Les Frappés

Parcourir 250km dans le désert à 70 ans - Rencontre avec Christine Taïeb, une retraitée pas comme les autres

Christine Taïeb Season 4 Episode 168

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Se dépasser oui, mais pas à n’importe quel prix. La longévité est une notion qu’on évoque assez peu sur le podcast, et pourtant est-ce que ça ne devrait pas être notre priorité dans tout ce qu’on fait ?

À quoi bon finir un 100 km sans préparation si on y laisse un genou 🦵 ? À quoi bon sacrifier des années de sa vie pour pratiquer un sport à haut niveau sans préparer la suite si pour se retrouver en situation précaire 😞 ? À quoi bon entreprendre et travailler 7/7 si c’est pour faire voler en éclat son couple 💔 ?

Peut-être qu’aller au delà de ses propres limites n’est pas toujours bénéfique. Peut-être que dans le sport et l’aventure en particulier, il y a en fait du bon à rester dans sa zone de confort et à rechercher le plaisir avant tout.

Dans cet épisode, je fais la rencontre de Christine Taïeb, une femme extraordinaire qui a fait de cette idée son mantra. Elle a réalisé l’ascension du Kilimanjaro, elle a posé le pied sur les glaciers de Patagonie, elle a parcouru le Sahara en long et en large, couru des dizaines de semi-marathons, marathon et ultra. Elle n’a jamais abandonné une course et se moque bien du chrono final.

Ah, et petit détail : elle a commencé à courir à 60 ans et est devenue finisher des 250km du Marathon des Sables à 70 ans 🤩

Allez, préparez-vous à recevoir une énorme dose d’énergie avec Christine !

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Et quand tu as cette espèce de sablier qui te dit que si tu veux rester en longévité, tu n'as pas intérêt à t'abîmer, il faut que tu sois dans le plaisir. Une des chances aussi d'avoir commencé par la danse, c'est peut-être de faire la différence dans mon corps entre une douleur qui sera un danger pour un muscle, un tendon, un os, tout ce qu'on veut, et puis la douleur qui est celle de l'effort qui existe. L'effort, il ne se fait pas sans rien. Et ça, je crois que je sais bien le repérer.

UNKNOWN

Merci à tous.

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Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Se dépasser, oui, mais pas à n'importe quel prix. La longévité, c'est une notion qu'on évoque assez peu sur le podcast et pourtant, est-ce que ça ne devrait pas être notre priorité dans tout ce qu'on fait

UNKNOWN

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A quoi bon finir un 100 km sans préparation si on y laisse un genou

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?

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A quoi bon sacrifier des années de sa vie pour pratiquer un sport à haut niveau sans anticiper la suite si c'est pour se retrouver en situation précaire

UNKNOWN

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A quoi bon entreprendre et travailler 7 jours sur 7 si c'est pour faire voler en éclats son couple

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?

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Peut-être finalement qu'aller au-delà de ses propres limites n'est pas toujours bénéfique. Peut-être que dans le monde du sport et de l'aventure, il y a en fait du bon à rester dans sa zone de confort et à rechercher le plaisir avant tout. Dans cet épisode, je fais la rencontre d'une femme extraordinaire qui a fait de cette idée son mantra. Elle a réalisé l'ascension du Kilimanjaro, elle a posé le pied sur les glaciers de Patagonie, elle a parcouru sahara en long et en large couru des dizaines de semi marathon marathon et ultra elle n'a jamais abandonné une course et se moque bien du chrono la preuve que c'est possible à et petit détail elle a commencé à courir à 60 ans est devenu finisher des 250 km du marathon des sables pour son 70e anniversaire allez préparez vous à recevoir une énorme dose d'énergie avec christine je vous souhaite une excellente écoute juste avant ça je tiens à remercier chef chaleureusement toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Votre contribution fait une énorme différence. S'il y en a dans l'audience qui souhaitent devenir contributeurs, vous avez le lien en description. Autrement, rendez-vous sur Tipeee.com slash les-frappés. C'est à partir de 1€par mois.

UNKNOWN

Merci à vous.

SPEAKER_02

Eh bien, écoute, Christine, je suis ravi de t'accueillir sur le podcast. Merci beaucoup à Sébastien du podcast Parlons de votre mental pour cette nouvelle mise en relation. Décidément, il m'en aura envoyé des gens, Sébastien. Merci beaucoup. Christine, très, très content de te recevoir pour un épisode pas comme les autres. Alors, il n'y a pas beaucoup d'épisodes qui sont comme les autres sur le podcast, mais je t'avoue que c'est la première fois que j'accueille une retraitée, là aussi, pas comme les autres, sur les frappés. Donc, impatient d'échanger avec toi sur ce que tu fais et bah écoute ce que je te propose c'est de commencer par nous expliquer qui est Christine tout simplement

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alors d'abord un grand merci merci Loïc que je n'ai pas encore le plaisir de connaître moi me présenter comme frappée déjà personnellement ça me surprend parce que je me considère comme d'une banalité mais alors vraiment extrêmement banale je dirais même que je revendique d'être une petite dame tout à fait normal voilà alors retraité bien sûr parce que j'ai 72 ans bientôt plutôt 73 donc ça fait déjà 10-13 ans que je suis à la retraite alors avec un parcours qui effectivement n'est peut-être pas celui de tout le monde mais pourtant c'est mon chemin de vie pour lequel je n'ai ni forcé les choses sauf à dire que j'ai toujours cherché un petit peu à me surprendre ça c'est vrai alors Non. Est-ce qu'on parle du sport directement

UNKNOWN

?

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Parce qu'il va être question beaucoup de

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sport. Écoute, moi, je serais d'abord curieux de savoir quelle a été dans les grandes lignes ton parcours de vie avant d'être retraité. Pour les auditeurs, s'il y en a qui ne savent pas encore comment je prépare les interviews, j'essaie toujours de maintenir quand même une grosse part de surprise pour moi, pour que mes réactions, mes questions soient authentiques. Donc, tout ce que je sais, tout ce que Sébastien m'a dit, et ce sur quoi on a échangé la dernière fois tous les deux, c'est que tu as une retraite pour le moins actuelle. très très active mais je n'en sais pas plus et je ne sais surtout pas du tout ce que tu as fait avant donc je serais peut-être curieux que tu nous en dises un petit peu plus sur quelle a été dans les grandes lignes de cette vie

SPEAKER_00

alors en fait je vis en tant que retraité ce que je vérifie chez tout le monde c'est à dire que tel on était avant la retraite tel on reste après la retraite je vais dire brièvement ce que j'ai fait avant d'être à la retraite mais j'ai toujours été très active très engagée, très mobile, très sportive, et ça n'a pas changé après. Donc ça, c'est la règle que je constate chez tout le monde, c'est-à-dire les curieux restent curieux, les diplomates restent diplomates, les ambitieux restent ambitieux. Donc moi, j'ai eu une chance inouïe. Ça a commencé parce que je suis née dans une famille où on ne se posait pas la question quand on était petit, il fallait aller au conservatoire. C'était comme ça. Donc, moi ou mes frères, on a tous fait le conservatoire de piano, de solfège et de danse. Alors, à 4 ans, c'est le premier tutu. On commence par la danse classique. Et puis, arrivé à l'adolescence, on découvre la danse moderne, le jazz, des choses un peu plus fun qui font peut-être sortir du carcan de la danse. Mais pour autant, cette base là m'a toujours, toujours servi comme un socle extrêmement solide de savoir comment fonctionne mon corps, savoir que si on ne l'entretient pas, si on ne l'entraîne pas, on perd. Donc, c'est l'école de la rigueur et quelque part d'une certaine sagesse pour savoir le faire travailler proprement, correctement, sans

SPEAKER_01

l'abîmer.

