Les Frappés

La preuve par l'exemple que l'impossible est possible avec Éric, Stéphane et Philip [Réseau Autonomie Santé 🇨🇦]

Loïc Blanchard Season 3 Episode 138

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 1:28:03

Montrer, par l’exemple, que l’impossible est possible.

Voici la mission que se sont donné Éric, Philip, Stéphane et tous les autres membres du Réseau Autonomie Santé, une association établie au Québec 🇨🇦

Ensemble, ils font vivre des moments de dépassement physiques et humains à des groupes inclusifs.

Leur prochain défi ? Il vont se lancer sur l’édition 2024 de la Diagonale des Fous avec l’un de leurs membres qui sera en joëlette, un fauteuil roulant mono-roue équipé de bras à l’avant et l’arrière pour permettre d’être porté, poussé ou tiré.

Sur cette joëlette se trouvera Samuel, 30 ans et atteint du syndrome de Louis Bar. Au départ autour de lui, il y aura 26 porteurs et 5 assistants, qui uniront leurs efforts pour passer la ligne d’arrivée 4 jours plus tard 🥵

Parmi ces porteurs, Stéphane, que vous allez entendre dans cet épisode. Professeur d’activité physique, il est depuis plusieurs années lui-même à mobilité réduite suite à une double amputation. La preuve par l'exemple 🤩

Un échange d’une énergie 🔥 et d’un optimisme contagieux, avec des hommes que rien n’arrêtent et qui ont fait le choix de montrer que peu importe la condition de chacun, absolument tout est possible quand on en a la volonté.

Merci à Éric, Philippe et Stéphane pour ce fabuleux moment d’espoir, excellente écoute les Frappés.

🔎 Pour plus d'info sur la Diagonale des Fous c'est ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #110 - Refaire sa vie après avoir été amputé des deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)

Vous pouvez suivre mes invités ici ⬇️
📸 Instagram du défi à la Réunion
📸 Instagram du réseau RAS
📸 Instagram de Stéphane
💼 LinkedIn de Philip (CEO de Kartus)
🌍 Site internet

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Devenir Tipeur sur Tipeee (fr.tipeee.com/les-frappes)
✅ Suivez le podcast sur votre plateforme d'écoute
🙂 Parler du podcast autour de vous et partagez cet épisode
⭐️ Laissez une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify
💌 Abonnez-vous à la newsletter

Pour suivre Les Frappés sur les réseaux 👇🏼
📸 Instagram
💼 LinkedIn
📹 YouTube
🌏 Site internet

Des suggestions ou envie de partager votre avis ? Envoyez moi un email.

SPEAKER_02

On a tous notre place dans la société, puis souvent je compare une personne à une lettre ou un cadeau qu'on reçoit. Le cadeau, qu'est-ce qui est le plus important

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

L'emballage ou ce qu'il y a dedans

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Une personne humaine, c'est exactement la même chose. Ne nous arrêtons pas aux limitations physiques, intellectuelles, indifférences, peu importe. Allons chercher ce qu'il y a dedans la personne.

SPEAKER_05

Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une fois petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Montrer par l'exemple que l'impossible est possible. Voici la mission que se sont données Eric, Philippe, Stéphane et tous les autres membres du réseau Autonomie Santé, une association établie au Québec. Ensemble, ils font vivre des moments de dépassement physique et humain des groupes inclusifs. Leur prochain défi, c'est de se lancer sur l'édition 2024 de la Diagonale des Fous avec l'un de leurs membres qui sera en joaillette, un fauteuil roulant en Monorou équipé de bras à l'avant et à l'arrière pour être porté, poussé ou tiré. Sur cette joaillette se trouvera Samuel, 30 ans, atteint du syndrome de Louis-Barre, une maladie dégénérative. Au départ, autour de lui, il y aura 26 porteurs et 5 assistants qui uniront leurs efforts pour passer la ligne d'arrivée 4 jours plus tard. Parmi ces porteurs, Stéphane que vous allez entendre dans cet épisode. Professeur d'activité physique, il est depuis plusieurs années lui-même à mobilité réduite suite à une double amputation. Un échange d'une énergie et d'un optimisme contagieux avec des hommes que rien n'arrête et qui ont fait le choix de montrer que peu importe la condition de chacun, absolument tout est possible quand on en a la volonté. Merci à Eric, Philippe et Stéphane pour ce fabuleux moment d'espoir. Excellente écoute à vous les Frappés. Bienvenue Eric, Stéphane et Philippe sur le podcast. Super content de vous accueillir en direct du Québec. Philippe, tu es au Québec aussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Tu es en déplacement, mais tu es toujours au Québec

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Absolument, oui. Génial. Génial, génial. Super content qu'on puisse enfin faire cet enregistrement. Enfin, enfin dans le sens où on a échangé il y a un petit moment et puis on avait convenu que ça se fasse à ce moment-là. Mais très, très cool parce que le projet que vous menez, dont vous allez nous parler, je le trouve absolument génial. Super. Merci Loïc de nous accueillir et de nous avoir

SPEAKER_03

invité. Avec grand

SPEAKER_05

plaisir. Ce que je vous propose comme vous êtes trois pour qu'on ait une bonne idée de qui fait quoi, c'est un petit round de présentation.

SPEAKER_02

Écoute, moi, je veux bien me lancer. Loïc, si Philippe et Steph, vous êtes OK, là. Écoute, moi, c'est Éric Sévélé. Donc, en fait, je suis cofondateur de l'organisme RAS, Réseau Autonomie Santé. Et puis, notre organisme s'est donné comme mission de participer ou d'organiser des événements sportifs, mais en équipe inclusive, donc équipe composée avec des personnes ayant une incapacité physique ou intellectuelle et d'autres qui n'en ont pas. Donc là, on a décidé de partir notre plus gros projet qui est de participer à la Diagonale des Fous en Joëlette en octobre 2024 avec notre capitaine courage Sam et nous serons 26 porteurs pour essayer de franchir cette fameuse ligne d'arrivée de la

SPEAKER_05

Diag. Petite parenthèse, mais s'il y en a qui ne sont peut-être pas trop familiers, une Joëlette, qu'est-ce que c'est exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Une Joëlette, c'est un produit français Loïc, c'est fabriqué en France et c'est une Je vais le vulgariser, c'est comme une chaise porteur avec une roue. Donc, c'est un fauteuil roulant monoroue avec des longs bras en avant et des longs bras en arrière. Donc, ça permet de faire des randonnées, ça permet de faire des courses. C'est un outil intéressant, multifonctionnel et puis assez confortable pour la personne en situation de handicap.

SPEAKER_05

Super. Et donc, la roue, elle est positionnée... Sous le

SPEAKER_02

siège, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui. Tu as comme un siège sur lequel la personne prend place. Et sous le siège, tu as une roue qui permet donc de faire rouler la joëlette. Mais il faut savoir que pour notre projet, sur environ 96 kilomètres, on va la porter plus de 60 kilomètres. Parce qu'il y a des passages à l'île de la Réunion... qu'on ne pourra pas la faire

SPEAKER_05

rouler. Oui, on en parlait en off de certaines sections de sentiers à La Réunion. Effectivement, de ce que j'ai compris, c'est déjà moyennement praticable à pied. Alors, avec une joaillette, ça doit être un sacré défi.

SPEAKER_06

OK.

SPEAKER_05

Merci beaucoup. Dans tous les cas, on se fera l'épisode débrief après la course. Donc, super intéressant. Projet RAS, donc tu dis Réseau Autonomie Santé. C'est en fait l'idée de ce que tu expliquais avant que on passe à Stéphane et Philippe, c'est d'associer des valides et des invalides et de les mettre ensemble au départ des preuves sportives type la Diagonale des Fous, qui est votre plus gros projet, mais en tout cas, qui représente bien ce que vous essayez de faire. Et l'objectif, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

C'est de leur faire vivre des aventures, des émotions

SPEAKER_02

exceptionnelles

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, c'est de démontrer que tout est possible parce qu'en fait, nous, dans les 26 porteurs, on n'a pas d'athlètes olympiques. On a quelques personnes en forme, mais on a des personnes qui repartent de zéro, qui doivent se remettre en forme parce qu'on voulait démontrer que c'est hyper difficile sûrement à faire cette fameuse diague en Joëlette, mais monsieur et madame tout le monde est capable de le faire si on s'en donne les moyens et la peine. Et en ayant un groupe comme ça de 26 porteurs, on s'encourage, on s'entraide et on va tous y arriver. Super message.

SPEAKER_05

Excellent. Merci Eric pour cette petite présentation et cette intro. Stéphane, Philippe, qui enchaîne

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je vais y aller, dans le fond. Moi, c'est... Bien, Philippe, à moi que tu étais prêt. Ça va. Moi, c'est Stéphane Boisvert. Je suis de Victoriaville. Dans le fond, je suis impliqué avec RAS depuis environ un petit peu plus de deux ans. Principalement, je suis enseignant en éducation physique. Je suis moi-même aussi en situation de handicap. Donc, dans le fond, j'ai croisé Éric il y a environ trois ans de ça déjà. pour une activité d'escalade. Suite à ça, j'ai été impliqué. Puis, c'est ça, là, je suis dans le groupe du début pour le projet d'Irlande des fous. C'est pour l'Île-la-Réunion. Très content de faire partie de cette belle gang-là. Ce que je trouve plaisant, c'est donner l'opportunité à des personnes qui, sinon, n'auraient pas l'occasion d'aller dans des endroits comme l'Île-la-Réunion ou juste en sentier avec la joaillette. Les personnes en situation de handicap, ça leur permet aussi d'avoir accès à ces endroits-là avec nous, avec des personnes qui peuvent porter ou faire rouler la joaillette.

SPEAKER_05

Tu disais que tu es toi-même en situation de handicap C'est un handicap au niveau des jambes. Tu peux te déplacer ou est-ce que tu peux nous en dire

SPEAKER_00

plus? Dans le fond, c'est ça. Moi, j'ai double amputation. En fait, amputation de jambes à droite sous le genou, dans le fond. Donc, amputation tibiale, puis transméthatarsienne à gauche. Donc, je n'ai plus mes orteils du pied gauche, puis à la droite. Jambes droites, j'ai amputation sous le genou. Donc, avec ma prothèse, je suis capable de me déplacer. Puis, je porte aussi à ce moment-là la jouellette. Je réussis, je parviens à faire des défis de cette envergure. En tout cas, du moins, je l'espère.

SPEAKER_05

Tu vas faire partie des 26 porteurs de la joaillette?

SPEAKER_00

Oui, exact. Depuis quelques temps, on s'entraîne. On a fait quelques défis, dont quelques défis dans le coin de la ville de Québec, en trail, le défi des couleurs simores, le Québec Megatrail, qui était près du Mont-Saint-Anne, une montagne ici dans le coin de Québec. Effectivement, j'ai participé à la même hauteur que que les autres personnes. C'est très agréable et très content aussi qu'on m'ait impliqué dans le groupe aussi. J'apprécie.

