Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·240 Expédition

25 août 2026

Traversées en solitaire de la Nouvelle-Zélande et des Fidji, avec Martin Costechareire (1/2)

Durée · 1h31 · Transcription disponible

Martin

Le récit

Martin Costechareire débarque au micro des Frappés pour un récit hors normes 🌏

Martin a 28 ans, il est naturaliste, spécialiste des reptiles et des amphibiens. Et il vient de passer plus de deux ans à traverser l'Océanie uniquement à pied, en packraft et en voilier. Plus de 20 000 kilomètres, sans (presque) jamais prendre l'avion. Fou 🤯

Dans ce premier épisode, on remonte le fil depuis le début. Comment l'idée est née, son envie de donner une "ligne conductrice" à son voyage, et ce coup de chance incroyable en Tasmanie : une affiche scotchée sur une porte de capitainerie, et Georges, marin français de 74 ans qui vit sur son bateau depuis 45 ans, qui le dépose en Nouvelle-Zélande après 12 jours dans une mer de Tasman déchaînée.

Ensuite, c'est la traversée de la Nouvelle-Zélande du sud au nord. 4000 kilomètres, 7 mois et demi, beaucoup de hors-sentier, des nuits sous des cabanes de fougères, et des rencontres avec une faune qu'on ne voit nulle part ailleurs (dont un "dinosaure" toujours vivant 🦎). On parle aussi de cette rivière glaciaire qui a failli l'emporter, et de la leçon qu'il en a tirée.

Et puis cap sur les Fidji, le kava, les radeaux de bambou et des rencontres bouleversantes.

Voici la première moitié d'un voyage à couper le souffle. L'Australie, c'est pour le prochain épisode 😉

Excellente écoute !

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Transcription

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Martin Et là, en fait, je me fais faucher par le torrent. Donc ça dure quelques secondes où je me retrouve dans une eau, c'est de l'eau grise, c'est de la glace. Je tombe, je prends appui et je me jette sur la rive d'en face qui est un petit îlot de galets entre les deux torrents. Donc là, je suis en état de choc parce qu'il y a le bruit des torrents au milieu de moi.

Loïc Sous-titrage Société Radio-Canada suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. C'est parti. Bienvenue Martin au micro défrappé, très content de te recevoir sur le podcast. On va parler d'aventures, de destinations lointaines, de destinations qui font rêver, en tout cas moi qui me font rêver, donc vraiment hâte d'entendre tout ça.

Martin Merci, c'est gentil de me donner la parole, c'est un moyen de partager ce qui m'est arrivé, donc c'est sympa.

Loïc Génial, je sens qu'on va se régaler. Bienvenue encore à toi Martin, avant qu'on démarre tout de suite sur la partie aventure, je te propose de nous expliquer dans les grandes lignes quel a été ton parcours, ce que tu as fait avant de te lancer vers la Nouvelle-Zélande et l'Australie.

Martin Ok, je m'appelle Martin, j'ai 28 ans, je suis originaire de Vienne, de la vallée du Rhône, au sud de Lyon. Je suis naturaliste de formation et voyageur au long cours avec ses dernières années à l'étranger. Globalement, dans les grandes lignes, qui je suis ?

Loïc Fabuleux, je ne savais pas du tout pour la partie naturaliste. Tu peux nous expliquer en quoi ça consiste et comment tu es arrivé dans cet univers ?

Martin En fait, c'est assez variable. On peut travailler aussi bien dans les parcs nationaux, les parcs régionaux, en bureau d'études, en association. En fait, c'est tout ce qui tourne autour de la conservation de la biodiversité. Moi, ma spécialisation, c'est l'herpétologie. Ça tourne plutôt autour des serpents, des lézards, des grenouilles, des tortues. donc tous les reptiles et amphibiens voilà on va dire que chacun un peu son domaine de compétence on est naturaliste de manière générale et puis après chacun un peu sa spécialisation on va dire c'est biologiste de terrain j'ai envie de dire c'est voilà la connaissance de la nature et des écosystèmes d'accord

Loïc donc typiquement quand tu travailles pour un parc national ça peut être quoi les missions que tu es amené à réaliser, du recensement, d'autres choses ?

Martin Oui, voilà. Ça peut être des inventaires, des suivis scientifiques. Du coup, pardon Martin, un suivi scientifique,

Loïc ça serait quoi ? Comment la population évolue, par exemple ?

Martin Voilà, par exemple. Ou comment elle réagit à... Comment elle peut réagir face au réchauffement climatique. Après, les sujets, ils peuvent être très variés. Donc, voilà, c'est juste la mise en place et le suivi de protocoles scientifiques. pour le suivi d'espèces ou de groupes d'espèces. Là, par exemple, là, je me tourne plus vers les bureaux d'études, là, pour les prochains mois. Et par exemple, c'est avant des projets d'aménagement, il faut aller sur le terrain pour voir quelles espèces sont présentes. Donc, recenser les espèces protégées et adapter les projets en fonction d'elles.

Loïc D'accord.

Martin Voilà. Après, c'est très large. C'est tout ce qui touche à la préservation, à la conservation des espèces dans leur milieu. Ça peut aussi être de la recherche fondamentale. C'est assez large.

Loïc Et du coup, pour revenir à ma question précédente, qu'est-ce qui t'a amené à faire le choix de ce type d'études ?

Martin En fait, de base, je m'intéressais aux animaux. J'ai fait pas mal de stages et de petites saisons en parc animalier, surtout spécialisé dans les tortues. Et au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait, c'était vraiment tout ce qui touchait à l'écologie et à la biologie des espèces. Et du coup, de fil en aiguille, je me suis intéressé à ça et je me suis lancé dans des études en écologie. Excellent. Donc voilà, simplement.

Loïc Ok, superbe. Écoute, très clair pour cette partie-là. Merci Martin. Ça a été quoi du coup, maintenant qu'on a couvert la partie environnement-écologie ? Oui. Le lien que tu as eu en grandissant avec les voyages, est-ce que tu as grandi dans une famille de voyageurs ? Est-ce que tu as été confronté, exposé très tôt à tout ça ou pas du tout ?

Martin Non, non. mes parents voyagent pas moi c'était plus c'était mes grands-parents plutôt mes grands-parents qui étaient mes grands-parents maternels qui faisaient le cirque du patin à une époque où personne voyageait dans les années 50 et du coup ils ont pu aller un peu aux quatre coins du monde surtout en Asie, je pense au Japon, Hong Kong, en Inde.

Loïc Incroyable !

Martin C'était en plus à une autre époque. Donc, ils voyageaient du coup, c'était les bateaux qui passaient par la mer Rouge pour rejoindre l'Asie. Et du coup, moi, j'ai grandi un peu avec toutes ces histoires-là du grand-père qui était allé un peu à droite, à gauche, les affiches de leurs spectacles en Inde et ça ça m'a beaucoup inspiré d'avoir écho de leurs aventures très loin et je pense que c'est plus comme ça que le voyage est venu à moi en fait donc voilà, tout simplement

Loïc incroyable incroyable comme histoire et donc c'était du patin c'est ça leur spécialité ?

Martin En fait, ils faisaient des numéros de cirque très variés. Mais ce dont je me rappelle, c'est... Il y a des photos où ils sont en train de faire des pirouettes avec des patins, des trucs de fou. Ou des hula-hoops au bout de cordes. Des trucs de cirque. Et voilà, une époque où je sais que très peu de monde avaient la chance de voyager et eux du coup ils voyageaient par ce biais là par le biais des cirques donc voilà c'est incroyable

Loïc c'est vraiment incroyable c'est typiquement tu vois le genre d'anecdotes que j'adore découvrir du coup sur le podcast parce que ça montre une fois de plus qu'en fait quand on s'intéresse un peu aux autres on découvre des histoires de famille des histoires de vie complètement hors des sentiers battus ce qui est toujours je trouve en tout cas ultra intéressant. Sur la partie voyage, du coup, on va échanger sur... Ça arrive, ça arrive. Je vous promets, ça arrive sur la partie... Tout ce que tu viens de faire, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie, il y a énormément de choses. Mais à quel moment est-ce que tu as mis le pied dans cet univers du voyage au long cours qui est quand même très particulier, on va dire ?

Martin Je suis parti, du coup, mon tout premier voyage, c'était à 19 ans ou alors je voulais être fêter mes 20 ans au Sénégal avec deux amis on est parti quasiment en mois faire un petit tour du Sénégal et c'est comme ça que c'était mon premier voyage et c'était en avant-goût et puis après je suis parti à la Réunion avec mon père peut-être deux trois ans plus tard peut-être deux ans plus tard pareil pendant un mois voilà des petits voyages des petits voyages de base c'était pour un mariage à la Réunion et puis après je suis resté un petit peu sur place et voilà mais c'était des voyages on va dire courts quoi trois semaines en mois et pas en solo Oui, voilà, ce n'était pas du tout en solitaire.

Loïc D'accord. Et du coup, comment tu en es arrivé à imaginer l'aventure qui vient de terminer ?

