Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·214 Trail #UTMB #PTL #Tor des Géants

07 août 2025

On parle du Tor des Géants, avec Anne-Charlotte de Froissard

Durée · 1h02 · Transcription disponible

Anne-Charlotte

Le récit

Anne-Charlotte et moi, on a un point commun : on a la chance de pouvoir prendre le départ de l'édition 2025 du mythique Tor des Géants, un ultra trail de 330km et 24,000m de dénivelé positif !

À quelques semaines de l'échéance, on échange sur l'approche d'Anne-Charlotte, sa vision du trail et de l'ultra, sa préparation ou encore le matériel qu'elle pense emporter.

Maman de 3 enfants, ancien expatriée en Chine, Anne-Charlotte est également guide de moyenne montagne en Espagne. L'occasion de revenir sur l'impact de la pratique du trail sur la vie de famille, et les sacrifices auxquels ont doit parfois consentir.

Excellente écoute !

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #146 - BikingMan 2023 : Laurianne Plaçais dévoile les coulisses de sa victoire

👉 Épisode #134 - Finisher de l'UTMB, du rêve à la réalité avec Alix Farque (top 30 féminine 2023)

👉 Mon récit de la PTL : plus de 300km et 26 000m de dénivelé autour du Mont Blanc

Vous pouvez suivre Anne-Charlotte ici ⬇️
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Transcription

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Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Et il me semble que c'est ton premier podcast, c'est ça ?

Anne-Charlotte Exactement.

Loïc Oh là là là, quel honneur, merci.

Anne-Charlotte Merci à toi.

Loïc Premier podcast, c'est fabuleux. Eh bien écoute, j'espère que tu vas te régaler. Ce que je te propose, c'est qu'on commence. Super. Donc écoute Anne-Charlotte, je suis absolument ravi de te recevoir au micro défrappé, en direct de la Mecque, la Mecque du Trail, de la Rando. Tu n'es pas très loin, juste à côté de Chamonix, tu es au Zouche, c'est ça ?

Anne-Charlotte Oui, c'est ça. Je suis au Zouche depuis une semaine.

Loïc Oh là là, merveilleux. Merveilleux. Écoute, ce que je te propose, c'est… Avant même de commencer avec ma première question, un immense merci à Alix. Alix que j'avais déjà reçu sur le podcast il y a… Ça commence à dater maintenant, elle nous avait fait un récap de son UTMB.

Anne-Charlotte Il y a deux ans.

Loïc Il y a deux ans déjà. Oh là là, t'en passes vite. Et Alix qui a pris des nouvelles il n'y a pas longtemps puisqu'elle sait que je prépare le Thor pour septembre 2025, donc un mois et demi au moment où on enregistre. Et elle m'a dit, écoute, j'ai une super copine qui est complètement incroyable, un parcours de vie de fou. Elle fait aussi le Thor, il faut absolument que vous échangiez. Donc voilà, en une phrase, elle m'a convaincue. Elle est go, bingo, on va demander à Anne-Charlotte si elle est dispo. Ah bah écoute, merci Alix. Exactement, un grand grand merci Alix pour la mise en relation. Et puis ce que je te propose Anne-Charlotte, c'est peut-être de commencer par une introduction, une présentation générale, ce que tu fais dans la vie, qui tu es globalement et comment tu t'es retrouvée avec un dossard pour le Thor.

Anne-Charlotte Ok, bon bah écoute, pour commencer, donc moi j'ai 40 ans, je suis maman de trois enfants qui sont maintenant quasiment adolescents. J'habite à Madrid depuis maintenant cinq ans. J'ai vécu, avance à quatre ans en Chine, à Toulouse. J'ai pas mal bougé, on va dire, depuis que j'ai commencé dans la vie active. Et actuellement, je suis guide de moyenne montagne. L'intitulé est un petit peu différent en Espagne et en France. En Espagne, ils disent guide de montagne. En France, c'est accompagnant moyenne montagne, je crois. Depuis à peu près deux ans. Et je me dédie aujourd'hui à organiser effectivement des sorties en montagne. Et je me suis spécialisée avec un partenaire espagnol dans les voyages de trail running. Surtout dans les Pyrénées et dans les Alpes. En France, en Espagne et un petit peu en dehors aussi. Voilà, on a monté quelque chose qui s'appelle, une société qui s'appelle Alta Trek. Et c'est spécialisé dans les sorties en montagne, en trail par étape. On part avec notre matos, un sac. Et on fait des parcours connus ou moins connus en plusieurs jours. Et pour répondre à ta question du Thor. Alors, le Thor, ce n'est pas quelque chose dont j'ai rêvé toute ma vie ou depuis des années. Alors moi, je fais du trail depuis peu de temps. Il faut quand même savoir que j'ai commencé à faire du trail en Espagne. Ce qui peut paraître assez bizarre à Madrid. Il y a beaucoup de gens qui ne le savent pas. Mais à Madrid, on a des montagnes. Et la Sierra de Madrid. Qui pour s'entraîner, etc. On a quand même beaucoup de chance. Parce que c'est à 30-40 minutes. De Madrid. Donc, c'est assez facile. Alors, ce n'est pas les Alpes et les Pérennées. Mais c'est déjà vachement bien. Et je courais. Je courais. J'ai commencé à courir, à faire un peu de sport quand je vivais en Chine. Plutôt en salle. Ce qui est avec la pollution, pas évident. Et en arrivant à Madrid, j'ai continué à courir. Et de manière complètement... Ça a été comme une coïncidence, on va dire. J'ai une amie qui m'a dit à son mari. Qui a dit, tu devrais proposer à Anne-Charlotte. Elle aime la montagne. Elle aime courir. Je suis sûre que le trail, ça lui plairait. Tu devrais l'emmener. Et donc, du coup, il m'a emmené faire une sortie dans la Sierra de Madrid. J'avais mon matos de running, des baskets. J'avais pris un sac à dos, tu sais, avec la poche à bidon du vélo. Je n'avais rien acheté. Et je suis allée faire 20 kilomètres. Et ça m'a beaucoup plu. Parce que c'est vrai qu'en Chine, j'organisais des randos déjà sur la muraille de Chine. Donc, j'avais quand même un peu ce côté montagne. Moi, je suis plutôt montagne. Dans mon enfance, on a toujours été en montagne. Mais on allait faire du ski. Je n'ai jamais été montagne l'été. Ce n'était pas un truc qu'on avait. Nous, c'était montagne l'hiver et plutôt plage l'été. Donc, ce n'est pas quelque chose que j'ai toujours fait. Et voilà. Et donc, j'ai commencé comme ça. Et je me suis initiée au trail de cette manière-là. Et je ne suis jamais revenue à la route asphalto. Et moi, tu vas voir que de temps de temps, je vais avoir des petits mots espagnols.

Loïc À la course à pied classique sur route.

Anne-Charlotte Et donc, voilà. Donc, j'ai commencé à faire du trail comme ça. Donc, du coup, tout ça pour expliquer que le tort, ce n'est pas quelque chose dont je rêve depuis 20 ans. Mais je dirais qu'il y a deux ans, j'ai commencé un peu. Moi, j'aime les longues distances. Je suis plus à l'aise sur les longues distances. Je pense que du fait que j'ai commencé tard, que je ne suis pas toute jeune, entre guillemets, ça marche mieux pour moi quand plus c'est long, mieux je me sens et meilleurs sont mes résultats. Donc, du coup, je suis plutôt sur les longues distances. Et c'est vrai que j'étais, par exemple, moi, je n'ai jamais été attirée par l'UTMB. J'ai fait plusieurs fois le tour du Mont-Blanc. Mais j'étais plutôt attirée par la PTL, par exemple, parce que ce n'est pas du tout le même challenge. Voilà, c'est autre chose. Et le tort, c'est quelque chose qui m'attirait pour la complexité. Et surtout, au-delà du fait que ce soit un espèce de défi de dire, je vais dépasser mes limites, je veux voir jusqu'où je suis capable d'aller, c'est plutôt l'aventure. L'aventure humaine et l'aventure, la préparation qui m'intéresse dans le tort. Et de manière fortuite, j'ai discuté. Je te dirais, quand est-ce qu'on a fait les préinscriptions ? En mars ou en avril ? Tu te souviens, je ne sais plus ?

Loïc Oui, ça va être, j'ai envie de te dire, peut-être un peu plus tôt au février, je pense.

Anne-Charlotte Donc, je dirais qu'en janvier, j'ai eu une conversation avec... Je fais partie d'un club de trail en Espagne, aussi une académie où on fait des entraînements en semaine, etc. Et j'ai eu une discussion avec quelqu'un de... avec David, quelqu'un du club, qui m'a dit, je vais préinscrire au tort, au tirage de sort. Et je dis, oh, tu ne veux pas attendre ? J'aimerais bien le faire, mais pas cette année. Je préfère le faire l'année prochaine. Je voudrais me préparer davantage, etc. Et il m'a répondu en me disant, mais qu'est-ce que tu veux avoir de mieux comme préparation que l'été qui t'attend avec Altatrec, avec tous les voyages que tu vas faire ? Et c'est vrai que je suis restée sur ça. Et j'ai réfléchi et je me suis dit, en fait, tu vas passer un mois dans les Alpes. Un mois à Chamonix, tu vas enchaîner deux fois le Tour du Mont-Blanc, la haute route, le torse et trois semaines après. C'est vrai, je ne sais pas si je ferai ça l'année prochaine. Je me suis dit, allez, je me préinscris. Ça ne me coûte rien, 10 euros. Donc, je me préinscris. Et puis, si jamais je suis tirée au sort, j'ai 15 jours pour réfléchir. Donc, ça s'est fait comme ça. Je me suis dit, voilà. Et donc, je me suis préinscrite. Et voilà, donc, j'ai été tirée au sort.

Loïc Sacrée chance, là. Tirée au sort le premier coup.

