Lilian La ténacité qu'il faut développer pour ne jamais lâcher. Tu sais que ton objectif, il est à deux ans devant toi. Comment tu fais au quotidien pour avoir la sensation d'avancer vers ton but ? Je le disais déjà pendant la préparation, aujourd'hui j'en suis convaincu, ça a été la plus belle école de ténacité.
Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Salut Lilian, bienvenue sur le podcast ! Salut Loïc, ravi d'être avec toi aujourd'hui ! Ravis de te recevoir, un grand merci à Teddy d'ailleurs pour… Je ne sais plus vraiment d'ailleurs, il n'y a pas eu de vraie mise en relation, mais en tout cas c'est à travers Teddy que moi j'ai découvert ton parcours, donc j'imagine qu'on peut quand même le remercier pour ça. Oui, on peut remercier Teddy. Donc merci Teddy quand tu nous entendras. Eh bien écoute Lilian, ce que je te propose c'est peut-être de nous expliquer un petit peu ce que tu fais.
Lilian Oui, avec plaisir. Alors on va commencer par les standards. Lilian, 36 ans et demi, papa de deux petites filles et je suis à la fois entrepreneur et également aventurier amateur. Aventurier dans le business et puis aventurier dans la vie en dehors aussi. On pourrait tout regrouper sous la casquette d'aventurier, mais je n'arrive pas trop à assumer. C'est intéressant ça, pourquoi tu dis ça ? Je ne sais pas, je ne sais pas. Peut-être que dans mon inconscient, l'aventurier va plus loin que ce que je fais, prend plus de risques que ce que je prends. Je ne sais pas, je ne sais pas aussi. Je pense que ce terme est utilisé un peu à tout bout de champ, que chacun a sa propre définition. Et en tout cas, la mienne, je ne sais pas si c'est de modestie ou pas, je ne l'assume pas toujours.
Loïc C'est marrant parce que c'est quelque chose que nous disait Steven O'Yaric dans un épisode précédent, qui ne se considère pas non plus comme un aventureux, mais plus comme un aventureux. Tu vois, un sportif aventureux. Donc, c'est marrant. Ok, écoute, peut-être qu'on peut commencer par ça. Alors, l'aventure, cette notion d'aventure, peut-être toi, comment est-ce que tu te la définis aujourd'hui ? Et qu'est-ce que tu as mis en place pour vivre cette vie d'aventure ?
Lilian Aujourd'hui, moi, je la définis vraiment comme t'engager dans quelque chose pour lequel il y a une part de risque. Et là, une fois de plus, chacun mettra ce qu'il veut derrière la notion de risque. Mais une part de risque, une part d'inconnu, de découverte, mais par rapport à soi. Donc, ce qui est une aventure pour moi ne le sera peut-être pas pour toi ou inversement. Et moi, je suis tombé là-dedans. En fait, j'ai grandi près de... Enfin, j'ai grandi à Clermont-Ferrand, dans le Massif Central. Et j'ai grandi avec un papa qui était président de la section Auvergne du Club Alpin Français. Et qui, tous les week-ends, depuis que je suis petit, me trimballait dans tout un tas de sorties outdoor, même si on ne disait pas outdoor à l'époque. Et donc, comme ça, j'ai fait plein d'activités de montagne. Et il y en a en particulier deux qui m'ont passionné étant ados. C'était l'escalade et le ski de pente raide. Et je me suis éclaté à skier toute mon adolescence dans la petite station du Mont-Dor, qui est une toute petite station, mais qui a l'avantage de présenter des reliefs dignes de reliefs alpins, avec des couloirs extrêmement raides, avec de la glace, avec des rochers, tout un tas de choses. Et donc, je me suis vraiment passionné pour ces deux activités. Et puis, à côté de ça, aussi un petit peu d'alpinisme, de ski de rando, de VTT, de tout plein de choses qu'on peut faire en montagne. Et ce qui m'a toujours plu dans ces activités, c'était vraiment jamais la recherche de performance. C'était toujours aller m'amuser, aller découvrir un nouveau couloir, aller explorer une nouvelle face. C'est vraiment ça qui m'a toujours animé. Et puis, j'ai quitté le Massif Central pour aller faire mes études à Paris. Et comme c'est souvent le cas quand on part faire ses études et qu'on a une activité sportive à côté, souvent on l'abandonne. En tout cas, moi, ça a été mon cas. Je l'ai abandonné. Et puis, au bout de cinq ans, j'ai obtenu mon diplôme, diplôme d'ingénieur en microélectronique. Et c'est marrant parce que je fais une petite parenthèse là-dessus. Mais aujourd'hui, je vois quand je regarde dans le rétro qu'en fait, cette logique d'aventure, je la retrouve aussi dans mon parcours scolaire. Parce qu'en parallèle de ces activités sportives, quand j'étais ado, j'ai découvert l'informatique. Et pareil, ça m'a passionné. Et j'ai toujours voulu comprendre comment ça marchait. Donc d'abord, j'ai fait un peu de code. Et puis après, j'ai voulu assembler mon premier ordinateur. Et puis, j'ai voulu commencer à faire de l'électronique. Et donc, c'est comme ça que je suis parti en école d'électronique. Et sur ces cinq ans, il y a un jour où j'ai eu l'impression d'avoir touché le Graal. C'est quand j'ai eu mon cours de physique quantique. Où là, j'ai eu la sensation d'être arrivé au bout de quelque chose. D'être allé vraiment au bout du bout et d'avoir compris. Ce qui, évidemment, est une illusion parce qu'il y a encore plein d'autres choses derrière. Mais voilà, j'avais cette notion de ça y est, j'y suis arrivé. Et donc, je referme la parenthèse là-dessus. Mais j'ai bouclé mes études. Et je suis descendu dans le sud, à Aix-en-Provence, pour cofonder ma première entreprise. Pareil, un peu par hasard. Je ne m'étais pas destiné à être entrepreneur loin de là. Je me voyais vraiment faire carrière dans la microélectronique. Et puis, j'ai eu l'opportunité de rejoindre un groupe qui avait cette envie de monter, à l'époque, une entreprise qui allait proposer un téléphone à un seul bouton pour les seniors. On était en 2006. Le smartphone n'existait pas encore. Et donc, comme ça, j'ai cofondé ma première entreprise dans le sud de la France. Et dans le sud de la France, j'ai découvert un terrain de jeu qui m'a redonné envie de repartir à l'aventure. En tout cas, de repartir faire des activités nature. Parce que j'ai découvert qu'à une heure et demie, deux heures de voiture, j'avais les calambres de Marseille. J'avais la Sainte-Victoire dans mon jardin. Il y avait les écrins à portée de main. Il y avait tout, la mer, la montagne, absolument tout ce qu'on voulait. Et donc, comme ça, j'ai repris l'escalade. J'ai repris le ski. J'ai décidé de me mettre au canyoning. Enfin, voilà, de refaire tout un tas d'activités. Et ça m'a fait vraiment du bien. Ça m'a fait du bien. Et j'ai retrouvé ce feu de, le week-end prochain, on va aller découvrir tel canyon, on va aller faire tel truc. Et c'était génial. Et donc, en parallèle de cette vie, je dis bien en parallèle parce qu'à cette époque, je fais vraiment une différence entre mes activités sportives ou activités de nature et le monde professionnel. Pour moi, c'est cloisonné, c'est étanche et ça ne me communique pas. Et en 2012, je vais quitter cette première entreprise parce que personnellement, je ne m'y retrouve plus trop. Il n'y a plus justement ce côté d'exploration. On a passé la phase de création. Vraiment, on est sur un rythme plus routinier qui est très bien pour l'entreprise, mais qui ne me correspond plus. Donc, je quitte. Et on va avoir à ce moment-là nos deux filles avec ma femme. Et on se dit, il faut qu'on profite d'elles. Elles sont encore petites. Nous, on sort