Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Chasseurs de volcans en éruption avec Guy de Saint-Cyr et Coralie Bertrand
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Guy, guide volcanologue de 82 ans, et Coralie, sa petite-nièce de 26 ans, sont des chasseurs de lave.
L'histoire de Guy, qui allait finir par entrainer une partie de sa famille dans l'univers peu connu des volcans 🌋 débute en 1958. Il a alors 18 ans et se prépare pour devenir guide de haute montagne à Chamonix. Après un accident qui le prive de son compagnon de cordée, il se rend au Stromboli au moment où les habitants de l'île s'apprêtent à être évacués. Le volcan est en éruption. Qu'importe, Guy se lance dans son ascension. Lorsqu'il finit par atteindre le cratère et qu'il pose les yeux 👀 sur le spectacle qui se déroule en contrebas, il explique qu'il a eu une révélation. Sa vie, il savait désormais qu'il allait la consacrer à arpenter les pentes de ces cracheurs de lave et à les faire découvrir aux autres.
En plus de 50 ans d'aventures, Guy a posé les pieds sur quasiment tous les volcans actifs de la planète. En tout, il a passé 13 mois au sommet du Stromboli ! Il a grimpé 57 fois le Seremu, l'un des volcans les plus difficiles d'Indonésie 🇮🇩 . Les volcans sont devenus, pour sa femme Monique et lui, leur raison de vivre. Il nous raconte dans cet échange qu'il s'y est aussi brûlé les ailes et qu'il s'est vu mourir plusieurs fois 😰. Comme en haute montagne, les volcans fascinent mais rappellent à celles et ceux qui les côtoient que la nature gagne toujours.
Les récits de Guy ont égayés de nombreux repas de famille de l'enfance de Coralie. C'est sans doute ce qui a fini par la pousser, elle aussi, à partir découvrir ses premiers cracheurs de feu 🔥. Elle est tombée sous le charme de la lave à son tour et accompagne maintenant Guy dans ses pérégrinations.
Je me suis régalé dans cet échange aux côtés de deux passionnés qui partagent le même amour pour la lave. À les entendre décrire les sensations qu'ils ressentent lorsqu'ils posent leurs yeux sur la lave en fusion, que les explosions font vibrer chaque fibres de leurs corps et qu'ils contemplent des nuits entières des gerbes de feu de plusieurs centaines de mètres de hauteur, je me dis que l'expérience vaut sans doute le détour !
🔎 Pour vous plonger dans les récits d'aventures de Guy, son dernier livre s'intitule D'un volcan à l'autre. L'agence de voyage spécialisée dans les volcans qu'il a fondé avec sa femme, et qui est aujourd'hui devenue une affaire de famille, est Aventure et Volcans.
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Et dès que tu te dresses, et c'est la chaleur dans ce coup, la chaleur épouvantable, et devant toi, ou bien t'as un lac de lave, ou alors t'as des bouches, et t'attends que ça pète. Toi, t'as tous les muscles qui sont un petit peu tendus parce que t'es quand même un peu la trouille. Et quand ça pète, là, t'imagines, t'as un bruit, une détonation fantastique. En même temps, tu sens dans tes jambes, dans tes tripes, la terre qui vibre. Et en même temps, t'as cette gerbe qui monte à 200, 300, voire 1000 mètres de hauteur.
SPEAKER_04Hello Hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Bienvenue Guy et Coralie sur le podcast.
SPEAKER_01Merci Loïc de nous avoir accueillis. On est très content de partager ce moment tous les deux avec
SPEAKER_02Guy. Merci Loïc. Écoute, moi je suis venu avec Coralie, c'est elle qui m'a embringué dans cette histoire.
SPEAKER_04Coralie, je pense que tu as bien fait. En tout cas, moi je suis hyper content que vous soyez là tous les deux et que vous ayez pu vous libérer pour nous raconter un petit peu ce que vous faites ensemble, que j'ai trouvé complètement fou Coralie quand on a échangé en off avant l'épisode je me suis dit alors là ça promet vu l'univers vu aussi les liens que vous avez les différences générationnelles etc je pense qu'on va bien s'amuser qu'on va bien voyager en tout cas mais j'en dis pas plus et je vous laisse peut-être commencer par vous présenter nous expliquer un peu ce que vous faites dans quel univers vous évoluez
SPEAKER_02aujourd'hui
SPEAKER_01vas-y Coralie alors moi c'est Coralie, j'ai 26 ans et je suis acheteuse dans une entreprise de logiciels et je suis fascinée par les volcans et j'ai découvert ce monde des volcans grâce à Guy et donc je suis la petite nièce de Guy c'est à dire que ma grand-mère c'est la soeur de Guy mais il faut savoir qu'avant mes 18 ans c'était pas vraiment connu parce que Guy passe beaucoup plus de temps sur les volcans que dans les repas de famille et du coup on s'est rencontré sûrement un repas de famille l'année de mes 18 ans il y a eu un grand coup de coeur je pense des deux côtés on a beaucoup échangé j'étais très curieuse et j'étais très j'étais fascinée par la manière dont les personnes autour de moi et toutes les personnes qui avaient voyagé avec Guy étaient si admiratrices d'avoir pu faire quelques volcans avec Guy. Et du coup, pour mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir en Éthiopie. J'ai retrouvé un groupe, j'ai retrouvé Guy. Et j'ai découvert mes deux premiers volcans, donc Dallol et le lac de lave de l'Air Salé. Et là, j'ai compris que c'était quand même assez fou, que c'était déjà des images impressionnantes. C'était une expérience qui était juste unique, insolite, avec des rencontres d'ailleurs aussi... génial que j'ai gardé encore aujourd'hui et du coup au retour je me suis dit c'est bon j'ai compris ce qu'elle me fout faut recommencer donc ensuite je suis partie en Indonésie parce que Guy m'avait beaucoup parlé de l'Indonésie alors là c'est beaucoup plus sportif un peu plus difficile mentalement et puis après je me suis dit Guy m'a beaucoup parlé du Stromboli donc il expliquera pourquoi donc je me suis dit allez on va aller en Sicile et je vais aller voir ce que c'est le Stromboli et puis Là, on revient juste. Donc, il y a trois semaines, on est partis avec Guy. Guy m'a proposé avec une autre personne de descendre dans le cratère du Masaya pour aller voir deux lacs de lave au Nicaragua. Et au retour, je me suis dit quand même, c'est quand même fou de pouvoir vivre ça avec Guy. Donc, j'aimerais bien partager tout ça. Et c'est pour ça que je t'ai contactée parce que je trouve ça vraiment génial. Et justement, cette passion-là qui me partageait ça je ne le fais pas qu'avec moi donc il y a une agence qui existe il en parlera un peu plus mais c'est pour montrer qu'une fois qu'on tombe dedans généralement
SPEAKER_04on sait qu'on est retourné génial merci Coralie pour la présentation tu nous as fait une belle introduction, un beau teasing pour du coup le parcours de Guy donc Guy peut-être que tu peux nous expliquer, balayer un peu ces années d'aventure et ta relation avec l'univers des volcans
SPEAKER_02écoute moi ça débute en 1959 À cette époque-là, j'ai 18 ans. Je passe mon temps dans les aiguilles de Chamonix. Je veux devenir guide de haute montagne. Je grimpe, je grimpe. Je laisse un peu tomber les études et je passe beaucoup de temps à grimper. Et le compagnon qui grimpait avec moi, mon compagnon de cordée, a un accident de moto. Brutalement, il ne peut plus rien faire. Il ne grimpera jamais. Et bon, je suis un petit peu... Je ne sais plus ce que je vais faire. Et à ce moment-là, je lis dans le Progrès de Lyon, un petit anthropylé qui dit que le volcan... Stromboli vient d'entrer en éruption et qui pense évacuer une partie de la population. Je me dis, tiens, un volcan d'activité, ça, je n'ai jamais vu. C'est une montagne vivante. Bon, j'ai envie d'aller voir. Je suis parti avec un autre pote. Et quand on est arrivé là-bas, t'imagines, en 58, c'était deux bateaux à vapeur qui desservaient cette île une fois par semaine. Donc, on est arrivé devant cette petite île avec un bruit du diable, avec des panaches noires qui montaient. Je n'avais jamais vu de volcan, je trouve, et c'est terriblement impressionnant. Le bateau n'approche pas trop de l'île. Il s'arrête à 800 mètres à peu près. Il y a une barque qui vient nous chercher. On débarque sur une plage où il y a plein de femmes en noir qui viennent chercher le courrier, les nouvelles. Il n'y a pas de touristes à l'époque. Il y a un seul guide qui monte quelques gens au sommet du volcan. Et donc, on n'a pas d'argent, nous, pour se payer un guide. On se dit qu'on va monter tout seul. Et dans la nuit, on part et on monte. Et là, si tu veux, pour moi, ça a été révélation. J'ai vu l'incandescence, j'ai vu la rougeur du volcan au fur et à mesure qu'on montait, ça devenait de plus en plus incandescent. On voyait les bombes qui montaient, ces gerbes de lave qui sortaient du cratère. Et on se disait, mais moi, mon objectif, c'était de jeter un coup d'œil de l'autre côté pour voir ce qu'il y avait dans le cratère, d'où ça sortait cette matière incandescente. Je voulais voir. Mon copain était un petit peu moins... Mais enfin, je suis arrivé à l'entraîner quand même. Et au bout d'un moment, on est arrivé au Et là, on achetait un œil à l'intérieur du cratère. Et là, il y avait quatre bouches en activité et des crevasses qui étaient toutes incandescentes. Et pour moi, ça a été vraiment, oui, ça a été un grand moment. Ça a été vraiment une révélation. Toutes les dix minutes, cinq minutes, quelquefois, il y avait des explosions. On voyait ces gerbes qui montaient, qui montaient très au-dessus de nous. Et on surveillait les blocs en se disant, il y en a un qui passe là, toi. Donc, c'était impressionnant. On a passé une nuit vraiment extraordinaire et on s'est habitué la nuit elle a été longue mais à la fin j'étais presque habitué et déjà je me suis dit si on pouvait s'approcher un petit peu quand même et là pour la première fois j'ai commencé à descendre un petit peu à l'intérieur du cratère j'ai vite arrêté j'ai vite arrêté mais enfin ça a été ma première descente je suis remonté et là ce jour là j'ai dit bon tu vas être sérieux tu vas reprendre tes études tu vas faire géologie et dans ma tête je savais déjà que je voulais m'occuper de volcans dans ma vie voilà Ça, ça a été la révélation. J'avais 18 ans, j'étais un gamin. Je suis rentré et 15 jours, 3 semaines après, j'ai eu la chance de rencontrer Monique, ma femme, qui a donné ma femme. Elle avait 24 ans. C'était une alpiniste, elle aussi. Et à ce moment-là, on a voulu faire quelque chose ensemble. Évidemment, ma famille m'a dit, à 18 ans, tu ne vas pas te marier. Donc, on s'est barrés et on a vécu ensemble à Oyonnax pour un moment, à Gros-Drople ensuite. Et là, on a commencé tous les deux à grimper et sur les volcans et continuer l'alpinisme. Et ça, on a fait ça jusqu'en 1963. Après, on s'est mariés. Après, en 1963, il y a un volcan qui est en train d'éruption qui s'appelle Surtsey, qui était à une cinquantaine de kilomètres au large des côtes de l'Islande. Et là, j'ai voulu aller voir ce volcan. Et pour aller voir ce volcan, on a pris l'avion, on est arrivé là-bas. Moi, j'imaginais qu'on allait prendre l'avion, se poser, prendre un bateau et aller sur l'île comme ça. Mais quand on est arrivé là-bas, on nous a dit, mais Il faut déjà vous rendre sur une petite île qui s'appelle Emmaé, qui a une quarantaine de kilomètres du volcan. Et là, après, il faudra chercher un bateau qui veuille vous emmener là-bas. mais des bateaux, on n'en trouvait pas. Tous les chalutiers qui étaient là-bas, ils disaient« Non, non, mais on n'est pas fous, on ne connaît pas le fond, il y a des coulées de lave qui le déversent.» Imagine, la lave, le lac de lave qu'il y avait sur cette île, éclairait tellement qu'on pouvait lire le journal dans un rayon de 40 km. Tu vois, il y avait une lumière, et la nuit, il y avait une lumière énorme.
