Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Mettre en lumière les femmes des Alpes, avec Zoé Lemaitre
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De juillet à octobre 2023, Zoé Lemaitre a marché 2150 kilomètres en 120 jours, traversé les huit pays de l'arc alpin et monté 135 000 mètres de dénivelé depuis la Slovénie jusqu'à Monaco, afin de documenter le travail de femmes qui ont choisi la montagne comme terrain de vie : gardienne de refuge, guide de haute montagne, skieuse professionnelle, bergère, monitrice d'escalade, formatrice en secours de haute montagne.
Son but : dresser le portrait de femmes inspirantes et recueillir leur expertise sur un milieu en pleine mutation ; se confronter à la solitude et vivre un rêve hors de toutes attentes.
Via Alpina, sur les pas des pionnières sera le film documentaire issu de cette aventure à la rencontre de ces femmes professionnelles de la montagne et d'elle-même.
🔎 La page Ulule de Zoé est ici.
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👉 Épisode 195 - "Tu vas te consumer et puis tu vas t'éteindre, tu guériras et tu reviendras" avec Perrine Rambeau
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Et là, c'était les 8 km de crête les plus longs de ma vie. J'ai eu tellement froid, je me voyais de l'extérieur. Je pleurais et j'ai vraiment tout fait pour arriver à cette cabane. Là, j'ai déployé une force mentale comme jamais dans ma vie. Je suis arrivée dans la cabane, j'étais frigorifiée. Je me suis dit, là, il me reste quelques pourcents. Il faut que je cherche de l'aide.
UNKNOWNMusique
SPEAKER_00Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. Sous-titrage ST' 501 Eh bien, écoute, bienvenue sur Les Frappés Zoé. Je suis absolument ravi de te recevoir. Et merci d'ailleurs à Périne, Périne Rambeau, qui était l'invité de l'épisode 195, qui m'a écrit, qui m'a dit, il faut absolument, quand tu parles à Zoé, c'est incroyable ce qu'elle fait. Et je pense qu'elle avait raison. En tout cas, quand j'ai vu le projet que tu avais mené récemment, je me suis dit que ça pouvait être super chouette d'échanger. Donc, merci à Périne et merci à toi, Zoé, pour ton temps.
SPEAKER_01Merci à toi, Louis-Christie, de m'accueillir.
SPEAKER_00Avec grand plaisir. Donc, Zoé, tu... Il y a... un peu plus d'un an maintenant, tu t'es lancée dans un grand projet, une grande aventure. Tu as marché, tu as traversé tous les pays de l'arc alpin. C'est ça, les huit, même les plus petits, le Liechtenstein. Tu as fait les huit pays de l'arc
SPEAKER_01alpin
SPEAKER_00à pied
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Incroyable. Exactement, oui. Je suis
SPEAKER_01partie
SPEAKER_00de l'Est et je suis arrivée jusqu'à Monaco. Fabuleux. Donc, si je ne me trompe pas, plus de 2000 kilomètres, 135 000 mètres de dénivelé. Voilà, histoire de un peu l'échelle dont on parle. Et à travers cette grande randonnée, cette grande marche, tu es allée à la rencontre de femmes qui ont choisi la montagne comme terrain de vie et comme cadre professionnel. Et ton but, c'était de dresser le portrait de ces femmes. Et il y a donc un documentaire qui est... Tu vas nous dire... J'ai plein de questions pour toi sur plein de sujets différents, mais entre autres sur le documentaire. Si j'ai bien compris, parce que j'ai vu que la page est encore active sur Ulule, le documentaire est à sortir, n'est pas encore finalisé, c'est
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Exactement, oui. On est en campagne de financement pour payer la post-production, financement participatif. Et ensuite, là, on va attaquer le montage dans deux petites semaines. Le montage, puis après le mixage son, l'étalonnage,
SPEAKER_00le graphisme, etc. Tout ce qu'on ne voit pas quand on regarde un beau documentaire. qu'on se dit, waouh, magnifique. Tout ce
SPEAKER_01qu'on ne voit pas, exactement.
SPEAKER_00On ne doute pas qu'il y a des centaines d'heures de travail derrière et des milliers d'euros. Oui. Écoute, en tout cas, j'ai essayé d'apporter ma petite pierre à l'édifice. J'ai contribué hier sur la page Ulule. C'est bien, je ne savais pas qu'on pouvait continuer à contribuer une fois que les périodes de collecte étaient bouclées. Je pensais que c'était…
SPEAKER_01Il y a des prolongations, en fait. Ulule définit avec les personnes qui peuvent être prolongées ou pas. Du moment que tu as atteint l'objectif, le projet, premier
SPEAKER_00palier,
SPEAKER_01disons que généralement tu peux être prolongé. Excellent, fabuleux. Merci
SPEAKER_00beaucoup pour ta contribution, très précieuse pour le film. Donc le projet s'appelle, en tout cas le documentaire s'appelle Via Alpina, moi je serais curieux de t'entendre nous raconter un petit peu comment tout ça est né, comment est-ce que tu l'as imaginé ce projet d'envergure
UNKNOWN?
