Les Frappés

Expédition BÁTAR - Épisode 1 - Ålesund

December 28, 2023 Loïc Blanchard
Les Frappés
Expédition BÁTAR - Épisode 1 - Ålesund
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En août 2023 je suis parti en Norvège, pour rejoindre une expédition dont le but était de naviguer pendant 1 mois sur un bateau viking, depuis les îles Lofoten jusqu’à la ville de Bergen, 1500km plus au sud.


Dans cet épisode, je vous parle de la première phase de cette aventure extraordinaire : le voyage, la rencontre avec l’équipe, et le début de l’expédition en tant que telle.

🔎 Pour plus d'informations sur les Bátar c'est ici. Le docu vidéo de l'expédition est sur YouTube.

🎙 L'épisode avec les Bátar à écouter :
👉 Épisode #24 - BÁTAR - Le drakkar le plus rapide de l'Histoire pour traverser l'Atlantique


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Speaker 1:

Partir en expédition, ce terme, c'est comme un sortilège. On l'évoque et déjà on s'évade un peu. On s'imagine dans un bus bondé d'un autre siècle, entouré de gens qui n'ont quasiment rien à offrir si ce n'est leur générosité et leur rire. On ressent au plus profond de soi la puissance de l'orage qui éclate alors que les yeux inquiets de nos compagnons se lèvent vers le ciel, comme pour essayer de percevoir, à travers la main-stoyle de tentes, les éclairs qui se font rire. On se projette face aux éléments le soleil brûlant sur la nuque, le vent fouettant un visage sale, les embrins et la pluie finissant de tremper un corps fatigué, chahuté, mais qui tient bon. Partir en expédition, c'est partir, se découvrir un peu plus, en choisissant l'inconfort et l'adversité volontairement, parce que c'est là qu'on se sent le plus vivant. Partir en expédition, c'est accepter le fait qu'il y aura un avant et un après, que nombreux seront celles et ceux qui ne comprendront pas que nous-mêmes, nous n'arriverons pas toujours à expliquer ce qu'on y a vécu. Je suis parti en expédition En août 2023,. J'ai navigué en Norvège sur un drakar, ces légendaires bateaux vikings qui ont terrorisé l'Europe il y a mille ans, et cette expérience m'a marqué sans doute à jamais Au gré des épisodes sur les frappés, j'ai rencontré des personnes extraordinaires des aventuriers, des athlètes, des femmes voyageuses au long cours, des hommes qui ont connu la guerre. De ces rencontres autour d'un micro n'est parfois des expériences humaines uniques. Voici le récit de l'une d'entre elles. Quand je parle d'expédition sur un bateau viking, généralement ça interpelle. Alors il faut quand même que je vous explique comment tout ça a démarré. En 2020, j'ai créé un podcast, les Frappés, sur lequel j'interviens. Des femmes et des hommes qui se dépassent. Leurs parcours sont variés sportifs de tout niveau, voyageuses, aventuriers, professionnels, entrepreneurs ou encore militaires, des forces spéciales. En mars 2021, je reçois ce message sur le compte Instagram du podcast Salut, on va construire le drakar le plus rapide du monde à Toulouse. Ça vous intéresse pour un sujet podcast? Je suis vraiment friand de projets atypiques, donc forcément, ce message m'a interpellé. Quelques jours plus tard, on a enregistré un épisode avec Arnaud Huvlin, que vous venez d'entendre, et Thomas Devineau, dans lequel ils m'ont présenté le projet Bataar. B-a-t-a-r. Ça se prononce Bautar et ça veut dire bateau en Islandais. En bref, ils ont créé une association qui fabrique des bateaux vikings, ces fameux drakars, et qui les fait naviguer. Leur objectif, complètement dingue, pour 2025, construire un drakar de 28 mètres de long pour traverser l'Atlantique, depuis Toulouse jusqu'à New York en passant par le Groenland, avec une trentaine de membres d'équipage. Du coup, tous les ans, ils organisent des expéditions en Europe à bord du FIRE, un bateau plus petit mais qui fait quand même déjà 12 mètres, qu'ils ont construit en 2018. Ces expéditions leur permettent de se familiariser avec la navigation un peu particulière de ces navires et avec la vie en expédition, que ce soit la logistique, la cartographie, les manœuvres en mer et bien d'autres choses. Comme on avait bien accroché pendant l'échange, en 2021 et en 2022, ils m'avaient proposé de les rejoindre, mais je ne pouvais pas me libérer à ce moment là. Finalement, en 2023, à la faveur d'un changement de situation professionnelle, je saisis enfin l'opportunité de rejoindre leur expédition, dont le but était de naviguer pendant un mois avec le FIRE le long des côtes norvégiennes, depuis les îles Lofoten jusqu'à la ville de Bergen, 1500 km plus au sud. Me voilà donc en ce dimanche 20 août 2023, en train de boucler mon sac pour prendre le départ, le lendemain matin, d'un voyage vers la Scandinavie. J'adore voyager. Étymologiquement, voyage vient du latin via, qui veut dire le chemin, la route. Donc, voyager, c'est avancer sur un chemin, au sens propre comme au figuré. Et cette idée de mouvement. Pour moi, c'est la vie. Le voyage, c'est se sentir vivant en faisant un premier pas vers l'inconnu, c'est fermer la porte de chez soi pour partir, découvrir de nouveaux horizons. Quand on voyage, on casse sa routine, on a les sens en éveil, et c'est ce que je trouve particulièrement stimulant. Mon voyage à moi, pour rejoindre le départ de l'expédition