Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Loïc Blanchard : Mon récit de la PTL, où comment j’ai bouclé 300 km et 25 000 m de dénivelé autour du Mont-Blanc en 148 heures
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
J'ai reçu énormément de messages me demandant de partager mon récit de la PTL 2022 sur le podcast. Drôle d'exercice que d'enregistrer et publier un épisode pour lequel on est soi-même l'invité 😵💫
Deux mois après avoir passé la ligne d'arrivée, et après avoir été interviewé 🎙 par Arnaud sur son podcast Ultra Talk, il était temps de me lancer !
Pour ce récit, que j'ai essayé de rendre le plus authentique possible, j'ai été interviewé par Tiphaine, une femme incroyable que j'avais déjà reçu pour l'épisode #51.
De la logistique (nutrition, sommeil) en passant par mes motivations 🤩 la stratégie de fusion entre plusieurs équipes pendant la course mais aussi mes grosses galères 🥵 sur la fin, j'essaie de vous partager mon expérience telle que je l'ai vécu.
En espérant que ça vous plaise !
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #46 - Lilian Dauzat - Entrepreneur & Aventurier - Maintenir la flamme de la curiosité pour continuer à grandir
Épisode #51 - Tiphaine Robet - Médecin et aventurière - 25 ans et déjà une vie haletante !
Ultra Talk - Épisode #220 - Loïc Blanchard : "Les 36 dernières heures ont été une torture."
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Hello Hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Eh bien écoute, bienvenue à nouveau Tiffen sur le podcast. Salut Loïc. Trop content qu'on se fasse un épisode, alors j'allais dire un épisode de suivi, mais en fait pas vraiment parce que cet épisode est un peu particulier. En fait, c'est moi qui t'accueille, mais c'est toi qui va me poser des questions. Trop bizarre, c'est la première fois que je vais faire ça sur les frappés, mais après la PTL, j'ai eu tellement de messages de gens qui me demandaient de faire un récit sur les frappés de cette course un peu complètement folle et comme ça fait déjà deux mois et bien je me suis dit qu'il était plus que temps et comme pour finir avec les et comme j'avais grave kiffé notre échange quand on avait enregistré pour que tu nous racontes ton histoire et bien je me suis dit que ça pourrait être cool que tu sois l'intervieweuse donc franchement merci beaucoup de te prêter au
SPEAKER_01jeu je t'en prie Loïc ça me fait trop plaisir est-ce que juste un petit rappel pour je pense pas mal de néophytes comme moi est-ce que tu peux recontextualiser un petit peu donc par rapport à l'Ultra qu'est-ce que c'est que cette course en particulier c'est quoi ses
SPEAKER_02spécificités voilà pour vous donner un petit peu tout ça yes donc la PTL donc ça déjà c'est un acronyme ça veut dire la petite trottaleon c'est une des courses c'était cette année la 19ème édition donc c'est une des courses qui est organisée par l'UTMB que bon beaucoup de gens qui sont dans le trail connaissent et donc elle a lieu la semaine la même semaine que l'UTMB la course UTMB et que la TDS la CCC enfin toutes ces courses plus connues c'est la première des courses enfin les oui c'est la première course de la semaine et c'est la dernière course de la semaine en même temps dans le sens où le départ a lieu le lundi à 8h30 donc les coureurs sont les tout premiers à partir et l'arrivée se fait le dimanche entre midi enfin ouais en tout cas la barrière horaire c'est milieu d'après midi soit soit un peu le le dernier moment de cette semaine de course complètement folle donc voilà ça c'est pour si tu es cansé c'est une course qui fait 300 km historiquement donc cette année il y a eu une petite surprise avec un petit rajout non précisé par l'organisation avant le départ de 40 km mais c'est une course qui fait normalement 300 km le parcours change tous les ans et l'idée c'est de faire le tour du Mont Blanc en passant par l'Italie la France et la Suisse et la particularité de cette course c'est qu'il y a énormément de dénivelé donc nous on avait 26 000 et quelques mètres de dénivelé donc ça fait je pense que toi ça te parlera mais ça fait 3 ascensions de l'Everest depuis la mer puisque le camp de base de l'Everest est déjà à 5000 mètres et quelques donc voilà ça fait sans les problèmes d'oxygène évidemment mais ça fait beaucoup beaucoup de dénivelé c'est une course ensuite il y a plein de caractéristiques qui se fait en équipe donc c'est 2 ou 3 2 minimum 3 maximum donc c'est Sachant que si tu pars à 3, il peut y avoir un abandon dans l'équipe pendant la
SPEAKER_01course. Et si tu pars à 2, il peut y avoir
SPEAKER_02un abandon aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Non, si tu pars à 2 et qu'il y a un abandon, c'est fini pour tout le monde. C'est terminé. Tu ne peux pas faire cette course tout seul.
SPEAKER_01Vaut
SPEAKER_02mieux partir à 3.
SPEAKER_01Comment
UNKNOWN?
SPEAKER_01Vaut
SPEAKER_02mieux partir à 3. Vaut mieux partir à 3, mais c'est un paramètre à gérer en plus. C'est déjà un arbitrage à faire quand tu t'inscris. D'ailleurs, non, tu ne peux pas t'inscrire. C'est un dernier... je crois que c'est la dernière caractéristique de la course tu peux pas acheter ta place il faut que tu renvoies un dossier et il y a une sélection qui se fait sur dossier par rapport à tes expériences d'avant en trade mais pas que et voilà donc c'est un autre critère à prendre en compte je crois que j'ai tout dit et oui et c'est une course donc il n'y a pas de classement c'est tu finis ou pas bon nous il se trouve qu'on sait forcément tu sais à peu près où tu te situes mais l'idée c'est qu'il n'y a pas de classement t'es finisher ou pas et c'est c'est une course où il n'y a pas vraiment d'assistance. Donc, il y a des refuges où tu peux manger, mais il n'y a rien au milieu. Il n'y a pas de balisage fait par l'organisation. Tu te débrouilles, tu as une carte avec un GPS et tu te débrouilles. Nous, on a eu, je pense, entre 20 et peut-être 30% de hors-sentier complet. Donc, ça veut dire que tu n'es même pas sur des GR ou potentiellement, tu ne suis même pas des kernes. Il n'y a vraiment rien du tout. Donc, voilà pour les caractéristiques de la PTL. Et donc, nous, cette année, on était 101 équipes au départ. Donc, ça fait 200, ça faisait, je crois, 280 coureurs. Et 43 à l'arrivée. 43 équipes à l'arrivée.
SPEAKER_01Et donc, toi, dans une équipe, vous aviez choisi d'être
SPEAKER_02combien
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, nous, on était 3 au départ. en fait j'avais fait un épisode avec l'équipe du Triathlex donc du club de triathlon d'Aix-en-Provence il y a deux ans je pense bientôt deux ans je sais plus avec l'équipe du Red plus précisément de ce club de triathlon de Red Aventure et quand on est rentré en France après que j'ai démissionné d'Apple etc on s'est retrouvé pour un repas c'était très sympa et pendant ce repas Brice en l'occurrence me parle de la PTL alors j'avais jamais entendu parler de la PTL et il il me demande si ça m'intéresse de déposer un dossier. Il m'explique rapidement, 300 bornes et tout. Je me dis que c'est impossible. Je n'ai jamais fait un truc comme ça. C'est sur tirage au sort, donc je veux bien le tenter, sachant que je n'ai pas d'expérience en trail. Le truc le plus long que j'ai fait, c'est la Saint-Élion. Ça fait 73 kilomètres, donc ce n'est même pas un ultra. Je m'étais dit que la probabilité qu'on soit pris, en vrai, elle est assez faible. C'est comme ça. avec
SPEAKER_01le
SPEAKER_02genre
SPEAKER_01voilà ok et et du coup donc hormis cette proposition de la part d'un ami est-ce qu'il y a d'autres facteurs qui sont venus un peu impacter cette décision de faire cette course là en particulier est-ce qu'il y avait je sais pas tu vois moi j'y vois tout de suite une concordance entre le fait que t'étais en Suisse et puis que tu sois descendu en France ça c'est quand même une course qui retrace mine de rien c'est une course qui fait un
SPEAKER_02cercle
SPEAKER_01il y
SPEAKER_02avait
SPEAKER_01ah t'es allé
SPEAKER_02chercher loin là non mais c'est un super bon point j'avais pas pensé à ça écoute les c'est
SPEAKER_01marrant c'est pas une traversée c'est un grand départ et puis tu fais un rond comme ça est-ce qu'il y avait quelque chose de particulier à aller chercher ce
SPEAKER_02rond
UNKNOWN?
