Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·072 Expédition #PTL #natation #maladie

29 mars 2022

Ramer 8000km à travers le Pacifique pour tourner la page avec Emmanuelle Bescheron

Durée · 1h10 · Transcription disponible

Emmanuelle

Le récit

Emmanuelle est une sportive de haut niveau, entrepreneuse et membre active d'une association qui se bat pour redonner espoir à des enfants malades grâce au sport.

C'est dans les bassins de natation 🏊‍♀️ qu'Emmanuelle touche du doigt pour la 1ère fois le monde du haut niveau. Membre de l'équipe de France 🇫🇷 pendant quelques années, elle stoppe tout pour se consacrer à ses études. Classes préparatoires, école de commerce, entre l'investissement en temps et la charge financière, elle a de nouvelles priorités ⏰.

C'est un voyage dans l’hémisphère Sud qui va changer la done. Elle découvre la discipline du lifesaving, ou sauvetage sportif en français. Très pratiqué en Nouvelle-Zélande 🇳🇿 et en Australie 🇦🇺 terres du secourisme ⛑ côtier par excellence, le lifesaving consiste à enchainer plusieurs épreuves en eau plate, sur le sable et en mer. Regardez cette vidéo, c'est super intense et les épreuves s'enchainent sur plusieurs jours ! Dingue 😳

En quelques années, elle se créé un palmarès 🥇 impressionnant : Double championne du monde de sauvetage sportif 2014 & 2018, Vice-championne du monde individuelle 2013, et triple vainqueur de la Watermana – Tahiti – 2017,2018, 2019. En tout, elle a participé à 6 championnats du monde, 4 championnats d’Europe, 2 world games.

Aujourd'hui, Emmanuelle a décidé de faire du sport un moyen de faire passer des messages d'espoir notamment pour les enfants atteints de cancer. Avec l'association HOPE Team EAST elle va se lancer dans un défi dingue : naviguer sur une planche de sauvetage du Pérou 🇵🇪  à la Polynésie française 🇵🇫 soit 8000km à la force des bras 💪🏼 !

Juste inspirante 🤩 🔥 !

🔎 Dans cet épisode, nous avons parlé de la Watermana, que Emmanuelle a remporté 3 fois ! Si vous voulez en savoir plus sur l'épreuve d'ultra que je prépare, la mythique PTL, c'est par ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #46 - Lilian Dauzat - Entrepreneur & Aventurier - Maintenir la flamme de la curiosité pour continuer à grandir
Épisode #63 - Nicolas Vandenelsken - Le tour de France en courant pour sensibiliser aux enjeux climatiques

Vous pouvez suivre Emmanuelle et l'association Cap Optimist ici ⬇️
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Transcription

Lire la transcription intégrale

Emmanuelle L'objectif, c'est de traverser l'océan Pacifique en prone paddleboard en janvier prochain entre le Pérou et la Polynésie française. J'ai besoin de passer ce challenge de par ce qu'on a vécu l'an passé et la perte de notre petite fille. C'est important d'aller au bout des choses et de croire en ses rêves et de continuer à aimer la vie malgré tout.

Loïc Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés. Bienvenue Emmanuel sur le podcast.

Emmanuelle Merci Loïc, merci de m'accueillir.

Loïc Je suis absolument impatient que tu nous en dises plus sur ton parcours. Pour être tout à fait honnête, ta discipline, le sauvetage sportif, c'est quelque chose que je ne connaissais pas du tout avant qu'on échange sur Instagram. donc je suis vraiment curieux que tu nous expliques un petit peu ce que tu fais dans cette discipline, en quoi ça consiste et puis quels sont les projets que tu es venu enfin les projets, les énormes projets les expéditions que tu es venu greffer sur tout ça donc écoute peut-être que le plus simple c'est que je te laisse commencer par te présenter, nous dire qui est Emmanuel

Emmanuelle et oui avec plaisir écoute déjà merci de m'accueillir sur le podcast des frappés, c'est un plaisir d'être là, j'ai découvert ton site il y a quelques mois avec l'épisode de Jessica et Annika Horn

Loïc que je suis rencontrée

Emmanuelle il y a peu de temps et qui nous soutiennent sur un projet dont on va parler tout à l'heure et écoutez moi c'est Emmanuel je suis sur Ossegore maintenant dans le sud-ouest dans les Landes et j'ai pas mal bougé dans ma vie je suis issue de Cahors, du Lot dans les terres j'ai pas mal évolué après dans la région centre pour aller ensuite à Marseille et arriver sur les terres landaises entre deux, trois voyages. Je suis athlète de haut niveau. J'ai commencé par la natation, un peu par défaut après un déménagement. Rapidement, j'ai pu toucher au haut niveau, en natation sportive. J'ai pu intégrer l'équipe de France jeune et senior entre mes 12 et 17 ans. on va dire, avant de découvrir le sauvetage sportif. Et le sauvetage sportif, qui est une discipline, c'est un sport amateur, mais une discipline à part entière avec une double spécialité, que ce soit en piscine, ce qu'on appelle le sauvetage au plate, et sur la partie côtière, avec des épreuves à l'océan, en mer ou sur un plan d'eau intérieur. J'ai découvert ce sport à l'âge de 16 ans et j'ai rapidement évolué dedans avec des premières équipes de France en 2003. Et après un petit break dû à mes études, le destin à chaque fois m'a ramenée vers ce sport à deux reprises. J'aurais pu complètement m'en éloigner. Et puis après un voyage en Australie en 2010, derrière le virus s'est installé, en moi en tout cas. Et je suis restée dedans. Après, j'ai voulu en équipe de France pendant une dizaine d'années. J'ai été double championne du monde dans cette discipline. J'ai participé à six championnats du monde, deux Jeux mondiaux, plusieurs championnats d'Europe. C'est un sport passion. C'est plus qu'en sport d'ailleurs, c'est un métier aussi. J'ai aussi goûté au métier de nageur-safteur sur les plages. J'aurai l'occasion de t'en dire plus là-dessus. Mais maintenant, je suis toujours impliquée dedans, dans mon club, ici local, le Houseboard Softage Côtier. c'est un sport qui vient de plusieurs endroits, et notamment sur la partie côtière qui vient d'Australie, avec les premières plages surveillées qui ont mené après aux premières épreuves de sauvetage côtier là-bas, avant que ça soit importé en France.

Loïc Excellent, excellent. Alors j'ai découvert quelque chose, parce que je suis allé sur le, je pense que tu nous parleras de cap optimiste, enfin on en parlera c'est sûr un petit peu plus tard, mais je suis allé un petit peu regarder du coup les femmes qui font partie de l'équipe et en fait je me suis rendu compte que c'est un sport qui n'est pas si jeune que ça puisque je vois que vous avez notamment une fille qui est originaire d'Espagne qui est sportive élite depuis 2005, ça fait quand même un petit moment et tu disais que c'est un sport amateur mais tu as parlé de fédération Comment est-ce que c'est organisé ? C'est rattaché à une fédération française en particulier ?

Emmanuelle Exactement. Ce sport en France est rattaché à la Fédération française de sauvetage et secourisme, qui elle est très ancienne. Elle a été créée et fondée en 1899. Et en fait, cette fédération a notamment mis en place les premiers diplômes de sauvetage, comme le surveillance de léniade, comme le BNSSA, etc. et donc étaient plus dédiés à la surveillance en piscine. Et après, pour la partie côtière, le sauvetage côtière, le surf, la saving, comme ils appellent aux antipodes, est venu d'Australie, en fait. En parallèle de notre fédération française, il y a eu aussi les prémices qui ont vu le jour en Australie dans le début des années 1900, en fait. Et quand les premières plages ont été surveillées là-bas en Australie, les sauveteurs, les lavegardes, là-bas, ils se sont professionnalisés. Et pour se professionnaliser, ils ont commencé un peu à se challenger entre eux, entre différents postes. Ils ont commencé à s'entraîner, à créer des petites compétitions. Et de là est né les premiers clubs. De là sont nés les premiers clubs de sauvetage, les surf clubs. Et ça a été importé dans les années 90 en France, en Europe notamment. On a eu des lavegardes australiens qui sont venus travailler sur les plages landaises, notamment en Nord-des-Landes, et qui ont importé du matériel qu'on appelle les rescue boards, donc ces planches de sauvetage qu'on voit maintenant un peu partout en France, et aussi les boue-étueux. Et ça a un petit peu aussi révolutionné le métier de nageur-sauveteur, au niveau professionnel, et ils ont permis d'importer ce sport en France. Donc les premiers, les championnats du monde tels qu'on les connaît aujourd'hui, les compétitions internationales datent de début des années 90.