Anne-Charlotte Oui, finalement, c'est ce que je me disais. Moi, du coup, j'ai été tirée au sort parmi les Espagnols, parce que ça dépend de ton lieu de résidence. Et je me disais, il ne doit pas y avoir rien fait. Non, non, je crois qu'il n'y a que la moitié des Espagnols inscrits qui ont été tirés au sort. Parce que cette amie en question, pas de bol quand même, on est trois à cet inscrit. Et je travaille, Jorge, cette autre personne en question, David, qui était celui qui voulait vraiment le faire, n'a pas été tirée au sort. Et Jorge a pris la décision de ne pas s'inscrire. Et je vais revenir là-dessus. Moi, ma seule condition, ensuite, quand j'étais dans la phase de réflexion, je m'inscris, je ne m'inscris pas. Quand tu réfléchis à tout ce que ça entraîne, toute la préparation, tous les compromis, l'aspect financier aussi, on ne va pas le négliger, il y a un coup. Moi, je voulais être accompagnée. C'est-à-dire que je ne voulais pas le faire toute seule. Je voulais être accompagnée, mais en même temps, demander à des gens de venir te faire l'assistance sur le tort, c'est compliqué. C'est dix jours, enfin dix jours, une semaine, une grosse semaine, mais on va dire qu'entre avant et après. Et tu ne peux pas demander ça à tout le monde. Parce que voilà, c'est en septembre en plus, rentrée scolaire pour certains, etc. Et donc, Jorge, qui travaille avec moi, quand il a pris la décision de ne pas s'inscrire, il a réfléchi, il a attendu le dernier moment. Il s'est proposé. Il m'a dit, écoute, moi, je ne m'inscris pas, mais par contre, je viens et je te fais l'assistance. Et j'ai une autre personne du club qui est jeune, Chris, elle a 25 ans, qui m'a dit, moi, je prends toujours mes vacances en septembre. C'est une zone que j'ai envie de connaître. Je suis hyper emballée par l'idée. Moi, je viens aussi. Et donc, du coup, si tu veux, le fait de savoir que j'avais deux personnes qui allaient pouvoir m'accompagner, je me suis dit, bon, c'était un peu mon seul critère de dire si je suis accompagnée éventuellement. Voilà, j'ai réfléchi entre tout ce que j'avais prévu comme voyage, l'entraînement que j'allais pouvoir faire. Et je me suis dit, allez, go, je m'inscris. Voilà comment je me retrouve avec un dossard pour le Thor. Dans combien de temps il nous reste ? Un mois. Non, toi, tu dis un mois et demi. Ouais, un peu plus d'un mois.

Loïc J'étais un petit peu ambitieux. Moins que ça, en fait. Moins que ça. Ah là là, le Thor. OK. Du coup, justement, un tout petit peu plus d'un mois de l'échéance du départ, là, tu te sens comment ? Tu nous expliquais que là, côté prépa, tu as certainement une des meilleures prépas possibles. Ce que je comprends, tu as passé tout l'été globalement dehors. Ce n'est pas encore fini. Tu enchaînes des grosses itinérances. Donc, c'est juste parfait. Mais mentalement, en termes d'état d'esprit, tu dirais que tu en es où là ?

Anne-Charlotte Mentalement, je me sens bien. Là, je viens de terminer de faire le tour du Mont Blanc. Et physiquement, je pense qu'effectivement, j'ai beaucoup de chance. Moi, j'estime que j'ai beaucoup de chance parce que je lis mon travail à une passion, on va dire. Et en même temps que je travaille, je m'entraîne et je prépare. Donc, tout le monde n'a pas la chance de pouvoir faire ça. Et donc, du coup, c'est vrai que c'est super. Donc, je dirais que physiquement, c'est ce que je me dis à chaque fois avant une course. Moi, ce que je veux, c'est... On ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais au moins, je veux prendre le départ en me disant que j'ai fait ce qu'il fallait pour être prête. Ça me paraît super important. On ne peut pas se lancer dans des projets comme ça sans y dédier le temps nécessaire et une préparation suffisante parce que sinon, des gens n'en profitent pas. Et puis, on sait que ça va être dur. Je veux dire, on ne va pas se leurrer. Tu as beau préparer tout ce que tu veux, c'est forcément difficile. Donc, là, je me sens bien. J'ai eu un petit coup de... Je t'avouerais que j'ai eu un petit coup de mou au mois de juillet dans les Pyrénées parce que les Pyrénées, c'est très technique. Et je faisais une itinérance. J'ai fait deux tours de trois, quatre jours. Et moi, je me suis un peu fixée, entre guillemets, des objectifs de vitesse, entre guillemets, pour le tour, pour essayer un peu d'avoir une préparation en me disant, bon, si tu fais quatre kilomètres à l'heure, ce qui est à peu près marché, tu arrives x heures par jour, etc. Tu arrives à faire le tour sans trop courir, finalement. Et je me voyais dans les Pyrénées en me disant, ce n'est pas possible, on ne fait pas quatre kilomètres à l'heure. Donc, j'ai quand même ça un peu à me dire, ça ne va pas du tout. En fait, c'est très, très, très technique, les Pyrénées espagnoles. Et je sais que le terrain va être différent. Donc, il a fallu que je discute. J'ai un ami espagnol qui a fait le tour, qui ne l'a pas terminé, mais qui l'a fait. Et du coup, qui m'aide aussi pas mal. Et voilà. Et donc, j'ai réussi un peu à me... Après avoir fait le tour du Mont-Blanc, j'ai repris un peu du poil de la bête en me disant, en fait, le tour, ça va plus être un terrain comme celui-là. Et donc, du coup, c'est quand même beaucoup plus roulant. Rien à voir avec les Pyrénées, où en fait, tu passes des heures et des heures et des heures à faire très peu de distance, parce que c'est très technique. Ça fatigue beaucoup, etc. Donc voilà, physiquement et mentalement, et mentalement, ouais, si, je me sens bien. J'ai fait une petite chute avant-hier, donc j'ai eu de la chance. J'ai rien de trop méchant. Mais tu vois, ça fait partie... J'imagine que c'est pareil aussi pour toi. Ça fait un peu partie du stress, entre guillemets, de s'inscrire à ce genre d'événements. C'est que tu te dis, il ne peut rien m'arriver jusqu'à la date. Parce que... Donc moi, je fais quand même tout le jour... T'as conscience tout le temps de dire, je ne peux pas me permettre de tomber, il faut que je fasse attention, il ne faut pas que je me blesse. Et en même temps, tu ne peux pas arrêter de vivre. Donc là, écoute. Bien, pour le moment.

Loïc Écoute, excellent. Les Pyrénées, c'est marrant que tu parles de ça, parce que du coup, quand on s'est écrits, on était tous les deux en route, je crois, pour un petit trip dans les Pyrénées. Et l'aspect technique... En fait, j'ai eu exactement la même réflexion que toi. Pendant l'itinérance, à un moment donné, on a passé 12 heures dehors, et je me dis, attends, mais ce n'est pas possible. En 12 heures, on a fait, je ne sais plus comment on avait fait, à peine plus de 20 kilomètres, tu vois, un truc comme ça. Je me dis, mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Et j'ai été très surpris, parce qu'on a commencé côté français, mais on a tout de suite passé la frontière le lendemain. Et moi, c'était la première fois que je randonnais, enfin que je randonnais, fait du trail ou autre en Espagne. Alors, je ne sais pas si c'était tout le temps comme ça, ou si c'est spécifique aux Pyrénées à cet endroit-là. Mais déjà, je trouvais que le balisage, ça m'a surpris, balisage vert, là où j'étais, en tout cas, le chemin qu'on suivait côté Pyrénées, tu vois, c'était un très vert clair, un très vert foncé, donc on tente de dire que tu ne vois rien. Et en plus de ça, pas vraiment de sentier dans le sens... C'était des kernes, en fait. Tu ne vois pas de sentier clairement défini, bien net. Donc, en fait, tu es tout le temps en train de... Bon, c'est agréable aussi, c'est juste différent, mais c'est clair que tu ne vas pas du tout à la même vitesse. Tu passes de rocher en rocher. Du coup, attends, il y a cinq kernes différents étalées sur une borne de 50 mètres de large. Tu dis, OK, mais en fait, je ne veux pas soudre, il y a un torrent au milieu. Donc, c'est vrai que c'est assez différent de ce qu'on peut retrouver dans les Alpes. C'est très différent. Très roulant, quoi. Tu vois, le GR20, je l'ai fait deux fois... Deux fois et demi. Il y a des endroits sur le GR20, je ne sais pas, il devait y avoir, sans exagérer, une balise tous les trois mètres, quoi.

Anne-Charlotte C'est tout le temps, oui. Non, c'est vrai que tu as dû voir beaucoup moins de monde.

Loïc Par contre, il n'y avait vraiment pas grand monde, effectivement.

Anne-Charlotte Je ne sais pas dans quel... Je ne me souviens plus dans quelle partie des Pyrénées tu es allée.

Loïc On était Luchon.

Anne-Charlotte D'accord.

Loïc C'était Luchon.

Anne-Charlotte Moi, je suis d'accord avec toi. Les Pyrénées, c'est quand même... Alors, il y a des zones qui sont... Il y a des parcours très bien balisés, connus, comme tu as le tour du... du Mont Blanc en France, le GR20, etc. Tu as des tours, Carrosse des Phocs, tu vas avoir le Passaran. Tu as vraiment des tours qui sont très bien balisés parce que, du coup, c'est des parcours qui sont pratiqués et reconnus. Et tu en as d'autres, si tu me dis que c'est un sentier vert et jaune...

Loïc Vert et vert.

Anne-Charlotte Ah, vert et vert. Vert foncé, vert clair. Oui, ça doit être un... On se qu'on appelle un pequeño recorrido. C'est les petits sentiers. C'est des parcours plus locaux. Et du coup, parfois, personne n'est passé. Moi, ça m'arrive de faire des tours dans les Pyrénées. Et je me dis, pourtant, tu as fait ton parcours. Tu vois qu'il y a une trace, que ça existe, qu'il y a eu du passage. Mais en fait, il n'y a peut-être pas eu de passage cette année. Donc, du coup, tu fais toi-même la route. Tu devines. L'autre jour, je l'ai suivi dans les Pyrénées. Un GR. Un GR, c'est quand même un grand sentier. Rouge et blanc. Incroyable. Impossible de trouver la trace. Il a été complètement abandonné, je pense. Maintenant, les gens passent par un autre endroit. Mais tu dis, ce n'est pas possible que ce soit un GR et que ce soit dans cette... Ça arrive. Mais c'est vrai que tu n'avances pas de la même manière. Là, quand tu viens de faire le tour du Mont Blanc, tu te dis, mais alors, tu dévales, tu dévales, tu dévales. Et c'est vrai que c'est... Du coup, j'ai repris un peu du poil de la bête. Je me suis dit, en fait, si c'est comme ça, c'est vrai que tu avances quand même plus. Parce que sinon, c'est long. Sinon, c'est long et mentalement, il faut tenir.

