Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·232 Trail #Ultra #Minimaliste #Mental

19 mai 2026

Courir 1000 kilomètres en sandales de Dunkerque à Marseille, avec Olivier Maria

Durée · 1h30 · Transcription disponible

Olivier

Le récit

Olivier Maria revient au micro des Frappés, presque trois ans après son premier passage ! Cette fois, on parle de sa traversée de la France en courant, de Dunkerque à Marseille. Plus de 1000 kilomètres. En sandales. En 11 jours. Fou 🤯

On parle de comment l'idée a germé (spoiler : ça vient de l'ultracyclisme et de ses traversées de la France à vélo), de sa prépa un peu au feeling avec des blocs Lille-Amsterdam et Lille-Paris en 3 jours, et de la stratégie marche-course qui a tout changé : 5 km de course, 3 minutes de marche, pendant 1000 bornes.

On parle aussi de souffrance. De ce tendon d'Achille gonflé sur les trois dernières étapes, des 40 premiers kilomètres chaque matin à serrer les dents, et de cette dernière étape Orange-Marseille où il a tout donné sur 123 kilomètres, avant l'arrivée derrière le Mucem au coucher du soleil, vidé, en larmes.

Olivier a aussi évolué depuis son premier épisode : le cétogène, c'est derrière lui. Les sandales, par contre, c'est plus que jamais sa façon de courir. Et son message après cette aventure, c'est que le corps humain est une fabuleuse machine, mais qu'elle reste fragile. Peut-être que la vraie finalité, c'est où tu seras dans 20 ou 30 ans, pas le chrono d'aujourd'hui.

Si tu n'as pas écouté son premier épisode, fonce, le lien est en description.

Excellente écoute 😉

📸 Jérôme Habasque

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Transcription

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Olivier Le plus gros conseil que je pourrais donner, le plus gros hack pour réussir à enchaîner les journées, à courir longtemps, c'est alterner les marches-courses. Je programmais ma montre pour faire 5 kilomètres de course, 3 minutes de marche. Dans la tête, c'est hyper intéressant parce que ça te met des gros objectifs et tu te dis 5 kilomètres, je l'ai fait 1000 fois dans ma vie, je vais y arriver. Bravo, ça c'est trop, tu viens de faire 5 kilomètres, tu fais ton ravito, ton check, hop tu repars. Et ça, je l'ai fait pendant 1000 kilomètres, tu vois. Et ça, ça a été vraiment un game changer.

Loïc Sous-titrage Société Radio-Canada ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Hello Olivier, bienvenue une nouvelle fois au micro défrappé. Je suis archi content que tu reviennes sur le podcast quasiment trois ans après ton premier épisode. C'est beaucoup trop long. C'est beaucoup trop long, mais au moins, on va avoir un paquet de choses à se raconter. Je pense qu'on va en particulier évoquer ta dernière folie furieuse que tu viens de terminer il y a quelques jours. Tu as traversé de la France en courant. Oui. Mais voilà, on va sans doute parler de pas mal d'autres sujets. En tout cas, Olivier, ça me fait super plaisir. Moi, on était resté un petit peu en contact après ce premier épisode. Je trouve que ça avait bien fité. et puis je trouve que ce que tu fais c'est archi inspirant ultra intéressant donc ravi que tu reviennes sur le podcast

Olivier Salut Loïc, ça fait grave plaisir de t'avoir à nouveau sur Les Frappés, c'est un podcast que j'adore, j'adore ta philosophie, ta bonne humeur, ton rire communicatif donc c'est vraiment un grand plaisir de te retrouver aujourd'hui

Loïc Et bien écoute, plaisir partagé, vraiment je suis ravi. Olivier, à l'époque 2023, on avait parlé de beaucoup de choses, de sport bien évidemment, c'était quand même le cœur du sujet, mais de sport pratiqué un petit peu différemment. On avait parlé de minimalisme, de régime cétogène à l'époque. S'il y en a qui n'avaient pas écouté ce premier épisode, foncez, le lien est en description, c'était ultra intéressant. Cétogène,

Olivier aujourd'hui, t'en es où ? En fait, le régime cétogène, j'ai découvert ça il y a longtemps, il y a presque dix ans. j'ai beaucoup parlé sur mes réseaux, j'ai créé mes réseaux à la base pour ça, mais tu vois, j'en suis un peu revenu.

Loïc OK.

Olivier Un peu, déjà un peu parce que d'un point de vue sportif, ça fait longtemps que j'expérimente un peu les régimes locaux, mais que je me suis rendu compte que sur les très gros efforts sportifs de 5, 10 jours, en fait, j'étais plus à l'aise à manger plus de glucides, plus de sucre, parce que tu manges ce que tu peux, ce que tu trouves. Il faut s'alimenter, tu ne peux pas rester 10 jours sans rien bouffer parce que sinon, déjà là, tu vois, j'ai perdu pas mal de poids sur ma traversée de la France. Du coup, je trouvais ça assez intéressant de plutôt être un peu dans ma vie de tous les jours, un peu plus low carb et pendant le sport, pendant les compètes, à remanger du sucre. L'UTMB, je l'ai fait comme ça et tout, tu vois. Et aussi, en ce moment, j'en parle plus sur mes réseaux parce que j'ai gagné beaucoup d'abonnés ces derniers mois, ces dernières années. Et je me suis aussi beaucoup posé la question sur ma légitimité à parler de nutrition sur le fait que ces dernières années, avec pas mal de comptes que je voyais passer qui parlaient de science, qui parlaient de tu vois avec le Covid etc ou pas mal de trucs qui font qu'il y a pas mal de gens qui ont pris la parole sur des sujets qu'ils ne maîtrisaient pas et en fait ça peut être assez dangereux je trouve tu vois les gens qui parlaient du Covid, du vaccin etc donc moi je me suis un peu senti mal à l'aise ces derniers temps à me dire tu vois là j'ai 100 000 abonnés qui me suivent sur mes différents réseaux je ne suis pas nutritionniste et je n'ai pas forcément envie de parler de sujets sur lesquels je ne suis pas légitime. Et aussi, c'est un sujet assez clivant. Et moi, ça me saoulait un peu de devoir défendre un truc. Alors que j'avais envie de passer aussi d'autres messages sur les réseaux. Et tu vois, j'étais vite catalogué de « Ah oui, mais le mec qui parle de cétogène, je le cancelle direct. » Alors que tu vois, j'avais d'autres sujets sur la course à pied et longue distance, etc., qui me tenait plus à cœur et je prends plus de plaisir aujourd'hui à parler de ça. Et voilà, je n'avais pas envie de brouiller les messages et pour des raisons d'éthique personnelle, je n'en parle plus trop. Je ne parle pas d'alimentation parce que ce n'est pas mon métier. Et voilà. Donc voilà, pour le régime cytogène, j'ai un peu clos cette période de ma vie qui a été assez importante. Je n'ai pas forcément repartagé ce que je suis en train de te dire là publiquement sur mes réseaux. Je le ferai parce que je pense que c'est important d'être transparent vers sa communauté mais voilà en ce moment je parle plus de longue distance vélo, course à pied et je me sens plus légitime et plus serein à parler de ça

Loïc ouais d'accord bon ultra intéressant au final que tu fais ton propre chemin alors c'est vrai que voilà t'as cette particularité d'être quand même très suivi donc je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait d'être vigilant aux messages qu'on peut envoyer etc mais malgré tout vraiment allez écouter cet épisode sans comme tu viens de le dire voilà sans être des scientifiques, ni toi, ni moi. Carrément. Toi, tu as mis en pratique beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Mais moi, ça m'avait vraiment ouvert les yeux, tu vois, sur finalement une approche de la nutrition différente. Je pense qu'il ne faut pas être, tu vois, un ayatollah absolu sur certains sujets. Ouais, carrément. Et peut-être que dans le cétogène, il y a du bon à prendre. Et visiblement, c'est ce que toi, tu as fait. Tu as rendu le bon et puis tu es passé à autre chose.

Olivier Ouais, en fait, carrément, moi, je suis assez curieux pour tester un peu les choses à droite à gauche. Maintenant, j'ai beaucoup pris de recul là-dessus, comme je te disais. Et par rapport à la nutrition sportive actuelle, je suis à 100% OK avec tout ce que les nutritionnistes du sport disent parce que c'est leur métier, etc. Mais j'ai toujours un petit regret de me dire que, tu vois, moi, j'ai testé le cétogène sur moi, j'ai fait des marathons à jeun, avec beaucoup de plaisir j'ai lu beaucoup d'études parce qu'il y a quand même des études qui sortent sur le sujet et je trouve que la nutrition du sport c'est vraiment aujourd'hui un truc où où le cétogène ça aurait pu être où le cétogène élocarbe ça aurait pu être considéré comme une alternative possible dans un certain contexte etc mais dire que c'est une alternative possible ça ne veut pas du tout dire que la nutrition du sport basée sur beaucoup de glucides et tout ça ne marche pas et je trouve que c'est dommage que les nutritionnistes du sport ils connaissent pas beaucoup le sujet c'est vrai et et voilà mais mais voilà comme je disais moi je n'en parle plus parce que j'ai pas envie de prendre le risque de gens qui me disent ah bah à cause ou grâce à toi j'ai fait ça et puis du coup j'ai eu tel problème de santé moi je veux pas du tout être dans ça tu vois

Loïc je vois je vois bon page tournée mais voilà intéressant en tout cas que que tu traces ta route par rapport à ce sujet de la nutrition. Sur la partie minimaliste qui était un peu, enfin qui était clairement le deuxième gros pilier de ta pratique sur lequel on avait beaucoup échangé. Là, par contre, tu me dis si je me trompe, mais pas de changement. Donc toi, tu cours en sandales, voire pieds nus, si je ne me trompe pas. C'est un peu comme ça que tu avais buzzé la première fois sur un marathon.