Loïc Excellent. Alors peut-être qu'on peut rentrer un peu dans le détail de ce en quoi consiste le sauvetage sportif. Donc moi, j'ai eu de la chance, tu m'envoyais pas mal de contenu avant qu'on fasse cette conversation. Donc j'ai pu déjà visualiser à quoi ça ressemble. Et je ne te cache pas que c'est beaucoup plus, c'est ce que je te disais juste avant qu'on commence. j'ai été surpris en fait par l'intensité des épreuves et surtout j'ai l'impression qu'il y a une notion d'enchaînement et d'intensité qui est vraiment vraiment importante qui m'a fait beaucoup penser au triathlon ce qui n'est pas du tout l'image que j'avais quand j'ai lu sauvetage sportif c'est vrai que je pensais plutôt à typiquement de la natation pourquoi pas avec un engin flottant ou quelque chose que tu tractes et puis voilà quoi en fait ça a l'air beaucoup plus complexe que ça Est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer pour la partie en mer, au vive, quelles sont les épreuves qui s'enchaînent, de quel matériel vous avez besoin ?

Emmanuelle Oui, c'est vrai que c'est un sport qui a beaucoup de discipline. Donc voilà, on va se concentrer sur la partie côtière, mais en partie au plat, c'est pareil, on va avoir des épreuves individuelles et dérôlées. Et sur la partie au plat, tu as complètement raison, ça va être vraiment du chronométrique pour synthétiser, pour que tout le monde comprenne. On va avoir des épreuves entre 50 et 200 mètres, on va dire, de distance. C'est au chrono. On va remorquer des mannequins avec ou sans palme. On va avoir des parties en apnée. On va avoir des parties avec des passages d'obstacles. Donc, voilà, c'est vraiment… C'est très diversifié comme épreuve. Et sur la partie côtière, donc, le surf-life-saving, on va avoir différentes épreuves. On va avoir notamment la nage en mer, la surf-race. On a aussi la board-race. donc c'est une course de planche en paddleboard donc ce sont des planches qui sont un peu plus profilées que les rescueboards qui sont donc les planches professionnelles pour avoir vraiment du matériel adapté à la compétition pour être gagné en vitesse et aussi derrière pour passer mieux les vagues pour surfer mieux la vague pour revenir on va avoir aussi l'épreuve de kayak en mer donc le surfski et on a aussi l'oceanman qui est un peu ce que je te disais un peu l'enchaînement des trois épreuves phares, la nage, la planche, le kayak avec des transitions en course à pied. Donc, c'est un peu notre mini triathlon à nous qui dure entre 15 et 20 minutes. Et on a aussi deux épreuves sur le sable pour tester la vélocité, la réactivité du sauveteur. Donc, il y a un 90 mètres sprint pur sur sable et on a aussi l'épreuve des beach flags où là, c'est une épreuve par élimination en fait. Un peu sur le système des chaises musicales. Tu vois, à chaque fois, il y a un éliminé à chaque tour. C'est très intense. et derrière, c'est pour tester le temps de réaction des sauveteurs, avec aussi derrière la puissance qu'ils vont dégager sur leur vitesse de course pour attraper ce fameux bâton où on simule la main d'une victime. En fait, toutes nos épreuves sont initiées à la base par des actions de sauveteurs. Ce sport est très lié au métier de nageur-sauveteur, et c'est pour ça que la plupart des sportifs travaillent aussi, ou ont travaillé en tout cas sur les plages à un moment donné.

Loïc Ok. Moi, ça a été la première chose que je me suis dit quand j'ai vu la vidéo de cette épreuve qui était Cap Breton. C'est possible ou je dis n'importe quoi ?

Emmanuelle Je t'ai envoyé une vidéo sur une des compétitions phares chez nous, l'Ocean Perk Challenge, qui est une compétition pas sous les couleurs nationales, mais en tout cas où il y a les meilleurs sauveteurs européens qui viennent se confronter à chaque fois en été. et c'est vrai qu'elle est réputée pour être dans les vagues donc à Cap Breton qui est collée à Hauss-Ségore et c'est vrai que généralement ça fait pas mal d'années qu'elle a été créée et c'est souvent des grosses conditions donc le spectacle garanti

Loïc c'est clair c'est exactement ce que j'allais dire tu vois au delà d'intensité j'ai aussi été surpris par en fait les conditions dans lesquelles vous faites ces épreuves tu vois j'ai une séquence de la vidéo en tête où je pense que c'est une épreuve femme parce que si j'ai bien compris c'est pas forcément des épreuves mixtes

Emmanuelle c'est pas mixte effectivement maintenant il y a des relais mixtes à l'international comme il y a beaucoup dans l'ensemble des sports comme le triathlon par exemple maintenant mais c'est des épreuves effectivement soit féminines soit masculines

Loïc et donc il y a une séquence de cette vidéo où quasiment sur la plage en fait il y a des déferlantes qui arrivent et ça m'a vraiment surpris de voir en fait la hauteur des rouleaux tous les kayaks partent dans tous les sens en plus vous avez des kayaks vous appelez ça des kayaks c'est des skiffs

Emmanuelle c'est des kayaks de mer qui font 5m80 de long et qui pèsent 18kg donc c'est vrai que c'est des kayaks qui vont très vite on peut avoir des points de vitesse assez sympas mais par contre qui vont être très instables dans les vagues donc ça demande pas mal d'entraînement en amont pour bien maîtriser l'engin et surtout beaucoup de pratiques dans différentes conditions.

Loïc Oui, et puis vous n'avez pas de... En fait, c'est complètement ouvert. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de... Comment est-ce qu'on appelle ça ? Il n'y a pas d'îloir, il n'y a pas de ponton, en fait. Vous êtes assise et si une vague vous renverse, tu ne peux pas esquimoter ou quoi que ce soit.

Emmanuelle Non, non. Tu es fini. Alors, tu as juste à remonter rapidement dessus pour éviter de te prendre la prochaine vague. Parce qu'on a un parcours, en fait, à faire. et chaque épreuve, tu pars de la plage et tu reviens vers la plage. Pareil, on prend toujours l'image de ce sauveteur qui part de son mirador chercher sa victime et qui doit la ramener. Donc nous, toutes les épreuves, on part de la plage et on doit revenir, on tombe des bouées. Après, les distances, elles évoluent. Par exemple, sur l'épreuve de surf race, sur la nage, la distance fait 400 mètres. Sur l'épreuve de board race, elle fait 600 mètres, la distance. Et l'épreuve de kayak, de surf ski, ça fait 800 mètres. donc c'est des efforts qui sont courts de 3 à 4 minutes c'est très intense mais par contre sur une journée tu peux t'enchaîner une quinzaine d'épreuves entre les phases qualificatives les quart de finale, les demi-finales les finales, les relais et ça tu enchaînes ça non-stop pendant plusieurs jours même sur les championnats de France qui en sont organisés sur 3 jours

Loïc dans des environnements dans l'eau et sur le sable donc c'est quand même en termes d'environnement qui absorbe ton énergie et qui t'impose de monter en intensité c'est ce qu'il y a de pire je pense c'est vraiment impressionnant dernière petite question technique c'est sur les rescue boards un autre aspect qui m'a surpris, je crois que je n'en ai jamais vu comme ça avant, c'est qu'en fait la pointe, j'ai l'impression que c'est un peu comme si on avait c'est à dire qu'on a retourné la coque tu vois une coque un peu effilée et en fait, ce qui normalement est sous l'eau est sur l'eau pour vous. C'est-à-dire que j'ai l'impression que c'est complètement plat au contact de l'eau et assez aiguisé sur le dessus.

Emmanuelle C'est vrai que tu as différents shapes qui existent comme les planches de surf. Or nous, c'est quand même assez calibré, notre matériel comme les surfskis, je t'avais dit, c'était 5,80 m de long. Nos planches, c'est pareil, elles vont faire 3,20 m de long avec un poids minimum de 7,6 kg. Parce que voilà, pour que chaque athlète, on va dire, soit la même soit sur la ligne de départ de façon équitable. Et après, au niveau d'échec, ça dépend en fonction de si on souhaite plutôt des boards pour des plans d'eau calme, si on va souhaiter plutôt être à l'aise dans les vagues, dans le surf, quelque chose avec un peu plus de volume, ou un petit peu moins de volume. Donc, ça va vraiment dépendre, en fait, après du gabarit aussi du softeur et aussi de ses besoins par rapport à sa technicité de RAM.

Loïc Oui, d'accord. Ah là, c'est passionnant. C'est ça qui est super intéressant, c'est que je découvre une discipline qui a l'air hyper technique, pas seulement sur le matos, mais aussi sur le type d'épreuve, super intense. Et au final, c'est ce qu'on disait, pas si jeune que ça. Donc, c'est marrant de voir comme il y a certains sports que finalement, on connaît assez peu. Alors, je ne sais pas, est-ce que sur là où tu habites maintenant, c'est clairement des sports pratiqués ? Oui, clairement des sports.