SPEAKER_04D'accord. Ah oui, c'est le niveau de... Ok, je n'aurais jamais cru. 40 kilomètres, c'est...
SPEAKER_02Ah oui, oui, c'est énorme. Et imagine que pendant deux jours, deux nuits, tous les chalutiers, les uns après les autres, ont été aller les voir. Après, on a rencontré deux journalistes américains qui voulaient faire comme nous. Et on leur demandait, ils ne voulaient pas nous emmener. On proposait des dollars. On proposait de plus en plus de dollars. Il n'y en a aucun qui voulait. Donc, au bout de deux jours, on était un peu découragés. Et Monique, qui a l'œil... elle voit arriver un mec, qui essaye de grimper sur son chalutier. C'est un tout petit chalutier. Il avait du mal à grimper sur son chalutier parce qu'apparemment, il était bourré. Et on nous avait dit, un copain m'avait dit qu'il avait travaillé dans une poissonnerie en Islande auparavant. Il m'avait dit, si tu vas en Islande, à cette époque, l'alcool était interdit, emmène toujours avec toi une bouteille de whisky, ça pourra te servir. Et on lui avait amené une bouteille de whisky. Et Monique a eu l'idée, elle a vu ce mec bourré, elle s'est dit, elle est partie avec son sac, elle est allée le voir, elle lui a montré la bouteille elle lui a dit sur de serre. Le mec il a dit oui. Tu vois, je résume, mais ça s'est passé comme ça. Les Américains sont venus avec nous, on est partis tout de suite. Et à partir du moment où on est sortis du port, le type, il ne donnait plus du tout l'impression d'être un mec bourré, pas du tout. Il a sorti son bateau très bien, il y avait deux coéquipiers avec lui, enfin deux marins, et il donnait ses ordres et c'était impeccable. Et on est partis sur sur de serre. Et là je vais te dire c'était ma première grande expérience de volcan, vraiment. Parce que pour débarquer sur l'île, lui, il ne s'est pas approché trop près, il s'est approché, je ne sais pas, à 500-600 mètres, parce qu'après, il ne connaissait pas les fonds. Il y avait de la mer, il y avait... Il avait un seul pneumatique, avec un seul boudin, donc tu vois, ce n'était pas un zodiaque, pas un gros zodiaque, un petit pneumatique. On s'est mis à deux là-dedans, on a fait deux trajets, et en ramant, on est arrivé à aborder. Et là, avec les Américains, on s'est séparés parce qu'eux, ils ne voulaient pas s'approcher trop près. Ils voulaient faire des photos ensemble. Et nous, on voulait grimper près du lac de l'Ave. Donc, avec Monique, on est montés. On s'est approchés. Il va revenir nous chercher le lendemain. On a fait des photos là-haut. C'était incroyable. Il y avait un immense lac de l'Ave. Et toutes les minutes, à peu près, il y avait des gerbes de l'Ave qui sortaient du lac et qui s'éparpillaient partout. Il n'y avait pas de danger, si tu veux. Il n'y avait pas de risque immédiat. Mais le spectacle était fabuleux, mais tellement fabuleux. J'avais une petite caméra, une Super 8 à l'époque. Donc, c'était mon premier film volcan que j'ai fait. Et ça, j'ai ramené vraiment des belles images. Au retour, je te passe parce que il a oublié de venir nous chercher. Au lieu de me dire de nous chercher 24 heures après, on a attendu 48 heures. Mais enfin, il est venu. Il est venu. Et lorsqu'on a débarqué, lorsqu'on a fait le voyage inverse, c'est-à-dire du volcan au bateau, c'est les Américains qui sont partis en premier, et nous avec Monique après. Et là, je ne sais pas, tu sais, j'avais une chaussure d'escalade avec un œillet qui s'était retourné, et en bougeant dans le bateau, mon œillet a percé le pneumatique. Et on était à mi-distance à peu près du bateau, et on avait... Et le bateau qui commençait à se dégonfler. Et il y avait une corde, tu vois, qui nous tirait, hein, du bateau. Les mecs, ils ont compris tout de suite. Ils ont tiré comme des fous. Moi, je tirais aussi sur la corde. Le bateau descendait. Monique, c'est pas mal. Elle sait pas nager. Moi, de toute façon, je pensais qu'il y a une chose. C'était mon sac avec les films et les photos qu'on avait faites. On est arrivé près du bateau. On avait de l'eau jusqu'à la taille. J'ai donné mon sac, d'abord. Ils m'ont arraché le sac. Après, j'ai aidé Monique. Elle est montée la tête en bas. Ils sont arrivés à la montée. Et après, je suis arrivé à J'ai grimpé sur le bateau. Ça a été notre première expérience. Mon premier grand reportage sur connaissance du monde. On a eu la couverture de connaissance du monde. Quatre ou cinq pages, je ne me rappelle plus à l'intérieur. Et des diapositives. C'est la première fois qu'ils mettaient des diapos dans la revue. Donc ça, si tu veux, c'était ma première expérience vraiment volcan. Qui a bien marché. Et après, si tu veux, on a continué à faire les volcans comme ça avec Monique. Et pour ce faire, j'avais trouvé un travail chez André Jamais. Tu as dû en entendre parler. C'est le gars qui équipe les expéditions himalayennes et toutes les expéditions aussi polaires. Donc, il m'avait proposé de tester du matériel d'une part et puis d'autre part, d'être présent au salon du cycle qui avait lieu chaque pour parler du matériel et en plus je faisais aussi ça pour les chaussures Salomon. Les chaussures Salomon, on voulait que je les teste dans des conditions extrêmes. Donc pour les tester, on est allé à l'Etna et on a cherché une coulée, toi une coulée d'âve, il y en a beaucoup là-bas, qui descendait pas trop vite, avec une petite croûte qui pouvait nous tenir quand même dessus. On est monté sur le... Là c'était pas avec Monique, c'était avec un copain, on est monté sur cette petite route et on s'est laissé descendre comme ça sur la coulée de
SPEAKER_03l'Ave.
SPEAKER_02Donc évidemment qu'au bout de même pas une minute, les chaussures sont enflammées et là on est descendu tranquillement, on a traversé la coulée tranquillement en disant, vous voyez les chaussures, ça le montre. Voilà, on a fait un petit film comme ça. Donc c'était pour dire un petit peu ce qu'on avait. Et bon, ça, ça a été jusqu'en 1979 et en 1979 j'ai sorti un bouquin, mon premier bouquin qui s'appelait Stromboli et là il y a un type qui s'appelle Georges Bordesoul qui est venu me voir à l'occasion du salon de Grenoble où on vendait le matériel jamais et qui m'a dit écoute moi je suis directeur d'une agence de voyage spécialisée dans la glace je vends des voyages au Spitsberg je fais que la glace j'ai lu ton bouquin et le feu ça m'intéresse et j'aimerais bien, j'ai une idée de marier la glace et le feu. Est-ce que tu serais d'accord pour accompagner des voyages sur les volcans
UNKNOWN?