tous les deux d'aventures professionnelles qui ont été vraiment extrêmement intenses. Et on a envie de profiter d'elles. Et on se dit, il faudrait qu'on parte un an en voyage à vélo avec nos filles. Et donc, comme ça, l'idée, elle naît fin 2014, en 2015. Et on prévoit de partir un an à vélo avec nos deux filles depuis le Mexique, direction la Patagonie, pour passer du temps en famille. Donc, c'est un peu ça qui sonne le début des, on va dire, grandes aventures. Et après, il y aura une succession d'autres aventures derrière. Et à côté de ce projet, il y a aussi pour moi, quand on y pense, en 2014, 2015, cette envie d'aller vite, quand même. Et un an, ça paraît long. Et avec mon beau-frère, on découvre le concept de micro-aventure, qui est un truc qui a été imaginé par un Anglais, qui s'appelle Alastair Humphrey, qui a d'ailleurs eu le prix, je crois, de l'exploreur de l'année, par le National Geographic, pour ce concept-là. Et ce concept, je le trouve génial, parce que c'est vraiment l'idée de dire, par rapport à ce qu'on évoquait au début, en fait, l'aventure, ce n'est pas que des gars bodybuildés avec un million de dollars de budget qui partent à l'autre bout du monde faire des trucs incroyables. En fait, c'est juste faire des choses qu'on n'a pas l'habitude de faire. Et ces choses-là, c'est par exemple, décider que ce soir, en sortant du bureau, plutôt que de rentrer à la maison, on va aller dormir à la belle étoile sur la colline d'à côté, et le lendemain, on va retourner au bureau directement. C'est décider que, tiens, qu'est-ce que ça donne si je décide de suivre le sud en ligne droite parfaite au milieu de la forêt pendant X kilomètres. C'est des choses comme ça. Et donc, voilà, on est vraiment séduit par cette idée avec mon beau-frère. Et on se dit, allez, on se lance le défi de faire une micro-aventure par mois pendant un an, et on va documenter ça sur un blog pour essayer de donner envie, d'inviter des gens à nous rejoindre, etc. Et donc, 2015, c'est vraiment la première année en préparation, ou en tout cas en amont de notre voyage à vélo. C'est la première année d'aventure, avec des toutes petites aventures, alors parfois un petit peu plus grosses, parce que du coup, dès que tu commences à tirer le fil, il y a des idées de plus en plus grosses qui arrivent. Mais voilà, on a commencé vraiment très, très simple. Vraiment, la première micro-aventure qu'on ait faite, c'était ça. C'était, on traverse un petit canyon qui est à côté d'Aix-en-Provence, là, en ligne droite parfaite. S'il y a un caillou, on monte dessus. S'il y a un buisson, on passe à travers. Mais en tout cas, on ne dévie pas du sud parfait. Donc voilà, c'est venu comme ça. Et donc, on a enchaîné sur ce voyage à vélo, qui a duré un an, avec nos deux filles qui avaient 3 et 5 ans à l'époque. Donc quelque chose de vraiment nouveau pour nous, parce qu'on n'avait jamais fait de vélo. Enfin, on faisait du vélo comme tout le monde sait faire du vélo, pratiquement, mais on n'avait jamais fait de voyage. Et ensuite, moi, ça va me donner envie au retour de ne pas lâcher cette logique, de se dire, allez, en parallèle d'une vie familiale, en parallèle d'une vie pro, moi, j'ai besoin de ce truc-là. J'ai besoin de me lancer dans des projets d'aventure sportive. Et donc, je vais continuer. Et le premier projet que je mettrai après ça, c'est la traversée de la France en triathlon. Donc, j'imagine pendant la fin de notre voyage à vélo, où on a passé un an à 4 et où je me dis, moi, j'ai envie de faire quelque chose tout seul. J'ai envie d'avoir un peu d'air. Parce qu'à 4, à vélo, tu étais toujours les uns sur les autres. Ce qui est génial d'un point de vue familial. Ça a été une aventure extraordinaire pour nos filles, pour nous à titre perso, à titre de couple. Enfin, ça a vraiment été absolument fabuleux. Et à la fin, tu as quand même l'envie de se dire, allez, j'ai envie de faire quelque chose pour moi. En tout cas, c'était moi, ma volonté. Et je me dis, tiens, qu'est-ce que ça donnerait de traverser la France en courant ? C'est une idée qui m'avait traversé l'esprit il y a longtemps. Et puis, là, j'y repense. Je me dis, bon, je ne suis pas coureur. On rentre d'un an de voyage. Il faut quand même reprendre une activité pro. Donc, se lancer comme ça, ça risque d'être compliqué. Ça risque de prendre beaucoup de temps. Donc, si je le faisais à vélo, ça irait plus vite. Mais j'ai quand même envie de courir. Et du coup, je me dis, vélo, course à pied. Si je rajoute de la nage, ça fait un triathlon. Et c'est comme ça que naît l'idée de se dire, allez, je prends la plus grande distance terrestre qui existe en France, qui est une diagonale qui part de Bretagne et qui est jusqu'à Menton. Et je la divise suivant les ratios de l'Ironman. et je parcours cette diagonale-là. Et donc, ça va donner un triathlon que je vais faire au mois de juin ou mai 2017. Et donc, je vais pédaler de Post Poder près de Brest jusqu'à Gap. À Gap, ma femme va récupérer mon vélo et je vais courir jusqu'à Nice. Et de Nice, je vais nager jusqu'à Menton. J'ai inversé les... Je n'ai pas gardé l'ordre traditionnel du triathlon pour des questions logistiques. Et donc, ça sera ma première grande aventure solo. Ce qui me donnera l'idée, enfin, de ce triathlon, de me dire, mais tiens, le Tour de France ne fait pas le Tour de France. Le Tour de France à vélo ne fait plus le Tour de France. Il le faisait il y a longtemps. Tu retrouves des cartes en 1911, 1912 de tracés qui font vraiment le Tour. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et donc, je me dis, ça serait assez élégant de le faire. Et je me dis, si je trouve un sponsor qui est prêt à m'aider sur le vélo, je me lance dans ce défi l'année prochaine. Et donc, Giant va répondre présent, Crosscall également. Et ensemble, on va monter le projet de faire le Tour de France à vélo, 4800 kilomètres, 21 jours, que je ferai au mois de juin 2018. Donc ça, autre grande aventure. Et c'est toujours pendant que je fais des trucs comme ça que j'ai l'idée du truc d'après. Et j'avais découvert, quelques mois en arrière, qu'il y avait des gens absolument fous qui traversaient des océans à la rame. Et en bon montagnard que moi j'étais, ça m'a effrayé. Comment des gens peuvent être assez fous pour se lancer pendant des semaines, voire des mois, sur un environnement aussi hostile. Et vraiment, ça me terrifie. Et malgré tout, je vais quand même suivre sur les réseaux sociaux quelques bateaux comme ça qui traversent. Et la peur va progressivement se transformer en curiosité. En disant, mais s'il y a des gens qui le font, c'est que c'est possible. Et je découvre que ces gens ne sont pas particulièrement marins au départ et que finalement, quasiment tous arrivent de l'autre côté entier. Et donc, la curiosité va se transformer en pourquoi pas moi ? Et donc, je décide en 2017, je décide de préparer ce projet de traverser l'océan Atlantique à la rame. Je décide de me lancer dans ce projet, cette fois-ci pas tout seul, avec un coéquipier. Et on va préparer ce projet qui finalement nous fera prendre le départ de la traversée fin 2020, le 22 novembre 2020. Et on traversera en 47 jours depuis les Canaries jusqu'en Martinique où on arrivera le 8 janvier 2021. Voilà en condensé et avec des petits allers-retours temporels, un peu comment je suis arrivé dans ce monde de l'aventure.
