Alix T'as vraiment du monde sur tout le long, tout le long, tout le long, qui arrête pas de te dire de t'appeler par ton prénom, d'applaudir, etc. Ils te portent en fait, vraiment ils te portent. Moi j'arrêtais pas de tourner la tête, j'ai regardé les étoiles, j'ai regardé cette lune énorme, c'était magique. Ils disent « Alix, t'es douzième féminine ». Je dis « Quoi ? » Alors là j'ai halluciné, un deuxième poum poum dans mon cœur. Je me suis dit « Waouh, t'es douzième sur l'UTMB quoi ».
Loïc Bienvenue sur les frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon, ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau. Et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement. Et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. Si vous écoutez les frappés, il y a de très fortes chances que vous connaissiez l'UTMB, l'un des ultra-trails les plus emblématiques au monde, dont le départ a lieu chaque année fin août à Chamonix. Cette semaine, j'ai eu le plaisir de recevoir l'une des trop rares femmes à en avoir pris le départ en 2023, Alix Farc. Alix est une personne extraordinaire que j'ai eu la chance de rencontrer il y a quelques mois lorsqu'elle m'a invité sur son podcast Ahorita, j'espère que vous appréciez l'accent, où elle interview en français et en espagnol des gens qui se sont lancés des défis fous et qui sont parvenus à les réaliser. Alix est mise au trail en 2021 et rapidement, elle a entendu parler de l'UTMB. C'est François Darenne carrément qui, lors d'un stage de trail, lui a conseillé d'y aller si elle en avait l'opportunité pour vivre l'ambiance si particulière de l'épreuve. Neuf mois d'une préparation exigeante plus tard, Alix est dans le sas de départ. Elle vise un chrono de 33 heures et termine finalement en 32. Elle se classe 29e féminine avec un doigt cassé et deux heures d'infirmerie à l'un des ravitaillements. Son récit de la course vécu de l'intérieur, c'est pour moi un fabuleux témoignage humain de ce que peut être le sport d'endurance. C'est difficile, c'est exigeant, on affronte l'imprévisible, on doute, mais in fine on en ressort grandi avec une nouvelle histoire à raconter. Un grand merci Alix pour le récit de ton UTMB, excellente écoute à vous les frappés. C'est une bonne question.
Alix Alors l'UTMB en fait, je m'étais fixé trois objectifs pour cette année et l'objectif sportif de l'année c'était l'UTMB. Donc en gros ça fait, ça faisait neuf mois que je vivais, mangeais, dormais, pensais, planifiais tout selon l'UTMB, même mes vacances. Donc c'était vraiment un gros objectif et aussi, j'ai cette phrase qui arrivait dans ma vie il y a deux, trois ans qui dit, si tes rêves ne te font pas peur, c'est qu'ils ne sont pas suffisamment grands. Et ça c'était vraiment, quand j'avais l'UTMB face à cette phrase, c'était vraiment ça. Enfin ça me faisait, quand j'en parlais ça me faisait pleurer, j'avais la voix qui tremblait. Encore aujourd'hui, je suis sûre que si tu me poses, si tu grattes un petit peu deux, trois questions, je vais encore pleurer. Parce que ça me fait vraiment peur, c'est vraiment un gros gros truc. Et c'est ça, je me disais, ouais ça me fait peur mais j'ai envie d'y aller. Donc c'était à la fois une grosse envie et une peur de, est-ce que je peux faire ça, est-ce que j'en suis capable ?
Loïc Est-ce que tu te rappelles le moment où tu as entendu parler d'UTMB pour la première fois ? Ah mais je vais te récompter. Et le moment où tu t'es dit, ah mais je pourrais le faire peut-être, ou j'ai envie de, tu vois ça me fait peur mais j'ai envie d'y aller du coup ?
Alix Alors, je vais te répondre, il y a trois moments dont je me souviens. Donc il y a un moment, je faisais un trekking de quatre jours dans le Jura et on s'était retrouvés dans un refuge avec trois messieurs qui avaient, je sais pas, 50-60 ans et qui parlaient de trekking, de hiking. Tu sais, le Jura c'est les terres de Xavier Temnard aussi. Et donc là, ils ont commencé à parler de l'UTMB, ils disent non mais l'UTMB c'est des années pour se préparer, il faut au moins dix ans de trail dans les pattes pour le faire etc. Quand j'entends ce genre de truc, je me dis, bah moi je peux le faire mais en moins de dix ans, j'en suis sûre. Donc tu vois, j'aime bien les défis comme ça. Donc ça c'est le premier moment. Ensuite, c'est rigolo en fait, je suis retombée là-dessus il y a quelques semaines avant l'UTMB. J'ai un copain en école de commerce, enfin on était en école de commerce ensemble, on s'est complètement perdu de vue, on s'est jamais écrit après mais bon, on se suivait sur Instagram. Et quand il a vu que je m'entraînais autour des Alpes etc, il m'a envoyé un message pour me dire, ah bah tiens tu vas faire l'UTMB cette année. Je vois dans l'historique des messages que quatre ans avant, je lui avais écrit parce que lui avait fait l'UTMB, je lui avais dit, ah PH, comment t'as fait ? Comment c'est le processus pour avoir un dossard pour l'UTMB etc. Il m'avait jamais répondu. Donc il y a quatre ans, il m'avait jamais répondu mais j'avais déjà de l'intérêt pour ça. Et voilà, en fait ce sera peut-être les deux éléments avec lesquels je te répondrai de l'histoire de l'UTMB.
Loïc Excellent, excellent. Est-ce que tu arriverais à dire ce qui t'a fasciné plus précisément, pourquoi cette course tu vois ? Parce qu'évidemment c'est une course d'un point de vue médiatique et c'est peut-être la plus connue sur ce format là aujourd'hui. Mais il y en a beaucoup beaucoup beaucoup d'autres et des plus anciennes aussi. Donc tu arrives à dire ce qui fait que c'est l'UTMB avec lequel tu vois, tu as eu cette espèce de déclic et le fait de te dire je me lance.
Alix Ouais, et bien pour être honnête en fait, oui c'est médiatique, c'est la la la. Et en fait il y a un an et quelques, j'avais fait un stage de trail, c'était un trail camp, c'était un peu reco etc. dans les Pyrénées. Et il y avait François Dahin et donc on avait l'occasion de lui poser plein de questions. Et moi c'est vrai que plus je m'y intéressais, plus je voyais que c'était un gros truc marketing quand même. Et moi j'aime bien les courses où il n'y a pas grand monde, où c'est un peu format familial dans le petit village etc. Donc je m'étais dit ouais l'UTMB peut-être pas trop. Donc je lui avais posé la question, je lui avais dit est-ce que tu penses, est-ce que tu recommanderais de courir l'UTMB ? Parce que lui aussi tu vois qu'il a la tête sur les épaules, il aime bien les trucs pas forcément médiatiques. Et il m'avait répondu, il m'a dit franchement si tu as l'opportunité de le faire une fois dans ta vie, fais-le juste pour l'ambiance. Enfin tu verras c'est un truc qui se retrouve nulle part ailleurs. Ça lui en fait qui m'a, quand un grand monsieur comme François Dine te dit ça, je me suis dit bah si un jour j'ai l'opportunité, je le ferai. Et j'ai eu l'opportunité donc je l'ai fait.
Loïc Génial. J'ai pas suivi en détail tu vois comment est-ce que ça a évolué mais j'ai cru comprendre que le processus de sélection pour pouvoir t'aligner au départ l'UTMB a quand même pas mal évolué et que c'est devenu assez complexe. Ouais. Tu pourrais nous en dire un petit peu plus là-dessus ?
Alix Alors, je vais essayer de te répondre avec ce que je sais de la théorie et en fait je vais te répondre pour ma partie comment ça s'est passé pour moi parce que j'ai eu de la chance en fait. Donc, dans la théorie, dans la pratique, aujourd'hui il faut avoir un certain index UTMB. En fait non, il faut déjà avoir un index, une référence pour qu'il sache ce que tu sais courir ou pas. Et il faut que tu aies des running stones et les running stones tu les obtiens quand tu cours des courses UTMB. Donc, si tu cours une course de 30 km by UTMB, bah t'as une running stone. Si t'as en cours 50, t'en as plus. Si t'as en cours 100, t'en as plus. En fait, plus tu fais de courses UTMB et plus tu fais des courses longues, plus t'as de running stones. Donc, au moment de la loterie pour l'UTMB, et bien plus t'as de running stones, plus t'as de probabilité d'être choisi. En gros, c'est ça. Donc, c'est un peu ça ce qui est critiqué, c'est que pour pouvoir courir l'UTMB, il faut passer par la loterie. Et pour pouvoir passer par la loterie, il faut avoir couru des courses UTMB. Donc, une course UTMB, potentiellement, c'est un peu plus cher, etc. Bref. Et dans mon cas, je suis passée par un autre canal qui est, quand tu cours une course qui est une major by UTMB. Donc, en Europe, la major UTMB, c'est dans les Pyrénées. Donc, en Espagne où je vis. Et si tu fais un top 10, t'as un pont direct pour la course équivalente au final UTMB, donc qui se passe à Chamonix. Donc, moi, j'avais fait troisième sur une course de 100 km dans les Pyrénées. Donc, j'avais mon pass direct pour la CCC. Donc, c'était le 100K de UTMB. Mais j'ai écrit à l'organisation et j'étais… Enfin, je leur ai dit, c'est mon rêve. Et en tant que femme, je pense que je peux inspirer d'autres personnes. Ils m'ont dit, allez, c'est bon, vas-y, passe à l'UTMB. Et voilà. Excellent.
Loïc Et donc, c'était quoi le trail que tu as fait en Espagne, le profil ?
Alix C'était… Alors, c'était 106K. Donc, maintenant, c'est une course qui est un peu modifiée, qui en fait 110 et 6 000 de D+. Ça s'appelle CDH, Caminster. Et en fait, c'est tout ce qui est Aran by UTMB. C'est dans la vallée d'Aran qui est magnifique dans les Pyrénées. Donc, je recommande d'y aller. Et c'est la première semaine de juillet. Et voilà. Donc, il y a les trois formats. Il y a même plus de formats maintenant. Il y a 15, 30, 50, 100 et 160K.