Loïc Après, moi, je n'ai jamais fait le tort. Mais de ce qu'on m'a dit, la seule référence que j'ai à peu près équivalente, c'est la PTL. C'est qu'à l'inverse de la PTL...

Anne-Charlotte Toi, tu as fait la PTL.

Loïc Moi, j'ai fait la PTL, oui. A priori, ce qu'on m'a expliqué, c'est qu'à l'inverse de la PTL, sur le tort, tu peux peut-être plus débrancher le cerveau parce que tout est balisé, tu es tout le temps sur des sentiers. Donc, tu n'es pas en train de galérer à trois heures du mat, chercher ta trace après ne pas avoir dormi depuis trois jours.

Anne-Charlotte Oui. Effectivement, c'est ce qu'on m'a dit, que tu ne peux pas te perdre. C'est suffisamment marqué, etc. Donc, c'est vrai que c'est important aussi. C'est un peu important.

Loïc Mais tu t'évoquais les sentiers où tu passes, peut-être la première personne à passer de l'année. J'étais ce week-end dans le Mercantour pour une sortie. Et généralement, je fais mes traces sur Open Runner. Je ne sais pas si tu connais ces...

Anne-Charlotte Non, moi, je travaille sur autre chose, mais bon...

Loïc Voilà, je pense que ça va être un équivalent. Mais ce qui est bien d'Open Runner, c'est une solution française. Ils sont basés à Annecy. Au-delà du fait qu'ils sont super sympas et que c'est une boîte française, ils utilisent... Tu as un abonnement qui n'est pas très cher, qui est l'équivalent de deux cartes IGN. Et tu as accès à un fonds de cartes IGN pour toute la France. D'accord. Topo à 25 000, donc c'est juste parfait. Et généralement, ce que je fais, c'est que je prends toujours... Je fais mes traces sur des sentiers identifiés, tu vois. Donc, marqueur violet.

Anne-Charlotte D'accord.

Loïc Et donc, parce que généralement, je sais que même si c'est en pointillé, je sais qu'un sentier identifié comme ça, a priori, il y a du passage, il y a des balises. Donc, je me prends moins la tête. Et là, en fait, pas du tout. Ce n'était pas du tout le cas. Je pense que j'étais le premier gus à passer peut-être de l'année, genre trace invisible, pas de sentier, des orties sur 800 mètres d'ascension, tu vois. J'étais en short. Je peux te dire que je vais m'en rappeler quelques jours encore.

Anne-Charlotte Quand tu es tout seul, ça va, mais quand on emmène des clients, c'est un peu plus compliqué. Après, moi, je travaille, je ne sais pas si sur cette application ou ce site dont tu me parles, il y a ça, mais moi, j'essaye de travailler sur deux supports. Je travaille sur Gaia pour la carte Topo et je travaille aussi avec Sunto. Est-ce qu'ils ont une carte de chaleur ? Ils ont la carte de chaleur et donc, du coup, tu es sûr de voir s'il y a eu passage ou pas. Tu ne sais pas quand, mais selon l'épaisseur du trait, c'est vrai que c'est un bon complément parce que du coup, c'est quand même important. Quand tu vas dans des endroits que tu n'as pas toi-même fréquenté, parce qu'un guide, il n'est pas… Moi, j'aime bien avoir fait le parcours avant parce que ça me donne une certaine sécurité et tu es plus à l'aise. Tu ne peux pas toujours le faire. Financièrement, tu ne peux pas toujours te permettre d'aller faire les tours avant. Et il faut que tu sois sûr. Donc, il faut entrecroiser les sources pour t'assurer que là où tu vas vouloir aller, ça va marcher. Tu vois, on a terminé quand ? Avant-hier ? Dimanche. On a pris la décision de ne pas monter au brévant, de raccourcir. Tout le monde était un petit peu fatigué, etc. On avait quand même pas mal avancé pendant les cinq jours. Et on est redescendu directement au Zouche et il y avait un éboulement. Et donc, le sentier qui fait chamonix les Zouche, qui borde la rivière, t'arrives, éboulement, barrière, fermé. Bon, il faut improviser et tu changes de parcours. Donc, il y a aussi des imprévus comme ça, tu peux avoir tout bien fait. Et parfois, il faut changer aussi au dernier moment. Ça, c'est la montagne.

Loïc Oui, clairement. En parlant de repérage, c'est quoi ton approche ? Je suis curieux de savoir, pour le Thor, est-ce que tu vas, ou tu l'as déjà fait peut-être, étudier la carte à fond ? Tu as retenu tous les points de passage, les barrières horaires ? Ou au contraire, tu te gardes un peu la surprise pour le jour du départ ?

Anne-Charlotte Alors, pour l'instant, pas du tout. Je n'ai pas du tout eu le temps de me plonger sur le Thor. Je veux le faire. Alors, moi, je ne suis pas... Par exemple, il y a des gens qui vont faire le parcours avant, etc. Moi, le Thor, c'est avant tout, c'est ce que je te disais en introduction, c'est avant tout une aventure pour moi. Je trouve hyper enrichissante. Depuis que je commence... Alors, je m'entraîne toute l'année, mais depuis que je me suis inscrite, j'ai une préparation qui est vraiment centrée sur le Thor. Mon associé est aussi mon entraîneur. Donc, il me fait ma planification pour les entraînements. Oui, du coup, j'ai préparé aussi. J'ai créé un groupe WhatsApp. J'ai proposé aux gens que ça intéressait de partager mes sorties longues. Voilà, donc ça s'est monté un peu un projet. Donc, moi, je le vois plus comme ça. Et finalement, je ne l'ai jamais fait. Donc, je vais dire que mon objectif, c'est déjà d'essayer de terminer. Quand tu sais qu'il n'y a que la moitié des gens qui terminent, tu te dis déjà, si je termine, c'est bien. Ah, c'est ça les stats ? Oui, j'ai regardé. À peine plus de la moitié. Donc, tu dis déjà, c'est ça. Moi, ça va te paraître peut-être, tu vas me dire, oh là là. Moi, je n'ai jamais fait plus de 105 kilomètres. Je voulais faire un 100 miles avant de faire le Thor. Après réflexion, je me suis dit, je vais faire un 100 miles, mais je ne vais pas m'inscrire à une course. Je vais me le faire toute seule. Donc, je me suis préparée mon tour, mon 100 miles dans la Sierra de Madrid. J'avais une équipe qui m'accompagnait. J'avais prévu ma voiture. J'avais mis un matelas pour dormir. J'avais tout fait. J'avais fait finalement des petites boucles, des boucles de 50 kilomètres. J'ai eu des soucis de santé. Le deuxième jour, je n'étais pas enfant, mais je ne pouvais pas. Donc, j'ai dû abandonner. Je ne suis pas arrivée à faire deux nuits d'affilée, etc. Je voulais m'entraîner sur ça. Moi, ce qui m'inquiète un peu, c'est quelque chose que je n'ai pas testé. C'est plutôt le sommeil. Moi, j'ai un peu une incertitude sur le sommeil. Comment je vais réussir à gérer le sommeil ? Parce que ça, je ne suis pas habituée. Une nuit blanche sur une course, j'ai déjà fait. Deux, non. Alors, je ne compte pas faire de nuit blanche. Moi, je compte dormir dès la première nuit. Donc, je vais quand même avoir une stratégie. C'est-à-dire que si, je vais étudier la carte, regarder quels sont les endroits les plus techniques et avoir une approche pour savoir où est-ce que je dors. Voilà. Je vais tout m'organiser. Parce que du coup, j'ai quand même deux personnes. Alors, je l'aurais tué. Eux, ils m'ont passé des bonnes vacances. J'ai loué une caravane. J'ai loué une caravane. On vole jusqu'à Madrid à Milan. À Milan, on récupère une caravane. Et donc, du coup, ils me font l'assistance et le suivi en caravane. Donc, comme ça, ils ont un endroit pour dormir, pour se faire le déjeuner, le dîner, cuisiner. Et pour pouvoir être là quand j'arrive. Je voulais quand même, c'était important pour moi. C'est déjà un... Enfin, j'ai de la chance. C'est un gros effort de leur part de venir. Mais je voulais au moins qu'ils soient à peu près, entre guillemets, confort. Et donc, du coup, il faut aussi que pour eux, il y ait un suivi, il y ait une planification. Au même titre que moi, de ce qu'on m'a dit, c'est voilà, t'arrives et tu sais pas quoi faire. C'est-à-dire, t'es tellement fatigué, etc. Mon pote qui l'a fait, il me dit j'arrivais, je regardais mon sac jaune et puis j'ouvrais le sac et je savais pas ce qu'il fallait que je fasse. Donc, l'idée, c'est un peu ça. C'est de leur dire, voilà, moi, quand j'arrive, vous récupérez mes affaires et vous me dites ce que je dois faire. Vous me donnez à manger, vous me dites que je vais dormir. Moi, je porte des lentilles, par exemple, et ça fait partie, c'est un truc, c'est un détail. Mais je porte des lentilles et je leur ai dit, surtout, vous me faites penser à enlever mes lentilles, à mettre mes lunettes pour que mes yeux se reposent. Au moins deux heures, mais que j'enlève un peu parce que je peux pas être cinq ou six jours avec mes lentilles sans les nettoyer, sans les changer. Tu vois Courtenay sur les courses qui se met des gouttes dans les yeux. Tu vois, c'est des petits détails où tu te dis, si j'ai quelqu'un qui te récupère, je sais pas si tu vas avoir de l'assistance. Tu pars tout seul.

Loïc A priori, non.