SPEAKER_05

Fabuleux. Écoute, merci Stéphane pour cette présentation.

SPEAKER_03

Philippe, il ne reste plus que toi. Oui, salut Loïc. Moi, c'est Philippe. Dans le fond, dans la vie de tous les jours, je suis un entrepreneur dans le domaine des personnes à mobilité réduite. Mais sinon, pour le projet de la Diag, moi, je fais partie aussi d'RAS. Éric m'a recruté un peu en même temps que Stéphane, il y a deux, trois ans, pour m'impliquer plus activement dans l'organisme. À ce titre, on a développé plein d'activités, dont le para-escalade. Stéphane en fait avec nous. Il est aussi moniteur de para-escalade. À travers tout ça, Éric nous a proposé son projet de fou qui est de participer à la Diagonale des fous. Je suis comme porteur, patenteur en chef pour modifier la joaillette et apporter peut-être des améliorations. C'est un rôle que que j'aime bien. Je suis super content d'être ici aujourd'hui et d'être là avec Éric et Stéphane. C'est tout le temps le fun quand on se retrouve et qu'on partage

SPEAKER_05

nos histoires. Génial. Merci à tous les trois pour ces superbes intros. Première question pour moi, c'est peut-être plus pour Éric, mais qui est une question un peu finalement pour tous les trois. C'est Éric, la genèse de RAS. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit que tu allais créer le réseau

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Donc ça, plutôt pour Eric. Et pour Stéphane et Philippe, qu'est-ce qui vous a séduit, en tout cas qui vous a convaincu

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

que c'était un projet qui valait le coup de vous investir autant en termes de temps, d'énergie, etc.

SPEAKER_02

Oui, tu vois, la genèse du projet, en fait, c'est parti d'une idée fort simple. C'est qu'à la base, et je le suis encore avec ma conjointe, on est famille d'accueil. Donc, on s'occupe de personnes adultes ayant une déficience intellectuelle et troubles de comportement. Puis, après quelques années, je me disais, OK, c'est bien beau, mais il faut que je fasse quelque pour m'oxygéner un peu donc je me suis dit qu'est ce que j'aime je dis ben j'aime le sport j'aime bouger et autour de moi j'avais des personnes des amis que j'avais en situation de handicap puis de fil en aiguille on est changé et on est venu à la réalité de dire ben il On ne les voit jamais, les personnes handicapées, participer à des événements sportifs. Et ça représente 15% de la population au Québec, quand même, les personnes handicapées. Et on ne les voit jamais. Donc, c'est parti de là avec quelques amis à roulettes, comme on les appelle, là. On a dit, on va monter une association, donc RAS s'est créé, mais avant d'intégrer un événement régulier, ça a pris trois ans, parce que toutes les portes se fermaient, il n'y avait pas de personnes handicapées qui participaient à des événements réguliers. La fameuse phrase qu'on nous disait tout le temps, c'est« Ah non, ce n'est pas possible». Alors, on s'est dit, OK, c'est correct, on va finir par y arriver. Et on a réussi à participer à un événement. Et en plus, ce n'était pas une course de 5 ou 10 km. On a fait une course à obstacles. Je ne sais pas si vous connaissez les X-Man Race, des courses à obstacles en Joëlette. Et on a filmé ça parce qu'on s'est dit, regarde, si on fait ça et qu'on nous dit la prochaine fois, non, ce n'est pas possible, on va dire, as-tu une minute? Regarde ce qu'on a fait. Si on a fait ça, on est capable de faire un 10 km à pied ou en fauteuil donc voilà l'essence même de la naissance de RAS

SPEAKER_05

génial et donc RAS tu l'as créé il y a combien de temps maintenant

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

alors je l'ai co-créé avec un ami Dominique Viennot un autre français parce que je suis français mais j'ai immigré depuis 30 ans au Québec donc moi je suis international maintenant je suis autant québécois que français et on l'a créé en 2013

SPEAKER_05

d'accord ok donc plus de 10 ans maintenant

SPEAKER_02

ok

SPEAKER_05

Et donc Stéphane, Philippe, déjà comment est-ce que vous avez croisé le chemin d'Eric et qu'est-ce qui vous a donné envie de rejoindre, de participer à ce que fait RAS

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, c'est ça. J'en ai un peu parlé tantôt. Moi, c'est quand même récent. Depuis 2017, je suis maintenant en situation d'handicap. Je suis à la base enseignant en éducation physique. Je pense qu'en 2020, il y a eu une activité. On parlait tantôt de pare-escalade. Il y a eu une activité d'escalade à Québec. C'était ma première participation en 2020 à une activité comme ça. C'est à ce moment-là que j'ai croisé Puis, suite à ça, ça fait boule de neige. Mon intérêt, justement, pour étant enseignant en éducation physique et en étant en situation de handicap, on dirait que ça mariait parfaitement les deux. Puis, Éric, comme le s'est bien mentionné un petit peu plus tôt, le projet, pour moi, m'appelle beaucoup, m'interpelle beaucoup. Suite à ça, j'ai... J'ai été impliqué avec le RAS dans le CA. Puis, suite à ça, Éric m'a parlé du projet. Puis, je venais de faire un défi aussi de randonnée. Je me disais que je me considérais probablement en mesure de peut-être y participer. Puis, suite à ça, j'ai décidé de faire le grand saut et de m'embarquer dans ce si beau projet, ce si fou projet. Avec des passions ça aide tellement, tu en étais à un groupe de 26, puis avec Sam aussi, Eric en a parlé un peu tantôt, mais Sam, notre capitaine Courage aussi, il est super inspirant, fait que tous ces éléments-là te donnent une grande motivation aussi à le faire, t'entraîner, puis le réaliser justement pour lui, Sam, et pour nous aussi à ce moment-là dans le projet.

SPEAKER_05

On va en parler de Samuel, justement de pourquoi Samuel et comment est-ce que le projet se construit autour de sa situation. Mais toi, Philippe, la rencontre avec RAS, ça s'est passé comment du

SPEAKER_03

coup? Oui, c'est ça. Moi, Éric, on s'est côtoyé à travers quelques activités impliquant des personnes à mobilité réduite. Puis je pense qu'Éric, je vais m'avancer un peu pour Stéphane, je pense que c'est ça aussi, mais Je pense qu'il est arrivé au bon moment pour nous proposer de participer à l'AS. Dès ma compréhension, puis Éric, tu me corrigeras, mais j'ai l'impression qu'il tenait un peu l'organisme à bout de bras, puis il avait besoin d'un nouveau souffle, puis il embarquait une gang de joyeux lurons comme nous. Puis c'est vraiment une question de timing. Pour moi, c'est toujours important, en tant que citoyen, d'être impliqué. Éric m'a dit, regarde, on a des projets avec RAS, puis on aimerait ça te compter parmi les administrateurs. Puis c'est difficile à expliquer, mais je trouvais que le timing était bon. Je trouvais qu'Éric, en soi, c'est un porteur de projets très inspirant, toujours souriant, toujours accueillant. Puis juste à partir de ça, ça m'a inspiré. Puis après ça, dès le premier CA, deuxième CA, des activités qu'on a faites toutes ensemble, bien là, la gang m'a complètement séduite. Puis je dirais que je suis super content d'avoir joint RAS. En plus de ça, bien là, il m'arrive avec un projet comme la Diagonale de Fou qui est comme la cerise sur le sundae, là. Puis c'est cool parce que tantôt, on parlait des valeurs d'RAS, puis les valeurs sont très en ligne avec les miennes. Puis dans ce temps-là, bien c'est... Tu sais, c'est pas... Éric, Stéphane, Denis et Jean-François, on fait ça bénévolement. Moi, je mets presque autant de temps que dans mon boulot de tous les jours, mais ce n'est pas un poids. On sait qu'on fait quelque chose de bien et qu'on aide les gens. Dans ce temps-là, c'est facile de donner et de

SPEAKER_05

participer. Je pense que quand tu y trouves, ce que j'ai l'impression quand je vous entends parler, il y a énormément d'énergie positive, d'inspiration. Je pense que quand tu es au contact d'un groupe comme ça qui qui donne autant où tout se passe finalement il y a une espèce d'optimisme ambiant bah oui tu... Je suppose que tu ne comptes pas tes heures, du coup. Ça doit être un vrai

SPEAKER_03

plaisir. C'est sûr que nous, là, on veut parler de la diag, mais tu sais, RAS, on prête à en parler pendant deux, trois heures.

SPEAKER_05

Il faudrait que tu nous arrêtes à un moment donné. En tout cas, on va parler de quelques-uns des projets. Mais juste avant ça, Philippe, donc toi, tu disais, vos chemins avec Eric se sont croisés plutôt du fait de ton activité professionnelle, c'est ça? Donc toi, tu es déjà… Est-ce que tu peux nous en dire plus sur le business que tu as monté?

SPEAKER_03

Oui, bien moi, je suis un fabricant de fauteuils roulants, mais spécialisé pour la course à pied. Donc, ça s'appelle les fauteuils Carthus. Puis, c'est comme des fauteuils à trois roues qui permettent vraiment aux utilisateurs de soit participer à des courses, que ce soit des courses organisées ou des courses, des jogging ou des courses dans un parc ou peu importe. Puis aussi d'avoir accès au plein air. Le fauteuil permet une utilisation facile dans des sentiers, dans des senti relativement accessible, puis dès qu'on arrive plus dans des trails ou des montagnes, bien là, c'est là que la joaillette prend tout son sens. Fait que nous, on est comme l'étape d'avant, quand on veut juste sortir avec toute personne à mobilité réduite. Des fois, on associe beaucoup ça au handicap, mais il ne faut pas oublier les personnes aînées, certaines personnes avec déficience intellectuelle, qu'après 500 mètres ou un kilomètre d'effort, bien, elles autres, leur journée est terminée parce qu'ils sont tannés, tu sais. Puis au final, bien, notre clientèle, ce n'est pas juste les personnes qui prennent place dans le fauteuil, c'est aussi l'entourage, les amis, la famille. Moi, j'ai beaucoup de parents que ça leur permet de vivre leur passion avec leur enfant qu'ils normalement laisseraient chez eux. C'est comme ça. Ultimement, Éric s'était procuré un fauteuil pour l'organisme. De fil en aiguille, on a vu qu'on avait des atomes crochus. À partir de ça, on a une entreprise qui avait acheté des fauteuils, qui en a prêté à notre organisme. On a démarré les courses en qui a fait beaucoup de retombées positives pour la communauté autour de, surtout Victoriaville, RAS est très centré autour de Victoriaville. Je ne sais pas, Éric, as-tu des choses à ajouter?

SPEAKER_02

Non, Victoriaville, pour te situer, Loïc, puisque toi, tu es un peu à Montréal. C'est entre Montréal et Québec, c'est à mi-chemin.