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Après ça, j'ai eu une vie professionnelle tout aussi riche. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi, mais je pense que tout un chacun qui m'entendrait aujourd'hui et qui ne m'a connu que dans le monde professionnel était loin d'imaginer que j'avais d'autres vies à côté. Alors, une vie familiale peut-être. En tout cas, une vie sportive, je n'en parlais pas. Une vie associative, je n'en parlais pas non plus. Alors que j'ai toujours été très engagée. Et toutes ces vies s'additionnaient, mais un petit peu comme... des tiroirs que j'ouvrais que je refermais et en tout cas ça ne se rejoignait pas vu de l'extérieur en tout cas c'est ce que j'en crois et puis arrive à 60 ans la retraite que soit dit en passant je n'avais absolument pas anticipé comme j'ai eu un petit pépin de santé à ce moment là j'ai réalisé que oulala si ma santé pouvait se mettre à un peu être chancelante ça veut dire dire que je ne pourrais pas faire tout ce que j'avais imaginé faire alors là j'ai dit go je pars à la retraite et je me fais tous mes plaisirs du monde donc la danse que je n'avais jamais lâchée depuis 4 ans Elle a donné place, par le hasard de rencontre, et une en particulier, à ce qu'on fait avec ses petites jambes, alors on va dire courir. Pour faire simple, je vais dire courir, mais c'est en fait tout ce qui se fait avec des jambes, c'est-à-dire c'est courir, mais c'est marcher, c'est marcher un petit peu, c'est marcher moyennement, c'est marcher longtemps. Et tout ce temps, qui est le plus beau des cadeaux que peut offrir la retraite, m'a permis de... Les premières courses, ça a été des Paris-Versailles, que j'ai fait un nombre incalculable de fois. Et puis, après, dans l'ordre des choses, on fait un petit peu plus. On fait un semi, deux semis, dix semis. Puis après, des semis, on attaque les marathons. Alors, de mémoire, et je crois que j'ai dit beaucoup de bêtises ces dernières années, j'ai souvent dit que mon premier marathon, je l'avais fait à 60 ans. Et en fait, en retrouvant certains dossiers, en fait, je l'ai fait

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à 64 ans. Voilà. D'accord. OK. Donc, tu commences vraiment, même si tu dis, tu l'as bien expliqué, tu as toujours été active. La danse a toujours fait partie de ta vie depuis tes quatre ans, ce qui est quand même très, très jeune. Tu n'avais jamais vraiment couru auparavant en tout cas sur des formats de course

SPEAKER_00

du tout et c'était pas fait pour moi d'abord j'ai pas le physique d'ailleurs pas plus d'une danseuse d'ailleurs que d'une coureuse une petite bonne femme normale avec ses petits kilos en trop qu'elle ne perd jamais voilà vraiment madame tout le monde mais c'est le hasard d'une rencontre qui m'a donné goût et m'a aussi permis tout comme mes premiers profs de danse de courir proprement presque scientifiquement c'est à dire le bassin bien placé les épaules bien placées, bien gainées de sorte que ça offre une forme de longévité je précise que la danse j'y étais encore ce matin je n'ai pas arrêté du tout encore ce matin j'étais avec mon merveilleux coach Véronique de Villèle pour mon cours de barre au sol qui est un élément d'équilibre essentiel pour moi ainsi que toutes les filles qui pratiquent donc j'en étais à Marathon alors j'ai commencé par celui de Paris parce que c'était, il y a un symbole quand même, marathon de Paris, et puis c'est facile quand on habite Paris, et puis j'ai enchaîné sur d'autres, Berlin, New York, Marrakech, enfin tout plein de marathons, puis quand on parle avec des marathoniens, il y a une espèce d'envie qui se crée, il y a des rêves qui viennent là autour de toi, tu récupères des petits papiers sur les villages de Courges quand tu vas prendre ton dossard ou à l'arrivée, et là t'entends parler des 100 kilomètres ça ça fait rêver 100 kilomètres alors après ça j'ai attaqué les

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100 mais

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non ouais et voilà le 100 kilomètres de Mio un format aussi très particulier et là on va rentrer dans un nouveau langage qui s'appelle l'ultra trail pour ceux qui connaissent ce domaine là mais pour beaucoup qui ne connaissent pas on ne sait pas toujours ce que c'est en fait c'est 100 et au delà et toujours avec ses petites jambes je prends précise qu'à partir de ces distances-là, moi, Christine Tailleb, je ne cours plus, on est bien d'accord, je marche, voilà, je marche vite, je marche avec endurance, je marche longtemps, mais je ne cours pas. Et puis d'autres formats, comme le Grand Raid du Morbihan, là c'est un 177, et puis le temps passe, et puis il y a une notion très très forte que j'ai toujours en moi, et qui est cette espèce de sablier qui court et qui me fait dire, bon d'accord, t'avances, t'avances, t'avances, mais c'est pas à 80 ans que tu pourras encore faire beaucoup de choses. Encore, ça devient parfaitement faux quand je vois le nombre de marathoniens qui ont fait le marathon de Paris à plus de 80 ans. Et donc vient l'idée du marathon des sables avec toute la magie que ça représentait. Alors là aussi, pour beaucoup, quand on n'est pas du domaine marathon des sables, on pense que c'est un marathon. Ben non, c'est un marathon par jour. pendant six jours, c'est-à-dire 250 kilomètres, et ça je l'ai fait, et ça je ne peux pas me tromper de date, c'était l'année de mes 70

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ans. Oh

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mince

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!

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Comme j'avais très peur de ne pas être prise, parce que sur beaucoup d'épreuves, si on n'a pas son inscription dans la minute d'ouverture des inscriptions, on n'a pas sa place. En l'occurrence, je ne crois pas savoir que sur le MDS, c'est comme ça que ça se passe. Mais donc, je m'étais inscrite trois ans avant, enfin plutôt deux ans avant, mais il y a eu l'effet Covid qui a fait une année sans épreuve et je me suis retrouvée l'année de mai 70 ans au départ du marathon des sables. Voilà. Et là, une merveilleuse aventure que je dois vraiment, je vais souligner quelque chose qui est très très très particulier parce que tout un chacun peut comprendre que courir 10 kilomètres avec la copine au même rythme, c'est déjà pas très très simple. Courir un marathon à avec le bon copain, dans la même foulée, avec la même énergie tout au long. C'est carrément du domaine de l'impossible. Sur 100 kilomètres, alors là, n'en parlons pas, mais sur 250 kilomètres, c'est pourtant ce qui m'est arrivé. Je suis partie avec ma valoue, autrement dit, elle s'appelle Valérie Angot. On avait, pour ainsi dire, enfin, on ne s'était déjà jamais entraînés ensemble. On avait vaguement couroté une fois ensemble, mais on s'était plutôt loupé. Donc, on peut dire qu'on n'avait aucun passé commun on avait simplement une énergie de dingue pour des raisons différentes l'une et l'autre de réussir et on ne sait pas quitter pendant 250 km voilà et ça m'a valu alors comme il n'y avait pas grand monde dans les 70 ans et plus ça m'a valu un joli petit podium dans ma catégorie en sachant que Je le fais, comment dire, j'ai pris l'habitude de rester dans ma zone de confort. Alors, pour tout un chacun, la zone de confort, ça veut dire flemme, ça veut dire en faire le moins possible. Moi, ce n'est pas ça du tout. Ma définition de ma zone de confort, c'est parfaitement connaître mes forces et mes faiblesses. Et c'est donc jouer avec ça, savoir quelle est la barrière horaire qui m'est autorisée. Je ne m'inscris jamais un truc si je ne sais pas que je ne peux pas la passer sur le papier en tout cas. cas, et jongler avec cette marge de manœuvre. Alors au début, j'avais 2-3 heures de rab, puis au fil des journées, je suis arrivée, je crois que j'avais moins d'une heure, peut-être même moins, je ne sais plus. Donc j'étais dans la barrière, certes avec les chameaux derrière qui font la sécurité, mais dans la barrière horaire, donc ça s'appelle finisher,

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voilà.

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Wow!

