Maria La première fois que vous avez fait un tour de la course, c'est de se préparer du mieux qu'on peut, de tout planifier avec ces petites cartes. Mais aussi parce que la météo peut être comme si, parce qu'il peut y avoir le Covid. D'un côté, tout programmer et de notre côté être capable de tout modifier.
Invité 1 Eh bien écoute, salut Maria.
Maria Bonsoir.
Invité 1 Bienvenue sur le podcast Défrappé. Je suis très heureux de t'accueillir. Un grand, grand merci, encore une fois, de prendre le temps de venir échanger avec nous, nous partager un petit peu ton parcours, tes exploits sportifs, puisque c'est entre autres de ça dont on va parler. Mais je te laisse peut-être commencer par te présenter avant d'en dire plus.
Maria Bonsoir à tout le monde. Moi, effectivement, je suis très, très ravie aussi d'être avec toi ce soir sur le podcast. j'adore ce média je m'entraîne vraiment avec des podcasts dans les oreilles tout le temps donc je suis ravie de participer à ce nouveau média donc c'est chouette et puis voilà je suis professeure d'EPS mais aussi ultra trailers et voilà je crois qu'on va discuter de cette spécificité et puis de j'ai fait pas mal de courses réputée, entre guillemets, un peu partout dans le monde et en France, bien sûr. Donc, je crois qu'on va discuter de ça.
Invité 1 Absolument. Absolument. On va en parler. Donc, écoute, peut-être qu'on peut commencer par le commencement. Ce que tu me dis avec beaucoup d'humilité, tu fais de l'ultra, mais tu as un palmarès assez conséquent qui démarre en 2009. donc moi je me posais la question est-ce que tout a vraiment commencé en 2009 et si c'est le cas comment est-ce que tu as découvert l'univers de l'Ultra
Maria oui en fait ça a presque commencé en 2009 on va dire que ça a commencé en 2008 donc moi à la base je suis neigeuse j'ai toujours fait du sport depuis que je suis gamine alors pas au niveau mais j'ai toujours fait du sport j'ai toujours fait de la compétition je crois que j'aime ça je crois que j'aime la compétition j'aime la compétition et aussi j'aime m'entraîner en fait et 2008 je sais pas, comme un peu tout le monde je cours un peu une fois tous les 15 jours en me disant non non ça va pas voilà, je fais un 10 km bon sur route et puis j'étais dans un groupe de nageurs il y en a un qui me dit tiens tu veux pas venir à Font-Romeu je fais le tri-blanc de Font-Romeu dans les Pyrénées-Orientales bon d'accord, oui ok voilà tiens ça me plaît et puis tout de suite par contre je suis assez vite donc ça ça devait être en janvier et puis tout de suite en juin je suis montée d'abord sur trail directement et très peu sur route et ensuite j'ai tout de suite senti que j'aimais bien j'étais pas rapide et que j'avais je savais durer entre guillemets donc ma deuxième course c'est en 40 bornes d'entrée de jeu sur le marathon des Burons et voilà et puis de rencontre avec des copines coureuses et on se dit mais comme ça pas sur le coin d'une table mais presque et tiens pourquoi on ferait pas la Diagonale des Fous l'année prochaine donc c'était en 2008, 2009 on s'inscrit par équipe et à l'époque il y avait pas besoin de points, il y avait pas besoin de... voilà maintenant il faut un CV énorme pour prendre le train à l'époque c'était quand même pas le début, c'était pas le début mais c'était il y a donc plus de 10 ans et les organisateurs étaient moins stricts et moins regardants. Donc, on a pu s'inscrire à La Réunion, toutes les quatre. Et puis, voilà, on a dit bon y va. Et voilà, c'était vraiment... Ça ne fait pas partie des principes d'entraînement, qui est, on va dire, de progressivité. Et ce que je prône aussi, mais moi, je ne me le suis pas appliqué. C'est-à-dire que je suis passée de 50 bornes, j'avais fait 50 bornes au max à 150 parce qu'à l'époque la diagonale c'était que entre guillemets 150 kilomètres avec 9000 de D plus et je m'étais dit bon je mets 10 heures pour faire 50 kilomètres je vais faire 30 heures plus des brouettes pour faire 150 kilomètres j'avais lu beaucoup de bouquins parce que je suis un peu intello aussi donc j'avais lu des expériences donc voilà j'avais qu'une expérience livresque et voilà ça s'est fini dans la souffrance mais ça s'est bien fini et c'est vrai que tout le monde me disait les copains j'avais dit tiens je vais faire ça c'était super parce que c'était la première fois donc les gens m'envoyaient des textos donc je découvrais vraiment je découvrais tout et après on me disait mais tu vas faire quoi et je disais mais j'en sais rien s'il faut à la fin je raccroche les baskets je ne savais pas du tout si ça allait me plaire ou pas et en fait quand tu arrives c'était dans la douleur, les 30 derniers kilomètres vraiment dans la douleur et puis tu prends une douche, tu manges, tu dors et puis le lendemain tu te dis bon allez on fait quoi l'année prochaine voilà
Invité 1 attends mais c'est énorme ça je ne savais pas j'ai vu sur ton les résultats de tes courses que tu avais fait la Diagonale des Fous en 2009 mais attends mais c'est hallucinant ça comme histoire donc tu commences la deuxième course que tu fais c'est un 40 bornes tu t'inscris à la Diagonale des Fous en équipe et la plus longue course que tu as fait entre ton 40 bornes et la Diagonale des Fous c'est un 50 km
