Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·060 Vélo #UTMB #BikingMan #Ironman

04 janvier 2022

(Re)créer le lien entre corps et esprit avec Marjorie de Goumoëns, ultra-cycliste et entrepreneuse [Maki Cycling]

Durée · 1h38 · Transcription disponible

Marjorie

Le récit

Marjorie de Goumoëns est tout à la fois une entrepreneuse, infirmière 🏥 ultra-cycliste Suisse 🇨🇭 YouTubeuse 🎥. et athlète multi-disciplines.

Marjorie s'investit sur plusieurs projets en même temps. La détermination 💪🏼 elle connait ! Son histoire c'est aussi celle d'une femme qui a su faire preuve d'une incroyable résilience et se dépasser. Elle a commencé le sport à haut niveau jeune, en natation synchronisée, une discipline dans laquelle elle s'est lancée sans en parler à ses parents. Elle avait enfin trouvé une pratique où elle se sentait elle-même ! Mais comme c'est le cas pour beaucoup de pratiquants, la transition vers un autre sport une fois sa carrière terminée a été longue, difficile et a soulevé beaucoup de questions ❓ sur son identité. Quand on a été dans un sport pendant toute son adolescence, comment se définir lorsque ça s'arrête ?

Elle finira par se lancer dans le triathlon. Je vous parlais de résilience, et vous allez être servis... Pendant deux ans, elle enchaîne les blessures 🤕 et inflammations qui l'empêchent de prendre le départ des compétitions auxquelles elle s'inscrit.  Lorsqu'un médecin fini par lui annoncer qu'elle n'était pas faite pour le sport, c'est le déclic qui manquait pour tout faire basculer. Elle prend un coach pour apprendre à gérer son stress et son sur-entrainement et s'inscrit dans la foulée à un half-IronMan . Elle devient finisher à l'été 2018, enchaine avec un full IronMan, la Race Across France deux fois, lance sa chaine YouTube sur sa pratique du vélo et continue depuis de se réinventer à travers différents défis 🤯🤩

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Les Frappés - Épisode #55 - Perrine Fages - Avocate, athlète d'ultra-endurance (UTMB, EnduroMan, IronMan...) - Se découvrir à travers le sport et l'aventure
Les Frappés - Épisode #56 - Benoit Bigot - Cyclisme ultra-distance, vainqueur de la RAF, BikingMan - Le fixie comme philosophie de vie

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Transcription

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Marjorie Le médecin disait en fait là c'est ton corps qui dit que tu n'as pas pris assez soin de lui jusque là et puis là tu veux trop en faire donc c'est stop tu n'es pas fait pour le sport tel que tu veux le faire. J'ai décidé de m'inscrire à un Alpha Ironman. Parfois la maladie a aussi un lien avec l'esprit et puis le fait de ne pas s'accorder suffisamment de temps.

Loïc Hello Hello c'est Loic Blanchard le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau aujourd'hui reconverti en sportif aventureux mais aussi entrepreneur coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés. Bienvenue Marjorie sur le podcast.

Marjorie Merci, bonjour.

Loïc Je suis ravi de t'accueillir en direct de la Suisse. Tu vois ça fait pas très longtemps que j'ai quitté le pays mais ça me fait déjà un bon petit souvenir de ces quatre ans passés dans le pays. Et du côté de Lausanne, c'est ça ?

Marjorie Exact, du côté de Lausanne où il a neigé hier. Donc on rentre en plein dans l'hiver.

Loïc Oui, j'imagine. Puis j'imagine que ça va avoir un petit impact quand même sur certaines de tes activités mais tu vas nous en dire plus. Et peut-être qu'on peut commencer par ça d'ailleurs. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que tu fais ou les différentes choses en tout cas que tu fais ?

Marjorie Alors sportivement, je suis passionnée de cyclisme. En fait, je suis passionnée de sport depuis longtemps. Je suis entrée dans le sport déjà depuis toute petite. Mais plus particulièrement le cyclisme depuis sept ans maintenant, je crois, à peu près. où j'ai commencé le vélo par le triathlon. Et puis finalement, j'ai décidé de faire plus que du vélo. Mais bon, on aura l'occasion d'en discuter. Ce n'est pas pour gagner du temps, bien au contraire. Mais c'est pour vraiment pouvoir m'adonner pleinement à une passion et puis le faire bien.

Loïc Génial, génial. Est-ce que tu peux peut-être nous expliquer ce que tu fais en parallèle ? Parce que ce que je trouve super intéressant dans ton parcours, c'est que tu fais des choses complètement folles dans l'univers du cyclisme, mais que tu arrives en parallèle à mener différents autres projets de front. Donc, je serais curieux de savoir. Comme ça, les gens l'auront en tête, tu vois, pour sa place un peu le contexte pour la suite de l'échange. Oui.

Marjorie Bon, alors déjà, j'ai 32 ans. Ça peut donner un élément contextuel. Moi, je suis infirmière depuis à peu près 8 ans. Donc, à peu près le même moment où j'ai commencé le triathlon. On verra, mais il y a un lien. Donc voilà, je suis infirmière, passionnée par ce métier. Et puis, ça m'a amenée à faire différentes choses dans l'univers professionnel. Je n'ai pas seulement gardé un pied dans la clinique, malgré le fait que je suis spécialisée en soins palliatifs, mais j'ai aussi contribué à développer une équipe de soins à domicile ici, sur Lausanne, avec un modèle de soins particulier qui m'a fait vraiment explorer toute la partie du management horizontal. En fait, je ne sais pas si ça parlera à certains d'entre vous. Donc voilà. Et puis, parallèlement à ça, j'ai décidé de m'investir dans l'enseignement. Donc, je suis enseignante depuis quelque chose comme 5 ans maintenant pour les soins infirmiers. Et je me spécialise actuellement dans l'enseignement en faisant une maîtrise universitaire pour la formation des adultes, donc en éducation. Donc voilà, ça, c'est mes casquettes professionnelles. Et puis, mes casquettes sportives. Comme je l'ai dit, je suis rentrée dans le cyclisme. Moi, j'ai un parcours où je suis rentrée dans le sport par la natation synchronisée. Enfin, pas tout à fait, en fait. Je suis rentrée dans le sport par le kung fu, par la voile, mais ça, c'était des choix de mes parents. Et puis, plus tard, je suis rentrée dans le monde de la natation synchronisée, où là, c'était un petit peu mon émancipation, parce que je l'ai fait en le cachant à mes parents. Et puis, au moment où le club a dit non, mais là, le sport étude, parce que nous, on a des possibilités de, quand on a 14, 15 ans, de tester des sports, puis de faire ça le mercredi après-midi. Donc, j'ai commencé vraiment tardivement. Normalement, la natation synchronisée, on la commence plutôt aux alentours de 10 ans, voire plus tôt. Puis moi, j'ai commencé ça à 14 ans. Et puis, voilà, mes parents l'ont appris au moment où le club a dit, « Non, là, maintenant, tu commences à devenir vraiment performante, donc il faut en faire quelque chose. » Et puis, du coup, là, j'ai intégré le sport. Et puis ça, pour moi, c'était une expérience importante, parce que c'est le premier sport que j'ai choisi. Et puis, du coup, c'est vraiment… Ça a été la première entrée dans ma propre identité, en fait, si je puis dire. Et puis, après, ça a évolué. Voilà, mais je ne sais pas s'il ne faut pas trop que j'en dise trop dès le départ.

Loïc Garder un peu de suspense, mais c'est déjà… Je trouve que c'est un… J'aimerais bien qu'on creuse, si tu es OK, pour en parler un peu plus, justement, peut-être plus tard sur ce sujet de l'identité et du sport. Parce que c'est quelque chose dont j'ai l'impression qu'on ne parle pas énormément, mais qui, moi, me semble super, super important. Tu vois, pour avoir fait du haut niveau à peu près à l'âge auquel tu as décidé de t'investir plus dans la natation synchronisée. Maintenant, avec du recul, je me rends compte à quel point ça fait partie de mon histoire, de mon identité. Et c'est quelque chose qui revient très souvent quand j'ai des échanges avec des sportifs de haut niveau ou des gens qui, comme toi, tu vois, on passait un palier à un âge où souvent, disons, la moyenne, on va dire, des enfants de cet âge-là ne pensent pas forcément à passer des heures dans des piscines ou sur des cours de tennis à taper dans des balles ou des tatamis, etc. Donc, je trouve ça super intéressant. Mais tu as raison, un peu de suspense, on y reviendra plus tard.

Maki Avec les yeux.

Loïc Et une dernière chose que tu n'as pas encore mentionnée, alors je ne sais pas si tu allais le faire ou pas, mais en plus de tout ça, tu as une chaîne YouTube.

Marjorie Oui, en plus de tout ça, j'ai une chaîne YouTube. Donc, depuis récemment, on s'est lancé là-dedans. Je ne dirais pas que c'est sur un coup de tête, parce que les choses, je pense qu'elles ne se décident pas sur des coups de tête. Donc, c'est plutôt l'élaboration un petit peu comme ça en profondeur. Et puis, pouf, ça a pris naissance pour de vrai cet été. C'est drôle parce qu'en fait, mon mari avait commencé une chaîne YouTube pour lui, parce que lui, il est infirmier comme moi, passionné comme moi. Mais voilà, il a aussi des passions à côté. Et puis, une de ses passions, c'est la photographie et la vidéo. Et il avait commencé une chaîne YouTube pour justement montrer son matériel. Et puis, son but, c'était... Bon, après, c'est mieux, ce serait lui qui en parle. Mais en tout cas, moi, ma vision de journée, c'est que son but, c'était de pouvoir utiliser cette chaîne YouTube pour se déployer dans la vidéo et la photo. Puis finalement, de montrer aux gens comment est-ce que lui-même se développait. Donc, vraiment, déjà, j'adore cette démarche. Et puis, il avait un autre projet aussi et tout ça. Puis, en partant pour la Race Across France, je lui ai dit, moi, j'aimerais faire une vidéo sur mon matériel. Et puis, tout de suite, il a adhéré à ça. C'est vrai que souvent, on me pose des questions sur le matériel que j'ai. Et puis, j'aime beaucoup partager sur ce que je fais, sur comment je me prépare et tout ça. Donc, je réponds avec plaisir. Mais là, je me suis dit, il y a tellement de questions. Puis, les gens ont besoin aussi de savoir parce qu'eux-mêmes s'organisent. Moi, je suis super bien entourée. J'ai un vélociste à qui je fais une totale confiance. Puis du coup, j'ai envie de partager ça aussi. Et puis, surtout aussi que je suis tellement passionnée. Et puis, on va dire que quand il y a un truc qui m'intéresse, je vais aller creuser tout. Donc, moi, j'ai des tableaux comparatifs de toutes les lumières qu'on peut trouver sur le marché. Donc, voilà. Et puis, tout ça pour dire que j'ai voulu faire une vidéo. Et puis, à la base, je voulais faire une petite vidéo comme ça sur Instagram, peut-être faire un reel. Et puis, finalement, il m'a dit non, non, on va faire une vidéo YouTube. Donc, c'est la veille à partir en France pour aller prendre le départ de la Race Across France. Et puis, on a fait toute la vidéo. Donc, en plus, à ce moment-là, il n'avait pas encore tout le matériel. Donc, il faut attendre qu'il fasse nuit pour ne pas qu'il y ait trop de reflets dans l'appartement. Donc, bref, on se lance hyper tard. Évidemment, c'est l'été. Puis, on finit de tourner. Et puis là, il va sur son ordinateur. Et puis, il y a un problème. Je ne me rappelle plus quel était le problème. Il faut tout recommencer. Puis, il me dit, tant pis. On ne le fait pas. Et puis, tant pis. Et puis, moi, je suis un peu têtu. Et du coup, je dis, tant pis. Je le ferai toute seule sur Instagram. Et puis, là, il s'est dit non. OK, alors non, non, on va le faire tout de vrai. Et on va prendre le temps. Puis, du coup, on l'a retourné vite fait. Alors, la deuxième fois, ça a été beaucoup plus vite. On l'a tourné assez rapidement à minuit et quelque chose comme ça. Après, il l'a retravaillé. Et pouf, c'était peut-être l'avant-veille de partir. Mais ça lui laissait juste le temps de la travailler, de la mettre sur YouTube et de partir en France. Et puis là, en fait, waouh, on a vu que ça a vraiment pris. Là, on est à plus de 17 000 vues sur cette première vidéo.