Martin En fait, c'était la fin de l'été 2022. Donc, je finissais mon stage d'études dans les Pyrénées avec des suivis sur différentes espèces de reptiles. et du coup début de l'hiver pour un herpétologue fin de l'été début de l'automne l'hiver est en approche donc pour un herpétologue c'est la basse saison il y a un peu moins de choses à faire voire pas du tout et du coup j'ai vu là l'opportunité d'aller dans l'hémisphère sud là où c'est la bonne saison et du coup il y avait des facilités de visa pour l'Australie du coup j'ai décidé d'aller en Australie je me suis dit que là j'allais voir tout un tas d'espèces qui me faisaient rêver c'était une façon de fuir l'hiver en France et d'aller voir des animaux des animaux qui me faisaient rêver en ayant conscience de ce que j'allais voir via ce que j'avais appris en France je pouvais me rendre pleinement compte de ce que je voyais sur place et c'est quelque chose que j'aurais pas pu apprécier pleinement si j'étais parti quelques années plus tôt donc là c'était le moment ou jamais c'était l'opportunité

Loïc et sachant que pour quelqu'un comme toi je suppose que l'Australie en particulier ça doit être le paradis sur terre parce que si je me trompe pas il y a une très très forte proportion des espèces sur place qui sont endémiques en tout cas au moins araignées et serpents

Martin c'est ça, en fait l'Australie est séparée du reste du monde entre guillemets depuis un bon moment il y a ce qui s'appelle la ligne de Wallace qui est une ligne imaginaire qui est entre l'Asie du Sud-Est et l'Australie et en fait de part et d'autre de cette ligne il y a la mer depuis l'Australie a été séparée du reste du monde depuis un long moment. Et du coup, les espèces australiennes ont évolué différemment du reste du monde. C'est comme s'il y avait une sorte de monde parallèle qui s'était créé en Australie de par cette ligne de Wallace. Et du coup, c'est pour ça qu'on retrouve des mammifères à poche, comme les kangourous, les wombat, les koalas. Et ça, c'est quelque chose qu'on retrouve que en Australie. Et pas dans le reste du monde. Du coup, c'est intéressant. C'est comme si on avait l'opportunité d'aller sur une autre planète, mais qui est quand même sur Terre, d'un point de vue biologique, en tout cas pour les mammifères et pour aussi un certain nombre de reptiles. Et c'est ça qui était excitant pour moi et super intéressant. D'accord.

Loïc OK. Du coup, quand tu es parti à la base, c'était quoi le projet initial ? Tu avais déjà en tête ces grandes traversées que tu as réalisées en solitaire, principalement à pied ou en bateau. Où est-ce que tu y allais d'abord et avant tout pour plutôt cette observation des espèces et ensuite ça a évolué ?

Martin Oui, dans un premier temps, c'était ça. Après, j'avais dans un coin de ma tête l'idée d'une grande traversée puisque un an avant de partir, pour faire mes gammes en tant que naturaliste et apprendre et identifier les espèces qui m'entouraient en France, j'étais parti à pied de Lyon jusqu'à Finistère, en Galice, par différents chemins de pèlerinage et différents GR. avec mon appareil photo et ma paire de jumelles, pour progresser en tant que naturaliste dans l'identification des espèces et en passant par des endroits qui me permettaient de voir tout un panel de bestioles intéressantes, comme au nord-ouest de l'Espagne. Le graal, pour moi, c'était de photographier les ours. Je me suis retrouvé né à né avec des ours, un an qui s'est mis debout devant moi à quelques mètres. J'ai pu le photographier comme ça. Et en fait, cette petite aventure-là, de vivre dehors pendant plusieurs mois, d'être au contact des animaux comme ça, je me suis rendu compte que je pouvais voir une continuité entre les différents écosystèmes, être plongé dans la nature et du coup ce qui me permettait d'avoir plus de facilité pour en fait comprendre tout ce qui se passe ne pas avoir une coupure entre le moment où je vais sur le terrain le moment où je rentre quelque part à l'intérieur le moment où je retourne sur le terrain ça fait pas de coupure en fait je vis dedans et je vis avec tout ça donc ça m'a inspiré en fait pour la suite et à le mettre en place à une plus grande échelle plus tard. Mais en arrivant en Australie de base, mon idée c'était juste de m'intégrer dans le pays c'est-à-dire travailler et sur mon temps libre chercher et photographier les animaux qui me bottaient le plus.

Loïc En parlant de photos, je vais aller regarder un peu tes comptes Instagram en préparation de l'épisode et énorme claque visuelle. Vraiment, tes photos sont magnifiques. S'il y en a que ça intéresse, regardez le lien qui est en description de l'épisode. C'est beaucoup de portraits d'animaux vraiment très impressionnants. En tout cas, j'ai vraiment été scotché, donc bravo. T'as suivi une formation ou c'est quelque chose que t'as développé ? C'est un style que t'as développé tout seul dans ton coin ? Comment t'as fait ça ?

Martin Non, j'ai appris avec des tutos YouTube.

Loïc Ah ouais ?

Martin Après, la photo, c'est comme beaucoup de choses il faut juste pratiquer on pratique, on pratique, on pratique et si on fait que ça après c'est que la technique elle est simple à apprendre après pour les animaux c'est plus aller trouver et être dans les bonnes conditions pour les photographier donc en tout cas c'est très gentil de trouver mes photos jolies je considère que ce sont des beaux portraits mais c'est pas forcément des très belles photos animalières dans le sens où c'est simplement des beaux portraits j'aimerais voilà plus faire un petit peu différemment peut-être à venir en tout cas je verrai

Loïc ok, bon en tout cas encore une fois s'il y en a que ça intéresse, allez faire un tour il y a vraiment de très très beaux moments capturés j'en ai quelques-uns en tête notamment avec des renards en train de chasser, c'est vraiment vraiment bravo pour un amateur qui apprécie sur Youtube c'est assez fou à quel moment du coup, donc tu disais que tu es arrivé en Australie l'objectif initial c'était pas forcément cette longue traversée en solitaire que tu as réalisé par la suite à quel moment est-ce que tout ça a évolué et comment est-ce que le projet de faire plus qu'eux est né ?

Martin En fait, du coup, au bout d'un an en Australie, j'ai fait un petit peu le topo. Ça faisait 9-10 mois que j'étais sur place.

Loïc Donc là, à ce moment-là, tu travaillais.

Martin Exactement, j'ai travaillé. Ensuite, j'ai fait un trip à vélo pour m'enfoncer un petit peu dans le désert pour aller chercher un animal qu'au final, je n'ai même pas trouvé. C'était quoi comme animal ? C'est le diable cornu. C'est en mollocoridus, il s'appelle. C'est un lézard extrêmement particulier, endémique australien. Là, si tu mets sur Internet diable cornu, tu vas halluciner. C'est un lézard extrêmement particulier. Mais bon, je ne l'ai pas trouvé. Et bon, j'ai fait quelques trips comme ça, du coup, en Tasmanie, aussi au Cap-York, donc dans l'extrême nord-est pour photographier le piton vert arboricole. En Tasmanie, c'était plus pour photographier le diable de Tasmanie, le daïsur tigre. Et en fait, au bout de cette première année, j'étais content de mon année en Australie, mais il manquait un petit peu une continuité. J'avais l'impression que mes expériences, elles étaient déconnectées les unes des autres parce qu'entre chaque, je ne sais pas, je n'avais pas trouvé une continuité. Je me disais, ok, c'est bien, je suis content, mais comme si j'avais l'impression de m'éparpiller. En tout cas, il me manquait quelque chose. Et du coup, à partir de là, je me suis dit, j'aimerais faire exactement ce que j'ai fait cette année, mais avec une ligne conductrice, quelque chose qui... avoir plus ou moins les mêmes expériences mais qui ferait partie d'un projet plus grand et qui serait la traversée du continent uniquement à pied, kayak ou packraft et en voilier. Comme ça, tout ce que je vivrais dorénavant, ça serait lié à cette ligne, en fait, comme on va dire une bonne excuse. Voilà, c'est un peu la réflexion que j'ai eue. J'ai voulu donner un peu plus de sens à mon voyage. C'est ce qui m'est venu en tête à ce moment-là.

Loïc Et pas de vélo.

Martin Non, non, j'aime pas trop le vélo. En fait, j'ai fait du coup le vélo la première année pour aller chercher ce diable cornu. et en fait c'était en fait j'ai j'ai eu plusieurs problèmes avec le vélo c'est que déjà on ne peut pas quitter la piste et ça c'était un peu frustrant et puis c'est allé vite quoi j'ai pas trop le temps de voir les choses c'est pas quelque chose qui m'a qui m'a beaucoup plu, j'ai trouvé ça j'ai trouvé ça bien mais je crois que c'est pas pour moi et puis aussi il y a cette dimension du il faut plus de matériel il faut le réparer je je non j'ai pas envisagé le vélo

Loïc ultra intéressant je crois que c'est la première fois qu'on me dit que le vélo du coup est trop rapide pour les déplacements c'est super intéressant du coup une fois que tu as déterminé que c'est sur ce format là que tu voulais partir vraiment le déplacement dans la durée avec de la lenteur ça a été quoi le point d'arrivée, le point de départ et je te pose toutes ces questions parce que c'est tellement énorme cette aventure que je suis curieux de savoir comment tu l'as structurée