Maria on avait fait en juin donc 2009 toutes les 4 les copines on avait fait un week-end de course qui était dans les Aravis à l'époque c'était super, on avait un 40 le samedi matin un 20 dans la plaine le samedi soir et on repartait pour un dimanche pour un 50 bornes le dimanche matin et on s'était inscrite là-dessus donc c'était trois étapes et c'était ça notre gros bloc d'entraînement, ça avait été ça on avait un peu quand même testé, on s'était testé parce qu'au début on s'est dit, est-ce qu'on court ensemble est-ce qu'on court pas ensemble, en fait on s'est aperçu qu'on avait pas du tout les mêmes niveaux donc voilà chacun chacun allait faire sa course moi je me souviens j'étais partie sur l'étape de nuit avec la petite petzelle de sécu et je m'étais dit ah ben non ça ça va pas le faire de partir sur la diagonale avec ça, voilà ça ça avait été quand même le week-end de test et puis et puis après voilà et puis j'avais fait sur la diagonale j'avais fait tout, on avait pas de on avait juste un autre carte bleue parce qu'à l'époque il n'y avait pas de de car qui te ramenait si t'abandonnais et tout ça donc on avait une carte bleue pour prendre un taxi si jamais on était hébergé chez une amie on avait un numéro de téléphone et on s'est dit ben voilà on n'a pas d'assistant là-bas à la diagonale il y a trois bases de vie donc on avait rempli nos cinq avec la nourriture des changes les chaussures pour se changer moi j'avais fait tout tout ce qu'on nous disait en théorie parce que j'avais pas j'avais pas la pratique et puis et puis voilà et puis en serrant les dents un peu à la fin, c'est bien passé. Voilà. En m'entraînant quand même, même si... Alors, quand je compare... Parce que déjà, à l'époque, j'avais mes petits cahiers et je notais. Alors, évidemment, c'est au fur et à mesure des années, j'ai augmenté en volume, j'ai augmenté en dénivelé, tout ça. Mais déjà, il y avait quand même une petite préparation. Enfin, pas une petite, mais j'avais déjà fait un plan d'entraînement sur cinq semaines déjà pour préparer ça. Alors, c'était à moindre niveau par rapport à ce que j'ai pu faire après au niveau du kilométrage et du dénivelé. mais il y avait quand même déjà une démarche d'entraînement, de construction de préparation je ne peux pas aller comme ça sans préparation quand même c'est pas
Invité 1 c'est à dire que tu as fait une montée assez rapide en termes de distance mais ça s'est quand même accompagné tu as préparé ça tu disais que tu étais quand même sportive avant donc ça n'a pas été non plus un coup de tête un peu irréfléchi ou en tout cas potentiellement irresponsable.
Maria Non, c'était quand même organisé, sans expérience, mais ça, tu l'acquiers aussi. Mais c'est comme quand on te demande un premier boulot, on te demande de l'expérience sur le premier boulot où tu ne peux pas en avoir par les stages et tout ça. Donc voilà, je compare un petit peu ce premier ultra. Mais après, je ne conseille pas forcément ça aux gens, surtout aux étudiants que j'entraîne, les gens que je côtoie, c'est pas forcément donné à tout le monde de faire un an un an et demi de course à pied un ultra je suis pas sûre que ça soit la bonne solution la bonne solution quand même
Invité 1 on va en parler justement et peut-être juste avant pour parce que je trouve que c'est assez impressionnant pour donner une idée de ta progression donc tu disais Diagonale des Fonds en 2009 le circuit à l'époque donc je pense que maintenant c'est devenu une course très populaire donc tout le monde connait mais c'est en gros tu traverses plus ou moins la Réunion
Maria une Diagonale tu pars au sud-est et t'arrives au nord-ouest en gros, en passant par le superbe cirque de Mafate qui est superbe mais qui est très technique voilà, après maintenant je l'ai refait, j'ai eu la chance de revenir deux fois de plus à La Réunion, le chemin ils ont allongé un petit peu mais la première partie est beaucoup plus roulante les 50 premiers kilomètres actuellement sont vraiment on court pas mal après il y a toute la traversée de Mafate qui est toujours géniale et par contre l'arrivée actuellement est compliquée on va dire parce qu'on est dans les ravines c'est dur c'est la fin et en fait les difficultés elles sont aussi à la fin mais parce que les chemins sont très étriqués c'est moins joli mais bon ça reste super pour ça
Invité 1 Et puis, tu me dis si je me trompe, mais je crois qu'une des difficultés, c'est aussi tout ce qui est la gestion de l'équipement, parce que tu as des gros changements du fait du dénivelé et puis de la géographie, tout simplement de la Réunion, tu as des très gros changements de température, d'humidité, etc. à gérer, c'est ça ?
Maria En fait, tu pars le soir, 22h, je crois, et tu arrives au petit matin. Alors, bien sûr, ça dépend toujours, pareil, de ta vitesse. Mais moi, en gros, t'arrives au petit matin en haute altitude. Donc, l'an dernier, c'était gelé. Le sol était gelé, l'herbe était gelée. Et après, tu sais que tu vas crever de chaleur. Il va faire 30 degrés dans ma fatte et tout ça. mais après c'est quand même comme beaucoup de courses en montagne quand même on descend dans la vallée, il fait très chaud tu montes en altitude, tu peux prendre la neige sur un UTMB j'ai pris la neige plein de fois fin août tu prends la neige aussi c'est des choses qu'on apprend après tu te dis la Réunion il fait beau, c'est une île non non ça peut être frais les nuits peuvent être super fraîches
Invité 1 un petit peu comme en Corse je sais que tu as aussi fait le GR20 plusieurs fois c'est vrai que c'est le piège même pour de la randonnée on pense qu'on part en Corse en plein été ça va être super, il va faire chaud mais sur le GR20 tu as des nevées en plein mois d'août tu as des tempêtes de neige sur certains cols en plein mois de juillet c'est pas rarissime
Maria c'est la montagne
Invité 1 il faut être
Maria attentif à ça c'est pas un milieu neutre la montagne c'est vrai que la montagne c'est peut-être un peu démocratisé aussi ou en tout cas les trailers s'amusent en montagne je fais partie de ça mais peut-être sans toujours avoir exactement les bonnes connaissances mais c'est jamais un milieu anodin c'est vrai qu'on est les champions du monde en France à critiquer par exemple les listes de matériel obligatoire qui sont des fois énormes il te faut prendre un pantalon Gore-Tex un truc comme ci, un truc comme ça je suis la première à des fois râler mais des fois ça te sauve la vie quand même
Invité 1 je suis d'accord avec toi ça se démocratise mais qu'il faut quand même rester un milieu hostile
Maria on veut s'alléger au maximum donc on part avec nos petits shorts avec nos petites vestes hyper light mais c'est sûr que tant que ça va ça passe et puis t'as un coup de moins bien ou la météo se dégrade et t'as passé trop de temps t'es pas rentré et ben la situation les situations peuvent vite se compliquer en fait