en Norvège, il a commencé tôt, trop tôt. J'habite à Exoprovance. Du coup, j'avais la moitié de l'Europe à traverser pour me rendre à destination. A 4h45 du matin, je saute dans un taxi, puis c'est TGV jusqu'à Paris, où le RER m'emmène à l'aéroport. Je retrouve mon premier compagnon d'aventure à ce moment-là. Il s'appelle Beaulieu et c'est l'un des membres historiques de l'association. Je vous le présente un peu plus tard. On embarque pour notre vol jusqu'à Oslo, puis on attrape une connexion intérieure avant finalement d'atterrir sur la petite île de Vigra à l'aéroport de Alessund. Alors, je crois que ça se prononce Elesund, mais je ne suis pas sûr. Quand on survole la Norvège, il y a deux choses qui marquent tout de suite visuellement C'est l'intensité du vert et l'omniprésence du bleu. La Norvège est à la fois le deuxième pays qui compte le plus dix l'eau-monde environ 240 000 et l'un des pays où il pleut le plus. Donc, tout est vert. Vu du ciel, c'est magnifique. Et alors, une fois qu'on l'atterrit, c'est encore mieux, parce qu'on vient ajouter un cadre naturel grandiose, ces fameuses maisons en bois si typiques, vous savez, les murs pas en rouge, l'encadrement des fenêtres blancs, souvent des toits végétalisés. Et là on y est, c'est la carte postale Bienvenue en Scandinavie. Une fois à Les Sund, le voyage n'est pas encore tout à fait fini pour autant. C'est là que je fais la rencontre de Johan et Rémy. Ils nous récupèrent en voiture pour filer jusqu'au camp de base de l'expédition, à deux heures de route de là. Quand je dis deux heures de route, c'est en fait une heure et demi sur la terre ferme et une demi-heure de ferrie. Dans ce coin de Norvège, on se déplace un peu sur Terre et beaucoup sur mer. Enfin, après un voyage de plus de quinze heures, on arrive à Mid Sund, un village qui se trouve sur l'île de Autroya, et c'est là qu'on est accueilli par le reste de l'équipe. Dans les faits, il y a même deux équipes. L'expédition a démarré depuis trois semaines déjà et cette année, un système de rotation a été mis en place, c'est-à-dire que chaque semaine, un équipage frais a débarqué sur le bateau, en dehors d'une poignée de personnes qui ont passé un mois complet en expédition. Les gens sont vont rester une semaine, parfois deux. L'avantage de ce format, c'est que ça a permis à plein de bénévoles de l'association Batard de vivre l'expérience d'une expédition à bord du fir. Donc, au moment où j'arrive, l'équipe de la semaine 3 s'apprête à laisser la place à l'équipe de la semaine 4, dont je fais partie, et tout ce petit monde va cohabiter pendant un peu plus de 36 heures. Moi, à ce moment-là, je connais personne à part Thomas. Vous savez, celui que j'ai interviewé en 2021, arnaud Uvling, vous avez entendu un peu plus tôt. Il est, lui, déjà reparti. C'est sûr que c'est toujours un sentiment un peu particulier d'être l'inconnu, qui débarque au milieu de personne qui viennent de vivre des expériences fortes ensemble ou qui se côtoient tous les week-ends sur le chantier naval des Batards au cœur de Toulouse. Mais je pense qu'il y a un très commun qu'on retrouve quasi systématiquement chez toutes celles et ceux qui se lancent dans ce type d'expérience C'est la soif de découverte. Les gens sont là parce qu'ils veulent découvrir de nouvelles choses des paysages, des mercs, des plats, la navigation sur un drake art et, évidemment, des gens. Et ça, c'est génial parce que quand vous arrivez en tant qu'inconnu, il y a un vrai élan vers l'autre, Même moi qui suis plutôt introverti. Au bout d'une heure, je me retrouve en pleine conversation avec d'autres membres d'équipage et, très vite, j'ai le sentiment d'être entouré de potes. On lance le bras zéro, ça discute vers à la main, sous un ciel de fin de journée rouge, orange, violet. C'est grandiose. Seul inconvénient que toutes celles et ceux qui se sont déjà rendu en Scandinavie, en péradestival, connaissent bien les midges et les moustiques. Il y en a des centaines autour de nous qui s'insignent partout et qui sont à la fu du moindre centimètre carré de peau à l'air libre. Heureusement, dès que le soleil est complètement couché, il disparaisse. Quand on mange enfin, c'est à la lumière des projecteurs et des frontales. Il est plus de 23 heures Et je me souviens que ce détachement par rapport au temps m'a marqué. Une expédition, sa vie à son propre rythme. On s'affranchit en fait des contraintes horaires. On se lève quand il faut se lever, on mange quand on peut et on se couche une fois que tout est terminé. J'ai vraiment du mal à garder les yeux ouverts quand Thomas prend la parole. Il détaille le programme du lendemain exploration des environs le matin, ravitaillement et chargement du bateau l'après-midi, il confie quelques missions, dont la mienne organiser une rando pour l'activité du matin. Initialement, je pensais qu'on prendrait la merde dès le lendemain de mon arrivée, mais en fait, chacune de ces rotations d'équipage a été l'occasion de refaire le plein de vivre, de réparer du matériel endommagé, de profiter d'un vrai matelas pour dormir correctement, ou encore, tout simplement, de laver son linge. Donc, demain, c'est préparatif et repos. Enfin, repos actifs, puisque je vais emmener l'équipe faire l'ascension de l'un des sommets