SPEAKER_02écoute j'avais pas vu ça comme ça mais je pense en fait dans les motivations il y a eu deux étapes on va dire il y a eu avant la course où honnêtement j'y pensais pas trop parce que je te dis au moment où on a déposé le dossier j'avais jamais entendu parler de la PTL ça me faisait pas du coup ça me faisait pas particulièrement rêver parce que j'avais jamais tu vois j'avais pas lu de récits sur cette course j'avais quelques bribes d'infos mais pas plus donc la motivation elle était plus tu vois en me disant bon allez je tente un truc de folie et si ça passe on verra bien et si ça passe pas bon bah tant pis j'aurais tenté tu vois et en fait une fois que c'est devenu une réalité ça a évolué quand même c'est à dire qu'au début plus c'était une réalité contrainte tu vois je me suis dit bon merde là en fait y'a plus le choix tu vois sachant qu'au même moment je suis devenu papa j'ai appris qu'on était sélectionné pour la PTL je crois une semaine et demie après que ma fille soit née tu vois donc j'étais là en mode oh punaise et puis je venais de lancer Papyrus ma boîte donc on va dire de février à mars avril c'était plutôt le flip tu vois je me disais mais qu'est-ce que je vais enfin je vais crever sur cette course 300 bornes j'ai jamais fait ça je fais presque 100 kilos l'hiver tu vois quand je m'énerve un peu sur le sucre je flippais vraiment en me disant que j'étais pas fait pour ça que ça allait être impossible et puis après avec l'entraînement j'ai été accompagné d'un super coach qui s'appelle Théo de ICO et puis j'ai vu que l'entraînement ça se passait bien que je perdais du poids que j'arrivais à assez rapidement au final à allonger les distances tu vois sur les entraînements et puis à ce moment là en fait il y a d'autres motivations qui sont arrivées tu vois j'ai commencé à me dire que ça pourrait être un super exemple pour mes petites soeurs j'ai six petites soeurs donc je me suis dit tu vois ça pourrait être une chouette histoire à leur raconter ça pourrait être un je sais pas quelque chose à raconter aussi pour ma fille Puis surtout pour moi, me montrer que j'étais capable de gérer plusieurs projets en même temps exigeants. Le fait de créer sa boîte, se réinstaller en France, devenir papa. s'entraîner pour un truc comme ça et puis en fait quand tu crées ta boîte tu te rends compte que c'est beaucoup de la résilience alors ça tombe bien je vais aller frapper tu le sais on en avait beaucoup parlé sur ton épisode mais c'est un podcast sur la résilience et le dépassement de soi quand tu crées ta boîte bon tu le lis un peu partout mais tant que tu ne l'as pas vécu c'est dur de t'en rendre compte c'est vraiment de la résilience tu vois franchement en une journée tu passes par tous les états le matin t'as un truc quelqu'un qui te répond à un mail de prospection il t'envoie chier le midi, tu as une super nouvelle et le soir, tu as un doute qui s'installe sur autre chose qui était en cours, tu vois. Et ça, c'est tous les jours, tous les jours, toujours. Et du coup, dans un moment, en tout cas, dans mon cas, tu vois, je... parce qu'on venait vraiment de lancer Papyrus, donc il n'y avait pas encore de... On n'avait pas signé de contrat, on n'avait pas de client, c'était un peu... Je ne me payais pas,
SPEAKER_00c'était un peu difficile. Tu étais dans
SPEAKER_02l'incertain, quoi. Ouais, c'est ça, tu es dans l'incertain, tu vois. Et puis surtout, tu en arrives à douter, du coup, de tes capacités, parce qu'à l'époque, enfin à l'époque, il n'y a pas si longtemps, mais quand tu regardais un peu sur les réseaux et tout, c'était... Il y avait encore plein de boîtes qui levaient des fonds très rapidement, des grosses sommes, tu vois, plus d'un million d'euros en ayant quatre clients. Et toi, tu es là à ramer, tu vois... essayer de signer ton premier contrat et donc je commençais à me poser des questions sur ma capacité à gérer tout ça enfin est-ce que j'en suis capable est-ce que je suis vraiment fait pour ça tu vois enfin t'en prends un coup quand même jour après jour mois après mois en termes de confiance en soi et du coup cette PTL tu vois je m'étais dit il faut pour moi il faut absolument que je la finisse il faut absolument que je la finisse pour me montrer tu vois pour cocher une case sur cette année où au moins je pourrais dire j'aurais au moins réussi un truc très difficile si c'est pas la boîte bon ce qui est normal franchement il n'y a pas beaucoup de boîtes qui décollent en moins d'un an et ma fille bon bah voilà c'est un plaisir au quotidien mais tu vois t'as pas de case où tu peux dire ok enfin je sais pas comment dire c'est pas un truc que tu mesures tu vois tu le vis au quotidien et t'essaies de profiter de l'instant mais je sais pas je me voyais pas dire ok si je passe 6 mois en étant papa tu vois trop bien j'aurais réussi un truc c'est un truc que tu fais toute ta vie voilà c'est immesurable alors que cette course le fait d'aller au bout là c'est très tangible tu vois t'as un point une ligne de départ une ligne d'arrivée t'as des choses au milieu et c'est à toi de gérer et c'est sur une durée limitée donc voilà il y a plutôt ça comme motivation qui qui a fini par s'installer et puis non mais en vrai je me rends compte je parle beaucoup trop quoi heureusement que mes invités font pas ça c'est
SPEAKER_01ouf ah ah ah ah non mais ça ça arrive non mais on va faire le podcast sur une
SPEAKER_02question c'est abusé non mais je finis très rapidement là dessus sur les motivations parce que c'est bah ouais c'était un peu en fait c'est un peu essentiel si t'as pas de motivation pour un truc comme ça je pense que tu vas pas au bout d'ailleurs je le dis en toute transparence parce qu'on a souvent échangé là dessus avec Brice mais Brice a abandonné très vite parce que bah il trouvait plus la motivation dans cette course alors que c'était clairement le plus expérimenté mais bref pour moi ma dernière motivation c'est que bah j'ai je pense qu'on en avait parlé quand on avait échangé mais j'ai été sportif de haut niveau il y a longtemps il y a 15 ans et euh et donc ça a vraiment donc j'étais assez jeune tu vois et ça a vraiment contribué à me forger à forger mon identité forcément quand t'as de 14 à 16-17 ans et que tu vis un truc aussi dur que le sport de haut niveau bah tu te construis un point de vue identitaire avec ça et puis quand ça s'arrête bah t'es un peu paumé tu vois et puis surtout ça te fait une référence c'est à dire qu'en termes d'accomplissement perso j'ai fait des choses extrêmement dures avec le judo mais que j'ai jamais j'ai jamais eu l'occasion de me retester à ce niveau-là depuis et donc assez régulièrement depuis 15 ans je ne saurais pas dire quand j'ai pas d'exemple précis mais je sais que j'avais souvent cette pensée de est-ce que je serais aujourd'hui capable de le refaire est-ce que j'ai toujours cette capacité de dépassement, de résilience d'état d'esprit de battant que j'avais à l'époque et bon j'ai pas eu l'occasion de le tester et là cette course c'était l'occasion qui s'est
SPEAKER_01présentée Est-ce que pour toi c'est important de se reconfronter à des choses auxquels on a été capables. Je ne pense pas aussi qu'on peut, en évoluant, est-ce que peut-être les objectifs peuvent changer, la manière de voir les choses, les envies sur lesquelles on a envie de...
SPEAKER_02ouais si clairement et tu vois ça évolue aujourd'hui enfin je suis très content de la période que j'ai eu en judo mais il m'a fallu beaucoup de temps pour tourner la page j'ai essayé de pas tourner la page et en fait voilà quand t'as pratiqué ouais c'est ça c'est ça bon mais si si je pense que les motivations et la façon dont tu te définis ça évolue mais cette notion de
SPEAKER_01dépassement
SPEAKER_02ouais tu vois ça fait partie de moi quoi dans toutes les aventures que j'ai fait depuis le judo quand je me suis mis au triathlon, préparation Ironman, etc. C'était pour ça, tu vois, parce que j'aime bien aller me challenger, me chercher, voir jusqu'où je peux aller. Mais je n'avais jamais vraiment eu le sentiment, je ne dis pas du tout que ce que j'ai fait depuis, c'était hyper facile, tu vois, j'ai fait des trucs durs. Mais le judo, c'était sur tellement longtemps et tellement à la fois sur le mental et le physique que je... depuis je n'avais pas vécu d'expérience qui me pousse aussi loin dans mes retranchements et je m'étais dit avant la PTL que c'était peut-être la course qui allait me pousser très très loin
SPEAKER_01je l'avais senti
SPEAKER_02quoi je l'avais senti et j'ai eu
SPEAKER_01raison ok on comprend un peu ce désir de vouloir mesurer quelque chose moi j'entends aussi ce désir de se mesurer à quelque chose aussi peut-être quand tu parles de tes retranchements mais en tant que normal que invité normalement est-ce que tu trouves y a-t-il forcément un lien entre ce défi et ton travail justement d'intervieweur est-ce que tu penses que écouter les gens te raconter des histoires t'as donné toi aussi envie d'en écrire peut-être
SPEAKER_02une c'est très bien posé comme question il faudrait que j'arrive à faire des questions des jolies questions comme toi écoute franchement c'est une évidence absolue mais là sur cette course tu vois Évidemment, à force de rencontrer des gens complètement fous, des Lilians qui traversent l'Atlantique à la rame, des Tiffens qui reviennent de Roumanie à pied en passant par les forêts remplies d'ours, après être allés en zone de guerre. Évidemment qu'à force de parler avec des gens comme ça, ça t'incite, et c'est pour ça que j'ai créé les Frappés, ça t'incite à reconsidérer un peu tes projets, à te dire qu'en fait, ils pourraient être plus que des projets, ça pourrait devenir des réalités. Le fait que j'ai démissionné de chez Apple... très clairement ça a été ça aussi à force de rencontrer des gens qui vivaient leurs rêves et qui étaient épanouis dans ce qu'ils faisaient moi je me suis dit ok ma situation est conforme mais est-ce que je suis épanoui
UNKNOWN?
SPEAKER_02Non donc est-ce que c'est pas le moment de partir à l'aventure entrepreneuriale là pour le coup donc ouais clairement c'est à cause de vous
SPEAKER_01tout ça très clairement c'est étrange que justement en écoutant tous ces récits t'es pas choisi de vivre quelque chose qui ressemble à ça par exemple t'as pas fait l'UTMB en fait t'as choisi une course qui faisait partie de l'UTMB mais c'était pas l'UTMB t'as choisi quand même ton propre projet t'as jamais en fait interviewé quelqu'un qui avait fait la PTL et de fait tu n'en avais jamais entendu
SPEAKER_02parler ouais ouais clairement bah après je pense qu'il y a aussi tu vois être inspiré c'est pas forcément je pense en tout cas c'est ma vision mais être inspiré c'est pas forcément vouloir dupliquer quelque chose c'est être inspiré par l'énergie être inspiré par le passage à action et c'est de l'appliquer à soi mais ça peut être tu vois je suis autant inspiré et c'est pour ça que j'ai des invités qui viennent de tout horizon je suis autant inspiré par un Anthony Bourbon qui a créé Feed qui a un malade mental de l'entrepreneuriat et le mec tu lui parles c'est un bulldozer c'est hallucinant que par une Chloé qui fait de la micro aventure en France dans son van toute timide et qui pourtant tu vois fait des choses que plein de gens n'oseraient pas faire comme dormir à la belle étoile ne serait-ce que dans le jardin l'un derrière chez soi donc ouais non très clairement je pense que la somme de toutes ces rencontres font qu'il y a plein de choses que je fais dans ma vie en tout cas alors je dis pas que j'ai radicalement changé qui je suis mais bon j'ai quand même professionnellement j'ai tout changé je me suis lancé sur une aventure etc et tout ça c'est oui c'est parce que je suis inspiré par tous ces invités complètement incroyables que je reçois et j'espère c'est mon objectif ultime tu vois chaque fois que je reçois un message d'un un auditeur d'une auditrice qui me dit tu vois je suis parti courir il faisait froid après avoir écouté Nahuel ou j'ai écouté le récit de Tiffen à un moment donné où j'étais en train de m'orienter true story quelqu'un m'a dit ça tu vois j'étais en plein choix d'orientation et puis j'avais pas du tout pensé à quitter la France pour mes études et son récit m'a inspiré à aller regarder ce qui se faisait ailleurs je trouve ça génial tu vois et là c'est jackpot pour moi c'est une mission accomplie quand je reçois ce genre de messages des passages à l'action qui se font en partie grâce à l'inspiration des invités que je reçois sur les frappés.
