Les Frappés de la carte et les Frappés de la carte et les Frappés de la carte et les Frappés de la carte et les Frappés de la carte et les Frappés de la carte. En fait, je me faisais chasser par le courant qui était trop fort. Au niveau du tourant, il y avait plein de cailloux, donc mes genoux, mes tibias, ils tapaient les cailloux, tout ça. Et du coup, je ressors du tourant, j'étais vraiment frigorifié, je pense que j'étais en début d'hypothermie. Et heureusement qu'on avait un refuge derrière parce que du coup, on a pu aller se réchauffer, faire un feu. Et j'ai mis, je pense, 2-3 heures avant vraiment de me réchauffer complètement.
Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde.
On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre alors autant les vivre à fond. Cette semaine, je reçois Fleury Roux. Fleury est un passionné de course d'orientation qu'il a d'ailleurs pratiqué à haut niveau puisqu'il a été membre de l'équipe de France.
Cet amour des cartes et du sentiment de liberté qu'il trouve dans la discipline l'a amené à l'été 2022 à réaliser un défi fou, une traversée intégrale de la Norvège à pied, mais pas n'importe comment. Son frère et lui l'ont fait en cédant uniquement de cartes-papiers et de boussoles. Il leur a fallu 83 jours, dont 44 sous la pluie, pour parcourir les 2800 km dont la moitié était hors sentier. Fleury est également un excellent trailer puisqu'il a terminé 3ème de la MCC tout récemment. C'est l'une des courses phares de l'UTMB, 40 km pour 2300 m de dénivelé. Et enfin, il est depuis quelques années ce qu'on appelle camera runner, cam runner, c'est-à-dire qu'il court équipé de matériel vidéo pour permettre des retransmissions en live de courses de trail, notamment l'UTMB.
Merci Fleury pour cet échange, excellente écoute à vous les frappés.
Bienvenue Fleury sur le podcast. Merci Loïc de m'inviter, ça me fait vraiment plaisir d'être là avec toi. Très très content. On s'était croisés, alors s'il y en a qui se rappellent, j'avais fait quelques stories. J'étais parti faire un stage dans le cadre de ma prépa pour accompagnateur Moïlle Montagne. J'étais parti faire un stage d'orientation avec Arvik. J'avais un peu posé la question d'ailleurs sur le réseau, est-ce que vous connaissez un bon stage pour apprendre à faire de l'orientation avec carte boussole et tout ? Et quasiment tout le monde, tous ceux qui m'aient répondu m'avaient dit Arvik. Donc j'étais parti faire un stage avec Arvik et c'est comme ça que je t'avais rencontré,
puisque tu faisais partie de l'équipe d'encadrement Montagne de Lure, le stage de la Montagne de Lure. Et on s'était régalé et en échangeant pour donner un petit peu le contexte, j'avais découvert quelques facettes de ton parcours où je m'étais dit, punaise mais qu'est-ce que c'est que cette énergie humaine ? Il faut absolument l'avoir sur les frappés. Donc voilà, très content qu'on fasse ça quelques mois plus tard. Et ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par nous expliquer dans les grandes lignes ce que tu fais. Eh bien, merci Loïc en tout cas, comme je disais, merci de m'avoir invité ici. Effectivement, on s'était rencontré en Montagne de Lure, alors moi c'était dans le cadre professionnel, puisque je travaille comme accompagnateur en montagne et je suis donc formateur en orientation, notamment dans le cadre de formation pour des personnes qui préparent les diplômes de montagne,
comme le diplôme d'accompagnateur en moyenne montagne et guide de haute montagne. Donc voilà, je travaille avec un organisme qui s'appelle Arvik. Et l'idée justement, c'est de former un petit peu aux techniques d'orientation, ben voilà, tous les futurs candidats et les futurs professionnels de la montagne. Donc ça, c'est une grosse partie de mon métier. De base, moi je viens du monde de l'orientation. Donc, je suis vraiment passionné d'orientation. J'en ai pratiqué à haut niveau pendant plusieurs années en équipe de France, dans mes années junior. Et après, voilà, j'ai mis un petit peu de côté la partie de l'orientation sur le haut niveau. Et je me suis dédié justement au côté professionnel, sur partager ma passion, transmettre un petit peu tout ce que j'avais pu apprendre quand je faisais du haut niveau,
notamment lors de ses stages avec Arvik. Excellent. Excellent. Et alors, il y a ce passé, on va dire, avec la courantation où tu étais en équipe de France pendant quelques temps. Mais aujourd'hui, le sport, enfin, tu as une pratique sportive qui va plus loin que l'orientation, puisqu'aujourd'hui, tu fais du trail ultra et tu es également, heureusement, tu m'as donné le terme tout à l'heure, camérarunner ou camrunner. Est-ce que tu peux nous dire ce que c'est que ça ? Exactement. Alors, déjà, moi, c'est vrai que j'ai toujours pratiqué le sport, que ce soit la courantation, mais à côté, j'adore le trail. Et je pratique aussi pas mal de red multisport, le red aventure, où on enchaîne justement les épreuves de course orientation,
VTT, donc VTT orientation, kayak ou packraft en eau vive. Donc, j'aime beaucoup le sport, surtout les sports de nature, les sports outdoor. Donc, c'est une partie de mon métier sur la partie en formation. Et en fait, une autre partie de mon métier, elle est liée aussi au sport. C'est la partie justement qu'on appelle camérarunner. Alors, en fait, je travaille pour des boîtes de production qui proposent des suivis live sur des courses en trail. Un peu comme autour de France, on aurait des motos qui suivent la course en direct pour retransmettre les images et les faits de course. Et bien nous, en fait, on est des camérarunners, donc on ne suit pas les coureurs en moto, mais on les suit à pied pour retransmettre les courses en live. Donc, peut-être que certains ont déjà vu des images de l'UTMB ou des grandes courses comme le Marathon du Mont-Blanc, Sierre-Zinal,
où on a un live sur 2, 3, 4 heures, des fois une journée complète. Et bien voilà, il faut des coureurs pour filmer. Et moi, je fais partie de ces gens-là. Donc là, cette année, tu as couvert l'UTMB ? Ouais, cette année, j'ai été présent sur beaucoup d'événements, que ce soit dans le monde du Skyrunning, par exemple la Sky Race des Mataisins, sur pas mal de manches UTMB. Donc, par exemple, Transvulcania en Espagne, qui est une manche assez connue. Istria aussi, c'est une des premières manches UTMB World Series qui avait lieu en avril. Et là, bien sûr, les grandes courses UTMB, donc sur la semaine à Chamonix. En plus de ça, voilà, j'ai fait aussi des manches de Golden Tri-Series comme Marathon du Mont-Blanc, Sierre-Zinal. Et j'étais également présent comme Camerarunner en Autriche pour les championnats du monde de trail et de course en montagne,
qui avaient lieu début juin en Autriche. Donc voilà, j'ai pas mal aussi bossé de ce côté-là sur les événements. Énorme, énorme. Je pense qu'il va y avoir quelques anecdotes intéressantes que tu vas pouvoir nous partager sur ce que ça fait de courir à côté d'un Kylian Jornet, d'un Mathieu Blanchard ou des phénomènes de ce genre. Mais avant ça, je voudrais bien qu'on reparte sur la course d'orientation. Et moi, la première question que j'ai envie de te poser, c'est qu'est-ce qui fait, est-ce que tu arriverais à dire aujourd'hui, ce qui fait que tu as accroché dans cette discipline ? Donc il y a l'aspect sportif, je pense qu'on comprend bien, parce que voilà, tu es accompagné aujourd'hui, tu fais du trail, etc. Mais qu'est-ce qu'il y a eu d'autre qui fait que ça a été la course d'orientation que tu as poussé jusqu'au plus haut niveau
jusqu'à être en équipe de France ? Alors en fait, moi la course d'orientation, je l'ai découvert au collège et j'ai eu la chance de tomber sur une prof d'EPS qui était sportive, elle, de haut niveau dans la discipline, donc en course d'orientation. Et je pense du coup, elle a réussi avec mon frère en fait à nous transmettre un petit peu sa passion, parce que j'ai commencé avec mon frère l'orientation. Lui, il a pris une licence un ou deux ans avant moi, et puis ensuite moi j'ai enquié derrière, je devais être au collège, je devais avoir 13 ou 14 ans. Et la course d'orientation, moi de base je faisais de l'athlétisme, je courais, j'adorais la nature,
et c'était pour moi une opportunité d'explorer un petit peu plus loin que les sentiers. Ben voilà, généralement quand on court, quand on fait de la rando, on reste sur sentiers balisés. Et moi j'adore en fait sortir un petit peu des sentiers battus, j'adore aller voir un petit peu plus loin. Et surtout j'adore en fait la liberté qu'apportent les cartes, parce qu'en fait on se rend compte que quand on s'est lire une carte, ben en fait ça nous ouvre une opportunité folle de choix d'itinéraire sur le moment quoi. C'est-à-dire qu'en fait quand on apprend à lire les cartes, on peut passer n'importe où, en forêt, on peut aller découvrir des endroits qui ne sont pas très connus, et dans des endroits aussi qui sont magnifiques en fait en nature.
