Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·222 Forces spéciales #commando #Afghanistan #MMA

16 décembre 2025

Parcours d'un serviteur, avec Moyave, tour à tour Chasseur Alpin, Policier, combattant de MMA et étudiant en médecine

Durée · 1h44 · Transcription disponible

Moyave

Le récit

Moyave est un homme hors normes. Mais aussi et surtout un homme de conviction, qui sait ce qu'il veut et qui fait preuve d'un engagement total dans tout ce qu'il entreprend.

À 22 ans, il est déployé en Afghanistan an temps que chasseur alpin. C'est la première expérience du feu, la première rencontre avec la mort, qu'il voit emporter certains de ses frères d'arme, et qu'il donnera lui-même.

Quelques années plus tard, c'est au sein de la Police qu'il servira. Il se distingue immédiatement par son courage et son professionnalisme en contribuant, avec d'autres, à sauver la vie d'un collègue.

Ces expériences, bien qu'elles illustrent un profond sens moral, ont bien évidemment laissé des traces, psychologiques surtout. Moyave a développé des Syndromes de Stress Post Traumatiques. Il a, à deux reprises, planifié son suicide.

Cet épisode, c'est un incroyable témoignage de ce que l'abnégation, la discipline et le travail acharné permettent. C'est aussi un rappel que la vie est belle, et que chaque seconde vaut la peine d'être vécue comme si c'était la dernière.

🔎 "De Sueur et de Sang" est publié par Mareuil Éditions.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 E139 - Missions de haut vol avec Winn, pilote d'hélicoptère d'attaque au 4e RHFS pendant 18 ans (Forces Spéciales)
👉 E110 - Refaire sa vie après avoir été amputé des deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)
👉 E40 - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger avec Louis Saillans (Forces Spéciales)
👉 E31 -Le physique a ses limites, le mental n'en a pas avec Teddy Palassy, ancien Commando Marine (Forces Spéciales)

Vous pouvez suivre Moyave ici ⬇️
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Crédits photo : @operation_inconnue

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Transcription

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Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. C'est parti. Eh bien, écoute, bienvenue sur le podcast Moïave. Je suis absolument ravi de te recevoir au micro défrappé. Merci beaucoup à Louis de Mareuil, d'ailleurs, et à Guillaume Malkani. Je crois que le premier à m'avoir parlé de la sortie de ton livre, c'était Guillaume Malkani, que j'ai eu la chance de recevoir sur le podcast. Et puis ensuite, Mareuil, ça fait longtemps que j'échange avec cette maison d'édition. ils m'ont gentiment envoyé plusieurs anciens invités dont Louis Saillant notamment donc merci beaucoup à eux et encore une fois bienvenue Moïave sur le podcast

Chasseur Merci beaucoup

Loïc Moïave tu es quelqu'un de très occupé donc on va faire en sorte que cet échange soit le plus efficace possible pour autant je ne te cache pas que c'est un vrai challenge ça va être un vrai challenge parce que il y avait quelqu'un dans mon ancienne boîte qui disait parfois pour des gens qui comme toi faisaient plein de choses qu'ils avaient vécu plus de vies que leurs grands-parents toi c'est franchement clairement le cas c'est hallucinant à la lecture de ton livre de toutes les interviews que j'ai pu regarder sur la sueur légende t'as fait énormément de choses si on le synthétise en très bref tu es bon déjà un ancien judoka un petit point qu'on a en commun d'ailleurs il faudra qu'on discute un peu des périodes et tout où tu faisais de la compétition parce que si ça se trouve on s'est peut-être croisé c'est possible militaires ensuite 27ème bataillon de chasseurs alpins tu as passé assez exceptionnel, tu as réussi deux fois des épreuves dans deux unités différentes des forces spéciales 13ème RDP, 1ère PIMA

Moyave non pas le premier pas le premier ? en fait j'ai réussi les tests mais j'ai pas c'est un peu particulier parce que le 13ème RDP j'avais postulé dans mon primo-engagement en 2008. Et comme je l'avais écrit, je n'ai pas été parce que ça engageait vraiment beaucoup au tard et j'étais pressé de rentrer à l'armée.

Loïc En gros, il fallait que tu attendes un an, c'est ça, pour les intégrer ?

Moyave À peu près. Même plus, au final, même plus d'un an. Et donc, du coup, je me suis dit que j'irais un peu plus tard, spéciale et j'ai choisi le 27ème bâton de chou-sour-alpin et en fait au décours de ma vie pendant que j'étais gardien de la paix dans la police nationale j'ai repréparé les tests j'ai repostulé en tant que candidat ultérieur ça s'appelle pour le premier PMA et pour le CIRP j'ai eu mes tests et j'ai pris le CIRP

Loïc ok mais donc voilà tu viens de l'évoquer aussi militaire puis policier en parallèle de ça sport sport le judo s'est transformé alors je ne sais pas si tu en pratiques toujours aussi assidûment qu'avant mais maintenant tu es aussi dans le MMA à la frontière du professionnel et maintenant étudiant en médecine et accessoirement papa de deux enfants si je ne me trompe pas

Chasseur exactement

Loïc assez hallucinant donc on va forcément devoir tenir un fil rouge et parler de certaines de ces expériences peut-être faire des zooms sur certains moments de chacun enfin certains moments de chacune de ces grosses expériences de vie moi la première question que j'aurais envie de te poser c'est justement ce fil rouge alors tu parles très bien dans ton livre de sueur et de sang encore une fois qui vient de sortir aux éditions Mareuil que je vous recommande absolument mais le fil rouge toi quand tu regardes en arrière et quand tu regardes ce qui arrive là juste devant toi avec ces études de médecine tu dirais que c'est quoi ?

Moyave je sais pas je dirais surtout que je suis pas quelqu'un de très structuré quand je regarde ma vie je sais pas je me suis toujours dit que j'avais pas vie vieux je sais pas pourquoi parce que je pense que je suis un peu aventurier je me considère comme un guerrier donc je me suis toujours dit de toute façon tu ne vas pas vivre vieux et du coup profite de ta vie fais ce que tu as envie de faire fais toi plaisir fais toi kiffer ce que tu as envie de le faire, t'essaies de le faire t'y arrives tant mieux, t'y arrives pas, tu rebondis donc voilà aujourd'hui ce qui me fait vibrer c'est médecine c'est de servir à autre chose pour la société pour les autres en y réfléchissant si je devais garder si, s'il y avait un fil rouge le service la première partie de ma vie de jeune adulte c'était le service au drapeau ensuite le service à la protection des personnes et puis par la police et aujourd'hui j'étudie et j'ai envie d'aider autrement en soignant peut-être des gens des malades en les aidant dans leur vie qui peut être cata ou les guérir ou les soigner ou les soulager voilà peut-être ça mon fil rouge un service aux autres

Loïc sachant que tu viens d'une famille militaire ou en tout cas où il y a cette notion de service soit militaire ou de médecin ou ce genre de profession ?

Moyave J'ai des gens qui sont dans l'armée dans ma famille. J'ai une famille de... Je l'ai appris il n'y a pas longtemps. Alors, c'est peut-être épigénétique du coup. Mais j'ai une famille de résistants. J'ai appris que mes grands-parents étaient des résistants, que mes arrière-grands-parents étaient des résistants. Après, oui, sûr j'ai des gens de ma famille fin des personnes de ma famille plutôt non éloigné enfin famille loigny qui était dans l'armée mais sinon dans mon entourage proche premier cercle non j'ai pas de militaires mais j'ai pu ici et pas de gendarme donc c'est peut-être pas le médecin ouais ok ok

Loïc le 27e si on va tout de suite dans le détail 27e bataille en chasseurs alpin donc tu expliques tu tu décides de rejoindre l'institution, tu passes tes examens, tes tests, tes sélections, il y a plusieurs portes qui sont possibles, en revanche, il y en a une qui est accessible tout de suite, et l'autre, il faut attendre un peu avant qu'elle se déverrouille, et c'est celle du 13ème RDP, 13ème régiment de dragons parachutistes, unité des forces spéciales.

Moyave Exactement. C'est la composante renseignement des forces spéciales.

Loïc Oui. Alors, pour schématiser, et tu me dis si je raconte n'importe quoi parce que l'univers me fascine mais je suis très loin d'être un expert globalement le 13ème RDP moi ce qu'on m'a toujours expliqué c'est les gars qui partent avec 90 kilos de matos sur le dos et qui vont s'enterrer pendant plusieurs jours potentiellement pour aller faire de l'observation et rapporter du renseignement

Moyave oui exactement en fait c'est la composante renseignement, observation du commandement des opérations spéciales c'est le régiment, renseignement de l'armée de terre par excellence donc il y a le côté force spécial c'est le 13ème RDP le côté plutôt armée conventionnelle ça va être le deuxième RH régime de USAR ah ok voilà qui font beaucoup du renseignement de l'avant donc voilà

Loïc ok tu décides du coup d'opter pour le bataillon de chasseurs alpins 27ème bataillon de chasseurs alpins la spécificité des chasseurs alpins au delà de l'environnement c'est dans le nom, ça parlera un peu à tout le monde plutôt un environnement montagne mais est-ce qu'il y a d'autres spécificités de ce type d'unité ?

Moyave Ce qui me faisait un peu vibrer quand j'ai accepté l'engagement au 27 c'était bien sûr la montagne qui me plaisait mais aussi leur composante GCM, groupe commando montagne qui est l'unité commando au sein de chaque bataillon, comme les GCP, les groupes commando parachutistes au sein de chaque régiment de parachutistes c'était avant de rentrer avant de faire mon incorporation c'était un petit peu l'objectif à moyen et long terme d'intégrer cette unité là, mais après avoir fait différentes opérations extérieures je voulais plutôt me diriger vers un régiment de force spéciale ou le CIRP et d'ailleurs c'est ce que j'ai fait en revenant d'Afghanistan, je voulais absolument présenter les tests pour les forces spéciales

Loïc donc tu viens de l'évoquer Afghanistan tu es déployé du coup, on est en quelle année à ce moment là ?

Moyave on est en 2011 2011, wow

Loïc Et tu avais quel âge, si tu peux le dire ?

Moyave J'avais 22-23 ans.

