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Saison 2 EP·096 Trail #UTMB #Saintélyon #ultra-trail

03 janvier 2023

Alexandre Boucheix : Casquette Verte, l’ultra-traileur sans filtre

Durée · 1h19 · Transcription disponible

Alexandre Boucheix : Casquette Verte, l’

Le récit

Alexandre, plus connu sous le pseudo de casquette verte, est un ultra-trailer qui vit sa passion à fond sans se soucier des codes de la discipline.

Ancien fumeur 🚬 et fêtard 🥳 invétéré, Alexandre vient de boucler une année 2022 exceptionnelle :

🥇 Vainqueur pour la 3e année consécutive du Lyon-Saintélyon (156km)
🥇 Vainqueur du Kullamannen by UTMB (160km)
🥇 Vainqueur de l'UTMJ (77km)
🥇 Vainqueur de l'UT4M (174km)
🥇 Vainqueur de l'Ultra 01 (170km)

Ah oui, petit détail qui a son importance : Alexandre a un job de bureau sur Paris et se fait lui même ses plans d'entrainement.

Pas mal pour quelqu'un qui termine 2022 en ayant couru 🏃‍♂️ plus de 10 000km, soit la distance qui sépare Melbourne en Australie 🇦🇺 de Rome en Italie 🇮🇹

Un échange fascinant qui illustre à merveille le fait qu'il existe finalement autant de façons de pratiquer un sport que d'individus. Merci Alex pour ce partage, tout le meilleur pour 2023, en espérant se tirer la bourre sur un ultra (pour quelques mètres en tous cas 😂)

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Transcription

Lire la transcription intégrale · 14 528 mots

Les pires moments de la course Et j'avoue qu'en fait, ce que je retiens de mes courses maintenant à chaque fois, c'est les pires moments. Tu sais, quand il m'est arrivé les plus grosses galères, c'est ça qui m'a marqué et c'est ça que je vais retenir. Et ça va devenir au final les pires moments deviennent mes meilleurs souvenirs. Parce que, putain, mais c'était formidable la fois où je me retrouve en haut du grand col ferré, il fait moins 6, et je me rends compte que ma veste, j'ai pété la fermeture éclair.

Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure sous toutes ses formes. Je suis Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau, amoureux d'outdoor et cofondateur de Papyrus, la solution qui permet aux entreprises d'engager et de développer leurs talents toute l'année. Pour en savoir plus, c'est sur papyrus.app, P-A-P-I-R-U-S.A-P-P. Ma mission avec les frappés, c'est de vous inspirer à passer à l'action pour atteindre vos objectifs les plus fous, en vous faisant découvrir chaque semaine des invités exceptionnels issus d'univers variés. J'ai reçu aussi bien des champions olympiques que des sportifs amateurs, des aventurières professionnels,

des membres des forces spéciales ou encore des entrepreneurs. Tous et toutes ont fait le choix de vivre leur passion et sont pour moi des sources d'inspiration. On a en moyenne 4000 semaines sur Terre, alors autant les vivre à fond. Pour cet épisode, j'accueille Alexandre Bouchex, plus connu sous le nom de casquette verte. Je vous le présente en un chiffre, 10 000 km. C'est ce qu'il a parcouru en 2022, ce qui fait environ 30 km par jour. Et pourtant, Alexandre a une approche atypique de la discipline que j'aime beaucoup, il casse les codes. Les gourous de l'alimentation et des programmes d'entraînement au cordeau n'ont qu'à bien se tenir. casquette verte, il court comme il veut, quand il veut, pour se faire plaisir avant tout et vivre un maximum d'émotions. Et le jour où lasser ses chaussures pour son run quotidien le gonflera, il passera à autre chose,

avec la satisfaction d'être allé au bout de l'expérience 13. Un super échange avec un type qui dévore la vie et dont je retiens le message suivant, chacun son chemin, il n'y a pas de vérité absolue et c'est finalement ça le plus beau. Alors lancez-vous et tracez votre propre route. C'est parti, excellente écoute à vous les frappés.

sous cet alias sur les réseaux donc on va parler trail, ultra même plus spécifiquement donc écoute, ce que je te propose c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter nous expliquer qui a été Alex avant 2014, j'ai cru comprendre que c'était un peu l'année transition et qui est Alex aujourd'hui ok ok, alors Alex avant 2014, Alex il est né en 1991 par un matin froid du 13 novembre donc c'est bientôt je pense que ça sera passé quand l'épisode sortira mais donc un 13 novembre donc logiquement je sais pas si ça porte chance ou malchance mais il y a un peu ce délire là je suis né dans une famille en région parisienne d'une famille qui était pas forcément des grands sportifs mais plutôt avec une mère qui aimait bien marcher et avoir un boulot et le week-end allait se balader pas forcément dans des coins totalement fous en montagne ou quoi que ce soit mais ne serait-ce que de marcher une heure le soir dans le bois de Vincennes, deux, trois heures dans les bois de la région parisienne le week-end et un papa qui était un peu plus branché de lui nature malgré qu'on habitait à Paris où très régulièrement on partait soit en Auvergne soit dans le Jura à la pêche ramasser des champignons, l'hiver faire du ski, donc un peu plus branché, passer du temps dehors avec une grande sœur, une grande sœur qui m'a martyrisé,

comme toutes les grandes sœurs, jusqu'à ce que physiquement je puisse prendre le dessus. Donc on va dire que les 13 premières années de ma vie, j'ai été une grosse victime. Et non, non, en fait, j'étais un gamin assez hyperactif, ça c'est certain. j'aimais passer du temps dehors j'aimais me dépenser j'ai toujours vécu à 100 mètres et j'habite toujours à 100 mètres du bois de Vincennes et donc j'ai un peu grandi dans le bois de Vincennes c'est à dire que moi quand l'école ça se terminait je ne sais plus à 16h30 je crois à l'époque que ça sonnait je ne rentrais même pas chez moi j'allais directement dans le bois avec un ballon de foot ou avec mon vélo ou avec X et jusqu'à ce que ce qui soit tard jusqu'à ce que parfois la nuit tombe je faisais des activités dehors mais donc je passais pas mal de temps j'ai jamais fait du sport en club quand j'étais petit mais j'ai passé pas mal de temps à faire du sport mais du sport plaisir, loisir avec des potes ou parfois tout seul j'ai le souvenir d'avoir passé des heures et des heures à m'entraîner à faire des jongles j'adorais le football, j'étais fanatique de Zizou et à répéter des centaines et des centaines de fois sa roulette jusqu'à ce que ça passe

et j'ai fait des roulettes à des arbres.

Ça ne me dérangeait pas d'être tout seul. J'aimais bien être avec des jambes, mais ça ne me dérangeait pas non plus d'être tout seul. Et ça, c'est un truc que j'ai retrouvé plus tard.

Ça ne me dérange pas de répéter quelque chose parce que j'aime bien que... Je sais qu'il faut répéter, il faut énormément faire et reproduire un geste, en tout cas en sport, pour que ça soit naturel et que ça paraisse simple. Et je m'en suis rendu compte assez jeune de ça. c'était que pour être bon, pour moi le talent n'existait pas, il fallait travailler. Peut-être que c'est un truc qui m'a fait mes parents. Et après, dans les années d'après, j'ai eu quelque chose d'assez classique, j'ai fait un bac à lauréat scientifique, option mathématique européenne et cinéma, donc voilà un bac, et d'ailleurs je suis parti en école de commerce. Là il y a eu une bascule, c'est-à-dire qu'avant l'école de commerce, je faisais beaucoup de sport, j'ai fait beaucoup d'années aussi de skateboard et j'avais été à ce conso même pendant deux ans ou appareils voilà le skateboard il ya beaucoup d'abnégation de résilience parce que voilà pour réussir un flip ou un 3 6 flip ou une line vers 6 était 2000 essais et se vautrer 20 fois et perdre la peau de la moitié de son dos et coudes de ses bras des milliers de fois avant de réussir à ce qu'elle passe une fois et et donc après il ya eu cette bascule école de commerce ou là c'est un

un peu parti totalement en vrille, on va dire. Je suis rentré dans l'école de commerce comme on traverse un ravitaillement en fin de course alors qu'on est plutôt aux avant-postes. J'ai débarqué à l'intérieur et puis à l'intérieur, j'ai découvert tout un monde et j'ai décidé, pareil, d'aller au bout de ce monde. Je suis arrivé assez timide dans cette école de commerce et j'en suis ressorti quatre ans plus tard en étant président du BDE et en ayant mon meilleur kiff, c'était de prendre des salles entières, des amphis entiers où il y avait entre 500 et 1000 ou 1500 étudiants et foutre le feu pendant deux heures avec moi et mon micro. C'était une belle période de ma vie sur l'aspect associatif

et rencontre de personnes qui sont devenues mes amis proches maintenant.

