Jonathan Je me suis mis le duvet dessus, j'ai même pas mis de tente ni rien, j'étais vraiment claqué. Et là, ça a été dur. À ce moment-là, j'ai dû commencer à chercher profondément en moi les ressources pour continuer. Parce que je me dis, en fait, là maintenant, il n'y a plus de plaisir. Pourquoi je m'ai fait ça ? Le but, c'était d'avoir du plaisir et de profiter du voyage. Et là, je suis juste dans la souffrance. Et c'est très difficile. J'ai commencé à douter, à savoir si j'étais capable de finir ou pas.
Loïc Salut, c'est Loïc. Bienvenue sur Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Chaque semaine, je vous fais découvrir des invités extraordinaires. Des femmes et des hommes qui ont osé se lancer
Jonathan et qui se sont donné les moyens d'atteindre leurs objectifs les plus fous. À travers leurs actes, ils nous montrent, par l'exemple,
Loïc que tout est possible et qu'on a tous un potentiel exceptionnel, en réalité, un frappé qui sommeille en nous.
Jonathan Eux se sont autorisés à le libérer. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer. Vous pouvez soutenir le podcast en devenant contributeur sur Patreon, le lien est en description, ce qui vous permettra d'écouter les épisodes en avant-première, de rejoindre les visios mensuels des Frappés ou encore d'accéder à du contenu exclusif. Comment est-ce qu'on en arrive à devenir aventurier professionnel ?
Loïc C'est ce que j'ai voulu comprendre en échangeant avec Jonathan Labar, mon invité de la semaine, un Français récemment installé en Norvège.
Jonathan Bien décidé à faire de l'aventure son métier, il se crée depuis quelques années des expériences outdoor qui le poussent hors de sa zone de confort. De son trip à vélo, qui l'a amené après 7200 km au cœur de l'hiver arctique jusqu'à Tromsø, à sa traversée récente du plateau polaire du Finnmark Svida, où il a affronté des températures frelant les moins 40 degrés, Jonathan nous partage ses souvenirs les plus marquants. Comment a-t-il fait pour avancer pendant des heures alors qu'il ne sentait plus ses pieds ou lorsque la motivation ne suffisait plus pour endurer des journées passées dehors dans le grand froid ? C'est ce que vous allez découvrir dans cet épisode. Excellente écoute à vous Les Frappés. Bienvenue sur le podcast des Frappés en direct de la Norvège. Exactement. Ça va être chouette, on va parler aventure, on va parler changement de vie, reconversion. Enfin, je ne sais pas si on considère ça. En tout cas, changement de vie, c'est clair. Et puis, très certainement de plein d'autres choses. Mais peut-être la première question, c'est ça, c'est comment est-ce que tu t'es retrouvé dans les grandes lignes en Norvège, dans le petit coin paumé en face de l'île de... C'est Vega, Vega ? Vega. Vega. C'est une grosse coïncidence. Donc, je suis parti traverser l'Europe à vélo en 2021. Et puis, j'ai fini durant l'hiver et la nuit polaire en Norvège. Et sur la route, j'ai rencontré Kari. Et puis, on est à garder contact, mais en mode, on ne va pas avoir possibilité de se revoir ou quoi. Et du coup, j'ai été jusqu'à Tromseux, mon point final. Et sur Tromseux, de fil en aiguille, sur la route, j'avais rencontré quelqu'un qui m'avait donné le contact de quelqu'un qui potentiellement pourrait chercher un employé. Fin des choses, je contacte cette personne. Cette personne était sur l'île de Vega. Et puis, il me dit, écoute, je te propose le job. Et du coup, on l'a foulé. Je rappelle Kari. Je lui ai fait, écoute, j'ai trouvé un job là où tu habites. Donc, en fait, je reviens. Et du coup, on est ensemble depuis ce moment-là. Excellent. C'est le hasard. Parce que le fait que je rencontre quelqu'un qui connaisse quelqu'un qui était là où est Kari, que j'ai le job. Enfin, toutes ces choses-là, c'était juste incroyable. Et puis, je me souviens de cette dame. C'était une Polonaise que j'ai rencontrée. Il faisait nuit. Il était minuit. Je n'arrivais pas à trouver un petit endroit pour dormir. J'étais perdu en vélo au milieu de nulle part. Une fille qui passe à pied, qui rentre chez elle, qui s'arrête pour me parler, qui me donne le contact de ce gars avec qui j'ai le goût. Enfin, la coïncidence incroyable. L'alignement de pas mal de choses en simultané. Exactement. Du coup, toi, avant de te retrouver dans cette aventure à vélo, ça a été quoi ton parcours ? Tu m'as dit que tu as été sapeur-pompier, que tu as préparé ensuite le probatoire de guide de haute montagne. Enfin, j'ai l'impression qu'il y a eu plein de vies avant ta vie actuelle. Donc, si on fait une espèce de chronologie, tu as grandi où ? Dans quel contexte ? Qu'est-ce que tu avais envie de faire ? Oh là, l'histoire va être longue. Mais c'est ça qui rend la vie riche aussi, c'est tous ces rebondissements. Mais moi, je suis en Charente-Maritime. Après, mes parents ont déménagé dans les Pyrénées. Je devais avoir 4-5 ans. Donc, j'ai grandi, j'ai fait toute ma vie dans les Pyrénées. J'ai fait des études. J'ai fait un bac économique et social. Après ça, j'étais parti sur un BEP, bac pro et BTS en génie électrique. Parce qu'il fallait faire des études, entre guillemets. Donc, du coup, j'ai choisi un peu là où j'ai vu de la lumière. Puis après, je suis parti un an à l'armée. Ça ne m'a pas tellement plu, mais je suis content. C'était une bonne expérience. Suite de ça...
Loïc Tu étais où dans l'armée ?
Jonathan Au premier RHP. À Tarbes, du coup.
Loïc Ok, ok. RHP, c'est Régiment d'Hélicoptère de Pau, c'est ça ?
Jonathan Non, Hussard parachutiste. Ah, rien à voir. On n'était pas loin. On est à Deux-Arbes, on a 30-35 minutes de peau. Ok, ok, ok. Et Hussard parachutiste, c'est quoi ? C'est Parra, en fait, dans les grandes lignes ? Ouais, c'est Parra, ouais, ouais. Ok. Ah, excellent. Je ne savais pas que tu avais fait ça. Bon, j'étais jeune. J'avais 18-19 ans. Et puis après ça, je suis rentré chez Sapeur Pompier en tant que volontaire. Puis j'ai travaillé chez Decathlon. J'ai évolué chez Decathlon en tant que manager. Je suis parti en Suisse. Et après, j'ai trouvé un boulot en Suisse en tant que formateur incendie et secourisme. Alors, le système en Suisse est un peu différent de la France avec tout ce qui est système paramédic et pompier. Parce qu'il y a des systèmes privés. Donc, du coup, je faisais aussi bien de la formation pour pompier que pour entreprise, que pour différents domaines. Et puis, j'avais un super boulot, un super poste. Et je me suis dit, mais tout ce que je fais, c'est bien, mais je ne me retrouve pas dedans. Ça n'a pas de sens. Et j'étais vraiment passionné de montagne. Je me suis dit, allez, je vais me mettre à me préparer la liste pour présenter le probatoire. Donc, je n'ai pas présenté la liste ni le probatoire, mais je m'entraînais en montagne. Pendant un an, j'étais tous les jours en montagne pour pouvoir acquérir le niveau pour faire la liste. Parce que le guide de montagne, ça reste un niveau incroyable. Enfin, il faut vraiment un niveau élite. Et du coup, je m'entraînais en vue de potentiellement un jour peut-être arriver à avoir ce niveau pour faire la liste. Petite question pour rebondir sur ce que tu disais par rapport à ton poste en Suisse. Le manque de sens à un moment donné, la prise de conscience que tu ne trouvais pas forcément le sens que tu cherchais. C'est quoi qui te manquait, tu penses ? Parce que, tu vois, d'un oeil extérieur, formateur incendie, secourisme, etc. On pourrait se dire, il y a une utilité, on est au service de l'autre, on aide autrui, etc. Mais tu arriverais à dire ce qui te manquait à l'époque ? Il y a plusieurs choses, mais ce côté nature, je pense que c'est quelque chose qui me manquait, de me retrouver là-dedans. Et puis, d'être dans ce monde un peu métro-boulot-dodo. Et je ne m'y retrouvais plus à me dire, en fait, la vie, elle est courte, elle est belle. Et puis, avec les pompiers, tu vois énormément de choses et pas que des belles choses. Et ça, il faut aussi réfléchir à dire, en fait, tu peux partir du jour au lendemain alors que tu es en bonne santé parce que c'était un accident. Puis, tu vois les personnes âgées qui ne sont pas en super bonnes conditions. Et puis, tu te dis, je n'ai pas envie de finir comme ça. Et puis, la vie, en fait, c'est maintenant parce que c'est pas ce que ça peut être demain. Et en fait, c'est vraiment ce côté pompier qui m'a fait me dire, en fait, il faut vraiment que je profite de la vie maintenant parce que c'est maintenant ou jamais. Et du coup, c'était pour ça, ce sens. Je faisais quelque chose, oui, comme tu dis, c'est chouette. Mais moi, dedans, je ne m'y retrouvais plus personnellement. Et du coup, je me suis dit, non, il faut que je fasse autre chose. Et c'est vrai que j'ai ce côté outdoor et puis je me suis dit, en fait, pourquoi pas faire un truc pour moi, pas être employé et puis passer aventuré. Génial, génial. Et tu dirais que tu trouves quoi, justement, dans ta pratique de l'outdoor qui fait que visiblement, ce sens, ça y est, tu touches le doigt. En tout cas, il est bien plus présent qu'avant. Oui, il est plus présent. On travaille pour mettre encore plus de sens. Mais c'est un projet qui est personnel. Du coup, tu le fais pour toi. En soi, tu n'as pas de condamnement directement à un employeur. Tu travailles, tu as cette liberté. C'est vraiment une notion super importante pour moi, la liberté. Et du coup, je retrouve ce sens là-dedans. Je le fais pour moi. Du coup, j'y mets le sens que je veux. Et après, il y a tout ce côté, en tant qu'aventuré, tu restes un acteur de l'outdoor. Et du coup, dedans, il faut passer un message. Et ce message, il est multiple. Du coup, il y a ce message de, en fait, tout le monde peut réaliser ses rêves. Tout le monde peut accéder à relever des challenges et accéder aux challenges qu'on veut se mettre sur la route. À montrer à quel point notre planète est belle pour donner envie de la découvrir encore plus. Parce qu'en la découvrant, on va vouloir la protéger encore plus. Et puis, donner ce message à tout le monde, en fait, que l'inspiration, on peut la trouver partout. Et en même temps, ça nous permet de faire voyager tout le monde à travers nos yeux. Est-ce que tu te rappelles du moment où, dans ta réflexion, tu vois, tu t'en arrives à dire, OK, c'est aventurier professionnel que je veux faire ? Est-ce que ça a été une évidence ? Ou est-ce que, finalement, c'est le résultat d'une longue réflexion, tu vois, d'introspection, etc. ? Ah, c'était un rêve, on va dire, ça reste quand même... J'ai toujours été un gamin qui aime passer du dehors, faire des activités, faire du sport. Et c'est vrai que je suis tombé, il y a quelques années, sur un bouquin de Mike Horn. Alors, je connaissais Mike Horn parce que, de nom, tout le monde savait que c'était