Vanessa Les Frappés de la Ligue Française C'est vrai que je représente la Ligue Française contre la sclérose en plaques et en fait ma force elle est là aussi. C'est que je me dis, toi ma grande t'as la chance d'être reconnue pour ton sport et d'en vivre entre guillemets. Donc le vivre seul moi ça m'intéresse pas. Ce qui est chouette c'est déjà d'aller à la rencontre de l'autre. Si je le partage pas pour moi ça n'a pas d'intérêt.
Invité 1 Eh bah go alors, salut Vanessa, bienvenue à nouveau sur le podcast des Frappés. Salut ! Donc à nouveau parce que bon voilà tu l'avais prédit sur le deuxième enregistrement qu'on a fait pour Problèmes Techniques. Jamais 203 donc on est là sur notre troisième enregistrement donc un énorme merci à toi. On va on va croiser les doigts, croiser les doigts, touche du bois. Celui-ci c'est le bon. Mais voilà en tout cas un grand grand merci pour ta disponibilité et ton temps c'est super sympa. Et ce que je te propose c'est peut-être de commencer par nous expliquer qui tu es, ce que tu fais avant qu'on aille plus loin.
Vanessa Bah écoute, bon ravie d'être encore là. Bah alors qui je suis ? Je suis Vanessa Morales, j'habite à Mont-Romeux. Voilà j'ai 37 ans, je suis infirmière urgentiste à mi-temps. Et le reste du temps, bah j'ai la chance de pouvoir m'entraîner et organiser mes différents projets. Voilà je suis issue du patinage artistique. À la base je suis une patineuse. Et en fait j'ai développé un syndrome des loges assez jeune qui m'a contrainte en fait à continuer en compète et même à arrêter complètement mon sport. Donc ça a été une grosse rupture super douloureuse en fait quand on m'a annoncé que je pourrais plus patiner. Et assez rapidement bah j'ai réussi à rebondir en fait et à trouver, à avoir les mêmes sensations que j'avais sur la glace en courant en montagne. Donc depuis à peu près mes 16-17 ans, bah je cours, je cours, je cours, voilà. Et je grimpe.
Invité 1 Ouais tu cours et tu grimpes et c'est d'ailleurs moi c'est comme ça que je t'ai découvert. C'est à travers un de tes défis récents, on va en parler un tout petit peu sur le Kilimanjaro pour ne pas le nommer. Ouais. Où tu as fait, enfin tu as fait, tu as même un record, alors non officiel mais tu nous expliqueras pourquoi ce qui s'est passé, mais un record d'ascension du Kilimanjaro de mémoire en 9h et quelques. Ouais, c'est 50h. Si j'ai bonne mémoire. 9h58. Mais bon, c'est quand même pas, c'est en dessous de 10h donc on peut dire 9h et quelques. Ouais c'est clair, ça me va, ça me va. Donc oui, clairement, voilà, c'est visiblement plutôt ce genre de grosses aventures, de gros défis qui te fait vibrer. Donc est-ce qu'on pourrait peut-être commencer par ça, que tu nous expliques comment le projet est né. Et puis après, assez rapidement, comment ça s'est monté, ce qui s'est passé au Kilimanjaro, avant qu'on parle de la suite.
Vanessa Alors le Kilimanjaro, c'est une histoire assez sympa parce que j'ai été contactée par une jeune femme qui a la sclérose en plaques, qui avait un rêve. Et en fait, son rêve, c'était de faire l'ascension du Kilimanjaro. Et puis quand elle m'appelle, elle me dit voilà, mon premier rêve, c'est de faire l'ascension du Kilimanjaro et le deuxième, c'est de le faire avec toi. Donc déjà, waouh, je me dis, c'est bon, ça me plaît. Donc, avec cette personne, on a mis un entraînement en place sur une année. On s'est dit voilà, on se laisse un an toutes les deux pour être en forme parce que, mine de rien, c'est quasiment un 6 000. Donc voilà, ça se prépare. Et en fait, au fur et à mesure que les mois passaient, elle s'est sentie un petit peu découragée. Et puis voilà, elle a eu des soucis perso. Et donc un jour, elle m'appelle et puis elle me dit Vanessa, ce n'est pas pour maintenant. Je ne suis pas prête. Donc pour le moment, je renonce en fait à ce projet. Mais bon, elle m'a dit peut-être que j'y reviendrai. Ce n'était pas, j'abandonne complètement mais voilà. Et en fait, moi, sur le coup, ça m'a mis les boules parce que j'y tenais vraiment. Et puis en plus, j'étais convaincue qu'elle était capable d'y arriver. Et dans la nuit, ça m'a fait cogiter et j'ai commencé à regarder un petit peu sur Google ce qui s'était fait sur le Kili et tout. Et je me suis dit bon ben voilà, elle avec sa pathologie, elle l'aurait fait en 10 jours. Moi, j'ai l'avantage de pouvoir courir autant que je veux en montagne et plutôt facilement entre guillemets. Mais voilà, je me fais plaisir. Donc, je m'y colle sur la journée. En fait, c'est comme ça que l'idée d'aller courir sur le Kili est née. Et après, en fouillant un peu, j'ai vu qu'il y avait des chronos féminins. Et là, j'ai commencé à prendre feu à partir dans tous les sens. Et à appeler mon entraîneur deux jours après. Et là, je lui dis bon écoute, est-ce que tu es assis ? Il m'a dit non, mais j'ai peur. Voilà. Et quand j'ai expliqué le défi, il m'a dit non, mais tu peux pas faire comme les gens normaux, faire des trucs normaux. Mais bon, du coup, il l'a quand même validé de suite. Et après, on s'est lancé dans la prépa. Donc, voilà, ça a été une longue, longue préparation parce que c'est quand même très spécifique. Il y avait 44 km aller-retour. Sur les 22 d'ascension, j'avais 4295 de D+. Et voilà. Et autant de l'autre côté. Donc, en fait, en dénivelé, ça fait beaucoup, beaucoup. Plus l'altitude, c'était un peu tendu. Donc, voilà, il fallait bien le préparer.
Invité 1 Oui, parce que d'un point de vue altitude, tu commençais… C'était quoi ton altitude de départ ?
Vanessa 1100 et des rouettes, je crois. Ou un peu plus.