Olivier Ouais, j'ai fait un semi-pieds nus il y a un mois ou deux. Ouais, très cool aussi. Bon, j'ai fini avec pas mal de cloques parce qu'en fait, il faut vraiment se tamper les pieds en courant pieds nus à l'entraînement ce que j'ai pas vraiment fait mais très cool

Loïc sachant que c'est pas une nouvelle pratique pour toi ça fait un moment que

Olivier ouais en fait moi je cours depuis 2015 donc c'était à 11 ans j'ai vite j'ai vite switché en minimaliste en découvrant la clinique du coureur qui disait qu'en gros il valait mieux prendre des bonnes habitudes dès le début et commencer la course à pied avec des cheveux très légères pour vraiment adopter une bonne foulée prendre les bonnes habitudes parce qu'après 10 ans c'est un peu trop tard et du coup en 2016, 2017 à peu près, j'achète des chaussures très très fines, des genres de chaussons de danse, tu vois, fermées. Et en fait, ouais, direct, je me rends compte que j'adore ça parce que, en fait, direct, tu as une sensation de légèreté, de ne pas avoir de poids aux pieds, d'avoir le contact au sol direct. Donc, même si c'est beaucoup d'impact parce que tu n'as pas d'amorti, et bien, en fait, tu t'aperçois que ton corps, il réagit, il s'adapte, tes muscles, ils se renforcent. Tu vois, au début, quand tu te mets à courir pieds nus alors que tu n'as jamais fait, les mollets prennent cher, mais après, tes mollets sont plus forts, tu sens tes tendons, tes os, tout se renforce. Et en fait, du coup, ça, c'était en 2017, donc il y a quand même très longtemps, genre 9 ans, tu vois. et après je suis passé aux sandales je suis passé aux sandales en en 2020, 2021 je pense que ça fait à peu près 4-5 ans que je suis quasiment full sandale 3-4 ans sûr que je suis full sandale et en fait le truc c'est que quand t'es habitué moi je suis vraiment ouvert et tu vois comme tout comme l'alimentation je me dis si un jour je m'aperçois que c'est pas une bonne idée que j'ai envie de me remettre des grosses chaussures et tout, j'ai aucun souci avec ça. Sauf que en fait, quand t'es habitué à courir très léger, avec des chaussures très légères, une foulée adaptée pour ça, une foulée qui fait pas de bruit, très légère et tout, tu vois, maintenant, c'est les grosses chaussures ou les chaussures classiques que les gens disent « Ah, elles sont hyper confortables et tout », mais en fait, moi, je peux plus en mettre. Dès que je mets des chaussures normales, j'ai l'impression d'avoir des sabots. Et tu vois, pour la petite anecdote, je fais l'UTMB en 2023, 2024, je pense. Je termine l'UTMB en 2024 et juste avant la course, il y a une agence qui m'offre des Oka. C'était les Oka Speedgoat 6. Donc, je ne sais pas si elles sont connues pour être légères, pas légères et tout. et en fait tu vois moi je reçois ça c'est gentil de me les envoyer donc je les teste et en fait je mets ces chaussures chez moi et là direct je me dis mais en fait c'est pas possible vraiment tu vois si je m'étais aperçu que j'étais hyper confort et tout j'aurais pu repasser en chaussures mais juste tu vois je mets ces grosses chaussures au pied et là je m'aperçois que c'est des chaussures ultra rigides que tu peux pas du tout plier à la main mes pieds ils étaient coincés dedans ils pouvaient plus faire aucun mouvement j'étais coincé dans une espèce d'armure et tout ça pour te dire qu'en fait maintenant que je suis adapté aux sandales en fait je pense que je ne pourrais plus repasser à des chaussures normales parce que j'ai une sensation d'inconfort qui n'est pas possible et je me dis c'est assez fou parce que si j'avais mis ces chaussures il y a 10 ans quand j'étais habitué aux chaussures et tout peut-être que je les ai retrouvés confortables je me serais pas posé la question parce que mon corps il aurait été adapté et le fait de courir depuis presque 10 ans minimaliste et de remettre des chaussures classiques j'ai l'impression d'avoir des sabots au pied et c'est plus possible donc c'est pour ça que maintenant je fais tout en sandales je me pose même plus la question et c'est pour ça que j'ai traversé la France en sandales parce que c'était même pas un sujet pour moi je suis habitué et je l'ai fait comme ça

Loïc ouais bien sûr grâce à toi grâce à Nicolas Cassier et quelques autres invités j'ai découvert aussi le plaisir je ne dirais pas de courir parce que je ne fais pas de grande distance en sandales mais en tout cas régulièrement sur tout l'été de me déplacer en outdoor en sandales et j'avoue que c'est ultra agréable et je comprends le fait que j'imagine quand tu es habitué je ne sais pas combien elles pèsent les sandales 90 grammes repasser à des chaussures intégrale, complète, ça ne doit pas être évident. Donc, l'approche minimaliste, clairement, toujours au cœur de ta pratique, tu t'y es fait et c'est comme ça que tu cours, toi. Tu l'as mentionné, tu viens de le mentionner à l'instant, il n'y a pas très longtemps, tu t'es lancé sur un énorme défi. Alors, il y en a eu un paquet quand même, depuis 2023, tu es ultra actif et c'est cool parce que tu communiques sur tout ce que tu fais. Mais là, récemment, tu t'es dit allez go, on va se faire un petit Dunkerque-Marseille, tranquillou, en courant, une traversée de la France nord-sud. Ça t'est venu comment, l'idée ?

Olivier En fait, après avoir fait quelques années de course à pied assez classique, on va dire du 10 km au marathon, quand j'ai commencé à courir, après j'ai découvert l'ultracyclisme en 2020-2021 à peu près. Donc tu vois, venant de la course à pied, je découvre l'ultracyclisme, je découvre il y a des courses qui traversent la France à vélo et tu vois moi quand je regarde la carte de France qui fait une diagonale 2500 km je me dis mais en fait c'est complètement irrationnel c'est impossible mais à la fois vu que c'est impossible mais qu'il y a des courses organisées ça a l'air d'être faisable et et de là j'ai commencé l'ultra-cyclisme donc je termine deux fois l'Ariste Cross France en 2021-2022 2023 je refais une autre course de 2500 kilomètres qui va jusqu'au Monténégro. 2024, un mois avant l'UTMB, je fais la C2 Peak, c'est la traversée de la France, la VTT cette fois-ci, 2500 kilomètres aussi. Et tu vois, de faire ces courses à vélo, ça a été vraiment une passion incroyable parce qu'il y a un truc de t'avances 24 heures sur 24 quasiment, tu dors peu, à vélo, tu fais énormément de kilomètres, tu vois des paysages, tu traverses des régions entières en un claquement de doigts et à la fin tu vois je termine ce heure de course et comme je dis la première fois que je termine la race au Cross France je me suis vraiment dit mais là je viens de faire un truc qui était impossible mais c'était dans mes plus grands rêves c'était impossible tu vois tu traverses la France en 7 jours 2500 kilomètres et donc tu vois j'ai ma période ultra cyclisme où je laisse un peu la course à fait de côté et après progressivement je me remets à courir mais tu vois, je faisais moins de kilomètres, j'avais un peu moins la forme. C'était quand même assez dur, mais petit à petit, je me remets à courir. Je retrouve un petit niveau. Moi, j'ai étudié à Grenoble et j'ai découvert le trail à Grenoble, mais sauf que six mois plus tard, je déménageais à Lille pour mon premier travail. Donc, j'avais arrêté le trail en 2022-2023 quand je me remets à courir un peu sérieusement. Je me dis, vas-y, il n'y a pas de raison de ne pas faire de trail, même si tu habites à Lille. Donc là, je me remets un peu à faire du trail. Je m'entraîne un... En fait, j'ai de la famille en Savoie. Donc, je redescends, m'entraîner un peu en Savoie. Je refais quelques courses de trail. Je fais une course by UTMB à 100 kilomètres. Je suis direct qualifié à l'UTMB. Donc ça, c'était en 2023-2024. Donc, je me dis, écoute, je suis qualifié. J'ai l'impression qu'il ne faut pas que je passe à côté de ce sésame. Tu vois, parce que j'étais pas trop dans ce délire de circuit UTMB et tout, mais je me dis, écoute, j'ai le sésame, vas-y, go, je le fais. Donc, c'est pour ça que je termine UTMB en 2024. Cool, très content de l'avoir fait, d'avoir vécu un peu le truc, d'avoir vu ce mythe de l'intérieur, ce truc qui fait rêver tout le monde.

Loïc En sandales.

Olivier En sandales, ouais, exactement, parce qu'en fait, comme je te disais, moi, je me pose même pas la question, je suis habitué aux sandales. et après coup je me rends compte que en fait l'ultra trail il y a énormément de gens qui ont des problèmes de pied parce que tes pieds ils macèrent à la fois à cause de la pluie ou à cause du fait que tu marches dans des flaques mais aussi par l'humidité par la transpiration des pieds et en fait tu sais il y a des photos qui tournent sur les réseaux de pieds dégueulasses et tout t'as des crevasses, beaucoup de cloques et tout et en fait après coup je m'aperçois que être en sandal je dis pas que c'est la solution idéale et que j'aurai zéro clock. Oui, tu peux avoir une ou deux clocks quand tu cours 40 heures en sandales. Mais sauf qu'en fait, tu as les pieds qui respirent et qui m'assèrent moins dans leur humidité. Ce qui fait que moi, tu vois, je termine l'UTMB, j'ai vraiment les pieds dans un bon état. Tu vois, j'ai la peau qui est dans un bon état. Je lave mes pieds et je n'ai pas ces crevasses et tout. Et donc, ouais, je termine en sandales. L'UTMB, j'ai un peu de chance parce qu'en fait, l'UTMB, tu peux le courir en chaussure minimaliste ou en sandales s'il n'y a pas le kit grand froid activé. Tu vois, moi, l'année où je le fais, on a un temps idéal, pas de pluie. Je mets ma veste de pluie à la fin de la nuit, mais vraiment par confort, j'aurais pu faire tout l'UTMB en t-shirt, c'est tellement il faisait beau. Donc, condition idéale. Alors que l'année suivante, je crois en 2025, c'était kit grand froid, neige en haut d'école. Donc là, je n'aurais pas imaginé ce qui se serait passé. d'autant que tu vois je t'ai parlé des Oka Speed Goat qu'on m'avait envoyé et en fait moi je les avais mis dans mon sac de délestage en me disant en fait deux jours avant la course on sait pas il peut y avoir le kit grand froid activé et si le kit grand froid activé je dois courir avec ces Oka mais j'ai jamais couru avec j'ose même pas imaginer donc tu vois je croisais les doigts je me disais non mais pitié pas de kit grand froid et tu vois genre le jour de la course quand à midi tu reçois l'SMS qui te dit pas de kit grand froid activé let's go tu peux courir comme tu veux. Je me suis dit, oh, punaise, heureusement, parce que je ne sais pas comment j'aurais fait, tu vois. C'était une angoisse. Donc, on parlait de quoi ? Ouais, UTMB en salle. Ouais, en fait, la Traverse de la France en courant, ça me vient un peu de là au moment où je me remets à courir, à reprendre du plaisir en course à pied. Et avec ce côté minimaliste qui me tenait vachement à cœur. Et tu vois, comme je te parlais rapidement des courses de vélo, j'avais vraiment compris un truc avec ces courses de vélo qui était que, le corps humain, c'est une machine incroyable. Et en fait, je m'étais dit en terminant ces courses de vélo qu'il y a un truc qui est fou de se dire que tu as fait 2500 kilomètres avec uniquement ta force physique. Il n'y a pas d'extérieur, il n'y a pas de moteur dans le vélo, il n'y a pas de train, de je sais pas quoi c'est uniquement tes jambes qu'on fait ça tu vois et donc tu vois je fais ça je me dis je pensais que c'était impossible je réussis je fais d'autres courses un peu sur le même format mais tu vois malgré tout la deuxième troisième la quatrième course que tu fais il y avait un peu moins le truc de me dire funeste j'ai fait un truc qui était impossible tu vois je prenais le départ de ces 2500 km en me disant bon je l'ai fait une fois s'il n'y a pas de blessure s'il n'y a pas de chute ou quoi je sais comment on fait normalement ça devrait bien se passer et au final je passe la ligne d'arrivée très content de l'avoir fait j'ai vécu une semaine incroyable sur le vélo mais il y avait moins le truc de me dire je savais pas comment ça allait se finir je savais pas si j'allais arriver au bout et aussi le côté minimaliste peu de matériel qui me tenait beaucoup à coeur en course à pied avec les sandales que j'avais découvert à vélo tu vois tout ça dans la tête, ça fait un peu son chemin. Et je me dis, mais en fait, c'était un peu minimaliste à vélo, parce que je n'avais pas beaucoup d'affaires, je n'avais pas de rechange, je dormais dehors et tout, mais malgré tout, tu as quand même une aide mécanique, tu vois, un vélo, ça te fait doubler ou tripler ta vitesse, tu vois, par rapport à ce que tu es capable, ce que ton corps est capable. Et de là, à un moment donné, dans la tête, je me dis, mais le côté le plus minimaliste, le plus minimaliste, avec le moins de matériel possible pour traverser la France, en fait, ce n'est pas le vélo, c'est la course à pied. Et donc là, rapidement, je me suis dit, vas-y, il faut que je traverse la France en courant, parce que ça a l'air... C'est pareil. Tu vois, il y a ce truc, c'est impossible. Mais en même temps, je vais étudier, je vais chercher s'il y a des gens qui l'ont déjà fait. Je vais essayer de m'entraîner. Je ne savais pas trop comment m'entraîner à l'époque. Je ne savais pas trop combien je pouvais faire de kilomètres. etc. Mais tu vois, une fois que je me suis dit, vas-y, go, on va tenter de traverser la France au courant, j'ai commencé à faire mes recherches, à m'entraîner pour. Et ça, c'était il y a presque deux ans. C'était en 2024 que j'ai commencé à penser à ça.