SPEAKER_01Et puis au-delà de ces messages un peu de partage d'inspiration, on a vraiment senti que quand tu étais en train de courir, de ce que j'ai cru comprendre, tu as reçu aussi pas mal de messages que tu avais invités ou de personnes qui suivaient ton podcast qui t'encourageaient. Visiblement, ça, c'était très important pour
SPEAKER_02toi. En fait, je ne m'y attendais absolument pas. Mais alors pas du tout, tu vois, parce que bon… Déjà, je ne suis pas un méga fan, super expert d'Instagram, donc je pense que je n'utilise pas au max son potentiel. J'ai des échanges toutes les semaines, presque tous les jours avec au moins une personne en rapport avec le podcast. Mais je n'avais pas fait plus que ça de la com sur la PTL, sur Instagram. Et en fait, j'ai halluciné. J'ai littéralement, je pense que c'était le jour du départ quand j'ai mis la story avec la vidéo où on passe sous l'arche, à partir de ce moment là j'ai reçu des centaines de messages alors il y a peut-être des gens pour qui c'est rien tu vois des centaines de messages et moi j'ai halluciné tu vois et à tel point que du coup il y a plein de gens à qui j'ai pas pu répondre tu vois parce qu'on avait pas tout le temps de réseau puis au bout d'un moment t'es juste défoncé sortir ton téléphone de la poche de ton sac déjà rien que d'y penser c'est un effort donc le faire je te raconte même pas mais ouais ouais j'ai reçu beaucoup beaucoup de messages et ça m'a fait hyper plaisir hyper plaisir donc merci une fois de plus à toutes celles et ceux qui ont envoyé des messages ça m'a beaucoup aidé
SPEAKER_01pour revenir un petit peu sur le côté factuel de la course est-ce que t'es passé par cet état un peu qu'on peut appeler d'hyper présence ou un peu de trans entre guillemets où t'as découvert je sais pas t'as des nouveaux territoires mentaux est-ce que jusqu'à où t'es allé chercher et et surtout où
SPEAKER_02est-ce que t'as creusé quoi ben tu vois ta question me fait penser à cette notion de second souffle un peu c'est à dire que quand t'es complètement cramé dans l'effort d'un coup tu sais pas ce qu'il se passe t'as un boost d'énergie et tu remontes très très vite en termes de performance, de capacité physique d'euphorie et ça m'est déjà arrivé deux fois sur le GR20 en l'occurrence où on triplait des étapes etc enfin je portais genre j'avais 32 kilos j'avais fait n'importe quoi avec mon sac bref là ça m'était arrivé sur la PTL non pas dans le sens où tu vois ça allait pas bien du tout et puis l'instant d'après ça va très très bien j'ai pas eu cette sensation de second souffle par contre par contre tu me demandais tu vois si à un moment donné j'ai eu le sentiment enfin je crois tu me dis si je reformule mais tu vois d'avoir découvert quelque chose un peu de nouveau et ouais très clairement ça a été alors je l'ai pas mesuré dans l'instant parce que dans l'instant c'était juste de la souffrance mais les 36 dernières heures en fait j'ai fait un podcast avec Arnaud sur Ultratalk où j'en parle les 36 dernières heures en fait j'ai cumulé un coup de chaud avec des problèmes gastriques je pense que les deux étaient liés je me suis endormi au soleil en fait sans le vouloir le samedi matin pendant je sais pas peut-être 15-20 minutes max et en fait ça m'a déglingué tu vois ça m'a bon littéralement vidé de mon énergie j'ai j'étais complètement mort. Je frissonnais en plein soleil. L'instant d'après, je transpirais à grosses gouttes. Enfin, c'était l'horreur. Plus les problèmes gastriques. Et en fait, la journée de samedi, on a fait 10 heures d'ascension, un truc comme ça. Non-stop. C'était l'horreur absolue. En hors-sentier, des trucs tellement dans la pente qu'à un moment donné, je me suis mis à saigner du nez. Ça ne s'arrêtait plus. Mais je ne pouvais rien faire parce que j'avais les deux mains sur les bâtons tellement c'était pentu, tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_02glissait dans l'herbe et tout, j'arrivais en bas j'avais la barbe remplie de sang du sang sur les cuisses, le t-shirt, l'horreur et donc sur ces 36 dernières heures où là par contre je suis jamais allé chercher aussi loin enfin en tout cas sur le coup je m'étais dit est-ce que c'est parce que c'est l'instant présent et je me rappelle pas d'autres difficultés tu vois dans le sport de haut niveau, dans le judo et tout que j'ai déjà eu qui était aussi dur mais en fait là ça fait deux mois et j'en suis à peu près convaincu, j'ai jamais J'ai jamais autant souffert psychologiquement que sur ces 36 dernières heures. Il y avait le physique où j'étais KO parce que c'était la fin. On avait déjà marché 300 kilomètres, je pense. Je pense qu'à ce moment-là, on avait fait 22 000 mètres de dénivelé déjà. Et on avait dormi 4h30 dans la semaine. Donc... tu morfles aussi de ce côté-là. Mais ouais, là, c'était le fait d'avoir zéro, d'être complètement vidé de mon énergie et de devoir continuer à faire un pas devant l'autre pendant dix heures. Franchement, c'était... Tu sais que j'ai fait un espèce de mini-trauma, enfin, réaction post-traumatique
UNKNOWN?
SPEAKER_02Pendant dix jours, je ne sais plus si j'en parle sur le podcast d'Arnaud, pendant dix jours, il y a à peu près deux nuits sur 3 je me suis réveillé genre en transpiration le coeur à 200 à l'heure en train de me revisualiser dans cette foutue pente en train de grimper pendant 10 heures tu vois hallucinant le truc donc voilà les 36 dernières heures ouais je suis allé chercher j'ai découvert une zone où j'étais je pense jamais allé jusqu'à
SPEAKER_01présent
SPEAKER_02c'est une bonne question C'est une bonne question.
SPEAKER_01Est-ce que c'était la mémoire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'était
SPEAKER_02quelque chose de plutôt corporel
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que c'était un souvenir
UNKNOWN?
SPEAKER_02En fait, c'est vraiment... C'est endurer... C'est... C'est pas... Comment expliquer
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est...
SPEAKER_01T'as approprié un peu ce sentiment de souffrance. J'ai l'impression que t'es obligé de t'acclimater et de l'accepter pour avancer,
SPEAKER_02quoi. Ouais. Bah, en fait, c'est pas... Ouais, c'est pas... Enfin, ouais. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, donc, on était samedi matin, on savait que l'arrivée était prévue pour le lendemain, au rythme auquel on allait. Donc, on...
