Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·127 Trail #gravel #course à pied

15 août 2023

Courir 60 trails par an et toujours prendre autant de plaisir avec Alexia Coudray

Durée · 1h12 · Transcription disponible

Alexia

Le récit

Alexia est professeur d'EPS et une vraie mordue de trail depuis plus de 10 ans.

Son format de prédilection : les distances de 10 à 30 kilomètres. À l'inverse de ce qu'on voit très souvent dans la course à pied, elle ne cherche pas augmenter les distances, bien au contraire.

Car prendre le départ d'épreuves relativement courtes lui permet de les enchaîner à un rythme soutenu. Très soutenu même 😂

En 2022 par exemple, elle a pris 58 dossards ! C'est énorme !

Un échange passionnant dans lequel Alexia nous parle de ses stratégies de courses, d'épreuves qui l'ont marqué, ou encore de ce que lui apporte le trail tel qu'elle le pratique.

Merci Alexia, à bientôt sur les pentes du Ventoux pour une sortie Gravel 😉

🔎 Alexia est une athlète du team CIMALP. CIMALP conçoit des équipements de plein air avec passion et dans le respect de la nature, au service du confort et de la performance. Visitez leur site internet.

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Produit et distribué en association avec LACMÉ Production.
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🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #22 - Daphné Derouch - Sportive de l'extrême - Le plaisir comme principal moteur !

Vous pouvez suivre Alexia ici ⬇️
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CIMALP
Vêtements Techniques pour les sports de Montagne.

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Alexia Et au retour du confinement, j'ai un peu changé ma vision des choses en me disant, ben voilà, on a été privés de course pendant quasiment un an, on ne sait pas si ça va reprendre, ça ne va pas reprendre. Et je fais les courses qui me font plaisir et j'y vais. Et peu importe, j'en fais une, j'en fais deux, j'en fais trois dans le week-end. Donc effectivement, l'année dernière, ils étaient entre les deux, j'avais pris 58 dossards dans l'année.

Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau. Et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement. Et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. Pour ses 40 ans, on l'avait mise au défi de courir 40 trails en un an. Elle en a fait 58. Cette semaine, j'accueille Alexia Coudray, passionnée de sport outdoor et accessoirement professeur de PSL. Vous l'entendrez, Alexia dégage une énergie folle. On sent clairement que le trail tel qu'elle le pratique, c'est ce qui l'a fait vibrer. Je me suis régalé à en apprendre plus sur ses stratégies de course. J'ai souri en entendant les anecdotes d'épreuve qui l'ont marqué. Et j'ai bu ses paroles quant à la partager en fin d'épisode les 3 leçons qu'elle retient de plus de 10 ans de pratique. Alexia est également membre de la team Simalp, le sponsor de cet épisode. Simalp, c'est une marque française créée en 1964 par des amoureux de montagne pour des amoureux de montagne. Ils conçoivent des équipements de trail, d'alpinisme, de ski ou encore de rando. Donc c'est assez varié, mais ça reste toujours dans l'univers de la montagne. Ils mettent l'accent sur la technicité, la durabilité, l'innovation et l'accessibilité de leurs produits, ce qui est plutôt pas mal pour nos portefeuilles. Personnellement, j'adore le matos outdoor. Je réalise des tests pour plein de marques différentes depuis plus de 10 ans. Donc je reconnais un produit de qualité quand j'en ai un entre les mains. Dans le cas de Simalp, j'ai eu l'occasion de partir en montagne avec plusieurs de leurs pièces emblématiques. Première couche, veste isolante, veste étanche, short pantalon et franchement, ça n'a été que de bonnes expériences. Les produits sont bien pensés, c'est robuste et en plus, c'est français. Un détail que j'adore, ce sont les pictogrammes qui présentent les caractéristiques techniques de chaque produit. isolant, étanche, anti-odeur, etc. Ce qui est super pratique si, comme moi, vous commencez à avoir pas mal de vêtements outdoor dans vos placards et que vous vous y perdez. Simalp commercialise en direct sur internet, ce qui leur permet d'offrir des tarifs très compétitifs. Donc foncez faire un tour sur leur site simalp.fr. Excellente écoute à vous les frapper.

Alexia J'ai la chance d'avoir pas mal de bougeot. Je fais pas mal de sport à l'extérieur, pas mal de montagne l'été, etc. Et je m'occupe en faisant des activités tout au long de la journée. Voilà. Donc là, ce matin, par exemple, juste avant de t'avoir, je vais faire un tour de gravel, qui est ma nouvelle passion.

Loïc Ah, excellent, excellent. Mais alors là, j'avais forcément plein de questions sur le trail, mais si tu me lances sur le gravel, on va en parler aussi. Ouais. Nouvelle passion parce que pourquoi c'était, tu cherchais un entraînement complémentaire à la course à pied ou quelqu'un t'a emmené là-dedans ? Comment ça s'est fait ?

Alexia Alors, en fait, avant de faire du trail, je faisais du raid multisport. Voilà, j'en ai fait pas mal, notamment le raid in France, qui a été l'apothéose. Et je faisais énormément de VTT. Et après, j'ai basculé un peu plus sur le trail, donc j'ai mis le raid de côté. Et c'est vrai que le VTT, j'ai mis de côté aussi, mais j'ai gardé, je me suis mis beaucoup au vélo de route en complément du trail. Et il y a un mois, c'était aux dernières vacances, un peu plus d'un mois, j'ai un ami qui m'a proposé une sortie gravel découverte. Et notamment avec un vélo un peu spécifique où il y a une petite fourche bien sympathique qui fait un mix entre le VTT et le vélo de route. Et j'ai trouvé ça, mais juste extraordinaire. Et dans la foulée, j'ai revendu mes vélos et j'ai acheté un gravel. Voilà. Et depuis plus d'un mois, ça a gravel à fond.

Loïc Ouais. Trop bien. Parce que toi, tu vis à Bédouin, c'est ça ?

Alexia C'est ça. Donc au pied du Ventoux et j'ai énormément au niveau terrain de jeu. Ça me permet de redécouvrir encore une autre façon le Ventoux et ses environs avec le gravel.

Loïc Mais parce que tu as de quoi rouler en gravel au Ventoux ?

Alexia En fait, rien que le bas du Ventoux, pour sinuer entre les routes, les sentiers, etc. Il y a énormément de choses à faire. Il y a les dentelles de Montmirail aussi qui ne sont pas loin. Il y a les ocres de Mormoiron. Il y a une infinie de possibilités de parcours où ça passe de route, chemin, piste. Voilà. Donc, c'est vraiment génial. Ok.

Loïc Ok. Tu vois, je n'aurais pas cru parce que je me suis lancé dans les courses accompagnateurs en moyenne montagne. Il y en a une dans la liste des courses obligatoires imposées qui est l'Ascension du Ventoux. Par les graviers blancs ? Ouais, de mémoire. Ouais. Et franchement, ça m'a surpris. Je ne m'attendais pas à ce que surtout la fin soit aussi pierreux. Ouais.

Alexia Le Ventoux, le sommet du Ventoux, c'est… C'est lunaire.

Loïc C'est une grosse tasse de cailloux.

Alexia Ouais.

Loïc Et tu vois, en descendant, je n'ai pas croisé énormément de DFCI ou autres. Mais bon, je n'y suis allé qu'une fois. Il faudra revenir.

Alexia Il faudra revenir. Voilà. Mais il y a plein de choses à faire. Et puis, connaissant, ayant pas mal barulé aussi en trail, c'est vrai qu'il y a plein de sentiers. Je me dis, mais ça, ça passe en gravel, ça, ça passe en gravel. Donc, l'autre jour, je suis allée expérimenter ça. Alors, il y a des moments où j'ai un peu plus… Peut-être porté le vélo parce que ça ne passait pas, mais ça fait partie aussi de l'activité. Mais j'ai pu explorer des sentiers que je fais d'habitude en courant avec le vélo. Et ça, c'était plutôt chouette. Ouais.

Loïc Trop bien. Et tu es partie sur quel modèle par curiosité ?

Alexia Alors, c'est un Cannondale, c'est le Slate.

Loïc OK.

Alexia Parce qu'on m'a fait essayer celui-là. Et j'ai adoré. On m'a trouvé le même modèle que celui que j'avais essayé. Et je suis partie avec celui-ci.

Loïc Voilà. Génial. Génial. Excellent. Bonne petite parenthèse. Mais ta pratique de cœur, ou en tout cas celle qui te prend le plus de temps, sur lequel tu t'alignes au départ du plus grand nombre de courses, ce n'est pas encore le gravel peut-être ? Non. Donc, c'est le trail.

Alexia Oui.

Loïc Sur des formats. Alors, quand j'en parlais, j'ai eu Marie de Simal, Florian il n'y a pas très longtemps. Donc, je leur ai expliqué qu'on allait enregistrer tous les deux. Ils me disaient, mais Alexia, tu vas voir, c'est une mordie de trail. Alors, il y en a un qui m'a dit que tu avais pris 30 dossards sur une saison. L'autre qui m'a dit que c'était 50. Alors du coup, je te posais la question, tu vois, tu as quel niveau d'un temps ? Combien de courses est-ce que tu fais habituellement sur une saison ? Et sur quel format ?