de l'île. Et puis, ce qu'on parle de repos, c'est l'heure de l'extinction des feux. Il n'y a pas assez de lit pour cette première nuit dans le chalet qu'ils ont loué. On est donc quelques-uns à dormir par terre, mais, honnêtement, je suis tellement fatigué que ça me pose aucun problème. Allez à demain. La nuit m'a fait le plus grand bien. Au réveil, il pleut, comme c'est le cas plusieurs fois par jour, en orvège. Ça a fini par s'arrêter suffisamment longtemps pour qu'on prenne le petit déjeuner dehors. C'est l'occasion pour moi d'échanger avec les derniers membres d'équipage de la semaine 4, que je n'avais pas encore rencontré la veille. Alors, justement, voici les 9 personnes avec qui je vais naviguer. Xavier, plus d'1m90, la voix grave, il aime la musique. Tout au long de l'expédition, il va nous régaler avec ses playlists, rémi loop de Viking. Avec sa barbe et ses cheveux longs, il est là pour apprendre et ça se ressent dans son attitude. Au sein de l'équipage, il fait plutôt partie de la catégorie des forces tranquilles. Alex, lui, c'est tout l'inverse. Chargé de la communication des bâtards, il est doté d'une énergie débordante, absolument infatigable. Ses talents de vidéaste et photographes n'ont d'égal que son humour noir et tranchant. Anne-laure, c'est la cadette de l'expédition du hôte ces 23 ans. Mais attention, ne vous y trompez pas, elle ne se laisse pas marcher dessus, loin de là. Passionnée de voile, c'est l'une des plus expérimentées à bord. Joanne, deuxième femme de l'équipage, architecte de formation, elle veut faire de la voile son métier. Elle est patiente, pédagogue et généreuse dans le partage de ses connaissances du milieu maritime. Arnaud, alias Arnauld, crame, rasée, poucle d'oreille, il a déjà participé à des expéditions bâtards. Ne vous laissez pas berner par ses aires de flibussier. Il est doctorant en sciences économiques et enseigne dans plusieurs institutions de renom. Arnauld, c'est l'homme au grand cœur et au rire facile qui va nous concocter des plats de folie à partir de rien. Beaulieu, un barbu de plus, membre historique des bâtards, il est diplômé de polytechnique et va nous apporter la touche politique et philosophique qui manque bien souvent dans ce genre d'aventure. Arnaud le deuxième, alias Braco Membre fondateur des bâtards, il est ingénieur et docteur en sciences informatiques. Lui, c'est l'incarnation du calme dans la tempête. Je l'ai vu barrer le fir de nuit, avec zéro visibilité, au milieu de rochers à florent, sans sourciller. Thomas, enfin, un homme à la passion contagieuse que rien n'arrête. Il est le président de l'association et c'est le capitaine du fir. C'est lui que j'avais intervues en 2021 et depuis, c'est devenu un copain. Xavier Rémi, alex Hanlor, joanne, arnauld, beaulieu, braco et Thomas Voici les femmes et les hommes qui composent l'équipage de la dernière section de l'expédition 2023 des bâtards, voyen, d'âge à peine 30 ans. trait de caractère commun la soif d'aventure. Une fois le petit déjeuner avalé, on se lance sur l'itinéraire de Randonnay que j'ai préparé la veille au soir. La géographie, dans ce coin de la Norvège, c'est assez particulier. En fait, la plupart des îles ont un relief finalement montagneux, certes, avec des altitudes qui dépassent rarement les 700 à 800 mètres, mais en réalité, ces montagnes ont des parois très raides, parfois complètement verticales, et qui démarrent souvent au niveau de la mer. Donc, pour accéder à un petit sommet et profiter d'une vue exceptionnelle sur des fjords de tous plus beaux les uns que les autres, ça se mérite. Et en l'occurrence, sur cette randonnée jusqu'au Trollestein, qui culmine à 624 mètres, on s'est pris autant de dénivelé sur à peine 2 km. Ça a grimper très sec et fort Forcément. le groupe s'est étiré, surtout que certains ils se reconnaîtront sont partis comme des fusées pour finalement caler rapidement. On arrive à une bifurcation avec le groupe de tête et on décide d'y attendre les autres. Et là, on fait une rencontre qui aurait pu vraiment mal tourner L'ové au soleil, presque invisible, jusqu'à ce que l'un d'entre nous pose quasiment le pied dessus. on tombe sur un énorme serpent. Dans mes souvenirs, il fait bien entre 60 et 80 cm, il est grillé, noir, franchement impressionnant. Je suis très surpris. c'est pas du tout le genre d'animal que je m'attendais à croiser en Norvège, dans un environnement aussi humide et maritime. Et là, au lieu de faire la seule chose à faire face à un animal sauvage, c'est-à-dire de le laisser en paix, l'énergie parfois un peu enfantine du groupe fait qu'on s'y intéresse, et même d'un peu trop près. Olivier, qui fait partie de l'équipage de la semaine 3 et qui est médecin, s'en approche Immédiatement. deux commentaires fuisent Le mien. déjà, en voyant le serpent, je suis persuadé que c'est une coule oeuvre. donc, à l'inverse des vipères, a priori plutôt inoffensif, ce qui me convaince. et sa taille, il est vraiment énorme. et parce que, de là où je suis, je crois voir des pupillons rondes, qui est une caractéristique des coule oeuvres. Donc, j'annonce c'est une coulofre. Et quasiment tout de suite après, on entend Arnold qui crie Vas-y, vas-y, attrape-le». Il en fallait pas plus pour Olivier. il se rapproche encore plus. Mais