux avec des équipages avec des gens hyper expérimentés où j'ai appris énormément aussi donc voilà je vais pas vraiment répondre à ta question mais c'est honnêtement c'est hyper dur à dire bah c'est ces moments là où même si c'était médiatisé ou pas c'est vraiment dur de dire bah c'est ces moments là où j'ai progressé le plus ou m'ai impacté le plus

SPEAKER_00

ton parcours dans l'univers de la voile tu dirais qu'il est évidemment chaque parcours est différent mais est-ce que globalement les gens que tu retrouves au niveau auquel tu pratiques aujourd'hui ils ont un parcours un peu comme le tien finalement on te touche à tout qui ont navigué sur plein de bateaux différents plein de tailles de bateaux différentes en solitaire ou pas au large ou pas ou est-ce que t'es un peu ou est-ce que finalement t'es un peu à part et les gens ont généralement justement ces fameux milestones tu vois des étapes un peu obligées le figaro la mini transat puis après tu passes à autre chose

SPEAKER_02

ou pas ouais ouais c'est sûr comme tu dis il n'y a pas vraiment un typique il n'y a pas le navillon il vient de là mais c'est sûr que je n'ai pas encore croisé quelqu'un qui a le même parcours que moi ça c'est sûr en partie de ça c'est que je suis un anglophone et j'ai une amie gamèque qui a 80% des français donc oui c'est un peu atypique après et je pense que ça m'apporte énormément aussi d'être le plus polyvalent que possible d'avoir navigué autour de ce port avec autant de gens et autant de cultures différentes et voir la manière de faire et leur façon de faire et pouvoir faire un peu ma sauce à moi-même ce que j'aimais avec les anglais, les espagnols les français, etc donc c'est sûr c'est assez polyvalent entre guillemets par parcours parce que c'était pas que de course large finalement et j'ai fini par faire pas mal de petits parcours en petits circuits pas plus proche de la côte qui m'a apporté énormément aussi donc c'est sûr que c'est un peu atypique mais ses avantages aussi

SPEAKER_00

aujourd'hui aujourd'hui donc tu fais quasi exclusivement de la course au large, si je ne me trompe pas. Qu'est-ce qui fait que tu as évolué plutôt vers ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu me disais un peu plus tôt que le Vendée Globe, c'est vraiment ce que tu as en ligne de mire, c'est ce qui drive un peu tout le reste. Mais est-ce qu'il y a d'autres raisons, peut-être en termes d'émotion, de ce que tu trouves, en termes d'intensité, de l'expérience

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il y a quelque chose d'autre que le Vendée Globe qui fait que tu es allé de plus en plus vers de la course au large plutôt que des courses plus courtes proches des côtes

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

que est-ce que j'ai appris un peu en écoutant tes podcasts et cette envie c'est de dépasser et c'est des défis des challenges de s'élancer dans un truc où en fait on ne sait pas comment on va arriver on a dit ben je sais pas si c'est possible ou capable ou si j'y vais arriver mais je vais déconstruire un petit morceau et j'y vais arriver parce que les autres ils arrivent donc voilà je suis capable c'est sûr que ça ça me motive énormément même dans le quotidien de ce que j'ai fait j'aime bien quand c'est pas forcément facile il faut se challenger donc c'est sûr que ça ça fait partie des courses là je pense que si on fait un sport où il faut perfectionner et faire exactement la même chose mille fois par jour jusqu'à on est parfait et on peut faire ça dans le sommeil ça me motive ça m'intéresse moins qu'aller dans l'inconnu hum

SPEAKER_00

je vois cet appel de

SPEAKER_02

l'adversité en fait finalement

SPEAKER_00

oui c'est sûrement ça c'est sûrement un peu ça quand je préparais l'échange je suis allé regarder du coup pas mal de contenus vidéos et là pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet c'était surtout des vidéos où on te voit naviguer sur des bateaux IMOCA donc IMOCA tu me dis si je me trompe en gros c'est des bateaux qui font 60 pieds c'est ça donc un peu moins de 20 mètres exactement donc Donc, ils sont des bateaux... Historiquement, d'ailleurs, c'est les bateaux du Vendée Globe. Ils sont associés à cette course. On ne les retrouve pas que sur le Vendée Globe, mais historiquement, c'est des bateaux qui ont été pensés pour le Vendée

SPEAKER_02

Globe. Donc, le Vendée Globe, il arrive tous les 4 ans. Le Vendée Globe, il n'y a qu'une classe, l'IMOCA. Et donc, c'est un peu notre géo-olympique ou notre Everest. C'est l'événement phare de notre circuit. Donc, tous les bateaux sont un peu conçus pour le Vendée Globe. Comme tu disais, il n'est pas que sur le

SPEAKER_00

Vendée Globe mais il n'y a que les Imoca sur le Vendée Globe donc ils sont vraiment des bateaux taillés pour la course et je regardais des vidéos sur ta chaîne et un truc qui m'a d'ailleurs sur plusieurs vidéos qui marquent vraiment c'est que en fait on se rend compte que c'est juste des coquilles vides, c'est à dire qu'il y a zéro confort enfin j'ai l'impression tu vas me dire mais c'est complètement nu, ça résonne un truc de fou, on entend d'ailleurs on entend je vais mettre le son maintenant pour que les gens se rendent compte et on se retrouve juste après Quand tu entends cet extrait de ta vidéo, qu'est-ce que ça te fait dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que ça montre d'après toi de cet univers de la voix à très haut

SPEAKER_02

niveau

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En fait, ce que ça montre, c'est qu'on peut s'habituer à tout. C'est un peu le problème. Ça me fait penser que ma première navigation en Imoca, c'était il y a un peu plus d'un an. C'était en novembre 2022, si je ne me trompe pas. En Imoca à fond, il a en tout cas passé... on va pas aller trop technique mais il y a des foils qui ont été rajoutés sur le bateau il y a pas si longtemps il y a peut-être 7-8 ans maintenant et en fait ça change beaucoup la donne donc il y a beaucoup plus de bruit, c'est beaucoup plus violent et ma première navigation je me souviens que c'était assez impressionnant et même moi qui ai navigué il y a un petit peu quand même ça m'a quand même assez choqué le bruit qu'il y a et le violence du bateau et c'est sûr que c'est pas c'est pas normal et le bateau c'est vrai c'est vraiment c'est juste des coquilles il n'y a rien dedans on cherche le bateau le plus léger possible donc tout ce qu'on prend il faut qu'il ait une raison d'être là et voilà donc ça impacte pas mal de choses après en disant ça on apprend petit à petit que la façon d'aller vite c'est aussi le confort donc il faut pas non plus il faut arriver à dormir il faut arriver à se reposer et donc en petit à petit on met de plus en plus de confort à bord mais c'est tout relatif on n'est pas dans les palaces mais on a des sièges un peu formés à notre dos pour qu'on arrive à se reposer bien on a des matelas qui sont bien épais mais c'est sûr à part ça le bateau c'est vraiment il y a les coquilles de la structure des voiles et puis c'est