SPEAKER_01Il y a déjà ça qui fait tenir,
SPEAKER_02quoi. Voilà. Déjà, tu te dis pas maintenant, quoi. Tu vois, je peux pas abandonner maintenant. C'est débile d'avoir fait un coup de chaud maintenant c'est hyper chiant sans faire de mauvais jeu de mots d'avoir des problèmes gastriques c'était quoi ces problèmes gastriques j'avais la chiasse donc je digérais rien j'avais pas faim pas soif l'enfer c'était la section sur laquelle on avait la plus longue ascension de tout le parcours c'était la section sur laquelle on montait le plus haut de toute la trace à plus de 3000 mètres euh D'un côté, tu te dis que l'arrivée est là. Quand tu as déjà marché plus de 115 heures, tu te dis qu'on y est presque. Et de l'autre, en fait, chaque minute... C'était un peu comme ça que je l'ai vécu, tu vois. Chaque minute, chaque pas, c'était un enfer, quoi. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et en fait, je trouve que c'est hyper difficile d'arriver à se détacher de ça, de la notion du temps qui s'écoule, mais tellement lentement, tu vois. Quand tu es dans la... quand tu vis dans un moment difficile en tout cas c'est comme ça que j'ai vécu c'est que ça passait à 2 à l'heure et donc c'est un combat contre toi même tes pensées négatives tu vois constamment t'y reviens parce que tu fais un pas bah en fait t'as mal au pied tu te dis bon allez un pas de plus et en fait l'autre pas t'as mal à un autre endroit sur l'autre pied et puis en fait au bout de 10 pas tu te rends compte que t'es complètement défoncé et t'as envie de t'asseoir sauf que t'es au milieu d'un groupe tu vois on était 7 donc c'est pas enfin tu décides
SPEAKER_01pas alors pourquoi vous étiez 7 parce que t'es venu tu disais tout à l'heure quand vous vous aviez choisi de partir à 3 ensuite on a compris qu'il y avait eu un
SPEAKER_02abandon donc vous êtes revenu à 2 et puis donc là c'était qui les alors on s'est donc Brice a abandonné Brice a abandonné la première nuit au compte à mine à 2h du mat et donc on est reparti avec Xavier à 2 et en fait à 2 donc c'était pas vraiment préparé déjà pour faire la course à deux parce que quand t'es à deux ça implique plein de choses ça implique déjà t'en as un qui fait tout le temps la navigation parce que il faut tout le temps vérifier où t'es sur la carte tu vois par rapport à ta position GPS donc faire ça 21h 22h par jour c'est chaud déjà tu vois faut rester lucide pas de paumé pas de tromper compliqué et puis surtout moi ce que j'ai trouvé difficile mais bon ça c'est peut-être spécifique à moi je pense que Xavier je sais pas s'il aurait on en a pas encore discuté on a pas fait de débrief mais moi j'ai trouvé difficile et Xavier était en meilleure forme que moi donc en plus de faire la trace comme il était en meilleure forme il était tout le temps devant et moi j'ai trouvé ça assez difficile psychologiquement en fait d'être tout le temps derrière tu vois parce que tu peux pas marcher côte à côte t'es jamais sur du plat tu vois c'est tout le temps des sentiers à flanc de montagne des trucs tu peux pas marcher côte à côte et j'ai et Et psychologiquement, je trouvais ça assez dur d'être tout le temps derrière. C'est-à-dire que même si on allait au même rythme, puisque tu ne peux pas être séparé, je crois que les règles officielles, c'est que tu n'as pas le droit d'être à plus de 50 mètres de tes coéquipiers sur cette course. Mais bon, on ne s'est jamais séparé de plus de 5 mètres. Mais tu es quand même tout le temps derrière. Et puis surtout, en fait, c'est tout bête, mais c'est... je trouve que c'est pas évident de gérer à deux de t'occuper l'esprit quand t'es à deux parce que à deux surtout on se connaissait un peu avec Xavier mais ça faisait pas des années qu'on faisait des choses ensemble c'était assez frais quand même comme relation très frais même tu sais t'as des phases t'as des cycles c'est à dire qu'il y en a un pendant la journée il a peut-être envie de parler l'autre non et puis il y en a un à un moment donné tu vois il est pas dans le mood de parler et puis en fait l'autre est euphorique et à deux c'est quand même compliqué parce qu'en fait assez rapidement tu te rends compte que ouais tu te rends compte que à moins d'être vraiment calé et de très bien te connaître c'est un paramètre qu'il va falloir gérer du coup sur le reste de la course aussi et en plus de tout ça en fait Xavier et moi on a eu une prise de conscience que la course, le niveau de la course était mais démentiel tu vois la technicité pourtant moi j'ai le pied sûr et tout tu vois j'ai toujours passé mes vacances en montagne enfin j'ai pas de problème pas avec la haute montagne mais en moyenne montagne aucun souci et là c'était chaud quand même c'était même dégueulasse tu vois la trace il nous faisait passer par des endroits mais vraiment vraiment très très engagé et donc quand tu te paumes dans un truc comme ça
SPEAKER_01compliqué par rapport au vide par rapport à la dangerosité du
SPEAKER_02sentier il y avait un peu de ça il y a quand même eu un mort le premier jour la première nuit donc oui passage vertigineux mais bon ça c'est pas tant les passages vertigineux que en fait terrain technique tu vois c'était beaucoup beaucoup de pierriers mais des gros pierriers tu vois très instables avec du vide de chaque côté donc compliqué tu vois puis après quand tu te retrouves sur ce type de terrain de nuit tu vois t'as pas de balisage souvent t'as pas de kern donc en fait tu te débrouilles à suivre une trace GPS dans un pierrier qui est complètement tu vois c'est des gros blocs instables tu peux pas juste dérouler tu vois tu dois être en constante vigilance tout le temps tout le temps parce que si tu te rates à un moment donné au delà du fait que ça peut être dangereux potentiellement tu t'engages du mauvais côté de la montagne et il faut tout te refrapper dans l'autre sens franchement t'as pas
SPEAKER_01envie et ça ça vous
SPEAKER_02est déjà arrivé
UNKNOWN?
SPEAKER_02ça nous est pas arrivé grâce à Xavier mais je alors on sait pas ce qui se serait passé si on s'était pas regroupé mais je pense que ça aurait fini par nous arriver vu l'état de fatigue après si on était resté à deux je pense que ça nous serait arrivé quasi sûr et donc tu vois le c'était quand le mercredi matin en fait on est tombé sur deux autres équipes qu'on avait croisées recroisées etc donc il y avait a priori le même rythme que nous une équipe de Toulouse avec Clément Nicolas et Tom et une équipe de Dax donc avec Mika et Julien. Et en fait, quand j'ai vu qu'on avait à peu près le même rythme en termes de personnalité, il y avait un bon fit, qu'on s'entendait bien, qu'on avait les mêmes objectifs, aller au bout sans faire de chrono, aller au bout sans se blesser, essayer de prendre du plaisir autant que possible, je leur ai proposé qu'on se regroupe et qu'on continue ensemble. Et ils ont accepté. Et en fait, là, ça a complètement tout changé parce qu'on est passé de Xavier qui fait l'orientation tout seul dans notre team à combien on était 4 ou 5 orienteurs tu vois en gros je crois qu'on était 2 à ne pas faire d'orientation donc là ça change tout parce que quand t'en as un qui est fatigué boum il y a un relais qui se met en place même si tous les 7 on avançait tout le temps au même rythme ensemble le groupe s'étire un petit peu tu vois donc si à un moment donné tu as l'impression que devant ils vont trop vite bah en fait tu te mets dans le groupe du milieu généralement il y avait 3 personnes et si vraiment t'as envie d'être plutôt cool bah tu te mets dans le groupe
SPEAKER_01les deux trois personnes
SPEAKER_02derrière il y a plus d'espace même si en fait psychologiquement c'est fou parce qu'on allait vraiment au mémorisme tu vois c'est à dire qu'on arrivait au refuge à 40 secondes d'intervalle tous mais le fait de te laisser décaler de te laisser dépasser un peu par ceux qui ont un meilleur rythme en fait t'as l'impression de tu vois de toi de ralentir alors qu'en fait pas du tout et voilà et après par rapport à ce que je te disais tu vois bah t'as tout le temps quelqu'un avec qui parler parce que t'as tout le temps quelqu'un qui est dans le même mood que toi ou si t'as pas envie de parler bah t'en as forcément un autre qui n'a pas envie de parler donc tu te mets avec lui c'est juste plus du tout la même gestion des émotions et de l'effort
SPEAKER_01la probabilité d'être en phase avec quelqu'un elle grandit et du coup c'est assez bénéfique pour toi quand t'as besoin de la chance et est-ce que t'as réussi du coup un peu tu parlais tout à l'heure de la notion de plaisir est-ce que t'as réussi à à quel moment t'as réussi à en
SPEAKER_02trouver
UNKNOWN? hum
SPEAKER_02Non, je fais gaffe parce qu'en fait, on m'a dit que sur le podcast ultra tôt que j'avais pas bien vendu la PTL.
SPEAKER_00Là aussi,
SPEAKER_02c'est-à-dire que bon, je me fais des questions, quoi. Non, mais franchement, c'était vraiment très, très dur, quoi. Je peux pas dire que je me suis éclaté du début à la fin, clairement pas, tu vois. C'est-à-dire qu'il y a le début où forcément, passer la ligne de départ, c'était cool, il y avait une bonne ambiance, etc. Le premier passage sur les crêtes au-dessus de Chamonix, c'est magnifique parce que t'as vu sur le Mont Blanc, il faisait si super beau c'était génial après il y a eu tu vois j'ai quelques moments un très très beau lever de soleil sur un refuge refuge de Frassati il y en a qui ont suivi le tor des géants sur le tor des géants il y a eu une tempête de neige je crois qu'il y a une centaine de coureurs qui se sont réfugiés au refuge Frassati donc vous avez peut-être dû voir des photos il y a un lac juste sous le refuge voilà là c'était magnifique tu vois l'arrivée un peu avant Chamonix aussi très très beau avant de remonter monter au lac Cornu. Après, il faut quand même préciser que la moitié du temps, on avançait la nuit. Donc, côté paysage, voilà. Mais oui, tu vois, les moments de plaisir, les plaisirs, en fait, ils n'ont pas forcément été dans l'épreuve, dans la course elle-même. Enfin, tu vois, dans la trace ou parce que les paysages, c'était tellement engagé que la plupart du temps, on ne pouvait pas regarder les paysages. Les barrières roires étaient tellement serrées qu'on n'avait pas temps de s'arrêter en gros si on voulait finir puisque je ne l'ai pas précisé mais en fait il y avait 6 barrières horaires dans la semaine donc il fallait qu'on soit à un certain endroit à un certain moment sinon c'était fini pour nous mais par contre le plaisir je l'ai eu en découvrant mes 6 compagnons parce que ce que je trouve incroyable c'est qu'on a fait un truc hyper dur où on n'a pas dormi enfin Je ne sais pas si pour celles et ceux... Il y en a avec qui ça a parlé, je pense, qui ont déjà fait du long. Mais moi, j'ai découvert ça. Dormir à moins de 6 heures sur une semaine, ça te met dans un sacré état. Tu es défoncé, en fait. Tu as des hallucinations, etc. Donc, on a vécu des trucs très durs. Et pourtant, il n'y a pas eu une engueulade. On n'a jamais eu besoin de se coordonner sur les temps de sommeil ou le repas. C'est-à-dire qu'à chaque fois, ça tombait. Il y en a un qui disait, est-ce qu'on fait une pause
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tout le monde a faim. Boum, tout le monde avait faim. On s'arrêtait tous. On fait une pause pour dormir
UNKNOWN?
SPEAKER_02il était 3h du mat dans un champ la nuit dans l'air mouillé tout le monde a dormi plusieurs fois c'est arrivé et je trouve ça hallucinant cette découverte de comment il y a une dynamique de groupe qui se met en place dans l'adversité c'était dingue et là tu vois juste après cet enregistrement on a un call tous les 7 j'espère que tout le monde sera là pour essayer de voir si on peut pas se refaire une course tous ensemble
SPEAKER_01est-ce que après tu vas pas chercher la
SPEAKER_02cohésion justement si si clairement et ça pour moi c'est le c'est vraiment le plaisir c'est l'élément très positif que je retiens de cette course
SPEAKER_01le plus positif
UNKNOWN?