Martin alors le le point de départ en fait je regardais la carte du monde tout simplement j'ai vu que la Tasmanie était pas très loin de la Nouvelle-Zélande. Bon, au final, c'est super loin, mais j'étais très naïf. Du coup, je me suis dit, bon, si je veux aller en Nouvelle-Zélande... Parce que du coup, mon visa, elle est expirée de ma première année en Australie. Il fallait que je quitte le territoire australien. Et j'avais un visa pour la Nouvelle-Zélande. Donc, je me suis dit, il faut aller en Nouvelle-Zélande. Et pour aller en Nouvelle-Zélande, ce qui me paraissait le moins délirant, c'était de partir de Tasmanie. Et du coup, je suis allé en Tasmanie pour chercher un voilier. Et le point d'arriver, je ne l'avais pas puisque c'était un petit peu en délire de vagabond. Il ne faut pas trop avoir un plan précis. Il faut juste avoir une ligne conductrice qui était, ok, j'ai envie de traverser un continent qui n'en est pas en, donc ça n'a pas de sens parce que c'est un continent qui n'en a que le nom puisque c'est des îles qui sont éparpillées au milieu du Pacifique. Donc, je me suis dit, ok, tu trouveras un voilier, tu arriveras sur une île, tu traverseras cette île, tu trouveras un autre bateau, tu t'emmèneras sur une autre île, tu traverseras cette île, tu trouveras un autre bateau. Et je me dis, je ferai comme ça jusqu'au moment où je serai bloqué ou alors en fonction des opportunités. Comme la situation n'est pas totalement entre mes mains puisque je n'ai pas de bateau, il faut que je sois accepté sur des bateaux. Donc à partir de là, je ne maîtrise pas tout, il faut que je l'accepte. Du coup, il n'y avait pas de point d'arrivée mis à part que je savais qu'à un moment ou un autre, j'allais devoir arriver à Darwin, donc au nord de l'Australie, pour trouver un dernier bateau et sortir du continent en direction de l'Asie du Sud-Est, donc Timor-Leste ou Indonésie. Mais entre, on va dire, Hobart et Darwin, je ne savais pas trop où c'est que j'allais pouvoir aller. Ok, et dans les faits, du coup, il s'est passé quoi ? Alors, du coup, départ de Tasmanie, arriver en Nouvelle-Zélande, traverser la Nouvelle-Zélande du sud au nord. Après, une fois que j'étais au bout du nord de la Nouvelle-Zélande, il n'y a rien au bout, donc il fallait que je redescende. Je suis redescendu en pas craft et à pied jusqu'en port pour aller au Fidji, donc traverser des Fidji ouest-est, après est-ouest par une autre voie. Du coup, il fallait que je revienne dans le port par lequel j'étais arrivé vu qu'il y a deux ports au Fidji, ils sont sur la côte ouest. Après Fidji, Nouvelle-Caédonie. Donc Nouvelle-Caédonie de l'extrême est jusqu'à Nouméa. Donc là, ce n'était pas très long. C'était pour une escale avec un bateau. Et après Nouméa, Brisbane, donc au Queensland en Australie. Brisbane, Alice Springs dans le centre de l'Australie. Alice Springs jusqu'au nord-ouest du désert de Tanami donc là il n'y a pas de ville, c'est au milieu de nulle part c'est à la frontière avec l'Australie occidentale et après rebifurquer nord-est jusqu'à Darwin Darwin en dernier bateau jusqu'au Timor-Leste, donc Dili où on a fait une escale de quelques jours et après Timor-Leste, Indonésie et arrivée finale en Indonésie pour un total de... Ça, c'est ce qui était bien. Du coup, j'ai passé la barre des 20 000 kilomètres qui me tenait un petit peu à cœur et plutôt équilibré avec du coup 10 000 à pied et pas craft ou radeau ou kayak, n'importe quoi qui flotte et 10 000 en voilier. Et c'est pour ça que le dernier bateau me tenait à cœur de le trouver quand j'étais à Darwin parce que j'étais à 17 900 kilomètres, un truc comme ça. Et je me suis dit, si je trouve un dernier bateau, ça fera 20 000 et mon projet, la boucle sera bouclée. Je n'aurais pas investi ces deux ans de ma vie. Pas pour rien, mais au moins, ça donne beaucoup de sens. Le cerveau humain fonctionne comme ça. Il faut donner du sens à ce qu'on fait. et ça m'a soulagé d'arriver au bout. Ça a un peu dépassé mes espérances. Je n'aurais pas pensé pouvoir passer par les Fidji, la Nouvelle-Calédonie, etc. Ok.

Loïc C'est hallucinant ce que tu nous expliques là. Du coup, les deux années, ça a été le trip au total ou ça inclut aussi la première année en Australie ?

Martin Non, en tout, tout, tout, je suis parti trois ans, trois mois. Je suis parti le 7 septembre 2022 et je suis rentré pour Noël 2025. Mais le trip uniquement à pied et en voilier a duré deux ans et deux mois. Tout simplement.

Loïc Incroyable. Écoute, Martin, ce que je te propose, c'est qu'on s'en tient au plan qu'on avait défini ensemble avant l'enregistrement. c'est-à-dire que là on enchaîne sur la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et tout ce qui se passe après, avant ton retour en Australie et le retour en Australie et toute la traversée australienne on fera ça sur un deuxième épisode qui sera diffusé juste après parce qu'il y a trop de choses, c'est trop riche, il y a beaucoup trop sur la Tasmanie, alors moi j'y suis jamais allé mais j'ai lu pas mal de récits d'aventuriers, j'ai vu des documentaires etc qui visiblement disent à peu près toutes les mêmes choses c'est très isolé, très rugueux en termes de climat et il y a très peu d'habitants. Comment tu as fait pour trouver quelqu'un pour la Nouvelle-Élève ?

Martin Ça, c'est une histoire un peu délirante. J'ai eu une chance incroyable parce que du coup, en arrivant en Tasmanie, je suis allé au port et puis j'ai un petit peu demandé à droite à gauche. Et du coup, les marins du coin m'ont vite découragé puisqu'ils m'ont dit que la mer de Tassement est une mer très rude, qui est reconnue par les marins comme un endroit assez hostile. Ce n'est pas loin du 40e parallèle sud. Comment on appelle ça ? C'est les 40e rugissants, c'est des langages de marins. Et en plus, je n'étais jamais monté sur un voilier. Donc, comme je n'avais pas d'expérience, ils m'ont dit, bon, déjà, cette mer, elle est un peu merdique. C'est l'hiver, donc personne ne va se mettre dans cette mer en plein hiver. Il fait froid en Tasmanie au mois d'août. C'est… bah, il neige, quoi. Donc, c'est une mer compliquée, tu n'as pas d'expérience. Et en plus, il fait froid, donc personne ne va s'y mettre. et du coup je me suis dit ok, mon visa expire dans 15 jours dans tous les cas je donne tout pour trouver ce voilier si je ne le trouve pas ok, c'est pas grave, je prendrai un avion et mon projet commencera en Nouvelle-Zélande mais bon, là j'ai 15 jours donc autant tout donner, on ne sait jamais mais bon, il n'y avait pas de voilier dans le port, etc et je me dis, ok, je passe à la librairie je fais une affiche que je mets sur la porte métallique avec des serflexes en disant je cherche un voilier pour aller en Nouvelle-Zélande et il y a quelques jours qui passent et un jour, il y a quelqu'un qui m'appelle et en français, je te jure, il me dit mot pour mot Allo Martin, oui je suis à Aubarte avec mon voilier, je vais au Chili si tu veux je te pose en Nouvelle-Zélande comme si je faisais du stop en voiture et qu'il allait, je ne sais pas, qu'on faisait Lyon-Marseille et qu'il me posait à Valence. Le mec allait traverser le Pacifique et me pose en route en Nouvelle-Zélande. Et ce monsieur, c'était en français, qui s'appelle Georges. C'est un marin qui est connu un peu dans le monde de la navigation. Il avait 74 ans et en fait, il vivait sur son bateau depuis 45 ans. Depuis ses 29 ans, il vivait sur son bateau et il avait traversé toutes... Il avait parcouru le monde entier et du coup, lui, ça ne lui faisait pas peur de traverser la mer de Tasman en plein hiver. et voilà quoi j'ai rencontré ce gars enfin incroyable enfin une chance une chance inouïe puisque pas grand monde s'aventure dans cette mer à ce moment là et et encore moins encore moins de prendre quelqu'un à bord quoi oui

Loïc qui n'est pas expérimenté en plus c'est ça

Martin comme tu dis donc là j'avais l'assurance aussi d'être avec quelqu'un qui sait ce qu'il fait, qui gère son bateau parce que c'est quelque chose qui était très rassurant une fois qu'on était en mer parce que c'est vrai que c'était quelque chose

Loïc c'est vrai, tes conditions étaient rudes alors ?

Martin ouais la première nuit j'ai jamais mis les pieds sur un bateau la première nuit on prend 30 nœuds avec des rafales à 35 nœuds le bateau il faisait 11 mètres 50 et du coup je me suis fait exploser ça va dans tous les sens c'est une machine à laver le truc et moi je me suis dit c'est comme ça une nuit dans un bateau c'est intéressant mais heureusement après c'était que la première nuit, un petit peu la deuxième mais après c'était plus calme j'ai appris que 30-35 nœuds de vent c'est pas la norme mais quand on a quitté les côtes je me suis dit c'est du costaud il y a des grosses vagues le temps était froid le ciel bat, les albatros qui volent en rase-motte autour des vagues, c'était une ambiance exceptionnelle j'ai pris une claque de connaître cet environnement ultra je trouvais ultra hostile qu'est la mer

Loïc et Georges lui était serein dans ces conditions ?

Martin Georges il était dans son jardin vraiment moi je vomissais globalement les premiers jours et puis il était mort de haine c'est le métier qui rentre il me disait non mais t'es pas malade j'ai vu des gens qui s'étaient malades sur un bateau ils sont pas comme ça alors que moi j'avais vraiment l'impression d'être malade je vomissais pour de vrai mais il me disait et il me soutenait que j'étais pas malade. Enfin bon, c'était un sacré personnage. Ouais, ça en a l'air.

Loïc La traversée a duré combien de temps du coup entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande ?