Emmanuelle C'est à la même place que le rugby maintenant.

Loïc OK.

Emmanuelle Non, non, c'est un sport effectivement qui grossit. Alors forcément, chez nous, on a la chance dans la région, on va dire, sud-ouest, d'être doté de beaucoup de clubs et des clubs aussi qui ont des écoles de sauvetage aussi bien développées depuis plusieurs années. Donc, ils accueillent les enfants dès l'âge de 5 ans, 4-5 ans. Alors au départ, c'est une grosse éducation sur les dangers de l'océan. L'éducation à la plage, savoir se mettre en sécurité, savoir reconnaître un petit peu les différents dangers qu'on a autour de nous. Aussi, être capable de reconnaître les dangers par rapport à ses capacités, ça c'est essentiel. Donc là, il y a une grosse part d'éducation autour du milieu et autour du sauvetage et du secourisme. Et puis ces enfants, en fait, on les garde au fur et à mesure des années. Ils ont cette chance maintenant de pouvoir évoluer dans ce sport et c'est un sport à part entière, contrairement à nos générations où ça a été un sport, on va dire, de remplacement. On a connu ça plus tard. Et eux, en fait, ils vont évoluer dans cette discipline. Ils vont participer aux compétitions, peut-être qu'on participe à des compétitions de natation ou des matchs de rugby, etc. Et puis, parallèlement à ça, ils vont aussi se former aux différents diplômes de secourisme. Donc, à partir de 10 ans, ils vont pouvoir passer leur diplôme de premier secours. Et puis, à partir de 16 ans, leur diplôme de premier secours en équipe. et puis jusqu'au Graal c'est passer son BNSSA pour pouvoir travailler sur les plages après à l'âge de 18 ans donc on forme des athlètes mais aussi on forme un métier et c'est pour ça que ce sport est un sport passion aussi parce que derrière il y a des valeurs qui sont inculquées c'est sauver des vies savoir sauver des vies c'est énorme

Loïc c'est clair peut-être pour ouvrir la parenthèse là-dessus Est-ce que toi, tu as déjà eu, malheureusement, heureusement, à te servir de tes skills de sauvetage sportif pour une vraie situation ?

Emmanuelle Oui, ça m'est arrivé. Alors, le plus gros cas, pour le coup, ça s'est passé à Marseille, quand j'ai vécu à Marseille et que j'ai travaillé sur les plages. Tu vois, comme quoi les dangers sont partout. Et effectivement, on a sorti une dame de l'eau qui s'était noyée, qu'on a réanimé c'était un moment intense mais ça permet aussi derrière de concrétiser tout ce qu'on apprend et se dire qu'on sert à quelque chose aussi

Loïc c'est clair c'est clair et tu vois j'ai eu un invité il y a quelque temps Tony Bush qui est un ancien effort spécial qui a créé une entreprise qui s'appelle Emotion avec un H pour justement rendre un peu plus attrayant on va dire l'image attrayante l'image du secourisme en France parce que c'est vrai que à moins qu'on tombe sur des profils comme toi qui font des choses complètement dingues où il y a une discipline qui vient se greffer à ça le secourisme en France je ne sais pas comment c'est dans les autres pays comme l'Australie mais ça n'a pas quand même une image tu ne te dis pas tiens j'ai deux jours libres je vais me faire un recyclage secourisme dans la plupart des cas en tout cas et je trouve que c'est super de voir qu'il y a des disciplines qui allie non seulement le sport au plaisir, mais en plus l'apprentissage de gestes qui potentiellement sauvent des vies. Donc franchement, top. J'espère qu'on verra de plus en plus de sauvetage sportif du côté de la Méditerranée.

Emmanuelle Oui, ça se développe. Tu as des clubs un peu partout. J'avais repris à Marseille pendant mes études quand j'ai fait mon école de commerce là-bas. J'ai repris sur Marseille, donc tu en as quelques-uns.

Loïc alors comment est-ce qu'elle s'est faite cette transition tu nous disais que tu as été en haut niveau en natation quand tu as découvert le sauvetage sportif est-ce que c'était parfaitement clair pour toi que tu voulais performer au plus haut niveau possible même si c'est encore une fois un sport amateur ou est-ce que ça a été un enchaînement quelque part des preuves, d'expériences qui t'ont amené à faire tes 6 championnats du monde 4 championnats d'Europe et tes 2 World Games

Emmanuelle Ça a été surtout du hasard, vraiment du destin. Moi, la natation, je suis arrivée après vers 17 ans à un point un peu de ras-le-bol. Ça faisait déjà quelques années que je m'entraînais de façon bicotidienne. Je démarrais l'entraînement bicotidien assez tôt, à l'âge de 12 ans. Donc, c'est vrai que c'est pas mal de discipline et de contraintes aussi à un âge d'adolescent, on va dire. Mais bon, c'est vrai que c'est un sport qui est assez ingrate, qui demande aussi beaucoup d'heures d'entraînement pour arriver à un haut niveau. Donc, c'est sûr que j'étais arrivée à un stade où je ne m'amusais plus trop et j'ai découvert le sauvetage sportif et notamment la partie côtière, en fait. en été à Tours, grâce aux maîtres nageurs de la piscine de Tours. Moi, j'étais au Polespoir, donc j'ai voulu au Polespoir. Il y avait les maîtres nageurs de la piscine qui avaient créé cette association, le SN Tour. Et en 99, tu vois, j'avais 16 ans. Et en fait, ils avaient créé cette association. C'était des anciens rameurs d'aviron, de kayak en ligne, etc., de haut niveau pour certains. Et c'était un trip entre copains de créer cette association. Et puis, j'ai démarré à m'entraîner avec eux l'été, quand la saison de natation était en off. Et donc, je faisais des compétitions. On partait en Bretagne, en Vendée, même des fois en Méditerranée. Et on se régalait. Donc, c'était vraiment ludique au départ. Et puis, j'ai participé à mes premières compétitions internationales à 18 ans. Et après, j'ai breaké, en fait. J'ai breaké pendant mes études. Je suis partie en classe prépa à HEC, à Tours, pendant deux ans. Et puis, j'ai basculé ensuite sur Marseille pour mon école de commerce. et après c'est les rencontres pareil le destin où j'ai rencontré des copines qui s'étaient mises dans le sauvetage sportif donc dans les clubs de Marseille et j'ai repris comme ça j'ai réintégré les équipes de France après en 2007 j'ai repris la compétition et l'entraînement et après je suis partie en Australie mais pareil je n'étais pas censée y partir pour le sport je n'étais pas censée y partir pour le voyage tu vois pour découvrir un peu la vie là-bas aux antipodes. Et puis, je suis partie seule. Ma copine m'a lâchée au dernier moment. J'ai dit, qu'est-ce que ça va ? Mais je pars quand même. Et quand je suis partie là-bas, après, il y avait le fondateur du club du Ossogore Sautage Côtier, une légende, une personnalité chez nous qui était là-bas, qui m'a dit, eh bien, j'ai des personnes à te faire rencontrer. Et il m'a fait rencontrer tous les gros entraîneurs en Australie. Et j'ai commencé à m'entraîner avec eux. et puis derrière, c'était parti pour pas mal d'années.

Loïc Wow. Je suis vraiment admiratif de la façon dont tu as géré ton post-break pour les études parce que j'ai fait comme toi. En fait, j'étais en haut niveau jusqu'à rentrer en classe prépa et après, d'ailleurs, on a fait la même école. Je suis en train de me rendre compte. Par contre, moi, je n'ai pas du tout, du tout, du tout réussi à reprendre le sport à haut niveau. Tu vois, je me rappelle d'un… J'étais parti un peu… c'est vraiment drôle quand même les schémas qui se répètent. Je suis parti au Canada pour mes études pendant l'école. Et pareil, mon entraîneur de judo de l'époque m'a dit, écoute, va rencontrer ces personnes au Canada. Et en fait, en arrivant dans le club en question, je me rends compte assez rapidement que ce n'est pas n'importe quel club, c'est le club de la côte est de l'équipe nationale du Canada. Et ils étaient en train de préparer les JO de Londres. Et donc, tu vois, c'est comme ça que j'ai essayé de reprendre. après deux ans et demi, trois ans d'arrêt. Et la conclusion, ça a été que j'ai vomi avant la fin de l'échauffement, même pas avant la fin de l'échauffement. Donc voilà, je suis vraiment admiratif de ce que tu as fait parce que je sais ce que c'est d'être à haut niveau, de faire le choix d'une pause. Et puis une pause pour la prépa, je ne sais pas comment toi c'était, mais j'imagine qu'en termes de sport, c'était proche du néant, ta pratique.