Ça a été une belle période de ma vie au sens où j'ai découvert un univers et je suis allé au bout de cet univers que je ne connaissais pas du tout au début. j'étais, on va pas dire que j'étais le roi des boîtes de nuit mais sincèrement en 4ème, 5ème année il y a quand même beaucoup plus de nuit que je passais dehors que chez moi et c'est un entraînement et c'est un entraînement d'endurance, de haute endurance parce que quand on arrive, c'est con mais les soirs étudiantes qui commencent le mercredi soir donc on enchaîne le mercredi, jeudi, vendredi, samedi réussissent à enchaîner toutes les soirées en dormant très peu, en allant quand même en cours, en assumant le fait qu'il peut y avoir des partiels des trucs et donc en ne foirant

pas tous ces trucs-là. Et en s'éclatant à côté, il y a un certain équilibre à trouver. Mais en termes d'endurance, c'était déjà une sacrée épreuve. Donc là, il n'y avait plus de sport à ce moment-là. Là, c'était le niveau de zéro. Si, la première année d'école de commerce, je m'étais inscrit au BDS, au foot. Et en fait, de souvenir,

je crois que à la mi-année, on avait abandonné sur tapis vert la saison parce qu'en fait on avait tous en boîte le mercredi soir et c'était le jeudi après les matchs et j'ai le souvenir qu'on avait abandonné après un 13-0 contre Polytechnique et on avait dit stop ok ok donc t'es passé sur un autre format d'entraînement à la endurance, les soirées du mercredi au dimanche et donc après l'école de commerce je suis rentré dans le monde professionnel et quand je suis rentré dans le monde professionnel je me suis retrouvé avec un physique de 5 ans d'école de commerce donc je pesais un petit 83-84 kg pour 1m74 on va dire donc j'avais du bourrelet, je me sentais pas mal dans ma peau ou quoi que ce soit mais c'est vrai que j'avais plus du tout aucune condition physique quand je courais après le bus j'étais essoufflé je montais 3 escaliers où j'avais des potes qui habitaient sous les toits sans ascenseur j'allais plus les voir donc j'en étais un peu arrivé là j'étais devenu pas flemmard mais j'avais plus aucune condition physique donc je voulais reprendre le sport j'ai voulu retourner faire mes sports d'avant le skateboard c'est bon j'avais plus envie de me faire aussi mal et passer 6 mois par terre et je me sentais pas me casser la jambe ou quoi que ce soit et après je suis allé au handball parce que je voulais refaire un peu de hand ils m'ont dit que les entraînements c'était que le mardi ou le jeudi soir à partir de telle heure à telle heure et que le week-end une fois sur deux il fallait partir en région aller à la Roche-sur-Yon à Béziers, à Rodez pour aller jouer contre une autre équipe et j'ai rapidement dit non c'est pas pour moi et il s'est trouvé qu'en fait au boulot il y avait un collègue qui est toujours un collègue qui avait 45 ans 3 enfants

et qu'il se la pétait un peu à la machine à café le lundi matin. Parce que tu vois, il racontait que ce qu'est-ce que j'ai fait 25-30 bornes tranquille parce que je prépare un 80 bornes, je crois que c'était la Saint-Élion ou l'Eco-Trail, dans quelques mois. Et donc moi, il me faisait un peu halluciner parce que ça me paraissait totalement irréel de courir ces distances-là. Tout ce que je connaissais de la course à pied, moi, c'était qu'une fois par an, sur France 3 le dimanche matin. Il n'y avait pas les dessins animés quand j'étais gamin, mais il y avait des mecs qui couraient pendant deux heures, deux heures et demie dans le froid. Ça s'appelait le marathon, mais je n'avais pas conscience

qu'il y avait des trucs qui existaient beaucoup plus long. Et donc, il m'a amené courir. Et au début, c'était atroce. Je n'ai vraiment pas aimé ça. C'était naze. Parce que je fumais beaucoup à l'époque et puis je n'avais plus du tout de condition physique. Donc, j'ai le souvenir que les premières fois, je faisais deux, trois kilomètres. je disais stop, je rentrais en marchant on s'embrouillait et ça me saoulait, les baskets je les rangeais dans un coin et je ne les voyais plus pendant plusieurs semaines et puis petit à petit il a réussi à trouver en moi le fait que, je ne sais pas si c'est par l'orgueil ou par quoi, mais il a réussi à faire que j'y retourne et petit à petit je me suis pris un peu au jeu de me dire ah bah tiens t'as réussi à faire 5 kilomètres, c'est énorme bah tiens on va essayer de faire 7 la prochaine fois, la prochaine fois on essaie de faire 8 la prochaine fois on essaie de faire 9 t'as fait 10 km, c'est incroyable je commençais un peu à partager ça sur les réseaux comme tous les gros beaufs qu'on a pu être pendant des années et on est encore au début quand on commence ça à partager notre réussite phénoménale d'avoir fait 10 km en une heure ou en moins d'une heure en 59 minutes et 58 secondes donc on a battu notre propre RP donc on est très fiers de le montrer et je me suis un peu fait avoir par ça et très rapidement je me suis dit tu vas faire un semi-marrage avec un vrai dossard, le semi-marathon de Paris. Et comme ça, tu pourrais même peut-être le raconter plus tard à tes enfants, à tes petits-enfants. Tu sais, papy, il a fait un semi-marathon. Et puis, j'ai réussi à le faire. Ça a été très douloureux et je le faisais en totale, pas en dilettante, mais disons que je ne regardais pas les méthodes de préparation, les plannings, les programmes. Je le faisais vraiment à l'arrache. Moi, le principe de courir, c'était prendre des baskets et puis

tu es allé courir. Et puis, le principe de faire un semi-marathon, c'est juste de courir 21 boards. Je ne me voyais pas me préparer spécifiquement par rapport à ça. Et une fois que j'avais fait 21, je me suis dit, si tu as fait 21, tu dois bien pouvoir faire 42. Donc, quelques mois après, je me suis fait le marathon de Paris. Je crois que j'ai fait un temps qui, pour l'époque, était formidable. J'étais très content. Moi, j'avais fait, je ne sais plus, 4h30 des bouettes.

Et derrière, une fois que j'avais fini ça, il est revenu me voir en me disant, ok, c'est bien, tu as découvert ce que c'est que le semi-marathon maintenant je vais t'amener voir un autre délire ça s'appelle le trail et là il m'a amené faire ma première Saint-Étienne de Saint-Étienne à Lyon 75 km à peu près selon les années premier week-end de décembre avec généralement une météo chaotique soit de la neige, soit de la pluie soit du froid, soit du verglas mais bon il se passe toujours un truc pendant une nuit blanche et là je suis allé au bout je mets 11h ou un truc comme ça et je découvre la sensation de souffrir mais de la souffrance physique même de la souffrance mentale sur le moment mais je me rends compte que j'adore ça c'est une sensation quand on arrive à aller au bout et de se rendre compte que cette souffrance, que cette envie d'arrêter finalement c'était qu'une information et qu'il fallait ne la traiter que comme telle et qu'une fois qu'on l'a réalisé, il y a un immense accomplissement on est fiers de soi d'être allé d'une ville à une autre pour moi je vais d'un point à l'autre sur la carte de météo des Vindelia donc je me représentais ça aussi c'est pas possible normalement j'ai des potes ça leur ferait chier de devoir le faire en bagnole et toi tu l'as fait en courant de nuit et donc j'ai vécu ces premières expériences avec ma découverte du trail que ce soit via des cours de 70-80 km les Cotrails, la Saint-Élion les Templiers où là je découvre un peu plus ce que c'est que l'ambiance trail, le fait de rentrer dans le dernier ravitaillement et qu'on te propose certes de l'eau, que toi t'es mort mais qu'on te propose quand même des petites tartines de roquefort et le mec il dit allez mon gars vas-y, c'est pas très loin et donc voilà, il y a toute cette ambiance et je commence à adorer ça et donc ça ça devait être au bout d'un an, un an et demi à peu près de pratique de course à pied et à partir de là, j'ai commencé à m'intéresser au milieu, je me suis rendu compte qu'il y avait un monde qui existait, qui s'appelait aussi l'ultra-trail,

donc les très longues distances. Et là, j'ai été un peu, on ne va pas dire fanatisé, mais j'ai beaucoup observé ce que faisaient Kylian Jornet et François Daen. Pour moi, c'était des ovnis, des total extraterrestres, au même titre qu'un an plus tôt, les gens qui faisaient des marathons étaient des extraterrestres. Eux, c'était des extraterrestres, des élites qui faisaient des ultra-distance. Et je ne sais pas, je me suis passé en boucle des vidéos d'eux. je dormais pas beaucoup déjà à l'époque mais je traînais beaucoup sur Youtube et il y avait quand même une grande richesse de documentaires sur la Diagonale des Fous, sur l'UTMB et donc c'est des trucs qui me parlaient et je me suis dit bon ben voilà, bah vas-y quitte à essayer ce sport t'as déjà couru 42, t'as déjà couru 80 puisque t'es déjà allé aussi loin, pourquoi pas continuer et donc je me suis inscrit à mon premier 100 km en montagne c'était la CCC le petit UTMB, j'étais tiré au sort la première année et quelques semaines plus tard je me rappelle que je rentre de boîte de nuit je me rappelle c'était des planches je suis rentré des planches bien ivre-caisse et en rentrant je me suis maté des vidéos pour pouvoir m'endormir tranquille justement de la diagonale c'est genre ma vidéo de fond pour m'endormir certains mettent de l'ASMR des sons, moi c'était ma vidéo de Kylian qui est son documentaire sur la Diagonale des Fous une de ses participations et j'ai dû me dire je crois que c'était pendant la période d'exception je me suis inscrit dans la nuit et j'ai dû m'inscrire entre 5 et 7h du mat en rentrant chez moi et il se trouve que là pareil j'ai été tir au sort et donc je me suis retrouvé avec ça faisait 2 ans que je courais après à devoir aller faire mon premier 100km en montagne sur l'UTMB en plus c'était en 2017 donc la plus belle année l'année où il y avait tous les plus grands champions et après d'ailleurs après mon premier 100 km j'avais intérêt à aimer ça parce que deux mois après j'avais la Diagonale des Fous donc 100 miles avec 10 000 mètres de dénivelé 100 bâtons des courses considérées les plus dures au monde en format ultra et sur l'île de la Réunion donc de l'autre côté de la planète sur une île qu'il fallait traverser en diagonale et donc ça m'a pas fait peur mais juste ça m'a motivé un petit peu plus à je vais pas dire m'entraîner, mais à passer du temps à préparer mon corps et à me préparer à être le plus apte possible, à potentiellement essayer d'aller au bout de ces

deux courses-là. La première course se passe dans la douleur, etc. Et c'est la première fois que je cours, je ne suis plus 15 heures et des bouettes. Je me suis pris un orage de dingue, mais j'ai kiffé. La première diagonale, pareil, je me vois encore au départ à me dire, mais putain, c'est pas ce que tu es en train de faire. t'as 25 ans tous tes potes ils sont en train de commencer leur carrière professionnelle ils bougent à Paris ils sont en train de faire la teuf en ce moment et toi là t'es au départ de la Diagonale des Fous tu vas partir pour 165 km, tu sais pas si ça va te prendre 30, 35 40, 50, 60 heures tu es jeudi soir, peut-être que tu vas terminer la course dimanche matin et t'en as aucune idée et donc il y avait il n'y avait pas tellement de peur c'était juste je me plonge dans un truc que je ne connais pas du tout voyons ce que ça va donner et j'ai vécu une aventure humaine et introspective très forte ça m'a mis une énorme claque je pense que c'est cette première diagonale et je l'ai refaite deux fois depuis trois fois même cette année et à chaque fois j'ai pris une énorme claque avec cette course mais ça m'a changé et ça s'est bien passé parce que je fais un top 100 sur ma première participation et je me dis en plus de kiffer ce sport là il se trouve que t'as pas l'air si mauvais pour un Parisien qui continue à faire la fête et qui fume des clopes donc là je me suis dit il faut peut-être que tu persévères un petit peu dans l'ultra et c'est ce que j'ai fait depuis ce moment là c'est à peu près ça ma première diagonale