SPEAKER_00

tout je parlais de ça justement avec une invitée récemment Sacha Lagnès qui a terminé il y a quelques mois la mini transat et qui nous expliquait un peu ce qu'elle avait vécu parce que alors là je vais faire comme si j'y connaissais quelque chose mais techniquement je te l'ai dit avant j'y connais pas grand chose mais qui nous expliquait qu'elle avait pris une route très au sud pour aller chercher les alizés et qu'en fait pendant plusieurs jours ça avait été extrêmement intense parce que les vents étaient très très très très forts et il y avait une houle qui était pas enfin qui était bref une houle une mer très formée aussi et qui expliquait qu'elle dormait en gros par tranche de 5 à 10 minutes maximum et au total la la Transat, donc vraiment du large de l'Afrique jusqu'à la Martinique, ça a duré 15 jours. Et c'est super impressionnant d'entendre quelqu'un te dire ça. Tu vois qu'elle a dormi finalement par tranche de 5-10 minutes sur 15 jours parce que ça tapait de partout. C'est des petits bateaux très pareils, là aussi typés pour la course. Donc toi, quand tu pars, alors là, ça va être une question un peu générale parce que tu as déjà fait tellement de courses au large, mais quand tu pars sur des courses, on va dire vraiment longue c'est quoi toi ta stratégie ton approche justement par rapport à ce que tu viens d'évoquer sur le sommeil le repos où est-ce que tu mets le curseur entre là je me mets dans le rouge parce qu'il faut absolument gagner de la distance par rapport au concurrent et là j'ai atteint la limite je dois coûte que coûte me reposer comment tu

SPEAKER_02

l'évalues ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

c'est justement tout l'enjeu de la corse large c'est à décider et choisir à quel moment il faut mettre le curseur à quel endroit mais Merci à tous. et quels sont les gains et quelles sont les pertes de se mettre dans le rouge maintenant. Après, ça dépend beaucoup de la longueur. Quand je faisais de Figaro, une rigette, ça durait 3-4 jours. On pouvait se permettre de dormir qu'une heure et demie, deux heures dans 24 heures sur ces rigettes-là. Par contre, quand on parle des transats, il faut dormir quand même pas mal plus. Nous, on le vise entre minimum 3 heures et également 5 heures dans une période de 24 heures. mais ça c'est en temps cumulé donc voilà c'est essayer d'optimiser le sommeil pour faire en sorte que ces 3h à 5h sont le plus efficaces que possible donc un sommeil profond plutôt qu'un sommeil léger etc mais ouais il n'y a pas une façon de faire par un moment on peut dormir plus que 5h parce que les conditions sont stables et tout va bien et par un autre moment on est obligé de se mettre un peu dans le rouge pour réparer quelque chose ou pour pour essayer de passer un moment un peu dur donc c'est vraiment s'habituer à ce qui se passe autour de nous et ouais c'est pas si simple ça de dire la routine classique c'est ça et c'est justement ça qui fait en sorte que c'est pas si

SPEAKER_00

simple et ça tu peux le préparer dans une certaine mesure à terre ou c'est vraiment que l'expérience en mer qui te permet de devenir encore meilleur dans ta gestion du sommeil du

SPEAKER_02

repos un peu les deux moi je travaille avec un spécialiste de sommeil qui qui est un spécialiste du sommeil qui fait pas que des sportifs mais aussi des joueurs avec des troupes de sommeil mais lui il travaille avec des sportifs depuis longtemps et notamment des gens de course large et on travaille avec lui pour essayer d'optimiser le sommeil et en fait l'axe du travail vraiment c'est de faire en sorte qu'à chaque fois qu'on dort on tombe dans un sommeil profond rapidement c'est vraiment ça l'objectif c'est s'apprendre à s'endormir ou pas moi j'ai la chance de pas avoir trop de soucis à s'endormir dormir, mais c'est sûr que ce sommeil est vraiment profond et que moi, je peux faire en sorte qu'en mer, chaque fois que je vais m'allonger, c'est efficace et je ne perds pas de temps à m'allonger pour rien.

SPEAKER_00

Et ça, tu arrives à le faire aujourd'hui, de t'endormir rapidement et que ce soit un sommeil hyper

SPEAKER_02

qualitatif? Ça va de mieux en mieux. C'est la dernière rigueur que j'ai faite. J'ai eu quelques problèmes de sommeil, je n'y arrivais pas. pour des raisons différentes et variées, mais ce qui est bien, c'est qu'on apprend par ces moments-là. Et donc, on a fait un débrief. J'avais fait trois, quatre jours de la transat avec un enregistrement de sommeil avec moi. Donc, on débriefe ça et puis on va pouvoir un peu adapter ce que j'ai fait bien ou pas bien c'était une transaction qui a duré un peu plus de 10 jours donc il y a la moitié qui a bien passé et l'autre moitié qui a moins bien passé il y a des choses à apprendre de ça et puis la prochaine qui soit dans le mois de mai on sera prêt

SPEAKER_00

pour ça aussi excellent je serais partant pour que tu nous racontes une petite histoire, l'histoire de ce qui t'est arrivé parce que j'ai l'impression qu'elle a été assez marquante de ce qui t'est arrivé en 2012 tout début 2012 ou toute fin 2011 d'ailleurs il faudrait que tu me dises Je n'ai pas