SPEAKER_02J'avais jamais pensé à ça, mais moi, je dis, c'est une idée géniale, pourquoi pas, d'accord
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et c'est lui, en fait, qui a eu cette idée, le point de départ de mes voyages sur les volcans, c'est lui, c'est pas moi, ni Monique, c'est lui. Donc, j'ai dit, ok, j'ai monté un voyage, et puis je me suis dit que Stromboli, j'allais lui faire découvrir Stromboli, mais je voulais lui faire découvrir d'une façon un petit peu extraordinaire, je voulais un peu l'éblouir, si tu Alors, au lieu de monter par le sentier comme on monte normalement, si tu veux, j'ai eu l'idée un peu saugrenue de monter par la Chara del Foucault. Je ne sais pas si tu connais ce trombone, mais la Chara del Foucault, ça veut dire la cicatrice de feu. C'est un couloir de sang, de scorie et de lave, si tu veux, qui part du cratère en fumée au sommet à 928 mètres et c'est une seule pente qui descend jusqu'à la mer. Et à chaque explosion, les blocs retombent sur cette pente et ils roulent comme ça jusqu'à la mer donc tu vois il y a de l'ambiance quand t'arrives là-dessus on est parti on a déposé le kayak là-bas et on est monté par là donc au début c'est large y'a pas trop de problèmes mais plus tu te rapproches et plus t'arrives près du cratère évidemment c'est un petit peu plus c'est un peu plus chaud il y a des bombes qui arrivent voilà donc on a fait cette traversée du cratère il m'a dit mais attends là t'es fou on va jamais faire monter des groupes par ici des groupes de 15 personnes c'est idiot c'est impossible je lui ai dit bon ben t'as raison donc on est redescendu par là parce qu'on avait le kayak et le lendemain je l'ai fait monter par le sentier il m'a dit ouais ok là c'est bon là d'accord là on peut faire quelque chose donc on a créé un premier voyage comme ça avec l'Etna Vulcano, Stromboli puis d'autres petites îles de l'archipel éolien et tout de suite ça a bien marché tout de suite c'est à dire on faisait des voyages d'avril à septembre Et on a rempli tout de suite des voyages de 15 jours. J'avais loué un chalutier et on se baladait avec notre chalutier. Après, j'en ai acheté un et on a continué à travailler comme ça pendant longtemps. Et imagine, on a parlé tout à l'heure avec Coralie, imagine que le nombre de nuits que j'ai passées au sommet de Stromboli avec des clients correspond à 13 mois. Tu vois le nombre de nuits que j'ai passé là-haut. On passait deux jours et deux nuits avec les clients là-haut. Donc ça, ça a été un petit peu le point de départ. Ça a duré trois ans. Et à partir de ce moment-là, on s'est séparés et on a eu l'idée d'ouvrir Aventure et Volcans. Donc c'est Monique qui a eu cette idée de dire, on va ouvrir notre propre agence. Et à partir de ce moment-là, on a commencé à bosser. Chaque année, on faisait des nouveaux voyages. Et c'est moi qui accompagnais mais la tête c'était Monique, le cerveau c'était Monique et moi j'étais les jambes. Donc ça a commencé comme ça, on a sorti une brochure et chaque année on faisait des voyages de plus en plus lointains. Alors, on a fait la Réunion. Après, ça a été Hawaï. Après, ça a été le Kamchatka. On a été les premiers, par exemple, à aller au Kamchatka en 1991. Ça venait juste de s'ouvrir. Tu sais, Kamchatka, c'est cette piquette là, qui est à l'extrême ouest de la Russie, qui était même interdite aux Russes, où il y a tous les sous-marins atomiques russes qui sont dans la veste de Poupavlovsk. Et là, c'est un coin où il y a plein de volcans. Il y a des volcans de partout. Donc, imagine que pour aller là-bas, Nos premiers voyages pour accompagner les gens là-bas, comme il n'y avait pas de route, il n'y avait pas de piste, il n'y avait rien. on louait des chars, des chars de l'armée russe. Donc, les premiers groupes, on les a mis dans des chars, tu vois, t'imagines
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et les chars, ça grimpe des pentes de 45 degrés, tu vois. Et ça va tout droit, les arbres, à gauche, à droite, on s'en fout, ça va tout droit. Et donc, pendant deux ans, on a fait ça. Après, on a remplacé ça par des chenillettes et après par des hélicos, des gros hélicos de 17 places, des A1008. Mais bon, pour dire la progression, c'était ça, quoi. Nous, c'est heureux. La marche, ce n'est pas notre but. Nous, la marche, c'est pour approcher le volcan. Si on peut s'en passer, on s'en passe. Si on peut prendre un hélico, si on peut prendre un chalutier, tous les moyens de locomotion qu'on peut disposer, on s'en sert. Ça va du char d'armée russe au char à bœuf au Nicaragua, par exemple. Au Nicaragua, pour monter un volcan, ça s'appelle San Cristobal. C'est une bavarderie. vente aussi, on mettait tout sur le charabeu, puis les clients se mettaient encore par-dessus, et puis on montait tranquillement, ça ne va pas vite, mais
SPEAKER_03ça monte, voilà. Alors, on utilise...
SPEAKER_04j'ai une question qui me vient c'est à l'époque aujourd'hui je pense avec internet tu vois tout est l'accès à l'information est beaucoup plus facile donc j'imagine que avoir l'info qu'il y a un volcan qui entre en éruption dans n'importe quel point du monde aujourd'hui c'est facile mais à l'époque comment est-ce que ça se
SPEAKER_02faisait
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'était pas évident c'était pas évident alors progressivement on a pris contact avec plein d'observatoires de volcanologie qui nous donnaient des nouvelles des volcans on a pris des contacts comme ça mais ça a été assez lent ça a été assez lent au début, c'était pas évident. C'était pas évident pour savoir quel volcan. Mais au point de départ, on avait déjà sélectionné tous les volcans du monde qui sont en activité permanente. Et autour de ces volcans en activité permanente, on a construit des voyages. Donc les gens, quand ils venaient chez nous, ils nous disaient, Guy, on veut voir du rouge. D'accord, tu veux voir du rouge, donc tu veux voir un volcan en activité. Donc voilà, on te propose ça, on te propose celui-là, on te propose celui-là. Ils étaient construits déjà les voyages.
SPEAKER_04D'accord.
SPEAKER_02Et après, on a ajouté les voyages qu'on appelle le spécial éruption qui suit les éruptions qui ont lieu mais qu'on n'avait pas prévu au
SPEAKER_01départ. Mais comme là au
SPEAKER_02Nicaragua. Comme au Nicaragua, voilà, exactement. Alors au Nicaragua, ce qu'on a fait avec Coralie, c'est un
SPEAKER_04spécial éruption. Voilà. Et donc ça, comment ça s'organise, ces voyages spéciales éruptions
UNKNOWN?
SPEAKER_04Dès que vous avez l'info, vous commencez
SPEAKER_02à monter la logistique
UNKNOWN?
SPEAKER_02Dès qu'on a l'info, alors à l'époque c'était Monique qui s'occupait de ça, donc c'était ma femme, je dis qui c'était parce qu'elle est décédée il y a un an, et elle prenait les renseignements tout de suite, elle téléphonait donc aux observatoires de Volcano, on s'enseignait si c'était possible d'approcher, s'il y avait besoin d'autorisation, de toute façon on s'en foutait, les autorisations on ne s'en occupait pas, on on essayait de voir si on pouvait approcher suffisamment près pour que ce soit intéressant pour nous. Parce que tu sais, les clients qui venaient avec moi, ils venaient parce qu'ils savaient qu'on allait, nous, vraiment dessus. On allait à côté. Quand il y avait des coulées de lave, on avançait au milieu des coulées de lave. Quand il y avait des explosions, on s'approchait à la limite de retomber des explosions. On jouait avec le moteur, on avançait, on reculait. Tu vois, ça, c'était notre truc, ça. Donc, c'est aussi pour ça quand même qu'on a fait notre clientèle comme ça, là-bas.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_02Donc voilà, le point de départ, le point de départ Aventure et Volcans, ça a été ça. Mais bon, si tu veux, ça n'a pas été facile quand même. Les trois premières années, je me souviens que le comptable, quand il venait au bureau, il disait, mais vous voulez continuer
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que bon, vous voyez, c'est quand même pas terrible le résultat. Mais on était têtus, on s'est dit, ouais, ouais, on continue, on essaye encore, on essaye encore. Et puis on a bien fait, parce que la troisième année, on a eu une invitation pour un stand gratuit au salon mondial du tourisme à Paris, Porte de Versailles. On s'est dit, on va aller à ce salon, c'est chouette. On est allé à ce salon et là, effectivement, ça a bien marché. On a eu pas mal de clients qui nous découvraient. Ils disaient, mais je ne pensais pas qu'on pouvait aller sur un volper en activité. Nous, on pensait que c'était réservé aux scientifiques et tout. Alors, on leur a montré des photos, des petits bouts de films. Et à la fin de ce salon, les journalistes du monde entier décernaient des prix. Il y avait le prix du voyage le plus lucueux, le prix du voyage le plus fou. Et nous, on a eu le prix du voyage le plus insolite. Et le voyage le plus insolite, c'était le réveillon du jour de l'an au milieu des coulées de lave à Hawaï. Tu vois, j'avais trouvé un coin à Hawaii, une pièce de terre pleine, si tu veux, qui était au-dessus des coulées. Les coulées descendaient à gauche, à droite, de partout, se jetaient dans la mer. Et nous, on avait notre petit coin. Là, on sortait la bouteille de champagne, le foie gras. T'imagines, c'était... Et on faisait ce qu'on appelle le steak au fil de fer. Et ça, si tu veux, tu peux interroger tous mes clients. Le souvenir qu'ils ont, c'est même pas les coulées, c'est même pas... Ils se rappellent tous du steak au fil de fer. C'est-à-dire que j'arrive avec un fil de fer de 3 mètres, on attachait, on a emmené des gros steaks on attachait le steak avec le fil de fer on jetait le fil de fer dans la lave on le retournait alors tu le veux bleu tu le veux bien cuit et on mangeait le steak le steak au fil de fer les gens ils venaient à Hawaï pour ça excellent
SPEAKER_04tu as eu droit toi au steak fil de
SPEAKER_01fer alors malheureusement pour Hawaï c'était pas les autorisations qui ont été normalement tu peux pas accéder au lac de
SPEAKER_02lave à Hawaï plus actuellement
SPEAKER_01il est très surveillé et du coup il a amené beaucoup de groupes mais malheureusement il y a eu c'est il y a 3 ans que un groupe a été pris du coup sur le site si
SPEAKER_02tu veux pendant 20 ans on a baisé les rangers là-bas parce que la nuit ils dorment les rangers donc c'est le seul moment où on pouvait aller voir près du lac de l'Ave donc j'avais trouvé des coins et j'emmenais les gens près des coulées de l'Ave et près du lac de l'Ave aussi surtout près du lac de l'Ave et ça ça durait pendant 20 ans ils ont essayé de nous coincer et puis
SPEAKER_01un jour, ils y iront. Mais j'irai. Le premier jour, j'irai. J'ai pas envie d'y aller. J'ai envie d'aller goûter le steak. Et c'est des superbes images parce que t'as la lave qui tombe dans l'océan. Ah ouais, c'est trop chouette. C'est juste un... Moi, c'est un de mes prochains voyages. J'aimerais
SPEAKER_02bien. Mais le problème, c'est que je suis interdit de séjour maintenant. Donc, bon, pour moi, ça va être un peu difficile. Mais bon, on verra. À cause de ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02À cause de cet événement
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ah oui
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ils auront peut-être oublié d'ici 3-4 ans. alors tu sais ce que je dois dire c'est que comme on a eu ce prix on a eu la chance que deux télévisions le soir même au JT de 20h nous montrent le prix ils avaient choisi le voyage le plus insolite c'est à dire les coulées de lave au milieu de la mer donc ça c'était une publicité fantastique et il y a plein de journalistes qui sont venus nous voir donc on a commencé à faire des reportages sur des journaux après ça a été les télévisions et la chance ça a été Arte Arte a voulu faire un voyage pour faire un 52 minutes avec nous en Indonésie et on a eu le pot que ça pétait de partout le Krakatau est en activité le Semero en activité, le Merapi en activité il y avait 6 volcans, ça pétait de partout là on a fait un film du tonnerre ça, ça a bien plu ils ont attendu 2 ans et après ils m'ont proposé de faire une série qui s'est appelée sur les volcans du monde C'était des 26 minutes. On a fait 10-26 minutes qui passaient après les informations.