Loïc Waouh, ouais, donc, punaise. Donc, tu pars en Afghanistan. Dans ton livre, tu expliques globalement tout le cheminement. Il y a évidemment une grosse phase de préparation avant d'être déployé sur ce type de terrain. Une fois arrivé sur place, c'est assez drôle parce que ça fait quand même beaucoup écho, ton témoignage à ce que Louis Saillant, Wynne que j'avais reçu qui est un ancien pilote d'hélicoptère d'attaque du 4ème RHFS et d'autres anciens militaires me racontaient sur la différence d'équipement notamment entre l'armée française et l'armée américaine puisque quand t'arrives vous faites une sorte de passage un peu tampon dans une ou la plus grosse base militaire d'Afghanistan

Moyave exactement, en fait c'est là où il y a l'aéroport c'est là où il y a un des deux aéroports donc nous on a atterri à Bagram, on pouvait atterrir à Kaya qui était l'aéroport international Bagram c'était la grosse base américaine et donc nous on est arrivés à Kaya, on y restait quelques jours, je crois que c'est 2-3 jours et après on a embarqué de nuit avec les idécos pour rejoindre nos différentes différentes bases, ça s'appelle des FOB des bases avancées exactement c'est des bases avancées des petites bases avancées dans les vallées

Loïc du coup c'est un peu comme si tu passais de New York à un petit patelin dans la creuse quand t'arrives à Bagram j'imagine où il y a des Burger King si j'ai bien compris

Moyave exactement t'as même Harley Davidson t'as même Harley Davidson là-bas ah oui c'est vrai t'as même des PX avec différentes marques tu trouvais un peu de tout en fait les américains ils y restent très longtemps ils y restent et puis il n'y avait pas que des militaires il y avait aussi beaucoup de civils américains qui étaient là-bas donc en fait c'était vraiment une petite ville américaine au sein de l'Afghanistan c'était assez drôle

Loïc et du coup par contraste les fobs les petites bases avancées où tu te retrouves après ça ressemble à quoi, c'est quoi l'ambiance du coup ?

Moyave c'est sympa moi j'étais quand même dans une grosse fob c'est environ donc c'est des bastion walls c'est des murs en bastion walls les bastion walls c'est des espèces de gros cubes avec du treillis soudés avec un intérieur de la terre qui sont montés sur environ 3 à 5 mètres de hauteur et qui font le tour avec une entrée et différents miradors tout autour pour monter la garde et la mienne a devait faire je sais pas 200 ou 300 mètres de largeur sur 100 mètres de longueur ok et puis dedans il y avait les américains il y avait il y avait aussi les afghans qui prenaient une moitié de la phobe et les français

Loïc ah oui et les afghans si alors je vais pas non plus spoiler tout ton livre mais tu partages une anecdote qui se passe vraiment au tout début de ton déploiement où en fait si j'ai bien compris j'ai fini la lecture de ton livre juste avant l'interview pour préparer tout ça en fait l'armée afghane était mêlée globalement à beaucoup d'opérations et l'idée c'était que même globalement vous viviez plus ou moins ensemble et l'armée afghane par exemple pour rejoindre ses quartiers à elle devait traverser les quartiers des armées étrangères donc tu partages voilà malheureusement l'armée afghane était parfois infiltrée et donc tu partages une anecdote comme ça ouais

Moyave d'ailleurs il y a des anecdotes comme ça il y en a eu plusieurs au cours de mon mandat il y en a eu au moins deux au moins deux

Loïc et du coup la question que j'allais te poser c'est est-ce que t'as en arrivant finalement tu vois 22 ans premier déploiement 22 ans on est quand même encore un peu frais dans la vie avec peut-être des convictions tu vois entre les convictions que tu avais au moment où tu t'es engagé en tout cas ce que tu cherchais dans l'armée même si on parle pas de conviction mais ce que tu étais venu chercher en rejoignant l'institution et ce que tu vois ce que tu découvres sur place parce que ton baptême du feu il est un violent et quand même méga soudain ta confrontation à la mort elle est quasi immédiate ta confrontation au pire de la nature humaine voilà encore une fois je raconte pas l'anecdote qui implique l'armée afghane mais lire le livre mais globalement est-ce que t'as un moment un peu de wake up call où tu dis la vache en fait c'est ça ou pas tant que ça et t'avais été bien préparé du fait de tes formations des rencontres que t'avais pu faire avant avec des militaires plus aguerris etc

Moyave non quand je suis arrivé on était enfin moi j'étais excité sur excité j'étais content d'arriver j'étais content de de d'avoir été choisi parce que le régiment avait fait quand même un tri pour pour pour envoyer les combattants en afghanistan donc tout le monde ne partait pas au régiment donc non j'étais content fier de fier content d'être là excité j'avais hâte de sortir j'avais hâte de sortir après j'ai tout de suite été rappelé à la réalité en arrivant avec avec la mort du légionnaire que un bon camarade gauran qui l'ont demandé moi arrivé sur une mission a pris une rafale de pkm dans le dos est décédé donc forcément bas ça rappelle un peu à la réalité quand on quand on voit le cercueil et on fait un adieu à son camarade, la petite place d'armes qu'on avait et qu'on voit le cercueil quitter la FOB par un hélico forcément ça rappelle à l'ordre mais non, j'étais quand même assez content et puis en tant que chrétien, croyant ce qui doit arriver arrive fataliste ce qui est écrit est écrit

Policier voilà

Loïc sur ton quotidien qu'est-ce que tu peux à quoi ressemblaient tes journées typiquement alors pour les militaires qui étaient dans la FOB je sais pas s'il y avait des missions très variées c'est à dire vous étiez tous dans la même FOB mais est-ce que globalement t'avais des gens qui faisaient que de la logistique, du ravitaillement que du renseignement

Moyave bien sûr

Loïc du coup toi tes journées ça ressemble à quoi c'était quoi tes

Moyave mes journées elles étaient jamais les mêmes enfin on essaie d'avoir un cycle mais en fait j'étais dans un dans un groupe un groupe on va dire spécialisé moi je faisais beaucoup d'appuis aux unités donc je sortais beaucoup avec mon groupe on appuyait soit on allait appuyer mon GTIA donc mon groupe tactique pour qui sortait pour faire une mission mais on pouvait sortir aussi pour appuyer pour appuyer les forces spéciales où on pouvait aussi sortir pour pour appuyer une mission conjointe armée nationale afghan français donc après voilà on sortait une jour à la journée où on pouvait sortir deux jours trois jours sept jours ça nous arrivait on dormait voilà on essayait de se dissimuler, on vivait un peu en basse clos avec deux trois groupes et sinon c'est beaucoup de sport, on faisait des petits réseaux communs avec les copains quand on était de repos pour souffler un peu, on se faisait, on jouait à Warcraft, on jouait à Counter-Strike, et ça passait des journées sur MSN avec leur famille, on a de repos.

Loïc MSN, eh oui, 2011, ça ne rajeunit pas ça. C'est clair. Alors, tu parlais des missions où parfois vous partiez plusieurs jours, deux choses si tu peux clarifier pour nous, quand tu parles de ton rôle était d'appuyer les autres unités concrètement ça veut dire quoi sur le terrain et ben souvent souvent nous on était

Moyave importés ou aussi c'était pas très loin de la fob on partait avec les véhicules et et ou à pied même ça nous est déjà fait partir à de sortir à pied de la fob et en fait on allait se poster souvent sur les hauteurs où il nous arrivait aussi de rentrer dans les habitations, se mettre sur les toits et puis après on appuyait les unités au sol qui étaient soit en bas dans la vallée soit un peu plus loin de nous avec les missiles les missiles les milans exactement On sortait à plusieurs groupes. Il m'est déjà arrivé de sortir avec mon groupe les tireurs d'élite et un groupe qui faisait notre protèque de fantassins. Comme il était aussi arrivé de sortir avec des opérateurs, des marins, des commandos marines, des commandos du CP A10, du 13. Ça dépendait de la mission. ça dépendait de ce qu'on allait faire mais la plupart du temps nous on était déployés en amont on s'infiltrait et après on était en mesure de renseigner et d'appuyer avec du missile les unités qui étaient en bas de vallée en fond de vallée ou en bas de vallée ce qui impliquait qu'on arrivait avant, on partait après et qu'on était un peu seul au monde donc quand on était décelé ça nous est déjà arrivé on subissait un peu parce que c'était compliqué quand l'ennemi commençait à essayer de s'imbriquer compliqué de faire une demande de mortier ou les hélicos quand ça commençait à s'imbriquer c'était un peu compliqué mais bon, regarde aujourd'hui je suis là donc ça s'est pas si mal passé que ça

Loïc ouais mais je te cache pas que quand on lit le livre même en ayant aucune expérience militaire on comprend bien que c'était quand même assez tendu voire très très chaud à plus d'une occasion d'ailleurs pour synthétiser un peu ce que tu viens de dire dans le livre je crois que tu le cites une expression militaire qui dit qui tient le haut tient le bas donc les missions d'appui c'est finalement c'est ça quoi c'était ce que tu dis vous étiez en hauteur les yeux et un peu les anges gardiens de tous ceux qui étaient en dessous dans les vallées tu disais un peu plus tôt que vous partiez parfois à pied ou vous sortiez à pied de la phobe pour une journée ou plusieurs jours il y a une mission que tu racontes dans le livre alors il y a plusieurs choses qui sont hallucinantes et certaines assez drôles une mission qui a qui a duré 7 jours et alors il y a deux choses je sais que t'en as déjà parlé sur d'autres interviews mais que j'ai trouvé assez hallucinante la première c'est que vous étiez plusieurs à vous trimballer 100 kilos de matos ?

Moyave On partait en tout petit cortège. Du coup, il fallait se répartir un peu tout le poids de tout le metal qu'on emportait.

Loïc L'eau, la nourriture ?

Moyave L'eau, la nourriture, les munitions, les équipements de nuit pour tout ce qui était vision nocturne, etc., qu'on devait mettre sur les mille ans, ce qu'on utilisait, ça prend... C'est beaucoup de poids. Tu dis qu'un missile,

Loïc c'est une dizaine de kilos, ça dépend des missiles ?