Loïc Incroyable. Incroyable. Waouh. OK. Et du coup, quand tu as commencé tes recherches, etc., c'est quoi qui est ressorti assez rapidement sur la logistique, physiquement, ce qui était possible ?

Olivier Ouais. En fait, déjà, tu vois, je tape sur Google traverser la France en courant moi mon idée c'était à la base de traverser la France en courant en termes d'itinéraire je savais pas trop quoi faire mais rapidement je tombe sur des gens qui parlent de l'île Nice en courant et en fait je me dis ça c'est impec parce que quand j'ai commencé l'ultracyclisme pour me préparer pour la race cross France j'avais fait exactement l'île Nice à vélo parce que j'habite à Lille et j'ai grandi à Nice et symboliquement il y avait un truc qui était assez intéressant d'aller rejoindre ma famille à Nice donc je me dis trop bien il y a des gens qui ont fait Lillis à vélo enfin il y a des gens qui ont fait Lillis en courant symboliquement il y avait un truc que je l'avais fait à vélo du coup je vais le faire en courant je me dis vas-y let's go je fais ça et après en fait c'est des gens qui avaient fait ça il y a assez longtemps il y a une dizaine d'années donc je les contacte mais ils n'avaient pas trop d'itinéraires et tout donc je commence à tracer et puis je m'aperçois vite qu'en fait une fois que tu arrives autour de Lyon Grenoble en fait tu dois traverser les Alpes en courant mais moi mon projet c'était pas vraiment de faire un truc en trail c'était plutôt de faire de la route plate et là tu vois dans mon itinéraire je commence à voir qu'il y a des 20 millimètres de dénivelé positif il y a des calls tu vois il y a le call de Luce la Croix-Haute à passer en courant si t'as pas envie de faire du trail en montagne et là je me dis non mais laisse tomber moi c'est pas du tout ce que je veux faire j'ai pas envie de me taper des cols de 1500 mètres de dénivelé en courant. On s'est pas du tout projet, tu vois. Donc là, je m'aperçois que c'est pas forcément l'idéal d'arriver à Nice. Et donc, en fait, je me dis, j'ai envie d'arriver à une ville, une grosse ville que les gens connaissent, qui est un peu impactante d'un point de vue symbolique, tu vois. Et je me dis, il faut arriver à Marseille parce que Marseille, c'est au milieu de la Méditerranée, c'est la deuxième plus grosse ville de France. c'est un peu un mythe tu vois d'arriver à Marseille sur le vieux port la canne bière et tout donc je me dis vas-y let's go je fais je fais l'île Marseille donc l'île Marseille ça fait traverser la France puis rapidement tu vois je commence à tracer je vois 1000 km à peu près je me dis ouais c'est cool mais je me dis non mais t'arrives t'arrives à la mer tu peux pas partir de l'île il faut que tu pars de la mer t'es obligé donc là tu vois je commence à j'ajoute une étape et pareil je me dis il faut partir d'une grande ville donc là je me dis Dunkerque parce que Dunkerque c'est la c'est la plus grande ville la plus au nord nord-est de France tu vois la plus proche de la frontière belge et et donc de là je me dis ouais mince ça ajoute presque 100 km ça fait tu vois il va falloir les faire et tout mais donc c'est pour ça que rapidement je m'arrête sur ça Dunkerque-Marseille parce que l'idée c'est du coup comme je te disais il y a un truc un peu symbolique d'aller d'une mer à l'autre qui est assez stylé rejoindre deux grandes villes que les gens connaissent et donc là je me dis vas-y let's go Denguerre-Marseille donc je commence à tracer l'itinéraire comme ça et après en termes de comment on s'entraîne est-ce qu'il y a déjà des gens qui ont fait ça etc en fait ça c'est assez compliqué parce que je cherche beaucoup, mais je trouve assez peu de ressources. Et je tombe sur des gens qui ont déjà fait des traversées de la France, enfin qui ont déjà fait des grandes traversées, France, autres pays, des continents et tout. Mais en fait, c'est souvent des gens qui communiquent assez peu sur leurs projets parce que c'est des choses qui sont assez à l'ancienne quand même. Il y a un Français qui est assez connu, qui a fait des choses assez folles, qui a traversé tous les continents au courant, qui s'appelle Serge Girard. donc tu vois j'ai essayé de le contacter il a pas beaucoup de temps et tout mais je lis un peu ses exploits et d'un côté il y a donc des gens qui ont fait vraiment des exploits qui ont fait des records sur traverser des Etats-Unis d'Est en Ouest ou des trucs complètement fous comme ça eux ils sont plutôt sur un mode ils courent des années entières sur des 80 kilomètres par jour à peu près donc des choses assez folles tu vois Serge Girard il a je veux pas te dire de bêtises mais dans mes souvenirs il traverse les Etats-Unis d'Est en Ouest parce que c'est son projet d'une côte à l'autre et une fois arrivé à son point d'arrivée il se dit là j'ai fait l'aller il faut que je fasse le retour et je crois que c'était pas trop prévu à la base mais au final il se met à faire le retour tu vois donc il fait genre je sais pas 8 000 kilomètres en tout donc des choses assez folles donc ouais ouais il y a des gens comme ça qui font des trucs donc tu vois je tombe sur ça et je me dis il y a des gens qui le font c'est-à-dire que humainement potentiellement c'est faisable et en fait et en fait c'est assez marrant parce que moi quand je lance mon projet en 2024 j'ai cette envie d'en parler sur les réseaux de parler d'un projet assez fou et tout sauf qu'entre le moment où j'en parle en octobre-novembre 2024 j'en parle en octobre 2024 pour partir en octobre 2025 en fait donc je me dis j'ai un an pour me préparer pour communiquer dessus faire monter la sauce un petit peu, parler de ma prépa, etc. Et en fait, c'est marrant parce que moi, je me dis, sur les réseaux, il n'y a personne qui a communiqué sur ce genre de projet. Et entre-temps, il y a plein de gens qui se sont mis à faire des grandes traversées. Et à la fois, je me dis, c'est trop cool. À la fois, je me dis, mon projet, ça ne va pas être un projet un peu unique. Mais je me dis, c'est trop cool parce qu'il y a plein de gens qui font ce genre de choses, qui en parlent, ça fait beaucoup de bruit. Il y a Joe Gus qui a fait Paris-Milan. il y a courir pour toi qui a fait un tour de France en courant avant ça il y avait Nicolas Vandenelsken qui est un pote parce que moi je l'ai contacté en me disant je lui ai posé toutes les questions comment on fait 110 marathons dans 110 jours comment on traverse la France en courant donc il m'a donné énormément de conseils ce qui m'a énormément aidé on a aussi beaucoup échangé sur son asso Universe Sport donc moi je suis rentré dans l'asso Universe Sport parce qu'à travers ce projet il y avait aussi des messages un peu sur le minimalisme la sobriété mais pas uniquement que sur les sandales aussi sur le fait que traverser un pays son propre pays et vivre une aventure sportive incroyable en partant quasiment de chez soi plutôt que en prenant l'avion pour aller à l'autre bout du monde tu vois moi ça me tenait assez à coeur d'avoir ce côté j'ai fait une aventure sportive folle d'un point de vue sportif mais aussi limité en termes d'émissions de CO2. Donc, il y avait tout ça qui rentrait en jeu, etc. Et donc, par rapport aux gens, comme je te dis, moi, je n'ai pas beaucoup de... Je trouve assez peu de choses sur Internet finalement. Mais en gros, je vois qu'il y a plusieurs façons de faire. Il y a les ultra-coureurs un peu à l'ancienne, Serge Girard, etc., qui font beaucoup de kilomètres, mais qui sont suivis par un camping-car d'assistance. Et à la fois sur les réseaux, il commence à y avoir beaucoup de gens qui font des longues choses, des traversées de la France non courants, mais eux qui sont plutôt sur un mode de ils font à peu près un marathon par jour. Et en gros, moi, tu vois, je regarde, quand je commence à tracer, je me dis concrètement, est-ce que je suis capable de faire un marathon par jour ? Est-ce que je suis capable de faire plus ? Et en fait, il y avait quand même beaucoup ce truc de le faire le plus rapidement possible, mais pas forcément d'être dans un truc de performance absolue, ultime, de record à la base et tout, mais plutôt de me dire... En fait, moi, j'avais adoré, quand je faisais des courses ultracyclisme, le truc de tu pars au lever du jour, ou tu pars, il fait nuit, tu roules toute la journée et tu arrives à, je ne sais pas, 22h minuit, Mais vraiment, tu roules du lever au coucher du soleil. Et moi, ce truc en ultracyclisme, c'est vraiment un truc qui m'a marqué vraiment très profondément, que j'ai adoré. Et c'est pour ça que quand je commence à réfléchir à mon projet de traverser la France en courant, je me dis, faire un marathon par jour, c'est un exploit sportif qui est démentiel. Mais moi, j'aime bien ça, mais ça ne m'intéresse pas trop d'être en mouvement qu'on va dire un marathon en gros ça dure 4h là vu que je vais être plus lent parce que ça va être plus il faut enchaîner les journées ok je vais être 5-6h dehors ça veut dire que je vais partir à 8h du matin mais en fait à 13h je suis à la maison donc rapidement je me dis peut-être que c'est ma limite physique mais en même temps je vais faire quoi ? je vais courir de 8h à 13-14h à 14h je vais être à l'hôtel je fais quoi tu vois j'attends, je mange je sais pas ce que je vais faire et tu vois il y avait ce truc de me dire bah c'est je comprends qu'il va falloir que je me ménage physiquement mais ça m'intéresse pas trop trop d'être en mouvement que 5-6h dans la journée j'ai envie d'être en mouvement je sais pas 10-12-15h donc tu vois rapidement j'essaie de faire un mélange des deux entre les gens qui ont de l'expérience et qui font tant de kilomètres. Moi, qui n'ai pas trop d'expérience, mais qui a envie d'être longtemps en mouvement. Et il y a ça qui fait que, dès que j'annonce le projet, je me dis, en fait, je comprends que, physiquement, il va falloir que je m'entraîne, donc que j'augmente mon kilométrage à l'entraînement hebdo mensuel, pour vraiment habituer le corps à ses chocs. Parce que contrairement au vélo, qui est un sport porté où globalement, tu as des risques de blessures mais qui sont finalement assez limités, qui sont beaucoup sur les genoux, sur les tendinies de l'an d'Achille, etc. parce que c'est un sport très répétitif. Donc, si tu as une mauvaise position, tu peux te blesser mais tu as quand même moins d'impact. Là, je m'aperçois direct, en fait, si tu vas être capable de courir beaucoup de kilomètres chaque jour, il faut que j'augmente mon kilométrage à l'entraînement. Donc, progressivement, j'augmente et tout. et après en augmentant mon kilométrage à l'entraînement j'atteins un plateau autour de 100 130 kilomètres par semaine en me disant il faut que je fasse le plus de kilomètres possible mais il ne faut pas que je me blesse donc j'étais toujours dans un truc de faire beaucoup de volume mais dès que j'avais une petite gêne j'essayais de réduire donc j'étais un peu dans la jugeotte un peu au feeling et après dans mon entraînement je commence à à faire des longues sorties mais tu vois des on va dire je commence à faire des marathons à l'entraînement donc des 40-50 kilomètres je me dis ok ça passe bien mais est-ce que je peux repartir le lendemain et tu vois là je commence à faire mes premières longues sorties de même plus que marathon tu vois je commence à faire des 60-70-80 kilomètres sauf que je me réveille le lendemain et là je suis dans mon lit et je me dis bah là je peux plus bouger je peux plus courir tu vois tu vois j'ai un dans mon début d'entraînement il y a un un entraînement qui a été assez marquant pour moi, qui a vraiment marqué le début du projet. C'était l'île Dunkerque. Ce qui est marrant, c'est que c'est l'étape inverse de ma première étape au final. Je fais l'île Dunkerque, je fais à peu près 80-90 kilomètres. En one shot. Trop bien, en plus je fais une vidéo et là la vidéo elle buzz pas mal, je fais des centaines de milliers de vues, je fais pas 300 ou 500 000 vues. C'est aussi le début où je m'aperçois que je fais des vidéos sur les réseaux que d'un coup ça pop un peu, donc c'est assez marrant. Donc, ce Lille-Dunkerque incroyable, j'arrive à Dunkerque, j'arrive à la gare, je ne peux plus marcher, je prends le train, j'arrive à Lille, je me réveille le lendemain, et je me dis « Vas-y, le lendemain, je vais me faire mon petit footing de 5 km, juste pour voir. » Sauf qu'en fait, je suis dans mon lit, et mes tendons, mes muscles, mes jambes, je ne peux plus bouger, tu vois. Et là, ça a été un bon électrochoc, parce que je me dis « Ok, tu as fait peut-être une étape de ce que tu as envie de faire en termes de nombre de kilomètres, à peu près, Sauf que tu ne peux plus bouger et tes tendons, ils sont en feu. J'étais chez moi dans mon appart, mais je sortais de mon lit pour aller chercher à boire et à manger, mais je ne pouvais pas faire 10 mètres en marchant et je me remettais dans mon lit, je dormais. Donc là, je comprends très rapidement que l'enjeu, ça ne va pas être de courir 80 ou 100 kilomètres, parce que ça, c'est dur. Ça te tue les jambes, etc. Mais si tu cours doucement, que tu gères, que tu marches, que tu manges, que tu bois bien, que tu prends vraiment ton temps, que tu as une vitesse vraiment très faible par rapport à ta vitesse d'endurance fondamentale de tes 10 km classiques, je me rends compte assez rapidement que courir une centaine de kilomètres par jour, c'est faisable. Tu t'entraînes, tu le fais. En vrai, n'importe qui N'importe qui qui est motivé, qui s'entraîne un peu, qui a envie de faire un 100 km sur le plat, il va le faire, même s'il va le faire en 18 heures, tu vois. Même s'il va marcher 80% du temps, qu'il va courir très, très doucement. Tu pars à 4 heures du mat, je suis sûr qu'à minuit, tu as fait tes 100 km. Donc ça, je me dis, ça, OK, c'est faisable. Par contre, comment tu fais pour repartir le lendemain ? Parce que moi, l'idée, ce n'est pas d'avoir des jours de pause. tu vois c'est de tu t'endors à l'hôtel tu te réveilles le lendemain à 6h du matin t'es reparti quoi et là je me là tu vois on est à on est à peu près un an avant de partir parce que j'annonce direct ça va être en octobre novembre et je me dis bah ok là l'objectif c'est de réussir à enchaîner les journées donc là dans l'entraînement je continue à faire de temps en temps des sorties longues, des 40 kilomètres qui deviennent des 60, 70, 80, 90, donc quasiment toutes les semaines je me tape des 80, 90 kilomètres. Mais progressivement...