Donc il y a ce côté liberté qu'apporte la rando, c'est qu'on n'est pas cantonné à rester sur un sentier. Et voilà, ben c'est sûr que lié au côté sportif, moi c'est sûr que j'aime bien la compétition, moi la course d'orientation j'ai tout de suite accroché du coup à la discipline, et me sentant progresser ben ça m'a donné aussi envie de m'investir un peu plus dans la discipline quoi. Et donc une épreuve de course d'orientation, alors j'imagine qu'il y a différents formats etc. Mais toi ça que tu as fait le plus, ça consiste en quoi ? Alors en fait c'est un petit peu comme en biathlon où il y a justement des formats de course, il y a le format sprint, donc le format sprint c'est 15 minutes de course. Donc c'est des formats qui sont très très rapides, où c'est généralement en ville,
et donc là ça court à plus de 20 km heure, c'est vraiment des allures de folie. En fait en coordination, à haut niveau il faut être capable de lire la carte à 20 km heure. C'est-à-dire déjà il faut être capable de courir à 20 km heure, en plus de ça, d'avoir une carte et de la lire à très haute vitesse. Donc il y a ces formats-là, moi ça me plaisait un petit peu moins ces formats-là, parce que ça demandait, déjà on était plus en ville ou dans des parcs. Moi mes formats préférés c'était le format moyenne distance ou longue distance, même encore plus longue distance, parce que les formats longue distance, il y avait des choix d'itinéraires, donc il y avait des plus longs postes à postes, c'est-à-dire entre chaque balise il y avait des longs choix d'itinéraires,
où il pouvait y avoir 1-2 km, et donc ça laissait l'opportunité vraiment de faire un choix en orientation. Et ces formats-là après, il faut bien se dire qu'en compétition, ils étaient quand même assez courts, c'est-à-dire que c'était 1h30, 1h40 de course. Donc par rapport à trail et à l'ultra, où généralement on a des formats qui dépassent même les 20h de course, l'orientation ça se pratique en tout cas à haut niveau sur une courte distance, et surtout 1h30 maximum, parce que c'est très prenant mentalement. C'est la grosse spécificité un petit peu de la discipline, c'est qu'il y a la partie physique, mais en fait rester concentré en orientation pendant 1h30, faire des choix, toujours savoir où on se situe, en fait ça demande une énergie mentale folle et une charge mentale incroyable, et du coup,
des courses déjà de 1h30, 1h45, on finit, mais on est cramé quoi, comme si on avait fait un trial de 3-4 heures quoi. Donc voilà, les distances elles ne sont pas comparables en trial, et voilà, c'est plutôt la partie, le challenge technique et le challenge mental qui va rentrer en jeu sur des formats un peu plus longs quoi. Ok, donc l'idée c'est tout le monde part, non tout le monde part pas en même temps. Alors non, ça va dépendre des courses, mais généralement c'est en contrôle à montre, et donc il y a des départs toutes les 2-3 minutes. En fait en orientation, toutes les personnes ont le même circuit, tous les concurrents ont le même circuit. Alors des fois il peut y avoir ce qu'on appelle des papillons, donc il va y avoir des boucles, comme ça si les coureurs se rattrapent, ils vont partir chacun sur une boucle différente,
et ensuite ils vont revenir à la même balise et ils vont faire la boucle ensuite que l'autre coureur a fait. En tout cas c'est toute une organisation comme ça au niveau du traçage, mais c'est un sport individuel. Après il existe les courses en relais, donc comme je disais il y a le format sprint, 15 minutes de course, le format à moyenne distance donc c'est 30-40 minutes de course, et le format longue distance 1h40. Et à côté de ça donc il y a les formats relais, donc les formats relais c'est souvent, voilà, ça va dépendre, il y a des relais de 3 en compétition internationale, et après il peut y avoir des relais jusqu'à 10 coureurs sur des courses très populaires en Suède et en Finlande, mais donc là c'est des courses d'équipe, des courses de club généralement ou des courses de pays, voilà, comme au biathlon, il peut y avoir, voilà, chaque pays qui met les 3 meilleurs coureurs lors des championnats du monde, et là voilà, il peut y avoir des variations de ce côté-là, mais souvent c'est un sport individuel quand même, la majorité du sport en orientation. Ok, et donc tu me dis si je dis des bêtises, mais en synthèse il y en a qui découvrent un peu la course d'orientation, c'est pas vraiment une chasse aux oeufs, c'est-à-dire qu'en fait au départ on vous donne une carte, il y a des balises qui sont placées sur cette carte, et tout ce que tu as pour t'orienter jusqu'à la balise, c'est une boussole, et donc c'est ta capacité à un, aller vite, courir vite, et puis deux, surtout à savoir exactement où t'es et calculer le bon itinéraire. Mais chaque balise, c'est pas genre, voilà, t'es dans une autre, dans une zone, il y a un rayon de 100 mètres, débrouille-toi, la balise est quelque part ici. En fait la balise elle est placée à chaque fois à un endroit remarquable sur le terrain, c'est-à-dire une ligne de niveau, le croisement d'un chemin avec un autre, le bout d'un, je sais pas, d'un lac ou ce genre de choses. Donc il faut vraiment être capable de lire la carte
très précisément, et de savoir à quoi correspondent les infos de la carte dans la réalité. En gros, c'est ça. Ouais, c'est exactement ça. J'ai bien retenu le leçon d'Arc. T'as vraiment bien résumé, et surtout, c'est vrai que quand on parle d'orientation, les gens pensent un peu à Koh Lanta, des fois en se disant, bah justement, c'est ce côté un petit peu, je vais avoir de la chance en trouvant la balise. En fait la course d'orientation, il y a quasiment jamais de part de chance. C'est de l'entraînement et de la rigueur pour arriver à haut niveau, comme toute discipline sportive, mais encore plus sur l'orientation parce que cette part technique justement,
elle demande beaucoup d'expérience, et en fait les balises elles sont placées à un endroit très précis. Et on sait en fait, la balise elle va être placée au nord-est de Skyula. Donc maintenant c'est à nous en tant qu'orienteurs de faire le bon choix, de prendre les bonnes décisions pour arriver le plus vite possible à Skyula. Comme tu le disais, c'est la précision et on cherche pas la balise normalement, on cherche un élément, donc on cherche par exemple un caillou, on cherche un sommet. Et une fois qu'on est sur l'élément, et bien en fait là on a la balise, donc la balise c'est une toile avec un boîtier etc. Et là on vient poinçonner et valider en fait, mais la balise elle vient juste matérialiser le fait qu'on est arrivé au bon élément. Je me rappelle d'ailleurs, petite anecdote sur le stage, on avait fait une journée, enfin non il y en avait eu plusieurs je crois, mais moi j'en avais fait qu'une,
une journée un peu test, simulation d'orientation comme pour le probatoire accompagnateur en main de montagne. Et il y avait une balise en particulier qui était sur un plateau, alors je sais pas si tu te souviens, mais le plateau, enfin globalement c'était relativement plat, et puis il y avait un endroit où il y avait un petit monticule qui était peut-être 2 mètres au-dessus du reste, mais que nous on voyait pas avec la vegetation. tous les élèves du stage ont un peu du mal à le trouver et vous vous étiez arrivé et précisément sur le truc. Et là c'est vrai que là du coup c'est hyper visible que l'expérience, enfin ça a un impact énorme en fait. Vous aviez aucun doute sur le fait qu'elle était là et nous on galérait vraiment.
Exactement, c'est beaucoup d'expérience parce que pareil, il faut connaître les différents terrains et un bon orienteur. On peut lui donner n'importe quelle carte, sur n'importe quel terrain il doit être capable de s'orienter rapidement, efficacement. Et généralement c'est le problème un petit peu quand on débute, c'est qu'on manque d'expérience en orientation et on a du mal à aller orienter sur d'autres types de terrains. Imaginons qu'on vienne des Alpes du Nord, si on nous donne une carte justement de montagne de Lure, Alpes du Sud, en fait on va être un petit peu perturbé par la végétation, par le relief qui va être dessiné différemment, et même peut-être des fois de la cartographie, qu'il y aura des légendes spécifiques qu'on ne connaîtra pas. Donc c'est vrai que c'est un peu, ça c'est vraiment l'expérience, c'est après avoir travaillé pendant des années sur plein de types de cas, en fait le sommet qu'il soit dans les Pyrénées, au nord de la France ou dans le sud-ouest,
en fait c'est toujours le même sommet, il faut arriver à bien l'identifier, c'est juste qu'il aura des spécificités et ça c'est l'expérience qui fait ça. Yes. En tout cas, s'il y en a qui veulent apprendre à vraiment lire des cartes dans le détail, n'hésitez pas à aller faire ce stage avec Arvik, moi je me suis régalé, puis j'avais trouvé ça, enfin au final l'orientation, alors peut-être pas au niveau, mais je trouve qu'il y a aussi un côté un peu ludique, tu vois, tu as la satisfaction d'arriver sur ta balise, tu dis ok, celle-là je l'ai trouvée, on passe à la suivante, et je trouve que chaque balise c'est un peu une relance de ok, est-ce que tu vas arriver à trouver la prochaine,
à trouver le bon itinéraire, etc. C'est exactement ça en fait, je pense que quand on le prend comme un jeu, un petit peu l'orientation, il y a toujours cette satisfaction de ok, j'ai bien planifié, j'essaye de passer par là, ensuite de passer ici, et une fois que tout ce que tu as prévu ça se passe bien en fait, tu jubiles parce que c'est génial, tu as ce sentiment de ok, je commence à maîtriser un petit peu la carte, et en fait même nous à haut niveau en fait, on a le même sentiment que toi en fait quand tu débutes, et c'est ce qui je pense nous fait accrocher un petit peu à la discipline, c'est ce côté justement, voilà on nous donne une carte, il faut être autonome dans sa pratique, et voilà on fait nos propres choix,
on prend nos propres décisions, et si elles sont bonnes, bah elles nous amènent à la balise, et ça c'est super quoi. Alors tu disais que toi tu es plutôt amateur des formats longs, donc en gros une heure et demie de course en compétition, mais tu m'avais parlé d'un défi quand on s'était vu en mars-avril là, qui était un petit peu plus long que l'heure et demie en course en rotation, le cross Norway, donc que tu as fait avec ton frère, un énorme énorme challenge, c'est un record officiel d'ailleurs ou pas ? Non on n'a rien officialisé, parce que c'est compliqué de dire, ouais de parler de record, quand il n'y a jamais eu déjà de choses faites avant, et en fait un record il faut mettre des règles, il faut que ça soit vraiment bien structuré, alors que là nous on l'a fait avec notre envie, avec notre idée à nous derrière la tête, donc ouais on pense qu'il n'y a pas eu de course
d'orientation aussi longue dans le monde, mais ce n'est pas un record. Ok, ok, donc en quoi est-ce que ça consistait exactement ? Bon le nom on parle, Cross Norway, mais rentrons un peu dans le détail. Ouais alors on a appelé le projet Cross Norway, en fait c'est une idée qui était venue il y a déjà deux ans maintenant, le projet a été réalisé l'an passé, donc l'été passé, en 2022. Donc avec mon frère on a réalisé la traversée de la Norvège, mais ce n'est pas une simple traversée en randonnée ou autre, on l'a certes fait à pied, mais on l'a fait donc en orientation. Donc ça veut dire quoi en orientation ? Ça veut dire simplement qu'on n'a pas utilisé de moyens technologiques, on a utilisé que des cartes pour nous orienter. Et des cartes assez précises, on n'a pas utilisé les cartes de randonnée du coin, on a utilisé des cartes de cours d'orientation,
qu'on a l'habitude d'utiliser en fait en compétition, en tout cas avec le même type de légende. Donc c'est des cartes qui sont très précises, la végétation, le relief, les cours d'eau, ça va être très très précis. Et donc l'idée c'était de traverser la Norvège, donc de partir du point le plus au sud qui est l'Indonesfuer et aller rejoindre le point le plus au nord, c'est le Cap Nord. Donc l'idée c'était d'aller traverser la Norvège du sud au nord en utilisant nos cartes. Et voilà, on a fait ça du coup en orientation, on le fait majoritairement hors sentier, du coup on ne reste pas que sur les sentiers. Donc l'idée c'était de tracer comme un itinéraire assez direct. Donc voilà, au total on a fait, on a passé 83 jours là-haut pour la traversée, donc tout à pied.
50% de hors sentiers, parce que du coup on n'est pas resté que sur les sentiers ou sur les routes, beaucoup de hors sentiers. Et on a fait 2800 kilomètres au total, donc en trois mois ça fait une moyenne de 35 kilomètres par jour. Waouh ! Punaise ! Mais je me rappelle d'un élément que tu avais précisé, c'est que cette année-là, donc l'été dernier était 2022. Oui. Habituellement l'été norvégien est plutôt ensoleillé et… Ouais. Pas trop, mais là c'est pas trop ce que vous avez vécu. Ouais. Je me souviens, bah en France c'était la canicule, il n'y avait pas d'eau, sécheresse, et nous là-haut on a pris la flotte un jour sur deux. On a compté en moyenne, donc sur nos 83 jours, on a passé 44 jours, enfin en tout cas on a eu 44 jours de pluie sur 83. Donc ce qui est quand même énorme, c'était parce qu'il y avait à la fois le challenge physique, parce que c'est quand même long,
le challenge technique, parce qu'il faut quand même orienter, tu es toujours en prise au niveau mental pour orienter. Et il y avait tous les différents challenges à côté, notamment au niveau mental, la gestion de l'humidité, parce que quand tu passes 44 jours sous la pluie, ben c'est pas très agréable. Et aussi l'humidité au niveau des pieds, parce qu'en fait il faut savoir que la Norvège, là-haut, c'est quand même bien humide au niveau du sol. Il y a beaucoup de ruisseaux, de torrents, de marais, de tourbières. Et en fait, on a tellement traversé des zones comme ça, on a passé, on avait calculé aussi, 81 jours sur les 83 jours, on a fini les pieds mouillés.