SPEAKER_02

réussi à trouver l'info exacte. Le 30 décembre,

SPEAKER_00

oui. Le 30 décembre, OK. Donc, toute fin 2011, entre Le Cap et

SPEAKER_02

Wellington. Oui, oui, oui. Moi, j'avais peur que tu allais sortir à cellulaire en écoutant le podcast. Mais oui, oui. Donc, on était… Il faut juste mettre peut-être un petit peu de contexte. C'est-à-dire que j'ai fait la Transat Jacques Vabre en novembre cette année-là. Et une semaine après le départ, on a cassé le bateau. Donc, on est arrêté aux Azores. Et j'ai rentré à la maison. Et puis, quelques jours plus tard, j'ai un appel en disant, Sam, c'est qu'en aide, je suis en Afrique du Sud. Je pars pour la deuxième étape de Global Ocean Race, donc un tour du monde en étape, de Cape Town jusqu'à Wellington en New-Azure. On part... ce week-end, en gros, en 4-5 jours, est-ce que tu es dispo? Je ne connaissais pas Corade. Et donc, j'ai dit oui. J'arrivais 48 heures avant le départ et puis on est partis dans la mer du Sud pour faire un mois en mer. Et donc, ça s'est plutôt bien passé. On était en tête et deux jours avant l'arrivée ou la veille de l'arrivée, j'ai tombé à l'eau. Donc j'étais en car, c'était la fin de mon car, donc je suis descendu manger et puis quand on regarde, il monte sur le pont et le vent, il monte rapidement. Donc il dit, Sam, là, il faut qu'on change de voile. Donc je dis OK, j'arrive et je suis venu pour essayer de faire ça rapidement. Je n'ai pas mis mon gilet de sauvetage, je n'ai pas mis mon balise, je n'ai rien pris du tout. Je suis allé à l'avant et puis il y a une grosse vague, un peu plus que d'autres. Et ça m'a arraché, ça m'a fait tomber dans la voile qui m'a poussé dans l'eau et puis voilà. Ma chance, c'est que quand Ed m'a vu tomber, il m'a vu passer le cockpit à côté du bateau. Donc, il a vu que j'étais à l'eau, ce qui est déjà bien. Et là, j'ai passé 40 minutes dans l'eau où il se passe un peu beaucoup de choses dans la tête. Et heureusement, il m'a trouvé au bout de 40 minutes. Il a pu me remonter à bord. On a continué notre brigade et le lendemain, on a fini, on a gagné l'étape. Et le lendemain, le lendemain, j'étais dans un avion pour entrer à la maison. Donc c'était un mois très dense et très riche en émotions. Je ne suis pas quelqu'un avec beaucoup d'émotions, mais celui-là, c'était quand même un peu fort. Et voilà, donc j'ai énormément de chance d'être vivant, d'être là aujourd'hui. Et je me sens hyper chanceux d'avoir vécu ça comme un rappel de... Ce n'est pas invincible, ça n'arrive pas à tout le monde. Parce que moi, clairement, à 21 ans, ça arrivait aux autres. Ça n'arrivait pas à moi parce que moi, j'étais trop fort. Et voilà, je me suis vite fait remercier à ma place. Et voilà, j'ai droit à ma vie à Coral aussi.

SPEAKER_00

Il faisait jour, j'imagine, quand tu es tombé à

SPEAKER_02

l'eau. Oui, donc il faisait jour. Il avait pas mal de mer et pas mal de vent, justement. Donc, en fait, deux, trois moments qui m'ont marqué le plus, c'est un moment où, en fait, moi, j'ai tombé à l'eau et il m'a jeté un bout qui m'a passé à deux mètres. J'ai raté vraiment pas grand-chose parce que le bateau, il dirait, il va plus vite que moi. Et donc là, j'ai gardé un oeil sur lui et, en fait, lui, vu qu'on était en milieu de manœuvre, il s'est trouvé avec une voile à moitié en monter, on voit la moitié descendu un peu le bateau en vrac donc il avait une petite dizaine, quinzaine de minutes juste pour essayer de tout mettre sous contrôle avant de pouvoir faire 10 mètres et venir me chercher

SPEAKER_00

sachant que là en même temps qu'il manoeuvre et qu'il met le bateau au propre, il peut pas vraiment te lâcher du regard

SPEAKER_02

non

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

il a pas pu me garder le regard, après il a pu prendre la position sur laquelle je suis tombé ça il a fait par réflexe donc il a passé 10-15 minutes à essayer et ils ne pouvaient pas me lâcher le regard mais moi je n'ai pas lâché le regard en tout cas et puis à un moment donné j'ai tombé à l'eau habillé complètement et donc ça a flotté au début et puis petit à petit ça a rempli ses dos et donc ça m'a tiré vers le bas et donc j'ai décidé que j'allais enlever les vêtements pour que je pouvais nager plus facilement et à un moment donné j'enlève mon... c'est un smog donc il n'y a pas de voiture à l'avance et il faut passer au-dessus de la tête et j'enlève et je sors ma tête et je ne vois plus et là il n'y a pas de soleil donc je n'ai pas de référence de où est le nord, où est l'est, où est le sud. Et là, je tourne en haut en mode panique complet en disant, en fait, il est où

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et en fait, en creux de vague, on ne le voyait pas et en haut de vague, on le voyait. Et donc, je pense que j'ai passé un ou deux vagues où je regardais dans le mauvais sens au bon moment, donc je ne le voyais pas. Et en fait, je me suis dit, attends, si moi, je ne vois pas un bateau qui fait 13 mètres de long et... 15 ou 18 mètres de haut. Et lui, il ne voit pas ma tête qui fait 25 centimètres de haut. C'est impossible. Donc là, j'ai pris un énorme coup de foie en disant, là, en fait, c'est fini. Là, il ne me retrouverait jamais. Parce qu'au début, j'étais, il va juste faire demi-tour et venir me chercher. C'est un peu con, mais c'est parti. Et voilà. Donc, je me suis rendu compte que ce n'était pas si simple que ça. Et puis, à un autre moment, il revient sur la position et que moi, je cherche un peu dans l'axe devant. Il fait des allers-retours. en descendant sous le vent. Et à un moment donné, il me vise. Et pour moi, un regard dans les yeux, et là, j'ai un énorme soulagement. Je suis sauvé. Super

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

heureusement, fin de cette histoire, c'est bon, il me jette un bout et c'est parti. Et là, il fait demi-temps, il part dans l'autre sens. Il ne m'a pas vu. Et là, j'ai dit, mais là, j'ai eu un deuxième moment de là, c'est fini. J'avais un couteau dans ma poche et qu'on s'est dit, qu'est-ce qu'il faut faire avec le couteau

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que c'est la meilleure manière de finir. Et en fait, j'ai utilisé mon couteau, heureusement, pour couper la capouche de ma veste qui était en jaune flou. Et donc, il avait quelque chose, il pouvait me voir, il pouvait voir un peu plus facilement et à un moment donné il revient vers moi il me tombe dessus et il arrive à m'attraper et puis quand on regarde la trace GPS de ce qu'il a fait en fait il m'a tombé dessus par hasard oh putain c'était pas du tout dans l'un où il cherchait il commençait à chercher il commençait à dire ben là je le trouve pas est-ce que je cherche dans la bonne direction ou pas et en réfléchissant il va tout droit vers une direction et il me tombe dessus donc voilà c'était un peu même juste d'y parler il pensait maintenant c'est c'est pas c'est pas hyper rassurant mais voilà c'est quand hyper chanceux d'avoir vécu ça pour il faut pas jouer

SPEAKER_00

lui comment ça l'a impacté vous en avez parlé depuis

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

tu sais si ça a changé la manière dont il navigue quand il est avec quelqu'un enfin quand il n'est pas solo sur le bateau

SPEAKER_02

on n'a pas beaucoup parlé des prix on a parlé un petit peu au moment lui il a perdu son père pas tout à fait le même scénario mais en tout cas son père a tombé à l'eau et il n'est jamais revenu et donc c'est sûr que c'est quelque chose qui a l'impact beaucoup déjà donc il a impacté beaucoup avant ça c'était avant 2011 et donc oui je pense que ça l'a impacté pas mal et ça m'a manière de naviguer, sa manière de voir les choses, c'est sûr que ça l'a touché. Mais en gros, on a des gilets de sauvetage à bord pour pouvoir s'attacher. On a des balises pour pouvoir se retrouver facilement. On a 10 minutes, une pièce de matériel à bord et une manière de faire qui sont prévues pour que ça n'arrive pas. Et c'était une grosse erreur, une grosse... Une grosse erreur de ma part. Il n'y a pas de façon de voir des choses. C'était ça.