Invité 1 ouais
Maria donc je ferai répondre
Invité 1 j'ai changé justement avec avec quelqu'un que tu connais très bien avec Vanessa Morales qui nous parlait de son expérience sur le Kilimanjaro c'est exactement ça tu vois quand elle t'en parle c'est genre l'effet domino il y a absolument toutes les catastrophes possibles et imaginables qui se sont enchaînés à plus de 5000 mètres d'altitude. Mais oui, pour continuer sur le sujet du trade, c'était pour donner une idée à ceux qui arrivent à voir à peu près ce que c'est la Diagonale des Fous, qui est juste un monstre dans l'univers du trade. Tu commences ton premier en 2009. À l'époque, c'était encore 150 km, 9000 mètres de dénivelé positif. Tu termines juste en dessous de 37 heures. Tu te classes quand même sixième senior. et si je ne me trompe pas le dernier alors le dernier c'était en 2019 il n'y avait pas que 1000 m de dénivelé en 2019
Maria non 10 000
Invité 1 ouais voilà ok donc 10 000 de dénivelé en 2019 170 km et tu le termines en 35h39 donc une progression juste hallucinante en 10 ans et ce que je trouve cool c'est que tu as commencé par un monstre et visiblement t'as carrément accroché donc je serais curieux de savoir c'est quoi qui t'a déjà est-ce que tu dirais que pour toi cette première Diagonale des Fous ça a été la révélation et qu'est-ce qui t'a qu'est-ce qui t'a plu, qu'est-ce qui fait que t'as continué t'as continué sur ta lancée jusqu'à avoir des résultats carrément encore plus impressionnants
Maria oui ce que je disais c'est que quand je me suis lancée je savais pas à la fin de cette course si j'allais arrêter complètement la course à pied, ou au contraire vraiment j'allais continuer là-dessus et en fait vraiment quasiment dès l'arrivée, une fois que tu as soigné tes petits bobos et en fait tu t'aperçois que c'est rien la douleur elle est relative, on en reparlera peut-être et tu te dis c'est vraiment ça que j'aime et alors l'année d'après en 2010, j'étais inscrite sur l'UTMB et en 2010, et malheureusement la course a été arrêtée à Saint-Gervais parce qu'il y avait trop de neige les conditions étaient vraiment exécrables et donc ils nous ont arrêtés à Saint-Gervais je crois que c'est 20 km après le départ et donc on était très très frustrés de ne pas avoir fait cette ultra parce qu'au début je faisais un ultra par an donc vraiment c'était le sombre de ma saison et donc là cette année là donc en 2010, j'avais fait un stage avec Vincent Delbar, enfin vraiment j'avais préparé l'UTMB et voilà on est coupé dans notre arrêt et je me reporte sur deux courses plus petites et j'enchaîne les hospitaliers qui fait 75 km et j'enchaîne derrière la Saint-Élion en décembre qui fait 68 km et là je me suis aperçue que je ne ressentais pas les mêmes choses, alors c'était des courses qui sont relativement longues quand même, ça fait 9h 7h, enfin ça dépend toujours pareil à quelle allure on va mais c'était pas les mêmes il n'y avait pas les mêmes sensations au niveau de la nuit au niveau du rythme qui s'installe au niveau un peu du discours intérieur et puis ce que j'aime sur un ultra c'est en fait tout peut se passer quand même t'as des phases qui sont très hautes tu montes très haut t'es super bien bon tu sais que ça risque de pas durer donc tu sais que tu descends et quand t'es au fond il faut avoir les capacités mentales, de trouver les ressources pour remonter et cet état là tu le trouves que dans le long et puis dans le long t'as aussi la sensation souvent de traverser un paysage, par exemple quand on va à Madère, par exemple le Newt c'est aussi une traversée d'île ou faire l'UTMB, tu fais le tour du Mont Blanc cette sensation de parcourir à pied un long trajet et ça c'est des moments uniques et puis les moments en montagne les levées de soleil en montagne les couchers de soleil c'est une ambiance que tu n'en as pas sur des courses plus courtes
Invité 1 oui c'est sûr, moi je connais que la Saint-Élion ça m'a fait sourire quand t'as dit ça dépend de comment tu cours parce que celle de 2010 dont tu parles faisait 68 km enfin pour ton temps à toi ça ne change pas grand chose mais l'année où on l'a fait tous les deux je crois que tu l'as fait 2015 ouais c'était en 2015 c'est ça donc toi ça faisait 72 km un peu moins de 2000 mètres de dénivelé tu l'as fait en 7h35 et moi j'ai mis 9h50 donc moi tu vois le point positif c'est que moi j'ai vu le soleil du coup dans la minuit
Maria moi j'ai la Saint-Élion c'est une course très particulière où je suis allée plusieurs fois, où j'ai été malade des fois, enfin c'est des courses dures parce qu'il fait toujours des conditions pourries enfin moi je sais pas, alors 2015 je me souviens plus exactement si c'est l'année où c'était verglacé, il y a une année où il y avait les gens tombés enfin on prenait des gamelles parce que c'était verglacé, il y avait un peu de neige encore et tout ça je sais plus si c'est en 2015 mais de toute façon c'est toujours été des conditions très compliquées et quand même je vois l'arrivée sur Lyon qui est magnifique avec le lever du jour parce que le soleil se lève pas forcément j'adore ces sensations c'est intéressant ce que tu dis
Invité 1 j'ai l'impression que c'est il y a presque une notion de voyage ou de fun quand tu parles du long que tu as le sentiment de traverser un paysage de partir de nuit ou en tout cas voir la nuit et revoir le jour à nouveau j'ai l'impression que tu nous parles un peu d'un voyage itinérant il n'y a pas que l'aspect compétition