SPEAKER_01Et ça, c'était dans les années
SPEAKER_032000,
SPEAKER_01non
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, c'est ça. Moi, c'est ça que je trouve ça dingue. Et toi, tu en as vu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, moi, j'avais vu les... Du coup, à l'époque, je regardais plutôt la télé. Alors, on voyait Guy à la télé. Ma grand-mère était toujours très contente de me montrer Guy à la télé. Mais je suis encore plus contente de passer maintenant avec Guy. C'est plus intéressant. Il y a plus de... d'action. Mais moi, je trouve ça fou qu'à l'époque, c'était déjà... C'était pas commun de faire déjà des voyages, de faire des voyages aussi alcooliques. C'était pas accessible à tous non plus. Et je trouve qu'aujourd'hui, c'est encore plus fou parce que ça reste quand même des voyages différents. Tout le monde ne fera pas ça. Déjà, il faut vouloir aller faire ses volcans. Et souvent, on sait pas vraiment ce qu'on peut faire avec ce genre de voyage. Si on l'a pas vécu, on sait pas qu'on peut aller aussi près, tout ce qu'on peut ressentir comme sensation et c'est encore quand même pas très commun quand j'en parle autour de moi il n'a pas beaucoup de mon âge ni d'ailleurs pas de mon âge qui partent sur des volcans pendant leurs vacances donc c'était déjà une communication hyper importante à l'époque
SPEAKER_02elle est fascinée, elle est passionnée tu ne peux pas imaginer elle a un enthousiasme
SPEAKER_01incroyable tu entends quand il parle il raconte toutes ses anecdotes et toutes ses aventures à ses clients Je veux dire, c'est impressionnant. Et puis, je veux dire, à l'âge de Guy, tu veux dire ton
SPEAKER_02âge
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je
SPEAKER_01vais avoir 82 ans. Voilà, à 82 ans, on descend dans des cratères. C'est clair. Dès que ça pétait, on ne savait pas où était Guy, mais c'est normal, il était à La Palma pour aller vérifier par lui-même les coulées. Donc, je veux dire, je trouve que c'est tellement génial. Il y a une énergie, et d'ailleurs pas que Guy, par toutes les personnes qui partent dans ce genre de voyage. Les énergies de ces personnes sont des gens qu'on rencontre. C'est quand même fabuleux.
SPEAKER_02Donc, il faut le partager aussi. Ça fait 4 ans que je n'accompagne plus. J'ai arrêté parce que si tu dis que l'accompagnateur, il a 78
SPEAKER_04ans, ça ne fait pas sérieux. C'est un invité de luxe. Ce qui m'intrigue, je crois que Coralie, tu l'as dit, c'est vrai que ça reste un univers. Moi, spontanément, quand tu m'as contacté, je me suis dit, je suis allé regarder des petits vidéo puisque bon Guy je vais être honnête j'avais jamais vu de reportage avant j'avais pas vu la série sur Arte pourtant je vais souvent y faire des tours pour les leurs docu voyages que je trouve souvent génial géniaux mais donc j'avais pas vraiment découvert tu vois ce que tu faisais à quel point est-ce que tu t'approchais au plus près des volcans et la première la première pensée que j'ai eu c'est punaise mais là en termes de sécurité c'est vraiment faisable un truc comme ça et du coup c'est un peu la question que j'ai envie de vous poser c'est que c'est un peu j'ai l'impression comme d'aller nager moi j'ai grandi en Nouvelle-Calédonie et donc il y a des requins un peu partout autour de la Nouvelle-Calédonie et donc la première pensée des gens c'est ah ouais mais quand t'allais nager c'était hyper dangereux non en fait il y a une espèce de croyance populaire que le requin est hyper dangereux mais la réalité c'est complètement différent c'est très différent de ce qu'on veut peut-être nous faire voir dans certains médias etc enfin bon bref je m'égare mais par rapport au volcan du coup quelle est la réalité en termes de dangerosité ou de proximité jusqu'à laquelle on peut aller sans franchir de limites.
SPEAKER_02Écoute, on a eu des accidents, c'est sûr, comme tout le monde. C'est normal, comme les guides, c'est quelque chose qui reste quand même dangereux. Mais il y a un journaliste qui avait dit« Guy, c'est une tête brûlée, c'est une tête froide sur un corps brûlé». Voilà ce qu'il a dit. Une tête froide sur un corps brûlé. Et effectivement, oui, j'ai été brûlé. J'ai eu un accident à Hawaï où je me suis laissé enfermer par des coulées que j'ai dû traverser. Donc, je me suis brûlé cruellement les deux pieds. Et après, j'en ai eu un autre en Nouvelle-Zélande où je me suis brûlé vraiment une jambe et un pied. Et là, il a fallu me greffer un pied. Donc, toi, j'ai eu quand même des accidents un peu sérieux. Mais bon, je veux dire, à part ça, si on a eu... On a eu quelques accidents, des gens qui se sont brûlés les mains, qui se sont brûlés... Oui, ça arrive. Et le pire, c'est que j'ai perdu une femme. Une fois, j'ai perdu une jeune femme qui est venue avec nous sur un volcan tout à fait extraordinaire qui s'appelle Dalol, en Éthiopie. Et cette femme a disparu. C'est un... un mystère que j'ai jamais élucidé j'ai mis 6 ans pour la retrouver pendant 6 ans on l'a cherché on l'a trouvé au bout de 6 ans mais il faudrait beaucoup de temps pour te raconter l'histoire c'est trop long
SPEAKER_00tu la
SPEAKER_02racontes dans ton livre il y a plein de mystères cette femme on a retrouvé par exemple ses chaussures à côté du camp de base et elle, elle était à 2,5 km son corps je l'ai retrouvé à 2,5 km et on peut pas marcher pieds nus là-bas il y a des aiguilles de sel de partout c'est absolument impossible. Si tu veux, là-bas, c'est devenu une espèce de légende, cette histoire de cette femme qui a disparu. Et il y a plein de mystères étonnants comme ça. C'est petit. L'instant volcan, il fait 2,5 km de long par 800 m de large. Je ne sais
SPEAKER_01pas si tu as déjà vu, c'est des couleurs fluorescentes. Avec de
SPEAKER_02l'acide vert.
SPEAKER_01C'est l'acide. Ce n'est pas du tout le volcan d'Auvergne avec un cône. Avec un volcan qu'on s'imagine en Éthiopie, ils sont... différents ces volcans et toi tu peux pas respirer sans masque à gaz d'ailleurs en fait je pense que quand tu parlais de la sécurité il y a aussi ça avant de partir on a quand même un équipement qui est obligatoire quand on part là par exemple pour la dernière fois on a dû reprendre des casques des masques à gaz une longe de vie etc donc c'est vrai qu'au fur et à mesure tu apprends c'est vrai que la première fois je me disais mais pourquoi j'ai besoin de tout ça et puis quand t'es sur le volcan et que tu as le soufre, tu comprends pourquoi tu as besoin de respirer dans ton masque à gaz. Je vais donner un exemple tout simple. Au Kawaïdjian, en Indonésie, tu vois beaucoup de touristes qui ont juste un petit foulard devant le nez. Toi, tu arrives avec ton masque à gaz, tu es très content d'avoir ton masque à gaz et tu te demandes comment eux font pour respirer. C'est la même chose. Il y a certains volcans qui sont accessibles au public et eux sont d'ailleurs peut-être moins équipés que le Kawaïdjian. Mais il y a eu des accidents avec le Kawaïdjian. Tu
SPEAKER_02ne peux plus respirer, donc... Tu fais n'importe quoi, tu cours, tu cours pour essayer de t'échapper. Et là, tu tombes et tu t'habilles.