Moyave Ça dépendait des missiles, c'est entre... Le plus léger, je crois que de mémoire, il fait 12,6 kg, et le plus lourd, il doit faire 19 kg. Oh, putain ! En fait, ça dépendait de la génération du missile et de la charge qu'il y avait à l'intérieur d'une explosion.

Loïc ok donc premier point déjà qui reflète un peu je pense la rusticité et le côté spartiate de ce genre de mission et le deuxième point que j'ai trouvé qui va dans le même sens ça montre aussi à quel point vous deviez un peu vous gérer vous même avec les moines du bord c'est le ravitaillement qui est assez énorme il s'est fait à dos de mulet qui a un gars qui vous ravitaillait un local si j'ai bien compris qui vous ravitaillait avec ses mulets

Moyave en fait on était nous sur cette mission là on était fond de vallée d'Alassaye et donc au fond de la vallée d'Alassaye la vallée se divisait en deux sous-vallées qui étaient chpées à Sanabat et donc nous on était sur un petit pitaf et en fait tout le c'était vraiment un sanctuaire c'était les zones sanctuaires des talibans et donc on s'est mis sur un petit pitaf avec, on était une trentaine et on s'est mis en défense ferme en haut et on devait appuyer les unités qui devaient nettoyer la vallée en bas et on était partis, on ne pouvait pas partir avec 7 jours de ravitaillement en bouffe et en eau c'était pas possible donc on est parti avec un ou deux jours de mémoire de de nourriture et d'eau et notre commandement les hélicos pouvaient pas poser là où on était parce que c'était trop trop accidenté et c'était je crois trop dangereux pour eux parce qu'ils étaient apporter de tir direct avec la vallée de Chpé des talibans donc pour les hélicos c'était trop compliqué donc voilà système D comme se faire dans l'armée française on a payé un villageois avec un âne et le villageois nous montait les vivres

Chasseur tous les deux jours

Loïc comme ça vous pouviez regarder en mangeant le pain local les ravitaux américains de Burger King en hélico sur la balle d'en face

Moyave donc nous on mangeait notre vieille ration de combat dégueulasse

Loïc oh là là il y a des alors je serais assez curieux que tu nous racontes un peu plus cette mission en détail mais avant ça juste une petite parenthèse est-ce que ça typiquement tu vois ces deux anecdotes le côté hyper spartiate rustique un peu débrouillard de l'armée française en opération etc est-ce que ça typiquement c'est un truc que les gens qui maintenant que tu es de retour dans la vie civile depuis quelque temps que typiquement les gens comprennent pas ou conçoivent pas ou juste

Moyave ils n'ont pas conscience

Loïc oui

Moyave mais l'armée aujourd'hui essaye de enfin elle n'essaye pas d'ailleurs elle s'équipe vraiment de mieux en mieux la logistique est top maintenant mais quand même on continue de cultiver la manière de travailler dans la rusticité on est une armée rustique quoi qu'on en dise et je pense que nos chefs continuent de vouloir avoir ce gène là pour son armée pour ses armées et je trouve ça vraiment bien parce que les je vais pas faire de la puterie mais dans d'autres dans d'autres armées d'autres pays ils connaissent pas ils savent pas ce que c'est être rustique donc dès qu'ils perdent la logistique c'est terminé et nous avec un couteau avec un couteau on peut te faire une cabane on peut te causer un trou de combat avec une cuillère et c'est ce qu'il y a de bien parce que on s'adapte il y a une expression à l'armée qui dit elle n'existe pas dans le dictionnaire mais elle mériterait d'exister ça s'appelle adaptage

Loïc adaptage

Moyave adaptage quand tu ne sais pas trop quoi faire tu le vois à ton cadre et tu dis adaptage donc tu apprends rapidement à t'adapter

Loïc pour revenir du coup sur cette mission donc dans le livre là encore une fois tu le détailles bien mais tu t'évoquais un tout petit peu plutôt le fait que ce qui était parfois compliqué c'est que les insurgés sur place essayaient de s'imbriquer entre les unités c'est à dire qu'en gros physiquement ils essaient de se placer au plus proche de différentes unités françaises ou alliées pour finalement que vous puissiez plus vous appuyer les uns les autres sur cette mission tu as utilisé un terme, défense totale je crois défense ferme défense ferme donc ça ça veut dire quoi, c'est que en gros vous ne devez pas bouger de votre position

Moyave coup de coup de coup de coup de coup de coup donc on met des stratégies on met du matériel en place pour défendre la position on se met en 360 degrés pour pouvoir voir partout et puis voilà et en fait s'imbriquer c'est que la manière de faire la guerre n'a pas changé donc il y a des unités qui fixent un ennemi pendant que d'autres unités essaient de déborder par les flancs ça n'a pas changé je pense depuis Napoléon, je crois que c'est Napoléon qui avait mis ça en place et c'est toujours ce qui se fait aujourd'hui on fixe un ennemi devant pour essayer de le contourner ou de passer par le flanc pour le neutraliser ou le détruire. Des fois, justement, les talibans essayaient de s'imbriquer entre les différents groupes, les différentes sections, etc. Déjà, ça réduisait la bataille à très court portail avec de l'armement léger, donc fusils d'assaut, etc. Et les hélicos, les avions de chasse, les unités aériennes, exactement. et comment les mortiers ne pouvaient pas nous aider quand c'était comme ça

Loïc il y a eu un moment soit au cours de cette opération en particulier mais bon tu en évoques d'autres tu pourras peut-être nous parler de ton merveilleux Noël de 2011 du coup il y a eu des moments où tu t'es dit là c'est chaud je ne sais pas ce que les quelques heures à venir vont donner potentiellement j'y passe

Moyave ouais c'est déjà arrivé c'est déjà arrivé on se dit là c'est tendu je vais rentrer dans une boîte ça sent le sapin mais après il y a aussi des très bons moments que j'ai passé

Policier oui

Moyave où rien que j'ai toujours été fasciné moi par les coucher et les lever de soleil donc en Afghanistan on avait de magnifiques levées de soleil, couchées de soleil et il y a d'autres choses qui sont aussi belles dans un pays qui est plutôt dangereux

Loïc en tout cas j'imagine à l'époque pour un militaire français tu ne devais pas non plus pouvoir faire du tourisme tranquillement sur ta allée Davidson acheté à Bagram non, effectivement mais tu fais bien de en fait ça allait faire partie de mes questions aussi pour la suite parce qu'il y a quand même un gros fil rouge aussi dans toutes tes expériences. Tu vis des expériences clairement traumatisantes qui ne sont pas normales pour un être humain de se faire tirer dessus, de voir des gars se faire dézinguer devant soi. Et en même temps, régulièrement dans le livre, tu expliques que tu lis des liens très forts avec les gens qui sont autour de toi dans ces unités.

Moyave Exactement.

Loïc Le Noël, et j'insiste là-dessus parce que c'est quelque chose tout bête. Un peu plus tôt, je te demandais est-ce que les civils en France en conscience de la rusticité du type d'engagement que tu as vécu Noël c'est un peu un moment symboliquement on est un pays malgré tout avec un très fort héritage chrétien donc Noël ça parle à tout le monde même si on peut de moins en moins dire Noël mais ton Noël 2011 est-ce que tu dirais que c'était un peu ça finalement un moment hyper fort avec les gens qui étaient autour de toi parce que vous étiez dans une galère infâme et infernale

Moyave Noël 2011 on était dans une, ça s'appelle une COP là c'est plus une phob, c'est une COP donc c'est 30 mètres par 30 mètres les bastions walls où on peut juste ranger les véhicules et des petites tentes pour pouvoir dormir donc là c'est vraiment c'est une zone où on observe une partie de la vallée et c'est une zone pour aussi défendre un axe qui s'appelait l'axe Vermont qui est un axe qui est relié je crois la Chine à l'Afghanistan et cet axe là aussi je crois il y avait une autre partie de là qui partait ça reliait aussi le Pakistan donc c'était une porte d'entrée pour les talibans cette vallée là cette région là donc on a passé Noël dans 30 mètres sur 30 mètres on était une trentaine voilà il y a des moments Noël c'était sympa on a fêté avec les talibans en face c'était cool

Chasseur ils nous ont fait ils nous ont fait tes joyeux Noël à leur manière

Loïc avec des bouffes d'artifice avec le corps ok t'as toujours des liens du coup avec les tes tes compagnons d'armes de l'époque aujourd'hui

Moyave ouais on a refait un groupe il n'y a pas longtemps là au WhatsApp et là on va se faire après les partiels parce que c'est moi qui fais un peu le chien en ce moment mais à la fin de partiel on va sûrement se faire un petit week-end tous ensemble mais on garde contact enfin moi j'ai trop bien j'ai des copains quand je vais quand je vais à Annecy ils blogent pour qu'on puisse aller au ski enfin je les ai souvent au téléphone j'ai toujours gardé contact avec les mecs de mon groupe

Loïc excellent

Moyave en même temps les gars de mon groupe c'est pas enfin en fait quand j'ai fait mes classes donc j'ai fait mes classes en régiment j'ai pas été dans un Cefim, ça s'appelle. C'était vraiment la classe à l'ancienne. Et en fait, c'est une section qui engage, qui incorpore. On fait une incorporation pour le régiment d'abord, mais aussi pour une section en particulier. Et moi, j'étais incorporé pour une section appui. Une section appui, il y avait à l'époque dans le bataillon, il y avait les Milan, les mortiers, et après, il y a aussi eu les tireurs d'élite qui nous ont rejoints. Donc, voilà. Donc, j'ai incorporé pour cette section et en fait, les camarades avec qui j'ai fait mes classes, c'était les camarades avec qui j'avais travaillé pendant X années si je ne changeais pas de section parce que je ne faisais pas les tests GCM ou je ne faisais pas des tests pour aller dans une autre unité ou parce que, voilà, c'était des gens avec qui j'ai bossé du premier jour d'engagement jusqu'à quasiment mon dernier jour de contrat au 27 donc on avait une forte cohésion, on avait déjà souffert ensemble pendant nos classes on avait commencé les classes à une quarantaine on avait fini à une dizaine on avait souffert ensemble, on connaissait tous très très bien, on connaissait les défauts des uns les qualités des autres et voilà la cohésion était énorme dans ma section et puis même dans toutes les autres sections. D'ailleurs, en tout cas de ma compagnie, c'était grosse cohésion, même entre sections, grosse cohésion.