Alexia Alors, pour te répondre sur les formats, j'ai commencé le trail, ça fait un peu moins de 10 ans en fait. J'ai toujours fait du sport parce que mes parents m'ont initié à ça. Ma maman était prof de PS aussi et je suis devenue prof de PS. Après, j'ai toujours fait un petit peu de tout. Je me suis un peu spécialisée pour, comment dire, mes études dans le handball et le tennis. Et puis, il y a une dizaine d'années, j'ai basculé sur autre chose. J'ai voulu changer un petit peu à mes 30 ans. J'ai découvert pas mal les sports nature grâce à une amie. Tout ce qui est montagne, ski, rando, alpinisme, etc. Et naturellement, avec le red, je me suis tournée un petit peu vers le trail aussi. Et je sais pas, j'ai commencé à aimer ça. Et puis, même les résultats sont arrivés assez rapidement alors que j'avais aucun potentiel à la base là-dessus. Et ouais, depuis 2015, on va dire que ça s'enchaîne pas mal. Donc, j'ai monté un petit peu crescendo en commençant par les courses de village qui sont autour de chez moi, les petites courses nature. Et puis, en 2018, je me suis lancée sur le challenge des trails de Provence. Donc, c'est des formats plutôt autour de 25-30 kilomètres maximum, que j'ai fait trois fois et que j'ai gagné trois fois. Donc ça, c'est plutôt mes formats habituels. Et au retour du confinement, j'ai un peu changé ma vision des choses en me disant, ben voilà, on a été privés de course pendant quasiment un an. On ne sait pas si ça va reprendre, ça ne va pas reprendre. Et je me suis dit, au retour du confinement, je fais les courses qui me font plaisir et j'y vais. Et peu importe, j'en fais une, j'en fais deux, j'en fais trois dans le week-end. Donc effectivement, l'année dernière, ils étaient entre les deux. J'avais pris 58 dossards dans l'année. Et cette année, ben là, ce week-end hier, j'étais avec Florian justement dans le Pila. Mais la veille, j'avais fait un semi sur route les Gorges de la Nesque. Et hier, c'était mon 30e dossard depuis janvier.

Loïc Oh, finaise !

Alexia Donc oui, mordu. Voilà. Mais je suis une mordu de dossard, comme on dit, de courses, d'adrénaline, de rencontres des gens, de rencontres de lieux, voilà, découvrir de nouveaux paysages. Mais je ne suis pas une accro, on va dire, de l'entraînement. Je n'ai pas de coach. Déjà, moi, je fais au feeling. Et je le fais vraiment à la sensation. Quand j'ai besoin de travailler un truc, ben je sors. Ou alors, c'est comme ce matin, c'est du gravel, ça va être de la rando l'été, montagne, ça va être un peu de grimpe. Voilà, c'est essayer de varier au maximum les activités. Mais c'est vrai que le week-end, ben c'est un peu le leitmotiv. Tu approches le dossard et on y va, quoi. Voilà.

Loïc J'avais échangé avec une autre, comment dire, raideuse, du coup. Oui. Ouais. Daphné de Roche.

Alexia Ah, de Roche, je crois que c'était Daphné Nadulek, mais… De Roche, ouais.

Loïc Et je ne sais plus si elle a fait le Raid in France et qui disait qu'il y avait finalement la même approche que toi, c'était en fait une approche au feeling, au plaisir. Pas de programme d'entraînement, pas de coach nutrition ou je ne sais pas quoi, ou technique ou autre. Elle, son leitmotiv, c'était j'ai un boulot qui me prend déjà suffisamment de temps et de charge mentale. Le sport, c'est pour me faire plaisir. Donc, j'y vais avant tout pour ça. Comme quoi, ça peut marcher très bien puisque tu nous as parlé du trail de… Challenge et Trail de Provence. Challenge et Trail de Provence. J'ai très le Provence en tête parce que…

Alexia Oui, c'est…

Loïc Je me suis inscrit il n'y a pas longtemps. Voilà. Ah, ça en fait partie ?

Alexia Le THP, il en faisait partie à un moment donné. Et je crois que cette année, il y était encore… Oui.

Loïc Ok. Je viens de prendre un dossard pour la version hivernale, 40 km fin au mois.

Alexia Oui, au mois de décembre. Oui. J'espère pour toi qu'il ne sera pas trop moche parce que la montagne de l'ur, ça pique.

Loïc Bah, oui. On verra. Ok. Donc déjà, 30 dossards depuis le début de l'année, 58 l'année dernière. Tu dirais qu'au-delà de cette envie d'en profiter au maximum parce que ce que tu expliquais, voilà, la sortie du Covid, on ne savait pas si ça allait revenir ou pas. Mais au-delà de ça, qu'est-ce que tu trouves dans ces formats… Alors, je n'ai pas envie de dire courts parce que 25-30 bornes, ce n'est pas non plus super court, mais tu vois, j'ai souvent des invités qui ont une espèce de montée assez rapide dans les distances et qui cherchent ça justement. Toi, qu'est-ce que tu trouves dans cette approche du trail qui reste sur des formats jusqu'à 30 km à peu près ?

Alexia Alors, moi, l'intérêt, souvent, on m'a posé la question, mais pourquoi tu ne allonges pas ? Parce qu'au bout de 3-4 ans, les gens, ils passent sur du 45-50, voire au-delà. Moi, ce qu'il y a, c'est que la course, comme je t'ai dit, à la base, ce n'est pas mon activité préférentielle non plus. Avec ces formats-là, ça me permet à la fois de rester sur des efforts qui sont de courte durée, on va dire entre 2h30, 3h, voire 4h si le format est vraiment technique, avec beaucoup de dénivelé ou quoi. Donc, ça reste des formats où l'intensité d'engagement, parce que quand je m'engage sur une course, comme je t'ai dit, c'est pour y aller à fond. Et la concentration sur 3h, 4h, ça passe encore, mais au-delà, j'ai du mal à rester focus sur ma course, je me lasse un petit peu. Et après, c'est surtout que du coup, avec des formats courts, je peux en enchaîner plusieurs, dans le week-end ou même dans la journée. Des fois, ça peut être le matin et le soir, c'est une petite course ou quoi. Ça demande moins de récupération, moins de préparation. Donc, comme on disait au feeling, c'est que sur des formats courts, quand on reste sur du moins de 30 bornes, en fait, les courses le week-end, moi, me servent aussi d'entraînement. Voilà. Et dans la semaine, je peux faire autre chose. Ou même chose, c'est-à-dire que dans le week-end ou dans la journée, le matin, je peux aller courir. Et après, même si on me dit, ben, on va faire un tour de vélo, on va faire ci, on va faire ça, je ne suis pas complètement à plat et je peux enchaîner une autre activité. Donc, ça me permet d'être plus dans la variété. Et je pense aussi qu'au niveau des blessures, parce que quand on passe sur du long, moi, j'ai beaucoup d'amis, il y a le syndrome de l'essuie-glace, il y a des tendinites. Enfin, il y a beaucoup de choses qui apparaissent à cause, justement, de la durée d'effort qui est demandée pour les distances, qui font que moi, je n'ai pas envie de subir ça. Voilà, j'ai 41 ans, je suis encore à peu près préservée et je n'ai pas envie de me flinguer en faisant du 50 bornes et me dire, bon, je vais en faire deux dans l'année et après terminer. Voilà. Ça me frustrerait jusqu'autre chose. Donc, il y a ça, il y a vraiment cette intensité qu'on peut mettre sur un format court que l'on ne mettra pas sur un format long où on va être plus sur de la gestion et de la rando-course. Enfin, je parle à mon niveau, pas au niveau des champions où eux, ils sont sur de la course tout le temps. Mais voilà. Et ça, moi, prendre un dossard pour faire une rando-course, je préfère y aller avec des potes, comme on va faire ce week-end où on va faire la traversée des calanques pour l'anniversaire d'une copine. Eh bien, on va le faire en mode rando-course. Et ça, oui, mais je ne prends pas un dossard pour faire ça.

Loïc Ouais, OK.

Alexia Mais après, c'est ma vision. Ouais, ouais.

Loïc Ouais. Mais c'est super intéressant, tu vois, cette approche par rapport à la blessure. Je n'aurais pas forcément, je pense que spontanément, je n'aurais pas pensé justement par rapport à ce que tu viens d'évoquer, l'intensité. Tu vois, c'est-à-dire que, bah oui, j'imagine que sur tes courses, enfin sur des formats plus courts, le rythme est beaucoup plus soutenu. Donc, potentiellement, tu me dis si je me trompe, mais sur terrain technique, tu vois, j'aurais pensé à vitesse moyenne du peloton en gros, peut-être beaucoup plus élevé. Donc, il faut être aussi beaucoup plus vigilant parce que, bah voilà, oui, c'est plus court, mais potentiellement plus exigeant. Donc, je n'aurais pas forcément pensé à la blessure, tu vois, mais c'est super intéressant.