ce qu'il aurait dû nous mettre la plus à l'oreille immédiatement, c'est que le serpent se met à siffler. Et une coulofre, ça ne siffle pas, il l'envoie à la main vers la tête du serpent. Evidemment, le serpent est bien plus rapide et Olivier à ce qu'il mérite En réalité, est-ce qu'on mérite tous pour avoir dérangé cet animal. mais il se trouve que c'est lui qui a pris, il se fait mordre. Là, gros coup de stress. on comprend tout de suite que c'était pas une coulofre. Première réaction d'Olivier à ne jamais faire si vous vous faites mordre par un serpent. il s'est s'appelé. En fait, le venin se transmet encore plus rapidement par les muqueuses. Donc, en en aspirant un peu par la bouche, on s'empoisonne encore plus vite. On sort en téléphone et on fait quelques recherches sur internet. Ça ne semble pas trop alarmant pour autant, et le premier conseil, c'est de consulter un médecin. Ça tombe bien, le médecin, c'est lui. Il a la main qui, en flavue d'œil une sensation de pulsation, mais pas plus. donc, on décide de poursuivre la randonnée. Au final, plus de peur que de mal, c'est quand même remonté dans la vanbrat et la douleur s'est installée et a duré, je crois, plus de 24 heures. Mon réalité de l'histoire qu'on connaissait tous. mais c'était un bon appel si vous voyez un serpent dans la nature, laissez-le tranquille. Après cette rencontre inattendue, on arrive au sommet Et là, pff, quelle vue. Le paysage était inondé de soleil, la mer parfaitement calme, d'un bleu profond, magnifique, avec cette végétation rase mais luxuriente et quelques nuages accrochées ici et là sur les sommets environnants. Ça donnait à l'ensemble des airs de bout du monde, de terres inexplorées. On aurait vu débarquer une flotte de battle viking au son des tambours, que ça ne nous aurait pas surpris. C'est vraiment quand on commence à préparer le contenu des caisses de vivre et de matériel, une fois de retour au camp que j'ai le sentiment que les choses sérieuses commencent. Un groupe de 10 personnes qui passent leurs journées dehors et leurs nuits sous-tantes s'embrûlent des calories. Donc, il faut anticiper et faire les stocks de nourriture en conséquence, d'autant plus que la place est limitée sur le bateau, puisqu'il n'y a pas de calme ou de coffre de rangement comme sur des voiliers modernes. Pas de moyen de garder quoi que ce soit offré non plus. ce qui veut dire que le choix des aliments doit être judicieux. La nourriture est répartie dans des caisses étanches par repas Petit déjeuner, déjeuner, dîner, caisses générales pour les extras. En tout, il y en a quasiment une dizaine qui sont rangées au fond du bateau et qui vont constituer une sorte de plancher entre les bancs. Les repas, c'est vraiment le sujet critique de toute expédition Qu'est-ce qu'on va manger, quand et en quelle quantité? Avec Arnold Bolieu et Braco, on se penche sur la question et on établit une liste de plats à la fois variés et simples à cuisiner, avant de filer et acheter tout ce qu'il nous faut pour une semaine. Les quantités sont gargants tu esques 2 kilos de champignons, 2 kilos de granola, 3 litres d'huile d'olive, 4 pots de Nutella, 5 kilos de riz, 10 paquets de chips, 15 sachets de pain de mythe, 20 concomments, 25 avocats, 30 oignons, 40 bananes, 45 tomates, 50 pommes, 400 snacks et biscuits sucrés. Côtel de l'opération attention, on est en Norvège 1000€, ça calme. L'étape suivante, c'est de nettoyer toutes les caisses étanches avant d'y répartir la nourriture qu'on vient d'acheter. Il faut que tout rentre. donc, c'est un vrai jeu de détrice. et une fois seulement que le dernier couvercle est fermé, alors là on peut s'occuper de nos affaires personnelles. Chaque membre d'équipage a droit à un sac étanche de 40 litres pour toute la semaine, et ça inclut les affaires de ville pour le retour en France, le duvet et le matel à gonflable pour la nuit. En gros, on va tous voyager léger. En début de soirée, je me porte volontaire pour faire un premier trajet jusqu'au bateau et commencer à charger du matériel. Le fir est amarré dans un tout petit port, à quelques centaines de mètres et c'est la première fois que je le vois sur l'eau et préparé pour une expédition. Alors, il faut savoir que les vikings utilisent leurs bateaux pour remonter des fleuves à la rame, tout comme pour naviguer en haute mer. Pour ça, il fallait que les drakars soient légers, robustes, maniables et rapides. Un drakar, c'est donc un bateau avec un très faible tirant d'eau, c'est à dire que la coque s'enfonce très peu dans l'eau, 45 cm dans le cas du fir. Ensuite, c'est juste une coque sans pont. Il n'y a pas de cabine, il n'y a pas de cal, il n'y a pas de coffre de rangement. On est complètement exposé aux éléments. Enfin, c'est un bateau qui a une ligne de flottaison assez basse, c'est à dire que le haut de la coque dépasse très peu de l'eau, ce qui permet l'utilisation des rames en plus de la voile. Même si j'ai déjà navigué sur des voiliers, la première chose que je me dis quand je le vois, c'est que c'est pas grand pour 10 personnes et qu'on va être vachement exposé en cas de mauvais temps et de grosse mer. On charge quelques ks et du matériel, puis on rentre avant la pluie pour le briefing du capitaine. Ça y est, demain on part en expédition.