Emmanuelle clairement mais c'était aussi sympa de découvrir un autre milieu tu vois

Loïc oui c'est sûr mais voilà enfin honnêtement très très impressionnant de voir que tu as réussi à ne pas rattraper le temps perdu parce que je ne pense pas que ce soit du temps perdu mais à combler ce gap et à revenir au plus haut niveau en plus dans une discipline quand même même s'il y a des similarités j'imagine avec la natation mais quand même assez différentes donc impressionnante tu vois on parle de détermination sur le podcast là je pense que c'est un très bon exemple

Emmanuelle c'est jamais évident de reprendre surtout après des études c'est vrai que surtout quand tu vois t'as fait une école de commerce c'est quand même aussi un investissement dans le travail mais aussi financier mine de rien donc j'avais travaillé derrière dans la communication en sortant de l'école et c'est vrai que derrière de faire ce choix de partir tu te comptes aussi on va dire aux avis familiaux qui disent mais qu'est-ce que tu fais ma fille tu sors d'études et tu repars là dans le sport mais où vas-tu que veux-tu faire dans ta vie et c'est vrai que j'ai tendance à croire on va dire à faire confiance au destin donc là où il m'emmène et en tout cas je suis très heureuse d'avoir cru en ce chemin

Loïc quand on voit non seulement ton palmarès mais aussi ce que tu réalises je pense qu'on va pas tarder à en parler j'imagine en tout cas dans l'extérieur ça donne envie de te dire que tu as bien fait d'écouter ton gut feeling parce que c'est clairement ouf peut-être que tu pourrais nous parler si je regarde ton palmarès le championnat du monde ça a été la première grosse épreuve que tu as remportée comment est-ce que ça s'est passé pour toi ce moment de consécration qu'est-ce que ça venait conclure ? Qu'est-ce que tu t'es dit à ce moment-là ? Est-ce que ça t'a ouvert de nouvelles portes ? Est-ce que tu t'es enlevé des barrières que tu avais jusqu'alors ?

Emmanuelle Alors, du coup, nous, sur les compétitions internationales en sauvetage, la force de ces championnats, en fait, que ce soit les championnats européens ou mondiaux ou les jeunes mondiaux, c'est qu'on part en équipe. On est une équipe, on joue l'individuel, mais on joue aussi le classement de l'équipe, en fait. donc ça c'est vraiment chouette c'est à dire que l'équipe de France elle est constituée de 12 athlètes, 6 garçons, 6 filles et en fait les sélectionneurs ils doivent créer, fonder la meilleure équipe possible pour derrière assurer les deux jours en piscine donc sur la partie au plate et les deux jours en côtier sur la partie côtière le surf fly saving et donc généralement il faut être un peu touche à tout, donc il y a des spécialistes vraiment purs, on va dire, sable ou rame piscine. Et moi, j'étais un peu sur les deux profils en tant qu'ancienne nageuse de haut niveau. Généralement, je me tapais les cinq jours de compétition à fond. C'est un truc qui était sympa parce que tu as enchaîné tes épreuves individuelles, mais il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi les relais. Il y avait aussi ce classement interclub, enfin nation, qu'on allait chercher. Et ça, c'était génial. C'est vraiment ce que je recherchais après la natation. C'était quand même un sport très individualiste, où tu es tout seul dans ton couloir, etc. Et je me rends compte, enfin, je me suis rendu compte au fur et à mesure des années que moi, ce qui me plaisait, c'était quand même le collectif, tu vois. Et ça, je... Et d'ailleurs, mes performances étaient bien plus... étaient bien meilleures en collectif qu'en individuel. Je pense que j'arrivais aussi à surpasser en équipe. Peut-être que j'ai enlevé des barrières, mais en tout cas, je trouvais plus de sens, en tout cas, dans le collectif que seulement mon propre challenge à moi en individuel. Et donc après, le premier titre c'était justement avec mes côtés Pierre sur un relais, c'était en 2014, donc à Montpellier en France, donc ça c'était cool, c'était les premiers championnats du monde organisés en France à Montpellier et à la Grande Motte, et donc là c'était génial parce que c'était devant nos familles devant tous nos supporters c'était un sacré moment et puis en plus derrière l'ensemble des performances sur l'ensemble des championnats a été incroyable et puis on est monté sur la troisième marche du podium aussi au niveau des nations donc derrière l'Australie et la Nouvelle-Zélande qui sont les nations reines on va dire du sauvetage sportif donc c'était incroyable ouais c'était incroyable et puis la deuxième fois c'était 2018, 4 ans après j'avais arrêté aussi tu vois je m'étais consacrée quand même au travail j'étais temps de s'y mettre quand même et je suis revenue avec un peu moins d'entraînement pour le coup parce que voilà quand tu commences à travailler et je suis à mon compte aussi j'ai monté ma petite entreprise donc les priorités sont différentes on a moins le temps en tout cas de se consacrer comme quand on était jeunes à son sport et on a été rechercher ce titre avec les filles à un centième ça a été assez fou et c'était en Australie pour le coup

Loïc génial la consécration en Australie ça devait être quelque chose

Emmanuelle ouais c'était chouette

Loïc parce que du coup tu parlais des nations un peu reines en dehors de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande C'est quoi les autres pays qui sont vraiment un peu référents en sauvetage sportif ?

Emmanuelle Alors clairement, sur la partie côtière, sur le Surf-Ly-Saving, c'est l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Alors c'est vrai que la Nouvelle-Zélande arrive sur ses équipes, sur ses championnats mondiaux, à créer vraiment une équipe très complémentaire, ce qui leur a permis de battre l'Australie à plusieurs reprises. Par contre, l'Australie a clairement un niveau, un step au-dessus, en termes de masse parce que derrière c'est vraiment la culture du sauvetage, ils peuvent en faire toute l'année sur l'ensemble des côtes c'est-à-dire des clubs, je pense un club au mètre carré c'est incroyable avec plein de piscines olympiques pour pouvoir s'entraîner ils ont un niveau et une culture du sauvetage aussi qui est assez folle et puis pour la partie au plat, en piscine, les grosses nations ça va être la France bien sûr mais l'Italie aussi très très forte l'Allemagne et puis ça c'est pour les spécialistes en piscine après l'Espagne ils vont avoir un profil un peu complémentaire comme la France ok

Loïc excellent super alors tu nous as parlé du collectif du fait que tu te sois rendu compte que c'était peut-être quelque chose qui t'attirait plus que la natation même si tu en as fait pendant longtemps et à un excellent niveau du coup je serais curieux de savoir à quel moment est-ce que et puis comment ça s'est passé cette phase de transition entre la dimension sportive compétition et puis la création de ces expéditions, de ces projets sachant que il y en a un énorme qui arrive donc c'est vraiment quelque chose visiblement dans lequel tu continues de t'investir

Emmanuelle ouais alors c'est vrai que je pense il y a eu deux aspects, il y a déjà l'aspect aussi milieu naturel que j'ai découvert aussi au fur et à mesure, parce que moi je viens quand même de Cahors à la base, donc à Cahors, on parle de l'autre, il n'y avait pas grand chose, donc après je me suis, j'ai découvert le milieu aquatique déjà, avec la natation synchronisée là-bas à Cahors, et puis après la natation, quand on a déménagé en région centre, j'ai découvert ensuite le milieu un peu plus naturel avec les débuts en sauvetage côtier, et puis l'océan, je l'ai appréhendé au fur et à mesure, et notamment ce sont mes saisons en Australie et en Nouvelle-Zélande que j'ai passées pendant plusieurs années, j'ai dû faire 4 ou 5 saisons à passer des hivers là-bas, à m'entraîner et là c'est vrai que derrière tu connais petit à petit un peu mieux le milieu et puis surtout tu te passionnes par ce milieu par ce sentiment de liberté aussi qu'il procure le fait aussi de toucher à plein de matériels différents, moi ça m'a vraiment passionner et j'adore ça, j'adore pouvoir adapter ma pratique par rapport aux conditions c'est-à-dire que tu vas avoir un plan d'eau hyper calme c'est idéal pour aller nager tu vas avoir des petites vagues ça va être idéal pour le paddleboard, le surfski tu peux vraiment adapter ta discipline ton activité en fonction du matériel donc c'est vrai que ce côté un peu waterman, waterwoman, je l'ai développé au fur et à mesure et puis là maintenant je suis vraiment à fond dans cette démarche un peu touche-à-tout et sur des défis beaucoup plus grands que le simple bassin de 25 mètres ou 50 mètres en piscine. Et puis aussi, je pense que j'ai eu mon temps de compétition. Maintenant, je ne suis plus sur des challenges où je vais moins chercher la performance par rapport à d'autres, mais plus par rapport à moi ou sur des challenges collectifs. Comme je l'ai dit, je n'ai pas forcément l'envie de me lancer un challenge en individuel. Par contre, de le faire en équipe, moi, c'est ça vraiment qui me plaît par-dessus tout.