SPEAKER_05

Voilà, OK. Petit point géographique, s'il y en a qui veulent aller voir Victoriaville, je ne connaissais pas. OK, donc, Carthus, ça, c'est ton activité, Philippe. Alors, je vois un point qui m'interpelle, là. Je vois sur la présentation du fauteuil deux records de Guinness. C'est

SPEAKER_03

quoi, ça? En fait, on en a trois. Tu sais, il faut dire que, bon, la machine aide, mais les coureurs aussi, derrière ça, sont exceptionnels aussi. Donc, quand on est parti ça, moi, j'avais des coureurs d'élite qui étaient intéressés à repousser des nouveaux records, parce que souvent, les gens qui courent en fauteuil cartus, surtout les coureurs d'élite, je trouve, ils me disent souvent qu'ils découvrent une nouvelle facette de leur sport parce que ça leur permet de partager leur passion avec quelqu'un qui n'a pas nécessairement la capacité de courir. Puis, parmi ces coureurs-là, il y en a un qui est allé voir le record Guinness, puis il s'est dit« Crime, marathon, demi-marathon, je pense que je suis capable de les battre.» Fait que, initialement, on avait les quatre. On avait demi-marathon, marathon, à temps. on avait le 100 km le plus rapide. Il l'a fait en 13 heures. Puis la plus grande distance parcourue en 24 heures, il a fait 185 km en poussant le fauteuil. Fait que, oui, vraiment, c'était vraiment intéressant. Puis même les marathons, demi-marathons, on a eu les records initiaux quand on les a essayés. Puis là, finalement, un autre athlète du Québec qui s'appelle Julien. Initialement, c'est Sébastien Roulier. Julien aussi, un jeune coureur d'élite qui a repousser le demi-marathon. Il l'a fait en 1h19. en poussant un fauteuil. Il y avait la marque du marathon, son meilleur, c'est 2,49. Finalement, on a appris qu'il avait été battu ce printemps 2,35, mais dans des conditions favorables, au sens où entre le départ et l'arrivée, il y avait comme un dénivelé négatif. Ça facilite, mais ça reste que félicitations à cet athlète-là. Mais on se doute que si Julien poussait dans les mêmes conditions, il y aurait des bonnes chances de rivaliser avec ce record-là.

SPEAKER_05

Génial. En tout cas, c'est un argument qui interpelle. Quand on est sur la page du produit et qu'on voit deux

SPEAKER_03

records Guinness, on se dit« Ah, tiens!» Mais tu sais, en toute honnêteté, les records, c'est important parce que ça donne la crédibilité au produit et on associe ça à ce que c'est facile à pousser et manœuvrer. Mais ultimement, l'essence de ce projet-là, c'est un projet humain. Les échanges et les partages, à mes yeux, ont beaucoup plus de valeur que ces records-là. Mais pour M. et Mme Tout-le-Monde, ça reste impressionnant.

SPEAKER_05

Super. Écoute, je mettrai le lien vers Carthus. Tu distribues en Europe aussi, c'est

SPEAKER_03

ça? On livre partout dans le monde. Là, tu m'as bien eu parce que je ne voulais pas tant parler de Carthus que je voulais parler

SPEAKER_02

d'ARS. Mais oui. On peut vous laisser, les

SPEAKER_05

gars. Je trouve que c'est intéressant par rapport au contexte de comment est-ce que vous vous êtes croisés. par rapport aux valeurs, à l'engagement, ce qui fait que Philippe, Stéphane, Eric, vous vous retrouvez dans ce projet-là. Il n'y a pas juste le projet, il y a des choses en amont, des choix,

SPEAKER_03

par exemple, entre scénarios. j'ai essayé d'éviter

SPEAKER_05

la question Pilots m'a bien eu j'allais y arriver t'as décidé de créer une boîte dans cet univers là t'aurais pu faire des burgers ou je sais pas des courts métrages n'importe quoi donc c'est aussi intéressant de comprendre comment t'en es arrivé là ok

SPEAKER_02

super si je peux me permettre aussi par rapport au fauteuil Carthus mais tu sais c'est très rassembleur parce que on fait des courses on participe à des courses. Tu vois, cette année, on en a fait huit, mais des courses régulières. Et on arrive maintenant à courir avec 17, 20, 18 cartus là tu sais donc de plus en plus là on nous voit et nous c'est de la sensibilisation qu'on fait parce que les coureurs réguliers sont admiratifs ils vont parler tu sais il y a un échange qui se fait c'est vraiment festif là vous parliez de record Guinness mais quand on arrive dans les courses on oublie le chronomètre nous là on a du plaisir on a du fun voilà

SPEAKER_05

Parce que la situation au Québec d'un point de vue sensibilisation du grand public, vous le décririez comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Est-ce que globalement les gens sont justement sensibilisés, au courant, sensibilisés et sensibles à ce sujet du handicap et du sport ou c'est un gros chantier à mener

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si je peux me permettre, Stéphane, Philippe, je trouve que ça commence à se développer davantage. Il n'y a pas juste nous qui participons à des événements, il y a d'autres organismes, etc. Mais moi, ce que je me suis toujours dit, j'ai dit« Regarde, nous, on croit ce qu'on fait, on est heureux de faire ce qu'on fait, on fait plaisir à du monde, on a du plaisir.» on s'aperçoit quand même qu'il y a certains coureurs ou spectateurs qui sont touchés, sensibilisés, qui viennent nous voir, qui viennent parler. Donc, on se dit, regarde, c'est génial. Si en plus, on a du plaisir et puis qu'on peut permettre un échange, C'est bon, les esprits s'ouvrent, mais je n'ai pas la prétention de dire que ça va super bien ou non, ça ne va pas super bien. Nous, ce qu'on voit quand on participe, on voit qu'on n'est pas un poids ou des extraterrestres. Les gens... nous accueillent et commencent à discuter, à partager.

SPEAKER_05

Stéphane, tu partages ce point de vue? Il y a quelque chose que tu vois de différent, de

SPEAKER_00

complémentaire? Oui, je partage ce point de vue. Je pense que la beauté de ça, c'est un pas dans la bonne direction. Le fait, justement, de sortir un peu les gens en situation d'handicap, ça leur permet de participer à des activités comme ça. Ça les sort un peu de l'isolement. C'est un peu c'est la beauté de la chose, par la suite, c'est que ça permet aux autres aussi de voir que c'est possible. C'est comme un effet boule de neige, dans le fond, c'est que là, ça les permet de voir que les personnes en situation de handicap sortent, ça leur permet d'être là, de participer, fait que les personnes, j'allais dire, comme tu as dit tantôt, un peu valides et invalides, donc les personnes valides voient qu'ils sont là, qu'ils participent, donc ça les sensibilise parce que sinon, des fois, on les voyait juste pas. Je pense que c'est un pas dans la bonne direction. Ils voient que c'est possible, que ce n'est pas très plus complexe. La beauté de la chose de ça, c'est que les personnes qui étaient en isolement, qui n'osaient pas trop sortir en situation de handicap, ils le font une fois. Le pourcentage de rétention est à peu près de 100% qui reviennent. Une fois qu'ils ont embarqué, ils ont mis le... Le doigt dans l'engrenage, il voit qu'il y a du plaisir, c'est le fun, ils sont dehors. Souvent, ces personnes-là se réinscrivent et reviennent. Ça augmente de plus en plus la communauté ici. C'est ça qui

SPEAKER_02

est super. Si je peux me permettre, tu sais, Loïc, excuse, un exemple concret parmi nos coureurs, on a un ami, Yves, qui lui est né sans jambes. C'est un athlète paralympique Et il se déplace en planche à roulettes. Il fait tout en planche à roulettes. Et à un moment donné, il avait participé à une de nos courses. Et quand il est arrivé, il y a un coureur régulier qui est venu le voir. Puis quand j'ai entendu son commentaire, j'ai dit« waouh». Le gars lui dit« tu sais, tu as été ma source de motivation. J'étais à la veille d'abandonner quand j'étais dans la côte. Tu m'as doublé». Et quand je t'ai vu passer avec ta planche à roulettes, je me suis dit que je ne pouvais pas abandonner. Si toi, tu étais capable de le faire, il fallait que je termine. Et tu vois, ça, c'est des échanges parfois. C'est super gratifiant. Puis, c'est génial parce que le gars a été humble pour venir voir Yves et le remercier parce qu'il avait fini la course grâce à lui finalement.

SPEAKER_05

c'est une super anecdote super anecdote et j'ai jamais eu l'occasion en France je sais pas si vous êtes connecté avec des organismes ou des associations en France qui font à peu près ce que vous faites avec RAS mais j'ai pas souvenir d'avoir vu j'ai pas fait non plus 300 000 courses mais sur des courses des personnes en joaillette ou en fauteuil type cartus mais je pense que effectivement dans une situation où c'est un peu compliqué à une étape de la course alors que vous en réalité, on a son plein potentiel physique, on a ses deux jambes, etc. Se retrouver là, visuellement, en face de soi, avec quelqu'un qui n'a pas cette chance et qui, pour autant, se bat et persévère dans l'épreuve, ça doit mettre un bon coup de boost. Oui, ça doit mettre un bon coup de

SPEAKER_03

boost. Je pense. Moi, j'ai fait les deux. Là, je cours moins, mais j'ai fait les deux. J'ai fait des courses toute seule, puis j'ai fait des courses en cartus. Toutes les courses que j'ai préférées, c'est sur un cartus, parce que, d'un, il y a les change, il y a le partage, puis après ça, il y a le regard des autres coureurs, puis il y a la foule. Tu sais, quand tu cours tout seul, la foule, bien, à part si tu connais quelqu'un, puis tu vas l'encourager, ton passage, il reste un peu, il passe inaperçu, mais quand tu es en cartus tout le long de la course, tu es porté par l'ensemble de la foule, puis tu sais, je veux dire, c'est inspirant, tu sais, c'est vraiment, c'est une autre expérience, c'est différent. Puis l'idée de partager aussi c'est

SPEAKER_05

quelque chose de spécial aussi. Stéphane, tu évoquais ce que ça apporte à des personnes en situation de handicap, le fait de pouvoir vivre des expériences sportives telles que, encore une fois, la diag, ça va être un extrême. On va bientôt en parler de la diag. On est à quelques minutes de l'heure, mais on va y arriver. On a hâte. Stéphane, tu disais que c'est finalement une fois qu'ils y ont pris goût, qu'ils sont sortis pour la première fois de chez eux alors qu'ils n'osaient pas forcément le faire avant pour faire ce type d'activité, ils y reviennent. Toi, si j'ai bien compris, ton amputation, ce n'est pas de naissance, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

C'est relativement

SPEAKER_00

récent

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Oui, c'est en 2017. Est-ce que tu es passé par le schéma que tu décrivais où au début, il y avait cette phase où tu n'osais pas nécessairement Ou pas forcément sortir pour faire de l'activité physique