Loïc Tu veux dire au moins une sortie de 80, 90 kilomètres, c'est ça ?

Olivier Ouais, ouais, ouais, chaque semaine. En fait, au début, là je te parle s'il y a longtemps, mais dans mes souvenirs, au début, je faisais courir tous les jours et un marathon le vendredi, un marathon le dimanche avec au milieu un 10 km le samedi pour quand même essayer d'enchaîner les journées et progressivement l'idée c'était de temps en temps de faire des sorties plus longues qu'un marathon qui progressivement se sont approchés des 100 km et progressivement de faire aussi des sorties un peu moins longues genre entre 40 et 70 km avec enchaîner le lendemain un 10 km un 20 km et ouais au début au début tes premières foulées quand t'as fait un marathon ou un 150 km le lendemain tes premières foulées c'est dur tu vois c'est horrible mais malgré tout tu vois je m'aperçois que progressivement ben le ça se passe de mieux en mieux et j'arrive à recourir le lendemain

Loïc et t'arrives à esquiver les blessures dans cette première phase

Olivier ben en fait c'est comme je te disais tout à l'heure c'est vraiment je suis à j'ai aucun plan d'entraînement j'ai aucune idée préconçue dans un mois je dois faire tant de kilomètres par semaine j'en avais aucune idée j'étais sur un plateau à 130 kilomètres par semaine, ça se passait très bien et après avec les longues sorties et tout, j'arrivais à mettre des pics à là quasiment entre 160 et 200 kilomètres par semaine de temps en temps en me disant et tu vois je me dis mais le corps il tient quoi et en fait en fait aussi pour tenir j'avais complètement réduit les sorties plus intenses, les fractionnées à vitesse et tout donc je faisais quasiment plus de vitesse et donc ouais l'entraînement il se passe comme ça de mois en mois je m'aperçois que j'arrive à enchaîner et progressivement j'arrive à faire deux sorties longues par enchaîner tu vois et là je me dis cool trop bien, en parallèle je bossais beaucoup sur mon itinéraire et là quand je trace mon itinéraire je m'aperçois qu'en fait le nombre de villes en France qui sont assez grandes pour avoir des hôtels ou des hébergements et ben en fait tu passes dans des régions où il y a peu de choses dans le nord de la France on va dire entre l'île et l'île de la Picardie t'arrives en Champagne, ben punaise je m'aperçois qu'il n'y a pas beaucoup de villes pour dormir et donc en fait je m'aperçois que c'est soit tu fais une ville tous les 50 km soit tu fais une ville tous les 100-110 km mais tu n'as pas une ville tous les 80-90 km donc direct je trace en me disant là en gros il y a une étape qui allait de Reims à Troyes mais il n'y avait pas moins long c'est ultra intéressant

Loïc j'aurais jamais pensé à cet aspect logistique, ultra intéressant

Olivier ça a été un gros casse-tête parce qu'en gros quand je fais mon premier itinéraire pour partir en octobre on en reparlera mais du coup la première tentative c'était en octobre où là autour des jours 3 et 4 j'avais des étapes qui étaient à presque 120 km aussi parce que j'avais des contraintes parce qu'on m'avait proposé l'hébergement et donc j'étais un peu là ok on me propose l'hébergement ça me fait des longues étapes mais en même temps j'ai pas trop le choix mais avec le recul j'aurais pu avoir le choix en refusant les hébergements qu'on m'avait offert mais tu vois t'es un peu dans des trucs t'es dans des arbitrages qui sont assez compliqués et ouais la première fois j'avais je crois j'enchaînais 110 120 115 tu vois mais en fait c'était beaucoup tu vois la deuxième partie la deuxième fois que j'ai la deuxième tentative j'ai tout retracé en me rendant compte que je vais être sur des étapes un peu extrêmes ou à ce moment là du parcours mes plus longues étapes c'est 112 je crois mais sinon c'était ouais 104, 105, 108 déjà là j'étais vraiment à la limite de ce qui était faisable ce qui était enchaînable donc et donc typiquement

Loïc pardon Olivier mais par rapport à ce que tu disais un peu plus tôt sur le fait que toi ce qui t'intéressait c'était d'être en mouvement plutôt que tu vois de finir ta journée à midi 13, 14h in fine pour faire ces grosses étapes là ou en moyenne peut-être tu passais combien de temps à courir ou trottiner ou tu vois actif quoi

Olivier en fait en fait là le dinguerre Marseille sur la vitesse moyenne du début à la fin quand j'ai additionné toutes mes étapes j'étais à 7.01 d'allure moyenne ok donc ça c'est pour donner un peu un ordre d'idée moi mon mon idée ma vitesse moyenne était un peu plus élevée sur les premières étapes il n'y avait pas trop de fatigue et je crois que mes deux dernières étapes c'était j'étais à 7.25 et j'ai fini la dernière étape qui était à J'ai fait 123 kilomètres la dernière étape orange Marseille. Je savais que ça allait être très dur, mais vu que c'était la dernière, j'allais serrer les dents et c'est pas assez. La dernière étape, on en parlera pas parce que c'est la fin, mais j'étais cuit, mon allure c'était 7,50 je crois sur la dernière étape. Je fais comme j'ai pu. Mais en gros, pour te répondre sur le nombre d'heures dehors, en gros, en fonction du nombre d'étapes du kilométrage qui était la plus courte étape, c'était la première, 85. après j'ai eu des 100, 110 beaucoup de 100, 110 et entre temps j'ai eu deux étapes à 93 donc à une allure à peu près de 7 au kilo sachant que moi ma stratégie que j'ai mise en place je me suis entraîné un an et demi, deux ans en fait j'ai compris ça assez tard dans mon entraînement qu'il allait falloir que je mette une stratégie en place de marche-course parce qu'en fait mes premiers 100 kilomètres je m'écroulais complètement en termes de vitesse ou tu vois pendant j'essayais de courir tout le long parce que je me suis pas posé la question il fallait que je marche sauf que je courais 50-60 km assez doucement mais ça se passait plutôt bien mais après au bout de 50-60-70 km je m'écroulais complètement et là je commençais à marcher mais sauf que je finissais les 30 km en courant un peu mais surtout en marchant et je courais 500 mètres je marchais je sais pas combien de temps donc vraiment mon allure elle s'écroulait complètement sur les fins d'étape