SPEAKER_02le plus ah punaise tu poses des bonnes questions hum le plus positif je sais pas parce que ouais si j'aurais tendance si le plus positif le plus positif tu vois je réfléchissais par rapport à ce que je disais plus tôt là de cette idée de d'esthétique ouais d'aller au bout tu vois que c'était important pour moi en termes de motivation d'aller au bout de la course et au final maintenant que c'est fait je sais pas si c'est tu vois j'en tire pas tellement de bénéfices j'ai l'impression d'être allé au bout je pense que si j'avais pas été allé au bout ça aurait été très très dur à dire très très très dur mais là je suis allé au bout et du coup je me dis bon bah tu vois c'est fait quoi mais par contre la rencontre avec ces six personnes ouais ça m'a vraiment c'était vraiment marquant
SPEAKER_01donc le fait de finir quelque chose devient moins important que le fait de se confronter à quelque chose ce qui est important c'était de le
SPEAKER_02faire ouais c'était le en anglais il dirait c'était the journey tu vois le le Le cheminement, en fait. Ce que j'ai trouvé ouf, évidemment, la ligne d'arrivée, il y a eu beaucoup d'émotions. Oui, c'est vrai que je n'en ai pas parlé, mais la ligne d'arrivée, c'était quand même un moment de ouf. Enfin, pas la ligne d'arrivée en tant que telle, parce que du coup, c'était fini. Mais la dernière heure, c'était vraiment incroyable. C'était vraiment incroyable. Mais donc, oui, oui, c'était... Je pense que si plus de choses positives à... Ouais, la ligne d'arrivée, ça ne m'a pas... Tu vois, il y en a pas mal qui ont pleurer, etc. En franchissant la ligne d'arrivée, moi, c'était avant les émotions. C'était avant de franchir la ligne d'arrivée. Une fois que la ligne d'arrivée était franchie, c'était fait. Pas plus que
SPEAKER_01ça. Est-ce que tu en as tiré par la suite des bénéfices secondaires
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu disais tout à l'heure, ça m'est arrivé, les 48 heures qui ont suivi de me réveiller la nuit à un petit quart d'heure à 200. Est-ce que à côté de ça, tu as quand même par la suite eu un peu ce moment où tu réalises les choses, où tu te dis... quand même j'étais ça tu disais tout à l'heure que c'était important pour toi de retomber de te reconfronter à tes retranchements quand t'avais été sportif de haut niveau plus jeune est-ce que c'était satisfaisant de te dire que t'avais réussi à t'y reconfronter et que t'avais un peu bouclé les boucles la boucle de la course
SPEAKER_02c'est clair écoute les bénéfices déjà c'est que j'ai pu bouffer comme un porc pendant un mois et demi et j'ai pas pris un gramme ça je pense qu'il y avait un lien mais bon là il faut que je fasse gaffe parce que ça y est je sens que c'est revenu je reprends mais ça c'était complètement dingue je sais pas si c'est c'était ma première expérience comme ça donc je sais pas si c'est normal mais littéralement j'avais faim du matin au soir et j'ai mangé comme un gros pendant un mois et demi et pas de problème mais sinon blague à part oui oui il y a quand même une fierté forcément après bon tu vois tout est je relativise aussi beaucoup parce que je pense le fait déjà d'avoir le podcast et de rencontrer des gens tu vois des gens qui font des choses incroyables en fait je pense que très vite tu te rends compte que il y a chacun son accomplissement tu vois il y a des gens pour qui c'est une médaille olympique et qui représente peut-être 0,0001% des sportifs dans le monde et puis en fait il y a des gens pour qui encore une fois tu vois c'est prendre un pacra et aller explorer le lac derrière chez soi parce qu'en fait ils ont une phobie de l'eau et ils la surmontent à 20 mètres de là où ils habitent mais moi du coup dans mon cas tout ça pour dire que je considère pas je suis pas en train de dire ce que j'ai fait est incroyable admirez moi etc mais pour moi c'était hyper important de finir cette course oui et de me prouver aussi quelque chose et du coup oui par rapport à ça je suis fier c'est peut-être un peu fort mais je suis vraiment content de l'avoir fait je suis content de l'avoir fait et ouais les bénéfices en fait c'est que tu vois au quotidien par rapport à ma boîte ce que je te disais où c'est difficile de créer enfin de développer son business etc en fait ça t'aide vachement à relativiser aussi tu vois tu te dis bon voilà ok j'ai déjà fait un truc enfin j'ai fait récemment un truc très difficile bon bah là je vais m'accrocher c'est difficile aussi mais voilà je sais qu'avec la détermination on peut y arriver puis si j'y arrive pas bah je m'adapterai parce que je ne maîtrise pas tout comme sur une course comme la PTL tu vois il y a forcément forcément des
SPEAKER_01choses que tu ne maîtrises pas. Donc, voilà. Et tu disais que quand on te l'avait proposé, tu ne savais finalement pas ce que c'était. Donc ensuite, j'imagine que tu as lu quand même pas mal de trucs et que tu as dû écouter plein de choses. Et tu sais, je me dis, quand le projet devient vraiment palpable, tangible... on le rêve vraiment tu vois on le spécule on l'imagine et puis est-ce que une fois que t'as commencé à rêver de cette course est-ce que tu l'avais tellement rêvé qu'en la vivant t'avais l'impression d'être vraiment à bon port tu sais cette sensation quand tu projettes vraiment quelque chose un projet une idée mais une vraie idée tu sais les idées quand on en a peu dans la vie tu vois une vraie idée et quand tu la vis tu te dis ah putain ça y est je suis au bon endroit je suis à la juste à la juste marche dans mon échelle j'ai
SPEAKER_02Toi, Ligné. écoute non j'ai pas eu cette sensation mais je pense encore une fois parce que c'est allé trop vite tu vois en fait et c'est presque c'est pas un regret parce que j'ai pas de regret par rapport à ça mais j'ai fait une conférence il y a pas longtemps pour une entreprise et une des questions c'était combien de temps il faut pour se préparer à ce genre de course etc bon en vrai je suis pas un expert donc j'ai juste pu partager ce que moi j'ai fait mais je me suis préparé en moins de 6 mois c'est à dire qu'entre le moment où où j'ai enfin ouais 5 mois et demi entre le moment où j'ai su qu'on prenait le départ qu'on a été retenu et le départ il y a eu 5 mois
SPEAKER_01et demi et pas mal de choses à gérer à côté comment
UNKNOWN?
SPEAKER_01et pas mal de choses
SPEAKER_02à gérer à côté bah j'avais pas mal de choses à gérer à côté et puis surtout pour un truc de cette envergure c'est difficile tu vois j'ai pas eu le temps de rêver en fait à la course ok tu vois j'ai il y a une autre course qui me fait rêver parce que je l'ai découvert il y a plus longtemps et que je pense que du coup j'ai eu le temps d'engranger des infos et de me rendre compte à quel point c'est un monstre absolue, ça s'appelle la Spine Race c'est en Ecosse en hiver c'est une course un peu un peu le même délire que la PTL dans le sens où par contre t'es tout seul dans l'hiver écossais donc autant te dire que laisse tomber c'est des conditions himalayennes le truc et c'est course d'orientation tu dors par terre par moins 15 degrés dans le blizzard c'est un truc de fou et cette course elle m'effraie et elle me fait rêver à la fois pour toutes les valeurs etc qui sont associées la PTL encore une fois j'ai pas eu le temps je pense et puis surtout elle est beaucoup moins connue donc en fait t'as pas de contenu tu vois tu disais t'as peut-être écouté j'ai eu le temps de lire plein de choses etc en fait t'as pas tant de trucs que ça j'ai pas trouvé de podcast par exemple donc depuis tu vois c'est pour ça qu'entre temps avant le départ j'ai fait deux épisodes de podcast avec des gens qui ont fait la PTL et à ma connaissance tu vois c'est le seul épisode de podcast qui existe avec des gens qui ont fait la PTL c'est vraiment une course
SPEAKER_01intimiste
SPEAKER_02hyper excitant quelque part bah oui d'un côté et de l'autre bah t'as pas d'info en fait tu vois donc c'est dur de te projeter en tout cas pour moi c'était dur moi j'aime bien tu vois je pense comme pas mal de gens c'est les récits tu vois qui m'inspirent énormément avant de partir j'ai lu l'odyssée de l'endurance tu vois de Shackleton c'est des trucs du coup j'arrive vachement à me projeter mais j'ai plus de mal à me projeter quand je vois tu vois les caractéristiques d'une course tu vois lire 300 km 26 000 de dénivelé je Je me dis juste,
SPEAKER_01relou. Le Shackleton, il est rentré sans l'endurance. Il est quand même rentré sans son
SPEAKER_02bateau. Oui, c'est vrai. Mais avec tous les membres d'équipage.
SPEAKER_01Mais avec tous les membres de l'équipage. Il y en a un
SPEAKER_02qui manquait un pied.
SPEAKER_01Non, vous n'étiez pas... D'ailleurs, vous avez perdu un... On a
SPEAKER_02perdu un membre de l'équipage. On a perdu un membre de l'équipage. Mais bon, qui va bien. C'était surtout l'essentiel. On l'a perdu pour les bonnes raisons.
SPEAKER_01Et lui, quand il a abandonné, est-ce que ça vous a aussi projeté des émotions
UNKNOWN?