Loïc Excellent. Punaise, je ne sais pas par où commencer. J'ai plein de questions qui me viennent, mais ce que je trouve fascinant, c'est la façon dont... Tu l'as dit il y a quelques instants, tu vois, quand tu regardes dans le miroir, tu vois que finalement tout s'enchaîne et qu'il y a une espèce de fil conducteur, un fil rouge. Et la façon dont tu le racontes, en tout cas, ça donne vraiment ce sentiment que ça a été quelque part une évolution naturelle, une aventure en entraîne une autre un petit peu plus importante ou un petit peu plus folle. Mais la question que je me pose quand même, c'est si j'ai bien compris, moi ce que je retiens, c'est que vraiment le lancement, on va dire le moment, le tipping point, ça a été cette année en famille. à vélo. Et tu vois, ça m'interpelle parce que moi, je suis en pleine phase de changement aussi. On attend un enfant, je viens de quitter mon job chez Apple, on déménage, on quitte la Suisse, on rentre en France. Bref, les changements, ça fait toujours un petit peu peur. Donc, je me demande comment est-ce que toi, tu as géré ça ? C'est-à-dire, à quel moment est-ce que l'idée de cette année en famille où en gros, vous avez tout lâché pour prendre du temps pour vous, à quel moment est-ce que c'est passé de l'idée à la réalité ? Et comment est-ce que vous avez géré ça avec ta femme ?
Lilian Écoute, c'est une bonne question. Avec ma femme, donc on s'est rencontrés en école d'ingénieur et la société dont je te parlais, que j'ai confondée en fin d'études, elle faisait aussi partie de l'aventure. OK. Et on s'était toujours dit avec ma femme, mais depuis vraiment très longtemps, depuis qu'on était étudiant, on s'était dit un jour, on fera un grand voyage. Alors, est-ce que ça serait en backpacker, en je ne sais pas quoi ? Mais on s'était dit un jour, on partira longtemps, loin et ça sera bien. Et puis, voilà, tu te fais embarquer dans les études, le boulot et puis tout ça passe. et on a notre première fille, on a notre deuxième et je crois qu'on s'est vraiment réveillé un matin et sincèrement, c'est à peine romancé où on est tous au petit déjeuner et où on se dit, en fait, elles sont déjà si grandes. Tu vois, elles sont déjà grandes. Elles ne sont pas encore à l'école. Enfin, elles sont à la maternelle, donc pas encore d'école, entre guillemets, obligatoire. Il y a cette envie de voyage qui ne nous a jamais vraiment quittés et de se dire, en fait, si on veut profiter de nos filles, si on veut aussi qu'elles, elles puissent profiter de nous, en fait, c'est maintenant. C'est maintenant et donc, on se dit, il faut qu'on passe du temps avec elles. Et sauf que, passer du temps avec elles, on voit bien que, ben, pris dans nos boulots, c'est compliqué. Elles, pris aussi dans leur routine d'école, c'est compliqué aussi. Et l'idée va venir assez spontanément de se dire, ben, partons un an, à vélo. Pourquoi le vélo ? Je ne saurais pas te le dire. C'est vraiment venu naturellement. Et l'itinéraire nous est apparu aussi comme une évidence. On était allés pendant nos études, on avait fait 15 jours de vacances au Mexique, on avait adoré ce pays. Et en bon grimpeur qu'on était, je ne parle pas en termes de niveau, mais en termes d'esprit, en bon grimpeur qu'on était, la Patagonie, c'était un truc qui nous faisait rêver. Et tu mets tout ça dans un sac, tu mélanges et ça donne l'idée de partons à vélo du Mexique, direction la Patagonie avec nos filles pendant un an. Ça vient comme ça. Ça vient comme ça, alors ça, ça reste encore une idée. Et tant qu'une idée, elle ne passe pas à l'action, ça ne fait pas grand-chose. Et donc vraiment, le truc qui fait basculer, c'est de dire, ben, on prend des billets. Vas-y, on va sur Internet, on prend des billets, Marseille-Cancun et puis on verra ce qui vient après. Et donc, ça part de là. Ça part vraiment de là, d'une envie de profiter de nos filles, qu'elles, elles puissent aussi profiter de nous et de ne pas se réveiller le jour où elles quitteront la maison en se disant, zut, on a peut-être coupé quelque chose.
Loïc Ouais. Waouh. En tout cas, bravo, parce que j'imagine que si je me projette, là, ça fait quand même encore une fois un certain nombre de changements. je trouve que c'est juste génial de voir que vous avez réussi, tu vois, saisir l'opportunité.