SPEAKER_01Parce qu'il y a quand même des poupons qui sont ouverts, vraiment accessibles. Et là, tu n'es pas forcément bien équipé. Alors souvent, on raconte l'histoire au volcan, à l'ère Thalé, où la lave était tellement chaude qu'en fait, on a eu nos semelles qui ont commencé à brûler. Et du coup, on a essayé d'écraser avec le bâton de marche. Évidemment, le bâton de marche était en plastique autour de nous. Donc, il a aussi cramé. Et là, on s'est dit, bon, c'est compliqué. Et en fait, on avait posé le sac à dos en attendant par terre et les lanières cramaient. Et là, tu te dis, bon, alors, ce n'était pas écrit sur la brochure que mes affaires avaient cramé. Mais du coup, tu t'adaptes. Et en fait, il faut toujours marcher, en fait, toujours pour ne pas que tes pieds stagnent.
SPEAKER_02Mais là, il faut te dire quand même qu'on était à côté d'un lac de lave. Et on était dans un coin où personne ne va. Il y avait une petite crête large de 3 mètres qui séparait ce lac de lave du de la pente du volcan. Donc, ces trois mètres, c'est ce qui nous séparait vraiment de l'incandescence. Il y avait des vagues qui venaient taper à côté, et on était là. Bon, on n'y reste pas trop longtemps non plus, mais c'est tellement incroyable, c'est tellement beau, c'est tellement fabuleux, si tu veux, que tu voudrais passer la nuit, on n'y passe pas la nuit, il m'en reste une heure, on part, on va s'abriter, on revient, on repart. Tu vois, c'est un besoin,
SPEAKER_01c'est incroyable. Mais oui, il y a C'est pour ça que sécurité, quand t'es en groupe, allez-y, c'est ce qu'il racontait là pour ses pieds, t'étais tout seul. C'est vrai que quand t'es en groupe, il y a toujours... Déjà, beaucoup plus, on écoute les personnes. C'est pas grave d'avoir peur, mais c'est vrai qu'on part avec les chaussures de marche, le masque à gaz. Je pense que t'as un minimum requis pour partir. Mais finalement, c'est comme quand tu pars faire de la randonnée. En haute montagne, peut-être.
SPEAKER_04J'ai l'impression que c'est un peu comme l'univers de la haute montagne où finalement dans l'univers des guides que tu connais bien des guides qui ont fait carrière dans le milieu à qui restent tous les doigts de pied et tous les doigts de la main il y en a sans doute pas mal mais il y en a aussi beaucoup tu vois qui ont eu des séquelles en tout cas moi je pense qu'en tant que personne extérieure vraiment à l'univers des volcans ce qui impressionne beaucoup c'est plus la notion de chaleur j'avais pas pensé au gaz par exemple tu parlais des gaz mais moi je crois que c'est plus vraiment cette idée de la lave les bombes dont tu parlais Guy mais vraiment la notion de de la chaleur extrême plus que les gaz nocifs et là je suis sur des images de Dalol si il y en a qui veulent aller voir d'ailleurs D-A-L-O-L en Ethiopie on dirait un paysage de science-fiction c'est
SPEAKER_02un accident mais tu sais pour répondre à ce que tu disais l'approche d'un volcan en activité ça demande toujours beaucoup d'humilité On ne s'approche pas d'un volcan comme ça. Il faut savoir que c'est lui qui est devant, c'est lui qui est plus fort. Et nous, il faut s'adapter. Et tu me parlais des gaz. Je vais te citer juste une petite expérience que j'ai eue lorsque j'ai perdu Catherine. Je l'ai cherchée, je t'ai dit, pendant six ans. Chaque année, on explorait une partie de Dallol. Et la quatrième année, ou la cinquième année, c'était la quatrième année, je crois, je voulais explorer seule une partie, pendant que le groupe est avec mon accompagnateur moi je voulais aller d'un autre côté tout seul pour explorer la zone où je pensais que je pourrais peut-être la retrouver et mon accompagnateur m'a dit non tu peux pas partir seul pas avec un militaire parce que le gouvernement nous obligeait de partir avec trois militaires et trois policiers donc je suis parti avec un militaire seul avec un militaire et j'avais tracé sur ma carte un point gps où je pensais qu'elle pouvait être ici Et j'ai été vers ce point GPS et quand je suis arrivé là, je me suis dit, il n'y a rien, elle n'est pas là. mais je vais probablement avoir un procès après pour justifier quand même que j'ai perdu quelqu'un. Je suis le responsable, c'était moi qui dirigeais le groupe. Donc, je vais faire une photo pour montrer au juge, pour lui montrer qu'est-ce que c'est Dalol. Parce que Dalol, si tu ne l'as pas vu, si tu n'as pas une photo, tu ne comprends
SPEAKER_03pas.
SPEAKER_02Et à ce moment-là, j'ai sorti mon appareil photo et je me suis baissé pour prendre cette photo. Pourquoi je me suis baissé
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que en se baissant, si tu veux, j'avais un premier plan d'une espèce de petit geyser noir avec un fond jaune et après on voyait tout d'alol derrière et en me baissant à peine mon genou avait touché terre j'ai vu le soleil qui basculait et je me suis la tête à l'envers et je suis tombé Je suis tombé et là, je ne sais pas comment te dire. Mon appareil photo a cogné. J'étais allongé par terre. Le militaire n'était jamais à côté de moi. Il était toujours à 15 mètres à peu près. Et là, pendant que j'étais allongé, je me disais, bon, maintenant, il faut que tu te relèves. Il faut que tu te relèves. Mais j'étais bien par terre. J'étais tellement bien. Et je me suis dit, dans le fond, tu es fatigué. J'avais envie de me reposer. Et plus je restais, plus j'avais envie de me reposer. Et je me suis rendu compte que c'était dangereux. Si je me reposais, j'allais mourir. Il faut que tu te relèves, il faut que tu te relèves. Et je n'y arrivais pas. Je n'avais plus la force. Et plus j'attendais, moins je pouvais y arriver. Et je ne sais pas, dans des moments, quand tu penses que tu vas mourir, tu trouves des forces que je ne sais pas où tu vas les chercher. Je suis arrivé à me relever à moitié, comme ça, à moitié sur les genoux. Et j'ai vu le militaire. Et j'ai regardé le militaire, je n'avais plus la force de parler, mais je le suppliais des yeux, je ne pouvais plus parler de toi, mais je le suppliais des yeux, viens m'aider, putain mais viens m'aider, pourquoi tu ne m'aides pas
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et je me rappelle comme si c'était hier, le militaire il a détourné la tête, il a détourné la tête et il n'a rien dit. Et là tu dis je vais mourir, je vais mourir. Et tu retombes. Et après, ça revient dans ta tête. Il dit, non, il faut que je me traîne encore. Et ça, l'histoire, ça a duré, je ne sais plus, j'en ai parlé dans mon bouquin, mais c'est atroce. Ça dure, c'est long. Et je suis arrivé à me traîner de 5-6 mètres. Et là, j'ai pu respirer. Et progressivement, ça y est, j'ai repris un petit peu d'air. Et à ce moment-là, chaque fois que je tombais, si tu veux, je m'entaillais le visage, j'avais la tête qui était en sang, pratiquement. Et là, j'ai entendu que Quand le militaire a vu que je m'étais sorti tout seul de ce lieu, j'ai entendu le claquement de la Kalachnikov, le cran d'arrêt qui sautait. Et à ce moment-là, normalement dans le désert, quand tu as quelqu'un qui est blessé, tu tires un coup en l'air comme ça et tu appelles tout le monde. Mais quand il a vu ma tête qui était blessée, il a eu peur, si tu veux, qu'on lui dise« mais c'est toi qui l'as blessée». Donc il n'a pas tiré, il a attendu. Il a dit« de toute façon, il va mourir». J'attends. Il m'a expliqué tout ça après. C'est pour ça que je dis ça. Il m'a expliqué après. Et comme je... Progressivement, j'ai repris un petit peu de vitalité, si on peut dire. Il s'est approché vers moi. Tout doucement. Il m'a touché. Il m'a touché, tu sais, comme... Comme quelqu'un de... Comme un fantôme, un peu. Et il m'a dit, toi, t'es plus fort que les djinns. Pour lui, c'était ça, quoi. J'étais plus fort que les djinns. Donc, j'étais... J'ai eu, si tu veux, pendant un bon moment, parmi les Zafar, dans le désert d'Anakil, Guy, il est plus fort que le djinn. J'avais une petite toile. Tu vois ce que je veux dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et ça, c'est hyper important. Le djinn, c'est des génies, en fait, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est des génies, oui, c'est des génies. Et si tu veux, ce militaire, il était là en service commandé. C'est le gouvernement qui lui demandait d'être avec moi. Mais lui, il ne voulait pas faire ça. Parce que pour lui, j'étais dans une zone où je n'aurais jamais dû aller. C'est C'est la zone des diables, des démons, des djinns. Et normalement, on ne va pas aller voir. Donc c'est normal que je mors ici. Toi, dans sa tête, c'était ça. Quand un mec meurt à côté de lui, ce n'était pas un problème. Lui, toute sa famille a été tuée pendant la guerre érythrée. Moi, il ne me connaissait pas, il s'en foutait. C'était tout à fait normal.