C'est-à-dire qu'on a passé les pieds mouillés 81 jours sur les 83. C'est énorme, c'est-à-dire que le soir, en fait, on faisait sécher tout simplement nos pieds. Et le lendemain, on savait qu'on remettait les chaussettes mouillées et les chaussures mouillées, parce que derrière, on traversait des tourbières, marais, ruisseaux, et on avait constamment les pieds mouillés. Oui, ça, s'il y en a qui ne sont jamais allés en Norvège, j'en reviens avec l'expédition avec les bâtards, dont je parlerai bientôt dans un épisode. Et on a fait quelques randos, on était au-dessus de Bergen, entre Bergen et Alessoun, en gros, si ça te rappelle quelque quoi. Et effectivement, évidemment, tu vois que la Norvège, je crois que c'est le pays qui a le plus deal au monde,
donc il y a effectivement beaucoup d'eau quand tu es en Norvège, mais il y a aussi beaucoup, beaucoup de… C'est extrêmement humide, et les deux randos qu'on a fait et toutes les randos qu'ils ont fait sur le reste de l'expédition, ils étaient à chaque fois trempés parce que tu marches… C'est pas vraiment de l'herbe dure en fait, c'est un peu des tourbières. Tu as l'impression que tu te dis « Ah ben là, il y a une butte, je vais mettre l'autre pied dessus », puis en fait, ce n'est pas une butte, c'est juste une espèce de tas de mousse où tu t'enfonces jusqu'à la Maléole. Enfin, c'est… Ouais, très humide. Ouais, ouais, ouais, nous on s'en est bien rendu compte et on ne s'y attendait pas autant plus. Après, je pense que ça a été un été particulier puisque toutes les personnes qu'on a vues là-haut en fait,
nous disaient « Mais vous n'avez pas de chance, on est en train de prendre l'été le plus pourri au niveau météo depuis 25 ans ». Donc, nous, ça fait chier. Le seul été où on décide de traverser la Norvège, on se chope toute la pluie quoi. Et pourquoi la Norvège en particulier ? Alors, en fait, comme je disais un petit peu, les cartes qu'on a utilisées, ce sont des cartes de courtox orientation. Et en France, on a les cartes hygiènes par exemple, donc c'est des cartes de randonnée. Là-haut, ils ont aussi leurs cartes de randonnée. Mais nous, on a utilisé un autre type de cartes, donc c'est des cartes de courtox orientation qui sont plus précises. Et l'avantage, c'est qu'en fait, là-haut en Norvège, tout le pays est cartographié avec ce type de cartes-là.
En fait, c'est des cartes qui sont générées automatiquement par satellite. Elles s'appellent des cartes LIDAR, mais elles sont extrêmement précises. Donc, à la moindre, tous les 5 mètres de dénivelé, on a la courbe de niveau qui marque très bien le relief. Au niveau de la végétation, on a aussi des super détails. Pareil au niveau des ruisseaux, des zones humides, etc. Donc, en fait, à l'époque où on a commencé le projet, il n'y avait que la Finlande et la Norvège, et l'Espagne, je crois, qui étaient équipées de ces cartes-là, en fait, en tout cas sur l'intégralité du pays. Et en fait, c'est ce qui a été un peu le moteur du projet, c'est que nous, en tant qu'orienteurs, on a su que toute la Norvège était cartographie comme ça, et on s'est dit, c'est l'occasion, en tout cas, d'aller traverser un pays
et d'utiliser des cartes de concentration. Alors, depuis, je sais qu'il y a la Suisse aussi qui est cartographiée comme ça. La France, peut-être en 2025, il y aura toute une cartographie comme ça aussi, lidar. Donc, voilà, ça va un petit peu s'ouvrir un petit peu ce type de cartes. Mais il faut savoir qu'elles sont quand même difficiles à lire. Et c'est vrai que si je te montrais une carte, si je montrais une carte de concentration à n'importe qui, ben, il trouverait ça même quasiment illisible parce qu'il y a tellement d'éléments sur la carte que quand on a un œil extérieur et qu'on n'a pas l'habitude d'utiliser des cartes de concentration, et ben, en fait, on s'y perd un petit peu et on a du mal à simplifier la légende.
Alors que, par exemple, sur nos cartes hygiène, on a une légende qui est vraiment très, très simplifiée. Et donc, du coup, elles sont déjà plus faciles à lire d'un point de vue visuel, quoi. Ok. D'accord. Et donc, mais attends, parce que les cartes, tu disais que vous les avez utilisées sans moyens. Enfin, il n'y a pas eu d'utilisation de moyens technologiques. Non. Ça représentait combien de cartes ? Ben, en gros, on avait 250 de cartes au total. Alors, il y a peut-être une question que les gens vont se poser, c'est qu'on n'avait pas… Il y a ce côté assistance qui a été un des points clés de l'aventure, c'est-à-dire qu'on n'a pas fait ça en autonomie complète. Au début, quand on avait envisagé le projet, on imaginait se faire livrer des colis, donc avec des cartes,
avec de la nourriture, etc. Là, ce qu'on a fait, c'est qu'on a tout anticipé avant. On a préparé toute la nourriture, on a fait du déshydraté. Donc, on a fait des sachets pour chaque jour, pour les petits déjeuners, pour les dîners du soir. Et on a tout chargé, en fait, dans le camion de ma sœur et de son copain, qui sont kinés, et qui nous ont suivis, en fait, là-haut, en Norvège. En fait, eux, ils ont fait leur petit voyage aussi là-haut, avec pour objectif de nous ravitailler tous les 6-7 jours, ou tous les 5-6 jours. Et des fois, on les voyait plus souvent. Donc, en fait, à chaque fois qu'on passait en ville, en moyenne, tous les 5-6 jours, on les retrouvait.
Et on récupérait des cartes qu'on avait déjà imprimées avant, en France. Et on retrouvait de la nourriture et éventuellement du nouveau matériel. Du coup, voilà, sur les 83 jours, en fait, on les a retrouvés régulièrement en ville, pour récupérer un petit peu et pour qu'on ait une assistance. Donc, on était en semi-autonomie sur cette traversée. On avait des autonomies complètes jusqu'à 6 jours. Mais en réalité, après tous les quelques jours, on les retrouvait pour récupérer cartes et nourritures. Avec les conditions que tu as décrites là, 44 jours de pluie sur 83, même en étant autonome 6 jours, ça fait déjà long, non ? Parce que ça veut dire que le matos, en vrai, il n'a pas le temps de sécher. C'est ça. En fait, de toute manière, même quand on les retrouvait,
en fait, quand on était en ville, on dormait quand même en tente. Enfin, je veux dire, donc en fait, nous, dans tous les cas, on dormait en tente. Et parce qu'eux, ils avaient juste un camion, quoi. Donc, ils dormaient dans leur camion et nous, on dormait en tente. Alors, il y a deux fois à Trondheim, on a dormi sur un sol dur. Et aussi, je ne sais plus, c'était à Bodo, je crois, au nord. On a dormi dans une auberge de jeunesse. Le reste, en fait, on a réussi quand même à trouver tout au long du parcours des petits refuges. Alors, il y a un système qui est vachement bien en Norvège. C'est que tous les refuges sont gérés par un organisme. Et je crois que ça appartient... En tout cas, c'est très bien géré.
On avait juste à récupérer une clé au début de l'aventure. Et on avait accès à tous les refuges de Norvège. Et à chaque fois qu'on arrivait à un refuge, en fait, tu payes ton refuge directement sur place. Mais tu n'as personne, tu n'as pas de gardien, tu n'as personne pour t'ouvrir. C'est juste que tu viens avec ta clé, mais par contre, tu peux dormir au sec. Et on a quand même pu dormir... Il me semble qu'on a fait une trentaine de nuits, finalement, au chaud. Parce qu'on a pu trouver soit des refuges, soit des petites cabanes de pêcheurs, des cabanes de chasseurs, des fois qui étaient ouvertes. Donc, du coup, on allait dedans aussi. Voilà. On a réussi de trouver des opportunités comme ça pour dormir au sec un petit peu à droite à gauche.
Parce que c'est sûr que quand on prend 44 jours de pluie, tu es content de pouvoir faire sécher des affaires à certains moments. Et des fois, quand il pleut dehors et que toi, tu es au sec, ça te fait du bien. Le confort au niveau mental, il est génial. Justement là, puisque tu parles de mental, comment tu le gères... Alors, je ne sais pas si c'est un... Moi, j'ai un truc avec la pluie, en tout cas. Tu vois, quand je préparais la PTL, comme je savais qu'on allait être dehors longtemps, j'avais fait quelques exercices d'anticipation, notamment sur la pluie. Donc, moi, j'ai un truc avec la pluie. Mais je dis, mais 44 jours, quand tu sais qu'il y a de fortes chances que tu sois trempé à la fin de ta journée
et que le lendemain, tu repars, tu es déjà trempé. Comment... Enfin déjà, est-ce que pour toi, mentalement, c'était effectivement un truc qu'il a fallu gérer ? Et dans tous les cas, comment est-ce que vous l'avez géré avec ton frère ? Alors, ouais, c'est forcément... La météo, c'est quelque chose... C'est une des choses qui impactent le plus le moral sur une aventure comme ça si longue. Parce que c'est sûr que quand tu avances sous le soleil, qu'il fait beau et que tu as une belle végétation autour de toi, que tu vois des montagnes, etc., mentalement, tu te sens quand même beaucoup mieux. Quand tu te prends la pluie toute la journée, tu ne vois rien du tout, tu es dans le brouillard.
Franchement, c'est dur. Et en fait, nous, une des clés de notre aventure, c'était... Enfin, une des motivations, c'était justement ce côté paysage et ce côté nature. Et en fait, nous, on était là aussi pour voir du paysage, pour profiter un petit peu de l'environnement. de l'environnement qui est autour de nous. Et en fait, le fait qu'on ait eu 44 jours de pluie, ce n'était pas tant l'eau finalement qui était gênant, c'était surtout le fait qu'on ne voyait pas. Quand il pleut, en fait, tu ne vois pas à 5-10 km parce que voilà, c'est visibilité réduite. Il y a souvent du brouillard, des nuages. Et donc, c'était plutôt ce côté frustration au niveau...