Loïc Génial. Je te propose qu'on rentre dans le fil du sujet avec ces défis. Est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer un peu sous quel format est-ce que c'est organisé ? J'ai Cap Optimiste en tête, mais je ne sais pas si c'est la seule structure et si c'est avec ça que tout est parti. Mais comment est-ce que tout ça s'est mis en place ? ce que vous avez déjà réalisé. Et puis, on parlera juste après du projet complètement fou qui arrive.

Emmanuelle Oui, oui, oui. Alors, moi, derrière, donc à la fin du sauvetage, je me suis mis vraiment sur des courses un peu waterman. Je suis partie à trois années d'affinée à Tahiti pour la Watermana. Donc, c'est une des épreuves reines des watermans dans le monde. En fait, pendant une semaine, tu enchaînes sur l'île de Waïné des épreuves assez folles en super race, en stand-up race, en prone paddleboard donc ce sont nos planches de sauvetage longue distance en nageant au libre en course à pied en défis divers et variés et en fait la spécificité de cette course c'est que tu ne sais pas ce qui t'attend c'est-à-dire que tu pars le matin l'organisateur Stéphane Lambert qui est un ancien tennisman de haut niveau et t'annonce ce que tu vas faire ça peut être je ne sais pas moi 50 km en stand-up tu vas faire le tour de l'île ou alors tu vas partir derrière sur trois fois cinq kilomètres de nage en eau libre tu vas enchaîner et c'est c'est assez incroyable parce que ça déstructure complètement en fait ta zone de confort aussi qu'un athlète de haut niveau a tendance à connaître avec tout calibré ta zone ton temps de récupération quand est-ce qu'il faut manger quand est-ce qu'il faut dormir et tout là tu pouvais il pouvait te réveiller en pleine nuit pour être lancé dans une épreuve ou tu n'avais rien c'était complètement déstructuré par rapport à ce que tu connaissais et c'est ça qui est génial en fait tu vas sortir de sa zone de confort et ce qui permet aussi de vraiment s'enlever des barrières aussi en tant qu'athlète et de permettre de se dépasser aussi dans les moments où tu te dis ben non je ne peux pas aller plus loin si en fait ton mental et ton corps peuvent aller beaucoup plus loin que ce que tu crois donc ça c'est assez incroyable donc ça c'était vraiment mes premiers défis et puis après avec les copines dont deux copines qui avaient déjà traversé l'Atlantique en prone paddle en 2009 voilà en 54 jours là elles m'ont proposé de relancer sur un défi avec une association donc l'association Optimiste ce projet s'appelle Cap Optimiste et c'est un projet qui est au service des personnes malades et notamment au service du nouveau programme de l'association qui va accompagner les enfants notamment atteints de cancer à relever un défi sportif et ce projet l'objectif c'est de traverser l'océan Pacifique en proie de paddleboard en janvier prochain entre le Pérou et la Polynésie française

Loïc alors pour celles et ceux à qui ça ne parlerait pas trop en termes de distance parce que j'ai eu du mal quand j'ai vu le nombre de kilomètres je ne suis pas allé vérifier mais je me suis dit est-ce que tu pourrais juste nous rappeler combien ça fait de kilomètres Pérou-Polynésie française

Emmanuelle Alors c'est 8000 kilomètres. Voilà.

Loïc Tout simplement. Tout simplement. OK. Alors déjà, j'ouvre une petite parenthèse, mais sur la traversée de l'Atlantique, c'est hyper impressionnant parce que j'ai eu un invité, Lilian, salut Lilian, si tu nous écoutes, qui l'a fait à la rame et ils ont mis de mémoire 49 jours à deux dans le bateau. donc là 54 jours sur des donc vous avez vous avez des pagues là c'est du stand-up ou c'est à la main

Emmanuelle c'est à la main c'est les bras dans le

Loïc c'est à la main ah voilà c'est ça

Emmanuelle donc là elles étaient trois moi j'y étais pas encore parce que j'étais encore en plein dans les compétitions internationales à l'époque donc c'était 2009 il y avait Stéphanie Gélier Barnex Alex Lux que j'ai côtoyé pendant des années aussi en équipe de France et Flora Mancier et Et donc, les planches, c'était des paddleboard, un peu plus allongées. Il y avait différentes tailles. Elles avaient des tailles plus longues que les 3,20 m qu'on a en compétition. Donc, ça pouvait aller jusqu'à plutôt 6 mètres de long. Et elles adaptaient les planches en fonction des conditions océaniques. Et derrière, par contre, tu es allongé sur la planche ou à genoux. Et par contre, tu rames les bras dans l'eau. Voilà.

Loïc Oh, c'est hallucinant. ok donc une transatlantique pas à la rame mais à la pour le coup clairement à la force des bras littéralement les mains dans l'eau ok je te pose la question parce que j'avais vu sur certaines épreuves que vous naviguez comme ça du coup ouais et je m'étais demandé si ça avait été le format pour la traverser parce que attend au delà de alors peut-être que je me trompe mais je me dis déjà en termes de portance dans l'eau une main par rapport à une pagaie c'est quoi c'est un cinquième de la superficie d'une pagaie ?

Emmanuelle Oui, c'est vrai qu'on n'a jamais vraiment calculé, mais effectivement, c'est beaucoup moins positif. Alors, surtout qu'on va avoir d'autres conditions sur le Pacifique, en janvier prochain, parce que la température de l'eau est déjà nettement supérieure de ce qu'elles ont pu connaître sur l'Atlantique. Il faut aussi beaucoup plus chaud à l'extérieur, donc déjà, on va avoir des équipements beaucoup moins volumineux, parce qu'au départ, c'était plutôt en combinaison de survie, Donc, pour la rame, ce n'était pas idéal. Par contre, il va faire très chaud, il va faire très humide, avec beaucoup de soleil. Donc, ce sont des choses aussi, il va falloir faire attention. Et en fait, on va fonctionner en relais. On va se relayer, les filles entre nous, sur des rotations à peu près d'une heure trente de rame. Et on aura donc le bateau d'assistance pour pouvoir se reposer, pour pouvoir dormir aussi, se restaurer. Parce que sur ces planches-là, on ne peut pas dormir. Ce n'est pas comme les embarcations qui sont adaptées, on va dire, pour les grandes traversées, nous c'est une planche, on est allongé dessus, au mieux à genoux, et puis derrière c'est tout.

Loïc Et le bateau par curiosité, votre bateau base de vie, c'est un kata que vous prenez pour la place ?

Emmanuelle C'est un kata parce que derrière il est au ralenti, le kata, il suit la rameuse, donc nous on doit être à peu près, on doit faire du 4-5 km heure maximum, ça va dépendre après la poussée donc si tu veux le kata et le ralentier pour éviter qu'il gite trop on prend un bateau le plus stable possible pour éviter le mal de mâchoir

Loïc oui et puis j'imagine que pour stocker le matos tu as quand même plus de place avec les filets sur un kata que sur un monocoque

Emmanuelle oui voilà parce qu'on va partir avec au moins 4 planches on part pour 2 mois et demi minimum de traversée sur un parcours pacifique donc c'est vrai qu'il faut un minimum d'équipement

Loïc je repense à cette histoire de portance par rapport à la main c'est vrai que c'est comme un triathlon tu le sais bien mieux que moi avec la natation que tu as fait mais il y a aussi une question d'avant-bras tu as aussi l'avant-bras qui vient t'aider à te propulser mais bon quand même je pense que ce serait intéressant de voir la différence entre une pagaie et le fait de le faire à la main hyper impressionnant une autre question que je me posais un peu biomécanique mais je pense qu'il y aura en partie répondu puisque tu me disais que vous avez des rotations prévues de 1h30 c'est comment tu gères en fait musculairement, mécaniquement le dos parce que ça a l'air hyper inconfortable en fait le fait d'être sur la planche surtout le fait d'être à genoux j'ai vu certaines vidéos où vous êtes à genoux comment tu gères ça ?