SPEAKER_00

Ça t'arrive encore aujourd'hui de sortir sur le pont sans gilet, sans balise, sans être attaché

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, pas comme ça. En fait, je ne dis pas que je suis attaché tout le temps parce que...

SPEAKER_00

Ça dépend des conditions.

SPEAKER_02

Ça dépend des conditions, ça dépend où on est, comment on est, etc. Mais c'est sûr que je ne vais pas à l'avant et je n'équipe pas les cockpits sans un gilet de sauvetage, sans une balise dans ma poche et sans... réfléchir à ces moments-là.

SPEAKER_00

Quand on regarde ton parcours au global, je disais en intro, j'ai vraiment l'impression que ton histoire, c'est l'histoire de la résilience. J'imagine qu'il y en a plein d'autres, mais les grandes courses sur lesquelles j'ai trouvé des infos te concernant, deux abandons sur la Transat Jacques Vabre pour Avary, un dématage sur la route du Rhum, un problème technique en 2018, un problème technique sur une autre route du Rhum en 2022, où en gros, tu te fais défigurer par un retour de winch si j'ai bien compris bref on voit qu'il y a je sais pas si c'est un taux de malchance ou de soucis techniques plus élevés que la moyenne mais ton parcours c'est quand même celui de, j'ai vraiment l'impression que skipper, navigateur pro c'est en fait être capable de se prendre des murs et de repartir

SPEAKER_02

en fait je sais pas si j'ai plus de malchance ou moins de malchance chance que d'autres, c'est sûr qu'il y en a qui ont beaucoup de chance François Gamart il vient de sortir un documentaire quand gagner ne suffira plus bon c'est sûr que c'est pas mon cas quand gagner suffit plus je pense, mais bref il a tout gagné voilà mais après à chaque fois que je regarde j'ai une scénario où je je me dis que ça peut être pire. Il y a toujours pire pour quelqu'un. Et j'ai toujours l'envie et je ne veux pas être abattu comme ça. Donc voilà, moi, je ne me suis jamais posé la question. En fait, je ne me suis jamais posé la question après un de ces moments-là, est-ce que c'est pour moi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Sportivement et sur le niveau de la performance, je suis en 2019, 2020, j'ai commencé à poser la question, est-ce que j'étais capable de... jouer contre le maire et gagner la rigette sur ce circuit là où il fallait faire autre chose mais c'était pas lié au dématage ou à une casse technique c'était plutôt un petit creux où j'ai pas de résultat où j'arrivais pas à faire avancer comme je voulais mais après j'ai eu un année 2020 où j'ai fait une solitaire qui m'a remonté le moral comme j'ai jamais eu même si j'ai pas gagné ça m'a remonté le moral énormément donc voilà ça m'a il y a toujours un petit moment qui m'aide à remettre sur le rail et je suis content que je n'ai pas lâché

SPEAKER_00

l'affaire Qu'est-ce qu'elle a eu de spécial cette solitaire du Figaro en 2020

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En

SPEAKER_02

fait déjà les deux regattes d'avant saison j'ai fini deuxième et puis je gagne je crois devant Armel Leclerc, devant Yanni Eliès et devant deux ou trois personnes qui, pour moi, étaient mes héros que j'ai admirés comme jamais. Le deuxième étape, j'ai fini sur le podium avec Armel devant moi et Yann derrière moi sur le reggae phare de l'année où tu sais qu'il n'y a pas quelqu'un qui n'était pas en forme ou qui n'avait pas ses bonnes voix. Il n'y a pas d'excuse. Tout le monde est là pour gagner. J'ai fini deuxième devant deux légendes pour moi. Et puis, la dernière étape, j'étais positionné pour faire un très bel perf, voire même pouvoir les gagner. qui n'était jamais fait par un Anglais. Je pense que l'Anglais n'a jamais fini mieux que 5e ou 10e. Ça dépend jusqu'à où on va. Et donc, je me suis retrouvé à jouer contre les meilleurs dans le monde de la voile. Et même si le résultat final n'était pas top parce que j'ai eu un problème, ça ne s'est pas passé comme prévu sur les dernières. Je pense que la remise de prix, il y en a sur le 35 qui sont passés sur la scène, il y en a 5 ou 10 qui se sont dit un petit pensez pour ça donc en gros l'acceptation ou la recognition de mes pères dans le monde de la voile que j'étais quelqu'un de dangereux et qu'il fallait faire attention, pour moi, c'était assez pour dire, OK, tu mérites ta place, il ne faut pas

SPEAKER_01

lâcher.

SPEAKER_00

Comment tu pourrais décrire ce sentiment, ce que tu éprouves en te retrouvant sur le podium, à côté, tu disais, de gens que tu admires énormément, qui font figure un peu de légende dans leur

SPEAKER_02

univers

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est une énorme fierté, c'est sûr.

UNKNOWN

C'est...

SPEAKER_02

au moins je prends un petit moment juste de penser à où j'étais dix ans auparavant ou quand je lisais des magazines de mon père en 2004 à regarder Yann Elias faire le Vendée Globe par exemple ou Armand Leclerc qui a gagné le Vendée Globe il y a quelques années et de dire attends je suis là et c'est quand même génial et il n'y a pas si longtemps je me pose la question si j'étais capable et je suis là par mérite c'est une énorme fierté pour moi c'est plus grand fierté que... qu'avoir un... une victoire sur quelque chose où les gens disent« c'est génial, ça doit être fort». Mais c'est ces petits moments-là où personne n'en parle, où en fait, on est le plus fier. Au moins, j'étais le plus fier.