SPEAKER_02tu vois on parlait de motivation avant je pense qu'il a fait un choix hyper courageux parce que dans l'équipe c'était le plus expérimenté euh il a fait l'Enduroman, Northman, Celtman, pour ceux à qui ce genre de triathlon parle, l'Enduroman, c'est la traversée de la manche à la nage, entre autres, 21h dans l'eau, le Diagonal des Fous, l'UTMB, il a vraiment beaucoup d'expérience, mais au départ de cette course, il ne trouvait pas de sens. Et je trouve que ça a été courageux de sa part à un moment donné de dire, je prends la décision d'arrêter, j'admets que je ne suis pas au bon endroit, je ne suis pas à ma place, là maintenant, sur cette course et de le faire assez tôt plutôt que par ego essayer de continuer parce que justement c'était le plus expérimenté donc je trouve que c'était assez courageux et après du coup les émotions pour nous comme ça s'est fait pour les bonnes raisons c'était évident que c'était pas le bon moment pour lui pour faire cette course c'était plus un soulagement qu'il abandonne de se dire on a quelqu'un qui trouvait pas de sens dans la course bah là il s'arrête donc nous on peut se concentrer sur notre course à nous et avancer de manière positive tu vois donc c'était c'était plutôt un soulagement c'était plutôt un soulagement et puis parce qu'encore une fois il a pas arrêté pour blessure ou un truc tu vois qui était vraiment pénible pour lui et pas évident à gérer pour nous parce qu'après t'as des doutes est-ce que je vais me blesser aussi et puis après il y a eu pas mal de questions tu vois qui sont sorties assez vite comment on s'organise est-ce qu'on accélère à l'air le rythme parce qu'on allait plus lentement que ce qu'on voulait en étant tous les trois donc on se dit est-ce qu'on accélère le rythme pour essayer de reprendre de gagner un peu de temps sur les barrières horaires comment on s'organise pour le sommeil quand est-ce qu'on prévoit de dormir du coup est-ce qu'on fait nuit blanche ou pas donc voilà il y a eu ces questions qui se sont installées puis après très très vite avec Xavier on s'est organisé pour optimiser notre
SPEAKER_01course ok du coup Loïc raconte-nous un petit peu comment t'as fait pour t'hydrater pour te nourrir et puis donc pour dormir tu nous dis un petit peu que vous avez plusieurs fois dormi dans des champs etc est-ce que t'avais je sais pas un mini matelas tu vois question
SPEAKER_02logistique yes logistique l'hydratation très bon point déjà parce que on était en période de sécheresse donc même en montagne il y avait plein de villages autour de Chamonix j'étais sur place une semaine avant où les fontaines étaient coupées tu vois sur Arrête et préfectorales etc ou les sources asséchées donc moi ça me faisait un peu flipper parce que je bois énormément tu vois je savais que j'ai sur du dénivelé avec des chaleurs à peu près comme on allait avoir sur la PTL j'étais à 800 millilitres à l'heure à l'effort effort doux tu vois donc sachant qu'on fait 21 heures 22 heures d'effort par jour il me fallait de l'eau tu vois donc je flippais un peu par rapport à l'eau puis au final il y en a eu il a plu juste avant la PTL donc il y en avait partout donc ça c'était cool on prenait de l'eau moi j'ai toujours bu en montagne je fais gaffe où je prends l'eau mais j'ai toujours bu l'eau de source en montagne à partir du moment où ça sort de la roche etc je bois pas dans les abreuvoirs dégueulasses des vaches mais l'eau clean y'a pas de problème côté alimentation pareil j'avais pas trop d'expérience là dessus donc j'avais demandé des conseils à Théo le coach qui m'a suivi puis à des gens expérimentés qui ont déjà fait de l'ultra et à des d'anciens invités qui ont été dans l'effort spécial donc ils sont habitués tu vois à gérer des efforts sur le très très long en gros sans avoir accès à une cantine ou à un resto quoi quand t'es au milieu de l'Afrique tu te débrouilles un peu avec ce que t'as sur toi et le conseil c'était de manger régulièrement en fait plutôt que de faire des vraies pauses repas où tu te nourris trois fois par jour c'est de manger en fait tout au long de ton effort donc c'est ce que je faisais j'avais des barres sur moi des mélanges de cacahuètes raisins secs, des trucs comme ça. Et je m'alimentais du coup à peu près toutes les heures. Je faisais gaffe. Toutes les heures, c'était une bouchée de barres énergétiques, une poignée d'amandes. Du coup, 21 heures par jour. Enfin, un peu moins la nuit. La nuit, je mangeais moins, je buvais moins. Et pour le sommeil, on est parti le lundi à 8h30. On a fait une nuit blanche et on a dormi le mardi à... Quelle heure il était
UNKNOWN?
SPEAKER_02On a dû dormir, je pense, une heure. Merci. de 19 à 20 ou de ouais 19 à 20 je pense que c'était un truc comme ça ou 20-21 puis on est reparti et à partir de ce moment là en fait on a fait des je me rappelle plus exactement mais on a fait pas mal de micro-sommeil donc bah si cette nuit là on en a fait un vers il devait être 4h du mat Xavier il savait qu'il avait des gros coups de barre vers 4h du mat donc on se posait dans l'herbe là où on trouvait un endroit relativement je vais pas dire plat mais en tout cas où on pouvait plus ou moins tenir en position à peu près horizontale et de toute façon il faisait tellement froid qu'on pouvait pas dormir enfin on pouvait pas rester allongé plus de 10 minutes un quart d'heure max et en repartait et en fait c'est ouf parce que tu te rends compte que 5-6 minutes même moins de sommeil profond t'es requinqué mais alors incroyable tu vois donc ouais ça ça faisait vraiment beaucoup de bien et on a toujours eu je pense qu'on a toujours eu une nuit au show par jour enfin une nuit euh on a toujours eu l'occasion de se glisser, de se poser sur un matelas, parce qu'il n'y avait pas toujours des draps, une heure par jour, un peu moins. Tout est un peu flou, parce que comme on marchait de nuit aussi. Mais bon, bref, en gros, les gros moments de sommeil où on s'allongeait une heure ou deux, c'était dans les refuges. Et en journée, on faisait des micro-siestes sur la fin, mais sinon, les siestes... 10 minutes, un quart d'heure, c'était la nuit. On en faisait généralement une fois par nuit. Et en fait, tu te rends compte que tu t'endors très bien aussi sur des cailloux à 2800 mètres à 3 heures du mat par genre 4 degrés. Quand tu es fatigué, tu dors très bien en fait dans ces
SPEAKER_01endroits-là. Est-ce qu'il y a des moments comme ça où tu faisais un peu écho à quelqu'un que tu avais interviewé
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'est une super question alors attends hum par rapport à l'alimentation à Lilian en particulier parce que Lilian c'est un bon depuis il s'est devenu un copain mais Lilian je crois que c'était l'épisode 50 si il y en a qui veulent aller voir il a traversé l'Atlantique à la rame avec un coéquipier et donc il a dû aussi s'adapter à leur contrainte qui était qu'ils avaient des rotations de 2h donc ils ramaient 2h ils avaient 2h de repos 2h 2h 2h H24 pendant 47 jours donc forcément côté alimentation alimentation et sommeil bah tu dois t'adapter et donc j'avais ces conseils à lui en tête côté alimentation il m'avait aussi tu vois donné des tips sur quel type de nourriture emmener que c'était important aussi de se faire plaisir même si 7 jours c'est pas énorme mais quand t'es défoncé psychologiquement ça fait aussi du bien de manger un truc qui est pas méga healthy en tout cas pour moi et puis après sur la gestion de l'effort ouais bah je pense tu vois Teddy des commandos Marine, et puis à Cindy, qui m'avait envoyé un message avant de partir, qui est une marcheuse au long cours, qui m'a envoyé Cindy et Julia, d'ailleurs, les deux, deux anciennes invitées, qui m'avaient toutes les deux envoyées, n'oublie pas, c'est juste un pas devant l'autre. Et en fait, c'est tout con, ce truc, mais j'ai tellement pensé pendant les 36 dernières heures de la mort à la fin, là, tu vois, vraiment, chaque pas, c'était l'enfer, et je me répétais ça, tu vois, je me disais, vas-y, Cindy, Julia, un pas devant l'autre, un pas devant l'autre, un pas devant l'autre, un pas devant l'autre donc ouais un pas devant l'autre c'est mon conseil ce que je retiens qui a bien marché
SPEAKER_01et pour revenir un peu sur cette notion de cohésion groupale que t'as pu trouver comment tu définirais un peu ces liens un peu étoiles quoi je veux dire tu tombes sur des inconnus comme ça puis tu partages des moments hyper intimes hyper forts tu les qualifies Comment ces
SPEAKER_02liens
UNKNOWN?
SPEAKER_02Franchement, c'était vraiment incroyable. Pour moi, je t'ai déjà dit sur le podcast d'Arnaud, évidemment, Xavier est mon binôme, mais s'il n'y avait pas eu Nico, Tom, Clément, Mika, Julien, je... quasi
SPEAKER_01sûr que je n'aurais pas fini la PTL. Quasi certain. Et quand bien même tu l'aurais fini, est-ce que tu aurais trouvé autant de plaisir
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que quand on te questionne un peu sur justement cette histoire de bien-être, est-ce que tu as pu avoir quand même des bons moments
UNKNOWN?
SPEAKER_01Visiblement, c'est difficile pour toi de répondre sans évoquer à chaque fois cette histoire.