On est dans des beaux paysages, on traverse des superbes montagnes et en fait, on ne voit rien. On ne voit rien de ce qu'on traverse. Et ça, c'était frustrant. Après, c'est sûr que le côté humidité à gérer, c'était vraiment pas évident. Mais notre corps, il s'est vraiment bien adapté et puis même notre mental en fait. C'est sûr que si au début, tu nous aurais dit, on va prendre 44 jours de pluie sur 83 jours, ça ne donne pas envie. Même nous, mentalement, on n'est pas prêts à affronter ça. Par contre, là, on l'a vécu petit à petit et en fait, on s'adapte. C'est-à-dire qu'à un moment donné, quand tu as vécu 2-3 jours de pluie d'affilée, tu te dis, OK, en fait, ça ne me fait absolument rien du tout.
Enfin, je veux dire, physiquement, ça ne m'atteint pas. Mentalement, ça t'atteint un peu parce que ce n'est pas agréable. Mais en fait, une fois que tu l'as fait, tu sais que tu es capable d'avancer quand même sous la pluie. Et après, je pense que quand il pleut, nous, on s'est vraiment raccroché. C'est peut-être ce qui t'est arrivé aussi sur la PTL, mais nous, on s'est raccroché à l'objectif final. En fait, il t'arrive des trucs que tu n'as pas forcément anticipé. Il pleut plus que prévu. Par contre, derrière, ton objectif final, c'est d'arriver au Cap Nord ou c'est de finir telle course. Du coup, affronte les difficultés comme elles viennent. Et dans tous les cas, c'est la météo, c'est la montagne.
C'est comme ça, en fait, tu ne peux rien y faire. Et à toi de prendre les éléments que tu n'avais pas prévus, à toi de les prendre de manière positive justement pour continuer à avancer et te dire, tu vois, finalement, nous, on est content de se dire, ouais, on a fait une traversée de la Norvège, il n'a plus 44 jours. En fait, on a vécu quelque chose de plus dur de ce qu'on avait imaginé. Et finalement, tu en ressors aussi avec plus de confiance. Tu te dis, en fait, 44 jours de pluie, je les ai faits. Eh bien, ça ne m'a pas tué. Ça ne m'a pas rendu malade. Voilà, ça te rend plus fort finalement de se dire, j'ai vécu ces choses-là qui n'étaient pas prévues.
Et j'ai réussi à les surmonter. Et ça, c'est quand même… tu gagnes en confiance quand même après ce genre d'aventure. C'est clair. Ça fait une super transition. J'avais été demandé du coup quels étaient pour toi les apprentissages de cette énorme traversée. Alors, peut-être que d'un point de vue technique, il y en a eu, tu vois, sur la lecture de cartes, etc., sur une durée aussi longue, mais plus sur la partie vraiment perso, tu vois. Comment est-ce que tu as grandi après ces 83 jours et 2800 kilomètres à travers la Norvège ? Alors, c'est sûr que la partie technique, c'était le plus gros challenge, je pense. C'était la charge mentale qui était liée à l'orientation.
Parce que quand tu suis un sentier balisé, en fait, tu te fais entre guillemets… tu ne te fais pas chier quoi entre guillemets, c'est-à-dire que tu as juste à suivre et tu peux penser autre chose. Tu peux être dans tes pensées, voilà, tu es porté par le sentier. Là, tu es porté par rien du tout. Tu es porté par tes décisions. Tu es porté par ton cerveau qui te dit tu dois prendre telle ou telle décision. Et franchement, toutes les cinq minutes, tu réfléchis où c'est que tu vas passer. Alors, nous, l'avantage, c'est qu'on était deux et qu'on pouvait se répartir la charge mentale liée à l'orientation. C'est qu'à un moment donné, lui, il orientait. À un autre moment, c'était moi.
Donc, on essayait chacun de trouver des moments de repos vis-à-vis de ça. Donc là-dessus, c'est vrai que ça nous a fait prendre conscience, même si on en était déjà un petit peu conscients, que 83 jours en orientation, ça fatigue énormément au niveau du cerveau, au niveau des prises de décisions. Par contre, ça apporte une telle liberté que derrière, en fait, on se sent capable de partir n'importe où en montagne, dans n'importe quel type de terrain. Je veux dire, ça ne me fait plus peur. Disons que j'ai assez confiance pour me dire, tu me fous n'importe où sur Terre ou dans telles conditions. Je sais que derrière, si j'ai une carte ou avec les réflexes qu'on a pu adopter, on arrive à orienter, on arrive à se débrouiller.
Et le ressenti, ça ne nous fait plus peur. Après, on a beaucoup appris sur nous, je pense, déjà de vivre une aventure à deux. Ce n'est pas évident parce qu'on est 24 heures sur 24 avec la même personne. Donc, moi, mon frère Corentin, j'avais l'avantage de bien le connaître avant et qu'on s'entende plutôt bien. Et on a quand même eu des gros moments ou des engueulades, des moments de moins bien. Parce qu'en fait, c'est très difficile de vivre 24 heures sur 24 avec la même personne. Et ça, c'est un petit peu aussi un bilan qu'on fait, quoi. C'est que derrière, il a fallu du temps pour encaisser un petit peu le projet à deux. C'est-à-dire qu'à un moment donné, il y a eu des jours difficiles.
Mais derrière, on a quand même réussi à rester soudés et d'avoir fini cette aventure soudée ensemble. Je pense que ça, c'est une vraie force en tout cas pour nous parce que ce n'était pas évident. Et je pense qu'il y a un autre côté. Cette aventure, elle nous a donné une grande confiance sur notre côté physique. Et moi, c'était ce que j'étais venu chercher aussi mental. C'est qu'en fait, à un moment donné, on savait qu'on allait se retrouver dans des conditions difficiles, qu'on allait en chier, que ça allait être dur physiquement, mentalement, que des fois, on allait en avoir marre, on allait peut-être vouloir arrêter. Et en fait, d'avoir vécu ça et de voir comment notre corps réagit, en fait, tout simplement ça, c'est « Tiens, dans les gros moments de difficulté, comment est-ce que je réagis ? » Et ça, ça nous a beaucoup apporté, je pense personnellement, de se dire « On a réussi à affronter des difficultés et on ne savait pas comment nous, on allait réaliser à ce moment-là. » Après 60 jours, quand tu prends la pluie, quand tu traverses des torrents, « Comment est-ce que tu réagis ? »
Ça, ça nous a apporté quand même pas mal d'éléments et surtout beaucoup de confiance de voir notre corps nous adapter. Les premiers jours, on faisait 30 km, on était fatigué comme tout, on se disait « Mais ça va être très très long. » En fin d'aventure, on arrivait à faire des journées à 45 km. Notre corps s'était adapté à l'allure, s'était adapté au hors-sentier. Et ça, c'était quand même incroyable de sentir ça dans son toit. Tu l'imagines parce que tu as déjà lu des récits d'aventure, tu as déjà lu des gens faire des longues traversées, des choses comme ça. Tu te dis « Mais comment ils font ces gens-là ? » Et toi, de le vivre par toi-même, de te dire « Ok, j'ai réussi à faire ces 80 jours-là, 2800 km. »
Et sentir que mon corps allait mieux après 40 jours qu'au bout de 2-3 jours d'aventure. De sentir qu'il s'était vraiment adapté. Ça, ça a été un petit peu ce qu'on en a retiré de cette aventure. Et tu vois le fait que ton corps s'adapte. Est-ce qu'il y a eu vraiment un moment pivot ? C'était après X jours, X semaines ? Ou ça a été assez progressif ? De mon côté, je l'ai ressenti au bout de 15-20 jours. Au bout de 15-20 jours, j'ai commencé à avoir des bonnes sensations. Je pense que ça se fait progressivement, mais entre les 5-6 premiers jours, ils sont délicats quand même. Ils sont vraiment délicats de deux côtés. Parce que déjà, tu commences, donc tu sais que ça va être long. Et donc, tu te dis « Mais tu finis les journées, tu es cuit. » Et tu te dis « Mais comment je vais faire pour aller au bout ? »
Et en plus de ça, tu découvres un petit peu l'environnement dans lequel tu es. Tu vois, les forêts et les marais en Norvège, ils ne sont pas du tout comme en France. Donc, quand tu avances dans un marais, en fait, ton corps, tes muscles doivent s'adapter. Quand tu as foulé même, elles doivent s'adapter. Et donc, c'est pour ça que je pense qu'il faut une dizaine de jours un petit peu d'acclimatation ou en tout cas d'adaptation. Et derrière ensuite, le corps se met en route. Et après, on a plus une fatigue de fond à gérer. Parce que même si le corps s'est adapté, on a la courbe d'adaptation qui monte. Par contre, on a la courbe de fatigue qui monte aussi.
Et du coup, il faut savoir la gérer parce que plus on continue, plus la fatigue s'accumule. Et on va avoir aussi des moments un petit peu difficiles à gérer de ce côté-là. Et avec l'humidité, vous n'avez pas eu de problème, notamment au pied, vous n'avez pas eu de problème de peau, des champignons ou des trucs comme ça ? Non. Étonnamment, on n'a rien eu du tout. Ça, c'est vraiment... On a vraiment eu de la chance, je pense, là-dessus. Alors, on a eu des petites blessures, des petits trucs comme ça. Mon frère, au bout de 2-3 jours, il avait déjà une bursite parce qu'il n'avait pas l'habitude d'utiliser les chaussures qu'on a utilisées là en Norvège. Donc, il avait une inflammation au niveau du talon.
Par contre, les pieds, on n'a jamais eu d'ampoule. Et ça, je ne sais pas vraiment comment on a fait. Enfin, on n'a rien touché. On ne les a même pas préparés avant. On n'a rien fait pendant... Ce qu'on faisait juste, c'est qu'on les séchait bien la nuit parce qu'on savait que le lendemain, ils allaient être à nouveau humides. Et ouais, on finissait les journées avec les pieds un peu blancs, tu sais, tout fripés quand tu viens de nager longtemps. Et bien, en un pied, ils étaient comme ça au début sur les premières étapes. Et après, je ne sais pas, ils se sont vraiment aussi adaptés. Et en fait, c'est là où tu te rends compte que ce genre de long projet,
les adaptations de ton corps, elles sont quand même assez folles. Et c'était marrant à voir. En tout cas, pour nous d'extérieur, c'était marrant à voir. Excellent. Est-ce qu'il y a un moment de cet expé ou une anecdote, tu vois, qui t'a vraiment marqué, qui représente un peu ce que vous étiez allé chercher ou les difficultés que vous avez rencontrées ? Ben, je pense que si on parle de difficultés, on a eu un moment au 15e jour où on a fait face, en fait, à un énorme torrent qui provenait de glaciers. Et le truc, c'est que là où on devait le traverser, il devait y avoir un pont. Mais on est arrivé, on était le 15 juin. Et le 15 juin, en fait, il faut savoir qu'en juin, les ponts,
ils ne sont pas installés en fait en Norvège parce que c'est trop tôt dans la saison. Alors, saison d'été, elle est un petit peu plus tard. Donc, on arrive ce 15e jour en fin de journée. On avait un refuge en plus juste derrière le torrent. Et on devait dans le refuge. Et là, on arrive en fait et le pont n'est pas installé. Donc, on a juste en fait les câbles du pont qui traversent le torrent. C'est un torrent qui faisait à peu près 20-30 mètres de long environ. Donc, il est quand même assez large. Et là, on ne savait pas trop quand le traverser puisqu'en fait, le torrent était glacé. Honnêtement, il devait être à 45 degrés. Ça venait vraiment de la neige, des glaciers.