Loïc Ok. Waouh. Donc là, tu finis troisième. J'imagine que tu étais déjà… Ah non, mais là, c'était la faim.
Alix C'était un an… Alors, c'est rigolo. C'était en juillet 2022. Et en fait, quand j'ai eu mon pass, j'aurais pu l'utiliser pour faire l'UTMB en août 2022. Ou en août 2023. Donc, moi, j'étais super chaude. J'étais là. Oh, est-ce que je le fais cette année ? Ouais, c'est dans six semaines. Ça me donne le temps de me reposer, etc. Donc, je me disais… Je suis prête, je suis entraînée, etc. Puis bon, j'en ai parlé avec mon entraîneur. Il m'a dit… Tranquille. C'est pas la même chose faire un 100 miles que faire un 100K. Il faut se préparer, etc. Donc, j'ai… J'ai été patiente. J'ai attendu un an. Et j'ai fait l'UTMB cette année.
Loïc Mais parce que là, tu nous sors, c'est comme ça que tu finis troisième sur un 100K avec 6000 mètres dénivelé, ce qui est déjà un truc de fou. Mais ton passif de sportive, c'est quoi ? Tu faisais déjà du trail depuis très longtemps quand tu as eu ce résultat ? Non, non, non.
Alix Non. En fait… Enfin, moi, je… J'alterne pas mal… Enfin, je change pas mal de sport. J'ai fait de l'équitation quand j'étais petite, un peu d'athlétisme. Après, bah, école de commerce, j'ai fait beaucoup moins de sport. Après, j'ai fait un petit peu de rugby. J'ai fait un peu de… Après, j'ai vécu au Mexique, j'ai fait de l'alpinisme, un petit peu d'escalade. Mais enfin, je change un petit peu comme ça. Et quand je suis arrivée en Europe il y a deux ans… Enfin, quand je suis rentrée en Europe il y a deux ans, à Madrid, je connaissais personne, je connaissais rien. Et ma boîte, en fait, elle sponsorisait un trail. Et je leur ai dit, ah bah tiens, ça sera bien comme ça. J'arrive à Madrid, je me mets un objectif sportif. Et voilà, donc, chère boîte, est-ce que vous avez des dossards gratuits pour les employés ? Ils me disent, oui, mais juste sur le trail de 60 kilomètres. J'étais là… Ça, c'était il y a deux ans. Donc, je me suis inscrite sur le trail de 60 kilomètres en pensant que… Enfin, je me disais, bon bah c'est bon, c'est gratuit. Au pire, je sors à la moitié, j'aurais testé le truc, etc. Et au final, je cours le trail et je finis troisième. Et j'ai adoré le trail. Enfin, c'était trop beau dans la nature toute la journée. Enfin, c'était génial. Et je finis troisième et je me dis, waouh, en fait, c'est trop bien. Et donc, à partir de là, je me suis mise à courir un peu… Enfin, et puis j'ai commencé à connaître un peu l'Espagne. J'ai connu les Pyrénées. Et donc ça, ce trail, c'était en octobre 2021, quand je suis arrivée en Espagne. Et puis rapidement, j'ai connu les Pyrénées genre en décembre. Et quand j'étais dans les Pyrénées, j'ai vu un prospectus qui disait, ah bah il y a la course du Val d'Aran. En juillet, les 100K. Et je me dis, bah hop, c'est le prochain objectif. Donc, je me suis mis au 100K. Et voilà. Non, mais après, quand tu dis troisième sur une course, c'est vraiment relatif. En fait, ça dépend du plateau qui est là. Enfin, je préfère faire… Sur les DMB, j'ai été 29ème féminine. Je préférais 29ème féminine et que devant moi, il y ait des courniers de Walter, qui est Blandine-Lirondel, des gens comme ça. Que troisième sur une course ou… Bon, la première, c'était Katie Scheid quand même. Elle m'a mis 4h dans la vue ou 3h. Mais après, il n'y avait pas un vrai plateau de super coureuses, etc. Donc, ça… Tu peux être… Je dis tout le temps, je préfère être la dernière des bons que la première des moyens ou des amateurs. Voilà.
Loïc Hum. Ok. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête quand tu reçois la réponse de l'UTMB que tu vois que c'est bon ? Tu peux ne pas partir sur la CCC, mais c'est l'UTMB. J'étais au bureau.
Alix J'ai vu ça. Je me suis élevée tout de suite. J'étais… Mais en fait, je pouvais en parler à personne parce que personne ne connaît le trait. Tu dis UTMB, ils disent « Quoi ? » Alors, j'étais trop contente. J'avais des larmes aux yeux de joie. Donc, j'écris tout de suite à mon entraîneur. Je lui dis « Pablo, je suis prise pour l'UTMB ! » Et il me dit « Bon, on va travailler pour les prochains mois. » Et voilà. Non, mais je sautais de joie. J'étais trop contente. Et en même temps, je me disais « Ouais, c'est une grosse montagne. Je ne sais pas par où je vais passer. Mais bon, c'est bon. Le chemin est ouvert. J'y vais. »
Loïc Et une fois cette euphorie passée, concrètement, qu'est-ce que tu as mis en place pour te préparer ?
Alix Alors, j'étais tout à fait consciente qu'avec mon petit passif de trail… Enfin, ça faisait un an que je m'étais mise au trail vraiment. Il allait falloir que je trouve des raccourcis et que je sois bien accompagnée. Donc, j'ai fait plein de trucs. En fait, toute ma vie, je l'ai organisée autour de ça. Donc, je sais qu'il y a des gens qui critiquent pour ça, etc. Mais bon, moi, je vais te dire ce que j'ai fait. Et je pense que quand tu as un rêve en face de toi, il faut vraiment s'en donner les moyens. Tu vois, enfin, il y a des gens qui arrivent sur des trails et qui disent « Ah, mais j'ai rien entraîné, etc. » Je dis « Bah, c'est dommage, quoi. » Enfin, moi, l'UTMB, c'était mon rêve. Donc, j'ai vraiment tout aligné pour faire ça. Donc, j'ai fait déjà nutritionniste. Donc, on m'a recommandé une nutritionniste qui est spécialisée en trail. Parce qu'il faut apprendre comment tu manges et qu'est-ce que tu manges pour que ton estomac, il ne te pose pas de problème pendant 170 kilomètres. Donc, pendant une course qui peut aller jusqu'à… parce que l'UTMB, la limite, c'est 46h30. Donc, qu'est-ce que tu manges pendant 46h30 pour pouvoir courir et alimenter bien ton corps ? Donc, j'ai travaillé avec une nutritionniste. Ensuite, j'étais dans un groupe de course à pied qui n'est pas forcément spécialisé en trail. Mais bon, ça, c'était mon groupe et donc j'avais mon entraîneur. Après… Bon, c'est une habitude que j'avais déjà quand tu fais du sport. Enfin, moi, je trouve que c'est bien de voir au moins une fois par mois… Tu sais, faire un massage sportif. Qu'est-ce que j'ai fait d'autre ? Ah, je me suis vachement intéressée à la préparation mentale. Donc, j'ai contacté l'équipe de Pierre David. En plus, il montait un truc en Espagne. Donc, j'ai rencontré le mec qui montait ça en Espagne. Donc, tu vois, on parlait un peu de dépolarisation, tout ça. Enfin, déjà, ça m'intéresse dans ma vie perso, le développement personnel. Mais en plus, allier l'utile à l'agréable, me former et tout ça. Donc, voilà. Donc, voilà. Mental, physique… Ah oui, l'autre truc que j'ai fait, c'est… Moi, je déteste aller à la salle de sport, mais je suis quand même inscrite à une salle de sport pour y aller deux fois par semaine pour, tu vois, faire du renfo, du gainage, tout ça. Et j'avais déjà la pratique du yoga. Ça fait un moment que je fais du yoga, mais là, je faisais deux, trois sessions par semaine pour… Ça complète vachement bien le trail parce que le trail, c'est de l'impact, c'est potentiellement des chutes aussi. Et le yoga, tu vois, ça étire, ça relaxe, etc. Donc, en gros, c'est à peu près tout ce que j'ai fait pour préparer l'UTM.
Loïc C'est super intéressant. Approche méga complète, au final, de la nutrition à la prépa mentale en passant par, tu vois, de la préparation physique généralisée, du renforcement. Mais à côté de ça, tu avais un taf normal, j'imagine. Ah oui !
Alix Le truc, c'est que… Voilà, tout le monde pose des questions, mais la clé… Ma chance ici, c'est que je n'ai pas d'enfant, en fait. Donc, voilà. Et l'autre truc, c'est que j'ai sacrifié ma vie sociale à fond. Tu vois, j'habite à Madrid. Madrid, c'est la ville de la fête où tu sors tout le temps. J'habite dans le centre. Quand je sortais m'entraîner le matin à 6 heures du mat pour aller courir 20 kilomètres, je croisais des gens qui rentraient de soirée, quoi. Enfin, je croisais très, très peu souvent des coureurs. Je croisais beaucoup plus souvent des gens qui rentraient de soirée. Et donc, parfois… Oui, j'étais contente d'aller courir, je rentrais contente. Mais parfois, je me disais… En fait, tu ne rencontres personne, quoi. Enfin, tu… Mais bon, je me disais tout le temps, c'est temporaire, c'est une phase d'entraînement. C'est vraiment ça, en fait. Je me suis dit, j'ai un objectif. C'est une fois dans ma vie, je vais tout aligner pour… Enfin, je vais donner le meilleur de moi-même pour y arriver. Et aujourd'hui, j'avais vraiment tout aligné pour aller là. Et je me disais, c'est la première étape. Le 3 septembre, quand c'est terminé, j'aurai une nouvelle étape dans ma vie et je ferai d'autres choses. Je me roubrirai à la vie sociale, etc. Voilà.
Loïc Excellent. J'ai l'impression d'entendre un peu, tu vois, la différence entre motivation et discipline. C'est-à-dire que… Oui. Moi, je suis un peu ce faire… Je crois qu'on en avait parlé quand tu m'avais très, très gentiment invité sur ton podcast. D'ailleurs, je mettrai le lien. Mais s'il y en a qui veulent aller écouter ton podcast Ahorita, je vous le recommande. C'est juste génial. Mais il me semble qu'on en avait parlé, tu vois, cette différence entre la motivation, finalement, ça va, ça vient. La discipline, c'est en réalité ce qui fait la différence. Parce que… Est-ce que c'est possible de vraiment kiffer, te lever à 6 heures du mat' quand il fait nuit toute l'année pour tes entraînements ? Ça paraît compliqué d'être motivé à faire ça. Par contre, avoir la discipline, avoir les routines en place pour maintenir cette habitude, bah, in fine, l'effet composé, c'est là que la différence se fait.
Alix Exactement. Et moi, je dis tout le temps cette phrase, c'est un petit peu tous les jours. Et moi, je suis super organisée tout le temps. Donc, j'ai un calendrier de 365 jours. Donc, c'est une petite case par jour. Et tous les jours, j'écrivais ce que je faisais. Parfois, c'était rien. C'était… Ouais, c'est bon. J'ai fait mon petit entraînement, je suis allée courir 30 minutes. Aujourd'hui, j'ai fait yoga. Là, j'ai fait ma sortie longue ce week-end. Et tous les jours, j'écrivais. Et quand tu vois ça, tu dis, bah, je fais un petit truc tous les jours, mais ça avance, ça avance, ça avance. Et puis, je voyais le 1er septembre qui était encadré, en gros, sur le calendrier. Et j'étais là, bah, j'y arrive, j'y arrive, ça va aller. Ça motive aussi.
Loïc Ouais, complètement. Complètement. Je crois que c'est Tony Robbins qui dit ça, qu'on a tendance à largement surestimer ce qu'on peut faire sur une perte de temps très courte. Oui. Et largement sous-estimer ce qu'on est capable de faire sur une période un peu plus longue. Alors, je sais plus quel… je crois qu'il prenait un an, dix ans, tu vois. Ouais. Mais je pense que ça s'applique carrément sur une prépa pour un événement comme l'UTME sur un an, comme tu l'as fait. Ouais. Super intéressant. D'un point de vue nutrition, si on fait un micro-zoom, on ouvre une petite parenthèse, c'est quoi toi, ce que tu as retenu, tu vois, de cet accompagnement, s'il y avait deux, trois leçons importantes ?
Alix Ah, ben les leçons importantes, c'est manger. D'ailleurs, pendant l'UTME, en fait, tu vois, je me suis entraînée un an, mais j'ai pas mangé suffisamment les premiers ravito avec assistance. Donc, j'en ai payé le prix après. Mais c'est manger. Après, moi, ce que j'aime bien, c'est vraiment mettre de la nutrition nature. Enfin, j'ai essayé de… alors… donc manger. Ensuite, des produits naturels, parce que si tu fais que avec des gels, ben c'est pas possible en fait. Mais… donc mettre de la nutrition nature. Donc, moi, j'avais genre pâtes d'amandes, des dates, sur les… enfin… Oui. Enfin, des produits naturels, solides, etc., des fruits. Mettre du salé. Ça, c'est… enfin… c'est important, ben déjà en termes théoriques, scientifiques, etc. Et puis, franchement, en tant que coureur, quand tu… enfin, tu peux pas faire 40 heures à manger que du sucré. Et entraîner. Entraîner l'estomac à tout, quoi. Enfin, moi, j'ai rien mangé que j'avais pas essayé avant, dans les mois avant, quoi. Donc, parfois, il y a des gels que j'essayais, je disais, ah ben non, ça, je peux pas du tout. Et… et… et voilà. Donc, c'est ça.
Loïc Ok. Donc, l'accompagnement avec la nutritionniste était vraiment un focus sur la nutrition en course, pas nécessairement sur la nutrition tout au long de ta prépa. Ah si, il y avait aussi sur…
Alix Ouais, il y avait aussi sur le long de la prépa, mais… Bon, enfin… en gros, elle me donnait des petites… des petits menus pour manger équilibré. pour manger équilibré. Mais moi, enfin, je suis pas du tout… je peux pas suivre un menu… Alors, aujourd'hui, tu vas manger 80 grammes de haricots… Enfin… Je suis pareil. j'ai appris à composer une assiette avec trois trucs, les féculents, les protéines et les… et les… ben les légumes, quoi. Et puis… avant, je mettais pas suffisamment de fruits dans mon alimentation, donc ça… ça, ça m'a fait du bien de mettre plus de fruits. Puis, ce que j'aimais bien avec elle, c'est que je lui ai dit… enfin, moi, je suis pas trop viande, par exemple, donc elle me mettait… enfin, elle me proposait des trucs… Elle me donnait plus des idées de recettes. C'est ça que j'ai bien apprécié, c'était des idées de recettes un peu plus tendance végétarienne. Et puis… Puis, voilà. Puis aussi, c'est se faire plaisir, mettre de la couleur dans ses plats, changer… ça, c'est les… enfin, en dehors de la course, c'est ça. C'est… c'est vraiment… la variété, tester des nouvelles recettes… et puis… puis se faire plaisir, tu vois, faire des trucs sympas. Voilà.
Loïc Super, super, super. Je suis toujours que sur ce sujet, parce que c'est vrai que… pour avoir commencé à m'y intéresser à travers le triathlon… Oui. Où je pense que j'avais une approche… enfin, je me suis un peu… je suis allé regarder sur internet comment on prépare un Ironman, j'ai vu qu'il y avait des fichiers Excel dispo, tu vois, et donc j'étais en mode, bon, bah, il faut que je sois en mode ingénieur à peser mes aliments, etc. Et ça m'a un peu… depuis, je suis un peu en mode… comme toi, tu vois, j'ai beaucoup de mal… Non, mais…
Alix En fait, il faut trouver ton truc, parce qu'il y a des gens, ça les rassure de tout peser, de tout… bla, bla, bla… Ok, et ça, des gens, ça marche pour eux. Moi, le truc de peser, de suivre exactement… Exactement… Bah, tu vois, en fait, ce que je fais beaucoup, c'est… le dimanche, je me cuisine un peu pour toute ma semaine, surtout l'hiver, tu vois, je mets tous mes légumes au four et tout ça, où je fais des soupes, etc. Et puis après, le soir ou le midi, j'arrive, et… donc, c'est les trucs que j'apporte au bureau le soir quand j'entre à la maison, j'ai envie de quoi aujourd'hui ? Et j'ai plusieurs options dans le frigo, et là, c'est moi qui choisis, mais je sais à peu près équilibrer. J'ai pas besoin de suivre exactement un menu, donc… Donc, c'est ça, le truc de se faire plaisir et puis savoir être flexible aussi, tu vois.
Loïc Ouais, non, je suis complètement d'accord. Complètement d'accord. Du coup, ta stratégie de course, d'un point de vue alimentation, hydratation, tu l'avais… tu l'avais défini au cordeau ou pareil, tu avais un peu les grandes lignes…
Alix Ouais, j'avais les grandes lignes, mais en gros… Alors, hydratation… Ben… Moi, je sais que je bois pas mal quand même, enfin, pas tant que toi, mais je bois pas mal. Donc, je suis à peu près 600 millilitres de liquide par heure en alternant eau et isotonique. Donc, moi, je suis abonnée à Oversteam. J'adore les Oversteam long distance. Ok. Et j'avais commencé à tester la Morten. Donc, Morten, je sais que c'est plus… c'est plus cher, mais tu vois, c'est plus neutre. C'est… et puis, elle est très, très bien dosée. Donc, en fait, ce que j'ai fait pour pas charger trop mon sac aussi, je suis partie avec de l'Oversteam dans ma… Enfin, j'ai une gourde d'eau et une gourde isotonique. Donc, je suis partie avec de l'Oversteam dans ma gourde. Après, l'UTMB sur toute la course, eux, ce qu'ils proposaient en boisson déjà mélangé, c'était du NAC. Donc, j'avais regardé, c'était même un petit peu mieux dosé que le Oversteam. Donc, je remplissais avec du NAC, de la marque NAC. Et au ravito, il y avait cinq ravito avec assistance. Donc, à chaque ravito avec assistance, j'ai mon assistant. Donc, ça, c'était trop cool d'avoir des assistants qui me donnaient une gourde d'eau et une gourde avec de la Morten. Donc, en fait, ça fait cinq fois, j'ai eu une gourde avec de la Morten. Mais donc… donc ça, c'était la… la… la… la… la… la boisson. Et niveau nourriture, ben, en gros… encore une fois, il y avait cinq ravito avec assistance. Donc, à chaque ravito avec assistance, ils me donnaient un sac qu'on avait préparé en amont. Et en gros, j'avais… ce qu'on avait mis dans le sac, c'était un petit peu de tout pour que je puisse me servir selon ce dont j'avais envie, quoi. Donc, il y avait un petit peu de gel, mais il y avait aussi donc pâte de fruits, pâte d'amandes. Il y avait toujours une barre salée, une grosse barre salée. Qu'est-ce qu'on avait mis d'autre ? Ouais, en gros, c'était ça l'alimentation, je dirais. Bon, après, il y avait des sels. J'ai appris que les sels, ce n'était pas forcément bon. Voilà. Voilà. Donc, il me donnait toujours… on vidait mon gilet de toute l'alimentation. On remplissait avec ce qu'on avait mis d'autre. Et après, mon objectif, c'était de manger… je mange une fois toutes les 45 minutes, toutes les heures. Puis, je ne me mets pas de reminder, mais ça vient tout seul. Tu sens que tu as faim, tu vois une côte, tu dis je vais me mettre un petit coup de boost, tu manges un petit truc et puis… Et voilà. Donc, ça, c'était la stratégie d'alimentation pendant la course.
Loïc Ok. Et sur les transitions, par curiosité, je ne sais pas si tu l'as vu, mais Mathieu Blanchard, il a mis un petit tableau comparatif sur les temps de transition… Oui.
Alix De l'année dernière versus cette année.
Loïc C'est assez intéressant. Oui. Toi, tu étais à combien à peu près ? Tu as regardé ?
Alix Ah… Alors, je n'ai pas regardé. Le truc, c'est qu'on en parlera peut-être après, mais en gros, j'ai eu un gros blackout, on va dire, à Champet. Je me suis arrêtée deux heures. J'étais à l'infirmerie. Mais sinon, le premier, je pense que j'ai mis… Non, ils m'ont dit… C'est mon assistant qui m'a dit, il m'a dit non, mais le premier, je suis partie comme une balle, en fait. J'ai dû mettre 1 minute 37 avec lui, un truc comme ça. Ah ouais. En plus, j'étais… J'arrivais parce que je me sentais super bien. J'étais, vas-y, passe-moi ça ! J'étais même un peu… J'étais, mais vas-y ! Non, je n'ai pas été méchante, mais j'étais un peu accélérée, on va dire. Et puis, après, le suivant, c'était à Courmayeur. Là, je me suis plus posée, etc. Je pense que j'ai plus mis 6 minutes. Ouais, je crois que j'ai mis 6 minutes. Après, à Champet, je t'ai dit, j'ai fini à l'infirmerie. Donc, je suis restée deux heures à l'infirmerie. Et après, les suivants, j'ai pris plus de temps aussi. J'ai dû mettre 6 minutes. Ouais, 5-6 minutes.
Loïc Ok. Et puis, c'est… Ouais, le rythme est quand même méga soutenu. C'est super impressionnant.
Alix En fait, quand t'es… Alors déjà, il y a des gens qui n'ont pas d'assistant. Donc ça, ça fait des pauses plus longues. Mais quand t'as ton assistant et puis que le mec, il est super calé. Dans mon cas, c'était un mec ou une fille. Et tu vois, il me préparait tout. Il me disait ça, c'est prêt. Enfin, des petits trucs à manger, c'était tout prêt. Il m'avait préparé mes bouteilles d'eau, etc. Enfin, j'avais juste à… Si je m'asseyais, c'était juste pour souffler un coup, quoi. J'avais pas besoin en soi de rester plus longtemps au ravitaux. Ouais.
Loïc Ça ressemble de plus en plus au pit de Formule 1. C'est pareil. Les classes sont retirées, changées. Ouais. Ok. Ben écoute, merci pour ce petit zoom sur la partie nutrition, stratégie d'alimentation, etc. Si on fait une espèce de fast-forward, on a pas mal parlé de la préparation. Comment est-ce que t'en es arrivé à obtenir ton dossard ? Dossard numéro d'ailleurs ?
Alix 248.
Loïc 248. Est-ce que tu penses qu'il va rester gravé dans ta tête ce numéro ?
Alix Non.
Loïc Non. Numéro de dossard, non t'es pas… Pas d'association avec le numéro. Ok. Mais si on fait un fast-forward, tu parlais de ce stage dans les Pyrénées où François Dane t'avait dit, clairement, si t'as l'opportunité d'y aller pour l'ambiance, vas-y. Je sais que t'es arrivé à Chamonix quelques jours avant, mais on en parlera peut-être après. Mais là, si on se projette, si on revient au moment où t'es sur la ligne de départ, dans le sas, il se passe quoi d'un point de vue émotion, ambiance ?
Alix Non, bah alors là, c'est… En fait, c'est marrant parce que… En fait, je faisais… Tu vois, j'avais tous les jours un truc, ça me rapprochait, ça me rapprochait, ça me rapprochait du but. Et en fait, plus ça se rapprochait, plus j'étais sereine… Enfin, il y a des gens qui commençaient à m'écrire une semaine avant l'événement, trois jours avant l'événement… Alors, ça va ? Tu ne stresses pas trop ? Etc. Et je me sentais tellement sereine, j'avais juste envie de partir quoi. Je me disais, ça fait neuf mois que je bosse là-dessus, j'ai juste envie de partir. Donc, dans le sas… Enfin, j'étais déjà dans ma bulle en fait. Parce que… Bah, je savais ce qui nous attendait. J'avais revu le parcours mille fois dans ma tête. Parfois, quand je me couchais le soir, je me voyais, je me disais… Ah, là, t'arriveras à la courbe ailleurs, après, il y a la petite descente, après, là, ça monte comme ça. Enfin, je voyais tout. Je l'avais tellement mâché, mâché, mâché, j'en avais rêvé, je l'avais visualisé, mais tellement de fois. Je me disais, c'est bon, on est là quoi. Donc, d'un côté, j'avais commencé à être dans la bulle. Et puis, c'est passé super vite en fait, parce que je suis rentrée dans le sas. Il y a eu les petits mots du speaker un peu émouvant comme toujours. Après, ils mettent la musique. Donc là, bien sûr, j'ai les larmes qui ont coulé. Tu tapes un coup dans tes mains, puis tu entends 3, 2, 1, go ! Et après, c'est parti. Et quand j'ai commencé à courir, c'est là, je me suis dit… Parce qu'en fait, moi, je me suis dit… Je faisais vraiment gaffe les jours avant. Je me disais, ce serait con de te tordre une cheville sur un trottoir à Chamonix, etc. Donc, je faisais vraiment attention et je me disais, j'espère que je serai saine sur la ligne de départ, que je pourrais partir. Et quand ils ont dit go et que j'ai commencé à faire les premières foulées, j'ai dit ça, il y était dedans. Et voilà. Donc, voilà l'ambiance à la ligne de départ. Ça a été assez rapide au final. Oui.
Loïc Moi, c'est un truc, je ne sais pas s'ils le font systématiquement, mais je me rappelle que la PTL, c'est pareil. Tu vois, il y avait la musique, etc., le speaker. Et puis, un moment où il y avait juste la musique, personne ne parle. Et d'un coup, 3, 2, 1, go ! Tu vois ? Oui ! Oui ! C'était pareil, vous aussi ?
Alix Oui, oui, oui. C'est passé super vite. En plus, il y a une fille, justement, c'est celle qui avait fait deuxième à la CDAT, donc un an avant. Elle, c'est une Bolivienne qui vit aussi en Espagne et je l'ai recroisée sur plusieurs courses. Donc, elle avait fait deuxième sur l'autre. Et elle était passée à l'UTMB aussi. Donc, on s'est suivis, enfin tu vois, on s'est crié, machin. Et on était ensemble sur la ligne de départ, donc elle était à côté de moi. Et le départ, c'est à 18h et à 17h59, elle me dit, vas-y, vas-y, fais une vidéo ! Parce que moi, je suis trop petite, etc. Donc, le stress, elle me fait sortir mon téléphone, faire la vidéo pendant qu'il y avait la musique UTMB, etc. Et en fait, j'avais à peine terminé la vidéo, ils disent go ! J'étais à oulala, je range mon téléphone, on y va, quoi. Donc, j'ai pas trop eu le temps de me rendre compte de l'autre.
Loïc Une fois que le départ est annoncé, du coup, tu dirais qu'il te faut combien de temps pour passer, pour switcher du mode, tu vois, empli d'émotions, c'est incroyable, je suis en train de réaliser mon rêve, à ok, maintenant, focus, je déroule, approche un peu plus, on va dire, le combat, quoi.
Alix Je te dirais à la première seconde, franchement.
Loïc Ah ouais, direct.
Alix En fait, je suis partie et j'étais focus, quoi. J'étais... c'est parti. Bon, après, je te réponds... Je te dirais, en fait, j'étais dans ma bulle dès le... Enfin, je pense que les jours avant, déjà, j'étais dans ma bulle, quoi. Enfin, je me... je faisais attention à moi, je me... enfin, je pensais ça, quoi. Enfin, j'étais focus, focus. Après, c'est vrai qu'il y a la... je sais plus comment on dit en français, la liesse ou la... l'allégresse du début, donc, tu pars. Tu sais pas à combien de kilomètres heure tu vas, mais faut pas regarder ta montre. Donc, tu pars, il y a des gens partout, c'est... Et puis, en plus, tu sais, t'es en France et en fait, j'ai calculé, il y a à peu près 20% de Français dans les coureurs. Donc, ça veut dire que, entre guillemets, un coureur sur cinq et on est qu'une fille sur dix coureurs. Donc, il y a à peine 10% de femmes qui courent. Donc, quand ils voient une femme qui courent, en plus française, ils disent... Allez, Alix ! Tu vois, ils voient ton nom sur ton dossard et ça donne un boost d'entendre ton prénom. C'est... Allez, Alix ! Donc, tu... enfin, moi, je me sentais... enfin, volée, quoi. Je me rendais même pas compte que je courais pendant des kilomètres. Et donc, ça, c'est jusqu'aux houches. Parce qu'après, les houches, là, il y a la grosse montée qui commence... enfin, ça commence là. Donc, je dirais jusqu'au kilomètre 13 environ, tu... Bah, t'es parti, t'es dans la laigresse. Et après, là, quand tu sors tes bâtons, je pense que tu... C'est bon, tu commences à rentrer dans le dur.
Loïc Hum. C'était quoi pour toi les... les grandes étapes ? En tout cas, les sections qui t'ont vraiment marqué ? Euh... Tu vois, quelle que soit la raison, la beauté, la difficulté, peut-être l'ambiance. Parce que moi, j'ai vu des vidéos de certains passages qui étaient complètement délirantes. Ouais, ouais, ouais. Mais est-ce que t'arriverais à nous, tu vois, nous parler de quelques-unes sections qui, pour toi, étaient vraiment...
Alix Ok. Donc... Bah alors, la première section, je dirais, c'est jusqu'au houches. Parce que t'as vraiment du monde sur tout le long, tout le long, tout le long, qui arrête pas de te dire, de t'appeler par ton prénom, d'applaudir, etc. Enfin, tu te sens... Enfin, il te porte, en fait. Vraiment, il te porte. Donc, ça, c'est incroyable. Je me souviens même... Alors, première erreur de ma part. Les houches t'arrives dans la rue centrale qui est assez large. Et en fait, le ravito, il est au milieu. Donc, il y a des robinets au milieu. Donc, les gens, ils s'arrêtent pour mettre le haut. Et moi, je suis arrivée tellement comme une balle. Je me sentais tellement légère comme ça. J'ai avancé, avancé. Proum ! J'ai passé le ravito et j'ai pas rempli mes gouts. Enfin, je les ai touchés rapidement. J'ai dit, ah, c'est bon, j'ai suffisamment de liquide. Ou je me dis, ah, peut-être que je remplirai vers la fin du ravito. Et il n'y avait pas de fin du ravito. En fait, je l'ai passé comme une balle. Je me suis même pas arrêtée. Et j'ai fait, merde ! Le prochain ravito est à Saint-Germain. J'ai pas rempli mes gourdes. J'ai intérêt d'aller vite pour pas manquer de quoi. Donc, bref. Donc, ça, je dirais la première partie. Allégresse, machin. Parce que, en gros, c'est du plat. Il y a une mini-montée, etc. Donc, voilà. Jusqu'aux houches. Kilomètres, je crois que c'est… Enfin, j'espère pas dire trop de bêtises, mais 13, je crois. Après, bah, ça continue un peu l'allégresse. Parce qu'aussi, on commence à 6 heures de l'après-midi. Donc, bah, tu vois, il y a le soleil qui commence à partir. Donc, on part de jour. Après, jusqu'à Saint-Gervais, pareil, t'arrives à Saint-Gervais. Le village, il est blindé. Il y a plein de monde. C'est la folie sur la place du village. Enfin, t'arrives, il y a des gens partout, partout, partout. Tu repars, pareil, il y a des gens, mais… Enfin, tu sais, il y a une petite montée pour repartir. Enfin, je pense que si j'avais toute seule, j'aurais marché. Mais les gens, ça te porte tellement qu'ils disent, allez-y ! Il y a des enfants qui me disaient, allez-y, madame. Donc, tu veux… Enfin, t'as envie de courir, en fait. Donc, tu cours, machin. Donc, ça continue bien comme ça. Et après, en fait, je pense qu'après Saint-Gervais, c'est là où, dans mon cas, enfin, au rythme où j'allais, c'est là que la nuit a commencé à tomber. Donc, en plus, on passe dans des petits bois. Donc, ça commence à devenir obscur. Donc, la deuxième partie, je dirais, c'est le moment où j'allume la frontale. Donc là, tu rentres dans la nuit. Parce que moi, avant l'UTMB, j'avais jamais couru de nuit. Donc, je me suis entraînée plusieurs fois à courir de nuit, mais genre deux, trois heures à la tombée de la nuit. Mais jamais, genre, entrer dans la nuit, faire toute la nuit et ressortir de la nuit. Ça, c'est complètement différent, quoi. Donc, je dirais, la deuxième partie, c'est ça, c'est la nuit. Et en fait, c'est magique parce que c'était une nuit après la pleine lune. Donc, t'imagines, t'es au milieu des montagnes. Il fait toute nuit. Tu vois une énorme pleine lune sur ta droite. Tu vois des étoiles partout. Enfin, moi, genre, les gens, ils étaient focalisés sur le chemin. Moi, je n'arrêtais pas de tourner la tête. Je regardais les étoiles. Je regardais cette lune énorme. C'était magique. Et enfin, à un moment, t'es sur un chemin plat et tu vois devant toi la grosse montagne. Et puis, tu vois des lampes torches qui montent en zigzag comme ça. Enfin, tu vois juste la petite lampe qui monte. Donc, ça fait un petit peu comme si c'était des étoiles qui bougeaient puis tu lèves encore plus la tête. Et là, c'est des vraies étoiles. Donc, ça, c'est trop beau. Voilà. Donc, après Saint-Gervais…
Loïc Là, à ce moment-là, t'es déjà seule ? C'est-à-dire qu'il y a de la distance qui s'est déjà mise ? Ça s'est écouté ?
Alix C'est de la distance. Enfin, t'es pas… Non, oui, oui. Enfin, t'as des coureurs devant, derrière toi. Enfin, moi, jusqu'à… Jusqu'à Courmayeur, en gros, j'avais toujours vraiment à la vue des coureurs devant moi. Pas tout le temps derrière moi, mais devant moi, tu vois, au loin, j'avais toujours quelqu'un. Et donc, après Saint-Gervais, enfin, en fait, le premier gros stop, c'est les Contamines. Donc, c'est le premier ravito avec assistance. Donc, oui, c'est ça. Donc, je te dis… Enfin, pour répondre à ta question. La première partie, c'est un peu l'allégresse où il y a tous les gens, etc. Voilà, le départ, c'est sympa. Après, tu rentres dans la nuit, t'arrives au Contamines. Donc là, t'as le premier ravito. Et dans cette partie de nuit, en fait, après les Contamines, t'avances, c'est peu de kilomètres, et t'arrives à Notre-Dame-de-la-Gorge qui est un peu le ravito super sympa parce qu'en fait, il y a Oka qui met des espèces de cerceaux comme ça, très grands, multiques. Ah oui. Donc, tu passes là-dedans, c'est un peu d'un autre monde. Enfin, j'avais déjà vu ça sur l'UTMB l'année dernière et j'avais trouvé que c'était sympa. Donc voilà, je passe dedans, mais sans plus, tu vois. Et donc, je m'étais dit, ah bah c'est ça l'ambiance Notre-Dame-de-la-Gorge. Ouais, ok, c'est sympa. Et en fait, l'ambiance, c'est pas dans les cerceaux, c'est après. Parce que là, t'as la montée pour le col du bonhomme qui commence. Et là, moi, j'ai halluciné. En fait, t'as des gens qui sont... Enfin, je sais pas à quelle heure il est, il est peut-être, on sait rien, 10 heures du soir, 11 heures du soir. Et t'as des centaines de personnes dans toute la montée, mais toute la montée, tu te croirais vraiment au Tour de France. En fait, tu montes, t'es en montée, donc tu pousses sur tes bâtons et les gens, ils sont... Tu vois, du coup, tu vas un peu plus lentement, tu vas pas à fond comme si t'étais sur un vélo au Tour de France. Et les gens, ils sont sur toi et tu crées dans les oreilles, ils sont avec leurs cloches. Et il y a des gens qui avaient des tronçonneuses. En fait, ils avaient enlevé la lame et ils disaient... Enfin, tu montes, c'est n'importe quoi. Et puis, ils voyaient que j'étais française, ils disaient... Allez, Alex, allez, la France, vas-y, tu nous fais rêver. Enfin, tu vois, ils disent des trucs comme ça. Donc moi, ça me faisait rigoler, mais en même temps... Enfin, t'es dans la montée, ça te porte ce truc, c'est un truc de malade. Donc en fait, tu passes tout ça et après, bon bah, il y a un moment, les gens, ils sont pas montés non plus 10 kilomètres dans les bois. Donc, c'est marrant parce que tu passes de tout ça autour de toi à... Cri-cri, aucun bruit, nuit noire. Et puis là, ça monte. Puis tu sais que c'est une montée... Enfin, en gros, l'UTMB, c'est 10 montées de 1000 D+. En gros. Donc, tu sais que t'as 1000 D+, à faire quoi. Donc voilà, tu continues dans la nuit, tu vois la lune, c'est trop beau. T'arrives au sommet du col du bonhomme après une longue montée. Bon, je vais la faire courte en gros, mais bon, tu passes toute la nuit comme ça. Et après, t'arrives à... Donc, le deuxième ravito important, avec assistance, c'est Courmayeur. Donc, la deuxième phase dont je viens de te parler, en gros, pour moi, c'est la nuit. Et la nuit, pour moi, elle s'est à peu près terminée à Courmayeur. Je suis arrivée à Courmayeur à... Je sais plus, 5h30, 6h du matin, il faisait encore nuit. Mais voilà, je suis arrivée là-bas. Donc, je dirais, pour moi, la fin de la nuit, c'est Courmayeur. Parce qu'après ensuite, ce qui suit, c'est une grosse montée. Donc, j'ai vu le soleil se lever dans la montée après Courmayeur. Et voilà. Et le ravito suivant, c'est Champé. Et en fait, entre Courmayeur et Champé, franchement, je ne sais pas ce qui s'est passé. Ou peut-être que je sais un peu... J'ai pas mangé au Contamine. J'ai pris une petite compote. J'ai pas mangé bien à Courmayeur. J'ai pris un bout de jambon. Et donc, je suis arrivée sèche à Champé. En plus, je pense que je me suis tordue une cheville dans une descente. Et en fait, à Champé, je suis arrivée... Enfin, je pensais que j'allais abandonner. Enfin, je m'étais vraiment dit dans ma tête que j'allais abandonner. Et là, c'est en gros ma... C'est la troisième phase qui commence. Je te dirais peut-être la troisième et la dernière. C'est... Enfin, j'ai déjà beaucoup parlé. Mais en gros, à Champé, je suis arrivée fondue. Je m'étais fait une entorre. J'avais mal aux genoux. Je m'étais cassée un doigt. Ah oui, en arrivant à Courmayeur, je suis tombée. Je me suis cassée un doigt. Je ne savais pas qu'il était cassé, mais j'avais mal. Et puis à Champé, en fait, je suis arrivée. Ça n'allait pas bien. J'ai fait un malaise vagal. Ils m'ont emmenée à l'infirmerie. Ils m'ont pris ma tension. Ils m'ont pris mes niveaux de sucre. Ouais, ouais, ouais. Enfin, ils m'ont couché sur un lit sous une couverture de survie. Et ils m'ont dit, ben, dormez, dormez. Essayez de dormir. Donc, j'ai dormi 20 minutes. Après, j'avais la cheville. Je ne pouvais pas poser le pied. Et ça n'allait pas. Et en fait, tu vois, j'ai fait une première sieste de 20 minutes. Et après, je me sentais tellement bien dans le lit. Et je me suis dit... Enfin là, j'étais sereine et je me disais, ben, je vais abandonner ici. Mais j'étais sereine avec l'abandon. Je me suis dit, ben, l'aventure se termine ici. Ce n'est pas grave. J'aurais fait tout ce que je peux. Voilà. Mais je n'étais même pas triste. Je ne pleurais pas. J'étais tellement bien sous cette couverture de survie. Il faisait chaud. J'étais bien. Je me reposais. Je dormais. Je disais, ben voilà, c'est fini ici. Puis, ils m'ont bandé la cheville. Ils m'ont dit, essayez de vous lever. Je ne veux pas poser le pied par terre. Je me dis, ben, c'est bon, c'est fini, quoi. Et voilà. Donc, en fait, j'avais trois personnes qui m'accompagnaient. C'était mon père, une très bonne copine et un très bon copain, Anne-Charlotte et Anthony. Et puis, enfin, je te fais le fast forward parce que ça a duré deux heures. J'ai été deux heures à l'infirmerie. Et quand je me relève, j'appuie sur mes bâtons comme si c'était des béquilles. Et je ne pouvais vraiment pas poser le pied par terre. Et en fait, il y a eu, après, il y a eu trois électrochocs. C'est comme si j'étais en mort cérébrale et il y a eu trois électrochocs. Donc, le premier, c'est une docteure qui était là, une française ou une infirmière, les cheveux courts, blondes, assez dynamiques. Elle dit, bon, il vous reste 45 kilomètres, mais en même temps, vous avez 20 heures devant vous pour les faire, quoi, ou 24 heures. Et là, ça fait poum poum dans mon cœur. Je fais, ah, peut-être que c'est faisable. Après, il y a eu trois électrochocs. Après, on essaie de marcher, etc. Et puis, j'avais du mal à poser le pied, mais bon, je commençais un peu à y arriver, etc. Et je dis à mes trois personnes qui étaient avec moi, je leur dis, bah, j'aurais jamais été d'INF dans ma vie. Bah, ce sera sur l'UTMB. C'est pas n'importe quel d'INF, quoi, sur l'UTMB. Donc, je dis, bon, bah, c'est bon, c'est fini. Et, mais, ah oui, je leur avais dit, je veux pas savoir mon ranking, etc. Donc, ils m'avaient rien dit pendant toute la course. Et je dis, bon, bah, maintenant que c'est fini, vous pouvez me dire j'étais combien ? Et ils me disent, ils se regardent entre eux. Ils me disent, t'es sûre que tu devais savoir ? Je dis, bah ouais, vas-y, j'étais combien ? Ils disent, Alix, t'es douzième féminine. Je dis, quoi ? Alors là, j'ai halluciné. Je dis, quoi ? Douzième féminine ? Et là, un deuxième poum poum dans mon cœur, j'ai fait, oh ! Je me suis dit, waouh, t'es douzième sur l'UTMB, quoi, féminine. Et j'étais genre 100, je sais plus, 130ème, un truc comme ça sur 2500 coureurs. Alors là, ma tête, elle a fait un petit tour. Elle a dit, non mais attends, t'es douzième féminine, il te reste 45 kilomètres. T'en as déjà fait 120, 125. Peut-être qu'il y a moyen de le terminer, quoi. Alors là, mon corps, il a répondu différemment. Le pied, il a dit, ah bah en fait, je peux peut-être courir. Et donc, je suis partie clopin-clopin comme j'ai pu. Et puis voilà. Et donc voilà, je vais aller vite maintenant. Mais en gros, les 45 derniers kilomètres, ça a été très chaud. J'ai jamais pleuré, mais j'étais super déçue de moi. Je me disais, comment t'as pu arriver douzième jusqu'au 125 kilomètres et après, tu fais de la merde comme ça. Enfin, j'ai fini en gros en marchant, j'avais mal. J'avançais plus. J'ai failli abandonner aux deux ravitaux, aux gros ravitaux suivants, à Triant et à Valorsine. Mais je me suis dit, non, c'est bon, t'es arrivé jusque là, tu le finis. Même si tu le finis en 46 heures, tu le finis. Et voilà. Donc, ça a été une réponse très longue. Première phase, grosse allégresse. Deuxième phase, la nuit. Et troisième phase, la lutte. Et j'ai mon pote Anthony qui m'avait glissé à l'oreille au ravitaux de Triant. Il m'a dit, tu es mon phénix. Ça m'avait un peu donné des ailes pour continuer à terminer la course. Donc, voilà. Donc, c'est allé. Tu vois, j'aurais préféré que ce soit dans l'autre sens. Genre lutter au début et finir sur une belle note. Et en fait, c'est allé décrescendo. Et en fait, là aujourd'hui, je suis contente de l'avoir fait, blablabla. Mais je suis arrivée, les gens me disaient, félicitations, félicitations. Et j'étais là, mais félicitations, pourquoi ? Enfin, j'ai fini la course en marchant, un UTMB en marchant. Enfin, c'est nul. Donc, j'étais vraiment dépitée à la fin. Voilà.
Loïc C'est hyper riche ce que tu partages. L'arrivée à champer. Donc, attends, si je résume. Tu arrives en gros, tu es complètement sèche. Oui. Parce que pas assez alimenté. Il y avait un sujet d'hydratation aussi, tu penses ou pas ?
Alix Non, non, non. En fait, je n'avais pas mangé. Oui. Mais surtout, je m'étais tordue la cheville. Et j'avais les genoux vraiment qui faisaient mal. Et là aussi, c'est pour ça que je me détestais. Je me disais, attends, tu viens de mettre neuf mois de ta vie entre parenthèses à t'entraîner. Tu vas à la salle de sport. Tu fais du yoga. Tu fais blablabla. Et tes genoux, ils ne tiennent pas. Mais qu'est-ce que tu as fait de mal ? Mais pourquoi ? Est-ce que c'est l'entraîneur ? Est-ce que c'est ton entraînement ? Est-ce que c'est toi ? Est-ce que tu es en fait ? Et là, une conversation vraiment négative dans ma tête en disant, mais en fait, tu n'es pas faite pour le trail. Pourquoi tu t'es mis là-dedans ? Tu ne le mérites pas. Tu n'es pas du tout au niveau. Il faut arrêter. Il faut changer de sport. Blablabla. Waouh. Très, très négative dans ma tête. Après, j'ai...
Loïc Et ça, tu t'en es rendu compte ? Est-ce que tu t'es mis un stop à un hola à un moment donné pour te dire, attends, oula, trop de pensée négative. Je suis en train de tomber là. Je me remobilise.
Alix Pas trop. Et je te dis, je suis arrivée à la ligne d'arrivée. Je n'arrêtais pas de demander pardon à mes assistants. Je leur disais, je suis désolée, je suis arrivée tard. Eux aussi, ils ont fait deux nuits blanches à m'attendre, à me suivre, etc. Je suis désolée, pardon. Puis vraiment, tu vois, dans la dernière descente, je croisais des gens qui venaient, des supporters qui venaient voir leur famille ou je ne sais pas quoi. Ils me disaient, bravo, bravo. J'étais là. Je ne leur répondais pas, mais dans ma tête, je disais, mais bravo, pourquoi ? Je suis pitoyable. Dans ma tête, je me disais, t'es pitoyable, t'es ridicule. Qu'est-ce que tu fous là ? T'as pas ta place ici. J'étais méchante dans ma tête, quoi. Le hola, comme tu dis, je l'ai mis, mais genre peut-être le lendemain ou le surlendemain. Mais j'étais... Ouais, c'était pas un beau dialogue que j'avais dans ma tête.
Loïc C'est quoi la leçon ? Alors, peut-être pas la leçon, mais ce que tu retires de cette expérience, tu vois ? On va dire de cette dernière section dont tu parles, le combat, la lutte.
Alix Alors, il y en a plusieurs. J'ai un ami qui est guide de haute montagne et quand je lui ai raconté tout ça, il m'a dit... Enfin, il m'a écrit après. Il m'a dit, tu sais, parfois la victoire, c'est savoir arrêter. Ça peut être une victoire, ça aussi. Donc... Mais non, mais là, je me suis dit si j'ai fini... Voilà. Alors, la leçon des 45 derniers kilomètres, c'est... Ben... Je pense lutter jusqu'au final. Et puis aussi... Ah oui, l'autre leçon, parce qu'il y a des gens qui m'ont demandé, mais comment t'as fait pour tenir ? Comment t'as fait si t'avais si mal, etc. Et en fait, c'est là que je me suis rendue compte que l'UTMB, pour moi, c'était... C'était pas juste un truc d'ego, quoi. Enfin, je le savais déjà, mais j'ai senti vraiment que c'était au fond de moi. Tu vois, là, je te montre mon cœur, mais c'était... Je le sentais là, quoi. Je me disais... Tu peux le finir. T'as la capacité mentale et physique de le finir. Et c'est ça, la leçon. C'est pas... Dire, bon, ben, ça va pas... Enfin, pas s'arrêter au premier obstacle, quoi. C'est... C'est essayer, continuer, et puis... C'est un peu la théorie des petits pas, tu vois. Quand j'ai repris après Champagne, je me dis, allez, je vais jusqu'au prochain ravito, et au pire, je m'arrête au prochain ravito. Mais au moins, j'aurais fait 150 kilomètres, pas 120. Et voilà. Donc, c'est tenir, lutter, et puis se reconnecter à pourquoi t'es là aussi. Et avoir ton purpose bien, bien clair. Est-ce que je suis là pour pouvoir faire ma petite publication Instagram ? J'ai fait l'UTMB. Ou est-ce que t'es là parce que tu vas chercher un truc beaucoup plus profond, quoi. Et moi, j'étais là pour chercher beaucoup plus profond. Voilà.
Loïc Et tu l'as trouvé ?
Alix Ben ouais.
Loïc Tu dirais que c'est quoi, du coup ?
Alix Ben c'est... C'est un peu ma... la force intérieure. Voilà, je vais rentrer un peu dans la philosophie, dans la profondeur, etc. Mais il y a des gens qui disent, ouais, courir un ultra, c'est comme aller chercher sa limite. Mais pour moi, c'était voir... Pas jusqu'où je peux aller, parce que je pense que je peux même aller encore plus loin. Mais je me suis rendu compte que... En fait, ça m'a permis de voir que j'étais capable de faire des trucs qui me faisaient peur, que j'étais capable de faire des trucs qui... Enfin, il y a des gens qui m'avaient dit 170 km à l'X, voilà. Pas sûr que tu y arrives la première fois, mais c'est pas grave si tu n'y arrives pas la première fois. C'était un peu me prouver que j'ai cette force. Ouais.
Loïc Et tu penses que ça va impacter comment la suite de ta pratique du trail ou même, tu vois, d'un point de vue professionnel ? On n'a pas encore parlé de ça, mais cette expérience, et même... C'est quand même super frais, là, on enregistre, on est le 12, donc tu es arrivé il y a moins de deux semaines. Ouais. Est-ce que tu conçois déjà le fait que ça aura potentiellement un impact sur des décisions que tu auras à prendre, sur l'orientation que tu vas donner à ta carrière ? Ou tu penses que c'est peut-être trop tôt encore et qu'il y a besoin de digestion ?
Alix Non, mais en fait, ça me donne une force et ça me donne... En fait, ça donne de la confiance en toi. Tu vois, quand tu finis ça, tu dis, c'est bon, je peux encaisser. Et en fait, je me sens vachement plus capable de prendre des décisions rapidement. En fait, je sais ce que je veux maintenant. Ça me renforce dans ça. Je sais ce que je veux. Je sais dire oui. Je sais dire non. Je sais dire... Ma priorité, c'est ça. Si vous n'êtes pas d'accord, je m'en fiche. Au bureau, dans ma vie professionnelle. Mes priorités, elles sont super claires. Et puis, je vais sur elles. Je fais moins de compromis. Je vais plus vite. Franchement, je sens que ça renforce la confiance en soi et la détermination. Et ça me donne une... Comment on dit ? Peace of mind. Enfin, je suis super claire. Ouais. Ça me donne beaucoup plus de... Enfin, je sens que ça a renforcé ma clarté et ma vision de ma vie.
Loïc Waouh. Ça, c'est un bénéfice intéressant quand même.
Alix Ouais. Bah, je pense que tu l'as eu quand t'as terminé la PTL aussi. T'étais fière de toi. Tu t'es sentie fort, etc. Donc, je pense que c'est... Quand tu termines un challenge comme ça, c'est un peu le genre de sentiment que tu peux avoir. Même si ça a fait mal.
Loïc Même si ça fait mal, ouais. Mais on me l'avait dit après la PTL. T'as pas senti ça toi ? Bah, si, si. Ouais, j'ai... Si. Dans l'instant... Je dirais qu'il m'a fallu quand même... Tu vois, c'est pour ça que je te demandais si t'avais le sentiment qu'il fallait... Il fallait du temps pour digérer encore. Parce que moi, la PTL, il m'a fallu quand même un bon moment avant de me dire... Ok, c'était une expérience de ouf. J'ai beaucoup appris, etc. En fait, si tu veux, il m'a fallu du temps pour vraiment ne conserver que le positif. Et laisser un peu de côté toutes les sections vraiment, mais tellement dures qu'on a fait. Ça, j'ai mis le temps à l'oublier.
Alix Je pense que j'ai fait pareil que toi. Sauf que moi, je l'ai fait sur 32 heures. Et toi, t'as fait 6 jours ou 7 jours. Donc, ma récupération, elle a été proportionnelle à la durée de l'effort. Mais effectivement, moi, je te dis, le lendemain, j'étais encore un peu ni ni ni ni. J'ai pas fait une bonne perf, ni ni ni. Et après, en fait, c'est vrai que ça m'a pris une semaine à processer mes émotions. Donc, moi, j'écris beaucoup. Ça m'a beaucoup aidée d'écrire, d'analyser un petit peu ce que j'ai fait. Ça m'a aidée d'en parler. Et puis, j'ai déjà enregistré mon petit podcast sur Ahorita en espagnol pour expliquer ma course. Et ça, ça m'a fait du bien. En fait, ça m'a fait une espèce de psychothérapie. J'ai sorti des trucs et en parler, je pense que ça fait du bien parce que tu mets des mots sur tes émotions. Et là, tu vois, tu me poses des questions, tu me fais réfléchir. Ça m'aide aussi à processer le truc, quoi.
Loïc Tu me fais penser là en parlant de ta déception par rapport à la performance. Alors, c'est un partage. Je ne suis pas du tout en mode donneur de leçons ou autre, mais un truc que j'avais découvert parce que mon approche sur pas mal de trails, etc., c'était aussi plutôt un chrono, tu vois. En tout cas, il y avait cette notion de performance. En repréparant du contenu pour mes programmes de préparation mentale, j'ai refait un focus sur le type d'objectif qu'on peut se définir, tu vois, quand on prépare une échéance, un entretien. Objectif de performance qu'on évoquait, objectif de résultat et qui est un peu différent, et objectif de processus qui est au final, par exemple, tu vois, réussir à mener de front une vie pro stimulante, ce que tu as à Madrid, et en parallèle, enchaîner des heures et des heures d'entraînement sur différentes disciplines, etc. Et en fait, le constat scientifique, c'est que pour tous les sportifs de haut niveau, tous les sportifs et sportifs de haut niveau qui mettent en place en fait le triptyque, c'est-à-dire un objectif de résultat couplé à un objectif de performance couplé à un objectif de processus, en fait, c'est là que finalement tout se rejoint et que tu as des sportifs et des sportives qui sont les plus épanouis et les plus performants.
Alix Et ce serait quoi comme exemple ? Parce que tu dis objectif de performance, résultat et processus.
Loïc Donc c'est quoi ? Oui, objectif de résultat, ce serait par exemple être top 3 féminine. Donc objectif de résultat, c'est en fait tu te compares à d'autres. Objectif de performance, ce serait réaliser mon meilleur temps sur je ne sais pas, 30 km. Donc là en fait, c'est toi, tu te compares à toi, ton historique à toi. Et objectif de processus, ça serait, alors tu vois, je t'ai parlé de vie pro, vie perso, mais ça pourrait être le processus, ça pourrait être avoir des transitions de plus en plus rapides, tu vois, de plus en plus efficaces, ou diviser par deux mon temps de transition par rapport à ce que je faisais sur un trail précédent. Et en fait, quand tu te focus sur trois types d'objectifs légèrement différents, mais qui finalement vont tous dans le même sens, c'est là où tu as une performance globale qui est la meilleure. Donc voilà, un petit partage pour étaler la confiture sur la tartine. Ok, et bien la question qui me vient forcément, c'est maintenant que ce rêve est accompli, déjà est-ce que tu dirais que rêve versus réalité, il y a eu un écart plus important que ce que tu avais imaginé ou pas ?
Alix Non, non et en fait, même j'ai eu ce que j'étais venu chercher quoi. Je savais que ça allait être difficile et... Et bah oui, ça a été difficile. Et... Mais ça a été difficile à la fin, c'est ça qui m'a un peu frustrée. Ça allait tellement bien au début. Après, je pense que c'est la réalité qui a dit, oups, j'ai un peu trop lâché sur le rêve, maintenant je vais lui faire voir vivre la réalité. Non mais... Ouais, tout était là, tout était là. Et ça s'est même encore mieux passé que ce que j'imaginais, quoi. C'était fou.
Loïc Si c'était à refaire, c'est quoi que tu changerais du coup sur la dernière section ? Ça serait vraiment alimentation ? Pour toi, c'est là que ça a piché ?
Alix Non et puis, je pense que dans mon entraînement, il faut que je fasse un truc pour mes genoux. Et j'en ai parlé un peu autour de moi, parce que c'est une question qui m'a taraudée pendant les 45e. J'étais là, mais pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai pas fait ? Je mettrais du vélo. Je mettrais plus de cross-training et peut-être courir moins et faire plus de vélo. Donc du coup, pour renforcer les quadris et mettre moins d'impact peut-être pendant l'entraînement. Donc ça, c'est le premier truc. Moi, je suis pas bonne en descente, je suis assez lente. Et du coup, je suis sur la retenue et je pense que c'est ça aussi qui tire sur les genoux. Donc plus travailler les descentes, faire vraiment du travail plus sur les descentes. Et puis me poser plus au début, manger peut-être, partir peut-être beaucoup plus consciemment, me retenir un petit peu plus sur les premiers kilomètres. C'est vrai qu'ils disent souvent que tout commence dans la deuxième partie de course, donc à partir de cours mailleurs. Moi, je dirais même à partir du col ferré. Voilà, donc ce seraient les trois trucs.
Loïc Bah écoute, la prochaine fois que tu viens à Aix, on va se faire quelques descentes bien techniques à la salle de victoire. Et cette fois-ci, j'essaierai de ne pas être malade et de ne pas cracher mes poumons pour que tu puisses vraiment t'entraîner. Merci.
Alix Merci coach.
Loïc La suite du coup ? Est-ce que tu as déjà un nouvel objectif ?
Alix Non, je suis encore en train de processer le truc. Mais pour être honnête avec toi, je suis passée par la phase, le trade ce n'est pas pour moi, c'est fini, à je veux ma revanche sur l'UTMB, je veux bien le faire. Et voilà. Est-ce que j'essaie de le refaire l'année prochaine ? Bon, après, il faudrait rentrer dans la loterie, blablabla, voir si je suis prise, etc. Donc, je ne sais pas, j'aimerais bien le refaire mieux. Et puis sinon, ceux qui ont fait l'UTMB, ils disent « Ah, après, c'est la diag. » Bon, la diag, c'est autre chose. Il fait chaud, c'est sans bâton, c'est loin. Donc, je ne sais pas. Non, je n'ai eu encore pas d'objectif. Je préfère digérer un peu ça. Et puis aussi, je pense que, pour être honnête, je pense que je suis allée trop vite. Tu vois, de passer d'un 60K il y a deux ans à 170K en deux ans. Oui, je l'ai fini, mais je ne suis pas sûre que j'étais vraiment au niveau. Donc, peut-être faire plus des 100K. J'ai bien aimé la distance des 100K. Donc, peut-être faire plus de 100K. Voilà. Ok.
Loïc Génial. Est-ce qu'il y aurait peut-être, toi, un dernier message que tu voudrais faire passer ? Tu vois, celles et ceux qui nous écoutent qui n'osent pas trop se lancer. Alors, ça pourrait être sur un UTMB ou sur un autre type de défi qui leur fait un peu peur, justement. Qu'est-ce que toi, tu aimerais leur dire maintenant que tu as réalisé ça ?
Alix Eh bien, alors, le premier point, c'est si vos rêves ne vous font pas peur, c'est qu'ils ne sont pas suffisamment grands. Donc, en fait, se mettre un gros objectif, ça peut faire peur. Mais en même temps, une fois qu'on s'est mis cet objectif et qu'on l'a vraiment intériorisé, tout s'aligne, en fait. Et donc, un, se mettre des objectifs qui font peur parce qu'aussi, ça fait évoluer dans la vie. Et ça peut être un objectif sportif, ça peut être un objectif... Je parle de ça dans Ahorita, je ne sais pas, de changer de pays, de se lancer dans une nouvelle activité, etc. Donc, se mettre un objectif, pas forcément qui fait peur, mais genre qui nous impressionne ou on admire les gens qui le font et on dit « Oh, est-ce que je serais capable ? » Je serais capable, etc. Donc, oser, c'est ça. Oser se fixer des objectifs qui peuvent paraître fous pour nous. Et le deuxième point, c'est ce dont on parlait, avoir la discipline, avoir un petit plan. Et en fait, le petit plan, c'est faire un petit peu tous les jours. Enfin, moi, je n'ai jamais couru dans les derniers 12 mois. Je n'ai jamais couru 100 kilomètres. J'ai toujours couru... Enfin, mon maximum, je pense que ça a été une course de 78 peut-être ou 80. Donc, je n'ai même pas fait la moitié de l'UTMB avant. Donc, en fait, c'est vraiment des petits objectifs. C'est un petit peu tous les jours et c'est ça, c'est de la discipline. Mais une fois qu'on a un vrai objectif, qu'il y a un vrai purpose qu'on sent au fond de nous, c'est faire un petit peu tous les jours pour y arriver. En fait, moi, il y a un an, l'UTMB, je le voyais. Je te disais au début, j'en pleurais parce que je me disais « Ah, mais c'est dur. Comment je vais y arriver ? » Au final, quand tu as ton plan et quand tu dis « Dans un mois, je vais faire une course de 35 kilomètres et puis après, j'en ferai une de 42. » Et puis là, je vais faire des sorties un petit peu plus longues, etc. Et bien, tu arrives et moi, je te dis, je ne sais pas, deux ou trois semaines avant l'UTMB, j'étais super sereine parce que je me disais… Tu sais, en anglais, ils disent « I do what I got to do. » Donc, j'ai fait ce qu'il fallait que je fasse. J'ai suivi mon plan. Tous les jours, j'ai fait mon petit « check check check » et puis voilà. Voilà, c'est ce que je dirais. Tout est possible. En fait, c'est ça mon message. Je pense que tout est possible. Et c'était un peu le message que je voulais faire. Je me dis « Oui, je suis une femme. Je ne suis pas la plus jeune. Je ne suis pas la plus fine. Je ne suis pas la plus sportive. Je ne suis pas la plus… » Enfin, rien. Mais si on s'en donne les moyens, je pense qu'on peut vraiment arriver à faire des trucs fous. Et les gens, ils me disent souvent « Mais t'es trop forte. » Mais non, je ne suis pas trop forte. Je me suis accompagnée de gens qui m'ont aidée. Les trois assistants, Anne-Charlotte, Anthony et mon père, je suis tellement reconnaissante auprès d'eux. Ils ont été là tout le temps. En fait, c'est se donner les moyens, s'entourer, se conseiller et puis vivre ses rêves. Voilà. Ça a été un peu long, mais c'est ça.
Loïc Finalement, est-ce que ce n'est pas le message que tu retrouves sur Aorita avec tous les invités que tu reçois ? Ce n'est pas ça qui ressort un peu régulièrement ? De croire en ses rêves, d'oser se lancer ?
Alix Complètement. Oser, c'est ça. C'est oser. Ils disent tous ça. Je fais une petite pub pour Aorita, mais Aorita en mexicain, ça veut dire… C'est quand on a quelque chose en tête et on dit « Oui, je vais le faire un jour, un jour, un jour » et on ne fait jamais. Donc, moi, j'interview des gens qui l'ont fait, qui se sont lancés. Et en gros, quand je leur dis « Ça a été quoi ton Aorita moment ? » Quand est-ce que tu t'es dit « Ah, je vais me lancer ? » Et bien, c'est parce qu'ils avaient super peur et puis un jour, ils disaient « Allez, hop, j'y vais ». Non, c'est pas en général. D'ailleurs, ce n'est pas un jour, ils disent « Allez, hop, j'y vais ». S'ils font un petit peu, un petit peu et puis ils disent « En fait, il n'y a pas eu de Aorita moment. » Ça a été une succession de petites actions. Tu vois, c'est comme toi, quand tu as quitté ton job, quand tu as lancé ton podcast à fond ou quand tu te lances dans tes aventures folles. Et bien, c'est un petit peu tous les jours. Voilà.
Loïc Tu as du teasing à nous faire sur un prochain invité complètement Aorita sur ton podcast ?
Alix Alors, non.
Loïc D'ailleurs, je ne sais pas. Est-ce que tu l'as mis en pause ? Non, j'ai continué.
Alix Mais là, du coup, ça a été un peu focus UTMB pour expliquer ce que c'était, pour faire mon feedback, etc. Là, si, je vais en sortir une. D'ailleurs, en français, je pense dans une ou deux semaines. Donc, elle parle. Elle, elle est coach. Pareil, changement de vie, etc. Mais elle est coach spécialisée sur justement l'équilibre vie pro-vie perso. Et l'interview avec elle, elle est super agréable parce qu'en fait, elle dit « we can have it all » mais de façon… enfin, pas l'américaine. Ouais, on peut tout faire, etc. C'est une façon douce de trouver l'équilibre et l'harmonie dans sa vie. Et voilà. Génial.
Loïc Après, ouais.
Alix Non, j'en trouverai d'autres après. Mais là, c'est vrai qu'avec l'UTMB, le mois d'août, j'ai un peu mis le podcast entre parenthèses et j'ai parlé de l'UTMB.
Loïc Bah, tu m'étonnes. Voilà. Tu m'étonnes. Ok. Eh bien, écoute, merci Alix. C'était génial ce débrief sur ton UTMB. Savoir un peu comment ça s'était passé. Franchement, encore bravo. Parce que c'était quand même un sacré gros morceau. Et je trouve ça super inspirant de t'entendre dire que t'as commencé le trade il y a finalement pas si longtemps que ça. C'était un objectif qui clairement te faisait peur, mais t'es allé, t'as mis ce qu'il fallait en place. Et au final, même si le résultat en termes de performance, de classement, n'est pas exactement ce que t'étais allé chercher. Moi, j'ai quand même entendu qu'il y a eu des supers enseignements et que l'expérience a été quand même assez folle.
Alix Juste une petite clarification. En fait, c'était complètement le résultat que j'étais allé chercher. Le seul truc, c'est que... Enfin, juste pour info, dans le classement, avant le départ UTMB, j'étais 77e féminine dans le classement. Donc moi, je m'attendais à arriver 77e en gros. Et je m'étais mis comme objectif 33 heures. Et en fait, mais c'est ça le problème, c'est que quand j'ai su que j'étais 12e et que la projection de temps selon Lifetree, etc., c'est que je pouvais le faire en 28 heures. En fait, ça m'a déboussolée. Ça m'a sorti de mon objectif. Mais faire une paire, faire 32 heures sur UTMB, franchement, pour un premier, moi, je suis très contente. Je m'en suis rendue compte une semaine après, mais j'ai fait carrément mieux que ce que j'étais allé chercher au final. Mais ça, je te le dis aujourd'hui, il y a une semaine, je t'aurais dit, j'aurais pu faire mieux. Bref.
Loïc Comme quoi. Bah écoute, en tout cas, c'était vraiment passionnant de t'entendre nous dévoiler un petit peu l'envers du décor. Bonne convalescence, puisque moi, je l'ai vu, t'as encore le doigt tout frappé. Ah oui, j'ai un petit doigt cassé. Mais ça va, c'est juste un petit doigt. Bon. Et puis, bah écoute, on reste en contact. Je mettrai tous les liens pour Aorita dans le début de son épisode. Et je te dis peut-être à bientôt pour un débrief d'une nouvelle aventure complètement folle.
Alix Ouais. Merci Loïc. Et longue vie au frappé. Et hâte d'entendre plus sur tes prochains invités et ta préparation à tes défis fous de Ironman & Co. Yes.
Loïc Merci Alix. Merci d'avoir écouté cette conversation avec Alix dans son intégralité. J'espère que son récit de l'UTMB vous aura incité à prendre le départ de vos propres défis. Peut-être d'ailleurs qu'il s'agira de l'UTMB l'an prochain. Quoi qu'il en soit, cet épisode, comme tous les autres, vous est proposé intégralement, gratuitement. Tout ce que je vous demande en retour, c'est de m'aider à donner de la visibilité à mes invités complètement incroyables en notant le podcast 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute, en ajoutant un commentaire et en le partageant autour de vous. Si vous voulez m'envoyer des feedbacks, vous pouvez le faire comme d'habitude sur le compte Instagram du podcast LesFrappés pour un podcast ou bien par email à hello.lesfrappés.com. Je vous dirai la semaine prochaine avec un invité qui nous vient de l'univers du trail, qui connaît très bien l'Ultra également et qui a réalisé la plus longue course d'orientation au monde. A bientôt les frappés ! Sous-titrage Société Radio-Canada
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