Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Caroline Côté - Cinéaste d'aventure, réalisatrice, aventurière professionnelle
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Caroline Côté est une québécoise cinéaste d'aventure, réalisatrice et aventurière professionnelle.
Après avoir occupé un poste de direction dans une agence de communication, elle décide de tout plaquer pour se lancer dans un métier qui la fait vraiment vibrer. Sa première expérience l'amène alors en Antarctique où sa mission sera d'immortaliser la vie d'une expédition dans des conditions extrêmes tout en faisant face à de nombreux imprévus. Elle enchaine ensuite avec d'autres projets fous, notamment un trip de 2 000km en canoë sur le fleuve Yukon, une transatlantique, une seconde expé en Antarctique ou encore la création de sa propre expédition, Qamaniq.
Entre préparation du matériel, témoignages sur la réalité de son métier ou encore anecdotes géniales sur ses aventures aux quatre coins du monde, Caro nous emmène dans un superbe voyage avec beaucoup de sérénité et de poésie.
🔎 Dans cet épisode, nous avons parlé de plusieurs des expéditions de Caroline : XP Antartik, Pull of the North, Qamaniq. Les partenaires de Caroline sont Smartwool, Arc'teryx qui est tout simplement ma marque outdoor préférée, Teloc, Happy Yak, Näak, COROS Canada.
L'épisode précédent du podcast auquel nous avons fait référence est:
Épisode #1 - Maxime Grimard - Manager en entreprise, Skipper sur l'océan
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arriver, puis ce qui était devant moi, même si je l'ignorais, c'était d'être prête puis d'accueillir ça avec un espèce d'esprit, un esprit positif, puis de voir qu'est-ce qu'on allait faire avec les imprévus, parce qu'il y en avait, il y en a eu à chaque jour. Salut
SPEAKER_02Caro
UNKNOWN!
SPEAKER_02Salut Jaïk, ça va
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, bienvenue sur le podcast des Frappés. Très très heureux de t'accueillir aujourd'hui. Un grand merci à Maxime d'ailleurs, j'en profite au passage, grâce à qui cette conversation peut avoir lieu. Maxime qui était notre tout premier invité, qui m'a très gentiment mis en relation avec toi. Écoute, je suis impatient qu'on puisse échanger sur ton parcours, que honnêtement j'ai trouvé absolument incroyable. J'en dis pas trop puisque tu vas te présenter dans quelques instants, mais cinéaste et exploratrice, aventurière québécoise, trailrunneuse. La liste est vraiment longue. Tu nous diras comment tu fais pour faire tout ça à la fois. Peut-être sans en dire plus, je te laisse te présenter. Qui est Caro? Que fait
SPEAKER_00Caro? C'est super gentil de me recevoir. Je n'ai pas encore eu la chance d'écouter le premier épisode avec Maxime Grimard, mais c'est quelqu'un qui m'inspire beaucoup. Je crois que c'est C'est un capitaine de bateau. Aux dernières nouvelles, je crois que c'est un super navigateur. J'ai eu la chance de faire quelques voyages avec lui à bord du Esprit de corps. Je le remercie de nous avoir mis en lien, c'est sûr. Pour ce qui est de ma présentation, je dirais qu'à la base, j'étais une cinéaste d'aventure. Je suis une personne très réservée de nature, je suis quelqu'un qui était assez timide quand j'étais toute jeune, puis par le sport, par l'aventure, j'ai repris confiance en moi, puis c'est sûr qu'en étant derrière la caméra, j'ai la chance d'avoir beaucoup de gens qui sont des super explorateurs, des super aventuriers devant la caméra, donc ça m'encourage un peu à faire la même chose, puis c'est comme ça que j'ai commencé, puis finalement, À force d'être entourée d'experts et de gens qui m'inspiraient, de plus en plus, je me suis mise à faire de l'aventure. Je me suis retrouvée en Antarctique à faire des expéditions d'une trentaine de jours ou sinon faire des plus longues courses et des voyages de canot pendant deux mois où je filmais tout ça pour faire des documentaires. Ça
SPEAKER_02ressemble un peu à ça. Oui. Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_02Génial
UNKNOWN!
SPEAKER_02Et avant ça, qu'est-ce que tu faisais
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que c'est ça que j'ai bien aimé dans ta bio, personnellement. Tu sais, sur le podcast, on parle de détermination, de dépassement, de résilience. L'aspect de dépassement, c'est un petit peu ce que j'ai retrouvé quand j'ai lu ton parcours. Parce qu'en fait, si je ne me trompe pas, il y a eu un changement un peu soudain, en tout cas dans ta vie pro et forcément dans ta vie perso.
SPEAKER_00Oui, exactement. Quand j'étais plus jeune, j'étais dans une boîte de pub dans Ça ne m'inspirait vraiment plus. J'avais de la difficulté à me lever le matin et à me dire que c'est ce qui m'allumait. C'est là que j'ai décidé de faire un changement drastique et de me retrouver à l'extérieur avec une caméra dans les mains et de suivre des gens en haut de
SPEAKER_02montagne. Qu'est-ce qui t'a attirée dans cet
SPEAKER_00univers en particulier? La montagne, c'est là où je crois qu'on... on devient rapidement assez humble devant des choix qui concernent l'itinéraire, le terrain, la météo. Tu sais, après avoir passé une nuit dehors dans des conditions assez fraîches, remettre ses bottes le matin, ça nous donne une petite dose d'humilité. On se dit« Bon, bien, on est vraiment face à nous-mêmes, on ne peut pas se cacher.» Puis la montagne, c'est ce que ça montre, c'est les plus mauvais côtés de nous. dans chaque pas du sommet, mais aussi de la redescente où il y a toujours des imprévus. Donc, oui, c'est une belle dose d'apprentissage, les montagnes, puis c'est comme ça que je les vois,
SPEAKER_02oui. Ça me fait un peu penser à ce que Maxime justement disait dans son épisode que, en l'occurrence, lui, c'était sur l'océan, mais il disait que sur l'océan, tu ne peux pas mentir sur qui tu es. Je retrouve un peu ça dans ce que tu dis, tu vois, en montagne, les éléments font que tu es toi avec les bons côtés et peut-être les challenges
SPEAKER_00aussi. Je suis vraiment d'accord.