Lilian Ça fait beaucoup de changements. Après, je crois que tu es le plus dur, c'est cette première étape, quoi. C'est de réserver le billet d'avion, c'est de mettre le premier coup de rame quand tu es au Canary. C'est toujours ce premier truc. Et là, je pense que si tu arrives à décomposer ton projet en éléments, en éléments suffisamment petits jusqu'à identifier c'est quoi le truc le plus facile que tu peux faire là tout de suite pour mettre le pied à l'étrier, ça y est, tu te mets dans l'action et derrière, c'est parti. Mais si tu veux à l'avance faire le contour intégral du projet dans ses moindres détails, tu ne passeras jamais à l'action. Il y aura toujours une bonne raison de ne pas faire. Oui, mais j'ai un boulot. Oui, mais j'ai un crédit sur la maison. Oui, mais les enfants. Oui, mais la famille. Il y aura toujours une bonne raison. Donc, il y a un moment, il faut se dire si j'ai envie de le faire, c'est quoi la première étape ? C'est de prendre un billet d'avion, on le prend et puis on verra derrière ce qui se passe.
Loïc Oui, et puis cette notion de découper l'énorme projet en blocs un peu plus gérable, ça te permet aussi de rapidement, comme tu dis, l'ancrer dans la réalité. Une fois que tu as tes billets, une fois que tu en as parlé à 3-4 personnes, ce n'est plus un projet, c'est un engagement. C'est cool. Peut-être juste une autre question sur ce voyage d'un an. Moi, j'ai eu la chance de faire six mois en Amérique du Sud aussi pour mes études, Pérou, Bolivie, Colombie. Et c'est vrai que très souvent quand j'en parle pour des personnes qui ne sont pas forcément allées, les premières questions, c'est sur la sécurité. Tu vois, est-ce que c'est vraiment dangereux ? Est-ce que tu t'es fait agresser ? Comment ça se passe pour les étrangers ? Etc. Et même si, bon, moi, je pense que c'est un petit peu comme partout, il faut juste faire attention de ne pas faire n'importe quoi et n'importe où. Et globalement, tout se passe bien. Mais c'est vrai qu'il y a quand même, bon, voilà, il y a quand même des faits, tu vois, en termes de sécurité, il y a quand même des endroits où il vaut mieux éviter de passer. Comment est-ce que vous avez géré ça ? Vous avez vraiment réussi à faire Mexico, Patagonie d'une traite où il y a des endroits que vous avez dû éviter ?
Lilian Alors, donc déjà, finalement, on n'a pas fait Mexico, Patagonie parce qu'on a, pendant la traversée de l'Amérique centrale, nous, on n'avait jamais fait de vélo de voyage auparavant. Donc, on a vraiment appris et on a appris dans un contexte où tu as deux enfants de 3 et 5 ans qui sont là aussi. Donc, je te la fais courte mais en fait, ce qu'on a découvert, c'est qu'il nous a fallu un bon mois et demi pour comprendre quel était le rythme qui était adapté à ce voyage et le rythme qui convenait, c'était que nous, on roule fort pendant 4-5 jours pour satisfaire notre envie, de se dépasser, etc. Et par contre, après, on ne touchait plus les vélos pendant 3 jours. On s'arrêtait quelque part et on passait du temps en famille. Et en fait, ce rythme marchait très bien mais on s'est dit finalement, quand on va arriver en Amérique du Sud, on ne pourra pas le tenir parce que quand tu arrives dans des déserts qui font 1000 km, t'arrêter 3 jours au milieu du désert, ça n'a juste pas de sens. Donc, on s'est dit, bon, on sait qu'on en est capable, maintenant, on se l'est prouvé mais il n'y a pas d'intérêt en fait. On avait perdu notre objectif de vue. Notre objectif, c'était de passer du temps en famille. Et en fait, rapidement, notre objectif, il est devenu inconsciemment, il faut qu'on arrive en Patagonie à vélo. Parce qu'en fait, c'était une connerie. Notre vrai objectif, c'est de passer du temps ensemble. Donc, on a rerouté le voyage pour finalement traverser l'Amérique du Sud jusqu'au Panama. Ensuite, faire un petit tour d'Europe parce que finalement, on ne le connaissait pas et puis c'était plus simple de changer nos billets pour l'Europe. Bref, je te passe les détails. Donc, on fait Angleterre, Écoisse, Irlande, on se prend la pluie pendant trois mois, on craque, on dit ce n'est pas possible. Donc, on finit la fin du voyage en Thaïlande. On va traverser la Thaïlande du nord au sud pendant trois mois. Donc, voilà. Finalement, trois continents. On n'arrive pas en Patagonie mais voilà, on remplit notre objectif de passer un an ensemble à vélo. Donc, je reviens sur cette notion de risque. Effectivement, quand tu prépares ce voyage et que tu dis à tes parents, on va partir à vélo avec nos filles. Alors en fait, non, ce n'est pas quand tu dis ça à tes parents, c'est quand tu dis ça aux grands-parents de tes enfants. Je te laisse vers l'association. Eux te disent no way quoi. Enfin, vous ne vous rendez pas compte, c'est dangereux, machin. Enfin bon. Donc, un peu difficile de prendre ça de la part de tes proches et de moins proches aussi. La vérité, c'est que dans la préparation de ce voyage, tu sais, tu as le site du ministère des Affaires étrangères, je crois en France, qui te donne un peu le niveau de dangerosité des pays là où tu peux aller, et je ne sais pas pour quelle raison, nous, on s'est retrouvé sur le site anglais, sur l'équivalent anglais de ce site-là. Et on regarde donc un peu tous les pays qu'on avait traversés et puis par curiosité, on se dit tiens, on va regarder la France. Et bien la France était le pays le plus dangereux qu'on pouvait traverser parce qu'on était juste après les attentats et que si tu veux, le site anglais disait évitez d'aller en France, restez à l'hôtel si vous y êtes, ne prenez pas les transports en commun. Enfin, c'était une situation de guerre. Donc déjà, ça te fait relativiser un peu. Ensuite, donc effectivement, tu as quand même cette impression parce que tout le monde te le dit, mais il y a un moment où tu te dis, bon attends, il y a quand même des gens qui vivent dans ces pays, il y a des enfants qui vivent dans ces pays et bon, a priori, ils grandissent, ils se développent et ça a l'air d'aller. Donc, tu te renseignes et puis tu te convaincs qu'effectivement, si tu ne fais pas n'importe quoi, ça devrait bien se passer et que finalement, aller traîner certains soirs dans certains quartiers de Marseille, ce n'est pas recommandé non plus. Donc finalement, si tu pars avec du bon sens, ça devrait se passer. Après, petite anecdote mais qui révèle bien aussi que finalement, c'est un peu toujours le voisin qui est dangereux. C'est que quand on est arrivé au Mexique, le premier Mexicain qu'on a vu à l'aéroport avec qui on discute, vous êtes français et il nous dit très sérieusement avec la tête vraiment accablée, il nous dit, mais est-ce que vous avez quitté votre pays parce que c'était trop dangereux ? Et en fait, tu te dis, ok, donc on a vraiment un problème