Loïc Bravo.

Marjorie Oui, merci. Merci et puis bravo à lui aussi parce qu'en fait, et puis ça se voit pour si ça donne l'envie à certains d'entre vous d'aller regarder ses vidéos. On voit qu'en fait, son propre pari, il est vraiment tenu parce qu'on voit aussi son évolution à travers la vidéo et la photo. Et puis, voilà. Donc, je trouve ça génial. Ça nous permet chacun de partager nos passions. Et donc, voilà. Donc là, on a tourné encore des nouvelles vidéos. Et puis, en fait, de nouveau, c'est une transition. Et là, il y a plein de choses qui vont arriver sur 2020 grâce à cette ouverture, en fait. Du coup, autant à lui qu'à moi, ça nous a donné confiance. Ça a renforcé de nouveau toujours cette identité. Et là, ça nous donne la confiance à développer d'autres choses et puis à commencer des partenariats aussi.

Loïc Super, super. C'est vrai que quand tu as des projets qui marchent bien comme ça et que tu emmènes plusieurs de front, c'est toujours, comme tu dis, ça fait un bon boost de confiance quand tu vois que certains prennent et se développent. Voilà. Première question que j'ai peut-être envie de te poser, avant qu'on rentre dans le détail, décidément, on ne fait que repousser les sujets, mais avant qu'on rentre dans le détail, peut-être du vélo, comment est-ce que tu fais pour gérer tout ça de front ?

Marjorie Alors déjà, je ne suis pas si différente que tout le monde. Je ne suis même pas différente du tout. Mes journées font 24 heures. Mes semaines font 7 jours. Une chose souvent que je dis, c'est que j'ai appris très jeune à organiser mon temps. Et puis très jeune, pas tant que ça, finalement. Mais quand j'ai commencé à travailler, enfin non, quand j'ai commencé la natation synchronisée, en fait, ça a pris très vite, dans le sens où après 6 mois d'entraînement, j'avais un niveau qui était trop élevé pour le club dans lequel j'avais commencé. Donc j'ai dû aller dans un autre club. Et puis en fait, je suis passée de 2 entraînements par semaine à des entraînements 5 à 6 fois par semaine. Donc je suis passée de 3 heures d'entraînement par semaine à près de 20 heures avec des compétitions aussi. Et là, c'est à 14 ans. En tout cas, en Suisse, à 14 ans, c'est le moment où au niveau de l'école, ça se corse. On arrive à ce qui s'appelle le gymnase. Donc c'est une voie, c'est le baccalauréat, en fait, je pense, chez vous. Et puis, donc voilà, c'est un grand investissement de temps au niveau des études. Et puis en même temps, j'avais cette passion qui se développait où je découvrais des choses de moi-même. Parce qu'avant 15 ans, j'étais très... Enfin avant 13-14 ans, j'étais très... Très, très, très timide. Très refermée sur moi-même. En tout cas, c'est l'image que j'en ai actuellement. Et puis, du coup, ça, ça a été vraiment important pour mon développement identitaire. Et j'avais envie de m'investir là-dedans. Donc j'ai vraiment... Pour moi, je ne pouvais pas choisir entre l'un et l'autre. J'avais fait même des demandes pour pouvoir avoir un gymnase qui était proche de mon lieu d'entraînement. Ça n'a pas été accepté. Mais du coup, ça a engendré beaucoup d'organisation de ma part, en fait, entre les études et cette nouvelle passion. Donc je crois que pour en revenir à comment je fais pour tout mener de front, déjà, en fait, je m'organise beaucoup. Je m'organise à l'avance. À l'avance, je sais exactement quand est-ce que je vais travailler sur tel sujet. Quand est-ce que je vais m'entraîner ? Parce que du coup, il va falloir que je coupe sur quelque chose d'autre. Donc soit le sommeil. Donc souvent, je fais des entraînements le matin, voire même le soir. Après, c'est vrai que souvent, je fais du HT aussi quand je fais des horaires comme ça, soit le matin, soit le soir, selon les saisons. Donc je suis obligée de m'adapter aussi à la vie en communauté. Je suis dans un immeuble. Et puis après, on coupe où on peut couper. Et puis moi, je coupe aussi sur la vie sociale. Donc c'est vrai que je suis quelqu'un qui ne sort pas beaucoup ou qui ne sort plus beaucoup parce que je suis beaucoup sortie en étant plus jeune. Et puis maintenant, en fait, j'ai trouvé un équilibre en sortant beaucoup moins et puis en me centrant là-dessus. Il faut aussi dire que je n'ai pas d'enfant. Je suis vraiment... J'ai fait le choix de m'impliquer dans mes passions qui sont autant les soins infirmiers, l'enseignement que le vélo. Et puis, ça libère du temps aussi. Donc non, je ne suis pas différente des autres. C'est juste que j'ai fait des choix et j'ai coupé à certains endroits.

Loïc Ok. Ok, super intéressant. Alors, j'aime bien demander parce que, tu vois, souvent, il y a des invités qui ont des tips où c'est toujours intéressant, je trouve, de voir comment les gens justement s'organisent ou les choix qu'ils ont pu faire. Tu vois, au moment où on enregistre, on est mardi. Donc aujourd'hui, il y a la sortie d'un épisode avec Périne Fage, peut-être que tu connais. Ouais. Et avec qui on avait discuté justement d'une période, d'une grosse, grosse période d'entraînement pour elle qui avait été la préparation à l'enduroman. Et elle expliquait qu'elle faisait des semaines entre son job à temps plein et ses entraînements, des semaines à plus de 80 heures. Et donc forcément, comme tu le dis, tu vois, elle avait des journées de 24 heures comme tout le monde. Donc par contre, ça impliquait des choix qui ressemblaient un peu au tien. D'ailleurs, organisation assez poussée. Réduire un peu certaines activités sociales, etc.

Marjorie Ah oui. Et puis aussi, il faut quand même dire que pour ma part, moi, je vis un couple. On vit ensemble avec mon mari. Et puis, il faut aussi, en tout cas dans mon cas, on prend vraiment du temps pour organiser ça à deux. Et ça peut paraître, enfin, ouais. Autant ça peut paraître simple. On peut se dire oui, mais évidemment qu'il faut le faire à deux. Autant on peut se dire ouais, bon, c'est pas si important que ça. Et en fait, c'est vraiment le socle qui fait que ça marche. Lui, il a des passions aussi. Mais on a aussi discuté. On a aussi trouvé des passions communes. C'est-à-dire que lui, il aime faire du vélo, mais il n'en fait pas autant que moi. Et du coup, il fait de la vidéo et il vient en faire sur le cyclisme. Et puis en fait, voilà, de pouvoir soit le faire à deux, soit d'avoir de compenser. Moi, j'ai des personnes, je sais qu'ils s'organisent. Ou une année, c'est l'un qui s'adonne à ses passions. Puis l'année d'après, c'est l'autre. Et je pense que vraiment de pouvoir, comme je disais, moi, j'ai tendance à couper sur la vie sociale. Donc plutôt sur les amis et ce genre de choses. Mais après, il ne faut pas non plus s'isoler complètement. Donc je trouve que c'est vraiment important de pouvoir intégrer les proches.

Loïc Ouais, super point. Et c'est vrai que pour vous, en tout cas de l'extérieur, ça donne un peu la vision idéale du couple. Parce que toi, tu es dans tes activités. Et puis lui, en fait, il est dans les siennes, mais vous avez réussi à marier tout ça, en fait. Tu vois, je pense à une vidéo. Je ne sais plus. C'était une de tes vidéos, enfin une de vos vidéos, du coup, sur le tour d'un canton. Je crois, dit en hiver. J'affouse. Ouais, peut-être. Ou tu fais une chute sur la classe. Et du coup, c'est là où on le voit. On voit une partie un peu plus back office par rapport à d'autres vidéos. Après ta chute. Et je trouve ça génial, tu vois, de voir ce que vous arrivez à construire ensemble.

Maki Ouais. Super.

Loïc Mais c'est un bon point, effectivement, sur le support et le fait de s'entourer, en fait. Toi, c'est le… Vous deux, c'est peut-être la situation rêvée, idéale. Parce que vous vivez ensemble. Voilà, vous êtes mariés. Enfin, c'est vraiment… C'est le couple qui fonctionne comme ça. Mais c'est vrai que, voilà, le fait d'être accompagné, supporté, c'est juste super important quand tu as autant de projets à mener en simultané. Enfin, de façon générale, mais surtout dans ce cas de figure. Cool. Eh bien, écoute, ce que je te propose, c'est peut-être qu'on rentre dans le détail, qu'on fasse sauter un peu le suspense et qu'on rentre dans le détail de certaines épreuves que tu as pu faire récemment en cyclisme. Il y en a une que tu as citée plusieurs fois, la Race Across France, qu'on a déjà évoquée plusieurs fois aussi sur le podcast, puisqu'on a eu Arnaud comme invité et d'ailleurs très bientôt d'autres personnes qui ont fait la Race Across France. Donc, je serais curieux de savoir comment est-ce que tu es tombé dans cette épreuve ? Comment est-ce que tu as fini par te dire, allez, hop, je prends un dossard pour la première fois ? Et à quoi ressemblait la préparation et l'épreuve en elle-même ?

Marjorie Oui, écoute, avec plaisir. Ça a été vraiment, en tout cas jusqu'à aujourd'hui, ça a été une de mes plus belles expériences. Mais expérience au sens large, parce que ce n'est vraiment pas réduit à l'activité qui s'est déroulée entre, je ne sais plus quelle est-elle et date exactement, mais en fait, ça a été une expérience de 6 à 8 mois, ou même plus, même peut-être une expérience d'une année, parce qu'en fait, je l'ai faite deux fois la Race Across France, une première fois sur un parcours de 300 kilomètres, qui s'appelle 300 kills, mais en fait, c'est 350 kills.

Loïc J'imagine que les derniers 50 sont importants.

Marjorie Voilà, le Mont Ventoux pour finir, ce n'est pas négligeable. Et c'est vrai que la volonté de m'inscrire sur un parcours plus long, elle est née durant les 350 kilomètres, justement, où je me disais, mais j'aime trop ça, j'aime trop ça, j'aime trop ça, il faut que j'aille plus loin. Et la grande déception de devoir m'arrêter au kilomètre 350, et de voir les autres continuer, et de dire, mais je veux en être. Donc voilà, ça a été vraiment une superbe expérience, et je me réjouis d'en parler. Donc, par où veux-tu que je commence ? Comment je suis arrivée là ?

Loïc Oui, peut-être à quel moment, tu vois, qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit, ça y est, je suis prête, je me lance sur un 300 kills sur le papier, 350 en vrai, sur une épreuve quand même assez renommée, et puis en plus, une épreuve pas chez toi, donc je ne sais pas quelle est ta connaissance de la topographie sur le circuit en France, mais qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu as basculé ?