Loïc Pour clôturer sur cette expérience à l'armée, c'est quoi les meilleurs souvenirs que tu en regardes ? Tu as parlé des couchers, des levées de soleil sur les montagnes afghanes. Ça, j'avoue que déjà, c'est tout bête, mais il n'y a quand même pas grand monde en dehors du cercle militaire qui, en tout cas dans les dernières décennies, a pu avoir la chance de poser ses yeux là-dessus. Mais est-ce qu'il y a d'autres choses, toi, qui t'as particulièrement marqué ?

Moyave En bien ?

Loïc Oui, en bien.

Moyave Voilà. Si je vais résumer la fraternité que j'ai et que j'ai eue avec mes camarades, ce qui m'a frappé aussi en bien, c'est que, et ça je l'ai tout le temps dit, l'armée a ses qualités a ses défauts, des fois quand on est sous contrat on ne voit que les défauts mais quand on prend un peu de recul on se rend compte que quand on arrive en tant que jeune adulte 18 ans, 19 ans même il y en a ils sont engagés à 17 ans dans l'armée l'armée finit notre éducation c'est à dire qu'elle nous apprend des traditions, des valeurs apprendre à bien se tenir à bien se comporter en société, respecter la parole donnée, être à l'heure, faire bien un travail, parce que sinon on doit le recommencer, et sinon on est puni, donc ça nous apprend, ça finit notre éducation de jeune homme, ou de jeune femme, je pense, le fait de faire un contrat à l'armée, ça j'en garde un bon souvenir parce que ça m'a aussi je pense ça a participé à être ce que je suis aujourd'hui je pense à quelqu'un de loyal, quelqu'un de carré il aime le travail bien fait voilà j'ai mes défauts mes démons comme tout le monde mais en tout cas là dessus c'est l'armée qui m'a apporté tout ça

Loïc c'est hyper intéressant je ne m'étais pas noté ce type de questions mais du coup je saute sur l'occasion est-ce que tu intègres ça dans ton éducation pour tes deux enfants qui je crois sont en bas âge encore

Moyave ouais mes enfants ils sont tout petits le fait de

Loïc tu vois cette discipline, la rigueur finalement de les responsabiliser peut-être qu'ils sont encore trop petits je ne sais pas mais je suis curieux

Moyave si ça t'a retenu mon grand j'essaie de responsabilité de le responsabiliser à fond malgré des fois il y a des petites amies proches avec la maman d'ailleurs après moi je suis un papa poule en vrai mais oui quand il faut quand il faut être rigoureux sur quelque chose j'explique à mon fils les tenants et les aboutissants pourquoi il faut se comporter comme ça pourquoi quand on dit quelque chose il faut le faire pourquoi il faut être gentil dans la vie pourquoi qu'il parte du bon pied avec le pied à l'étrier et le bon étrier c'est compliqué avec des enfants qui ont 3, 4, 5 ans pour leur faire comprendre les choses encore à cet âge là ils n'ont pas conscience mais en tout cas on essaie de transmettre certaines valeurs que moi j'ai reçu

Loïc il y a plein de points communs avec le code moral du judo je trouve dans tout ce que tu as évoqué

Moyave exactement le judo pareil c'est une grosse partie de ma vie j'ai commencé à 6 ans j'en ai toujours fait j'ai goûté j'ai goûté un peu au niveau avec les premières divisions équipe les premières divisions en indiv j'ai pareil quand on est dans une équipe de judo dans un club de haut niveau. Moi, je passais par Poissy, je suis passé par Blanc-Ménil, par Argenteuil. Pareil, l'équipe surtout à Poissy, c'était une bande de copains, on souffrait ensemble à l'entraînement, on faisait les stages ensemble, enfin on partait en stage ensemble en Allemagne, en montagne, etc.

Loïc Ah, les stages en Allemagne.

Moyave À Cologne. Et du coup, voilà, ça parentait un petit peu à ce que j'ai aussi vécu l'armée j'ai toujours avec le judo appris à vivre un peu en groupe donc c'est un peu pareil j'ai retrouvé ça à l'armée aussi et c'était assez cool t'étais quel qu'a t'es en judo ? j'ai été moins de 100

Loïc ah ouais moins de 100 ok ok

Moyave plus de 90 pour les équipes et moins de 100

Loïc ok ok ok et KD t'étais quoi t'étais déjà t'étais en plus de 90 du coup

Moyave en KD non en KD j'étais en moins de 81

Loïc ah t'es en moins de 81 ok ouais ok ok bah on se sera croisés alors j'étais en moins de 90 gros régime permanent mais moins de 90 quand même jusqu'à ouais début de junior

Chasseur ok

Moyave t'es quelle génération au judo moi je suis 90 90 tu es la génération juste après moi je suis la génération Riner Pietri

Loïc moi Pietri c'est pareil j'ai fait mes premiers championnats de France avec lui on était dans le même train parce que le pôle France de Nice et de Marseille montaient ensemble donc je me revends encore dans le taxi avec son père sur le retour des premiers championnats de France je crois qu'il avait fait 3ème ou pas de podium je ne sais plus moi j'avais perdu en finale mais du coup une génération en dessous de Teddy mais ça se trouve on s'est croisé à Oulgat ou tu vois sur des stages comme ça Oulgat

Moyave j'ai jamais voulu faire sur des labels sur des labels ou peut-être sur les premières div

Loïc ouais marrant incroyable on est du coup si on revient sur l'armée donc fin de tu décides de mettre un terme à ton contrat si tu peux nous faire un petit récap au bout au bout de combien de temps

Moyave bah c'est scindé du coup donc j'ai fait un premier contrat de 5 ans et ensuite je suis retourné après quand j'étais en dispo de police un certain temps ok

Loïc tu as eu tu as eu du coup entre ces deux expériences donc il y a eu la police encore une fois il y a tellement d'étapes intermédiaires t'as repassé des sélections donc 2012 c'était le premier RPI marin c'est ça ?

Moyave ouais et le CRP aussi

Loïc et le CRP

Moyave je l'avais pas eu le CRP je l'avais pas eu à cette époque là

Loïc il y a aussi eu un événement tragique dont tu parles dans le livre ton t'es le

Chasseur moi je suis l'aîné de la fratrie

Loïc l'aîné d'une fratrie oui vous étiez trois frères vous étiez trois frères exact et ton petit frère Joseph du coup tu expliques dans le livre qui décède dans un accident de la route en 2012 du coup j'ai deux questions par rapport à ça la première c'est je fais gaffe toujours parce que je veux pas que ça paraisse comme étant des questions un peu voyeuristes etc tu expliques dans le livre que ça a eu forcément un impact énormissime sur ta vie et notamment dans tes choix que t'as faits à ce moment là

Moyave ouais exactement

Loïc comment qu'est-ce que au-delà des choix que tu as dû faire parce que tu as finalement décidé de prendre une orientation de carrière différente de celle sur laquelle tu t'es engagé voilà tu avais de ce que j'ai compris en te lisant tu as perdu un peu la flamme à ce moment-là comment est-ce que ça maintenant avec quoi 10, 13 13 ans de recul tu dirais est-ce que est-ce que tu as réussi à tourner la page est-ce qu'on se remet de la perte d'un petit frère et je te demande parce que moi j'ai beaucoup de petites sœurs donc ça me terrorise un peu toujours ces scénarios

Moyave on apprend quand on perd un proche on apprend à vivre avec sans dans le cœur on va dire c'était un peu cata et cataclysmique pour moi parce que il est décédé quelques mois après être rentré d'Afghanistan il y avait voilà c'est toujours ça reste quand même une mort violente donc on s'y attend pas c'est pas ça vient pas d'une maladie on peut s'y préparer gentiment donc c'est toujours cata puis au début j'ai été très bien soutenu par par l'armée qui a très bien géré le début ensuite le problème et c'est ce qui m'a fait aussi quitter derrière c'était la gestion de l'après parce que bon il y avait ça a été quand même comment dire j'ai eu du mal à gérer les mois qu'on suivit et en plus j'étais en fin de contrat du coup donc il y avait cette partie de moi en plus le bataillon était en alerte ça ouvrait le Mali potentiellement ma compagnie on devait partir au Mali avec l'alerte qui avait été qui avait été faite donc c'était soit je me réengage et je pars pour le premier PMA ou je pars au Mali ou soit je quitte Et en fait, j'ai été, comment dire, la disparition m'a trop impactée. J'ai commencé à faire nympes, je faisais des fractures de fatigue parce que je faisais énormément de sport. Pour, en fait, je palliais la tristesse par quelque chose. beaucoup de sport fractures et après j'ai été mal managé par un chef de section qui a fait que j'ai voulu me rapprocher des miens et que j'ai pas voulu me réengager donc voilà j'ai quitté et puis j'avais passé les concours police et gendarmerie et du coup c'est ce qui a fait que je suis parti dans la police derrière

Loïc La police alors t'en parles tu finis dans les 5 premiers si je ne me trompe pas parce que tu as été tellement de fois majeur de promo dans tes différents tests, examens etc. on finit par s'y perdre mais très souvent tu disais soit majeur soit dans les tout premier. Et on te propose du coup, c'est un système d'affectation au mérite en fait, c'est les plus méritants, ceux qui réussissent le mieux aux examens, qui choisissent où ils vont globalement au moment des affectations. Et toi, apparemment, à la surprise générale, t'annonces Seine-Saint-Denis. Ouais, exactement. Et apparemment, la personne qui gérait les affectations en live du coup, parce que tout le monde est dans une salle, c'est ça, tu vois en fait les places défilées.

Moyave On voit les places défilées et toutes les écoles sont reliées par le en communication et chaque élève qui arrive à son classement il choisit son poste mais ça peut être un élève de OASEL comme ça peut être un élève de Nîmes comme ça peut être un élève de Périgueux etc

Loïc Et donc là en live la personne qui supervise on va dire ce système d'affectation essaie de te dire vous pourriez aller n'importe où là vous êtes sûr de ce que vous faites ?