avec l'autre quoi. On a une image de l'autre qui est vraiment orientée sur la peur et les dangers et en fait, on va se rendre compte au début de ce voyage que quand tu parles à des Mexicains, on va te dire, oula, n'allez surtout pas au Guatemala, on va kidnapper vos enfants. Quand tu es au Guatemala, on te dit, n'allez surtout pas au sud parce qu'on va vous prélever vos organes et voilà. Et en fait, tu passes finalement de pays en pays, tu fais attention, tu es prudent et finalement, tu ne rencontres que des gens avec qui ça se passe très, très bien. Donc, ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que oui, il y a des coins dangereux, mais en fait, ces coins dangereux, tu ne peux pas t'y retrouver par hasard. Si ces coins, ils sont dangereux, en fait, tu auras suffisamment d'alerte au fur et à mesure que tu t'en rapproches pour ne pas y aller. Et nous, au moment où on a passé la frontière mexicaine, on est passé du côté du Belize et tu as un autre passage qui va directement au Guatemala, j'ai oublié le nom de la région. Et on a rencontré des Français qui étaient, eux, en voiture et qui voulaient passer par cette frontière-là qui était réputée dangereuse à l'époque. Et on a eu la chance de les recroiser plus tard au Guatemala et ils nous ont expliqué, ils nous ont dit, effectivement, c'était une zone super dangereuse mais il a fallu se battre pour pouvoir la traverser. Parce qu'en fait, au fur et à mesure qu'on se rapprochait, la police nous disait non, on n'y allait pas. Puis après, il y avait des barrages de police auxquels il fallait négocier pour passer. Et il dit, effectivement, au bout d'un moment, on s'est retrouvé au milieu de bus brûlés et oui, potentiellement, ça craignait. Mais ils ont vraiment dû forcer la main à plein de gens pour pouvoir aller dans cette zone. Donc, je ne dis pas que c'est une bonne idée, évidemment. Mais voilà, ce que je veux dire, c'est que si on y va avec du bon sens, qu'on est vigilant, qu'on reste à l'écoute, il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Je pense que dans notre cas précis, le fait d'avoir des enfants protège aussi d'une certaine manière. Je me mets dans la peau de quelqu'un mal intentionné. Si je dois aller taper le sac d'une famille avec deux enfants ou d'aller taper le sac à des backpackers, bon, je pense que je... Voilà. Le bon choix est vite fait. que les passages de frontières avec deux têtes blondes, ça s'est toujours super bien passé parce qu'en plus, dans ces pays-là, ils adorent les enfants. Donc, voilà, c'est... Oui, on a eu beaucoup d'avertissements. Non, on n'a pas fait n'importe quoi, mais par contre, ça s'est extrêmement bien passé et on ne s'est jamais senti en danger. Pardon, si, une seule fois au Belize où effectivement, on nous avait prévenu que le Belize, ce n'était vraiment pas une zone dans laquelle il fallait traîner. On avait prévu d'y passer, c'était vraiment un tout petit morceau de pays à traverser et finalement, en une journée au Belize, on s'est fait arrêter physiquement cinq fois sur la route par des gens qui nous ont dit n'allez pas plus loin, n'allez pas plus loin, ce pays est dangereux, partez. Et donc, effectivement, le soir, on est arrivé à l'hôtel, c'était encore au début du voyage, on s'est dit, bon, est-ce que ça vaut vraiment le coup de faire encore 200 kilomètres dans ces conditions ? Et on s'est dit, non, ça ne vaut pas le coup.
Loïc Ok. Intéressant comme retour, tu vois. Je n'avais pas forcément, je n'avais jamais entendu cette notion avant d'une zone dangereuse, il faut vraiment, il faut forcer la main entre guillemets pour t'y retrouver. Mais c'est vrai que quand je réfléchis, tu vois, certaines situations que j'ai pu avoir en Amérique du Sud, c'est un petit peu ça effectivement qui s'était passé. intéressant, génial. Donc, première grosse aventure, ce tipping point où les projets sont devenus de grosses réalités. peut-être qu'on peut passer, si on fait un espèce de fast forward à l'aventure la plus récente, donc la traversée de l'Atlantique à la rame. Comment est-ce que le Lilian aventurier a évolué, tu dirais, entre ce premier voyage en famille et cette traversée de l'Atlantique en 47 jours ?
Lilian C'est une vaste question parce qu'il y a beaucoup de temps qui est passé. Il y a beaucoup de choses qui sont passées professionnellement, personnellement, donc forcément une grosse évolution. Maintenant, cette aventure, elle a eu quand même un rebondissement particulier qui pour moi a été, alors pas la cause, mais plutôt la manifestation d'une évolution significative. En fait, je te disais, quand j'ai découvert que les océans se traversaient à la rame, je l'ai découvert au travers d'une course, une course qui s'appelle la Talisker Atlantic Challenge et qui, tous les ans, fait partir une vingtaine de bateaux sur l'Atlantique. Et donc, quand j'ai l'idée de me dire, tiens, pourquoi pas moi ? En fait, je me dis, il n'y a pas de question à se poser, je vais m'inscrire à la course parce que, même si c'est une course en autonomie, il y a un cadre, on va être sur des rails pour la préparation, donc on va mettre toutes les chances de notre côté pour arriver de l'autre côté de l'océan. Et donc, on va rentrer dans le process, passer toutes les formations, on va se préparer avec la course et au départ, on doit partir fin 2019. Et fin 2019, mon coéquipier Guilhem qui lui habite à Paris, fait les allers-retours régulièrement pour qu'on s'entraîne, prépare le bateau et le dernier week-end où on doit expédier le bateau jusqu'à la ligne de départ, donc il descend à Marseille et pendant qu'il est dans le TGV, il m'envoie un texto pour me dire qu'en fait, il est tombé et qu'il a le pouce cassé. Donc, il arrive à Marseille et effectivement, on fait très rapidement le constat qu'en fait, avec un pouce cassé, on ne part pas. On ne part pas et que donc, on est obligé d'annuler. Enfin, annuler, on est obligé de partir un an plus tard. Donc, on contacte la course pour leur expliquer et leur dire qu'on déplace notre inscription à l'année suivante, ce qui est permis par l'organisation. Tu as le droit de déplacer trois fois ton départ parce qu'ils savent qu'il y a plein d'aléas, il y a plein de choses qui font que c'est compliqué d'être au rendez-vous l'année où tu t'inscris. Et donc, on appelle la course. Elles nous disent bon, pas de problème. Par contre, l'année prochaine, c'est déjà plein. Donc, on peut vous mettre sur l'édition de fin 2022. Sauf que nous, on est fin 2019, que ça fait deux ans qu'on prépare le projet et que l'idée de partir dans deux ans, elle n'est juste pas possible. Que moi, professionnellement et Guilhem aussi, on s'est organisé. C'est-à-dire que lui, il a pris un congé dans sa boîte. Moi, à l'époque, je suis indépendant. Donc, j'ai