SPEAKER_02Est-ce que tu peux peut-être nous parler de XP Antarctique? Je ne sais pas si je l'ai prononcé
SPEAKER_00correctement. Oui, super bien. XP Antarctique, c'est cinq Québécois qui ont décidé en 2014 de créer une équipe pour aller sur la péninsule Antarctique et suivre un itinéraire qu'on avait décidé de prendre tous ensemble pour explorer une région qui n'avait jamais été visitée avant, puis monter des sommets vierges. Mais à la base, c'était vraiment pour inspirer des gens à vivre l'aventure par le documentaire qu'on allait créer et par des publications qu'on allait faire aussi. Les gens du Québec, les gens qui allaient suivre notre aventure. C'était aussi la possibilité de faire des recherches sur le corps humain qui est dans des conditions extrêmes. Il y avait quelqu'un de l'Université du Québec à Montréal qui allait suivre notre traversée, notre expédition pendant 30 jours. Puis elle restait sur le voilier aux abords de la péninsule. Et dès qu'on allait revenir sur le voilier, elle allait prendre des tests par rapport à notre... notre salive, des échantillons de cheveux, par exemple. Donc, des études qui étaient assez poussées puis qui ont donné des beaux documents par rapport au corps humain qui était poussé dans des conditions extrêmes. Puis on avait aussi à tester les chandails de l'Agence spatiale canadienne. C'était un peu un test. Donc c'était un test pour eux de pouvoir le faire porter à des femmes et des hommes assez jeunes dans des conditions comme celles qu'on allait vivre en Antarctique, qui étaient peut-être similaires à ce que des astronautes allaient vivre dans l'espace. Donc, on a testé ces chandails-là qui permettaient de recueillir notre chaleur corporelle puis d'autres indicateurs aussi. Puis ça ressemblait à ça pour les raisons pour lesquelles on voulait aller là-bas. Puis ça s'est fait en 30 jours. Il y a eu quelques péripéties là-dedans, mais on Je crois qu'on s'en est bien tiré. 30
SPEAKER_02jours sur place, j'imagine, parce que le temps d'y aller, etc. Vous étiez allé en bateau, en plus, tu
SPEAKER_00disais. Oui. Donc, traverser le passage de Drake en voilier. On voulait limiter notre apport de carbone. Fait qu'on a décidé de vouloir le faire en voilier, aller-retour. Donc, c'est environ 5 jours ou 7 jours à chaque fois pour
SPEAKER_02rejoindre Ushuaïa. Oh là là, ça fait rêver. Et tu En termes de conditions, qu'est-ce que ça donnait? Parce que j'imagine que si vous aviez une chercheuse qui étudiait l'impact sur le corps humain de conditions extrêmes, les conditions devaient être extrêmes, j'imagine.
SPEAKER_00Oui, la seconde fois où je suis allée en 2019, les conditions étaient vraiment clémentes, plus en janvier et février. Donc, c'est l'été là-bas, en Antarctique, qui est… qui est quand même assez accessible pour l'homme où il y a des températures qui avoisinent les moins 30, les moins 20. Puis des fois, il faut savoir que sur les berges, c'est vraiment plus chaud. Puis en 2019, quand je suis allée, les températures étaient vraiment plus hautes. Parce que je suis allée plus tôt, donc ça a été pas si pire, pas si mal. Mais la première fois, en 2014, on a eu des conditions qui étaient beaucoup reliées à une météo très... très changeante, où il y avait plusieurs white-out, des grands voiles blancs qui se dépassent, où on ne voit rien quand on avance. Donc, c'était assez challengeant de pouvoir tracer, de pouvoir avancer dans ces conditions-là.
SPEAKER_02Donc, sur ces 30 jours, par curiosité, je ne sais pas, on peut le trouver, le documentaire que vous avez fait à la suite de cette expédition?
SPEAKER_00Expé Antarctique. Pas vraiment en ligne. Donc, on l'a amené au cinéma au Québec C'est un documentaire qui n'est pas en ligne parce que c'est un documentaire de, je crois, une heure. Donc, il y a la bande-annonce qui est disponible. J'ai d'autres films qui sont en ligne, mais celui-là ne l'est pas, malheureusement ou heureusement,
SPEAKER_02parce que c'était mon premier documentaire. OK. Bon, du coup, sur cette expédition de 30 jours, comment vous planifiez votre agenda, du coup? Qu'est-ce que vous avez fait à parler d'ascension, de sommet
UNKNOWN?
SPEAKER_02qui n'avaient jamais été faites avant. Comment vous avez déterminé l'itinéraire, la logistique, l'organisation, comment ça se passe?