Anne-Charlotte Tu pars tout seul. et les détails de, bah, tu vois, tout ce à quoi tu dois penser, recharger le frontal, recharger ta montre, la météo, quel temps il prévoit, voilà, que quelqu'un dise, écoute, il va pleuvoir, il va neiger, tu prends le Gore-Tex, le gros Gore-Tex, tu prends, bon, bref. Histoire de te décharger. Pas du tout pour faire, pas du tout pour un objectif de gagner du temps, de faire un meilleur temps, etc. mais c'est plus pour te décharger de tout ça, en sachant que je ne sais pas comment je vais pouvoir, bah, je vais gérer le, c'est ça, le manque de sommeil, la fatigue. Du coup, de pouvoir s'appuyer sur des gens, je trouve que c'est pas mal. J'ai de la chance, je sais que tout le monde, clairement, tout le monde ne le fait pas dans ces conditions-là. La preuve, si toi, tu dis que tu y vas tout seul. Donc, c'était un peu, voilà. Donc, voilà où j'en suis, mais oui, je vais quand même étudier. Je ne le ferai pas, je ne suis pas une acharnée, mais je veux quand même avoir un peu une idée de ce qui m'attend. Après, moi, je suis, j'imagine que toi, c'est la même chose, mais j'ai toujours le track sur ma montre pour voir un peu le profil et avoir une idée en tête en disant, sur ces cinq ans, allez, entre cette basse-vie et cette basse-vie, j'ai trois grosses montées, deux 1500 mètres de dénivelé positif. Ensuite, j'arrive, je vais pouvoir les voir à un point intermédiaire parce que ça passe par un village et qu'ils peuvent accéder. Voilà. Pour avoir un peu cette préparation.

Loïc Si ça peut te rassurer par rapport à ce que tu disais, que tu n'as jamais fait plus de 100 kilomètres, j'avais échangé, alors c'est une autre discipline, mais je pense que l'approche est la même. j'avais échangé avec Lauriane Plassé, qui est une ultra cycliste, qui fait des... Alors, en l'occurrence, qui fait beaucoup d'épreuves du BikingMan. Je ne sais pas si ça te parle, mais tu connais peut-être la Race Across France. Non plus. C'est des épreuves vraiment longues, tu vois, de 500, 1000, 2500 kilomètres à vélo, généralement sans assistance. Et Lauriane, elle a fait plusieurs manches de... C'est à des manches un peu partout dans le monde. Et en 2023, elle a fini première au classement général. Donc, vraiment, tu vois, très, très, très, très gros niveau. Et en fait, elle m'expliquait qu'elle roule rarement plus de 45, 50 kilomètres par jour. Par contre, elle roule tous les jours.

Anne-Charlotte Oui, c'est ça.

Loïc Elle va au bureau en roulant, elle revient, voilà, elle roule tous les jours. Pas... Alors, pas beaucoup vu ce qu'elle fait en compétition, 45 kilomètres par jour, c'est vraiment pas énorme. Mais elle fait ça tous les jours. Et donc, elle roule sur de la fatigue, elle roule sur... Enfin, musculaire, tu vois, de la fatigue tout court. Et pour elle, c'est... Enfin, elle m'expliquait que c'était clairement la meilleure approche qu'elle avait trouvée en termes d'entraînement. Plutôt que de se mettre des grosses charges, travailler peut-être à une intensité plus faible, mais par contre, très, très, très, très régulièrement.

Anne-Charlotte Moi, je pense que je suis d'accord avec ça. Et moi, c'est... Moi, c'est comme ça que on m'a... que Rolleré m'a fait ma préparation. J'ai plutôt accumulé des semaines de 150, 200 kilomètres, mais par sortie, rarement de plus de 50. Alors, en ce moment, c'est ce que je suis en train de faire. Je fais 37, 38, mais tous les jours. Et du coup, effectivement, exactement ce que tu viens de me dire, le fait de travailler en fatigue, je pense que pour la résistance, pour le corps, etc., à l'approche du tort et de toute façon... Alors, j'ai fait de tout. J'ai eu un entraînement complet. J'ai aussi fait du fractionné. J'ai fait un peu de tout parce que c'est aussi important pour le cœur, pour en monter, etc., pour bien travailler la respiration. Donc, du coup, tu fais aussi des entraînements plus spécifiques. Mais j'ai beaucoup travaillé dans une antécédie plus basse et en répétant, en répétant, en répétant, en répétant. Et je pense que ce qu'a fait Lauriane, c'est ça, c'est que... De toute façon, tu ne fais jamais. On te le dit. Tu vas te préparer pour un 100K, tu ne feras jamais 100K. Enfin, si, éventuellement, tu le fais sur la semaine, mais tu ne le feras jamais dans la foulée. Et moi, il est évident que je ne vais pas faire 330 km d'une traite. Si, je vais le faire au mois de septembre. Donc, en attendant, là, je fais 160, 170 sur 5 jours. Après, là, je pars sur la haute route, c'est 220. Je crois qu'il y a 18 000 dénivels positifs sur 7 jours. Et ça, ça me paraît, en termes de préparation et en termes d'acclimatation, si tu veux, j'ai cette chance en l'espace de 3 semaines, je vais accumuler quasiment 600 km, plus de 30 000 mètres de dénivels. C'est énorme. Voilà, finalement, plus que le tord, mais échelonner avec des phases de repos qui sont plus importantes que celles que j'aurais sur le tord. En sachant qu'en refuge, tu sais comment c'est, tu ne dors pas comme à la maison. Donc, c'est bien aussi pour la préparation et surtout l'altitude. C'est que du coup, là, je suis plus en altitude. Donc aussi, tu prépares ton corps. Donc, c'est pas mal. C'est vrai que c'était une chance. C'est vrai que c'était un peu de dire, c'est maintenant. C'est hop.

Loïc C'est génial comme condition de préparation.

Anne-Charlotte C'est sûr que c'est ce que je te disais quand on a commencé à échanger. J'ai de la chance. Donc, voilà. Tu vois, je ne pense pas qu'il faille... Il y a des gens qui ont des objectifs. Il y a beaucoup de gens. Moi, je vois beaucoup de gens surtout en Espagne. L'UTMB, par exemple, c'est un peu un rêve pour les Espagnols, pour beaucoup de trailers, j'imagine, pour beaucoup de gens. Mais il y a vraiment cette... Je vais faire l'UTMB, je vais faire l'UTMB. Et moi, je dis toujours, je dis toujours que c'est marrant parce que je trouve que ça vaut plus le coup de faire le Tour du Mont-Blanc la plus belle partie du Tour du Mont-Blanc. C'est la partie italienne que j'aime beaucoup. J'aime toutes les parties, mais tout ça, tu l'admis. Donc, parfois, je dis... Non, mais c'est vrai. Après, c'est mon point de vue, mais je dis souvent, je dis souvent, en fait... Mais ça reste. Je comprends aussi le fait de t'inscrire. Alors, moi, je m'inscris aussi à des courses. Je m'inscris aussi à des courses parce que, tu vois, là, je vais m'inscrire au Thor et parce que de temps en temps, tu as envie de tester, de voir un peu où tu es. Et puis, il y a une émulation dans les courses que tu n'as pas quand tu fais un voyage ou quand tu sors tout seul pour t'entraîner. Donc, c'est vrai que je comprends. Tu vois, l'ambiance, par exemple, sur les courses de l'UTMB, etc., tu es porté. Tu es porté par la foule. Moi, je n'ai jamais encore, tu vois, fait de course vraiment où tu avais ça. Donc, ça, j'imagine que pour le Thor, c'est quelque chose qu'on va aussi avoir, en tout cas au début ou à certains moments. Mais voilà, je pense qu'il y a des approches différentes et tu as des gens qui sont vraiment... C'est vraiment l'objectif de réaliser, de faire des courses, d'avoir des médailles. Je dirais que c'est moins mon... Ce n'est pas mon objectif. Et je pense que... Tu vois, les gens disent « Ah, mais moi... » Je pense que ce n'est pas une histoire d'être capable, de ne pas être capable. C'est une histoire de vouloir. Une histoire de vouloir et de donner les moyens d'essayer d'y arriver, de réussir. Parce qu'en fait, regarde mon exemple. Je dirais, il y a quatre ans, je ne courais pas. Je ne courais pas en montagne. Je courais, mais je n'avais jamais fait de montagne. Ma première course, si tu vas rire, mais ma première course, on dit toujours qu'il faut être progressif. Tu commences par un 15 et un 20 et ça. Moi, le premier travail que j'ai fait, c'était 60. Donc, je me dis « Les dingues ! » Alors, je suis allée doucement et tout, mais j'ai terminé. J'ai terminé à mon rythme. Moi, c'est assez marrant. J'ai toujours une approche. Les gens rigolent toujours parce que je suis hyper conservatrice. Je pars très rarement dans les premiers. Je me mets plutôt deuxième moitié de peloton. mais je suis régulière. Je suis régulière. Donc, tu as l'impression que je ne suis pas rapide. Je ne suis pas rapide. C'est pour ça que, d'ailleurs, ça se passe mieux sur les longues distances. Je ne suis pas rapide. Tu me mets sur un 25A, nul. Ça ne va pas du tout. Il me faut 15 kilomètres pour m'échauffer. Ça ne va pas. Mais du coup, je suis assez constante. J'avoue que j'ai travaillé. Je suis beaucoup plus lente qu'avant. Quand j'ai commencé à courir en trail, je courais sur route et j'étais mes objectifs. Je cours en dessous de 5, etc. Maintenant, je suis à 6, 6,30. Et encore. Ce n'est pas du tout pareil. Ce n'est pas du tout pareil. Et moi, je préfère. Je préfère parce que je profite. Je prends davantage mon temps. Alors, quand tu es sur une course, on est tous pareils. Je crois qu'on regarde davantage nos pieds avec le paysage. Quand même.

Loïc Surtout comme tu dis, quand la moitié de la course se fait de nuit.

Anne-Charlotte Exactement. Bon. Écoutez, voilà. C'est juste histoire de dire que finalement, ce n'est pas forcément le fait d'avoir entraîné toute sa vie ou d'avoir rêvé de ça toute sa vie. Tu vois, si tu prends mon exemple, non. Mais par contre, il faut se donner les moyens de... J'imagine que tu fais la même chose, de le préparer correctement. Il faut pouvoir. Il faut pouvoir. C'est la question que tu me disais au début. il faut pouvoir lier aussi ta vie personnelle, ta vie professionnelle et puis ce sport qui demande du temps. Ça demande plus de temps que la route.