Alexia Moi, je ne parle pas de la blessure spontanée, c'est-à-dire la blessure qui va arriver, malheureusement, ça peut être sur du court ou sur du long ou en sortant dans la rue, c'est-à-dire on se fait une feuille parce que, bah, le pied qui se pose au mauvais endroit, etc. Ça, ça peut arriver sur n'importe quel format. Moi, je pense plus sur la blessure à long terme, c'est-à-dire d'usure, compter du corps pendant… Parce que, enfin, je l'ai vécu sur le Red in France, je ne me suis pas blessée, mais mon corps a souffert pendant… Bah, on a fait 130 heures de course quand même d'affilée. Et, bah, là, c'est des rétentions d'eau, le corps aussi… Enfin, le sommeil qui est complètement déréglé parce qu'on fait des micro-siestes, on continue tout le temps. Au niveau de l'alimentation, c'est pareil, c'est… Au début, on se fixe des sachets repas, quoi, pour dire on va manger ça, mais finalement, le corps, comme il est en perpétuelle activité, ce qu'on avait prévu, ça passe pas, ou on a envie d'autre chose et on mange n'importe quoi et n'importe comment. Donc, il y a tout un dérèglement qui se fait quand on est sur du long. Ceux qui font de l'ustralistance, on le voit, ils font des fois 24, 40 heures de course. Donc, dans la gestion au niveau du sommeil, de l'alimentation, etc., il y a des choses qui se passent et qui, après, je trouve, quand on revient à notre vie quotidienne, parce que ce n'est pas notre métier, comme tu l'as dit, c'est compliqué. C'est compliqué. Alors que sur du cours, on va prendre une compote et une barre et bah, ça, c'est parti. On va pas se soucier à se dire bon, alors il faut que je prévois ça, ça, ça, à tel moment, il faut que je mange comme ça, voilà, et dans la… Que ce soit en amont, pendant et après, c'est pas le même sport, voilà. Et je trouve que le long, c'est plus… Ouais, pour moi, ça me semble plus traumatisant que faire du cours. Mais après, ceux qui vont du long, ils vont dire, ouais, mais moi, je peux pas courir comme tu fais parce que c'est trop rapide, c'est trop intense. Je dis oui, mais bon, moi, j'aime pas courir longtemps parce que c'est pareil. Voilà. Ouais.

Loïc Mais alors, peut-être pour creuser un peu sur la partie entraînement, donc, t'expliquer que c'est au feeling, au plaisir. Est-ce que tu as quand même dans les grandes lignes, tu vois, des… Je sais pas, des items sur lesquels tu fais attention, tu vois, la puissance, le cardio, le volume. Est-ce que tu gardes comme ça, tu vois, certains repères en tête pour déterminer à peu près ton niveau ou bien est-ce que tu fais tellement d'épreuves que finalement, c'est chaque week-end que tu regardes un peu aux sensations, etc.

Alexia Alors, je te dirais que maintenant, je me connais tellement que je sais exactement ce dont j'ai besoin, voilà, pour le jour J. Après, j'essaye dans l'année de me fixer, on va dire, deux, trois courses un peu phares. L'année dernière, par exemple, je m'étais… Donc, j'avais fait… La première, c'était la Full Moon, le Full Moon Trail. Donc, c'était une longue distance pour moi. Donc, c'est pour ça que j'avais cumulé un peu des dossards avant pour faire du volume, comme on dit. Voilà, à faire deux, trois courses dans le week-end ou à faire deux courses plus une sortie vélo pour faire du volume et arriver à peu près préparé pour la Full Moon. Alors, il n'y avait pas beaucoup de dénive, donc je n'ai pas eu besoin de faire non plus de gros entraînements montagne, etc. Ça, c'est venu après…

Loïc La Full Moon… Pardon Alexia, juste, je te coupe, mais s'il y en a qui ne connaissent pas, c'était la première édition l'année dernière. C'est Ex-Marseille de nuit, donc c'est un peu la Saint-Élion du Sud.

Alexia C'est ça. Alors, moi, du coup, j'avais fait le parcours intermédiaire. Donc, c'est un ami, Éric Razoli et son ami Éric Planchat qui ont lancé ça l'année dernière en disant, on va faire une Saint-Élion, mais par beau temps. Voilà. Et c'est de rallier effectivement Ex à Marseille avec les arrivées sur le Vieux-Port et au lever du soleil. Et la particularité aussi, c'est que la date change chaque année en fonction de la pleine nuit. Donc, effectivement, l'année dernière, Éric m'a convié à faire la première édition, mais je n'ai pas fait la grande partie, on va dire. J'ai fait la moitié. Donc, nous, on partait de Bouc-Bélair pour rejoindre Marseille. Et elle faisait donc 38 kilomètres. Donc, déjà, pour moi, ça commence à être costaud. Donc, il y avait cette première étape. Après cette première étape, je m'étais inscrite au championnat de France en Open à Salers, qui était 30 bornes avec du dénivelé, là, cette fois-ci. Donc là, entre la Food Moon et les championnats de France, j'ai fait des courses avec un petit peu plus de dénive, pas forcément plus longue, mais avec un peu plus de dénive, donc notamment sur le Challenge des Trails de Provence. Après, j'avais fixé en, comment ça s'appelle, en août, j'ai fait la première édition aussi de l'expérience Trail Cours Meilleur. Donc là, c'était 15 bornes, 1007 de D+. Et tout l'été était dédié à ça, c'est-à-dire que j'ai fait plein de courses montagne pour déjà m'habituer. J'ai fait des kilomètres verticaux, j'ai fait beaucoup de randos aussi montagnes, qui m'ont permis d'arriver préparée pour ça. Ça en est suivi après la Grande Trage du Dévoluie, que j'ai fait avec Lauréa Zéni. Donc, même chose, c'était dans la continuité, course sur deux jours. Alors, j'avais déjà fait la Piramenta il y a 2-3 ans avec Marilyn, Nakash du team. Et après, ça clôturait par la Skyrun, que je voulais faire aussi absolument. Donc, la saison, elle est en fonction des 2-3 courses comme ça, un peu item, enfin, un thème qui vont ponctuer ma saison parce qu'un peu importante et un peu plus prestigieuse, on va dire. Je vais essayer de caler mes courses et des sorties, si j'en ai besoin, qui vont me permettre d'arriver prête pour la course J. Mais te dire, je prévois ci, je prévois ça, non. Je sais qu'à un moment donné, je manque un peu, par exemple, de dénivelé. Je vais aller faire ça. Je manque un petit peu de vitesse. Je vais mettre un D-bande sur route pour reprendre un peu de jus. Bon, voilà. Et je la joue plutôt de cette manière-là.

Loïc OK. Super intéressant. OK. Sachant que sur la partie, donc là, on parle plutôt de la partie préparation physique, mais sur des épreuves où tu disais, voilà, au maximum 4 heures, si c'est technique. Côté mental, est-ce que c'est suffisamment long déjà pour côté de ces fameux yo-yo ? Tu vois, j'en parle souvent. J'en parlais avec Florian quand on a enregistré où il expliquait que ce qu'il aime bien dans l'ultra aussi, c'est que finalement, ce travail un peu d'introspection que tu fais tout le temps, où peut-être que ça ne va pas du tout pendant une heure. Et puis, en fait, les deux heures suivantes, c'est l'euphorie, puis ça retombe. Est-ce que tu retrouves aussi ces cycles-là, tu vois, mentaux de up and down sur tes courses ? Ou est-ce que justement l'enjeu, comme elles durent moins longtemps, c'est d'être à bloc 300% énergie positive du début à la fin ?

Alexia Alors, ça va peut-être sembler bizarre, mais effectivement, il y a les up and down. Alors, sur du 10-15 bornes, non. Mais quand on passe sur du… Je dirais au-delà de 20, à 25 bornes, j'ai ce moment où on est plus ou moins à mi-parcours, où il y a un peu cette phase… Oh là là, je n'ai fait que la moitié. Bon, mais tu me dis « Ah, il y a encore la moitié ». Après, il y a les phases aussi en fonction de… Moi, j'étudie énormément les profits de course, quand c'est des courses que je ne connais pas. Je me renseigne beaucoup sur le terrain, si c'est un milieu dans lequel je n'ai jamais couru. Pour n'avoir aucune surprise, en fait, j'ai mentalisé ma course avant de la faire. C'est-à-dire que je sais que du kilomètre temps au kilomètre temps, ça va être comme ça, ça va monter, ça va descendre. Si je ne connais pas le terrain, je me suis renseignée avant pour savoir si c'était plutôt de la piste, plutôt du monotrace, caillouteux, chemin lisse, etc. Ce qui va me permettre aussi de gérer mon effort, moi, par rapport à la totalité de la course. Et pendant ces phases de up and down, j'ai appris à se gérer de cette manière-là. Moi, je fonctionne pas mal à l'affect aussi. C'est-à-dire que je me remémore pas mal de messages qu'on a pu m'envoyer quand ce sont des courses importantes, notamment en me disant « Ah ouais, attends, il y a tous les gens derrière toi qui ont envoyé des ondes positives et tout. » Donc, je m'en nourris énormément. Ou alors, j'essaie de prendre des images de ma famille, mes neveux, mes nièces, avec le smile pour se remettre un petit peu dans le mouv à dire « Non, c'est dur pour toi, mais c'est dur pour tout le monde. » Donc, ça va passer. Des fois, il y a un peu des moments où on peut essayer de se réconforter en disant « Bon, allez, prends un petit bout de compote ou un petit bout de bar, ça va te nourrir. » Et c'est vrai que la nourriture fait que ça permet de libérer certaines endorphines ou quoi qui vont faire passer un petit moment de plaisir et qui vont redonner un petit coup de boost. Et après, ça permet de relancer un petit peu la machine si on va dire que le corps suit. Parce que des fois, on est dans le down parce qu'on n'est pas bien physiquement. Parce que ce jour-là, les feux ne sont pas tous au vert et qu'on subit plus qu'autre chose. Et que là, c'est au montage. Je n'ai jamais abandonné une course. Je n'ai toujours terminé une course. Je n'ai jamais fait de DNF. Pourtant, il y a eu deux ou trois fois où j'ai cru que j'allais jeter l'éponge, mais je n'ai jamais fait. En disant, tu as signé, tu es là, tu n'es pas blessé, tu n'es pas à rien, tu continues d'avancer. Mais oui, on a ces phases de up and down aussi. Moi, je les ai en tout cas sur certaines courses où il faut passer le cap et puis après, ça repart. C'est mentalement être suffisamment fort et dire, non, mais ça ne va pas, mais ça va revenir. Ou pas, mais tant pis. Personne ne t'a forcé à être là, c'est toi qui l'as choisi. Donc, tu continues. Et puis, le but du jeu, c'est d'arriver. Tant pis, premier, dernier, mais au moins, tu as fini. Sauf blessures, évidemment, qui font plus avancer. Ok.