Marjorie Bon alors déjà, avant de me faire monter trop le suspense, à aucun moment j'ai dit que j'étais prête, qu'on soit d'accord, c'est toujours de l'ordre du défi. Non, en fait, je pense qu'il faut rebrousser un petit peu le chemin. Donc moi, j'ai dit, comme je t'ai expliqué, je viens de la natation synchronisée, le problème de la natation synchronisée, c'est que la retraite des sportives est relativement tôt, donc moi j'ai pu monter dans un niveau assez élevé, mais voilà, entre 18-20 ans, c'est déjà un petit peu tard en fait pour la natation synchronisée, donc il y a eu tout un moment dans ma vie où j'ai un petit peu, plutôt fait de la natation synchronisée, mais voilà, plutôt de loisir et non plus forcément de haut niveau, parce que j'étais trop âgée, une grande difficulté à retrouver un sport en fait, parce que quand on, en plus quand on sort un peu de l'âge enfant, adolescent, où on a cette conscience des sports qui nous entourent, mais c'est beaucoup des sports où passer un certain âge, c'est difficile, soit ça n'existe plus, il faut rentrer dans un cadre de sport, ce qu'on dit en Suisse, master, donc master c'est les plus âgés, et puis là on est vraiment sur de la pratique de loisir, sauf que moi j'étais en rentrée il y a peu de temps dans le sport, dans la compétition, et puis ce n'était pas la pratique loisir qui me plaisait, et puis même si ce n'est pas forcément la compétition qui me plaît, je voulais quand même vraiment du dépassement de soi, et c'est ça que je cherchais, et puis du coup j'ai fait quelques années à faire plutôt du fitness, de la course à pied, essayer un peu différentes choses, là je me suis sentie vraiment vieille, j'ai eu l'impression que c'était trop tard pour commencer du sport et tout ça, jusqu'à ce que je rentre en plus dans la vie active, en tant qu'infirmière, donc en plus avec les horaires d'infirmière, j'avais tendance à quitter la pratique sportive, parce que c'était compliqué, en travaillant 12h, je me levais à 4h du matin, je rentrais à 21h, 22h, je ne pouvais pas imaginer faire du sport, et puis après avoir enchaîné 3-4 jours de travail, les jours de congé, je passais mes jours à dormir, et puis je savais que j'aimais faire du sport, mais c'était très compliqué de me voir faire une pratique, et puis après j'ai changé aussi de milieu, je suis allée travailler dans un endroit où j'avais des horaires un petit peu plus, enfin pas réguliers, j'avais des horaires très irréguliers, mais je faisais plus de 12h, donc ça me donnait enfin un peu plus de liberté, et puis en vivant des choses assez dures au travail, j'avais vraiment besoin en fait d'une soupape, premièrement, d'aller me libérer, et puis après ma pratique en soins palliatifs, accompagner des gens en fait sur leur fin de vie, retracer avec leur vie, j'ai vraiment eu cette volonté de faire quelque chose de la mienne, et puis même si on fait tous des choses de notre vie, moi j'avais envie de planter des choses qui seraient comme des, pas des, ouais des piliers, en fait des choses qui seraient là, où je pourrais me rattacher à ça en disant, bah oui cette année là j'ai fait ça, et puis on parle encore d'identité en fait, le fait de pouvoir savoir qui je suis, et puis de pouvoir me définir au travers de quelque chose, et puis je sais qu'il y en a ça passe par l'art, et puis bah moi ça passe vraiment par le sport, et puis du coup j'avais cette volonté là, et à ce moment là je suis rentrée dans le monde du triathlon, là pour le coup c'était presque un coup de tête, je m'entraînais beaucoup, la natation synchronisée je m'entraînais à un endroit, puis j'étais aussi entraîneur, et puis je voyais toujours ces gens faire leur longueur de triathlon, puis bah j'ai beau être bonne nageuse, à chaque fois je me disais ça a l'air vraiment terrible ce qu'ils font, puis un jour je me suis dit bon allez faut vraiment que je fasse quelque chose, faut que je me bouge, puis du coup j'ai appelé un ami en lui disant, je sais que tu nages le jour où moi j'entraîne, donc comment je fais, est-ce que je peux rentrer dans ce monde là, comment je fais, et puis lui il était vraiment hyper enthousiaste, et si je l'avais vraiment écouté, deux mois après je faisais mon premier triathlon, bref, j'ai commencé l'entraînement très fort, j'ai acheté un vélo alors que je me rappelais, enfin j'avais fait du vélo avec mes parents il y a très très très longtemps, je me rappelle, enfin voilà, ça ne m'était jamais venu à l'idée même d'acheter un vélo pour faire des trajets, donc je n'étais vraiment pas dans ce monde là, mais je me suis dit bon il faut un vélo, on va acheter un vélo, ce que je voyais de bien dans cette pratique, c'est qu'en fait ça allait me forcer à découvrir des pratiques que je ne connaissais pas du tout, enfin la course à pied oui je connais, mais là la course à pied après du vélo non, le vélo non je ne connais pas, le vélo de route, mais je n'ai aucune idée de ce que ça veut dire, et puis voilà un bon élève, je suis allée acheter mon vélo, on m'a dit faut des clips, j'ai dit faut des clips, on achète les clips, faut des chaussures à clips, bah faut des chaussures à clips, j'ai acheté la totale puis je suis partie quoi, donc voilà. Spontanément c'est quoi qui te,

Loïc ça a été quoi l'appel pour le triathlon, c'était la perception d'une sorte de challenge dans l'enchaînement des trois disciplines, ou c'est parce que tu avais des gens que tu trouvais inspirants autour de toi qui en faisaient ?

Marjorie Ouais, bah il y avait cette personne là Antoine, qui pour moi était quelqu'un d'inspirant, quelqu'un de très vif, énergique, et puis je me suis dit mais ouais, si c'est le sport qui lui donne cette énergie là, je veux pouvoir voir ce que c'est, j'avais aucune volonté de faire ça 15 ans, je me disais je veux, je veux entrer dans quelque chose, je veux être guidée aussi, parce que je ne savais pas où aller, je ne savais pas dans quel sport me plonger, et puis je me suis dit bah là, on va m'accompagner, ça a l'air d'être une communauté, j'avais aussi envie de rentrer dans une communauté en fait, j'avais quitté l'identité de la nageuse synchronisée, et du coup, au fitness, on n'a pas tellement, enfin je ne trouvais pas cet aspect de communauté, et puis là, voilà, je crois que ce que je venais chercher, c'était une nouvelle pratique, ouais, de l'animation, le fait de m'animer moi-même, et puis cet aspect de communauté.

Loïc Et ça, tu l'as fait, cette transition vers le triathlon, tu l'as fait combien de temps, après avoir arrêté la natation synchronisée ?

Marjorie L'arrêt de la natation synchronisée, elle a pris beaucoup de temps, je ne sais pas toi, toi il me semble que, je ne sais plus comment tu avais arrêté la pratique à haut niveau, mais c'est dur de quitter une pratique.

Loïc Ouais, exactement, c'est pour ça que je te demande, parce que c'est un sujet, tu vois, on en parle aussi régulièrement avec des invités qui ont fait des transitions, entre autres, peut-être que tu connais lui aussi de l'univers du vélo, comme Périne, d'ailleurs oui, ils sont aventuriers dans le sport, mais aussi en couple dans la vie, il nous disait qu'apparemment, ça a été mesuré, je crois que c'est une étude en France, qu'il faudrait entre 6 et 7 ans pour tourner la page du haut niveau, et depuis qu'il m'a dit ça, en fait, j'aime bien poser la question, tu vois, quand il y a des situations de transition, des partages sur des transitions sportives, moi, dans mon cas, ça a été clairement ça, ça a été, comme tu dis, très difficile, notamment en termes, évidemment, d'identité, puisque quand tu as grandi, tu as été, tu vois, tu n'as fait que la natation au cours du judo, quand ça s'arrête, tu es qui, en fait, tu vois, et puis après, en termes d'émotion aussi, je ne sais pas, toi, comment est-ce que tu l'as vécu, mais moi, c'est vrai qu'en termes d'émotion, c'était très difficile de trouver une pratique, en plus, au judo, ce n'est pas un sport de combat, mais il y a quand même une notion de, il y a un adversaire, tu vois, il y a des, c'est une compétition directe, tu vois, c'est pas, enfin, comment dire, tu affrontes quelqu'un, en réalité, mais nous, on affronte aussi,

Marjorie on est des équipes, on est des équipes, bien sûr,

Loïc c'est tout, tu vois,

Marjorie je veux dire, quand tu es sur le tatami, tu vois,

Loïc c'est toi tout seul, face à l'autre personne, toute seule, quoi, et moi, en tout cas, ça, ça a déclenché beaucoup d'émotions positives, globalement, et c'est vrai que c'était difficile de trouver quelque chose qui m'en apporte autant, mais je suis sûr, enfin, d'ailleurs, je te pose la question, quelles étaient toi les émotions fortes que tu as pu avoir en natation, et comment est-ce que tu as fait pour ne pas les retrouver ailleurs, ou peut-être les retrouver ailleurs, je ne sais pas si tu as pu le faire, mais comment est-ce que ça s'est fait, ce renouveau ?

Marjorie Ouais, déjà, j'aime beaucoup parce que tu parles finalement de toi face à quelqu'un d'autre sur un tatami, et puis, là, je me vois, en fait, moi, c'était moi dans un groupe à aller dans l'eau, et c'était en fait appartenir à un groupe, et pour moi, ça signifiait énormément, c'était justement cette petite fille, cette petite Marjorie très timide, qui ne rentre pas forcément en communication avec les autres, qui arrive à entrer dans un groupe, puis qui est acceptée par le groupe, au moment de quitter, c'est compliqué, parce que, déjà, comme je l'ai dit, en fait, ce qui m'a fait quitter, c'est l'âge, donc ça veut dire que mon groupe, c'est aussi quitté avec l'âge, donc, c'est pas, le groupe n'est pas resté là, en fait, où on peut aller se raccrocher, c'est-à-dire que tout le groupe, c'est délié, quand après, on essaie de continuer, quand même, de se raccrocher, on tombe dans un groupe avec, celle qu'on appelait les petites, donc, c'est plus notre identité tout à fait, c'est là aussi où je me suis sentie vieille, parce qu'on passe dans les vieilles, enfin, dans les grandes, pour continuer, il faut, c'était de la natation synchronisée, mais plutôt sous forme de spectacle, donc, ça veut dire que, voilà, j'ai continué à faire, mais du spectacle, où c'était comme du théâtre dans l'eau, en fait, mis en scène, avec de la lumière, et tout ça, c'était sympa, mais c'était pas ça que je cherchais, puis en fait, j'ai eu l'impression de passer plusieurs années à chercher cette identité que j'avais créée, qui n'existait plus, parce que le groupe lui-même n'existait plus, j'ai aussi été entraîneur, alors, j'ai commencé entraîneur avant d'arrêter, mais, voilà, je cherchais aussi quelque chose, à ce niveau-là, et puis, ouais, je pense que, je sais, moi, j'arriverais pas à dire quand est-ce que j'ai arrêté pour de vrai, il faut dire que, dans ma vie, moi, j'ai tendance à toujours regarder devant, mais j'ai beaucoup de peine à regarder derrière, ça peut être bien des fois, mais des fois, c'est pas toujours évident, puis c'est aussi pour ça que j'ai envie de planter des phares, en disant, là, cette année, ça, j'ai fait ça, et du coup, voilà, j'arriverais pas à dire quand j'ai arrêté, je sais qu'à 18 ans, ça a commencé à devenir compliqué, à 20 ans, il a fallu plutôt prendre de la distance, puis je dirais que, que j'ai vraiment arrêté la natation synchronisée à quelque chose comme 23, 24 ans, et puis après, à 25, 26, là, je suis plutôt entrée dans le triathlon, donc, entre la natation et le synchronisé et le triathlon, il y a eu 10 ans, enfin, 10 ans, 2 ans de flottement, où j'ai fait plutôt un peu de fitness, un peu de course à pied de temps en temps, surtout pour se maintenir, mais là, je crois que j'étais plutôt en train de faire mon deuil de l'identité, parce qu'à ce moment-là, pendant ces 2 ans, je n'ai plus du tout recherché vraiment d'identité, puis j'étais si prise par mon travail, voilà, et puis le triathlon, ben là, vraiment, je crois que je cherchais vraiment la communauté, et puis, si on s'est évolué, je crois que le vélo me permet du coup d'exister seule, et plus seulement au travers d'une communauté, même s'il y a toujours une communauté, mais on peut exister sans être un groupe.

Loïc Ouais.

Marjorie Ouais.

Loïc Alors, tu disais que le triathlon avait été d'abord, ça avait été une étape pour finalement arriver au vélo. Ouais. Mais je sais, pour avoir écouté une autre de tes interviews avec Arnaud, que ton passage par l'univers du triathlon a été un challenge, je crois qu'on peut dire ça. Je me demandais quel mot tu allais utiliser. Exact. Je ne sais pas si c'est ce que tu utiliserais, mais moi, quand je t'ai entendu expliquer tout ce à travers quoi tu avais dû passer, c'est quand même ce qui m'est venu. Et je trouverais ça super intéressant, si tu pouvais le partager sur le podcast, nous expliquer un petit peu comment se sont passés les débuts, et puis très vite, ce qui est apparu et comment tu l'as géré.