Loïc Oui, clairement. Et puis surtout, je n'ai jamais fait de... Je ne sais pas dans quel état finissent des gens qui font des marathons. Tu vois, en allant chercher vraiment un énorme chrono. Moi, je sais que le dernier marathon que j'ai fait, ça remonte à il y a très, très, très, très longtemps où je m'étais vraiment envoyé au maximum de mes capacités. J'avais fait ça en 3h30. J'étais absolument mort, mais je n'ai pas souvenir après quelques jours, tu vois, de toujours être au fond du trou. Par contre, la PTL, je sais qu'il m'a fallu 6 mois.

Anne-Charlotte Ah oui, 6 mois. Ah oui, quand même.

Loïc Oui, alors 6 mois, je dirais dans la vie de tous les jours, 2 à 3 semaines pour refaire des nuits complètes, tu vois, pour monter, descendre des escaliers sans me dire ah tiens, j'ai un muscle inconnu dans ma cuisse que je n'avais jamais senti avant. Par contre, dans le sport, ouais, là, il m'a fallu 6 mois. J'ai fait un 20 bornes, un trail de 20 kilomètres en novembre avec un copain, je ne sais plus si c'était 20 ou... Oui, un peu plus de 20. Enfin bon, moins de 30, c'est sûr, plus de 20, donc quelque part au milieu. Et c'était en novembre, donc la PTL, c'est la dernière semaine d'août. Donc, c'était quoi ? C'était un, deux mois et demi après. 3 mois,

Anne-Charlotte ouais,

Loïc kilomètres 18, je pense que j'étais dans le même état qu'après 100 bornes, quoi. Ah oui. Complètement cramé, explosé. Donc vraiment,

Anne-Charlotte physiquement, ouais, de toute façon, on va le dire.

Loïc Je dirais jusqu'en fin janvier, début février, je sentais dans tous les sports que je faisais, que ce soit vélo, course, etc. Je sentais qu'il y avait une fatigue profonde, tu vois, qui était encore là. Et après, ça allait. Donc ça, c'est pareil, tu vois, c'est un point, les gens disent, enfin, moi, je sais que, je l'anticipe, tu vois, il va y avoir le tort, mais en fait, il y a tout l'après, quoi. Tout ce qui va après. Exactement. C'est-à-dire de la fatigue, donc tu, à la maison, tu peux peut-être moins aider, au bureau, c'est plus compliqué. Il faut le prendre en compte, il ne faut pas se dire, on finit le tort, et puis boum, tu vois, on revient à la vie normale.

Anne-Charlotte Non, puis je pense que j'imagine qu'en plus, après ce genre de, de, d'épreuves, de courses, tu as aussi besoin de faire un break. Enfin, moi, ce que je me suis dit, c'est que j'allais faire un break sur, un peu sur la course. Enfin, au moins prendre un, si, de toute façon, tu le dis, bah physiquement, je pense que de toute façon, tu n'as pas eu le choix. Je pense que ton corps, il a besoin, de toute façon, il lui faut du temps pour se remettre et se régénérer. Oui, ça me paraît évident. Ça ne me choque pas, quand tu me dis six mois. Je pense qu'aujourd'hui, et moi, je suis assez impressionnée, je ne sais pas si tu as déjà fait cette constatation, mais je ne sais pas si tu vois, mais je dirais, allez, je ne sais pas s'il y a 10 ou 15 ans, quand tu faisais un marathon à l'année, c'était déjà incroyable, on disait, tu as fait un marathon, etc. Aujourd'hui, les gens, ils font trois, quatre, cinq marathons à l'année. Nous, c'est pareil. Tu te dis, attends, un ultra, on devrait faire un ultra à l'année. Tu dis pour le corps, tu dis, et en fait, je crois que plus ça va, plus on en fait, plus on en fait et plus ça paraît normal.

Loïc C'est surtout ça. Oui, complètement d'accord. Globalement, oui, j'en parle assez souvent avec les invités que je reçois dans à peu près toutes les disciplines. Les distances s'allongent, tout se normalise. Tu vas faire un UTMB beaucoup en rêve, mais en fait, la manière dont on communique dessus, tu as l'impression que c'est complètement accessible. Et j'ai vu un extrait d'interview de Mathieu Blanchard il n'y a pas très longtemps où on lui posait la question comment ça se fait qu'il y a de plus en plus d'abandon sur l'UTMB dans les élites. Il disait, parce qu'en fait, à l'inverse d'avant, maintenant, on est sur le fil du rasoir dès les premiers kilomètres. Donc, soit ça passe parce que tu es dans un bon jour, tu as l'énergie qu'il faut au bon moment. Par contre, si ce n'est pas le bon jour, tu es tout de suite dans le rouge et tu exploses. Oui,

Anne-Charlotte et puis il laisse tomber. J'imagine que s'ils voient qu'ils ne vont pas y arriver, il laisse tomber maintenant. Avant, tu n'as abandonné pas autant, non ?

Loïc En fait, ce qu'il disait, c'était plutôt qu'avant quand les gens couraient en 24 heures. C'était déjà un très, très, très bon temps. Maintenant,

Anne-Charlotte tu cours en 19.

Loïc Mais tu ne te mettais pas dans le rouge tout de suite. Et en fait, maintenant, pour faire un chrono au moins de 20 heures, en fait, tu es au taquet dès le début. Et donc, tu es sur le fil de rasoir tout de suite. Là où avant, ils avaient une approche peut-être un peu plus précautionieuse.

Anne-Charlotte Oui, c'est sûr. Et puis, on verra. Enfin, moi, après, c'est d'autres sujets. Mais moi, j'ai peur qu'ils aient... De toute façon, le risque, c'est d'en arriver à des dérives comme dans beaucoup de sports. Mais bon, ça va. Autre débat.

Loïc Autre débat. Tu évoquais un point important, l'équilibre vie perso, vie sportive, vie pro. Tu nous le disais en intro, tu es maman de trois enfants. Comment tu gères ça ? Alors là, on parle du Thor en particulier, mais même avec ton activité de guide Moyenne-Montagne, comment ça s'organise, la vie à la maison, quand tu dois partir pour faire la haute route, un tour du Mont-Blanc, un stage trail à droite à gauche ?

Anne-Charlotte Alors, on va dire que j'ai de la chance que j'ai une activité qui fonctionne de manière un peu plus ponctuelle. C'est-à-dire qu'on est surtout sur les vacances, alors effectivement, les vacances scolaires, les week-ends, l'été. Et mes enfants sont un peu plus grands maintenant. Pas encore tout à fait adolescents, mais ils sont quand même relativement autonomes. Donc, on va dire pour le quotidien, ce qui est le quotidien d'une vie d'une mère active à la maison, en sachant que je suis globalement quasiment toute la semaine toute seule avec eux. J'ai un mari qui voyage et qui travaille pas mal à l'étranger. Donc, ils sont très autonomes, mes enfants. Ils ont grandi vite. Donc, du coup, j'ai quand même... Alors, évidemment, je te parle d'aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il y a 5 ans, ce n'était pas la même chose. Donc, maintenant, c'est beaucoup plus facile pour moi. Donc, par exemple, je gère mes entraînements du quotidien. C'est facile. On a une organisation à la maison, ils se débrouillent, je prépare le dîner, je vais à mes entraînements. Quand je suis arrivée à Madrid, je suis arrivée à Madrid il y a 5 ans. Et c'est vrai que j'ai eu un peu ce moment de... J'avais passé 4 ans en Chine. Ensuite, avant, j'étais à Toulouse. Moi, j'ai eu plein de projets un peu professionnels différents. J'ai dû m'adapter. J'ai dû m'adapter parce que j'ai dû m'occuper d'eux et en même temps, vivre à l'étranger, à chaque fois, refaire une nouvelle vie, etc. Et je suis arrivée à Toulouse et j'ai dit, maintenant, il y a un moment, il faut aussi penser un peu à toi et ils vont grandir. Et qu'est-ce que tu vas faire ? Qu'est-ce que tu vas faire quand ils vont prendre leur envol ? Parce que finalement, tu as laissé de côté un peu une partie. Parfois, il faut faire des choix dans la vie. Ce n'était pas forcément ce que tu avais imaginé, mais voilà. Il faut rebondir et ça t'ouvre des portes. C'est pour ça que j'en suis là aujourd'hui. Et donc, du coup, ils ont grandi et donc j'ai eu plus de facilité, on va dire, à faire ça. Et c'est un peu le deal. C'est-à-dire que j'estime que je m'en occupe toute la semaine. Je suis là pour eux tout le temps sur le quotidien scolaire, les activités, etc. Donc, ils m'ont à disposition entre guillemets la semaine. Et le week-end, s'ils doivent aller m'entraîner, ils savent. Donc, où ils ont leur père ou on se débrouille. Mais c'est un peu le contrepartie. Et cet été, c'est vrai que je suis absente tout l'été. Donc, du coup, ils ne m'ont pas beaucoup vue. on habite à l'étranger, donc ils sont ravis et les grands-parents aussi de partir en France chez leurs grands-parents, de voir leurs cousins. Donc, ils sont partis assez vite en France. Et là, ils viennent en fait. Ça fait deux ans qu'on loue aux OUSH deux semaines au mois d'août. Et donc, ce qui me permet, donc là, je vais les retrouver en revenant du Tour du Mont-Blanc dimanche. Je passe deux jours avec eux et en revenant de la haute route, je vais rester quatre jours avec eux. Donc, on essaye de se faire un petit compromis où je passe un peu de temps avec eux. Mais voilà, ils acceptent parce qu'ils grandissent et qu'ils ont conscience. Ils savent que c'est mon travail et mon activité. Donc, moi, je le dis. Je dis, vous savez que l'été, c'est comme ça. Le reste de l'année, je suis disponible où je ne suis plus disponible pour vous. Mais le week-end, les vacances, l'été, il faut que je travaille. Donc, je crois qu'ils le comprennent. Après, ils doivent le comprendre parce qu'ils ont bien un père qui n'est pas là la semaine et ils l'acceptent. Donc, il faut qu'ils l'acceptent aussi. Donc, c'est vrai que j'essaye de contrebalancer. Alors, c'est vrai, là, tu vois, je me faisais la remarque. Tu vois, je suis rentrée un peu fastiguée du Tour, etc. Parce que normal, tu as une fatigue physique et toi aussi une fatigue mentale, que tout se soit bien passé, que voilà, tu as toujours un peu le stress qu'il ne se passe rien avec tes clients, que tout se déroule correctement. Donc, du coup, ça retombe, ça retombe un peu. Et puis là, tu as un peu, tu dis, je m'aimerais bien être à la maison au calme, tranquille, les voir, etc. Moi, ils commencent à me manquer, ils sont partis et ça fait déjà plus d'un mois. Mais voilà, écoute, ça continue et puis tu repars et en fait, tu vois, je repars demain et puis je vais être dans le truc et puis ça passe vite. Donc, c'est un peu comme ça que j'arrive à faire un compromis. Alors, voilà, on n'a pas beaucoup de moments famille, famille, parce que c'est vrai que moi, je ne suis pas là, Olivier, mon mari, est là et inversement. Mais bon, on essaye de se débrouiller.