C'était 2017, le souvenir. Maintenant, ça fait 4-5 ans où j'ai un peu persévéré là-dedans. Et là, depuis 3 ans, c'est l'ultra trail et la pratique de la course à pied ultra au sens quotidien du terme. C'est devenu réellement mon quotidien. C'est-à-dire qu'il n'y a quasiment aucun jour où je fais abstraction, mais je vais courir tous les jours entre 2 et 3 heures par jour. et grosso modo je fais entre 25 et 35 kilomètres tous les jours et je fais un ultra à peu près par mois à peu près sur l'année donc c'est devenu une pratique très chronophage qui me prend beaucoup de temps mais c'est un temps que j'ai du plaisir à y consacrer et par contre c'est devenu presque un mode de vie c'est ce que j'allais dire avec ce montant horaire c'est plus

un mode de vie qu'une pratique ? C'est carrément ça. La stat qui me fait peur à chaque fois, je crois que cette année, ça va être encore plus fou. L'année dernière, en gros, j'avais couru 34 jours d'affilée, c'est-à-dire que tu prends plus d'un mois. J'ai passé plus d'un mois à courir. Il y avait plus d'un douzième du temps de ma vie que j'ai passé à mettre un pied devant l'autre.

La stat me fait peur. En gros, tous les 12 jours, j'ai couru 24 heures. Tous les 11 jours, il y a 24 heures que j'ai passé à courir. et en fait ce qui est fou ce qui est encore plus fou c'est que ça me paraît devenu totalement normal et que maintenant c'est complètement adapté à ma vie c'est à dire que là tous les soirs quand je rentre je rentre principalement du bourreau en courant c'est beaucoup comme ça aussi que je le fais il faut optimiser la logistique quand j'arrive parfois j'ai fait 40 boards j'arrive je me touche et 5 minutes plus tard je suis parti je repars en soirée ou sinon même ça m'arrive maintenant beaucoup d'aller en soirée en courant, de passer la soirée et de rentrer et il est 1, 2, 3 heures du mat et je rentre en courant chez moi. Donc c'est devenu même

presque un mode de déplacement. Je dis presque, mais j'ai supprimé mon passe-navigo. Je n'ai plus de passe-navigo, c'est le réseau de transport à Paris. Et je n'ai plus d'abonnement. Maintenant, j'ai juste quelques tickets pour y aller le matin, mais sinon, je n'en ai plus besoin. Je me déplace en courant. Et ça, c'est assez drôle de se dire ça, que c'était des distances qui me paraissaient totalement déjà avant traverser Paris en métro c'est totalement fou mais maintenant en fait c'est même pas suffisant c'est à dire que quand je rentre chez moi le soir je vais aller à Montmartre et sur Montmartre je vais faire le hamster dans tous les sens et après je vais continuer, je vais pousser jusqu'à chez moi pour que j'ai ce volume que j'aime bien avoir donc j'en suis là je consacre 95% même voire plus de mes congés de mes RTT dans la course à pied dans l'ultra donc j'en suis là j'en suis arrivé là dans la pratique et ça ne me déplaît pas et je sais que c'est quelque chose qui ne sera pas éternel parce que c'est un sport extrême ou d'or qui est quand même ultra traumatisant pour le corps donc déjà là je mets assez cher à mon corps mais je sais que ce n'est pas un rythme que je pourrais tenir avec ce niveau d'implication pendant encore des années et des années, ça pourrait être dangereux on va dire, donc je sais déjà que d'ici quelques années dès que je vais vouloir consacrer tout ce temps à autre chose, donc plutôt potentiellement à la construction d'une famille ou quelque chose comme ça je raccrocherai les sandales et j'enlèverai la cascade verte et peut-être que je continuerai à courir un peu mais avec beaucoup moins d'implication et j'aurais vécu la vie que j'ai actuellement qui est à la base, j'étais venu pour faire un semi-marathon et maintenant, je me retrouve à gagner des ultras by UTMB, à pouvoir courir avec les gens

qui sont les meilleurs de la discipline. Jamais de ma vie, j'aurais pensé que sur le dernier UTMB, sur le départ, j'irais plus vite que Kylian et que Kylian ou Mathieu Blanchard ou Jim Wansley ou Zach Miller, des mecs que je peux avoir en poster chez moi, en fait, ils m'ont redoublé juste un moment et j'ai pu courir j'ai pu courir tous les débuts de course avec eux donc c'est assez amusant d'être parisien amateur dans ce sport et de pouvoir toucher à ça c'est assez drôle après c'est un équilibre à trouver entre cette pratique excessive dans le bon sens du terme parce que dans l'excès il y a plein de bonnes choses aussi et à côté une vie professionnelle traditionnelle où je suis cadre dans une grosse société internationale qui fait de la communication extérieure je suis en costume crevate la journée et le soir et le week-end je suis un ultra trailer et je suis classé comme élite c'est assez drôle d'avoir ces deux vies là excellent c'est clair assez incroyable effectivement comme tu le disais cette espèce de double casquette pour faire un mauvais jeu de mots mais que t'as entre quelque part quelqu'un qui travaille de manière tout à fait classique trentenaire cadre dynamique tu vois c'est le moins qu'on puisse dire et le soir et week-end malgré tout quelqu'un qui avale 25-30 bornes par jour et un ultra par mois tu dirais parce que tu expliquais que ta vie en école tu l'as vécu vraiment pleinement sur d'autres aspects que le sport et là aujourd'hui j'ai un peu l'impression que tu répliques ce schéma

avec Ultra ? Tu dirais que tu as ce besoin de consommer à fond ta vie à travers une activité qui correspond à la situation dans laquelle tu es à un moment donné ? Oui, en fait, je le conçois vraiment comme ça et d'or à peu près tout ce que je fais.

On dit faire à l'excès, mais quand on dit faire à l'excès, il y a un côté péjoratif qui ne me plaît pas parce que faire à l'excès, c'est juste pour moi aller au bout des choses. et en fait souvent on connait pas le bout des choses pour soi et en fait il n'y a qu'en le faisant il n'y a qu'en tentant d'aller au bout de tout qu'on se rend compte de la réalité du bout du chemin et il y a beaucoup ça dans la course à pied mais tu l'as dans tout en fait tu l'as dans tes relations avec les autres dans une vie professionnelle pour moi on n'atteint jamais on n'atteint jamais sa limite qu'il n'y a qu'en allant la chercher qu'en la dépassant qu'on se rend compte qu'en fait elle n'existe pas et qu'elle est très certainement plus loin à chaque fois c'est comme si je me mettais par terre je sais pas pourquoi j'ai cette image et je pousse avec le bout de mes doigts un objet et je me rends compte que je peux encore tendre mon bras un peu poêler, le pousser encore toujours un petit peu plus loin et je pense que ça ça vient de justement on confond souvent ça avec une réussite ou quelque chose qui est fait avec qui est réussie, on considère souvent que c'est du talent ou qu'il n'est pas fait comme nous

ou qu'elle a quelque chose en plus. Non, non, en fait, c'est juste que dans notre mindset, dans notre façon de faire, je pense que c'est lié à notre éducation. Moi, j'ai une éducation dans laquelle on m'a toujours dit que tu n'es pas fini comme garçon. Au sens, ce n'est pas terminé, mais au sens où tu peux toujours aller beaucoup plus loin que ce que toi tu penses ne te réduit pas à ça parce que dans la réalité c'est en tentant et en essayant de manière itérative que tu peux te rendre compte que tu peux te dépasser tu peux te dépasser dans à peu près tout donc c'est ce modèle que je m'applique et c'est pas une règle c'est à dire que je me au même titre que je cours tous les jours etc. c'est pas quelque chose que je m'impose c'est d'abord parce que c'est un plaisir et c'est issu d'une envie que je fais ça

et que je vais vers là. Ce n'est pas une contrainte. Et si justement, à l'inverse, ça devenait une contrainte ou ça devait être une contrainte, je pense qu'en fait, je dirais, bon, ben voilà, ma limite, elle est là. Au moment où ça devient une contrainte, c'est que c'est ma limite et j'aurai fait le tour de ce sport et j'irai faire autre chose. Que ce soit, je ne sais pas, je me demande vraiment, en fait, après l'école de commerce où je suis allé au bout du truc après l'ultra-trail où je suis allé au bout du truc avant le skateboard avant peut-être du handball peut-être avant du football je me demande quel va être mon prochain truc en fait ça c'est assez drôle de se dire ça dans quel truc je vais aller au bout la prochaine fois c'est l'éducation de un ou des enfants est-ce que c'est du bilboquet est-ce que c'est de la voile mais tu vois ça peut être un peu effrayant aussi pour mes proches parce que parce qu'ils flippent ils se disent putain mais prends un peu qu'ils tombent sur un truc à la con la première fois fois là il est tombé sur un truc la lutte ra tra il est tombé sans délire déjà bon c'est un peu dangereux mais mais pourvu que ce soit pas un truc genre le skydiving ou un truc comme ça exactement exactement vous t'est la plongée en apnée dans les airs dans les océans arctiques donc j'espère que j'espère que le prochain truc dans lequel j'irai au bout sera quelque chose de moins de moins risqué après tous les risques sur mesure à chaque fois mais mais non mais donc c'est beaucoup ça et c'est beaucoup en fait ce petit truc de qu'il avait dans forest gump on sait tous forest gump les runners mais moi il m'avait marqué avant ce film avant que je me mette à courir où le mec il vit 12 mille vies et de manière ultra intense que ce soit dans la guerre dans le pratique du football américain, dans le ping-pong, dans l'éducation d'un enfant,