Martin On a mis 12 jours. Ah oui, quand même ! Donc il y avait lui et il y avait un de ses amis qui travaillait dans le port de Barthes qui était avec nous. Donc là, Georges me dit un truc avant qu'on parte. Trop drôle. il me dit tu verras il est bossu mais il est sympa comme s'il y avait un lien entre le fait d'être bossu et de ne pas être sympa et du coup on était tous les trois on était tous les trois sur ce bateau et le vieux loup de mer le bossu et puis le moussaillon c'est une équipe une équipe à dormir debout

Loïc effectivement ça pourrait être le début d'une bonne blague c'est ça le bossu le loup de mer et l'herpétologue sur un bateau incroyable comme anecdote et in fine où est-ce qu'il te dépose en Nouvelle-Zélande ?

Martin alors il me pose à Nelson donc il me semble que toi tu es allé en Nouvelle-Zélande du coup tu vois où c'est c'est donc le nord de l'île du Sud

Loïc yes fabuleux oui j'étais pas allé j'avais pu faire que l'île du Nord mais magnifique pays d'ailleurs incroyable bref ok donc arrivé à Nelson toi c'était déjà à ce moment-là tu le savais tu allais faire la traversée sud-nord

Martin Oui, en fait, du coup, là, j'ai eu le premier problème du voyage. En fait, quand on arrive en voilier, on ne peut pas arriver où on veut. Il faut passer par la douane, l'immigration, etc. Donc là, il y a des ports qui sont affiliés à ça. Et du coup, Nelson en faisait partie, parce que du coup, après, Georges traçait dans le Pacifique. donc il nous a posé rapidement à Nelson on a fait les démarches administratives à bord et puis il est reparti directement il a passé le détroit de Cook pour arriver à Wellington et après à Wellington il est resté quelques jours pour se ravitailler mais il est parti au SISEC c'était à l'image de Georges son départ était fugace et du coup je me suis retrouvé Nelson avec mon premier problème du voyage qui était ok je veux une ligne continue mais je suis à l'extrême nord de l'île du sud et je veux traverser le pays du sud au nord et du coup j'en ai j'en ai conclu qu'il fallait que pas que je fallait pas faire n'importe quoi dans le sens où j'allais pas aller à pied jusqu'à l'extrême sud puis remonter je me suis dit ok en stop je rejoins la petite île au sud de l'île du sud donc Seaward Island en me promettant de repasser par Nelson quand je remonte comme ça je rattraperai on va dire ma ligne conductrice elle ne sera pas coupée elle sera mise entre parenthèses les quelques mois qui me sont nécessaires pour traverser l'île du sud mais j'ai pas vraiment le choix parce que j'allais pas faire que la traversée de l'île du nord et je n'allais pas prendre le temps de descendre à pied puis de remonter il a fallu faire comme un compromis de dire ok je repasse par Nelson et ça c'est dû au fait que j'arrive en voilier donc je ne peux pas arriver là où je veux et il faut l'accepter et pour pas on va dire briser mon projet je me promets de repasser par Nelson et et voilà donc c'est ce que j'ai fait et j'ai commencé je suis allé à Stewart Island au sud de l'île du sud la petite île en stop du coup en stop voilà

Loïc ok et comment réagissaient les gens quand tu leur expliquais le projet de faire la traversée en solo à pied en hiver en plus

Martin alors c'était la fin de l'hiver ça commençait à être le printemps en fait alors en Nouvelle-Zélande il pensait que j'allais faire le Tehera Rora Trail donc c'est quelque chose qui se fait en Nouvelle-Zélande c'est quelque chose qui est très développé je ne sais pas si tu vois ce que c'est c'est un long chemin de randonnée

Loïc qui est d'ailleurs une traversée intégrale de la Nouvelle-Zélande le Tehera Rora Trail qui est super organisé il y a un site internet dédié on peut réserver les refuges, ses places en tentes dans des bâtiments endurés etc donc c'est bien structuré

Martin et du coup quand je disais que j'allais traverser la Nouvelle-Zélande ils pensaient que j'allais faire ça ils se demandaient juste pourquoi j'avais un bateau avec moi ah mais oui t'avais ton packraft déjà ouais voilà j'avais mon packraft du coup le packraft se voyait pas parce qu'il était dans mon sac mais j'avais des pagaies et du coup je leur expliquais que je voulais traverser Fjordland et là j'ai beaucoup été découragé dans un premier temps et c'est des choses qui m'ont fait assez peur à cette époque parce que j'avais moins d'expérience, un peu moins confiance en moi pour ces choses-là et du coup on m'assurait que c'était stupide en fait et que je ne me rendais pas compte des choses en allant à Pacraft dans les lacs de Fjordland

Loïc ok donc Fjordland pour ceux qui ne situent pas c'est le sud

Martin voilà le sud-ouest le sud-ouest parce que du coup j'ai fait le tour de Steward Island en allant chercher quelques animaux que j'ai voulu qui me faisaient rêver à la fin de Steward Island du coup j'étais en Packraft dans la baie en essayant de chercher une autre île j'essayais d'atteindre une autre île en Packraft mais Et en Pacraf, c'est vraiment très petit, ce n'est pas fait pour la mer. Donc, j'ai failli me faire emporter par le courant et renverser par une vague. Et en fait, en rentrant sur la côte, il y a un bateau de pêche qui m'a récupéré, enfin, qui est venu à ma rencontre et je leur ai demandé où c'est qu'ils allaient. Ils m'ont dit, on rentre sur l'île du Sud, sur l'île principale. Et là, j'ai vu une belle opportunité de rentrer de manière drôle. Et du coup, je suis monté à bord avec eux. J'ai pris d'abordage leur bateau de pêche via mon packraft à travers les vagues. C'était assez chaotique. Le pirate. Et du coup, ils m'ont ramené sur l'île du Sud. Et après, j'ai longé la côte jusqu'à Fjordland pour commencer à traverser Fjordland. OK.

Loïc C'était quoi les arguments de ceux-là qui te décourageaient ? C'était principalement la météo, l'isolement ? Est-ce que c'était des peurs qu'ils avaient eux-mêmes ? Tu as souvenir un peu de ce qui revenait fréquemment ?

Martin alors parce que je leur parlais du coup du lac Oroco et donc le lac Oroco il est connu pour être du coup il est isolé c'est le plus profond le plus profond et le je ne sais pas si c'est le plus venteux mais en tout cas en fait ce sont des falaises de végétalisés en fait qui plongent à pic dans l'eau donc en fait quand il y a le lac peut être tout calme et d'un coup créer des grosses vagues parce qu'il y a un vent qui arrive des sommets et du coup c'est en fait dès lors qu'on se jette en packraft dedans il n'y a plus de il n'y a plus de possibilité de s'arrêter il faut avancer avancer avancer et puis il est très grand il fait du nord au sud il fait entre 35 et 40 kilomètres donc c'était tout ça qui leur faisait dire que c'était pas que c'était pas quelque chose de très judicieux à faire jusqu'au jusqu'au moment où la personne qui m'a pris sur son bateau de pêche m'a donné quelques indications et m'a dit m'a dit si tu pars très tôt le matin vers 5-6 heures il y a plus de chances que le lac soit calme avant 10h du matin donc il faut vraiment partir à ces moments là et du coup il m'a donné quelques indications comme ça qui m'ont un petit peu servi quoi et puis ah oui aussi Oroko en Maori veut dire le cri du vent

Loïc ah oui d'accord

Martin il y avait quelques indices qui allaient dire que ça ne va pas être évident Oui, effectivement.

Loïc Effectivement. Le packraft, je n'en ai jamais utilisé. Moi, je vois à quoi ça ressemble. C'est lourd.

Martin Alors, le packraft en lui-même faisait 2 kg et la pagaie, elle faisait quasiment 700 grammes. Donc, ce n'est pas lourd.

Loïc Ah oui, non, effectivement. Je pensais que ça aurait été plus.

Martin Bon, c'est... Les pagaies, je peux les démonter. Et le packraft en lui-même, on va dire que c'est une grosse tente deux places quoi, une grosse tente trois places peut-être en fait ça c'était un gros défi, c'est parce que du coup pour Fjordland il fallait partir pour deux semaines d'autonomie et du coup j'avais le packraft, j'avais une tente, j'avais mon appareil photo, j'avais deux semaines de nourriture plus ou moins donc ça il fallait il fallait se le trimballer sachant que... ça pesait combien tu penses ? Je n'ai pas pu peser, mais en faisant les calculs théoriques, j'étais à 27 kilos. Ah oui, quand même. Au premier jour, après on mange, ça descend un petit peu. Et l'avantage de la Nouvelle-Zélande, c'est qu'il y a de l'eau tous les 100 mètres, donc il n'y a pas besoin de trimballer d'eau. Un kilo d'eau suffit. De toute façon, on trouve de l'eau de partout. Donc, je n'avais pas besoin de trimballer mon dos.

Loïc Et la nourriture, tu avais quoi ? Du lyophilisé ?

Martin Non, non, non. Moi, je n'ai jamais utilisé de lyophilisé puisqu'en fait, sur un voyage aussi long, déjà, c'est trop cher. Et moi, je fonctionne toujours avec des soupes ou des bouillons, plutôt des petits bouillons de cubes avec de la semoule et des flocons d'avoine, du lait en poudre, du café, du sucre pur des choses extrêmement basiques que je peux retrouver partout très compactes et très nourrissantes pas de protéines du coup ? j'avais des cacahuètes les trucs qu'on mange à l'apéro après en protéines le lait en poudre j'imagine le lait en poudre c'est protéiné voilà

Loïc donc pas de viande séchée par exemple ?