Loïc et tu le ressentais en termes d'énergie aussi t'étais vraiment vide ouais

Olivier ouais ouais en termes d'énergie en termes de capacité à courir donc donc ça c'est ce que j'ai mis en place après des blogs de plusieurs jours je te raconterai si tu veux ça ça a été la fin de prépa mais mais du coup le Dunkerque Marseille je le fais avec une stratégie course marche et en fait j'ai testé énormément de choses mais ça ça a été le plus gros le plus gros le plus gros conseil que je pourrais donner le plus gros hack pour réussir à enchaîner les journées à courir longtemps c'est alterner marche-course et ça c'est pas du tout une honte tu vois les gens qui font des traversées des Etats-Unis en courant ils font tout ça ça ça te permet vraiment de durer de pas t'écrouler à la fin de l'étape et tu vois en termes de marche-course, c'est quoi ce que tu peux faire. Moi, j'ai testé pas mal de choses et ce que j'ai fait à la fin, c'est que je programmais ma montre pour faire 5 km de course, 3 minutes de marche. Et en fait, au bout de 5 km, ma montre, elle sonne. Je marche, mais je marche sans couper mon chrono. Tu vois, je l'aide vraiment, même si mon allure, elle chute et tout, il n'y a aucun souci avec ça. Donc, mon allure moyenne que je te disais, c'était vraiment en incluant ces périodes de marche. Et donc ça, ça a été vraiment le plus gros hack que j'ai trouvé parce que déjà d'un point de vue physique, ça te fait un peu relâcher, tu vois. Pendant trois minutes, tu relâches, tu fais un peu les yeux, tu souffles bien, t'en profites pour faire tes ravitos. donc ça se rapproche un peu des ravitos tous les 5 km pendant tes marathons tu vois, donc c'est des trucs qui sont un peu le corps il connait ces 5 km donc tu vois tous les 5 km ça sonne je mange, je bois je fais mon ravito, je fais un check en me disant est-ce que tout va bien, est-ce que j'ai mal quelque part j'en profite pour peut-être regarder un peu mon téléphone si je dois vérifier l'itinéraire et aussi mentalement ça me permettait de me dire trop cool, tu viens de faire 5 kilomètres 5 kilomètres c'est rien du tout tu vois 5 kilomètres c'est une demi-sortie des sorties quotidiennes que je fais à l'entraînement tu vois tu vois quand tu vas courir 5 kilomètres pour aller faire un footing dans la tête c'est hyper intéressant parce que ça te met des micro-objectifs et tu te dis 5 kilomètres je l'ai fait 1000 fois dans la vie je vais y arriver bravo tu viens de faire 5 kilomètres tu fais ton ravito ton check hop tu repars et ça je l'ai fait pendant 1000 kilomètres tu vois et ça ça a été vraiment un game changer c'est ultra intéressant

Loïc parce que t'as fait je sais pas si t'avais travaillé avec un prépa mental ou si tu t'étais intéressé au sujet mais en fait c'est typiquement tu vois un exercice de prépa mental de découper la grosse étape en plus petites étapes et te concentrer sur le positif etc ultra intéressant et t'avais testé quoi d'autre par curiosité sur ce format marche-course et je te pose la question parce que je l'ai testé je le teste occasionnellement tu vois depuis quelques temps et là sur ma tentative de tort des géants en début d'année où je me suis blessé je l'ai mis en place dès que j'ai senti les douleurs donc kilomètre 4 ça m'a pas trop aidé mais moi j'étais sur un format je crois que j'avais fait 30 secondes 30 secondes et après je comptais tu vois donc je faisais 50 foulées enfin 50 pas en courant 50 pas en marchant 50 tu vois donc des timings des fréquences beaucoup plus rapides et courtes que ce que t'as fait

Olivier ouais ouais ouais mais en fait en fait déjà en trail c'est un peu différent que sur le plat parce que moi j'étais vraiment à part un peu de dénivelé de temps en temps mais vraiment sur une optique de c'est tout plat donc tu peux gérer ton allure alors qu'en trail en trail je pense qu'il est plus difficile à mettre en place parce que tu marches forcément en montée donc tu te laisses un peu plus porter par ce que le terrain t'impose mais en fait le 5 km 3 minutes ça te fait un truc en gros d'à peu près 10% de marche peut-être un peu un peu moins parce qu'en gros ton 5 km tu vas le faire en 30 minutes si t'es à 10 km heure bon moi j'étais plus long que 10 km heure donc ça prenait un peu plus de 30 minutes mais tu vois en gros ça te fait 10% de marche pour enfin 10% de marche 90% de course mais ce 5 km 3 minutes tu peux très bien faire aussi des des des des intérêts plus courtes genre 3 km 2 minutes ou 2 km 2 minutes 2 km 1 minute 30 tu vois et en fait moi j'ai pas trop dérogé sur le 5 km 3 minutes qui était facile à tenir surtout sur le début sur le début jusqu'à peut-être 70% des étapes et en fait quand ça devenait très très dur ou c'est vrai qu'à la fin des étapes quand j'étais quand même bien avancé dans la traversée, que ça devenait trop dur. En fait, j'ai essayé de switcher sur des intervalles plus courtes, plutôt, ouais, 2 km, 2,5 km, 1 minute, 1 minute 30. Là, il ne faut pas hésiter à switcher sur des intervalles plus courtes. Mais il y a vraiment un truc que j'ai compris sur tous les tests que j'ai fait à l'entraînement, c'est qu'en termes de vitesse moyenne, ça ne te fait pas du tout chuter ta vitesse moyenne. Voir si tu es plutôt en forme et tout, et bien en fait ta vitesse moyenne elle va être la même que si tu cours tout le temps voire un peu meilleure parce qu'en fait le fait de marcher forcément tu marches t'es lent t'es plus lent quand tu marches mais le fait que ça te économise tu vas courir un peu plus vite quand tu cours et en fait même si t'es plus lent je me suis aperçu que ça me faisait courir ça me faisait marcher à je sais pas 9 ou 10 au kilo mais vu que je cours à 7 au kilo, tu vois. En fait, le delta entre ma vitesse de marche et ma vitesse de course, elle n'est pas si grande que ça. Je ne marche pas beaucoup plus lentement que je cours. Et vu que les intervalles, ils sont assez limités en temps, en fait, ça me faisait perdre quasiment pas de temps ou ça me faisait perdre genre 20 secondes, tu vois. Donc, c'est hyper intéressant. J'ai beaucoup de temps à l'entraînement. Donc, il ne faut pas hésiter à marcher et courir. si les gens se lancent dans genre j'ai envie de faire un marathon alors que j'ai jamais fait de marathon de ma vie à l'entraînement ou j'ai envie de faire un 100 km pour le défi je pense que c'est un passage obligé de marcher un peu

Loïc ralentir pour aller plus vite au final c'est ce dicton festine à l'enté tout à lentement du coup tu parlais tout à l'heure un peu plus tôt, t'évoquais rapidement un dernier gros bloc d'entraînement sur lequel t'as eu cette prise de conscience c'était quoi exactement comment ça s'est présenté la fin de cette phase

Olivier ouais ouais en fait je me suis aperçu dans mon entraînement donc comme je te disais j'arrivais à un peu à enchaîner les sorties longues que le passage obligé ça allait être de simuler ce que j'allais de vivre en 10-11 jours mais en en 2-3 jours et en fait et en fait c'est pour ça que mes derniers mes entraînements assez un peu clés c'était de me mettre en simulation ce que j'allais vivre mais sur moins de jours mais sur 2-3 jours tu vois quand tu fais un marathon ou un trail si tu as un trail de 20h tu vas faire dans ton entraînement une sortie de 10-15h pour simuler un peu moins long mais dans la même condition ben là l'idée c'était de faire des 3 jours même kilométrage journalier même contexte de matériel pour tester le matériel dormir à l'hôtel etc pour voir comment ça se passe comment j'allais réagir sur tu vois c'était trois jours donc en gros j'ai fait à peu près des 100 km par jour ou un peu moins donc ouais tu vois j'ai fait pour ça j'ai fait plusieurs blogs, j'ai fait un Lille Amsterdam c'était la première fois que j'ai testé ça je crois que c'était 260 km un truc comme ça j'ai fait un Lille Paris 288 km je crois et le dernier c'était un Paris-Lille dans l'autre sens un peu moins long j'avais fait de traverser un peu plus droit donc ouais tu vois c'était hyper intéressant comme test c'était voir ok fais à peu près 300 km en 3 jours ou un peu moins et vois comment le corps réagit et là j'étais assez bluffé parce que ouais carrément quand tu finis un 170 c'est dur de repartir le lendemain mais avec tous les kilomètres à l'entraînement et tout, finalement ça s'était plutôt bien passé. J'avais réussi, j'arrivais à repartir le lendemain, à refaire un 80-100 km le lendemain. Incroyable. Pour finir un blog de, ouais, à peu près entre 250 et 300 km. Donc ça, c'était vraiment les derniers blogs de tests. Et vu qu'il s'était bien passé, je m'étais dit bon, écoute, t'as réussi trois jours, maintenant il faut en faire 10, 11. Normalement, ça devrait bien se passer, mais c'est l'inconnu quand même, tu vois. Ouais, incroyable.

Loïc Ultra intéressant. c'est vraiment fascinant cette notion d'adaptation du corps etc en fait je me demande si c'est pas plus dur de faire ce que t'as fait c'est à dire d'enchaîner mais avec des temps de pause tu vois pendant lesquels alors oui t'as de la récup mais t'as aussi un relâchement nerveux etc et le fait de relancer la machine je me demande c'est pas plus facile finalement enfin plus facile entre guillemets de faire un 300 bornes one shot que ce que tu fais de faire 3 fois 100 bornes avec des gros temps de pause etc entre les deux je sais pas

Olivier ouais c'est possible c'est possible il y a un facteur qui est quand trail si t'enchaînes tu fais un 100 miles un tord ou quoi enfin un tord c'est pas pareil parce que tu dors il y a quand même le facteur de la fatigue du sommeil de l'endormissement et tout que moi j'ai pas connu parce que moi j'avais quand même des bonnes nuits je dormais plus de 6 heures par nuit tu vois donc il n'y avait pas ce facteur de manque de sommeil mais il y avait quand même le truc de ouais le redémarrage qui est dur. En fait, au début, c'est juste un peu de la fatigue musculaire. Tu n'as pas trop les tendons cramés et tout. Donc, je repartais plutôt bien, tranquille les premiers kilomètres pour se remettre un peu en route. Sauf qu'en fait, il s'est passé un truc, c'est que les jours passant, le soir, je boitais quasiment. J'étais vraiment KO. Et en fait, les derniers jours, j'étais vraiment sur le fil parce que j'ai commencé à avoir des débuts de blessures, un tendon d'Achille qui a commencé à vraiment gonfler les deux, trois dernières étapes. C'était vraiment horrible. De l'autre côté, le muscle du releveur du pied qui était HS, qui était vraiment trop, trop mal. C'était vraiment horrible. Et à ce moment-là, tu vois, les redémarrages, c'était mentalement, j'essayais de ne pas y penser, de ne pas me dire, OK, il va se passer quoi quand je vais repartir à 7h du mat mais clairement les premières foulées c'était horrible et même le temps que le corps il se réchauffe que le tendon il se réchauffe, les muscles et tout il y avait genre 40km où là c'était vraiment souffrance, je serrais les dents j'avais trop mal, ah ouais non mais le tendon

Loïc il laisse tomber quoi. Je pensais que t'allais me dire 40 minutes j'allais dire ouais c'était long 40 minutes