SPEAKER_01alors le film s'appelle Via Alpina sur les pas des pionnières pour avoir le titre complet comment je l'ai imaginé je l'ai imagé un peu sur un coup de tête j'ai un peu parti du jour au lendemain quand même il faut le dire suite au fait que j'ai gagné une bourse qui s'appelle la bourse XP qui n'existe plus aujourd'hui mais qui a accompagné des projets d'aventure donc j'ai gagné cette bourse j'ai démissionné et je suis partie et j'avais par contre tracé un itinéraire idéal parce que je voulais absolument passer par les plus hautes routes je voulais être en altitude absolument donc j'avais prévu des points de passage le plus possible à 3000 dès le premier jour en fait j'ai pas du tout suivi mon itinéraire idéal et je me suis dit mais vive la liberté en fait j'ai envie de pas savoir où je vais dormir le soir j'ai envie de choisir mon chemin en fonction des paysages qui m'inspirent ou qui m'inspirent pas tout en essayant de contenir quand même tout ce voyage dans quatre mois parce que étant partie le 5 juillet je voulais arriver avant la neige parce que j'étais pas équipée pour la neige autant autant partir le 5 juillet c'était pas un souci autant arriver après novembre ça a commencé à être vraiment juste en termes de météo
SPEAKER_00mais voilà et donc dès le début c'était clair pour toi que l'aventure enfin tu t'as rencontré évidemment plein de gens sur ta route mais c'était quelque chose que tu voulais faire en soi
SPEAKER_01C'est quelque chose que je voulais absolument faire en solo parce que justement, la solitude, c'est quelque chose qui m'angoissait, honnêtement. C'est quelque chose que je n'avais jamais expérimenté. Je n'avais jamais marché plus de trois jours seule. J'avais fait une mini traversée de Belle Donne en solitaire l'année d'avant. Mais là, me confronter à la solitude sur canne, moi, je n'avais jamais fait. J'avais envie d'expérimenter pour appréhender ça et puis pour m'y confronter vraiment. de plein fouet donc oui en solitaire c'était vraiment très important j'ai jamais imaginé faire ce projet à plusieurs c'était pas du tout une
SPEAKER_00question et par curiosité tu disais que quand t'as obtenu la bourse t'as démissionné tu faisais quoi comme job avant et est-ce que le projet que t'as mené c'est le projet que t'as défendu enfin comment ça se passe ces bourses tu avais réalisé ce que tu avais présenté ou pas forcément
UNKNOWN?
SPEAKER_01la bourse en fait c'était bah Tu présentes un projet d'aventure et tu envoies un dossier. Après, le dossier, s'il juge que c'est prometteur, il demande une vidéo de présentation du projet. Là, on avait fait un petit tournage pour faire trois minutes avec la monteuse actuelle du film. J'avais envoyé ça. Mais avant, j'étais dans la culture. J'ai travaillé surtout à Rome et à Venise. J'ai fait des études d'administration du spectacle et donc là je travaillais à la Villa Médicis et après à la Biennale de Venise je travaillais dans la presse et aussi le mécénat partenariat sponsoring le but c'était de donner de la visibilité aux artistes de financer leur création qu'ils développent des projets à l'international qu'ils puissent faire leur spectacle etc donc ça m'a beaucoup intéressée mais je crois que j'en ai eu un peu marre de la sphère cérébrale on va dire et Sur un coup de tête, je suis rentrée en France et j'ai commencé à travailler. J'ai fait la récolte des châtaignes au fin fond de l'Ardèche, sans connexion. On a cueilli 13 tonnes de châtaignes à quatre. C'était bien physique. C'était un peu du tout au rien ou du tout au tout d'ailleurs. Et voilà. Et à partir de là, j'avais vraiment envie de remettre du sens aussi dans mes projets et dans ma vie. Donc, j'ai commencé à faire des boulots alimentaires pour pouvoir porter mes propres projets personnels en parallèle. Donc, quand j'ai démissionné, j'ai démissionné en fait d'un magasin bio dans lequel je travaillais en tant que
SPEAKER_00vendeuse. D'accord. Voilà. Ok. C'est intéressant parce que j'imagine que dans ton travail dans le milieu de la culture, du coup, toi, tu devais être habituée à être de l'autre côté, à recevoir des dossiers, des demandes de mécénat.
SPEAKER_01Oui. C'est ça. Ou alors, je les faisais pour les autres, plutôt. Je les faisais pour les artistes qui avaient besoin de financement pour leur projet. Et là, c'est vrai que je porte mon propre projet. Donc, j'ai pas mal de... Comment on dit
UNKNOWN?
SPEAKER_01d'atouts dans ce côté-là parce que c'est un milieu que je connais aussi mais porter mon propre projet c'est vrai que c'est une envergure qui est complètement énorme parce qu'habituellement quand on est dans le salariat on a une mission spécifique et tous les autres travailleurs et travailleuses ensemble font que l'institution ou la structure fonctionne mais là dans le projet je suis tout de A à Z donc de la recherche de financement à la communication en passant par l'écriture du projet du film, le tournage qui a été itinérant et 100% écolo. Et voilà, les interviews, tout. Sauf le montage et le mixage son. Parce que j'ai considéré que je n'avais pas du tout les compétences pour faire un travail propre, que c'est des métiers à part entière et que j'avais envie de rémunérer des personnes qui feraient ça bien et les rémunérer à leur juste valeur parce que je considère que tout travail mérite rémunération digne donc c'est pour ça que je recherche des financements voilà j'ai pas voulu faire un petit projet où je rémunérais personne parce que à la fois je comprends il y a beaucoup de petits projets comme ça qui vivent comme ça mais je sais pas j'avais envie de que les personnes se sentent aussi valorisées et qu'elles puissent en vivre aussi de tous ces petits projets là
SPEAKER_00Très clair. Pourquoi cet angle
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu as évoqué tes motivations à réaliser ce projet en solo. Qu'est-ce qui, toi, t'intéressait dans cet angle
UNKNOWN?
SPEAKER_00Rencontre avec des femmes qui ont choisi la montagne pour vivre, pour travailler
UNKNOWN?