prévenu tous mes clients qu'on arrêtait l'émission et qu'on reprendrait contact dans quelques mois. Et donc là, tout d'un coup, alors que ça fait deux ans que tu travailles, en l'espace de deux heures, tout le projet doit être revu. Alors que tu n'as jamais été aussi proche du départ. Et à ce moment-là, on se dit, bon, finalement, et si on partait tout seul ? Tout seul. On se débrouille pour amener notre bateau tout seul au Canary et puis on se monte une équipe avec un médecin, un routeur et puis on part. En se disant, si la course nous attend cette année sur la ligne de départ, c'est qu'ils estiment qu'on est prêt. Donc, s'ils estiment qu'on est prêt, en fait, on est capable de le faire tout seul. Et en fait, là où je dis que ce n'est pas une cause mais plutôt un symptôme d'une évolution perso, c'est qu'une fois de plus, si je regarde dans le rétroviseur, mais c'est toujours, enfin, je me méfie toujours de ça parce que finalement, tu trouves ce que tu cherches. Mais bon, si je regarde dans le rétro, une histoire que je peux me raconter et qui, je pense, est sincèrement une évolution que j'ai faite, c'est de se dire, finalement, j'ai toujours eu cette envie d'être leader de mes projets et finalement, je n'en ai jamais eu vraiment l'audace ni le courage. Enfin, ça a été un demi-courage, une demi-audace quand j'ai cofondé ma première entreprise. J'ai rejoint un groupe qui avait une idée et ensemble, on l'a créée et j'ai dirigé cette boîte pendant cinq ans. Mais voilà, je me suis raccroché à quelque chose. Et là, du coup, je me disais, tiens, finalement, cette traversée, c'est un peu ça aussi. Il y a une organisation, je me suis raccroché à l'organisation alors qu'en fait, au fond de moi, je sais que j'en suis capable. Je sais que je suis capable de me lancer tout seul dans ce truc-là. Et donc, cette décision de dire, écoute, tant pis, on part tout seul, si tu veux, il matérialise cette acceptation de, en fait, je suis capable. Je suis capable et je vais y aller tout seul. Et en fait, il est aussi le tipping point pour reprendre ton expression professionnelle où je suis à ce moment charnière où j'ai arrêté toutes mes missions de conseil et où je me retrouve avec un an devant moi jusqu'au prochain départ où j'ai, entre guillemets, rien à faire. Et où là, pareil, j'ai deux choix qui s'offrent à moi. Soit je rappelle mes clients en leur disant, bon, en fait, bonne nouvelle ou en tout cas, nouvelle, je suis là. Ou alors, je me dis, ben Lilian, ça fait quelques mois que tu as cette idée de monter une nouvelle boîte. Ça fait des mois, voire des années que tu as envie de relancer une nouvelle entreprise. Eh bien, est-ce que ce n'est pas le moment de la lancer ? Et donc, c'est à ce moment-là que je vais créer la société Andonora avec Teddy et où on va lancer ce projet. Mais donc, une fois de plus, projet qu'on lance à deux. Mais moi, dans un tout autre état d'esprit de, je peux compter que sur moi-même et sur notre binôme pour faire avancer ça. Et c'est à moi de tirer la charrette. Et tu vois, avant ça, en 2014, pareil, j'avais monté une autre boîte mais toujours pareil, cofondé parce qu'à un moment, il y a vaguement une idée dans un groupe et qu'on se dit, allez, on y va. Mais vraiment, personne n'est prêt à assumer pleinement le projet mais on y va. Et ça a fait une super belle boîte. On a fait le premier espace de coworking à Aix qui est encore le seul vrai espace de coworking à Aix. Et donc voilà, ce projet, il est pour moi vraiment la matérialisation d'une évolution personnelle mais qui, depuis toujours quoi. Et ce n'est pas non plus une fin, tu vois, c'est juste une étape qui a permis de concrétiser et de matérialiser plein, plein, plein de choses.
Loïc Et ça, tu dirais que il t'a fallu combien de temps pour l'intérioriser entre guillemets ? C'est difficile, c'est difficile parce que je pense que
Lilian j'ai toujours souffert entre guillemets de ce truc de me dire ouais, je suis dedans mais en fait, ce n'est pas vraiment que moi. tu vois, il n'y a pas d'égo là-dedans. C'est vraiment le truc de me dire en fait, je pense que je suis capable de plus mais je n'y vais pas et ça, je l'ai un peu toujours senti et donc, c'est difficile de dire, tu vois, ça a commencé là, ça s'est terminé là. Non, je sais que là, il y a eu un truc qui s'est passé en particulier. Maintenant, c'est l'histoire de toujours.
Loïc Ouais. Ouais. Et alors, si on rentre dans le détail de cette aventure, donc 47 jours, c'est ça, 47, c'était. 47 jours, exactement, 15 heures et 15 minutes. Ah ouais. Qu'est-ce que toi, tu retiens ? Alors, c'est encore une question un peu générale mais je serais curieux de savoir, tu vois, peut-être qu'on est dans le détail du matériel, etc. S'il fallait que tu la résumes, toi, en une phrase, cette aventure, ce serait laquelle ?
Lilian Si je devais la résumer en une phrase, c'est une aventure accessible à tout le monde parce que c'est une aventure 100% dans la tête et dont la difficulté provient de l'accumulation de contrariétés d'inconfort et de, entre guillemets, petites difficultés qui, pris isolément, si tu veux, peuvent se gérer mais qui, en fait, viennent se cumuler et se cumuler jusqu'à un moment où tu exploses. Voilà. Et c'est ça qui va rendre la traversée une aventure extrêmement difficile dont il ne faut vraiment pas minimiser la difficulté et un truc absolument incroyable dont aujourd'hui, je pense, je n'ai pas encore tiré toute la matière. Je pense qu'il y a encore des apprentissages qui vont venir avec le temps, à la fois des choses très personnelles sur lesquelles il est très difficile de mettre des mots et puis d'autres sur lesquelles on peut beaucoup plus partager. Mais voilà, c'est la seule aventure qui me revient aussi souvent en tête et ce n'est pas juste parce qu'elle est récente parce que c'est 47 jours d'une difficulté incroyable et c'est au-delà de 47 jours, c'est plus de 3 ans de préparation qui... Moi, j'ai toujours dit sur toutes ces aventures mais celle-là en particulier, la ligne de départ, c'est déjà une ligne d'arrivée. T'es sur la ligne de départ, en fait, t'as déjà gagné. Parce que... Mais c'est tellement de travail, tellement de sacrif sacrifient ce qu'il faut faire avant pour pouvoir être sur cette ligne de départ. En fait, voilà, la traversée, c'est pas 47 jours. J'ai compté, je crois qu'en tout, c'est, ouais, 1900... quelques jours, je crois, ou un truc comme ça.
Loïc C'est super intéressant ce que tu dis. Je me le suis noté, la ligne de départ, c'est déjà la ligne d'arrivée. Je suis 100% d'accord avec toi. C'est vrai que souvent, on ne voit pas cette partie immergée des icebergs, tu vois, de toute la phase de préparation. Oui. Tu dirais que c'est quoi qui a été le plus challengeant sur ces trois ans de préparation ?