dans les crevettes. C'est-à-dire qu'en fait, on est capable de faire tout dans la vie. Et en fait, il suffit juste d'y aller. Certes, on va se casser les gueules et se péter les dents, mais on n'en meurt pas. Et en persévérant, on peut toujours tout faire. Donc ça, j'en suis convaincu. Et il avait cette petite phrase, là, quand il part courir et qu'il se fait les côtes américaines de côte à côte il arrive au bout d'une baie et à un moment il se dit puisque je suis déjà allé aussi loin pourquoi pas continuer et là je suis encore un petit peu là c'est à dire que je sens que dans le trail et dans la course à pied je sens que j'ai pas encore du tout atteint les limites que je peux atteindre et donc je me dis pourquoi pas continuer et c'est pour ça on est fin 2022 et je suis en train de construire quelles sont les courses que j'ai envie de faire pour l'année prochaine et c'est drôle parce que j'ai beau maintenant avoir fait plein de courses plusieurs fois il y a plein de courses où je suis en train de me dire tu vas peut-être y retourner, te rajouter un ultra là et ultra là et c'est devenu aussi simple de s'inscrire et de s'inscrire, pas forcément de le faire parce que ça, ça l'est jamais mais c'est devenu normal de participer à des ultras exactement comme je vais aux courses au Franprix ou au Monoprix au bout de ma rue c'est devenu quelque chose de normal et c'est assez intéressant de me dire que quelque chose que j'ai considéré comme étant une pratique extraterrestre à une certaine époque avec des extraterrestres et des ovnis qui le faisaient qui étaient les gens que je suivais me rend compte qu'en fait par mes propres moyens j'étais au final capable de faire ça et de le faire aux avant-postes et donc que ce que je considérais comme des extraterrestres, ce n'en était pas du tout, c'était juste le conditionnement que j'avais qui me faisait considérer ça comme extraordinaire, alors qu'en fait, ça n'a rien d'extraordinaire à partir du moment où on essaie de le faire

et au bout d'un moment, à force d'essayer, on y arrive. C'est un super point. Tu vois, le sujet du référentiel, c'est marrant parce que j'en parlais, j'ai fait une conférence pour une entreprise après avoir fait la PTL. On a parlé de la PTL, je faisais du sport de haut niveau avant qui n'avait rien à voir avec la cour je faisais du judo moi aussi j'en ai fait ça c'est super bon petit aparté mes gamins je vais les inscrire au judo très bonne école de la vie parce que superbe école de la vie en termes de mentalité et physiquement il y a un truc que je me sers encore au quotidien et là dans l'ultra et dans le trail c'est la chute avant savoir le nombre de fois où je me retrouve entre 15 et 17 km heure en descente dans les cailloux pleine balle et pas de bol, ça tape un caillou et j'ai la tête qui part la première heureusement que j'ai appris à faire des chutes avant donc absolument ça devrait être obligatoire obligatoire de faire un peu de chute tu commences le trail, les séances de judo pour apprendre la chute avant, mais blague à part tu sais que, j'en ai fait vraiment longtemps donc j'étais en groupe France pendant quelques années et du coup en fait je pense que c'est un excellent moyen aussi mais sans doute tous les arts martiaux de travailler ton équilibre moi je ne tombe absolument jamais, alors je fais beaucoup moins de trail que toi mais je fais beaucoup de montagne, moyenne montagne et dans toutes les courses que j'ai fait les treks etc, je tombe jamais même si je mets le pied sur une pierre ça part dessous je glisse je sais pas comment je fais mais j'ai des réflexes du judo je pense qui reviennent où j'arrive toujours à me récupérer donc faites du judo c'est un excellent entraînement croisé pour le trail mais tout ça pour dire donc sur cette entreprise tu vois on parlait de dépassement de difficulté de comment se challenger et du coup grandir à travers le challenge et en fait c'est exactement ce que t'as dit c'est exactement ce que je leur disais c'est à dire que ton référentiel évolue au fur et à mesure que tu te crées toi des défis qui te semblait complètement inaccessible puis en fait une fois que tu les as fait tu te dis bon bah en fait si moi j'ai réussi à les faire c'est que c'est faisable donc qu'est-ce que je fais ensuite tu vois maintenant que j'ai je prends l'exemple de la PTL parce que c'est un peu le seul truc dont je peux parler en ultra et maintenant que j'ai fait la PTL je me dis putain mais en fait 300 bornes en dormant 5h30 dans la semaine bah c'est possible tu vois donc ça vient de challenger plein de croyances que j'avais sur la course à pied, sur l'endurance,

sur la préparation, etc. C'est hyper intéressant. Il faut lutter contre ses propres croyances et contre les injonctions qui nous sont faites. Dans le monde de la course à pied, c'est quelque chose où, après, c'est ma manière d'être. Je ne vais pas dire rebelle, mais je suis très Cyrano dans la façon de faire, c'est-à-dire ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul. Et donc, j'ai toujours aimé ne surtout pas regarder et ne surtout pas suivre les conseils, les top 3 des trucs qu'il faut absolument faire pour pouvoir réussir dans les courses à pied, les médecins disqueux, les experts disqueux, les spécialistes disqueux. Dès qu'une phrase commence comme ça, moi, généralement, je la fuis.

Et voilà, après qu'il y a des courses à pied, il y a un moment d'injonction, mais surtout pas plus de deux marathons par an. Moi, des marathons, j'en fais cinq par semaine depuis trois ans. et en fait c'était pas un but en soi d'aller contre ces injonctions mais au final très souvent ces injonctions elles sont faites pour la grosse masse volumique c'est des trucs très génériques et très généraux et en fait ça pratique dans tout je pense professionnel et sportif sur le sport il faut l'individualiser à mort et une recette générique ne fonctionnera au final quasiment sur personne étonnamment parce que sur chaque personne a une façon très différente de le faire sur le trail sur l'ultra on a une des caractéristiques des causes d'abandon d'ailleurs quand les gens commencent c'est pas tellement le physique c'est surtout la mauvaise gestion de l'alimentation et donc là si tu tapes nutrition, alimentation tu tombes dans un gouffre d'espèce de gourou et de taré dans le trail qui vont t'expliquer qu'il ne faut absolument pas manger ça,

qu'il faut manger ça, il faut faire ci, il faut faire ça. Et grosso modo, si tu suis les conseils, tu es sûr que tu vas aller droit dans le mur parce que ça ne va pas être la règle et la recette qui va fonctionner pour toi. Tu es obligé au final de faire du bon gros itératif, de faire du test and learn. Et ok, je vais tester si en sortant 5 heures, j'arrive en buvant de l'eau ou une autre boisson. Est-ce que ça passe pour moi ? Est-ce que c'est plus intéressant que je prenne du sucré, du salé ? Et sur la très longue distance, tu es obligé de faire des tests à plus grande échelle. Mais ça s'invite à l'église. Et il y a plein de gens qui viennent me demander, « Ouais, je dois manger quoi pour telle course, tel truc ? »

Je dis, surtout, je ne vais même pas te donner de conseils. Parce que si je te dis ce que moi, je fais, tu peux être sûr que si tu fais pareil, ça va planter. Donc, chacun a sa propre sauce.

Et ça va avec ce qu'on disait tout à l'heure.

On a l'impression d'avoir des limites tout le temps. En fait, c'est des limites à un instant T. Et c'est la même chose à cause de ces injonctions extérieures. On nous dit qu'il faut absolument, après un Ultra, c'est un mois de repos. Putain, moi, je ne sais pas, l'année dernière, c'était un délire. Je fais l'Ultra 01, donc un 100 miles avec 7000 de dénivelé. Et six jours plus tard, je prends le départ de l'UT4M. Pareil, 180 km et 11000 de dénivelé. Pendant l'année, j'ai eu la Diagonale des Fous. Six jours plus tard, j'avais l'Ultra Maxi Race à Annecy. A priori, je n'en suis pas mort. A moins que tout ça ne soit qu'un rêve. A priori, je n'en suis pas mort.