Olivier 40km, ah ouais. Non non je te jure que je te jure que les dernières étapes c'était horrible quoi. Et après après en fait c'est horrible parce que c'est à la fois des douleurs horribles qui te lancent à chaque foulée mais tu vois j'étais en contact avec des médecins de l'équipe coureur qui ont fait vraiment des checks en me disant ok est-ce que c'est grave ou pas est-ce que ça t'empêche de courir ou pas est-ce que la douleur elle augmente ou pas c'est vraiment ça la question c'est qu'en fait tu te doutes que quand tu fais des choses aussi extrêmes il y a un moment donné où le corps il est à la limite donc tu vas avoir mal mais la question c'était est-ce que la douleur elle augmente ou pas donc on a vite compris que c'était des douleurs qui étaient là mais globalement une fois que le corps était chaud je sais pas pourquoi je ressentais moins la douleur, est-ce que c'est parce que le corps était chaud, est-ce que ton cerveau il oublie est-ce que tu t'es habitué c'est mystérieux parce que je peux dire que je suis vraiment allé au plus loin que ce que mon corps était capable d'enchaîner et d'encaisser donc ouais ouais au bout d'un moment le corps il est chaud tant que t'avances et que tu sens que ce n'est pas une douleur qui augmente, bon, écoute, tu as mal, mais tu avances et ça passe. Mais tu vois, le dernier matin, quand je pars d'orange, déjà, à chaque fois, c'est un soulagement quand même de dire « Ok, j'ai eu mal aujourd'hui, mais je suis arrivé le soir, j'ai validé cette étape. Maintenant, tu oublies tout, tu oublies la douleur, tu oublies tout, tu vas te coucher et on repart le lendemain au charbon et on verra ce qui se passe. » Mais le dernier matin, quand je pars d'orange, que je sais que j'ai 123 kilomètres à peu près à courir je sais que je vais arriver à Marseille que je vais avoir mal mais que normalement si tout va bien le corps il va réussir la dernière étape parce qu'il a quand même tenu tout le long mais clairement là je suis dans un état où je suis je pars le matin je pars à 4h du mat pour essayer d'arriver pas trop tard à Marseille et là les premières foulées je me dis mais c'est horrible qu'est-ce qui va se passer ? tu vois c'est un calvaire

Loïc ça me fait mal pour toi d'imaginer des premières foulées à te dire en même temps c'est la dernière étape mais en même temps il reste 123 bornes

Olivier ouais ouais donc là non non mais là mon cerveau je pense à rien je me dis ok tu réfléchis pas, tu te dis pas il reste tant de kilomètres parce que ça va être trop long t'avances et on verra bien tu vois donc là les premières foulées, laisse tomber je suis marche, course genre 10 pas en courant 10 pas en marchant je serre les dents ça fait trop mal et bon au bout d'un moment ça passe les climates ils s'enchaînent ils s'enchaînent un peu vite fait tu vois je fais 20 30 kilomètres j'arrive à courir un peu mon annule elle se stabilise là je regarde je suis à peu près à 7-30 au kilo je me dis bon écoute ça a l'air d'aller donc tu vois je regarde pas les climates qui passent je me dis pas tu vois si tu te dis bah ok il reste t'en as fait 25 il t'en reste 100

Loïc ouais non l'enfer faut pas faire ça

Olivier donc là tu vois là je débranche le cerveau j'avance je lui dis tant que t'arrives à courir un peu bah c'est bon tu te rapproches l'allure il est ce qu'il est t'en sais rien enfin tu ça sert à rien de regarder donc tu vois je finis la dernière vague comme ça mais dur quoi horrible assez horrible

Loïc oh là là et alors attends avant qu'on parle de l'arrivée en elle-même c'était quoi par curiosité la trace dans les grandes lignes Orange-Marseille pour rester sur du plat, t'as fait quoi ?

Olivier Écoute, Orange-Marseille. Est-ce que t'es pas passé par Ex, j'imagine ? Non, je suis pas passé par des grandes villes parce que ça me faisait rallonger. En fait, j'ai pas trop de souvenirs. Tout ce que je peux te dire avant que mon téléphone se rallume, c'est que la fin d'étape, elle a été horrible, mais horrible. parce que déjà il y avait un espèce de un espèce là il y avait un peu de dénive sur cette étape donc c'est du dénive qui va faire rire les trailers mais en gros j'avais à peu près 700 mètres de dénivelé positif qui était sur une montée de 100 ou 200 mètres un peu au milieu de l'étape et après pour arriver à Marseille, un espèce de truc de 300 ou 400 mètres de dénivelé où quand je voyais le truc quand je voyais le tracé je me dis ça ça va être chaud je vais beaucoup marcher mais en fait ça a été un dénivelé qui était assez long sur des pentes pas très raides genre de peut-être 4% et finalement j'ai réussi à tout faire en courant mais à une petite foulée je pense que je vais être à 6 km heure tu vois mais malgré tout le fait d'avoir tout fait en courant c'était assez cool je me suis dit trop bien ça va vite passer mais c'était interminable un 25 km à 3% à 6 km heure. Mais ça, ça m'a fait basculer sur Marseille par une espèce de une espèce de zone commerciale horrible. En plus, c'était un samedi soir autour de 18h, 19h. Donc ça, tu vois, c'est genre... À ce moment-là, il me reste 20 km jusqu'à l'arrivée. Mais tu vois, je suis en mode chie sur des espèces de routes, des entrées d'autoroutes, des nationales horribles. À 18h, les gens qui finissent leur journée de shopping en voiture, donc ça immonde.

Loïc T'es arrivé par Marseille-Nord par plan de campagne et compagnie en fait.

Olivier Ouais, ouais, ouais. Zone commerciale dégueulasse. La Durane. Ouais, voilà, ouais. Mais en même temps, Calas, je suis en train de me dire la carte en même temps que je te parle. Septaine, les vallons. Mais en même temps, tu vois, moi, il fallait quand même que j'arrive au plus, que je trace au plus court. J'avais un peu regardé la hitmap sur Strava, donc je vois qu'il y a des gens qui étaient passés par là, donc je me dis bon, s'il y a des gens qui sont passés par là, voilà. Donc je bascule horrible, et là je me tape un 10 km en ville à Marseille, tout droit sur une seule avenue, mais là je vais pas critiquer Marseille pour nos amis Marseille, parce que c'est une ville que j'adore et tout, mais là je te dis pas quand t'es KO, que t'arrives un peu dans les quartiers nord de Marseille où on va dire qu'il y a quand même beaucoup de vie. Tu as des voitures partout, tu as des commerces avec des gens partout en ville, ça groue dans tous les sens, ce qui est hyper cool. Mais à la fois, toi, tu es là à essayer de courir. Tu vois, les derniers jours, les derniers kilomètres, le moindre changement de revêtement, la moindre pente sur le bitume, le moindre petit trottoir à passer. c'est horrible parce que ça me fait un effort en plus et là t'arrives dans le quartier nord de Marseille t'as des trottoirs dans un état pas possible t'as des trottoirs à monter tout le temps des voitures à esquiver, garer dans tous les sens et là pendant 10 km j'avance plus je suis à une allure horrible je regarde ma montre, je me dis t'as fait 1100 et quelques kilomètres il te reste 7 km donc c'est bon je fais que regarder ma montre et chaque 100 mètres je me dis mais c'est c'est ça va être trop long quoi tu vois donc les derniers qui mettent horrible parce que parce que tu vois je suis dans le 15ème arrondissement de Marseille je suis en train de regarder la carte en même temps c'est tout droit tout droit c'était horrible mais vraiment les derniers qui mettent horrible donc je suis bien que mal et et j'arrive au bout mais donc ouais là c'était que au mental là je suis dans un état où où tu vois il y a beaucoup de gens qui viennent à Marancon donc c'est trop cool mais mais en fait ça faisait quelques jours que quand les gens venaient à Marancon j'étais tellement dans un état de fatigue de concentration maximum pour pas me sortir de de ce que j'ai à faire de pas oublier de faire le body check de me dire est-ce que ça va, est-ce que ça va pas est-ce que je dois acheter à manger, qu'est-ce qu'il faut que je fasse les 5 prochains kilomètres il faut pas que j'oublie une fontaine ou un ravito parce qu'après ça peut être dur donc tu vois j'ai beaucoup de gens qui viennent courir avec moi ce qui est incroyable qui me donne beaucoup de force mais à la fois des fois je suis peut-être pas forcément ultra sympa parce que tu vois je suis obligé de rester dans ma bulle je me rends compte qu'il faut que je prenne la force avec les gens qui viennent courir avec moi mais en même temps qu'il faut pas que je me détourne mon objectif donc des fois je suis peut-être pas très bavard et je m'en excuse mais ouais voilà les derniers jours durent Et l'arrivée à Marseille, c'est assez fou avec le recul parce qu'en gros, j'avais tracé en 11 étapes. J'avais réservé quasiment tous les Airbnbs, sauf les deux derniers Airbnbs. J'avais tout réservé avant de partir en me disant que... En fait, vu que j'avais abandonné l'année dernière, on en reparle juste avant parce que c'est assez important. mais en gros j'avais tout pré-réservé en me disant je trace en 11 étapes mais si j'ai le moindre pépin physique ou le moindre moment où je m'étais dit peut-être les 3-4 premières étapes normalement je vais être à peu près frais donc ça passe mais s'il y a le moindre moment où je me dis ouais là les étapes c'est trop long il faut que je ralentisse, il faut que je réduise il n'y a aucun souci, je réduis parce que le but c'est quand même d'arriver au bout sans se blesser et il faudrait que je redise les étapes mais malgré tout j'avais quand même tout pré-réservé parce que je m'étais dit le fait de savoir que tout est réservable enfin tout est bouqué, que je sais que je dors là et j'ai pas à me dire pendant la traversée ah oui ok, il va falloir que je cherche un logement mais mine de rien d'un point de vue de la de mentalement du truc un peu de me dire j'ai pas à penser à ça, c'était hyper cool et donc je passe le quatrième jour le quatrième jour c'était un point assez important parce que je passe le moment où je m'étais blessé l'année dernière, je dors au même endroit au centre sportif de l'Aube à 3 dans la même chambre je suis reçu par les mêmes gens qui m'ont accueilli là où l'année dernière je m'étais blessé j'avais passé 4 jours dans cette chambre parce que en attendant que ça aille mieux avant de repartir sauf que j'ai jamais pu repartir j'ai abandonné à ce moment là donc symboliquement c'était un passage hyper important j'appréhendais énormément ce moment parce que les quatre premiers jours et tout je m'étais dit funeste faut pas que je me blesse faut pas que je me blesse et ça passe et et après ça je passe ouais cinquième jour sixième jour septième, huitième, neuvième et là je me dis en fait le plan que t'as pensé en onze étapes donc en dix jours et demi qui était un peu l'objectif le plan le plus ambitieux mais à la fois le truc pour moi c'était quasiment impossible que ça se passe comme ça il allait forcément avoir à un moment donné où je m'étais dit ok on ralentit le corps il peut plus mais tu vois je passe 6, 7, 8, 9 jours vraiment sur les étapes que j'ai pensées à la base et donc là j'arrive j'arrive à la fin et donc je book en cours de route pour le lendemain les derniers Airbnb donc là c'était à à Orange l'avant-dernier jour et à Valence puis à Orange dans le bon sens et donc là je m'aperçois que je boucle les deux dernières étapes en me disant mais ça c'était les étapes de rêve, les étapes que si tout s'était passé sans un grain de sable j'aurais dû faire ça et là je suis en train de le faire et tu vois c'est à la fois dur mais à la fois je me dis c'est fou quoi pour l'instant tout se passe bien bon malgré les galères physiques les douleurs et tout de la fin mais ça m'a pas empêché de faire les étapes idéales et de terminer avec mon objectif le plus ambitieux qui était 10 jours et demi donc ouais ça c'est fou quoi

Loïc incroyable cette arrivée du coup une fois que ça y est d'ailleurs exactement l'arrivée à Marseille tu l'as fait où ?