Chasseur Exactement

Moyave sur le papier il y avait des postes qui était plus intéressant mais que je voulais absolument aller à 5.93 c'était quoi le drive c'était l'action l'action mais pour rebondir sur tout ce qui est je dirais pas l'excellence mais de vouloir performer toujours l'esprit de compétition ça vient aussi du judo en tant que compétiteur et il y a mon enfance qui a fait aussi beaucoup mais l'armée aussi l'armée on part en stage et bien en stage quand on termine dans les dans les premiers on est pas assuré mais on va repartir dans des stages qui seront encore plus intéressants où on fait un stage et pour avoir un grade plus tard et bien les premiers passeront avant les derniers etc etc donc ça m'a un peu ça m'a un peu formé à ça cet esprit de compète qui est sain de vouloir être le meilleur pour avoir la satisfaction et la satisfaction du travail bien fait et puis potentiellement pouvoir aller plus loin derrière et puis en fait je me suis toujours défini comme un prouveur j'ai besoin de prouver à moi même et même parfois aux autres que j'ai ma place que je suis meilleur ça peut être sain ou malsain pour certains je me définis comme ça c'est un peu mon mode de fonctionnement et aujourd'hui je pars dans un nouveau dans une nouvelle formation par exemple et bon aujourd'hui je fais pas trop attention au classement dans la promo mais je sais que l'objectif au concours de la 6ème année pour les EDN, pour le classement et pour la spécialité, c'est de vouloir faire un top 50. Il faut bosser pour faire le top 50.

Loïc Énorme. Là, d'ailleurs, tu es en deuxième, troisième année ?

Moyave Là, à trois.

Loïc Troisième, ok.

Moyave Ouais.

Loïc Ok, donc 2028, c'est l'année. C'est l'année du top 50.

Moyave Exactement.

Loïc Excellent. Donc, la police... C'est intéressant ce que tu disais. Finalement, en vrai, tu disais un peu plus tôt que l'armée t'avait apporté plein de belles valeurs même s'il y a beaucoup de choses qui fonctionnent pas bien dans l'armée comme partout mais que là dessus clairement c'est ce que t'en as à retirer et encore une fois je veux pas faire le philosophe de bas niveau mais finalement ça devrait être ça partout la méritocratie, le fait de devenir une meilleure version de soi-même c'est bien pour soi, pour son estime de soi, pour le collectif parce que si chacun est un peu meilleur que la veille au final on gagne tous encore plus donc c'est intéressant ce que tu partages exactement

Moyave ça c'est quand même cultivé je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui je pense que ça reste de culture dans nos armées la méritocratie t'es un bon petit jeune on va te donner toutes tes chances pour prendre un grade voire même passer de militaire du rang à sous-offre même de militaire du rang à officier on va te donner tes chances la pyramide on peut la grimper assez rapidement t'es une petite crevure tu resteras là où t'es on te poussera vers la sortie et tu sortiras par la petite porte l'armée reste quand même comme ça et je pense c'est un bon système et c'est pas le système que j'ai retrouvé dans la police par exemple

Loïc c'est vrai que tu en parles de ça dans le livre notamment de la fraternité, la connexion entre les gens que la police c'est finalement ton expérience en tout cas c'était on arrive au boulot, on fait le boulot et on repart rentrer chez soi le simple fait par exemple l'inverse de l'armée, de ne pas dormir sur le même lieu de partager des moments extra en dehors des activités de la journée de ce que tu disais, toi tu as vraiment vu une différence

Moyave j'ai vu une différence globalement dans la police après je ne peux pas dire que c'est partout pareil je passe dans une unité qui s'appelait le GSO qui était le GSO 75 dans laquelle je restais quand même un certain temps où mes collègues étaient mes copains il y avait une grosse cohésion c'était un groupe on fonctionnait en groupe on ne fonctionnait pas individuellement il y avait des chefs de groupe il y avait des chefs d'équipe des opérateurs et donc voilà ça je l'ai retrouvé comme à l'armée quand on avait une lettre de félicitation ou une médaille tous les copains étaient contents pour celui qui recevait la distinction il n'y avait pas de jalousie néanmoins dans les autres unités dans lesquelles je suis passé que ce soit les unités de voie publique et encore je vais même faire une aparté parce que dans la brigade de sécurité il y avait aussi cette mentalité là de cohésion énorme c'était la BSQISD la brigade de sécurité de quartier de l'île Saint-Denis et de la gare de Saint-Denis il y avait grosse cohésion c'était génial c'était aussi les copains mais je passe dans d'autres unités où c'était chacun pour soi et Dieu pour tous où quand l'un avait une distinction au lieu de félicitations l'autre ne comprenait pas pourquoi il ne l'avait pas aussi et si ça pouvait te marcher sur la gueule pour arriver à assez fin, ça le faisait, mais volontiers et avec le sourire. Donc, voilà, je ne me suis pas retrouvé là-dedans. D'ailleurs, j'ai fui Saint-Denis le commissariat à cause de ça le plus rapidement possible. Parce qu'il y avait quand même pas mal d'éléments à Saint-Denis qui étaient plutôt qui nécrosaient un peu l'ambiance.

Loïc vu ce que tu décris j'imagine que ça ne donne pas forcément envie de rester surtout si avant tu as connu un contexte où les gens étaient extrêmement fraternels, soudés et plutôt de ce que tu dis à l'armée, de ce que tu as vécu en tout cas il y avait l'exigence mais l'exigence bienveillante

Moyave exactement je l'ai connu d'ailleurs après l'ouverture du feu à Saint-Denis au début voilà tu fais le job j'attendais pas spécialement de reconnaissance plus qu'un autre qui était sur l'intervention néanmoins voilà et d'ailleurs j'ai toujours fait passer enfin je me suis jamais tiré la couverture parce que je déteste ça donc à chaque fois qu'on ramenait cette intervention à moi je soulignais bien aussi que j'étais pas seul et qu'il y avait aussi d'autres fonctionnaires ce jour là qui avaient été là et qui heureusement avaient été là d'ailleurs c'était un travail en synergie mais tu vois malgré ça derrière les comment la les chefs à l'époque ont décidé pour les remises de récompense de classer celui qui avait le plus fait à celui qui avait le moins fait et tu passes je parle pour ma part tu passes d'une personne on va dire disait moi au début j'étais un héros puis après tu passes un blaireau parce que pourquoi lui il a eu la plus que moi pourquoi machin pourquoi ceci, pourquoi cela ouais moi ça m'a je dis pas que j'en ai souffert mais ça m'a quand même agacé

Loïc ouais je comprends, disons que c'est pas forcément une émulation hyper positive je peux comprendre que ça ça tire pas forcément le collectif vers le haut si c'est ça que tu retrouves partout mais tu viens d'évoquer là du coup hyper rapidement une intervention que tu t'écris vraiment en détail dans le livre alors je n'avais pas prévu de faire non plus un trop gros arrêt sur l'image là-dessus parce qu'on en a déjà beaucoup parlé dans d'autres médias notamment je crois sur les légendes où tu en parles énormément je pense que tu t'en vas voir un peu ras-le-bol aussi de tout le temps raconter les mêmes choses mais si je synthétise et s'il te plaît tu me dis si j'oublie des éléments importants mais seulement un mois après être devenu policier donc un peu le rebelote de ce que tu avais vécu à l'armée, tu viens à peine d'arriver dans un nouveau contexte t'es gardien de la paix police secours et tu te retrouves comme à l'armée avec ton copain légionnaire et après toutes ces missions où c'est devenu un peu chaud tout de suite confronté au feu tu te retrouves c'est une espèce de course poursuite suite à un braquage où tu te retrouves face à un braqueur fiché S qui met deux balles dans la tête de ton collègue Yann si je me souviens bien tu te retrouves face à lui tu fais usage de ton arme il se trouve que ce braqueur fiché S finira par décéder peu de temps après et immédiatement tu prodigues des premiers soins alors à ton collègue évidemment mais si j'ai bonne mémoire à lui aussi et ton collègue alors ça c'est vrai qu'on n'a pas encore trop parlé mais je sais pas si toi tu considères que tu lui as sauvé la vie mais en tout cas tu lui prodigues des premiers soins et ces premiers soins ils sont possibles 1. de par ton expérience dans l'armée où tu t'étais formé sur ce sujet et deux par le fait que tu avais décidé toi de t'équiper à titre perso de ta petite trousse de premier soin dans ton véhicule de patrouille et qui du coup t'as bien servi ce jour là et si j'ai bien retenu ce que tu as écrit dans ton livre qui depuis est globalement utilisé par plein d'unités de police comme un cas d'école il faut que les gens soient formés équipés et prêts à intervenir

Moyave exactement en fait pour revenir c'est pas je c'est comme je disais 5 minutes avant c'est on parce que c'est un travail vraiment voilà on était beaucoup beaucoup d'intervenants sur cette sur cette sur cette intervention là donc effectivement on a fait on a fait les premiers soins à Yann néanmoins j'étais seul il y avait quand même il y avait du taf sur Yann donc seul je ne pouvais pas tout faire j'avais pas 8 bras donc heureusement que j'étais accompagné de 2 collègues sur Yann quand j'ai commencé à le médiquer parce que concrètement

Loïc il était encore conscient enfin complètement

Moyave demi conscient

Loïc si on parle

Moyave en Glasgow il devait être un Glasgow 5, 6, 7 c'était assez compliqué c'est quoi un Glasgow ? c'est l'état de conscience c'est un état un peu neuro si je dois simplifier un peu les choses d'une personne qui est médicalisée

Loïc ok donc c'est quoi c'est une échelle de 0 à 10 et à 10 t'es inconscient c'est ça

Moyave non c'est une échelle on peut pas être à 0 0 on est mort 3 à 15

Loïc ok

Moyave et voilà il avait un Glasgow qui était quand même préoccupant

Loïc donc toi et moi là on est on est 15 actuellement nous on est à 15

Moyave 3 c'est que tu réagis à rien quasiment t'es dans le coma

Loïc d'accord ok

Moyave donc voilà préoccupant il y avait du travail à faire sur lui et heureusement que j'étais pas seul là dessus et c'est un travail d'équipe après aujourd'hui effectivement c'est moi qui c'est moi qui en parle les autres sont restés dans la police et puis avec le livre etc j'ai été un peu mis en avant là dessus mais voilà je tiens à remettre un peu l'église au milieu du village le clou chaud au milieu du village en disant que j'étais pas seul pareil sur l'intervention pour neutraliser le breaker c'est un travail d'équipe après j'ai pas envie de me tirer la couverture à ça on était plusieurs on a fait le taf, on a bien fait tant mieux au final personne de notre côté est décédé