Loïc Et au-delà de ces stratégies que tu as évoquées, tu vois, de te remémorer en positif des messages, etc., qu'on appelle les stratégies de coping, donc plutôt en réaction à une situation. Est-ce que tu as un schéma mental aussi que tu suis avant de prendre le départ, juste avant, tu vois, le coup de feu ? Est-ce que tu as un rituel, tu vois, des habitudes, je ne sais pas, toujours la même paire de chaussures, le premier, tu vois, le lacet droit que tu fais en premier ? Est-ce que tu as ce genre de choses que tu mets en place ?

Alexia Alors, au tout début, quand j'étais sur le Challenge des Trey de Provence, sur les premières années, c'était la veille, ça, pas faire ci, manger ça, le petit-déj, c'était toujours le même, les fringues, c'était plus ou moins toujours les mêmes trucs. Et j'avais un bœuf fétiche que j'ai porté pendant extrêmement longtemps, mais maintenant qui, malheureusement, ne ressemble plus à rien. Voilà, mais sur les premières années, toutes les photos de course, j'ai toujours le même bœuf sur la tronche. Donc, ce bœuf-là, je ne le porte plus parce que maintenant, je trouve qu'il ne... Mais par contre, il reste au fond du sac. C'est-à-dire que je le mets dans le sac d'hydratation ou il est dans la voiture ou quelque chose. Après, au niveau alimentation de somme maintenant, comme j'en fais tous les week-ends, voire plusieurs, je pense que j'ai passé ce cap. Voilà. Mais c'est vrai qu'il y a des petites choses. Après, les rituels, je suis assez fan de cryothérapie. Donc, en préparation, je soigne pas mal la récup et la prépa aussi. Voilà, sur mes courses, je n'y vais pas en mode non plus, même si je bois des bières avant ou après. Voilà, ça fait partie de la récup et de la prépa. Mais je suis beaucoup à l'écoute de mon corps. Et c'est vrai que je fais des cryos en préparation et en récupération. Et depuis peu de temps aussi, j'ai ajouté de la pressothérapie.

Loïc La pressothérapie ?

Alexia Ce sont les bottes compressives qu'on met qui permettent de favoriser le drainage. Ça équivaut à un massage plus ou moins pour permettre une récupération plus active et plus rapide au niveau des jambes parce que je n'ai pas une super circulation. Et comme je te disais pour le raid, j'ai plutôt les jambes qui ont tendance à gonfler après un effort. Donc là, le fait de drainer et de l'activer par rapport à des méthodes comme ça, ce soir, je vais en faire une, par exemple, de cryo, pour m'aider à éliminer tous les derniers déchets qui peuvent rester dans l'organisme. Voilà.

Loïc D'accord. OK.

Alexia Mais oui, comme tout le monde, on a nos petits tocs, moi je dirais. Excellent.

Loïc Tu évoquais une course en particulier, la Pierramanta, donc course de ski alpinisme. Je ne sais pas pourquoi, j'ai dû discuter à un moment donné avec quelqu'un qui l'avait fait. Quand j'entends le nom de cette course, j'ai l'impression que j'ai des poumons qui brûlent. Je me dis, ce genre de course, quand je fais ça, tu as le cardio à 4000.

Alexia Je ne l'ai pas fait en version hiver, je l'ai fait en version été.

Loïc Ok. Voilà. Mais ce qui doit déjà être, côté dénivelé, tu as combien en été ?

Alexia Alors, l'été, nous, c'était donc le ratio, attends, que je ne dise pas de bêtises, je crois que c'est 70 km sur 3 jours et 8000. En gros, le premier jour, on a fait… Alors, le premier jour, c'était 25 et 2003 ou 2004. Le deuxième jour, on a eu 30 et 2008, presque 3000. Et le quatrième jour, c'était 14 bornes et 1008, je crois.

Loïc Donc là, tu ne cours pas sur 14 bornes et 1008, non ?

Alexia Non, après, ce qu'il y a, c'est que les pentes sont très raides. Donc, c'est beaucoup bâton et marche rapide, marche rapide, marche rapide. Après, il y a des sections pour relancer la piramenta. Dès que ça peut courir, il faut courir parce qu'il y a un tel niveau que si on ne fait que marcher, ce n'est pas possible. Voilà. Non, ça a été une fabuleuse expérience. À l'époque, ce n'était pas encore une coéquipière si mal. Elle est rentrée par la suite avec Marilyn qui m'avait proposé ça. On s'était rencontré un an avant. Et quand elle m'a proposé la chose en me disant, « Écoute, j'ai un ticket pour la piramenta. Est-ce que tu veux le faire avec moi ? » Je lui dis, « Non, mais elle s'est trompée de numéro, là. » Parce qu'on connaît tous le parrain de maresse de Marilyn. Voilà, ultra trailers. Enfin, bon. Alors, parce que moi, je suis fondue, mais je pense que ma coéquipière est aussi fondue que moi, voire plus. Et c'est vrai que quand elle m'a proposé ça, sur le moment, je lui ai dit, « Non, mais tu rigoles avec moi. Ce n'est pas possible. » Elle m'a dit, « Si, si, si, si, si, on le fait. » Et c'est vrai que ça a été une aventure fabuleuse. Et si à ce moment-là, on m'avait dit que, « Un, je ferais la piramenta avec Marilyn, qu'on fasse le podium sur cette course mythique. » Enfin, voilà, c'était juste inimaginable. Inimaginable.

Loïc Et qu'est-ce qui fait que c'est arrivé d'après toi ? Parce que c'était un travail d'équipe, mais visiblement, elle ne s'est pas trompée sur la coéquipière à embarquer dans l'aventure. Donc, tu penses que c'est… Comment est-ce que vous avez fait la différence ?

Alexia Je pense que finalement, c'est bien complété dans le sens où on n'avait jamais couru ensemble. Hormis une sortie rando trail qu'on avait faite avec des amis dans les calanques. Mais sinon, on n'avait jamais fait de duo, jamais fait de course en relais, etc. On s'est pas mal parlé au début pour dire, en fonction de l'une et de l'autre, comment on avait fait en raid pour mettre les choses au clair et que surtout, le binôme ne clashe pas pendant l'épreuve. Elle savait qu'elle était au-dessus de moi, que pour elle, 30 bornes, c'est rien du tout. Elle, elle a fait sa sortie d'échauffement, on va dire, alors que moi, j'étais au bout de ma vie. Mais le but du jeu, c'était qu'on n'a pas utilisé les liches parce qu'il ne fallait pas qu'elle me mette dans le jus non plus. Donc, on est parti sur une stratégie où elle se mettait plus ou moins à mon niveau. Et elle m'a dit, écoute, premier jour, on voit comment ça se passe. On fait la course, on part dans un rythme assez soutenu, mais voilà, pas non plus à bloc. On se cale derrière les premières filles qui gagnent cette édition-là et qui avaient gagné la première étape. Et on arrive à l'issue de cette première étape. Bon, je dis, bon, c'est passé, c'est cool et tout. Elle me dit, mais attends, tu étais à l'aise ? Demain, c'est bon, peanuts. Je dis, attends, il y a encore deux jours. Demain, c'est 30 bornes. Moi, tu vas me perdre. Donc, mollo. Donc, effectivement, le deuxième jour, j'en ai bien bavé, voilà. Mais c'est passé et on est arrivé troisième. Et le dernier jour, elle m'a dit, ça, c'est ton format, 14 bornes, c'est pour toi, c'est toi qui gères. Donc, j'ai fait toute la gestion de course pour justement me mettre à hauteur des nanas avec qui on a joué pendant ces trois jours. Et la stratégie a payé parce qu'il y a deux équipes qui ont joué avec le leash, qui ont mis à bloc leur coéquipière. Et finalement, nous, on sort en deuxième position au sommet de la plate. Et dans la descente, on redouble la première équipe et on termine, enfin, on gagne l'étape, voilà, vraiment sur la gestion, je pense, de cette dernière course. Et ça, ça a été extraordinaire. Enfin, la dernière étape, moi, je m'en rappellerai toute ma vie. C'était l'euphorie à l'arrivée. Donc, je pense vraiment, c'est d'avoir été à l'écoute. Et puis, on est deux filles aussi qui ne se prennent pas la tête, qui partagent les mêmes valeurs. Et ça, je pense que c'est hyper important aussi elle, elle m'a dit, mais je ne vais pas faire un résultat, je vais vraiment pour le partage, pour vivre cette épreuve-là à la Pyramenta. Et ça me servira aussi de bloc d'entraînement puisque cette année-là, elle avait fait fin août l'UTMB.

Loïc OK, d'accord.

Alexia Donc, elle, elle s'en servait plus en mode entraînement, alors que moi, c'était vraiment en mode compétition et pas décevoir. et les deux associés, ça a fait une belle aventure.

Loïc Génial. Je pense qu'on en parlera avec elle. On a dû décaler l'enregistrement, mais elle arrive bientôt sur les frappées aussi.

Alexia Cool.