Maria c'est tout à fait ça après j'aime la compétition je recherche ça et puis quand j'ai un dossard par exemple la nuit j'ai jamais peur même si je suis toute seule et souvent sur ces grandes courses là on se retrouve seul dans les montagnes c'est vrai que souvent on essaie de garder en petit groupe mais moi j'arrive pas forcément à rester avec des gens parce que t'as pas le même rythme tu t'arrêtes pas au même endroit et c'est vrai que je me retrouve seule et j'ai l'impression que quand je porte un dossard je suis protégée alors que jamais je me balade je me balade en montagne je fais jamais à l'entraînement ce que je fais en compétition ça c'est clair que le port du dossard tu as l'impression d'être ouais d'avoir pas une carapace mais il peut t'arriver un pépin physique mais je me dis je pense jamais à la mauvaise rencontre en montagne vraiment j'ai pas peur j'ai pas peur la nuit vraiment c'est un truc j'ai pas peur en compétition j'ai pas peur la nuit, j'ai pas peur en montagne j'ai pas peur en forêt j'ai l'impression d'être protégée par mon petit dossard et ça ne change rien mais ce qui n'est pas du tout le cas forcément à l'entraînement
Invité 1 c'est intéressant ça
Maria tu parlais d'itinérance et effectivement j'aime aussi ce concept d'itinérance et c'est vrai qu'avec mon groupe d'amis c'était des anciens étudiants qui sont devenus amis on s'entraîne, on a un petit groupe de sparring partner où on a fait plein de choses et chaque année, chaque été on essaie de de faire quelque chose ensemble comme par exemple le GR20 on monte un petit pas challenge mais on l'a fait en 5 étapes cet été on a fait par exemple la grande traversée du Mercantour qui fait 220 km pareil on l'a fait en 5 étapes on prend des petits sacs à dos, on n'a pas d'assistance par contre on va de refuge en refuge mais on est on limite le poids on a un sac de 5-6 kilos par exemple et ça on adore ça pour préparer une compétition mais pas que parce que cet été par exemple il n'y avait pas de compétition quasiment pas de compétition et se retrouver en montagne et ça ça fait depuis le début quasiment parce que pour préparer l'UTMB j'avais fait un stage de reconnaissance avec Vincent Delebarre qui est un des pionniers du travail en France et j'avais fait l'UTMB en 4 jours et ça depuis le début que je cours dans ma préparation et dans mon plaisir c'est aussi les deux il y a toujours 4-5 jours où on part, un gros sac on n'est pas très efficace parce qu'on a quand même des sacs on ne se fait pas aider en assistance extérieure et c'est génial autant j'aime courir de nuit mais quand tu cours de nuit tu ne vois pas les paysages t'as des sensations, tu vois des choses mais tu vois pas les paysages et des fois sur des grosses courses c'est dommage parce que effectivement tu passes 10h de nuit il y a plein la première année justement à la Réunion ma fat de nuit, j'ai passé tout ma fat de nuit et après j'ai vu des fois c'est là où on est passé et je râlais trop parce que c'est magnifique ceux qui connaissent ma fat c'est un petit paradis sur terre et un mince, je n'avais rien vu de ma faute la première année. Et bon, en plus, je suis retournée.
Invité 1 Tu peux nous en dire un peu plus justement sur ta préparation parce que c'est vrai que quand on voit les monstres de course, enfin là, tu vois, j'ai la liste sous les yeux. C'est 150, 160, 175 kilomètres, 9000 de D+, 7000 de D+. Enfin, c'est vraiment, c'est 200. Ah, tu as fait le tort. Ah oui, c'est vrai, j'ai oublié même. Tu as fait le tort des géants deux fois. donc encore une fois ça fait plusieurs fois qu'on en parle sur le podcast mais le Thor des géants c'est 330 km 25 000 mètres de dénivelé positif donc c'est juste un monstre absolu dans l'univers du trail et donc justement dans ta préparation donc là tu viens de nous dire que tu fais les parcours avant tu semblais dire plutôt aussi pour en profiter un peu plus pour voir des choses que tu ne verrais pas forcément en course parce que tout va plus vite et voilà tu cours aussi de nuit mais qu'est-ce que tu cherches aussi c'est quoi les autres objectifs dans ta préparation et comment est-ce que tu l'abordes il y a un aspect physique, un aspect mental est-ce que tu le fais en équipe, est-ce que tu le fais seul je serais que de savoir comment tu t'organises
Maria on va dire qu'il y a deux pôles mais effectivement si on repart sur le tour mais même sur la majorité j'aime bien faire une reconnaissance du parcours c'est bien sûr pas possible pour tout parce que j'ai pas le temps, j'ai pas les moyens d'aller par exemple à Madère je suis pas allée reconnaître le parcours en Madère mais par exemple pour le Thor justement j'ai fait la reconnaissance du parcours intégral la première année j'ai mis 9 jours, 9 étapes là j'ai eu 2 copains qui se sont relayés pour faire le parcours avec moi et en fait cette reconnaissance elle a plein de buts bien sûr profiter des paysages en montagne mais ça aussi ça fait un bloc d'entraînement de toute façon ça fait du travail très spécifique donc j'essaie de le situer je sais pas 5-6 semaines avant l'événement pour pouvoir récupérer mais ça fait partie aussi intégrante de ma préparation parce que enchaîner 4 jours, 5 jours 10 heures par jour alors on ne court pas pendant 10 heures par jour on est bien d'accord sur un GR20 tu ne cours pas pendant 10 heures mais sur un ITMB il y a des parties où tu peux courir mais tu habitues tout ton organisme que ce soit tes tendons tes articulations, bien sûr tes muscles vraiment au travail spécifique de la rando course donc ça je trouve que c'est vraiment que c'est une clé de la réussite vraiment ça, ça fait partie un peu de mes incontournables quand je prépare un gros objectif j'aime vraiment faire un gros bloc de montagne là-dessus et puis ça prépare aussi au niveau diététique c'est-à-dire que tu pars sur ta journée t'as 3-4 bars on mange pas à midi enfin à midi on a une pandémie avec un baby-bell et voilà, on se rattrape le soir mais c'est aussi là-dessus et puis ensuite il y a un autre aspect qui est pour moi fondamental c'est aussi prendre des notes et sur le tour j'avais pris des notes et sur du tembe aussi sur les portions parce qu'en fait ma course par exemple le tour 330 km si tu te dis tout est portionné et même sur quelque chose qui est plus court mais même on peut faire ça sur une Saint-Élion tu fais étape par étape et donc par exemple un tour et c'est de base de vie en base de vie en gros c'est tous les 50 kilomètres et donc j'avais pris des notes sur un petit cahier voilà tel col on arrive à 3000 on passe des cols à 3000 sur le tor il fait tant de kilomètres mais surtout combien de temps de montée tu estimes derrière je prends énormément de notes et ensuite je me fais des petits tableurs Excel à la maison où je note tout ça et je portionne et je mets un temps d'estimation je prévois ma course, je découpe ma course et donc la reconnaissance elle sert aussi à ça