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Et ça s'est enchaîné après finalement assez rapidement. Je ne sais plus bien pourquoi, mais le hasard du timing a fait que trois mois plus tard, j'ai fait une course merveilleuse avec une organisation que je voudrais faire connaître à tout le monde qui s'appelle Le Treg, pour ceux qui ne connaissent pas, organisée par Jean-Philippe Allaire. J'ai fait un 200 km au Tchad. Vraiment, c'est une organe fabuleuse dans un format qui finalement me plaît mieux. parce qu'on est très peu nombreux et que j'aime l'intimité, le côté familial, le côté plus humain que les grosses machines. J'ai refait un récent Paris-Versailles. Eh bien, moi, d'avoir 50 000 personnes qui jouent des coudes au

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départ,

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Dieu sait si ça m'a excitée et que j'ai été une des premières à dire« Venez, on y va, on y va». Voilà, arrivé à mon grand âge, je préfère des événements sportifs plus intimistes. Voilà, plus proche des autres, on va dire ça comme

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ça. Le TREG, donc,

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c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, TREG. TREG, OK. TREG, qui prend son nom d'un mélange de TREG et de ERG dans le désert. Je suis partie avec le TREG en Algérie également. Il y a un prochain départ qui se fait bientôt dans l'année. C'est vraiment une organisation fabuleuse avec un staff hyper pro une équipe médicale à la pointe des conditions de sécurité et je parle bien du Tchad et de l'Algérie je sais bien de quoi je parle hors pair franchement allez-y tous faites-vous plaisir il faut certainement un minimum d'engagement il faut quand même un niveau physique on va dire solide mais donc c'est pas accessible à tout le monde en termes de sport mais en termes d'humanité ça ne peut plaire qu'à tout le monde Voilà.

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Finesse. Quel parcours. Et là, on ne parle que de ce que tu as fait, on va dire des grands milestones de ta retraite. Mais tu avais une vie, on est passé très rapidement sur ce que tu faisais avant, mais qui était aussi active,

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aussi riche. Pareil. J'étais ce qu'on appelle affreusement le cadre supérieur dans un grand groupe français. Alors, tu vois le truc. J'ai eu l'époque à Tachéques, enfin la totale.

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Paris, la Défense, les Tours de Mer.

SPEAKER_00

Oui. Tout à fait, exactement. Tu ne crois pas si bien dire. Exactement. En parallèle, j'ai toujours été, ce n'est pas vraiment notre objet, mais très militante. Je suis une militante engagée. Je suis depuis des années présidente d'un mouvement et j'ai toujours été extrêmement active. Donc, ça demande une grande mobilisation. Et je découvre au fil de ces toutes dernières années que finalement, les qualités ou on va appeler ça des qualités, que nécessite le sport tel que je le pratique et ma vie qui était professionnelle mais maintenant associative, ce sont les mêmes valeurs que sont l'engagement, que sont le courage, que sont la détermination et je crois par-dessus tout Je ne peux pas parler de tout ça sans parler d'humilité. Parce que quand on sait les efforts que ça demande pour les deux domaines, eh bien, on est... Vraiment, on devient très, très, très modeste. D'abord, on voit des tellement meilleurs que soi faire des exploits. Souvent, on me dit, raconte-nous ton dernier exploit. Non. Je récuse ce mot-là. Je veux bien accepter expérience. Voilà. Mais exploit, sûrement pas. Il y a tellement mieux, il y a tellement plus fort, plus loin. Expérience. Moi, je reste

SPEAKER_02

là-dessus. Pour autant, ce que tu réalises, c'est quand même extrêmement inspirant. Enfin, ces expériences que tu vis, c'est quand même peu commun. Est-ce que tu as conscience que c'est peu commun, même si évidemment, il y a toujours plus rapide, plus fort que soi, plus endurant, mais ce n'est pas banal ce que tu

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fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est ce que tu me renvoies quand tu me le dis. Et puis, tu n'es pas la première personne à l'évoquer ainsi. Donc, je l'accepte et je ne vais pas non plus faire celle qui ne sait pas que tout le monde n'y arrive pas.

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Oui.

SPEAKER_00

Simplement, et d'ailleurs, c'est l'objet même du fait que j'accepte d'échanger avec toi aujourd'hui, c'est l'idée que finalement, encore une fois, je n'ai aucun talent, aucune capacité physique hors norme, à partir du moment où on a envie, c'est peut-être ça que j'ai un peu plus que d'autres, mais c'est aussi parce que je travaille, qu'on a la curiosité. Moi, ce que j'aime, je dis souvent, j'aime faire ce que je ne sais pas faire. Voilà. C'est-à-dire... Quand je me lance pour faire un marathon en roller et que je tiens à peine sur mes rollers. Quand je fais des courses d'obstacles où je n'ai vraiment aucun muscle dans les bras et que je tombe dans l'eau ou dans la boue mais que ça m'amuse beaucoup. Je fais plein de trucs comme ça. J'aime m'amuser. ne pas me prendre au sérieux et me mettre dans des environnements qui, oui, qui excitent ma curiosité, mais tout ça de manière très raisonnable. Souvent, ça peut renvoyer l'idée que je serais un peu fofolle, un peu folle dingue. Je ne le crois pas. Je crois que j'ai une hygiène de vie la plus raisonnable qui soit d'un point de vue d'alimentation, de sommeil, voilà. Je suis très, très, très suivie d'un point de vue médical. je sais très bien la bobologie que j'ai donc je sais ce que je peux encore faire ce que je ne peux plus faire mais je le gère donc tout ça peut-être le truc le plus un de mes derniers trucs rigolos alors c'est pas les frappés moi je sais pas si demain matin on va frapper la frappée peut-être mais ce sont les givrés alors je sais pas si vous vous connaissez givrés et frappés et bien partant du postulat que d'abord j'ai un vertige de dingue alors je me suis fait le kiliman de Jaro au mois d'août dernier pour histoire de voir comment je réagissais en montée et en descente, ça s'est bien passé et puis j'ai su quelqu'un qui d'ailleurs prive toute sa famille d'aller au ski parce que je déteste le froid, la neige et tout ça et j'ai fait un stage avec les givrés et je donne un petit coup de chapeau à mon ami Alex Courtès qui a été notre merveilleux coach, c'est-à-dire que j'ai fait un stage de gestion du stress et des émotions par le froid, donc tu te retrouves en maillot de bain dans la dans

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la glace.

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Excellent. Ça, moi, je dis... n'attendait pas d'être septuagénaire pour faire des trucs pareils. Parce que ça donne une confiance de dingue. J'imagine, j'aurais dû faire ça pendant que j'étais un manager avec mon

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attaché

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casque à la défense. Ça

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m'aurait servi. Tu évoquais le fait que tu empêches tes proches d'aller au ski parce que tu n'aimes pas le froid. Qu'est-ce qu'ils en pensent d'ailleurs

UNKNOWN

?

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Je ne sais pas si tu as des petits-enfants

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je suis une mère de deux enfants, une grand-mère de deux petites filles qui ont quand même 8 et 12 ans quand même. Alors, c'est très difficile de parler à leur place. Je crois que ma fille, qui va bientôt avoir 50 ans, tout le monde savait que j'étais sportive, ils me voient toujours en tenue de sport, aller à la salle, très bien. Mais ils ne savaient pas ce que je faisais. Parce que finalement, quand on n'est pas vraiment engagé dans le sport, on ne sait pas trop. Je sais que ma fille, elle a pris un coup sur la tête. quand elle a suivi mon tracking sur le Marathon des Sables, et qu'on voyait bien que je n'avançais pas vite, et pour elle, j'étais même à l'arrêt, elle s'est dit« là, ma mère, il lui arrive quelque chose». J'ai compris qu'ils avaient peur que je me mette en danger, qu'ils l'ont réalisé à ce moment-là. Après ça, ils savent qu'il ne faut pas me dire grand-chose pour m'empêcher de faire quelque chose, ça c'est pour mon mari

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

qui est le plus merveilleux des maris par l'acceptation qu'il a de ce que certains diraient des délires moi c'est pas des délires c'est des envies ce sont des curiosités et puis mes petites filles je ne sais pas je ne sais pas dire elles sont encore 8 et 12 ans pourtant elles s'expriment est-ce qu'elles sont un petit peu fières je ne sais pas tu

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leur racontes tes expériences que tu vis des anecdotes quand tu reviens d'un mariage à temps des sables, des 100