Loïc Alors, tu parlais de, tu disais que voilà, sur les, le premier jour, son feedback, c'était, voilà, t'es à l'aise, il faut qu'on fonce. Toi, t'as un peu mis le frein, le frein, en disant qu'il restait des jours à gérer. Donc, ça me fait penser, du coup, ça déclenche une question sur cette notion de comment est-ce que tu gères ton engagement ? Je crois que c'est Kylian Jornet qui a fait, j'avais lu un article où il expliquait qu'à un moment donné, il enchaînait tellement d'épreuves que l'enjeu en fait, c'était d'arriver à gagner les courses sans être à fond pour se préserver pour les suivantes. Toi, t'as un rythme méga soutenu aussi, plusieurs courses par week-end assez régulièrement. Comment est-ce que, est-ce que là aussi, c'est au feeling ? C'est-à-dire, s'il y a des courses où tu sens que ça va, tu es capable de dire j'y vais à 120% et je donne tout même s'il y en a d'autres qui arrivent derrière ou est-ce que tu fais toujours un peu attention à être à, je ne sais pas, X% de ton max justement pour ne pas te blesser dans la durée, pour continuer à prendre du plaisir, etc.

Alexia Alors, il y a eu les deux côtés, c'est-à-dire qu'avant que j'enchaîne comme ça autant de dossard, c'est vrai qu'entre les courses, je prenais suffisamment de temps de récupération parce que sur une course, je n'acceptais pas de ne pas finir première. C'était maladif, c'est-à-dire qu'il fallait que je sois au top du top et gagner. Donc là, je m'engageais à 2000% parce qu'il fallait gagner. Et le fait là, d'enchaîner les dossards, c'est vrai que je suis plus en mode gestion et me dire, je me fixe, je refais aussi des courses que j'ai déjà faites où c'est des formats que je connais avec le dénivelé, etc. Donc, maintenant, je pars plutôt sur un temps, enfin, une petite fourchette de temps sur lesquels je veux rentrer. Par exemple, hier au Pilatrail, j'avais regardé le chrono de la gagnante de l'année dernière qui l'avait gagné en 2,30. Et j'ai dit, ben voilà, tu as fait ton semi la veille de la Nesq. Écoute, on va essayer de le rentrer en 2,30, 2,40 max. Et donc, j'ai géré ma course. J'ai vu la première partie, mais vraiment à une allure. J'ai dit, mais c'est juste pas possible pour moi. Donc, tu la laisses filer. Il y avait une autre nana, celle qui finit troisième, parce que c'était des filles que je ne connaissais pas, avec qui je n'ai jamais couru. Donc, quand c'est comme ça, je pars un peu dans l'analyse. Donc, la première qui est partie, j'ai dit, ça, c'est impossible à suivre. Ce n'est pas pour toi. L'autre, j'ai joué pendant 2, 3 kilomètres avec elle. C'est-à-dire qu'elle a commencé le tour de ville et elle m'a doublée. Je dis, ah, on va voir. Première montée, ça commence un petit peu à ralentir. Moi, je sors les bâtons et je commence à mon rythme, parce que mon point fort, on va dire, c'est les montées. En trail, moi, j'adore le dénivelé. Je la double, puis arrive le replay. la première petite descente. Et là, je la vois revenir sur moi, sur cette première descente, mais à bloc. Tu vois, déjà, elle descend bien, donc, il va falloir se méfier. Et on va voir si ça tient dans la durée aussi, parce que sur 2, enfin, quand on part sur 21 kilomètres, 3 kilomètres, ça ne veut rien dire. Donc, ça réenclenche la deuxième montée où ça part un petit peu fort. Et puis, même chose, au bout de 10 mètres, avec mon rythme, bam, je la double et je la dépasse. Arrive un petit replay, une descente. Et puis, à l'issue de cette descente, elle n'est pas derrière moi. Je me dis, ah, déjà, elle a un peu lâché, voilà, par rapport à la deuxième montée. il y a moins d'engagement, elle a moins pu revenir. Et j'essaie de faire ça sur des courses, justement, où les nanas, je vois que ça joue un petit peu, pas des coudes, mais ça joue un petit peu le même niveau que moi. Je me dis, bon, on ne va pas s'affoler, on va essayer de tester, voir comment elle réagit sur des courses. Moi aussi, comment je réagis quand elle accélère, si je suis obligée de lâcher trop de force ou quoi. Et je construis un petit peu ma course par rapport à ça. Et hier, ce qui s'est passé, c'est qu'effectivement, à l'issue de cette deuxième descente, quand j'ai vu qu'elle ne revenait pas, je me dis, bon, toi, tu es bien, tu continues à imprimer du rythme et on va voir au fur et à mesure si tu arrives à creuser l'écart. Et effectivement, sur les virages un petit peu enlacés ou sur des zones où je pouvais contrôler derrière, je voyais qu'elle n'était pas revenue. Et puis, sur un grand lacet, j'ai vu qu'elle était vraiment loin, qu'elle devait être au moins en temps estimé, au moins à deux minutes. Mais après, rien n'est fait. C'est-à-dire qu'à un moment donné, si elle, elle se sent mieux, qu'il y a une partie plus roulante, etc., où elle peut revenir et qu'on se dit, non, mais c'est fait, deux minutes, allez, on continue. Voilà. Donc, hier, moi, j'ai essayé de gérer comme ça, c'est-à-dire faire une première partie de course un peu test. Et puis, après, moi, en fonction de comment je me sentais, continuer à garder le rythme pour creuser encore plus l'écart. Et c'est ce qui s'est passé puisqu'à la fin, je crois qu'on a un peu moins de quatre minutes de différence. Voilà. Et c'est vrai que sur les courses, j'aime bien jouer comme ça dans la gestion, justement, en fonction de, moi, mon état de forme, je me connais suffisamment, les parcours, je sais comment les appréhender dans les distances que je connais. et effectivement, c'est dans la gestion dans le sens où, ben, je suis dans le chrono que je me suis fixé. Hier, je suis rentrée en 2.30, un peu moins de 2.31 parce que c'était 2.30, 54. Donc, je suis dans le tempo. Après, ça fait première, ça fait deuxième, ça fait troisième, ça fait quatrième. Ben, peu importe, mais au moins, je suis dans ce que je m'étais fixé comme objectif. Donc, ouais, c'est plus de la gestion et puis après, ben, les résultats maintenant, enfin, les podiums, ben, c'est la cerise sur le gâteau. Voilà, si je suis encore dessus, ben, c'est bien. Mais si je me suis dépassée, je suis allée au bout de moi-même dans le sens où je suis rentrée dans les critères que je voulais pour réussir une belle course, c'est-à-dire profiter, ne pas subir, être dans un chrono pas trop dégueulasse et avoir pu profiter de l'environnement qui nous était offert, ben, je pense que c'est tout bon, quoi. Voilà, et on l'apprécie d'autant plus de cette manière-là que quand on se fixe un truc, il faut gagner, il faut gagner, là, on part avec une pression pas possible, même si ça n'empêche que hier, Flo m'a dit, Alex, plaisir, détends-toi. Mais voilà, il y a quand même l'enjeu, comme je te dis, on met un dossard, c'est pas pour enfiler des perles non plus.

Loïc Ça t'est déjà arrivé de frôler l'explosion en vol, de partir vraiment trop fort, emporté par, je ne sais pas, l'ambiance d'une course, ou une concurrente que tu ne connaissais pas, peut-être à un moment donné où tu avais justement moins d'expérience ?

Alexia Alors, me laisser emporter dès le départ, non. J'ai eu des phases, comme je te disais, je n'ai jamais abandonné une course, mais il y a eu deux, trois qui ont été compliquées parce qu'à mi-course, je n'étais vraiment pas bien physiquement, au bout du rouleau, plus de jus, plus… voilà, où là, ce n'est pas la faute de mes concurrentes, c'est moi, physiquement, qui ai une défaillance. Et après, je dirais, c'est plus… Si une fois où j'ai failli un peu faire pop-corn et j'ai dit, on ralentit, c'était même pas… Elle va me détester, mais c'est quand j'ai couru les duos de l'ermitage avec Laure, des murs du team, où elle, elle fait une heure d'échauffement, alors que moi, l'échauffement, c'est cinq minutes à trottiner devant l'arche, et puis on y va. Elle, elle est partie à Mac 12 et moi, j'étais au ruteur et au bout de cinq quilles, j'ai fait Laure, on ralentit parce que là, tu vas me perdre et on ne va pas pouvoir finir la course. Et donc, j'ai dit, non mais t'inquiète. Donc, les filles qui étaient devant nous à cette… Enfin, sur ce duo-là, c'était Marion de Lespierre et Caroline qui… Caro, je l'avais vu courir l'année d'avant et j'ai dit, non mais il y a une dernière montée, écoute, elle avait explosé l'année dernière. Si on reste plus ou moins à distance, on verra dans la dernière montée ce que ça donne, mais si je continue à cette allure-là, moi, je vais exploser. Donc, elle a ralenti, on a géré la course et effectivement, c'est passé ce qui s'est passé, c'est-à-dire que dans cette dernière montée sur les duos de l'Hermitage sur la Chapelle qui est très raide et qui arrive en fin de course, on les a doublés là et on gagne cette première étape. Mais voilà, la seule fois, je pense, où j'ai failli exploser au rupteur, c'est parce que je n'étais pas sur mon rythme, j'étais sur le rythme de ma coéquipière. Et à Sabine, cette année, je lui ai bien dit, je ne veux pas que tu sois pénalisé ou quoi, mais je dis, mais ma course, elle monte crescendo et si tu me fais partir à bloc, c'est mort. donc, on a adopté cette stratégie-là où elle s'est mise un peu en retrait, après, elle m'a remis un peu du rythme mais sans trop non plus. Mais ouais, je pense que je sais comment partir pour monter crescendo pendant ma course. Effectivement, quand on court en duo, c'est ça qui est difficile, c'est qu'on a chacun nos allures, que ce soit au départ, au milieu ou en fin de course, qui sont différentes et s'adapter à l'autre sans faire exploser son coéquipier, ce n'est pas forcément évident. Et c'est à ce moment-là de savoir le dire pour justement terminer de la plus belle des manières parce que si l'un ou l'autre n'écoute pas, c'est sûr que ça part au clash.