Lilian Sur ces trois ans de préparation, le plus challenging, on va dire, ça va être le sponsoring parce que là, on est sur des niveaux de budget que nous, on ne pouvait pas financer tout seul. On est sur un peu plus de 100 000 euros et puis aussi l'envie de partager ça avec du monde, pas de le faire juste dans notre coin. Donc, ça, c'est extrêmement difficile. Ça prend beaucoup de temps. Moi, je suis arrivé un peu naïf sur ce sujet en me disant que j'avais déjà fait de la levée de fonds pour des entreprises pendant longtemps et que je savais comment on levait de l'argent. En fait, ce n'est pas du tout la même chose et qu'on est sur une discipline, tu vois, là, on en parle, ça fait rêver, etc. Mais en fait, globalement, ce n'est pas un truc qui intéresse. tu vois, tu ne vas pas, une boîte, tu ne vas pas sponsoriser ça pour gagner en notoriété ou si tu veux, ce n'est pas le Vendée Globe, ce n'est pas Roland Garros, ce n'est pas un truc grand public, ce n'est pas quelque chose qui va vite, c'est autre chose. Donc, le sponsoring, c'est très, très dur et c'est tenir, quoi. Tu vois, la ténacité qu'il faut développer pour ne jamais lâcher et tu sais que ton objectif, il est à deux ans devant toi. Comment tu fais au quotidien pour avoir la sensation d'avancer vers ton but, quoi. Moi, je le disais déjà pendant la préparation et aujourd'hui, j'en suis convaincu, ça a été la plus belle école de ténacité
Loïc où j'ai pu aller,
Lilian quoi.
Loïc ça, je veux bien te croire, surtout, comme tu dis, sur la partie budget pour en avoir discuté avec pas mal d'invités. Oui, ça fait partie de l'aventure, j'imagine, mais c'est vrai que c'est souvent un point, parfois même bloquant, mais en tout cas, qui demande énormément de temps et d'énergie à tel point que, bon, j'ai découvert ça il n'y a pas longtemps, encore une fois, avec Steven, tu as des boîtes qui se spécialisent dans la levée pour des projets comme ça, donc ils viennent prendre une commission au passage, évidemment, mais voilà, à tel point que, tu as des aventuriers, des sportifs qui n'hésitent plus à sous-traiter cette partie financement. Ok, donc sur la partie préparation, clairement, le sponsoring, belle preuve de résilience, en tout cas, j'imagine que rester 100% engagé, enfin, au-delà de la ténacité, c'est aussi arriver à rebondir, gérer, tu vois, la news du dernier moment, le pouce cassé, j'imagine que tu es dans ta tête. Et qui,
Lilian toutes les autres dont je ne te passe ces détails qui sont arrivés avant, mais si tu veux, dans cette préparation, s'il n'y a pas eu 10 occasions où je me suis dit, bon, on abandonne, tu vois, c'est qu'il n'y en a eu aucune, mais il y a eu tellement de fois qu'en fait, tu te dis, bon, franchement, est-ce que ce n'est pas le moment de lâcher ? Est-ce que ce n'est pas le moment de lâcher ? Finalement, allez, on n'a pas trop, on a perdu un peu d'argent perso, on a passé du temps, mais bon, finalement, voilà, est-ce que ce n'est pas le truc à faire ? Et je me souviens m'être fait la promesse pendant la préparation de dire, en fait, non. Là, vraiment, à titre perso, il faut que tu te prouves que non, là, tu ne lâcheras pas quoi qu'il arrive. Tant que tu ne seras pas physiquement cloué sur un lit qui t'empêche de faire ce truc, tant qu'il n'y a pas un truc qui te met un stop et sur lequel tu ne peux pas agir, tu ne lâcheras pas. Et voilà, il y en a eu, mais je te dis, des dizaines des occasions de dire, on arrête.
Loïc Il me semble avoir lu quelque part que vous avez même frôlé une catastrophe tant qu'équipier et tombé à l'eau, c'est ça ? Oui, Guilhem est passé à l'eau.
Lilian Alors bon, tu sais, entre la réalité et comment les médias vont transformer ça en plein plein, il y a un petit monde. Mais effectivement, Guilhem est passé à l'eau une nuit et en fait, il faut savoir que le vrai danger sur ce type d'aventure, sur une traversée océanique, à la rame, c'est de tomber à l'eau sans être attaché. C'est-à-dire que si tu tombes à l'eau sans être attaché, le bateau, il avance toujours. Même si tu arrêtes de ramer, en fait, il y a toujours un peu de vent qui le pousse. Et donc, si tu tombes à l'eau, tu peux ne jamais remonter sur le bateau. Et en fait, donc avec Guilhem, on est tous les deux montagnards. Donc en termes de sécu, on est tous les deux au taquet et on a vraiment été irréprochable là-dessus pendant toute la traversée. Donc oui, Guilhem est tombé à l'eau une nuit en sortant de la cabine mais il était longé. Donc si tu veux, en 15 secondes, il était remonté à bord du bateau en rage comme pas possible parce qu'il sortait de son quart de sommeil, il s'était bien préparé, il était sec, crémé, tout ce qu'il fallait. Donc ça fout les boules. Par contre, donc il est remonté sur le bateau et en tombant, il a perdu sa frontale et dans les 15 secondes où il est remonté sur le bateau, on a regardé derrière nous et la frontale, elle était 50 mètres derrière le bateau. Et donc là, tu te dis effectivement, s'il n'avait pas été attaché, en fait, c'était terminé. Plus jamais, je le revoyais. C'est franchement effrayant. Et c'est le vrai risque de ces traversées et ça me fait vriller quand je vois sur les réseaux sociaux des équipages qui postent des photos pendant leur traversée où ils sont tous, tous dans l'eau sans être longés. Alors oui, la mer est calme, il n'y a pas une ride mais il ne faut pas le faire. Ne serait-ce que par l'image que tu renvoies. C'est vraiment le truc à ne pas faire. Si tu veux mourir sur une traversée à la rame, mais fais ça. Il n'y a pas meilleur moyen de le faire. Donc voilà, il y a eu ce truc-là. On n'a pas eu le temps d'avoir peur parce que ça s'est vraiment passé très vite. Et puis, il était longé. Alors, c'est chiant d'être toujours longé, on ne va pas se mentir, c'est très chiant. Mais voilà, on se l'était promis, on l'avait promis à nos familles et on l'a respecté à la lettre pendant toute la traversée. traversée.
Loïc Et comment vous organisez du coup sur les 47 jours ? Vous ramez, il y a des cars ?