Loïc ce qui est un miracle pour Yann je ne suis pas du tout un expert médical

Moyave les étoiles se sont bien alignées pour Yann il a pris plusieurs projectiles et en plus ce jour là le médecin des pompiers qui était un des médecins de la de la BIPP qui est venu le médicaliser hélas c'est le médecin on a entendu parler il n'y a pas longtemps il s'est donné la mort c'était Franck Calamé et Franck a aussi beaucoup oeuvré pour que Yann reste en vie jusqu'à l'arrivée à l'hôpital et au final c'est pareil toujours un travail d'équipe nous en primo intervenant puis après l'équipe des pompiers de Paris avec le médecin des pompiers de Paris qui l'a maintenu qui l'a maintenu et puis après le travail à l'hôpital avec le neurochirurgien etc

Loïc est-ce que maintenant que t'es dans le on va dire un peu plus au fait médicalement parlant tu vois de j'imagine t'as beaucoup gagné en savoir en connaissance etc en 3 ans même si tu te concentres plutôt sur la podologie si je me trompe pas

Chasseur non non non le podologie je suis podologue

Moyave là je suis vraiment en médecine ok d'accord c'est paramédical là je m'orient plus si je peux ça dépend de mon classement mais j'aimerais bien m'orienter sur une spécialité de chirurgie ou une spécialité de réanimation

Loïc ok désolé pour la confusion mais du coup est-ce que maintenant aujourd'hui que tu vois t'engranges ces connaissances médicales qui je suppose sont quand même beaucoup plus pointues que ce que tu avais fait à l'armée est-ce que cette situation tout ce qui s'est passé ce jour là, les gestes que tu as effectués que vous avez effectué la manière dont Yann a récupéré parce que dans ton livre il y a une photo d'Yann alors voilà c'est une photo dans un livre qui n'est pas une photo pleine page mais de ce qu'on voit sur la photo on croise dans la rue enfin moi qui n'y connais rien tu te doutes pas que ce gars a pris deux balles dans la tête donc est-ce que ça te parait encore plus exceptionnel ce que tu viens de raconter maintenant que tu t'es plus sachant ou pas forcément

Moyave clairement ouais clairement Yann a eu beaucoup beaucoup de chance Yann avait une bonne tour au-dessus de lui

Loïc c'était c'était le jour s'il avait pu finir la journée en Glasgow 15 où il fallait jouer au loto mais c'était pas possible

Moyave c'est ça ouais en gros Yann a eu beaucoup de chance il en est conscient il le sait puis on lui a dit les médecins lui ont dit qu'il a eu de la chance bon après il y a eu aussi sa condition physique qui a fait qu'il tienne le coup même encore aujourd'hui avec un il a quand même des invalidités, un handicap aujourd'hui il continue de faire beaucoup de sports je l'ai revu il y a quelques semaines il est athlétique donc c'est sa condition physique qui a fait qu'il a pu survivre à tout ça

Loïc écoute tu me fais une transition parfaite sur le sport le sport toi très clairement tu me disais que tu as commencé le judo jeune ça a contribué à forger d'abord le jeune homme que tu étais puis sans doute à t'inculquer des valeurs que tu as retrouvées dans l'armée bref c'est clairement une partie importante de ta personnalité à quel moment quelle place ça a aujourd'hui le judo le sport en général et à quel moment est-ce que le MMA en particulier a commencé à faire son arrivée pour toi

Moyave le judo aujourd'hui il a juste une place le mercredi après-midi quand j'en amène mon petit au judo ok bizarrement il y a eu un moment au judo où j'arrivais plus à mettre le kimono j'avais plus envie de faire de régime c'était devenu t'as connu une semaine sur deux être en régime pour aller à un label ou pour aller au premier div ou pour aller je sais pas moi sur une compétition internationale voilà j'en pouvais plus m'entraîner X heures par semaine pour gagner des clopinettes pareil ça c'était plus possible donc aujourd'hui j'ai mon fils en face il s'éclate en en faisant le jour où il me dit je veux arrêter il arrête et après j'ai toujours été dans les j'adore les arts martiaux c'est vraiment des sports la plupart des arts martiaux où on ne peut pas se cacher. C'est des sports où on s'affronte et c'est le meilleur qui gagne. Il n'y a pas le plus stratège, le plus fort qui va gagner. Ça m'a toujours plu ce côté martial. J'ai toujours aussi beaucoup aimé la boxe, surtout la boxe anglaise. donc après bizarrement comme je faisais beaucoup de alors j'ai arrêté le judo certes mais je faisais beaucoup de sol beaucoup de grappling et de jute brésilien mais pas en kimono sans kimono donc en nogi et c'est vraiment un domaine dans lequel j'aimais pratiquer ce sport là et puis j'adore la la boxe. Donc, j'ai glissé gentiment vers le MMA. J'ai commencé à m'entraîner en MMA. Après, on avait un groupe d'amis en commun. Il y avait Benoît Médencenny qui faisait partie de ce groupe d'amis. Et puis, comme je l'explique, pendant le COVID, j'ai fait un peu une salle de sport pour m'entraîner. Enfin, une salle de... Enfin, un club qui était ouvert pour les pros, pour aller s'entraîner. Et puis, Benoît m'a dit, vas-y, viens. rejoins-nous. J'ai rejoint un peu la marche avec Benoît. C'est ce qui a forgé un peu notre amitié en plus. Benoît, à l'époque, il commençait à combattre au Brave, l'organisation de Bahreïn. Et puis, petit à petit, j'ai continué à m'entraîner. Je suis content d'aller à l'entraînement. Après, on a changé tous les deux d'entraîneur de club on s'est retrouvé l'année dernière pendant un moment puis lui il a suivi l'entraîneur lequel on avait qui est parti de mon club que j'ai en ce moment et puis moi je suis resté dans le club au Mahmoudi Gym où il est parti avec Nicolas Hoth Nicolas Hoth en fait avant était au Mahmoudi Gym et puis voilà mais on est toujours bon copain bon ami c'est quelqu'un qui prend de nouvelles souvent, quand il prépare un combat et qu'il est sur Paris, on mange ensemble. Enfin, on a un groupe d'amis, donc on essaie de se voir tous ensemble. Je sais que Benoît, il sait que s'il a besoin de moi, je serai là. Et je sais que quand j'ai besoin de Benoît, je sais qu'il sera là.

Loïc C'est fou parce qu'en fait, du coup, à force d'interviewer des anciens militaires, certains sont connus publiquement en fait j'ai l'impression et tu me dis si je me trompe mais vous êtes un peu j'ai l'impression que c'est une bande de copains qui est il n'y a pas tant de copains que ça dans la bande enfin vous êtes pas vous connaissez tous un peu quand même tu vois Benoît Saint-Denis ton livre il est t'as t'as une préface de Benoît Saint-Denis mais t'as aussi un hommage de Alex Francesaès qui est genre qui est méga connu et en fait sur les photos je me rends compte je me dis attends mais c'est Guillaume Malkany ah mais ça mais c'est Louis XVI mais tu vois, finalement, vous vous connaissez tous.

Moyave Ce monde est très petit. Alors, le cercle d'amis, Alex fait partie de ce cercle d'amis que je citais avant. Et puis, le monde des unités spécialisées est très petit. Donc, le jour où il y a un mytho, ça se sait assez rapidement.

Loïc Voilà, c'est l'avantage.

Moyave C'est compliqué de mentir trop longtemps, tu vois. ensuite ensuite ouais bah oui tout le monde se connait plus ou moins donc quand tu me parles de quelqu'un forcément je vais t'as dit oui je sais qui c'est on a déjà communiqué ensemble on a des amis enfin on a des copains en commun donc ouais c'est un petit monde après l'armée est grande mais il faut toujours quelqu'un qui te connait quelqu'un que tu connais tu vois c'est toujours tu croises quelqu'un de tel régiment tu vas te dire tiens j'étais en stage avec un tel tu l'as pas déjà vu ah si si je le connais il y a un tel compagnie machin tu c'est assez drôle

Loïc la grande famille

Moyave ouais c'est une grande famille bon bah on s'entend tous plus ou moins bien puis on a les tu sais les Tous nos tontons alcooliques. Un peu relou, mais tu vois, tout le monde se connaît plus ou moins, on va dire.

Loïc Oui, énorme. Puisqu'on parle d'amis et de famille, alors, je n'ai pas orienté mes questions sur des sujets sérieux ou des expériences négatives, mais dans ton livre, il se trouve que tu en évoques quand même, j'ai quand même l'impression que tu es passé par pas mal d'épreuves dans la vie qui t'ont forgé. t'évoques tes syndromes de stress post-traumatique et j'enchaîne là-dessus parce que tu viens d'évoquer notamment Benoît et Alex et dans le livre tu expliques que c'est sans doute eux et ta famille qui ont contribué à te sauver est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu à quel moment ces symptômes sont apparus et quels ont été globalement comment est-ce que ça a changé ta vie avant que tu t'en tires par le haut c'était quoi les impacts à quoi ressemblaient tes journées comment ça se manifestait

Moyave en gros les symptômes ils ont commencé à être à apparaître on va dire en fin d'année 2020 ça c'était pas bon c'était un peu comment dire chiant on va dire au quotidien mais ça se gérait plutôt pas trop mal c'était plutôt des petits flashs des petites pensées intrusives des cauchemars mais bon c'était pas très bruyant et là du coup j'ai commencé à j'ai commencé à consulter un psychologue dans mon coin sans spécialement parler à quiconque

Loïc Donc tu as eu la lucidité à ce moment-là de te dire je ne vais pas bien.