Loïc En quoi est-ce que la façon dont tu vis la course est différente quand tu pars en duo versus quand tu es solo ? Est-ce que tu fais vraiment majoritairement du solo ?

Alexia Oui.

Loïc Est-ce que, tu vois, d'un point de vue, je pense notamment à la vigilance sur l'état de l'autre, est-ce que tu fais attention ? Est-ce que tu arrives quand même à être vraiment dans ta course, dans ton effort, dans ton ressenti ? Ou est-ce que le fait qu'il y ait quelqu'un d'autre t'oblige un petit peu à sortir de ta bulle et à garder un œil sur elle, comment elle va, son rythme, est-ce qu'elle s'alimente, etc. Comment tu le gères, ça ?

Alexia Eh bien, tout dépend en fait dans quelle situation on se trouve, si on est la personne un peu ric-rac ou si on est la personne au-dessus. Sur, comment ça s'appelle ? L'année dernière, la grande trace, la coéquipière avec qui j'ai couru, Laurie Adzini, elle n'est pas sur des formats courts, elle est sur des formats longs. Et la grande trace, c'est des formats plutôt courts avec beaucoup de dénivelés. Ça ressemble à la pyramenta, c'est le même principe, sauf que c'est sur deux jours. Et à la base, ce qui était annoncé, c'était 20 bornes, 2000. Donc, pile dans mes cordes. Sauf que, briefing de la première course, c'était 29 bornes et 2000. Et là, j'ai fait 29. Donc, moi, j'ai un peu fait ça alors que ma coéquipière a fait ça. et ce qui s'est passé, c'est qu'on a été super complémentaires parce que la première partie de course, c'est moi qui ai été vigilante sur elle, à demander, ça va, ça ne va pas trop vite, machin, etc. Alors que sur la deuxième partie, ou à partir du 24, 25e, où moi, je commence à être un peu oxy, c'est elle qui a pris le relais et qui a été vigilante par rapport à moi. Et donc, vraiment, ça dépend le statut dans lequel on se trouve. est-ce qu'on subit ou est-ce qu'on est au contraire à l'aise ? Et le lendemain, c'était un format plus pour moi puisque c'était 24 et pareil, 2000. Et là, c'est plus moi qui étais à l'écoute. Par exemple, je prenais ces flasques, j'allais les remplir pendant qu'elles continuaient un petit peu, je la rattrapais pour justement l'aider et la soutenir à ce moment-là. Ce qu'a fait aussi Marilyn, quand elle était avec moi, elle me prenait mes flasques, elle allait en avance, elle me remplissait mes flasques, etc. pour perdre moins de temps et me soulager et me décharger, comme tu dis, mentalement, d'une tâche. Voilà.

Loïc Ok.

Alexia Mais, ouais, j'ai vécu les deux, c'est-à-dire que quand moi, je suis bien, je suis vigilante à lui dire ça va, t'as bu, t'as mangé, est-ce que tu veux qu'on ralentisse, est-ce que tu veux qu'on mette le leash, est-ce que tu veux ci, est-ce que tu veux là ? Et inversement, j'ai eu la même chose quand j'ai couru avec Florian sur les duos de l'Hermitage puisque les deux premières éditions, je les ai faites avec lui. Ben, Flo, c'est ça quoi, c'est papa poule, c'est prends une sporteline, tu veux une barre, t'as assez bu, t'as... voilà. Donc, la vigilance, je pense, se fait de la part de la personne qui n'est pas dans le rouge, à veiller à ce que son coéquipier aille bien pour aller jusqu'au bout de la course et c'est le but du jeu, comme on dit, on part à deux, on arrive à deux et moi, je suis assez vigilante, je suis beaucoup dans l'empathie parce que même dans les courses, je ne suis pas focus sur ma course, je discute beaucoup avec les gens, des fois, on fait des morceaux ensemble quand on a le même rythme mais ça permet de déjà penser à autre chose, voilà, de discuter pendant peut-être cinq minutes mais ce n'est pas grave, ça permet de savoir aussi peut-être si la personne ne va pas bien, est-ce que tu as besoin de quelque chose ou... Ouais. Mais la vigilance, je pense, dans le trail, c'est quelque chose qui n'est pas automatique mais les gens sont assez bienveillants je trouve dans cette activité, tout comme dans le raid de porter assistance et puis les organisateurs le rappellent bien souvent en début de course en disant ben voilà, s'il y a quelqu'un devant vous et qu'il vous blesse ou quoi, vous n'êtes pas là pour le piétiner. Le but du jeu, c'est de s'arrêter, de prévenir les secours quitte à perdre la course mais on s'en fiche la vie de quelqu'un ou la santé de quelqu'un est bien plus préoccupante qu'un chrono.

Loïc C'est clair.

Alexia Parce que si c'est la même chose pour nous, on est content que la personne s'arrête et prenne soin de nous ou se préoccupe de ce qui se passe. Et malheureusement, je pense que dans notre société, c'est ce qui manque, c'est qu'on est devenu tellement individualiste que personne ne fait attention à plus personne et qu'il y a des choses qui se passent dans la rue où personne n'intervient alors qu'on trouve ça juste aberrant. Et s'il y avait un peu plus de gens qui se souciaient de ce qui se passe autour et de comment vont les gens, quand on voit que des fois, rien qu'un sourire ou de dire bonjour, ça égaye la personne qu'on croit, qu'on ne connaît pas du tout, mais de suite, elle répond par un sourire. On se dit, ben ouais, si plus de gens faisaient ça, je pense que la Terre irait un petit peu mieux aussi.

Loïc C'est clair. Distribuer des sourires. Ouais, voilà.

Alexia Et des youks.

Loïc Hyper intéressant ce que tu dis sur la relation dans le duo, tu vois, par rapport à celui ou celle qui dans l'instant est au-dessus, etc. Ça me fait penser quand même un peu à une notion d'ego, tu vois. C'est-à-dire que je pense qu'il faut aussi être, l'enjeu c'est aussi d'être capable de dire là je ne vais pas bien, là je suis en sous-rythme. Tu vois ce que tu as fait, ce que tu as expliqué avec Laure, au bout de 5 km, tu lui as dit attends, stop. Je pense que ce n'est pas forcément un exercice très facile quand tu n'es pas habitué, tu vois. Moi je sais que des fois quand je vais courir avec des copains en bois, si le rythme est trop soutenu, j'ai plutôt tendance à me dire attends, c'est bon, je ne vais pas saouler tout le monde, je suis en forme. Tu vois, l'ego rentre un petit peu en jeu alors que c'est une erreur, une grosse erreur je pense. Mais ouais, méga intéressant.

Alexia Mais je pense que ça vient aussi pas mal de ma pratique en montagne parce que j'ai fait beaucoup d'alpinisme à une époque et l'alpinisme, c'est que tu donnes ta vie et la personne avec qui tu es, ton coéquipier ou ta coéquipière de Cordée te confie aussi sa vie. Et c'est qu'à un moment donné, si tu ne dis pas les choses parce que tu n'es pas bien ou parce que tu ne sens pas la situation, tu peux amener à avoir un accident ou à mourir. Et on ne peut pas dire non, non, ou même dans tu penses que ça passe par là, on skie de rando ou quoi, c'est beaucoup dans la communication justement parce que même celui qui mène, il faut qu'il soit en doute et dire « Attends, je te demande ton avis, est-ce que tu penses qu'on passe par là ou plutôt par là ? » Parce que moi, j'ai vu ça, est-ce que toi aussi ? Ouais, non, ça devrait… Oui, non, mais tu as peut-être raison, peut-être passer plutôt de ce côté parce qu'effectivement, là, il y a eu un peu de vent, si ça. Et puis, en alpinisme, quand on est sur des sorties, voilà, des fois, 7, 8, 10 heures, 15 heures de course, alpinisme, on a des moments de up and down où il y a des moments où on n'est pas bien et que, vu la situation, le lieu où on se trouve, si on n'est pas bien, il faut le dire parce que l'accident est tellement vite arrivé, on n'a pas le droit à l'erreur. Et ça, je pense aussi que ça m'a permis de beaucoup apprendre sur moi et de ne pas dire non, mais c'est bon, je ne dis rien, ça va passer. Ben non, si ça ne va pas, il faut le dire. Et je pense que c'est pour tout pareil dans son métier, dans sa vie amoureuse, dans sa vie amicale, de dire les choses quand ce sont des choses qui sont véridiques et qui ont un fond, on les entend. Tout le monde peut entendre. Après, ça peut plaire ou ça peut ne pas plaire parce qu'à ce moment-là, ah ouais, mais moi, j'avais envie d'envoyer. Ah mais, il fallait qu'on court à ce moment-là. Mais oui, ok, toi peut-être, mais là, tu n'es pas seul, tu es avec quelqu'un et que si tu as décidé d'être avec cette personne, il faut être à l'écoute et ce coup de mou, c'est toi qui aurais pu l'avoir ou c'est l'autre personne et de faire ce jeu des balances permet d'équilibrer le couple, en fait. Et le raid, c'est aussi ça, c'est qu'en équipe, on donne la carte à l'orienteur comme on dit, il peut faire des erreurs mais si c'est moi qui avais eu la carte, j'aurais pu faire la même ou j'aurais pu faire pire. Donc, il faut accepter que la défaillance, l'erreur font partie de l'activité et que si on ne le prend pas en compte, à ce moment-là, soit on fait des choses solo sans rien, sans demander rien à personne, soit on ne fait rien. Voilà.