SPEAKER_01C'est ça, je vais rajouter les petits voyages en suite parce que ça, c'est en Éthiopie. Tu n'as pas beaucoup de voyages. C'est vrai qu'avant d'arriver dans les déserts, tu t'arrêtes dans la tribu des Afars. En fait, les Afars, tu les respectes et eux respectent le volcan. C'est C'est un dieu, tu ne peux pas t'approcher comme tu veux. Moi, je me souviens qu'il ne fallait jamais marcher devant les affaires. C'était les affaires qui disaient quand est-ce qu'il fallait y aller. Et c'est vrai que moi, ça a vraiment été mon premier voyage, mais ça faisait un voyage très différent. Culturellement, c'était aussi... Voilà, très spécial. Et j'avais lu toutes ces histoires de... Voilà, pour eux, c'est quand même... C'est encore plus beau quand tu vas voir un volcan qui a une signification pour quelqu'un derrière. Et je pense qu'il n'y a pas qu'en Éthiopie, tu... Je t'ai présenté le chef
SPEAKER_02rebelle. Le chef
SPEAKER_01rebelle à part. Qui
SPEAKER_02avait son petit, son petit garçon, son dernier petit garçon. Pour me faire plaisir, il l'appelait Guy. T'imagines
UNKNOWN?
SPEAKER_02Au milieu de tous les Mohameds, il y a un petit Guy. C'est le chef des rebelles à part. Non. en milieu du désert d'Anakie. C'est un petit gris, c'est un vrai verrou du plan.
SPEAKER_01d'ailleurs ils vont toujours avec vous quand on va d'Alol tu iras toujours accompagné d'un affare tu n'y vas pas tout seul et ça aussi c'est ce que moi j'aime bien dans ces voyages d'ailleurs moi quand je suis rentrée j'ai fait mon mémoire sur l'Ethiopie j'ai voulu transformer un peu tout ce que j'avais vu, il y a des terres rares c'est des pays qu'on ne connait pas trop et je trouve que c'est encore plus fou quand il y a des légendes et plein d'histoires sur les volcans et je pense qu'il y a aussi ça au Vanuatu où justement le volcan c'est pareil, c'est considéré comme encore un dieu, il y a plein d'images et je trouve que ça c'est insolite de pouvoir faire des voyages et d'avoir récupéré cette confiance, en tout cas créer la confiance depuis tant d'années avec ces personnes sur
SPEAKER_02place. Et ceux-là c'est des indicateurs aussi, eux ils peuvent me dire comment est le volcan, est-ce qu'il y a de l'activité, pour moi c'est important, je suis toujours en contact avec eux, ça c'est très important pour moi. nous excellent l'approche d'un volcan d'activité il faut que tu imagines un petit peu ce que c'est le mieux ça serait que tu viennes avec nous bien sûr mais tu sais quand t'approches elle peut te le dire la petite mais quand t'approches un volcan d'activité déjà on essaye de faire ça la nuit parce que la nuit tu vois plein de choses que tu ne vois pas le jour tu vois le jour lorsqu'il y a des coulées de lave tu les vois pas lorsqu'il y a un lac de lave tu les vois pas Donc la nuit, ça te donne plein d'indications. Et plus tu montes, plus tu vois. Mais plus tu montes, plus tu entends. Tant que tu commences à entendre les grondements, si c'est des bouches explosives, c'est de plus en plus fort les explosions. T'as la lumière qui grandit, t'as les fumées qui commencent, t'as les gaz. Et plus tu approches, plus tout ça t'arrive à la figure. Il te reste encore trois mètres à faire avant de te dresser sur la crête. Et tu respires, et là tu commences à avoir chaud. Et dès que tu te dresses, et c'est la chaleur dans ce coup, la chaleur. épouvantable, et devant toi, ou bien t'as un lac de lave, ou alors t'as des bouches, t'as des bouches explosives, et t'attends que ça pète. T'es là, t'es devant, tu dis ça va péter dans un moment. Alors t'as tous les muscles qui sont un petit peu tendus parce que t'as quand même un peu la trouille, et puis tu sais que ça va péter. Et quand ça pète, imagine t'as un bruit, une détonation fantastique, en même temps tu sens dans tes jambes, dans tes tripes, la terre qui vibre, tu sens la terre qui vibre, t'as un séisme, tu perçois dans ton ventre, et en même temps, tu as cette gerbe qui monte à 200, 300, voire 1000 mètres de hauteur, qui se dresse, qui se dresse, et ensuite, qui s'incurve, qui retombe, et tu as toutes ces flèches ardentes qui plongent vers le sol, et là, tu as le martèlement des blocs qui tombent, et toi, tu ne bouges pas, tu es là, et tu regardes dans l'air, tu dis, mon Dieu, mon Dieu, toi, tu regardes ce qui tombe, il ne faut pas que ça s'approche, il ne faut pas, quelquefois, tu en as qui passe derrière, il faut surveiller, mais ça, c'est des moments fabuleux, ça ne dure pas longtemps, ça dure, quoi, quelques dizaines de secondes, pas plus, mais quand c'est fini, qu'est-ce que t'es bien, t'es content, t'es vivant, t'es là, t'as vu un spectacle fabuleux, t'as filmé. Souvent, on se réfugie dans le viseur de l'appareil photo ou de la caméra. Tu vois, c'est différent. Quand tu vois à travers le viseur, c'est moins
SPEAKER_04gros, c'est moins fort. Oh là là. En tout cas, ça fait rêver quand vous en parlez tous les deux. On sent que c'est des moments très forts en émotion. Et c'est pareil là. J'imagine que c'est compliqué de se faire une image de pouvoir se représenter les sensations tant qu'on ne l'a pas vécu les vibrations par exemple les vibrations Guy dans une de tes vidéos ou je ne sais plus si c'était une émission de radio que tu avais faite je me rappelle que c'est quelque chose qui m'avait marqué parce que pareil je n'y avais jamais pensé avant mais tu en parlais déjà et on sentait que c'était quelque chose de très fort dans l'expérience du moment au pied des bâtons mais J'ai du mal à... Comment est-ce que tu pourrais le représenter, du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_04C'est vraiment, c'est une vibration, c'est la terre qui tremble autour de toi, un peu comme un séisme, ou c'est l'ombre de l'explosion
UNKNOWN?
SPEAKER_02Avec le bruit, la détonation, la déflagration, t'as la lumière, t'as cette gerbe qui jaillit à plusieurs centaines de mètres, t'as cette lumière, et en même temps, t'as le séisme. Parce que la terre, elle branle, vraiment, elle bouge. Si tu veux, tous ces blocs qui sortent, ça fait bouger, vraiment, c'est un séisme. C'est un séisme qu'on perçoit dans ses jambes, qu'on perçoit dans ses tripes, vraiment. Oui, oui, vraiment, tu le sens à l'intérieur. Tu vis avec le volcan, tu fais partie du volcan à ce moment-là. Et ça, c'est dur. Mais tu sais, en fait, je te parle du spectacle, tu vas dire, c'est un beau spectacle, il est émerveillé par le spectacle. Oui, mais ce n'est pas pour ça, en fait, que j'y vais. Mon vrai bonheur, ce n'est pas là. Mon vrai bonheur, c'est dans les minutes qui suivent. Quand je vois, par exemple, Coralie, quand elle a des étoiles plein les yeux parce qu'elle a vu quelque chose d'extraordinaire, ou que j'ai un pote qui il vient me taper sur l'épaule en me disant« putain Guy, mais c'est trop beau, c'est trop chouette ce qu'on a fait». Là, c'est ça mon bonheur, c'est le partage. Le meilleur moment pour moi, c'est ça. Et quand ça se passe comme ça, je dis« ça y est, j'ai réussi le voyage, c'est bon». Là, c'est ça mon bonheur. Parce que souvent, tu sais, les gens me disent, ça fait 20 fois, ça fait 30 fois. Le Semeru, je l'ai grimpé 57 fois. C'est un volcan, un des plus difficiles d'Indonésie. Les journalistes me disent souvent, mais ça fait 57 fois que tu grimpes ce même volcan, t'en as pas marre. Mais non, j'en ai pas marre, parce que c'est jamais pareil. Le volcan, tu sais jamais comment tu vas le trouver. Souvent, je dis, c'est comme les femmes, tu sais jamais comment tu vas les trouver. Le volcan, c'est pareil. Quand t'arrives au sommet, tu sais pas, est-ce que les bouches explosent, est-ce qu'il y a des coulées de lave à l'intérieur est-ce que le cratère s'est fondré est-ce que le cratère s'est apaisé il y a plein de choses qui se passent, il n'est jamais pareil
SPEAKER_01et tes groupes ils ne sont jamais
SPEAKER_02pareils et les groupes en plus, tu as raison de dire ça
SPEAKER_01moi je ne l'ai fait qu'une fois et je me suis dit mais comment Guy a pu le faire 57 fois c'était super dur mais c'était génial parce que tu mérites ton volcan ça c'est sûr c'est une grande ascension mais je me disais dans ma tête mais Guy l'a fait 57 fois je ne peux pas ne pas y arriver et en fait je pense que C'est ça aussi, le groupe fait beaucoup de choses, parce qu'on n'est pas nombreux, on est une douzaine, 10-12, et en fait, ça crée quand même des liens, parce que tu pars quand même dans des endroits, tu peux pas te cacher, t'es toi-même, déjà, c'est pas des moments très faciles, généralement, mais le spectacle en vaut vraiment la chandelle, quand tu vois le spectacle, c'est juste fabuleux, et là, je prends l'exemple du cratère là au Massaya, tu peux rester des heures à regarder ce ce lac de lave, ça bouillonne, c'est un chaudron, c'est l'intérieur de ton volcan, c'est un lac de lave. Et moi, quand je suis rentrée, on m'a dit, mais tu t'es pas ennuyée tant de temps dans ce cratère
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je dis, mais la nuit, elle a duré une seconde, je me souviens même pas, je me souviens pas, mais d'une fois, je me suis ennuyée dans ce cratère. Non, t'as les yeux qui sont ouverts tout le temps, t'as pas envie de dormir, et tu vois, tu prends tout ce que tu peux, toutes les énergies, tous les gaz aussi, d'ailleurs, mais tout ce que tu peux, tu le récupères, et moi, je trouve que c'est ça qui est fabuleux c'est tout ce que tu t'arrives à prendre l'énergie du volcan que tu prends pour
SPEAKER_04repartir je vous garantis