Invité 1 Oui, pour arriver quasi à la frontière des 6000. Donc, c'est clair que là, en termes de gestion de mal des montagnes, etc., j'imagine qu'il y a eu du travail spécifique.
Vanessa Alors, l'avantage de le faire rapidement, c'est qu'on évite, entre guillemets, le mal aigu des montagnes puisqu'on ne stagne pas à haute altitude. Donc, en gros, on ne laisse pas le temps à l'Edème de s'installer.
Invité 1 Ok.
Vanessa Mais il faut que tout se passe bien. En fait, si on monte, on redescend, c'est nickel. Hop, on n'a pas le temps de laisser. On ne laisse pas la place à l'Edème. Par contre, si on monte très vite et qu'il y a un pépin très haut, là, c'est galère parce que dans l'heure, on est quasiment sûr de développer un Edème cérébral ou pulmonaire, ou les deux. Voilà.
Invité 1 Qui, pour rappel, s'il n'est pas traité rapidement et à moins que je me trompe, le seul traitement efficace, c'est de redescendre très, très vite. Oui. En réalité, d'être en capacité de redescendre. Oui. Donc, ça peut être mortel. Ah oui, carrément. Si il n'y a pas de réaction appropriée. Oui. Et donc, puisqu'on parle de pépin, qu'est-ce qui s'est passé pour toi ?
Vanessa Moi, en fait, la première fois, je l'ai fait en quatre jours au mois d'août pour m'entraîner à haute altitude et en fait, pour jauger un peu les chronos. Et à ce moment-là, j'étais avec Ronald, un guide local qui a fait l'ascension plus de 150 fois. Donc, voilà, un guide aguerri. Même sur les entraînements du mois d'août, il était beaucoup plus fort que moi. Donc, c'était vraiment bien qu'on s'entraînait. En fait, à chaque fois, on partait une heure après l'équipe. En fait, j'étais quand même médicalisée. Il y avait mon préparateur physique avec moi la première fois. On partait une heure après eux. En fait, on les doublait. On arrivait à peu près 45 minutes avant eux au camp. On larguait nos sacs et on allait courir au camp supérieur. Donc ça, c'était notre entraînement pendant quatre jours sur la prépa au mois d'août. Et le jour J, on avait des idées de chrono puisqu'on avait découpé le kilis en morceaux. Enfin, on s'était fait des tronçons, quoi. Et donc, avec Ronald, on part à Bâle, les 12 premiers kilomètres. Mais vraiment, on part à fond. Alors moi, en plus, je suis vraiment un tracteur, quoi. Il me faut vraiment du temps pour être dans la course. Et lui est parti super vite. Donc super, je me suis accrochée. Voilà, tous les deux, on se motivait bien. Et en fait, arrivé au premier camp, donc là, on est super content parce qu'on voit qu'on gagne 12 minutes sur ce qu'on avait fait trois semaines avant. En sachant qu'il n'y avait pas du tout les mêmes conditions parce que trois semaines avant déjà, moi, j'avais un gros sac à dos. Il n'avait plus. Donc, il y avait de la boue partout. C'était vraiment gras et galère. Donc là, super, on se motive encore plus. On a 12 minutes d'avance. OK. Et là, on repart en fait pour aller au camp qui est au-dessus à 4000 mètres. Et là, Ronald n'arrêtait pas de manger. Lui, son obsession, c'était il faut manger pour avoir des forces. Voilà, donc même moi, il n'arrêtait pas de m'engueuler parce qu'il trouvait que je ne mangeais pas. Il m'a dit arrête de boire et mange. Enfin, il n'était pas content. Et donc, en fait, là, déjà, je vois que je le décroche un peu. Avant d'arriver à 4000, moi, j'ai envie de mettre les gaz parce que je commence à être dans la course. Et lui, beaucoup moins. Puis, il pense à manger, manger, manger. Donc, on arrive à 4000. Là, je suis un peu déçue parce qu'au final, on n'a pas du tout gagné de temps sur le chrono comparé au mois d'août. Mais on a toujours nos 12 minutes qui sont pas mal puisque celle-là, on les a d'avance. Et voilà, pour le coup, moi, dans ma tête, je me dis, on les garde jusqu'au bout. C'est les 12 minutes que je veux garder. Et donc là, on fait petit ravito. Moi, je mange un bout de pastèque sensationnel. J'avais jamais autant à pousser la pastèque que ce moment-là. Et donc là, on s'équipe un peu plus chaud parce qu'on part pour 4900 mètres. Donc, c'est que 900 mètres de D+. Mais ils sont vraiment beaucoup plus durs que le premier tronçon. Et donc là, en partant, je sens que Ronald est un peu à la traîne. Puis voilà, il me dit qu'il filme. Moi, je commence aussi vraiment à l'avoir dur au niveau respiratoire et tout. Déjà, on ne court plus quoi. Passer 4000, terminus. Même 4000, là, j'essayais de relancer un peu, mais ça commence à être dur. Et en fait, arrivé à 4009, on récupère un petit ravitaillement que l'équipe nous avait laissé. Parce qu'en fait, dans l'idéal, il y avait un ravito sur le premier camp, un ravito sur le deuxième camp. On nous laissait un ravito à 4009 et au sommet, il y avait une équipe qui nous attendait où je pouvais moi changer mes chaussures. Le médecin nous checkait pour savoir si on était quand même apte à prendre la descente rapidement et si c'était bien. Donc ça, c'était dans l'idéal. Et en redescendant, j'avais mon entraîneur qui me ravitaillait aussi en milieu de descente. Donc ça, journée parfaite sur le papier. Donc à 4009, je prends mon petit ravitaillement. Ronald fait des photos, puis il me dit, attends, je filme un peu et tout. Puis moi, je dis, attends, Ronald, chrono, là, on est bien. Et en plus, là, il m'annonce qu'en 6h30, on peut être au sommet. L'ancien recours était en 7h04 au sommet ou 02. Enfin bon, passé 7h. Donc là, ça fait des étincelles. Je suis partie super contente. Le passage de là, parce qu'on a emprunté la Western Bridge. Donc, c'est la voie la plus technique du Kilimanjaro. Et moi, c'est pour le coup mon passage préféré parce que c'est hyper ludique. On pose les mains, il y a un peu de grimpettes. Mais on est à 5000 mètres. Et donc là, moi, je relance un petit peu. Et puis, je vois que Ronald est vraiment à la traîne. Et j'insiste un peu en lui demandant s'il va bien. Je vois qu'il avance plus trop. Puis il insiste. Il me dit, si, si, vas-y, je te filme. Continue, t'avances bien. Et puis, en fait, à 5003, je me tourne. Et là, déjà, je le vois marcher comme un chien. Un peu avant le passage où on commence à poser les mains, je le vois à quatre pattes. Et là, je lui dis, Ronald, ce n'est pas du tout justifié par le terrain. Donc là, je commence vraiment à m'inquiéter. Et il me dit, non, non, mais en fait, j'ai un peu mal aux jambes. Alors voilà, c'est rien, ne t'inquiète pas. Ça va aller, c'est l'altitude. Bon, et il me rassure, en fait. Et donc, je lui dis, ben là, il faut être sûr parce qu'on va commencer à grimper. Et sur cette paroi, du moment où on monte pour redescendre, c'est compliqué. On ne peut pas désescalader. Et donc, il insiste pour qu'on reparte, pour qu'on continue. Et en fait, là, quand on arrive à 5300 mètres, il y a une espèce de petit replat qui doit faire 1,50 m de large au milieu de la falaise. Et là, Ronald, il s'effondre. Donc là, pas cool du tout. Donc, en fait, il se plaint de douleurs abdominales. Il avait super mal au ventre. En peu de temps, il se met en hypothermie parce qu'il faisait super froid.