un aventurier, etc. Mais je ne connaissais pas plus que ça, le personnage. Et j'ai ouvert son bouquin, le premier bouquin de lui que j'ai eu, c'était celui sur son aventure en Antarctique. Ah, yes. Et j'ai découvert le bouquin, je crois que je l'ai lu en 3-4 jours. Et j'ai fait, waouh, en fait, c'est ça que je veux faire. Et je me suis dit, bon, OK, pour faire ça, il faut monter en compétences petit à petit. Il faut apprendre, il faut se lancer des challenges. Et du coup, je me suis mis vraiment à la montagne, à faire un peu de trek, à me mettre à l'Alpi, à aller de plus en plus, à monter crescendo, à ne pas me dire, je vais traverser le pôle sud parce que je n'en étais pas capable, je n'en suis pas capable non plus aujourd'hui. Mais de monter crescendo, monter en compétences, prendre en savoir pour arriver à ça. Et donc, c'est à ce moment-là, tu évoquais un peu plus tôt ton trip à vélo. C'est à ce moment-là que tu as décidé de commencer à te créer des expériences comme celle-ci ? Ouais, ben du coup, pour moi, quand tu prépares le guide, tu restes un aventurier, c'est que tu travailles pour toi, tu es dans la haute d'or. Pour moi, ça reste sensiblement la même chose. Et j'ai eu quelques cartons, en fait, pendant que je m'entraînais en montagne sur la cascade de glace. J'en ai enchaîné quelques-uns, je suis content d'être toujours vivant aujourd'hui parce qu'il n'y a plus pas vraiment différemment. Je touche du bois, je suis vraiment chanceux. Et en fait, je suis arrivé à un tel point où j'ai failli passer plusieurs fois que je me disais, OK, mais là, maintenant, peut-être que la montagne est en train de me passer un message qu'il faut que je ralentisse parce que je prends trop de risques, que j'engage trop fort. Et j'avais besoin de retrouver quelque chose toujours dans l'outdoor, mais peut-être d'un peu plus calme. Et un jour, je mets Netflix par hasard parce que je ne regarde jamais la télé. Je tombe sur le reportage d'un mec, d'un Allemand qui part faire le tour du monde à vélo. Et je lui dis, bam, c'est ça que je veux faire, quoi. Et j'ai retrouvé ce challenge. Et je me suis dit, ça va être dans la continuité du guide pour moi parce que ça reste dans l'outdoor. Je vais monter en compétence parce que du coup, je vais vivre plusieurs mois dehors. Alors, je n'avais pas prévu de le finir durant l'hiver et la nuit polaire. C'est tombé parce que je suis parti en mode voyage. Donc, je n'avais pas vraiment prévu. J'avais mon but final. Mais au début, je me suis dit, plus ou moins, je vais en avoir pour 4000 bornes. En final, j'en ai fait 7200 parce que je me laissais guider un peu par rapport aux endroits que je voulais découvrir. Et du coup, j'ai continué à monter en compétence là-dessus. Et après, j'ai retrouvé un petit boulot en Norvège parce que financièrement, il fallait remplir les caisses. Mais je savais très bien que c'était un boulot alimentaire. Et j'avais toujours ce projet d'aventurier. Et puis, j'en ai parlé à Carrie parce que c'était vraiment ce que je voulais faire. Et elle m'a dit, ça, ça me fait rêver. Je veux le faire avec toi. Est-ce que tu es d'accord ? Donc, du coup, on l'a monté ensemble. Mais ouais, c'est toute une continuité de petites choses qui viennent se mettre petit à petit, bout à bout. Tu peux nous raconter l'histoire peut-être de l'un de ces accidents où tu t'es dit, c'est pas passé loin. Et qui ont fait qu'au final, tu as décidé de ralentir le rythme ? Ouais, en gros, si je fais un résumé, j'en ai eu quatre. En gros, je pars sur une cascade de glace. Je pars en rappel. Je fais une erreur, en fait. Je ne clipe pas le mousqueton parce que j'avais l'esprit vraiment ailleurs. En fait, je me suis pris une douzaine, 10, 12 mètres dans les dents parce qu'en fait, je n'ai pas clippé le mousqueton sur le rappel. Je me relève. Enfin, j'ai bien tapé le sol. Puis, je me relève indemne. Et puis, quelques temps après, je repars sur une cascade de glace. J'étais sur la deuxième longueur. Je commence à grimper un cigare. Et en fait, le cigare s'écroule. Alors, attends, un cigare, c'est quoi ? C'est un genre de méga stalactite, c'est ça ? Ouais, exactement. En fait, tu as la cascade de glace qui reste plaquée contre la paroi. Et puis, des fois, tu as un cigare, ce stalactite, en fait, qui s'écarte de la paroi. Et puis, qui ne touche pas forcément le sol, en fait. Qui n'a pas de connexion avec le sol. Donc, qui est suspendu dans l'air, quoi. Et puis, je monte dessus. Et en fait, ce qu'il tenait depuis le haut casse. Et puis, ce cigare s'écroule. Donc, je tombe avec. Et puis, je me relève. Et puis, je repars dans la foulée. Mon ami qui me dit, oh, John, ça va ? Ouais, ouais. J'étais tellement énervé après moi. Parce que j'ai cru que j'avais fait une erreur technique. J'avais pas vu que le cigare s'était écroulé. J'ai cru que j'étais tombé de moi-même. Et du coup, je suis reparti grimpé dans la foulée. Et puis, en fait, on s'est pris 120 mètres de montée. Dans une glace qui était horrible. On n'a pu poser aucun point de protection. Et ouais, moralement, c'était très dur. Et je me souviens, je dis à Ben, mon ami. Je lui dis, Ben, t'as pris le crochet pour refasser un rappel ? Il me dit, oh non, je ne l'ai pas pris. Oh là. Donc, en fait, la seule solution, c'était soit d'appeler le PG pour demander une évacuation. Soit d'accéder au sommet pour pouvoir sortir de la glace. Et je dis, bon, ben ok, on va sortir par le haut. Donc, moralement, ça a été très dur. On repart une semaine après, toujours avec mon ami Ben. Et puis, on part sur une cascade de glace. Première longueur, on ne met même pas la corde. On grimpe comme ça. Puis deuxième longueur, on met la corde. Quand tu dis une longueur, c'est, pardon, je te coupe, mais c'est combien de mètres ? C'est quoi ? Ça dépend de chaque cascade. Mais en gros, on va dire que c'est 25-30 mètres une longueur. Ça peut arriver à 40. Ça dépend, en fait. D'où, puisque la plupart des escalades, que ce soit dans les Alpes, en France, en Suisse, Italie, ça reste quand même quelque chose qui est pratiqué. Donc, tu as des relais qui sont en place. Souvent, tu sais où est-ce qu'il faut que tu fasses les pauses. Et donc, du coup, tu as différentes longueurs. Ça peut aller de longueur à 10 longueurs, à 20 longueurs. Puis les longueurs, en général, c'est une trentaine de mètres. Mais ça fluctue un peu d'une paroi à l'autre, quoi.
Loïc OK.
Jonathan Je ne savais pas qu'en cascade de glace, tu peux aller jusqu'à 20 longueurs aussi ? Alors, pas dans les Alpes, mais je pense au Canada, ouais, ouais. Ah ouais, vache. Donc, 600 mètres, un truc comme ça. Ouais, tu en as des cascades qui sont énormes. Tu as des cascades. Tu en as en Suisse, je crois qu'ils font 400 mètres. Ça reste des choses énormes, ouais. Punaise. Et donc, c'est comme... J'en profite, je te pose plein de questions parce que je n'ai jamais eu personne qui a fait... En tout cas, je n'ai jamais échangé sur le sujet avec des invités. Donc, cascades de glace, c'est, j'imagine, un peu comme l'escale. C'est-à-dire que tu grimpes... La différence, c'est que tu as piolé, casque, crampon, etc. Tu grimpes en étant sécurisé dans des... Qu'on appelle ça des pitons, c'est ça ? Non, non. Qui sont vissés dans la glace ? Ouais, c'est toi qui viens les poser, du coup, s'ils ne sont pas déjà en place. D'accord, OK. Et entre chaque mouton, il y a quoi ? Il y a 5 mètres, un truc comme ça ? Quelques mètres ? Ouais, la glace, tu ne peux pas protéger tant que ça parce que physiquement, c'est très demandant. Et puis, tu n'as pas assez d'équipement pour pouvoir protéger. En général, ouais, si tu arrives à mettre un point tous les 4-5 mètres, 4 mètres, c'est bien, quoi. OK. Wow, finesse. OK. Et donc, la première fois quand tu es tombé de 10-12 mètres, c'est que tu disais que tu n'avais pas mis le mousqueton ? En fait, j'ai fait un rappel depuis le relais. Et en fait, je n'ai pas clippé mon mousqueton, je l'ai mal clippé. Et j'ai commencé à descendre une première partie parce que je pense que c'était 20-25 mètres de haut. Et puis, les premiers 10 mètres se sont bien passés. En fait, au bout de 10 mètres, j'ai pris un peu trop de vitesse et ça a fait déclipper la corde du mousqueton. Et en fait, du coup, je n'étais plus connecté à la corde, donc je suis parti dans le vide. Wow. OK. Ça fait drôle. La descente dure peut-être, je ne sais pas, une seconde, une seconde et demie. Mais en fait, dans ta tête, tu as l'impression que ça dure 15 secondes parce que tu as vraiment le temps de comprendre tout ce qui t'arrive, quoi. Oh, punaise. Ça, c'est drôle. Ouais, avec du recul drôle. Mais sur l'instant, j'imagine que tu es un peu choqué quand tu arrives en bas, quoi. Ouais, et puis c'est surtout qu'au final, j'arrive sur une plateforme de glace. J'aurais pu partir encore plus bas. Et puis, j'arrive en atterrissant avec les crampons. J'ai la cheville qui tord, mais en fait, je me fais même pas mal, quoi. C'est ça qui était le plus incroyable. La deuxième fois, pareil, je ne me suis même pas fait mal. Je suis tombé dans un tas de neige. Et du coup, cette troisième fois, on passe sur la deuxième longueur et je vois que la glace est vraiment affreuse. Et techniquement, ce n'était pas une cascade très difficile. Et puis, j'ai Ben qui me dit, mais John, tu es trop lent, bouge-toi. Et je réponds un peu rudement, je lui fais, laisse-moi tranquille. Et en fait, j'étais tellement concentré parce que je voyais l'eau couler derrière la glace. Et du coup, je me dis, ok, mais la glace, en fait, elle fait peut-être 2-3 cm d'épaisseur. Donc, tout va s'écrouler, quoi. Et puis, pas possible de redescendre. Du coup, je continue de grimper. Et au bout d'un moment, je traverse. Et je n'arrivais pas à mettre de point. La glace n'était jamais assez profonde. Et puis, la pointe du crampon, elle doit faire autour de 3 cm. Et je me souviens qu'il y a un moment, je tape la glace. Et en fait, la roche derrière la glace m'arrête. Et là, je me dis, en fait, il y a 1 ou 2 cm de glace. Tout va s'écrouler. Je vais partir avec. Et puis, je vais me prendre 100 mètres dans les dents. Et puis, bye bye, John, quoi. Et j'arrive à continuer de grimper sans tomber. Je trouve un arbre. Et là, je fais un relais à l'arbre. Mon pote Ben me rejoint. Il était blanc comme elle cachée. Je lui fais Ben, ça va ? Il me dit, elle est terrible la glace. Je fais, oui, mais encore, toi, ça va ? Maintenant, tu as la corde. Tu n'es pas comme moi à grimper en premier. Du coup, celle-là en soi, il n'y a pas d'accident. Mais moralement, ça m'a vraiment... Ça m'a assez marqué, quoi. Et puis, peut-être 2-3 semaines passent. Je repars sur une glace en mix. Donc, moitié rocher, moitié glace. Et puis, je me prends une avalanche