SPEAKER_00

kilomètres de mio

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, il y a les photos, il y a les images, il y a deux, trois petits articles dans la presse. Oui, oui, oui, elles savent tout ça. Moi, en fait, ce que je voudrais leur transmettre, mais c'est un peu le même message que toutes les dames qui m'écouteront peut-être ou qui nous écouteront tous les deux, c'est les filles osées, c'est-à-dire vous ne dites pas je ne peux pas parce que je n'ai pas le temps, parce que je ne suis pas faite pour, parce que je n'ai pas l'argent, parce que mon chéri va dire ceci, cela. Ça se gère. Il ne faut pas passer outre notre environnement, qu'il faut continuer à respecter. Mais si on a envie, on peut se donner les moyens de faire ce qui est à la hauteur de son envie. J'ai toujours élevé mes enfants en leur disant... Petit engagement, petit plaisir. Gros engagement, gros plaisir. Après ça, hormis des problèmes graves de santé qu'on ne maîtrise pas, on met ça de côté et on le respecte, mais sinon, finalement, on est tous libres de nos choix, de l'engagement qu'on veut se donner dans nos parcours de vie et dans nos curiosités. C'est à chacun. Je reviens toujours à ma théorie. Les lymphatiques, ils restent lymphatiques sur leur canapé et puis les qui bougent tout le temps comme moi, qui sont peut-être un peu fatigantes pour certains, d'ailleurs. Je l'assume. Ils le seront

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toujours. Et ton mari t'accompagne dans certaines de tes expériences, comme tu

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dis

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, mais je respecte. J'ai mis là aussi, on a dépassé les 42, 3 ans de mariage. Parfois, je n'ai pas toujours compris... qu'ils ne suivent pas dans mes délires. J'ai mis... Maintenant, ça fait 20-30 ans que j'accepte. Il faut que chacun soit dans son confort. Un couple, c'est aider l'autre à être bien dans ce qu'il est, pas l'obliger à faire si ça ne lui correspond pas. Au début, oui, mais il s'est arrêté au semi-marathon, on peut dire. Il est lui-même très sportif, mais lui, il est très engagé dans le tennis. C'est son grand truc et Il continue à faire des tournois. Et il est très bon là-dedans. Moi, pour moi, le tennis, tu vois, c'est un sport pour l'été, pour le musée. Donc, il ne m'accompagne pas. Et c'est surtout que je crois qu'il, dans tout ce que je fais, un des éléments que j'apprécie énormément, c'est ce que j'appelle la routitude. Moi, plus je suis sale, plus je suis dans la poussière, moins on se lave, sur une période donnée, bien sûr. Tout ça, j'adore. J'adore la chaleur. Lui, il préfère un certain confort et moi, je suis bien à

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partir de 50 degrés. C'est hyper intéressant ce que tu dis parce que quand on imagine une carrière de cadre sup à la défense, quelqu'un qui fait de la danse classique depuis 4 ans, spontanément, on n'imagine pas que ce qui t'attire, c'est le côté rustique, très engagé, très spartiate de toutes ces courses, de toutes ces expériences que tu vis

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

ça tu le savais avant d'être retraitée avant de te lancer dans des dans tous ces délires comme tu dis ou tu l'as découvert

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non non je le savais parce que quand je me suis mise à faire des épreuves dans le désert j'ai pas pris le temps de dire mais ça fait depuis que j'ai l'âge de à peu près une vingtaine d'années j'allais marcher dans le désert donc le désert est mon élément que je connais parfaitement enfin le désert ça a rien je vais commencer à approcher d'autres déserts dans dans ailleurs dans le monde mais donc ça j'ai toujours su que je m'y trouve bien j'ai toujours rappelé ça mes rendez-vous avec moi-même je ne suis pas une adepte de la méditation par exemple mais je crois que je la pratique à ma manière oui je crois que j'ai besoin d'être dans le mouvement mais je ne sais pas d'ailleurs toi-même le sport que tu pratiques a eu pratiqué ou pratique donc je ne sais pas si je te parle chinois ou pas mais Quand on est seul, parce qu'au tchat, il ne faut pas se leurrer, j'étais toujours la bonne dernière, quand il fait 50 degrés, qu'on a 12 kilos sur le dos, qu'on n'en peut plus et tout, on est seul avec soi-même. Eh bien ça, ça a toujours été des éléments pour me ressourcer. Et je me souviens très très très bien que quand je revenais de voyage, que j'arrivais le dimanche, j'avais juste le soir pour me faire les ongles, remettre mon petit costume bien propre, pour me trouver au comité de direction le lundi matin. Personne ne savait ce que j'avais

SPEAKER_02

fait avant. Peu de monde. Excellent. Ça, c'est un aspect... Alors, moi, ça me parle absolument. Je ne faisais pas un sport... J'ai fait beaucoup de judo, mais depuis que j'ai arrêté... Je comprends tout à fait cette notion de se retrouver face à soi-même dans des grands environnements, des grands espaces où on peut se perdre, en tout cas d'un point de vue intellectuel. Mais je sais que quand j'en parle parfois autour de moi dans ma amis etc les gens ne comprennent pas en fait que je puisse trouver un intérêt à partir seul ou en tout cas à chercher cette solitude est-ce que toi c'est quelque chose dans ton cercle d'amis est-ce qu'il y a des gens finalement avec qui tu vis ces expériences vous vous suivez même si chacune ou chacun fait son petit bout de chemin tout seul dans son coin mais est-ce qu'il y a des gens qui le comprennent et qui recherchent ce type d'expérience aussi à ton âge ou tu vois de l'incompréhension dans les yeux des gens quand tu leur racontes

SPEAKER_00

ce que tu fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, ceux qui ne m'ont pas compris, j'ai envie de dire, je les ai perdus de vue ou ils sont perdus tout seuls. Il y a eu parfois, et je vais parler là du monde féminin, où parfois cette incompréhension, en fait, elle est plutôt une forme d'envie, voire je n'ai pas peur d'utiliser le mot jalousie, en fait. Et même dans le travail, et c'est peut-être pour ça d'ailleurs que je n'en parlais pas, temps, quand il est arrivé, que certains pouvaient comprendre qu'en fait, je courais à 6h du matin avant d'arriver de toute façon la première au bureau, ça n'apporte pas que des regards positifs. Ça entraîne de la jalousie ou un regard. Si elle fait ça, c'est qu'elle est dure. Donc, pour revenir à l'environnement, effectivement, aujourd'hui est grâce à tous mes périples dans le bac à sable comme on dit je crois que j'ai beaucoup d'amis proches qui ont la même envie que moi de se retrouver seule au milieu de ces immensités parce qu'ils y trouvent un bagage mental extrêmement fort et qui devient alors une addiction moi j'aime pas le mot parce qu'il est moche il est négatif mais un besoin oui et je pars très très souvent très souvent je m'inscris seule parce que j'ai du plaisir à rencontrer des nouveaux visages parce que ce sont des nouvelles expériences des nouvelles personnes qui ont elles-mêmes en général un regard très curieux qui ont en général arrivé à nos âges beaucoup voyagé beaucoup bourlingué j'aime ça et non seulement ça ne me fait pas peur mais ça me fait plaisir et ça ne m'empêche pas de revendiquer d'être extrêmement sociable par ailleurs je ne suis pas un sauvage du tout, du tout mais c'est un plus en fait j'aime bien aussi dire que je suis caméléon parce que j'aime bien aussi être très sophistiquée

SPEAKER_02

et faire ma neuillienne de service tout autant tu peux faire aussi excellent est-ce que tu as donc tu disais que le marathon des sables ça a été une épreuve qui t'a bien marqué l'autre que tu as fait dans le désert avec c'était le Tchad c'est

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

oui absolument

SPEAKER_02

tout à fait est-ce que tu aurais des anecdotes de certaines de ces épreuves qui toi t'ont particulièrement marqué alors que ce soit au niveau des rencontres tu l'évoquais qui sont vraiment importantes pour toi ou même d'un point de vue physique mental parce que je suppose j'ai jamais vécu d'ultra dans le désert mais je suppose que faire un ultra par 50 degrés ça c'est challenge donc je serais curieux de savoir comment voilà si toi il y a des moments en particulier qui t'ont marqué que tu voudrais partager avec

SPEAKER_00

nous tout à fait et je vais en parler d'autant plus qu'actuellement et même au moment où nous nous parlons c'est la 38ème édition du Marathon des Sables aujourd'hui c'est ce qui s'appelle la sortie longue dont mon année à moi c'était 82 500 d'une traite et que lors de cette sortie longue on passe un Djebel qui est le fameux Djebel Elotfal or pas plus tard que tout à l'heure là je regardais mon Facebook et je voyais les images et je me remémorais le passage de ce Djebel Alors, il faut imaginer, je ne sais plus quelle est sa hauteur, mais il n'est accessible à un moment donné que grâce à une corde, parce que sinon tu ne t'en sors pas. Alors, il faut imaginer mamie qui, comme je l'ai dit, marche, mais je marche avec des bâtons. Donc, tenir, imagine-toi, moi je l'ai passé, il devait être midi, alors on va dire qu'il devait bien faire un bon 40 degrés on a eu 58.8 un jour mais on va dire qu'on était à 40 degrés 12 kilos sur le dos une langue de sable sur un djebel qui se présente devant toi comme un mur