Speaker 2:

Ici, ce zone là, c'est là ce que moi j'appelle la transition entre la Dégonnail et le sud de la Norvège. C'est une zone qui peut être assez costaue, avec beaucoup de vent, puisqu'il y a la rencontre entre tout le vent qui remonte et le vent qui tourne autour de cette zone là. Donc, on parle des très grosses vagues. Donc, il faut une fin de métaux favorables pour passer Après. On peut toujours passer un peu, protéger l'intérieur. Et l'autre élément marquant du parcours, c'est ce fjord celui-ci, qui s'appelle Sunford Fjord. C'est le plus grand fjord de Norvège et c'est dans ce choc qui a été construit le Skljf6, qui est la réplique, enfin, l'original, qui a exposé Roskid et qui est le bateau qu'on a copié. Donc, il a été construit ici, puis il était le Danemark et il a coupé l'été couloir 1336. Donc, on va pas s'amuser à remonter le fjord, parce que c'est méga long et qu'il n'y a pas de vent, mais on va passer devant le lieu de l'origine du fjord. Donc, ça, c'est assez chouette Demain. En gros, il n'y a pas trop de vent le matin, il y a, partir de midi, on a du vent du sud, un peu orienté, qui est un peu travers. Donc, en gros, on va pouvoir faire ça de toute sa zone là à la voile. Au niveau des forces de vent, c'est plus fort que la semaine dernière, c'est pas aussi fort que quand on a tout cassé, mais ça va être cool. Demain, on apparaît à midi pour descendre le plus possible et, en fonction du vent, de ce qu'on peut faire, on verra au jusque on peut avancer.