Et du coup, mon frère, il commence à traverser. Alors, lui, il ne se sentait pas traverser à pied. Du coup, il traverse sur le câble en fait. Donc, on avait les sacs de 15 kilos. Donc, il traverse en pont de singe. 15 kilos les sacs. C'est-à-dire que voilà. Là, en plus, on était en début d'itinérance. On venait de partir sur une itinérance. Donc, on devait d'en voir entre 13 et 15 kilos. Donc là, il traverse. Donc, ça veut dire qu'il se met en pont de singe. C'est-à-dire qu'il attrape le câble par les mains et avec les pieds. Et il traverse comme ça, cochon pendu, tout le truc. Il faut savoir qu'en dessous, c'était un torrent assez énervé avec des cailloux, tout ça.
Et ouais, il finit la traversée. Il avait les bras complètement tétanisés. Vraiment, il a eu vraiment très, très peur. Je pense que c'est une des plus grosses parts de sa vie. C'est de lâcher au milieu du torrent. Et moi, du coup, honnêtement, je ne me sentais pas du tout assez fort des bras pour traverser. Et en vue mon frère déjà être vraiment en difficulté de l'autre côté, j'ai décidé de traverser un peu plus bas sur le torrent. J'avais vu un petit passage peut-être où j'ai l'impression que ça pouvait éventuellement passer. Donc, je commence à m'engager. Et en fait, la force du courant était trop forte de ce que j'avais imaginé. Et j'ai commencé à me faire chasser.
Donc, en fait, je me suis fait un peu emporter par le courant. Donc, j'ai commencé à mettre des mouvements de crawl pour essayer de traverser le plus possible. Et en fait, je me faisais chasser par le courant qui était trop fort. Donc, au niveau du torrent, il y avait plein de cailloux. Donc, mes genoux, mes tibias, ils tapaient les cailloux, tout ça. Et du coup, je ressors du torrent. J'étais vraiment frigorifié. Je pense que j'étais en début d'hypothermie. Et heureusement qu'on avait un refuge derrière parce que du coup, on a pu aller se réchauffer, faire un feu. Et j'ai mis, pense, deux, trois heures avant vraiment de me réchauffer complètement. Et j'avais les jambes, j'avais des bleus sur les genoux, sur les tibias parce que j'avais tapé partout dans le torrent.
J'étais un peu un peu emporté. Donc là, ça a été vraiment un des moments un peu épiques de l'aventure. Un truc vraiment, on ne s'y attendait pas. On savait qu'on allait avoir de l'eau, des torrents. Mais ça, ça nous a quand même bien marqué. Et ça nous a beaucoup refroidi sur le reste de l'aventure où à chaque torrent, franchement, on y arrivait, on n'était pas serein. Tu m'étonnes. Vous avez ramené des images de l'exprès ? Ouais, on a ramené beaucoup, beaucoup d'images. Notamment ces passages-là, on les a filmés par exemple. En fait, on a beaucoup filmé et on a quelqu'un qui est venu aussi deux fois durant le projet, qui est venu autour du 30e jour et à la fin.
Et on a déjà réalisé un film qu'on a passé en avant-première pour tous les gens qui nous avaient suivis lors du projet. Et là, le film, on est en train de le retravailler un petit peu. Alors, c'est une version, là, on a fait une version longue qui fait à peu près 1h20. Et là, on travaille sur une version un petit peu plus courte pour le projeter en festival de montagne, etc. Donc, on est en train de travailler dessus. On espère qu'il sera présenté peut-être dès l'hiver sur des festivals. Sinon, on a déjà calé des dates. Par exemple, en fin d'hiver, on aura des dates aussi pour présenter le film. Donc, voilà, après toutes les informations, nous, on met tout sur notre page Instagram, Across Norway.
Donc, si les gens sont intéressés derrière, ils pourront aller voir. Mais déjà, sur notre page Across Norway, on a plein de petites vidéos qui ont retracé un peu notre aventure, qu'on avait filmé juste nous à la GoPro. Donc, voilà. L'idée, c'était aussi de partager un petit peu ce qu'on a vécu et de parler un petit peu d'orientation dans le film aussi. Génial. Génial. Je mettrai les liens vers le compte Instagram. C'est bon. Et puis, puisque tu parlais de GoPro, ça fait une transition parfaite sur ce que tu évoquais au moment de ta présentation. Ton activité, ton taf de caméra runner. Déjà, première question, comment est-ce que… Alors, attends. Première question, avant la première question, c'est depuis quand est-ce qu'on a des caméras runner sur les courses ? Parce que je t'avoue que moi, j'y réfléchissais, je me disais, mais en fait, j'ai l'impression qu'il y a toujours eu des lives,
notamment sur l'UTMB. Mais j'imagine que non. Alors… Je crois que les premiers lives… Les premiers lives ont dû être réalisés sur l'UTMB. On devait être en 2015 ou 2016, mais là, je n'ai pas les chiffres exacts. Après, les premiers lives de qualité, je pense que c'est 2017, 2018, avec du meilleur matos. Moi, j'ai commencé en 2019. C'était sur le marathon du Mont Blanc. Et j'ai commencé de manière assez… J'avais couru le Cross du Mont Blanc, en fait, la veille. Et l'équipe du marathon du Mont Blanc, notamment qui est sponsorisée par… C'était une manche des Golden, donc par Salomon. Donc, est venu me voir en me demandant si je souhaitais aider pour le live et courir,
retransmettre sur certaines parties de course. D'abord, ils cherchaient plutôt des coureurs, des bons coureurs, plutôt que des gens qui sont dans le monde de la vidéo ou… Voilà. C'était plutôt d'abord des coureurs. Moi, je n'avais aucune formation dans le milieu audiovisuel, niveau technique, tout ça. Je ne connaissais pas grand-chose. Donc, j'ai plutôt commencé comme ça, ouais. Je crois que ça devait être 2019, sur un de mes premiers lives. Et ensuite, j'ai commencé… Du coup, j'ai rencontré des gens. J'ai commencé, entre guillemets, à me faire connaître. Parce que du coup, j'ai filmé sur des courses et ça se passait plutôt bien. Et en fait, il faut se rendre compte qu'il n'y a pas énormément de coureurs qui peuvent faire ça,
puisque déjà, il faut avoir un excellent niveau pour filmer les courses. Et ensuite, généralement, les coureurs de haut niveau, ben eux, ils font les courses. Donc, en fait, il faut trouver des coureurs qui sont en dessous des coureurs de haut niveau, mais qui courent quand même assez bien pour pouvoir les filmer, quoi. Donc, ce n'est pas évident. Il n'y a pas un gros panel de coureurs non plus. Il n'y a pas de coureurs non plus sur ce genre de live. Et voilà, c'est comme ça un petit peu que c'est venu. Et moi, maintenant, depuis, je bosse beaucoup avec Outdoor Sport Live, qui retransmettent les courses UTMB. Mais ça peut m'arriver de travailler aussi pour d'autres boîtes de production, de réalisation.
Comme cette année, voilà, j'ai dû bosser avec 3, 4 boîtes au total. Ok. Mais donc là, ce n'est pas du tout une activité bénévole. Tu es rémunéré. Non. C'est vraiment un taf rémunéré que tu fais. Ouais, exactement. On est payé. Moi, je suis prestataire. Donc, on est payé à la journée de travail avec eux. Effectivement, ce n'est pas bénévole. D'ailleurs, les lives, ça coûte assez cher quand même. Je ne pourrais pas te délai chiffre, mais c'est quand même des montants qui sont assez importants. Et quand les organisations investissent dans un live, voilà, derrière, on est quand même censé faire un bon retour. Parce qu'il y a quand même une grosse équipe. Alors, certes, il y a nous sur le terrain, mais en fait, nous, on n'est qu'une petite partie du live.
Parce que derrière, il y a la régie. Ils sont énormément. Alors, encore plus sur les courses de l'UTMB. Je crois qu'au total, pour le live, on devait être une soixantaine sur l'UTMB, tu vois, pour le live de l'UTMB. Et quand tu rentres dans la régie, tu as, je ne sais pas, 50 écrans de partout. Voilà, c'est vraiment une grosse machine qui est super bien rodée maintenant, notamment pour l'UTMB. Et ouais, on est nombreux à faire ça. Et du coup, il y a une petite économie qui s'est créée aussi sur ce côté-là. Et il y a de plus en plus de courses aussi qui sont demandeuses un petit peu d'un live sur leur événement. Parce que ça valorise à la fois la course et à la fois le territoire autour. Quand tu as des belles images en drone, des massifs autour, il peut y avoir à certains moments des communautés de communes,
des villages qui investissent un petit peu aussi dans le live justement pour faire parler un petit peu d'un point du tourisme. Un peu comme autour de France, des fois, il montre des images de telle station ou autre. Yes. Ok. Et donc, d'un point de vue technique, ce que tu m'avais expliqué, tu me dis si je me trompe, c'est qu'en fait, évidemment, tu ne fais pas toute la course. C'est-à-dire que quand tu couvres l'UTMB, ce n'est pas le même caméra runner qui prend le départ et qui fait tout le live jusqu'à l'arrivée. Donc, il y a des sections. Selon la durée de la course, le type de course, ces sections sont plus ou moins longues. L'UTMB, là, en l'occurrence, quand tu l'as couvert, c'était des sections de combien que vous faisiez ?
Alors là, cette année, sur l'UTMB, on a filmé des sections de 15 km. Je crois que c'était 15 km. Alors souvent, sur les ultras, on peut aller jusqu'à 20 km, voire 25 km. Ça m'est arrivé de faire des sections de jusqu'à 25 km. Mais généralement, ça va entre 10 et 20 km les sections. Donc, oui, on n'est pas capable, nous, en tant que coureur, de filmer toute la course parce que sinon, on gagnerait la course. Donc, c'est pour ça qu'on est plusieurs. On se répartit un petit peu la charge de travail. Donc, on a quelqu'un qui travaille sur un plan de tournage et on sait exactement que les premiers vont passer de telle heure à telle heure et que nous, on va filmer, je ne sais pas, le top 1, le top 2, le top 3 hommes.
Ensuite, on va faire demi-tour, on va chercher les femmes, etc. Donc, tout est bien structuré pour essayer d'avoir le plus d'images possibles et le plus de sources possibles et de ne pas manquer le pire dans la live. Enfin, le pire, ce n'est pas très grave, mais c'est que si des fois, il peut y avoir des bugs techniques, et c'est ce qui arrive régulièrement parce qu'en fait, on est en montagne. Donc, des fois, on dépend du réseau, enfin, on dépend même tout le temps du réseau. Et en fait, des fois, ça ne fonctionne pas parce qu'il n'y a plus de réseau à ce moment-là. Et du coup, on perd une source. Et du coup, s'il n'y a plus aucune source, en fait, on n'a plus aucune image à diffuser.