Mais il faut que... Je ne sais pas pourquoi on a autorisé des gens qui, au final, n'avaient fait que peu de crédit, en tout cas scientifique, à éditer des règles pour les autres. C'est un peu comme les hommes qui s'arroge le droit de juger les femmes sur les moyens de contraception tu vois je trouve la même mesure là-dedans et donc il y a une grosse tendance dans ce sport et peut-être que dans d'autres sports comme ça mais ça j'avais trouvé et donc c'est un peu un truc aussi dans lequel je me suis construit contre ça en me disant je vais faire abstraction je vais très certainement me foirer mais en me foirant je vais apprendre et j'ai toujours eu besoin de mettre la main sur la plaque chaude pour me rendre compte qu'elle était chaude et en fait j'ai fait ça mais dans le trail je me suis planté plein de fois, la première Diagonale des Fous j'y suis allé, je pensais que le trail et l'alimentation en trail c'était que de manger du sucré on bouffe du sucré et ça passe quoi je vais prendre des gels, des trucs là des barres sucrées et je vais aller au bout et en fait je n'avais pas conscience qu'il fallait aussi manger du salé et je me suis retrouvé à faire

de malaise pendant la course. Un mec qui m'explique qu'au final, c'est bien le sucré, mais le salé, c'est bien aussi. Il me fait bouffer du fromage, du saucisson et des verres d'eau salée pour pouvoir récupérer. Et maintenant, c'est très drôle parce qu'avec le recul, j'ai un peu plus trouvé ma recette, mais j'en suis carrément à l'inverse maintenant où je mange beaucoup plus de salé en course que de sucré. Et c'est... Voilà. C'est toutes ces choses qui évoluent avec l'expérience. et ce qui est génial c'est que j'ai l'impression d'avoir presque terminé le jeu pour l'instant et dans la réalité je ne vais pas du tout l'avoir terminé, je pense que je vais encore découvrir plein de choses en continuant à vivre ces expériences là Top, par curiosité

tu pèses combien aujourd'hui ? tu nous donnais ton poids quand tu étais en école enfin à la sortie de l'école je serais curieux de savoir ce que ça donne aujourd'hui j'ai complètement arrêté de me peser L'année dernière, j'ai fait la Diagonale aussi. Mais l'année dernière, la dernière fois que je me suis pesé, je pesais 61 ou 62 kg. J'étais plutôt passé dans le bas. Alors, il faut savoir qu'en gros, j'ai des cuisses, c'est des mastodontes. J'ai des cuisses et des mollets qui sont grosses et très musquées. Donc, elles pèsent un énorme poids. Mais alors, à partir du haut-dessus des cuisses, il n'y a plus rien. Il n'y a plus de bonhomme. tu me demandes de soulever des valises à l'aéroport, je suis en stress vraiment j'ai un haut de corps c'est un physique de lâche mais ça va aussi avec ma pratique parce que je sais que un kilo en trop, c'est bien d'avoir des gros bras mais moi je ne cours pas avec mes bras en tout cas pas dessus pour l'instant et avoir des gros biscottos ou des gros pecs ça ferait plaisir pour des photos sur Instagram, mais se trimballer 2 ou 3 kilos en plus sur une telle distance c'est juste en fait de s'handicaper et j'en avais parlé avec un mec qui s'appelle Antoine Guillon qui est une légende de ce sport qui a fait je crois une quinzaine de fois la Diagonale des Fous et sur la quinzaine de fois il a fait un podium la moitié des fois c'est un éternel il a gagné une fois c'est l'éternel deuxième de l'ultra trail et je rappelle à la fin de la première diagonale je lui demande des conseils justement sur est-ce qu'il faudrait que je me muscle et plein de choses et il me dit oula mais surtout pas il me dit moi ce que je fais et toi c'est un mec qui avait fait déjà qui avait gagné la diagonale qui me dit ça il me dit moi je fais un peu de jardinage il me dit ouais ouais je fais pas plus et c'est vrai que le mec il est sec du haut du corps et je l'ai souvent remarqué c'est à dire qu'au départ des courses au début je voyais des mecs qui étaient baraques soit des militaires soit des pompiers hommes ou femmes mais qui étaient assez baraques et qui avaient quand même pas mal de poids sur le haut du corps et en fait ça c'est des gens qui sont certes ton de la force mais en fait c'est de le payer très rapidement en ultra parce que ça fait des kilos en trop à se tremballer et ça fait des masses musculaires à bouger et à alimenter et donc j'ai un corps un peu particulier ma copine dira peut-être le contraire mais le haut du corps c'est pas à peau longue et de voir un bas qui est plutôt musclé même c'est on va dire c'est esthétique tu vas avoir des muscles un peu à serrer certains certains points à certains angles et le haut du corps tu as j'ai limite j'ai limite on veut je vois mes côtes et j'ai un peu de bidon parce qu'il faut quand même un petit peu de gras quand tu pars faire de l'ultra mais j'en ai à zéro abdo le six pack le six pack moi c'est le six pack de bière donc donc ouais l'évolution c'est ça moi j'ai perdu une grosse grosse vingtaine de kilos entre la fin d'école de commerce

et le truc. Après, ce n'était pas un but en soi. Je n'ai jamais eu de problème avec mon corps. Ce n'était pas un but en soi. Il y a plein de gens avec qui je parle où mon exemple les a motivés à eux aussi. Ils voulaient perdre du poids et donc à se mettre à courir et à perdre du poids. Mais ça, il faut faire super gaffe parce que j'ai un pote, c'est marrant, même profil que moi, il était un petit peu en surpoids avec une grosse IMC à l'époque. Il s'est mis à courir et maintenant, on fait tous les ultras ensemble. Il a fait un IRM il n'y a pas longtemps de ses genoux. Il pensait qu'il allait se faire détruire par la médecin parce qu'il fait beaucoup trop de kilomètres et beaucoup d'ultras. Il pensait qu'elle allait lui dire que vos cartilages sont finis

et dans dix ans, vous êtes en fauteuil roulant. Elle lui a dit que vous êtes en pleine forme, que vos cartilages vont très bien. Je vois juste une petite usure qui date d'il y a sept ou huit ans. Est-ce que vous pouvez voir ? chose, vous avez eu un accident, vous avez fait une pratique un peu particulière à cette époque-là. Et en fait, c'est juste le moment où il s'est rendu compte où il était en surpoids et quand il a commencé à courir, et donc c'était en fait ces kilos en trop qui venaient lui peser et qui sont venus user ses cartilages à ce moment-là. Mais qu'une fois qu'il avait perdu son poids en trop, même s'il avait multiplié par 10 ou par 15 le volume d'entraînement par rapport à cette époque-là, étant donné qu'il n'y avait pas de surpoids et que le corps s'était créé une mécanique, une physiologie qui faisait qu'il ne s'y use pas tellement comme ça, il avait des traces d'un tout petit moment il y a 6 mois ou il y a 7 ans où ça a duré quelques mois et là il l'a usé et après par la suite en ayant perdu du poids, il ne l'usait plus donc ça c'est aussi assez intéressant incroyable il y a plein de gens comme ça et tu le vois, et en trail surtout c'est ça qui est cool c'est que en trail, donc là on parle nous un peu des avant-postes et de ce qui se passe, mais la Diagonale des Fous, le premier il la termine en 24h, mais le dernier il la termine en 66h, et 66h je pense que c'est je connais pas la moyenne, mais ça doit être moins de 4kmh, donc tu peux le faire en marchant grosso modo, en marchant vite, mais en marchant, et donc très souvent au départ des trails, tu vois des gens qui sont un peu enrobés, qui sont un peu en surpoids et moi je trouve ça très impressionnant parce que c'est des gens qui se lancent des défis en fait de fou parce que parce qu'il faut qu'ils se les trimballent les kilos et il ya pas mal de gens voilà qui trouve dans le trail une solution pour se découvrir soi-même dépasser ses limites et est tenté de perdre du poids et souvent ça marche plutôt bien ça affine bien quand même la course à pied ouais ouais non très clairement très clairement et chassez d'accord avec toi sur le fait que les gros gabarit enfin tu vois moi je le vois mais je fais plutôt partie de ceux qui ont des kilos en trop à porter si je

je suis à 95 kilos, 1m91. Je te confirme que je le sens assez rapidement. Heureusement, la PTL, on n'a pas trop couru, mais tu finis par le sentir quand même. Les kilos en trop, tu le ressens. Après, c'est aussi que tu apprends avec ta morphologie. Ce qui est aussi sympa entre elles, c'est qu'on s'est rendu compte qu'en fait, il n'y a pas de physique type. C'est-à-dire, les basketteurs, il faut qu'ils soient grands. Il n'y a pas de truc. Donc, en trail, quand tu regardes tous les gagnants de l'UTMB, tu as tous les physiques. Tu as François Dahlen qui est très grand et plutôt barraqué, même si tout le monde est assez sec, mais très grand et barraqué. Xavier Tenard qui est tout petit et trapu.

Kylian Jornet qui est petit et très, très léger. Pocapel qui est plutôt un physique comme le mien. Tu as Jim Wamsley qui va la gagner un jour, qui est une immense flèche toute droite. Il n'y a pas un pète de graisse. Donc, tu as vraiment tous les types de physiques. c'est vrai que tu te rends compte que c'est un sport génial parce qu'en final chacun avec ses propres recettes ses propres méthodes peut réussir à performer ou du moins à atteindre les objectifs que lui-même se donne d'une certaine manière de performer mais c'est un aspect intéressant de ce sport alors justement ta recette on en a pas encore parlé t'as été insamble là dessus mais il y a quelques jours t'as gagné un 100 miles organisé par l'ITMB en Suède alors tu me dis si je le prononce mal

c'est quoi, c'est Kulamanen c'est ça ? Exactement, tu l'as bien prononcé Kulamanen, donc un 100 miles que t'as gagné et au delà de le gagner t'as pété le record de l'épreuve donc qu'est-ce que ça a été la recette magique pour arriver à faire ça ? En fait la recette magique c'est que ça fait 7 ans que je cours et ça fait 3 ans que je cours tous les jours et donc là en fait c'est un 100 miles donc un 165 km en Suède en très très roulant. Là il a une particularité c'est que c'est très très plat, il y a à peine 2500 mètres de dénivelé et en plus ils sont que grosso modo au début et à la fin donc tu as une grande partie de plat parce que au final tu es très souvent au bord de la mer. Mais il a une autre particularité c'est que c'est début novembre, là on a eu de la chance, il n'y a pas fait un temps exécrable mais généralement début novembre en Suède il fait

moche, il pleut, il fait froid. Là, il faisait froid, il a un tout petit peu plu, mais ça allait. Et au bord de mer, ça rajoute... Ils sont un peu des bâtards. C'est un peu des bâtards, les organisateurs. Non, parce qu'il aime bien, en fait, Pierre, Pierre en français. L'organisateur est un peu taquin et un peu vicelard. Il te fait passer par des sentiers dans lesquels il y a des passages ultra techniques, où il te fait passer en bord de mer, à des endroits où, en fait, c'est des champs de cailloux, où il n'y a même plus de sentiers. Il met très peu de ravito, contrairement aux autres courses. Sur une course comme la Diagonale ou sur l'UTMB, tu vas avoir un ravitaillement entre 8 et 15 kilomètres. Là-bas, le premier ravitaillement était au 24e,

le deuxième au 56e, le troisième au 82e.