SPEAKER_02

un djebel pardon Christine sachant qu'un djebel c'est une montagne c'est ça en fait un

SPEAKER_00

massif tout à fait c'est un massif montagneux qui là se trouve recouvert d'une langue de sable et donc tu montes comment tenir les deux bâtons la corde et bien arriver pratiquement en haut du DJ Bell, qu'est-ce qu'elle a fait, mamie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Eh ben, j'ai perdu un de mes bâtons. Tu sais, c'est comme les... On se fait du ski, arrivé là-haut, le bâton glisse et descend la pente. Qu'est-ce que j'ai dû faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

redescendre la pente je n'en pouvais plus c'était vraiment l'enfer et je suis remontée mais cette fois-ci à quatre pattes parce que là ça n'a pas été possible autrement et c'est très drôle parce qu'arriver là-haut moi je savais que j'étais dernière parce que je connaissais mon temps mais là-haut il y avait une équipe qui m'attendait ma copine la fameuse Valérie elle avait déjà grimpé le Jebel avant moi et l'équipe là-haut ils savaient tous que j'étais la dernière et bien figure-toi qu'une des filles qui était là-haut, en haut de la montagne, qui était dans l'équipe médicale, je l'ai retrouvée dans l'équipe médicale sur le trègue. Comme quoi, on est un petit monde. Donc, cette image, cette anecdote du bâton qui tombe, il faudrait refaire les bronzés dans le Sahara, là, parce qu'il y a un truc à faire.

SPEAKER_02

Un truc de dingue. Excellent. Et la chaleur, comment tu gères ça quand il fait 50 degrés, avec en plus le les nuits où tu as des écarts de température incroyables

SPEAKER_00

c'est quoi les

SPEAKER_02

challenges sur ce type de

SPEAKER_00

course

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

à force d'avoir pratiqué le désert encore une fois, oui moi quand je dis une vingtaine d'années, je vais même avoir 18 ans les premières fois où on fait le petit truc en 4x4 en quad le petit sud tunisien, le petit sud marocain que tout le monde fait comme tous les touristes j'en suis arrivée au stade où la chaleur ne me fait pas peur je sais que pour beaucoup de gens elle oppresse et tu vois tous les gens déjà quand l'avion se pose sur le tarmac à Marrakech on se prend une bouffée d'air et en général ça impressionne mais y compris physiquement dans la respiration des gens moi je n'ai pas peur je sais le gérer je suis extrêmement raisonnable en termes de de boisson j'allais dire de boisson pas d'alcool d'eau bien évidemment d'ailleurs sur ce genre d'épreuve moi je vis la pipette de mes gourdes coincées entre mes dents et je bois en permanence donc je gère bien d'un point de vue de santé je n'ai pas d'appréhension j'ai la chance pourtant je suis blonde aux yeux bleus je bronze je suis noire tout de suite sans coup de soleil donc j'ai cette chance-là. Et je vais faire le rapprochement avec ma petite expérience dégivrée. J'avais moi-même la même appréhension du

SPEAKER_01

froid,

SPEAKER_00

c'est-à-dire de me dire, les quelques petites expériences de canyoning que j'avais pu faire, quand tu sautes dans l'eau gelée, ça te prend la respiration, t'as l'impression que tu vas faire un arrêt cardiaque. Eh bien, j'ai appris à gérer ça, alors je suis certainement encore pas assez rodée, mais à ne pas en avoir peur. À partir du moment où tu sais que tu as les moyens émentaux et physiques de gérer, tu es dans l'acceptation. Il faut quand même réaliser, quand on fait même un trek lambda dans le désert, et qu'on voit des hordes de nomades, de petits-enfants, de femmes vêtues de rien, tu comprends que l'être humain est capable de vivre dans ces conditions-là.

UNKNOWN

Donc,

SPEAKER_00

Peut-être pas du jour au lendemain, mais avec un petit peu d'adaptation et pas mal de volonté, c'est possible. C'est comme ça que je

SPEAKER_02

gère. Est-ce que tu as déjà pu échanger avec, justement, certaines des femmes de ces pays que tu traverses

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que tu évoquais un peu plus tôt, tu vois, peut-être ce message que tu voudrais faire passer en particulier aux femmes. Oui. Est-ce que tu as eu des échanges et des rencontres, je ne sais pas, avec des réactions très surprises de la part de femmes de ces

SPEAKER_00

pays-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, Oui, des rencontres, j'en ai eu, je dirais, pas assez. Pas assez parce que soit tu es dans une épreuve de sport, je vais revenir quand même sur mes barrières horaires, je ne peux quand même pas m'amuser à engager la discussion du siècle. Après ça, il y a la barrière de la langue, bien évidemment. Mon arabe n'est quand même pas encore bien, même si j'apprends, n'est pas suffisant pour avoir une vraie conversation. Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je n'ai pas eu assez l'occasion ça m'arrive quand je fais des treks alors moi je pars toujours avec un voyagiste qui s'appelle Nomade Aventure avec qui j'ai fait des tonnes de marches là on est dans des conditions où il n'y a pas la notion de limite de temps où là on va à l'approche des femmes où le guide peut faire l'interprète moi je crois que toutes ces femmes elles sont curieuses comment dire Je ne sais pas si on les fait rêver. En tout cas, ce n'est pas quelque chose pour lequel j'ai une approche qui est assez comblée. Effectivement, j'aimerais avoir plus de liens et de retours avec ces femmes-là. Me revient une petite anecdote. Je vais revenir à mon marathon de Paris. Au hasard de mon départ, je me suis trouvée à côté d'une femme. Je ne saurais pas dire si elle était congolaise ou... je ne sais plus trop, en tongs, en boubou, et avec un énorme écriteau sur le dos qui disait« Moi, les 42 km 195, je les fais tous les jours pour aller chercher de l'eau au puits». qu'elles le sont,

SPEAKER_01

ça.

SPEAKER_00

Donc, qu'est-ce que... Elles venaient porter un message de... Moi, je dirais de bourrage. Et nous... Et je renvoie peut-être à une idée que l'on transmet quand on est nous-mêmes avec nos petites jupettes qui ne sont pas forcément très respectueuses des cultures locales. Qu'est-ce qu'on représente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu vois, ça, je ne sais pas te répondre. Je ne sais pas te répondre. Est-ce qu'on crée de l'envie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

De la curiosité, c'est sûr. Mais nos échanges sont trop parcellaires pour que je sache te répondre correctement. Et c'est un manque, c'est une lacune et c'est un manque. Si, ce que je sais souvent, c'est qu'elles me demandent mon âge. Je ne sais pas comment ça vient. C'est peut-être le mérite, c'est ma force. Alors ça, je sais qu'elles ne le comprennent pas. parce que d'abord, je ne suis pas sûre que la longévité dans le désert soit la même qu'en milieu européen. Enfin, je n'en sais rien, mais j'imagine que non, parce que je pense que la mortalité est beaucoup plus forte. Enfin, je l'imagine. Et ça, le rapport à l'âge, ça, ça leur fait tout drôle. Ça, c'est quelque chose sur lequel on se comprend.