Moyave Moi, je n'ai pas de problème à dire ça ne va pas. Je vois un professionnel de santé qui est spécialisé dans MIMO. Je n'ai pas de problème avec ça. Je suis allé, j'ai fait des séances. Ça ne se majorait pas. Je me disais tant mieux. J'ai arrêté un petit peu. Et puis, j'ai quand même de plus en plus de mal à cause de ça aussi, je pense, de retourner d'aller au service d'aller dans la police donc j'ai décidé de et pourtant j'étais dans une très très bonne unité spécialisée dans un stade de renseignement un truc un peu unitiste de la police donc voilà mais j'y arrivais plus c'était tu vas reculons voilà j'ai pas fait les bons choix au bon moment je pense pour le déroulement de ma carrière et donc j'avais du mal j'avais du mal et je revenais en plus de l'armée j'avais quitté l'armée inapte parachutiste parce que je m'étais blessé ah oui c'est vrai inaptitude définitive etc donc un petit coup un coup dur aussi tu vois donc

Loïc oui parce que ça te fermait la porte des unités des forces spéciales que tu

Moyave ah exactement bah ouais comme je disais tu vois j'étais au GSO à cette époque là je réussis les tests je pars je fais la formation tout va bien et puis un jour en manip ça se passe moins bien tu te blesses une fois ça revient deux, trois au bout d'un an tu pars dans un spécialiste de ta militaire et te dis il est un peu définitif et donc quand tu reviens on te dit soit tu pars dans un régiment un régiment de conventionnel de la conventionnelle mais qui n'est pas para soit tu te casses tu reprends tu mets fin à ta disponibilité police et tu reviens en police clairement en police je gagnais beaucoup mieux ma vie parce que la police est quand même bien mieux payée que dans l'armée si t'as pas la prime para et je perdais ma prime para du coup je pouvais plus être parachutiste donc voilà je suis parti je suis revenu au GSO dans l'unité dans laquelle j'étais c'est comment dire si je dois un peu imager tout ça c'est c'est pas l'unité

Loïc spécialisée en ouverture de serrure à 200 portes par an c'est pas celle-là

Moyave le GSO c'est celle-là c'est celle-là c'est celle-là c'est une très bonne unité c'est une très belle unité très grosse cohésion j'avais mes copains j'étais ça faisait longtemps ça faisait un certain temps que j'y étais donc tout se passait bien mais c'est une unité tremplin pour les groupes d'intervention comme le RAID ou la BRIPP ou une BRI nationale et tu réussis les tests pour aller de la pointe de l'épée donc c'est comme si je sais pas moi tu joues tu joues au foot et tu joues tu joues en régional enfin en national aller en national et puis il y a un recruteur qui vient et qui te dit bah tu vas commencer à jouer au football dès la semaine prochaine au PSG en équipe 1 ouais et puis d'un seul coup bah tu te blesses et tu reviens tu reviens en national donc c'est le coup dur quand même moi en tout cas je l'ai vécu comme ça c'est pas comment moi je l'ai vécu c'est pas pour dénigrer quoi que ce soit mais c'est tel quel donc j'ai du mal à m'en remettre et j'ai décidé de partir dans une autre unité spécialisée je peux pas vraiment trop en parler qui est une tête de renseignement qui est très opérationnelle aussi je pensais que ça allait me plaire aussi sauf qu'il commençait à y avoir certains mots cauchemars, pensées intrusives etc et en plus ça l'a pas fait et ce qui a fait dégénérer tout ce truc là c'est que je commençais vraiment à ressasser ressasser ressasser et ce qui a fait exploser le truc c'est en fait un jour avec avec alex on a on a en écoutant alex avec connaissance à nous qu'elle exprime ça c'est un très un ami un très bon ami un meilleur ami je pense même il a eu connaissance donc lui il y a une société qui s'appelle Chiron il a eu connaissance qu'une personne qui était un escroc notoire était en Pologne c'était au début de la guerre en Ukraine et qui était en Pologne il est frontière Ukraine et qui essayait de vendre des armes de l'équipement balistique etc en se faisant passer pour quelqu'un de Chiron et il a réussi à le manipuler pour le rencontrer quand il est retourné en France donc nous on en a Moi, il m'en a parlé, il devait rencontrer la personne à un rendez-vous, c'était une personne qui était recherchée par la police, il était recherché par la police. donc moi j'ai comment dire rendu compte pas à ma hiérarchie directe pour le coup j'ai rendu compte à un autre site de renseignement parce que c'était quand même assez sensible le gars il était en Ukraine c'était au tout début les sites de renseignement cherchaient à savoir les français qui partaient etc donc il devait l'interpeller quand on était au contact avec lui et puis au final ça s'est pas fait donc voilà ça a été interpellé par une autre unité il s'est avéré que quand ils l'ont passé au fichier qu'il était recherché pour des escroqueries pour viol c'était une personne vraiment peu fréquentable

Loïc un bon élément de la société

Moyave voilà c'est ça une bonne vermine et d'ailleurs il s'appelle Tony Péion, il a été jugé pour Pabla il y a l'année dernière, il a pris je ne sais plus combien d'années de prison pour plusieurs viols, enfin bref. C'est vraiment le diable au corps. C'était le personnage, le diable au corps. Et en fait, ça a été mon unité, moi je n'en ai pas parlé à mon unité parce que moi j'avais commencé une reconversion professionnelle pour être pédicure-podologue en parallèle. Et voilà ce que je le syndrome post-traumatique commençait à être trop présent c'était quelque chose que je taisais, que je disais à personne et puis là en fait bref, il y a eu pas mal de ils ont su ils m'ont considéré comme une barbouze ils m'ont dégagé j'étais dans une unité qui était secret des frances j'étais dégagé comme à moins que rien et puis en parallèle je disais que ça n'allait pas non plus du tout depuis quelques temps avant tout ça pas de soutien et c'est là que ça me fait péter les plombs donc et c'est là où ça a commencé à dégénérer plus plus

Loïc Au moment où ça dégénère plus plus, donc tu dis que t'as déjà que t'as aucun problème avec à solliciter de l'aide extérieure de professionnels qui sont spécialisés pour traiter certains maux, toi en l'occurrence c'était pas forcément des mots physiques tu capes tout de suite qu'après cette décision où tu te fais globalement lâcher tu capes tout de suite que ça part en vrille et qu'il faut que tu passes à la vitesse supérieure en termes d'aide ou pas vraiment

Moyave ouais ouais et j'ai essayé au début que le service de la police commence à me suivre s'appelle le SSPO de psychologie opérationnelle de soutien psychologique ils sont pas si opérationnels que ça je me suis débrouillé tout seul grâce à un médecin qui est dans la police qui gère la médecine de prévention qui m'a quand même beaucoup aidé et puis après je suis allé dans un centre spécialisé pris en charge etc mais bon c'est pas grâce à l'administration je

Loïc alors déjà un je suppose qu'on te l'a déjà dit plein de fois mais je trouve c'est c'est hyper impressionnant que t'aies cette capacité à en parler de manière aussi ouverte aujourd'hui, tu vois moi je reçois quand même beaucoup notamment de sportifs et sportifs de haut niveau qui parfois m'expliquent que prendre un préparateur mental alors peut-être moins on va dire sur la dernière année et demie du podcast mais quand j'ai lancé en 2020 parfois on leur demandait s'ils allaient bien quand ils expliquaient qu'ils avaient pris un préparateur mental et je pense que ça reflète assez bien l'état de la et encore une fois même si je pense que ça change, ça reflète assez bien la vision de la société française sur tout ce qui touche au psychologique où ça fait un peu peur on comprend pas donc c'est pas forcément un sujet sur lequel on est méga open non bah

Chasseur même encore aujourd'hui tu vois

Moyave bon certains de mes potes ils ont vécu aussi beaucoup beaucoup de choses opérationnellement parlant ils en parlent pas pour eux ceux qui en parlent c'est des faibles, c'est des mythos pourquoi ? parce que beaucoup s'en servent pour essayer de toucher une rente de telle ou telle institution ah bon ? pas de nom à la radio mais je connais certaines personnes qui se sont fait passer pour traumatiser parce qu'elles avaient entendu un coup de feu en mission à côté de leur véhicule blindé et eux étaient dans le véhicule blindé et en fait ces personnes là desservent les gens qui ont besoin moi je l'ai bien géré j'arrive à le gérer il y a des hauts il n'y a pas mais ces gens là desservent le système et le problème c'est que c'est très dur de de de de de savoir si le vrai du faux

Loïc ouais bah parce qu'on touche à l'invisible là en fait donc c'est sûr que

Moyave exactement tu touches à l'invisible moi je vois des copains qui sont SPT mais plus plus jamais ils te diront que ça va pas jamais ça va aujourd'hui ouais ça va très bien enfin un de mes potes on était sur une formation on était sur un truc il y a un bruit de grenade il s'est mis à sursauter il est devenu tout blanc pourtant on était dans un truc ça c'était une grande exercice ouais et lui jamais il n'ira consulter pour dire que ça va pas peut-être par fierté peut-être parce qu'il veut pas se l'admettre mais jamais il le fera moi j'ai pas de problème avec ça moi je m'en fous tu peux te foutre de ma gueule en disant que que que je suis un faible parce que en tout cas j'ai pas de problème je même ça peut quand c'est bien de l'amener j'ai des copains voilà ils ça taquine ça charrie un peu sur moi ça me fait plus ou moins rire mais mais voilà j'ai pas de problème avec ça

Loïc bah écoute c'est ce que j'allais te dire je trouve ça vraiment bah déjà méga inspirant que t'arrives la manière dont tu l'as géré puisque là tu es passé dessus rapidement mais dans le livre c'est quand même assez clair que tu avais des pensées noires

Moyave ah bah clairement clairement il y a deux ou trois fois enfin deux fois pour être honnête où je m'étais quasiment convaincu ok ce soir c'est ton dernier soir c'est comment tu vas faire tu privilégies quoi une balle dans la bouche la noyade le train en fait quand tu commences à avoir ces pensées là à à détaminer l'heure et le lieu c'est que c'est que là t'es vraiment c'est plus des petites pensées on en a tous je pense des pensées noires toi tu as dû en avoir on en a tous et on en aura tous mais quand tu commences à fomenter un plan pour

Loïc t'es presque comme le moment de non-retour

Moyave exactement c'est là où je me suis bizarrement ça m'a aussi fait peur parce que tu te raccroches en te disant et si tu fais ça t'es pas quelqu'un t'es pas t'es pas un homme, je suis chrétien, c'est interdit dans notre religion de faire ça.