Martin non je pense que ça se mange trop rapidement si on me donne de la viande séchée après un des trucs qui étaient importants c'est que avant de prendre le bateau je savais que j'allais traverser la Nouvelle-Zélande de cette manière là et du coup j'avais fait une grosse préparation physique là où je travaillais il y avait une salle de sport et puis aussi j'allais courir et du coup j'étais préparé pour trimballer un sac lourd, ne pas avoir de risque de tendinite parce que ça je savais que ça peut stopper un projet quoi si on a une tendinite c'est un peu fini donc j'ai fait une grosse préparation physique pour pas me retrouver en difficulté et puis savoir un petit peu de quoi je pouvais être capable C'était un peu comme un filet de sécurité d'être prêt physiquement pour ce genre de truc. C'était une façon de me rassurer aussi. OK.

Loïc Vraiment incroyable, Martin. Franchement, hallucinant ce que tu as fait. Sur ta traversée, du coup, est-ce que tu t'es retrouvé quand même parfois sur la trace du Teahara Roa Trail ou tu as vraiment été hors des sentiers battus du début à la fin ?

Martin Alors oui, sur certaines sections, j'ai été sur le Teahara Trail. je pense notamment sur le plateau des Nelson Lake dans le nord de l'île du sud en fait sur moi l'idée c'était de couvrir un maximum d'écosystèmes et de régions différentes et d'aller aussi dans les endroits les plus sauvages de chaque pays puisque des endroits sauvages il n'y en a plus énormément dans le monde et du coup pour avoir une vision plus ou moins exhaustive du pays que j'avais traversé il fallait forcément que je passe par ces endroits les plus sauvages parce que les endroits les moins sauvages dans tous les cas j'y allais y avoir accès donc c'est pour ça que j'ai décidé de passer par Fjordland après j'ai décidé de passer sur la côte ouest de la Nouvelle-Zélande pour avoir accès encore des milieux et des paysages très différents du reste de l'île avec du coup les Alpes les Alpes néo-zélandaises qui plongent quasiment directement dans la mer de Tasman et du coup je l'ai construit un petit peu comme ça en fonction on va dire du en fonction on va dire avoir un itinéraire le plus esthétique possible c'est à dire en passant par des endroits on va dire les plus drôles quoi se dire pourquoi passer par là en fait en fonction aussi des écosystèmes, de l'air de répartition de certaines espèces que je voulais trouver et puis aussi en fonction de mes capacités physiques et de mes compétences, je ne suis pas du tout alpiniste donc du coup je n'ai pas décidé de passer par les cimes des Alpes parce que ça c'est quelque chose que je ne sais pas faire donc voilà Et puis, comme il y avait le packraft, il fallait un peu le rentabiliser. Du coup, je me suis dit, je vais essayer de traverser un maximum de lacs avec le packraft. Donc, c'est un itinéraire qui s'est construit un peu au jour le jour. J'avais une idée globale. Mais après, ça s'est fait petit à petit.

Loïc Ok. Ça a été quoi la plus belle rencontre que tu as fait avec la faune néo-zélandaise ? Est-ce qu'il y en a une en particulier qui t'a marqué ?

Martin Je pense que c'est le sphénodon ponctué. Donc, Tatwara, c'est en... Alors, c'est... Sur mon Instagram, c'est une des premières photos. On dirait que c'est en lézard, mais ce n'est pas du tout en lézard. C'est un animal... On dirait vraiment un igouane, mais ce n'est pas du tout un lézard. c'est un animal qui a disparu il y a 66 millions d'années mais qui n'a pas disparu de Nouvelle-Zélande la Nouvelle-Zélande est perdue au milieu du Pacifique et en fait il a survécu en fait et c'est un animal de l'ordre des rhinocéphales c'est à dire dans les reptiles il y a les squamates qui rassemblent les lézards et les serpents il y a bon après c'est un petit peu compliqué il y a les tortues, il y a les crocodiles entre tout ça entre les crocodiles et le reste des reptiles il y a les oiseaux, c'est un petit peu bizarre mais et puis il y a les rhinocéphales qui sont représentés par cette espèce qui est le sphénodon ponctué et qui qui n'a rien à voir avec un lézard, pourtant il ressemble comme deux gouttes d'eau à un lézard donc ça je pense que c'est la plus belle rencontre, après il y en a eu d'autres il y a eu les kiwis qui sont des petits oiseaux inaptes au vol il y a 5 espèces de kiwis en Nouvelle-Zélande j'en ai vu 3

Loïc d'accord, je savais pas du tout qu'il y avait plusieurs espèces de kiwis

Martin il y en a 5 en tout après il y a eu d'autres animaux que j'ai pas pu voir, après il y a eu les chasses noire, bien sûr, aussi, qui a été il y a une vingtaine d'années, il restait plus que 30 individus dans le monde. Là, elle est toujours en danger critique d'extinction. Il me semble qu'il en reste 200 ou 300 individus qui sont toutes rassemblées dans la vallée de Mackenzie, donc vers le Montcouc. Ça aussi, c'était une très belle rencontre. Il y a eu les Nestor, donc Nestor superbe, en perroquet, avec un plumage rouge. Le Nestor Kea, qui est le seul perroquet montagnard au monde. En fait, en Nouvelle-Zélande, c'est tellement particulier que toutes les rencontres sont notables. C'est très particulier. Si je dois en retenir qu'un, je dirais le sphénodon ponctué qui me faisait rêver depuis l'adolescence.

Loïc Ce n'est quand même pas commun de tomber sur un dinosaure éteint, vivant. Oui, c'est ça. ultra intéressant ça a été quoi tu dirais les grands apprentissages pour toi de cette traversée parce que là on on passe finalement sur tout ce que tu as vécu assez rapidement mais il y a très certainement eu plein de situations où tu as eu à gérer des difficultés etc entre le moment où tu prends les parts le moment où tu arrives ou plutôt même entre le Martin qui est sur l'île de Stewart Island qui s'apprête à tomber sur George et Martin qui boucle sa traversée intégrale de la Nouvelle-Zélande du Sud au Nord c'est quoi la différence ?

Martin Il y a eu différentes choses je dirais déjà que j'ai appris qu'il ne fallait pas se battre contre les éléments du coup en Nouvelle-Zélande il y a eu beaucoup de tempêtes la météo là-bas est assez compliquée et en fait j'ai appris à m'adapter au fil des mois et ça c'est quelque chose que j'ai gardé pour la suite c'est à dire ne pas être contre le milieu dans lequel j'évolue mais avec lui faire partie du flow je sais pas comment l'expliquer de manière très pragmatique mais c'est un peu suivre le flow de ce qui se passe autour de moi après j'ai appris à ne pas prendre des décisions sur le coup de l'émotion dans le sens où des fois on est fatigué, énervé et on veut faire des choses avant de prendre une décision qui peut être risquée je réfléchis en me disant ok là, est-ce que j'ai faim ? Est-ce que je suis à bout de nerf ? Est-ce que je suis triste ? Est-ce que où est-ce que tout va bien ? Est-ce que c'est en fait j'ai appris que je pouvais être que mes décisions pouvaient être impactées par mon état en fait du coup ça c'est quelque chose que j'avais appris et aussi une dernière chose c'est qu'en fait tout était possible j'avais fini la Nouvelle-Zélande je me suis dit ok là t'as réussi à traverser la mer de Tasman, t'as trouvé un en voiliers. Là, tu as fait 4000 bornes en Nouvelle-Zélande en passant par des endroits que tu n'aurais pas imaginé. Même l'île du Nord, je m'étais lancé le défi de faire sans téléphone, sans tente et sans réchauds en construisant mes cabanes avec des fougères, en faisant tout à la carte papier. Ah oui, tu étais motivé là. Oui, et du coup, à la fin, je me suis dit ok, tu es capable, tout est possible en fait. je dis ok il ne faut pas avoir peur simplement tout est possible et prends tout ce qu'il y a à prendre j'avais encore plus c'était ça j'avais pris confiance en fait et ce dont je rêvais j'avais la preuve que c'était possible donc ça m'a donné de la confiance

Loïc j'imagine le détroit de Cook entre l'île du sud l'île du Nord. Tu l'as traversé comment, celui-ci ?

Martin Alors, pendant une semaine, j'ai essayé de trouver un voilier. Je passais en Pacraft dans les ports, à Picton et dans un autre port un peu plus au nord. Je me suis fait arrêter par la police parce qu'en fait, ils pensaient que je voulais voler en voilier. Mais c'est la police néo-zélandaise. C'était trop cool parce que du coup, il m'arrête depuis la ligne qui brise les vagues donc il est dans les enrochements le policier et puis il me demande mes papiers et du coup moi je suis allongé dans mon packraft je suis dans mon papier et lui il me manque de se casser la figure dans l'eau parce qu'il est sur le brise-lame dans les enrochements et du coup je lui explique mon projet je lui dis que je suis un peu flatté déjà d'être soupçonné de piraterie. Parce que j'ai toujours rêvé d'être pirate.

Loïc On y revient, pirate.

Martin Je lui ai dit, non, non, je ne veux pas voler de voilier, je veux simplement trouver un voilier pour aller sur l'île du Nord. Et en fait, la conversation se finit. Il me dit, je vais essayer de trouver un voilier pour toi aussi dans les prochains jours. Donc, très sympa ce policier. Mais bon, il m'a quand même demandé de sortir du port et tout parce que ça faisait peur aux gens. Et du coup, au bout d'une semaine sans trouver de voilier, pris le ferry parce que je me suis dit que je perdais trop de temps pour une traversée de quelques heures. Je me suis dit, bon, j'ai essayé. Ça n'a pas marché. Je prends le ferry et puis voilà. D'accord.

Loïc Au final, cette traversée, elle t'a pris combien de temps ?