Loïc Waouh.
Vanessa Là, ça commence à être la panique. Donc moi, en fait, je me dis, ben, on a peu de temps parce que je sais que dans l'heure, on va développer l'œdème tous les deux.
Loïc Oui.
Vanessa Donc, en fait, j'essaie de le booster à fond, à fond, à fond. Donc, je prends son sac, je le soulage au maximum du poids qu'il avait sur lui. Je le couvre. Et là, je le fais boire parce que j'ai, en fait, assez rapidement, je comprends que c'est un problème digestif, mais qui va nous amener à l'œdème. Donc, je me dis, bon, ben, il faut qu'il boit un peu. Il faut qu'il reprenne du gaz et il faut partir, quoi. Sauf que là, ben, entre temps, moi, je prends les téléphones satellites pour appeler les secours. Ben, personne ne répond. Les téléphones, il n'y a rien qui passe. Et en fait, c'est mon téléphone portable qui m'a permis d'appeler mon entraîneur qui était au village. Voilà. Donc, je le répète souvent, mais c'est un appel qui m'a coûté un bras parce que c'était le réseau de temps de l'année. Donc, c'est presque le prix de l'avion, quoi. Et donc, voilà. Et là, j'ai eu mon entraîneur. Donc, je lui explique le truc. Lui, évidemment, il hallucine de m'entendre alors que je suis censée courir à 5000 mètres. Et donc, je lui explique tout ça. Et puis, il me dit, ben, je t'envoie le porteur d'oxygène sur le cratère, mais il faut que vous montiez. En fait, la première idée, c'était redescendez, sauf que c'était impossible. Et puis, Ronald faisait vraiment les mauvais choix. Il n'était plus du tout dans un état correct, on va dire. De lucidité, oui. De lucidité, quoi. Là, il commençait vraiment à perdre un peu les pédales, des nausées. Enfin bon. Et en fait, j'ai dit à Ronald, on n'a pas le choix, il faut monter. Puis lui, il me dit, ben écoute, non, moi, je ne peux pas monter. Donc, tu me laisses là. La montagne, elle a déjà pris des amis à moi et c'est comme ça. Aujourd'hui, elle ne veut pas. Donc, on laisse tomber. Enfin bon. Le moment un peu. Ah oui. Ouais. Ouais, ouais. Il était assez fataliste et puis, je pense que moi, ça m'arrive, ben, je n'aurais pas trouvé la force de me relever et de repartir, quoi. Alors que lui, moi, je lui ai dit, écoute, il y a mon fils en bas, il y a tes enfants. Non, quoi. On y va tous les deux. Moi, je ne te laisse pas ici. Et en fait, je crois qu'il nous restait un quart d'heure avant qu'on soit vraiment dans la phase critique concernant cette œdème. Et en fait, il s'est relevé et là, on a réussi à partir tous les deux. Donc, je le tenais derrière vraiment au niveau des fesses pour le coller contre la paroi parce que j'avais peur qu'il bascule. Et moi, j'avais les deux sacs à dos. Donc, un devant, un derrière. Et en fait, j'essayais aussi de rester un maximum collé contre la paroi parce que là, le risque, c'était que je bascule aussi. Et oui. Voilà. Et bon, voilà, en fait, assez rapidement, on arrive à atteindre le cratère. Donc là, c'est le moment où on sait lui et moi qu'on est sauvés parce qu'au pire des cas, il y a un porteur d'oxygène qui va venir et puis qu'après, on peut contourner le sommet. Une fois qu'on est sur le cratère, on peut contourner le sommet. Et puis là, personne n'arrive. Donc, on continue à monter. On continue à grimper. Et là, en fait, il nous restait 90 mètres de dénivelé positif. Donc là, ça a été les plus durs de toute l'ascension. Franchement, ils sont super rudes. Il faisait froid. On avait du vent. On était à l'ombre. Et c'est de la terre volcanique. Donc, c'est même pas en avant, 12 en arrière. La galère. La galère. Et là, on s'est accrochés vraiment au mental l'un et l'autre. Et on est restés. Mais quand je dis accrochés, c'était physique. On est restés main dans la main à se pousser pour aller au sommet. Et en fait, quand on arrive au sommet, moi, j'ai qu'une idée en tête. Parce que quand Ronald s'est relevé et qu'on a relancé la course, je dis course, mais là, c'était vraiment de la marche et grimpette. J'ai rentenché mon chrono. Et quand on est arrivé au sommet, je dis à Ronald, écoute, je vois qu'on est en moins de 7 heures. Donc moi, j'avais encore dans la tête quand même de me dire combien de temps tu es capable de le faire ? Parce qu'au départ, tu étais là pour ça. Et donc, là, je plante Ronald au sommet et je lui dis je reviens. Et là, je suis partie en courant à fond pour toucher la porte et voir le chrono que j'avais arrivé en haut. Et donc, c'est là où je vois que je suis en moins de 7 heures, ce fameux 6h58 qui fait du bien. Et là, Ronald arrive. Donc derrière moi, vraiment, il m'impressionne avec le mental qu'il a. Et puis, le premier truc qu'il me dit, il me dit il est où le docteur ? Et en fait, moi, je crois que j'étais tellement passée à autre chose. En fait, le moment galère, c'était passé. Donc moi, je reprenais ma course. C'était le moment où, ok, ça, c'est fait. On s'en est sorti. On passe à autre chose. On va courir. Et en fait, là, je percute qu'effectivement, il n'y a pas l'équipe médicale au sommet. Il n'y a personne, personne, personne. Et donc, je dis à Ronald, écoute, on va descendre. Il fait froid. Ils ont dû redescendre. Voilà, ce n'est pas grave. On y va, quoi. Et en fait, plus on descendait, plus Ronald récupérait. Donc, il allait vraiment de mieux en mieux. Et là, je croise le porteur d'oxygène qui me dit, écoute, ton médecin est super mal. Donc, il faut qu'on le retrouve et il faut qu'on lui mette de l'oxygène à lui. Il a fait un œdème, en fait, en nous attendant à 6 000.