SPEAKER_02

Je pense que ça fera tout drôle à un paquet d'auditeurs et d'auditrices, même nichées au cœur de l'Europe, de toute façon, cet échange. Donc, j'ai Imagine bien que pour des populations dans le désert où, comme tu dis, la mortalité n'est certainement pas la même que chez nous, ça doit être d'autant plus étonnant. J'ai une question qui me troque dans la tête depuis tout à l'heure. Est-ce que tu es inadepte des listes

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je t'explique pourquoi. Parce que quand on t'écoute, moi, ça me donne vraiment l'impression que tu croques la vie à pleines dents. Alors, on a bien compris que ça n'a pas été quelque chose qui s'est mis en place à la retraite, que tu as toujours été très… très active, très curieuse. Mais là, moi, j'ai le sentiment que tu enchaînes quand même beaucoup d'expériences et que, tu le disais un peu plus tôt, tu as cette envie de faire un maximum tant que c'est encore possible. Du coup, est-ce que tu gardes une liste des choses que tu veux absolument faire tant que tu es en capacité ou tant que tu as le temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que tu as une

SPEAKER_00

liste

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, elle est drôle cette question parce que oui, je ne vis qu'avec des listes. C'est vrai. Moi aussi, cerveau ou mon cœur ou les deux réunis fonctionnent de telle manière qu'effectivement j'ai toujours envie, j'ai toujours une curiosité, je lis beaucoup, je parle avec beaucoup de gens. Donc tout ce que je pense et qui me fait rêver, je l'écris. Et une fois que c'est sur la liste, je le fais. Je ne sais pas si tu vois le poids du truc. Mais ça peut être vrai. J'ai des petits post-it partout. C'est vrai. Alors, je vais aller au-delà de la liste des courses. Mais... Et c'est peut-être ma manière à moi d'arriver à organiser toutes mes vies familiales, personnelles, associatives, sportives, pour essayer de ne pas trop louper les choses et qu'elles puissent se faire. Parce que Il y a la gestion de l'agenda quand même. Il faut quand même coordonner tout ça. Oui, je fais des listes. Oui. Et le but du jeu, c'est une leçon sur laquelle je suis en train de travailler. Il faut que j'y travaille d'ici les 75 ans. qui est que, à force de travailler son mental, on peut toujours faire mieux, mais bon, admettons que j'ai acquis une espèce de détermination, qu'est-ce qu'elle est

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais peut-être plus forte que d'autres. Mais pendant ce temps-là, mon corps, lui, il vieillit chaque jour un peu plus. Et il me le dit, il me le fait sentir, et je le sais. Et comme je suis quelqu'un d'honnête, il va falloir que j'articule ça correctement, c'est-à-dire que mon mental ne me donne pas l'envie de faire des choses, que mon corps ne pourrait plus assurer. Donc là, pour le moment, je peux encore rêver de trois trucs, mais je suis en train, mais ça ne date pas d'aujourd'hui, mais ça devient très concret, que de gérer la régression. Il faut appeler ça comme ça. Il y a une autre personne dont j'aimerais beaucoup parler qui s'appelle Momo et qui est mon coach de mon club d'athlétisme. qui est un être fantastique, qui porte tous les membres du club à faire des performances de dingue, vraiment il est... Il est fabuleux. Et moi, dans mon coin, bien évidemment, je ne fais pas le quart du dixième de la moitié de ce qu'ils sont capables de faire tous. Mais il l'accepte. Et jamais il ne me montre du doigt. Et jamais il a une phrase désobligeante. Et il me permet de continuer à faire. de manière extrêmement modeste, que les autres font pousser à l'extrême. Je ne te dis pas, il faudrait que tu vois les burpees, les heures de gainage, et le mountain climbing, tout ça. Pourquoi je dis tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est pour dire qu'il faut continuer à faire avec ce qui nous reste, Et en ayant cette humilité, je crois que c'est encore le mot qui me revient en tête. D'accord, tu ne peux plus faire comme ci, comme ça. D'accord, tes muscles se relâchent de partout. Ça dégringole de partout. Mais fais avec ce qui continue à te faire plaisir. Voilà. La notion de plaisir, elle doit toujours être là. Pas faire pour faire, parce que la copine t'a dit, parce que... Voilà. Pour se faire plaisir.

SPEAKER_02

Et tu dirais que pour le moment, dans toutes les expériences que tu as réalisées, tu as réussi à la maintenir, cette notion de plaisir, en dépit des formats extrêmes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ah oui. D'abord, j'ai fait quelque chose qu'il ne faudrait conseiller à personne. Je reviens toujours à ma zone de confort. Quand je dis que j'ai fait X marathon, oui, mais du premier au dernier, ça n'a jamais varié. J'ai mis 6 heures, ce qui est archi nul. Pourquoi 6 heures

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que c'est la barrière limite. mais c'est vraiment le dernier des conseils à donner à tout un chacun parce que si t'arrives à un problème une chute, une baisse de régime ou quoi bah t'es hors délai c'est pas glorieux mais moyenne en quoi moi j'arrive, alors j'ai pas une courbature pas une ampoule je rigole, je peux aller danser après, et ça m'est arrivé plus d'une fois, au Marathon des Sables, le soir de l'arrivée, mais on a fait une danse de dingue, et je pétais la forme sur le dancefloor. Oui, la notion de plaisir. Je ne ferais pas tout ça si ce n'était pas pour me faire plaisir.

SPEAKER_02

C'est évident. C'est intéressant, ta posture, parce que j'ai quand même je te l'avais dit je pense qu'on échange un offre mais je n'ai pas que des gens qui font du sport et de l'aventure mais quand même majoritairement et donc on parle souvent tu vois quand on parle quand on échange sur des courses organisées et pas des aventures montées de son indépendamment d'un organisateur on parle quand même souvent des chronos de la difficulté de presque de la nécessité tu vois d'être dans le rouge à un moment donné pour vivre ce genre de choses et Et en fait, ton discours, ça fait vraiment du bien parce que ça montre qu'on peut finalement être retraité et vivre des choses complètement incroyables. Deux, qu'on peut faire ça en prenant du plaisir et sans se cramer, que ce soit physiquement ou mentalement. Et trois, qu'il faut s'autoriser à rêver parce que tu es la preuve vivante que c'est

SPEAKER_00

possible. Ah oui, et très vivante, absolument. Et quand tu as cette espèce de sablier qui te dit que si tu veux rester en longévité t'as pas intérêt à t'abîmer et ben faut que tu sois dans le plaisir parce que une des chances aussi d'avoir commencé par la danse c'est peut-être de faire la différence dans mon corps entre une douleur qui sera un danger pour je veux dire un muscle un tendon un os ou tout ce qu'on peut et puis la douleur qui est celle de l'effort qui existe l'effort il se fait pas sans rien et ça je crois que je sais bien le repérer voilà c'est Du

SPEAKER_02

coup, ça t'est déjà arrivé de mettre un stop, de t'arrêter toi-même, d'abandonner parce que tu tentais

SPEAKER_00

que… Il y a certains mouvements, il y a des lancers de jambes à froid que je ne ferai

SPEAKER_02

plus.

SPEAKER_00

D'accord. J'ai voulu faire le clown dimanche matin en prenant le pied dans la main parce que ça me faisait rigoler. Il devait être 9h30 et il faisait un froid de canard à dimanche matin, pas chaud. Ça, je sais que j'ai intérêt à le faire lentement. Tout à l'heure, à mon cours de barre au sol, j'étais toute contente. Écart facial, mon front était par terre. J'étais contente. Il faut savoir que ça passe une fois sur cinq.

SPEAKER_02

Aujourd'hui, c'est un bon jour. Pour en revenir à tes listes, est-ce qu'il y a aujourd'hui sur ta liste d'expériences que tu veux vivre des choses que tu n'as pas encore réalisées parce qu'elles te font peur