Emmanuelle c'est vrai que ce ne sont pas des positions très bonnes pour le corps en soi et puis la rame à genoux en plus on est vraiment sur nos rotules à chaque fois en balancier parce qu'on va constamment aller chercher l'appui vers l'avant et puis c'est vrai que c'est nécessaire pour nous d'alterner les positions parce que quand on est allongé on va être plutôt cambré avec le bus relevé donc là nous on va travailler, on travaille sur des prototypes de planches mais aussi sur des équipements pour permettre aussi de soulager les épaules parce qu'il faut éviter au maximum derrière les inflammations au niveau des rotateurs et tout, s'il provoque derrière les tendinites. Donc ça, on travaille sur ça pour améliorer le confort surtout sur la durée. Après, sur des rotations d'une heure trente, pourquoi ? Ce qu'il faut, c'est pas dépasser deux heures en fait, parce que notre corps, il est habitué à des entraînements en fait, depuis qu'on est toute jeune, à des entraînements de deux heures. Les entraînements de natation, ça dure une heure et demie, deux heures. Les entraînements de rame, ça dure une heure et demie, deux heures. Donc c'est comme le vélo, c'est-à-dire mécaniquement, notre corps, il s'en rappelle et aussi notre mental. Donc derrière, on reste dans une zone confortable si je puis dire où on ne va pas chercher au-delà derrière au niveau musculaire et au niveau articulaire donc ça on est capable d'enchaîner plusieurs fois par jour et par nuit derrière cette durée de rotation donc c'est pour ça qu'on se fixe une limite

Loïc ok et comment est-ce que vous gérez alors pardon excuse-moi j'ai tellement de questions qui me viennent que du coup je passe de l'une à l'autre mais vous aurez quand même quelqu'un qui a des connaissances en prévention des blessures type kiné, ostéo etc à bord avec vous ?

Emmanuelle on va avoir un skipper donc forcément et derrière on aura un kiné ostéo une kiné ostéo d'ailleurs qui va nous suivre on aura aussi le caméraman qui va faire office. En fait, chaque rôle, même si chacun va avoir ses spécialités, aura aussi un rôle de surveillance pour la rameuse. Pour ne pas la perdre vue, parce qu'on a quand même les bras dans l'eau. Donc, on est quand même dans un océan, océan du Pacifique, avec pas mal d'animaux marins aussi. Donc, il va falloir rester en vigilance de façon continue. Et après, on aura un médecin, bien sûr, à bord. et en plus c'est un chirurgien spécialiste du cancer du sein et qui a opéré notamment Stéphanie, parce que Stéphanie et donc Gélier Barnex qui étaient un peu à la genèse du projet initial de la traversée de l'Atlantique, elle qui a combattu plusieurs cancers du sein. Et du coup d'ailleurs cette première traversée de l'Atlantique, c'était pour se prouver qu'elle était encore en vie après des années de traitement et après avoir perdu pas mal de personnes autour d'elle. Et donc, c'est vrai que derrière, ça a tout son sens d'avoir en plus son chirurgien qui l'a opéré et qui va être avec nous sur le bateau et qui est navigateur aussi à ses heures. Donc, voilà.

Loïc Super. Ça donne une énorme ampleur à l'aventure humaine, je trouve. Au-delà du défi complètement fou sportif. Excellent. Excellent. Alors, attends, j'avais autre chose en tête. Oui, le départ, c'est Lima. Vous avez choisi Lima ou ailleurs au Pérou ?

Emmanuelle Oui, on a choisi Lima au Pérou et l'arrivée, donc là on a notre chef d'expect qui est parti avec une des rameuses en novembre dernier pour faire les repérages. Et derrière l'arrivée en Polynésie, on n'a pas encore le lieu exact d'arrivée, donc je garde un peu la surprise pour l'instant. On a quelques idées qui se profilent. Elles ont été aussi, notre chef d'expect est parti, est revenu il n'y a pas longtemps, il y a quelques semaines seulement, de Polynésie pour repérer l'arrivée et travailler sur place. Parce qu'au-delà du projet, au-delà de cette expédition inédite qui n'a jamais été faite en paddleboard, il y a tout le projet de l'association derrière avec des actions concrètes pour les enfants. Que ce soit le projet pédagogique autour du sport santé, que ce soit le projet d'accompagnement d'enfants malades à travers un défi sportif, mais il y a aussi insérer le sport dans les hôpitaux pour les enfants en cours de traitement donc c'est vraiment l'objet aussi de l'association et de ce nouveau programme qu'à travers ce projet on essaye de valoriser et de fédérer autour de nous Super

Loïc et donc les actions pour l'association concrètement comment est-ce que vous allez partager, interagir avec les enfants avant, pendant, après le projet comment est-ce que vous l'avez conçu pour le moment ça ?

Emmanuelle Oui, on est complètement dans le vise du sujet par exemple on a finalisé les mallettes pédagogiques qui vont être dédiées dans les écoles à relever un défi sportif dans sa classe donc ça on va commencer à les diffuser prochainement et c'est pour ça qu'on va partir 2-3 semaines avant notre départ en janvier prochain pour mener ces actions au Pérou à Lima. Donc, on a déjà repéré des écoles et aussi des associations locales pour communiquer autour du sport santé, notamment. On va aller aussi derrière dans les hôpitaux pour sensibiliser les enfants, les accompagner. En fait, on crée aussi des totems. Donc, ce sont de grosses cellules, imagine, sportives où tu vas pouvoir déplacer dans les couloirs ou dans les chambres des hôpitaux avec plein d'items sportifs différents, des petits challenges à relever. Ça, c'est génial pour travailler le bas du corps, le haut du corps, travailler aussi des petits challenges de coordination, de rapidité. Et puis après, il y a l'accompagnement aussi des enfants. Donc là, c'est sur l'accompagnement des enfants post-traitement. Donc, on a commencé le suivi avec trois adolescentes parce que pour l'instant, l'association se focalise d'abord sur les adolescents parce que les enfants, c'est encore plus complexe, on va dire, en termes de suivi. Donc, sur un an, elles sont suivies par différents coachs et elles vont déterminer leurs défis sportifs à la fin de l'année. Donc, ça, pareil, que ce soit au Pérou ou en Polynésie, à notre arrivée, on va avoir un temps d'action avec les rameuses pour pouvoir concrétiser tous les projets d'association. Et après, bien sûr, ces projets, ils vont continuer à vivre une fois qu'on sera parti.

Loïc Oui. C'est super ça. C'est super. On a fait un épisode il n'y a pas longtemps avec Nico, de Nico Green Tour, qui avait un engagement très fort par rapport à différents enjeux sociétaux, mais notamment l'environnement et la gestion de nos déchets. Et ce qu'il a fait, c'est qu'il a couru, il a fait le tour de la France, en courant. Donc 4000, pas loin de 5000 kilomètres, il me semble, en deux mois, là, entre août et décembre. Et en fait, ce qu'il faisait, que j'ai trouvé dingue, qui fait un peu écho à ce que vous êtes en train d'organiser, que je trouve génial, c'est qu'il courait tous les matins, un marathon quasiment, et tous les après-midi, il était dans des écoles. Justement, à faire la sensibilisation sur la gestion des déchets, sur l'alimentation saine et sur le sport. Et c'est lui qui m'a appris ça. Apparemment, j'étais pas du tout au courant, mais je sais plus si c'est en France, dans le monde ou en Europe, mais il y a des études récentes qui prouve que les enfants ont des capacités cardiaques 25% inférieures aux enfants d'il y a deux ou trois générations il y a 25, 30, 40 ans et c'est principalement dû au manque de sport en plus de l'alimentation et de l'environnement donc je trouve que c'est génial ce genre d'initiative ce que vous êtes en train de faire pour enfin ouais ça paraît fou de dire ça mais re-rendre le sport un peu attractif ou un peu sexy, inspirer les gens à inspirer les jeunes générations à se lancer dans des projets plus ou moins fous, tu vois, mais en tout cas, à bouger.

Emmanuelle Oui, c'est vraiment ça. C'est essayer de faire rêver, pour nous aussi, de croire, continuer à croire en nos rêves aussi, et de ne pas rester dans sa routine quotidienne et à ne pas vouloir prendre de risques parce qu'on est clairement passé dans une société comme ça. Donc, toujours se challenger, croire en soi, ne pas se mettre de barrière parce que souvent on est exposé aussi aux peurs des autres, qui ont tendance plutôt à nous limiter dans nos actions. Et ça, c'est important. Et puis nous, c'est vrai que là, sur l'association, elle a été initiée pour les femmes initialement qui étaient atteintes de cancer du sein, parce que Stéphanie a été directement touchée par cette maladie. Mais c'est vrai que derrière, l'association s'est aussi développée autour de maladies chroniques, mais pas que, parce que, par exemple, nous, pour les rameuses qui vont sur le bateau, on a chacune aussi nos histoires. Stéphanie, c'était la maladie et d'autres, ça va être la perte de proches, ça va être des traumatismes vécus dans sa vie. Et c'est vrai que ça, c'est important. Le sport, c'est un autre point commun à nous toutes, c'est que le sport a toujours été notre pilier dans notre vie pour continuer à avancer, pour garder aussi une stabilité, une certaine stabilité et puis garder aussi une certaine hygiène de vie. même si on est de vraies épicuriennes. Mais en tout cas, c'est important. Ça a été toujours un pilier et ça le restera. Et ça, c'est important d'inculquer ces valeurs auprès des plus jeunes où, comme tu le dis, les générations sont de plus en plus sédentaires. Et on le voit quand on reste scotché devant un écran, devant notre téléphone. Donc, c'est hyper important de donner en tout cas l'envie de passer du temps dehors, de se défouler. il n'y a pas besoin forcément de battre des records mais en tout cas d'évoluer dans la nature ça c'est important