de rocher et de neige sur la figure, quoi. Et je me souviens que j'ai des gros blocs de rocher qui me sont passés vraiment près. J'en ai pris un gros sur l'épaule. Puis du coup, j'ai dû continuer de monter jusqu'au relais avec un bras. Redescendre en rappel après parce que je ne pouvais plus continuer à monter. Et c'est après ce quatrième pépin en soi que je me suis dit, bon, OK, je pense que j'en ai assez. Maintenant, il faut que je fasse quelque chose d'autre, quoi. Ouais. Pinaise. C'est franchement l'univers de la haute montagne, de l'hiver un peu profond, j'allais dire, genre casquette de glace et tout. Moi, ça me terrifie un peu, tu vois. Je sais que quand j'étais parti au Népal, j'en avais pas mal parlé avec des invités qui sont allés dans l'Himalaya, etc. Donc, désolé s'il y en a qui ont déjà écouté tous ces épisodes, ça va être un peu récurrent. Mais c'est un peu l'omniprésence de la mort, en fait. Tu sens vraiment que ça tient qu'à un fil pour ne pas faire de mauvais jeu de mots avec la cascade de glace. Tu vois, c'est vraiment, tu as zéro droit à l'erreur. Tu es en environnement hostile. Ouais. Et tu commences, tu le sens pas ça quand tu débutes la montagne parce que tu restes sur un niveau débutant et t'es un média. Mais pendant que tu commences à prendre un niveau et que t'engages en montagne, tu as cette notion d'engagement qui est énorme. Parce que tu sais que le soir, peut-être, tu rentreras pas à la maison et que tu joues avec un risque omniprésent. C'est quelque chose mentalement qui est très demandant. Et ça, tu l'as pas aujourd'hui avec, on va parler un peu plus en détail de tout ce que tu as réalisé comme aventure expédition. Mais dans les environnements dans lesquels tu te projettes, toi solo ou là ce que vous avez fait avec Kari, tu le retrouves plus parce que c'est quand même... Bon là du coup, je fais un peu de teasing en avance. Vous allez quand même faire des aventures, tu vois, il fait froid, quasiment moins 40. Vous êtes que tous les deux, vous êtes un peu isolés. T'as pas ce sentiment de danger un peu permanent ? Non, je le sens pas tellement parce que t'es sur la terre ferme en soi, du coup t'as juste à avancer. Après c'est de la technique mais t'as pas... Bien sûr, l'engagement pour moi il est toujours total parce que je tiens vraiment à faire mes activités sans aide extérieure en autonomie. Mais du coup non, cette notion d'engagement je la retrouve différemment mais pas à ce point que tu peux avoir en montagne. Ok. Mais c'est une super question parce que c'est quelque chose, ben, quand tu te lances dans l'aventure, t'es quand même obligé d'en parler parce que c'est pas... Ça reste pas une attraction où tu pars et puis le soir tu rentres à la maison, tu sais que t'engages quand tu pars sur une aventure. Mais l'engagement est différent et puis on est plus sur une performance pure physique sans technique en soi. Donc non, la notion est vraiment différente. Super intéressant tes anecdotes sur les cascades de glace. Je peux pas vraiment dire que tu m'as donné envie, vachement, mais super intéressant. Mais c'est quelque chose d'assez... c'est fascinant la glace. C'est vraiment ma spécialité aujourd'hui. Même si je continue à pratiquer l'alpinisme, malheureusement j'arrive plus à engager comme je le faisais avant. J'ai plus le niveau que j'avais. Et ouais, maintenant je la joue un peu plus safe. Mais la glace, ça reste un environnement qui est incroyable. Et t'éprouves des sensations que t'éprouves pas ailleurs. Et c'est vraiment quelque chose de... Assez psychotique. Et tu dirais que ces sensations, c'est différent de ce que t'éprouves quand tu fais une course... Tu vois, Alpi, sans parler de cascades de glace, mais en très haute altitude, c'est différent pour toi ? Il y a un truc unique avec la cascade de glace ? J'ai pas fait de très haute altitude, du coup je suis toujours resté que dans les Alpes. Donc je connais pas, je pense que l'engagement, c'est vraiment quelque chose de différent. Mais pour... Si on prend de la course estivale, ou même le ski de randon, même pour avoir fait du ski de pente-rête, etc. C'est... Ouais, la cascade de glace, il y a quelque chose de vraiment différent. C'est vraiment un univers que tu ne maîtrises pas du tout, sur lequel tu peux avoir aucun poids de contrôle. Et puis t'as ce bleu, ce blanc, ces nuances, t'as le froid, t'es dans une lutte permanente. C'est très dur physiquement. Et il y a quelque chose de magique dans la glace. Donc c'est... Ouais, c'est vraiment quelque chose de différent. Personnellement, après peut-être que d'autres ont un point de vue différent, mais moi perso, la glace est quelque chose de différent. Ouais. Ok. Génial. Donc t'as ces quatre, on va dire, rappels, en tout cas, quatre moments un peu marquants sur des ascensions de cascades de glace, qui à un moment donné te font dire, allez hop, je lève un petit peu le pied, je passe sur autre chose, quelque chose de moins engagé. Ben c'est surtout que je les ai eus les quatre dans la foulée, c'est ça qui est... Ouais, parce que quand tu racontes, c'était semaine après semaine, en fait. Ouais, je crois qu'en gros, j'ai dû prendre le premier arrêtissement en février et puis le dernier en fin mars peut-être. Donc ouais, tout ça a été sur l'espace de deux mois, c'était vraiment condensé, quoi. Ok. Et donc à ce moment-là, tu te dis un truc qui pourrait être sympa, c'est le vélo, c'est ça ? Enfin, un gros trip à vélo. Ouais, je découvre ce film Netflix et puis je me dis, ben écoute, c'est ça que j'ai de bonheur. Parce que moi, de base, j'étais un cycliste, donc je me dis, ben ça va me faire renouer avec mon sport de base, le vélo. Et puis ouais, ça semble cool, ce sera ma première aventure en solitaire, ça va me permettre de voyager. Et puis j'ai besoin de quelque chose de safe. Toujours dans... J'ai besoin de faire de l'exercice, de performer, de m'entraîner, mais de le faire de façon safe. Et pour moi, le vélo, c'était parfait. C'est venu à un point donné. Et comment tu l'as monté, du coup, cette première expédition ? Tu disais que t'avais globalement un objectif, une destination qui était définie, mais après le reste, au milieu, c'était... Bon, c'était un peu au fil de l'eau, on va dire. C'était... Ouais, comment tu l'as monté et qu'est-ce que tu visais initialement ? Du coup, je me suis dit, ça va... Bon, c'était pendant la période Covid, donc toutes les frontières étaient encore fermées, c'était assez compliqué. Je me suis dit, ben je vais rester en Europe comme ça, je ne vais pas être embêté à vélo. Je vais toujours trouver une petite frontière où je ne serai pas embêté pour passer. Et je me dis, Tromsø, pourquoi ? Parce que c'est vraiment une ville en Norvège que j'adore. Je suis vraiment fan de cet endroit. Et je me dis, tiens, pareil, si je vais là-bas, que je trouve un petit job en Norvège, j'y reste un petit moment. Et puis, je pars dessus et je regarde sur Google Maps, itinéraire voiture, ça fait 4000 kilomètres, plus ou moins. Je me dis, ben voilà, je pars pour 4000 bornes. Et puis, je veux vraiment traverser quelques pays. Donc, je me dis, je pars de Genève, je fais Suisse, France, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, Suède, Norvège. Et en fait, ben ouais, je pars là-dessus, mais en mode, je vais partir, je pense à la Louche, j'en ai pour 3-4 mois. Et puis, je pars là-dessus. Et en fait, après, ça a été surprise sur surprise, quoi. Donc, Tromsø, s'il y en a qui ne voient pas... Ça se prononce d'ailleurs, Tromsø ? Ouais, en fait, au barré, ça se prononce E en norvégien. Ok. Du coup, c'est Tromsø. Et pareil, alors, en tant que Français, je n'arrive pas, mais en norvégien, les R, ils les roulent comme en espagnol. Du coup, c'est Tromsø. Ok. Ça marche. Donc, s'il y en a qui ne savent pas où se trouve Tromsø, c'est encore plus au nord que l'Islande, si je ne me trompe pas. Donc, c'est carrément dans le cercle polaire. Donc, destination plutôt froide, visiblement. Ouais, c'est la ville, je crois que c'est quelque chose comme la ville la plus au nord du monde, quelque chose comme ça. Parce qu'après, les autres, ça ne reste pas des villes, c'est des villages ou des petites choses. Et pour Tromsø, ça reste une vraie ville qui est quand même importante. Il y a 65 000 ou 70 000 habitants. Donc, ça reste une vraie ville, quoi. Surtout à la taille norvégienne, c'est une grosse ville. Ouais. Qu'est-ce qu'ils ont comme... De quoi ils vivent là où il y a une industrie de la pêche ? Il y a quoi ? Qu'est-ce qui fait qu'il y a une ville aussi grosse, aussi loin au nord ? Ouais, il y a beaucoup de pêche, il y a beaucoup de touristes, Matrumseux. Et puis, il y a... Ouais, ils ont quand même pas mal d'industries. En Norvège, ils arrivent... C'est vraiment un pays qui est différent de nous, parce que ça reste un pays à 4-5 millions d'habitants. Et pourtant, tu retrouves des petites villes vraiment parsemées partout en Norvège. Ils ont quand même beaucoup d'agriculture aussi. Après, sur le nord, au-dessus du cercle pleur-artique, tu as toute la culture des samis aussi, qui est vraiment importante en Norvège. Ah oui. Donc, l'élevage... Ouais, l'élevage de rennes, les pots, la viande, tout ça. Ok, ok. Ok, donc premier trip à vélo. Ça faisait partie de mes questions. Est-ce que tu t'étais lancé, genre pour un premier trip à vélo, tout de suite, 4 000 bornes, ou si tu pratiquais déjà avant. Mais bon, visiblement, tu disais que tu savais rouler avant ça. Mais bon, c'est quand même pas la même chose de faire ces sorties, tu vois, du dimanche, 100, 200 bornes, et de partir en mode bikepacking pour 4 000. Donc, ça a été quoi un peu les grandes phases de la préparation de l'XP ? Bon, je continuais la montagne, même si j'avais réduit le niveau d'engagement. Je passais quand même toutes mes journées en montagne. Donc, je n'ai pas eu d'entraînement spécifique pour le vélo, mais j'étais en forme. Je me souviens encore que la veille du départ, je suis parti sur une course d'Alpi, autour de l'aiguille du midi. Donc, je pratiquais la montagne. Donc, l'entraînement physique, en soi, j'étais en forme. Et puis après, préparation, ça a été un peu de recherche sur des forums, sur Internet, pour savoir un petit peu comment on pack, comment on prépare. J'ai reçu mon vélo, j'ai préparé tout à la maison. Parce que quand j'étais chez Decathlon, je travaillais sur le vélo. Donc, j'ai pu mettre tout mon petit monde, comme je le voulais, à installer sur le vélo. Et en soi, après, ça a été un peu de travail sur Internet pour un peu regarder qu'est-ce que je pouvais voir dans les différents pays, ce que je pouvais passer. Mais il n'y a pas eu plus de préparation que ça. OK. Tu avais quoi comme vélo
Loïc et comme setup ?