Loïc C'est exactement ce qu'on s'était dit sur la PTL dans l'équipe, on s'était dit il y en a un qui à la carte, les autres ne font pas de commentaires, en fait. C'est soit tu as la carte, soit tu te tais.

Alexia C'est ça.

Loïc Parce que sinon,

Alexia il y aurait dit une chance, nous, il y avait un orienteur, c'est lui qui l'avait, il y avait son binôme entre guillemets qui était là dans les phases où la lucidité au bout de X heures de course des fois peut varier, il demandait conseil ou confirmation au deuxième mais moi, avec mon autre coéquipier, on n'est jamais intervenu sur la carte. Ah non. Et puis, rentrer dans une carte alors qu'on n'a rien vu du début ou de la fin, ça ne veut strictement rien dire parce qu'on n'est pas du tout luci par rapport à ça ou prendre la carte. Non, non. Il faut que la personne soit du début à la fin immergée totalement là-dedans et nous, on n'a rien à dire là-dessus et après, elle peut effectivement se tromper parce que l'erreur est humaine.

Loïc donc voilà.

Alexia Il faut être humble par rapport à ça.

Loïc Oui, complètement d'accord. Pour faire un petit focus, tu parlais des moments de up and down que tu as aussi dans des épreuves un peu plus courtes que parfois certains invités que je reçois. Du coup, ça m'amène une question sur la nutrition. Est-ce que tu manges systématiquement en épreuve, au cours de l'épreuve ou ça peut varier ? Est-ce que ça t'arrive de faire une épreuve où tu bois simplement mais tu ne t'alimentes pas du tout ?

Alexia Alors, tout dépend. Quand ce sont des formats ultra courts mais par exemple, j'avais beaucoup dénivelé comme j'avais fait l'ETC, je suis obligée parce que je sais que je vais passer une certaine barrière horaire. Par exemple, sur un 15 born, je peux ne pas manger quand c'est un 15 born qui va vite. Juste de l'hydratation suffit. Par contre, quand je sais que je pars sur un nombre d'heures un peu plus conséquents, même si le format est plus court, je vais me forcer à m'alimenter. C'est-à-dire que je veux que mon corps ne soit jamais en déficit que ce soit énergétique ou même au niveau de la lucidité. Parce qu'on sait que quand on commence à ne plus être vaillant sur les jambes, c'est aussi parce que dans la tête, ça ne va pas et que le cerveau, c'est un muscle et qu'il a besoin aussi de carburant pour fonctionner et pour garder cette lucidité, il faut lui donner bien évidemment à manger. Donc, généralement, je prends un peu de solide et des compotes aussi qui passent mieux parce que comme je suis vraiment sur des formats courts, c'est plus facile à ingérer que les barres. Mais hier, par exemple, j'ai pris une compote et une demi-barre sur les 21 kilomètres avec deux gommes pour juste relancer, enfin, pas relancer, avant justement d'avoir besoin de la relancer pour que mon corps constamment ait de l'énergie et que ce ne soit pas les jambes qui ramollissent et me dire « Ah, mais attends, tu n'as pas mangé ou tu n'as pas bu ou tu n'as pas ci » qui fait que tu as les jambes qui flagellent. Donc, j'essaie de séquentialiser ma nutrition à partir de 30 minutes, 35 minutes quand je sais que ça va aller au-delà d'une heure d'effort, à prendre, par exemple, une demi-compote, un petit bout de barre et de séquentialiser comme ça tout au long de ma course pour amener de manière perpétuelle de l'énergie à mon corps. Et en hydratation, c'est pareil. Je ne bois pas beaucoup. Par exemple, je peux faire des sorties en rando-trail où je ne prends pas d'eau. Ça ne me dérange pas. Par contre, quand je suis en course, je me force justement à boire. Donc, j'ai deux flasques. Ça ne fait pas beaucoup. Généralement, ça me fait au total 500 millilitres. Donc, hier, j'avais deux flasques pour 2h30 d'effort. J'avais 500 millilitres et je n'ai pas tout bu. Ah oui ? OK. Dans les flasques, à l'arrivée, ils m'en restaient encore. Mais je me force continuellement à boire des petits bouts, des petits coups d'eau, enfin, eau mélangée avec un petit peu de poudre, pour justement ne pas avoir de crampes, etc. Et j'utilise pas mal la sportennine aussi pendant les courses que je mets pour éviter toute crampe ou courbation. d'accord.

Loïc OK. Super intéressant. Ce qui m'amène à une autre question, on va dire, technique. Donc, tu as fait, là, au final, entre cette année et l'année dernière, tu es quasiment à 100 courses. Tu vas, c'est clair que tu vas dépasser, donc tu fais plus de 100 courses en 24 mois, en fait, habituellement, non ? Si tu as tout le temps ce rythme-là,

Alexia à peu près ? L'année dernière, oui. 58, la 30. Déjà 30. Là, l'objectif, c'est d'essayer peut-être, c'était un délire, l'année dernière, ils m'ont dit, ouais, pour 40 ans, moi, j'avais dit, ouais, 40 ans, 40 courses. Et puis, bon, ben, voilà, ça a été un petit peu plus. Et puis, cette année, les gens se sont prêts au jeu, comme ils ont vu tous les dossards que je prenais, ils se disent, ouais, cette année, c'est bon, tu atteins les 60. Bon, je suis à mi-parcours, je me dis, c'est peut-être réalisable.

Loïc Donc, en tout cas, ouais, la barre des 100 franchies en 24 mois, donc, c'est quand même énormissime. Et puis, au-delà de ces deux années, tu le disais, tu as plus de 10 ans de pratique maintenant derrière toi. Ce serait quoi peut-être, tu vois, le top 3 des apprentissages que tu as eus ? Parce que ça fait, ça fait beaucoup de départs pris, beaucoup d'arrivés, beaucoup de périodes up and down gérées, beaucoup de nutrition, des centaines d'heures passées sur des sentiers. s'il y avait peut-être un top 3 des apprentissages que tu as fait au fil des ans, des choses que tu as modifiées, que tu fais aujourd'hui, que tu ne faisais pas quand tu t'es lancée dans la discipline, tu dirais que c'est lesquelles ?

Alexia Alors, que je ne faisais pas. Alors, au début, tout ce qui est, on parlait de nutrition. Moi, au début, quand j'ai commencé la course à pied, c'était, je prenais un camel black avec le tuyau, comme tout le monde, et on a commencé comme ça, sauf que, en fait, je m'apercevais que je ne buvais jamais. Je suis passée au flasque parce que je vois ce que je bois, c'est là et présent. Et pareil, en nutrition, c'était, bon, il y a combien ? Il y a 20 bornes ? Bon, à 10 bornes, on va prendre une barre. Allez, voilà. Donc, il n'y avait aucune séquentialisation, aucun… Donc, j'ai appris à m'alimenter et m'hydrater pour justement pouvoir gérer une course de la meilleure des manières sans avoir de baisse de régime. Et être, on m'appelle le métronome, et être régulière tout au long de ma course. Voilà.

Loïc OK.

Alexia Donc, apprendre, ça, c'est une des premières choses que j'ai apprises entre le début et maintenant, c'est savoir s'alimenter, il y a avant, pendant et après aussi la course. Parce que, c'est vrai qu'à un moment donné aussi, j'ai basculé un peu, j'ai perdu énormément de poids. Voilà, parce que pour moi, c'était, il faut peser tant pour être performante et pouvoir m'aligner et courir à telle allure. et le confinement a fait que, change un petit peu aussi d'état d'esprit, je me suis beaucoup remise en cause, pourquoi tu courais, quelle motivation, etc. et qui a fait, mais pourquoi tu t'incliges ça ? Donc, j'ai repris du poids et je vois que je ne suis pas moins performante, voire meilleure et que je suis encore plus enchaînée. Donc, je dis, ça, voilà, c'était là-dedans, comme beaucoup de choses, voilà, qu'on se fixe, comme les tocs de début, course, etc. Donc, je pense, j'ai appris beaucoup sur l'alimentation, voilà, ce dont moi, j'ai besoin et parce que les gens te disent que, parce qu'il y a la part des choses aussi à faire, c'est, il y a tellement de choses autour de la course à pied, du trade, du running, etc. que les gens, ils disent, oui, mais il faut, les entraînements, il faut faire ci, il faut faire ça, en alimentation, il faut que tu prennes ci, alors la boisson d'avant, la boisson d'après, la boisson du pendant, la pasta partie, la pasta partie, les étirements, pas les étirements, non, mais toi, en fait, la bière,

Loïc pas la bière en récup.