SPEAKER_01Déjà, c'est un milieu qui est extrêmement masculin, celui de la montagne. Quand on sait qu'il y a 2% des guides des hautes montagnes qui sont des femmes c'est quand même peut-être 2% et demi maintenant c'est quand même un chiffre qui frappe, qui m'a fait réagir du moins et j'avais lu aussi l'autobiographie de Marion Poitvin qui a écrit Briser le plafond de glace et qui raconte son parcours jusqu'au CRS Montagne où elle exerce encore actuellement et elle est aussi guide de Montagne Et j'ai trouvé son témoignage très inspirant, mais qui faisait aussi beaucoup d'écho en moi, en termes d'invisibilisation des femmes, ou même de syndrome de l'imposteur aussi, ou de... Beaucoup de barrières mentales, entre guillemets, qui étaient à faire tomber aussi pour ces femmes qui veulent faire de la montagne leur métier, et aussi beaucoup de barrières à surmonter, même en... je veux dire dans un milieu extrêmement masculin qui n'a pas l'habitude de voir des femmes. Une des personnes que j'ai interviewées, qui est formatrice en secours de haute montagne au PGHM de Chamonix, qui me disait que quand elle a reçu son ordre de mission, c'était écrit secrétaire dessus. Donc c'est vraiment que le milieu n'est pas habitué à voir des femmes. Et puis du sexisme organitinaire, il y en a beaucoup... Il y en a beaucoup dans ce milieu. Oui, notamment de considérer, quand on voit une cordée encadrée par une femme, de considérer que la nana, ce n'est pas la leadeuse, que ce n'est pas la guide de haute montagne, mais que c'est la personne qui se fait accompagner. On fait toujours le postulat de la femme qui est toujours l'élément le plus faible de la cordée, d'une équipe, voilà. Et donc, j'avais envie de donner de la visibilité à ces femmes qui, pour moi, sont particulièrement fortes. Pas parce qu'elles ont réussi dans ce milieu en tant que femmes, mais parce qu'elles ont réussi dans ce milieu. Et en plus, elles sont femmes. Je veux dire, c'est pas anodin, quoi.
SPEAKER_00Donc, tu avais tout planifié avant de partir. Tu savais quelles femmes tu allais rencontrer où, sur quelles thématiques tu allais échanger avec elles. Comment ça s'est passé, le pré-projet
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le pré-projet, j'avais écrit à des femmes pour organiser les interviews le long de mon chemin. Et il y a eu une autre partie des interviews qui a été réalisée de manière complètement improvisée, notamment celle de Ramona Piccioli qui est bergère en Suisse dans le Ticino dans le Tessin et les interviews planifiées finalement sont celles qui ont été le plus compliqué à gérer parce que entre le planning de la marche les interviews leur disponibilité à elles finalement j'ai dû retourner après coup pour certaines les voir donc je suis retournée à vélo et en plus pour garder l'idée d'un voyage complètement enfin quoi majoritairement
SPEAKER_00décarbonés et au final du coup tu as pu faire combien de portraits de
SPEAKER_01femmes
UNKNOWN?
SPEAKER_01il y a 5 femmes professionnelles de la montagne que j'ai interviewées Il y a Ramona, qui est bergère suisse. Il y a Elisabeth Geitzen, qui était championne de ski freeride suisse aussi, donc skieuse professionnelle. Alice Coldefi, qui est formatrice en secours en montagne au CNISAG, qui est aussi guide de haute montagne et qui a exercé au PGHM en tant que secouriste pendant des années. Marjorie Jaurès, qui est monitrice d'escalade en milieu naturel, Voilà. Et Federica Mingola, qui est guide de haute montagne et ex-compétitrice d'escalade, qui ouvre maintenant des voies en libre, ou pas en libre d'ailleurs, des très belles voies en Italie comme en Patagonie. Récemment, elle a fait partie de l'expédition Capadoué. C'est une expédition italo-pakistanaise, 100% féminine, qui a tenté l'ascension du cadeau cet été. Qui ne l'a pas réussi, mais qui l'a tenté.
SPEAKER_00Excellent. Excellent. Ça a été quoi ton expérience de la solitude
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu disais un peu plus tôt que c'est quelque chose que tu avais un peu de mal à appréhender, que tu n'avais jamais fait plus de trois jours de rando en solitaire. In fine, avec du recul maintenant, à quoi ça a ressemblé cette expérience seule en
SPEAKER_01montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'était très galvanisant. Galvanisant et apeurant un petit peu aussi de se dire qu'on ne peut compter que sur soi-même parce parce que finalement, j'ai croisé très peu de personnes aussi sur mon chemin, en particulier à cause de la météo en juillet qui a été exécrable, mais vraiment exécrable. Donc là, j'ai passé vraiment des jours entiers seule dans la forêt autrichienne sous la pluie. Ça confronte à soi-même, ça permet de réfléchir aussi sur sa place dans la société. Moi, ça m'a ouvert beaucoup de perspectives, parce que pour Pour moi, tout était possible. À partir du moment où je suis rentrée aussi en France, je me suis dit, du moment que je considère que j'ai les ressources en moi et que je fais confiance à l'instant présent et que je ne regarde pas le futur et que je ne m'en apporte pas ou qu'on est vraiment ancré dans le moment présent, je trouve que c'est très porteur de se dire qu'on peut le faire. Il
SPEAKER_00y a des choses que tu as osé... Pardon Zoé, je t'interromps. Je suis curieux de savoir sur ce point, est-ce qu'il y a des choses que tu as osé lancer à ton retour en France grâce à cette expérience de la solitude en montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le film. J'ai pas une formation d'audiovisuel, je me suis dit tout est possible, je vais apprendre. Je suis allée voir des professionnels du cinéma, je me suis formée auprès d'eux, prendre des conseils, comprendre un peu l'environnement, artistique, économique, dans lequel j'allais évoluer ensuite. Vraiment de... je ne sais pas, de me dire que tout est possible, ça m'a permis ça, finalement, de me lancer dans ce projet qui était déjà XXL, mais qui, maintenant que j'y suis, est encore plus grand, puisque le travail, il est sans fin. C'est génial. Oui, mais c'est génial. J'apprends plein de choses, et puis c'est génial de travailler aussi, de rencontrer des personnes, parce que finalement, je fais des rencontres qui sont géniales aussi à travers ce projet. de personnes que je n'aurais jamais rencontrées autrement. La chose que j'ai osée en rentrant de voyage, après un petit temps quand même de latence et de réflexion, parce qu'en fait, quand je suis rentrée de voyage, j'avais encore tellement la tête dans le guidon, entre guillemets, que je n'avais aucun recul sur mon voyage et sur ce que je voulais en tirer, ce que je pouvais en raconter, quelles choses je retenais. C'était... C'était une expérience tellement globale et tellement immersive que je n'avais pas le recul nécessaire. D'ailleurs, quand il a fallu écrire le premier article pour Alpine Mag, qui est en fait partenaire des bourses expé, et qui s'était donc engagée à publier mon rapport d'expédition, comme ils appellent ça, j'ai eu le syndrome de la page blanche pendant longtemps. Parce que vraiment, synthétiser ce que j'ai vécu là-haut, dans les montagnes, seule, et à rencontrer ces personnes authentiques, fortes, courageuses, c'était vraiment... un beau défi