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Est-ce que tu as vraiment eu cette expérience que tu décrivais de peut-être un peu un repli sur soi social une fois que le handicap est arrivé et puis après une fois que tu as goûté, que tu as découvert

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

ce type d'expérience comme le propose le réseau Autonomie Santé, là, boum, clairement, ça t'a ouvert complètement de nouvelles portes. C'est ce que tu as vécu

SPEAKER_00

aussi? Oui, un peu différent parce que mon parcours personnel, étant donné qu'avant 2017, j'étais quand même, comme je disais tantôt, en fait, je le suis encore, un enseignant en éducation physique. Puis, j'étais quand même un bon sportif. Je viens d'une famille très sportive. Moi-même, j'ai quand même bien performé après principalement au soccer, nous qu'on appelle ici, ou le foot. Donc, c'est ça. Je savais la portée que l'activité physique et le sport m'amenaient au niveau, oui, physique quand j'avais mes deux jambes, mais aussi l'aspect mental. Donc, en réadaptation, j'ai été assez proactif à... Un des premiers réflexes que j'ai eus, c'était de voir les disciplines paralympiques quand j'étais dans mon lit d'hôpital pour voir ce que je pourrais faire. Fait que, tu sais, moi... Le réflexe, c'était vraiment de tout de suite sortir et essayer de faire du sport. Dès que je suis en réadaptation, il y avait un vélo à main disponible. Dès que j'avais la chance, je sortais en vélo à main. Moi, je savais le bienfait que ça amenait de l'activité physique. Ça m'a permis aussi de le vivre avec une certaine... Je vais dire... un certain positivisme, je dirais, la situation, le changement de vie. Puis, tu sais, ce que j'aime, moi, c'est de constater, justement, des personnes qui étaient peut-être, tu sais, soit qui ont des situations de handicap de naissance ou, tu sais, que ça fait longtemps ou qui n'ont pas eu le réflexe, justement, d'avoir un passé sportif ou de le vivre dans les activités sportives. Mais, tu sais, je vois qu'eux, dès qu'ils expérimentent, puis qu'ils sortent, tu sais, il y a l'aspect aussi nature communautaire aussi, là, qui est qui fait, je pense. Ces trois éléments-là, l'activité sportive, l'aspect communautaire et le fait de sortir dehors en nature, je pense que tu vois les bienfaits que ça peut apporter et les retombées que ça a sur eux. Moi, je l'ai vécu aussi, mais un petit peu différemment. Mais oui, ça reste que c'est tellement des beaux éléments de sport et de l'activité qui permettent justement de la santé physique, mais aussi la santé mentale qui fait aussi

SPEAKER_05

avec ça. Oui, bien sûr. Bien sûr, écoute, super intéressant. ce que je vous propose c'est qu'on arrive au gros morceau de l'échange le sujet la diagonale des fous alors déjà honnêtement première question c'est pourquoi la diagonale des fous parce qu'il y a plein d'autres choses c'est une épreuve qui est déjà incroyablement difficile quand on la fait en solitaire en pleine possession de ses moyens etc j'en parlais un peu avec Eric en off mais la faire en joëlette là c'est clair c'est clair que c'est un défi d'une autre envergure Pourquoi cette course en particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En fait Loïc, j'avais vu en 2017 Philippe Croison participer. Philippe Croison qui est quand même toute une personnalité en France, qui avait participé avec une gagne à la Diag des Fous en Joëlette. Puis j'avais trouvé ça profondément humain. J'avais mis le côté sportif vraiment à part, puis je me suis dit, c'est ce que je veux faire. Quand j'ai fait mes recherches, je me suis gratté la tête, j'ai dit, es-tu sûr

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et après réflexion, je me suis dit, quitte à faire un trail, pourquoi pas en faire un complètement fou

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

extrêmement exigeant, et le tout en Joëlette, puisque déjà à l'époque, 2013, on avait créé RAS, donc la Joëlette, on en avait une, je savais ce que c'était, mais ça a pris quand même pas mal d'années pour réunir 26 porteurs assez capoté, comme on dit, pour participer à cet événement. Mais donc, vois-tu, depuis 2017, je caresse ce doux rêve de participer à la Diag en Joëlette et on va pouvoir le faire sept ans plus tard, en 2024.

SPEAKER_05

Ça en dit long, tu vois, sur cette notion de résilience, de détermination. Voilà, ça arrive, ça arrive, tout arrive finalement à ceux qui s'en donnent les moyens et qui sont patients. Cet an, c'est à la fois très court et pas si rapide que ça, donc

SPEAKER_02

franchement, bravo. Oui, mais Loïc, à un moment donné, avec le temps, je me suis dit, soit j'y vais en tant que porteur ou j'y vais en tant que porté. Je me suis dit, peut-être qu'un jour je le ferai en tant que porté, mais en 24, je vais être

SPEAKER_03

porteur. Moi, j'aime ça parce qu'il l'a pas nommé comme ça, mais des fois, quand on demande à Éric c'est quoi pour lui la diagonale, il parle d'un rêve. Je trouve que c'est beau comme message. C'est un rêve, puis finalement, à la gang, on va le concrétiser. Moi, ça m'inspire beaucoup dans ce projet-là.

SPEAKER_05

ça l'est clairement encore une fois toute personne qui fait un peu de trail un peu de sport qui a déjà entendu parler de la diagonale c'est une épreuve qui impressionne déjà en solitaire et là l'affaire en portant une joaillette sur une bonne partie de la trace et en coordonnant 26 personnes c'est une course dans la course en fait sur laquelle vous apprêtez à vous lancer c'est une nouvelle dimension de la diagonale des fous enfin 26 porteurs pour qu'on se rende compte donc j'imagine c'est 26 porteurs parce qu'il y a des relais c'est ça vous ne serez pas 26 à vous suivre du début à la fin comment vous l'avez si c'est déjà clair pour vous comment est-ce que vous l'avez comment est-ce que vous les répartissez ces porteurs c'est plusieurs équipes qui vont faire chacun une section ou c'est un système de rotation un peu non-stop comment ça va s'organiser

SPEAKER_00

ben si je peux me permettre dans le fond c'est ça on est déjà en préparation depuis quelques mois par rapport à ça. C'est ça, c'est une bonne préparation en amont qui a à faire. Concrètement, c'est des duos qu'on crée des binômes avec par rapport à la... On essaie quelques binômes, on essaie des combinaisons de binômes avec les entraînements, la pratique, les courses qu'on a faites dernièrement. Après ça, c'est de voir... On se donne environ habituellement, c'est de parler des binômes, dès que le premier a une certaine fatigue, après ça, il y a un relais qui se fait. Donc, on se relaie comme ça à la suite de l'autre, chaque binôme. Puis avec ça, il y a des entraînements qui sont préparés depuis quelques mois. Puis encore une fois, jusqu'à la date, quasiment un an jour pour jour, mais jusqu'à l'année prochaine, il va y avoir des entraînements une fois par mois qu'on a sidulés aussi et d'autres de course aussi à faire. Ce qu'on va mettre en application un peu, c'est le nombre des ajustements, la communication. On a un comité, en fond, préparation physique et mentale où on fait des consultations d'équipe aussi. Justement, la cohésion de groupe et de vivre sans groupe. Puis, oui, c'est ça. On l'expérimente. Des fois, on est en apprentissage aussi. Dans le fond, il y a quelques mois versus aujourd'hui, on voit une progression au niveau justement de la... la communication jusqu'au niveau de l'endurance aussi de certains... certains porteurs, certaines porteuses. C'est un processus qui est en chemin, qui donne bon espoir parce que ça va quand même super bien. La dernière course qu'on a faite il y a quelques semaines, ça avait super bien été. C'est bon signe. On commence avec le sourire et on finit tous avec le sourire. Déjà là, c'est une bonne chose. Je ne sais pas si les gars voulaient ajouter quelque chose par

SPEAKER_03

rapport à ça. Oui, moi, j'aimerais juste ça ajouter aux gens qui nous écoutent Quand on parle de porteur, tantôt, on a présenté la joëlette, mais nous, on a adapté la nôtre. Dans le fond, ce qui arrive, c'est qu'il y a une personne à l'avant et à l'arrière qui a un harnais qui est accroché après la joëlette. Il se retrouve à porter. Après ça, souvent, typiquement, il va y avoir des personnes de chaque côté qui vont aider à porter, mais aussi conserver le ballon parce que ça réagit un peu comme un pendule. C'est quand même assez exigeant parce que quand qu'on pense à Sam plus la Joëlette. Éric, tu me corrigerais, mais je pense que c'est autour de 150-160 livres tout ensemble. Puis, tu sais, tantôt, Loïc, tu parlais de... Ah, les livres, c'est des kilos. Pour que je fasse la conversion. Je pense que c'est 75 kilos à peu près. 70-75 kilos.

SPEAKER_02

Le poids de la Joëlette, si je ne me trompe pas, c'est 24-25 kilos, si je ne me trompe pas. Et Sam... parce qu'il y avait un poids quand même... à ne pas dépasser, parce qu'on s'entend. Tu ne pouvais pas peser 100 kilos. Donc Sam, désolé, je vais te le dire en livres, Loïc, tu vas convertir, mais il fait 117 livres. Donc en kilos, je suis désolé.

SPEAKER_05

Donc ça fait 53

SPEAKER_02

kilos. Bon, ben c'est ça. Donc lui, là, c'est comme un boxeur professionnel. Chaque mois, on le pèse. Et s'il dépasse le poids, il doit faire un régime. Non, c'est pas vrai. Donc

SPEAKER_05

Samuel, en gros, à peine moins de de 55 kilos et la joaillette vous avez dit c'est une vingtaine de kilos c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

c'est à peu près ça ouais ah ouais donc c'est

SPEAKER_05

quasiment

SPEAKER_02

80 kilos il va falloir que je regarde quand même je vais demander le poids de la joaillette mais je pense que ça fait 24 kilos je crois d'accord ouais

SPEAKER_05

Ok, et donc ça, entre 75 et 80 kg à porter. Et donc, tu disais, les modifications que vous avez apportées, c'est que les harnais devant et derrière, en fait, tout le poids... La roue va servir à quelque chose ou la plupart du temps, elle sera en l'air et le poids sera réparti sur les harnais?

SPEAKER_03

Non, c'est ça. Dans le fond, quand on fait rouler la roue, c'est vraiment plus facile. Puis, il y a une partie du poids qui est comme sur la roue. Mais quand on arrive dans des sections techniques ou des montées, typiquement, ça... On ne se servira pas de la roue, tu sais, dépendamment comment le terrain est accidenté ou etc. Donc nous, on s'entraîne exclusivement à porter parce que c'est la situation la plus difficile. Puis un peu comme on va à la salle de gym puis on lève des poids, bien on s'entraîne déjà dans des conditions plus difficiles en s'attendant à ce qu'on soit prêt à la diagonale. Puis tantôt, tu

SPEAKER_05

parlais... Pardon, Philippe, juste sur ce point-là, pour que ce soit clair, j'ai plein de questions. Tu vois, techniquement, comment vous l'avez fait. Les harnais, en fait, ils viennent se prendre où? Au niveau des hanches, c'est ça? Ou sur les épaules?