Olivier en fait l'arrivée l'arrivée l'objectif c'était d'arriver à la mer en fait il y avait plusieurs options l'arrivée officielle que j'avais tracée que j'avais mis sur Matcap sur la balise GPS pour que les gens viennent et tout c'était le vieux port en fait ce qui s'est passé c'est que l'année dernière en fait je m'étais dit l'arrivée de rêve c'est en haut de Notre-Dame de la Garde parce que t'as le

Loïc le dernier dédif des finales pour te buter ouais ouais non mais

Olivier t'sais t'avais la vue pour les photos tout ça ça aurait été stylé et en fait l'année dernière l'année dernière j'avais tracé en terminant à Notre-Dame-la-Garde en passant au Vieux-Port parce que voilà c'était l'arrivée à la mer mais il y avait aussi un petit circuit touristique qui me faisait passer à Notre-Dame-la-Garde qui me faisait passer au Vélodrome parce que j'avais un objectif un peu caché c'était de de me faire ouvrir les portes du Vélodrome pour faire des photos sur la pelouse bon ça c'était un objectif secondaire l'année dernière mais en fait cette année ce qui s'est passé c'est que j'ai voulu j'ai fait j'ai appréhendé la chose de façon très différente de l'année dernière en me disant il faut que j'ai le moindre la moindre le moindre pression possible soit que je me mette moi soit vis-à-vis des autres donc j'ai envie de penser à rien de pas être attendu donc ce que j'avais fait c'est que j'avais pas communiqué dessus avant le jour de mon départ personne ne savait que j'étais parti sauf mes proches et 2-3 sponsors donc j'ai pas fait de teaser avant sur les réseaux et donc ça m'a permis de pas me sentir attendu parce que mentalement je m'étais aperçu que c'était un peu compliqué à gérer, d'avoir l'impression qu'il y a des gens qui m'attendent et tout donc c'est pour ça que cette année je suis parti je suis parti sans prévenir personne et le jour du départ j'ai fait un post insta en disant d'un cas de Marseille c'est parti let's go quoi Et donc, pour moi, me sentir attendu, ça a été très positif mentalement. Ça m'a beaucoup aidé d'être plus serein, plus concentré sur mon effort. Et du coup, c'était pour te dire sur l'arrivée. En fait, l'année dernière, je m'étais dit, ouais, je vais faire un circuit touristique. Ça va être hyper cool et tout. Sauf que, en fait, même si j'étais à 800 kilomètres de là, j'avais ce truc en tête de me dire, punaise, mais la dernière étape, elle fait 130 km ça va être trop long comment ça va se passer et tout et donc cette année je me suis dit laisse tomber la dernière étape c'est tu fais au plus court t'arrives au plus court et il n'y a pas de chichi parce que parce que quand tu termines t'auras juste envie d'aller te coucher et tu ne pourras pas faire un mètre de plus et c'est vraiment ce qui s'est passé parce que comme je te disais j'ai été vraiment à la limite physique je ne sais même pas comment j'ai fait pour arriver au bout et le lendemain en fait le lendemain c'était il y a un truc de mentalement que ton corps tout lâche parce que tu sais que tu arrives au bout et t'es pas préparé mentalement à continuer mais je pense sincèrement que médicalement parlant je pouvais plus rien faire je pouvais plus repartir donc j'étais vraiment à la limite et du coup l'arrivée on s'est dit arriver au milieu du vieux port sauf qu'en fait un jour ou deux avant d'arriver on se dit il faut quand même qu'on prépare l'arrivée pour prévenir un peu les gens pour plusieurs raisons. La première raison, c'est qu'en fait, j'étais suivi par Jérôme Abbasque, vidéaste, documentaire, qui m'a suivi à vélo du début à la fin, qui m'avait même suivi la première fois quand j'ai abandonné. Et en fait, l'idée, c'est que derrière ce projet, on est en train de travailler sur un film là. Donc là, on est au printemps et on prend le temps qu'il faut, mais l'idée, c'est de le sortir en sept hivers, donc soit à la fin de cette année, soit au début de l'année prochaine. Donc, puisqu'on était... Puisqu'on a tourné un film, on avait quand même la question de... Il faut arriver à un endroit qui est symboliquement fort, donc au bord de l'eau, et à la fois qui permette de tourner des belles images et tout, tu vois. Donc, de là, moi, ça m'a fait quand même pas mal cogiter les dernières étapes où, en fait, j'avais aucune énergie à rien, tu vois. j'arrivais le soir j'étais livide j'étais incapable d'ouvrir aucun message de personne j'allais me coucher mais mon cerveau il pouvait réfléchir à rien mais on a quand même un peu réfléchi à la dernière étape et je me suis dit en fait au milieu du vieux port ça va être samedi soir je me rendais pas trop compte parce que je connais pas trop Marseille non plus mais je me suis dit si ça se peut il y aura beaucoup de monde ça sera peut-être pas forcément très agréable pour tourner des images et tout et la vue elle va pas être si belle que ça parce que t'es quand même un peu enclavé tu vois et après on s'est dit il y a un spot qui a l'air cool, c'est derrière le Mucem où là il y a une esplanade qui est quand même plus grande, où il y a a priori un peu moins de monde où on aura un peu plus de place pour terminer tranquille et on devrait avoir une belle vue dégagée sur la mer sur Notre-Dame-de-la-Garde sur un coucher de soleil donc et en fait le coucher de soleil ça me fait rire parce que moi j'étais assez bon tout le long pour estimer l'heure de départ en fait je partais à une certaine heure en me disant je pars à cette heure-ci pour arriver à cette heure-ci et si l'étape elle faisait 90 km je partais un peu plus tard que si l'étape elle faisait 100 ou 110 et toutes les étapes j'arrivais à une demi-heure près à arriver à l'heure prévue j'avais pas forcément d'objectif précis mais ça me permettait de dire ok il faut que j'arrive avant 19h30, 20h pour avoir un temps de récup et tout sauf que la dernière étape forcément j'avais ma copine qui était là, qui a fait le déplacement et tout. Et j'avais l'idée des vidéos et puis avec Jérôme, on voit que le soleil, il se couche à 20h30. Et donc, tu vois, dans ma tête, je passe 120 km à avancer comme je peux dans un état assez lamentable en disant, de toute façon, je fais ce que je peux, mais je ne peux pas aller plus vite. Donc, voilà, c'est comme ça. Mais j'essaie de ne pas trop avoir cette pression dans la tête mais en me disant punaise avec Jérôme on s'est dit on s'est dit je savais que le soleil il allait se coucher à 20h30 dans la tête si tout allait bien je devais arriver à 20h je vois que je cours comme un je cours à peine donc je lui ai dit bon ben là ça sera plus je vais arriver plus tard que ça mais à quelle heure je réfléchis pas mais bon tu vois au final j'arrive à 20h50 ça va le soleil le soleil il faisait encore jour donc pour les photos vidéos c'était cool donc l'arrivée très fort parce que enfin beaucoup d'émotions parce qu'en fait jusqu'au dernier moment j'avais dit à ma copine de pas prendre les billets parce que je voulais pas me stresser en me disant ok j'arrive dans 10 jours mais ma copine elle a déjà pris les billets, elle est à Marseille tel jour mais en fait tu vois si ça se peut j'aurais pu arriver une semaine plus tard donc jusqu'au dernier moment quasiment je voulais pas me mettre la pression avec ça en me disant quelqu'un m'attend mais malgré tout peut-être 4 jours avant l'arrivée je sens que ça sent bon donc j'ai dit à ma copine vas-y bah écoute let's go prends les billets je devrais arriver un samedi soir mais en fait je voulais moi j'étais assez mal à l'aise à me dire il y a je sais pas 20 personnes qui m'attendent parce que parce que je vais dire sur les réseaux venez tous pour m'arriver donc j'avais pas du tout communiqué sur l'arrivée en me disant ma position elle est connue parce que j'ai une balise GPS donc tout le monde connaît la position. S'il y a des abonnés qui veulent venir, des gens qui vous connaissent qui veulent venir, ils seront les bienvenus, mais je ne vais pas crier « Venez à telle heure » parce que je ne veux pas de pression. Et en fait, j'ai quand même eu la surprise de... Moi, je savais que ma copine serait là, mais j'ai de la famille qui est venue parce que j'ai de la famille qui est à Nice. Donc, ils ont fait l'aller-retour et c'était ultra émouvant, c'était hyper cool et tout. Donc, j'arrive, il n'y a pas beaucoup de gens qui m'attendent, il y a 2-3 abonnés, ce qui est cool, et il y a ma copine, ma famille. et donc là j'arrivais derrière le Mucem donc ouais beaucoup d'émotions c'est marrant parce que tu vois avant d'arriver les dernières dizaines de kilomètres je pense à cette arrivée mais en fait j'ai tellement plus d'énergie tellement plus de jus pour rien que j'ai à la fois beaucoup d'émotions beaucoup de larmes et tout mais je suis tellement fatigué que je me dis mais là j'ai juste envie d'arriver j'ai plus aucune émotion j'arrivais même plus à pleurer tu vois j'ai quand même beaucoup pleuré un peu tous les jours sur certains trucs où je me dis mais t'es en train de faire ça c'est incroyable ou alors quand j'avais mal ou alors en pensant à l'arrivée parce que tu vois ton cerveau il visualise quand même beaucoup l'arrivée mais je me disais faut pas trop y penser parce que c'est trop loin et ça sert à rien d'y penser et ouais à l'arrivée je me dis j'ai même plus de larmes plus rien pour pleurer d'émotions mais en fait non j'arrive quand même il y a quand même beaucoup de larmes beaucoup d'émotions parce que je me dis à la fois je me dis t'as fait un truc que tu pensais impossible t'es arrivé au bout t'as fait en nombre de jours t'as fait ce que tu pensais ce que tu voulais faire à la fois le soulagement de me dire putain c'est enfin fini parce que là je sais pas jusqu'à là tu vois enfin on va se coucher je suis épuisé et puis on s'arrête là c'est fini quoi ouais donc assez fou ouais

Loïc bah écoute franchement bravo Olivier ultra impressionnant ultra inspirant c'est quoi le si t'avais tu vois des apprentissages pour toi à titre perso sur la gestion de l'effort ou peut-être du matériel est-ce qu'il y en a eu sur ces 11 jours du coup et question follow-up c'est avec un peu de recul maintenant mais en étant toujours à chaud c'est quoi le message que t'as envie de faire passer à travers ce que t'as réalisé qui est complètement fou d'ailleurs