Si tu pars avec un litre d'eau, tu as un litre d'eau pour 24 kilomètres, puis pour 32, puis pour encore 26. J'ai réussi à louper un ravitaillement. moi donc avant je me suis retrouvé pendant 38 kilomètres avec un sabbite de flotte plein de balles et donc voilà il rajoute de la difficulté un peu au truc et il y a toute une ambiance avec Kula Manem où il t'as un chevalier en armure au départ parce qu'il y a une légende viking sur place il y a un chevalier en armure enflammé sur un cheval qui lui même est en armure et tu vois c'est une ambiance quand même et tu sens que tu sens que l'hiver est long et qu'ils ont besoin de se raconter des histoires depuis à peu près quelques siècles, et tu sens qu'il y a toute une ambiance. On passe à un endroit où c'est le seul monument d'Europe qui a pour vocation de commémorer la descente d'un ovni, mais c'est réel, qui est descendu dans les années 75, et donc

il y a un monument, donc dans l'ennemi, on passe à côté. Ah oui, autre délire aussi de cette course, forcément, on est en Suède, début novembre, donc s'il y a du soleil, tu ne vas pas beaucoup le voir parce qu'on part à 18h. Moi, j'ai mis 15h pour faire la course. Je suis arrivé vers 9h du mat. Grosso modo, à 18h, ça fait déjà 2 ou 3h qu'il fait nuit. Tu cours toute la nuit. Et moi, je suis arrivé, il a fait 1h de jour à la fin. Donc, très particulier. Et pareil, ils font un mode de course où on a un balisage qui est très très léger, c'est-à-dire qu'ils mettent quasiment pas de rubalise il y a des trails en France où tu as des rubalises quasiment toutes les 25 mètres et donc c'est très dur de se perdre, là-bas il est très très léger, il y a plein d'endroits où en fait ils mettent même pas du tout de rubalise, il faut suivre le GR si tu veux local donc nous les petites traces qu'on a en France blanche et rouge sur les rochers, eux c'est des petits carrés de 5 cm sur 5 orange qui sont pas rétro éclairés donc tu les vois pas, et donc tout à la montre avec, moi j'avais la trace GPS dans la montre c'est un peu comme tu as dû avoir pour la PTL donc il y a cette particularité en plus et effectivement la course elle s'est plutôt bien passée pour moi ça s'est décanté plutôt en deuxième partie de course, je suis parti très très vite devant j'ai été rejoint par un spécialiste du coin norvégien et aussi par un belge qui m'avait battu d'ailleurs sur le TMB quelques mois auparavant donc il y a eu une petite bataille comme ça même si c'était une bataille à distance parce que moi j'ai couru tout le temps tout seul et à mi-course j'ai réussi à rattraper le belge qui était en première position et je lui ai dit, je me sens bien, je vais tenter de sprinter jusqu'à la fin je suis parti fort je suis parti très fort on va dire jusqu'au cinquantième kilomètre du cinquante au quatre-vingt j'ai été fort mais tranquille ça m'a permis de rattraper le belge et à partir du quatre-vingtième à la mi-cour je me suis dit, là t'accélères et j'ai accéléré jusqu'à la fin et c'est passé et là tu te dis, c'est des trucs de fou parce que je crois que je suis en moyenne à 5 minutes 33 du kilomètre souvenir donc je vais être pas très loin de 11 km heure et ça est drôle c'est que au quotidien quand je rentre du taf ou quoi je vais je vais parfois je vais à cette vitesse que je suis fatigué ou quoi et je fais 25 km et j'arrive chez moi et je suis crevé et j'ai mal aux jambes etc et là tu dis bon ben

t'as juste tenu 15 heures à cette allure. Ah, c'est fou. Et c'est assez drôle. Et quand ça se termine, t'es content que ça se termine, mais tu te dis « Merde, putain, au final, ça va durer que 15 heures. J'aurais bien aimé que ça dure plus longtemps. » Donc là, sur ces 15 heures, tout s'est passé vraiment nickel ou t'as eu des phases quand même de down que t'as dû gérer ? Étonnamment, enfin, c'est pas étonnamment. Cette fois-ci, j'ai eu quasiment aucune aucun moment de moins bien. C'est très rare. Deux semaines avant, j'étais sur la Diagonale des Fous, j'ai mis 35 heures, j'ai chuté, etc. Et j'ai vécu, sur mes 35 heures, sur la diagonale, j'ai vécu peut-être 15 heures de pas bien du tout,

au fond du trou, à ramper, etc. Généralement, sur mes ultras, même où ça se passe bien, il y a toujours une ou deux heures de pas bien du tout.

Et là, sur 15 heures, j'ai l'impression qu'il y a eu... quasiment aucun moment de moins bien. J'étais tout le temps bien, j'étais tout le temps à ma place, je ne me mettais pas trop dans le rouge, j'avançais comme je savais le faire, et j'ai eu des problèmes, c'est-à-dire que j'ai loupé un ravito, donc quand tu loupes un ravito et que tu trouves tout le temps en flotte, je n'avais pas prévu de faire presque 40 bandes en flotte à un moment.

J'ai eu un problème avec ma frontale au milieu d'une forêt, la frontale qui commence à clignoter, donc je change la batterie, je mets la deuxième batterie la batterie, au bout de 3 minutes ça commence à clignoter et hop, je me retrouve dans le noir je fais, oula, là je viens d'utiliser 2 batteries j'en ai une autre dans mon sac, si la troisième c'est pareil je vais juste en fait pas pouvoir avancer parce qu'on est dans la nuit noire au milieu d'une forêt en Suède et je mets la troisième batterie elle clignote elle commence à réduire et j'arrive à rattraper des mecs qui étaient sur une autre course du 100 km, à courir un peu avec eux jusqu'à atteindre une ville où c'était un peu plus éclairé et coup de bol, il y avait la base vie 5 km plus loin, donc j'ai pu aller jusqu'à la base vie sans lumière et à la base vie, tu récupères des nouvelles batteries ça se passe, mais donc ça a été d'autres problématiques de toute façon, un ultra il y a toujours des problématiques et il y a toujours de l'inattendu et tu auras beau préparer parfaitement le truc, ça ne se passera jamais comme tu l'as prévu il y a toujours de l'inattendu il y a tellement de variables dans ce sport qui peuvent faire que ça se passe mal que forcément, même si tu tentes et qu'avec l'expérience, tu arrives à réduire le fait au début, imagine que tu as 100 points de ça se passe mal, au début, les premières fois, tu prends 97 fois le ça se passe mal

et les trois autres, ça s'est bien passé. Plus tu arrives à régler ces problèmes. Aujourd'hui, je considère qu'en gros, quand j'arrive sur une course, j'ai 90% de la maîtrise, après j'en ai énormément fait pour pouvoir considérer ça, mais il y a encore 10% du truc où je ne le maîtrise pas du tout, je ne maîtrisais pas de sauter à ravito, c'est du manque d'attention, c'est pas avoir assez préparé la course en amont, ma pétzel j'avais pas anticipé que l'humidité pouvait faire que ça décharge mes batteries et c'est ça qui s'est passé du point ? Ouais c'est ça qui est passé en fait j'avais juste pas j'ai des pétzel et sur les batteries il faut bien l'endroit où tu viens brancher tu viens faire le branchement il n'est pas fermé hermétiquement s'il fait humide comme là il a pu faire humide en plus ils étaient dans mon dos et moi je suis comme un goré donc ils ont pris l'humidité de la sueur et froid et ça a déchargé les batteries sont déchargées ok, bon à savoir ça et ouais c'est une petite astuce double astuce je les mets dans une chaussette pour que ça les tienne au chaud et donc l'autre astuce c'est surtout quand c'est humide de bien bien les fermer hermétiquement parce que sinon la batterie va se décharger toute seule et il y a un truc il faut se rappeler qu'en fait on court quand même plein de balles souvent de nuit en montée, en descente, dans des cailloux des racines, des trucs là en Suède, toutes les feuilles elles étaient par terre et alors ils ont une fâcheuse tendance à nous prendre des chemins où il y a un lit de feuilles, mais là c'est l'auto parce que quand tu marches sur les feuilles pleine balle la nuit, il y a des pierres