SPEAKER_00que je relève que je relève mais il y a encore du travail à quoi tu penses quand tu passes une journée deux journées ou plus vraiment seul en montagne que t'as pas l'occasion de quelque chose de tout bête tu vois de parler à voix haute avec quelqu'un de croiser le regard d'une autre personne est-ce que t'avais une sorte de de schéma de je sais pas de type de réflexion par lesquels tu passais systématiquement quand tu étais dans ce genre de situation dans la durée je veux
SPEAKER_01dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tout d'abord c'était très sensoriel en fait comme voyage c'est-à-dire que j'étais pas forcément dans mes pensées, enfin forcément mais j'étais aussi surtout connectée vraiment à toutes mes sensations, le chaud, le froid l'arroser sur le mollet enfin vraiment toutes les sensations les odeurs les odeurs du rhododendron, les odeurs des fleurs d'observer la nature d'observer les crêtes, les lumières, vraiment, c'était très immersif comme sensation. Et en termes de pensée, je... je suis allée très loin comme je ne suis allée pas du tout loin dans ma réflexion. C'est-à-dire que des fois, je me demandais pourquoi j'avais jeté la boîte de camembert dans telle poubelle au lieu du tri. Ça, c'était très prosaïque. Et d'autres fois, je partais dans des espèces de réflexions sur la société, de me dire que... Enfin, il y a une chose notamment, c'est que je croisais des personnes dans les Dolomites et qui me demandaient ce que je faisais. Donc, je racontais mon parcours et tout de suite, il y avait un grand blanc. Et j'étais frustrée de cette espèce de barrière que j'avais que ça m'était le fait de raconter d'où je venais, où j'allais. Moi, j'avais vraiment envie d'échanger dans ces moments-là. Et puis, il y avait une espèce de... Waouh, on n'est pas pareil, quoi. Ah oui
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est marrant, ça. En fait, l'expérience que j'ai vécue dans les Alpes qui n'étaient pas françaises, elle est vraiment différente de ce que j'ai pu expérimenter dans les montagnes chez nous. C'est-à-dire que dans certains pays, le bivouac notamment, là où il est quand même autorisé, c'est... quand même perçu comme, je ne sais pas, ce n'est pas perçu du tout de la même manière qu'en France. C'est perçu négativement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Assez négativement, un peu comme, je ne sais pas, si tu plantes ta tente et que tu... Je ne sais pas, comme si économiquement, tu ne leur apportais rien, donc tu n'étais pas intéressante. Et ça, c'était dur parce que finalement, je vivais un peu le rejet. Dans certains endroits, j'ai vraiment vécu comme... j'avais payé ma nuitée dans des moments où il y avait vraiment eu de l'orage par exemple j'étais allée dans un refuge et je mangeais ma nourriture parce que bah quitte à la porter autant la manger quoi c'était même pas par souci d'économie ou de je sais pas et du coup par contre pour manger ils t'envoyaient à perpétuer les oies quoi tu pouvais pas manger sur dans le refuge ou même sur la terrasse quoi c'était donc c'était un peu particulier dans certains endroits Ok, étonnant. Oui, je me suis un peu confrontée à... je ne sais pas, l'envie d'identification des personnes. J'avais envie qu'on discute de montagne, de rencontrer un bivouacœur ou une baroudeuse avec son barda de 4 mois, avec sa peau complètement burinée. J'avais envie de partager ça. Et finalement, il y a très peu de personnes avec qui j'ai pu vraiment le partager. Donc ça, c'était un peu rude.
SPEAKER_00Ça devait faire un gros contraste avec ces femmes que tu rencontrais versus ces gens que tu croisais qui avait, a priori, de ce que tu dis, pas l'air particulièrement curieux, voire même qui avait un regard un peu négatif sur
SPEAKER_01ce que tu faisais
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est vrai que les femmes rencontrées, c'était très authentique et justement, je trouve que la montagne relie vraiment ce qui la parcourt parce qu'il y a un espèce de sentiment de proximité qui était extrêmement fort et c'est comme ça d'ailleurs que j'ai fait cette rencontre avec Ramona qui était extrêmement touchante. En fait, je l'ai rencontrée, elle était en train de monter dans son alpage pour récupérer toutes ces moules à fromage, tout son travail, tout son matériel de travail, parce qu'elle était déjà descendue dans la vallée, parce qu'on était en septembre, et elle a tout de suite accepté qu'on discute de son travail, de montrer aussi son lieu de vie, etc. C'était très ouvert, très authentique, et ça m'a beaucoup touchée. C'était vraiment une belle rencontre. D'ailleurs, cet été, 2024, je suis retournée la voir, et j'ai passé une semaine en alpage avec elle et c'était vraiment génial. J'ai gardé des très bons contacts avec les personnes que j'ai rencontrées et ces femmes professionnelles que j'ai interviewées, c'est vraiment fort.
SPEAKER_00Tu dirais qu'il y a un point commun entre toutes ces femmes qui t'a paru évident, qui t'a sauté aux yeux, que ce soit les motivations, les valeurs, l'approche de la montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas tant que ça finalement. Je trouve qu'il y a une diversité de motifs qui t'amènent en montagne qui sont qui est vraiment intéressante parce que finalement de ces femmes à part qu'elles vivent en montagne elles ont toutes des trajectoires qui sont différentes des positions aussi différentes souvent on a un peu le cliché de la personne qui veut s'éloigner de la modernité de la civilisation etc mais en fait il y a aussi beaucoup de choses qui se passent en montagne en termes de vie en fait et d'engagement même politique et Donc, de point commun, peut-être la capacité à s'émerveiller vraiment et le besoin de la nature et le besoin de la montagne. Ça, c'est vraiment quelque chose qui
SPEAKER_00les relie en tout
SPEAKER_01cas.