Invité 1 c'est super intéressant le fait de prendre le gros objectif et le découper en ses objectifs pour pouvoir mieux gérer et mieux adapter l'effort c'est hyper intéressant
Maria je pense que quand sur le Thor, sur les autres aussi, mais sur le Thor, je me suis dit, si je prends mon GPS, parce qu'à l'entraînement, j'ai tendance à regarder ma montre tous les kilomètres. Je suis un peu... Ouais, je cours pas mal. Au quotidien, on va dire que je cours pas mal avec mon GPS, avec mon chrono. Je suis pas une coureuse qui part sans rien. Je suis assez... Je suis pas branchée... je ne suis pas connectée, mais par contre, j'aime bien partir avec ma petite montre. Et là, je me suis dit sur le tord, si tu regardes tous les kilomètres pendant 3,5 ans, ça ne va pas être possible. Donc en fait, j'avais déconnecté ma montre et je n'avais que l'heure et l'altimètre. Et en fait, avec mes fiches, je sortais mes petites fiches que j'avais découpées en base de vie, de base de vie en base de vie. Donc tous les 50 kilomètres, voilà. Mon objectif, c'était 50 km. 50 km, 50 km. Je ne visais pas la fin. Ce n'était pas possible. Ça aussi, c'est des techniques de préparation mentale, objectif après objectif, passage après passage. Mais ça se fait aussi sur des courses qui sont plus courtes. Parce que ce qu'on disait un peu au début, un ultra, c'est des hauts et des bas. Tu peux partir très bien ou au contraire à ne pas être du tout dedans tu te dis mais non si t'es dans le négatif d'entrée du jeu mais non non non attends le prochain ravito il va se passer quelque chose de toute façon c'est compliqué de tout de tout anticiper et surtout il faut pas tout anticiper quoi il faut l'anticiper sur le papier il faut l'avoir écrit mais après il faut laisser faire il faut laisser faire aussi donc ça c'est le découpage des étapes des micro étapes c'est important parce que sinon tu pars pas quand tu sais que tu pars pour 4 jours de course non non
Invité 1 oui parce que le tord pour j'ai parlé des distances et du déniveau tout à l'heure mais toi encore une fois toi avec les performances plutôt excellentes que tu fais tu le finis en 86 heures en 2015
Maria c'est le premier mais on a été arrêté il manque 50 km en fait sur le premier temps en 2015 la course a été interrompue et donc moi il m'en restait, j'étais à la dernière base de vie à Holloman et donc 86 heures et par contre, pour moi dans ma tête il manquait 50 km mais quand je suis arrivée à la base de vie j'avais très sommeil mais je savais que j'allais finir s'ils nous avaient relancé sur la course, parce que c'était au petit matin ils nous ont dit vous dormez et au petit matin, on verra si on relance la course ou pas et ils ont arrêté la course au petit matin mais dans mon corps, dans ma tête je savais qu'il restait 50 bornes pour moi, j'allais y arriver mais bon, par contre, le vrai tord entre guillemets, c'est 2016 où là, je fais la course complète qui fait 330 et là, je mets 100 heures 100 heures complètes 4 jours
Invité 1 Oh la vache Est-ce que le découpage tu le fais aussi ? Parce que tu disais tout à l'heure que tu passes par des hauts, par des bas dans les courses, forcément le challenge c'est d'arriver à se remobiliser. Moi je me pose la question quand tu cours quand t'es en épreuve 100 heures, est-ce que tu te prépares aussi à ce à quoi tu vas penser ?
Maria Effectivement, c'est un exercice un peu d'imagerie mentale et d'aller chercher dans les stratégies de coping, de stratégie de faire face, justement pour un peu rebondir, pour casser un peu la spirale négative si tu commences à tomber dans la spirale négative, on te recommande la préparation mentale de te faire un petit portefeuille, on va dire, d'images positives, de savoir et de t'ancrer sur des images positives, de faire surgir des choses qui te tiennent à cœur et qui te reboostent
Invité 1 j'en parlais il n'y a pas très longtemps avec Marie-Laure Brunet qui est une ancienne biathlète de l'équipe de France de fond Romain aussi d'ailleurs du Seul-Ouest et elle parlait justement de comment elle avait mis en place ce genre de stratégie d'ancrage pour elle c'était des ancrages verbaux donc tu vois quand elle arrivait sur le pas de tir boum un mot et elle arrivait à se remobiliser
Maria à se reconfronter oui moi j'ai jamais j'ai travaillé justement sur le torse j'ai travaillé avec un médecin du sommeil un spécialiste du sommeil justement pour organiser les phases de repos et j'ai travaillé un petit peu avec une psychologue aussi du sport avec qui on avait fait un petit mantra une petite routine pardon sur des mots à se répéter une routine, je mettais de côté tout ce qui s'était passé ça s'était bien ou mal passé et on se refocalisait sur ce qui allait arriver restait un dialogue toujours positif justement pour ne pas ressasser ce qui s'est passé les 50 km avant ça peut être bien, ça peut être négatif mais il y a les 50 suivants et là tout peut arriver aussi différemment c'est important
Invité 1 quand tu sais que tu te lances sur une course aussi longue tu ne te fais pas une liste des sujets auxquels tu vas penser parce que j'imagine qu'au bout d'un moment tu ne penses pas que à ta course, à ta respiration à ta foulée ou alors je ne sais pas tu arrives à faire ça
Maria non non alors moi je suis assez férue de restaurants de cuisine, de pâtisserie et sur le temps j'imaginais des cartes de restaurant dans un restaurant virtuel que je pourrais ouvrir voilà ok
Invité 1 et alors ça a donné quelque chose de concret ?