Speaker 1:

On y est enfin, c'est l'heure du départ. On a tous la même tenue et, franchement, on a fier à l'ur Botte, veste et pantalomble, marines étanches, capuches à visir, jeune flûot, le tout floqué de l'emblème des bâtards, une tête de viking barbu. Le matériel et les vivres sont chargés et on a fait le plein d'eau potable. On se regroupe sur le ponton pour un dernier briefing du capitaine avant l'embarquement. On reçoit des informations de dernières minutes sur l'itinéraire, on nous rappelle les consignes de sécurité, notamment concernant les mécanismes automatiques des gilets de sauvetage, et les tâches pour la sortie du port sont attribuées. J'observe ces neuf visages autour de moi. Il n'y a que des regards concentrés. Ça a beau être une bande de potes qui s'éclate à naviguer ensemble, personne ne prend les choses à la légère pour autant. On s'apprête quand même à prendre le large sur un bateau ouvert, complètement exposé aux éléments, avec une voile carrée et quatre paires de rames pour avancer et, comme seule concession à la modernité et à la sécurité, un petit moteur électrique. L'équipage commence à embarquer, les ordres refusent et au moment où mon pied quitte la terre ferme,

Expédition en Drakar en Norvège
Rencontre Avec Serpent Et Préparation Nourriture
Départ en Bateau Avec Vents Favorables