Alexia Moi, c'est avant, pendant, après, alors là, non, pas pendant, je rigole, mais avant, pendant, après, oui, il n'y a pas de ci. Donc, c'est toi, de quoi tu as besoin, par rapport à ce que tu fais, au niveau alimentation et hydratation, il y en a, ils vont avoir besoin, peut-être, sur 20 bandes, de ne pas manger, ok, moi, j'ai trouvé cette solution-là, voilà, j'ai testé, et de trouver ce petit truc, de mettre des petits moments, où je prends un petit bout, si, ça, et ça me permet d'avoir mon rythme et ma forme pendant toute ma course. Donc, je dirais, la première des choses, c'est ça, j'ai appris à gérer mes courses en fonction de toutes les expériences que j'ai vécues, au niveau alimentation et hydratation. après, j'ai beaucoup appris aussi, finalement, sur, j'appelle ça, travail ton mental de coquillette. Et que, en fait, voilà, on croit toujours que, ouais, non, mais je n'y arriverai pas, ou, moi, je me dévole, enfin, je me dévalorise beaucoup, je suis toujours en doute, même encore actuellement, mais moins qu'avant, c'est, comme c'est arrivé comme ça, la course à pied, sans vraiment de prédisposition, je m'aligne sur une course, que ce soit la course du village, ou la course, n'importe, la Skyrune ou quoi, j'ai un peu le même stress. Maintenant, en cumulant autant de dossards, j'arrive plus détendue, quand même, sur les, les arches, des pas, mais, voilà, apprendre à se, à se canaliser, et à se dire, non, mais, c'est toi qui as choisi, tu es capable, tu as déjà fait, tu te connais, tu sais que tel format de course, ça te correspond, donc, tu es capable de faire, en tentant, en gérant de telle manière, et que si tu vas au-delà de ce format, tu sais que tu vas aller, plus ou moins, pas au clash, mais que tu vas en chier, plus que d'habitude, donc, c'est qu'est-ce que tu veux faire, et pourquoi tu le fais, moi, c'est rester sur des formats courts, prendre du plaisir, pouvoir enchaîner, rencontrer des personnes, découvrir, plein de paysages, entre, samedi, où je cours à la, les gorges de la Nes, que je me suis mis sur route, et puis, le pila, le dimanche, je passe, mais, dans deux mondes opposés, entre des gens qui font de la route, donc, c'est les pistards, on les connaît tous, voilà, c'est pas du tout le même monde que le trail, et puis, le lendemain, aller courir dans le pila, dans une ambiance euphorique, voilà, avec la musique de départ, on voit que ça en trail, la musique de départ, avec les, ils mettent, je sais plus qui, en hard rock et tout, voilà, qui met une ambiance de départ, mais ça en route, ils sont tous comme ça, avec leurs lunettes, prêts à partir, le chrono, prêts à te dépenser, et à t'écraser au début, donc, moi, c'est ce que j'aime bien, c'est varier ce type d'expérience, donc, je dirais, voilà, la deuxième chose, c'est ça, c'est, j'ai appris à me connaître, et à savoir, moi, ce que je voulais, et pas ce que les autres veulent, voudraient que je fasse, et rester dans cette, dans cette ligne directrice, et puis, après, la dernière chose, c'est tout faire rencontre, et tout ce que j'ai pu faire, grâce à la course agie, quoi, ça, c'est, énorme, voilà, et d'avoir pu, bien évidemment, à travers ça, d'avoir pu intégrer le team Simal, quoi, et c'est, depuis 5, 6 saisons, c'est juste, énorme, quoi, de vivre, chaque année, que ce soit les regroupements, les courses en duo, qu'on fait, ou même entre nous, des fois, on se retrouve, voilà, on est 2, 3, moi, j'ai eu fait avec Laure, on a fait, en 2 jours, la traversée des glaciers de la Vanoise, en rando trail, l'autre fois, il y a Sabine qui est venue, avec d'autres copines, et on a fait, l'ascension du Ventoux, pour travailler du D+, voilà, c'est des moments de partage aussi, qui font que, la Simal Family, elle existe vraiment, et, et la course à pied, c'est une, une grande famille, ouais, voilà,

Loïc génial, génial, si on a qui ne sont pas encore, pratiquants de trail, je pense qu'après, un échange comme ça, j'espère en tout cas, ils iront, ils iront s'acheter une paire de chaussures,

Alexia au moins qu'ils essayent, parce que, moi, j'ai mis le doigt dans l'engrenage, mais vraiment par hasard, pour mes 30 ans, en me disant, Alex, tu n'as jamais couru, à part aux crosses du collège, du lycée, allez, tu ne vas pas mourir bête, à 30 ans, je me suis inscrite, au 10 km de Melun, parce que, c'était la course, quand j'étais en région parisienne, pour mon boulot, de prof débutante, et puis, j'ai mis le doigt là, et puis, depuis, je te montre un truc, tu vas voir, voilà, j'ai, trois classeurs, avec, depuis, ça, c'est mon toque aussi, je garde tous les dossards,

Loïc ah ouais,

Alexia voilà, depuis le début,

Loïc énorme,

Alexia donc, j'ai tous les dossards, tu vois, depuis le début, de ma course, et le premier, il est là, celui de Melun, le 560,

Loïc c'est une super idée, ça,

Alexia voilà, donc, sur tous les dossards, je garde, la, comment ça s'appelle, la date, la distance, voilà, je ne sais pas ce que j'en ferai, plus tard, je n'en sais rien, mais, c'est, tu parlais des toques, voilà, bon, je garde tous les dossards, il peut y avoir une tombola, où tu mets le dossard, non, non, je ne donne pas mon dossard, on va tomber, là, voilà, mais, je pense qu'il faut essayer une fois, parce que, même, sans se dire, oh, la course à pied, c'est chiant, oui, c'est sûr que, si on y va une fois comme ça, c'est jamais hyper agréable, parce que, ben, on crache ses poumons, on a mal aux jambes, on a mal partout, et même quand on court beaucoup, on a encore mal, voilà, aussi, mais, c'est tellement une activité, qui permet d'apprendre, je pense, avant tout, à se connaître, parce que, la course à pied, c'est ça, c'est se battre avant tout, contre soi-même, je veux dire, le premier défi, c'est qu'on se fixe, c'est pas d'arriver, enfin, le podium, les machins comme ça, ça concerne, une infime partie, de la population de coureur, c'est pas ça, le but du jeu, c'est pourquoi je suis là, et pourquoi j'ai décidé de le faire, est-ce que c'est un défi, est-ce que c'est une envie, est-ce que c'est d'être avec des copains, est-ce que c'est de participer à un événement, voilà, reconnu, dire, ben, j'ai fait, moi, j'ai fait Marseille-Cassi l'année dernière, je m'étais dit, non, la route, jamais, etc., et j'ai eu la chance de pouvoir participer à Marseille-Cassi, qui pourtant est du bitume, mais c'est pas, mais j'ai adoré cette ambiance, que l'on peut avoir, avec tous ces gens qui sont là, d'univers tellement différents, et qui viennent pour 50 000 raisons différentes, faire cette course, c'est extraordinaire, voilà, et je pense qu'il faut le vivre au moins une fois, alors ça a commencé peut-être par un semi, mais maintenant, il y a tellement de petites courses, des 5 km, etc., des runs associatifs, solidaires, qui permettent de s'initier un petit peu à ça, et de voir si ça peut plaire ou pas, mais je pense que quand on y a goûté, voilà, et qu'on l'a fait pour les bonnes raisons, surtout, qu'on le fait pour les bonnes raisons, eh bien, on ne peut que aimer.

Loïc Je suis assez d'accord, les bonnes raisons, tu fais bien d'insister, mais une fois qu'on est au clair là-dessus,

Alexia c'est ça,

Loïc effectivement, méfiez-vous, c'est facile de tomber dedans, et d'avoir du mal à en ressortir.

Alexia Oui, exactement, mais ça peut être la course à pied, ça peut être toute autre chose, voilà, là, on parle de course à pied, mais comme on a dit, c'est agir pour soi, avant tout, voilà, et puis, après le reste, vient se greffer tout autour, mais c'est savoir ce qu'on veut, et pourquoi on le veut.

Loïc Super message. Écoute, un grand, grand merci Alexia, je me suis régalé, c'était génial d'en apprendre plus, sur ta pratique, de mieux comprendre aussi, la façon dont tu abordes, le trade, la course à pied en général. Si les gens veulent te suivre, c'est quoi le mieux ? C'est, tu as Instagram, Strava ? Oui,

Alexia sur Insta, et comme je dis sur Insta, donc, c'est Alexia Koudre, tout simplement, comme mon nom et comme mon prénom, j'ai rien à cacher, donc sur Insta, c'est le plus simple, et puis, mon petit mot, c'est passionné de, comment j'ai dit, passionné de sport, outdoor, et accessoirement, prof de PS.

Loïc Yes, à tête, si mal, excellent. Je mettrai le lien en description de l'épisode. Merci beaucoup. Merci à toi. Peut-être un de ces jours, du coup, une fois que j'ai reçu mon gravel, pour aller tester un peu le ventou.

Alexia expérimenter les pentes du ventou, et pas seulement que les cailloux, parce qu'il y a plein de choses bien sympathiques à faire.

Loïc Yes, trop bien. Merci beaucoup, Alexia.

Alexia Merci à toi. À bientôt. À bientôt. Ciao.

Loïc Merci d'avoir écouté cette conversation avec Alexia jusqu'au bout. J'espère que ça aura donné envie à quelques-uns d'entre vous de vous mettre au trail. Envoyez-moi vos feedbacks sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com. Je vous propose chaque semaine du contenu entièrement gratuit que je m'efforce de rendre le plus qualitatif possible. Je fais absolument tout seul, ce qui demande énormément de temps et d'énergie. Pour valoriser mon travail et remercier tous ces frappés inspirants que je reçois, prenez quelques secondes maintenant pour laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute de podcast. Pensez également à partager cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui sont intéressées par les sujets d'aventure et de dépassement. Merci pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode exceptionnel avec un homme qui vient de remporter une course de 1600 km en Alaska. Sous-titrage Société Radio-Canada ...

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