Loïc Oh là là. Un enchaînement.
Vanessa Je me dis, mais c'est un film, quoi. Ce n'est pas la vraie vie. Ce n'est pas possible. Et donc là, en fait, je dis à Ronald, écoute, toi, tu descends tranquille. Et moi, je suis partie à balle, mais vraiment en courant à fond parce que j'avais très, très peur pour Patrick, donc le médecin. Et en fait, on arrive à son niveau. On l'a mis sous oxygène. Et bon, il s'est assez vite... Enfin, il ne s'est pas retapé parce qu'il a dû passer le pauvre un jour de plus sur le kilis pour le temps que sa saturation remonte. Donc là, les porteurs sont venus le chercher pour le descendre au camp, en fait, Millenium, qui était un peu plus bas. Et en fait, là, moi, dans ma tête, c'était bon, on arrête, quoi. On arrête le massacre. C'est trop dangereux. Tout le monde... Enfin, moi, je culpabilisais à fond parce que je me dis que c'était mon délire. Et puis au final, il y a trois personnes au tapis parce que la veille, mon entraîneur avait été évacué. Il avait fait un œdème pulmonaire à 4.900. Donc, ça faisait beaucoup trop de personnes en danger pour mon délire sportif, quoi. Et puis au final, tout le monde me dit, non, Vanessa, c'est ta journée. Nous, ça va aller. Donc là, je revois la tête de Patrick avec les lunettes d'oxygène dans le nez qui me dit, non, t'inquiète, ça va aller. Toi, cours, quoi. Et Ronald qui me dit, non, mais moi, je te suis. Bon. Et donc, on le... Moi, je décharge le sac à dos. On laisse pas mal de trucs au porteur parce qu'il fallait se taper toute la descente en courant, quoi. Et là, on repart avec Ronald. Et je crois qu'à ce moment-là, je me suis mise sur pause. En fait, j'ai débranché le cerveau et j'ai couru, couru, couru, couru, à fond, à fond. Ronald, je l'avais en fait en visu de temps en temps. Je voyais qu'il suivait. Et là, je croisais les porteurs qui montaient pour récupérer le médecin. Et en fait, les porteurs étaient affolés. Il y en a qui pleuraient parce qu'ils pensaient que Ronald était mort. En fait, ils pensaient que je l'avais laissé. Ouais, ouais. Les porteurs pensaient que je l'avais laissé sur la voie parce que pour eux, ce n'était pas possible que j'arrive à le maintenir jusqu'au sommet, quoi. Et en fait, je leur disais, non, non, Ronald, il est derrière, il arrive et tout. Et là, tout le monde pleurait. Enfin, il y avait une émotion vraiment très, très forte sur la montagne. Waouh. Ouais, ils sont hyper soudés entre eux. Vraiment, quoi. Et en plus, l'info, elle avait fait le tour de la montagne, quoi. Un guide en danger. Et voilà, c'était une série de tours, quoi. Ouais, ouais. Et donc, voilà. Et là, on continue notre descente avec Ronald. Et puis, on arrive enfin à la porte Mueka qui signe la fin de la course. Et donc là, mon chrono à moi est de 9h58 et 49 secondes. Et celui de Ronald est en 12 heures, quoi. On a deux heures d'écart sur le chrono quasiment. Parce que Ronald, en fait, lui a laissé tourner son chrono. Il pose comme s'il n'était pas bien. À chaque fois, en fait, lui, il laissait tourner pour qu'on ait vraiment l'idée du chrono réel avec les poses. Voilà.
Invité 1 Waouh.
Vanessa Ouais.
Invité 1 Oh, quelle histoire ! C'est surtout le... Pas le scénario forcément catastrophe parce qu'à la fin... Oui, ça finit bien. Voilà, tout s'est bien fini et c'est juste génial. Mais c'est vrai qu'en termes de coquilles en chemin, tu as eu droit à peu près à tout, quoi.
Vanessa Mais il y a tout qui s'est cumulé, quoi. Mon entraîneur, la veille, puis le jour J, je me dis, non mais c'est stop, quoi. Arrêtez ! C'est pas rigolo, là. Votre blague, elle est nulle, quoi. Ouais, ouais. Mais bon, ça finit bien. Après, ben voilà, quand je suis arrivée au parc, il y a deux officiers du parc national qui sont venus voir les deux chronos, comparer vraiment les deux chronos, hein, en me demandant les deux tracés et tout ça. Et effectivement, tout était super cohérent. Donc, ils m'ont dit, ben pour nous, tu mérites le tampon. Donc là, j'ai eu deux tampons par deux guides officiels. Et le lendemain, on avait rendez-vous avec un troisième guide qui, lui, était le grand chef du parc national et qui a, lui, refusé le troisième tampon. Puis en même temps, moi, je le savais, quoi. Et c'est tout à fait justifié. Une performance sportive, ben c'est pas un chrono avec des pauses, voilà. Donc, bon, ce sera que partie remise, quoi. Voilà. Ouais, c'est ce que j'allais te demander.