SPEAKER_02qu'en tout cas ça fait envie tu sais des fois à l'intérieur on vit des moments aussi qui sont quand même durs il y a des fois où tu te dis qu'est-ce que je fous là vraiment Tu as des anecdotes, du coup, peut-être, Guy, par rapport à ça, qui t'ont marqué
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je peux t'en citer une, par exemple. Je pourrais t'en citer plusieurs, mais une, particulièrement, c'est à Hawaii. Il y a un cratère qui s'appelle le Pu'u'o, Ce n'est pas le lac de l'Ave, c'est le Pouro, c'est un cratère avec à l'intérieur un lac de l'Ave. Et ce lac, j'amène les gens, bien que ce soit interdit, j'arrivais toujours à amener mes groupes la nuit là-bas. Et un jour, j'amène un groupe là-bas, non pas la nuit, mais le jour. C'était au début, il n'y avait pas trop de rangers, on n'était encore pas trop embêtés à ce moment-là. Et je m'aperçois que ce lac de l'Ave, il s'est effondré. Il s'est effondré à moins 80 mètres à peu près. Et que ça fait une espèce de chaudron. Et ce chaudron, si tu veux, D'un côté, il est un petit peu en gradin et j'ai l'impression qu'on pourrait descendre à l'intérieur parce qu'à droite, au fond du cratère, il y a encore un lac de lave. Plus petit, mais il y a encore un lac de lave. Je me dis, si on pouvait descendre au fond, on pourrait s'approcher de ce lac de lave. Ça serait monstrueux, ça serait extraordinaire. Alors, je réfléchis un bon moment, puis je me dis, bon, je vais jeter un petit coup d'œil, juste pour voir, comme ça. Je dis rien et... je commence à faire un mètre, deux mètres, je descends, une fissure, je traverse une fissure, une autre, je descends un gradin, je prends une petite vie, je redescends un gradin, un peu plus loin, les clients me disent, mais tu vas où
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je dis, bah écoute, j'essaye de voir si on peut descendre, si c'est possible. Et en fait, au bout d'une demi-heure, je suis en bas. Tu vois, je marque ma route, mon passage, je mets des petits bouts de papier rouge, et je descends, et je me dis, les gars, c'est bon, je remonte, je viens chercher tout le monde, je dis, allez, on descend tous. Il y en a un qui me dit, non, moi j'ai la trouille, je veux pas descendre. Je lui dis, bon, bah écoute, tu ne descends pas, ce n'est pas un problème, tu restes ici, je te donne la radio et on fait la radio tous les deux. Et je descends avec mon groupe, on n'était pas très nombreux, c'était 6, que des gens qui avaient l'habitude de volcans. Donc on descend en bas, après on suit un cheminement assez difficile, on traverse des failles avec la lave au fond, on marche sur ce lac de lave solidifié et on arrive à droite là où il est en activité. Donc c'est un petit lac qui fait 40-50 mètres de diamètre, pas plus, mais ça bouillonne bien, c'est bien, on se met au on commence à faire des photos, tranquillement, et j'avais un pote de Grenoble qui avait amené sa bouteille de Genepi, on sort le Genepi, on était heureux, vraiment, comme des gamins. Et à ce moment-là, j'ai la radio qui grésille, et c'est mon ami qui est en haut qui m'appelle, il me dit, Guy, il faut remonter, remonter tout de suite, parce que le vent vient de changer, et toutes les fumées du Puro qui partaient à droite, elles arrivent à gauche, elles arrivent à l'intérieur du cratère, elles reviennent, et elles vont descendre dans le cratère. Rentrer tout de suite, parce que c'est énorme, il y a beaucoup de gaz, beaucoup de fumée. Je n'ai pas mesuré tout de suite, si tu veux, ce qu'il m'a dit, la gravité de ce qu'il m'a dit, mais j'ai dit à tout le monde, on range le matériel et on rentre. Et en l'espace de 10 minutes, on a vu arriver des gros panaches, si tu veux, qui sont entrés dans le cratère. On les voyait en haut, ça a commencé à nous boucher le ciel, et puis ça s'est mis à bourgeonner de plus en plus épais, bourgeonner, descendre, descendre, de plus en plus gris, de plus en plus sombre, et c'est arrivé sur nous en l'espace de 15 minutes, un quart d'heure maximum. On a sorti les masques à gaz, c'était irrespirable. Sans masque à gaz, on était morts. On a mis nos masques à gaz et à partir de ce moment-là, je me suis dit, mais les masques à gaz, si tu veux les cartouches en atmosphère saturée, il faut 3 heures, 4 heures maximum. Après, c'est plus bon. Et là, on n'avait pas tous des cartouches neuves. Moi, la mienne, elle n'était pas neuve non plus. Donc, combien d'heures il restait, je n'en sais rien. Personne ne savait rien. Donc, j'ai évité d'en parler. Bien sûr, je n'ai rien dit. Et j'ai commencé à chercher mes repères pour rentrer. Mais tu ne voyais pas à un mètre. Tu entends
UNKNOWN?
SPEAKER_02À un mètre, tu ne voyais pas. Tu étais dans la purée complètement. Alors, j'ai commencé à en trouver un. J'en ai trouvé un deuxième. J'en ai trouvé un troisième. C'est un gros gilet rouge que j'avais laissé. Et puis, à partir de ce moment-là, je n'ai plus rien trouvé. Et là, vraiment, je ne savais plus quoi. Alors, j'ai commencé à aller à go. à droite, et j'ai commencé par faire une chute. Je suis tombé, je me suis esquinté un petit peu, mais je ne me suis pas trop mal sorti. Cinq minutes après, c'est un ami qui est accompagnateur pour moi, qui fermait la marche, qui est tombé. Lui, il s'est bien ouvert le crâne, l'arc-en-ciel aussi. Mais là, pas question de soigner, on continue. J'avais les mains tendues en avant, et je n'arrivais pas vraiment à situer où j'avançais, parce que normalement, je devais monter pente et là je descendais donc je me suis dit c'est pas possible donc j'ai oublié carrément à 90 degrés et là là ça a été terrible je suis tombé vraiment j'ai fait une grosse chute j'ai fait une suite de deux mètres je me suis ouvert le genou et mon masque et c'est tombé et c'est quelqu'un donc du groupe qui me l'a récupéré qui m'a aidé à sortir du tout et là j'étais à moitié asphyxié j'étais pas bien j'ai passé un moment difficile je suis resté pour reprendre mon souffle et après bon on a essayé de repartir et là j'ai vu que je m'en sortirai pas comme ça Donc j'ai appelé mon copain par radio, je lui ai dit écoute, maintenant on ne voit plus rien, essaye d'allumer le projet. La nuit commençait à tomber, donc je lui ai essayé d'allumer le gros projecteur qui est là-haut et puis on va se guider sur la lumière. Le gars me dit ok, la nuit tombe, on attend et on ne voit rien. Les fumées étaient tellement épaisses, il a mis le projecteur, on n'a rien vu du tout. Et à ce moment-là, je lui ai dit, écoute, la seule solution, tu gueules, tu gueules le plus fort que tu peux, on va se tirer sur ta voix. Et il a commencé à crier, il a commencé à crier, mais ça fait un peu écho dans les parois, c'était difficile. Mais on a commencé à se tirer sur sa voix et la nuit est tombée. Avec des lampes, tu sais, ça fait un écran devant. Tu n'as même pas un mètre, tu as un halo blanc, c'est tout. Et on a essayé de monter comme ça. Et là, ça a pris, je ne sais pas, deux heures à peu près. J'essayais à gauche, j'essayais et à droite, j'ai commencé à trouver la première fracture, la deuxième fracture, la troisième, je n'arrivais pas à la trouver. J'ai mis un bon moment, j'ai tourné à 45 degrés, après 45 degrés dans l'autre sens, je suis arrivé à trouver la troisième, et j'avais mis une lampe clignotante en bas, je ne l'ai jamais retrouvée. Donc là, j'ai vu la pente. On a commencé à monter dans la paroi. Et là, ça a été long, cette paroi. Je n'arrivais plus à m'en sortir. Une vira gauche, une vira droite. Escalader quand tu ne vois rien, mais c'est terrible. Et au bout d'un moment, je ne sais pas, peut-être d'une heure, une heure et demie, d'un seul coup, j'ai vu comme un petit éclat, tu vois, un petit éclat comme ça dans la brume. Un éclat, mais ça, c'était la vie, tu vois. La vie qui revenait, quoi. Et je n'ai rien dit, je n'ai rien dit, parce que je me suis dit, c'est peut-être ta tête, ne dis rien, ne dis rien. Et j'ose Je n'osais pas fermer les yeux. J'avais les yeux fixés sur cet éclat. Et j'ai monté encore un mètre, deux mètres, trois mètres. Et j'ai revu encore l'éclat. On est sauvés, c'est bon les gars. Et on s'en est sortis comme ça. Mais je t'assure, ça a été la limite. Quand tu es avec un groupe, c'est terrible. Quand tu es seul, ça m'est arrivé de me faire coincer par la lave, mais j'étais seul. Donc il n'y a que toi qui mets ta vie en danger. Mais quand tu es avec un groupe, c'est dur. Je veux dire, tous les potes qui étaient là... on s'en souvient. On n'a pas le temps de
SPEAKER_04se raconter tout ça, mais j'en ai eu beaucoup. Génial. Waouh, quelle histoire. Coralie, je comprends du coup si c'est le genre de récit que tu as eu, tes repas de famille année après année, où normalement tu t'es dit, bon allez, j'aimerais bien vivre
SPEAKER_01ça. Oui, je reviens souvent et je cherche encore des nouvelles histoires et à chaque fois, j'en apprends des nouvelles. Moi, j'adore, c'est des moments que
SPEAKER_02j'aime beaucoup et encore mieux si je peux les partager ouais j'espère en partager encore quelques-uns tu sais chaque fois que je me dis c'est mon dernier volcan maintenant
SPEAKER_04je suis trop vieux allez allez j'en parle encore et peut-être du coup pour la suite par rapport à ce que tu viens de dire Guy à quoi est-ce que ça ressemble Coralie cette espèce de transmission j'ai l'impression qui commence à se créer est-ce que vous avez prévu de faire d'autres voyages ensemble est-ce que Coralie toi tu veux t'y consacrer un peu plus sérieusement
UNKNOWN?