SPEAKER_00Est-ce que toi, ça a changé quelque chose dans ton approche de la montagne ou même de la solitude en outdoor en tant que
SPEAKER_01femme
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pas tant que ça. Disons que j'ai beaucoup plus confiance, en tout cas, dans ma capacité et ma technicité en montagne. Parce que quand on pense que c'était il y a déjà 10 ans, 15 ans, j'avais pleuré en faisant le grand Vémon, quand même. C'est quand même pas... C'est quand même pas... J'étais apeurée par le vide. J'étais... Alors que je ne suis pas une trouillarde, vraiment, de manière générale, mais là... Et là, vraiment, d'évoluer comme ça, en pleine montagne, sur des terrains techniques, j'ai vraiment gagné en... en confiance et je sais aussi mon niveau maintenant. Je suis plus... solide on va
SPEAKER_00dire ça serait quoi le meilleur tips que tu partagerais en tout cas le tips le plus intéressant le plus improbable que tu as appris sur ces 120
SPEAKER_01jours au total c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01oui
SPEAKER_00tips en termes de bivouac je te demande parce que je le fais régulièrement maintenant quand j'ai des gens qui comme toi ont passé de longs moments en plein air je raconte toujours cette anecdote j'avais reçu sur le podcast Vincent Colliart qui est un explorateur polaire français et qui m'expliquait que l'accessoire absolument indispensable question de vie ou de mort pour toute expédition polaire c'est la brosse la brosse à dents lui il avait une brosse à dents pour brosser les fermetures éclairs qui deviennent qui s'engivrent en
SPEAKER_02fait
SPEAKER_00et je trouve ça assez rigolo tu vois c'est clairement pas un accessoire quand tu connais pas le milieu c'est clairement pas tu vas pas penser à la brosse à dents c'est Ça me fait rire systématiquement de poser cette question aux gens comme toi. Tu veux savoir s'il y a quelque chose en particulier que tu conseillerais à quelqu'un qui se lance sur
SPEAKER_01du
SPEAKER_00long cours comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouh là là
UNKNOWN!
SPEAKER_00En termes d'accessoires, pour rester sur
SPEAKER_01les accessoires. En termes d'accessoires, c'est vrai qu'en termes d'accessoires, je n'étais pas vraiment très accessorisée.
UNKNOWNJ'étais...
SPEAKER_01Un bout de corde, un bout de ficelle qui sert à tout, d'étendage à linge, pour affistoler, ou alors un petit tube en plastique pour si jamais un arceau casse et qu'on puisse l'enfiler pour pouvoir rigidifier la structure.
SPEAKER_00Ah ouais, c'est pas mal. Selon l'attente que t'as, effectivement, ça peut faire la
SPEAKER_01différence. Ouais, ouais,
SPEAKER_00voilà. T'as vu, parce que j'ai regardé, ça me fait penser à ton trailer, j'ai regardé ton trailer sur Ulule, il y a un moment où il y a pas mal d'images où on voit que la météo est loin d'être clémente et il y en a une où tu es sous ta tente et on voit que la paroi se fait un peu malmener par le vent et je pense la pluie t'as eu des moments que tu t'as enfin des moments on va dire critiques ou en tout cas que t'as perçu dans l'instant comme étant potentiellement vraiment
SPEAKER_01critique oui bah il y en a un clairement il y en a qu'un enfin non il y en a deux dans tout le voyage un à cause de la météo l'autre à cause de l'itinéraire mal choisi. Celui de la météo, en fait... Et j'ai été prise dans une tempête d'alerte rouge, en fait, sans le savoir. Donc, j'étais partie... En fait, j'étais dans les montagnes, côté italien, et je suis redescendue dans la vallée pour acheter à manger. Et tous les commerces étaient fermés. C'était en octobre. Et tous les commerces étaient fermés. En fait, c'est même pas que les commerces étaient fermés, c'est qu'ils étaient tous partis à Aost. Les commerces, il n'y avait plus rien dans ce petit village. Et je croise un militaire qui me dit« Ah bah non, effectivement, la boulangerie qui est indiquée sur Google, elle n'existe pas. donc je me dis bon bah mince j'ai plus rien à manger quoi et là je vois quelqu'un qui tape son tapis dehors et secoue son aspirateur donc je vais le voir et je dis bah excusez-moi mais vous me confirmez que la boulangerie est bien fermée il me dit oui oui absolument mais qu'est-ce que tu fais on est en octobre et bah voilà je suis en train de traverser les Alpes et j'ai plus rien à manger et en fait et surtout je lui demande s'il a une prise pour pouvoir charger mon téléphone parce que ça faisait des jours et des jours qui faisaient mauvais et que je n'avais plus d'électricité avec mon panneau solaire. Or, toutes mes cartes étaient sur mon téléphone. Donc, il me dit que j'ai de la chance parce qu'il est revenu là pour nettoyer l'auberge et qu'elle est fermée depuis un mois. Je me dis effectivement, j'ai beaucoup de chance et je fais charger mon téléphone. Il me donne un litre de lait, il me donne un litre de soupe et un peu de pain. et des barres énergétiques. Et je repars de bon chemin. J'avais pris la météo, tout allait bien. Et je repartais pour, normalement, deux jours d'autonomie. Et le premier soir, je pars, je mange... et le deuxième jour bah il pleut il pleut il pleut mais je me dis bon bah de toute façon mon objectif c'est une cabane donc après je serai à l'abri y'a pas de soucis etc sauf qu'en fait je suis tellement frigorifiée cette deuxième journée que je préfère poser la tente avant et avant que d'être dans un état critique quoi je préfère en avoir toujours sous le pied plutôt que de me mettre dans des états pas possibles et d'arriver à la cabane dans un état vraiment vraiment dangereux