Donc, c'est pour ça qu'on est répartis un petit peu tout au long du parcours. Et ouais, généralement, on se fait des sélections entre 10 et 20 kilomètres. Ok. Et donc, d'un point de vue matos, comment tu fais pour qu'il y ait une transmission en live qui se fasse ? Tu as quoi avec toi ? Alors, ça va dépendre avec qui je vais travailler. Sur les live UTMB, si je prends cet exemple-là, on travaille avec une GoPro. Donc, la GoPro, elle est reliée à un stick qui la recharge automatiquement. Ça nous sert de perche pour filmer, en fait. Sur la GoPro, on a le stabilisateur à intégrer, ce qui nous permet, justement, des fois, même avec le mouvement du bras, parce qu'on ne peut pas stabiliser notre bras au complet, d'avoir quand même des images qui sont plutôt fluides.
Ensuite, la GoPro, elle est reliée. Donc, derrière nous, dans le lourd, on a un sac. Dans ce sac, on a un boîtier. Ce boîtier, il est relié à un ventilateur, à une batterie et à quatre ou cinq clés 4G. Parce qu'on doit être capable, des fois, du coup, de filmer sur 2-3 heures. Et en fait, on a un petit ventilo qui permet de refroidir le système. Et au total, on a un peu moins de 2 kilos sur le dos. On a autour de 2 kilos dans le dos avec les clés 4G et le boîtier. Donc, ça, c'est tout lié en Bluetooth, les deux. Et derrière, du coup, nous, les images qu'on fait à la GoPro, en fait, elles sont renvoyées directement à la régie. Donc, il y a un écart de 20 secondes, je crois, entre le moment où on fait des images et le moment où c'est diffusé à la télé.
Donc, il y a un petit écart. Et voilà. Donc, c'est un petit peu le matos qu'on a, là, par exemple, sur les lives UTMB. Donc, il y a quand même une petite partie matos à savoir gérer. Parce que des fois, tu peux avoir des merdes un petit peu techniques. Ça arrive régulièrement, mais au fur et à mesure des années, en fait, ceux qui ont travaillé sur les produits, sur le matériel, ils savent un petit peu où sont les problèmes techniques. Ils essayent de résoudre ça d'année en année. Mais il faut bien se dire que c'est quand même quelque chose de nouveau. Et actuellement, on a un système, peut-être que dans deux ans, ça sera totalement différent. Je me souviens, les premières années, ils nous disaient qu'ils avaient des sacs de 7 kg pour commencer à filmer.
Tu vois, donc, il y avait des câbles branchés de partout. Tu vois, ça pouvait se débrancher. Du coup, il fallait connaître un petit peu à chaque fois où c'est qu'il fallait rebrancher, à quoi servait ce câble, etc. Là, déjà, c'est de plus en plus facile, mais ça peut arriver des moments où on a des systèmes qui plantent complètement. On ne sait pas trop pourquoi. Ça reste quand même une partie technique que nous, sur le terrain, on ne maîtrise pas forcément. Donc, voilà, on fait un petit peu avec. Et c'est aussi un petit peu la beauté de ce boulot-là. C'est que des fois, tu filmes, tu es tout content. Tu sais que tu as ton image, tout ça qui passe. Et des moments, tu as une merde et tu dois essayer de la régler en direct dans le sac à dos.
C'est super intéressant. Ça me fait penser à un échange que j'avais avec Martin Kéruzoré, alors qu'il est dans son univers. Ça ne s'appelle pas Camera Runner, forcément, parce qu'il n'y a pas de runner, mais c'est Mediaman embarqué. Donc, il fait ce que tu fais, mais sur les voiliers de course, où ça va super, super vite. Tu vois, il y a des challenges aussi parce que les éléments sont souvent assez déchaînés. Les bateaux, ils vont à une vitesse folle. Il y a de l'eau de mer partout. Et lui, il est spécialisé en plan drone. Et donc, c'est fou parce qu'en fait, il disait un peu comme toi, que le matériel évolue beaucoup et que quand il s'est lancé, en fait, c'était très compliqué de faire sortir un drone en pleine mer, en pleine course. Mais qu'aujourd'hui, tu vois, entre la maîtrise technique, comme toi, au fur et à mesure des courses, il gagne en maîtrise technique
et le matos qui évolue. Maintenant, franchement, des fois, tu vois des plans drone, tu te dis, mais comment il fait pour faire voler un drone ? Tu vois, entre les vagues, il esquive les gerbes, la grand voile et tout. Enfin, c'est vraiment hallucinant. Donc, passionnant de voir qu'il y a ces métiers qui apparaissent et qui permettent à plein de gens de vivre des événements comme ça de l'intérieur. Du coup, ça m'amène à une question que je lui avais posée aussi. C'était, enfin, je crois, je mettrai le lien vers l'épisode comme ça. Il y en a qui pourront aller vérifier. Mais est-ce que tu arrives quand même à être… Tu parlais, tu vois, de ce qui t'attire dans l'ultra trail,
enfin, le trail en général, c'est la liberté, l'évasion, l'outdoor, la nature. Est-ce que tu arrives sur ces missions, on va dire, de camera runner, pardon, à profiter quand même de ce qu'il y a autour de toi ou tu es concentré sur où est-ce que je place ma caméra, bien filmer les deux, trois bonhommes ou femmes qu'il y a devant moi ? Est-ce que tu arrives quand même à profiter un peu ou tu es obnubilé par la mission ? On est quand même bien concentré sur ce qu'on fait. Il y a quand même des enjeux derrière. Puis même, en fait, je me mets à la place des téléspectateurs qui regardent un petit peu les images. Il faut qu'on soit concentré quand même toutes les minutes sur ce qu'on filme.
Alors, c'est sûr que quand on filme sur des ultras, des fois, on marche. Donc là, on peut regarder un petit peu le paysage qui nous entoure. En fait, ça va dépendre des cours. Je pense que sur les ultras, on est un peu plus souple, on est un peu plus libre. Mais il faut quand même toujours vérifier le cadrage et être concentré sur ce qu'on va filmer, donner les bonnes informations. Il faut prendre conscience aussi qu'on est tout le temps en contact avec la régie, en fait, grâce à des oreillettes. Et donc, on discute aussi des fois avec eux s'il y a un souci, s'ils nous disent, voilà, derrière, ça revient. Il y a peut-être le top 3 qui revient sur le deuxième.
Du coup, il va falloir que tu changes. Donc, en fait, il faut quand même être bien concentré. Et c'est sûr que dans ce boulot-là, sur les moments où je filme, là, je ne suis pas là, moi, pour profiter de l'environnement, de la montagne. Je suis là pour faire mon boulot, c'est-à-dire retranspettre les images, faire quelque chose de le plus qualitatif possible. Et derrière, moi, c'est plus sur mes sorties d'entraînement perso que je vais profiter du trial et de ce que peut apporter le trial et la liberté que ça apporte. Mais sur le boulot, j'essaie quand même de rester le plus rigoureux possible et le plus professionnel pour que ça se passe bien. Ok.
Je suis sûr que tu as page UTMB, ton profil coureur UTMB. Je pense qu'il n'y a peut-être pas toutes les courses que tu as faites. En tout cas, il y en a énormément qui sont listées avec des classements très impressionnants, régulièrement des podiums ou des victoires. La question que je me pose, c'est quand tu es en tête de course que tu dois filmer, tu vois justement les trois premiers hommes-femmes sur un UTMB, par exemple. Est-ce que toi, tu le sens vraiment qu'il y a une grosse différence de niveau sur leur capacité physique, la vitesse, etc.? Ouais. C'est vrai que généralement, je filme les courses. Alors, ça va dépendre des courses, mais les courses UTMB, on sent quand même…
Enfin, moi, je suis toujours impressionné par le rythme, en fait. C'est vrai. Le rythme des premiers sur 170 km. Alors, c'est sûr que moi, quand je commence à les filmer, si je les prends au bout de 100 km, déjà, je suis en rando-course. C'est-à-dire que je ne vais pas forcément beaucoup me fatiguer. Mais je me dis, mais je ne me sentirais pas capable, en tout cas, de tenir le rythme qu'ils ont actuellement après 100 km. J'ai déjà fait des courses un peu plus longues, mais… Ouais, je suis vraiment étonné, en tout cas, de leur capacité à tenir longtemps sur ce rythme-là. Pour ça, je me dis quand même que… Je me dis que ce n'est pas impossible dans le sens où je ne me suis jamais vraiment entraîné pour.
Du coup, pour moi, ça ne reste pas quelque chose de totalement impossible. Par contre, quand je filme sur des courses, typiquement, un Sierr Zinal qui était une course en Suisse, qui a été remportée par des Kenyans, et ça se court 30 km en moins de 2h30 avec 2000 mètres de dénivelé. Là, quand je filme ces courses-là, et là, quand je les suis et que je ne suis capable de tenir que 10 minutes, je me dis que c'est vraiment un autre monde. Il y a vraiment… C'est incroyable. À chaque fois, je… D'ailleurs, quand je me prépare à filmer, en fait, je me fais un échauffement comme s'il allait faire une course. Je me souviens des championnats du monde en Autriche, je filmais donc la course verticale.
Donc, ça partait… Il y avait 7 km, 1000 mètres de dénivelé. Donc, les premiers ont mis 40 minutes. C'est des Kenyans qui ont gagné. Patrick Kipengeno, il me semble. Et en fait, là, je me prépare comme si j'allais faire une course. Et moi, le but, c'est de tenir le plus longtemps possible. Et voilà, on a des sections de 200, 250 mètres de dénivelé jusqu'à 300 mètres, quand c'est des courses vraiment courtes comme ça. Donc, c'est environ 10 minutes de course. Et là, ouais, c'est un autre niveau. Vraiment, je suis… Enfin, je suis épaté et je suis incapable de tenir ce rythme-là durant 40 minutes. Et fort heureusement, parce que du coup, je serais champion du monde sinon.
Mais là, du coup, c'est incroyable. Pareil, quand je suis Rémi Bonnet sur Sersinale, enfin, c'est des allures en côte. On va des fois jusqu'à 1900, 2000 mètres sur certaines sections. Et en fait, c'est des allures de fou, quoi. Et moi, c'est incroyable. Jamais en course, j'aurais pu courir avec ce genre de cours-là et être à ce niveau-là, en fait, avec eux. Et là, du coup, moi, je suis là pour profiter et je le prends comme un défi en me disant, ben voilà, tu es avec des coureurs de niveau mondial. Tu parlais tout à l'heure qu'Yann Jeanette, Mathieu Blanchard. En fait, profite. Tu vas peut-être les filmer que 15 ou 20 minutes sur certaines courses. Des fois, tu vas les filmer une heure, une heure et demie pendant des ultras.
Mais en fait, en course, tu n'auras pas le niveau pour les cibles. Donc, en fait, je suis là, tu profites et tu essaies de tenir le plus longtemps possible et de voir un petit peu, voilà, de profiter de cette ambiance-là et de courir avec eux pour, voilà, attirer un petit peu aussi une certaine satisfaction de notre métier et de se dire, voilà, ce que je fais aussi, ça permet de le retransmettre un petit peu à tous les téléspectateurs qui suivent la cour et de faire suivre une course en direct, en trail. C'est quand même chouette, quoi, parce que c'est un sport qui se démocratise de plus en plus et qui devient de plus en plus professionnel. Et voilà, la professionnalisation, elle passe aussi par les lives de course.