SPEAKER_00

Il y a un adage, je crois, qui dit« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire». Alors, ce n'est pas tout à fait ce que tu viens de dire, mais c'est un peu ça. J'ai l'impression que c'est la victoire facile, finalement. Elle n'a pas vraiment le même goût que la victoire dans l'adversité où tu t'es battu comme un

SPEAKER_02

fou. Oui, c'est sûr. Et je pense le moment un peu dans le même style c'est quand on se fait appeler pour être sur l'équipage des gros bateaux on navigue avec des légendes de la voile et en fait on nous a appelé pour venir naviguer avec eux et là personne n'en parle jamais mais c'est pour juste avoir cette recognition de de de nos de nos pères c'est pour moi c'est en gros c'est ce qu'on a envie

SPEAKER_00

et là tu fais référence à alors j'ai plus la date mais t'as été appelé par Desjoyeux c'est ça il me semble

SPEAKER_02

il avait ces moments là où Desjoyeux m'a appelé et je lui ai dit mais attends c'est une blague c'est pas vrai Michel Desjoyeux qui m'a appelé pour faire un tour de monde avec lui euh Après, ça s'est très mal passé. Après, mais ce n'est pas grave. Il y a quand même des joueurs qui m'ont appelé pour aller faire un tour de mon Nike. Ce n'est pas normal. Je suis Sam, l'anglais qui vient de nos Antilles. Il y a des joueurs qui m'ont appelé pour faire un tour de mon

SPEAKER_00

Nike. Ça, c'était sur la Volvo Ocean Race, c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Exactement, en 2014.

SPEAKER_01

et il y en

SPEAKER_02

a d'autres un peu pareil c'est 2018 sur la route de Rome justement où je dématais donc le départ c'est en novembre je suis en je pense c'était en juillet et là il y a quelqu'un qui m'appelle en disant Sam tu veux toujours faire la route de Rome je dis oui tu as toujours un bateau et je dis oui mais c'est un peu chaud et j'ai rien de tout je vais peut-être arrêter il dit tu cherches toujours un sponsor je dis oui il dit ok en fait moi je viens de Netflix on veut faire un bateau Narcos Mexico pour faire la route de Rome en 2018 est-ce que ça t'intéresse

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

là je tourne ma tête mais c'est quel copain qui fait un blague un blague à la con et puis heureusement c'était pas le cas et en fait ça s'est fait assez lunaire comme expérience mais voilà c'est encore un de ces appels et on

SPEAKER_00

n'y croit pas tu me fais une super transition sur un aspect que je trouve très intéressant finalement en particulier de la course au large c'est que plus je discute avec des invités je t'ai parlé de Sacha avant mais il y en a eu d'autres qui n'ont pas forcément donné lieu à des épisodes mais avec des gens en tout cas qui sont dans cet univers plus j'ai l'impression je ne sais pas en fait si je m'adresse à des sportifs qui font de la voile ou à des entrepreneurs qui doivent trouver de l'argent et qui consacrent une petite partie de leur temps finalement à naviguer parce que quand j'entends tu vois les budgets stratosphériques qu'il faut trouver pour alors une mini transat j'imagine que ce n'est pas du tout pareil qu'une route du Rhum ou une transat Jacques Vague mais c'est quand même des sommes qui sont astronomiques donc je voudrais un peu savoir comment est-ce que toi alors là tu viens d'évoquer l'exemple de Netflix où ça t'est plutôt tombé dessus évidemment pour plein de bonnes raisons parce qu'ils t'ont appelé c'est pour les bonnes raisons tu le méritais mais de manière générale combien de temps est-ce que ça représente pour toi sur une année cette recherche de financement et à quel point est-ce que tu dirais que c'est finalement en fait il faut avoir des compétences de marin mais aussi des compétences de businessman

SPEAKER_02

c'est sûr que c'est assez entrepreneurial de trouver le financement et puis monter un projet qui peut être gérer un budget, gérer une équipe technique, gérer des prestataires, gérer pas mal de choses. Et puis, à un moment donné, on arrive à aller naviguer. Les commandes, les plannings, il y a quand même pas mal de choses qui entrent là-dedans. Et si c'est un mini-transat, on est entre guillemets un peu tout seul avec l'aide de quelques copains. Aujourd'hui, je suis dans un projet où on est, je ne sais pas, ce n'est pas mon projet, ce n'est pas moi qui gère, mais en tout cas, j'y fais partie. On est deux bateaux avec 30 personnes à plein temps, avec un moment de chantier d'hiver comme maintenant on est autour de 5 prestataires donc on est plus de 30 personnes dans l'équipe et ça en gros c'est porté par tout mon rayon qui est quelqu'un qui a fait le mini-transat il y a quelques années aussi donc voilà c'est sûr que assez vite ça devient assez entrepreneurial et il y a des années où entre guillemets on ne fait que chercher des fonds et on navigue pas heureusement ça n'arrive pas beaucoup il y a d'autres années où on navigue pas mal plus et on a la chance d'être financé. Après, c'est sûr que c'est des gens qui nous financent, des sponsors. Comme tu dis, les sommes, elles sont non négligeables, elles sont assez importantes. Il faut qu'ils se retrouvent parce que sinon, ça n'a pas de sens. On ne cherche pas des gens gentils qui veulent nous payer à aller naviguer. Donc, il faut qu'il y ait un retour pour ses partenaires aussi qui dépendent des partenaires, ça dépend de ce qu'ils cherchent, ce qu'ils veulent, s'ils cherchent à améliorer leur image, s'ils cherchent à trouver plus de clients parce qu'ils sont plutôt de B2B ou B2C ils cherchent plutôt à être connus par le grand public ça dépend vraiment de qui sait ce qu'il veut donc et chaque sponsor c'est différent donc voilà c'est sûr qu'il y a quand même une bonne partie entre guillemets commerciale dans les projets voiles ou pour financer nos projets il faut avoir des partenaires qui si on veut qu'ils restent il y a certains sponsors qui sont restés dans la voile pendant 20 ans 30 ans c'est parce qu'ils voient la raison d'y

SPEAKER_01

rester

SPEAKER_00

je trouve que c'est intéressant d'échanger sur cette partie parce que c'est un peu peut-être la face immergée de l'iceberg tu vois où on voit la course au large enfin le globalement la voile de manière générale comme c'est super c'est l'aventure c'est finalement c'est se retrouver soi-même c'est dépasser ses propres limites mais il y a quand même des enjeux j'imagine que quand tu signes avec alors à l'époque il faudra peut-être que tu m'expliques d'ailleurs comment c'est organisé aujourd'hui mais j'ai Layton en tête ton ancien sponsor Netflix j'imagine que voilà comme tu dis quand il y a ces boîtes là qui décident de t'accompagner financièrement il y a forcément comme tu l'as expliqué un retour sur investissement qui attend Et toi, à titre perso, est-ce que c'est générateur, du coup, d'une pression supplémentaire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Par exemple, la route du Rhum, tu vois, ou 2018, où, boum, Netflix arrive un peu au dernier moment, et où, finalement, il y a un dématage, quoi, quelques jours après le départ, c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, exactement, trois jours après.