Olivier ouais déjà merci beaucoup bah en fait le le le recul, le message, ce que j'ai appris et tout, je pense que c'est déjà que le corps humain, c'est une machine de fou. Et je pense que chacun à son niveau, avant de réaliser un truc qui nous paraît impossible ou fou, je pense qu'on n'a aucune conscience de ce que le corps est capable de réaliser. Donc, pour moi, c'était faire la trace à la France, mais pour d'autres, ça peut être faire un marathon dans un an alors que tu cours que 20 kilomètres, enfin que entre guillemets. parce que tu vas faire son premier marathon son premier 10 km, son premier semis son 100 km où tu habites au bord de la mer tu vas voir la mer, c'est complètement fou donc chacun a son petit niveau on peut pas imaginer ce que le corps est capable et ça, ça m'a fait énormément penser par rapport à la blessure de l'année dernière par rapport au fait que pendant 5 jours j'étais sur le fil pendant 5 jours je me disais sincèrement là tout peut s'arrêter parce que quand j'ai ma première douleur au muscle qu'on met à peu près quelques heures avec les médecins à faire le diagnostic en disant ok c'est musculaire, c'est pas si grave mais moi je me disais là c'est une fracture de fatigue donc dans une heure ton os il éclate donc en fait pendant 5 jours à la fin j'avais tellement mal que je me suis senti sur le fil à chaque pas à chaque foulée je me disais là si je me fais une entorse si j'ai un tendon qui éclate parce que tu vois quand t'as mal au tendon ou quand t'as mal au muscle tu te dis mais si ça se peut tu vois comme les footballeurs ton tendon il peut dégager à tout moment en fait t'es sur le fil à tout moment et je me suis dit waouh mais en fait à la fois le corps c'est une machine de fou qui te fait faire des choses incroyables mais à la fois c'est une machine tellement complexe avec un nombre de tendons un nombre de muscles incroyable et à la fois tellement fragile où en fait le moindre tu vois t'as des centaines de muscles des centaines de tendons t'en as un qui décide de plus marcher en fait c'est fini tu peux plus rien faire tu peux plus courir, plus marcher t'es allongé et c'est fini donc tu vois il y a ce truc de cet équilibre de célébrer à la fois la beauté du corps humain en plus le fait d'avoir fait un peu au naturel avec des sandales tu vois et à la fois de se dire il est tellement fragile et tout tient à tellement peu de choses et ça donne tellement envie d'en prendre soin, de protéger, bien s'écouter, à la fois pendant un objectif complètement démesuré, mais à la fois dans la vie de tous les jours, tu vois. Juste maintenant que j'ai fait cet objectif un peu fou, qui m'a fait rêver, qui m'a porté pendant des années, je me dis juste maintenant de courir ou de marcher ou de faire mon sport, de me dire j'ai trop de chances d'être en pleine santé d'avoir un corps qui est capable de me faire faire un footing par jour ou une séance de crossfit par jour pas grand chose juste se rappeler du plaisir que t'as d'être en mouvement de pas être blessé d'être capable de faire des trucs et pas courir pour rêver d'un record parce que j'ai beaucoup été dans ce truc d'une quête d'un record au marathon et tout. Après tout ça, je me dis, en fait, je vais continuer à rêver d'un record au marathon parce que c'est des trucs qui portent et tout, mais en vrai, ça, on s'en fout un peu. Il faut juste se sentir vivant, se sentir en mouvement, se sentir un peu plus fort qu'hier. Se sentir que, hier, je galérais à courir 10 km sans m'arrêter. Maintenant, je me suis un peu amélioré. J'arrive à courir 10 km sans m'arrêter. J'arrive à courir 15 km. En fait, pour moi, c'est ça la finalité de tout sport de la course à pied ou d'un autre sport mais c'est vraiment ça le coeur du sujet qu'on oublie un peu trop souvent avec les réseaux, avec les compètes et tout

Loïc je suis même complètement d'accord avec toi c'est marrant je sais pas si c'est l'âge ou si c'est le fait dans ta pratique le gain d'expérience peut-être un mix des deux tout ce que tu dis ça me parle carrément je suis globalement assez d'accord avec toi cette approche, c'est pas pour faire le mec qui drop des termes qui ont l'air un peu savants mais je crois que c'est Alexandre Astier qui parlait de ça des occupations télique versus athélique en gros ça veut juste dire télique c'est genre laver tes vitres c'est fait c'est fait tu vois t'as fini et puis athélique c'est être en forme c'est un truc qui n'a pas de fin tu vois et finalement c'est un peu ce que j'entends là tu vois dans ce que tu dis la finalité est-ce que c'est pas finalement la finalité finalement s'améliorer tu vois prendre soin de soi et qu'il y a un truc qui n'a jamais de fin en réalité qui peut radicalement et si ça devient ça l'objectif bah effectivement du coup toute ta pratique ton approche et tout la vision que t'as du sport et de la entre guillemets performance ça n'a plus rien à voir mais

Olivier ouais bah tu vois je pense je pense qu'il y a déjà comme tu dis il y a le côté un peu expérience sagesse enfin on va pas dire sagesse parce que mais l'expérience tu vois quand moi ça fait 10 ans que je cours et je suis passé par toutes les phases adorer la combête, adorer le chrono, l'aimer un peu moins parce que tu te blesses et tu te dis je me suis donné à fond pour un chrono, je suis blessé, tout ça pour ça et puis après et après je pense j'ai l'impression en regardant beaucoup sur les réseaux ce que beaucoup de gens qui ont vécu toutes ces phases et qui ont l'expérience et je trouve ça cool de me rendre compte qu'il y a aussi beaucoup de sportifs professionnels qui eux sont très dans une logique un peu court terme de il faut gagner telle course telle année pour avoir des sponsors etc et si on ne gagne pas mais aussi des sportifs qui parlent beaucoup de leur pratique qui communiquent sur les réseaux qui parlent beaucoup du fait que non la finalité ça doit être ça doit être aussi le long terme tu vois c'est plus c'est plus le chrono à tel compète et Et je pense qu'avoir des objectifs, des objectifs de... Si on aime la compète, moi je suis à fond un mec qui a été... qui est dans la culture compétition, battre les autres un peu, mais surtout faire mieux et tout pour moi. Mais je trouve que c'est intéressant de voir qu'il y a beaucoup de gens qui commencent à parler que la finalité, c'est le long terme. Moi, je suis à fond là-dedans de me dire les objectifs, c'est un peu des points de passage d'une année sur l'autre mais la finalité c'est dans quel état je serai dans 20 ou 30 ans et est-ce que il faut faire attention de aujourd'hui j'ai une pratique qui est qui est un peu extrême qui est too much qui est probablement pour la santé qui est qui est c'est trop tu vois quand je parle que j'ai couru 500 km avec une tendinite moi je suis pas du tout dans un sport santé enfin tu vois sur une période un peu un peu courte de ma vie je suis pas dans un sport santé parce que j'ai peut-être fait trop de kilomètres, j'essaie de ne pas me blesser, mais je suis allé un peu au bout. D'avoir des objectifs, c'est un truc qui me porte sur le court terme, moyen terme. Ça me permet de me lever le matin en me disant je suis trop motivé, je vais aller courir, alors que peut-être que sans objectif, j'aurais la flemme. Mais vraiment, la finalité, c'est le long terme. Il faut faire attention. Et moi, j'essaie d'être vachement là-dedans dans mes entraînements, même si je fais des grosses semaines. D'être conscient que je fais des grosses semaines et que je suis sur un fil en termes de blessures, mais aussi en termes de mentalement. Est-ce que je ne suis pas en train d'en faire trop ? Et peut-être que si je tire sur le fil trop longtemps, je suis en train de me dégoûter d'un sport que j'aime. Et il ne faut surtout pas le faire. Parce que la finalité, c'est que j'ai envie d'aimer la course dans 20 ans. Et même si je n'aime plus la course, j'ai envie d'aimer un autre sport dans 20 ans. Et 30 ans, 50 ans, je n'en sais rien. Et si je change de sport 20 fois dans ma vie parce qu'un jour, je vais me dire la course est trop nue, j'ai envie de faire du crossfit, de la natation, du vélo, j'en sais rien. Je n'ai pas envie de m'enfermer dans un sport. Je suis OK à me dire si je n'aime plus la course, c'est OK, j'ai envie de trouver un autre truc. Mais la finalité, c'est du sraou dans 20 ans. Je parle pour moi, mais je parle d'un point de vue général parce que je remarque ça beaucoup aussi. Beaucoup parce que la course, c'est un sport qui est hyper populaire en ce moment. Donc, il y a beaucoup de gens qui s'y mettent du jour au lendemain parce que c'est populaire. Et ça, c'est trop, trop bien. On ne peut que s'en féliciter. Si la course est populaire, si l'aérox est populaire, même s'il y a beaucoup de gens qui se moquent de ce genre de sport à la mode en ce moment à cause des réseaux. Mais non, c'est trop cool parce qu'il y a plein de gens qui se mettent en mouvement alors qu'ils ne faisaient pas trop de sport. Mais par contre, si ces gens, ils se mettent du jour au lendemain à faire énormément de sport parce qu'ils ont un objectif de marathon ou d'aérox et que le fait de faire trop de sport ils se rendent pas compte qu'ils sont ils en font trop par rapport à leur capacité à la fois physique mais à la fois ce qu'ils peuvent donner mentalement d'un point de vue nerve et tout et qu'une fois qu'ils ont passé leur marathon qui était leur objectif qu'ils ont peut-être préparé un peu trop vite ou que c'était trop dur parce qu'un marathon c'est très dur qu'ils ont terminé leur objectif et qu'ils se disent en fait la prépa c'était horrible parce que j'ai pas su concilier travail vie perso j'ai tout trop donné dans tous les aspects de ma vie et que je suis dégoûté et que ces gens après du jour au lendemain ils se sont tellement dégoûtés du sport qu'ils arrêtent je trouve que c'est un peu dommage et c'est assez c'est assez important d'en faire beaucoup si t'as envie d'en faire beaucoup dans ton entraînement parce que c'est kiffant mais d'essayer quand même de pas trop tirer sur l'élastique trop longtemps tu vois tu peux le faire un mois ou deux dans le cas d'une prépa Tor des Géants ironman mais mais je sais que l'élastique il peut vite casser tu peux vite pas t'en rendre compte parce que t'es trop obnubilé par un objectif, il faut faire hyper gaffe. Il faut faire hyper gaffe parce que ça peut mener loin. Tu peux être en surmenage, sur entraînement, t'as le moment de 30 malades, etc. Long terme, long terme, on sera où dans 20, 30 ans, 40 ans ? C'est la finalité.

Loïc Superbe message. Excellente conclusion qui vient un peu, tu l'as dit toi-même, de nuancer ce que tu viens de faire. Tu n'étais pas sur une approche sport santé, mais il y avait d'autres choses derrière ça, mais ultra intéressant en tout cas de t'entendre clôturer là-dessus. Un immense merci Olivier, c'était trop bien, je me suis régalé. Avec plaisir. Franchement, encore une fois, bravo, c'est juste hallucinant ce que tu as fait, ultra inspirant. Et puis, surtout ce qui est inspirant, au-delà de l'aspect sportif qui est complètement dingue, c'est que ce projet, c'était ton projet, il y avait du sens derrière, tu l'as mené à bout de A à Z, tu te l'es fait toi, tu vois. Je trouve ça qui est chouette, et comme tu le disais, c'est l'expérience que toi, tu as voulu vivre. Mais moi, le message que je retiens, c'est que c'est une vraie invitation pour chacun d'entre nous qui t'écoutons, à décliner ça sur nos formats à nous.

Olivier Tout le monde a une page blanche. Tout le monde peut s'inventer son truc. Et il y a tellement plein de gens qui se mettent dans des aventures un peu off, un peu sans dossard, où tu as plus de liberté. Tu n'es pas obligé d'attendre une date, tu n'es pas obligé d'aller loin, tu ne peux partir de chez soi. Carrément, je suis trop d'accord avec ça. Trop bien.

Loïc Bah écoute, encore une fois, un grand, grand merci Olivier et puis je te dis à une prochaine pour les prochains récits d'aventure.

Olivier Bah ouais, avec plaisir, merci Loïc. C'est un nuance plaisir à chaque fois d'échanger avec toi, c'est trop cool, j'aime trop ta bonne humeur, ton podcast. Merci pour ton podcast, pour tous les récits que tu nous fais vivre à travers tes invités et ça fait grave plaisir d'avoir été invité, c'est un honneur pour moi.

Loïc Bah écoute, merci. Merci Olivier, à une prochaine. Merci Loïc, ciao, à plus. Sous-titrage ST' 501

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