Jonathan J'avais un vélo de chez Decathlon, le Touring. C'est vraiment vélo type trekking, les vélos un peu de papa, si je peux dire. C'est les vélos qui sont vraiment super confort, avec lesquels tu peux faire des bornes. Et puis, j'avais vraiment le full kit sacoche, donc les deux sacoches à l'avant, les deux sacoches à l'arrière, le sac qui traverse. Et puis, voilà, avec mes bidons d'eau sur le cadre. J'ai été un truc en estival avec poids du vélo, poids de nourriture et tout ça. Parce que sur la période estival, j'arrivais à transporter jusqu'à 4-5 jours de nourriture. J'arrivais à quelque chose peut-être comme 45-50 kilos. Ok, ok. Et après, du coup, j'ai avancé. Donc, je suis vraiment parti sur la base sur mes 4 000. Puis, j'ai suivi mon itinéraire et arrivé autour de... C'était autour de Rotterdam, aux Pays-Bas. J'ai dit, en fait, j'en ai marre. Je suis trop près des villes. Je traverse trop... Je ne suis pas assez en nature. Et du coup, je me dis, bon, maintenant, je pars sur autre chose. Et en fait, j'ai traversé les Pays-Bas jusqu'à la frontière allemande à l'Est pour aller voir un parc national. Je suis reparti sur la côte. Je suis parti en Allemagne. Du coup, je suis vraiment parti rechercher la nature après ça. Et je ne comptais plus les kilomètres. Je voulais vraiment profiter du voyage. Je m'amusais, profiter. Et en montant petit à petit, j'ai vu quand même le temps qui passait, l'hiver qui arrivait, du moins l'automne qui arrivait, l'hiver qui allait pas tarder parce que j'ai pris l'automne ici. C'était fin septembre. Parce que fin septembre, j'étais sur Nord-Denmark, entrée Suède. Et c'était déjà l'automne là-bas avec des températures plus fraîches, les arbres oranges, tout ça. Et je me dis, en fait, il va falloir penser à l'hiver bientôt. Et ma maman m'a rejoint. Alors, pareil, je n'avais pas prévu ça sur la route. Quand je suis arrivé en Suède, l'idée, c'était directement de longer la côte pour rejoindre Oslo. En fait, j'ai dit, pourquoi pas aller à Stockholm ? C'est un détour du 100 bornes. Allez, ça paraît plutôt bien. Et du coup, j'ai proposé à ma maman qu'elle vienne passer un week-end avec moi à Stockholm. Donc, elle a pris un billet d'avion. On a fait correspondre les dates. Elle est venue passer quatre, cinq jours avec moi. Et du coup, c'était une vraie pause durant le voyage. Et en même temps, elle m'a emmené mon matos hivernal. Donc, j'ai changé de duvet, de matelas. les vêtements. Et puis après, j'étais prêt pour partir en hiver. Et pareil, ce concours de circonstances, jusqu'à ce que ma maman arrive, il faisait des bonnes températures. J'avais encore 10, 15 degrés. Il faisait bon, quoi. Et le jour où elle est repartie, la première nuit que j'ai repassé dehors après qu'elle soit partie, la température a chuté à moins 5. J'étais vraiment heureux d'être passé en hivernal. Et l'impact sur le poids, du coup, le changement, tu vois, d'équipement, etc., tu l'as vraiment ressenti sur le poids global du vélo ? Ouais, parce qu'après, je suis vraiment parti en mode autonomie. J'arrivais à me transporter jusqu'à 14 jours de nourriture. Donc, j'avais 12 jours et puis deux jours en mode vraiment au cas où. Et du coup, avec tout l'équipement, tout ça, je suis passé sur un vélo à 60 kg. Ok. C'est impressionnant quand même le poids. Je te posais la question parce que je te disais avant qu'on commence un off, là, au moment où on enregistre, je reviens tout juste du premier week-end des Frappés et on a eu la chance d'avoir Geoffrey Malusky. Ah oui. Tu connais, tu m'as dit que... Il est venu à vélo, lui. Yes, carrément. Et il est venu nous parler de... Enfin, il nous a montré son film de la traversée de l'Islande qu'il a fait en plein hiver à vélo et en solitaire et en autonomie. Avec une petite poulka derrière le vélo. Avec une petite poulka, oui. Et donc, il nous a justement parlé de la poulka et du poids. Tu vois qu'en fait, la poulka était là pour alléger le vélo. Et de mémoire, il avait plus de 70 kg de matos pour ses 28 jours d'autonomie, incluant le matos photo, etc. C'est quand même monstrueux, tu vois, parce que ça veut dire lui, il doit être à peu près dans ce poids-là aussi, 70 kg, je pense. Donc, ça fait un équipage global. Enfin, ça fait quand même pas mal de poids déplacé, surtout quand tu es comme lui dans la neige. On en a un peu galère. C'est pour ça que je te demandais si toi, tu avais pu voir un gros écart de poids aussi. Après, je ne l'ai pas tellement senti. Mais ouais, ça s'est vu pas mal parce que l'équipement change un peu. Forcément, tu as plus de vêtements, l'équipement est un peu plus lourd pour résister plus au froid. Puis, tu as la nourriture aussi. Ça fait une petite différence. Alors, mais là, on est tout de suite passé, je vais faire une espèce de retour en arrière un peu mal droit, mais on est tout de suite passé sur ton expédition. On est quasiment Stockholm. Tu es un peu plus de la moitié. Mais est-ce que tu te souviens de ce que tu as ressenti, de tes réflexions au moment où tu as pris le départ ? Parce qu'au final, cette aventure, c'est un peu la première aventure de ta vie d'aventurier. C'est un peu finalement... Alors, il y avait déjà eu un changement avec le temps que tu t'étais donné pour gagner en expérience sur l'alpinisme. Mais là, c'était quand même un truc vraiment engagé dans la durée. Peut-être moins dans la difficulté qu'avec la cascade de glace. Mais c'était quand même un événement un peu marquant. Donc, est-ce qu'il y a eu une réflexion particulière au moment du départ dont tu te souviens ? Ah ouais, je me souviens très très bien. Je me souviens... J'étais avec Dimitri et Ben qui m'ont accompagné jusqu'au point de départ. Et je suis monté sur le vélo. C'était la première fois que j'avais le vélo vraiment chargé parce que du coup, je n'avais jamais essayé mon vélo. Je suis monté sur le vélo. J'ai fait hop, hop, hop, hop, hop. Mais qu'est-ce que c'est ça ? Je ne vais jamais réussir à pédaler. Parce qu'il est trop lourd ? Ah ouais, ouais. Je me souviens le guidon qui tanguait, le vélo qui est instable comme pas possible. C'est comme si j'apprenais à faire du vélo et qu'il me manquait les deux petits trous derrière. C'était vraiment difficile. Et je suis parti, en plus, je me rappelle, je suis parti au mois de juillet donc il faisait chaud encore c'est fin juillet. Et du coup, je pars de Genève pour aller rejoindre le Jura. Et en plus, premier jour, je pars, en étape, j'avais le col, c'est quoi le nom ? Col de la Fossil, je crois. C'est sur le Jura. Je ne me souviens plus si c'est celui-ci le nom. Donc, enfin, je partais sur un col de montagne en n'ayant jamais pratiqué un vélo de voyage et je partais dans la direction et je me disais mais qu'est-ce que je fais là ? Mais je ne vais jamais réussir à faire ce voyage. J'ai fait 20 bornes, je suis claqué, je ne vais jamais pouvoir faire 4000. Et j'avais qu'une envie, c'était de dire bon, je vais rentrer à la maison, finalement, je vais passer discrètement, personne ne va rien me dire. et je me suis dit non, mais en fait, je ne veux pas, qu'est-ce que c'était cette idée pourrie ? Et je me dis, je ne peux pas, je ne peux pas, j'ai engagé trop de monde, trop de monde, mes amis, ma famille, croient en moi et puis ils veulent me suivre. Je ne peux pas lâcher. Et en fait, j'ai commencé à passer le col, je pense les 20 premiers kilomètres ont été très, très difficiles. Et une fois que j'ai commencé le col, j'étais vraiment dans l'effort. Bon, en fait, c'est ça que j'aime faire. Je suis content, je suis dans l'effort, je souffre. Donc, en fait, ça va le faire. Et la première nuit est passée, j'étais bien content de me poser la première nuit. Et en fait, le lendemain, je suis reparti et j'étais super content d'être là-dedans. Génial. Ça a été quoi un peu les grandes phases en termes d'émotion tu vois, de ressenti pendant les... Au final, 7000 bornes, c'est ça, t'as dit ? Ouais, 7000 de sa bornes et 45000 de D+. Oh la vache ! En finesse ! En 4 mois. Donc, il y a eu quoi un peu comme, tu vois, comme grande phase dont tu te rappelles si tu devais découper un peu cet expé ? Il y a la première phase en France où je me suis vraiment tapé du D+, avec que des portions montagne où j'ai ramassé, mais j'étais content. Après, on va dire, jusqu'à ce que j'atteigne Rotterdam, j'étais vraiment sur du voyage un peu mode citadin parce que j'étais jamais loin des villes, alors j'arrivais toujours à trouver un peu de nature pour poser le camp et tout ça. Mais ce que je veux dire, c'est que je croisais toujours beaucoup de monde, j'avais de la population autour de moi, de la civilisation, c'était assez urbain quoi. Et c'est vrai qu'à Rotterdam, j'ai dit, bon, maintenant, je veux couper un petit peu et partir en nature. Donc après, je suis parti sur une deuxième phase où j'ai vraiment fui les villes et du coup, je cherchais vraiment à être en nature. Après, j'ai atteint l'Allemagne. L'Allemagne, j'étais super content parce que j'ai traversé une portion de l'Allemagne que je ne connaissais pas où ça reste que des forêts assez sauvages. Et du coup, c'est là que j'étais un petit peu me tester. Et l'idée, c'était que j'arrivais à, j'allais poser le camp très loin en nature, très loin du chemin. J'allais vraiment m'enterrer à l'intérieur de la forêt. J'étais tout content. Et je me rappelle qu'à la nuit tombée, je me dis, oh là là, mais qu'est-ce que je fais ici ? Je ne vois rien. Enfin, je n'entends rien et tout à la fois parce que tu n'as pas de son de civilisation, mais tu as tous les sons de la forêt, le bruit de l'arbre, le bruit de l'oiseau et puis il fait noir et tu es tout seul et tu t'inquiètes un petit peu. Tu sais qu'il y a des meutes de loups dans pas trop loin et tu te dis, oh là là, je suis en panique quoi. Et ça a été une phase où j'ai vraiment été me tester, me chercher, ben ouais, me tester à mettre des petits challenges un peu compliqués. Et après, l'autre partie, ça a été quand j'ai atteint la Scandinavie avec la Suède où c'était vraiment que des forêts, que de la nature, des lacs et puis c'était vraiment l'image qu'on s'en fait de la Scandinavie et la dernière étape où j'ai vraiment eu l'hiver polaire en Norvège où il faisait nuit H24 presque où je roulais avec mes pneus cloutés sur de la glace, sur de la neige et là, c'était encore une autre aventure. Punaise, je t'avoue que je ne sais même pas par où commencer tellement il y a de sujet mais peut-être sur l'Allemagne, cette idée, tu vois, de se créer des petits challenges, etc. Alors, ça paraît, je ne sais pas si ça paraît tout bête mais on pourrait se dire bah ouais, aller dormir en forêt, bon ok. Mais en fait, moi je trouve que c'est souvent les petits challenges comme ça qui répéter font qu'on passe un peu un cap entre guillemets, je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, ce n'est pas forcément un gros voyage, une grosse expérience mais franchement, je me défie quiconque ne l'a jamais fait d'aller juste dans la forêt ou un petit champ à côté de chez lui dormir à la belle étoile, c'est particulier quand on n'est pas habitué comme expérience. C'est quelque chose, j'avais déjà dormi tout seul en montagne, il n'y a aucun souci en montagne, tu n'as pas de bruit, tu n'as rien, mais en forêt et puis surtout, tu es sous les arbres donc il fait un noir trop. Tu ne vois rien. Oui, par contre, tu as tous les bruits à 360 et tu n'es pas contre un mur ou en plus, je ne mettais même pas la tente, j'étais dans mon hamac avec le tarp donc du coup, tu as vraiment tout qui peut venir de tous les côtés. Et là du coup, tu l'as fait combien de fois, ça a duré combien de temps cette phase en Allemagne où tu allais te planter au fin fond de la forêt ? Je l'ai fait pendant un moment, je l'ai fait après, j'ai vraiment été chercher ça jusqu'à la fin du voyage et ce que j'ai été chercher.
Loïc Ok, ok, ok.