donc là je me pose dans ma tente et c'est là que cette vidéo a été prise là de la tente qu'il s'agit dans tous les sens. En fait, le vent, il était fou. Ça allait dans tous les sens. C'était pas un vent comme j'avais l'habitude de voir, qui va dans une direction et qui souffle fort. Là, ça brassait dans tous les côtés. L'eau, elle s'abattait. C'était impressionnant. Et j'ai pas pris la pluie. Enfin, j'ai pas pris l'eau. Ça, c'est de la chance aussi. Et le matin, je me dis, bah, coûte que coûte, faut que je rejoigne la cabane. J'ai pas de réseau parce que, en plus, j'allume mon téléphone et la date La date avait changé, l'heure n'était plus la bonne, les photos étaient mélangées, plus rien ne fonctionnait sur mon téléphone. Et je me dis, là, ça craint, je n'ai pas de réseau, je n'ai averti personne, je n'ai même pas la carte. Il faut que j'avance. Et j'avais regardé l'itinéraire la veille, donc je savais très bien où j'allais. Donc je pars. Et là, c'était les 8 km de crête les plus longs de ma vie. J'ai eu tellement froid, je me voyais de l'extérieur. Et je me voyais... Enfin, en fait, je pleurais. Et je m'entendais de l'extérieur. C'était comme si ce n'était pas moi. Et j'ai vraiment... tout fait pour arriver à cette cabane parce que je savais que si je m'arrêtais c'était fini c'était pas du tout la bonne chose donc là j'ai déployé une force mentale comme jamais dans ma vie je suis arrivée dans la cabane, j'étais frigorifiée je me suis dit là il me reste quelques pourcents il faut que je cherche de l'aide donc là je me suis rappelée qu'une personne quand j'avais fait le GR5 en 2020 que j'avais croisée qui était accompagnatrice de ma montagne il m'avait dit, parce que j'étais au au col d'Isola 2000, au col d'Isola, juste au-dessus, le passage entre l'Italie et la France. Et elle, elle habitait à Saint-Etienne-de-Tinet, donc vraiment pas loin. Je me suis rappelée d'elle, ça faisait 5 ans. Elle m'avait proposé son aide il y a 5 ans, si jamais j'avais des soucis ou quoi. Elle m'avait dit« Tu te rends à la gendarmerie de Saint-Etienne-de-Tinet, t'auras de l'aide.» Là, j'ai composé son numéro. Elle ne m'a pas répondu, mais après, elle m'a envoyé un message. Elle m'a dit dit oui Zoé effectivement je comprends que tu sois en détresse parce qu'on est en alerte rouge en fait il y a un couvre-feu là tout le monde doit être chez soi d'accord descends tout de suite à Isola 2000 tu passes par la route si jamais il y a un souci au moins on te retrouvera passe pas par les sentiers et puis j'appelle l'office de tourisme d'Isola 2000 et on va te trouver un logement et donc je suis descendue en courant à Isola 2000 et effectivement à l'office de tourisme Olivia m'a adorablement mis à disposition un appartement de station de ski qui en fait était vide à cette période et là j'ai pu prendre une douche chaude et décongeler et me remettre de tout ça et c'était... ça
SPEAKER_00c'était vraiment incroyable c'était vraiment
SPEAKER_01incroyable
SPEAKER_00donc t'avais il pleuvait ou t'avais aussi c'était alerte rouge par rapport à quoi au volume de précipitation, t'avais de l'orage
SPEAKER_01volume de précipitation et vent les deux en fait ils annonçaient un peu comme la tempête Alex d'ailleurs elle a un nom cette tempête elle s'appelle la tempête je sais plus le nom de cette tempête mais elle a eu un nom cette tempête mais c'était pas agréable d'être de temps, en tout cas. Et surtout que moi, j'avais aucune information comme quoi il y avait une tempête qui était en arrivance. Parce que franchement, je m'y serais prise vraiment autrement.
UNKNOWNOuais. Mais...
SPEAKER_00comment t'aurais pu faire pour éviter je suis en train de réfléchir moi ça m'est arrivé une fois sur le GR20 où il y a on l'avait fait la deuxième fois je crois que c'était en août si je me souviens bien il y a souvent des tu sais au mois d'août les orages
SPEAKER_01de
SPEAKER_00fin d'été assez violents et le GR20 t'es vraiment sur les crêtes tout le temps c'est un peu l'idée et je me souviens qu'on il fallait qu'on accélère on partait très tôt le matin parce que systématiquement en début d'après-midi ça ça a
SPEAKER_01éclaté bah oui ouais
SPEAKER_00Et il y a une fois où, en fait, on a fait trois étapes en une journée, enfin, trois journées en une, trois étapes en
SPEAKER_02une.
SPEAKER_00Et du coup, forcément, on est arrivé un peu plus tard. Et donc, on se l'est pris. Et je me souviens de cette sensation abominable où, en fait, l'air vibrait autour de nous et où je me disais, là, on va se faire... Là, on se prend la foudre, c'est sûr. Et c'était terrible. Et du coup, depuis, je fais vraiment une fixette, tu vois, sur mes randos. J'essaie de regarder en avance la météo. Je vais sur des sites comme... des sites de météo les modèles arpèges etc où je regarde un petit peu mais c'est vrai que si t'es au long cours t'as pas de connexion c'est quand même très compliqué enfin j'ai un peu du mal à imaginer comment t'aurais pu prévoir ça du
SPEAKER_01coup bah effectivement moi je considère que j'ai fait à peu près tout ce qu'il fallait dans le sens où je me suis rapprochée du réseau j'ai fait en sorte de charger mon téléphone de jamais partir vraiment dans la montagne sans téléphone je me suis arrêtée avant que ce soit critique euh J'ai toujours fait en sorte d'avoir chaud. J'ai changé mes vêtements. En fait, je visais la cabane. Je me suis rapprochée de la civilisation. J'ai appelé cette personne. Et c'est vrai que je ne vois pas trop ce que j'aurais pu faire autrement à ce moment-là. Parce que... Ouais.
UNKNOWNOuais.