Loïc alors tu parlais du fait que vous allez vous embarquer toutes avec vos différents combats dans cette aventure et que globalement le sport sur chacun de vos parcours ça a été un pilier important si tu es ok pour qu'on en parle je serais curieux de savoir comment est-ce que le sport toi t'a aidé et peut-être quel moment compliqué ça t'a permis d'affronter et je te demande parce que depuis le début c'est vrai que souvent avec mes invités on parle de projets qui font rêver on regarde les parcours disons qu'on parle souvent c'est toujours plus facile de parler des résultats tes super performances ces transitions que tu as fait avec brio entre un sport à haut niveau puis un autre, ces projets complètement dingues que tu lances. Mais souvent, on parle un peu moins de la partie immergée de l'asberg, les choses qu'on ne voit pas et qui sont des réalités pour plein de gens. Donc, je serais curieux de savoir, toi, tu parlais de sport comme un pilier. Est-ce qu'il y a des expériences en particulier, des choses que tu as vécues où ça a vraiment fait une différence ?

Emmanuelle oui c'est vrai que moi dans ma famille on a eu une éducation sportive pourtant je n'avais pas une maman sportive mais par contre c'était une force de la nature elle était toujours dehors à bricoler à balayer le jardin la forêt continuellement elle ne connaissait rien au sport mais par contre mon papa était un ancien militaire et ancien sportif de haut niveau aussi donc il nous a inculqué ces valeurs là et c'est vrai qu'on a plongé dedans petit je ne me suis jamais vraiment identifiée par contre à la rigueur sportive et surtout à tout ce schéma de gagner d'écraser les autres pour gagner je ne me suis jamais vraiment reconnue dans ces discours là j'aime le sport pour me dépasser moi-même mais j'aime le faire aussi dans le respect des autres je peux faire moi me mettre un gros challenge si tu veux mais je ne suis jamais reconnue vraiment dans ce schéma là et après ça m'accompagnait toute la vie parce que personnellement j'ai eu quelques traumatismes jeunes mais c'est vrai que je me suis aperçue au fur et à mesure que dès que je m'éloignais un peu du sport c'est là où je perdais un petit peu pied où je m'éloignais aussi de mes valeurs que je perdais un peu le fil aussi, tu vois, des repères de la vie. Et donc ça, je suis toujours revenue vers le sport pour m'aider en tout cas à passer ces étapes. Ça, c'est hyper important. Là, maintenant, sans me mettre de pression, tu vois, j'essaie vraiment d'avoir une activité quotidienne par jour. Alors, j'ai réussi en plus à en faire mon métier, c'est-à-dire que je réussis, malgré une école de commerce, mon bureau, il est à l'extérieur, tu vois, Je propose des activités aquatiques pour tous, que ce soit la nage en olive, la marche aquatique, le swim run. Mon bureau, c'est dehors, entre lac et océan. Ça, c'est le plus beau des cadeaux et le plus beau des bureaux aussi. Le sport, il est au quotidien. C'est vrai que nous, l'an passé, on a eu aussi un épisode de notre vie qui n'a été pas évident. On a perdu notre première fille. à 5 moyennes grossesses. Et c'est vrai que derrière, la reprise du sport a été essentielle pour passer le cap. C'est un des fouloirs. Et surtout, me concernant, c'est vraiment le milieu aquatique qui me fait le plus grand bien. J'ai besoin d'aller dans l'eau. J'ai besoin d'aller dans l'eau pour me ressourcer, pour me calmer, pour me recentrer sur moi et continuer à avancer.

Loïc Super. tu nous parlais de collectif un peu plus tôt une question que je me pose c'est encore une question un peu égoïste parce que ça fait écho à des choses qui arrivent pour moi j'ai eu des invités l'année dernière du podcast l'équipe de triathlon l'équipe de raid aventure du club de triathlon d'Aix-en-Provence et ils m'ont embarqué dans une aventure un peu folle on va courir un 300 km une des épreuves de l'UTMB cet été en août cette épreuve se fait par 3 en équipe de 3 c'est 300 km sur 150 ou 152 heures je crois max 6 jours avec a priori assez peu de sommeil moi je suis un peu dans cette phase j'ai jamais fait ça avant où je me pose beaucoup de questions sur le collectif ça va pas durer 2 mois comme vous je pense que les conditions d'isolement seront beaucoup moins rudes que ce que vous allez vivre mais je me demande quand même comment est-ce que vous anticipez ça sachant que une fois que vous serez au milieu du Pacifique, il n'y a plus vraiment le choix vous êtes tout à bord et puis point barre, il faut ramer une heure et demie à chaque fois

Emmanuelle et c'est là où la prépa mentale est essentielle sur de tels défis c'est vraiment plus que la préparation physique la prépa mentale est essentielle on a d'ailleurs démarré par ça donc on a toute une équipe autour de nous on travaille de façon individuelle pour l'instant on commence à peine le travail collectif de façon à ce que chacune aussi identifie ses besoins ses craintes ses appréhensions ses envies aussi et puis qu'il y ait une sorte d'introspection qu'on ne fait pas forcément savoir comment je réagis dans telle situation comment je vais gérer aussi mon environnement parce que là on sera trois mamans il y aura aussi des étudiantes mais il y aura trois mamans donc c'est aussi quitter son cercle familial laisser son enfant à terre pendant que nous on va traverser un océan avec les risques que ça comporte donc la préparation mentale est essentielle ça c'est clair donc que ça soit déjà pour gérer son propre environnement sa propre vie on va dire au quotidien et derrière aussi pour gérer toutes les appréhensions que chacune a qui vont être différentes que ça soit je sais pas moi la rame de nuit la rame dans des grosses conditions le mal de mer pour certaines qui est compliqué à gérer voilà donc c'est tout ce schéma là qui est important à travailler quoi ça c'est essentiel pour un défi comme tu fais c'est vrai que mental et c'est la clé c'est celui qui va te mener au bout de ton challenge

Loïc complètement, j'en suis convaincu donc Brice, Xavier, quand vous écouterez l'épisode il faudra qu'on ait commencé la prépa mentale quand même

Emmanuelle ce qui est bien dans le collectif c'est que tu auras toujours une personne qui sera là et normalement qui sera avec le good mood pour pousser l'équipe au bout et c'est ça qui est sympa aussi à connaître les forces et les faiblesses de chacun tu vois

Loïc ouais c'est ce qu'on s'est dit qu'il y aurait forcément des moments difficiles pour tout le monde mais sans doute pas au même moment et que donc c'est là où il y aura un intérêt du coup dans le fait que le format c'est par trois et pas en solo

Emmanuelle exactement

Loïc wow génial alors tu nous parlais des engagements de l'association je suis curieux de savoir tu nous disais un peu plus tôt que vous avez eu la chance d'accueillir Annika et Jessica Horn j'ai aussi eu cette chance récemment juste avant Noël de faire un épisode avec elle du coup comment à quel point est-ce que c'est important pour vous d'avoir des alors je sais pas si je sais pas si elles aimeraient qu'on dise des personnalités mais en tout cas des figures engagées auprès de l'association comme ça, qu'est-ce que ça vous apporte ?

Emmanuelle Déjà ça apporte énormément en termes d'échange d'expérience ça c'est sûr alors c'est vrai qu'Anika et Jessica elles ont on va dire cette étiquette VIP voilà, personnalité publique par leur papa mais elles sont extrêmement simples aussi dans la vie. On a passé deux jours ensemble lors de notre première expédition où on lançait un peu le projet. C'était plus une expédition entre Bordeaux et Biarritz où le but, c'était aussi de communiquer sur le début de ce projet et des actions qu'on allait mener. Elles nous ont fait le plaisir de venir à bord. Elles ont testé d'ailleurs le paddleboard, le prime paddleboard. Ça, c'était génial. et donc au-delà de tout ça c'est vrai que c'est génial de pouvoir partager, nous on vient aussi de sport amateur, donc on n'a pas forcément à chaque fois je ne sais pas si c'est une peur d'être légitime, mais en tout cas c'est vrai qu'on va rester plutôt discrète par rapport à notre discipline aussi, parce qu'elle est un peu moins connue et c'est génial de pouvoir partager notre discipline avec des personnes comme Jessica et Annika et qui en plus accrochent au projet et qui en plus sont séduites par cette discipline, par notre sport et c'est génial de pouvoir leur faire découvrir aussi notre passion et d'échanger entre terre et mer parce qu'elles, elles sont plus montagnardes et nous, on est plus aquatiques. c'était un super échange et en tout cas, elles sont aussi de très bons conseils pour nous de par leur expérience en termes d'aventure, d'exploration, de survie aussi et c'est génial. On va repasser du temps avec elles et je les remercie encore d'ailleurs si elles écoutent, de leur soutien.