et des racines partout sous les feuilles. Et c'est coup de bol là où tu poses ton pied. Donc, ça, il faut l'avoir en tête, c'est que dans la course à pied et en trail, même si avec le temps, on s'améliore là-dessus, à n'importe quel moment, tu peux tomber, te faire une cheville, te péter une côte, te faire une élongation de ce que tu veux. Ça peut mal se passer à n'importe quel moment. L'UTMB, quand tu pars avec 2000 personnes tu peux trébucher 200 mètres après le départ parce qu'il y avait quelqu'un devant toi et tu vas t'exploser le genou et ton rêve et t'avais beau avoir préparé toute la course tu t'es foiré parce que t'as loupé le trottoir à la sortie de Chamonix il y a tellement de choses faites pour que ça se passe mal que t'es obligé si tu veux bien le vivre t'es obligé c'est un truc que j'ai appris dans l'ultra parce que je suis arrivé en tant que grand anxieux t'es obligé à relativiser tous les problèmes et à te préparer que tout peut t'arriver dans la gueule parce que de toute façon il va t'arriver des énormes merdes et il va falloir les accepter parce que de toute façon il va falloir vivre avec et ça c'est formidable tu sais à quoi je pense là en parlant de frontal et de galère mon départ de la PTL donc on reçoit les sacs on a des sacs d'allègement, il y a deux bases vies pour les sacs d'allègement donc on a les sacs d'allègement qu'on a la veille du départ qu'on prépare et qu'on doit déposer le matin je me lève le matin de la course donc réveil à 6h, 6h30 le départ était à 8h30 je vérifie une dernière fois mon sac et là c'est à moitié endormi il faisait plus ou moins de nuit dans la chambre etc et je vois une lueur dans mon sac d'allègement dans mon sac dans mon sac de la PTL, même pas le sac d'allègement mon sac de la PTL et là je me dis qu'est-ce que c'est que ce truc, c'est un reflet d'une lumière qui passe par le volet ou je sais pas quoi et je dis non non, en fait j'avais ma frontale qui s'était allumé la veille au soir dans mon sac le jour du départ classique ça m'est arrivé c'est pour ça que j'ai appris maintenant j'ai appris que ma Pezzel j'ai un petit truc que je peux débrancher donc je peux brancher la batterie et en fait je débranche toujours l'entrefil entre les deux quand je le mets dans mon sac et c'est des trucs en fait il faut que ça t'est arrivé une fois pour que tu puisses avoir cette petite astuce d'ailleurs complètement et c'est très intéressant ce que tu dis tu vois sur le par rapport aux anxieux ou aux gens alors je sais pas si moi je suis anxieux mais en tout cas tu vois j'aime bien tout préparer je pense que je suis plutôt quelqu'un qui aime bien être en contrôle que l'inverse et du coup je suis assez d'accord avec toi sur les trails ou tu vois les treks que j'ai pu faire donc c'est un autre rythme mais où tu pars aussi où t'as géré la météo etc j'avais aussi un peu du mal tu vois sur punaise il se passe quelque chose que j'avais pas prévu ça impactait un peu la façon dont je profitais de l'événement il n'y a pas très longtemps je regardais une interview de David, alors Goggins je ne sais jamais comment on le prononce c'est un américain qui a été Sears qui a fait plein de choses qui est assez inspirant et qui expliquait qu'en fait lui dans les défis qui se créent, il attend ses moments avec impatience, c'est à dire que le moment où il va se passer un truc il n'attend que ça ça lui permet en fait tu te rends compte que c'est exactement comme tu as dit à travers la gestion de ses imprévus, que tu progresses, que tu apprends que tu engranges des nouveaux savoirs et que tu peux quelque part t'améliorer pour la suite donc lui il les attend avec impatience c'est à dire que s'il fait une course où il ne se passe rien à limite il est déçu il dit bon ben voilà j'ai fait une course mais je ne suis pas particulièrement amélioré pour les prochaines alors que si tu dois gérer la galère de la frontale ta veste qui est trouée, tu n'avais pas fait gaffe, il pleut la mauvaise nutrition etc quelque part c'est de l'expérience que tu engranges c'est clair je n'en suis pas encore au point à me dire il faut que j'aille provoquer l'inattendu justement je suis moins j'ai l'inattendu et plus c'est la preuve que j'ai réussi à les éviter et donc que j'ai acquis en expérience mais j'avoue qu'en fait ce que je retiens de mes courses maintenant à chaque fois et de toute façon même dans la vie de manière globale c'est un peu ça les plus grands souvenirs que je garde c'est les pires moments à chaque fois c'est quand il m'est arrivé les plus grosses galères c'est ça qui m'a marqué, c'est ça que je vais retenir et ça va devenir au final les pires moments deviennent les meilleurs souvenirs parce que c'était formidable la fois où je me retrouve en haut du grand col ferré il fait moins 6 et je me rends compte que ma veste, j'ai pété la fermeture éclair et ça, il a fallu le gérer autrement, il a fallu, je sais plus j'avais récupéré des élastiques avec des élastiques je m'étais fabriqué une sorte de truc pour pouvoir fermer le machin et c'est

devenu des très bons souvenirs. Et effectivement, tous les moments qui se passent bien, tu les effaces un peu de ton cerveau. C'est les autres moments qui vont rester marqués. Excellent. Excellent. Alex, du coup, tu disais que tu penses que tu n'es pas allé encore au bout des choses dans l'univers de l'Ultra. Comment est-ce que tu conçois la suite ? Je vais continuer. Le format que j'aime bien, c'est ce format 100 miles. 10 000 mètres de dénivelé avec les grosses courses style UTMB, Diag, etc.

Au tout début, je m'étais toujours dit tu te donnes une porte de sortie qui est le jour où tu fais top 10 à la Diag, tu arrêtes de courir. Je me le dis toujours et en fait, ce qui est drôle, c'est qu'à l'époque, je m'étais dit en me disant mais c'est totalement impossible que ça arrive et là, le problème, c'est que je me rapproche.

Donc, il faudra soit respecter ses dires, soit tricher un peu. pour terminer 11ème mais continuer à essayer les formats 100 miles en continuant à essayer de toujours mieux les maîtriser et là cette année la Diagonal c'est ma course c'est ma course de coeur et je ne l'ai pas du tout maîtrisé je me suis foiré, je me suis cassé la gueule je mets 10h de plus que ce que je pensais faire et je sais que ça va continuer à m'arriver comme ça donc je n'ai pas besoin d'aller chercher encore plus loin des plus grandes distances des plus grands trucs.

Je continue, je sens que j'en ai encore sous le pied pour progresser.

Mais je n'ai pas non plus envie. Je ne suis pas dans la recherche de la performance. Ça ne me plaît pas tellement ça. Et surtout, je sais que j'ai déjà fait 99% du chemin et le 1% qu'il me reste à faire pour pouvoir encore m'améliorer, il demande tellement de rigueur, tellement de sacrifice, etc. encore. Moi, je suis dans une pratique plaisir, c'est-à-dire que je ne me prends pas trop la tête, je continue à faire la fête, je ne me contrains pas dans mon entraînement à suivre un modèle, un planning. Et je sais qu'en fait, pour pouvoir atteindre les 100% de performance, enfin, pour pouvoir progresser encore et atteindre ce truc qui me sépare des toutous meilleurs,

ça va demander trop de sacrifices que je n'ai pas envie de faire.

Et je m'éclate déjà assez. et putain, ce que je disais tout à l'heure je suis parti faire un semi et au final je gagne des 100 miles à l'étranger en Suède, des mecs qui m'ont donné un surnom, c'était The Ghost parce que je puis estimer que je passais tellement vite dans les ravitaux que j'étais pas existant que j'étais un fantôme à la base on avait dit juste un semi et ça s'est transformé en ça, tu vis déjà plus que ta meilleure vie, profite-en à fond et je je ne ressens pas le besoin d'aller chercher encore plus loin. Le seul truc qui me tente, c'est que j'irais bien faire ce que tu as fait de la très longue distance, c'est-à-dire on a les ultras, il y a déjà un gap entre un 100 km et un ultra pour moi, ce n'est pas forcément le même support, et entre un ultra et les je ne sais pas comment on dirait ça, mais les trucs qui font en gros 250, 300, 400 bornes, je pense qu'il y a encore un énorme gap, et il y a un truc qui s'appelle le tordé géant du côté de Chamonix du côté de Mont-Blanc qui me tâte un peu que j'aimerais bien aller voir là-bas si je ne vais pas découvrir la même chose que ce que j'ai découvert quand j'ai ouvert la fenêtre sur ma première diagonale je pense que j'ai envie d'aller découvrir ce truc là ça a l'air marrant et j'ai l'impression que les gens pour l'instant ils n'ont pas tenté de le faire en courant, c'est à dire qu'ils ont tenté de le faire en mode résistance mais ils n'ont tenté de le faire en essayant d'aller vraiment vite et fort sur la première partie donc j'aimerais bien voir j'en ai un peu parlé avec deux trois spécialistes que ce soit l'uk a papi où j'en avais parlé aussi avec antoine guillon une fois et j'aurais dit j'ai surtout expliqué je vais demander ce que tu penses que c'est possible de faire le tord géant en courant c'est à dire à une vitesse qui est plus proche de celle de but et mb et il m'a dit que lui il pensait que c'était possible donc j'aimerais bien voir si voilà si j'arrive à dans le jeu vidéo on appelle ça faire un speed run mais à ce qu'on a trouvé la méta de d'un Tor des Géants et de plutôt que le format traditionnel d'un tord où les gens vont essayer d'aller pas lentement mais d'être d'être d'être sage dans l'avancée et de mettre des blocs de sommeil et d'avoir prévu à l'avance des blocs de sommeil et moi j'aimerais bien le tenter en une autre version d'une version ok tu vas pleine boule, tu essaies d'avancer le plus rapidement possible et ça va craquer à un moment, mais peut-être que tu auras avancé assez vite avant pour que ton craquage fasse que ça passe quand même plus rapidement

que les gens qui décident de le tenter en sagesse. Donc je ne sais pas si c'est possible.

De ce qu'on me dit, je devrais le regretter, mais j'ai envie de le tenter quand même.

Donc ça, ça va être dans les petites expériences que je vais faire avant de raccrocher la casquette du trail et de l'ultra. Donc, il y a un peu de ça. Et après, il y a aussi tout le personnage de casquette verte qu'ils aient créé. Je n'aime pas parler de communauté, mais il y a plein de gens qui regardent ce que je fais un peu dans mon quotidien et je m'en amuse et je joue beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais il y a tout un truc qu'ils aient créé et je trouve que c'est un peu dommage de ne pas s'en servir. Pas au sens où j'avais de ma vie sur des jeux de concours Instagram, des codes promos et des trucs comme ça parce que je ne suis pas là pour vendre des casquettes. Mais pourquoi pas m'en servir pour essayer de soit faire passer un message soit pour une cause que ce soit humanitaire

ou autre. Peut-être me servir de ce truc-là pour essayer de faire quelque chose. Je suis assez inspiré par des mecs comme Bernard Barato, le mec qui a eu l'opportunité, je vais dire les coronesses de lancer le Téléthon. C'est le mec qui a eu pas l'idée, il avait pris de l'idée aux Américains, mais il a eu les coronesses de les lancer en France en mettant une hypothèque sur sa baraque, en faisant du forcing auprès des chaînes de télé pour que ils acceptent. Enfin, il leur a mis des grosses clés de bras pour qu'ils puissent faire ça. Et voilà, me dire que juste avec une envie et une détermination, on peut faire des trucs qui sont utiles à tous. dans mon quotidien, que ce soit dans mon métier, je ne sauve pas des vies.