SPEAKER_00Donc, moi, je suis arrivée à la toute fin de la préparation. J'étais arrivée un peu comme un cheveu sur la soupe parce que le but, c'était de filmer tout ça, de le documenter. Mais tout le trajet avait été... assez réfléchi d'avance par le leader de l'expédition qui s'appelait Alexandre Billette et Marina Lanson qui travaillait sur le projet depuis au moins peut-être deux ans avant. Donc, aller là-bas, c'est aussi, il faut savoir louer un voilier pour autant de temps. C'est des milliers de dollars. On parle d'un bon montant. Donc, c'est... c'est de parler beaucoup avec le capitaine du voilier qui nous accompagne. C'est des voiliers très... qui sont faits avec des composites qui sont préalés en Antarctique. Donc, c'est beaucoup de gestion entre l'équipe qui va se retrouver sur le terrain et le bateau qui va être là pour nous accompagner. Puis, comment ça s'est passé sur place? Bien, c'est qu'on a eu la malchance d'avoir quelqu'un dans notre équipe qui a eu une mononucléose. Je ne sais pas si c'est un bon... Ça a été une bonne semaine assez intense où la personne n'était plus capable de se lever. Puis ça, quand on a ça à la maison, bon, on reste au lit puis ça passe. Mais quand c'est dans une tente où il y a des vents de... des kilomètres et des kilomètres à l'heure. C'est super... C'est pas évident à gérer tout ça, mais finalement, il s'en est remis. On a été capables de continuer l'expédition, mais aussi, ça a été quelques chutes dans des énormes trous de glace qui étaient sur le terrain. Donc, La préparation pour tout ça, c'est sûr que c'est plus une préparation d'équipe. Il faut savoir faire confiance à la personne avec qui on est encordé. Puis c'est la base. Faire face à l'inconnu, c'est vraiment le plus grand des conseils que j'ai reçus avant de partir. C'était de dire que tout pouvait arriver, puis... Ce qui était devant moi, même si je l'ignorais, c'était d'être prête et d'accueillir ça avec un esprit positif et de voir ce qu'on allait faire avec les imprévus. Parce qu'il y en avait
SPEAKER_02et il y en a eu à chaque jour. Essayer d'avoir le mindset, essayer de comprendre le fait qu'il faut être prêt à tout, j'imagine que c'est une chose. Mais après, réagir comme on voudrait réagir face à l'inconnu. au milieu de l'Antarctique enfin comme tu dis l'exemple de la mononucléose par exemple c'est un truc de fou c'est le pire endroit au monde où il peut t'arriver ça quand même donc comment comment vous avez enfin comment toi t'as réagi peut-être par rapport à cet imprévu là mais peut-être aussi à d'autres qui t'ont qui étaient vraiment des trucs qui t'ont touché peut-être plus toi en particulier mais ouais je suis curieux de savoir comment tu maintiens comment tu maintiens cet état d'esprit une fois que t'es dans les conditions
SPEAKER_00réelles en fait c'est ouais c'est une bonne question parce que moi Plusieurs personnes, plusieurs équipes partent sur un terrain qui peut être super engageant sans nécessairement être préparées ensemble. Ça peut amener des situations assez complexes. Je pense qu'en préparant d'une façon où on a des discussions sérieuses, on a abordé plusieurs sujets ensemble et c'est ce qui nous a permis de voir si on était prêts à partir Qu'est-ce qui arrive si quelqu'un ne revient pas? Qu'est-ce qui arrive si... Oui, il y a une maladie. Qu'est-ce qui arrive si on fait face à des problèmes au niveau de l'équipe? Donc, tout ça a été abordé. Puis, la préparation, j'aurais pu dire que, bon, c'est la préparation de nourriture sèche, la nourriture léophilisée qu'on prépare puis qu'on doit mettre dans nos traîneaux, mais la grande majorité de la préparation, ça a été ça. C'est de la prême mentale. Puis, bien... après avoir abordé ces questions-là, après savoir que tout le monde était aligné sur les mêmes valeurs, on pouvait aller plus loin ensemble. Puis ensuite, c'était de travailler notre cohésion d'équipe. Donc, on est allé dans l'ouest du Canada, sur le glacier Atabasca, puis le Columbia Icefield, en fait, qui était un endroit qui ressemblait vraiment un peu à ce que l'Antarctique pouvait nous offrir comme terrain. Puis là, c'était de voir notre préparation physique et mentale, puis même là, on a fait face à quelques avalanches, donc ça nous préparait. Puis c'était le... je dirais, la somme de tous nos accomplissements, toute notre préparation, c'était ça.
SPEAKER_02Donc, voilà. C'est super intéressant de t'entendre expliquer la partie préparation mentale et valeur d'équipe. C'est pas forcément quelque chose qu'on entend souvent. En tout cas, j'ai l'impression, je suis pas du tout dans ce monde-là, mais pour avoir regardé des documentaires, des préparations d'expédition, on voit plus généralement la partie logistique, en fait. Tu vois, les galères dans les transports et pour partir à l'autre bout du monde avec tout le matos mais on voit enfin c'est la première fois que j'entends parler que j'entends parler de ça tu vois de l'alignement sur les valeurs de visualiser en fait les différentes situations qui pourraient arriver comment
SPEAKER_00l'équipe réagit hyper intéressant je pense que c'est en arrivant par contre sur le terrain qu'on a vu La réalité qu'on l'a captée, puis pour moi, ça a été de voir mes acolytes dans des situations où moi, je les voyais comme des super-héros, parce que c'était deux femmes qui m'accompagnaient, puis trois autres hommes, et de voir mes compagnes féminines qui étaient dans un effort constant à lever les traîneaux, puis à lever les sacs, puis à avancer sur le terrain. Quand j'ai vu qu'elles avaient autant de difficultés que moi là-dedans, qu'on s'est tous dit ensemble, est-ce qu'on va y arriver? Ça nous a tellement joints comme équipe. Ça nous a vraiment rapprochés. Parce qu'on ne savait pas si c'était possible d'arriver au bout. Puis aussi, c'est... Oui, c'est là qu'on a compris que ça n'allait pas être une partie de plaisir tous les jours. Puis c'est là que j'ai eu aussi une crise de panique. Après 15 jours, je me suis dit, c'est pas possible que je puisse continuer parce que je me disais, c'est encore le double du temps que je vais devoir passer sur le terrain. Et moi, je me disais, une crise de panique, c'est pas pour moi, c'est les autres qui ont ça, je me reconnais assez, puis je suis une personne très calme, ça m'arrivera jamais, puis dans une tempête, on a avancé seulement 700 mètres, puis c'est là que je me suis dit, ok, ben, ça va plus, et ce que j'ai appris de cette situation-là, c'est que le lendemain matin, on se relève, puis vu qu'on n'a pas le choix d'avancer, ben, on met un pas devant l'autre, puis à un moment donné, on est allé à notre plus bas, puis il faut se relever, puis On n'a pas le choix. Il faut sortir. Il faut retourner au bateau. Ça m'a appris à me dire que même si on vit notre plus bon moment, par exemple, en expé, ce n'est pas grave parce que ce qui vient, ce qui va arriver après, c'est... Ça va juste pouvoir être plus facile un peu après l'autre.