Invité 1 Comment tu te projettes, du coup, par rapport à ce défi ?
Vanessa Ben là, je vais y retourner au mois d'août. Déjà, je l'ai en tête, hein, depuis. Et en plus, là, je pars une première fois le faire avec… Ah, mais attends, excuse-moi.
Loïc J'ai un chien qui croit. Désolée, hein.
Invité 1 Pas de problème. Attends.
Vanessa Désolée, hein, j'essaie de parler. Non, non, non, aucun souci. Voilà, parce que c'est chez ma soeur et du coup, il y a de la vie. Aucun souci. Donc, on en était au chrono.
Invité 1 Oui, comment tu te projettes pour la suite ?
Vanessa Ben, moi, j'ai en tête depuis ce jour-là d'aller chercher officiellement le chrono. Et là, j'ai l'opportunité d'y retourner au mois d'août, puisque je vais faire l'ascension sur 12 jours avec Julien qui est atteint de sclérose en plaques. Et lui, il vit de l'ascension. Ouais, franchement, c'est super comme aventure parce qu'il veut le faire avec un exosquelette. Ah ouais ? Ouais, ouais. Il a un mental de fou, là. Il s'entraîne tous les jours. Chapeau bas, quoi.
Invité 1 Et comment tu es rentrée en contact avec cette femme dont tu nous parlais juste avant, dont c'était le projet, et avec Julien ?
Vanessa Ben, en fait, la première personne, elle est passée par mon club d'athlétisme. Elle a contacté mon club d'athlétisme pour arriver à moi, et elle avait vu, en fait, que je m'amusais à courir sur les 3000 dans les Pyrénées. Et donc, elle s'est dit, ben, c'est peut-être elle, la jobarde, qui voudra bien m'amener sur le Kili, quoi. Et Julien, ben, pareil, il a entendu parler un peu de mes différents défis en montagne. Et lui-même, c'était avant le Kili, je crois, qui m'a contactée, ou non, ouais, ou juste après le Kili, voilà.
Invité 1 Super. Ah, c'est génial, en tout cas, que tu te donnes de ton temps pour accompagner des projets comme ça, c'est juste génial.
Vanessa Ben, en fait, ça te remet vachement à ta place, et moi, c'est ce que j'aime, quoi. Parce que je me dis, ben là, on va le faire en 12 jours pour Julien, et on va tout faire pour qu'il arrive en haut. Et d'ailleurs, ben voilà, moi, je me laisse trois jours de repos après, et je le retente, le quatrième jour, je retente mon chrono en suivant, quoi.
Invité 1 Tu le retenterais en solo, cette fois, ou avec Romuel ?
Vanessa Alors, Ronald, il sera présent, en fait, sur le projet, mais il flippe maintenant, il n'a plus trop envie de prendre celui-là, normal. Et puis, on m'impose plusieurs guides sur la montagne, donc il y aura des guides sur plusieurs points, déjà pour checker la montre, et en plus, pour prendre des relais éventuellement, pour que je ne sois pas seule au sommet, parce qu'il ne faut pas non plus qu'il m'arrive un truc là-haut, et voilà.
Invité 1 Ouais.
Vanessa Ouais.
Invité 1 Waouh. Eh ben, quelle expérience ? Qu'est-ce qui fait, tu penses, que ça intéresse autant les gens, cette histoire du Kilimanjaro ? Parce qu'on en parlait juste avant d'enregistrer, tu disais que tu étais beaucoup sollicité pour cette expérience en particulier.
Vanessa Ben moi, je pense qu'au-delà du côté sport et perf, c'est l'histoire, quoi. Après, moi, en plus, je ne le vois pas forcément comme un exploit sportif, et au final, ce que les gens retiennent, c'est l'histoire humaine, où on est passé à côté de la cata, et l'amitié aussi, peut-être qu'avec Ronald, je ne sais pas. Je pense que c'est ce côté-là qui s'insibilise plus les gens, ouais.
Invité 1 Waouh. C'est vrai qu'en tout cas, c'est une belle histoire. J'imagine qu'avec Ronald, ça a dû créer des liens assez forts quand même entre vous.
Vanessa Ah ben là, on ne se lâche pas, on est loin physiquement, mais on est super proche, on s'écrit tout le temps. Voilà, on se tient au jus en permanence. Il doit venir en France, alors là, malheureusement, c'est plus qu'on peut pousser à chaque fois, mais j'ai espoir qu'il vienne en C4, ouais.
Invité 1 Super. Ouais. Cool. Alors, si on se projette un peu dans le futur, c'est quoi la suite pour toi ? Qu'est-ce qui arrive en termes d'expérience complètement frappée ?
Vanessa Ouais, là, ça va bouger. Là, ça va pas mal bouger parce que j'ai un gros projet que je suis en train de préparer, là, c'est l'ascension du Manaslu. Donc, mon premier 8000 au Népal, dans la chaîne de l'Himalaya. Waouh. Ouais. Trop cool. C'est l'histoire de 30 ans, là. Voilà, je me sens prête aujourd'hui. Après, c'est un projet qui se prépare. Donc là, je pars dans une semaine au Népal pour une première approche. Déjà, visualiser un peu le bébé et me dire, bon, ben voilà, c'est ça, une Malaya parce que j'ai jamais eu la chance d'y aller. Donc là, je pars, voilà, histoire de me familiariser un peu avec les locaux aussi et les gens qui vont m'accompagner sur le Manaslu. Et après, donc…
Invité 1 Ah, donc là, tu pars, pardon, excuse-moi, tu pars avec les personnes qui… avec l'équipe qui potentiellement sera avec toi sur le Manaslu ?
Vanessa Alors, pas l'équipe au complet, mais une des personnes qui potentiellement m'accompagnera, ouais.
Invité 1 D'accord, d'accord.
Vanessa Et en fait, j'ai vraiment la chance d'être super bien entourée à ce niveau-là parce que j'ai, voilà, l'honneur de connaître vraiment de très, très grands alpinistes, que ce soit Elisabeth Revol, Adam Delecky. Là, je pars avec Sophie Laveau. Donc pour moi, c'est vraiment un honneur parce que j'adore ce qu'ils font et l'approche de la montagne qu'ils proposent. Donc voilà, pour tout ce qui est conseils et guides, je pars les yeux fermés, quoi. Vraiment.