Jonathan Ok, même si en Norvège c'était différent parce que du coup, tu repasses sur de la neige et du coup, avec la neige, c'est jamais vraiment noir, c'est différent, tu te sens en sécurité avec la neige mais jusqu'à ce que j'ai cette période-là, j'ai vraiment été chercher à me mettre en pleine nature et il y a un truc qui est marrant, c'est qu'aujourd'hui, quand je repense à ça, je ne sais même pas si je serais aujourd'hui capable de refaire ce que j'ai fait à cette époque-là parce que j'ai quand même poussé. Tu penses que je ne serais pas capable aujourd'hui de le refaire ? Je pense qu'il me faudrait quelques nuits d'adaptation en solitaire, en forêt avant de me ressentir vraiment safe. Yes. Donc tout à l'heure, tu disais, on avait arrêté le récit à Stockholm, donc au moment où tu repars, où ta maman est repartie, toi, tu as quitté à nouveau Stockholm avec ton matos d'hiver, boum, d'un coup, il s'est mis à faire moins 5. La dernière phase, je t'avoue que j'en ai déjà parlé, bon, alors avec Geoffrey que je viens de mentionner, avec Arnaud Monzani qui avait fait la trip à vélo, mais très court, 200 km je crois, en plein hiver polaire, etc., pour se challenger par rapport au froid, mais je t'avoue que le concept de rouler, pneu clouté, en plein hiver polaire, j'ai un peu du mal à saisir ce qu'on peut ressentir et les challenges qu'il peut y avoir, donc à partir de quel moment est-ce que vraiment tu es rentré, on va dire, un peu dans le dur, dans le très, très, très, très froid, et qu'est-ce que ça a changé à ta manière d'avancer au quotidien, en fait ? Oh, ça a été très difficile, on va dire que vraiment très froid, je l'ai trouvé après que j'ai atteint Oslo, parce qu'une fois que j'étais à Oslo, il s'est vraiment mis à neiger, puis les journées sont devenues vraiment très courtes et le froid est vraiment tombé. Donc là, c'était quoi, septembre, c'est ça ? Non, c'était, j'étais à Oslo, parce que du coup, j'ai eu ma pause à Stockholm, mais j'ai eu aussi une pause à Oslo où j'ai deux amis, Ben et un autre copain qui m'ont rejoint, on a fait 4-5 jours ensemble aussi. Et si je ne dis pas de bêtises, c'était début novembre. Ah ouais, ok. Et du coup, ouais, non, ça a été une toute autre aventure, je suis rentré plus, on était plus sur un voyage à vélo, on était plus sur déjà une petite expé polaire quoi, parce que, ouais, c'est différent. Les pneus cloutés, ça tient super bien sur la neige et sur la glace, j'étais vraiment étonné. Je ne suis pas tombé, la seule fois où je suis tombé, c'était avant que je mette les pneus cloutés, j'étais avec mes pneus d'été, puis je passais sur la glace, je ne l'avais pas vu, je me suis retrouvé les 4 pattes en l'air. Mais ouais, non, c'est un autre, c'est, tu passes sur autre chose, il fait froid, tu es dans une lutte permanente, c'est très difficile parce qu'en fait, tu ne peux pas t'arrêter, même pour faire pipi, en fait, le fait de s'arrêter 2 minutes, tu as froid, il faut gérer l'effort pour ne pas transpirer, ouais, tu passes sur un autre mode. Et donc, cette dernière phase de Oslo, je ne sais plus comment ça se prononce, Trumsou, c'est ça, ça a duré combien de temps ? Ça a été, du coup, je pense, quelque chose comme 3 semaines, j'ai traversé. Ah ouais, mais tu as été méga rapide, 3 semaines pour remonter toute la Norvège ? Ouais, je crois que j'ai fait, c'était au début que j'ai été le plus rapide, je crois qu'Oslo, Trondheim, j'ai fait ça en 4 jours. Ok. Ouais, c'était quelque chose comme ça, je crois que, j'avais claqué, pour arriver à Trondheim, j'ai claqué ma plus grosse journée, j'avais fait 200 bornes. Et non, ça a été très difficile, jusqu'à Trondheim, ça a été bien, après Trondheim, ça a été, même si ça s'est compliqué, et ça a été très compliqué quand je suis arrivé à la hauteur de Brunesson. Ça a été le premier jour vraiment difficile du voyage parce que je me souviens que je démarre la journée sous tempête de neige avec beaucoup de vent et une neige très humide, très lourde, donc en fait, je me suis retrouvé trempé très rapidement en ayant froid et je me souviens de cette journée, je fais 20 bornes et j'étais claqué, j'étais vraiment à bout, j'avais plus de morale, plus d'énergie et je me dis franchement, là j'en peux plus, je vais me poser la tente ici puis je vais passer la journée et je me dis, mais si je pose la tente ici, ça ne va pas me solutionner le problème, ça va être la même galère, ça va peut-être même être pire, donc en fait, il faut que je continue de bouger et en fait, j'ai réussi ce jour-là à claquer 135 bornes alors que j'étais mort après les 20 premières bornes sous tempête de neige, tempête de vent et je me souviens que j'arrive à Brunessoun, moi j'ai dormi, je me suis trouvé avec petits bancs, je me suis mis le duvet dessus, je n'ai même pas mis de tente ni rien, j'étais vraiment claqué et là, ça a été dur et à ce moment-là, j'ai dû commencer à chercher profondément en moi les ressources pour continuer parce que je me dis en fait, là maintenant, il n'y a plus de plaisir, il n'y a plus vraiment de motivation, pourquoi je m'ai fait ça ? Le but, c'était d'avoir du plaisir et de profiter du voyage et là, je suis juste dans la souffrance et c'est très difficile, j'ai commencé à douter, à savoir si j'étais capable de finir ou pas et du coup, j'ai pris deux jours de pause, j'ai trouvé un petit abri où t'attends le ferry, c'est des abris qui sont chauffés en général, je me suis mis là-dedans, j'ai passé deux jours pour essayer de me reposer un petit peu, essayer de récupérer, de poser le pour et le contre, à me dire est-ce que je continue et est-ce que je continue pas ? Puis, j'ai pris la décision de continuer et le problème, c'est que le froid a continué de tomber et j'ai commencé à avoir quelques gelures au niveau des pieds et en fait, j'ai brûlé les nerfs et la douleur était vraiment très intense et ouais, je me suis dit mais en fait, là, je commence vraiment à ramasser, je ne vais jamais réussir à atteindre Tromseux et en fait, j'ai dû vraiment puiser les ressources alors, j'ai été chercher au plus court sur la carte. Là, j'étais même plus en mode je voyage, je profite, j'ai vraiment tiré au plus court possible pour rejoindre Tromseux mais je l'ai fait et je me souviens de la... quand j'étais à une journée de Tromseux, je me dis bon, en fait, ça valait la peine de s'ouvrir et de venir chercher loin et de puiser les ressources pour le faire. Alors, t'en parles, tu dis aller chercher les ressources, etc., mais je veux bien qu'on rentre dans le détail parce que quand je vois, j'ai la carte sous les yeux, la distance qu'il y a entre Tromseux et... en fait, t'étais quasiment à l'île de Vega quand c'est devenu méga dur. Ouais, exactement. C'est ça, donc t'étais... t'étais... t'étais là où tu te trouves aujourd'hui, mais la distance, il y a combien ? 600 bornes, un truc comme ça, 800 ? Je ne sais plus exactement, je peux chercher sur le téléphone, mais ouais, il y a quand même quelques bornes à faire. Il m'a fallu quelques jours, ce n'était pas une histoire de 3-4 jours à tirer, quoi. Ouais. Donc, non, là, ce moment, je me souviens que ça a été très difficile, mais je me souviens que le jour où je suis arrivé à Brunessoum, après cette tempête de neige à me taper les bornes alors que je n'en pouvais plus, je me souviens que c'est... J'ai craqué moralement ce soir-là, j'ai dit, ça y est, j'en ai marre, je veux arrêter, en fait, je ne suis pas... Ce n'était pas ce que j'étais venu chercher de souffrir autant. Et ouais, après, moralement, j'ai dû tirer tous les jours pour pousser mon vélo. Il n'y avait plus de motivation. La seule chose qui m'a fait avancer, c'est la discipline. Il y a 900 bornes. Donc, si tu avais des journées où tu en faisais... Tu vois, tu t'arrachais pour en faire 100, c'est quand même méga long. Donc, tu faisais quoi, en fait ? Parce que même l'histoire de l'abri, tu vois, moi, je pensais que tu allais me dire je me suis posé, je me suis pris un petit hôtel chauffé pour vraiment me reposer. Non, mais même là, en fait, tu es resté un peu dans des conditions spartiate parce qu'un abri, un truc tout bête, pour les besoins, tu vas dehors, j'imagine, pour cuisiner, c'est la galère, tu dormais sur ton duvet et pas sur un matelas. Donc, tu es quand même resté dans des conditions méga spartiate et un peu engagé les deux dernières nuits, alors pas la dernière du voyage, l'avant-dernière et celle d'avant où j'ai été un peu contraint de prendre un Airbnb parce que je souffrais tellement le martyr avec mes pieds que je me suis dit que je n'ai pas envie d'arriver au point où j'ai les orteils bleus et puis qu'il faut amputer ou quoi. Donc, j'ai dit je préfère aller, je préfère m'arrêter et puis bon, je ferai deux jours un peu confort sur toute l'aventure et puis, ce n'est pas bien méchant. Mais tu avais quoi au pied comme équipement ? Très mauvais équipement, j'ai pris mes chaussures d'Alpi et en fait, tu n'as pas la place parce que c'est les chaussures que j'avais pour la cascade de glace donc tu cherches à être vraiment fité dans la chaussure pour être précis donc pas tellement d'espace et puis des erreurs de débutant, c'est comme ça aussi que j'ai appris. Par exemple, même si tu as froid, tu transpires toujours des pieds et en fait, du coup, dès que tu es sur une aventure hivernale où les températures sont négatives, en fait, tu mets une première paire de chaussettes et par-dessus, tu mets un sac plastique et tu mets ça dans la chaussure. Tu peux doubler avec une deuxième paire de chaussettes et en fait, ce qui fait que ton pied transpire mais le sac plastique empêche que la chaussure soit mouillée et la nuit, quand ta chaussure dort dehors, elle ne gèle pas. En fait, moi, j'ai fait cette erreur-là que je ne connaissais pas. Du coup, je transpirais la journée quand même des pieds même si je ne m'en rendais pas compte et en fait, durant la nuit, ma chaussure gelait et je me souviens que quand je la mettais le matin, j'avais de la glace dans la chaussure et je n'arrivais pas à me réchauffer les pieds et puis, j'arrivais de temps en temps à m'arrêter pour essayer de taper des pieds au sol pour me réchauffer mais je n'arrivais plus à les réchauffer et le problème, c'est qu'à vélo, les pieds ne bougent pas, ils sont immobiles et je me souviens d'un jour, c'était le jour où j'ai atteint un bout d'oeuf, j'ai commencé à geler les pieds sur la première heure et puis, j'ai dit, bon, ils étaient complètement froids, endormis et en fait, c'était une grosse erreur parce que le soir, quand je me suis posé, j'ai dû m'arrêter sur la route pour acheter un petit peu à manger et puis, quand je me suis arrêté dans le magasin, en fait, le fait de dans le magasin chauffer et de marcher, la chaleur est revenue dans les pieds, oh, j'ai eu une douleur, j'ai dû m'asseoir, je me souviens qu'il y a les caissières qui sont venus me demander si ça allait et j'ai été pris d'une douleur parce que le sang est revenu dans les pieds et c'est après ça, je me dis, bon, mais ok, maintenant, il faut que je fasse gaffe un petit peu au pied, quoi. Oh, putain. Donc là, en termes de température, tu faisais face à quoi à la journée, la nuit ? Au plus froid, je suis tombé à moins 25, donc après, je pense que sinon, j'étais sur des températures autour de moins 10, moins 15, c'est pas du froid extrême, mais du coup, sans le bon équipement et puis à vélo, t'as le vent aussi qui est quand même un paramètre important, donc, mais oui, je pense qu'en général, j'étais autour des moins 10, moins 15, c'était les températures, je me souviens qu'il y a un jour, j'ai eu moins 25, j'étais content parce que c'était le record de froid que j'avais eu jusqu'à ce moment. Tu parlais, tu disais que, globalement, sur cette dernière section, t'es vraiment allé chercher au fond de toi les ressources pour continuer à avancer, tu dirais que c'est quoi, justement, de manière un peu plus précise qui fait que t'as réussi à boucler ton trip, à boucler ton trip dans les conditions que t'avais imaginées toi, c'est-à-dire, par les quelques dernières nuits à dormir dehors, etc., ça a été quoi, cette flamme qui a continué