SPEAKER_03

Non, on a eu une recommandation de Patrick de Aragi, qui a une très grande expérience au niveau de la diagonale des fous en joaillette, qui nous a recommandé des harnais d'escalade. Nous, typiquement, c'est un harnais de pédale aux épaules. Fait que, tu sais, un baudrier torse. Nous, on l'utilise, mais avec des mousquetons vers le bas. Au lieu de s'attacher au torse, chaque gance, on les attache de chaque côté de la joaillette. J'essaie de passer à une image. Du

SPEAKER_05

coup, le poids, il est plutôt au

SPEAKER_03

niveau du haut du corps, c'est ça? Exact, sur les épaules. Ah oui, d'accord. Encore là, on fait des tests. Moi, j'ai acheté différents types de harnais parce qu'on s'est fait recommander ça, mais pour certaines personnes, c'est inconfortable. C'est un peu de gérer tout ça. On arrive avec le sourire, comme Stéphane disait à la fin du portage, mais il y a des petites douleurs aux épaules quand même à cause du matériel qu'on utilise. Tu m'étonnes. Ça fait partie du défi. On sait qu'on ne sera pas dans des conditions parfaites non plus.

SPEAKER_02

Non, parce qu'en fait, tu sais, comme on n'est pas les premiers à participer à la Diag en Joëlette, puis... Philippe l'a mentionné, on ne peut pas arriver comme ça, fanfaronné, en disant, et nous on s'inscrit, non, non, il faut passer des étapes, et là, on est passé par RAJ, qui est Réunion Aventure Joëlette, donc qui nous a accepté Donc, on va participer à leur côté. Et c'est eux qui nous ont dit comment adapter la joaillette. Parce que depuis toutes ces années, les joaillettes sont adaptées de la même façon. Mais comme dit Philippe, on va essayer peut-être de trouver une autre solution au niveau des harnais. Ou alors, on va se doper, puis on va cavaler dans les

SPEAKER_05

sentiers. Oui, parce que ça fait... En plus, le poids... Je suppose qu'il n'y a pas beaucoup de sections vraiment plates sur la diagonale des fous donc ça veut dire qu'il y a une énorme partie du poids qui va être répartie qui va être plutôt sur l'un des deux porteurs et ça va enfin ouais c'est j'ai du mal en fait à m'imaginer comment c'est gérable avec autant de poids un effet d'inertie de balancier dans des sections méga techniques où il peut y avoir par exemple une pente d'un côté une falaise enfin un mur vertical de l'autre le défi il est quand même incroyable Incroyable,

SPEAKER_02

hein

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est là qu'il faut s'aimer tous, parce que s'il y en a un qui ne t'aime pas, tu lui fais un croche-pied, puis elle part dans le ravin. Il y a des choses aussi, c'est que quand on porte, on a les mains libres. Donc, on peut faire une chaîne humaine, tu sais, à l'avant. C'est exactement ça que toutes les équipes font. Quand c'est en montée, avec un très gros dénivelé, on fait une chaîne humaine. La personne qui est à l'avant prend la main libre. Et il y en a d'autres qui poussent derrière aussi. Donc c'est pour ça qu'on est 26, on se relaie, mais tout le monde va aider dans l'effort collectif. Parce que quand ça va monter, on fait une chaîne humaine, on a 2-3 personnes à l'arrière qui poussent le porteur. Donc c'est vraiment collectif le travail.

SPEAKER_05

Vous arrivez déjà à savoir combien de porteurs au maximum se retrouvent autour de la joaillette sur certaines sections

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Parce que je suppose qu'il y a des sections roulantes où 3 ou 4 personnes suffiront, mais peut-être que d'autres, il en faudra plus. Vous avez une idée de ce que ça représenterait, ces sections peut-être plus techniques où il faut plus de

SPEAKER_03

monde? Pour le moment, selon nos expérimentations, en termes de chaîne humaine, c'est souvent là que l'effort est nécessaires d'être partagés. On se rend jusqu'à quatre personnes. Plus que ça, ça part un peu en efficacité, mais quand on regarde les autres équipes, par exemple, quand ils partagent des images de la diagonale, tu vois, il y en a qui font deux fils de chaîne humaine d'environ quatre personnes. Nous, on fait une monofile pour l'instant. Ça dépend des sections, tu sais, comme une expérience qu'on vit. C'est que nous, quand on fait nos entraînements, on essaie d'être parmi la communauté, donc on se joint à des événements de trail Quand les coureurs arrivent, on n'a pas le choix de faire la file indienne. Encore là, ça nous pratique indirectement à vivre des sections où on ne peut pas avoir des porteurs de chaque côté. L'effort est plus difficile pour les porteurs qui doivent gérer l'effort à 100%, l'équilibre. Souvent, le rythme descend un peu. Quand on descend des grosses pentes, c'est difficile pour le porteur à l'avant d'être la seule personne qui met les freins. Souvent, typiquement, il va y avoir deux personnes de chaque côté qui vont se prendre à près à la joëlette, puis là, nous, quand on parlait de communication tantôt, quand on est rendu à cette étape-là, bien là, le porteur en avant, il va crier« frein». Puis là, ça notifie les gens que, bon, bien, ça nous prend deux freins en avant, puis c'est pas des freins mécaniques, c'est des freins humains, là. Puis en ce moment, c'est là qu'on en est, mais tu sais, on a plein d'autres activités de prévu, fait que, tu sais, à chaque fois, on va comme peaufiner un peu nos techniques en considérant qu'est-ce qu'on va vivre, qu'est-ce qu'on s'attend de vivre à la diagonale.

SPEAKER_05

Sur les 26 porteurs, vous parliez, c'est Stéphane tout à l'heure qui disait qu'il y avait des porteurs et des porteuses. Elle est constituée globalement de qui cette équipe

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Vous avez combien de femmes

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Est-ce que Stéphane, tu es le seul à être dans une situation de... je n'aime pas dire de handicap ou d'invalidité, qui est un peu les termes qu'on utilise, mais en fait, tu ne l'es pas du tout puisque tu vas être porteur. Donc, tu es clairement carrément valide, mais est-ce que tu es le seul à avoir cette spécificité, on va dire,

SPEAKER_00

ou il y en a d'autres? Moi, ce que j'aime dire, c'est que je suis à mobilité réduite. Donc, je fais la même distance, c'est juste que des fois, c'est un petit peu plus long. Mais non, sinon, on était à peu près, corrigez-moi les gars, je suis maintenant On est à peu près 50-50, je dirais, autant d'hommes que de femmes. On a même, même dans les âges aussi, on a notre plus jeune participant qui a 16 ans. Léonard, dans le fond, ou 15, non, 15 ou 16, non, 16 ans, il me semble. Oui,

SPEAKER_02

il aura 16 ans l'année prochaine quand il

SPEAKER_00

va participer. Oui, c'est ça. Fait que, présentement, il a 15 ans, dans le fond. Puis, notre doyen, je pense, Éric, qui était le padré, dans le fond, a perdu son titre du doyen.

UNKNOWN

Donc...

SPEAKER_00

Avec Jocelyn, je pense. On est quand même assez inclusifs. L'objectif de RAS, c'est d'être le plus inclusif possible. Je pense que c'est un reflet de nos participants. Autant d'hommes que de femmes. Moi, qui est en mobilité réduite. Léonard, qui a 15 ans actuellement, qui va avoir 16 ans l'année prochaine. Jocelyn, je pense, c'est notre plus vieux participant. Jocelyn

SPEAKER_02

aura 67 l'année

SPEAKER_00

prochaine. C'est un peu le portrait de nos valeurs. qu'on

SPEAKER_05

veut démontrer donc être inclusif on prêche par l'exemple ouais ce qui est ce qui est particulièrement inspirant et qui rend le message encore plus fort en tout cas de mon point de vue un peu extérieur Samuel qu'est-ce qui fait que pourquoi Samuel est-ce que c'est la rencontre avec Samuel qui a amené du coup peut-être Eric à la décision que ce soit la Diag parce que c'était aussi un rêve à lui ou Comment tout ça s'est imbriqué

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Comment est-ce que vous en êtes arrivé à dire, OK, c'est Samuel qui sera dans la

SPEAKER_02

joaillette

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si je peux me permettre, déjà, Samuel participait à beaucoup de nos événements de course. Donc, ses parents ont côtoyé ses parents, ont côtoyé Samuel. Puis, remplissez un peu tous les critères parce que Samuel a une maladie dégénérative. Puis... Ce Samuel-là parlait souvent de mort, parce que là, Samuel, lui, il aura 30 ans quand il va participer à la diague et son espérance de vie était jusqu'à l'âge de 15 ans. Donc là, c'est du surplus pour lui. Et c'est vrai, les gars, vous m'arrêtez si je dis des bêtises, mais il parlait toujours de mort, mort, mort, mort. Et depuis qu'il a intégré... Le groupe, pour la diag, il ne parle plus de mort. Il dit, c'est quand la prochaine activité

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Donc, il vit son moment à fond, son moment présent. Et il est très, comment dire, tu sais, il observe, hein

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

quand il voit que ça ne va pas, il dit« on n'est pas une équipe». Quand c'est lui qui le dit, on prend notre trou et on se dit« bon, il va falloir qu'on corrige certaines choses». Et un autre critère, comme je l'ai dit précédemment, c'était le poids, parce qu'on ne pouvait pas se permettre de mettre une personne trop lourde. On a dans notre équipe de soutien notre Denis qui est en fauteuil roulant, mais il fait presque… il dépasse le critère, je ne vais pas dire son poids. Donc c'était soit… il faisait un régime alimentaire où on lui coupait les deux jambes, mais il n'était pas d'accord. Donc, on a dit, on va prendre Sam, mais il est quand même avec nous, il va être dans l'équipe de soutien. Donc, en gros, c'est ça, c'est que Sam, il remplissait vraiment tous les critères.