Marjorie Très vite, j'ai été… En fait, ça m'a remplie, ça m'a apporté ce que je cherchais, la communauté, aller courir ensemble, les gens qui se dépassent, qui s'encouragent. Waouh, j'ai vraiment tout de suite été accueillie comme dans une famille. C'était incroyable parce qu'il y avait plein de femmes, plein d'hommes, enfin, tout le monde se parlait, et puis on existe au travers différents sports, qui se combinent. C'était un monde nouveau, moi, j'adore apprendre. Donc là, j'étais vraiment tout le temps en train d'apprendre. Et puis, toute cette énergie a fait que je me suis beaucoup trop entraînée. Comme beaucoup, je me suis blessée très vite. D'ailleurs, je me rappelle encore le président, en fait, une chose qui est jolie, c'est que quand j'ai commencé la natation synchronisée, j'ai eu, après trois mois, un mérite sportif parce que j'étais arrivée troisième de ma région, en fait, à une compétition. Puis la personne qui m'a donné le mérite sportif, c'est lui qui était le président du club, qui m'a accueillie après en tant que triathlète. Puis il m'a dit, oui, les nouveaux, il faut faire attention parce qu'ils ont toujours tendance à commencer trop vite et se blesser tout de suite. Puis moi, j'étais là, ouais, ouais, bon, quoi ce jour ? Moi, je ne me suis jamais blessée de ma vie. Je suis une sportive de haut niveau. Il n'y a pas de souci. Et puis voilà, au bout de deux mois, je me suis fracturée les deux jambes de fatigue. Donc, avec trois fissures, donc sur le tibia à droite et deux sur le tibia gauche. Très durs parce qu'en fait, ça m'a mis à l'arrêt sportif et professionnel. En tant qu'infirmière, quand on doit pousser des lits, quand on est toute la journée debout, en fait, on ne peut plus. Donc voilà, je me suis retrouvée vraiment à l'arrêt. Ensuite, ça a été long parce qu'en fait, je réenflammais tout de suite mes périostites. Donc, j'ai dû passer par un apprentissage, un réel apprentissage de la pratique sportive, d'une part, mais de mon corps. Il faut savoir que dans l'eau, les choses sont plus faciles. Le corps est porté. Moi, je n'ai jamais eu de difficultés dans l'eau. Je n'ai jamais eu... Alors, il y en a qui se blessent aussi, mais voilà, pour moi, le milieu de l'eau, c'était quelque chose de vraiment très facile. Et puis là, je me suis confrontée vraiment à des grandes difficultés. Et puis, en fait, j'ai dû dire stop. Et comme on a commencé le podcast, peut-être que les auditeurs auront compris que je suis quelqu'un de très, très active, qui aime faire beaucoup de choses, qui mène beaucoup de choses en même temps. Et puis là, il y a tout qui s'est arrêté. J'ai eu un moment... Et puis, quand je dis qu'il y a tout qui s'est arrêté, ça a duré à peu près deux à trois ans où à chaque compétition que je m'inscrivais, je devais l'annuler. Je m'inscrivais pour me dire là, je serais prête. Pouf, je devais l'annuler parce que j'étais encore blessée. Et je dis que ça a duré trois ans parce qu'il y a eu les fractures de fatigue. Après, il y a eu les inflammations dans à peu près tout le corps. J'ai fait des inflammations du psoas où je ne pouvais plus marcher. J'ai fait des inflammations sous le pied où je me suis retrouvée avec des béquilles. Je me suis retrouvée à un moment, justement, quand j'avais cette inflammation au pied, à ce qu'un médecin me dise maintenant le sport, c'est fini. La natation synchronisée, ça a fait des dégâts dans le sens où on nous demande de nous ressembler les unes les autres, d'avoir un poids équivalent. Et puis, comme la danse classique, ça implige aussi des difficultés de l'ordre alimentaire. Donc, cette période qui a impacté en fait sur mon mode alimentaire et tout ça, ça a créé des failles qui a rendu mon corps fragile. Et puis là, le médecin disait en fait, là, c'est ton corps qui dit que tu n'as pas pris assez soin de lui jusque-là. Et puis là, tu veux trop en faire. Donc, c'est stop, tu n'es pas fait pour le sport tel que tu veux le faire. Donc, ça a été extrêmement dur. Et puis là, quand on parle de la construction identitaire et tout ça, en fait, je n'avais plus d'identité. J'avais enfin trouvé un groupe. En plus, j'étais infirmière, donc j'avais ces identités et tout ça. Et puis là, je ne peux plus travailler. Je ne fais plus partie du groupe. Je ne peux même plus. Et puis quand on a des béquilles, évidemment, on ne peut plus être infirmière non plus. Donc, il y a eu beaucoup d'arrêts, beaucoup de moments où je me suis retrouvée dans mon canapé à regarder les autres faire du sport sur la télévision et puis à me dire mais bon, maintenant, il va falloir te réinventer. Et puis, en fait, là, je pense que c'est là où j'ai commencé un peu à me réveiller, à me dire bon, tu veux faire du sport, mais ce n'est pas juste une pratique pour s'entretenir le physique, pour rentrer dans le maillot de bain ou je n'en sais rien. Le sport, c'est bien plus global que ça. Là, ton corps t'envoie des signaux. Donc, en fait, ton corps, il a une intelligence mais seulement si on l'écoute. Et là, j'ai commencé à essayer d'apprendre à l'écouter. Moi, j'étais suivie par un kinésithérapeute. Donc, ensuite, c'est des physiothérapeutes qui ne trouvaient pas aussi ce qu'il fallait pour m'aider. On n'avait pas eu la même communication. Et puis, à chaque fois que je venais et que je me plaignais d'avoir mal et il me disait est-ce que tu as couru ? Je me dis non, je ne peux pas marcher. Comment je peux faire pour courir ? Est-ce que tu as nagé ? Je me dis non, je suis bonne nageuse et je ne peux pas aller à la natation voir tous les autres qui vont me parler de leur triathlon alors que moi, je suis coincée dans la piscine et moi, la piscine, je ne veux plus l'avoir. Si c'est pour ne pas faire du sport en compétition, la piscine, je m'en fiche. Les carreaux, je les connais par cœur. Là, ça a été très compliqué et puis, à ce moment-là, je dis lui, il n'arrive pas à trouver la communication où il ne trouve pas le point pour m'aider donc il va falloir aussi que moi, je fasse un effort et que je trouve comment m'aider. À ce moment-là, une chose qu'il m'avait dit c'est quelqu'un d'hyper stressé regarde sur l'alimentation et le stress. Alors là, j'ai commencé à voir que selon comment je m'alimente, mon corps entier réagit. Donc là, je crois que j'ai commencé à écouter mon corps en essayant de comprendre qu'est-ce qu'il avait besoin pour fonctionner en termes d'aliments. Après, j'ai commencé le yoga en me disant là, je suis rentrée dans le yoga par le fait qu'il fallait diminuer mon stress et puis en fait, par cette pratique-là, je me suis rendue compte le bienfait des étirements sur mes inflammations. Donc, j'ai réussi à abandonner définitivement, en tout cas jusqu'à aujourd'hui, mes inflammations du psoas qui étaient vraiment récurrentes. J'ai réussi à... Alors, le pied, c'était plus compliqué. Et puis, le jour où... Après, je suis allée voir un autre kinésithérapeute qui me suit encore maintenant, que je vois maintenant une fois par semaine, voire plus selon les besoins. À ce moment-là, j'ai aussi commencé à avoir un chiropraticien. Je ne sais pas si c'est le même terme chez vous. En fait, c'est un médecin qui s'occupe vraiment au niveau osseux, de l'alignement, mais aussi au niveau nerveux. ce que notre corps nous dit, enfin, quelle position notre corps nous dit de prendre par rapport à différents signaux. Puis lui, maintenant, je continue encore à le voir à peu près une fois par mois, tous les deux mois ou selon les périodes de compétition. Puis, j'ai commencé à m'entourer comme ça de différents professionnels qui, eux, avaient une connaissance sur le fonctionnement du corps qu'ils allaient pouvoir m'apporter. Et puis, moi, de mon côté, j'ai continué mon chemin en essayant de voir finalement qu'est-ce que mon corps avait besoin et qu'est-ce qui lui faisait du bien. Et puis, là, comme le médecin avait dit on arrête le sport, ce n'est plus pour vous, j'ai décidé de m'inscrire à un Alpha Ironman.

Loïc j'attendais que ça arrive, ça. Voilà, donc ça,

Marjorie c'était au mois de novembre, décembre 2017, je crois. On m'a dit le sport, c'est fini. Et puis, là, j'ai beaucoup ruminé et puis je me suis dit OK, moi, de janvier, je prends un coach parce que ce qui me fait arriver en blessure, c'est le surentraînement. Je connais maintenant le surentraînement par cœur, mais je ne sais pas vraiment comment l'éviter. Donc, j'ai décidé de prendre un coach qui m'a suivi depuis quelque chose comme le 1er janvier. J'ai posé mes cannes et puis, il m'a fixé des jours où je ne faisais pas de sport. C'était, je crois, la première fois de ma vie où j'avais des jours entiers où je ne faisais pas de sport et où je n'essayais pas d'en faire ou en tout cas, je n'avais pas mauvaise conscience de ne pas en faire. Là, ça a été plus facile aussi de coordonner la vie privée quand on se rend compte qu'en fait, on n'a pas besoin de faire tout le temps tout le temps du sport. Et puis, voilà, je me suis entraînée beaucoup. Là, on a commencé aussi avec mon mari à développer d'autres pratiques. Donc, on est parti en voyage à vélo. D'ailleurs, est-ce qu'on n'avait pas déjà fait ça avant ? Si, il me semble que c'était déjà venu avant. Parce que oui, parce que quand même, comme je ne pouvais plus marcher, je pouvais quand même un peu faire du vélo. Donc là, mon mari, il a décidé de s'acheter un vélo pour me suivre et puis pour qu'au moins, on arrive à faire quelque chose ensemble vu qu'on n'arrivait plus à marcher. Donc, notre couple, il s'est aussi renforcé là pour répondre à la question d'avant. Et puis, voilà, je me suis inscrite au Half Iron Man de Rappersville au mois de juin. que j'ai fait. Bon, évidemment, j'ai vraiment très mal géré mes zones de course. Je l'ai passée, je passais toute la course à pied à vomir, mais sinon, voilà, j'ai fini. Là, c'était vraiment juste, il fallait le finir, mais bon, je n'ai pas mis un temps trop sale, je crois, 5 heures, quelque chose comme ça pour le Half. Ça va ? Non, ça va, ça va, surtout que je ne suis pas du tout une coureuse. Et puis, après, là, je me suis dit, bon, franchement, je suis bien entraînée, je ne sais pas ce que la vie me réserve. Jusque-là, ça a été tellement compliqué. Cette année, je suis entraînée, aujourd'hui, je me sens bien, je fais un Iron Man complet. Et puis, du coup, je me suis inscrite à l'Iron Man complet qui était un mois et demi plus tard. Donc, mon coach, à ce moment-là, il a ajusté mon entraînement et puis, feu, quoi. Bon, après, ça,

Loïc c'était l'Iron Man de Zurich. De Zurich. La même année.

Marjorie La même année. Un mois et demi après. Un mois et demi après. Ouais.

Loïc 2018. OK. On en avait parlé en off. C'était l'Iron Man sur lequel je devais... Ouais, que tu devais faire. Pour lequel je me préparais aussi. Et mon accident était le 28 mai 2018. Donc, peu de temps avant. Ah, c'est dommage, on aurait pu s'y croiser, peut-être.

Marjorie Peut-être. Et du coup,

Loïc cet Iron Man, qu'est-ce que ça a donné ?

Marjorie Bah, bon, il faut savoir que j'ai arrêté avec le coach entre deux et tout ça. Donc, j'ai fini par m'entraîner seule pendant quelques semaines avant la course. Et puis, bah, ce cours, j'ai décidé de la vivre pour moi. Le half, je l'avais bien fini en termes de temps, mais je n'avais pas pris de plaisir. Comme je l'ai dit, j'avais vomi tout le long. Et puis là, j'avais dit, non, cette fois, je prends du plaisir. Donc, j'ai mis ma montre de sorte que je ne voyais rien en dehors de mes pulsations. Et puis, bah, j'ai fait ma course comme ça à parler avec tout le monde parce que je suis un peu comme ça. Moi, en course, je vais aller partager mes gels, je vais aller donner une barre à quelqu'un qui a faim. Et puis, voilà, du coup, j'ai vraiment pris un plaisir de Max. Enfin, c'était incroyable. Cette expérience, elle me fait vivre encore aujourd'hui parce que c'était génial. Et puis, je l'ai plutôt bien fini avec un temps qui me rend encore assez fier aujourd'hui.