SPEAKER_00

Trois jours après. Est-ce que, enfin, voilà, à quel point est-ce que ça devient, entre guillemets, un souci, enfin, un souci, un challenge, une compléquité supplémentaire à gérer cette relation avec le monde

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

avec

SPEAKER_02

les sponsors

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est sûr que c'est la partie qui m'angoisse, qui me stresse, qui m'inquiète le plus. C'est cette partie recherche de sponsors. Il y a deux ou trois moments que je me souviens, il y en avait un qui est assez drôle, c'est Safran. qui avait un projet Vendée Globe. Ils avaient fait un appel d'offres pour les skippers et ils avaient choisi cinq skippers potentiels. Et donc, ces cinq skippers-là devaient aller à Paris pour rencontrer le chef, le patron de Safran et discuter de comment ils visionnaient un projet voile ensemble. Et donc, je ne sais plus quelle année, c'était 2016 peut-être. Bref, je me suis trouvé à Paris, en Costa, où je suis vraiment pas à l'aise, dans une salle avec les directions de Safran, donc il y a une énorme boîte. J'essayais de vendre un projet voile en français en plus. Je n'étais vraiment pas à l'aise en français. Je ne savais pas que vous le voyiez. J'ai parlé en tétois. C'était compliqué. et en fait je me suis rendu compte à ce moment là que j'ai droit d'erreur énormément parce que j'arrivais dans une salle de réunion en cravate à foutoir toute la direction des enfants parce que je savais pas faire autrement et en fait ils ont énormément apprécié le fait que j'ai fait un effort de parler en français mais ouais ça c'était un bel souvenir mais c'est sûr que cet entretien avec le sponsor c'est garder le lien avec eux et faire en sorte qu'eux ils se retrouvent dans le projet c'est la partie qui est le plus sensible j'essaie de mettre le plus d'énergie pour faire en sorte qu'on se trouve dans des partenariats où tout le

SPEAKER_00

monde a envie d'être là est-ce qu'au stade où tu en es maintenant ce travail là il est plus facile dans le sens où dans l'univers de la voile t'as quand même acquis une très grosse notoriété assez rapidement donc est-ce que maintenant finalement c'est un peu plus confortable dans le sens où les entreprises viennent vers toi plus fréquemment ou est-ce que ça reste même au plus haut niveau un vrai enjeu d'arriver à trouver des partenaires régulièrement à chaque fois pour repartir sur une nouvelle course

SPEAKER_02

en fait j'ai énormément de chance aujourd'hui c'est que j'ai travaillé avec Leighton depuis 5 ans et là on s'est trouvé dans un projet où on a monté ensemble avec un autre sponsor qui s'appelle Advance qui sont nos sponsors principaux du projet donc on est deux sponsors dans le projet donc Et donc, j'ai énormément de chance d'être suivi par ces deux partenaires financiers-là qui m'apportent énormément. Après, je ne me dis pas que si jamais ça s'arrête pour une raison ou une autre avec Advents et Layton, que je vais retrouver quelqu'un d'autre facilement parce que maintenant, je suis connu. Ce n'est pas ma manière de voir les choses. Je ne me dis pas que ce soit facile. Je ne pense pas que ce soit facile. J'ai envie et j'essaie de passer mon temps à être sûr que Advents et Layton se retrouvent dans le projet pour faire en sorte que ça fonctionne bien. Après, je ne me dis pas du tout que ça soit facile à trouver d'autres. Je ne sais pas. J'ai la chance aujourd'hui d'avoir ces deux partenaires-là. On a un bel projet. On a fait de belles choses. L'idée, c'est d'en profiter tant qu'on peut et de faire en sorte que ça dure le plus longtemps possible.

SPEAKER_00

Et donc, Layton et Advanced, c'est ces deux sponsors-là réunis qui font les bateaux for the planet, c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Exactement. Donc, Thomas Rayon a fait le Vendée Globe en 2019, en 2020, pardon, avec un bateau de 2019. Et son sponsor principal pour tout ce projet-là, c'était Advance. Et moi, depuis 2019, j'ai travaillé avec Leighton, où on a fait des classes 40, donc c'est les 40 pieds, pardon, et puis les 50 pieds Multicoque, et puis maintenant l'Imoca. Et donc, en 2023, on a monté un projet où il y a Advance qui ont les deux bateaux, ils ont construit un nouvel bateau pour à l'Orient et donc ils ont cherché un skipper pour l'ancien et donc moi ils savaient que j'avais envie d'être là Leighton avait envie de me suivre dans ce projet là donc ils m'ont trouvé un arrangement avec Advanced avec ses deux bateaux et son l'écosystème ils ont construit un nouvel bâtiment pour gérer l'équipe à l'Orient et ils avaient une bonne partie de l'équipe déjà en place donc on a monté une autre partie de l'équipe pour un deuxième bateau et je suis venu avec Leighton je

SPEAKER_00

sais

SPEAKER_02

pas si je te perds non non c'est clair donc voilà ok Donc, on a un projet aujourd'hui qui est Advanced Layton, géré par l'entreprise de Thomas Rayon qui s'appelle TAR. Et on a deux bateaux qui s'appellent For People et For The Planet. Donc, moi, je suis skipper de For The Planet qui est un bateau de 2019 qui a fait le dernier Vendée Globe avec Thomas Rayon. Et Thomas, donc le bateau For People, c'est un bateau 2023 où il attaque son troisième Vendée

SPEAKER_00

Globe en fin d'année. OK. Écoute, merci en tout cas de nous avoir éclairé sur la partie sponsoring. C'est un peu plus clair pour moi. Donc, je pense que ça sera aussi pour... l'audience, si on revient peut-être sur la partie course au large moi je serais curieux de savoir alors je discute souvent avec mes invités qui viennent de l'univers de l'aventure, l'aventure avec un grand A, que ce soit partir faire de longs voyages, faire des traversées de pays à pied ou à vélo, on parle souvent de, un peu des grandes phases des projets et c'est un peu ce qu'on a fait avec toi, là finalement on a parlé de la phase plutôt de préparation, la recherche de sponsors on a un petit peu évoqué la phase on va dire d'exécution mais on n'a pas encore parlé de la phase après quand tu reviens à terre donc je serais curieux de savoir quand toi comment est-ce que tu vis ça quand tu pars sur de longues courses que tu es tout seul que globalement tu ne vois pas grand monde que tu as peut-être quelques échanges par téléphone satellite avec peut-être avec ta famille avec des médias et autres mais que globalement tu es solo dans ta coque comment ça se passe une fois que tu reviens à terre et qu'il n'y a plus toutes ces émotions intenses, qu'il n'y a plus cet isolement et que tu n'es plus en mode extra-vigilance à pouvoir compter que sur toi-même pour globalement rester en vie