SPEAKER_03

Puis, tu sais, Sam aussi, je voulais juste ajouter, Sam, au-delà de participer à la DIAG, tu sais, il participe aux courses inclusives, là, c'est rendu qu'il fait du para-escalade, il fait du décaqué, fait qu'il est très actif, mais ça n'a pas toujours été le cas, puis là, bien, dans le fond, comme Éric disait, quand il veut savoir c'est quoi la prochaine activité, bien, premièrement, c'est pas juste la DIAG, c'est toutes les activités, puis, tu sais, ça a juste, tu sais, ça a été un élément déclencheur, puis à travers la DIAG, tu sais, les gens qui participent sont au aussi bénévole aux autres activités. On franchit un peu de plus. C'est un nouveau cercle social pour lui. Je pense que c'est des deux côtés. Il y a un échange, comme Éric disait. Nous, ça nous apporte quelque chose de positif, puis lui

SPEAKER_05

aussi. Et donc, si on peut en parler, c'est vrai que je n'ai pas pensé à poser la question avant, mais la maladie qu'il a, qu'est-ce que c'est et l'impact, c'est quoi? Il peut se déplacer partiellement ou pas du

SPEAKER_02

tout? Alors, il a le syndrome Louie- bar, donc pour ceux qui nous écoutent, faites des recherches, ça va vous instruire. Mais si tu veux, Sam, il faut l'aider, il a des besoins spécifiques. Il est en fauteuil roulant, donc il faut l'aider pour manger, pour la prise des médicaments, pour l'aider pour s'habiller, quoiqu'il est toujours torse nu, il a toujours chaud, mais bon. Puis pour aller aux toilettes. Il a besoin d'aide, mais ça se fait très bien, parce que il y a une très bonne communication, puis ça va tout seul, mais il a besoin d'aide.

SPEAKER_05

D'accord. Donc, comment est-ce que lui se prépare à cette épreuve

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Parce qu'évidemment, même s'il sera dans la joëlette, c'est un effort, c'est un défi physique et mental énorme pour lui aussi, ne serait-ce que pour l'endurance. Moi, je pense à ça. Les porteurs, vous allez vous relayer, donc ça veut dire que potentiellement, même s'il y aura peu de repos, mais vous pourrez vous reposer à un moment donné, lui sera tout le temps dans la joëlette, si je ne me trompe pas. Donc, l'alimentation, les besoins essentiels

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

le sommeil, comment est-ce que vous l'abordez tout ça pour lui spécifiquement

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Déjà, Sam, lui, s'entraîne chez lui tous les jours. Il a une petite salle de gym que ses parents lui ont installée. Donc, lui, il s'entraîne pour augmenter sa capacité thoracique, pulmonaire, etc. Et puis, renforcer ses abdominaux, etc. Ensuite, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que lorsqu'on va participer à la Diag, on a mentionné Air Agir, Réunion Aventure, Joëlette, c'est eux qui s'occupent des ravitaillements, etc., de tout ce qui est logistique. Donc, nous, quand on arrive, on est vraiment privilégié. Il y a toute l'équipe de RAJ qui vont être là et on n'aura pas à cuisiner ou quoi, ça sera déjà prêt. Donc, il suffira juste d'apporter l'aide nécessaire à Samuel, mais il va falloir répartir avec les différents porteurs que ça ne soit pas juste une ou deux personnes qui s'occupent de Sam pendant les quatre jours parce que ça ne tiendra pas la route, on va être épuisé. Donc, il faut qu'il y ait une répartition des rôles.

SPEAKER_03

Puis moi, j'ajouterais aussi qu'il y a, dans le fond, un élément que Sam a vraiment développé, c'est la notion de confiance, au sens où, oui, tu sais, de se côtoyer dans un contexte sportif, c'est une chose, mais là, tu parlais de besoins essentiels. Je pense que Sam, tu sais, puis moi, je vois comme une amélioration d'activité en activité, mais il faut vraiment qu'il développe la confiance, puis il y a des liens qu'il y a plus avec certaines personnes que d'autres, mais à la diag, c'est tout le monde qui va falloir qu'il soit assez à l'aise pour l'assister, tant pour manger que pour ses besoins. Ça, c'est un gros élément qui est quasiment important pour tout le monde. Tantôt, on parlait de portée, de frein, de changement. Il faut qu'entre coéquipiers, on se fasse confiance. Je dirais que ça aussi, c'est quelque chose qu'on développe à toutes les sorties, dans le fond.

SPEAKER_05

pour le sommeil vous avez déjà une stratégie qui est plus ou moins établie notamment pour lui est-ce que le schéma un peu classique quand on le fait en solo c'est finalement de quand même très peu dormir est-ce que ça va être votre approche aussi pour essayer de gagner du temps même si évidemment la notion de chrono vous êtes au-delà de ça c'est l'humain c'est l'inspiration à travers une réalisation sportive incroyable mais est-ce qu'il y a quand même une stratégie autour du sommeil que vous avez déjà déterminée

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si je peux me permettre, les gars, c'est-à-dire que là, il y a un tracé spécial pour les joaillettes. Donc, on ne va pas rencontrer forcément les coureurs. C'est vraiment un tracé particulier, spécifique. Et puis, chaque soir, on s'arrête, on dort. Mais on ne dort pas pendant 8 heures. Par exemple, la première et la deuxième journée, on part, je crois, Patrick nous avait dit, 20h30, on arrive à un point vers 23h, on prend un autobus qui nous dépose à un endroit, on arrive à 3h et on repart pour la journée mais sinon on va dormir peut-être un minima mais je pense que la fatigue aidant on va tomber comme des pierres on va tous dormir, on va faire des réveils des cadrans solides pour nous réveiller mais Sam tu sais on fait une levée de fond ici chaque année maintenant on fait un 24 heures c'est à dire que pendant 24 heures tu cours, tu marches tu fais du vélo, tu fais ce que tu veux mais pendant 24 heures et Sam l'a fait l'année dernière, son 24 heures sans dormir. Donc, lui, parfois, il faut lui rappeler certaines choses en disant, c'est important que tu dormes, c'est important que tu bois, c'est important que tu manges. Donc, c'est tout ça, parce que lui, il ferait tout comme ça, sans dormir.

SPEAKER_00

Il faut le rappeler à l'homme, parfois. Il va me frapper. Comme on disait à la blague, des fois, on avait le droit de l'échapper une à deux ou trois fois, mais... la blague Puis, tu sais, pour ajouter à ça aussi, notre dernière course, on l'a fait, tu sais, on a débuté de nuit aussi. Tu sais, ce qu'on avait fait, là, on est partis à trois heures de la nuit, justement, pour se mettre dans des conditions un peu d'instabilité. Donc, tu sais, on aborde un peu cet aspect-là de fatigue ou zone d'inconfort, justement, pour se préparer, dans le fond, à justement être là-bas.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_05

toi Stéphane tu l'abordes comment cette épreuve parce que c'est quand même c'est un terrain qui est réputé super technique ta situation à mobilité réduite t'as une complexité à gérer en plus c'est quand même vachement impressionnant de se dire encore une fois déjà avec ta situation à mobilité réduite c'est un défi incroyable mais y aller en tant que porteur avec la responsabilité de faire partie des 26 qui vont assister Samuel c'est quand même super impressionnant est-ce que toi tu dirais qu'il y a une valeur un peu particulière dans ton cas spécifiquement avec cette

SPEAKER_00

diagonale ouais en toute honnêteté c'est sûr que j'ai une petite anxiété angoisse à ce niveau, effectivement. Je ne m'en cacherai pas. Je l'ai partagé aussi à certains, comme à Éric Kitsi, dans le fond. Il y a quelques moments, j'avais une certaine anxiété. C'est sûr que dernièrement, moi, j'ai réalisé un défi personnel, dans le fond, pas l'été passé, mais l'autre, qui m'a donné une certaine confiance, justement, que je pouvais être... Surtout, mon souhait, c'est d'être un participant en intégralité dans le fond de tout ça et non d'être un poids, c'est un peu l'anxiété puis le... les doutes aussi que j'avais, mais tu sais, je pense que avec les dernières activités dans la course qu'on a fait, tu sais, ça a été quand même assez révélateur pour moi, tu sais, c'était un peu ce qui m'a donné la confiance puis le go pour continuer, justement, j'avais dit à certaines personnes, la course qu'on avait fait cet été au début juillet, c'était pour moi, c'était le moment décisif, si je poursuivais ou je préférais me retirer, puis finalement, tu sais, j'ai été de compléter. Suite à ça, je me suis embarqué à fond. J'étais déjà embarqué à fond, mais ça m'a donné la confiance de donner le go et de voir vers l'avant et non plus en arrière et d'y aller avec une confiance. pour la suite des choses. C'est quoi cette épreuve

SPEAKER_05

que tu as réalisée en solo qui t'a fait un bon boost de confiance?

SPEAKER_00

C'est la traversée de la Gaspésie, c'est le CIA, c'est le Sentier international des Appalaches, le GR1, qui a fait ça depuis 2015. Les 100 Gaspésies, c'est une randonnée, une longue randonnée de 650 kilomètres que j'ai fait l'été 2022. Éric, d'ailleurs, est venu faire une petite séance avec moi parce que j'ai amassé des fonds pour des organismes et j'avais amassé des fonds pour RAS. Éric est venu faire un petit bout. Le fait de le compléter, de le réaliser, ça m'a donné une confiance et ça m'a démontré que J'étais capable encore de réaliser certains défis quand je me lançais et que je me focussais sur ça. C'est suite à ça, justement, d'ailleurs, qu'Éric m'a approché pour la diag. Vu que je pense qu'il est venu avec moi, il a expérimenté. Il m'a dit, OK, c'est correct, tu peux faire partie de la

SPEAKER_05

gang. Tu m'étonnes. 600 kilomètres, tu as dit? 650

SPEAKER_00

kilomètres? 650, oui. Wow. Et donc,

SPEAKER_05

Donc là, tu étais en sac à dos avec ta prothèse sur les 650 km.

SPEAKER_00

Oui, exactement. Dans le fond, mon sac à dos, ma prothèse, mon chien, dans le fond, qui l'a fait avec moi. J'ai de la famille qui m'a accompagné, des amis, puis des amis aussi, dont Éric, qui faisait partie de l'RAS, qui m'a accompagné aussi sur certaines sections.