Invité 1 Oui, t'es avec la crème de la crème, là.
Vanessa Ah ouais, là, il n'y a pas plus haut. Enfin, pour moi, en tout cas, il n'y a pas plus haut. Et du coup, tout ça, en fait, chaque projet me sert à en préparer un autre parce que depuis deux ans, j'ai écrit un tour d'Europe où j'ai l'envie d'aller courir sur les plus hauts sommets d'Europe. Et donc là, je suis invitée en Grèce. Donc en fait, là, je pars au Népal. Je maintiens mes séances d'entraînement au Népal. Donc en fait, je vais tenter de courir à 5600 mètres. Là, on va être à 5600 à un moment. Et après, je me dis, ça va m'aider à préparer la Grèce puisqu'en rentrant, je vais aller trotter sur le Mont Olympe si tout va bien. Waouh. Ouais, ça, c'est cool aussi. Il y a toute une histoire derrière. Voilà, c'est pas mal. Et après, là, on me propose un 7000 au Kyrgyzstan aussi. Au départ, je devais faire l'Illand Peak là au Népal. Mais je l'ai annulé pour garder la place pour ce 7000 qui est au Kyrgyzstan parce qu'en fait, il propose un peu toutes les manips indispensables à l'alpinisme pour aller se frotter un 8000. Donc voilà, je pars avec un couple d'amis, pareil, de fous d'alpinisme aguerris. Voilà. Et après, il y a le Kyrgyz qui arrive au mois d'août. Mon 8000 en septembre-octobre. Et après le 8000, je me consacre à une superbe course sur laquelle j'ai été invitée. C'est l'Ultra Run Raramuri qui est prévu au Mexique pour avril 2022. Donc là, il y a un peu tout qui s'enchaîne. Ouais, ouais.
Invité 1 Ah ouais, là, c'est intense.
Vanessa Ouais, c'est un peu… Même quand je raconte, je me dis, ouais, mais ils ne vont rien comprendre. C'est un brave brouillon, mais moi, je m'y retrouve, quoi.
Invité 1 Mais parce que du coup, l'Illand Peak, la dernière fois qu'on avait échangé, c'était encore au programme. C'est quoi la durée ? Ça rallongeait, pardon, le séjour en Épale ? Une semaine, ouais.
Vanessa Voilà. Et en plus, il y a aussi l'aspect financier. Au final, je me dis, pour être cohérente et arriver sur le Manaslu, au mieux que je peux, le 7000 est bien plus conseillé parce que justement, il y a des manips à avoir. Et voilà. Il faut vraiment être dans le distance pour… Alors que l'Illand Peak est beaucoup moins technique. C'était plus mon petit plaisir à moi, au final, même si ça sert toujours d'entraînement. Mais bon. Donc du coup, un truc beaucoup plus rude parce que ce 7000 est chaud.
Invité 1 parce que l'Illand Peak, de mémoire, il y a déjà un permis d'ascension ?
Vanessa Oui. Oui, oui. Alors, il faut demander. De toute façon, on est obligé de passer par les agences. On ne peut pas accéder à l'Illand Peak comme ça. C'est un peu tout l'Himalaya qui est en train de faire. Oui, oui, oui.
Invité 1 Cool. C'est génial. En tout cas, le Népal, j'espère que ça te plaira. On en parlait aussi en off de ce fameux vol. Alors, je ne sais pas, tu vas partir de Katmandou pour rejoindre Lukla ?
Vanessa Oui, je pars de Katmandou.
Invité 1 Ça, c'est cool. Déjà, tu vas éviter les 8 heures de jeep sur des pistes un peu… Je ne sais pas si on peut appeler ça des pistes, mais ça évite de rejoindre l'aéroport de montagne d'où moi j'étais partie.
Vanessa Je crois qu'il y a un truc comme ça. Je n'ai pas tout parce que je pense que ça va être plein de surprises aussi. Mais ce vol, on en parlait tout à l'heure. Et en fait, j'ai encore Adam la dernière fois. On discutait et il me dit en fait, l'XP, ne t'inquiète pas. Il me dit, ça va bien se passer et tout. Il me dit, le plus dangereux, c'est le vol pour Alialuk. Ah oui, d'accord.
Invité 1 C'est vrai que… Après, c'est difficile à dire, mais c'est vrai que quand tu regardes, c'est soi-disant l'aéroport le plus dangereux du monde depuis 10 ans d'affilée. Mais bon, alors moi, ce qu'on va expliquer, c'est qu'une fois que l'avion descend, en fait, l'aéroport, la façon dont il est construit, la piste est… Il y a un dénivelé en fait sur la piste parce que la piste est trop courte, autrement pour que les avions ralentissent. Et donc, une fois que les pilotes commencent à leur descente, en fait, ils n'ont plus le choix. Il faut qu'ils se posent parce que c'est dans une espèce de fer à cheval entouré de montagne. En fait, il faut se poser, quoi. Il ne faut plus repartir et refaire un tour. Mais bon, ne t'inquiète pas. C'est vrai que s'il y a des turbulences et des petits avions, donc ça secoue un peu. Mais à part ça, je crois qu'en tout cas, ce qu'on m'avait expliqué, c'est qu'il a été vachement modernisé, l'aéroport. Le seul truc un peu pénible qui peut arriver, c'est qu'ils n'hésitent pas à le fermer complètement dès que les conditions météo sont plus favorables. Donc, je crois que le record, c'est 21 jours consécutifs. Donc, voilà, c'est peut-être le seul truc où j'espère que ça ne t'arrivera pas, qu'ils ne ferment pas l'aéroport un jour ou deux parce que ça m'était arrivé. Oui, voilà, c'est vrai. Toi, à l'avantage, tu en es en courant. Oui, ce n'est pas un problème. Cool. En tout cas, c'est génial que tu arrives à partir au Népal et surtout que tu aies organisé ce projet en dépit de la situation où parfois, on peut avoir l'impression que tout s'arrête. Et je trouve que c'est vachement… Ça fait du bien de voir qu'il y a des gens comme toi qui arrivent à continuer à organiser leur projet et à faire en sorte que ça…
Vanessa En fait, il ne faut rien lâcher. Moi, je vois, c'est tous les jours. Tous les jours, tous les jours, je suis dessus. En plus, je cumule mon boulot quand même d'infirmière où là, j'enchaîne les 12 heures pour rattraper le temps que je ne pourrais pas faire quand je serai au Népal. J'ai les entraînements aussi à côté parce que, mine de rien, en rentrant du Népal, il faut que je sois prête pour aller courir sur le Mont Olympe. Enfin, voilà, c'est intense. Les papiers, c'est super galère. Donc, voilà. Les tests Covid, c'est plus un nez que j'ai, c'est une passoire. Enfin, bon. Et ouais. Il ne faut rien lâcher. Il faut y croire. Et voilà, moi, je me dis que… Il faut malgré tout essayer de continuer à vivre, à rêver parce que la situation est trop lourde pour tout le monde.