SPEAKER_02bah ouais ouais très clairement parce que mais comme tu dis même si j'avais fini ça aurait pas eu le même goût je pense parce que là on a partagé en fait c'est tu deviens compagnon de galère tu vois et cette course elle est en tout cas pour moi elle était tellement exigeante bon il y a eu 58% d'abandon donc je pense que j'étais pas le seul pour qui ça a été exigeant mais mais que du coup en tout cas moi je suis vraiment allé puiser énormément dans l'énergie du groupe tu vois et donc très vite tu nous déliens quand tu vis la même galère H24 et pour le coup on était vraiment H24 ensemble c'est à dire qu'on dormait moins d'une heure par jour donc on était tout le temps ensemble à vivre la même chose à moins de 50 mètres les uns des autres bah je sais pas en fait je pense que s'il y a des bon là c'est un peu de la philosophie à deux balles mais moi ça m'a vraiment donné l'impression que s'il y a des prédispositions tu vois un fit dans les personnalités des prédispositions en tout cas à ce qu'il y a un fit quand t'es plongé dans un contexte aussi exigeant bah en fait tous les atomes crochus leur puissance est démultipliée tu vois c'est à dire que je pense que voilà on avait tous plus ou moins les mêmes aspirations les mêmes motivations je pense que si on s'était croisé dans d'autres circonstances on serait sans doute bien entendu mais là le fait de se retrouver dans cette course ça accroche dix fois plus vite dix fois plus fort tu vois et j'ai à l'arrivée tu vois moi ça m'a marqué de voir un Tom un Nico Xavier en pleurs tu vois se serrer les uns les autres dans les bras alors que tu pourrais dire en soi enfin ok on a passé six jours ensemble tu vois c'est quand même pas mais en fait c'était six jours incroyables tu vois incroyables où il y a eu énormément de choses partagées des choses difficiles et je pense que dans l'adversité vraiment c'est ça les liens se créent beaucoup plus rapidement et de manière beaucoup plus ils sont beaucoup plus forts en
SPEAKER_01fait et est-ce que paradoxalement ça t'a donné envie de faire des courses en solitaire par la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_01ou justement tu te dis j'ai trouvé un peu ce que j'étais venu chercher dans cette course et pourtant je ne m'y attendais pas parce que vous étiez censé partir à 3 vous vous êtes retrouvé à 2 et puis finalement à 7 oui quand vous êtes arrivé côté du coup est-ce que t'as plutôt envie de retrouver comme ça quelque chose d'équipe ou est-ce que justement comme tu parlais
SPEAKER_02de ces retranchements est-ce que t'as envie de te confronter à ça mais seul écoute j'ai pas mal pensé justement je me rappelle il m'a dit pendant la PTL que la spine race par exemple j'en parlais tout à l'heure jamais de ma vie je ferais un truc comme ça parce que c'était déjà tellement dur en groupe sur la PTL que que jamais je me lancerais sur un truc de cette envergure en solo et puis en fait tu vois après deux mois bah J'ai l'impression qu'on oublie un peu. En tout cas, ça m'a donné envie d'aller peut-être plus loin. Je pense que oui, en groupe, mais ça m'a donné envie d'aller plus loin dans ce type d'épreuve. En tout cas... La notion d'aventure, pour moi, elle a été beaucoup plus importante sur la PTL que la notion de course, de chrono. Il se trouve que je sais, il n'y a pas de classement officiel, mais on sait l'ordre d'arrivée des équipes. On est arrivé 29e. En soi, je m'en fous totalement. Et donc, ça me fait dire que je n'ai pas tant apprécié le côté épreuve organisée, même si l'organisation, c'est une course hyper rustique, donc c'était réduit au strict nécessaire. Mais par contre, la notion d'aventure, ça m'a rappeler des voyages vraiment importants pour moi que j'ai pu faire au Népal ou en Laponie suédoise, etc. Et donc, ça m'a conforté dans l'idée que c'est plutôt vers ce type d'aventure que j'ai envie de me tourner à nouveau. Des aventures pas forcément à un rythme effréné, genre où tu cours, parce que sur la PTL, on n'a pas couru, très clairement. On a couru 50 mètres la ligne d'arrivée et c'est tout. Tu ne cours pas, il y a trop de dénivelé, ton sac est trop lourd, tu ne cours pas. Et je trouve que même si on devait aller encore trop vite à mon goût par rapport aux barrières horaires et tout ce qui fait qu'on n'a pas pu profiter des paysages par exemple mais ça m'a donné envie tu vois de repartir peut-être en mode sac à dos mais un peu tu vois de me mettre dans des environnements isolés où tu peux un peu compter que sur toi-même mais de partir la notion de partir longtemps en fait je trouve qu'elle est importante parce que t'as une vraie déconnexion déconnexion reconnexion je trouve tu te déconnectes de ta réalité du quotidien quotidien, tu vois, tu oublies les appels, les clients, les obligations, etc. Et au bout de quelque temps, tu te reconnectes à toi. En tout cas, moi, c'est un peu le sentiment que j'ai eu, tu vois. Et tu te remets à apprécier les choses simples, tu vois. Tomber sur une source en montagne, le kiff, tu vois. Pouvoir t'asseoir et manger ta barre de céréales assis pendant 5 minutes. Mais le kiff absolu, tu vois. Et en fait, je trouve que c'est génial de te mettre dans des conditions qui te font à nouveau apprécier des choses simples qu'on oublie au quotidien. Tu vois. Me laver les mains avant de manger. C'est débile. Mais au bout d'un moment, tu l'oublies sur la course. Mais les premiers jours, tu vois, j'étais là en mode crado, quoi. On a tous touché la même poignée de porte. On est 280 on s'est pas lavé depuis 3 jours tu vois un peu dégueu quoi avant de prendre ton poupin avec tes mains mais voilà bref tout ça pour dire je pense ça va déboucher plutôt sur de nouvelles aventures mais sans dossard forcément ou sans notion de chrono
SPEAKER_01je pense et tu
SPEAKER_02sais c'est un marqueur un peu crucial dans la
SPEAKER_01vie quand on vit quelque chose qui réactualise un peu la liste des rêves ce que tu disais moi j'ai regardais cette course là ce truc en écosse là tu disais c'est un wow je me suis trop imaginé là dedans j'ai toujours voulu la faire et tu disais justement en fait celle là pour le coup tu l'as vraiment t'as vraiment eu le temps de de la rêver tu disais je me suis imaginé dedans là pour le coup il y a eu ce process tu vois de vraiment de ce projet quoi ce qui est marrant c'est que tu vis quelque chose qui n'a rien à voir et puis suite à cette expérience tu te dis ah non en fait plus du tout ah ah ah
SPEAKER_02c'est clair c'est clair ouais ouais clairement tu vois parce que je pense que quand tu lis les récits que tu regardes les vidéos etc de cette course la fameuse spine race d'ailleurs j'ai croisé quelqu'un sur la PTL un anglais qui avait fini deuxième d'une édition donc gros gros gros calibre hum hum tu vois très vite que c'est hyper difficile les gens ils ont les visages marqués ils ont des hallucinations ils dorment dehors tu vois leur visage parce que nous on a eu beau temps toute la semaine sauf une fois il a plu un petit crachin rien de fou mais quand tu vois les visages sur cette course tu vois qu'ils sont pas choqués parce que je pense que c'est dit mais ils sont ils sont secoués par les conditions météorologiques t'as de la neige horizontale avec le vent etc donc tu dois faire la course t'es obligé d'avoir des lunettes de ski sinon tu vois rien c'est pas possible t'as les yeux qui brûlent à cause de la neige donc tu vois que les gens sont vraiment ils sont bousculés par ces conditions donc tu te rends compte assez facilement que c'est très difficile quand tu regardes l'arrivée de la PTL tu vois qu'on est crado on pue mais tout le monde sourit tu vois, on n'arrive pas en mode zombie défoncé, même si on est très fatigué. Donc, c'est ça qui m'a fait dire, tu vois, attends, mais s'ils sont dans cet état sur cette course et que là, je galère sur une course où je n'ai pas le paramètre météo à gérer, laisse
SPEAKER_01tomber, quoi. C'est pas
SPEAKER_02mal de remettre à jour
SPEAKER_01ces projets. Oui, carrément. Il n'y a pas souvent quelque chose qui bouscule comme ça. C'est clair. C'est clair. Et aussi, tu parlais justement du fait, ouais, en fait, j'ai un envie d'aller chercher quelque chose tout seul et puis en fait je
SPEAKER_02m'aperçois qu'aujourd'hui ça aussi ça a été c'est plus d'actualité en fait ouais c'est clair c'est clair ou alors ce sera d'actualité une fois que j'aurai oublié parce que j'ai l'impression qu'on oublie vite j'ai l'impression qu'on
SPEAKER_01oublie
SPEAKER_02vite mais bon t'as l'impression qu'on oublie vite bah ouais c'est un peu ce que m'avaient dit Tom et Nico tu vois qui sont vachement expérimentés qui ont fait la diagonale des foules marathon des sables etc et les deux m'avaient dit non mais tu vas voir une fois qu'on aura passé la ligne d'arrivée dans une semaine t'auras envie de t'inscrire à une nouvelle course et il m'avait dit les deux le cerveau a une capacité incroyable à oublier des moments désagréables et bon moi soit ça a été très désagréable parce qu'il y a quand même des moments que je suis pas prêt d'oublier mais j'avoue que tu vois si tout à l'heure il me propose de repartir sur une course un peu dans le même genre l'année prochaine je crois que je suis
SPEAKER_01chaud
SPEAKER_02plus de temps de préparation ouais ouais clairement Non, clairement, plus de temps. Je pense qu'il faut aussi, tu vois, psychologiquement, c'est aussi important de... Ça t'aide à te projeter, à appréhender l'événement, tu vois. Là, c'était vraiment soudain, quoi. C'était février pour août, ça paraît long, mais en fait, c'est très rapide. Tu vois, si tu dis que tu t'entraînes 2 à 3 fois par semaine, ça fait 5 mois, ça fait 20, ça fait... Tu vois, ça fait 60 entraînements, quoi. Ça fait 60 séances de run. C'est rien, tu vois. Franchement, ce n'est vraiment pas
SPEAKER_01beaucoup. Oui, et puis moi, je ne peux pas m'empêcher de comparer cette course à l'événement quand même majeur qui a entouré ta vie à ce moment-là, c'est-à-dire la naissance de ta fille. Et je me dis, tu vois, ta gamine, tu as quand même neuf mois pour l'imaginer. Au début, tu te dis, est-ce que ça va être une fille
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que ça va être un petit garçon
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est clair. Après, quand tu as le premier sexe ou pas, tu peux t'imaginer. Enfin, tu as quand même neuf mois un peu de digestion comme ça, du rêve.