Loïc C'est quoi leur réaction quand tu leur expliques que tu vas partir courir 300 kilomètres, ne pas dormir la nuit et globalement, t'infliger un truc assez difficile ?

Anne-Charlotte Alors, je crois qu'ils sont tellement de beignets un peu dedans que je n'ai pas l'impression que ça leur fasse... Ils ne trouvent pas ça spécialement bizarre, je crois. Ils demandent un peu mais ils ne trouvent pas ça spécialement bizarre. Le petit dernier, si, alors, il est obsessif avec ça parce que je ne suis pas là pour son anniversaire. Donc ça, il m'en veut beaucoup. Il m'en veut beaucoup. Je peux dire qu'il ne voulait pas que je m'inscrive en disant non, tu ne peux pas faire ça. Et donc, j'ai dû lui dire, j'ai dû lui dire, écoute Achille, je suis là tous les ans pour ton anniversaire et je leur dis, je leur dis, mais moi, je n'ai jamais raté un seul de vos anniversaires. La plupart du temps, votre père n'est jamais là pour vos anniversaires. Vous ne dites rien. Et j'ai dit à Achille, j'ai dit, écoute, malheureusement, je ne serai pas là. On le fêtera avant ou après. Son anniversaire, c'est le 17 septembre, donc ça, en plein milieu du tort. Donc, ça, il a du mal. Et je peux dire, je l'ai eu au téléphone l'autre jour et je l'entendais derrière qui disait que ça m'arrête. J'entendais dire, elle n'est pas là pour mon anniversaire. Elle n'est pas là pour mon anniversaire. Ça, ça, ça le marque plus que le reste. Et non, de temps en temps, ils sont marrants parce que de temps en temps, quand je leur dis, je suis fatiguée ou ils me disent, mais maman, pourquoi tu ne te reposes pas ? Pourquoi tu ne fais pas une pause ? Et tout. Et donc, du coup, je dis, oui, si, quand je peux, mais c'est vrai que, mais j'entends, je ne vais pas te mentir, le week-end, etc., tu vas encore courir ? Si, forcément, forcément. Donc, écoute, voilà, quand ils étaient plus petits, je m'échappais très tôt, tu vois, pour essayer de tout faire. Mais c'est vrai, c'est beaucoup. C'est-à-dire qu'on ne va pas se leurrer, le trail, c'est beaucoup de compromis parce que quand tu veux aller t'entrer dans la montagne, c'est forcément à plusieurs heures. Tu ne pars pas 10 minutes entre le trajet, la sortie, etc. Donc, tu es absent à un moment. C'est un peu comme le vélo. Un peu comme le vélo. Oui.

Loïc C'est rigolo ce que tu dis sur le fait qu'ils aient baigné dedans et ne se rendent pas trop compte. Ça me fait penser, je ne sais pas si tu l'as vu, cette vidéo, il y a une, je crois que c'est la grand-mère de Mathéo, tu sais, le pote de Kylian Jornet, qui est une TLV. Les journalistes, ils me demandent, mais alors, il est où Mathéo ? Elle dit, il est parti se promener avec un copain. En fait, il est juste en train de faire l'aller-retour au sommet du Mont Blanc et de battre un record. Oui, c'est ça. Et se promener.

Anne-Charlotte C'est ça. Finalement, je pense que ça dépend quel est ton baromètre.

Loïc Si on revient au Thor, on fait des petits allers-retours. Côté matos, tu as tout ce qu'il te faut, tu sais avec quoi tu pars, tu as une stratégie entre guillemets particulière, plutôt très léger, où tu préfères prendre tout ce qu'il te faut au cas où. C'est quoi ton approche ?

Anne-Charlotte Alors, j'ai mis beaucoup, beaucoup de temps. Alors, je suis un peu une manomaniaque, comme on dit ici, des chaussures. Je ne t'enverrai pas une photo de mon placard de chaussures. Les gens hurlent quand ils voient le nombre de chaussures que j'ai. J'ai beaucoup de chaussures, j'ai essayé beaucoup de chaussures et j'ai eu la chance d'essayer beaucoup de chaussures parce que mon associé Rolleray avait un magasin de trail à Madrid et donc du coup, comme on bossait ensemble, j'avais des avantages, on va dire. Je pouvais avoir des chaussures pas trop trop chères. Donc du coup, j'ai pu essayer pas mal de modèles. Pour le Thor, je crois que j'ai pris ma décision, mais autant dire que ça m'a pris des mois et des mois et que j'ai essayé des modèles et que j'ai renvoyé, que j'ai changé. J'ai tout essayé, les modèles les plus chers. Donc ça, c'était un peu ma grosse... Pour moi, le plus important, je vais dire pour moi, le plus important pour le Thor, c'est la gestion du sommeil et les pieds. Donc les pieds, ça passe par les chaussettes, les chaussures, le soin des pieds parce que mon pote qui l'a fait, qui a arrêté quand même au kilomètre 300, c'est quand même pas de bol 30 kilomètres.

Loïc Oh non !

Anne-Charlotte Si, si, les pieds. Il s'est abîmé les pieds dès le début parce que je ne sais pas si toi, alors là, j'ai de la chance qu'avec les différents trucs que je fais cet été, je vais pouvoir pratiquer ça. Mais la problématique que j'ai moins, c'est qu'à Madrid, c'est très compliqué d'accumuler beaucoup de dénivelé positif ou de dénivelé négatif d'un seul trait. C'est-à-dire que je fais plutôt 500, je monte, 500, je descends, etc. Et le problème du tors, c'est que tu es 1500, 1500, 1500, de descente et de montée. Et donc, du coup, ça, en termes d'impact au niveau des doigts de pied, des chaussures, etc., ce n'est pas du tout la même chose de descendre pendant 1500 mètres de dénivelé négatif avec les pieds qui touchent au bout, qui tapent, etc. Parce que même si tes chaussures sont... J'ai toujours des chaussures plus grandes, etc., mais forcément, ça touche au bout. C'est-à-dire que quand tu es en descente, selon l'inclinaison, ça touche. Et bien, quand tu ne pratiques pas ça, tu ne sais pas vraiment. Et donc, lui, par exemple, pas de bol, chaussures trop petites, pas testées correctement. Une préparation, finalement, pas suffisamment adaptée d'après ce qu'il m'a dit à ce qu'il aurait fallu faire. Et notamment, à cause de ses problématiques de pieds, de frottement, etc. Donc, du coup, en termes de chaussures, voilà, j'ai plus ou moins, je crois, pris ma décision. Depuis le début, je me dis que je ne vais pas partir qu'avec un seul modèle, mais que je vais avoir plusieurs modèles pour pouvoir changer, pour pouvoir changer les points d'appui. Je ne sais pas du tout si c'est une bonne stratégie. C'est la mienne. Ça ne fonctionnera peut-être pas. Là, tu vois, j'ai fait le tour avec une paire de chaussures. Je repars sur le deuxième tour avec une autre paire de chaussures qui sont potentiellement les modèles que je retiens et je me vois bien avec. Et éventuellement, une autre paire pour si c'est très mouillé, ça glisse, etc. Parce que là, les chaussures que j'ai choisis, je ne suis pas une fan de la semelle. Donc, du coup, ce n'est pas très adapté pour un terrain glissant ou mouillé. Ça me va bien. Donc, voilà. Donc, ça, c'est pour les chaussures. On va voir comment je gère. Mais potentiellement, je me dis que je changerais de paire. À voir. Et matériel, alors toi, tu as bien dû voir. Alors, c'est pareil. Il paraît que ça, c'est nouveau. Moi, je ne savais pas. Mais tu as vu la liste de matériel obligatoire ? Non. Il n'y a rien.

Loïc Ah oui, d'accord. Je pensais qu'ils avaient rajouté des choses.

Anne-Charlotte Ah non, il n'y a rien.

Loïc Par rapport à la PTL, il n'y a rien.