SPEAKER_02

maintenant j'ai une petite fille qui a 18 mois donc ça change quand même un petit coup la donne quand on revient à la maison de voir comment elle a changé et vouloir en profiter un peu de passer le temps avec la famille ça c'est sûr que ça changeait petit peu. Et sinon, les années sont quand même assez chargées. Là, si on prend l'année 2024, là, on est en janvier, on est en chantier. Donc, les bateaux sont en chantier. On passe pas mal de temps à regarder l'année, vérifier qu'on est tous calés sur le même timing, le même planning, les mises à l'eau, les regattes, etc. On parle avec l'équipe technique pour être sûr qu'eux, ils travaillent sur le sujet qui nous intéresse et qu'on utilise nos ressources humains et temps au maximum et puis on essaie de reposer un peu et puis une fois qu'on est en mode regatta c'est parti donc ce que je veux dire c'est qu'en fait il y a très peu de moments au calme entre j'imagine c'est Pareil avec beaucoup de tes invités, des aventuriers, c'est que si on n'est pas en aventure, on est en train d'organiser ou planer un autre. Je pense qu'il nous pousse des gens comme nous, même toi aussi, c'est de se préparer au mieux pour que quand on se trouve dans une aventure, on est le plus préparé possible.

SPEAKER_00

Justement, c'est quoi les grandes phases de préparation d'un Vendée Globe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Le Vendée Globe, on n'en a pas encore parlé. Tu l'as évoqué, c'est dans... Dans moins d'un an, ça y est, c'est quoi les grandes étapes, en tout cas les gros focus que tu as pour cette préparation

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il y a une énorme partie qui est technique. Ce sont des bateaux qui sont quand même assez complexes, assez techniques, très prototypes. Ce n'est pas un bateau qu'on achète sur un boat show ou sur un salon nautique et puis c'est parti, on part sur le Vendée Globe. Ce sont des bateaux qui sont quasiment faits sur mesure et il y a des systèmes à bord. Il y a beaucoup de techniques. C'est apprendre comment se servir des systèmes, comment les réparer si jamais ça casse. On a une équipe technique qui est assez importante derrière qui sont là pour nous assister. Mais en fait, le plus qu'on les connaît, il y a moins de chances qu'on va les casser. La plupart du temps, il y a un problème, c'est normal, parce qu'on a fait quelque chose de pas bien. Et puis, pouvoir réparer, il y a une énorme partie qui est connaissance des systèmes. Il y a toute la partie perf, c'est-à-dire des voiles, choisir des voiles, faire les choix de tous ces projets je pense si on était 50 avec un budget deux fois plus grand on ne va pas avoir assez de temps et pas avoir assez de l'argent non plus on est toujours en train d'optimiser les ressources qu'on a à disposition donc c'est toujours en train de dire ok là est-ce que c'est mieux d'acheter une voile neuve ou d'investir dans un spécialiste de sommeil par exemple ou quelque chose comme ça c'est toujours en train d'arbitrer où est-ce qu'il faut mettre mon temps, mon énergie, mes moyens pour avancer le plus pour avoir la meilleure chance pour un finir et deux faire un perf donc c'est vraiment c'est hyper polyvalent comme on a déjà parlé un peu côté sponsor mais même juste côté technique il y a des systèmes électroniques à bord des systèmes hydrauliques des systèmes de pilote automatique où il faut les régler sur sur tous les réglages de comment ils passent les vagues comment ils accélèrent décélèrent il y a tous les sujets voiles où on a huit voiles à bord hum donc il faut décider quel voile en prendre est-ce qu'il faut prendre deux qui sont presque pareils pour pouvoir avoir un spare si jamais on casse un est-ce qu'il faut prendre deux pour qu'on est plus optimisé mais si jamais on perd un on a un vrai trou et puis c'est sans fin mais c'est ça qui est passionnant en fait voilà j'ai un peu perdu la question

SPEAKER_00

mais c'était ça les grandes phases de la préparation d'une course comme le Vendée Globe donc tu disais la partie technique en fait euh et puis voilà un peu les extras type préparation enfin gestion du sommeil et autres mais alors sur les bateaux donc technique c'est à dire et tu me dis si je me trompe mais moi ce que j'ai compris c'est que les donc les IMOCA ces bateaux il n'y a que des IMOCA sur le Vendée Globe donc c'est des bateaux ce que tu disais qui ne sont pas des bateaux de série c'est globalement des prototypes faits sur mesure pour chaque course quand tu dis que techniquement c'est pointu c'est quoi c'est le l'architecture du bateau qui est très spécifique donc il faut que toi tu le maîtrises parfaitement ou est-ce que c'est aussi des systèmes embarqués qui sont très très très pointus technologiquement où là il y a de l'électronique hydraulique etc ce que tu évoquais et donc il faut être en mesure de tout connaître là aussi très très

SPEAKER_02

bien c'est surtout les systèmes de bateau entre guillemets l'architecture de bateau la forme et on peut changer certains éléments mais c'est des gros travaux qui prend beaucoup de temps on est assez figé avec ce qu'on a mais par contre le système à bord c'est là où il y a plus de chances d'avoir des problèmes. Il y a quelqu'un sur le dernier Vendée Globe qui a abandonné parce qu'il n'avait plus d'ordinateur de bord, donc il n'avait plus de GPS, il ne savait pas où il était. Un autre qui a fait un tournement sans système satellite parce que ça a planté et il n'a pas réussi à parler avec la Terre efficacement pour regarder la météo. Il y a un autre qui est dans les cas cassés, donc il ne pouvait plus basculer sa quille, donc c'est surtout les systèmes de bord. Après, dans l'arc chaque bateau il y a la structure parfois on a des soucis structurels donc on prend des choses pour pouvoir être pareil des soucis structurels mineurs pas des grosses mais certains donc oui c'est surtout les systèmes de bord qui font en sorte que c'est un sport qui est très technique

SPEAKER_00

et donc le Vendée Globe on est d'accord que c'est donc sans assistance sans escale par contre tu peux communiquer c'est pas comme tu peux avoir toi des échanges avec la terre ferme pas comme la mini transat où il n'y a pas du tout de communication

SPEAKER_02

exactement donc nous on peut parler avec l'équipe technique qui peut nous conseiller et c'est en fait c'est un peu une discussion dans la classe aujourd'hui c'est exactement où est la ligne de assistance non assistance mais en tout cas on ne peut pas avoir l'assistance avec le structure et la perf et on peut pas on peut s'arrêter mais on peut pas on peut pas aller à terre et on peut pas avoir quelqu'un monter sur le bateau et on peut pas récupérer quelque chose de quelqu'un

SPEAKER_00

d'accord donc tu peux t'arrêter pour réparer pour être en gros à l'abri dans un port mais personne doit t'aider

SPEAKER_02

bah même pas dans un port on peut on peut mettre on peut se mettre au mouillage mais on peut pas aller dans