Loïc Allez, vas-y, vas-y, partage-le.

Marjorie Je l'ai fait en 11h15 et je suis arrivée. Bon, évidemment, je n'avais pas ma montre, je n'ai pas regardé. J'ai demandé à tout le monde qui ne me dise pas mes stats. Et puis, en fait, à deux kilomètres de la fin, ma maman m'a dit mais bravo, Marjorie, tu es à cinq minutes du podium. Et donc, voilà, je suis arrivée à cinq minutes du podium. mais ce n'est pas grave. Mon but, ce n'était vraiment pas d'y être. Ce n'était pas d'aller à Hawaï. Et d'ailleurs, on en avait déjà discuté avec mon mari qui n'était pas mon mari encore à ce moment-là que si j'avais le slot, je n'irais pas à Hawaï parce qu'on préparait notre mariage. Et donc, voilà, mais ça a été… Là, en termes d'identité, à partir de ce moment-là, j'ai osé dire que j'étais triathlète, que je faisais enfin partie de cette communauté. donc, il m'a fallu quand même quelques années. Et puis, un Iron Man, quoi. Et puis, voilà.

Loïc C'est marrant. Génial, génial. En tout cas, félicitations. Merci. C'est vraiment impressionnant de voir comment tu as réussi à reprendre le contrôle, en fait, après cet avis médical assez, on va dire, assez clair, assez ferme, en tout cas. Très, très… qui a engagé, finalement, beaucoup de choses. Et finalement, la conclusion de tout ça, c'est qu'en t'écoutant et en apprenant à mieux détecter les signaux et mieux les interpréter, les signaux de ton corps, finalement, encore une fois, tu as repris le contrôle et le résultat est juste complètement fou. Donc, c'est génial.

Marjorie Ouais. Ouais, ouais. Et puis, voilà, pour finir l'histoire, après, l'année d'après, j'ai décidé de faire un autre Iron Man. donc, j'ai fait un brun. Après, malheureusement, le stress m'a repris, m'a appris le dessus, donc, j'ai pas pu finir la course à pied, malgré avoir fait un très bon vélo et puis, d'arriver vraiment avec les jambes sur la course à pied. Mais voilà, là, ça a été mon souci au niveau gastrique. Et puis, bah, j'avais l'objectif de repartir sur Iron Man et puis, et puis, en Brunman, notamment, l'année d'après. Mais l'année d'après, bah, ça a été le Covid. Donc, voilà, ça a, on a tous vécu plus ou moins la même, la même chose avec le Covid, en tout cas, dans la surprise que ça a amené et puis, dans l'annulation de plein d'objectifs qui soient professionnels, personnels ou sportifs. et puis, bah, moi, j'ai cherché, à ce moment-là, j'ai, en fait, j'étais infirmière et enseignante pour les infirmiers mais la particularité que je sais que je travaille, j'organise la formation pratique des étudiants et puis, en fait, à ce moment-là, en Suisse, on a décidé de retirer une partie des étudiants de stage pour aller les déployer. À ce moment-là, on parlait encore de déploiement donc, on les a déployés dans les équipes de soins pour aller renforcer les manques d'infirmiers. Donc, moi, je coordonnais cette organisation-là et puis, je travaillais 12 heures par jour, 7 jours sur 7 pendant à peu près 6 semaines. Donc, ça a été très, très long, très, très dur. Pendant ce temps, ma coach, en fait, elle nous avait donné des défis où il fallait faire tous les jours pendant un mois 45 minutes de home trainer parce qu'en plus, il faut savoir qu'on avait pris la décision avec mon mari d'arrêter complètement le vélo. En Suisse, on avait le droit encore de sortir de la maison mais on avait décidé d'arrêter toute pratique sportive à l'extérieur pour ne pas prendre de risques et ne pas encombrer les urgences. Donc, en fait, le défi que ma coach m'avait donné de faire tous les jours du home trainer pendant en tout cas 45 minutes, ça m'a vraiment aidée à survivre dans cette crise. et puis là, en fait, je me suis dit mais voilà, moi, je ne me vois pas aller courir, je ne me vois pas essayer d'aller nager dans le lac, faire tout ça alors qu'on ne sait pas s'il y a un Ironman à la clé. La préparation, elle est si exigeante que je ne me vois pas en fait, surtout que je n'aime pas tellement nager. Je suis bonne nageuse mais j'aime faire de la natation synchronisée et je n'aime pas faire des longueurs. Et puis du coup, je ne me voyais pas faire des entraînements qui en plus, c'était pas... Moi, la course à pied, c'est un gros problème à cause de mon estomac qui est fragile, comme beaucoup, mais voilà, moi, c'est en tout cas une de mes grandes difficultés et puis là, je ne me voyais pas de continuer un entraînement sans savoir ce qu'il y avait au bout. Voilà. Et puis finalement, comme j'avais fait beaucoup de vélo, je me suis dit bah allez, je me mets en objectif. J'ai vu qu'il y a un truc là, de l'ultra. Alors moi, je n'étais pas du tout concernée par l'ultra. C'était plutôt une amie à moi, Daniela, qui avait ça en ligne de mire, mon mari qui me parlait de transcontinental et tout, puis moi, je ne prenais même pas la peine d'aller me renseigner sur ce que c'était. Là, je me suis dit ah ouais, mais il y a un truc qui a l'air sympa. En plus, moi, j'ai appris à faire du vélo dans les montagnes. j'adore le dénivelé. En fait, pour moi, c'est difficile. L'Iron Man de Zurich était difficile parce qu'il était relativement plat, même si c'est connu pour être un Iron Man avec du dénivelé. Il y a quelque chose comme 2006 sur 180, mais en fait, 2006 sur 180, il y a beaucoup, beaucoup de plat et puis, je ne suis pas habituée à ça. je sais que moi, j'aime l'école. ma troisième sortie, j'avais fait un décolle ici que j'ai des amis qui l'ont fait après trois ans d'entraînement. je ne me suis jamais posé des questions sur l'école. J'ai toujours aimé ça, ce fait de se mettre dans un effort et puis être dans la régularité. Bref, j'adore ça. Et puis, voilà. Du coup, j'ai vu ces 350. C'était un beau défi. C'était un truc où je n'étais pas sûre d'arriver au bout. vraiment, j'adore ça quand je ne suis pas sûre d'arriver au bout. Et puis, en plus, ça faisait passer par plein de régions que je ne connaissais pas que je rêvais de découvrir. Donc, pas l'Ardèche, mais les Gorges du Verdon et tout ça. Et en plus, c'est arrivé en haut du Mont Ventoux que j'avais déjà fait une fois et que j'avais trouvé juste sublime. donc, voilà, je me suis inscrite sur un coup de tête en pensant que c'était plutôt, voilà, c'était l'année Covid. C'était, on fait des choses qu'on n'aurait pas pensé faire avant. Et puis, voilà, comme je t'ai dit, après, j'ai pris le départ déjà. Le départ, c'était incroyable. t'as rencontré Arnaud. Arnaud, c'est un personnage, enfin, une personne d'une grande, grande bienveillance qui aime partager, qui met tout en place pour que les gens soient bien accueillis et puis se sentent bien. Et puis, c'est vrai que, alors, pour ceux qui écoutent, qui ont participé à une de ces courses sur n'importe quel format, peut-être qu'ils ont vécu la même chose que moi. Moi, j'étais vraiment surprise à l'arrivée, en fait. Je ne sais pas, Arnaud est quelqu'un de calme et là, pouf, c'était calme, les gens sourient, les gens prennent connaissance les uns des autres et puis, je me suis dit, mais en fait, non, non, non, c'est cette communauté-là que je veux faire partie. C'est ça, c'est cette identité que je veux, c'est ce partage. C'est vrai que les triathlètes, alors, les triathlètes, ce n'est pas forcément ceux qui partagent le plus entre eux, encore moins en course, contrairement au trailer, par exemple, où c'est vrai que j'ai fait du trail aussi. j'ai bien aimé les trails un peu plus longs, comme 30, 40 kilomètres et puis là, c'est vrai qu'il y a aussi beaucoup de partage qu'on retrouve dans l'ultra distance et puis, du coup, c'est ça qui m'a, c'est la première chose qui s'est animée en moi en disant, mais ces gens d'une telle douceur et puis d'une telle passion, voilà, j'aime ça et puis, voilà, quand j'ai dû arrêter au kilomètre 350, mais je me rappelle encore ce sentiment de, mon mari était là donc je savais que je ne pouvais pas continuer parce qu'il n'avait pas attendu toute une journée pour que je lui dise ben non, reviens demain. donc, voilà, mais je me rappelle que là, je me suis dit mais non, mais en plus, je suis capable, je sais, je sais et je crois que j'ai eu un peu ce sentiment comme quand je me suis inscrite à mon Ironman long, enfin, le complet, de me dire mais aujourd'hui, je suis entraînée, je sais que je peux le faire, l'année prochaine, je n'en sais rien, je ne sais pas ce qui m'attend donc, je me rappelle avoir demandé à Arnaud mais j'aimerais bien continuer juste pour voir s'il me disait ben vas-y ou s'il me disait ben non, tant pis et en fait, en l'occurrence, il m'a dit ben l'année prochaine donc voilà et puis, ben voilà, je me suis rendu compte que le vélo, ben je n'avais pas de problème d'estommage, j'avais beaucoup moins de problèmes au niveau inflammatoire, tout ça, je suis quelqu'un qui me bloque vite du dos donc là, il n'y a plus de natation, je ne me bloque plus le dos, enfin, là, je me suis dit mais en fait, ça peut aussi être simple, beaucoup plus simple et puis, donc voilà, c'est pour ça que j'ai décidé d'arrêter le triathlon et puis, de m'adonner complètement au cyclisme, même si j'ai quand même fait un X-Terra cette année,

Loïc accessoirement,

Marjorie de temps en temps, une petite nouveauté, ça ne fait pas de mal mais voilà, voilà comment je suis rentrée là-dedans.

Loïc Génial, génial, c'est vraiment un univers, l'ultra distance à vélo qui me fascine parce qu'il y a plein de choses, tu vois, il y a plein d'aspects, que ce soit la préparation, la gestion de l'effort, le sommeil, mais aussi la tactique parce qu'en l'occurrence, je crois que sur les, alors tu me corriges si je dis des bêtises mais peut-être pas sur le 350 mais sur les formats très longs, tu fais, à partir du moment où tu passes par les checkpoints, le reste du parcours, c'est toi qui le dessines en fait, c'est ça ?