Maria non
Invité 1 en 100 heures ça aurait pu
Maria la nourriture prend une place assez importante dans mes préoccupations on va dire et dans mes passions parce que préoccupations c'est un peu négatif dans mes passions et c'est vrai c'est quelque chose dans laquelle je pense pas mal sur l'organisation tiens je pourrais faire ça tiens ah oui j'ai vu cette recette voilà ça m'occupe ça m'occupe pas mal et pour le tour j'avais fait des vraiment j'avais poussé loin les concepts les concepts de de cartes de restaurant fictives excellent
Invité 1 et je crois que t'es une adepte comme Sarah de patates douces pour l'alimentation en course ? Je ne me trompe pas ?
Maria L'alimentation en course, c'est quelque chose qui est très compliqué. Ça fait partie des compétences à avoir en ultra. C'est tout bête, mais il y a un nombre incalculable d'abandons sur problèmes gastriques, que ce soit gastrique haut ou bas, et des gens qui n'arrivent pas à s'alimenter et donc donc qui abandonne c'est vraiment c'est vraiment une compétence super importante quoi tu peux avoir une super VMA mais si t'arrives pas à t'alimenter au bout de 10 heures de toute façon tu vois ça va être compliqué tu peux tenir sur des choses courtes tout ça mais au delà ça va être compliqué et et moi c'est encore je fais je fais des erreurs encore je fais encore des erreurs même après 10 ans et tu te dis ah tiens la prochaine fois c'est pas j'arrive pas à avoir quelque chose de très carré parce que mes envies aussi changent beaucoup au moment de la course aussi ça dépend de la chaleur ça dépend de si t'as un assistant qui peut t'aider c'est vraiment un sujet super compliqué alors c'est vrai que Un ultra, j'essaie de boire du bouillon avec des petites pâtes, par exemple. Ça, c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Ça, souvent, sur les ultras, il y a ça. Parce que moi, il y a aussi la problématique du temps. Pour moi, manger, c'est perdre du temps. Donc, il faut trouver le bon rapport entre se poser. C'est quelque chose que j'ai vraiment du mal à faire. Alors que c'est une fausse perte de temps. Parce qu'après, si je n'arrive pas à m'alimenter, après, si je prends une époclycémie derrière, j'aurais pas gagné du sang mais j'ai fait avec l'âge et l'expérience de me poser un peu plus mais c'est compliqué donc bouillon pâte effectivement la patate douce c'est super il y en a vraiment pas beaucoup il y en a à Madère il y en a à La Réunion par exemple c'est quelque chose que les assistants peuvent nous amener donc ça c'est super et en Italie le Thor c'est dans le Val d'Ost et la Vallée d'Ost c'est la polinte leur spécialité c'est la polinte et là c'était super parce que sur le torse je me suis dit si tu ne dors pas, si tu ne manges pas ce n'est pas possible, tu ne vas jamais arriver au bout donc là je me suis vraiment forcée à me poser, j'arrivais à manger de la polinte, des pâtes c'était important mais ouais c'est une donnée qu'il faut vraiment prendre en compte qu'il faut vraiment prendre en compte à l'entraînement mais à l'entraînement en fait on dit tester tout en entraînement c'est vrai dans les conseils on te dit il faut que tu testes toutes les barres il faut que tu testes tous tes gels tous tes boissons à l'entraînement c'est pas faux mais à mon sens à l'entraînement beaucoup de choses passent à l'entraînement je suis capable de manger en tout cas personnellement je suis capable de manger du pain de mie je suis capable de manger des choses que je ne peux absolument pas avaler en course c'est très problématique pour moi
Invité 1 tu crois que c'est quoi la différence ? c'est une question de pression ou d'état d'esprit au moment de la course ?
Maria ouais je pense qu'aussi on peut pas reproduire l'état de ton estomac au bout de 10h de course à l'entraînement c'est pas possible donc il y a ça, il y a mécaniquement un estomac qui est en manque d'irrigation sanguine parce que tout ton sang va dans tes cuisses et pas sur toutes les parois intestinales. Donc, il y a ça aussi. Tu ne peux pas reproduire à l'entraînement ton état de compétition. Et puis, oui, il y a cette question aussi un peu pas de stress, mais d'énervement, de speed, de j'ai envie d'aller vite, j'ai envie de... Il ne faut pas trop que je m'arrête et tout ça. Donc, si tu ne t'arrêtes pas, forcément pour avaler des choses solides, c'est compliqué.
Loïc Ouais.
Invité 1 Waouh. Effectivement, c'est vrai que sur des distances comme ça, le facteur alimentation, sur 100 heures, c'est juste impossible. D'ailleurs, dans l'alimentation, tu inclues l'hydratation. Comment tu fais pour gérer ça sur la durée ? Parce que sur un Thor, si c'est tous les 50 km, tu as combien d'eau avec toi quand tu cours ?