Loïc Super, super. Alors peut-être, bon là on a fait un gros balayage de ton parcours, de cette expédition qui arrive. Peut-être pour doucement se rapprocher de la conclusion de cet échange incroyable. Qu'est-ce que toi tu vas aller chercher sur cette aventure, de cette traversée de 8000 kilomètres ?

Emmanuelle alors déjà je pense qu'on a j'aurai pas forcément beaucoup de possibilités de traverser un océan un jour donc je trouve ça génial juste de pouvoir le faire surtout quand t'es passionnée par le milieu aquatique et par le milieu océanique c'est juste une chance aussi incroyable de pouvoir vivre cette aventure vivre cette aventure avec ces filles où on se côtoie depuis des années et puis on a un peu la même vision de la vie donc ça c'est aussi chouette parce que voilà quand tu partages des moments comme ça et qu'en plus tu vas au bout du challenge les émotions elles sont juste décuplées de façon incroyable et puis moi personnellement oui je pense que j'arrive là je suis à un stade où j'ai besoin de passer ce challenge de par ce qu'on a vécu l'an passé et la perte notre petite fille, il y a une petite fille qui arrive aussi là qui va naître d'ici un mois et demi donc la vie est aussi bien faite malgré ces traumatismes mais je pense que je recherche aussi ça de continuer à avancer aussi de prouver à notre fille qui va venir que c'est important d'aller au bout des choses et de croire en ses rêves et de continuer à aimer la vie malgré tout malgré parfois ces mauvais moments parce qu'il y a des beaux moments aussi à vivre donc ouais je pense que j'ai besoin de ce défi là aussi

Loïc ouais c'est un super beau message super beau message alors une autre question en tant que tout jeune papa puisque moi j'ai la chance d'avoir des nuits courtes depuis quelques semaines avec aussi une petite fille comment est-ce que vous l'approchez parce que tu disais vous allez être trois mamans mais alors peut-être plus dans ton cas à toi parce que encore une fois tu vois je pense que je m'identifie, comment est-ce que tu te projettes par rapport à le fait d'être absent pendant deux mois, de partir faire un défi qui n'est pas non plus de la couture, il y a quand même une notion un peu de risque, d'isolement, parce que c'est quelque chose auquel je pense que j'ai pas mal moi de croyances et quand j'en discute un peu autour de moi, je me rends compte qu'en fait il y a énormément de croyances des jeunes parents par rapport ce qu'ils peuvent ou ne peuvent plus faire en termes de sport notamment. Donc, je serais curieux de savoir quel est ton point de vue là-dessus.

Emmanuelle J'ai la chance déjà d'avoir un papa qui est très ouvert d'esprit et surtout qui ne met pas de barrière et qui croit en ce projet et qui est d'ailleurs impliqué aussi dans ce projet bénévolement. Donc, ça, c'est aussi une chance. je pense la principale d'ailleurs il est là il est derrière il va travailler il m'écoute douce la priorité c'est déjà d'avoir un environnement très serein autour de soi, ça c'est clair c'est la priorité et c'est ce qu'on travaille avec notre équipe de préparateurs mentales ça c'est important après me concernant c'est vrai que les filles, notamment Stéphanie et Alex Elles ont des enfants qui ont déjà 3-4 ans. Donc, elles vont pouvoir peut-être un peu plus impliquer leurs enfants dans le projet. En tout cas, ils vont pouvoir comprendre un petit peu plus, même si ça reste une échelle, je pense, incroyable pour eux. Nous, ça sera un petit bébé qui va prendre toutes les émotions, qui va absorber tout. Donc, il va falloir faire attention à son environnement, avoir que du positif autour de soi, pas de stress. et puis moi ça va être plus le sentiment de culpabilité de partir ça c'est sûr donc après ça se travaille je t'avoue qu'on verra les émotions aussi quand elles vont arriver parce qu'on attend aussi qu'elle pointe le petit bout de son nez c'est une petite fille qui arrive mais en tout cas c'est vrai qu'il y a beaucoup il y a beaucoup de préjugés aussi quand tes parents il faut rester, il y a des schémas à respecter etc et en fait non je pense que l'important c'est c'est d'être stable, d'avoir un équilibre familial, que les deux parents aussi soient d'accord avec le quotidien que tu mets en place ou justement cette non-routine que tu veux mettre en place. Et après, ce qui est important, c'est qu'il y ait beaucoup d'amour dans tout ça. Derrière, après, tout est possible. Il y a des navigatrices qui sont parties aussi en étant maman. Il y a aussi des femmes militaires qui partent en mission chaque jour et qui reviennent au bout de 3, 4, 5, 6 mois donc voilà je pense que tout est envisageable à partir du moment où on se prépare bien par contre ça c'est important et surtout où il y a beaucoup de communication de bienveillance et beaucoup de respect dans les besoins de chacun aussi

Loïc ok bon et bien écoute tu me on va rester en contact puisque moi j'ai une petite aventure qui est prévue pas de 2 mois mais de quasiment 1 mois pour quelques temps après votre aventure, enfin après votre traversée. Donc voilà, tu me diras comment ça s'est passé, ce que tu as mis en place, comme ça je récupérerai les tips. Avec plaisir. Excellent. Génial. Écoute, Emmanuel, on arrive au bout. On a beaucoup parlé de partage, notamment auprès des jeunes générations. Et je me rends compte qu'en fait, je reçois de plus en plus de messages au fur et à mesure que le podcast grossit, de gens qui me disent, c'est incroyable ce que tel invité a partagé ça m'a aidé, je me suis inscrit à mon premier marathon j'ai perdu 5 kilos depuis que j'ai écouté cette histoire donc maintenant je n'hésite enfin je ne sais pas que je n'hésite plus c'est que je demande avidement des partages tu vois en fin de conversation avec tout ce qu'on a partagé tu vois tout ce que tu as bien voulu évoquer avec nous quel serait toi le message que tu voudrais faire passer ?

Emmanuelle Mais s'il y a un message, et c'est le message qu'on essaye de diffuser autour de nous sur ce projet Cap Optimist, c'est qu'on a tous des océans à traverser dans nos vies. Et il faut continuer à croire en ses rêves, coûte que coûte. Peu importe les barrières de la vie ou les barrières que des personnes ou notre environnement vont nous mettre devant soi. Donc, foncez et derrière, surtout, jamais lâcher ses rêves.

Loïc Excellent, j'adore. trop bien bah écoute un immense merci Emmanuel pour ton temps pour tout ce que t'as bien voulu partager avec nous pour cette énergie positive et cette humilité que moi j'ai trouvé hyper inspirant et hyper hyper boostant et puis je te dis on reste en contact si jamais il est possible que je fasse un tour du côté de Biarritz c'est certainement qu'il y a d'autres invités tu vois qui le feront aussi cet été si on a envie de découvrir les sports aquatiques comment est-ce qu'on fait pour trouver Emmanuel du coup

Emmanuelle ah bah écoute Moi, je suis dans les Landes, donc je suis sur Ossegore, entre le lac marin et les plages. Donc, non, non, moi, j'ai mon site Internet, j'ai mes réseaux, Manipècheron, Océan Incentive, c'est le nom de ma petite structure à taille humaine. Et en tout cas, c'est du sport pour tous, où généralement, on mêle les générations. On mêle aussi les niveaux de sport, voilà, parce que moi, j'adore justement ça, pas mettre les gens dans des cases, mais au contraire, créer une communauté éclectique. et voilà donc vous êtes tu es le bienvenu Loïc dans la petite tribu si tu viens tu es le bienvenu à Osborne quand tu veux

Loïc excellent

Emmanuelle surtout merci à toi pour tout ce que tu fais tes podcasts ils sont hyper inspirants aussi et c'est génial en tout cas de pouvoir écouter même des personnes venues de de tout horizon et voilà donc en tout cas bravo pour tout le travail que tu fais

Loïc merci beaucoup Emmanuel et puis je te dis très certainement un de ces jours du côté des Landes ou pourquoi pas pour je ne sais pas ni traverser la Méditerranée. Si tu as un projet comme ça un jour, tu te rapproches d'ici. Mais on se recroisera.

Emmanuelle Avec grand plaisir.

Loïc Salut Emmanuel.

Emmanuelle Ciao, ciao. Ciao, ciao.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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