Et donc, c'est vraiment chouette. Moi, j'apprécie beaucoup, en tout cas, ce boule-là. Même d'un point de vue émotion, etc., je trouve que c'est vraiment génial d'avoir, enfin, cette caméra embarquée, entre guillemets, enfin, en tout cas un cam runner. Il me semble que tu avais mis, sur la Sierra Zinal, il y avait Kylian Jornet, non ? Alors, cette année, il n'y était pas. Cette année, il n'y était pas. Il a été blessé. Parce qu'il me semble que tu avais mis une story. Alors, ça va être une autre course où, justement, on voit un groupe de Kenyans qui lance une attaque et tu as Kylian Jornet qui dépose tout le monde. C'était peut-être Sierra Zinal l'an passé.
Ah, ça devait être l'an passé, alors. Ouais, ouais, ouais. Et en fait, j'ai trouvé ça génial parce que, déjà, un, on se rend bien compte que l'allure est complètement hallucinante. Mais surtout, on t'entend, il me semble que c'était toi, mais peut-être que je dis une bêtise. En tout cas, je me rappelle de cette story, on entend le caméra runner, la respiration, en fait. Ah, oui, oui. Ça, on me le dit souvent, en fait. Ouais, ouais. Alors, ça a été le cas aussi au Championnat du Monde cette année où, en fait, généralement, le son de la GoPro ne peut pas être coupé. Je ne sais pas pourquoi. Et en fait, on entend le son de nous, des fois, de ce qu'on dit, quoi.
Et en fait, on nous entend souffler très, très fort. Et ça, ça fait toujours... C'est marrant parce que souvent, après, moi, quand je finis de filmer, derrière, j'ai plein de retours de gens qui disaient... Enfin, sur le chat, des fois, il y a des chats sur YouTube ou sur Facebook ou autre, qui disaient, en fait, les caméramans étaient plus encouragés que les coureurs parce qu'on sentait que nous, on souffrait plus, tu vois. On soufflait tellement qu'ils nous disaient, mais ouais, trop fort, les caméramans. Ils arrivent déjà à tenir dix minutes. C'est génial. On les entend souffler. Du coup, ils nous encourageaient, en fait, à travers le chat. Enfin, nous, on ne le savait pas forcément, mais c'est marrant.
Effectivement, ouais, on est obligés, en fait. Comme je te disais, sur des courses super courtes, en fait, nous, on se met au taquet, quoi. Je veux dire, on ne calcule pas notre effort et on va jusqu'à « explosion », entre guillemets. On est là. On sait au moment où on va partir qu'on va se faire mal et que ça va être difficile. Mais on sait aussi qu'on n'a pas de pression parce qu'en fait, nous, on essaie de faire le mieux possible. Et certains moments, il y a des jours où on est en forme, on peut tenir un peu plus longtemps. Et il y a d'autres jours où on est moins en forme et on va perdre un petit peu de temps, quoi. Mais en tout cas, un peu de temps, on ne va pas réussir à tenir toute la section qu'on devait tenir.
Donc, voilà, ça dépend un petit peu. Mais c'est marrant, des fois, de se sentir encouragé ou même des fois sur le bord des sentiers. Je vois aux championnes du monde, par exemple. Des fois, il y avait des Français qui me reconnaissaient et qui m'encouragaient sur le bord de santé. Ils n'encouragaient même pas les coureurs, tu vois. Ils disaient « Allez, tiens le plus longtemps possible, tu vois. Aller, accroche-toi. » Tu vois, c'est marrant. C'est toujours des moments sympas, quoi. En fait, je trouve que ça « humanise », entre guillemets, la performance, tu vois. Parce que sur cette story, notamment, bon, moi, je t'ai vu sur le stage Harvik et puis, quand on voit ton profil UTMB, on voit bien que tu n'es pas le coureur du dimanche.
Je veux dire, tu es en excellente forme physique, tu cours très régulièrement, tu as d'excellents résultats. Et de t'entendre, en fait, clairement, on entend que tu es… C'est un effort monstrueux. Tu es sans doute déjà dans le rouge. On se dit « Ah ouais, non, mais en fait, ça permet de réaliser… » Tu sais, des fois, quand tu vois, je ne sais pas, des joueurs de tennis ou des sportifs ou des sportifs qui font un mouvement, c'est tellement à un haut niveau que ça paraît fluide, facile. Oui, effectivement. Mais en fait, du coup, de voir le caméraman, pour ceux qui ont la chance d'être à côté ou de t'entendre, ça permet de relativiser, de te dire « Ouais, non, en fait, c'est vraiment un autre… » Ils sont dans un autre univers. Là, ce que je suis en train de regarder en live,
c'est une dimension hors norme. Donc, je trouve que c'est très sympa pour ça. C'est chouette, ouais. Effectivement, on nous le dit un petit peu souvent, mais ouais, c'est bien. Et je pense que ça permet de se rendre compte, effectivement, des vitesses des meilleurs coureurs. Et comme je disais, on est impressionné, quoi. Enfin, nous, en tant que caméramaner, on est impressionné. Et puis, vous, comme ça, effectivement, derrière l'écran, les téléspectateurs, ça permet aussi de se rendre compte des vitesses de fou. Et même quand on n'est pas sur le terrain, on voit la vitesse du coureur. On sent effectivement, le caméraman, il respire et je pense que c'est intéressant à suivre.
Sur le TMB, est-ce que tu as eu la chance pendant ton… On va parler après de ta MCC que tu n'as pas filmé, mais que tu as couru, où tu fais un podium d'ailleurs. Bravo encore pour ça. Et sur le TMB, est-ce que tu as eu la chance d'être sur les sections quand tu filmais où il y avait ces espèces de rassemblements avec genoux dans le gif, etc., qui ont fait des trucs de folie furieuse ? Alors, ouais, je n'ai pas été sur ces sections-là. Malheureusement, j'aurais adoré pouvoir filmer derrière Courtenay au moment, justement, au point de la porte-là, parce qu'il y avait une ambiance de fou. Alors, j'ai été quand même… Enfin, j'ai filmé, moi, sur les dernières sections, notamment vers la Flégère. Donc, la dernière montée et en haut, au dernier ravitaux, au sommet de la Flégère,
il y a quand même toujours du monde. À ce moment-là, j'étais avec Zach Miller et… C'est incroyable. Enfin, même nous, en fait, on a des frissons. Même si on n'est pas dans la course, en fait, on a des frissons parce que tu as du monde autour. C'est incroyable. Et ouais, c'est… Il y a de l'engouement pour le trail et pour l'UTMB. C'est incroyable. Et nous, en tant que camera runner, on profite aussi de ces moments-là. Alors, on passe inaperçu parce que justement, nous, on doit faire l'image et les gens sont omnibilés par le coureur. Ils vont vraiment l'encourager à fond, mais on ressent quand même cette énergie. Et c'est incroyable de vivre ça. Donc, j'ai loupé le code de la Fork là, mais il y en a eu d'autres sur le TMB.
Et je pense qu'il y a de plus en plus de moments où les coureurs sont encouragés et tant mieux aussi pour eux. Parce que je pense que quand tu fais un ultra de 170 km, tu es content derrière d'avoir du monde qui te supporte. Et ça te relance quand même beaucoup. Je pense que c'est quand même une aide incroyable d'avoir tout ce public, cette évergneissance au niveau de cette course. Ah ouais, il y a une énergie. Franchement, s'il y en a qui n'ont pas vu, allez regarder. Je pense qu'il y a des shorts sur YouTube ou sur Insta. Col de la Fork là, UTMB, que ce soit les images de Courtenay ou même Mathieu Blanchard. Ouais, Mathieu Blanchard aussi. Ouais, c'est possible.
En fait, tous les coureurs du top 20, top 30 ont été vraiment… beaucoup, beaucoup encouragés au niveau du Col de la Fork là. Et ouais, c'est des images incroyables. Les fumigènes, c'est hallucinant, vraiment hallucinant.
Tu as eu ça sur la MCC du coup ? Donc MCC 40 km, s'il y en a qui l'ont plus en tête. Plus de 2000 mètres dénivelé, 2003. C'est ça. Là, ils avaient légèrement… Alors, cette année, la MCC, c'était la première course de la semaine. Enfin, c'est toujours la première course de la semaine. C'est pour ça d'ailleurs que je l'ai couru, parce que derrière, ça permettait aussi d'aller filmer sur les autres courses de la semaine. On a eu de la neige, donc ils ont légèrement changé le parcours. On a eu météo compliquée, neige au Col de Balme. Donc, on a fait 37 km et 2400 mètres de dénivelé. Et nous, en fait, sur les premières courses de la semaine, et je pense que sur quasiment toutes les courses hors UTMB, il y a moins d'ambiance.
Enfin, la course la plus attendue, ça reste l'UTMB. Donc, en fait, les autres courses dans la semaine, il y a toujours du monde sur le bord des sorties pour encourager. Mais il y a moins de gros engouement parce que voilà, ce n'est pas l'UTMB, ce n'est pas la grande course. Et dans tous les cas, ça reste de courir sur un événement à Chamonix. Nous, je pense que là où il y a eu le plus d'effervescence, ça restait quand même l'arrivée. Ou dans tous les cas, sur la ligne d'arrivée à Chamonix, en fait, que tu cours la MCC, que tu cours l'OCC et la CCC ou d'autres courses, en fait, tu as quand même toujours du monde, notamment pour accueillir les premiers et les premières sur la ligne d'arrivée.
Donc, ouais, c'était quand même un bon moment sur cette MCC. Tu avais quoi comme objectif initialement ? C'est difficile. Alors moi, c'était un de mes objectifs de l'été, cette MCC. Je m'étais entraîné un petit peu les mois précédents pour ça, notamment les quelques semaines précédentes. J'avais fait une course de préparation qui était la course du Canigou dans les Pyrénées. Ça s'était plutôt bien passé. Par contre, j'avais pris vraiment… Je termine deuxième. Ouais, je termine deuxième, ouais. La course du Canigou, c'est une course un peu mythique. C'est une des plus vieilles courses en France. Je crois que la première édition a eu lieu en 1905 ou 1907, je ne me souviens plus exactement.
Mais ça reste une ancienne course, donc très, très sympa. En fait, on monte au sommet du Canigou et on redescend. Et du coup, j'avais fait cette course de préparation. Mais dans la descente, j'avais pris des énormes ampoules sous les talons. Et j'avais totalement perdu la peau de mes talons à ce moment-là. Ah oui, j'avais vu. J'avais vraiment… Enfin, les deux talons étaient à vif. Et la MCC était trois semaines après. Du coup, je n'ai pas pu retravailler en fait la descente jusque-là. Donc, j'arrivais… Je savais que j'étais en forme en montée. Par contre, en descente, je n'étais pas très, très serein sur ma capacité à engager assez fort. Et finalement, ça s'est plutôt bien passé parce que pour moi, un podium sur la MCC, ça reste une super course.