Anne-Charlotte Il n'y a rien. De couverture de survie, un gobelet, un bol. Alors, les gens disent pourquoi un bol ? J'ai dit, je ne sais pas. C'est quand même incroyable. Il y a un bol. Il n'y a même pas d'imperméable. Je dis oui. On estime que tu es en mesure de savoir ce avec quoi tu vas devoir sortir, etc. Donc, je te dirais de manière raisonnable. Alors moi, ça me paraît indispensable, surtout en haute montagne, même si ce n'est pas dans le matériel obligatoire. C'est pour moi du matériel obligatoire. Évidemment, je mettrais un imperméable, des gants, un bouffe, des trucs. Ce que j'ai l'habitude de prendre quand je fais une sortie longue en trail dans des conditions qui peuvent être plus fraîches. Après, en mode un peu light. C'est-à-dire que, sauf si on me dit il faut que tu prennes tes crampons parce qu'il a neigé. Et encore, je crois que les gens disent qu'en fait, les crampons, tu ne les utilises pas parce que les crampons, c'est si ça a gelé. Donc, si c'est de la neige fraîche, tes chaussures, au final, ça tient. Donc moi, je vais plutôt aller avec le matériel que j'estime light et obligatoire et en voyant un peu en termes de stratégie d'approche en fonction de ce que je prévois de faire entre chaque base vie, d'avoir, on va dire, le nécessaire sans me surcharger. En sachant que, si j'ai calculé que j'arrive et que j'arrive deux jours, par exemple, je ne prends pas de trucs trop chaud et si je repars de nuit, là, je change. Voilà. Moi, je compte un peu aussi sur ceux qui viennent m'aider pour me dire écoute, là, il va faire très froid, tu prends un cortex plus épais, il faut que tu prennes un truc plus chaud. Voilà. Mais en termes de matériel, ça, après, il faut quand même emmener des tonnes de trucs. Quand tu réfléchis, tu te dis, je prends deux paires de bâtons. Oui, je prends deux paires de bâtons parce que si je casse un bâton et que je n'ai plus de bâton, non, je ne peux pas. Là, tu te dis, entre l'investissement du dossard, moi, j'ai quand même loué une caravane, entre les billets d'avion et le matériel. J'ai déjà beaucoup de matériel mais tu es obligé de racheter du matos. Enfin, si tu es obligé, moi, imagine, moi, je consomme, entre guillemets, je pense, une paire de chaussures par mois. Presque. Ah ouais ? Ben, presque. Alors, je suis un peu tic sur les chaussures mais là, regarde, je vais faire ce kilomètre en trois semaines. Ben oui. Donc, moi, on va dire que c'est mon activité. C'est-à-dire qu'entre les entraînements la semaine, moi, j'entraîne cinq, six fois par semaine. Donc, forcément, tu as une rotation de chaussures. Donc, oui, c'est du consommable, la chaussure. Et moi, pour moi, un des points les plus importants et du coup, je suis assez, tu vois, là, j'ai eu un client. À chaque fois, je dis, je vais vérifier les chaussures et on ne vérifie pas les chaussures. Et là, j'ai dit, on va vérifier les semelles. Il y en avait un, il avait des semelles lisses. Et je dis, les gars, ce n'est pas possible. On fait du trail, tu ne peux pas te tuer ou te casser une jambe parce que tu n'as pas voulu dépenser 120 euros ou même pas, je n'en sais rien. Parfois, ce n'est même pas ça. C'est hyper important d'avoir des chaussures en condition. Hyper important. Je préfère, j'ai des shorts je n'arrive pas à trouver des modèles qui me conviennent. Je continue de les mettre. Et à chaque fois, je me dis, il faut vraiment que je m'achète des nouveaux shorts. Mais en fait, et mes t-shirts, je viens de les laver, ils sont encore marrons. Oui, forcément. Mais ce n'est pas grave. Mais mes chaussures, je peux dire que mes chaussures, à partir du moment où je n'ai plus trop de crampons, à la retraite ou pour m'entraîner. Mais je ne vais pas en montagne avec.

Loïc Je suis assez d'accord avec toi.

Anne-Charlotte Donc, oui, c'est quand même important. Pour moi, le matériel, c'est important. Il faut avoir du bon matériel. Et c'est vrai que moi, comme c'est mon quotidien et mon travail et que ce que je t'expliquais, c'est que les tours qu'on fait, on a un sac de 15-20 litres et on emporte tout sur nous. Nous, on est sur ce mode-là. On ne fait pas de transport de bagages. Alors déjà, dans les Pyrénées, ce n'est pas possible parce que les refuges, la plupart du temps, ne sont accessibles que par hélicoptère. Donc, tu n'as pas de transport de bagages. Tu as des gens qui nous demandent sur le tour du Mont-Blanc. Ils nous disent « Ah, mais non, je ne veux pas porter mon matos. » Je dis « Ouais, mais nous, c'est notre politique. Nous, on veut choisir les refuges pour leur emplacement et pas parce qu'ils sont accessibles avec une voiture pour transporter les bagages. D'un point de vue écologique, voilà, c'est aussi tu génères moins de déchets, etc. Du coup, quand tu transportes et que tu cours avec ton sac, tu as intérêt à avoir l'équipement le plus léger possible. Moi, je suis une espèce de friki de trouver le truc qui pèse le moins lourd possible. Non, mais c'est incroyable. Tu verrais, ma trousse de toilette, par exemple, je dis aux gens, je dis « Regarde, j'ai pris un savon, je l'ai coupé en deux. J'ai des trucs, mais minimalistes, minimalistes. » Et je les vois arriver et je dis « Mais ce n'est pas possible. » Et je leur sors, tu verrais. Moi, je fais une révision des sacs et je sors. J'enlève des trucs. Je dis « Ça, non, ça, non. » C'est hyper important que tu ne pars pas 5 ans avec un kilo de trop.

Loïc Oui, c'est clair.

Anne-Charlotte Donc, ouais. Et j'aime le matériel. Je ne vais pas se mentir, j'aime ça. Moi, je trouve que ça m'intéresse. Les technicités, c'est un truc que j'aime bien. J'aime bien tester. Ça fait partie de mon boulot, c'est-à-dire que je teste parce que je conseille aussi. Les gens, ils nous demandent. Moi, sur le site internet, on a un blog, j'ai la liste de mon matos que j'utilise. Personne ne me sponsorise. Mais je dis ce que j'ai essayé, ce qui me semble bien ou pas et on essaye de conseiller au mieux pour que les gens, ils aillent avec ce qu'il y a de mieux. Et je trouve ça intéressant. Je trouve ça intéressant de tester, de voir ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien. Donc, on va voir. J'essaierai de mettre... Donc, voilà, j'ai aussi tout ça qui faisait que j'espère pouvoir aller avec le meilleur équipement possible et optimiser.

Loïc Excellent. Écoute, il faut que je... Je te posais la question un peu plus tôt de si tu avais repéré le parcours, enfin, mémorisé, tu vois, les points de drop. Ça, il faut que je le fasse parce que c'est vrai que du coup, sur la PTL, par exemple, on n'avait accès que, entre guillemets, deux fois à nos sacs d'allègements.

Anne-Charlotte Oui.

Loïc Donc, c'était assez limitant quand même. Tu ne pouvais pas vraiment swapper le matériel, etc. J'ai cru comprendre que sur le Thor, c'est beaucoup plus fréquent.

Anne-Charlotte Oui.

Loïc Mais bon, peut-être que je me comprends. Il faut que je regarde. Six fois.

Anne-Charlotte Tu as six bases de vie, tous les 50 kilomètres.

Loïc Ah oui. Ah ben, c'est incroyable ça. Ah oui, donc effectivement, là, tu peux vraiment jouer là-dessus. Oui,

Anne-Charlotte tu n'es pas très renseigné, donc. Non. Tous les 50 kilomètres. Tous les 50 kilomètres, tu as ta base de vie, ton sac jaune, là, qui te donne au début. Tu sais que ça, c'est assez drôle, le sac jaune, par exemple, je te le dis, parce que du coup, toi, tu vas récupérer ton sac, tu arrives, mais par exemple, il n'y a que le couvreur qui a le droit de récupérer son sac. C'est-à-dire que ton équipe n'a pas le droit d'accéder à son sac. Ils peuvent te donner du matériel supplémentaire, tu as le droit de redonner, etc. des choses. Et c'est pareil, soit, regarde bien, parce que le sac qu'il te donne, c'est le seul truc qui te transporte. Et du coup, il faut quand même être assez organisé sur le volume. Oui, parce que si tu te dis, à chaque fois que je passe à la base vie, je veux changer complètement mes fringues. Imagine, je vais me doucher, ta serviette. Moi, j'ai pensé à tous ces trucs-là. Tu vois, quand tu n'as pas d'assistance, tu fais comment ? Tu as une serviette, tu as cinq serviettes ? Parce que si tu veux te laver, si tu veux te sécher, ta serviette qui te la sèche, elle ne va pas se sécher toute seule dans ton sac. Personne ne peut te laver, des affaires. Donc, tu te dis, j'emporte, j'emporte, j'emporte. Et moi, j'ai lu des blogs de gens qui te disent, en fait, j'avais sous-estimé le matériel. En fait, ça dépend vachement des conditions. Imagine, on a des conditions, il fait très chaud. Donc, tu te dis, bon, super. En fait, il fait très froid. Tu es obligé d'utiliser des thermiques. Moi, je n'ai pas 50 000. J'ai une. J'ai un tee-shirt à mon flan de thermique. Éventuellement, j'en aurai deux. Je ne vais pas en acheter cinq ou six. Donc, il y a un moment. Dans ton cas, on va dire que c'est plus complexe parce que tu n'as pas cette chance de te dire, j'ai quelqu'un qui va me faire sécher ma serviette. Moi, je leur ai déjà dit, je vais vous apporter une bassine des scouts de mes enfants qui est le truc pour faire la vaisselle. Et quand j'arrive, je mets les... Vous m'enlevez mes chaussettes. Vous mettez... Parce que moi, je veux vraiment, je te dis les pieds. J'ai dit, vous mettez les pieds, vous me lavez les pieds. Après, on m'a conseillé une huile qui permet de sécher. C'est un truc pour les escarques, pour les gens qui sont en maison de retraite, qui ne peuvent pas bouger, tu sais. Et comme on a les pieds qui vont vachement ramollir, donc tous les petits trucs, tu sais, on m'a donné plein de petits trucs. Et du coup, voilà, je prends tous les trucs. Là, en ce moment, je suis en train de faire des essais. Tu vas sur les paires de chaussettes parce que moi, j'ai tendance à utiliser des chaussettes super fines parce que c'est confortable. En fait, sur le tord, on m'a dit, non, il faut que tu utilises des chaussettes épaises. Et je pense que c'est vrai. Je le vois. Parce qu'en fait, si tu mets une chaussette épaisse, tu as moins de frottement. Donc là, j'étais en train de regarder. Du coup, là, je fais mes essais. Je fais mes essais, les petits trucs sur mes pieds, les chaussettes. Je regarde ce qui correspond, le sac. Tu vois, les sacs à dos, c'est pareil. Je pense que je vais en emballer plusieurs parce que déjà, ça te permet de changer et puis selon le matériel que tu dois emporter.