Marjorie Alors dessine, je ne sais pas où tu veux en venir par là mais en tout cas, le parcours, il est décidé, il est tracé, voilà. Maintenant, tu dessines dans le sens où tu as une certaine marge de liberté où au début, tu as des checkpoints tu as des heures pour y arriver ce qui rend la première partie assez fastidieuse parce que en fait, les heures sont assez serrées, tu dois, tu as 24 heures pour arriver en haut du Mont Ventoux donc ça, là, ça va encore mais tu as deux jours, non, 36 heures pour arriver au kilomètre 550 donc là, ça commence à se compliquer moi, je suis arrivée sur le kilomètre au Mont Ventoux la première année je suis arrivée deuxième femme donc là, on voit un peu que ça permet juste sans me vanter même si je suis fière ça permet juste de voir finalement que le niveau que je ne suis pas arrivée dans les dernières donc et je suis arrivée en 17 heures donc 17 heures j'avais 5 heures de marge mais si on compte qu'il faut encore se reposer et puis une course en 350 kills on ne la fait pas à la même vitesse qu'une course de 500, 1000 ou 2005 donc mais 17 heures en allant plus ou moins un bloc c'est plus 17 heures une fois qu'on se lance sur d'autres formats donc réussir ensuite à faire à faire 200 kills de plus en en 36 heures ça devient vraiment serré et moi cette année sur le 1000 j'ai vraiment été stressée par cette arrivée au kilomètre enfin au kilomètre 550 et puis il y a eu alors je ne sais pas combien il y en a eu qui n'ont pas pu continuer parce que parce que je sais qu'ils ont ils ont augmenté aussi la barrière horaire qui était vraiment compliquée surtout que la barrière horaire elle n'est pas juste compliquée en termes de ok je me fixe une moyenne de temps et puis j'arrive dans les heures c'est pas problématique non à côté de ça il y a la canicule à côté de ça il y a la déshydratation à côté de ça il y a il y a il y a la surchauffe moi j'ai dû moi je me suis arrêtée hyper régulièrement pour enlever mes chaussures me plonger dans des dans des fontaines parce que je surchauffais et puis en fait c'est tout ça qui fait que bah en fait 36 heures c'est chaud quoi du coup je n'ai plus qu'à être ta question parce que je m'emballe

Loïc non mais c'était c'était exactement ça en fait tu vois c'était tout ce que tu évoques en fait ces aspects hyper stratégiques de gestion que ce soit dans la préparation l'itinéraire où est-ce que tu dors quand tu dors ouais donc je trouve que en tout cas moi c'est des aspects qui tu vois qui sont fascinants parce que ça rajoute ça rajoute un petit truc en plus c'est pas juste une épreuve sportive tu vois c'est il y a plein d'autres paramètres

Maki ouais

Loïc c'est une expérience en tout cas exactement c'est ça et quand on parle ça se on sent tu vois il y a la flamme qui est là et c'est quelque chose que je retrouve avec beaucoup de gens qui font de l'ultra en cyclisme

Maki ouais

Loïc ah bah d'ailleurs peut-être que tu l'as croisé l'épisode va sortir la semaine prochaine avec Benoît Bigot qui a gagné la première année il y a 350

Marjorie cette année aussi et en fixie ouais et en fixie incroyable incroyable il m'a dépassé il m'a dépassé mais comme une bombe ouais ouais alors je je le connais pas personnellement j'ai essayé de lui dire salut comme ça mais non non je l'ai croisé vraiment de loin mais très impressionnant une belle performance qui nous a fait là ouais

Loïc ouais et on va on évoquait justement tu vois tout ce que tu viens de mentionner aussi sur la gestion du sommeil le rythme que tu pars pas parce qu'il nous parlait surtout d'un biking man au Portugal alors je me rappelle plus la distance mais je crois que c'est un 1000 km

Maki ouais

Loïc et donc justement tu vois on parlait de ça qu'il a fait en 52 heures enfin un truc complètement dingue mais c'est juste super intéressant donc je suis pas trop surpris vu ce que tu racontais avant en termes de tu vois d'identité de communauté ce que tu cherchais dans le triathlon que tu l'es tu l'es visiblement trouvé dans l'ultra à vélo

Marjorie ouais ouais moi c'est ça que j'aime en fait c'est bon alors la communauté et tout ça mais aussi le toute la complexité en fait qu'elle qui la compose tu l'as dit le le sommeil l'alimentation la récupération et puis en fait tout ça ça se construit à l'entraînement ça se construit dans la vie de tous les jours et puis c'est vrai que c'est quelque chose même si les Ironman c'est vraiment ça prend énormément de temps c'est énormément d'implication et ben c'est pas tout à fait les mêmes stratégies et et oui il faut travailler sur comment passer du vélo à la course à pied il y a vraiment une complexité aussi dans le triathlon mais ce que ce que j'aime dans le le bikepacking c'est que ça nous en fait ça nous englobe entièrement en triathlon en Ironman on réfléchit pas à comment on dort on essaye juste de dormir le maximum avant et pendant l'entraînement pour se ressourcer ben là non il va falloir dormir suffisamment pour se ressourcer mais pas trop pour pas perdre trop de temps bon en l'occurrence j'ai beaucoup trop dormi sur ma course et j'ai perdu un max de temps mais j'étais pas capable de le faire différemment donc après ça donne des indications sur sur l'entraînement sur l'hydratation sur la connaissance de son corps moi j'en ai vu plein qui qui comprenaient pas ce qui leur arrivait tu vois de dire mais je suis pas bien j'ai la tête qui tourne j'ai vomi tout le long et puis alors moi oui je suis infirmière donc évidemment j'ai une compréhension aussi différente mais en fait des gens qui s'étaient pas questionnés sur combien est-ce qu'ils allaient devoir boire sur la course qui s'étaient pas forcément questionnés sur combien ils allaient manger c'est vrai qu'on entend souvent ben ouais en ultra tu manges quand t'as faim et puis tu manges ce que t'as envie alors oui et puis peut-être ça marche pour certains moi je sais qu'avec moi ça marche pas forcément comme ça parce que de manger peu pendant un certain laps de temps parce qu'on a rien à manger et puis ensuite de manger beaucoup pour compenser ce qu'on a pas pu manger avant en fait ça fait aussi énormément varier la glycémie ça veut dire qu'aussi en termes d'hydratation on a besoin on a besoin d'apports au moment où on mange aussi au niveau de l'hydratation ben moi ben voilà le corps il a besoin de s'hydrater il fonctionne avec de l'eau il est grandement constitué d'eau et puis une déshydratation minime va avoir un impact énorme sur la performance sportive puis même si je suis pas là pour faire de la performance et ben qui dit performance sportive dit aussi simplement le plaisir qu'on y trouve donc moi ma volonté c'est pas juste de faire de l'ultra c'est de prendre du plaisir là-dedans puis c'est pour ça que en fait tous ces paramètres je les intègre à mes entraînements et je le réfléchis et c'est vrai que ben pour avoir fait un peu de triathlon de longue distance et ben faire le triathlon de distance c'était une chose ça m'a demandé beaucoup mais après il a fallu plusieurs jours plusieurs même parfois semaines pour récupérer d'une épreuve et un ultra ben c'est comme si on mettait plein d'épreuves les unes derrière les autres et puis on skip la récup parce qu'on dort une demi-heure et on repart pour 200 kilos donc donc voilà il faut vraiment le réfléchir et puis et puis ben moi c'est une part que j'adore dans cette pratique parce qu'autant ça peut être réfléchi de manière très technique où moi mon vélo voilà j'ai passé des heures à le réfléchir à le travailler j'ai fait monter un moyeu dynamo j'ai mis des lumières que j'ai fait venir d'Australie enfin voilà et puis après il y a tout ce qui est partie physique voilà

Loïc oh là là je pense qu'à la fin de cette conversation je vais retourner faire un tour sur les sites de vélo que j'avais vus et il faut que je fasse quelque chose ça a l'air trop génial pour pas pour pas me lancer

Marjorie génial si je peux donner cette motivation là

Loïc franchement c'était déjà un peu le cas avec ta chaîne YouTube je t'en avais parlé mais vraiment j'avais tous ceux on en parlera sans doute juste après mais toutes celles et ceux qui se posent des questions sur la pratique de l'ultra du cyclisme et du gravel en particulier pour peut-être introduire le prochain sujet mais super chaîne hyper qualitative et pour toutes celles et ceux qui aiment bien l'aspect matos etc je trouve que c'est juste génial ce que tu fais donc je te confirme que tu m'avais déjà donné envie d'aller regarder un peu ce qui se fait du côté des épreuves d'ultra mais peut-être pour revenir avant ça sur le deux sujets j'en profite comme tu dois savoir ça la déshydratation alors j'ai plus les chiffres en tête je suis en train d'essayer de retrouver ça mais quand je préparais quand je faisais un peu plus de course à pied marathon et quand je préparais la Saint-Élion j'ai été tombé là-dessus je crois qu'une déshydratation de 2% donc une déshydratation mineure 2% de perte d'eau je crois c'était plus de 20% de perte de performance sportive ou quelque chose comme ça enfin c'était vraiment énormissime et puis alors j'ai plus le chiffre en tête ou si ça se mesure vraiment mais

Marjorie j'ai plus le chiffre mais il faudrait aller regarder dans ma vidéo YouTube parce que je crois que je suis allée rechercher justement les chiffres ma diététicienne me l'avait donné et puis c'est des chiffres que j'avais déjà aussi en tête mais effectivement c'est quelque chose de l'ordre de 1% te réduit de même jusqu'à 40% je crois c'est vraiment énorme et puis je sais que je la donne je donne ce chiffre-là dans une vidéo sur le retour après la RAF parce que c'est vrai l'hydratation au-delà de l'alimentation l'hydratation c'est un thème en soi et aussi qu'est-ce qu'on boit parce que moi mes nombreux troubles gastriques en course ça vient aussi sur de quoi on s'alimente et il y a des gens qui sont très résistants qui pourraient aller manger des chips et une pizza pendant leur sortie et puis il y a d'autres gens qui sont plus fragiles qui devront vraiment faire attention puis c'est vrai que moi si je mange une pizza là je l'ai vu j'ai fait la gravelman il y a 2-3 semaines j'ai mangé une demi-part de flan et ça a été très très compliqué sur la suite de la course donc voilà il y a des gens et souvent on me dit oui mais les conseils que tu donnes moi je fais pas comme ça et ça va très bien ben oui il y a des gens ça va très bien il y en a d'autres ça va pas du tout et en tout cas il y en a eu beaucoup sur la US Cross France l'été passé qui ont abandonné et une grande grande part ont abandonné à cause des coups de chaud et donc les coups de chaud ça dit bien ce que ça dit c'est de la déshydratation en partie après il y a aussi l'insolation mais c'est bien souvent lié à la déshydratation

Loïc ouais ça c'est vraiment un aspect que je trouve passionnant encore une fois dans toutes ces disciplines sur le vraiment long c'est que t'as vraiment pas le choix en fait même en étant amateur il faut que t'apprennes à mieux te connaître ouais et c'est aussi un aspect que je trouve qui est juste fascinant c'est cet apprentissage perpétuel tu vois c'est des petits ajustements à droite à gauche et même sans faire du long d'ailleurs tu vois aujourd'hui je suis allé je regarde la Sainte-Victoire là je suis allé courir j'ai fait une petite sortie de 15 kilomètres je suis rentré j'ai pris je pense à ça parce que t'as évoqué les pizzas j'ai mangé une pizza ça m'a absolument fracassé donc tu vois mélange-me le note j'ai un petit carnet ne pas manger de pizza après les sorties ça paraît évident mais voilà moi ça marche pas

Marjorie c'est une super idée c'est une super idée bah oui bah écoute c'est surtout aussi des fois on mange des choses tous les jours qui passent très bien et puis quand on est à l'entraînement où justement le corps il est un petit peu sous tension bah là ça passe plus

Loïc carrément c'est ça c'est ça alors dernière question peut-être sur la partie entraînement sur la race t'as parlé du sommeil est-ce que d'après toi en tout cas avec ton expérience c'est quelque chose qui peut se travailler le fait de réduire tu disais que t'as trop dormi est-ce que tu penses qu'avec de l'entraînement t'aurais pu réduire la durée pendant laquelle t'as dormi ou c'est ce qu'il te fallait