de brûler ? Tu te dis, t'as pris trop d'engagement, tu peux pas t'arrêter là, sans même parler des autres, juste par rapport à toi-même, tu te dis, je peux pas me regarder dans la glace à m'arrêter à une semaine, dix jours de l'arrivée, après tout ce que j'ai fait, j'ai fait 7000 bornes, presque, il m'en reste, je sais pas, 500, 600, je peux pas m'arrêter là, quoi. Tu te dis, je peux pas, et je me souviens, j'en ai beaucoup parlé à ma maman, à quelques amis, tout le monde m'a rassuré, en me disant, mais John, on est tous super fiers de toi, c'est déjà énorme, ce que t'as fait, tu peux t'arrêter, et de ce côté, t'as ce confort qui vient te dire, bon, ça, toutes ces personnes croient en toi, et te disent ce que t'as fait bien, c'est bon, tu peux t'arrêter, et d'une autre partie, tu te dis, mais je peux pas, en fait, j'ai pris un engagement, et je dois m'y tenir à cet engagement, quoi qu'il en coûte, quoi. Et en fait, je te dis, bon, mais maintenant, il faut juste que j'ai de la discipline avec moi-même, que je sois dur avec moi-même, et puis je m'impose ça, quoi. Tu peux nous parler de la dernière journée, nous la raconter ? Oh, pour le coup, elle était magnifique. Je me souviens que je décide de passer ma dernière nuit en tente, c'était tempête de vent, mais attends, pardon, pour arriver à poser le camp, j'avais roulé toute la journée à vélo, et j'avais eu tout le voyage, alors j'ai eu, vu des aurores boréales, pendant le trip, mais j'avais eu le rêve de voyager sur mon vélo, et d'avoir les aurores boréales, au-dessus de ma tête. Et ça ne s'est pas passé du tout du voyage, et la dernière nuit, j'ai roulé toute la nuit, avec les aurores boréales, qui étaient très fortes, donc c'était vraiment une soirée incroyable, avec ces aurores au-dessus de ma tête. Et au bout d'un moment, je pose mon camp, c'était une tempête de vent, je me souviens que je pose ma tente comme je peux, et puis je passe ma nuit toute la nuit, la tente m'a claqué le visage, tellement que la tente se couchait à cause du vent, et puis le matin, je me réveille, je plie ma tente à quatre pattes, le vent était vraiment fort, je paque tout. Je me souviens que je monte sur le vélo, je mets juste un coup de pédale, et le vent me, j'avais le vent dans le dos, le vent me pousse, et j'atteins 20 km heure, sans pédaler. Donc juste pour dire, avec le vent était fort. Bon, en même temps, avec les bagages, j'avais une bonne prise au vent, pour être poussé. Et je fais ces derniers, je ne sais plus combien il me restait, je n'avais pas beaucoup, j'avais décidé de passer la nuit, et de m'arrêter vraiment près de Troumseux. La dernière journée, j'ai ça sur le téléphone, j'ai fait 41 km. Donc tu vois, je n'étais pas loin de mon étape, je m'étais gardé vraiment la fin, la souris sur le gâteau. Et je me rappelle que je roule dans des paysages, mais blancs, avec, c'était les champs d'élevage de serre, où je n'ai quasiment pas croisé une voiture, et puis je voyais Troumseux se rapprocher, je voyais les signes, les panneaux Troumseux, j'étais vraiment, vraiment en joie, j'étais vraiment très heureux. Et je me souviens que j'arrive sur Troumseux, tu as l'île principale de Troumseux, qui est, que tu peux atteindre par deux ponts, tu as un pont à l'ouest, un à l'est, et je me souviens que j'arrive par le côté ouest, et j'arrive sur ce pont, avec une vue qui est magnifique, et je me souviens que je pose le vélo, et je grimpe sur le pont. Alors c'est interdit, parce qu'en dessous, tu as le fjord, et le pont est vraiment haut, et je me souviens que je grimpe, c'est 3-4 mètres de barrière, je me suspends en haut, toutes les voitures qui passent, qui ralentissent, qui me regardent, zut, il va sauter, ou qu'est-ce qu'il fait ? Et je suis resté là, j'avais presque les larmes aux yeux, je me dis ça y est, j'ai réussi, je l'ai fait. J'étais tellement heureux, et je repars sur mon vélo, j'arrive au centre-ville de Troumseux, et d'un côté, super heureux, et d'un autre côté, je me suis senti vide, comme je ne me suis jamais senti dans ma vie, parce qu'en fait, pendant 4 mois, j'ai eu une raison de vivre, j'ai eu un objectif, quelque chose qui m'a fait avancer, me lever chaque matin, et cette raison de vivre, pouf, elle n'existe plus d'un moment à l'autre, parce qu'elle a été réalisée, et du coup, c'était vraiment un sentiment mixte, entre l'accomplissement, la réussite, et puis le, mais qu'est-ce que je fais maintenant ? Qui je suis ? C'est un super point, ce que tu évoques sur l'après-aventure, alors décidément, je fais référence à plein d'anciennités, mais c'est Rémi Camus qui en parle pas mal, que dans une aventure, tu as toujours la phase de préparation, la phase de réalisation, et la phase, je ne sais plus comment il appelle ça, de digestion, je crois, en tout cas, après le projet, lui, il semble dire qu'on en parle généralement trop peu, donc comment, tu vois, une fois que tu es arrivé, alors évidemment, l'émotion et tout, ça devait être incroyable, je t'imagine bien au sommet du pont, tu vas te remettre ça devant toi, mais comment, cette phase de digestion, à quoi elle a ressemblé, une fois que tu as eu posé le vélo, que tu as eu ce sentiment de vide, ça a ressemblé à quoi, les quelques heures, quelques jours, quelques mois après ça ? Je me souviens que j'ai passé, ce coup de téléphone, à ce fameux employeur de Vega, avec qui il y a eu le job, et puis qui me dit, bah écoute, tu as le job, mais je veux te rencontrer avant, quand est-ce que tu peux venir, du coup, je regarde les billets, je crois que je prends l'avion, quatre jours après, du coup, je prends quatre jours à Troumse, et puis j'en ai vraiment profité, j'ai rencontré, via le groupe, les français en Norvège, un groupe Facebook, j'ai rencontré un français, qui est devenu un ami, du coup, je me souviens qu'il m'avait invité, chez lui, j'ai passé un petit peu de temps, chez lui, donc ça m'a fait du bien, de revoir des gens, j'ai visité Troumse, je me souviens que j'ai été faire, un safari baleine, incroyable, du coup, j'ai vu des baleines à bosse, des orques, des bébés orques, c'était incroyable, et du coup, ces quatre jours, qui sont quand même joyeux, parce que je suis à Troumse, je visite tout ça, et puis après, j'arrive à Brunessoun, au final, je passe du temps avec Harry, entre nous deux, ça colle super bien, on se connaissait à peine, mais elle me dit, bah écoute, est-ce que tu veux rester là pour Noël, au fait de Noël avec ma famille, tout ça, donc je suis resté là deux semaines, après je suis rentré un mois, en France, pour reprofiter de tout le monde, parce que je commençais ce nouveau boulot, le 1er février, donc j'ai couru partout en France, entre les Pyrénées, les Alpes, pour voir les amis, la famille, tout ça, et puis je suis reparti sur l'île, et en fait, j'ai commencé le boulot, donc cette période-là, en fait, elle a été super occupée, j'ai pas eu le temps de me poser, et ça a été d'un côté néfaste, parce qu'en fait, après une expédition, il faut quand même prendre du temps pour soi, et ce temps-là, je l'ai pas pris, et en fait, j'ai recommencé un boulot, sur lequel, bah je l'ai pas vraiment épanoui, c'était vraiment alimentaire, et du coup, je me suis pris un contre-coup, après, peut-être genre 3-4 mois, après la fête de l'aventure, où ça a été, pas un moment presque de dépression, mais un moment très difficile, où il faut, on faut venir chercher les ressources en soi, et en fait, cette après-expédition, bah en fait, il faut vraiment prendre, alors maintenant, j'ai appris par l'expérience, il faut se prendre à un moment, un palier, en fait, où tu peux venir décompresser, et pas retourner directement dans la vie classique, parce qu'après une aventure, surtout une aventure qui dure, il te faut un sas de décompression, ouais. Si c'était à refaire aujourd'hui, tu t'organiserais comment, sur la phase de post-aventure ? Je pense que je me prendrais, du temps pour moi, pour profiter, mais sans courir, et c'est ce que j'ai fait, typiquement, après la dernière aventure qu'on a eue, j'ai pris une semaine, j'ai vraiment fait une semaine lente, j'ai pas fait de sport, j'ai rien fait, j'ai vraiment profité sur le canapé, à chiller, à rester à la maison, et en fait, c'est important ce temps, et c'est pour ça qu'après, j'ai pu repartir beaucoup plus rapidement, et qu'aujourd'hui, je suis bien, parce que j'ai pris sa décompression, et en fonction de la durée de l'aventure, et en fonction de chacun, il ne faut pas hésiter à prendre une semaine, deux semaines, un mois, et puis vraiment le faire en mode lent, et reprendre un rythme tranquille, petit à petit, sans retomber dans nos habitudes, et dans la vie de tous les jours, direct après une aventure. Tu as réalisé plusieurs autres aventures depuis, avec Carrie, donc on va en parler, mais celle-ci, celle que tu viens de nous expliquer, elle est quand même particulièrement longue, donc je te pose la question, en particulier pour cette aventure-là, tu dirais que le Jonathan, qui est arrivé à Tromsø, après 4 mois, 7200 kilomètres, 45 000 mètres des plus, en quoi est-ce qu'il était différent, du Jonathan qui avait pris le départ, sur son vélo, jamais testé, en Suisse, quelques mois avant ? Franchement, en tout, c'était la première fois de ma vie, que je me retrouvais seul, parce que j'ai toujours été quelqu'un, de très sociable, à vivre en groupe, je n'ai jamais été seul, plus d'une journée, j'ai toujours eu les amis, la famille, du monde autour de moi, et c'était la première fois, que je partais seul, et au début, ça a été très difficile pour moi, j'avais peur de partir seul, j'étais inquiet, dans le sens, en me disant, je ne vais pas avoir d'interaction sociale, je vais être tout seul, ça va me faire drôle, et du coup, j'ai appris à vivre avec moi tout seul, j'ai appris à me connaître, et en fait, tu passes tellement de temps, à pédaler toute la journée, que tu as des heures entières, en fait, où tu peux, dans un sens, méditer, penser, réfléchir, trouver des réponses, et en fait, j'ai fait un, ce qu'on peut appeler développement personnel, j'ai en fait, une possibilité de travailler là-dessus, immense, et j'ai appris à me connaître, j'ai changé, j'ai évolué, j'ai grandi, donc ouais, ça a été que bénéfique, cette aventure pour moi. Vu ce que tu as fait depuis, j'imagine que ça t'a conforté dans l'idée que ton projet de vie, c'était l'aventure professionnelle ? Ouais, ouais, même si j'y vais avec des pesettes, parce que ça reste quand même un milieu extrême, il faut quand même faire ses preuves, il faut, on ne peut pas se dire aventurier, en ayant fait de petits voyages, tu vois, je monte petit à petit, crescendo, je prends compétences, je fais mon chemin, mais oui, ça prend sens, et surtout maintenant que je commence à avoir des retours, je me dis que, ouais, c'était la bonne voie à choisir. Pour, alors, question un peu plus pratico-pratique, mais le budget sur un trip comme ça, de cette envergure, de cette durée, ça a été quoi à peu près ? Franchement, je ne l'ai pas calculé, parce que j'avais un petit peu d'économie de côté, du coup, je n'ai pas vraiment regardé. Après, je n'ai pas eu énormément de matos à acheter, parce que j'avais quand même déjà pas mal de matos, franchement, du coup, je ne saurais pas dire, parce qu'après, les seules choses que j'ai dépensées, du coup, sur les quatre mois, c'était le budget nourriture, mais d'un pays à l'autre, ça varie tellement. Je me souviens que le Danemark, par exemple, ça m'avait coûté un bras, la nourriture, je crois que j'ai passé trois semaines au Danemark, et j'avais dépensé quelque chose comme 1000 euros en nourriture, ça coûte super cher au Danemark. Donc, ça dépend vraiment des pays, mais en soi, à part mes dépenses de nourriture, je n'ai pas eu de dépenses pendant quatre mois. Danemark, encore plus cher que la Norvège ? Peut-être pas, mais je me souviens, parce qu'après, en Norvège, du coup, je n'ai pas acheté de nourriture, je n'ai acheté que de la nourriture lyophilisée, par rapport au croix, du coup, je n'avais pas de comparatif, mais je sais que le Danemark, j'avais été surpris par les tarifs.
Loïc D'accord.