SPEAKER_00Ça fait peut-être partie des choses qu'on ne peut pas éviter en montagne quand on part aussi longtemps que toi. Les épisodes de météo un peu scabreux. Oui, carrément.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00En termes de rencontres, tu as évoqué le fait que tu as officiellement dressé le portrait de cinq femmes en particulier, mais je suppose qu'il y a eu beaucoup d'autres rencontres. Est-ce qu'il y en a quelques-unes en particulier qui t'ont vraiment marquée
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, il y a celle avec Annalisa qui est aussi alpiniste et elle fait aussi du secours en montagne. Et j'avais un Après des jours exécrables de météo dans les Dolomites, j'avais vraiment besoin de me mettre au chaud. J'avais envoyé un message sur un groupe Facebook de femmes en montagne italien en disant qu'on échange de crêpes et de photos. Si quelqu'un a un petit lit douillet à me prêter, ce serait bien volontiers. Et c'est comme ça que j'ai fait la rencontre d'Annalisa. Et c'était vraiment une très, très chouette rencontre. On a parlé, on a parlé, on a parlé pendant des heures, etc. Et on était tellement émues de se séparer le lendemain. Enfin, on était toutes les deux en pleurs. C'était vraiment des rencontres qui... qui frappe quoi et on est toujours en contact et voilà Annalisa ouais ça a été une très chouette rencontre elle a écrit un texte sur notre rencontre aussi et ce qui m'a touchée c'est qu'elle m'a dit bah là ça m'a donné envie de vivre mon rêve quoi tant qu'il est important etc et je me dis c'est hyper touchant en fait de voir je sais pas elle a 50 ans je pense Et elle m'a dit, mais j'ai tellement appris de toi, petite gamine. C'était vraiment excellent. Et puis, j'ai énormément appris d'elle aussi parce qu'elle a fait des expéditions vraiment beaucoup plus engagées que ce que j'ai fait. Elle était d'une humilité assez incroyable quand même parce que... vraiment une belle personne
SPEAKER_00c'est toujours fascinant d'entendre des témoignages comme le tien où il y a des rencontres comme ça finalement vous n'avez pas passé énormément de temps ensemble mais où la connexion est extrêmement forte et ça me fait penser à j'avais eu un invité Eric je ne sais pas s'il a toujours sa chaîne je suis en train de regarder en même temps son projet s'appelait Ciel mon bivouac et lui il avait fait Strasbourg
UNKNOWNMerci.
SPEAKER_00Strasbourg le Portugal à pied je crois en plein Covid donc c'était un peu compliqué il avait mis c'était un très très long voyage et il en avait fait un film aussi et dans ce film finalement il a vécu il a eu la chance de vivre à peu près la même chose que ce que tu viens de raconter il a rencontré une personne vraiment complètement par hasard il me semble que c'était en Espagne et et finalement au bout de quelques heures quelques jours maximum il a dû repartir et c'était dans le film t'as l'impression vraiment que c'est le un déchirement absolu de gens qui enfin tu pourrais croire qu'ils se connaissent depuis 20 ans et qui savent qu'ils vont plus se revoir tu vois alors que finalement le laps de temps était assez court mais la connexion était extrêmement
SPEAKER_01intense ah bah oui je comprends tout à fait
SPEAKER_00ouais c'est génial en tout cas que tu sois encore en contact avec ces personnes là
SPEAKER_01ah bah oui bah c'est ouais ça me porte beaucoup oui de savoir qu'elles sont là que ouais et puis on a des posés change encore Ramona qui m'envoie les photos de ses petites chèvres dans l'alpage en ce moment c'est fou quoi c'est des réalités complètement différentes et qui se croisent et qui communiquent et c'est Oui, c'est
SPEAKER_00fort. Ça doit être assez complexe quand tu as rencontré ce genre de personnes et que tu as vécu finalement de manière assez isolée, relativement coupée des sujets du quotidien classique, de revenir à un rythme normal, occidental, hyper connecté, etc. Ça ne doit pas être évident.
UNKNOWNMoi, je croyais...
SPEAKER_01À partir du moment où j'ai vu le lac Léman, pour moi, c'était quasiment la fin. Alors que j'avais encore toutes les Alpes françaises et italiennes. Oui, c'est long encore. Oui, mais c'était une infime partie finalement par rapport au reste. Mais c'est surtout que je me suis sentie immédiatement chez moi. Les règles de bivouac, c'était ma langue. En fait, c'était beaucoup plus familier comme environnement. Plutôt que de parler allemand ou italien... C'était... Le retour en France m'a permis une grande familiarité, donc me sentir comme chez moi. Et à partir de ce moment-là, j'ai vraiment pris... Particulièrement la dernière semaine, j'ai vraiment pris mon temps avant d'arriver à la mer. Je passais deux nuits à chaque endroit parce que je n'avais pas du tout envie d'arriver. Donc, j'ai aussi participé à un chantier participatif de rénovation d'un gîte à Sospel. Enfin, non, pas à Sospel, n'importe quoi. J'ai oublié le nom du village. À Saorges, voilà. Et... C'était fou de prendre le temps aussi des rencontres et de prendre le temps avant d'arriver. En fait, quand je suis arrivée à Monaco, j'avais un peu préparé cette arrivée et je me disais là, il faut arriver aussi parce qu'il y avait de la neige, les conditions devenaient vraiment hivernales, aucun magasin n'était ouvert pour faire leur habito. Je devais porter à chaque fois que j'achetais de la nourriture, j'achetais 15 kilos de nourriture parce que j'avais une faim aussi. J'avais une faim, mais ça me ronger. En fait, à partir du premier tiers du voyage, j'avais faim. J'avais super faim parce que j'avais plus de réserve. Je mangeais jour et nuit, tout le temps, tout le temps. Ah, le petit tips, si, c'est les cacahuètes. Les cacahuètes, c'est plein de gras et ça, ça me tenait encore un peu. mais le matin je mangeais de la polenta une plâtrée de polenta avec des raisins secs ah mais c'était monstrueux, franchement j'étais monstrueuse à voir, j'ai fait peur à mes parents quand je suis revenue à ma famille, j'avais toujours un régime de banane sur moi ensuite parce que j'avais trop peur d'avoir faim j'étais invitée chez des gens, j'avais mon régime de banane parce que je savais que je mangerais jamais assez à ma
SPEAKER_00faim quoi t'as perdu du
SPEAKER_01poids du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_01ah bah ouais j'ai perdu du poids oui mais je pense que j'ai J'ai perdu 6 kilos parce que je m'étais pesée en Suisse. J'avais déjà perdu 5 kilos. Et ensuite, je pense que ça, ce n'est pas fini. J'ai pleuré devant un plat de pâtes avec une sardine.