SPEAKER_02Ça, c'est de la résilience. C'est un très beau message. En gros, la lumière au bout du tunnel. C'est vrai que je suppose que dans l'Antarctique, en plein milieu d'un whiteout ou d'une tempête, il faut arriver à se le rappeler quand même. J'ai une petite question parce que tu parlais de tes deux acolytes féminines qui étaient avec toi, qui tiraient leur pulka, leur traîneau. mais ce que j'ai vu sur ton site c'est que toi donc tu l'expliquais ton rôle dans ces expéditions en fait c'est de documenter de ramener des images des vidéos pour inspirer les gens avec des moments forts que tu captures mais en fait t'as un équipement de malade t'as pas juste un appareil photo ou un smartphone t'as des trépieds t'as des stabilisateurs ça représente combien de poids et je sais pas si tu peux le quantifier mais de complexité en plus pour toi dans ces expéditions
SPEAKER_00Oui, c'est ça. En fait, c'est environ peut-être un tiers de mon équipement en poids. Je ne pourrais pas dire, mais c'est le tiers de mon équipement de mon poids. C'est de l'équipement de communication, que ce soit une balise pour transmettre du signal Wi-Fi, avoir un hub pour envoyer du data. Sinon, ça va être des panneau solaire pour la recharge
SPEAKER_02des batteries. Attends, j'ai... Pardon, juste pour être sûr que j'ai bien compris. T'as des bornes Wi-Fi avec toi?
SPEAKER_00Habituellement, il faut parce qu'on travaille en communication habituellement avec des gens pour transmettre l'endroit où on se trouve. C'est pertinent des fois de pouvoir envoyer des images. C'est ce qu'on fait. Excellent. Il y a les panneaux solaires, il y a ensuite des batteries, des caméras qui sont en double s'il arrive quelque chose. Donc, il y a tellement de... des choses qu'on pense pas à la base, mais qu'au final, c'est
SPEAKER_02super lourd. Pour avoir une idée, quand t'es revenue de l'expédition après les 30 jours, t'avais combien de... Je sais pas, t'avais combien de gigas de vidéos, par exemple, combien de photos, pour avoir une idée un peu de ce que ça représente après, derrière, pour tout monter, trier,
SPEAKER_00etc. Donc, j'avais environ... J'avais à peu près 5 cartes mémoire de 125 gigs de rempli, ce qui était pas que ça, mais ça me fait un bon moment de dérochage, comme on dit.
SPEAKER_02Mais ouais, 5 fois 125. Donc là, on vient de parler d'une de tes expéditions qui a été, si je ne me trompe pas, la première grosse expédition que tu as fait. C'est bien, tu as commencé direct par l'Antarctique, comme ça, ça met tout le monde dans le bain sur la suite du programme. Mais en fait, depuis, si ça te va... J'aimerais bien qu'on parle de ça. En fait, depuis, tu as fait plein d'autres choses et pas seulement des expéditions polaires puisque tu as aussi fait une longue expédition de 2000 kilomètres au Canada en canoë. Tu en as parlé un tout petit peu tout à l'heure. Mais tu as aussi fait une transatlantique avec Esprit de Corps. Tu fais aussi du trail. Je crois que tu as gagné, il n'y a pas si longtemps que ça, un gros, gros trail dans les Pyrénées il me semble, j'ai vu qu'il y a 7000 mètres de dénivelé donc j'ai l'impression que tu touches vraiment à plein d'activités différentes en outdoor
SPEAKER_00j'essaie un peu de me tenir toujours sur le point où l'entraînement par exemple dans une course de trail qui peut être super courte, peut-être de deux jours, on parle mettons pour un 120 km comme au Grand Red des Pyrénées c'est un entraînement pour moi qui me permet de toujours rester un peu active, même si je n'ai pas d'expédition prévue. Je me dis, OK, l'entraînement va être pour cette grande course-là, cette course de trail-là. Ça va me permettre de rester en forme puis d'avoir l'énergie pour pouvoir aller en expé plus tard. Ça reste important pour moi
SPEAKER_02d'être prête. D'accord. OK. Donc, 125 kilomètres, c'est ton entraînement pour les
SPEAKER_00expéditions.
SPEAKER_02D'accord. C'est autre chose. Oui. Est-ce que tu peux peut-être nous parler de l'aventure en kayak, de cette expédition en kayak, ce que ça représentait pour toi? Parce qu'autant en Antarctique, j'ai l'impression que la mission était peut-être un peu plus scientifique, découverte. Mais je crois que ton expédition sur le Yukon, là, il y avait plus une dimension culturelle, si j'ai bien
SPEAKER_00compris. Exactement. Je suis partie en 2016 pour une expédition qui s'appelait Pull of the North. Une expédition qui avait été créée par un aventurier anglais qui s'appelle Jan Finch. Cette expédition-là, c'était pour un peu aller à la rencontre des communautés sur le bord de la rivière Yukon, qui partait de Whitehorse, une ville dans l'ouest du Canada, et qui allait se déplacer à travers tout l'Alaska en suivant la rivière jusqu'à la mer de Béring. Et le petit village de Emunak qui est situé à la toute fin de l'Alaska. Donc ça a été un bon deux mois de canot sur la rivière pour filmer les gens qui habitaient aux abords de la rivière. Donc, oui, c'est vrai, c'était vraiment moins dans l'effort physique. C'était vraiment plus dans le partage avec les gens. Malgré que chaque jour, il fallait se déplacer. C'était environ une trentaine de milles de canot. Donc, c'était... Ouais, quand même. Ouais, peut-être 45 kilomètres de canot. Et... On était quatre, dont un photographe, quelqu'un qui s'occupait plus du documentaire, puis... quelqu'un qui était vraiment formé plus un spécialiste du canot alors ça a été quelque chose d'aller à la rencontre des gens parce que c'est pas facile toujours de recueillir des commentaires puis je pense que d'être devant les gens pendant des journées entières je voulais être prête à leur poser plusieurs questions, fait que c'est sûr que je passais vraiment du temps avec eux puis c'est pas dans le documentaire, t'sais c'est pas des images recueillies tout le temps qu'on a passé avec les gens mais t'sais c'est juste un deux minutes dans le film dans le documentaire mais ben tous ces échanges là c'est tellement puissant pis ça nous a tellement appris d'en apprendre ça nous a vraiment touché de savoir que par exemple dans la rivière Yukon les saumons ont presque arrêté d'aller jusqu'au bout pis ça c'est à cause un peu de problèmes des mines qui sont dans le coin de cette rivière-là. D'accord. Puis les gens nous en parlent comme ça, puis ils ne savent plus quoi faire, puis c'est fou. Il y a la langue aussi qui se perd tranquillement. Les gens là-bas commencent à parler seulement l'anglais, puis délaissent leur langage. C'est des communautés qui sont reliées avec le langage à Tabasca, qui est la langue qui regroupe plusieurs... communauté au Canada et en Alaska. Puis ça se part tranquillement, donc de parler avec les gens, ça a été quelque chose. Mais encore une fois, par rapport à la situation d'équipe de Pull of the Night, passer deux mois... dans une petite tente avec trois autres personnes, c'est sûr que ça amène des situations où il faut gérer des conflits, où il faut travailler ensemble, puis il faut prendre sur soi aussi. Ça a été vraiment super. J'ai tellement grandi de ça parce que j'ai appris beaucoup à... même dans la douleur, parce que c'est assez douloureux de faire ce nombre de kilomètres par jour, d'accepter mes limites, peut-être. Ça a été vraiment le plus grand apprentissage. De le partager avec les autres, ça a été mon plus grand apprentissage de cette expédition-là.