Loïc Tu étais papa déjà à ce moment-là ?

Moyave Oui, j'étais papa. Et en fait, oui, exactement, je me suis raccroché à mon enfant en me disant, mais il ne faut pas que... Moi aussi, il ne faut pas qu'il vive sans père, il faut que... il faut que tu sois là avec lui pour tout le monde de sa vie je me suis raccroché à ça je me suis raccroché à la foi et je me suis fait aider alors il y a eu des psys mais il y a aussi eu moi je suis protestant donc il y a eu la pasteur il y a eu le padré de mon anciennité à qui j'ai beaucoup parlé parce qu'il y avait aussi j'avais un gros sentiment de culpabilité par rapport au sang que j'avais fait couler parce que du sang j'en ai fait couler quand même pas mal donc cette culpabilité là que j'avais qui était devenue trop présente en me disant t'es vraiment un monstre tu peux aller en enfer

Loïc par rapport à ta foi exactement

Moyave en fait c'était c'était le je sais pas ma perception des choses étaient complètement altérées donc t'as l'impression d'être quelqu'un de de mal alors que t'essayes tout au long de ta vie d'être quelqu'un de bien

Policier et c'est ça qui était pour moi très et qui me qui me rendait dingue

Loïc la sortie de cette situation c'est quoi désolé pour l'analogie un peu pourrie mais c'est comme d'arrêter de fumer c'est un interrupteur c'est on off t'as un déblocage psychologique et tu t'en sors ou c'est un processus qui prend du temps

Moyave processus qui prend du temps. J'en suis pas sorti. La dépression, tu t'en sors. Mais il y a des symptômes. Tu en sors plus du processus, j'en sortirai un jour.

Policier Mais tu lis avec.

Loïc Ouais. Et t'as des points de vigilance que tu surveilles pour anticiper pour te rendre compte que potentiellement t'es en train de glisser à nouveau dans une phase pas terrible ? C'est quoi ? C'est des humeurs ? C'est des fluctuations d'émotions ? Tu fais gaffe à ça ?

Moyave Ouais, je suis quand même très attentif à tout ça. Moi, c'est des humeurs, des cauchemars, l'hypervigilance. Ouais, c'est trois choses. après c'est médié beaucoup par la fatigue pour moi aujourd'hui c'est fatigue fatigue fatigue plus plus on va dire

Loïc ouais ce qui doit pas aider ça me fait beaucoup rire l'intro de ton ton interview sur la sueur où je sais pas dans quelle phase t'étais dans tes études en médecine mais apparemment c'était une phase où t'avais eu beaucoup beaucoup beaucoup d'examens etc je disais que t'avais eu des nuits très très très courte

Chasseur ah ouais c'est l'année dernière ouais les questions nerveuses

Loïc ouais exactement tu dis que t'es pas passé loin de l'explosion en vol nerveusement et c'est rigolo parce que j'étais en train de lire tu vois sur la fatigue alors je fais une mini parenthèse mais je suis en train de lire un livre alors je sais pas s'il a été traduit mais c'est Why We Sleep sur qui est apparemment un peu une référence internationale avec un chercheur de Harvard je crois qui a étudié dans les années 70-80 mais visiblement ça fait toujours un peu référence les raisons scientifiques pour lesquelles on dort on pourrait se dire c'est évident on dort parce qu'il faut se reposer mais voilà lui il rentre scientifiquement dans le détail et notamment l'impact que ça a sur le cerveau etc et l'accumulation du déficit de sommeil comment ça influe notre santé à long terme le type de malheur que tu peux développer etc

Chasseur moi aussi j'ai beaucoup lu là dessus j'ai regardé

Moyave beaucoup d'études d'études là dessus en fait quand tu dors tu rentres dans un processus de réparation cellulaire tu rentres dans un processus aussi dans la réparation un peu le nettoyage par différents mécanismes du corps mais surtout aussi de tout ce qui est neuro et plus tu manques de sommeil, moins tu vas réussir à nettoyer tout ça. Ça va favoriser la survenue de certaines maladies, Alzheimer, certaines démenses, etc. Ça favorise la dépression, ça favorise aussi la prise de poids parce que tu vas exprimer une plus grosse quantité d'hormones de la faim qui est la leptine, tu vas aussi avoir une, comment dire, un peu comme les gens qui sont obèses au niveau de cette expression de la leptine, une espèce de résistance à cette à cette enzyme là je crois c'est une enzyme réptive donc donc voilà c'est des sommeils c'était l'éther plus plus si je dois résumer tout ce que je viens de dire en rentrant dans les détails c'est manquer de sommeil c'est c'est pas la folie c'est pas de te faire du bien à court, moyen et long terme. Aujourd'hui, tu vois, quand je révise, là, je passe mes journées à réviser, en plus, c'est une période de partiel, je mets un point d'honneur à dormir 8 heures. Ok. Dormir 8 heures parce que je sais que sinon, le lendemain, il y a une heure catastrophique avec les mains. Tout va me saouler. Enfin, voilà, je peux devenir agressif avec les gens. Je n'ai pas réussi à me concentrer. je vais je préfère bien dormir aujourd'hui

Loïc ouais bah écoute en tout cas encore une fois franchement méga inspirant que t'en parles de cette manière et surtout de voir comment t'as géré tout ça et merci et bravo en fait parce que plus il y a de partages comme ça je pense plus ça ouvre un peu les yeux sur sur ces situations et finalement ça donne quand même de l'espoir ça montre qu'on peut s'en sortir même sans être accompagné dès le début et que comme tu le dis selon ce qu'on a c'est pas forcément curable on peut garder des symptômes mais on peut tout à fait le gérer comme tu es en train de le faire donc franchement bravo à toi

Moyave Merci beaucoup

Chasseur merci de m'avoir reçu

Loïc avec grand grand plaisir avec grand plaisir merci énormément Moyav dernière question pour toi en guise de conclusion est-ce que tu as un message il y a plein de messages qui sont passés dans ton livre encore une fois de sûr et de sang il y a les liens en description de l'épisode je recommande chaudement mais est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais partager pour conclure cet échange qui te tient à cœur

Moyave Ouais, j'ai envie de dire, je le dis dans le livre, mais je vais le redire par une expression, parce qu'en fait, ce livre, j'ai décidé, j'ai accepté de le faire, parce que je me disais que j'avais laissé quand même une trace à ma famille, à mes enfants, à mes parents, à mes frères, mes soeurs, mes amis, c'était je pense quelque chose de plutôt sympa à faire mais aussi ce message où je dis surtout aux jeunes qui quittent l'armée parce qu'ils ont pas envie peut-être de retenir dans un contexte civil où ils ont envie de ils ont envie de voir autre chose que le milieu militaire comme moi par exemple comme d'autres Benoît comme Alex qui est entrepreneur et qui réussit très bien très bien sa vie comme Benoît dans le milieu sportif que aujourd'hui voilà tout est possible il faut juste de la chance peut-être mais du travail qui ne tente rien à rien aussi donc si on a un projet il faut le tenter et puis on n'a pas de on n'a pas de regrets à tenter les choses pour preuve je le dis dans mon livre je pars de rien comme a dit un certain général sur un plateau TV moi je suis un vrai bac moins 5 et aujourd'hui je suis étudiant en troisième année de médecine donc tout est possible

Loïc les futurs top 50 en 2028

Moyave Inch'Allah j'espère mais ça t'as encore aussi le travail je tentais le truc si j'y arrive pas au moins je me serais donné les moyens d'y arriver et ça me fait pas c'est que tant pis plus fort que moi sur les épreuves et félicitations à ceux qui sont devant moi donc je reste quand même fair play on apprend ça et il paraît au judo dans le code d'honneur c'est vrai donc donc voilà après peut-être si ça intéresse les gens de suivre ma vie j'ai un Instapro qui est Mojave et voilà je partage un peu ce que je vis mes différentes casquettes de un jour étudiant un jour un jour je travaille à Chiron un jour je vais je vais me péter au Mamoudi donc voilà

Chasseur les gens qui veulent me suivre voilà bon mes stories partent des fois un peu dans tous les sens parce que tu me vois un coup à la fac deux heures après je sens le tatami mais bon les gens ils restent sur mon insta donc c'est que ça les fait rire

Moyave mais puis voilà ce que je peux se dire aux jeunes c'est qu'ils suivent le projet et quand on a quelque chose dans la tête il ne faut pas l'avoir ailleurs il faut le faire coûte que coûte jusqu'à ce qu'on te dise c'est mort de chez mort parce que moi je suis un forceur j'ai toujours été un forceur quand je voulais un truc même il m'est arrivé qu'il y ait des choses qui me soient passées sous le nez parce que j'étais trop un forceur donc voilà il faut tenter les choses le livre il est fait aussi pour ça pour dire aux gens faites vous kiffer tout le monde le sait je pense qu'on a tous conscience au fond de soi que la vie elle est longue mais vraiment courte à la fois elle peut s'arrêter d'un instant à l'autre comme elle peut durer encore des années et des années donc faites vous kiffer faites ce que vous avez envie de faire de votre vie c'est tout simplement ça c'est pas une fois qu'on est sur son lit de mort qu'il faut se dire ah bah si j'avais su

Loïc c'est clair c'est clair bah écoute encore un immense merci Moïav moi c'est clairement le message que j'avais retenu à la lecture de ton livre et puis même là en échangeant ça fait que le confirmer et t'en es l'incarnation la preuve un parcours de vie hyper divers et en même temps un parcours de vie d'excellence donc vraiment merci énormément pour ton temps dans cet agenda très chargé et puis bah écoute merci à toi peut-être à une prochaine pour un épisode sur je sais pas ta prochaine tranche de vie quelle qu'elle soit

Chasseur je sais pas je sais pas ça se trouve je vais péter les plombs je vais vouloir aller les chèvres

Loïc pourquoi pas si c'est le prochain alignement go des vaches dans le territoire des vaches à Hélène peut-être

Chasseur prochain agriculteur c'est un beau métier aussi merci énormément

Loïc en tout cas c'était un vrai plaisir excellente journée à toi et à une prochaine

Moyave merci beaucoup Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Merci.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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  • Romain Courcier : ex-opérateur 1er RPIMA

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