SPEAKER_02Et pourtant, ça va vite déjà. Pourtant, neuf mois, ça va déjà très vite. Donc, ouais, non, c'est clair ouais c'est vrai que c'est une bonne analogie mais oui oui et même ça encore une fois je trouve que 9 mois t'as le temps de t'y préparer et puis même c'est pas 9 mois qui tombent d'un coup la plupart du temps c'est un projet il y a un projet avant etc et pourtant malgré le fait que tu vois tu décides à un moment donné de te lancer pour essayer de fonder une famille que tu sais que bon bah voilà le bébé arrive etc je trouve quand même que ça va aussi très vite tu vois donc là 6 mois je te raconte
SPEAKER_01pas On posera peut-être la question
SPEAKER_02à ta femme, mais... Ouais, pour ma femme, peut-être mon litre. Et du coup, c'est quoi la prochaine boucle pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est une bonne question. Peut-être que dans 50 minutes, avec les ciseaux de Fantastique, il y aura une réponse, mais... je te dis moi ça m'a vraiment donné envie de repartir alors je sais pas encore une fois c'est peut-être de la philosophie à deux balles mais refaire un espèce de tu vois un peu de voyage initiatique ou de voyage d'introspection ça m'a vraiment en fait permis de faire plein de parallèles avec le Népal un voyage que j'ai fait au Népal je sais plus si je t'en ai parlé mais bon bref j'ai fait un voyage au Népal après mon gros accident de la route où j'ai passé des mois à l'hôpital etc et où j'étais pas vraiment censé pouvoir repartir remarcher aussi vite avec du poids et où en gros j'ai posé les yeux sur l'Everest pour la première fois de ma vie c'était combien 6 mois après l'accident je crois un truc comme ça ou 5 mois après l'accident je sais plus et donc ce voyage il m'a vraiment marqué et en fait le fait de faire la PTL je me suis dit j'ai envie de revivre ces moments où t'es perdu en montagne où tu peux compter que sur toi même où t'es isolé c'est c'est rustique tu vois où tu réapprends à apprécier les petites choses une couverture un matelas même pourri la nuit un toit sur ta tête même s'il fait super froid et que genre il y a juste le toit et que les fenêtres elles ferment pas tu vois ça m'a donné envie de repartir et de reprendre le temps en fait d'apprécier c'est ce que j'ai apprécié finalement sur l'épreuve c'est le temps 6-7 jours c'est long quoi 148 heures euh tu as le temps de te mettre dans le rythme. Ce n'est pas un marathon ou même une Saint-Élion où tu finis en moins de 10 heures. Donc, je pense que la prochaine boucle, ce sera sans doute... Pourquoi pas boucler la boucle en retournant au Népal et... Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_02Intéressant. Je vais garder en tête cette notion de boucle, du coup.
SPEAKER_01Moi, juste, j'avoue, je trouve... Il y a une question où je n'ai pas tellement compris ta réponse. Quand tu parles, justement, de ces moments durs et tout, tu dis, ouais, ça peut être dur, etc. Tu vois, est-ce qu'il y a... Il y a des souvenirs qui ont un peu ressurgi comme
SPEAKER_02ça. Ah, des souvenirs d'autres moments difficiles
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui,
SPEAKER_01ou justement de moments heureux. Est-ce qu'il y a quelque chose de l'ordre de la mémoire qui a joué dans les
SPEAKER_03moments
UNKNOWN? Oui.
SPEAKER_01peut-être ça
SPEAKER_02vaudrait le coup qu'on en parle oui alors il y avait un souvenir en particulier en fait j'ai une très bonne copine avec qui j'ai fait mes deux ans de classe prépa donc voilà une copine depuis quasiment 15 ans qui est décédée cet été d'un cancer qui lui a été diagnostiqué en janvier et qui s'appelait Johan et en fait avant de le départ j'ai un autre copain de prépa Bastien très très bon copain qui m'avait dit bah écoute Loïc quand ce sera dur tu penseras à Johan et puis tu t'accrocheras pour Johan et tu sais bon j'avais pas plus évidemment que je m'étais dit bah oui oui forcément ah oui je penserai à Johan etc mais ça faisait pas partie de mon plan tu vois c'est à dire que j'avais pas prévu ça je m'étais pas dit dit ok dès que c'est dur tu penses à Joanne etc et en fait c'est venu tout seul et quand je me suis vraiment retrouvé dans le dur je sais pas pourquoi je saurais pas t'expliquer pourquoi mais j'ai plein de souvenirs de moments que j'ai passé avec Joanne qui me sont revenus et c'était pas des choses que j'avais oublié etc mais je me remémorais tu vois plein de moments qu'on avait passé ensemble en prépa après et et puis oui ça m'a énormément aidé parce que ça m'a aussi permis de relativiser tu vois de me dire après tout c'est juste une course enfin c'est bon quoi je suis pas en train de tu vois je suis pas en train de sauver des vies comme toi bientôt dans un hôpital pendant une opération ou je suis pas en train de tu vois je sais pas de faire un truc complètement fou pour quelqu'un d'autre je fais ça pour moi je suis tout seul ok c'est dur mais dans 48 heures c'est fini
SPEAKER_01parce que parfois quand tu t'imposes des exigences monstrueuses envers toi même après tu te dis putain mais je peux m'en prendre qu'à moi même
SPEAKER_02ouais ouais mais là moi ça m'a aidé tu vois de me dire après tout c'est juste une course c'est dur c'est temporaire et puis tu vois Johan elle aurait peut-être bien aimé être en train de galérer physiquement et de trouver ça dur plutôt que d'avoir perdu son combat face à un cancer tu vois donc bon je sais pas si ça fait cliché ou pas mais en tout cas moi c'est ça qui m'a énormément aidé et c'était pas du tout prévu préparé je m'étais pas imaginé j'avais pas une stratégie avec ça évidemment mais ouais en termes de mémoire et de souvenir à ce moment là c'est ça qui est ressorti et ça m'a ça m'a beaucoup aidé
SPEAKER_01c'est toujours intéressant de mettre le doigt sur quelles sont les choses qui ressurgissent justement on est dans des moments
SPEAKER_02où Ouais, tu vois, il y a d'autres moments qui étaient difficiles, des grosses ascensions en périllé, etc., mais qui n'étaient pas difficiles, qui étaient dures physiquement, qui étaient un peu, tu vois, troisième jour, deuxième jour, troisième jour, c'était très très long, hors sentier, tout le monde se perdait, c'était vraiment pénible. Là, tu vois, bon... En fait... Comment expliquer ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a plein de moments dans la semaine où je pensais à ma fille, tu vois, ma fille en train de sourire, à Julie, à des copains, etc. Donc des choses positives pour essayer de me sortir un peu de mon cercle de pensées négatives, en mode, mais ils sont complètement cons de nous faire passer là. Qu'est-ce qu'on fout là
UNKNOWN?
SPEAKER_02J'ai payé pour ça, tu vois, enfin voilà. Mais par contre, Johan, c'était... Ouais, je sais pas, Johan, c'était... Je sais pas, avec la fatigue et tout, j'en sais rien. Je saurais pas expliquer pourquoi à ce moment-là, j'ai pas à Johan et pas à ma fille ou à Julie comme le reste de la semaine quand c'était dur mais ouais c'est intéressant de voir ce que fait le cerveau quand il est quand il est chauffé
SPEAKER_01à blanc j'ai pensé à une phrase qui dit pour savoir ce que les gens aiment ou qui les gens aiment en fait il suffit de regarder ce qu'ils sont en train de photographier et je trouve ça intéressant comme ça de voir en fait tu vois qu'est-ce qui ressort de ces qu'est-ce qui ressort vraiment intuitif Intuitivement, parce que c'était visiblement assez intuitif. Comme tu dis, ce n'était pas du tout préparé, dépensé. Je trouve que c'est un peu le même tableau. En fait, si tu poses sur la table comme ça, qu'est-ce qui est remonté dans ces moments précis
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ce n'est pas
SPEAKER_02anodin. Oui, c'est clair. Et même, tu vois, de manière plus générale... je pense que tu peux plus te cacher aussi quand t'es dans ce genre de situation quand t'as pas dormi l'impact du sommeil moi c'est la première fois que je le mesurais tu vois j'avais jamais fait ça il est vraiment c'est hallucinant c'est dingue enfin littéralement on a tous eu des hallucinations tu vois mais au delà de ça tu te rends compte que ça inhibe plein de choses tu vois et c'est pour ça que je te disais un peu plus tôt que j'ai trouvé complètement fou la dynamique du groupe qui s'est mis en place parce que même si tu vois t'as plus de barrière sociale là tu vois pfff enfin hors contexte ça va être bizarre mais tu n'as plus de barrière sociale tu t'en fous de l'hygiène de la propreté de ton langage des bonnes manières tu n'en as plus rien à foutre tu es complètement explosé le mec à côté de toi derrière toi pareil et globalement tout le monde est naturel c'est pour ça que j'ai trouvé ça incroyable que malgré le fait qu'on soit tous complètement désinhibés ça se passe extrêmement bien et qu'il y a un super fit du début jusqu'à la fin mais du coup tout ça pour dire je pense que dans ces situations tu ne peux plus te cacher te mentir à toi-même tu es qui tu es quoi tu vois si tu es qui tu es il se passe un truc un imprévu bah tu vas réagir de la manière la plus brute pas dans le sens violent tu vois mais ton toi brut quoi c'est dans le sens cru quoi exactement ouais tu vois je vais pas prendre les exemples d'autres personnes enfin bon il m'en voudra pas tu vois mais Xavier sur la fin qui est quelqu'un de très calme, très mesuré etc en tout cas c'est comme ça que je connaissais avant la PTL et sur l'essentiel de la PTL c'était ça mais on a mis 148 heures pour finir la PTL à la 146ème heure on était dans une partie franchement dégueulasse incompréhensible, on ne sait pas pourquoi on est passé par là, c'était hyper chiant ça n'en finissait plus de monter à un moment donné il a pété un câble tu vois je pense qu'il fallait que la pression sorte il a pété un câble et c'est très certainement que sur une course de 10 heures, ça ne se serait pas passé. Voilà, sans doute pas. Donc voilà, pour ouvrir la parenthèse sur le qui on est qui ressort quand toutes les barrières tombent.
SPEAKER_01trop
SPEAKER_02bien merci Loïc un grand merci à toi Tiffen j'espère que je t'ai pas saoulé je parle trop c'est fou il
SPEAKER_01faut pas que
SPEAKER_02je fasse des épisodes je sais pas si je vais en faire rêver mais en tout cas s'il y en a qui sont intéressés pour en apprendre plus sur la PTL que j'ai pas suffisamment saoulé n'hésitez pas vous m'envoyez un petit message je vous répondrai avec grand plaisir il y a le podcast vous pouvez où je crois que je parle d'autres choses sur Ultra Talk avec Arnaud qui m'a interviewé donc voilà n'hésitez pas à aller jeter un oeil et puis Tiffen je voulais te dire un très très grand merci je sais que t'es hyper busy en pleine formation pour devenir médecin hyper bar spécialiste haute montagne plongée sous-marine grande profondeur bref un truc de fou mais franchement merci beaucoup c'était très très gentil de ta part et surtout top de reprendre contact donc Quand tu es de retour à Marseille, tu me dis, on ira s'organiser. On ne va pas se faire une PTL, mais on sera un petit peu en mer ou en montagne. Merci beaucoup, Tiffen.
UNKNOWNTrès bonne soirée à toi. Je t'embrasse.