Maria En fait, quand sur une course où j'ai un assistant ou une assistante, je pars avec un litre de boisson énergétique que je me fais maison, un petit jus de citron, un peu d'agave, un peu d'acérola, un peu par exemple du sel sur des grosses courses. Et ça, quand je croise mon assistant, on change les poches à eau, je repars avec cette boisson-là. Ça, c'est l'idéal. Et après, on a des flasques. Maintenant, c'est pratique. On a des flasques. Et les flasques, c'est facile à remplir au ravitaillement. Tu prends de l'eau, des fois du coca. Par exemple, sur mes deux derniers Diagnoles des Fous, je n'avais pas d'assistant. J'étais toute seule. Donc, pas de boisson énergétique parce que c'est trop compliqué à faire le plein. Eh bien, coca. Coca, c'est un coupé. C'est un classique en ultra. et puis ça passe bien j'en vois quasiment jamais je dis pas jamais parce que c'est pas vrai je suis pas contre le coca de temps en temps mais en course donc poche à eau si je peux et sinon flasque et un peu chameau je suis pas un peu chameau quand même quand je fais les toto sur les courses un peu chameau le poids c'est Il y a aussi le poids, l'eau, il faut la porter.
Invité 1 Alors, c'est totalement idiot.
Maria C'est comme l'alimentation. C'est un rapport en course, c'est le rapport entre bénéfice-risque qu'on retrouve partout et qu'on retrouve dans l'alimentation, qu'on retrouve dans l'hydratation, qu'on retrouve dans le matériel, qu'on retrouve bénéfice-risque sur une course. Ça m'a, une fois, porté préjudice sur la West. j'avais eu un dossard sur la Western States en Californie et c'était génial et puis j'étais prétentieuse et présentueuse en me disant ça va il fait pas chaud il fait 35 je suis en Californie il y a des raviteaux tous les 10 km ça va quoi, ça va oui oui ça va au bout de 90 km ça allait plus il fallait que je mette le clignotant et je m'en mors les doigts 5 ans après parce que j'ai plus de dossard pour aller aux Etats-Unis j'ai pas eu la chance d'être retirée au sort sur ces courses là et là je me suis dit ah oui quand même l'hydratation ça sert mais j'ai pas eu malheureusement la deuxième chance de de mieux gérer ça parce que c'était la première fois où j'étais confrontée à ce problème de l'hydratation parce qu'après dans toutes les autres courses j'ai jamais été trop confrontée à ce problème d'hydratation
Invité 1 alors justement c'est super intéressant parce que En 11 ans maintenant, tu as fait, je ne suis pas un expert de l'univers du trail, mais toutes les énormes courses que je connais, tu les as faites et plusieurs fois. Donc, tu as engrangé un paquet d'expériences. Je serais curieux de savoir justement par rapport à ces questions de préparation, que ce soit physique, mais aussi physique, alimentation, etc., mais aussi ta gestion mentale où tu nous expliquais que maintenant, en tout cas récemment, tu as été accompagné. En quoi est-ce que la Maria d'aujourd'hui, en quoi est-ce que tu es différente quand tu abordes une course de la Maria qui s'est lancée sur la Diagonale des Faux en 2009 après avoir couru 50 km au plus ?
Maria En fait, peut-être qu'il m'a fallu trois ultras. J'ai fait Diagonale, UTMB, GRP où je me suis dit, maintenant quand j'aborde une course, je sais que je vais finir je crois que la grosse différence elle était ça si physiquement il n'y a pas de pépins si je ne me blesse pas si je suis préparée si je prends le départ d'une course maintenant je suis capable de dire je suis capable de finir ce qui n'était pas du tout le cas sur mes premiers ultras quand tu pars sur le premier ultra tu te dis est-ce que je suis capable de faire un 170 km là c'est capable à tous les niveaux capable mentalement, capable physiquement capable articulairement donc ça effectivement l'assurance elle est là mais ça c'était en 2019 c'est vrai que 2020 est passé par là avec la situation qu'on connait avec la place quasi de course j'ai fait que des choses très courtes avec des petits pépins de santé et donc j'aborde 2021 avec un gros point d'interrogation. D'abord, pour l'instant, je n'ai pas d'objectif. Je pense que ma prochaine grosse course, je ne vais pas repartir à zéro parce que ce n'est pas vrai, tu ne mets pas 10 ans de côté. Il y a quand même plein de choses qui reviendront et qui vont revenir, mais je pense que mon prochain ultra, ce ne sera pas comme mon premier, mais j'aurai une petite boule au ventre de savoir si je suis capable d'aller au bout
Invité 1 tu veux dire du fait de l'énorme coupure comme si ça t'avait cassé dans ton élan quelque part contre la situation 2020
Maria j'ai pas fait les totaux je me suis pas amusée à faire les totaux de kilomètres et de dénivelé que j'ai pas fait par rapport à 2019 par exemple et oui, il y a une différence énorme voilà donc j'espère que ça va revenir
Invité 1 que tu sois prête pour 2022 pour ce fameux ultra run avec les raras mourir dont on n'a pas encore parlé qui est le projet à travers lequel moi je t'ai découvert en tout cas, je ne sais pas si tu peux nous en dire un peu plus sur le projet tout simplement l'organisation, les défis que ça reprend présente et comment vous allez vous organiser avec les filles ?