SPEAKER_00

un port ah tu peux pas aller dans un port d'accord

SPEAKER_02

ok et je pense qu'il y a quelqu'un qui avait qui s'est arrêté au Kerguelen et il y a quelqu'un qui a monté sur son bateau juste pour l'aider avec un amas et en fait il était désqualifié waouh donc c'est vraiment l'idée c'est que t'es tout seul et tu te débrouilles tout seul et ok si tu veux te mettre à l'abri d'une cape ou dans un bay pour avoir la mer plate et une mission camp pour réparer tu peux mais c'est pas pour avoir l'aide extérieure ou

SPEAKER_01

avoir

SPEAKER_02

la matière

SPEAKER_00

extérieure on se rapproche doucement de la fin Sam tu évoquais tout à l'heure le fait que tu es maintenant papa donc c'est sûr que ça change peut-être en tout cas la façon dont les retours sur la terre ferme se font comment est-ce que d'un point de vue vie de famille est-ce que le projet Vendée Globe du coup comment est-ce que t'arrives à marier les deux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

parce que je suppose que c'est extrêmement prenant. Tu vises d'ailleurs, c'est officiel, le temps que tu vises ou pas vraiment sur le Vendée

SPEAKER_02

Globe

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le temps que je vise, c'est un peu plus vite que tous les autres. Le temps que ça cesse, ça dépend beaucoup de la météo. Le record, c'est 75 jours. C'est-à-dire, la dernière édition, il y a 4 ans, ils n'ont pas battu le record, même avec des bateaux qui vont plus vite, parce que les conditions météo étaient moins... idéal mais on parle de 2 mois et demi à peu près 2 mois et demi 3 mois

SPEAKER_00

et ça du coup d'un point de vue familial comment tu vas l'aborder

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ça va être la première fois que tu pars aussi longtemps depuis que t'es

SPEAKER_02

papa

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

non j'ai parti faire un tour de monde l'hiver dernier en escale donc on pouvait s'appeler on pouvait parler un peu plus mais c'est quand même ma fille avait pas mal changé entre le moment que je suis parti et le moment que je suis revenu donc c'est pas tout à fait la première fois mais c'est sûr que c'est pas ça fait pas que c'est plus simple mais c'est sûr que j'ai une femme qui est très patient qui aide euh Et c'est aussi, comme on en a parlé depuis le début, c'est l'histoire de ma vie. Ce n'est pas juste un one-off que j'ai fait parce que j'ai envie. c'est tout ce que j'ai voulu faire de toute ma vie donc c'est pas nouveau c'est pas une surprise c'était entre guillemets un peu prévu que j'avais envie de faire ça donc c'est sûr que ça aide de comprendre et c'est sûr que pour Julie qui reste à la maison à gérer gérer les enfants et gérer la maison c'est presque plus dur pour elle c'est même plus dur pour elle que pour

SPEAKER_01

moi

SPEAKER_02

pas de la même manière mais essayer de gérer tout ça tout seul c'est pas évident mais j'ai la chance dans le fait que c'est parti du grand train entre guillemets ouais

SPEAKER_00

Excellent. Peut-être pour conclure, de quoi est-ce que tu as particulièrement hâte avec ce Vendée Globe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il y a un moment en particulier que tu attends avec

SPEAKER_02

impatience

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

D'être parti. Je ne sais pas si c'est le même avec les autres aventures, mais en tout cas, nous, c'est le plus proche qu'on est de départ, le plus que c'est stressant. Et puis, une fois qu'on est parti, c'est parti. Ce n'est plus le moment de stresser parce que c'est trop tard. Le moment quand on passe l'île de départ et on dit on y est c'est sûr que c'est le moment peut-être le Vendée Globe ça sent différent mais en tout cas jusqu'au là c'est le moment où on est vraiment dans notre Vendée Globe on est dans notre brigade et on a plus le temps de stresser de ce qui peut se passer mal ou pas mal

SPEAKER_00

Fabuleux. Écoute Sam, un immense merci. C'était absolument génial de t'avoir sur le podcast. Tu nous dévoiles un petit peu ton parcours, quelques anecdotes marquantes. Je suis quand même vraiment très impressionné par les 45 minutes, les 40 minutes dans l'eau avec ton coéquipier qui a réussi à te récupérer, Conrad, entre autres. Mais voilà, super parcours, super échange. Est-ce que toi, il y aurait éventuellement un message que tu voudrais faire passer à toutes celles et ceux qui peuvent avoir peut-être comme toi il y a une quinzaine d'années des projets un peu fous où leur entourage leur dit ouais bon quand même Vendée Globe ouais t'es sûr c'est un peu gros qu'est-ce que toi t'aurais envie de dire peut-être à ces personnes-là en particulier

SPEAKER_02

ben ça va sûrement pas être simple mais lâche pas parce que si t'as envie t'y arrives si moi je suis arrivé à faire de Vendée Globe après 20 ans ça veut dire que tu peux arriver et tout le monde est capable donc voilà c'est attends pas que ça soit facile mais je pense aussi l'autre chose qui m'a énormément montré c'est que si toi tu montres que tu as envie d'être des gens te suivent, des gens t'aident et ils n'attendent pas que quelqu'un le fasse pour toi

SPEAKER_00

Excellent. Génial. Un grand merci, Sam. Je te souhaite une excellente fin de préparation pour ton Vendée Globe. Le départ, je rappelle, 10 novembre 2024. Au moment où on enregistre, dans 10 mois. Un peu moins de 10 mois même. Si les gens veulent te suivre d'ici là, le mieux, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est Instagram

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est un site Internet

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

nous on est plutôt réseaux sociaux donc Instagram pour les contenus un peu plus soft on va dire et puis on essaye d'aller monter LinkedIn aussi pour être un peu plus sérieux ok génial mais voilà merci à toi Loïc c'était un plaisir d'échanger

SPEAKER_00

et puis bah écoute on se donne rendez-vous une fois que t'as franchi la ligne d'arrivée en 77 jours un jour plus rapide que François Gabart exactement ça m'attrape on fait ça

SPEAKER_02

merci beaucoup Sam super merci Loïc

UNKNOWN

Merci à tous.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté cet échange avec Sam jusqu'au bout. Pensez à partager l'épisode autour de vous. Si vous appréciez Les Frappés et que vous souhaitez soutenir le podcast, il y a plein de manières de le faire. Abonnez-vous, laissez une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute, celle que vous utilisez actuellement. C'est une première méthode très efficace. Vous pouvez également rejoindre le groupe des Tipeurs. Ce sont des auditrices et auditeurs qui décident de soutenir financièrement le podcast à partir de 1€par mois. Le lien est en description de l'épisode. C'est sur le site tipeee.com. Là, vous cherchez Et vous pouvez enfin tout simplement parler à fond autour de vous du podcast pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Un grand merci pour votre fidélité et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.