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, je vais dire non, et ce n'est pas parce que je suis présomptueuse, parce que ce qui me ferait peur, c'est ce que je ne saurais, que mon corps ne serait pas en capacité de faire. Et il y a des épreuves, et je vais mettre des noms, parce que celles-là, elles ne sont pas sur mes listes. C'est la diagonale des fous, c'est l'UTMB, Et elles ne sont pas sur mes listes à cause des barrières horaires conjuguées ou dénivelées. Moi, mon petit corps, il ne sait pas faire. Donc, ce n'est pas la peine que je m'inscrime à m'entraîner. Je suis très volontaire. Mais ça, je sais que je ne sais pas faire. Et il y a des choses qui s'éliminent de ma liste. Alors ça aussi, c'est une nouveauté. Enfin, ça s'est préparé sur une bonne dizaine d'années. C'est que je fuis le monde. Je suis en train de devenir sauvage. Quand je dis que j'adore le trègue et son petit format, c'est que d'être 15... sous l'arche au départ c'est un kiff énorme mais moi quand je vois les images je ne voudrais pas être désobligeante. Et encore une fois, j'ai participé à des courses où il y avait des milliers de personnes. Je ne veux pas cracher sur ces choses-là. Elles ont toutes leurs valeurs. Mais, arrivé à mon âge, voilà, moi, faire la queue quand je vois la queue sur l'Everest, que je vois la queue sur le Tour du Mont-Blanc, que je vois la queue sur le GR20, toutes ces queues-là, sur la Diagonale des Fous, je crois que c'est au premier CP, il y avait trois heures d'attente. Moi, tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne cours pas après. Donc, mes listes, ça fait éliminer quand même pas mal de choses. Parce que, par exemple, j'étais en Patagonie au mois de mars. Ce n'est pas vieux. Je me suis fait Argentine-Chili. Et là aussi, une très belle expérience, une première. J'ai marché sur un glacier. Alors, pas la marche sur le glacier, mais quand j'ai monté les... des belles montagnes de Patagonie. Moi, rentrer le ventre parce que je suis en train de descendre et qu'il y a quelqu'un qui est en train de monter et parce que tu as une chaîne humaine qui attend pour monter, ça m'enlève du plaisir. Voilà. Donc, ma liste de mes envies, elle devient exigeante parce qu'avec mes petites capacités physiques et en enlevant cet argument de la recherche de... c'est pas la solitude mais le trop de monde ça me va pas ça me va plus

SPEAKER_02

peut-être l'authenticité le

SPEAKER_00

côté un peu l'authenticité

SPEAKER_02

effectivement

SPEAKER_00

et quand j'étais en Patagonie j'ai croisé un couple qui venait de faire 3 mois comme il y a beaucoup de gens qui font des road trip voilà et qui m'ont dit mais ma pauvre où va-t-on pouvoir aller parce que maintenant il y a du monde partout partout partout partout et là il va falloir que je creuse plus pour que ma liste s'enrichisse parce que au demeurant je me réjouis d'une forme de démocratisation que tout le monde puisse voyager dans le monde je ne peux que m'en réjouir voilà mais Moi, faire la queue, même quand j'ai fait le Kilimanjaro, moi, le monde qu'il y avait, 700 pèlerins qui partent à la même heure, qui arrivent à

SPEAKER_02

la même heure en haut

SPEAKER_00

et qui repartent et qui redescendent en même temps, pour moi, ça enlève du

SPEAKER_02

charme. Je peux comprendre que ça dénature un peu l'expérience. Je trouve. Mais effectivement, je suis aussi d'accord avec toi sur le côté de démocratisation. Pour revenir plutôt aux épreuves, je pense que c'est impossible de le mesurer, mais combien de personnes est-ce que l'UTMB ou le Marathon de Paris ont fait rêver et qui du coup se sont mis au sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce qu'il y a une bonne chose en soi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Mais c'est vrai que pour l'avoir fait aussi, le Marathon de Paris, je crois que mon année, il y avait 50 000 personnes. Le monde, c'est clairement un critère qu'il faut prendre en compte avant de s'inscrire à des courses comme ça. 50 000 personnes, ça fait

SPEAKER_00

quand même... Et puis, ça attire aussi une population... Là, c'est mon regard peut-être de critique, je ne sais pas, ou d'expérience, mais... je sais que je suis lente par rapport à d'autres je le sais et je sais très très bien où me mettre mon petit côté droit pour gêner personne et bien je repense à mon dernier Paris-Versailles parce que ça faisait trois siècles que je ne l'avais pas fait il y a toujours le petit malin qui te double par la droite y compris à aller dans l'herbe pour te montrer combien t'es lente et s'il peut te donner un coup de coude il s'en réjouit et bien moi ça c'est pas ma notion du sport c'est pas fair play c'est pas chouette c'est pas pour faire le malin pourquoi pour se casser la figure 500 mètres plus loin

SPEAKER_02

tout

SPEAKER_00

ça c'est pas chouette et je suis de plus en plus bénévole parce que ça aussi on en a pas parlé mais ça c'est un gros gros gros kiff que d'être bénévole qui plus est quand tu pratiques ou que tu as pratiqué toi même et j'ai en tête j'étais sur le 10 km Adidas de juin dernier à mes pieds là où j'étais c'était une hécatombe Alors, deux beaux gosses, tous plus beaux gosses les uns que les autres, la belle tenue et tout. Mais alors, ils ont dit de dire, top, là au bureau, je te fais le 10 km. Mais sans entraînement, à mon avis, ou pas assez. Alors, sans avoir bu, il y avait un petit coup de rechute de canicule. Ça tombait comme des mouches. C'est vrai. C'est-à-dire que je faisais le lien avec l'ambulance. C'est pas respire deux coups, bois un coup et repars. Ils étaient vraiment mâles.

UNKNOWN

Eh bien...

SPEAKER_00

Je porte un regard, oui, la critique, on parlait de démocratisation. Tant mieux si tout le monde fait du sport. Je précise d'ailleurs que je privilégie le mot activité physique que sport. Moi, j'aime bien le mot parce que ça veut dire que tu ne prends pas l'escalator, tu montes les escaliers en métro. Tu vois, c'est plutôt une attitude de vie. Mais donc, tous ces jeunes qui s'abîment, je ne trouve pas que ce soit bien. Il faut s'entraîner. Qu'on fasse 5, 10, 20, 10 fois plus, ça se travaille. Et on y va quand on est prêt. je

SPEAKER_02

suis bien d'accord avec toi là aussi c'est vrai qu'on en parle souvent avec beaucoup d'invités de cette banalisation des distances ou même en alpinisme de certains sommets j'en parle mais j'ai effectivement pas grand chose à te dire parce que c'est ce que j'ai fait j'ai fait un 10 km et j'ai enchaîné avec la Saint-Élion et ensuite j'ai fait la PTL 300 km donc vraiment pas le bon exemple mais par contre dans tous les cas, j'ai été préparé. Et ça, effectivement, je pense qu'il faut le faire

SPEAKER_00

sérieusement. Mais en quoi tu serais un mauvais

SPEAKER_02

exemple

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, mais dans le sens où, tu vois, je pense que la progressivité, avec du recul, je pense que la progressivité est importante pour la longévité. Et je ne sais pas aujourd'hui quels sont les impacts, tu vois, que ça a pu avoir pour moi de passer d'un 73 kilomètres à un 300 avec 26 000 mètres de dénivelé. Si c'était à refaire, je prendrais peut-être 50 plus, tu vois, pour faire

SPEAKER_00

des étapes. Oui, j'entends ce que tu dis. C'est déjà de la sagesse que de le réaliser

SPEAKER_02

et de le penser déjà voilà mais par contre j'étais préparé tu vois à aucun moment je me suis pointé sur ces épreuves sans entraînement en me disant on a fait un pari on va le faire et là je pense que t'as raison de le souligner il faut chacun son rythme etc mais c'est important quand même de se préparer pour éviter que finalement une activité physique qui est essentielle bénéfique devienne négative pour l'organisme

SPEAKER_00

exactement est-ce qu'on peut partager un conseil que un de mes coachs m'avait donné est-ce que toi tu le vérifierais, c'est-à-dire que pour s'aligner sur une distance, quelle qu'elle soit, il faut être à l'aise sur la moitié. Et quand je dis à l'aise, ce n'est pas l'ombre D'un dégât, d'une courbature, d'une blessure, rien du tout. Est-ce que tu connais ce…

SPEAKER_02

Oui, j'avais déjà entendu ça. Je ne sais pas, alors je ne saurais pas du tout te dire, je ne suis pas un expert du tout sur la course à pied, mais je ne saurais pas te dire si derrière, il y a des fondements scientifiques, si ça sort d'études ou autre, mais j'avais effectivement déjà entendu ça, oui. Ce n'est pas la première fois que

SPEAKER_00

j'entends ça. Parce qu'en fait, même pour faire un 300, tu ne t'entraînes pas sur 300.

SPEAKER_01

Ah ben non, non. Non, mais d'accord.

UNKNOWN

Non, non.