Quand je fais de la course à pied, j'ai un peu du mal avec le concept de courir pour. J'arrive à comprendre un petit peu, mais pour moi, je trouve ça un peu... Je n'ai jamais vu personne qui courait pour quelque chose et ça a réellement fait avancer les choses. Donc, moi, je me dis, maintenant, j'ai une sorte de média, un outil ou un porte-voix qui est ce truc de casquette verte, qui doit pouvoir me permettre de fédérer autour de quelque chose, donc peut-être en servir pour aller vers un truc qui soit utile fondamentalement, parce que je suis un parisien, donc mon quotidien métro-boulot-dodo, il fait qu'il y a un gros manque de sens profond dans mon quotidien, et donc si je n'ai pas envie de péter un boulard à 40 piges, parce que je me rends compte que ma vie est inutile peut-être que je trouverai une utilité en me servant de ce truc qui s'est construit par le biais de la course à pied et en m'en servant peut-être un peu autrement à l'avenir excellent excellent quel serait le message de la fin pour toi fort de ton expérience sur les 7 dernières années, ce que tu as réussi à faire avec l'univers de l'Ultra, ton approche très différente je ne sais pas si tu dirais que tu casses activement les codes mais en tout cas où tu as cherché à pas forcément suivre le dogme en place ce serait quoi que tu voudrais partager à quelqu'un qui se dit bon allez peut-être que je vais faire tu vois ma première course ça va être le 14 km de l'équipe l'année prochaine en vrai faut pas en rire en fait je te dis ça en riant parce que ça a été je voulais pas ouvrir une parenthèse dans ma question parce que c'est un peu ma spécialité donc j'essaie d'arrêter de le faire maintenant mais ma première course ça a été le 10 km c'est un 10 ou un 14 d'ailleurs je sais même plus, j'ai dit 14 je crois que c'est un 10 c'est un 10, voilà, ma toute première course ça a été 10 km de l'équipe puis la Saint-Élion et après semi-marathon, marathon et après je suis passé sur le triathlon, Aérona, etc mais donc voilà, je dis ça en riant parce qu'en fait ça a été vraiment mon cas, tu vois première course, c'était la course de l'équipe parce que je dis que ma première course c'était un semi parce que c'est la première course chronométrée mais avant, ma première course c'était quelques semaines ou quelques mois aussi, quelques semaines avant c'était une color run de 5 kilomètres et c'était un défi pour moi c'était un réel défi et donc en fait ouais il y a ce truc les gens ont l'impression qu'en fait on est démagogue quand on dit ça mais en fait non dans la réalité putain quand tu te lances dans ton premier 10 kilomètres putain tu te lances vraiment dans une vraie aventure et tu vas aller chercher au bout de toi même pour aller chercher ce truc là ça pourrait paraître bizarre parce que maintenant moi je cours 25 bandes par jour je me fous plus qu'un semi tous les jours et pourtant je considère toujours que quelqu'un qui va se lancer sur un D-Born c'est un réel défi parce que pour lui à l'instant T c'est au-delà des limites qu'il pense avoir donc est-ce qu'il y a un message ouais de toute façon c'est un peu le truc où je pense que le goût on l'a un peu fait passer dans notre discussion tout le long c'est que grosso modo c'est un peu ça fait très, c'est quoi, ça va être le slogan de Nike, mais tu sais, c'est, nothing is impossible, en fait, rien n'est impossible dans soi tant que tu ne l'es pas

prouvé à toi-même que c'était impossible. Et la seule manière de se prouver qu'un truc est impossible, c'est de le tenter. Et, ben, c'est pas grave de se foirer, vaut mieux tenter, tenter, tenter. Parfois, on va se prouver qu'un truc qu'on pensait qu'était impossible, ben, c'est possible, et on va en ressortir énormément de fierté, d'être satisfait de bouger les fesses de son canapé et d'avoir réussi quelque chose qui nous paraissait impossible. Mais quand on échoue aussi, c'est peut-être là-dessus sur lequel je vais insister, c'est quand on échoue, il faut certes essayer de comprendre l'échec, de l'accepter.

Même la colère contre un échec, c'est quand même l'accepter. et il ne faut surtout pas se résigner. Il faut plutôt faire... Là, on est des experts maintenant. En termes de résilience, maintenant, on est devenus des experts avec ce qu'on a vécu dans les dernières années. On a fait progresser la société là-dessus sur la capacité de résilience et la capacité à ne pas abandonner quelque chose. C'est plutôt là-dessus lequel je veux insister. C'est que quand on échoue, peut-être qu'il faut réessayer. et quand on re-échoue, il faut peut-être re-essayer jusqu'à ce qu'on en ait réellement marre et qu'on n'ait plus envie. Mais tant qu'il y a encore l'envie de tenter ce truc-là au bout et de se dire peut-être que ce n'est pas totalement impossible, il faut continuer à le tenter

parce qu'il n'y a que...

Moi, j'ai 30 piges, je n'ai pas envie d'arrêter ma vie à 30 piges et d'être enterré à 75 ans. on a si peu de temps à pouvoir profiter du fait d'être vivant c'est trop bien mon cerveau il dit à ma main gauche de se lever mon cerveau il dit à mon corps de traverser l'île de la Réunion il traverse l'île de la Réunion et c'est tellement formidable de pouvoir le faire que ne pas le faire et rester sur son canapé regarder Netflix c'est quand même un peu dommage l'esprit c'est tenter l'impossible, tentons l'impossible et pas forcément faire différemment, chercher une autre voie, chercher à faire différemment, mais tenter l'impossible, ça se fait aussi en comment dire,

si quelqu'un vous dit qu'une chose est impossible, c'est peut-être parce que elle, elle n'a pas encore trouvé la méthode. Et donc, Donc, ne pas se construire contre lui comme lui a pu se construire et a échoué, mais en se construisant sa propre méthode parfois, ou en tentant autrement, « putain, merde, ça marche comme ça ». Donc, voilà. Et surtout, dans cette construction de la possible, il y aura toujours de l'inattendu. Et l'inattendu, c'est l'exemple que tu disais tout à l'heure. il faut l'accepter et ça doit être quelque chose qui va être amélioratif et l'inattendu c'est toujours quelque chose qui a du bon même si c'est un mauvais inattendu, un accident ou quoi, c'est toujours quelque chose qui a du bon au final parce que ça nous fait sortir de notre ligne, de notre rail et il y a des idées inattendues qui sont formidables, je ne sais pas, le meilleur exemple d'inattendu que j'ai en tête c'est Lilian Thuram qui nous marque deux buts à la coupe du monde 98 en demi-finale le mec il a jamais mis un but de sa life il a décidé que c'était ce jour là qu'il marque un doublé, qu'il qualifie la France et ça c'était du bal inattendu il peut y avoir des inattendus dramatiques des décès, des maladies des choses comme ça ça va être des combats différents et il peut y avoir après aussi des inattendus formidables et en fait il n'y a que en faisant les choses en avançant il n'y a que en faisant des choses qu'on peut avoir de l'inattendu qu'on se crée, si on ne se bouge pas, il n'y a pas d'inattendu et on se fait chier. Et effectivement, on crève à 30 ans et puis on est enterré 40 ans

plus tard. C'est un super message, ça.

Bougez-vous ! Ouais, c'est ça.

Trop bien. Écoute, franchement, merci Alex, c'était juste génial d'échanger avec toi sur ton parcours, ce que tu as mis en place, ce que tu as découvert dans l'Ultra. Puis moi, je suis complètement d'accord et à fond sur ce dernier message de conclusion fait qu'il n'y a pas vraiment d'impossibles en tout cas il faut c'est impossible de ne pas tenter l'impossible pour vivre pleinement donc super super message un gros merci, si les gens veulent te suivre l'idéal c'est quoi ? c'est Instagram, Cascade Verte c'est ça ? je suis un peu sur tous les réseaux sociaux sur n'importe quel réseau social je ne me suis pas encore mis à TikTok franchement sincèrement j'ai de la mal j'ai du mal je pense que je suis trop vieux t'es un boomer ça y est je pense que je suis un boomer je ne sais pas comment on appelle les boomers de 30 ans, mais en dehors de ça, je suis présent un petit peu partout

et je m'amuse beaucoup sur les réseaux sociaux. Donc, il ne faut pas hésiter. Il ne faut pas hésiter, je ne mords pas et je laisse tous mes DM ouverts et je communique avec tout le monde. Donc, il ne faut pas hésiter si on veut communiquer avec moi. C'est avec plaisir que je prends du temps pour répondre. Génial. Trop bien. Merci encore Alex. je te dis pourquoi pas bientôt peut-être pour le débrief de ton Thor que tu auras fait en mode speedrun je suis très chaud, ça risque de ne pas être en 2023 parce que là je me suis qualifié pour l'UTMB et le problème c'est que l'UTMB c'est quelques semaines avant le Thor et non pas que je pense que ce soit impossible parce que je suis certain que je pourrais enchaîner les deux mais ça va être un peu galère au niveau des congés de poser une semaine à ce moment là puis après de reposer deux semaines pour aller deux fois à Chamonix donc je pense que ce sera plutôt 2024 ça sera un peu après les JO que j'irai me faire mon petit tord à moi mon petit tord à moi côté italien trop bien, excellent merci Alex, tout le meilleur pour la suite c'est moi et tout le meilleur pour ton podcast et pour ce que tu fais merci parce que moi ça occupe pas mal de mes heures à courir et je les ai pas encore tous écoutés, j'en ai écouté quelques-uns parce que j'ai commencé, je t'ai découvert il n'y a pas très longtemps et donc là, sache que tu vas accompagner pas mal de mes heures dans cet hiver qui s'annonce trop long à mes yeux mais tu vas bien occuper mon hiver, donc merci d'avance trop bien, avec grand plaisir et puis tu me diras ce que t'en as pensé top allez merci Alex, salut

Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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