SPEAKER_02Si tu veux, au point de départ, c'est quand même, c'est Monique qui a créé cette histoire, c'est ma femme. Bon, après, si tu veux, moi, je m'en suis occupé avec elle, mais c'était elle la tête, je l'ai déjà dit. Mais après, il y a mon fils, qui est entré, dès qu'il a pu accompagner, il est venu accompagner les voyages. Et lui, il avait sa spécialité, il avait ses langues, il avait ses volcans. Après, j'ai eu ma fille. Ma fille aussi qui accompagnait Hawaï pendant longtemps, pendant 5 ans. Elle faisait tous les volcans Hawaï. Après, elle a fait aussi l'Afrique. Elle a fait la Tanzanie. Bon, et après, ça continue. Maintenant, c'est mon petit-fils. C'est mon petit-fils qui s'occupe de l'agence maintenant à Lyon. Donc, tu vois, ça un peu une affaire de famille. Et puis Coralie, qui vient avec nous maintenant déjà depuis quelques années, et puis qui va faire de plus en plus de volcans, et puis qui aimerait bien aussi avoir en poste du
SPEAKER_01vrai volcan. Moi, j'aimerais bien continuer à partager avec Guy, surtout, parce que je pense que c'est les meilleurs moments, parce qu'aujourd'hui, c'est peut-être un peu plus tranquille, il a l'impression pour lui, mais moi, c'est les débuts, donc moi, j'apprécie beaucoup. Et je trouve que c'est génial d'avoir tous ces récits moi je m'enrichis aussi après avec ces deux dernières années au final on a quand même pu un peu partir mais moi j'aimerais bien aller voir un volcan là où ça pète comme dit Guy souvent il dit il faut aller là où ça pète et aller découvrir moi toute seule aussi comment ça se passe pour découvrir voir mes petites aventures à moi mais si j'ai le temps de voir avec Guy je continue et avec grand grand plaisir pour juste encore mais mais qui a la petite habitude de partir tout seul faire
SPEAKER_03ces
SPEAKER_01repérages avant donc ça me fascine et donc peut-être que j'irai retrouver à la prochaine prochaine éruption
SPEAKER_02à tout ça c'est peut-être de faire des conneries qui fait pas avec des clients du combat pour faire une reconnaissance c'est bien d'être tout seul quand tu sais ce qu'il est possible de faire après tu peux faire ça avec des gens plus sérieusement voilà génial non parce on
SPEAKER_04a amené beaucoup de clients génial écoutez on arrive déjà à la fin moi je serais curieux de savoir peut-être pour conclure commencer par Guy mais avec une vie d'aventure aussi riche que la tienne alors dans ma question j'ouvre une parenthèse en fait sur le podcast tu sais on parle beaucoup de résilience de détermination de dépassement de soi et ce que j'essaie le type d'invité que j'essaie d'accueillir c'est des gens qui comme toi qui vivent leur passion à fond qui font des choses qui font des choses extraordinaires qui vivent leur vie pleinement donc je suis toujours curieux de savoir quels sont un peu les conseils ou les oui les recommandations qu'ils auraient pour celles et ceux qui nous écoutent donc du coup j'en reviens à ma question initiale pour toi ce serait avec une vie d'aventure aussi riche que la tienne, qu'est-ce que tu aimerais partager à celles et ceux qui hésitent encore à se lancer, que ce soit dans les volcans ou dans d'autres univers
UNKNOWN?
SPEAKER_02Moi, je vais te répondre que pour moi, la seule chose impossible à supporter, c'est de ne pas avoir osé. Voilà. Ça, c'est la seule chose. Dès que j'ai envie de faire quelque chose, je me pose plein de questions, j'hésite et tout, mais j'y vais. Je me dis, il faut y aller. Si ça ne marche pas, ça ne marche pas, tant pis, tu t'es gouré. Mais tu n'auras pas le regret de dire J'aurais pu y aller et je ne l'ai pas fait. Donc ça, pour moi, c'est le plus important, c'est de tenter le coup. Chaque fois qu'on m'a fait des propositions, Gilles Bordesoul, par exemple, quand il m'a dit on va marier la glace et le feu, j'ai dit oui. Mais bon, des fois, j'ai dit oui, mais j'ai fait des conneries aussi. Mais au moins, je n'avais pas de regrets, je n'avais pas de remords. J'ai essayé, ça a loupé, tant pis. Mais quand tu ne le fais pas et quand tu as des regrets, après, c'est invivable. Pour moi, c'est invivable. Voilà. Donc, le seul conseil que je peux donner, c'est si vous avez envie de le faire, faites-le, essayez. Essayez au moins. Il faut essayer. Il faut tout essayer. Et puis, si ça marche, tant mieux, si ça ne marche pas, il faut faire autre chose. Mais il faut essayer plein de trucs. Et la petite, c'est ça.
SPEAKER_04Elle, elle essaye tout. Du coup, Coralie, je te pose la même question. Toi, qui as un œil un peu différent par rapport à cette pratique, qui commences à découvrir le milieu, qu'est-ce que toi, tu aimerais partager peut-être à des jeunes plus proche de
SPEAKER_01la tienne la nôtre ouais moi je pense plutôt avec moi autour de moi où j'ai pas mal de copains qui vont me dire mais nous on n'a pas on n'arrive pas à passer le cap ou à partir ou à faire des choses comme ça c'est parce que tu connais Guy c'est parce que t'as déjà vu alors oui sûrement il y a peut-être une part de confiance aveugle d'ailleurs je me dis pourquoi parce que quand j'entends toutes les expériences je me dis mais il n'y a pas de quoi je vois pas pourquoi je pars quoi qu'est-ce qui va m'arriver comme aventure mais non non tout c'est bien passé mais je dirais en fait faut juste avoir moi j'ai envie de sortir de ma zone de confort parce que c'est en sortant de ma zone de confort que je prends confiance et que quand je reviens par exemple dans ma petite vie parisienne je me dis mais moi je me dis mais qu'est-ce que j'ai fait il y a une semaine j'étais là-bas et ben c'est génial je trouve c'est fou de pouvoir se dire de justement j'ai osé je me suis dit bah pourquoi pas alors c'est sûr que je me pose des questions et je me dis mais moi Guy m'a toujours dit tu vas regretter donc on se lance euh Par contre, je pense que j'ai peut-être moins le goût du risque dans le sens où je vais garder quelque chose d'assez stable à côté en me disant, voilà, aujourd'hui, je ne sais pas si tu peux tout envoyer balader et recommencer autre chose. J'aime bien avoir la partie stable où je suis sûre de moi. Mais par contre, voilà, j'ose peut-être plus parce qu'il faut qu'on en profite. Ça, c'est clair, il faut en profiter, quoi.
SPEAKER_04j'adore exactement écoutez je voulais vous dire en tout cas un grand merci à tous les deux c'était génial d'en apprendre plus sur vos parcours sur ta vie d'aventure Guy sur la façon dont il y a ce passage de flambeau entre générations qui se fait et puis surtout sur l'univers des volcans moi ça m'a absolument fasciné je suis sur votre site aventurevolcans.com si il y en a qui veulent aller voir et Et il y a des photos notamment de Dalol. Et je crois que si je devais en choisir un, entre les récits de Guy et les photos que j'ai sous les yeux, ce serait peut-être
SPEAKER_02celui-là. Écoute, en tout cas, j'aimerais bien t'emmener. Ça me ferait
SPEAKER_04plaisir. En tout cas,
SPEAKER_02vraiment, merci. Ce que je ne t'ai pas dit aussi, c'est que Tanguy, il a ouvert aussi, lui, deux agences. Il a une agence à Palerme, sur les îles éoliennes. Donc, il a des bateaux là-bas, il fait les îles éoliennes. Et il en a une autre au Costa Rica, où il fait tous les volcans d'Amérique centrale. Si tu en deux mots, on s'est partagé la planète. Moi, je m'occupe de la partie Asie et lui, il a la partie Amérique. Voilà. Comme ça, on s'amuse.
SPEAKER_03Tu comprends
UNKNOWN?
SPEAKER_01Excellent. Merci en tout cas parce que c'était une super expérience. Vraiment, merci de pouvoir nous faire vivre ça parce que souvent, on en parle entre nous mais on a moins l'occasion d'en discuter avec d'autres personnes et moi, j'adore partager aussi comme ça et te donner envie, j'espère, de venir voir des volcans donc
SPEAKER_02c'est top. Génial. Merci. Merci à toi, Loïc. J'espère avoir un grand plaisir de te voir. J'espère que... Très certainement. Si un jour, ça peut être vraiment fort, je t'appelle, d'accord
UNKNOWN? Ça marche, on fait ça. Merci Guy, merci Coralie. Merci beaucoup. À bientôt, Loïc. Bonne soirée. Bonne soirée à toi.