SPEAKER_02Et ça, tu t'en es rendu compte quand que tu avais réussi à accepter tes limites? C'est quelque chose que tu as été obligée de faire pendant l'expédition ou c'est maintenant, après quelques années de recul, que tu te rends compte?
SPEAKER_00C'est sûr qu'au début, quand on part dans un système comme ça d'aventure où on fait quelques kilomètres par jour et on est tous ensemble là-dedans, Au début, je pense que tout le monde essaie un peu de montrer ce qu'il est capable de faire. On essaie de se montrer au meilleur de soi-même, mais quand tout ça tombe, quand on redevient un peu plus proche de nos valeurs, c'est là que ça devient intéressant. Encore une fois, comme on parlait tantôt des montagnes, il n'y a rien à cacher. Quand on cache des choses, ça nous revient toujours en pleine face par rapport à notre corps, qu'il y a un moment donné qu'il casse. L'apprentissage s'est fait peut-être en fin d'expédition. J'ai compris que je pouvais faire confiance à ces personnes-là. Ce n'est pas parce que justement, il y a une journée où ça va moins bien que l'équipe va nous laisser tomber. On travaille tous ensemble. S'il y a une journée où ça va moins bien, quelqu'un d'autre prend en charge. Même chose pour moi. Des fois, quand j'allais mieux, mais j'étais capable d'en prendre plus. Puis on s'échangeait comme ça les tâches. C'est l'honnêteté puis d'être vraiment authentique avec les autres, c'est ce que j'ai appris.
SPEAKER_02Et ça c'est quelque chose, tu avais eu la même approche que pour l'expédition, ta première expédition à l'Antarctique, c'est-à-dire que vous aviez d'abord échangé sur, enfin vous aviez eu cette phase de préparation mentale que tu décrivais tout à l'heure pour Pool of the North aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_00avant l'expédition, les points étaient moins ancrés en nous. Donc, il a fallu vraiment faire le bilan sur les buts de l'expédition. C'était quoi profondément pour chacun, qu'est-ce qui allait nous mener au bout, parce qu'on en avait tous des différentes. Il a fallu trouver une raison commune. un but commun à tous pour être en mesure de dire, OK, bien, on cherche tous la même chose et non pas des petites victoires séparées. Puis ça, ça nous a rejoints, mais ça, on a dû se faire une pause au début de l'expédition pour s'en parler parce que c'était pas clair. Puis quand, même chose qu'en voilier, peut-être que Maxime le dira, mais quand on, avec les voiles, on sait pas trop où on s'en va, l'itinéraire est pas clair, c'est là que ça Donc, c'est ce que j'ai appris aussi, c'est qu'il fallait, à un certain moment, refaire un bilan avant d'aller plus loin.
SPEAKER_02C'est hyper intéressant. Savoir où tu vas pour être sûr de la direction, en tout cas, oui. la direction même générale à emprunter. Mais c'est clair que quand tu es une équipe, j'imagine que c'est peut-être plus efficace de savoir de quel côté on veut tous ramer.
SPEAKER_00Oui, exactement. Puis c'est comme pour une équipe de travail. Peut-être de travailler sur 12 mois pendant un an sur un projet. À un moment donné, c'est clair qu'on va un peu plus dans une direction qu'une autre. Juste de remettre l'essentiel, la base, le en anglais, le purpose puis l'engagement très précis, bien... À ce moment-là, après, l'enlignement est vraiment plus facile. Donc,
SPEAKER_02oui, je pense. Donc, on vient de couvrir deux expéditions. C'est déjà fou de voir tous les apprentissages que tu en as tirés. Quel âge tu avais, si ce n'est pas indiscret, quand tu t'es lancée en 2014 pour
SPEAKER_00l'Antarctique?
SPEAKER_02Je pense que
SPEAKER_00j'avais 23. Wow! Ah
SPEAKER_02oui, donc super jeune. Oui. La raison pour laquelle j'ai lancé ce podcast, c'est pour parler de la partie un peu cachée de l'iceberg. Tu sais, ce dont on ne parle pas trop quand on voit des profils d'aventuriers, explorateurs, sportifs, entrepreneurs, c'est les efforts, c'est les sacrifices et ce dont tu as déjà un peu parlé, tu vois, les imprévus. Mais je dois avouer que ça fait quand même rêver de voir ton parcours, même si j'imagine qu'il y en a eu, des sacrifices et des imprévus. Et du coup, la question que je me pose, c'est comment, qu'est-ce qui t'a... Qu'est-ce qui t'a permis de te lancer quand même assez jeune directement sur une expédition en Antarctique et après d'enchaîner avec des super projets à chaque fois?