Jonathan Parce qu'après, c'est toujours pareil, tu manges aussi beaucoup avec la dépense de calories, donc bon, ça fait... Ah ouais. À l'arrivée, d'ailleurs, tu avais perdu du poids, tu t'étais pesé au départ ? Non, je ne me souviens plus si je m'étais pesé ou pas, probablement, mais je sais que j'avais fondu au niveau du visage, parce que quand j'étais rentré, tous mes proches m'ont dit « Oh, tu as fondu du visage », donc je pense que j'avais perdu peut-être un petit peu de poids, mais peut-être pas énorme, parce que j'étais quand même à un peu plus de 6000 calories sur la partie hivernale en Norvège. Ah ouais ! Je consommais bien, ouais. Ah ouais, quand même, 6000 calories, punaise ! Ouais, même un peu plus de 6000 chaque jour. Ok. Ah, le vélo, ça creuse avec le froid.
Loïc Ah bah ouais, tu m'étonnes. Ok.
Jonathan Ok, donc là, tu prends ce petit job alimentaire à la fin de l'aventure, et à quel moment, du coup, avec Carrie, est-ce que vous vous dites « C'est parti, on va se faire quelques expéditions ensemble ». Donc en gros, ce boulot, c'était charpentier pendant 8 mois, donc je commençais le 1er février, je finissais au 30 septembre, et en fait, j'ai réussi à me débrouiller pour finir un petit peu plus tôt, je crois que j'ai fini au mois de juin, et donc j'en avais parlé à Carrie déjà avant juin, et elle m'a dit « Bah écoute, ouais, franchement, on va se lancer, tout ça ». Donc moi, en juin, je suis tranquille, donc je me lance vraiment à fond sur le projet. Carrie finit son boulot, donc elle pose sa démission, tout ça, elle finit au 31 décembre, et du coup, ouais, ça a été bosser à fond, c'est un job à temps plein, et du coup, c'est bien bosser à fond sur le projet. J'ai bossé les 6 premiers mois, plus ou moins tout seul, Carrie m'a rejoint vraiment au 1er janvier, et du coup, c'est mis là-dessus. Et donc, votre premier expé, enfin, votre premier trip ensemble, c'était le plateau polaire, et alors là, attention, l'écorchage, Finnmark Vida, c'est ça ? C'est parfait. 5 jours, 90 bornes, donc ça, c'était en quoi ? En ski de rando ? En ski pour le cas. En ski d'expédition, donc c'est un mix entre un ski de randonnée et un ski de fond. C'est quelque chose qui est très populaire ici, en Scandinavia, c'est les skis d'expédition, les mêmes que ceux qu'utilisent pour aller au pôle nord, au pôle sud, ou ce genre d'expédition. Donc, c'est quoi ? C'est des skis très droits, en termes de largeur, c'est entre le ski de fond et le ski de rando, c'est ça ? Exactement. En gros, le plus commun, c'est du 68. Ça reste du ski relativement droit. Tu mets des pots, soit des demi-pots qui font que la moitié du ski soit des pots complètes. Et puis, tu es fixé, c'est une fixation, c'est la même fixation que le ski de fond. Donc, du coup, c'est la petite barre à l'avant que tu clipes et que ça, tu n'as pas de talon. Et les chaussures, du coup, qui sont un mix entre une chaussure de ski de fond, mais un peu plus grosse et un peu plus rigide, mais qui n'est pas non plus une ski avec les coques plastiques. Oui, OK. Et alors, quelle différence tu dirais qu'il y a entre une XP solo comme tu as réalisé ? Bon, je ne sais pas si c'est vraiment comparable. Tu vas me dire ce que tu en penses parce que 4 mois tout seul, ce n'est pas tout à fait pareil que 5 jours, même en étant à 2. Mais est-ce que tu as observé, toi, des choses très différentes sur la gestion de l'effort, le fait de prendre en compte qu'il y a une autre personne, la communication, l'isolement ? J'imagine beaucoup de choses qui ne sont pas tout à fait pareilles. Oui, qui ne sont pas tout à fait pareilles. Je pense que sur les 5 jours, on l'avait un petit peu, on l'avait encore plus sur notre dernière aventure. Après, il y a aussi un fait que Carrie a toujours été quelqu'un d'outdoor, qui aime l'effort, qui aime la randonnée, tout ça, mais qui n'a jamais fait d'aventure. Donc, elle a appris avec moi et du coup, en même temps, il faut que je lui enseigne. J'ai ma façon de faire parce que j'ai aussi appris à faire par moi tout seul. Donc, du coup, c'était au début, c'était un peu de trouver nos marques, à trouver le juste milieu entre comment lui expliquer, lui laisser faire, pas tout gérer tout seul, etc. Après, l'avantage, c'est qu'on lui vit quand même en couple. Donc, du coup, la communication, les habitudes, c'est facile, tout se met facilement en place. Ce n'est pas comme deux copains qui ne vivent pas ensemble qui vont faire une aventure ensemble. Il y a ce facteur-là qui joue quand même beaucoup. Et du coup, tu as beaucoup de côtés positifs, mais c'est toujours comme tout, tu as un peu de positif, un peu de négatif, mais c'est quand même vachement chouette parce que tu peux partager quelque chose. C'était quelque chose de difficile sur le vélo parce que je suis le seul à savoir ce que j'ai vu, ce que j'ai fait et je ne peux le partager avec personne. Et du coup, quand tu fais une aventure à deux, tu le partages à deux et ça, ça n'a pas de prix. Et après, non, on va dire que l'avantage d'être tout seul, c'est que tu apprends à découvrir et puis tu vas chercher tes ressources seul et puis tu n'as personne pour te botter le derrière. Donc, il faut que tu te le bottes tout seul quand c'est dur qu'à deux, tu peux toujours t'appuyer sur l'autre parce qu'en général, quand tu as le coup de mou, l'autre n'a pas le coup de mou en même temps. Donc, tu as toujours une symbiose qui se met en place et qui facilite un peu l'effort. Donc là, nouveau record de température pour toi, moins 36 cette fois, c'est ça ? Exactement. Et qu'est-ce qu'on était content ? Moins 36, tu vois vraiment une grosse différence par rapport à du moins 24, moins 25 ? Franchement, tu le vois pour la nuit, pour quand tu dors. Après, sinon, quand tu es dans les fordans parce que jusqu'à moins 30, je me souviens que j'étais juste avec ma première peau, ma première couche. Ah ouais ? Ah ouais. Quand je suis dans les ford, je chauffe beaucoup. Du coup, je me souviens. Il y a les photos où j'ai la barbe toute blanche. Je venais peut-être juste de remettre la seconde veste, mais je me souviens que j'ai passé la majorité de la journée juste avec ma première couche. Et après, non, la nuit, tu sens que c'est une différence. Déjà, tu as la givre polaire qui arrive sur tout l'équipement que tu n'as pas sur des températures un petit peu plus chaudes, entre guillemets, parce qu'au moins 25, moins 35, je ne sais pas si on peut dire que c'est plus chaud. Mais non, ce qui est super difficile, c'est la nuit parce que je me souviens que par moment, tu dors sur le dos et en fait, par cette embatture-là, tu as vapeur. Forcément, quand tu respires, tu as toute la vapeur qui monte, mais en fait, cette vapeur, le temps qu'elle monte, elle gèle et du coup, au final, tu as de la glace qui te retombe sur la face et tu n'arrives pas à dormir et tu ne fais que te rêver parce que tu ne fais que de prendre des petits débris de glace sur la figure, donc tu es obligé de dormir sur le côté et de bouger. mais sinon, après, non, sur la vie de tous les jours, dès qu'il fait froid, je dirais même dès qu'il fait moins 5, tu n'es pas confortable donc ça ne change pas tellement quand tu rajoutes un peu de couche mais la difficulté reste sensiblement la même. Et j'étais un petit peu étonné et c'était bien de découvrir ça parce que, en fait, tu vois que quel que soit le froid, il fait froid. Tous les récits d'aventuriers qui sont partis en hiver, etc., il y a un accessoire qui apparemment est indispensable dont tout le monde me parle à chaque fois, c'est la brosse. Est-ce que tu es d'accord avec ça ? Ah, tu ne peux pas faire sans. À ce point, vraiment, les zips sont complètement verglacés, givrés, inutilisables. Oui, en gros, le matin, quand on brossait l'intérieur de la tente, les sacs de couchage, tout ça, tu as l'équivalent en copeaux de glace, d'un petit ballon de foot. Ah ouais, quand même ? Ouais, ouais, tu enlèves quand même vachement de glace tous les jours.
Loïc Ok, ok. Et ça, par exemple,
Jonathan je ne l'avais pas sur le voyage à vélo. Alors, j'avais la glace, mais du coup, je n'avais pas de broche, j'arrivais de genre me débrouiller. Mais ouais, quand il fait vraiment froid, tu as une grosse quantité de glace qui se forme. C'est énorme, en vrai. C'est quoi les autres enseignements un peu, tu vois, pratico-pratiques que tu as eus à travers ces deux premiers tripes ? Ouais, tu apprends tout. Tu apprends à mettre ta tente dans la neige, tu apprends à... Quand tu passes beaucoup de temps dehors, j'ai vu ça et j'en ai parlé avec d'autres personnes et c'est quelque chose qui est commun aux personnes qui passent du temps en extérieur. Tu apprends à lire la météo et à la prévoir un petit peu. Du coup, en fonction des nuages, en fonction des vents, comment ils viennent, tu sais plus ou moins ce qui peut t'attendre. Et du coup, tu apprends à bien placer ta tente, tu as bien la préparer. En hiver, par exemple, il faut toujours préparer ta tente pour qu'une tempête se lève au milieu de la nuit. Donc, tu ne peux pas dire au soir, je suis un peu fatigué, je mets vite fait ma tente. Non, il faut toujours qu'elle soit super bien posée, super safe parce que tu ne sais jamais ce qui peut se passer. Et après, c'est apprendre à gérer ton équipement. En fait, en soi, le froid, tout le monde peut y aller faire une expédition. En soi, tu fais 5 kilomètres que tu en fasses 25, ça va dépendre de ta forme. Après, l'équipement, il faut juste apprendre à le connaître, donc il faut le pratiquer. Là où c'est difficile, c'est juste de gérer par rapport au froid pour vraiment avoir tous les petits types, bien connaître son matériel, bien gérer pour ne pas faire d'erreur parce que quand tu es quand même sur des températures froides, ça ne partonne pas si tu fais une erreur. Là, plus récemment, vous êtes parti faire une traversée de la Scandinavie à vélo, donc Norvège, Suède, Finlande, 35 jours, 3000 bornes, 20 000 mètres de déplus en autonomie avec Carrie, ça a été quoi pour toi ? Donc là, déjà tout de suite un plus gros format qui était un peu plus proche de ce que tu avais fait en solo. Tu dirais que ça a été quoi les grands moments de cette expérience ? Franchement, tout. Il y a eu... C'est super intéressant parce que typiquement, si je fais le parallèle avec le voyage à vélo que j'ai fait, j'ai fait 7000 bornes en 4 mois. Là, on en a fait 3000 en 1 mois. Donc, la différence est énorme et du coup, j'étais sur un format voyage, ça veut dire quand je voulais faire un petit peu moins de kilomètres à la journée, j'en faisais un petit peu moins. Quand je voulais visiter quelque chose et m'arrêter, je le faisais. Là, on était vraiment sur une aventure. Tu n'avais pas de notion de voyage. Du coup, tous les jours, on faisait nos bornes quoi qu'il arrive. Vous êtes parti de l'île de... Non, on est parti d'Oslo. Vous êtes parti d'Oslo, d'accord. On est descendu sur Oslo, on a pris le départ de l'Opéra et le point d'arrivée était aussi l'Opéra d'Oslo. On voulait vraiment passer par les trois capitales de la Scandinavia et puis l'Opéra, c'était un joli monument pour marquer ce point de départ et ce point d'arrivée. Vous avez fait Oslo, Stockholm ? Alors, on a fait du coup, on est parti d'Oslo, on a traversé la frontière suédoise, on est parti sur le nord de la Suède, donc en traversant l'intérieur des terres puis après, on a rejoint la côte. On a bordé la côte sur le haut pour passer en Finlande et de la Finlande, on a un petit peu bordé la côte et après, on est parti droit sur Helsinki par l'Est pour vraiment être en nature. À Helsinki, on a pris le ferry jusqu'à Stockholm et de Stockholm, on a refait une ligne