Invité 1 C'est clair. C'est clair. En tout cas, ça fait vraiment plaisir et beaucoup de bien à entendre. Donc, merci de partager tout ça. Est-ce que tu peux peut-être nous dire de façon… Tu vois, si tu prends un peu de recul par rapport à tous ces projets qui arrivent, donc le prochain immédiat étant le Népal et le plus lointain pour le moment étant cet ultra au Mexique avec les rares Amoris. Oui. C'est quoi pour toi le fil rouge de toutes ces aventures, de toutes ces expériences ?
Vanessa En fait, moi, j'ai l'impression que… À chaque fois, une aventure en appelle une autre. Je ne sais pas vraiment si… Enfin, le fil rouge, je ne sais pas trop comment te le définir, mais je ne sais pas. Pour moi, à chaque fois, c'est une nouvelle aventure. Et ouais, le fait aussi de… Moi, ce qui me tient beaucoup, c'est le fait de ramener des images et de faire voyager par procuration. C'est vrai que je représente la Ligue française contre la sclérose en plaques. Et en fait, ma force, elle est là aussi. C'est que je me dis, toi, ma grande, tu as la chance d'être reconnue pour ton sport et d'en vivre entre guillemets. Donc, le vivre seul, moi, ça ne m'intéresse pas. Ce qui est chouette, c'est déjà d'aller à la rencontre de l'autre. Parce que que ce soit… J'ai fait la Finlande, la Tanzanie, le Népal et tout. Ça t'apporte toujours quelque chose. Mais je me dis, si je ne le partage pas, pour moi, ça n'a pas d'intérêt. Après, là où il faut être prudent, c'est vrai que moi, j'ai tendance à chercher toujours plus. Et ouais, j'essaie de me calmer. Je me dis, ma mère, tu as pris le temps maintenant. Mais ouais, je ne sais pas trop. En tout cas, à chaque fois, il y a une aventure derrière. C'est comme l'ultra au Mexique. Moi, je ne suis pas une ultra traileuse. Alors oui, il m'arrive des fois de faire des courses de 10 heures ou 15 heures. Voilà, mais je n'ai pas de discipline, en fait. Je suis un peu hors cadre. D'ailleurs, quand je vois tous mes objectifs, celui qui m'angoisse le plus, à la limite, c'est l'ultra du Mexique parce que je ne suis entourée que d'ultra traileurs. Ah ben ouais, ouais. Et voilà, moi, je ne me connais pas dans ce genre de course. Donc ouais, moi, j'y vais plus pour la découverte des raras Muri et me dire, bon, je vais m'accrocher. Pas de choix. Ouais.
Invité 1 Ok. C'est intéressant, ouais. Mais c'est vrai que je trouve ça aussi intéressant. Je ne sais pas si il faut que j'arrête de dire intéressant à tout ce que tu dis, mais je trouve ça cool, tu vois, ce que tu décris sur le fait que tu n'as pas vraiment de discipline et qu'en fait, j'ai un peu l'impression que tu suis ce qui t'appelle, quoi. C'est-à-dire qu'une aventure, tu vois, te fait en imaginer une suivante et de fil en aiguille, tu continues de vivre des projets plus fous les uns que les autres, mais sans… Je n'ai pas vraiment l'impression que tu te limites toi-même, tu vois, à une discipline. Tu es dans l'ultra trail, donc tu fais de l'ultra trail, de l'ultra trail, de l'ultra trail. Mais pour autant, toutes ces expériences, comme tu dis, elles se nourrissent les unes des autres.
Vanessa Oui. C'est vrai que moi, souvent, ça part. J'ai une idée, hop, j'écris un projet et action, quoi. Voilà. Je tiens vraiment à ça. Et après, souvent, on me dit, mais quelle est ta discipline ? Ouais, trail, course en montagne, alpinisme, escalade, j'en sais rien. Pourvu que ça grimpe. Voilà. Pourvu que ça grimpe. Après, je fais au feeling, ouais.
Invité 1 Excellent. Et quand tu abordes ces différentes courses, au-delà de l'aspect plaisir, est-ce que tu disais que chaque événement te sert à préparer le suivant ? Comment est-ce que tu les abordes ? Est-ce que tu as des objectifs très clairs d'un point de vue, par exemple, technique sur des ascensions ou sportif où tu veux passer des paliers ? À quel point est-ce que tu as de la clarté avant de te lancer sur ce que tu veux en retirer ?
Vanessa C'est vrai que quand je te dis, tu vois, ça part d'une idée, c'est que, par exemple, bon, ben là, le Kili, c'était, hop, je le fais dans la journée en moins de temps. Oui. Voilà. Le Manaslou, c'est faire à 8000, oui, mais sans oxygène. Donc, je pars pour faire sans oxygène, tu vois, donc je mets toujours en place un truc. Là, par exemple, le Manaslou, moi, on me l'annonce en 4 à 5 semaines par rapport à ce que je suis capable de faire physiquement. Ben, pour le coup, je prends 6 semaines. J'organise en fonction de ma première idée, tu vois. Et après, ben, la Grèce, c'est pareil. Le Mont Olympe, ben, je regarde un peu les chronos qui sont posés dessus. Ben, j'y vais pour courir. Donc, voilà. À chaque fois, c'est vrai que j'ai quand même quelque chose de très clair en tête et je démors pas, oui.