Marjorie ouais alors je pense qu'on peut clairement optimiser ce point là moi j'ai trop dormi en fait j'ai eu un souci de femme sur le début de la course j'ai eu simplement mes périodes qui sont arrivées au moment du départ et ça m'a fracassée donc j'ai eu une grande grande grande fatigue beaucoup de difficultés en fait m'alimenter vraiment les jambes cassées et j'ai senti que j'avais vraiment besoin de sommeil et puis j'ai fait le choix en fait déjà j'ai dormi en bas du mont Ventoux et puis en arrivant au haut du mont Ventoux j'ai dormi un peu en bas du mont Ventoux mon objectif c'était après de continuer j'avais vraiment une stratégie de sommeil et puis en arrivant au haut du mont Ventoux je tenais plus debout puis là je me suis dit bah ok il fait super froid c'était pas ta stratégie non plus mais là il faut dormir donc je me suis accordée du sommeil dans une couverture de survie mais ça peut pas rêver mais par contre le lendemain le réveil avec le lever de soleil depuis le mont Ventoux il y a peu de personnes je pense qui peuvent le vivre et ça c'était incroyable et puis après bah au kilomètre 550 là il y avait de nouveau une base de vie avec des lits de camp et puis bah en fait là je me suis forcée j'ai dit bah même si tu dors pas tu repars pas parce que là ton corps il morfle il a vraiment besoin de temps et puis du coup bah je suis restée couché pendant un certain temps à regarder le plafond et puis et puis après à dormir un peu par contre c'est vrai que sur la suite de la course depuis le kilomètre 550 jusqu'à la fin j'ai dormi 2h donc en fait j'ai à peu près dormi 10h sur la première moitié ce qui fait que c'est difficile aussi d'arriver en 36h attends quand tu dors pendant 10h donc voilà et puis bah sur la dernière partie j'ai dormi 2h à peu près j'ai fait 1h30 vite fait comme ça dans un dans un dans un garage souterrain où j'ai posé mon sac de couchage avec 3 autres acolytes que j'avais rencontrés en route et puis après bah eux avaient décidé de repartir du coup on s'est tous levés on a pris la route finalement ils se sont arrêtés j'ai continué ma route et puis avec une autre personne ou jusqu'au kilomètre 708 ans où il y avait une base de vie puis là c'était 5h du matin donc il faut savoir que la stratégie de sommeil ça se travaille parce que bah notre corps il produit des hormones il produit il produit différentes choses qui vont soit nous endormir soit nous garder éveillés et il se trouve que justement à 5h du matin bah là le corps il produit des choses qui vont plutôt nous réveiller et il arrête de produire les choses qui nous endorment donc mon acolyte avec qui j'avais fait quelques kilomètres bah en fait lui il a décidé d'aller dormir et moi j'ai décidé de ne pas dormir même si c'était très très tentant parce que justement il y avait des bons petits lits il y avait une douche et tout ça bah à ce moment là non j'ai décidé que je continuais ma route parce que 5h du matin c'était parfait le soleil se levait on allait enfin mon corps allait vraiment commencer à se stimuler donc là j'ai repris la route j'ai gravi l'isran justement sur le début de journée j'étais pleine d'énergie enfin grâce à mon corps en fait qui produisait vraiment des choses pour me mettre en pleine énergie et puis le chaud froid entre le haut de l'isran et puis le bas de l'isran ça m'a cassé les jambes puis là j'ai fait le cormet de Roseland dans un état second c'était vraiment extrêmement dur puis là il y a quelqu'un en haut du col du cormet de Roseland qui me dit mais vous faites quoi je lui explique un petit peu puis du coup il était vraiment super impressionné et puis il me félicitait puis moi qui suis de nature joviale j'avais vraiment pas envie de parler puis j'arrivais pas à communiquer puis là il l'a vu il m'a dit mais allez dormir 30 minutes 30 minutes et vous repartez je me suis dit bon allez on va essayer j'ai jamais essayé les turbosiestes je sais pas si ça marche pour le coup ça j'avais jamais entraîné puis je me suis dit bah ok je le fais du coup dans un virage là je tombais de sommeil il y a vraiment un moment où je me suis dit bon là tu prends trop de risques je me suis mise sur le bord de la route couché mis le capuchon le téléphone sur moi le réveil à une demi-heure chrono après je me suis endormie mais comme une masse j'arrivais enfin c'était vraiment mais horrible à ce moment là je me suis dit waouh il te reste 150 kilos et puis tu vas t'arrêter là quoi c'était vraiment très compliqué là en plus tous les messages négatifs tu vas pas y arriver pourquoi tu fais ça enfin vraiment là il y avait plus aucun intérêt à continuer quoi et puis pouf je m'endors je me réveille le réveil qui sonne oh j'ai envie de danser allez on y va et on y retourne et c'était trop beau la vie était trop belle j'ai fait le col des saisies sous la pluie je trouvais ça trop génial je me suis dit je vais puer un peu moins à l'arrivée il y a tout qui était génial voilà je suis arrivée sur Salonche je crois j'ai fait le col de la nuit est tombée j'ai fait le col de la Colombière où je voyais qu'il y avait les orages qui arrivaient donc il fallait vraiment que je me magne parce que le col de la Colombière quelques kilomètres avant le sommet il n'y a plus d'habitation et quelques kilomètres après il n'y a plus d'habitation donc on ne peut plus s'abriter alors je me disais alors il faut que tu te dépêches il faut que tu te dépêches et toi tu arrives ce soir donc je me suis remise dans une immense énergie je me suis fait des exercices en plus allez tous les trois poteaux tu fais 15 pas de danseuse et puis hop hop hop et vraiment j'avais une énergie de malade et voilà je suis arrivée en haut j'ai réussi à finir ma raf et voilà donc tout ça pour dire que oui je pense que ça se travaille vraiment moi l'année passée enfin cette année sur la 1100 j'ai décidé de ne pas m'entraîner sur le sommeil même si d'une certaine manière je me connais en étant fatiguée parce que je suis infirmière je travaille j'ai maintenant plus mais j'ai travaillé beaucoup de nuits je sais quelles sont les heures où je me sens bien je sais quelles sont les heures où c'est plus possible ou même sous stimulation j'arrive plus notamment à 3h du matin c'est quelque chose vraiment très très difficile et puis du coup ça m'a appris à connaître ça je suis allée rouler de nuit en faisant des nuits blanches pour voir à quel moment mon attention diminue parce que mon but au-delà d'essayer de gagner du temps au-delà d'essayer de performer mon but c'est de prendre du plaisir et limiter les risques donc le sommeil le risque alors oui c'est de dormir beaucoup et puis d'arriver bien plus tard que ce qu'on aurait pu faire mais le risque premier en fait c'est de s'endormir sur la route donc voilà moi je me suis entraînée en faisant des nuits blanches pour savoir à quel moment mon corps s'éteint et puis mais par contre j'ai pas volontairement essayé de de ne pas dormir enfin voilà je l'ai vraiment intégré dans un entraînement je l'ai fait de temps en temps mais je l'ai pas fait dans une récurrence et puis là en faisant cette micro-sieste bah en fait je me rends compte que il y a sûrement un moyen mais je vais pas en dire trop parce que je pense que ce sera peut-être le sujet d'une prochaine vidéo ou autre ouais je pense qu'on peut tout à fait travailler sur cette stratégie de sommeil mais peut-être plutôt en s'accent sur la manière dont on peut faire des turbosiestes

Loïc ouais

Marjorie complètement

Loïc écoute je prêche peut-être pour ma paroisse mais tu sais à côté de mon job quand je travaillais encore chez Apple jusqu'à il y a quelques semaines j'avais passé un diplôme un certificat de préparateur mental

Maki ah

Loïc et on travaillait notamment sur bah sur le des exercices de relaxation qui peuvent être utilisés pour des micro-sommeils et en fait et depuis du coup je le fais régulièrement tu vois parce que bah j'ai pas mal j'ai plusieurs projets aussi que je mène de front et ça arrive parfois qu'il y ait des coups de un peu de fatigue et je suis pas surpris de ce que tu dis par rapport à l'impact de ta sieste de 30 minutes parce que déjà juste 10 minutes un quart d'heure et tu peux même il y a même des exercices que tu peux faire éveiller sur une chaise donc assis même pas allongé et c'est incroyable l'impact positif que ça peut avoir sur tout ton niveau d'énergie ton mood comme tu l'as dit

Maki ouais

Loïc tu vois te réveiller en ayant envie de danser d'être contente sous la pluie alors qu'une demi-heure avant c'était la fin du monde ça en est un bel exemple donc voilà regarde peut-être si jamais c'est un sujet qui vraiment t'intéresse tout ce qui est préparation mentale et les exercices qui vont avec notamment de respiration et d'imagerie mentale c'est hyper puissant hyper efficace alors peut-être pas pour tout le monde mais franchement globalement tous les exercices que j'ai pu faire tester ça a marché d'une manière ou d'une autre

Marjorie ouais alors en tout cas pour la RAF cette année j'avais fait de la préparation mentale mais j'avais skippé la partie sommeil je pense involontairement et volontairement parce qu'en fait ça me fait peur je suis quelqu'un qui dort pas beaucoup mais qui je crois que le fait de souffrir de manque de sommeil pendant le fait que je travaillais de nuit quand parce que en tant qu'infirmière j'enchaînais régulièrement quatre nuits donc ça veut dire que la première nuit on est tellement défracté qu'on dort longtemps après la première nuit puis on se réveille et on va travailler enfin c'est vraiment un rythme difficile puis en fait après notre corps il comprend plus rien et puis après la deuxième la troisième nuit la quatrième nuit on n'arrive plus à dormir ce qui fait qu'on enchaîne les nuits sur un corps qui est déjà fatigué on n'arrive pas à dormir et puis on a ce moment justement à trois heures du matin où on s'endort en tout cas c'était le cas pour moi et puis ça c'est quelque chose dont j'ai souffert dans ma vie dans ma vie professionnelle et puis maintenant que je fais plus de nuit bah moi je me disais c'est hors de question je ne peux pas me priver de sommeil sachant que je fais tellement de choses dans ma vie pour travailler cet aspect là et en fait je pense que et tu le dis très bien on n'a pas besoin de se priver de sommeil pour travailler la stratégie de sommeil et ça c'est quelque chose qui ne m'était pas apparu avant la RAF de cette année mais qui franchement constituera un réel entraînement pour la suite

Loïc génial génial waouh en tout cas on sent bien que ces deux épreuves de RAF ça a été des tournants un peu dans ta pratique bah évidemment du cyclisme mais j'ai l'impression surtout du sport en général et dans cette recherche d'identité moi j'ai le sentiment quand tu le racontes que tu as trouvé quelque chose du coup ça a été quoi l'impact sur ta pratique du vélo pour la suite et quelle est-elle aujourd'hui notamment avec tu vois le gravel