SPEAKER_00Je me suis posé la même question parce qu'après l'Antarctique, je ne savais pas vers quoi je voulais m'enligner. Il a fallu que je revienne en arrière et que je me pose des vraies questions par rapport à ce que je voulais faire dans ma vie. J'ai retrouvé en moi peut-être d'où ça me venait le but de faire ce que j'avais envie de faire dans la vie. Puis moi, ma passion, c'était vraiment de filmer les gens puis d'aller à leurs rencontres. Alors, je voulais savoir, c'est ça, d'où ça provenait. Puis ma soeur, elle, quand elle était plus jeune avec moi, on s'assoyait autour d'un feu, un feu de camp à l'extérieur. Et on était tous ensemble avec la famille, les grands-parents, les oncles, puis les tantes. Puis... Je racontais des choses, des légendes. Puis j'ai toujours été amenée à me dire que c'était les plus beaux moments de ma vie. Puis de me replonger là-dedans, j'avais envie de faire vivre cette émotion-là aux autres. Donc c'est vraiment comme ça que c'est venu. J'ai maintenant envie de faire la même chose. Donc c'est venu de là ma passion. Puis ma soeur m'a toujours inspirée à... À confronter mes idées, puis elle, c'est une grande artiste, puis à un moment donné, plus jeune que moi, elle a dit clairement que c'est ce qu'elle voulait faire dans la vie, devenir artiste. Puis je me suis dit, ben c'est tellement... Ça vient d'elle, c'est puissant, puis... Elle, il n'y avait aucune façon qu'elle puisse revenir en arrière. Donc, la façon qu'elle affirmait directement qu'elle était une artiste, ça m'a vraiment inspirée à vouloir faire la même chose. Même si mon métier n'était pas très clair, j'ai essayé de le nommer. Puis, dès que j'ai nommé le métier de cinéaste d'aventure, pour moi, ça a été une révélation. Puis, je me suis dit« Ok, à partir de là, ce que je vais faire, c'est juste du cinéma d'aventure.» Des documentaires qui sont reliés au plein air, à des gens qui m'inspirent. Juste le changement de paradigme entre le fait que je ne savais pas trop quel enlignement je voulais prendre et le moment où j'ai fait la même chose que ma soeur. Je me suis dit, c'est ce que je veux faire. Je suis rendue là. Donc, ça a été ce qui a changé. Puis à partir de là, j'ai commencé à travailler avec des petites compagnies montréalaises, des gens que je connaissais autour de moi, qui voulaient un peu amener leur brand à évoluer d'une façon plus« outdoor». Et c'est comme ça que ça a commencé, avec des gens qui m'ont fait confiance, puis de plus en plus mon réseau a grandi. Puis après, c'était des gens qui sont venus me voir, qui ne me connaissaient pas, mais qui avaient entendu parler du travail que je faisais, qui m'ont approchée. Puis entre les petits mandats, vidéos, tout ça, de compagnie avec lesquelles je travaille, que j'adore faire aussi, il y avait des grandes expéditions auxquelles je prenais part. Puis c'est sûr qu'au début, Expé Antarctique, les gens ne me faisaient pas confiance dans le sens qu'ils ne croyaient pas que j'allais être capable. Mais de plus en plus, maintenant, je peux enfin avoir ma part dans une expédition sans sans qu'on me questionne trop, c'est bien aussi de pouvoir créer mes propres expéditions, puis d'amener d'autres gens à
SPEAKER_02en faire partie. Alors justement, parlons-en, puisque... Je regarde mes notes en même temps, mais j'étais plus sûr du nom. Le projet Kamanik, c'est ça? Oui, exactement. En 2017. Donc là, ça, ça a été ta première expédition, le premier projet d'expédition que tu as monté toi-même,
SPEAKER_00c'est ça? Oui, oui. Kamanik, c'était un projet de documentaire à la base. Donc, c'était moins quelque chose qui allait faire rêver sur la distance, mais qui allait avoir des propos dans le documentaire qui allaient être puissants. Donc, pour moi, c'était... d'avoir un message percutant au lieu d'avoir une distance qui était plus difficile à accomplir. Donc, j'ai demandé à une... Une fille super intéressante qui s'appelait Charlotte Kamannik, qui vient de Yigloulik, un petit village dans le nord du Canada, de se joindre à moi. J'ai demandé aussi à des copines qui habitaient dans... Je pense que c'était en banlieue de Montréal, au Québec. Puis à une réalisatrice aussi. Donc on était... on était cinq femmes au total, donc trois qui allaient être devant la caméra, à courir dans le parc Courourgeois, un parc qui est dans le nord du Québec, qui est géré par les parcs Nunavik, à faire du trail running, donc d'amener trois filles avec des... vraiment des façons de vivre différentes, à se retrouver dans la nature, puis à y changer. Ça a créé un documentaire qui m'a surpris moi-même, parce que les filles ont été tellement authentique. que ça paraît devant la caméra, puis on était vraiment face aux éléments. Dans nos petites tentes, les filles avaient vraiment peu dormi à l'extérieur, donc ça a été quelque chose de filmer toute leur première fois, un peu. Puis d'avoir les commentaires de Charlotte par rapport à un peu le racisme qu'elle vivait au Canada, pour dire les mots comme ils sont. C'était quelque chose de vraiment intéressant à filmer. Puis c'est un des projets de documentaire que j'ai... aimer vraiment
SPEAKER_02faire. Comment tu détermines les moments à saisir
UNKNOWN?
SPEAKER_02Quand sortir ta caméra, ton appareil photo
UNKNOWN?
SPEAKER_02Peut-être plus dans tes projets en Antarctique et sur le canot, par exemple, quand tu es descendu du Yukon. J'imagine que physiquement, tu dois déjà être parfaitement concentré sur ce que tu fais, surtout si tu es encordé, notamment. Mais malgré tout, ta place dans l'expédition, c'est de tout filmer, de tout capturer. Comment est-ce que tu arrives à déterminer les bons moments, quand être prêtre, quand être prête, je vais y arriver, que saisir pour au final rester focus sur l'objectif quand
SPEAKER_00même
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est... de se dire qu'on a... À chaque moment, il y a quelque chose de formidable qui peut se créer. Il y a un moment à filmer. Il faut toujours être prêt. Donc, c'est aussi le fait de se dire qu'il faut des fois aller devant les personnes pour les filmer, que ce soit en montagne ou en train de skier sur la glace. Il faut prendre les devants. Puis, il faut aussi être assez discret. Donc, c'est vraiment quelque chose où... On se dit, bon, la caméra, c'est toujours avec nous. C'est comme notre deuxième œil. C'est assez difficile de revenir à la maison. Puis j'ai toujours un peu le réflexe de sortir la caméra à tellement de moments, même quand je ne suis plus en train de faire les documentaires, parce que ça devient tellement naturel en moi que ça... Ça peut être... Ouais, c'est demandant comme travail. Puis c'est pour ça qu'à la fin de l'expédition, habituellement, tout le monde fait la fête. Puis moi, dès que j'arrête de filmer, c'est OK, il faut que j'aille dormir parce que
SPEAKER_02c'est trop. Je dois décrocher. Ouais, donc hyper intense. Ouais, vraiment intense. Dire que toi, en fait, tu fais deux expéditions en une
SPEAKER_00quelque part. Il faut que je sois prête physiquement à me dépasser à chaque moment.