Je suis super content de mon chrono aussi puisque je visais 3h30 et j'ai couru en 3h22, je crois. Et en plus, la gagne n'est vraiment pas loin parce que voilà, on a couru longtemps en groupe. Ça s'est joué quand même à pas grand-chose pour aller chercher la victoire. Et devant, c'est des super coureurs, Simon Pacquard et Chavreau qui sont juste devant moi. Ben voilà, c'est des coureurs du Team Sidas Matrix qui sont vraiment des très bons coureurs. Et de pouvoir m'accrocher à eux pendant une grosse partie de la course, c'était quand même une bonne satisfaction. Et j'ai senti du coup que j'avais quand même progressé sur ce genre de format. Voilà, il en manquait un petit peu pour aller chercher la victoire, mais ça reste quand même une belle performance à mes yeux.
Et je suis content d'avoir pu courir cette course à Chamoddy. Après, je prends conscience aussi que voilà, je le savais déjà, mais la MCC, ça reste une des petites courses de l'UTMB. Et en fait, ceux qui veulent vraiment se mesurer au niveau et à la performance vont plutôt courir l'OCC, qui est une course de 53 km. Donc ça reste plutôt une distance entre guillemets courte. Mais c'est celle qui représente le plus de niveau en tout cas sur ce genre de format. Et peut être que l'an prochain je dirai sur ce format là, mais voilà. Il faut se rendre compte aussi que je pense que la MCC, il y a une densité qui est moins élevée que les autres courses de l'UTMB.
Ok. Et l'UTMB, la course en tant que telle, ça serait un objectif potentiellement un jour ? Ben, pas forcément. Je ne suis pas forcément attiré par les ultras en course. Je préfère les ultras en mode perso. C'est-à-dire, je préfère en off aller faire mes propres itinérances. Mais c'est sûr que quand tu vois l'engouement, enfin il y a quand même une énergie assez spéciale qui se dégage autour de cet événement. Et moi, un jour, faire l'UTMB, en tout cas faire le Tour du Mont Blanc, un peu en mode chrono, oui, ça pourrait m'intéresser. Alors c'est sûr que de le faire en course, ça pourrait être bien. Mais ça ne sera pas dans les prochaines années, pas dans les cinq, six prochaines années à mon avis.
Et encore une fois, il faudra voir un petit peu le système de qualification, tout ça, parce que ça devient de plus en plus compliqué quand même pour aller courir une course de l'UTMB avec leurs fameux Running Stones. Même pour les athlètes élites, ce n'est pas évident des fois d'aller se qualifier. Donc, à voir comment la course évolue, peut-être dans une dizaine d'années. Mais actuellement, ce n'est pas dans le programme. Ok. Peut-être un objectif long terme alors. Ouais. Excellent. Excellent. Bah écoute Fleury, on arrive au bout. C'était super intéressant. Est-ce que toi, il y aurait un message que tu as envie de faire passer ? Alors, on a parlé de plein de choses différentes, mais que ce soit across Norway, la place du sport dans ta vie en général,
ce que tu fais en tant que camera runner, ta pratique du trail. Est-ce qu'il y a quelque chose qui synthétiserait un peu tout ce que l'esprit, on va dire, qui relie tout ça ? Moi, je fais des choses plutôt par passion. Donc, c'est sûr que ce soit au niveau de la course à pied, de mon boulot. Bah voilà, ça tourne quand même au mieux de mes projets perso. Ça tourne autour du sport, de l'orientation. Et moi, je vis plutôt pour ma passion et pour mes passions. Et donc, voilà, je pense que c'est ce qui résume un petit peu ce que je fais dans la vie et le projet que je vais mener quoi. Mais voilà, je n'ai pas pour objectif de devenir le meilleur dans telle discipline ou de me professionnaliser à fond dans tel travail ou autre.
Mais en tout cas, je souhaite tout simplement continuer à prendre du plaisir dans ce que je fais au quotidien et mener des projets perso qui me font rêver et qui me donnent envie de continuer à m'investir dans le sport. Excellent. Toute dernière question, c'est une carte de quoi que tu as derrière toi ? Parce que moi, je te vois, il y a l'énorme carte. Ouais, en fait, dans ma chambre, mais tu ne vois pas, mais devant moi aussi, il y a beaucoup de cartes. Non, ça, c'est une carte de... En fait, c'est toutes les Alpes sous format cartigène, mais 1,50 millièmes. Du coup, voilà, il y a quasiment toutes les Alpes. Ça descend jusqu'aux mercantours. Donc, quand tu veux te planifier un itinéraire, tu fais quoi ? Tu fermes les yeux, tu te poses les doigts et tu te dis, je pars de là ?
Ouais, non, mais j'aime bien regarder les cartes. C'est vrai que même ici dans notre maison, on est entouré un petit peu de plein de cartes et de plein de cartes différentes. Et je trouve ça beau, en fait, les cartes. Et ouais, des fois, j'aime bien me dire soit planifier quelque chose avant. Des fois, ça peut me donner envie quand je vois des lignes de crête, des choses comme ça. Ou alors, quand j'ai fait quelque chose, essayer de le retracer sur cette carte-là et de dire, ah ouais, en fait, j'ai fait ça, ça, ça. C'est trop bien. J'adore. J'adore les cartes et c'est une passion. Génial. Un grand merci Fleury. C'était génial, déjà un, de rééchanger avec toi quelques mois après le stage.
Et puis, bah, que tu nous racontes un petit peu ton parcours plus en détail. S'il y a des gens qui veulent te suivre, le plus pratique, c'est Instagram. Te suivre ou interagir ? Ouais, je pense, ouais. Après, je suis pas un énorme communicant, mais je communique un petit peu sur ma pratique du sport, de mon boulot aussi. Je mets quelques fois quelques postes sur mon boulot de caméraman ou de formateur avec Ardick. Donc, ouais, si on veut me suivre sur des projets perso. L'an prochain, je prévois un gros projet au Népal aussi de traverser de l'Himalaya des palais, en fait, une course qui s'appelle la Great Himal Race. C'est une course de deux mois, bah voilà, et qui fait 1800 kilomètres, donc qui aura lieu en avril et mai.
Donc, voilà, c'est 1800 kilomètres à travers le Népal et je prévois aussi de communiquer un petit peu sur ce projet-là. Donc, si certains souhaitent suivre ce projet, bah voilà, je peux me suivre sur Instagram. Et du coup, par curiosité, tu pars d'où, tu arrives d'où sur cette course ? Alors, j'ai pas le lieu de départ et de l'arrivée. Je sais qu'on part tout à l'est du Népal et qu'on prend l'Himalaya, je crois que c'est comme ça qu'il s'appelle le chemin qui traverse en fait tout le Népal d'est en ouest. Il y a d'ailleurs des records, j'ai plus le nom, je crois qu'il y avait Ryan Sendez qui avait fait un des records homme. Voilà, donc c'est une aventure de entre 40 et 45 jours environ.
On passe sur des calls jusqu'à 6000 mètres d'altitude. Donc là, je pense qu'il y aura d'autres facteurs à gérer cette fois qui seront peut-être... Il y aura pas l'humidité comme le Cross Norway, mais il y aura plus le facteur d'altitude, d'acclimatation. Donc, ça va être intéressant. Après, il me reste encore quelques mois pour planifier, pour préparer tout ça, mais c'est l'idée. Donc, ça va me prendre encore deux mois ce projet-là et ça va me permettre de découvrir le Népal aussi en intégralité et de passer dans des endroits qui font quand même rêver. Mais ça du coup, c'est rando trail ou c'est vraiment trail trail ? Non, ça sera rando trail parce que c'est en semi-autonomie en fait.
Je crois qu'on sera qu'une trentaine au départ de la course. Alors, c'est une course, mais c'est pas vraiment une course. Les gens le voient plutôt comme une aventure, mais il y a quand même un classement au final derrière. Donc, tu pars avec ton duvet, tu pars avec tout ton matos et tu dors soit dans des petits camps, soit dans des hameaux, des choses comme ça. Des fois, sur certaines sections, on aura l'attente sur quelques jours et je pense que c'est tellement long qu'on ne pourra pas courir. Moi, je ferai de la ronde de course. L'idée, ce sera de marcher en montée et puis de trottiner si possible en descente et à plat. Globalement, c'est des étapes qui font entre 30 et 35 km, 40 km maximum, je crois, les plus grosses étapes.
Donc, voilà, ça donne un petit peu un ordre d'idée, ce qui fait que… Génial ! Excellent ! Hâte de suivre ça ! Et tu dis que ça s'appelle comment ? Alors, ça s'appelle la Great Himal Race. Great Himal Race, c'est une association qui s'appelle les Chevaliers du Vent qui organise ça. Et voilà, il y a tout un dossier pour s'inscrire à la course. C'est un truc un peu confidentiel quand même. Disons que ce n'est pas le genre de course qui va être communiqué sur tous les réseaux ou autres. Mais ça reste de belles courses. Je connais bien l'organisateur, donc c'est Bruno Poirier, qui en fait organise des courses au Népal. Tu pourras aller le rechercher. Il organise des courses au Népal depuis 1990, je crois.
C'est un passionné, il a déjà fait énormément de voyages là-bas. Et il avait déjà fait une première édition de cette course-là, je crois que c'était en 2007. Et là, en fait, 2024, c'est la deuxième édition de la grande, grande course. Du coup, je ne voulais pas louper ça. Je ne voulais pas louper ça et je voulais en profiter. Voilà, on peut me dire, c'est l'opportunité. Je ne sais pas si cette course aura lieu à nouveau. Peut-être qu'elle aura lieu dans 20 ans. Peut-être que dans 20 ans, je n'aurai plus envie de la faire du tout. Du coup, je saute aussi sur l'occasion de me dire, allez, je suis jeune, j'ai l'opportunité de la faire. Je n'ai pas envie de vous faire ça.
Génial. J'ai l'air à regarder. Sacré défi à venir. Merci encore Fleury. C'était génial. Et à une prochaine. Peut-être qu'on se fera un débrief de ta great email race. Merci en tout cas, Loïc, de m'avoir fait venir sur le podcast. C'est toujours un plaisir aussi de t'écouter. J'écoute quand même aussi tes podcasts. Ah, merci. Quand je fais des sorties longues, tu fais partie de ceux que j'écoute aussi. C'est chouette. J'aime bien découvrir les différentes personnalités aussi, des différents intervenants que tu as sur ton podcast. Donc, ça me faisait plaisir d'être là aujourd'hui. Et voilà, je continuerai à écouter tes podcasts. Super. Merci beaucoup Fleury. A bientôt.
Merci Loïc. A bientôt.
Merci d'avoir écouté cet échange avec Fleury jusqu'au bout. J'espère que comme ça a été le cas pour moi, vous aurez ressenti cette passion pour le sport et l'outdoor qui dégage. Qui sait, peut-être que ça aura même suscité des vocations qu'on a dans l'audience de futurs caméras runner sur de grandes courses de trail. Cet échange comme tous les autres est diffusé gratuitement. Tout ce que je vous demande en retour, c'est de m'aider à donner de la visibilité à mes invités exceptionnels en laissant une note 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Pensez également à partager l'épisode autour de vous à toutes les personnes que les sujets de trail, d'aventure, de sport en général intéressent.
Enfin, si vous voulez m'envoyer des feedbacks ou des suggestions d'invités, vous pouvez le faire sur le compte Instagram du podcast lesfrappés pour un podcast ou par email à hello.lesfrappés.com. Je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode avec une coach de trail. 1 1 1 1 1 1 1
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