Loïc Ouais. Bon, écoute, il faut que je me penche sur le sujet. C'est l'avantage d'avoir, tu disais un peu plus tôt que tu as commencé direct par un trail de 60 bornes. J'ai fait un ultra, enfin deux, mais le premier, c'était la PTL. Donc, tu vois, aucune référence. Du coup, en fait, c'est une course qui est apparemment très, très spartiate par rapport à, tu vois, il n'y a que de basse vie. Ouais,

Anne-Charlotte c'est beaucoup plus spartiate et c'est beaucoup plus…

Loïc Je crois qu'il y avait… Tu te débrouilles de cette,

Anne-Charlotte c'est pas balisé, la PTL.

Loïc C'est pas balisé, non. C'est à la Carto. Il y avait 30 bénévoles, 30 bénévoles pour 300 kilomètres de course, un médecin. Enfin, tu vois, c'est vraiment… Pas du tout la même chose. Donc, moi, j'ai pas du… À aucun moment, je m'étais dit, tiens, je vais me changer tous les jours, tu vois, j'en porte plusieurs vestes. En fait, t'as pas vraiment le choix, quoi. Non, t'as pas ça. J'avais une veste, deux t-shirts, tu vois. Je me suis lavé deux fois et basta, quoi. Mais effectivement, je pense qu'il faut clairement profiter du fait qu'il y ait des si basse vie pour améliorer son confort,

Anne-Charlotte quoi. Ouais, c'est important. Et moi, d'après ce qu'on m'a dit, on a dit la plupart du temps, les coureurs dorment pas la première nuit parce que tous, on sait qu'on est capable de supporter une nuit blanche sans aucun problème. Enfin, entre guillemets, sans aucun problème. En fait, visiblement, après, chacun fait comme il veut. Moi, je dis pas qu'il faut faire ou qu'il faut pas faire. Et mon idée, c'est de dormir la première nuit parce que, en fait, visiblement, alors déjà, je suis pas pressé. Je vivais pas pour gagner ni faire, donc on s'en fiche. Mais visiblement, en termes de récupération et pour la suite, en fait, le fait d'avoir récupéré déjà la première nuit et ça t'aide vachement. Même si c'est une heure ou deux heures, de toute façon, enfin voilà, on va pas dormir beaucoup plus. Tu peux pas dormir beaucoup plus. Mais moi, mon idée, c'est quand même de dormir toutes les nuits et je te dis de me changer des chaussettes,

Loïc de prendre soin de mes pieds,

Anne-Charlotte en fait, les pieds de sommeil. Je pense que c'est la clé, en fait, parce que finalement, on va beaucoup marcher. Donc, du coup, finalement, il vaut mieux marcher et pas trop s'arrêter et marcher, marcher, que d'essayer de courir à fond, de pas dormir. c'est mon idée.

Loïc C'est intéressant, ces courses pour ça, parce que c'est tellement long, du coup, que tu peux, enfin, t'es forcément obligé de tester des approches un peu différentes, tu vois. Je me rappelle, justement, sur la PTL, il y avait une équipe, c'était deux gars et eux, ils étaient en mode, on bombarde entre les refuges, on se repose beaucoup et on rebombarde. À chaque refuge, ils changeaient de paire de chaussures. Enfin, c'était vraiment...

Anne-Charlotte Et ça a fonctionné.

Loïc Et ça a pas fonctionné. Ouais. Ça a pas fonctionné, ils ont abandonné, mais pas loin de la fin, vraiment pas loin. Moi,

Anne-Charlotte je pense qu'il vaut mieux, après, c'est mon approche, moi, je pense qu'il vaut mieux de constant, tu vois, moi, je vais dire un peu, mon idée, c'est de... Ça se trouve, on a tous des idées, ça se trouve, je serais pas du tout ça, mais moi, mon idée, c'est un peu d'être en mouvement 20 heures sur 24, en mouvement, je te dis en mouvement, je suis pas en train de te dire, en train de courir, en mouvement 20 heures sur 24, en un rythme. Si t'arrives à avoir un rythme de 4 km par heure, tu te reposes, allez, tu te fais une vraie pause de 3 heures, et après, les autres ravitaux, t'essayes de pas trop t'arrêter, tu récupères un peu de nourriture, etc., et puis tu peux même manger en marchant. En fait, si tu manges en marchant, si tu réfléchis bien, si tu manges en marchant, si tu t'arrêtes pas trop, si tu marches, une demi-heure, c'est 3 km ou 2 km. Et donc, du coup, t'avances comme ça, etc., et je me dis, en fait, je pense que tu t'abîmes moins les pieds, je sais pas, testé, mais bon.

Loïc Non, mais je suis assez d'accord avec toi sur l'approche, alors je vais faire le malin, mais je sais même plus d'où je connais cette expression, mais festinalente, tu vois, c'est hater lentement, je pense. Et sur la PTL, on avait, alors on regardait pas le, j'avais fait des interviews de gars qui avaient, qui avaient pas fini la PTL, mais qui avaient participé à la PTL avant d'aller sur la course, et il m'avait dit un truc, il m'a dit, absolument, il faut que tu regardes la vitesse ascensionnelle, il faut se bloquer à max 600 mètres à l'heure, et j'avais jamais réfléchi à ça avant, tu vois, enfin moi, vitesse ascensionnelle, quand je faisais des randos, je pensais pas y tout,

Anne-Charlotte moi j'ai jamais entendu ça, moi du coup.

Loïc Bah voilà, et du coup, j'ai découvert que sur ma montre, j'avais ce truc, et donc on était calés sur, voilà, dès qu'on dépassait 600 mètres à l'heure, on ralentissait, et on se calait sur 600 mètres à l'heure. Ouais, c'est en fait,

Anne-Charlotte tu dis 100 mètres, 10 minutes pour faire 100 mètres de dénivelé, ouais d'accord, c'est ça en fait, c'est 10 minutes pour faire 100 mètres.

Loïc Voilà, et du coup, en fait, c'était vachement intéressant comme exercice, parce que les premiers jours, tu vois, où certaines phases, on repartait d'une basse vie par exemple, t'es au taquet, pleine forme, et en fait, tu fais pas gaffe, tu regardes, et on était en train de monter à 900 mètres à l'heure, tu vois. Ouais d'accord. Et du coup, je trouve que c'était assez intéressant.

Anne-Charlotte C'est intéressant, je vais regarder, tu vois, j'avais pas du tout cette approche, je vais regarder. Après,

Loïc bon voilà, moi ça m'allait, je sais pas si ça, tu vois, je sais pas si c'est, comme tu dis, voilà, je pense que chacun a son truc, mais moi je sais que j'aime bien regarder ça maintenant, je me mets, voilà, entre 600, 650, max 700 mètres à l'heure, et en fait, c'est un truc qui me va bien, et du coup, je sais que même en montant à cette vitesse, je peux me reposer, je culpabilise pas, tu vois, parce que je sais que c'est déjà passé sur la PTL, en allant à ce rythme, je sais que j'ai pu finir le truc, et que j'étais, bon, absolument éclaté, mais que j'ai pu aller au bout.

Anne-Charlotte Oui, c'est ça.

Loïc Donc, voilà, mais bon, comme tu dis, chacun son truc.

Anne-Charlotte Non, chacun son truc, et puis tu as des gens, moi j'en vois autour de moi, il y en a dont l'objectif, il se fixe son objectif tant, il se fixe son objectif, et s'ils se rendent compte qu'ils ne vont pas réussir à atteindre, ils préfèrent se retirer, comme on parlait tout à l'heure des pros maintenant, qui finalement lâchent et abandonnent, et tu en as d'autres dont l'objectif, c'est de dire, mon principal objectif, c'est déjà de terminer, donc après, que je termine en 120 heures, ou 150 heures, j'ai 150 heures, en fait, tu as 150 heures pour le faire, si tu peux le faire en 100, 110, tant mieux, c'est vrai que ça te fait un jour de moins, être dehors, etc., mais tu as le temps, c'est un peu ça, tu as le temps.

Loïc Puis, si tu termines en 110, ça veut aussi dire que tu as ton ticket pour le tort des glaciers.

Anne-Charlotte C'est vrai que je ne savais pas ça, tu vois.

Loïc Et bien voilà, c'est 130 heures. Ah,

Anne-Charlotte c'est bon, c'est bon.

Loïc Tu dis le tort en moins de 130 heures, tu as un ticket pour le tort des glaciers.

Anne-Charlotte C'est marrant, parce que qu'est-ce que tu fais après, tu vois, c'est ça la question, les gens, c'est assez drôle, parce que les gens, souvent, ils disent, qu'est-ce que tu fais après un UTMB ? Et alors là, du coup, je dis, moi, je ne suis même pas passée par l'UTMB. J'ai dit, je fais le tort, mais ce n'est pas du tout pour moi la même chose. Et quand tu disais, toi, tu as fait la... Et moi, la PTL, ça me tente vachement, ça me tente vachement parce qu'il faut faire un dossier, il y a des notions d'orientation, etc. Et moi, c'est un peu mon job, donc je trouve que c'est intéressant. Moi, c'est plus ça que je recherche. C'est ce qui m'intéresse dans le tort, c'est plus je te dis l'aventure, voir comment tu vas préparer tout ça, la stratégie, plus que... C'est forcément un dépassement de soi, mais ce n'est pas mon objectif. Ce n'est pas de me dire, où est-ce que je suis capable d'aller ? Après, je fais plus ou moins. Peut-être que je ferai plus, peut-être que je ne ferai pas plus. J'en sais rien. Ce n'est pas de, après, je vais faire ça, je vais faire ça.

Loïc Écoute, on va déjà se concentrer sur le tort. Je pense qu'on va avoir du boulot déjà. C'est clair. Et puis, on verra la suite après. En tout cas, écoute Anne-Charlotte, c'était trop bien d'échanger avec toi. Ça fait vraiment plaisir d'avoir des conversations sur la course qui arrive. On a la chance de pouvoir vivre en septembre. Ça va être très chouette. Je te souhaite une très bonne fin de prépa.

Anne-Charlotte Merci beaucoup.

Loïc Zéro blessure. On va toucher les bois. Zéro blessure. Et puis, on va se donner rendez-vous. mi-septembre. C'est ça,

Anne-Charlotte on se voit de toute façon à Courmayeur.

Loïc C'est ça.

Anne-Charlotte C'est excellent.

Loïc Merci beaucoup Anne-Charlotte. À très bientôt. T'as vu Loïc.

Anne-Charlotte À bientôt.

Loïc Ciao. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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