SPEAKER_05

C'était quoi ton... Pardon,

SPEAKER_00

vas-y. Non, mais c'est ça, c'est suite à ça que je me suis lancé dans le projet. Puis, tu sais, évidemment, après ça, c'est une chose de le réaliser seul, mais le réaliser en équipe, après ça, ça a été l'événement de cet été-là qui m'a donné la confiance aussi de poursuivre, de le faire aussi avec la gang. Puis la gang aussi, tu sais, est super, c'est comme on le disait au début, tu sais, on... Tout le monde a un peu les mêmes valeurs. L'ambiance est le fun, on a toujours du plaisir, c'est souriant. Ça aide aussi à... à se motiver et à donner la motivation aussi

SPEAKER_03

de poursuivre. C'est un effet de groupe. Oui. Si je peux ajouter, Stéphane, c'est sûr qu'on le voit quand il a sa prothèse, qu'il y a une amputation, mais quand il participe, pour que les auditeurs soient clairs, il porte vraiment également que tout le monde. Si ce n'était pas de sa prothèse, on ne le saurait pas qu'il y a une amputation. Puis je pense que, comme qui dit, la première sortie, je pense que la personne qui avait le plus de doute, c'était Stéphane. Mais l'équipe a été comme complètement abasourdie par la force qu'il y avait. Autant, tu sais, il y a eu une difficulté à porter devant, mais plus derrière. Puis encore là, Stéphane portait devant, derrière. Je pense que tous les coéquipiers avaient confiance quand ils étaient avec lui. Fait que, tu sais, on parle d'invalide valide. Moi, Stéphane, j'ai aucun doute à sa capacité à se joindre à nous. Il était super

SPEAKER_02

fort. Puis je me permets de renchérir parce que c'est drôle la perception des choses. Quand Stéphane était venu à un moment donné me parler de tes doutes, puis moi, j'avais été tellement surpris parce que pour moi, je n'avais aucun doute. J'étais surpris même quand Stéphane m'avait partagé ses doutes, sa réflexion quant à sa participation. Est-ce que je vais être capable

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que je vais être un poids

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je ne m'étais jamais posé cette question. Ça m'a surpris parce que j'ai dit, s'il y en a un sur qui je ne doute pas, c'est lui. Stéphane, en plus d'être un bon porteur, c'est un maudit bon gars. Donc, Là, on est en train de se flatter, mais c'est vrai. On a une belle équipe, Stéphane. solide et très, très bon médiateur

SPEAKER_03

pour l'équipe aussi. Puis, tu sais, on n'en a pas trop parlé, tu sais, de la composition de notre équipe. Oui, c'est 50-50% hommes-femmes, mais il faut aussi, comme mentionné, la disparité de notre groupe. Fait qu'on a des coureurs de trail qui sont expérimentés, on en a qui ont fait des 160 kilomètres, mais on en a aussi qui ont eu la COVID longue, qui sont partis de l'inactivité, puis cet objectif-là de Diagonal les a motivés à reprendre leur santé physique en main. Puis déjà, là, maintenant, on voit des progrès énormes. Puis je pense que ça encourage tout le monde. Fait que oui, on a quelqu'un qui a une amputation, mais on a toutes sortes de personnes qui se sont rassemblées autour de tout. Puis, tu sais, personnellement, moi, je vais le dire, là, tu sais, Éric, il a fallu qu'il me convainque d'aller à la Diagonale. Puis je suis là, ouais, moi, je veux comme inspirer les gens, je veux créer une communauté, mais le projet de la Diag me rejoint moins. Mais là, maintenant que j'ai fait des entraînements avec la gang, tu sais, je comprends, tu sais, la richesse de ce projet-là. Puis je te je dirais que c'est mes autres coéquipiers qui m'inspirent à poursuivre. Puis j'ai envie de vivre cette expérience-là avec

SPEAKER_02

eux, vraiment. Puis c'est un travail personnel pour le bien-être collectif. Parce que, comme je le dis à toute la gang, on a chacun nos caractères, nos têtes de cochon. Non, mais c'est vrai, il faut mettre... Toutes nos affaires de côté pour le bien collectif, si on veut y arriver. Il y a des choses qui ne nous... Tu sais, on n'est pas d'accord avec certaines interventions. On va le formuler, mais intelligemment, pour construire quelque chose de fort. Parce que notre objectif, c'est de démontrer, comme on l'avait mentionné depuis le début, que tout est possible pour monsieur et madame Tout-le-Monde, mais sans donner les moyens.

SPEAKER_05

est-ce que Samuel du coup lui il se positionne un peu en chef d'orchestre dans le sens où il est entouré de porteurs mais peut-être moins dans le feu de l'action il peut avoir peut-être ce regard un peu externe et vous dire ce que tu signalais tout à l'heure je crois Eric attention là on perd l'esprit d'équipe attention là il y a peut-être une communication qui est plus qui devient je sais pas trop négative il a ce rôle aussi lui de un peu de garde-fou, de chef d'orchestre pour les 26

SPEAKER_02

porteurs

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il prend le rôle.

SPEAKER_05

génial Eric ou Stéphane je ne sais plus lequel des deux vous parliez de lever de fond c'est Eric quand tu nous parlais du challenge sur les 24h ça fait partie des sujets que j'essaie d'aborder maintenant parce qu'on m'a fait plusieurs fois le retour en me disant c'est super c'est un récit d'aventure d'expédition de gens qui se dépassent mais concrètement comment est-ce qu'ils font financièrement donc je vous pose la question RAS en tout cas un projet comme la Diagonale des Fous à 26 personnes avec une joaillette modifiée etc ça représente quel budget

SPEAKER_02

environ

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En fait on est 26 porteurs on a Sam donc l'équipe est constituée de 27 personnes puis à côté on a 3 personnes en soutien logistique c'est à dire la logistique pour eux ça va être quand on va être sur place à l'île de la Réunion bon ben aller faire en fait ça va être nos esclaves ils vont faire l'épicerie les courses comme on dit en France puis il y aura 2 autres personnes à côté, la famille de Sam. Donc, en tout, nous serons 32 personnes. Puis, c'est un budget d'environ 200 000 dollars canadiens.

SPEAKER_05

Wow, ok. Et ça, les fonds, vous les réunissez, ça vient d'où

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

C'est un mélange de crowdfunding, de financement public

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, chaque participant a un montant à verser pour le projet. Et puis là, on est en train d'aller voir des des futurs partenaires financiers, etc. Puis tous les dimanches, on a repris la messe, on prie très fort. Non, on plaisante là, mais c'est sûr que c'est une source de stress, mais on a confiance. Là, il y a des chercheurs, Philippe, il va y avoir un projet de recherche sur le projet. On est en train de regarder aussi pour avoir un documentaire. Donc tout ça va peut-être permettre de faciliter de trouver des partenaires financiers.

SPEAKER_03

Puis au sein de l'équipe, on a fait des sous-comités ou des sous-groupes. Stéphane, d'ailleurs, lui, il est plus sur la préparation physique et mentale. Moi, je m'occupe un peu plus avec une équipe des communications. Puis on a un aussi qui est spécialisé sur les commandites. Contrairement aux athlètes qui ont peut-être un parcours plus solo, qui sont probablement appuyés par des proches, bien là, nous, on est 27 plus l'équipe de soutien. Ça veut dire qu'on peut peut-être un peu plus se répartir la tâche. Là, on commence, mais on a un très bon plan de commandite. Je pense qu'on a quand même quelque chose de valeur à offrir à ces commanditaires-là. On mise beaucoup là-dessus. Par contre, chaque participant est conscient que si on n'atteint pas nos objectifs, ils vont devoir défrayer les frais de leur aventure eux-mêmes. Mais c'est sûr que nous, parce qu'aller chercher des commanditaires, ce n'est pas juste pour payer l'aventure, tu sais. c'est aussi une occasion de rayonner. Puis après ça, pour RAS, ça fait des partenaires qui permettent de parler d'inclusion, parler de mobilité réduite, qui est souvent pas quelque chose qu'on entend dans le jargon entrepreneurial ou chez les citoyens, on va dire, les moldus qu'on appelle réguliers. Fait qu'on a un objectif aussi d'inspirer les gens à considérer un peu plus les personnes handicapées là-dedans.

SPEAKER_05

Tu viens de mentionner que Stéphane, son comité, c'est plutôt la partie préparation physique et mentale. Du coup, ça m'amène une question, Stéphane. La partie mentale, comment est-ce que vous la travaillez

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Alors, tu as évoqué quelques actions que vous avez faites où vous partez la nuit pour simuler un peu des situations que vous avez retrouvées sur la diagonale. Mais est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce qui est mis en place pour faire en sorte que ces 27 arrivent fin, prêt, physiquement et mentalement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Exact. En fait, je ne suis pas seul dans ce comité-là. On est cinq participants. Il y a moi, Jean-Christophe, Sylvie, Il y a Dominique puis Charlotte, dans le fond, donc cinq participants qui ont se réuni, dans le fond, puis l'objectif, c'est de faire un peu des consolidations d'équipe. Donc, on a déjà fait une en avril dernier où on va aller un peu cibler les objectifs un peu spécifiques pour justement aborder soit nos exemples qu'on a eus en avril, tu sais, le contrat de valeur, donc qui met un peu les bases d'une... d'une équipe, en fait, sur les choses sur lesquelles tout le monde est d'accord dans l'équipe, puis les choses sur lesquelles on peut aller s'appuyer quand il arrive des événements par la suite ou des petits accros, donc on peut aller s'appuyer là-dessus sur notre contrat de valeur. Puis suite à ça, on en a une prochainement, dans le fond, au mois de janvier, qu'on va en refaire une qui va être un peu un 12 heures, 24 heures où on va aller cibler des objectifs spécifiques, justement, de communication, qu'est-ce qu'on s'entend qu'il y a qui paraît importante, se mettre dans des situations un peu d'inconfort, que ce soit la nuit ou aller faire des... On va aller faire des jeux, des activités où on va faire émerger peut-être certaines situations. Puis l'important après ça, c'est d'en parler en équipe, de faire des debriefings avec ça aussi pour justement aborder ces situations-là avant qu'ils puissent se reproduire là-bas. Puis il y a des bonnes chances, mais au moins, on va les avoir abordées puis également solutionner, mais tu sais, ça va nous donner au moins une base quand ces situations-là arriveront. Puis sinon, ponctuellement, tu sais, c'est ça, il va y avoir le 24 heures qu'Éric a parlé aussi un peu plus tôt, qu'on a fait déjà, qu'on va refaire. Toutes ces petits moments-là, ces petites situations-là, on en profite justement pour s'assurer puis pratiquer notre cohésion d'équipe-là.

SPEAKER_05

Tu viens de me faire penser, en termes de cohésion d'équipe et de se mettre dans des situations un peu compliquées, je n'arrive pas à retrouver le nom de l'épreuve, mais vous avez un truc là, à Québec, il faut traverser le Saint-Laurent à moitié gelé pour aller à Lévis de l'autre côté, en canot, machin, ça peut

SPEAKER_02

être pas mal. Toi, en fait, de faire des recherches, ce n'est pas

SPEAKER_05

bon. Vous la connaissez, cette épreuve

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Vous voyez ce que c'est

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Je ne sais pas à quel point elle

SPEAKER_00

est connue. Oui, ce n'est pas dans le titre du Cardinal de Québec

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je ne sais

SPEAKER_05

plus je pense parce que j'étais allé à Québec justement pour un événement donc il devait y avoir quelque chose et je me rappelle avoir vu on prenait un chocolat chaud alors ça commence à dater mais c'est quoi ce superbe hôtel l'ancien château hôtel Frontenac ou quelque chose comme ça au sommet de Québec château Frontenac et je me rappelle avoir vu ces groupes là qui partaient avec leur espèce de canot en combinaison intégrale en plein hiver avec la glace qui dérivait sur le Saint-Laurent il neige et je me disais qu'est-ce que c'est que c'est Maboulou ça doit être une bonne épreuve de cohésion

SPEAKER_03

mais il y a pas le canon à glace le canon à glace

SPEAKER_00

Je prends ça en note. Je prends ça

SPEAKER_02

en note. T'es poli. C'est bon. Dis-lui que tu prends en note. On

SPEAKER_05

va le laisser tomber. En tout cas, si vous le faites, vous ne leur dites pas aux autres que ça vient de moi. Ok, super. Et donc, d'un point de vue organisation, vous allez partir combien de temps à l'avance

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Est-ce que vous allez faire en sorte d'être quelques temps avant le début de l'épreuve sur place déjà pour vous habituer, ne serait-ce qu'au climat, etc.