SPEAKER_00

Et ainsi de suite, quelle que soit la longueur, on ne fait jamais la vraie distance. En tout cas, moi, c'est ce que je m'applique. J'accède

SPEAKER_02

à la moitié. Tu vois, on est repensant. Mes entraînements pour la Saint-Élion, donc mon année, ça faisait 73 kilomètres de mémoire. J'avais récupéré des programmes d'entraînement pour des... Alors, ce n'est pas un ultra, mais pour des 70-80 bornes. Effectivement, les séance les plus longues c'était du 35 donc c'est ce que tu

SPEAKER_00

dis et t'as eu très

SPEAKER_02

froid

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

alors non non je fais alors je sais pas mon année ça doit être la seule année de la Saint-Élion où il a pas neigé pas gelé pas plu non c'était on avait même trop chaud pour tout te dire j'ai eu des problèmes gastriques pour rentrer dans les détails sexy parce qu'en fait j'avais trop chaud j'avais une première couche en mérino assez épaisse et en fait j'ai énormément de transpirer et quand il y a des coups de vent qui ont commencé à se lever au bout de 4 heures bah en fait ça me faisait une plaque

SPEAKER_01

de

SPEAKER_02

congélation au niveau

SPEAKER_01

du

SPEAKER_02

ventre donc non non j'ai pas du tout eu froid mon année donc non ouais j'ai pas vécu une Saint-Élion classique visiblement mais bon alors un peu plus tôt tu nous as fait une sorte de teasing tu disais que tu connaissais très bien le désert ça à rien. Tu t'es laissé suggérer qu'il y avait d'autres choses, d'autres déserts auxquels tu allais te frotter. Est-ce que j'ai bien compris le teasing

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, tout à fait. Je les ai tous faits en Afrique, sauf la Libye, parce que je m'étais inscrite et quand on est arrivé sur le tarmac, M. Kadhafi n'a pas voulu de nous, donc je l'ai fait courte. C'était l'année des infirmières.

UNKNOWN

Donc...

SPEAKER_00

Là, je me suis inscrite au mois de septembre. Je vais faire l'Ouzbékistan. Alors, il n'y aura qu'une partie désertique. Mais je n'ai pas trouvé de course de mon niveau en Amérique du Sud. Donc, je pense faire un trek dans le désert d'Atacama en 2025, mais en version nos dossards, nos barrières horaires, juste le plaisir de s'en mettre plein les yeux. Voilà. Non pas que... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'adore toujours mon désert saharien et j'y retournerai bien volontiers. Mais toujours pareil, mon sablier. Ce n'est pas 90 balais. Je ne dis plus 80 ni 85, je dis 90. Je fais tout ça. Donc, tant que je peux profiter, je crois qu'il y a de très, très beaux déserts à découvrir en Amérique du Sud et en Asie et en Mongolie aussi.

SPEAKER_02

Et le grand froid, du coup, les déserts blancs, maintenant que tu as fait... expérience avec les givrés

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors oui et bien je ne me l'interdis plus mais alors il va falloir vraiment que j'aille chercher là aussi le vrai blanc de blanc parce que mon Kili tu vas dire ça fait deux fois qu'elle fait des remarques critiques si j'ai je suis très contente du défi physique je l'ai fait c'est passé c'est très très très bien mais malheureusement après qu'on m'ait dit que je n'avais qu'un quart d'heure à tenir là-haut parce qu'après c'est dangereux pour ma petite santé quand t'arrives là-haut il n'y a pas un pet de neige il n'y a rien du tout et le quart d'heure on le passe à jouer des coudes pour prendre la photo devant le fameux trépied bonjour il n'y a rien de bucolique là-dedans j'ai donc découvert la glace et les montagnes neigeuses là en Patagonie et effectivement je commence à regarder mais c'est pareil j'ai plein de copains qui ont fait je vais parler du Spitsberg par exemple pareil qu'il y a un monde de dingue là aussi. Des airs blancs, oui, mais je ne sais pas quand, comment et

SPEAKER_02

lequel.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_02

écoute moi je peux te conseiller un itinéraire qui est en Suède et ça s'appelle la Kungsleden la voie royale je sais pas si t'en as entendu parler pas du tout je pense pas non plus que ce soit un truc complètement hors des sentiers battus c'est en gros l'équivalent du GR20 pour les suédois l'avantage c'est qu'en hiver ça peut se faire en ski de rando c'est relativement plat il y a autant de dénivelé sur 10 jours que sur une épreuve d'une journée du GR enfin sur une section du GR20 d'une journée et c'est très bien il y a des refuges etc un petit peu partout donc voilà peut-être à

SPEAKER_00

regarder je

SPEAKER_02

vais regarder avec plaisir la voie

SPEAKER_00

royale

SPEAKER_02

d'accord voie royale excellent oh là là et bien écoute Christine c'était en tout cas passionnant d'en apprendre plus sur tout ce que tu réalises tout ce que tu fais ton approche du sport je pense que c'est enfin moi en tout cas c'est un message que j'ai trouvé extrêmement inspirant cette notion de longévité de ne pas se fixer de limites mais d'être en même temps consciente comme tu dis du sablier et puis de ses capacités de chercher le plaisir avant tout ça fait vraiment du bien à entendre aussi est-ce que toi il y aurait un message que tu voudrais faire passer en conclusion alors je te donne quelques éléments avant l'audience des frappés c'est quasiment 40% de femmes j'ai la moitié de mes invités qui sont des femmes très souvent des femmes qui m'écrivent pour me dire qu'elles ont vraiment apprécié des épisodes enfin les épisodes en général mais d'autant plus quand c'est des femmes qui réalisent des aventures du sport seules parce que voilà il y a un certain nombre de croyances et que les femmes osent peut-être moins se lancer que les hommes pour plein de raisons donc est-ce que pour ces femmes là en particulier tu aurais quelque chose à dire et de manière générale pour les frapper donc les gens qui aiment le dépassement la détermination la résilience tu voudrais dire quelque chose

SPEAKER_00

également et bien avec grand plaisir alors d'abord je vais te dire merci à toi Loïc de me donner cette opportunité et effectivement si derrière tout ça c'est le goût du partage qui bien évidemment guide tous mes pas dans quelques domaines que ce soit oui j'ai envie de m'adresser aux femmes en particulier et leur dire mais osez, osez, osez plus vous serez heureuse plus vous diffuserez du bonheur d'abord autour de vous, c'est une banalité de le dire mais quand on le vit c'est encore mieux ne vous donnez pas de frein, il n'y a pas besoin d'avoir ni même d'énormes budgets parce qu'on n'a pas évoqué cet angle-là mais qui est à prendre en considération avoir des chaussures confortables et sortir de chez soi et marcher tout simplement en regardant autour de soi comment la nature est belle entre deux flottes et deux rayons de soleil on peut se faire plaisir avec pas grand-chose ouvrez grand les yeux parlez avec des gens osez, osez c'est le message de base que j'ai envie de diffuser pas de frein voilà tous les freins qu'on se donne on peut les lever j'ai mis de côté ceux de la santé encore que si on développait sur ce registre là j'ai nombre d'amis qui ont eu ou qui ont encore des problèmes de santé majeurs et qui s'en sortent grâce à l'activité

SPEAKER_01

physique

SPEAKER_00

je prends le soin de parler d'activité physique et non pas de sport parce que ça veut bien C'est-à-dire bouger, encore une fois, en prenant ses baskets, en sortant de chez soi, en ne prenant plus l'ascenseur ni l'escalator, mais en se bougeant, tout simplement.

SPEAKER_02

Voilà mon message. Excellent. Eh bien, écoute, un grand, grand, grand merci, Christine. C'était passionnant. Et puis, peut-être à une prochaine fois pour un débrief de ton aventure en Patagonie ou, je ne sais pas, dans un désert

SPEAKER_00

blanc. Avec plaisir.

UNKNOWN

Merci. Bonne fin de journée. Merci.

SPEAKER_02

Et voilà, merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode incroyable avec une retraitée pas comme les autres, clairement. J'espère que l'échange vous aura plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager autour de vous. Si vous souhaitez de manière générale soutenir le podcast, que vous appréciez mon travail tout simplement, n'hésitez pas à vous abonner, laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute, celle que vous utilisez là tout de suite. Pensez également à partager le podcast à fond autour de vous, à en parler en fait, tout tout simplement, pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Et je vous le disais en introduction, si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast, vous pouvez le faire via la plateforme Tipeee. Le lien est en description de cet épisode. Chaque euro compte et permet au podcast de conserver son indépendance. Merci pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va parler de la mythique Swiss Peak, une épreuve d'ultra-trail de plus de 300 km.

UNKNOWN

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