Invité 1 Et le Manaslou, tu viens de nous dire sans oxygène. Oui. C'est quoi ta motivation pour le faire de cette façon ?
Vanessa En fait, j'aime tellement, je crois, la montagne que moi, quand je pars en montagne, j'ai besoin de la ressentir. Enfin, vraiment de tout vivre, voilà, chaque instant. Et ben, si à un moment donné, tu t'étouffes à 7000, c'est parce que ton corps, il n'est pas fait pour vivre à 7000. Et que si tu as décidé d'y aller, c'est à toi de t'adapter. Et pour moi, voilà, mettre de l'oxygène sur mon nez, après, je ne suis pas du tout les gens qui le font avec. C'est chacun à son approche. Enfin, voilà, perso. Mais moi, non, avoir recours à l'oxygène, c'est un peu passer à côté de la vraie montagne, quoi. Voilà, moi, je préfère perdre une semaine ou même renoncer au sommet. Mais au moins, je l'aurais senti et je l'aurais vécu à fond, quoi.
Invité 1 Oui. C'est une belle philosophie. C'est joli.
Vanessa En tout cas, c'est la mienne. Après, peut-être qu'elle peut être la semaine.
Invité 1 C'est vrai que cette idée, tu vois, de faire l'expérience pleine de la montagne, en tout cas, moi, ça me parle bien. Je ne sais pas si un jour, j'aurais la chance de tenter un 8000, mais c'est clair que ça me parle.
Vanessa Et tu sais, tout à l'heure, on parlait de dormir dehors.
Invité 1 Oui.
Vanessa Mais moi, ça m'arrive assez régulièrement parce qu'encore une fois, j'ai décidé d'aller dormir en montagne. Et je me dis, je fais ma crâneuse, mais j'ai quand même ma tente pas loin. On ne sait jamais, quoi. Ce n'est pas une femme de tempête. Mais il m'arrive, ouais, de me dire, ben voilà, tu es dehors, tu prends la nuit, tu prends l'humidité de la nuit. Et tu, voilà, et je m'éclate avec des trucs comme ça, quoi.
Invité 1 Waouh. OK. Excellent. OK. Et tu fais ça dans les Pyrénées ou… Oui, oui, oui. Ouais ?
Vanessa Ouais, ben dans les Pyrénées. Après, dans les Alpes, je n'ai pas eu l'occasion de le faire. Mais par exemple, sur les 3000 des Pyrénées, là, de temps en temps, il y a des petits sous les glaciers, là, que je connais bien, côté Arnetto et tout ça. C'est un de mes kiffs, quoi.
Invité 1 Waouh.
Vanessa Ouais, ouais.
Invité 1 Excellent. Excellent. Cool. Ouais. Eh ben écoute, on arrive au bout, déjà. Est-ce que toi, il y aurait un message que tu aurais envie de passer ?
Vanessa Ben moi, mon message, c'est, comme je dis souvent, ben on est en vie, donc voilà, il faut foncer. Ouais. Ouais, une idée, un projet, une action. C'est ma phrase type. Je crois que je vais me la faire tatouer, cette phrase. Non, mais c'est vrai qu'on se pose beaucoup de limites. On nous impose beaucoup de limites aussi. Et voilà, il faut vraiment continuer à rêver parce que la vie, elle passe vite. Voilà.
Invité 1 En tout cas, moi, tu m'auras bien fait rêver pour cet épisode avec tes différents projets et l'énergie que tu mets dedans. Et voilà, je pense qu'en tout cas, moi, j'ai clairement ressenti cette volonté de faire, de vivre sa vie pleinement. Et je trouve que c'est, encore une fois, je t'ai déjà dit juste avant, mais hyper énergisant et vraiment rafraîchissant dans la période actuelle. Donc, un grand, grand merci d'avoir pris le temps pour la troisième fois de partager tout ça. Je t'ai déjà dit que tu me rappelles demain. Ouais. D'avoir partagé tout ça sur le podcast. Mais non, c'était vraiment super. Je pense, si j'ai ton calendrier à la tête, je pense que l'épisode devrait sortir pendant que tu es en pleine aventure quelque part en Grèce. Donc, écoute, je te souhaite d'ici là tout le meilleur de profiter à fond du Népal. Ouais. De tout ce qui arrive après. T'inquiète pas, l'avion, en plus, il te distribue, tu verras. Il te distribue des boules-caisses made in Népal. Donc, c'est du coton que tu peux te mettre dans les oreilles. Donc, ça aide pour le bruit.
Loïc D'accord.
Invité 1 Ouais. Mais non, je plaisante. Blague à part, je te souhaite de bien en profiter. C'est sûr que l'avion, ça va être une petite expérience sur ce trajet, mais ça fait des super souvenirs. Donc, tu vas t'éclater.
Vanessa Mais écoute, j'espère pouvoir raconter tout ça bientôt.
Invité 1 Ouais, ouais, ouais. Un grand, grand merci encore une fois, Vanessa. Je mettrai tous tes comptes. Si les gens veulent te suivre, le plus simple, c'est quoi ? Instagram ?
Vanessa Insta et mon Facebook perso, parce que là, la page sport, à moins que quelqu'un prenne le relais dessus, mais non, sur ma page perso. OK. Voilà. Après, il y a un documentaire qui est prévu sur tout ça. Donc là, je pars avec des caméras pour filmer au maximum l'aventure de maintenant à mon 8000. Puisque, en fait, il y a quand même un échange où moi, je vais former les guides locaux aux gestes de premier secours au Népal. Ah ouais, OK. Et en compte, je m'initie l'himalayisme. Donc voilà, il y a toute une histoire autour de ça aussi. Et prochainement, donc voilà, il faut être patient du coup, parce que quand j'aurai réussi le Manaslu, on fera un film.
Invité 1 Excellent. Ah, c'est génial cette histoire. OK. Voilà. Écoute, dès que c'est finalisé, quand tu auras fait ton Manaslu, tu nous donneras tous les liens. Puis je rajouterai tout ça en description. Oui. Ça, on pourra regarder le film. Parfait. Super. Merci beaucoup, Vanessa. Excellente fin de soirée à toi. Excellent week-end. Et kiffe à fond le Népal.
Vanessa Oui, promis.
Invité 1 Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également directement par e-mail à contact.lesfrappés.com. Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao. Ciao.
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