Martin J'ai mis sept mois et demi. Wow, quand même. Oui, parce qu'il y a eu beaucoup de moments où, en fait, là, sur les lacs néo-zélandais, et des fois où j'étais bloqué, je suis resté bloqué trois jours sur une plage parce que vent violent. Des fois, là, une semaine pour trouver un voilier qui n'est jamais venu, donc ça m'a pris du temps. Après, tous les passages off-track dans la forêt néo-zélandaise, c'est à coups de 4 km par jour max. donc ça a pris ouais ça a pris ça a pris du temps parce que 7 mois et demi 4000 bornes c'est pas un gros ratio je trouve que ça va faire du 14-15 kilomètres par jour d'accord

Loïc et curiosité tout à fait intéressée t'es passé par des lieux de tournage du Sien des Anneaux ou pas du tout ? non ok voilà

Martin je crois savoir où c'est je crois que c'est vers c'est à l'ouest de l'île du Nord

Loïc oui il y a eu plusieurs lieux de tournages en réalité mais parmi ceux qui ont été le plus utilisés je crois qu'il y a vers le lac Topo il y a au-dessus de Queenstown donc il y a plusieurs endroits qui aujourd'hui sont d'ailleurs assez connus pour ça. Bref Martin tu parles de tout ça avec beaucoup de légèreté, beaucoup de modestie, d'humilité mais t'as quand même eu des moments de galère, des moments où tu t'es fait peur de l'adversité, parce que dans tout ce que tu décris, c'est quand même assez monstrueux ce que tu as réalisé.

Martin Pas douter dans le sens où douter par rapport à quoi, au fait que je termine ?

Loïc Oui, de manière générale, c'est quand même ultra ambitieux de faire une grosse partie off-track, en solo, ce n'est pas commun.

Martin Non, je n'ai pas douté sur la faisabilité du projet dans le sens où si j'étais bloqué à un endroit tout simplement je pouvais faire demi-tour il y a eu deux reprises où j'ai été bloqué une fois par un glacier une fois par une falaise là le long de la mer simplement je prends un jour ou deux pour faire demi-tour et je trouve un autre passage donc je ne pouvais pas vraiment être bloqué après il y a eu plusieurs fois où je me suis vraiment fait peur mais sur la jamais je me suis dit ah tiens peut-être que j'abandonne parce que je prenais beaucoup de plaisir à faire ce que je faisais ce quotidien en nature c'était quelque chose c'était pas inconfortable c'était pas du tout inconfortable donc ouais j'ai pas eu de doute sur les fondements du projet

Loïc d'accord et pour les quelques fois que tu t'es fait peur c'était lié à quoi la météo principalement ?

Martin ça bon moment je suis désolé si tu entends ce passage mais une fois c'est pour ça que je te parlais des décisions sous le coup de l'émotion en fait une fois j'étais off track depuis trois jours j'étais assez fatigué j'ai remonté perpendiculairement à la Rakaia River, donc une grosse rivière de l'île du Sud qui est bien connue et j'étais au niveau là où elle prend sa source au niveau du glacier, en bas du glacier et j'avais souvent entendu parler que les rivières néo-zélandaises peuvent gonfler extrêmement rapidement et moi je voyais que le ciel était noir au niveau du glacier et c'était la fin de journée et j'étais fatigué je me suis dit il faut vite vite vite que je traverse cette Racaia cette Racaia river pour passer de l'autre côté sinon je vais être bloqué en fait et je vais pas pouvoir aller rejoindre la côte ouest parce que dans un premier temps il fallait que je traverse cette rivière et ensuite que je traverse les Alpes et du coup dans cette fin de journée où j'étais éreinté la rivière était torrentielle et je la remonte en me disant bon je vais essayer de trouver un endroit où je peux la traverser, je trouve un endroit où le torrent se divise en deux bras et du coup un peu assez restreint, donc je me suis dit allez, je traverse et j'avais mon packraft dans le sac donc j'aurais pu sortir le packraft et avec la panique et la peur et le bruit j'essaye de traverser la rivière à pied et je ne me rends pas vraiment compte de la puissance et du coup je commence à faire un pas, deux pas, trois pas dans la rivière et là en fait je me fais faucher par le torrent donc ça dure quelques secondes où en fait je me retrouve dans une eau c'est de l'eau grise en fait c'est de la glace pendant quelques secondes je me retrouve sous l'eau je prends appui dans le fond parce qu'il n'y a pas énormément de fond je me suis fait faucher mais j'avais l'eau à la taille donc je tombe, je prends appui et je me jette sur la rive d'en face qui est un petit îlot de galets entre les deux torrents. Donc là, je suis en état de choc parce qu'il y a le bruit des torrents au milieu de moi. Je viens de tomber dans une eau à quelques degrés. Je suis imbibé d'eau et je suis tremblant et je ne sais même pas trop ce qui se passe. Je vois toujours ce ciel noir au niveau du glacier en me disant, ah merde, en fait, je crois que la rivière va monter. J'ai fait une erreur de base qui est sous-estimée la puissance d'une rivière néo-zélandaise. Je sais qu'il y a beaucoup de décès à cause de ces rivières. Là, ça a failli m'arriver à moi. Je n'arrivais pas à y croire. Et là, je trépigne sur cet îlot en me disant, mais qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je traverse le deuxième bras ? Je me dis, mais non, ce n'est pas possible, c'est trop risqué. Est-ce que je retraverse le même bras ? Mais alors que je suis tombé au premier allée, c'est stupide de retraverser le même bras je me dis mais qu'est-ce que je fais est-ce que je prends le temps de gonfler le packraft est-ce que la rivière va monter et là je me dis bon dans tous les cas si tu te rejettes dans ce torrent tu vas te faire emporter pour de vrai et du coup là j'avais les mains je sentais plus mes mains et en fait je tremblais mais en point où le corps se met en mode survie et je tremblais, puis il y avait du vent il y avait peut-être 50 km de vent et là je sors le packraft, je me dis ok la solution la plus safe c'est de sortir le packraft de le gonfler et de ne pas regarder la rivière parce que je sais pas pourquoi j'avais cette parano de cette rivière qui gonfle et je regardais rien d'autre que mes mouvements pour gonfler le packraft et retraverser au final le même bras le même bras que j'avais traversé à pied et pour me mettre, pour bivouaquer pour dormir sur l'autre rive et attendre le lendemain pour retraverser la rivière là c'était vraiment en mode il faut juste que tu on s'en fout de traverser la rivière il faut juste que tu survivres il faut juste que tu te mettes à l'abri, il faut juste que tu te réchauffes parce que c'est une situation dans laquelle déjà j'aurais jamais dû me retrouver et voilà, là c'était juste pas trop réfléchir juste la jouer sécurité ouais

Loïc impressionnant tu étais en hypothermie à ce moment là déjà tu penses ou pas encore

Martin non je pense pas enfin c'était en début d'hypothermie mais après je me suis réchauffé suffisamment rapidement pour pour pas ouais pour pas faire une vraie crise d'hypothermie en fait je pense c'est le choc d'être tombé dans de l'eau je sais pas de faire quelques degrés

Loïc c'est sûr que ça a dû être violent et le lendemain t'as pu traverser ?

Martin oui voilà du coup le lendemain matin en fait là j'ai utilisé le packraft dès le début et en plus la rivière n'était pas montée de la nuit la rivière n'avait pas du tout monté donc j'avais paniqué pour rien c'était juste j'étais fatigué j'avais paranoïé et la rivière n'était pas montée et du coup j'ai utilisé le packraft pour traverser et puis tout s'est bien déroulé et puis voilà

Loïc un bon rappel une super anecdote qui nous rappelle une fois de plus que parfois il vaut mieux ralentir pour aller plus vite et que c'est ultra important surtout quand on est solo alors je ne sais pas s'il y a beaucoup de gens qui se mettent dans des setups équivalents au tien aussi extrêmes mais l'importance de s'auto-scanner avant de prendre une décision waouh bon maintenant que la traversée de Nouvelle-Zélande est derrière toi qu'est-ce qui s'est passé t'as marqué un temps de pause avant d'enchaîner ?

Martin bah oui et non non dans le sens où dès le premier jour où j'arrive, je vais au port et je cherche un voilier. Donc là, je cherche un voilier dans les montagnes de l'île du Nord. J'ai rencontré un chasseur qui était aussi marin et qui m'a dit tu arrives à la saison idéale pour aller dans les îles du Pacifique, donc Fidji, Tonga. Et du coup, je me mets en tête d'un voilier pour aller au Fidji. Donc dès le premier jour où j'arrive. et oui je prends une pause un petit peu forcée parce qu'en fait ça me prend du temps de trouver le voilier c'est pas comme Tasmanie, Nouvelle-Zélande où en 5 jours j'avais trouvé mon voilier là ça m'a pris 15 jours, 3 semaines pour trouver le voilier plus après comme c'était un voilier un peu merdique avec un faux marin pour le coup on est resté un mois au port à réparer le bateau et après en gros il y a eu un mois et demi entre le moment où je me suis arrêté de marcher et le moment où on a pris la mer donc à la fois oui et à la fois non

Loïc t'aurais pu sinon envoyer un petit message à Georges pour lui demander s'il faisait pas un détour

Martin Georges il était en Amérique du Sud ou que sais-je et voilà ça aurait été pas mal il aurait fallu que Georges en fait me suive petit à petit ça aurait été royal le bateau assistance

Loïc ok donc la traversée vers Fidji ça se passe comment ? tu disais que tu étais avec un marin moins expérimenté vous mettez combien de temps ? comment est-ce que tu réussis cette fois-ci à trouver une solution ?