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On attend, je crois, 7 heures avant de reprendre un avion pour aller à l'île de la Réunion. Donc, l'épreuve en 2024, c'est du 17 au 20 octobre. Donc, on pense arriver le 13 octobre à l'île de la Réunion pour avoir au moins 4 jours d'acclimatation.

SPEAKER_05

Pour le coup, c'est une vraie acclimatation parce que vous aurez peut-être 20 degrés d'écart avec le Québec déjà à cette période

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça va dépendre. La température en octobre, ça va nous faire du bien d'avoir de la

SPEAKER_05

chaleur. Génial. Génial. Alors, Encore une fois, c'est assez clair que le chrono n'est pas un objectif, mais est-ce que vous arrivez à peu près à estimer, tu parlais tout à l'heure, Stéphane, non, Éric, je crois, de quatre jours. Ça reste quelque chose sur lequel vous allez garder un œil ou si c'est quatre jours et demi, cinq jours, ce sera quatre jours et demi, cinq jours.

SPEAKER_02

Non, c'est vraiment quatre jours. C'est du 17 au 20. Mais non, nous, on ne regardera pas du tout la montre.

SPEAKER_03

Absolument pas. Il y a quand même un minimum à atteindre, puis on On a comme un objectif au moins de suivre la gang d'aérogies. Mais on n'a pas des objectifs de finir premier ou peu importe. On veut être en mesure de suivre. C'est entre autres pour ça qu'on se prépare autant. On veut arriver là et quand même montrer notre sérieux dans notre approche à cette aventure-là.

SPEAKER_00

Génial. C'est de passer le fil d'arrivée. Pardon, vas-y Stéphane. Non, je dis ça tout à fait. Ça va être de passer le fil d'arrivée en fait. c'est l'objectif

SPEAKER_03

final. Avec tout le monde, on ne veut pas en laisser un à mi-chemin

SPEAKER_00

quand même. Effectivement.

SPEAKER_05

S'il y a des gens qui veulent vous suivre, alors, pour la phase de préparation, mais aussi lors de l'épreuve, si c'est déjà quelque chose que vous avez imaginé, on peut le faire via quoi? Un site? Les réseaux?

SPEAKER_03

Oui, sur les réseaux, tous nos identifiants, c'est DDFI 2024. Instagram, Facebook. Puis là, pour l'instant, on a un site web qui est aussi DDFI.com, mais qui n'a pas été populé. Donc, à voir d'ici la diffusion si ça a été populé mais c'est sûr que d'ici le défi on va mettre du contenu mais la meilleure façon de suivre nos nouvelles c'est Facebook et Instagram

SPEAKER_05

Peut-être pour doucement se rapprocher de la conclusion et là c'est plus une question par rapport aux 24 autres porteurs du projet enfin porteurs et Samuel vous diriez de votre perspective vous diriez qu'est-ce qu'ils trouvent ces gens-là à travers RAS si vous deviez un peu synthétiser on a parlé de plein de choses de vos parcours à vous ce qui vous motivait dans ce projet ce que vous y avez trouvé mais les 24 autres si on leur donnait le micro là ils mentionneraient quoi comme comme expérience différenciante ou en tout cas la façon dont le projet les a fait grandir eux en tant que personnes

SPEAKER_02

mais quand tu parles de projet tu parles essentiellement de la diagonale des fous

SPEAKER_05

je parle de la diag mais en fait en réalité voilà la diag c'est un peu comme disait Philippe la série sur le Sunday mais il y a plein d'autres expériences disons plutôt

SPEAKER_02

RAS tu vois RAS là ce qu'on nous dit c'est que souvent on nous dit il n'y a rien de compliqué et tout est possible avec vous et c'est de prendre les gens comme ils sont on ne regarde pas leur incapacité on regarde leur capacité qu'est-ce qu'ils peuvent faire parce que lors de courses parfois il y a des personnes qui prennent place dans les cartus mais qui sont capables de marcher sur 20 mètres. On leur propose, on leur dit, est-ce que ça tente de faire les derniers 20 mètres tout seul

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est ça, donc on n'est pas là pour les... On est là pour partager, puis c'est ça, moi je dis, il n'y a absolument rien de compliqué, tout est possible et on prend vraiment en considération chaque personne. On valorise chaque personne.

SPEAKER_00

Oui, excellent. Moi, j'adopterais à ça, je pense que c'est des valeurs humaines aussi qui ressortent de ça. Ce qui rejoint un peu Eric, c'est la bienveillance, la communication, le respect de soi des autres aussi. Puis, un autre élément important, c'est le plaisir. On arrive là, le monde, c'est plaisant. Il y a une belle ambiance. Le monde... Il doit repartir avec un sourire. C'est pas forcé. Ça vient naturellement. Je pense que c'est toutes les valeurs humaines aussi qui en ressortent de part et d'autre. C'est un partage. Ça crée une communauté. Il y a ça aussi,

SPEAKER_03

je pense. Moi, j'abonderais dans le même sens. Moi, ce qui m'impressionne tout le temps chez RAS et à la DIAG, c'est l'ouverture des autres participants. Je pense que ça serait quelque chose qui reviendrait beaucoup. Nécessairement, il y a le dépassement de soi, mais le dépassement de soi, c'est pas nécessairement un record Guinness ou, tu sais, un objectif ultime, c'est ce qu'on est capable de faire, puis se dépasser soi-même en fonction de nos propres objectifs. Puis ça, c'est très clair chez RAS que c'est un peu l'objectif de tous et chacun. Puis, bien, on est là pour s'entraider à travers tout ça. Puis Stéphane l'a nommé, mais vraiment, RAS puis La Diagonale, c'est vraiment une communauté. Puis ça, je pense que c'est une communauté aussi, puis je parlais d'ouverture, tu sais, des fois, on intègre des nouveaux participants, puis la dernière est On avait justement un nouveau participant qui joignait à nous, puis ça a été son commentaire. Il dit« J'ai rarement vécu un groupe dans lequel j'ai pu m'intégrer aussi facilement, puis je sentais que j'avais ma place, puis que tout le monde était ouvert, puis tout le monde était comme bienveillant à mon égard.» Puis ça, je pense que ça résume bien un peu le feeling, tu sais, toi, si Loïc, tu venais dans nos activités, je pense que c'est ce que tu ressentirais toi aussi.

SPEAKER_05

Vous n'avez pas prévu d'ouvrir une antenne en France bientôt, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_05

Parce que ça serait parfait, ça serait l'occasion de le tester, de le vivre, cette expérience

SPEAKER_02

RS. Écoute, non, on ne va pas ouvrir une antenne, on est déjà occupé ici,

SPEAKER_00

là. Ouais, aux autres propositions, tu disais ça fait longtemps que tu n'étais pas venu au Québec, là, ça serait l'occasion

SPEAKER_05

parfaite pour que tu sois intégré. Ben écoute, envoyez votre calendrier, on va regarder ça. Je dis ça en rigolant, mais il faut que je fasse gaffe, parce qu'à force de dire ça à des invités, je me trouve avec une liste d'épreuves, de défis d'invitations un peu partout dans le monde ça devient il y a plus d'invitations que ce que j'ai de temps mais bon donc il faut que je fasse gaffe avec mes blagues excellent, et bien écoutez est-ce que vous c'est un peu ce qu'on vient de faire finalement à travers ma question par rapport à ce que retrouvent les autres personnes du réseau mais est-ce que vous il y aurait un message que vous voudriez faire passer pour synthétiser un peu tout ce qu'on s'est dit sur les valeurs que vous véhiculez mais peut-être plus même la notion de sensibilisation du public par rapport à Eric ce que tu disais finalement tout est possible donc est-ce qu'en synthèse il y aurait quelque chose que vous voudriez dire peut-être en particulier à un public québécois mais aussi français

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

D'habitude, je parle le premier. Bien là, je

SPEAKER_03

vais les laisser parler. Non, mais moi, je te laisserais le mot de la fin, Éric, parce qu'à chaque fois que tu t'exprimes

SPEAKER_02

sur ce sujet-là, moi, j'en finis inspiré. Regarde, Loïc, c'est qu'on a tous notre place dans la société, puis souvent, je compare une personne à une lettre ou un cadeau qu'on reçoit. Le cadeau, qu'est-ce qui est le plus important? L'emballage ou ce qu'il y a dedans? Bien, une personne humaine, c'est exactement la même chose. C'est« allons chercher ce qu'il y a» de bon chez la personne, avant de la juger par rapport à son emballage, on va dire. C'est vraiment ça. Ne nous arrêtons pas aux limitations physiques, intellectuelles ou indifférences, peu importe. Allons chercher ce qu'il y a dans la personne.

SPEAKER_05

Très beau message. Écoute Eric, Philippe, tu avais raison, c'est l'inspiration Eric, pas de doute là-dessus. Un grand merci en tout cas à tous les trois. Merci Eric, merci Philippe, merci Stéphane, c'était super intéressant. Sacré défi qui vous attend, mais à vous écouter, moi j'ai aucun doute sur l'expérience que vous allez vivre, le fait que vous allez arriver au bout quand il y a autant de détermination, de passion, de volonté de partage. ça ne peut que amener à de grandes et belles choses donc merci beaucoup d'être venu partager tout ça sur le podcast j'espère que ce sera l'occasion à mon petit niveau à mon échelle de vous aider en termes de visibilité de faire en sorte qu'il y ait encore plus de gens qui veulent s'impliquer plutôt pour ceux qui sont au Québec mais qui veulent s'impliquer dans le projet ou qui veulent vous suivre sur la diagonale et peut-être que ça donnera des idées à d'autres personnes de créer des réseaux créer ce type d'organisme sur des territoires où il n'y en a pas pour le moment Merci

SPEAKER_02

pour l'invitation. Merci beaucoup. Tu es fort sympathique. On voit que tu es resté un peu à Montréal, toi.

SPEAKER_03

Et ça, tu coupes pour ça. Merci beaucoup, les

SPEAKER_02

gars. À bientôt. Salut, les gars.

SPEAKER_05

Merci d'avoir écouté cet échange avec Eric, Philippe et Stéphane jusqu'au bout. J'espère que vous aurez pris votre dose d'inspiration et d'optimisme comme ça a été le cas pour moi. Pensez à partager cet épisode autour de vous, à laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. C'est la meilleure manière de remercier notre trio québécois pour ce qu'ils ont bien voulu partager avec nous. Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode.