Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Liv Sansoz - Double Championne du Monde d'escalade, aspirante Guide de Haute Montagne - "C'est la liberté qui m'a fasciné dans l'escalade"
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Liv est championne d'Europe et double championne du Monde d'escalade, aujourd'hui aspirante guide de haute montagne.
Liv, c'est l'histoire inspirante d'une petite fille de 14 ans qui découvre l'escalade et qui y associe le sentiment de liberté. Ses progrès sont rapides, elle intègre à 16 ans l'équipe de France et décrochera deux fois l'or mondial. Liv, c'est aussi la 2ème femme au monde a avoir réussi une voie 8c+, un exploit réalisé en l'an 2000 aux États-Unis sur la voie "Hasta la Vista".
Après des années de compétitions sur des parois artificielles, Liv à décidé de tourner la page du haut niveau, et a entamé en 2019 le cursus pour devenir guide de haute montagne.
Les sommets enneigés, on peut dire qu'elle connait bien aussi. En 2017, après des années de blessures compliquées, Liv décide de se créer un challenge ambitieux et local : elle va gravir les 82 sommets des Alpes de plus de 4000m entre la France, l'Italie et la Suisse. Il lui faudra 9 mois de préparation et 1 an d'exécution pour y parvenir. Complètement dingue !
J'ai trouvé cet échange passionnant pour moi qui ne connaissais que peu de choses à l'univers de l'escalade. Merci Liv pour ces beaux partages, ton humilité et ton sourire ! On se retrouve vite, peut-être en montagne pour une course guidée ?
🔎 Liv est sponsorisée par Black Crows, marque de ski française établie à Chamonix.
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #27 - Julia Virat - Guide de haute montagne et navigatrice - Apprendre à écouter ses émotions
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Quand on bascule dans le sport de haut niveau, il y a quand même un gros changement qui se fait. On doit être dédié, si on veut réussir, on doit être dédié à 100%, à 110% à ce qu'on fait en bas. On va dormir escalade, on va rêver escalade, on va manger escalade, on va aller au lycée en pensant à l'escalade. Et c'est vrai que quand on s'inscrit dans une démarche de haut niveau, on doit vraiment se tenir à une certaine rigueur.
SPEAKER_01Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés. Bienvenue Liv sur le podcast. Merci. Je suis ravi qu'on arrive enfin à faire cet enregistrement. Ça a pris du temps, je crois que c'était en avril la première fois qu'on a échangé, avril 2022.
SPEAKER_00Oui, c'est ça. On peut dire qu'on a des vies très actives et des journées bien chargées. Ce n'est pas toujours fait. C'est ça. De prévoir trop à l'avance les journées
SPEAKER_01où on va être à la maison derrière un ordinateur. Exactement. Surtout que toi, tu vas nous en dire un peu plus, mais tu as un paramètre quand même important à prendre en compte pour ton activité. qui est la météo, puisque tu ne travailles pas sur une chaise derrière un écran. Écoute, ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par le commencement, te présenter, nous expliquer un petit peu qui tu es et quel est ton parcours.
SPEAKER_00Ok, très bien. Alors, je m'appelle Liv Sansose. Liv, c'est un prénom norvégien, mais je suis française. Je suis née en Savoie, à Bourg-Saint-Maurice, et j'ai grandi en skiant sur le domaine des arcs, en fait, qui fait partie de la ville de Bourg-Saint-Maurice. Donc, la montagne, le ski ont toujours été des choses très présentes. J'ai eu des parents qui nous ont assez vite appris à aimer et à protéger aussi la montagne, à mon frère et à moi, mais qui n'étaient pas forcément des alpinistes ou des grimpeurs. Mais moi, petite, j'ai commencé à lire des livres de montagne et j'ai eu envie de faire de la montagne, de grimper. Mes parents m'ont inscrit à un club d'escalade quand j'avais 14 ans et je suis tombée vraiment amoureuse de cette activité qui m'a amenée à faire de la compétition et de fil en aiguille, j'ai intégré l'équipe de France, j'ai été plusieurs fois championne du monde d'escalade, aussi bien chez les jeunes au début qu'en senior. J'ai gagné trois Coupes du Monde en général et j'ai dû faire une cinquantaine de podiums internationaux. Donc j'ai un gros, gros vécu en tant que compétitrice et athlète de haut niveau derrière moi. Mais maintenant, aujourd'hui, en 2022, je finis ma formation de guide de haute montagne et je vis à Chamonix où j'emmène des gens aller en montagne, réaliser leurs rêves et je trouve ça c'est une très belle façon de vivre la montagne aussi.
SPEAKER_01Génial, génial. Bon et cet été ça n'a pas été trop compliqué du coup d'emmener les gens avec la sécheresse, la canicule en montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_00Cet été, disons que c'était un été très particulier qui était un peu, comment dire, inquiétant en fait, on s'est Je me dis, mais ça va être quoi la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_00Si tous les étés sont comme ça, ça va être très compliqué. Après, en fait, on s'adapte. Le mot maître dans notre métier, c'est adaptabilité. Et on s'adapte si les glaciers deviennent trop dangereux. Il faut aller dans des zones où il n'y a pas de glaciers. Il faut refaire du rocher. On s'adapte. Mais il ne faudrait pas que ce soit tous les étés aussi caniculaires, avec des températures aussi
SPEAKER_01élevées.
UNKNOWNMerci.
SPEAKER_01On croise les doigts. Ok, donc escalade. Alors, je ne connais pas grand-chose à l'escalade, pour tout te dire. Est-ce qu'il y a plusieurs catégories
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce qu'il y a plusieurs types d'escalade
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce que c'est organisé d'un point de vue compétition, fédération
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, l'escalade est fédérée, bien sûr. Il y a une fédération qui s'appelle la FFME, Fédération Montagne et Escalade, qui est organisée comme tous les autres sports, avec des clubs, des comités, dans des dirigeants. Les compétitions se passe toujours sur murs artificiels, tout simplement parce que quand une compétition est organisée, il faut que des ouvreurs puissent venir une quinzaine de jours à l'avance pour ouvrir des voies nouvelles. Si on organisait les championnats du monde dans le Verdon, tous les grimpeurs français seraient vraiment plus avantagés que les grimpeurs étrangers qui n'auraient jamais grimpé là-bas. Donc, en fait, les compétitions se font souvent à l'intérieur, dans des halls de sport, au Zénith à Paris, ça peut être dans plein d'endroits différents, dans toutes les villes du monde et sur des murs qui sont montés de façon provisoire pour la durée de l'événement. Ça fait que tout le monde pourra être un, l'événement pourra avoir lieu quelles que soient les conditions climatiques, on va pouvoir faire venir aussi des médias et tout le monde sera à égalité puisque les voies vont être tracées par des ouvreurs que personne ne connaît et donc on aura un vrai format de
SPEAKER_01compétition. D'accord. Et le niveau de difficulté, pour rentrer un peu dans les détails je vois en tout cas sur Wikipédia que tu es la deuxième grimpeuse à avoir réussi un 8 c'est plus ça correspond à quoi les chiffres les lettres le plus j'imagine c'est un rapport avec la technicité mais concrètement un 8 c'est plus ressemble à quoi dans les
SPEAKER_00faits alors effectivement en escalade on a une échelle on a une échelle de cotation quelqu'un qui commence va commencer dans du 5 quelqu'un qui grimpe un peu plus va être dans du 6 et puis après si on grimpe régulièrement on va atteindre le le 7ème degré, et si on grimpe vraiment beaucoup, le 8ème degré. Donc, pour être plus précis dans ces cotations, on a rajouté des chiffres et des plus. Donc, quelqu'un qui commence, il va être dans le 5A, 5B, après, il y aura le 5C, ou le 5C+, et après, on passe au 6A, 6A+, 6B, 6B+, 6C, 6C+, et ainsi de suite. En 2000, à l'époque, en fait, il y avait les meilleures cotations, il y avait une femme qui avait réussi un 8C+, et moi, la même année, j'ai aussi réussi un 8C+, qui était la cotation la plus élevée qu'on pouvait trouver à ce moment-là chez les femmes. Aujourd'hui, chez les femmes, il y a une Autrichienne qui a réussi un 9B, par exemple. Donc, en 20 ans, le niveau a vraiment augmenté, ce qui est une super belle chose. Et puis aussi, ce qu'il faut voir, c'est que comme l'escalade est un sport très technique, et bien sûr physique aussi, mais la technique est très importante, les femmes arrivent quasiment au même niveau que les meilleurs hommes. Il y a assez peu d'écarts entre les meilleures femmes au monde et les meilleurs hommes au monde et ça c'est assez chouette en fait, c'est un des rares sports où on retrouve une différence assez peu marquée et un 8C+, maintenant les femmes font du 9A plein de femmes font du 9A, à l'époque on était deux à pouvoir grimper du 8C+, et puis après il y en a eu 10 qui ont fait du 8C+, puis maintenant elles sont dans le 9A, 9A+, 9B les Ce sont des voies qui sont très dures physiquement, qui demandent une excellente maîtrise, une excellente mémorisation. En fait, tous les mouvements, on les a répétés, on les a travaillés peut-être des quinzaines ou des trentaines de fois. Ils sont tellement présents dans nos têtes, tellement mémorisés, on est tellement précis au millimètre près sur comment prendre la prise, sur comment placer son pied, sur comment placer son bassin, sur le rythme qu'il faut donner, sur la vitesse d'exécution des mouvements qu'on va arriver à faire ces voies qui sont très dures. Ça va être des voies qui vont être raides, déversantes, souvent dans des gros dévers, voire pour certains dans des grottes, avec des prises pas toujours très grosses, avec des mouvements très dynamiques, très éloignés. Il y a plein de voies différentes. Il n'y a pas un type de voie dure, mais plein de types de voies dures qui correspondent aussi au type de rocher sur lesquels on
SPEAKER_01est. D'accord. Et toi, en l'occurrence cette 8C+, elle s'est
SPEAKER_00faite où
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était aux Etats-Unis dans l'état du Nevada en fait j'étais là-bas avec un ami français qui voulait travailler en 9A et qui m'a dit il y a un 8C+, je pense que t'es capable de le faire, moi je m'étais jamais dit que je serais capable de faire un 8C+, mais il avait plus confiance en lui que moi en moi je me suis dit ok, ça vaut quand même le coup d'essayer on y va, et donc on s'est encouragé mutuellement moi je le soutenais pour son
SPEAKER_01FA et lui pour mon
SPEAKER_008 c'est plus
SPEAKER_01génial génial combien de temps tu restes engagé dans le comment est-ce qu'on appelle ça dans la paroi du coup à partir du moment où tu commences tu vois en trail on dirait une trace mais en escalade c'est à quel long
SPEAKER_00quand on commence une voie
SPEAKER_01une voie exactement
SPEAKER_00une voie évidemment non non ça peut durer 40 minutes ça peut durer 20 minutes il n'y a pas
SPEAKER_01de il n'y a pas
SPEAKER_00de il n'y a pas de règle générale parce que une voie peut faire 25 mètres comme elle peut en faire 50 ou plus ce sont des voies assez courtes en général ce ne sont pas des grandes parois de 1000 mètres mais quand on est en escalade dite sportive c'est à dire dans la très haute performance ça va être des voies assez courtes quand on est en montagne ou en big wall par contre on va être sur des voies qui vont faire 1000 mètres de haut et là on peut passer plusieurs jours en parois mais là on entre dans une autre partie de l'escalade Ce qui fait la richesse de l'escalade, c'est que c'est vraiment une activité à multifacettes. On va avoir du bloc, comme à Fontainebleau, par exemple, des blocs de graisse. On n'a pas de cordes, on a juste des chaussons. On a un crash pad pour se réceptionner en cas de chute. Et on va faire 5, 7, 10 mouvements très intenses, très durs. On va être vraiment sur de la force, de la force explosive. Et ça, ça s'appelle du bloc. Après, on a l'escalade sportive... on voit ce qu'on appelle la difficulté. Donc là, on va être encordé, on va faire 25 à 50 mètres de hauteur. Et puis après, on a l'escalade qui est plus de l'escalade de Big Wall ou de l'escalade alpine comme en montagne, ce qu'on retrouve, où on va partir pour des grands voyages sur plusieurs jours ou même que sur un jour, mais ça va être des voies entre 300, par exemple dans le Verdon, des voies de 300 mètres ou plus selon les endroits. Voilà, c'est ce qui fait toute la richesse de ce sport, c'est que c'est une activité extrêmement variée. On peut décider de se spécialiser que dans le bloc ou que dans la difficulté, comme on peut décider de s'ouvrir à toutes les pratiques. Je n'ai pas parlé non plus du psychobloc, du water deep soloing, qui est une activité où on grimpe sans être encordé au-dessus de l'eau et si on tombe, on tombe dans l'eau. Il y a aussi cette activité qui s'est développée. Donc voilà, l'escalade, c'est très riche dans le sens où on peut la pratiquer sous plein de formes
SPEAKER_01différentes.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_01Ah là là, génial. Oui, on avait eu la chance d'avoir Julia, Julia Vira que tu connais du coup, qui était venue nous parler entre autres de son ascension de El Capitan. Et de mémoire, c'était, je crois qu'elle a passé 12 jours sur la paroi, toute seule, 12 ou 13 jours avec plus de 1000 mètres de dénivelé. Donc, ça avait l'air assez exceptionnel comme
SPEAKER_00expérience. Julia est une très bonne amie. Elle était partie en solo, en solo auto-assuré, faire cette voie d'artif au Yosemite sur une paroi de 1000 mètres et elle a effectivement resté entre j'allais dire 11 jours mais peut-être que c'était 12 il faut savoir que quand on part comme ça en paroi et en plus seule on doit c'est vraiment un très gros travail c'est une grosse mission parce que il faut hisser son eau pour 11 jours il faut hisser sa nourriture pour 11 jours on hisse tout en fait on ne touche plus le sol pendant une dizaine de jours comme elle a fait ça veut dire qu'il faut de l'eau pour tenir 11-12 jours, il faut de la nourriture pour toute cette durée, il faut avoir son buvet, ses vêtements, son portaledge, le portaledge c'est cette plateforme qu'on ouvre tous les soirs pour dormir dessus en paroi donc c'est vraiment un voyage extraordinaire mais c'est un voyage qui est dur, il faut être vraiment solide
SPEAKER_01moi c'est vraiment ce que j'avais retenu de cette expérience elle nous expliquait je crois que c'était le dernier jour ou l'avant dernier jour elle a passé la journée à pleurer littéralement la journée à pleurer visiblement tu vois que c'était une vraie expérience physiquement très difficile mais aussi intérieurement enfin il y a plein de choses qui s'étaient passées donc c'était un super récit donc voilà s'il y en a qui sont intéressés Julie Avira l'épisode je ne me rappelle plus du numéro mais je mettrai tout ça je mettrai le lien en description du tien aussi s'il y en a que ça intéresse excellent Donc tu disais, début de ta pratique de l'escalade à 14 ans, qu'est-ce qu'il fait maintenant avec le recul
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu penses que tu as accroché aussi fort
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense qu'avant tout, c'est la personne qui nous a encadré au club, qui était un guide de haute montagne, passionné d'escalade, qui venait des Calendres de Cassis, et qui a su nous transmettre, en tout cas me transmettre, son amour pour l'escalade. Et je pense que c'est ça qui a fait vraiment des clics en moi. Il nous a emmené, après quelques semaines, Après quelques semaines au club, la rentrée était en septembre. Après quelques semaines, on va aux vacances de la Toussaint avec lui dans les Calanques. Et là, vraiment, je tombe amoureuse de ce sport où je me dis, mais l'escalade, c'est la liberté. On est trop heureux, on est trop les rois du monde d'être là sur ces rochers, sur ces vires, à grimper des voies qui sont magnifiques au-dessus de l'eau. Et puis à chaque jour, je faisais des gros progrès. Donc c'était très encourageant pour moi. Il y avait vraiment cette dimension de nature, de liberté qui était très forte et en même temps ce côté aujourd'hui j'ai fait du 6B, demain je vais faire du 6C et puis j'y arrivais j'avais vraiment envie donc c'était que des feedbacks positifs et ça m'a encouragée à grimper de mieux en mieux, à grimper plus et ce qui m'a permis de passer vraiment un cap en fait c'est que à 14 ans j'ai eu mes premiers championnats de France jeune et Et je les ai faits la veille. Alors, c'était un contexte un peu particulier. Tout l'été, j'avais demandé à mon papa de m'emmener faire le Mont-Blanc. J'avais vraiment envie de faire le Mont-Blanc avant ma rentrée au lycée. Et en fait, on n'avait pas trouvé de créneau. Ils travaillaient. On n'avait pas vraiment eu la possibilité de le faire. Et les quelques jours avant la rentrée de septembre, il m'a dit, allez, on y va. On y va. J'ai le temps. On prend deux jours. On monte au Mont-Blanc. Donc, on va faire ce Mont-Blanc dans des conditions qui n'étaient pas forcément faciles. Il y a énormément de vent, il y a eu du brouillard. À un moment, on s'est un peu perdu sur le Dôme du Goûter, à la redescente dans le brouillard, c'était difficile de voir les traces, il neigeait. Mais on est rentrés sains et saufs et le lendemain, je commençais mes championnats de France en étant un petit peu fatiguée quand même du Mont-Blanc et surtout pas vraiment bien entraînée puisque pendant l'été, le guide qui faisait le club n'avait pas vraiment le temps de nous faire des séances d'entraînement. Et malgré tout, je termine troisième à mes premiers championnats de France sans avoir grimper de l'été en revenant du Mont-Blanc donc c'était pour moi vraiment une excellente surprise, je ne m'attendais pas du tout à ça et en discutant avec les copines qui étaient qui avaient fait la compétition avec moi, qui n'étaient pas de mon club j'entendais parler de moi j'ai un pan d'escalade chez moi ou moi mon papa il m'a construit un pan d'escalade donc je suis rentrée dans ma famille et j'ai dit à mes parents bon ben moi je veux un pan d'escalade à la maison alors ils m'ont un peu regardée en se disant mais c'est quoi un pan d'escalade et puis qu'est-ce que tu tu veux, tu veux le mettre où
UNKNOWN?
SPEAKER_00Mais quand même, ils ont toujours vu que j'étais une petite fille très décidée, très volontaire et que je ne demandais pas des choses qui allaient durer juste l'histoire d'un jour. Ils se sont dit, bon, elle a l'air d'y tenir, elle a l'air d'insister à ce point d'escalade, on va quand même regarder avec elle. Du coup, mon père m'a dit, mais tu veux qu'on le mette où
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment tu vois les choses
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, on est allé un peu en bas dans la cave. Je trouvais que ce n'était pas très haut. On est monté au grenier. Au grenier, c'était intéressant puisqu'il y avait les pans du toit de la maison qu'on pouvait équiper alors j'ai dit on va le faire là au grenier et on est allé chercher des planches chez mon grand-père, on a fait un gros carré de 4 mètres par 4 qui a été le premier pan d'escalade et comme on n'avait pas vraiment de prise d'escalade à mettre dessus on est allé dans le torrent derrière la maison on est allé chercher des pierres et puis on perçait les pierres pour les visser sur le sur le pan en bois en fait qu'on avait construit et pour qu'on perce une pierre en fait on la casse une fois sur deux on casse la pierre donc ça a été vraiment compliqué d'arriver à mettre quelques prises d'escalade sur ce pan, mais voilà, j'avais mon premier pan d'escalade, et j'étais tous les jours dessus, à travailler des mouvements, à essayer des choses, sans vraiment savoir, parce que j'étais pas vraiment guidée, à 14-15 ans, on n'est pas bien guidée, enfin toute seule, j'étais pas vraiment guidée pour savoir comment m'entraîner, savoir quoi faire, mais comme des adultes de Bourg-Saint-Maurice ont entendu qu'il y avait un pan d'escalade chez moi, ils sont venus grimper, ils ont apporté des prises, il y en a qui en ont fait en bois, ils m'ont donné aussi un peu des idées pour l'entraînement et ainsi de suite en fait on a de fil en aiguille on a agrandi le plan d'escalade, on l'a enrichi, on l'a vraiment amélioré et puis il y avait une vraie dynamique sur ce plan d'escalade avec tous les copains qui venaient à la maison, on s'entraînait tous les soirs et voilà et cette dynamique elle a fait que ça m'a permis de gagner du niveau de vraiment m'entraîner correctement et à 16 ans de pouvoir intégrer l'équipe de France parce que j'ai intégré l'équipe de France senior en étant vraiment jeune. Maintenant, quand je vois des ados de 16 ans, je me dis, ah ouais, moi, je partais à Prague, je partais à l'étranger avec l'équipe de France et j'étais quand même, finalement, j'avais l'impression d'être une adulte, d'être grande, mais quand je vois les gamins de 16 ans, je me dis, en fait, j'étais encore une
SPEAKER_01petite gamine, quoi. Et ton rapport à ta pratique, à la pratique de l'escalade, comment est-ce qu'il a évolué une fois que tu intègres l'équipe de France
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et je te pose la question parce que, tu vois, tu parlais de cette notion de liberté qui t'a vraiment... t'as vraiment marqué quand t'as découvert l'escalade mais est-ce que t'as réussi à le retrouver dans le monde du sport de haut niveau ou est-ce que les contraintes des compétitions, de l'entraînement etc ont fait que ça s'est peut-être un peu dissipé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quand on bascule c'est une très bonne question parce que quand on bascule dans le sport de haut niveau il y a quand même un gros changement qui s'opère, on est à 100% à ce qu'on fait, on doit être dédié, si on veut réussir on doit être dédié à 100% à 100 10% à ce qu'on fait. On va dormir escalade, on va rêver escalade, on va manger escalade, on va aller au lycée en pensant à l'escalade. Et c'est vrai que quand on s'inscrit dans une démarche de haut niveau, on doit vraiment se tenir à une certaine rigueur, on doit s'entraîner beaucoup plus. Mais Il faut savoir que le côté liberté est toujours resté là, présent dans ma tête, même si, du coup, je m'entraînais plus en intérieur, je voulais prendre moins de risques. Par exemple, je me souviens, à un moment, je me suis dit« Ah, je ne vais pas forcément aller skier aujourd'hui parce que je n'ai pas envie de me blesser.» Donc, c'est vrai qu'on pense« Tiens, dans les autres sports, on peut…» Alors que le ski a toujours été quelque chose d'important pour moi et un grand plaisir, une grande source de plaisir. Je me suis dit« Ah, il faut que je fasse attention à ne pas me blesser.» Donc, on commence à faire plus attention à certaines choses où avant, on ne se posait pas la question. Et puis, on se spécifie, on devient des formulaires. On va vraiment très précisément dans le haut niveau, qu'on ne peut pas s'éparpiller sur d'autres choses. Mais il faut savoir que ça, c'est une période de la vie, le haut niveau. Ça ne dure jamais toute une vie. Et après, soit on veut rester dans du haut niveau en escalade, c'est possible, en faisant des voies très dures en rocher. Soit on s'ouvre à d'autres disciplines. Et pour moi, ça a été de revenir à la montagne en fait.
SPEAKER_01C'est un super point. Tu as cette notion de transition du haut niveau vers la suite. Est-ce que la phase post-haut niveau, vous y étiez préparé un petit peu grâce à la FEDE
UNKNOWN?
SPEAKER_01En plus, toi, tu étais quand même hyper jeune, 16 ans en équipe senior. C'est quand même, comme tu l'as dit, très jeune. Est-ce que dès le début, on vous sensibilisait sur le fait que ça n'allait durer qu'un temps, que c'était important de continuer ses études, par exemple, d'envisager la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_01ou
SPEAKER_00pas du tout
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'est encore une fois une autre très bonne question. Alors, l'après-carrière, je pense que c'est ce qu'il y a de plus compliqué à gérer, peut-être même plus compliqué qu'une blessure pour un sportif de haut niveau. Bon, une blessure, on a une idée, un skieur, il se fait un genou. Maintenant, on a une idée très précise de quand il va reskier ou de quand elle va reskier. On connaît très bien les protocoles de rééducation. C'est toujours très embêtant, une blessure, et c'est toujours quelque chose de difficile à vivre. Mais l'après-carrière, c'est beaucoup plus... compliqué, je trouve, et dans quasiment tous les sports. Il y a peut-être des fédérations qui sont mieux organisées pour encadrer ces athlètes sur la fin de carrière, mais globalement, en fait, globalement, ce n'est quand même pas le cas de la majorité des fédérations qui ont personne pour accompagner. En fait, tout simplement, un athlète, il s'est donné presque corps et âme sur toute la durée de sa carrière, des fois avec beaucoup de succès, des fois avec moins de succès, mais il faut savoir que quelqu'un qui n'aura pas été champion du monde dans sa vie il se sera quand même entraîné 8h par jour comme les autres, comme celui qui aura été champion du monde et que derrière quand ça s'arrête c'est pas facile donc l'après carrière est un moment vraiment délicat, je crois que on se dit oui un jour ça va s'arrêter dans sa tête mais on a aucune idée en fait de réellement ce que ça veut dire et de ce que ça entraîne alors moi la question des études elle s'est pas posée puisque j'aimais mes études j'avais envie d'en faire donc j'ai poursuivi des études en même temps que je faisais le haut niveau mais c'est vrai qu'après quand on a vécu cette vie assez incroyable assez riche même presque excitante et pleine d'adrénaline en fait c'est pas toujours évident de se dire tiens mais qu'est-ce que je vais faire là alors souvent on a des réseaux avec les marques avec lesquelles on a travaillé souvent on a aussi d'autres envies à côté mais parfois on se se cherchent aussi pendant quelques années c'est jamais trop évident voilà je pense que on pourrait faire mieux au niveau de l'accompagnement des athlètes sur leur fin de carrière et ce serait vraiment bien parce que une personne qui a été dans le haut niveau c'est vraiment une personne je dis pas ça pour nous jeter des fleurs ou quoi mais voilà c'est une personne qui est capable de se dépasser tout le temps c'est une personne qui est capable en situation où il y a un problème que ce soit dans une entreprise ou quoi de se dire allez je prends un le taureau par les cornes et je résous le problème. Ça ne veut pas dire que les personnes qui n'ont jamais fait de haut niveau ne sont pas capables de le faire. Mais ce que je veux dire, c'est que systématiquement, dans le haut niveau, on trouve quand même des gens qui sont... qui vont aller chercher loin, qui ont de la ressource, qui vont réfléchir, qui vont vraiment se dépasser parce que dans le haut niveau, on a toujours appris à se dépasser et on est capable de le faire aussi dans d'autres domaines de la vie par la suite.
SPEAKER_01C'est super bien dit et tu vois alors moi je suis pas resté aussi longtemps que toi à haut niveau mais j'étais pendant quelques années en équipe de france de judo et bon pareil personne nous a préparé à la suite en tout cas on était peut-être trop jeune je sais pas mais il y avait un parcours un peu classique tout le monde suivait qui était de devenir kiné tu vois je sais pas pourquoi en judo mais voilà c'était kiné mais sinon la suite et en fait ce que je trouve dommage c'est comme tu dis il y a plein de d'expériences qu'on vit en tant que sportif de haut niveau qui nous permettent d'engranger le enfin de vraiment tu vois apprendre à se dépasser au quotidien à devenir hyper résilient et ce que je trouve dommage c'est qu'en fait en n'étant pas accompagné bah on s'en rend pas forcément compte en tant que sportif et moi ça m'a pris peut-être 5-6 ans tu vois avant d'intégrer le fait que bah voilà cette expérience de sportif de niveau en fait elle m'a vraiment permis tu vois de gagner en expérience sur ces points là c'est quelque chose que je peux mettre en avant que je peux mettre en valeur dans mon entreprise mais euh C'est dommage parce qu'il y a peut-être plein de jeunes qui n'ont pas eu les expériences qui leur ont permis de gagner en confiance en eux et de réaliser qu'ils pouvaient vraiment valoriser leur passif de sportif de niveau. Enfin bon, bref, on s'écarte du sujet, mais hyper intéressant. quelque chose qui a alors j'allais dire qui a rien à voir mais si quand même tu as fait des études en psychologie c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00exactement en fait j'étais hyper intéressée par le côté mental dans le sport et dans la compétition je me suis assez vite rendu compte à 16 ans je pense que on pouvait être super fort physiquement vraiment très très bien entraîné très bien préparé celui qui gagnait quand même c'était ou celle qui gagnait c'était quand même celle ou celui qui avait le plus de force dans la tête au final on gagne la compétition dans sa tête avant tout en tout cas de mon expérience et de ce que j'ai pu voir autour de moi on gagne la compétition dans sa tête et ce côté là m'a toujours intéressée m'a toujours plu j'ai toujours été curieuse de cet aspect là des choses et donc je suis allée voir une conseillère d'orientation qui m'a dit bah oui il faut que tu ailles en psychologie et puis j'ai suivi un cursus un petit peu particulier parce que finalement le champ de la psychologie c'est un champ qui est assez large il y a bien sûr la psychologie clinique mais il y a aussi la psychologie sociale et la psychologie cognitive et j'ai vraiment vraiment accroché avec la psychologie cognitive et la psychologie sociale donc au final j'ai fait un master recherche en modélisation cognitive mais j'ai quand même poursuivi le côté de l'aspect mental en faisant mon stage de fin d'études à l'INSEP à Paris où j'étais dans l'unité d'aide à la performance avec un maître de stage qui Ils étaient hyper bons dans ce qu'ils faisaient. Ça a été une expérience vraiment riche. J'ai pu côtoyer plein de sportifs de plein de sports différents. C'était vraiment très intéressant. Et en parallèle, j'ai fait un DU coaching et performance mentale à Dijon pour aussi entendre d'autres sons de cloche et puis avoir d'autres outils. Et finalement, je ne travaille pas vraiment avec ça puisque je travaille dehors dans la nature en montant. Mais ça n'a pas été du temps perdu parce que quand on est guide de haute montagne, on accompagne des gens. Et en fait, il faut savoir se mettre à leur niveau, savoir trouver les bons mots qui leur parlent, savoir les encourager. Des fois, la montagne, c'est dur. En fait, la montagne, ce n'est pas un plaisir immédiat. C'est un plaisir qu'on a après coup. Quand quelqu'un veut faire le Mont Blanc, ça va être dur. Le Mont-Blanc, c'est 4008, c'est presque 5000 mètres. Il y a de l'altitude, il fait froid, il y a du vent, il ne fait pas toujours beau. Les gens vont fatiguer. Et en fait, il faut trouver la bonne façon de parler qui résonne dans les gens pour les encourager. Il faut trouver les bonnes façons de faire. Des fois, on peut être hyper inquiet. Les gens peuvent être hyper inquiets, hyper anxieux. Il faut savoir les rassurer. Il y a plein de choses que j'ai apprises lors de mes études dont je me sers
SPEAKER_01aujourd'hui.
UNKNOWNEt donc...
SPEAKER_00Pardon
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pas sûr de la performance et pas sûr du haut niveau, mais ça reste quand même
SPEAKER_01intéressant. Oui. Carrément. Oui, parce que j'allais te demander si, du coup, tu avais tes études de psychologie, tu t'es lancée dedans une fois que tu as eu... Je suis sur ta page Wikipédia, pour tout te dire. C'est pour ça que je... Une fois que tu as eu plus ou moins fini ta période de sportive de haut niveau, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, j'ai commencé pendant. Et puis, comme je ne pouvais pas être tout le temps en cours, en fait, j'ai quasiment fait... J'ai dû faire le DEUG en 3 ans, la licence en 2 ans, la maîtrise en 2 ans. Donc, j'ai étalé mes études et j'ai fini ma carrière de
SPEAKER_01compétition.
SPEAKER_00Mais j'ai commencé
SPEAKER_01pendant. Ok, très bien. Très bien. Et donc, tu nous disais aujourd'hui, 2022, tu te concentres sur devenir guide de haute montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu en es où là
SPEAKER_00du coup dans ton parcours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors dans mon cursus, j'aurai mon final de guide l'année prochaine en 2023. Aujourd'hui, comme on dit, je suis aspirant guide, donc je peux déjà emmener des gens, encadrer des gens en montagne, mais je suis limitée géographiquement, je ne peux pas aller dans tous les pays du monde. Je suis limitée par la difficulté des courses, on ne peut pas faire des courses encore très dures quand on est aspirant guide. Et l'année prochaine, je passerai le final du guide de ski en mars et avril et le final du guide était en août et septembre et à l'issue duquel à l'issue de ça je serai guide d'autres montagnes où je pourrais exercer dans tous les pays et avec toutes les difficultés ce qui m'a amenée à ce métier là parce que c'est un métier qui me faisait rêver quand j'étais adolescente que je lisais les livres de Bonati, les livres des Rébutas enfin voilà la montagne c'est toujours quelque chose qui m'a attirée et quand j'étais adolescente quand j'avais 15 ans, 16 ans je me disais un jour je serai guide d'autres montagnes et puis bon j'ai fait de la compétition et finalement je me suis dit non c'est un métier hyper physique, c'est pas forcément c'est pas forcément ce qu'il me faut peut-être qu'il vaut mieux continuer à faire travailler son cerveau j'étais vraiment partagée en fait par rapport à ce métier que je trouve à la fois magnifique, c'est un métier de passion mais qui est aussi un métier dur qui est un métier où on s'expose, on s'expose à des dangers on a plein d'amis qui peuvent partir dans des accidents, dans des ascensions donc c'est un métier qui est dur mais en 2017 je me suis lancé ce petit challenge de gravir les 82 4000 mètres des Alpes dans les Alpes en Europe on a 82 sommets qui sont de plus de 4000 mètres qui sont répartis entre la France, la Suisse et l'Italie et après une année une série de plusieurs années de blessures quasiment permanentes, tous les 6 mois j'arrivais à me casser un bras, une jambe ou quelque chose Je me suis dit, non, là, il faut que je parte sur un projet où il y a du challenge, qui me remotive, qui me remette sur les rails. Et donc, je me suis dit, mais finalement, pourquoi je pars au Pakistan en expédition, je pars en Patagonie, je vais dans les montagnes du Kanshan en Chine, pourquoi est-ce que je ne me ferais pas un projet plus local à la découverte des Alpes, puisque au final, je connais peut-être 20% ou 30% de nos Alpes. Et donc, je me suis dit, allez, je vais gravir les 82 montagnes de plus de 4 000 mètres qu'on a autour de nous. Et voilà, ça a été un projet transformatif parce que quand on part comme ça sur une année pour gravir tous ces sommets avec... une vingtaine de compagnes et compagnons de cordée qui m'ont qui m'ont rejointe j'allais pas toute seule sur les montagnes j'étais à chaque fois en cordée avec un ami ou une amie et donc chacun m'avait donné un peu ses dates et quand je finissais avec un ami je repartais avec un autre ami et j'ai enchaîné comme ça sur toute l'année l'ascension de ces sommets et ça m'a donné en fait je me suis dit non mais en fait la montagne c'est trop important pour toi c'est trop quelque chose que tu aimes c'est quelque chose qui t'anime c'est quelque chose qui qui est ton moteur, qui te donne le sourire tous les matins, pourquoi est-ce que tu n'irais pas à la formation du
SPEAKER_01guide
SPEAKER_00de haute
SPEAKER_01montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_01Génial
UNKNOWN!
SPEAKER_01Et donc ça, ce cursus, tu l'as commencé
SPEAKER_00quand
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, c'est un cursus que j'ai commencé en 2020, l'année du Covid, avec beaucoup d'incertitudes, puisqu'on ne savait pas si on allait avoir les examens. Et puis, heureusement, ils ont maintenu les examens. Notre examen de ski a été annulé en mars, puisque le Le premier confinement a eu lieu en mars. Le premier confinement le plus dur a eu lieu en mars. L'examen de ski n'a pas pu avoir lieu. Donc, on s'est dit, bon, ça va être décalé d'une année. Et en fait, ils nous ont fait l'épreuve de ski en juillet, en même temps que les épreuves d'été. Et c'est une formation qui dure quatre ans et demi. Donc, on commence en juin 2020 et on finit en septembre 2023.
SPEAKER_01D'accord, waouh, c'est super long. Ok, donc 2023, tu rejoindras, si je ne dis pas de bêtises, tu viendras l'une des 40 et quelques femmes guides de haute montagne en
SPEAKER_00France. Ah oui, tu connais le chiffre mieux que moi. Je ne sais même pas si on était 40, mais c'est bien, c'est bien, c'est plus que ce que j'imaginais. Ok. On est encore assez peu par rapport au nombre de guides masculins, mais c'est une profession, je pense qu'il y avait beaucoup de barrières pour les femmes à se dire, à aller faire ce métier et maintenant, on voit de plus en plus de femmes qui qui s'inscrivent au cours du guide qui sont d'ailleurs très il y a de très bonnes techniciennes il y a des femmes vraiment très fortes et c'est hyper hyper encourageant et hyper motivant d'avoir cette communauté de femmes rayonnantes autour de soi et d'en faire
SPEAKER_01partie yes je connais les chiffres grâce à Julia pour être tout à fait honnête je crois mais ça m'avait marqué parce qu'il me semble qu'il y a 1800 guides de haute montagne en France si je ne dis pas de bêtises pour et 40 femmes donc c'est clair que le ratio est quand même pas est quand même pas enfin voilà peut-être pas représentatif de la pratique quoi je vais pas souvent souvent en montagne mais j'étais pas mal à Chamonix là cet été et bon j'ai pas l'impression qu'il y ait 99% d'hommes en montagne
SPEAKER_00voilà ouais mais encore on voit quand même quand on est en refuge sur 80 personnes il y a peut-être 3 femmes au refuge euh Je vois ça sur les refuges principalement. Quand je dors en refuge, on me dit qu'on n'était que deux. C'est un peu normal. La femme, c'est aussi la maman qui reste à la maison avec les enfants. Elle va partir beaucoup moins facilement en montagne qu'un homme qui... qui se posera moins de questions par rapport aux enfants, à les laisser en bas ou quoi. Enfin, je pense qu'il y a quand même un fait sociétal là-dessus. Et puis après aussi que les femmes ont souvent moins confiance que les hommes et donc se lancent peut-être aussi moins facilement dans des ascensions ou des choses comme ça. Il y a plein de facteurs
SPEAKER_02différents.
SPEAKER_00Mais en tout cas, pour ce qui est de la profession, on va avoir de plus en plus de femmes qui vont devenir guides de haute montagne. Et je pense que voilà, ça apporte un plus, ça apporte... un plus à la profession et il y a plein d'hommes qui apprécient en fait d'être guidés par des femmes et il y a plein de femmes qui apprécient aussi d'être guidées par des femmes l'approche
SPEAKER_01est un peu différente
SPEAKER_00hum
SPEAKER_01Alors, tu nous parlais, tu évoquais le fait que tu as passé quand même un certain temps dans le haut niveau. On a parlé de la transition, de comment est-ce que ça se gère, que ce n'est pas forcément super évident. Aujourd'hui, plusieurs années après avoir raccroché, je ne sais pas, les dossards, si on parle de dossards aussi, en tout cas après avoir arrêté le haut niveau, qu'est-ce Par quoi est-ce que tu l'as remplacé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je veux dire, comment est-ce que tu as... Tu vois, si on considère que le haut niveau occupait vraiment une grosse place dans ta vie, qu'il y a une espèce de vide qui s'est créé, en termes de sensations, en termes d'émotions, comment est-ce que tu arrives à retrouver des choses qui alimentaient la flamme de l'escalade quand tu étais en équipe de France
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, je la retrouve assez facilement avec les projets que j'ai en montagne, les projets que j'ai envie de faire en escalade ailleurs. Ça ne va pas être dans le haut niveau, ça ne va pas être poussé... pousser à l'extrême comme on peut le pousser dans le haut niveau, mais voilà, il y a la même excitation à préparer une expédition, il y a la même motivation, la même envie à s'entraîner pour un projet où on sait que ça va être un projet qui va être quand même costaud, donc il faut vraiment bien s'y préparer, bien s'entraîner. Moi, j'aime bien avoir des objectifs, en fait. J'ai appris avec le haut niveau à fonctionner avec des objectifs et dans ma vie de tous les jours, je me mets encore des objectifs sans me mettre de pression, mais je me dis, bon, là, là, j'aimerais bien réaliser cette voie ou j'aimerais bien faire cette course en montagne et pour pouvoir faire cette course en montagne, il faut que je m'améliore là ou que je sois vraiment super bien préparée à tel niveau de technicité ou à tel niveau physique. Quand j'ai décidé de faire le projet des 82 4000 mètres, comme je l'ai dit, je sortais d'une longue période de blessure et j'ai pris un coach pendant 9 mois avant le projet, je me suis entraînée 6 jours sur 7, presque comme quand j'étais en haut niveau au final parce que je savais que ça allait être un projet qui allait être très dur physiquement. J'allais enchaîner les journées les unes après les autres. Les amis qui me rejoignaient, ils seraient à chaque fois frais parce qu'ils venaient sur une période d'une semaine ou de quelques jours ou de deux semaines parfois. Mais moi, j'enchaînais à chaque fois toutes les courses. Donc, pendant neuf mois, je me suis préparée à ce projet avec un coach. Et en fait, c'est comme ça que je fonctionne. Quand j'ai un gros projet, je me prépare pour ça, je m'entraîne. Du coup, je retrouve un peu ce que j'avais dans le haut niveau de façon beaucoup moins comment dire forte et sans pression parce que demain c'est pas les championnats du monde auxquels je vais je vais juste faire un projet pour moi qui me tient à coeur et si j'y arrive pas c'est que soit j'étais pas prête soit on a pas eu de chance mais ça sera pas très grave même si on peut dire non mais pas réussir à gagner les championnats du monde c'est pas très grave en fait quand on est sportif de haut niveau et qu'on est dedans quand on s'en entraînait toutes l'année pour ces championnats du monde, on ne peut pas dire que ce n'est pas très grave parce que c'est dur à vivre de ne pas atteindre l'objectif qu'on s'était donné. En montagne, du coup, je retrouve un peu les mêmes modes de fonctionnement, mais par contre sans pression de résultat et avec d'autres données aussi qui rentrent en compte puisque quand on fait de la compétition, finalement, on grimpe sur un mur artificiel ou quand on fait une voie dure en rocher, on grimpe en falaise, il n'y a pas vraiment de risque, il n'y a pas vraiment de danger. En montagne, on l'a encore vu là, avec les événements récents du Manaslu, les avalanches, en montagne, on a toujours des dangers qui sont là. Il y en a certains qu'on peut contrôler et donc qu'on va éviter, mais il y en a certains qu'on ne peut pas vraiment contrôler et donc pas vraiment éviter. Une chute de pierre à un endroit où on se trouve, ça peut être vraiment la catastrophe. Ou une chute de serac quand on passe dessous, c'est aussi la catastrophe. Et ça, on ne peut jamais savoir quand est-ce que... pierre va se déloger ou quand est-ce qu'un serac va décider de tomber.
SPEAKER_01Ouais, ça c'est... c'est un très très bon point enfin en tout cas c'est un point qui m'intrigue beaucoup comment tu fais pour le prendre en compte c'est à dire que même si tu contrôles pas tu vois il y a plein de choses qui sont pas du tout dans ta zone de contrôle que tu peux d'ailleurs pas non plus vraiment influencer tu vois si une pierre est délogée à un moment donné bon bah il y a pas grand chose que tu peux faire si t'es en dessous mais ce rapport enfin ce rapport cette j'ai l'impression en tout cas qu'en haute montagne tu vois la mort est beaucoup plus visible et je te dis ça parce que encore une fois j'ai pas du tout une grosse expérience de la haute montagne mais les quelques fois où je m'y suis aventuré j'ai fait un trek à haute altitude au Népal pendant un peu moins d'un mois tu vois tous les jours on passait devant un cairn à la mémoire d'une cordée emportée une section de chemin qui s'appelait la section des français parce qu'il y avait 9 français qui avaient été ensevelis sous des pierres et tous les jours tu vois il y avait un espèce de rappel de ouais attention on est à 5000 mètres en fait c'est pas rigolo enfin attention quoi et ça m'a vraiment ouvert les yeux en fait sur la haute montagne et le fait que que voilà comme tu dis c'est pas ça reste un environnement hostile donc j'ai envie de savoir tu vois quand ça s'apprête à devenir l'environnement dans lequel tu vas le plus évoluer en tant que guide de haute montagne comment est-ce que tu le prends en compte ça est-ce que tu le laisses de côté est-ce que t'as une analyse alors c'est pas du tout péjoratif mais tu vois froide ou je sais pas tu regardes des statistiques des probas tu t'adaptes par rapport à la météo comment tu le gères cet aspect
SPEAKER_00là oui alors je pense que la montagne à la fois un environnement un milieu qui est vraiment magique mais qui est aussi hostile comme tu l'as dit, je pense que le mot est bien adapté alors il y a ces dangers qu'on connait il y a ces dangers qu'on connait qu'on va essayer d'éviter et puis après en fait c'est plus une forme d'accepter d'acceptance, bah oui je suis là en montagne, je dois traverser ces seracs, soit j'accepte de le faire et quand on est là en tant que professionnel et qu'on amène quelqu'un, il faut vraiment avoir expliqué avant la personne, voilà comment va se passer la course. On va partir à 2h du matin, on va passer là, on va remonter un couloir, on va prendre son pied sur le glacier et à un moment, on va devoir passer sous une barre de Serac. Et on ne peut pas garantir que la barre de Serac, elle va tenir ou pas. Certainement que la barre de Serac, elle n'aura pas du tout été active depuis un grand moment et on sait qu'il y a assez peu de probabilités pour qu'on pour que ça s'effondre mais il y a quand même une petite probabilité pour que ça s'effondre quand on passe et soit on l'accepte et on prévient vraiment la personne avec qui on doit emmener de comment ça se passe soit on se dit ben non en fait j'accepte pas de passer sous cette barre de Serac avec cette personne là on va faire une autre course donc voilà c'est plutôt un choix comme ça une course très facile de débutant qui passe sous une barre de Serac ben personnellement je suis pas motivée d'emmener des gens là des gens dans cette course. Une course engagée avec une personne qu'on a déjà guidée peut-être pendant des années avant et qu'on connaît bien et qu'on sait qu'elle a très envie de faire cette course, que nous on a déjà fait cette course plein de fois, on dit ok, on accepte le risque, on tente, on sait qu'on va essayer de passer très vite sous cette barre de Serac, mais on n'est quand même pas à l'abri qu'il se passe quelque chose. Est-ce que j'accepte le risque