Maria Au tout début, c'est vrai que j'ai répondu à cette superbe invitation pendant les vacances de Noël. Pour moi, c'était vraiment une superbe chance d'être invitée dans cette team. Ce qui me plaît beaucoup, c'est que c'est en avril 2022. Je me dis que j'espère que l'état du monde, mon état aura évolué positivement, ça nous laisse quand même une grosse année et donc j'espère qu'à ce niveau là il y aura eu des progrès à tous les niveaux et voilà donc c'était c'est une course un peu folle j'avais lu il y a longtemps Bantoron, il faut que je le relise j'ai prévu de m'y replonger pour me réimprégner de l'ambiance de course mexicaine dans les canyons, avec un peu l'essence du trail, avec ces Mexicains qui courent, pas pieds nus mais presque, avec tellement loin de nos courses hyper sophistiquées, dans notre matérielle hyper sophistiquée, sophistiquée, tout ça. Et ça, ça me plaît bien. D'aller se frotter à cet autre monde, c'est super intéressant. Ce que tu disais, c'est que, effectivement, je n'ai pas fait le tour, loin de là, il en manque, mais je suis allée voir un petit peu partout. Je suis allée à l'étranger aussi, courir sur des courses, on va dire, classiques, même si ça reste des gros ultras. Et c'est vrai que maintenant, j'ai aussi envie d'un peu plus d'aventures entre guillemets l'an dernier j'avais prévu de partir courir au Pérou sur des courses un peu plus atypiques d'aller faire un labogramme en Angleterre d'aller courir en Ecosse sur des parcours un peu plus routes entre guillemets loin des grosses organisations et là c'est ce projet au Mexique où on va être une équipe de Mexicains, deux équipes de francophones, à essayer de se mesurer avec tous les... J'aime pas trop l'opposition entre les deux, mais de se mesurer, voir si des athlètes de très haut niveau, surtout chez les garçons, peuvent se comparer avec les Mexicains qui connaissent par cœur ces chemins, qui connaissent par cœur cette différence. Là aussi, je pense, au niveau de différence de température, ça va être assez important et au niveau de la préparation aussi parce que c'est en avril donc chez nous avoir chaud en avril c'est pas la bonne saison on peut être monté en altitude parce qu'on peut aller voir de l'altitude ça c'est pas trop important mais l'acclimatation au niveau de la température, de la chaleur honnêtement je ne me projette pas encore du tout parce que c'est trop loin, parce que vraiment, j'ai du mal. J'ai dit oui à ce projet parce que justement, c'était rebondir sur quelque chose, mais rebondir dans 14 mois.
Invité 1 OK. Bon, écoute, on suivra en tout cas. Je mettrai les liens en description de l'épisode, mais on suivra. Enfin, je donnerai la possibilité aux personnes qui nous écoutent d'aller suivre le projet. Je crois que pour le moment, il n'y a qu'une page Facebook. mais j'imagine qu'il y aura du contenu publié au fur et à mesure que la date du départ se rapproche
Maria oui pour l'instant sur la page vous pouvez retrouver tous les portraits de tous les aventuriers en fait il y a une équipe élite avec Julien Chaurier par exemple vraiment des très gros coureurs et une équipe plus typée aventurier mais avec des gens qui font des trucs de fou, des trucs extrêmes aussi pas forcément qu'un trail
Invité 1 d'ailleurs il y a Caroline Côté qui est passée sur le podcast photographe cinéaste réalisatrice d'aventure québécoise qui était juste géniale je mettrai aussi, ce sera l'occasion de remettre le lien pour cet épisode
Loïc excellent
Invité 1 écoute Maria, on arrive déjà à la fin, franchement un grand grand merci, c'était passionnant de t'entendre nous raconter un petit peu ton parcours comment est-ce que tu t'es lancé sur une Diagonale des Fous un an, au final c'était quoi moins d'un an après avoir commencé vraiment à courir ?
Maria j'ai commencé au début 2008 et puis un an et demi allez un an et demi
Invité 1 écoute on a bien compris t'as été très clair c'est pas forcément le parcours que tu recommandes en tout cas à tes étudiants à la fac, mais toi, c'est ce que tu as fait avec beaucoup de succès visiblement, puisque tu as non seulement continué, mais en plus, tu as carrément, carrément continué à performer et à t'améliorer. C'était chouette d'avoir ta perspective et ta vision des choses sur la préparation. Moi, en tout cas, tu vois, je repars avec un petit outil qui est cette notion de découpage des objectifs. Je trouve ça vachement intéressant pour du long, même si c'est pas forcément quelque chose que j'utiliserais parce que je fais pas de trail de cette distance mais pour de la rando ou des treks ça peut être cool aussi donc merci beaucoup encore une fois pour tous ces partages merci à toi de m'avoir invité
Maria de m'avoir écouté j'espère que ça donnera des idées des idées aux spectateurs parce qu'on est pas sur un écouteur voilà donc ça c'est génial et puis oui juste le découpage des objectifs il est je pense super important mais dans tout dans la vie pour l'entreprise pas forcément qu'un ultra et la deuxième compétence je trouve qui a été prouvée aussi par des études c'est aussi savoir rebondir savoir s'adapter pour être finition dans ces super courses, c'est ne pas y aller comme ça pour voir parce que souvent ça marche pas donc vraiment se préparer du mieux qu'on peut de tout planifier effectivement avec ces petites cartes et tout ça, mais aussi derrière avoir cette capacité à rebondir à s'adapter parce que la météo peut être comme si, parce qu'il peut y avoir le Covid parce que je peux m'être un peu blessée parce que là j'ai sommeil et donc il a fallu que voilà donc tout ça, mais dans la vie c'est un principe aussi qui je crois vraiment peut s'appliquer à beaucoup de situations dans la vie. Donc, c'est tout programmé et de notre côté être capable de tout modifier.
Invité 1 Super intéressant, ça me fait penser à une citation de Einstein en fait, c'est pas pour faire le mal, mais qu'on m'a partagé récemment et qui dit que le succès, enfin Einstein disait, le succès arrive toujours lorsqu'une opportunité rencontre la préparation. je trouve intéressant ce que tu viens de partager
Maria ça rejoint bien cette idée là
Invité 1 super encore un très très grand merci Maria, je mettrai les liens, pour les gens qui veulent te suivre c'est quoi le plus adapté, c'est ta page Facebook
Maria j'ai une page Facebook et j'ai un compte Instagram ça marche je ne suis pas une férue des réseaux sociaux mais un minimum un minimum
Invité 1 super, bah écoute je mettrai tout ça en description encore une fois un grand grand merci, merci pour ton temps merci de nous avoir fait voyager dans l'univers de l'ultra long et j'en suis sûr d'avoir inspiré plein de gens à se lancer, pas forcément que sur l'ultra mais en tout cas appliquer ces quelques exercices ces notions et ces concepts que tu as bien voulu partager avec nous. Avec plaisir
Maria un grand plaisir à tous. Merci Maria Merci
Invité 1 Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com. Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure. N'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao ! ... ... ... ... ...
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