UNKNOWNC'était fou, quoi!
SPEAKER_01je me suis perdue parce que je racontais autre chose
SPEAKER_00avant on était sur la fin de projet où tu disais que finalement tu l'avais énormément anticipé et c'est là où on en est arrivé à la nourriture que tu sentais
SPEAKER_01qu'il était temps de finir voilà il était temps de finir et je me suis dit que j'aurais dû je sais pas si je repars aussi loin aussi longtemps surtout comment je gère cette fin quoi enfin bref en tout cas je suis arrivée à Monaco je savais que c'était le temps d'arriver et donc je l'ai pas mal vécu et puis ce qui m'a permis de relativiser Je savais que j'avais le projet de film. Je savais qu'une autre aventure m'attendait pour raconter ce périple. Ce n'était pas une rupture brutale. En plus, j'habite à Grenoble et je sais que les montagnes sont toujours là. C'est un grand réconfort. Je les vois depuis ma fenêtre et je me dis qu'en quelques heures de pédalage et quelques heures de marche... je suis dans un endroit vraiment magnifique et serein et en paix. Donc ça, vraiment, ça m'aide.
SPEAKER_00Et ça ne t'a pas donné envie de partir t'installer toi aussi dans les montagnes, de devenir, je ne sais pas, secouriste CRS en montagne ou éleveuse de chèvres pour du
SPEAKER_01fromage
UNKNOWN? Euh...
SPEAKER_01Ça m'a surtout donné envie de faire d'autres projets comme cela et de réaliser des films sur ces aventures. Mais je suis aussi attachée à toute la vie militante, culturelle, etc., que je connais moi ici à Grenoble. Donc non, finalement, je n'ai pas eu envie d'y vivre au long terme.
UNKNOWNHum hum.
SPEAKER_01tu
SPEAKER_00viens de l'évoquer le fait que ça t'a donné envie de te lancer dans d'autres projets est-ce qu'il y a déjà du teasing qui est possible est-ce que tu prépares autre chose ou là pour le moment c'est le documentaire et on verra ensuite ah là c'est à fond documentaire le prochain environnement dans lequel j'aimerais me plonger c'est la haute mer ah j'en étais sûr il y a tellement de ponts entre la haute montagne la mer c'est vraiment fascinant le nombre d'invités qui sont sur ces deux univers c'est assez fou donc je suis pas vraiment surpris c'est deux
SPEAKER_01environnements qui invitent vraiment à repenser sa place dans le monde en tant qu'humain et qui nous rend vraiment vulnérables et à la fois humbles et c'est vraiment je trouve des environnements qui qui remettent les choses à leur place quoi les priorités l'essentiel
SPEAKER_00ouais il faut absolument je te filerai son contact que tu échanges avec Julia Vira c'est une invitée que j'ai reçue je sais pas
SPEAKER_01si tu la connais mais bien sûr bah bien sûr quand même excellent elle
SPEAKER_00est incroyable
SPEAKER_01Julia elle est incroyable elle avait dématé sur une de ses aventures là c'était impressionnant à voir aussi parce qu'en haute mer perdre son masque c'est quelque
SPEAKER_00chose
SPEAKER_01oui c'est
SPEAKER_00clair Julia s'il y en a qui la découvrent en nous écoutant Julia Vira c'est une des rares femmes guides de haute montagne en France je crois qu'il y en a une quarantaine en tout cas c'est le chiffre que j'avais en
SPEAKER_01tête
SPEAKER_00au moment où on avait échangé avec Julia sur plus de 1000 guides de haute montagne donc elle est guide de haute montagne et navigatrice je crois que maintenant elle fait du solitaire il me
SPEAKER_01semble
SPEAKER_00oui oui oui quand on avait échangé elle préparait un projet en équipage mais maintenant elle fait du solitaire c'est une femme incroyable qui a fait notamment on avait beaucoup échangé sur son ascension de El Capitan qu'elle a fait en 12 ou 13 jours une expérience incroyable extrêmement intense et très belle et à la fois terrible donc voilà il y a le lien en description de cet épisode allez l'écouter mais bon bah écoute du coup je pourrais pas te filer son contact tu la connais déjà tu
SPEAKER_01tu as déjà échangé. Je n'ai pas son contact. Ah, je pensais que tu avais échangé. Ce n'est pas
SPEAKER_00une amie. Je l'admire énormément. Quand tu me dis mer, montagne et que le prochain projet, c'est la mer, je pense qu'elle aura plein de choses. Vous aurez plein de choses à vous
SPEAKER_01raconter.
SPEAKER_00Super. Fabuleux. Écoute Zoé, un immense merci. C'était passionnant d'en apprendre plus sur déjà un peu qui tu es et puis tes motivations à te lancer sur un projet de cette envergure. Je rappelle du coup à toutes celles ah bah attends d'ailleurs parce que là on enregistre tout début mars est-ce que est-ce que la prolongation sur Ulule sera encore active d'ici quelques
SPEAKER_01semaines
SPEAKER_00ah oui absolument oui oui ok génial bon et bah donc si vous souhaitez en apprendre encore plus sur le projet du documentaire il y a le lien vers le site Ulule en description de l'épisode et si vous souhaitez contribuer allez-y rejoignez-moi je l'ai fait juste avant l'échange avec avec Zoé C'est vraiment un très beau projet. Merci encore Zoé. Merci à toi Louis. A très
SPEAKER_01bientôt.