Martin alors on était 5 il y avait en fait c'était un marin mais il avait jamais pris il n'avait jamais fait de haute mer il n'avait jamais sorti son bateau du port non plus c'était un catamaran de 15 mètres c'était en Néo-Zélandais sa femme chinoise avec leur fille et après en roumain qui venait de Bali qui nous a rejoints pour faire les cars mais lui non plus n'avait jamais navigué

Loïc merveilleux

Martin et du coup en fait premier jour premier jour on quitte le port puis comme il fallait longer les côtes néo-zélandaises le nord là on s'ancre au niveau du Nil on se réveille le matin on s'est échoué tu vois et comme on est en catamaran en fait on s'est juste posé sur la plage il n'y a pas eu de problème de quilles comme sur un monocoque où on se serait cassé la figure là on s'est juste posé sur la plage mais du coup on était échoué et ça a annoncé en fait la traversée le premier jour on s'échoue bon bah un peu chiant oui

Loïc sachant que si on nous vaut une carte Nouvelle-Zélande Fidji j'ai l'impression que c'est au moins l'équivalent non de Tasmanie Nouvelle-Zélande

Martin à peu près non c'est moins loin et on a mis 10 jours on a mis 10 jours ouais et c'est un peu moins loin ouais c'est un peu moins loin ouais mais Et puis aussi, la mer est plus calme quand même. J'ai tout de suite senti, ça n'a rien à voir. Puis les vents sont bons. Et puis en plus, il fait meilleur. Plus on va vers le nord, plus la température se réchauffe. Donc c'est plus agréable. Alors que Tasmanie, Île-du-Sud, on est toujours sur un parallèle où il fait froid. Donc voilà. Ok.

Loïc une fois que tu arrives à Fidji tu l'expliquais un peu plus tôt tu n'avais pas forcément de plan rigide très arrêté mais oui comment tu décides d'organiser la suite surtout maintenant que tu avais ce bagage néo-zélandais on va dire où tu avais déjà réalisé cette traversée avec peut-être du coup une curiosité différente

Martin alors du coup on est arrivé à l'ouest et il fallait que je trouve je me suis dit ok la saison cyclonique commence au mois de novembre on est arrivé du coup début août et je me suis dit ok courant octobre il faut que tu reviennes dans ce port pour trouver un bateau un nouveau bateau pour aller en direction de l'Australie donc l'équation c'était ça c'était je suis ici il faut que je revienne ici avant courant octobre et que j'aille faire le maximum d'îles. Au début, vitilez-vous d'ouest en est. Après, vanoilez-vous d'ouest en est, Tavuny, et puis quelques îlots aux alentours en fonction de ce que je découvre sur le moment, l'air de répartition de certaines espèces. Les Fidji, ce n'est pas un grand pays comparé à la Nouvelle-Zélande, mais il faut faire une traversée plus ou moins exhaustive du pays.

Loïc Mais du coup, ton packraft, tu l'avais encore à ce moment-là ? Parce que pour la Nouvelle-Zélande, ça avait tout son sens. Mais au Fidji, où c'est principalement des îles, j'imagine que tu ne t'es pas aventuré à faire des traversées intériles au risque de te voir dériver, de finir je ne sais pas où dans le Pacifique.

Martin En fait, du coup, ce que j'ai fait, c'est que j'ai posé toutes les affaires chaudes que j'avais pour la Nouvelle-Zélande et le packraft. Comme je savais que j'allais revenir dans ce port pour trouver un voilier, j'ai laissé dans un casier. et en fait en traversant les Fidji donc c'est beaucoup de jungle c'est beaucoup à l'ouest c'est plutôt des je remontais des cours d'eau plutôt sec mais à un moment, donc sur Vanualevoo il y a eu une très grosse rivière et en fait j'avais vu des Fidjiens qui avaient ce qu'ils appellent des bilibili c'est des radeaux de bambous qui sont utilisés par les paysans pour trimballer leur récolte via les cours d'eau. Comme je n'avais pas mon packraft et qu'il y avait une grosse rivière devant moi, je me suis dit, pour finaliser mon intégration en tant que bon Fidjien, je bois le kava, je fume le suki et maintenant il me faut mon bili bili. Du coup, j'ai entamé la fabrication dans Bili bili avec un gars d'un village et j'ai pu descendre une rivière avec mon bili bili pendant quelques jours et ça a fait office de Parkcraft, bien que ça ait été beaucoup plus lent. Je faisais du 1 km par heure. C'était drôle. Je coulais un peu, mais ça avançait. J'étais très fier.

Loïc Par rapport à la Nouvelle-Zélande, ça a été quoi les grosses différences sur cette deuxième phase de l'aventure ?

Martin Au Fidji, il y avait beaucoup plus cette dimension humaine, en fait, puisque en Nouvelle-Zélande, le territoire, il est réparti, on va dire, les zones pour les humains et les zones pour le sauvage. Donc, on peut passer plusieurs semaines, enfin plusieurs jours, même plusieurs semaines sans croiser d'humains. Alors qu'au Fidji, en fait, la population est répartie sur toute l'île via des petits villages. Et du coup, je pouvais croiser des villages quasiment tous les jours. Et comme c'est petit, il n'y a pas une grosse distance. Du coup, les Fidjiens sont extrêmement accueillants. Ça fait partie de leur culture d'inviter les étrangers chez eux. Donc, en fait, je pouvais être chez eux. J'étais invité chez des familles tous les jours, tous les deux, tous les trois jours. En fait, au Fidji, ça a été très rare, mis à part dans les petites poches de jungle, de ne voir personne pendant plusieurs jours. Alors qu'en Nouvelle-Zélande, c'était un quotidien. Là-bas, ça, c'était la grosse différence. Et puis aussi la météo. La météo au Fidji, c'est très agréable tout le temps. Il fait un peu chaud, mais c'est tout à fait OK. Il n'y a pas de tempête. Il n'y a pas de pluie. Il n'y a pas de vent. Ça aussi, c'est une grosse différence.

Loïc Alors, je t'ai déjà posé la question un peu plus tôt, mais je suis toujours ultra curieux dans ce genre de situation comment les gens y réagissaient quand tu leur expliquais un ce que tu avais déjà fait et deux ce que tu étais en train de faire au Fidji

Martin en fait ils ils hallucinaient, ils pensaient que c'était très très loin je leur disais d'où j'arrivais ils pensaient que c'était très très loin mais c'était à des fois à 150 km ça nécessite quelques jours de marche et en fait pour eux les distances étaient un petit peu des grandes distances et aussi il y avait ce truc dans certains villages ils pensent qu'ils sont très croyants, donc il y a le diable qui se cache ici et là ils disent mais attends tu n'as pas croisé le diable dans la rivière etc et moi je leur expliquais que non, je n'avais pas eu le vent, enfin pas vu de diable donc il y avait cette peur là de de ce qui pouvait se cacher dans la forêt ou dans la rivière. Et puis, c'était une bonne carte de visite. Il me voyait arriver, il voyait un occidental arriver avec son sac, avec le... J'ai souvent une tête de mec qui s'est perdu, alors que je ne suis pas perdu. Du coup, il savait souvent m'aider, me dire, mais d'où tu arrives ? Qu'est-ce que tu fais ? et du coup ça ça m'était ça c'est toujours été un gros avantage d'avoir enfin de bénéficier en fait de la gentillesse des gens on n'a jamais été jamais eu d'accueil hostile ou que ce soit

Loïc on t'a jamais pris pour le diable

Martin ouais j'ai eu peur à certains moments le tout premier village il y a eu en fait il y a eu un enfant d'enfant de 3 ans qui a disparu et Et le truc, c'est que juste avant, on me demande si j'ai croisé le diable. Je dis que je n'ai pas croisé le diable. Après, il y a une dame qui arrive en pleurs. Son enfant a disparu. Et après, l'ambiance était un peu bizarre. Parce que surtout, on buvait un peu de cava. Et l'ambiance un peu bizarre. Mais après, le lendemain, ils ont retrouvé l'enfant. Et il était à 3 km du village. Donc pour eux, ça ne faisait aucun doute. C'était le diable. Mais sur le moment, je me suis dit, oula, mais j'espère qu'ils ne pensent pas que c'est moi le diable. Vu que j'arrive de la rivière. ils n'ont pas l'habitude de voir du monde. Mais bon, il n'y a pas eu de problème. Mais il y a eu au Fidji des actions comme ça, où sur le moment, ce n'est pas du tout la même culture. Il a fallu se remettre un petit peu, comprendre un peu comment ça fonctionne. Pareil, les premiers jours, je remontais la rivière. et d'un coup, je sais pas, j'entends du bruit derrière moi je me retourne et là je vois trois gars en slip avec des épieux immenses des grandes lances des lances de 2 mètres me courir, me sprinter dessus et là je me suis dit mais qu'est-ce qu'il se passe ? je me suis dit waouh, c'est une action de film et en fait ils sont arrivés à mon niveau et puis on a commencé à discuter et très très sympa et en fait simplement ils avaient vu mes traces de chaussures dans la rivière et du coup ils se sont dit mais qui c'est qu'est-ce que c'est qui c'est quoi et du coup ils avaient juste couru pour me rejoindre et pour voir qui j'étais et en fait c'était des chasseurs de poissons c'était vraiment un tout petit cours d'eau et pourtant avec leur lance ils arrivaient à projeter leur lance super fort dans l'eau et à transpercer des poissons qui faisaient même pas 10 cm c'était impressionnant à voir plein d'actions comme ça je me suis dit waouh c'est différent ici oui j'imagine

Loïc les trucs qui m'ont surpris oui je suppose que t'as du l'être un paquet de fois justement d'ailleurs en parlant de surprises j'ai l'impression que c'est un patchwork deal est-ce qu'il y a un endroit en particulier qui, toi, t'as vraiment marqué pour son côté sauvage ?