SPEAKER_02comment tu te prépares à ça physiquement tu nous as dit que tu faisais des gros événements comme des ultra trails qui sont des étapes importantes pour ta préparation mais peut-être sur le long terme plus fréquemment à quoi ça ressemble tes semaines quand tu prépares une expédition
SPEAKER_00c'est drôle parce que oui la période de préparation physique je vais essayer de courir environ une vingtaine de kilomètres par jour Je vais travailler sur mon alimentation. Quand j'ai des expéditions où c'est plus dans des milieux froids, il faut falloir que je mange différemment. Il faut falloir que j'ajoute beaucoup de gras dans mon alimentation. Comparé à d'autres expéditions ou des courses où c'est une préparation très intense, mais quelques mois avant. Ça dépend toujours de ce que je vais faire, soit du canot ou que ce soit... du ski ou tout ça ça peut différer mais faut que je reste toujours toujours au meilleur de mes capacités parce que je sais jamais si je vais être appelée pour rejoindre des gens déjà sur le terrain fait que j'essaie de de toujours être prête fait que les courses m'aident beaucoup hum la marche en montagne. Sinon, je ne suis pas la personne qui va toujours être en activité non plus. Ce qui est dommage, c'est qu'on voit souvent juste les expéditions, mais quand on fait des documentaires, il y a la post-production, moi je fais le montage, puis tout ce qui vient après avoir filmé les images, puis ça, ça peut prendre... L'expédition peut prendre un mois, mais le montage, tout ça, peut prendre... deux mois, trois mois facilement. C'est des moments où je me retrouve assise sur une chaise. Je suis le contraire d'active. C'est un café le matin, un autre à midi, puis ça continue dans l'après-midi sans arrêt, sans que je sois sortie. Donc, c'est un peu des extrêmes d'un côté ou de l'autre.
SPEAKER_02quelle est ton approche quand tu fais ces montages
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'est quoi ça part de quoi t'as une idée des émotions que tu veux transmettre ou tu parles d'une musique tu parles comment t'organises un petit peu tout le fil créatif
SPEAKER_00ben habituellement quand j'ai un projet documentaire que je veux vraiment réaliser ça part d'un personnage d'une personne que j'ai rencontré ou d'un milieu de plein air que je veux mettre de l'avant puis ensuite ces personnages là vont avoir une voix qui va vraiment m'inspirer euh qui vont créer la trame narrative de l'histoire. Puis ensuite, je vais ajouter un environnement sonore qui va me faire vibrer. Puis je veux vraiment que les gens se retrouvent amenés, transportés dans l'aventure. Donc c'est pour ça que j'utilise une caméra qui est assez franche, qui va permettre aux gens de se sentir à la même place que moi, avec des plans vidéo qui sont longs. qui sont un peu comme si on se retrouvait sur place avec les aventuriers donc j'essaie d'avoir cet oeil de caméra là puis ensuite c'est le montage donc c'est pas c'est d'avoir une espèce de ligne directrice puis quand on quand on est un peu comme en expédition, quand on a notre idée en tête de ce qu'on veut voir à la fin, avec un message qui est clair, par exemple, j'aime vraiment faire parler les gens par rapport aux problèmes peut-être environnementaux qu'il y a dans la région d'où ils proviennent, je vais mettre ça de l'avant. Je vais aller prendre certaines portions qui sont percutantes dans leur message, puis je vais me débrouiller pour pour mettre ça de
SPEAKER_02l'avant. De la détermination dans le montage également.
SPEAKER_00Oui. C'est pas la partie que je préfère,
SPEAKER_02par contre. Oui, j'imagine que si tu dois jongler avec les phases hyperactives 30 jours en Antarctique où les émotions doivent être dingues et après quelques mois assis sur une chaise... Oui. Mais tu... ta situation actuellement avec tout ça parce que tu étais directrice je crois de la communication pour une entreprise avant de faire le grand bond dans l'outdoor oui Et aujourd'hui, encore une fois, si on parle de cette partie cachée de l'iceberg, sans peut-être rentrer dans les détails, mais tu... Enfin, quels impacts est-ce que ça a eu financièrement pour toi? Tu vis la vie que tu voudrais vivre ou c'est quand même beaucoup de sacrifice de travailler dans
SPEAKER_00l'outdoor? En fait, au départ, c'était pour moi de... Je me dis presque que c'était une décision qui était... C'était, disons, très audacieux, je pense, de quitter mon emploi à ce moment-là. J'étais certaine que j'avais pris la mauvaise décision, que j'allais revenir sur mes pas. Puis j'ai décidé de ne pas le faire, malgré que je gagnais très peu. Puis le fait de devenir autonome m'amenait beaucoup de... de problématiques à certains niveaux. C'est aussi beaucoup d'équipement. Ça peut toujours être dernier cri par rapport aux caméras et tout ça. J'investis beaucoup. Je pense qu'en investissant, ça nous permet d'avoir un œil nouveau. Un peu comme un animal qui doit se nourrir, on devient des chasseurs. Puis quand on devient chasseur, on regarde plus d'opportunités autour de nous. On est à... On recherche, puis ça, c'est une belle période où on voit les opportunités qui sont devant nous. Ça a été ça un peu les années qui ont suivi. Puis dans cette période-là, j'ai commencé à être créative. Puis ensuite, la tension s'est relâchée, puis j'ai réussi à garder le flot des projets. Puis en ce moment, dès qu'on est inspiré, je pense que ça doit arriver à plein de gens aussi dans le domaine de la création. Quand on est inspiré, On arrive à communiquer très bien avec les autres, nos idées, nos projets. Je crois que c'est ce qui est beau là-dedans. C'est le flot d'énergie qui est constant. C'est la rivière qui coule. Ça reste intéressant. Je pense qu'à chaque moment, je dois réfléchir à ce que ça va être le prochain mouvement. Je viens d'écrire un livre. Ça me permet de... de ne pas avoir trop à penser à mes prochaines expéditions, mes prochaines collaborations, parce que là, je peux me reposer un peu, penser à peut-être en réécrire un deuxième, puis c'est un peu toujours comme ça. Il faut se réinventer, je pense. Aujourd'hui, surtout, dans le domaine du freelance, puis de... du vidéo des communications c'est toujours à refaire toujours
SPEAKER_02à se questionner puis il faut utiliser à ton éditeur d'ailleurs qu'il faut absolument qu'il le publie en Europe aussi ça serait cool ouais ouais ok donc ouais des sacrifices mais comme tu dis j'aime bien l'image que tu utilises du chasseur c'est à dire que quand tu quelque part c'est ce que j'ai compris que le fait de te lancer à fond et sans filer de sécurité c'est quelque part. Ça t'a mis dans un état d'esprit où tu étais beaucoup plus peut-être en observation et prête à saisir la moindre opportunité.