Marjorie bah en fait ouais tu parles d'identité et puis ça c'est vraiment très très fort je comme on disait tout à l'heure les autres sports que j'ai eu fait il y avait vraiment cet esprit de la communauté alors je ne dis pas qu'elle n'est pas là dans le cyclisme mais en fait on est seul sur le vélo et à l'entraînement aussi alors c'est plus ou moins facile d'aller courir avec quelqu'un qui n'a pas le même niveau parce qu'on peut faire des tours de terrain on peut faire du fractionné mais par contre faire du vélo quand on n'a pas le même niveau c'est pas toujours facile surtout que bah il y en a beaucoup sur le vélo une fois qu'ils sont sur le vélo il faut qu'ils fassent la vitesse et puis du coup bah voilà si on n'est pas hyper fort ou j'en sais rien on se fait ou que simplement ce jour-là on est moins rapide on se fait vite distancer et puis du coup aussi bah en tant qu'infirmière moi je me suis beaucoup beaucoup entraînée seule et puis bah j'ai commencé à construire une identité par le sport mais en le pratiquant seule et puis ça c'était bah la première fois parce qu'en tant que nageuse synchronisée bah nager seule c'est rare il y a ça existe les solos mais du coup c'est plus de la synchroniser c'est de la natation artistique ou je sais pas mais on a plus cet effet de se coordonner tout le temps avec les autres de regarder ce que les autres font parce qu'il y a vraiment ça dans la natation synchronisée donc voilà et puis le vélo en fait j'ai bah déjà il y a la première entrée en matière l'Ironman de réaliser que j'avais des compétences en fait je suis arrivée quatrième je me suis dit je m'attendais pas du tout à ça quand on m'a dit qu'il y avait qu'une période que j'étais au pied du podium alors oui il y a toujours la déception de se dire la médaille en chocolat c'est pas forcément celle qu'on espère mais waouh quoi j'ai été capable de ça et puis c'est pas que mon corps qui m'a amenée là c'est l'association de mon corps et de ma tête et du coup c'est mon moi global et ça franchement là je me suis rendue compte en fait de la force que peut avoir un être humain après j'ai aussi beaucoup fait de liens avec la maladie ne serait-ce que parce que j'ai vécu enfin j'ai pas été malade comme ce que je peux rencontrer dans mon travail mais j'ai traversé quand même voilà des épreuves que ce soit au niveau alimentaire que je le disais avant quand j'étais nageuse mais aussi par les inflammations que j'ai vécues après et tout ça et puis bah aussi dans ce que je vis au travail donc en soins palliatifs j'ai vu beaucoup de personnes déjà nous quitter mais aussi lutter contre des maladies et puis cette volonté de recherche un sens de rechercher un sens à cette maladie et puis de voilà de se rendre compte que en fait pas toutes mais parfois la maladie a aussi un lien avec l'esprit et puis le fait de pas de pas s'accorder suffisamment de temps enfin on le voit le burn-out c'est une des maladies qui révèle l'impact que peut avoir un manque d'écoute envers son corps et puis le burn-out la dépression toutes ces maladies là qui sont plutôt de l'ordre du psychique en fait elles ont un réel impact sur le corps avec des problématiques qui se somatisent comme on dit donc voilà et là je me suis rendu compte en fait la puissance du corps mais que du coup toute la nécessité d'apprendre à travailler avec et ça j'en suis convaincue qu'en fait c'est vraiment un besoin qu'on a chaque être humain d'apprendre à travailler avec alors on n'a pas besoin de faire des Ironman on n'a pas besoin de faire de cyclisme d'ultra distance mais en tout cas il faut qu'on entre en relation avec notre corps et puis créer du lien entre la tête et le corps si je puis dire donc ça ça a été un premier élément qui motive et qui me motive encore et puis après le fait de wow en fait je peux exister par cette pratique je peux il y a toujours le syndrome de l'imposteur et ben là il y a quand même un résultat qui dit tu peux te dire triathlète donc enfin vraiment j'ai jamais dit que j'étais triathlète avant d'avoir fait un Ironman et pourtant ça faisait des années que je m'entraînais pour et du coup ben voilà là vraiment le fait de pouvoir le dire j'ai habité une identité et puis maintenant en fait cette pratique sportive elle me donne confiance tous les jours elle me donne confiance avant j'avais vraiment de la peine à avoir confiance sur tout ce que je faisais j'avais besoin qu'on me valide tout ce que je faisais j'avais besoin qu'on me dise que c'était bien qu'on me pousse en avant et tout ça mais s'il n'y avait pas une personne externe qui me disait que c'était bien ben moi-même j'arrivais pas à me valoriser puis là en fait chaque étape chaque épreuve aussi parce que les épreuves comme je disais c'est mes phares ben chaque épreuve en fait me montre que je suis capable et puis du coup en fait je suis capable de me dire à moi-même que je suis capable c'est un peu tordu ce que je raconte mais du coup en fait ça m'apporte tellement dans ma vie de tous les jours où ben c'est pas un hasard si j'ai ré-entrepris une maîtrise universitaire enfin moi j'étais j'avais peur peur de recommencer des études de me dire ben voilà ça fait quelques années qu'on travaille ça fait longtemps qu'on n'étudie plus est-ce que vraiment t'es capable de lire un livre est-ce que vraiment t'es capable d'apprendre enfin voilà et voilà du coup j'ai pu entreprendre plein de choses dans ma vie privée professionnelle croire aussi en mes capacités là je me rends compte aussi que ben que ce que je raconte sur ma chaîne YouTube qu'est-ce que je fais parce que ça fait deux ans que j'organise des sorties à vélo aussi parce qu'il y a un moment où en fait j'ai eu envie de partager j'ai eu envie que les gens en fait ils puissent vivre ce genre de choses j'avais des gens autour de moi qui me disaient ah oui mais moi j'ose pas ah mais moi je sais pas trop comment m'y prendre et tout ça et en fait je me suis rendu compte qu'il y avait une vraie volonté de la part des personnes en tout cas qui me côtoient d'entreprendre quelque chose mais qui savaient pas par où commencer puis moi-même je l'avais vécu ça quand j'ai arrêté la natation synchronisée alors évidemment il y avait un autre il y avait un autre contexte mais je savais pas comment m'y prendre je voulais faire quelque chose j'avais plein d'énergie mais je savais pas quoi en faire puis du coup bah là j'ai commencé à organiser des sorties à vélo de proposer aux gens de venir rouler avec moi et tout ça et puis en fait très rapidement il y a eu beaucoup de monde je me suis associée avec une amie qui m'avait pris sous son aile quand j'avais commencé le triathlon puis en fait bah voilà on a eu beaucoup de monde on a fait beaucoup beaucoup de sorties jusqu'à deux même des fois plus deux fois par semaine on a fait des tours du lac où des gens ils avaient jamais fait plus que 100 kilomètres bah là ils venaient faire 180 kilomètres avec nous enfin des choses folles et puis en fait j'ai trouvé ça génial que les gens en fait ils apprennent d'eux-mêmes en faisant du sport ils apprennent et pas seulement d'eux-mêmes dans leur capacité physique parce que finalement c'est pas forcément ça que je viens chercher mais d'eux-mêmes dans leur capacité à exister en fait et puis d'avoir ce vecteur-là pour montrer qu'ils existent et puis voilà du coup en fait maintenant ça m'anime énormément parce que je me rends compte que je peux susciter chez l'autre une reconnaissance de soi un déploiement bah identitaire enfin qui je sais va faire boule de neige et puis soit dans leur propre vie personnelle professionnelle et tout ça qui vont pouvoir se déployer mais peut-être aussi engager d'autres personnes autour d'eux en fait à se dépasser et puis ça je trouve ça génial enfin là de temps en temps j'ai des gens qui m'écrivent en me disant waouh je me suis inscrit à la RAF parce que tu m'as trop donné envie enfin ça je trouve ça génial puis c'est pour ça que là on continue dans cette chaîne YouTube et puis qu'on est en train de réfléchir à qu'est-ce qu'on peut proposer en 2022 pour aller encore plus loin dans ce qu'on propose aux gens

Loïc super super du coup peut-être pour pour finir là-dessus par rapport à tout ce que tu viens de nous expliquer en termes d'apprentissage ce que tu as découvert à travers la RAF mais ta pratique du sport en général et comment est-ce que t'as mêlé tous ces projets de front la marjorie de demain en termes d'identité ce sera qui ?

Marjorie oh là là tu me poses pas une question facile parce que en plus je sais pas et encore hier on avait cette discussion avec mon mari ouais je sais pas c'est très dur autant je t'ai dit que c'était dur de regarder en arrière autant c'est dur de regarder en avant et faut aussi avoir vraiment confiance en soi pour oser regarder devant soi mais c'est vrai que ce que j'aimerais bah déjà voilà je suis très impliquée dans ma profession en tant qu'infirmière et puis là maintenant en tant qu'enseignante et en fait tout est lié moi j'aime partager j'aime partager ce qui m'anime dans ma profession mais aussi ce qui m'anime dans le sport et puis en tout cas une chose est sûre c'est que je vais continuer là-dedans à animer les gens et à partager ce qui me soit ce qui me ce qui me rend vivante et fière et puis entre un moment bah dans mes projets 2022 ou plus loin non toi tu disais 2022 la marjorie de demain on peut dire 2022

Loïc on peut partir sur 2022 si tu veux

Marjorie non mais en fait j'aimerais continuer à me découvrir parce que je pense que toute une vie c'est en tout cas le temps qu'on devrait passer à se découvrir du coup j'aimerais continuer là-dedans continuer à à m'écouter et c'est vrai que ça peut paraître anodin mais certains me demandent si je fais la RAF 2005 l'année prochaine et non je ne fais pas la RAF 2005 l'année prochaine parce que j'ai décidé de m'écouter et mon corps m'a envoyé des signaux après la RAF 1000 cette année donc j'ai décidé de refaire encore une saison avec des épreuves de même format avant de potentiellement allonger donc ça c'est vraiment une chose que que je me donne comme objectif c'est que même si voilà il y a les réseaux ça nous donne envie de faire plus des fois il y a des partenariats aussi où on se dit ouais bah maintenant il faut faire plus parce qu'il faut aussi être légitime dans ce qu'on fait bah non en fait il faut prendre le temps le plus important c'est notre corps c'est notre outil c'est notre tête et puis il ne faut pas casser la machine il faut vraiment aller avec elle et à sa vitesse donc mon premier objectif c'est ça donc de continuer à me déployer en m'écoutant et puis mon deuxième objectif c'est vraiment de trouver un moyen de susciter l'intérêt chez les autres que ce soit l'intérêt pour la profession que j'ai qui m'anime parce qu'elle est centrale et essentielle dans notre société actuelle d'autant plus mais aussi bah voilà à se découvrir soi-même au travers une pratique sportive et notamment le vélo parce que on n'en a pas discuté je crois qu'on ne va pas avoir le temps mais c'est vrai que le vélo en fait il peut être il peut être exploré sous différents angles et c'est ce qui le rend en fait si génial c'est que là on a parlé beaucoup beaucoup de vélo de route mais je sais aussi que s'il y en a beaucoup beaucoup qui n'osent pas aller faire du vélo de route c'est parce qu'il y a les voitures et en fait ce qui est vraiment génial avec le vélo c'est qu'on peut en faire autant sur petite distance sur longue distance de jour de nuit mais on peut surtout s'éloigner des routes aller faire soit du VTT soit alors le VTT des fois ça fait peur aussi mais on peut aussi prendre un gravel s'éloigner des sentiers battus aller explorer la forêt à côté de chez nous le chemin dans la campagne un petit peu plus loin et puis en fait ce qui est génial c'est que on peut appréhender le vélo soit dans une pratique sportive avec des objectifs sportifs soit dans une pratique plus récréative avec avec une exploration et puis là ben voilà en fait il y a tout qu'il y a à écrire moi j'ai cette année j'ai fait poser enfin j'ai fait développer une charrette pour tirer mon chien il y a maintenant le bikepacking avec ben voilà les sacoches il en existe de plein de types voilà avec le Covid on s'est rendu compte qu'on ne sait plus trop si on peut traverser les frontières si c'est si simple d'organiser un voyage à long terme ben maintenant avec le gravel avec le bikepacking avec tout ça en fait le voyage il est là derrière notre porte d'entrée en fait il suffit juste de le concevoir et voilà c'est pour ça que ben moi dans le futur c'est ça que je veux c'est c'est continuer à faire que les gens découvrent découvrent qui ils sont puis à travers ce que moi je connais le vélo mais sous toutes ses formes pour le coup

Loïc excellent en tout cas tu parlais beaucoup tu vois de susciter des alors peut-être pas forcément des vocations mais en tout cas d'accompagner les gens de les aider à oser à faire le premier pas je suis convaincu qu'avec cet épisode ce sera le cas pour quelques-uns en tout cas je voulais te dire un grand grand grand merci Marjorie pour ton temps effectivement on arrive au bout donc le gravel ce que je te propose si ça te dit c'est qu'on fasse pourquoi pas un épisode capsule gravel avec plaisir parce que je suis absolument convaincu qu'il y aurait plein de choses hyper intéressantes que tu pourrais nous partager mais on en reparle mais en tout cas pour ceux sur quoi on a échangé aujourd'hui vraiment un grand grand merci tu vois c'est vraiment c'est toujours passionnant de rencontrer des gens enfin tous les gens que je rencontre sur le podcast en fait le podcast c'est juste une super excuse pour créer ces conversations mais c'est toujours fascinant parce que parfois j'ai des idées en tête tu vois je me dis ah bah on va sûrement parler tu vois avec Marjorie beaucoup de vélos d'épreuves d'alimentation de sommeil tu vois pendant la RAF et en fait on n'a pas tant parlé enfin on n'a pas tant parlé on a plus parlé d'identité de recherche de soi d'écoute de son corps et quelque part j'ai l'impression de ouais de de son cheminement personnel de comment toi tu le conçois et au final c'était juste passionnant donc vraiment encore une fois un grand grand merci merci à vous et je te dis tout le meilleur pour la suite de tes épreuves si on veut te suivre d'ailleurs tu ne l'as pas encore dit mais la chaîne YouTube le compte Instagram

Marjorie alors le compte Instagram c'est maquis tiré en bas cycling la chaîne YouTube c'est simplement maquis espace cycling et le site internet qui va qui est déjà en ligne mais que je n'ai pas encore partagé donc c'est vraiment une info toute chaude c'est makicycling.com tout attaché

Loïc génial donc makicycling.com exact super l'avant première sur les frappés voilà

Marjorie c'est ça et puis je vais je vais proposer des choses pour vraiment me rapprocher de la communauté

Loïc super et bien écoute on va aller regarder tout ça un grand merci Marjorie pour ton temps pour tout ce que tu as bien voulu partager et tout le meilleur pour la suite alors

Marjorie merci merci à toi en tout cas pour m'avoir mis à l'honneur le temps de ce podcast et puis pour toute ta bienveillance

Loïc avec grand plaisir salut Marjorie

Marjorie ciao ciao 1

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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