droite jusqu'à Oslo. D'accord, une grande boucle sud-nord ouest vers l'Est. Le but, on voulait vraiment être en nature, donc on a vraiment été se perdre sur des chemins loin de tout. Je t'ai demandé parce que, en fait, je viens de percuter, ça aurait été absolument incroyable comme coïncidence, mais je suis tombé sur un couple de bikepackers sur un ferry vers Alessun et je me suis dit non mais, en fait, c'était au moment où vous étiez en plein trip en Scandinavie, je n'avais pas percuté quand tu m'as envoyé le message. Ça aurait pu être très rigolo et le gars était bien barbu, mais non, ce n'était pas vous. Ok, et les moments, alors un peu même question que tout à l'heure, mais j'imagine que sur la durée, il y a peut-être eu des challenges qui se sont présentés dans le fait d'être à deux ou pas forcément d'ailleurs. Est-ce qu'il y en a un en particulier qui t'a marqué ? Oui, il y en a eu plein, mais alors c'était le but, c'est pour ça qu'on est parti sur la Scandinavie en automne, c'est qu'on savait que la météo pouvait être très changeante et du coup, on a eu un delta entre plus 20 à moins 5 en gros. Et donc, du coup, on est vraiment parti en mode très light. Le challenge, c'était qu'on voulait partir le plus light possible, donc on est parti. Moi, j'avais quelque chose comme 48 litres et carré un petit peu moins, peut-être 44 litres d'équipement, donc c'est rien du tout. Parce que là, typiquement, quand tu regardes les préconisations pour de la rando, pour 2 à 3 jours, il faut un sac à d'autres 50 litres. Donc, ça te donne un peu une marche quoi. Sachant que dedans, dans ces 50 litres, on avait pas mal d'équipements vidéo aussi parce que l'idée, c'est de faire un petit film de cette aventure. Ça, on n'avait pas de tente, on n'avait pas la place, donc on est parti juste avec le, deux tarpes, donc c'est une espèce de bâche super light et les hamacs. Donc, quand on avait des arbres, on mettait les hamacs avec le tarpe dessus, puis quand on n'avait pas d'arbres, on retournait les vélos et puis on mettait la bâche par-dessus les roues pour faire une espèce de tente de fortune. Et de temps en temps, c'est la bonne surprise qu'il y a, alors principalement en Suède, un petit peu en Finlande, c'est qu'ils ont des shelters. c'est des espèces de cabanes à bois, en fait, donc c'est ouvert, mais au moins, tu as un toit et puis du coup, tu peux dormir quand il pleut, tu as un petit toit, alors tu n'as pas de mur, tu n'as rien, mais au moins, tu es protégé de la pluie, c'est déjà un gros plus. Et du coup, c'était ça, ça, c'était vraiment un bon challenge. Et l'autre où c'était difficile en plus, c'est qu'on a, tous les jours, on a créé beaucoup de contenu pour les médias, pour les réseaux sociaux. On a aussi filmé en vue de faire un film et ça, je pense que ça a été le plus dur, c'est que sur 35 jours, on n'a pas eu un seul moment de pause. Tu vois, on a dû aller tous les jours parce qu'on n'avait pas de jour off et puis il fallait tout le temps filmer. Dès qu'on avait un moment de repit, on filmait. Quand on arrivait au camp, il fallait monter le camp, préparer à manger, éditer la vidéo, du jour. Et au final, sur 35 jours, on a eu 0 heure de pause. Oui. Et moralement, c'est dur parce que tu n'arrives pas à te poser. Tu es tout le temps dans l'effort à l'jeune 4. Ça fait une super transition. J'allais justement te poser la question, c'est quoi la réalité ? Tu vois, quand on essaie de devenir, de faire de l'aventure son job, c'est quoi les contraintes quand tu pars dans des trips comme ça ? Donc là, tu sembles dire, c'est le fait que finalement, tu as 0 pause, tu es tout le temps vigilant sur le qui-vive pour créer du contenu. Mais est-ce qu'il y a autre chose ? Est-ce que vous arrivez déjà d'ailleurs à en vivre un petit peu ? Est-ce qu'il y a des entreprises qui sont suffisamment intéressées par ce que vous faites pour déjà vous filer un peu d'argent ? C'est un gros travail. je m'attendais, je savais dans quoi je me lançais en voulant me lancer dans l'aventure. Mais en fait, aventurier, c'est que la partie émergée de l'iceberg. L'aventure, ça représente peut-être 10% du job. Et en fait, tu as 90% émergé que tu ne vois pas. Et en fait, un aventurier, c'est un mec qui est bon en entraînement, qui est bon en nutrition, qui est bon en prépa mental, qui est bon en logistique, qui est bon en marketing, qui est bon en com. Enfin, bon ou pas bon, mais ce que je veux dire, c'est qu'il doit tout gérer. Et en fait, l'éventail est vraiment énorme. Et du coup, c'est un travail qui est vraiment complet, qui est super intéressant parce que tu fais plein de choses. Mais du coup, en fait, c'est un job pour 10 et puis tu dois le faire tout seul. Alors nous, on est deux, ça nous soulage un petit peu parce que du coup, on peut dispatcher un peu le boulot. Mais ouais, le travail est énorme. Ça fait un an et demi maintenant qu'on s'est lancé sur le projet. En un an et demi, on est fiers de nous, on est heureux parce qu'en fait, on a quand même beaucoup fait. Typiquement, aujourd'hui, on a une dizaine de marques qui nous sponsorisent pour lesquelles on est ambassadeur. C'est des marques qui croient en nous, qui nous soutiennent, avec lesquelles on construit une relation à long terme. Donc ça, c'est vraiment chouette. Et puis, derrière ça, parce qu'on n'en vit pas de l'aventure, ça ne rapporte pas d'argent. Derrière ça, on est en train de travailler sur la création de conférences, même si on en a donné quelques-unes au début. On fait des stages à haute d'or. Donc, c'est ça qui va nous permettre de diversifier nos revenus. Et l'idée, c'est qu'on travaille dessus. Et puis là, on est en train d'essayer de travailler pour développer, pour pouvoir donner plus de conférences, pour intéresser plus de monde, plus d'entreprises. Mais voilà, c'est un travail, en tant qu'aventurier, tu fais plein de choses, c'est super intéressant. Mais c'est demandant.
Loïc Ces stages que vous allez créer, c'est quoi l'idée ?
Jonathan L'idée, c'est de faire des petits stages été-hiver sur deux jours et une nuit, où on va pouvoir emmener les gens pour leur faire découvrir le bivouac, apprendre les bases, être autonome, pour pouvoir faire un premier petit copement d'hiver, un premier petit copement d'été, et ce genre de choses. Trop bien. Et après, toutes les conférences, c'est sur plein de thèmes, et tout ce qui est discipline, motivation, dépassement de soi, sortir de la zone confort, rêver grand, réaliser ses objectifs. Donc, on essaie de travailler sur tout ça. Génial. Génial. Est-ce qu'il y a des gros projets à venir pour vous, en termes d'expé ? Ouais, il y a des bons projets, ouais. Il y a des bons projets, le prochain qui arrive, il va arriver vite, c'est la traversée du Hardanger Vida. En gros, en Norvège, il y a deux monuments polaires pour des préparations et des expéditions arctiques plus conséquentes. Il y a le Finmarzida, donc on l'a fait l'année passée, et il y a le Hardanger Vida. On va dire que la météo est sensiblement pareille, c'est un petit peu moins froid au Hardanger Vida parce qu'il est plus au sud, mais par contre, il est beaucoup plus tempétueux, et on y va en février à la période des tempêtes, parce qu'on veut se tester sur conditions difficiles. Donc, on va faire une traversée d'une petite quinzaine de jours, donc ça va être quand même quelque chose de conséquent, parce que février, c'est froid, et toutes les tempêtes vont vraiment être sur un objectif conséquent. Et puis, avec ça, on devrait avoir une grosse surprise qui va arriver aussi, mais ça, la surprise sera annoncée plus tard. Ce teasing de ouf ! Et après, l'idée, c'est de préparer une plus grosse expédition pour l'année d'après. Ok, donc 2025. Ouais. Et puis moi, alors ce sera sans caries, mais en mois de mars, donc trois semaines après notre expé, je repars sur une quinzaine de jours sur du ski de rando en portrait sur les Alpes-Lingen au nord de la Norvège. Génial. Donc, ça va être de beaux projets, quoi. Génial. Eh bien, écoute, hâte de voir ce que ça va donner, tout ça. Si les gens veulent te suivre, de toute façon, je mettrai le lien vers vos réseaux, mais j'imagine que le mieux, c'est Instagram pour pouvoir être en contact avec vous. Instagram, après, comme tout le monde, on a Facebook, YouTube, et puis on a aussi notre site Internet. Ok. Top. En guise de conclusion, qu'est-ce que tu dirais à celles et ceux qui nous ont écoutés, qui ont des projets ou des situations actuelles dans lesquelles, comme toi à l'époque, ils ne trouvent peut-être pas trop de sens, mais qui hésitent encore à se lancer et à initier des changements dans leur vie comme toi, tu l'as fait ? Le meilleur conseil que je pourrais donner, c'est qu'en fait, il n'y a jamais de risque. Il ne faut pas avoir peur du non. Il faut se lancer quoi qu'il arrive et puis parce que souvent, on se crée des films dans nos têtes et au final, quand on se lance, la réalité est tout autre. En fait, il faut juste se lancer, il faut oser et sans avoir peur du non. Et puis, s'il y a un non, on peut toujours continuer à ouvrir d'autres portes et puis derrière, on aura toujours une solution de sortie. Il n'y a rien qui est marqué dans le temps si on se lance sur quelque chose et puis qu'au final, ça ne marche pas. On pourra toujours se relancer sur autre chose et au final, il n'y a jamais de fatalité. Et tu en es l'exemple. Donc, merci Jonathan pour tout ce que tu as bien voulu partager sur l'épisode. C'était super intéressant. Je te dis excellente préparation pour les prochaines aventures qui arrivent et puis, hâte, si ça se monte. Il faudra qu'on voit d'ailleurs, est-ce qu'on fait venir Carrie pour un épisode en anglais ? Comme ça, il y aura une espèce de perspective croisée. Oui, je pense que ça peut être super intéressant parce qu'il y a un autre point de vue. Et puis, parler d'autre chose, je veux rebondir là-dessus rapidement par rapport au il faut oser et puis il faut se lancer. si je prends l'exemple de Carrie, elle n'avait jamais fait de vélo. Alors, elle a fait du vélo pour aller faire les courses pour son vélo, mais elle n'a jamais pratiqué de cycle. Elle a reçu le vélo trois semaines, un mois avant le départ. Elle a fait à tout casser 300 km. Elle avait peur de se lancer parce que le projet était ambitieux. et au final, elle s'est lancée et puis, elle a réussi haut la main et puis, elle m'a clairement épaté parce qu'il y a des jours, même moi, je n'étais pas en forme, je ramassais et puis, elle continuait de pédaler. Bon, je ne sais pas. Donc, au final, on voit, quel que soit vos rêves, il faut juste se lancer et puis tout le monde peut réussir. Génial. Merci beaucoup, Jonathan. Je te dis certainement à une prochaine pour un nouveau récit d'aventure. Avec plaisir. C'était un super moment partagé avec toi, Loïc. Vous êtes encore là. Merci du coup d'avoir écouté cet épisode avec Jonathan jusqu'au bout. J'espère que ça aura donné des envies d'aventure et de changement à quelques-uns d'entre vous. Pensez à partager cet épisode autour de vous en copiant le lien maintenant depuis votre plateforme d'écoute et en l'envoyant à quelqu'un qui aime l'aventure, les voyages à vélo ou les nuits sous la tente par moins 30 degrés. Si vous voulez me contacter, vous pouvez le faire sur Instagram lesfrappés.podcast ou par email hello arrobas lesfrappés.com Je suis toujours friand de feedback ou de suggestions d'invités donc n'hésitez pas. Merci une fois de plus pour votre fidélité. Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très bientôt pour un nouvel invité. Winner Winner Winner Sous-titrage Société Radio-Canada
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