SPEAKER_00Je pense qu'il faut faire attention aussi. Ce n'est pas juste en restant ouvert aux opportunités que tout va arriver à nous facilement. En ce moment, on a des plateformes qui rejoignent tout le monde entier. C'est super facile d'être de voir la démesure là-dedans, puis d'être un peu stoppée par le phénomène de se dire qu'il y en a d'autres des meilleurs que nous. Quelqu'un peut faire mieux que moi, mais je pense qu'il ne faut pas arrêter là, puis il faut juste continuer, puis tranquillement, on crée sa propre niche, puis si on est proche de nos valeurs, ça transparaît à travers nos actions, puis on trouve les gens qui veulent se joindre à nous plus facilement.
SPEAKER_02Complètement d'accord avec toi. En parlant de gens qui veulent se joindre à toi, c'est quoi la prochaine expédition?
SPEAKER_00La prochaine expédition en ce moment, je pense que je dirais que c'est le... le Svalbard en janvier c'est d'essayer d'aller là-bas c'est un endroit que je connaisse un peu j'y vais avec mon copain puis l'explorateur polaire qui s'appelle Vincent Colliard j'en ai beaucoup à prendre là-bas sur le terrain encore parce qu'on va faire probablement deux mois dans le noir avec les arbres boréales puis les ours polaires à essayer de se déplacer pendant un C'est ça, un bon 60 jours sur le terrain. Je crois que je vais en apprendre beaucoup. Ça va être filmé, puis il va y avoir aussi une série de documentaires qui vont venir par la suite. Mais là, on attend les permis. Je suis en Norvège pour les prochains mois, pour voir si c'est possible d'entrer sur le terrain.
SPEAKER_02Et là, la mission, puisqu'on a beaucoup parlé de mission pour les expéditions juste avant, la mission de votre expédition, si tu peux nous en parler?
SPEAKER_00La mission de cette expédition-là, ça va être de voir si on peut faire une première, mais en hiver, une première hivernale. Puis ça va être de filmer une expédition par rapport à un couple. Donc ça va être quelque chose. De nouveau pour moi, on travaille avec une compagnie qui filme, je ne serai pas la seule à filmer. On filme un peu notre histoire. La grande nouveauté là-dedans, c'est que pour moi, ça va être vraiment nouveau d'être pas derrière la caméra, mais devant.
UNKNOWNÇa va être un bon défi.
SPEAKER_02Excellent. Et on pourra suivre ça quelque part?
SPEAKER_00Oui, on espère que ça va se rendre de l'autre côté, vers la France, mais au Québec, ça devrait être présenté à... plusieurs
SPEAKER_02endroits, peut-être des chaînes québécoises, puis sinon sur le web. Je vous tiendrai au courant si certains les frappaient. Top! Je mettrai tous les liens de façon pour tes autres expéditions en description et tes profils où on peut te suivre. On arrive déjà quasiment à la fin. C'était absolument passionnant, mais peut-être une dernière question. Si tu avais un conseil à donner à d'autres de frapper, des frappés en herbe qui voudraient se lancer sur des projets d'expédition, ce serait lequel? Comment est-ce qu'on trouve une expédition? Comment est-ce qu'on trouve un projet? Quel conseil tu donnerais par rapport à... Tu as parlé de niche. Comment créer sa niche quand on est en train de se
SPEAKER_00lancer? Je pense que le conseil numéro un, c'est c'est la patience, puis par la patience de prendre son temps. C'est vraiment, pour moi, ce qui m'a aidée dans le passé, c'est de ne pas aller à la première opportunité qui se montre à nous, mais d'aller avec celle qui est le plus affiliée à nos valeurs, puis celle qui nous fait vraiment vibrer. J'essaie de m'enligner pour ma part avec les projets qui ont une valeur, puis par rapport à ça, c'est Et c'est ce qui peut-être me donne envie de me dépasser. Je pense que chaque personne à l'intérieur d'elle porte une valeur qu'elle a envie de partager aux autres. Donc, c'est quoi cette valeur-là? Et quand on trouve le corps, quand on trouve cette émotion-là, ce désir-là de partager, le reste vient tout seul.
UNKNOWNDonc, c'est un peu ça.
SPEAKER_02se connaître soi-même peut-être pour ouais très très bon conseil super ben écoute un très très grand merci Caro de nous avoir fait voyager avec toi à travers toutes ces expéditions franchement j'ai adoré ça m'a fait rêver donc vraiment top que t'aies pu partager tous ces moments tout ce que t'as vécu de l'intérieur de ces expéditions
SPEAKER_00exceptionnelles moi de mon côté je vais attendre les autres épisodes puis je suis sûre que ça va m'inspirer à
SPEAKER_02aller dans mes projets qui s'en viennent. Génial. Écoute, un grand, grand merci. On te souhaite tout le meilleur pour la suite. Encore une fois, je mets tous tes comptes. Le mieux pour te suivre, c'est j'imagine Instagram et ton site
SPEAKER_00Internet? Oui, exactement. C'est là qu'il y a le
SPEAKER_02poste d'information jour après jour. OK. Donc, je mettrai tout ça en description de l'épisode et puis on suivra très attentivement la suite de tes aventures
SPEAKER_00du coup.
UNKNOWNSuper.
SPEAKER_02Merci Caro. Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.
UNKNOWNCiao!