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, non. Je ne l'accepte pas, je fais demi-tour ou dès le départ je prévois une autre course, je accepte, eh bien, ok, je ne traîne pas sous la barre de Serac, je ne traîne pas là où il y a du danger objectif, et il faut espérer que ça se passe bien, parce que la montagne, c'est jamais tout noir ou blanc, il y a plein de gens qui vont aller faire cette course, ils passent sous une barre de Serac et il ne s'est jamais rien passé, puis une fois, quelqu'un va passer et il y a un Serac qui va tomber, ou alors même il peut y avoir personne et d'un coup les Seracs deviennent actifs et ils tombent, et on voit tous, on a tous l'info que les Seracs à tel endroit sont tombés, on on sait qu'il ne faut pas aller dans cette zone-là tant que c'est actif comme ça. Donc, c'est plutôt un choix, une acceptance. Est-ce que j'accepte ce danger
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que je prends le risque
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui ou non. Est-ce que je vais prendre le risque à m'accorder
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui ou non. Et ça, c'est vraiment des décisions qui sont personnelles et propres à chacun. On ne met pas tous le curseur au même endroit par rapport à la prise de risque. Donc, chacun est libre et fait son estimation avec ses propres filtres, ses propres expériences. Quel quelqu'un qui a déjà eu un accident ou qui a vu quelque chose se passer, il va traiter l'information différemment par rapport à quelqu'un où tout s'est toujours très bien passé et où il n'y a jamais de problème. je crois que c'est vraiment à chacun c'est aussi du ressenti c'est aussi du feeling c'est basé à la fois sur la probabilité pour que une chute de pierre se passe dans cette paroi elle est quasiment de 0,01% il peut y avoir un côté mathématique mais au final il y a quand même un aspect de feeling de se dire je le sens bien ou je le sens pas et puis se dire ok on va faire ça on accepte ou entre nous Nous, entre amateurs, on accepte que là, on va être exposé pendant peut-être 3 minutes ou peut-être 10 minutes. Est-ce qu'on accepte cette exposition au danger
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui ou non. Et si on ne l'accepte pas, on change de course. Si on l'accepte,
SPEAKER_01on y va. Oui. Voilà. Super intéressant. ok waouh écoute Liv on arrive on se rapproche doucement de la fin je me posais la question comment est-ce que toi tu l'abordes donc tu disais que tu as commencé ce cursus guide de haute montagne 2020 avec voilà toutes les contraintes liées au Covid etc comment est-ce que tu te projettes pour la suite pour ce qui te reste à accomplir les épreuves qui te restent à
SPEAKER_00effectuer je me projette bien c'est de la montagne c'est du ski voilà je je vais me préparer, je vais arriver à entraîner, je vais continuer à emmener des gens en montagne pour gagner en expérience, je vais bien me préparer, et puis en fait, ce qu'on nous demande de faire, c'est ce qu'on fait tous les jours avec les gens, donc il faut être bien concentré, comme on est avec les personnes, toujours être très vigilant, être bon techniquement, être en forme physiquement, être bon mentalement, et puis ça va bien se passer. tu
SPEAKER_02nous
SPEAKER_01disais qu'il y avait un certain nombre de il y a des courses qui ne sont pas encore accessibles tant que tu n'es pas breveté guide est-ce qu'il y a une course en particulier à laquelle tu auras accès en tant que guide qui te fait rêver que tu as hâte de pouvoir faire avec des clients une fois guide
SPEAKER_00il y a plein de courses qui font rêver c'est vrai que je me suis souvent dit tiens j'aimerais bien un jour pouvoir guider l'intégrale de Petrae avec quelqu'un avec qui on s'est avec un client avec qui on s'est préparé pour ça l'intégrale de Petrae c'est une grande course en face sud du Mont Blanc qui est une longue arrête technique qui sort au sommet du Mont Blanc qui est une course dite engagée parce qu'une fois qu'on a dépassé un certain point on peut on peut pas faire demi-tour en fait il faut vraiment sortir au sommet voilà moi je suis pas trop face nord le le grand froid, les faces austères, c'est des grands voyages et des souvenirs assez fous. Mais j'aime bien les voies en face sud, en fait, où il y a plus de soleil, où le rocher est un peu plus... est de meilleure qualité et plus... Comment dire
UNKNOWN?
SPEAKER_00Accueillant. D'austilité, d'austérité, voire le rocher est beaucoup plus accueillant. Et c'est vrai que les courses en face sud du Moulin, c'est des courses que je trouve vraiment belles et Et j'aimerais bien pouvoir guider certaines de ces courses en face sud du Mont-Blanc. C'est une belle, grande course d'alpinisme.
SPEAKER_01Génial. Excellent.
UNKNOWNSuper.
SPEAKER_01le mot de la fin est-ce qu'il y a quelque chose que tu aurais envie de partager par rapport à tout ce sur quoi on a échangé
SPEAKER_00il y a beaucoup de choses que j'ai envie de partager alors qu'est-ce que je pourrais dire non je pense que un mot d'encouragement à tous ceux qui se disent tiens j'aimerais bien essayer de faire de la montagne ou tiens j'aimerais bien essayer de faire je fais déjà de la montagne mais j'aimerais bien essayer de faire tel ou tel sommet ben oui il faut il faut il faut passer à l'action il faut croire en soi et puis se lancer et c'est valable pour toute activité en fait pour à la fois toute activité sportive mais aussi toute chose dans la vie oser se lancer se faire confiance et y aller avec la joie avec la bonne énergie en soi pour que les choses se passent
SPEAKER_01bien génial super un grand grand merci Liv c'était un super échange je me suis régalé j'en sais maintenant un peu plus sur l'univers de l'escalade merci pour ça Je pourrais faire le malin et expliquer qu'il y a des catégories, des chiffres, des lettres, des plus, etc. J'ai même eu un échange avec la deuxième femme pour avoir fait un 8C+. Trop bien, j'ai appris plein de choses, mais au-delà de ça, c'était vraiment super intéressant d'avoir un peu ta perspective sur le monde de l'escalade, d'en savoir plus sur ton approche de la haute montagne. Et puis écoute, je te souhaite une excellente continuation, une excellente fin de cure jusqu'à ce que tu deviennes guide. Et puis, écoute, peut-être qu'on se refera un épisode une fois que tu auras fait cette fameuse intégrale. Tu dis comment
UNKNOWN? Intégrale de Petré.
SPEAKER_01Intégrale de Petré, voilà. Pour nous expliquer ce que ça a donné la première fois
SPEAKER_00avec un client.
UNKNOWNTrès bien. Merci beaucoup, Liv. Bonne fin de journée. Au revoir. Sous-titrage ST' 501