Martin Le plus sauvage... Ça dépend un peu de l'île qui a été la plus merveilleuse pour la biodiversité. C'était l'île de Tavuni, à l'extrême est des Fidji, à l'est de Vanualevoo, où là, il n'y a pas d'espèce exogène introduite, de mammifères exogènes introduites par l'homme et du coup c'est là-bas où j'ai pu trouver le boa du Pacifique un super serpent pour ça c'était une île très sauvage puisque conservée mais comme elle est toute petite j'ai pas eu des sections de plusieurs jours dans la forêt ou donc des moments sauvages au Fidji peut-être à Vitile et vous dans l'Est là il y a des comme j'ai traversé d'Ouest en Est mais dans le centre quoi en passant par les plateaux du centre et après du centre jusqu'à la côte Est par les jungles là il y a eu plusieurs jours en forêt qui étaient bien bien sauvages quoi mais c'est des zones sauvages un peu à relativiser dans le sens où c'est pas des grosses îles non plus donc voilà on va dire c'est des poches de sauvages qui restent

Loïc ce qui doit être incroyable à découvrir surtout pour quelqu'un avec ton background académique et d'ailleurs en parlant de poches de sauvages sur toute cette aventure au global de la Tasmanie jusqu'au Fidji il y aurait pu y avoir des espèces dangereuses pour toi si tu l'as rencontré non

Martin je pense pas il y a eu le marin qui m'a récupéré le gars qui à Stewart Island là où j'essayais de rejoindre l'île en Pacraft c'est une grosse zone à grand requin blanc et ça je l'ai appris après donc ça aurait potentiellement pu être dangereux mais bon je pense pas que j'entends souvent dire que les requins n'attaquent pas donc je je considère pas que c'était quelque chose de dangereux après sur terre, non, il y a eu une plante vénéneuse là qui s'appelle Urtica férox Ah oui

Loïc Le nom déjà ça pose la base Urtica férox

Martin Elle m'a bien engourdi une jambe mais voilà c'est pas dangereux c'est anecdotique il n'y a pas d'animaux en Nouvelle-Zélande il n'y a pas d'animaux dangereux au Fidji non plus pas de serpents non plus non non non en Nouvelle-Zélande il n'y a pas de serpents au Fidji il y a des serpents marins mais les serpents marins ils sont venimeux mais ils sont absolument pas il n'y a aucune chance de se faire de se faire mordre on peut les attraper à la main, ils ne mordent pas et après il y a le boa du pacifique qui est un boa donc les boa ne sont pas venimeux j'aime plus en attraper un ils ne mordent même pas c'est des animaux super sympas il n'y a pas d'animaux dangereux après j'étais pas en mer j'imagine qu'il y a tout un tas de méduses tout un tas de trucs un petit peu plus dangereux en mer mais moi j'étais pas là-dedans donc au milieu terrestre il n'y a rien de dangereux bon tant mieux

Loïc une fois que t'arrives au bout des Fidji alors ça t'a pris combien de temps et surtout tu en es où en termes de vis-à-vis de toi-même parce que la Nouvelle-Zélande qui avait pris énormément de temps déjà t'as vécu cette expérience seule avec toi-même en gros les Fidji c'était un peu la deuxième phase t'en ressors dans quel état d'esprit ?

Martin Alors les Fidji en fait là à la fin des Fidji je me suis dit ok là tu peux réussir ta traversée du continent en fait je me suis senti comme bloqué au milieu du Pacifique parce que les Fidji sont au milieu du Pacifique et je me suis dit ok si tu trouves un voilier et que t'arrives en Australie après tu auras entre guillemets plus qu'à traverser l'Australie à pied et t'auras réussi ton pari en fait et du coup c'était plus ça en mode là j'ai fini la première moitié de mon voyage et j'étais un petit peu un peu dos au mur parce que la saison cyclonique arrivait donc ce qui m'a je me suis dit j'ai pas eu trop le temps de faire le topo en fait je me suis dit ok maintenant c'est maintenant ou jamais que tu peux avoir l'occasion de réussir ce que tu avais projeté. Donc, je ne me suis pas du tout posé. À ce moment-là, j'étais plus un peu dos au mur, un peu le couteau sous la gorge en me disant « Ok, il faut vraiment que je trouve un bateau. » Puis, j'avais pas mal de problèmes à ce moment-là puisque en fait j'ai eu déjà des problèmes avec l'ancien capitaine qui ne voulait pas me laisser débarquer, qui m'avait fait croire que mon visa était lié à son bateau de base on devait aller au Vanuatu ensemble et quand j'ai vu comment s'était passé la traversée avec Dorian le Roumain qui était avec moi qui avait le même âge que moi et qui on s'était bien entendu, on a voulu quitter le voilier sans aller au Vanuatu parce que c'était pas possible s'ils s'étaient passés à bord pendant la traversée tu nous as pas tout dit du coup sur ces péripéties ouais non il y a eu plein de trucs on a déchiré plusieurs voiles on a eu des pannes de moteur donc pas d'électricité pas de radar tout dans le noir pendant une nuit on a fait hypercuter un bateau de pêche chinois il y a eu beaucoup de choses qui sont pas du tout ok en mer en fait et du coup enfin il y a eu des moments le bateau n'était pas contrôlable à 13-14 nœuds on a fait des pointes à 19 nœuds avec un catamaran de 15 mètres en surfant sur des vagues et là le bateau n'est pas contrôlé et n'est pas contrôlable par le capitaine donc forcément quand on arrive et qu'on est enfin arrivé à terre que le bateau est dans un état enfin il est explosé le bateau il y a des voiles qui sont déchirées des voiles qu'on a dû découper qu'on a dû couper parce qu'elles étaient déchirées elles s'étaient prises dans le mât enfin il y a eu plein de problèmes comme ça et du coup nous on a voulu débarquer avec Dorian et là il nous a posé tout un tas de problèmes surtout à moi qui n'ai pas voulu céder à ses coups de pression moi j'ai juste fui le bateau en fait comme j'avais l'aval du consulat français j'avais je suis parti mais quand j'ai dû revenir en fait moi j'avais le lien le lien de sa position et il était toujours dans les parages vers le port donc j'avais ce problème là il fallait que je fuis ce capitaine là qui m'en voulait qui voulait me poser des problèmes il avait demandé à la marina de m'interdire l'accès au port

Loïc ah oui bien nocif c'est ça

Martin ça c'était un gros il était devenu un petit peu fou et puis mon passeport était déchiré aussi quand je suis revenu, donc en fait mon passeport était dans un mauvais état, ce qui ne pouvait pas me permettre d'arriver en Australie donc je n'aurais pas pu prendre un avion il fallait à tout prix que j'arrive en voilier et du coup je suis vraiment dit, ouh là là, là j'ai tout un tas de problèmes et la saison cyclonique arrive et il faut vraiment trouver des solutions et donc voilà j'étais dans cette optique là j'avais plein de problèmes j'avais plein de problèmes et à la fois j'étais très proche de revenir en Australie ouais ok excellent

Loïc enfin excellent non pas à ce moment là mais t'as compris mais ok bah écoute vraiment Martin je te le disais un peu plus tôt je suis super impressionné par la manière la manière dont tu partages tout ça, par ce que tu as réalisé aussi. Vraiment, encore une fois, c'est un des grands plaisirs de ce podcast, c'est de pouvoir découvrir des gens comme toi qui sont finalement, par rapport à d'autres, beaucoup moins visibles, pas du tout sous le feu des projecteurs et qui, pour autant, réalisent des aventures incroyables. Chacun son aventure à son niveau, mais toi, il se trouve qu'en l'occurrence, c'est une aventure vraiment d'envergure que tu as vécue, où tu t'es mis clairement hors de ta zone de confort, pour reprendre des termes un peu cliché avec une grosse aventure en solitaire beaucoup de hors-sentier enfin vraiment ultra ultra impressionnant

Martin après il y a eu beaucoup il y a eu du sentier aussi je n'étais pas off-track tout le temps c'était c'était il y a eu il y a eu tout il y a eu tout un tas de voies différentes qui ont été empruntées voilà oui

Loïc oui non oui oui mais bon au-delà de l'aspect hors-sentier ce qui je trouve très impressionnant c'est que finalement cette aventure tu l'as construit pour toi ça a été ta manière de le faire t'aurais très bien pu entre guillemets simplement suivre le TR Aroa et basta tu vois mais t'as décidé toi de te forger ta propre expérience et je trouve ça juste génial et encore une fois très inspirant quelle que soit d'ailleurs l'intensité de l'aventure. Toi, il se trouve que ça a été du long cours, mais un vrai appel à suivre ses propres rêves. Voilà, Martin, ce que je te propose, on arrive au bout de ce premier épisode. On a couvert énormément de choses de la Tasmanie jusqu'au Fidji. Le prochain épisode sera consacré du coup à cette traversée de l'Australie qui s'annonce aussi exceptionnelle. est-ce que toi il y a un dernier message dernier point que tu voudrais souligner avant qu'on conclue

Martin non je crois qu'on a on a fait la première la première moitié du voyage et quelle première moitié

Loïc fabuleux une fois de plus merci beaucoup Martin je vous donne rendez-vous à toutes et à tous pour le prochain épisode qui sera diffusé d'ici une semaine et puis d'ici là Martin porte-toi bien à plus Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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