Lilian Oui, l'organisation à deux, c'est des cars de deux heures. Donc, on ne rame jamais ensemble. Tu rames par alternance, deux heures, deux heures. Donc, il y en a un qui rame pendant deux heures pendant que l'autre va se reposer. Alors, il va manger, faire un point sur la navigation, dessaler de l'eau, etc. et donc, on se relaie comme ça 24 heures sur 24. Donc, ça crée en fait une situation d'épuisement très rapide au bout de quelques jours. Deux jours, tu es déjà à Hesse parce que on traverse au niveau des Canaries. Enfin, on part des Canaries, donc on est très au sud. Donc, malgré le fait qu'on soit en novembre, il fait très chaud. C'est-à-dire qu'en journée, dans la cabine, il fait à peu près 39 degrés parce qu'il faut toujours fermer la porte et la fenêtre parce que sinon, tu te prends de l'eau en permanence. Donc, ça veut dire qu'en journée, tu ne peux pas dormir dans la cabine. Il commence à faire suffisamment frais à partir de 2 heures du matin. Donc, ce qui veut dire qu'au final, en moyenne, tu dors 3 fois 1 heure par jour. Donc, tu te fais exploser. Ça, c'est vraiment parce que tu as construit une base de fatigue sur laquelle tu viens empiler tout le reste. Et tout le reste, ça va être que tu es toujours mouillé, tu es toujours salé, tu as toujours des petits bobos partout. Alors, en premier sur les fesses parce que tu es toujours en train de ramer, tu vois, tu as des irritations aux fesses, je te passe les détails, mais quand tu as du sel qui vient se mettre là-dedans, c'est un bonheur. Tu as la même chose aux mains. Tu rajoutes à ça l'isolement, le manque de ta famille, le fait que la nuit, tu ne vois rien. Tu es dans un noir absolu, tu ne l'as jamais vu. Tu es dans le noir, tu as des creux qui vont jusqu'à 8 mètres, tu ne vois pas le bout de tes rames. Des fois, tu mets une rame, il y en a une qui est dans l'eau à droite, mais à gauche, la rame est dans l'air. Des fois, tu n'as pas d'eau du tout. Des fois, tu les mets dans l'eau, mais ça n'avance pas. Tu rajoutes à ça, je faisais le manque de la famille qui pour moi était quelque chose de très difficile. Tu rajoutes à ça le fait que tu manges un peu toujours la même chose. Tu rajoutes à ça que l'eau que tu dessales, elle a quand même un goût de plastoc qui est dégueu. Et quand au milieu de la nuit, tu as un poisson volant qui vient s'écraser sur ta figure à la vitesse d'un service de tennis, en fait, tu exploses. Et en fait, c'est ce que je te disais tout à l'heure, c'est que pris séparément, chacun de ces trucs, il n'y a rien d'insurmontable. Mais quand tu fais la somme de tout, il y a un moment, tu n'en peux plus. Quand Guilhem, il est sorti de la cabine et qu'il est passé à l'eau, ça l'a fait exploser parce que ça vient se cumuler à tout ça. Des fois, des trucs à la con, tu es en train de ramer et tu vas glisser sur ton siège et tomber en arrière, en fait, pareil, ça te met dans une colère mais incroyable. Donc, c'est tout ça qui fait que c'est extrêmement difficile. Il y a un autre truc qui est... On ne peut pas se l'imaginer, mais c'est de n'être jamais debout, d'être jamais debout, de jamais marcher pendant 47 jours. Le bateau, tu vois, il fait 7 mètres de long, 1,80 m au plus large et sur le pont, c'est plein de cordes, les rails des sièges. Enfin, tu n'as pas d'espace en fait pour marcher. Donc, tu passes ta vie assis, à quatre pattes, allongé pendant 47 jours. Et 47 jours, parce que nous, on a été rapide, ça peut durer jusqu'à 90 jours une traversée. Donc, voilà, c'est tout ça qui en fait fait que à un moment, tu te dis,
Loïc ce n'est pas possible. Comment on va faire ? Et comment ça s'est passé avec Guilhem justement, le fait d'être 47 jours ensemble, H24 ? Eh bien, très bien.
Lilian Ça s'est très bien passé. Alors déjà, parce qu'on a eu trois ans pour apprendre à se connaître, à naviguer ensemble, parce qu'on ne se connaissait pas au départ avec Guilhem. Quand j'ai eu cette idée, j'ai mis un message sur les réseaux sociaux en disant, tiens, je cherche des gens pour faire un projet un peu gros. Et Guilhem a répondu. Et donc, on a eu trois ans pour se préparer. On a passé franchement, je pense, la meilleure traversée qu'on aurait pu imaginer. Il y avait vraiment de la confiance entre nous. Et d'un point de vue sécurité, on était vraiment au taquet. Donc, ça s'est très bien passé. Il faut savoir qu'il y a deux. Le fait qu'on ait ces shifts de deux heures, en fait, ça te met dans une situation où tu peux rapidement ne jamais voir ton coéquipier. Tu vois, parce que comme tu ne rames pas ensemble, il y en a un qui est dans la cabine, l'autre qui rame. En fait, tu te croises au niveau des changements. Donc, nous, on faisait en sorte de au moins une fois par jour prendre un repas ensemble. Enfin, il y en a un qui mange en face de l'autre qui est en train de ramer, au moins. Voilà, à Noël, on a posé les rames pendant 20 minutes pour prendre une bière chaude ensemble. Voilà, donc, il faut se forcer à se donner des moments comme ça parce que sinon, tu te retrouves vite en fait à faire deux traversées solo sur le même bateau, ce qui est un peu
Loïc dommage. Et pourquoi cette période de l'année par curiosité ? Parce que tu viens de dire que vous avez passé Noël sur le bateau, mais qu'est-ce qui fait que vous êtes parti là ?
Lilian Les traversées, alors pas que à la rame, mais les traversées de l'Atlantique, c'est plutôt en fin d'année parce que la saison des ouragans est terminée, les alizés sont bien établis et le temps que tu arrives de l'autre côté, la saison des ouragans ne sera pas revenue. Voilà, donc en gros, tu as une fenêtre qui s'ouvre fin octobre, début novembre et qui se referme fin mars. Ok, voilà, ok. Donc, c'est pour ça que par ailleurs.
Loïc Excellent. Alors, tu nous disais tout à l'heure quand cette aventure du coup a dû être reportée, tu as profité de cette année pour te lancer avec notre ami Teddy dans une aventure entrepreneuriale, celle-ci. Comment est-ce que tu t'es organisé pour après un an ? Donc, j'imagine que vous étiez encore vraiment en phase de lancement, peut-être même amorçage pour cette boîte. Comment est-ce que tu t'organises pour en tant que cofondateur partir 47 jours ? Enfin, tu ne savais même pas a priori que c'était 47 jours. c'est pas que c'était
Lilian 47 jours. Tu pars en disant on part pour entre 30 et 90 jours, ce qui est une fourchette assez large. Ce qui est assez large, oui. C'est assez large. Donc, là aussi, c'est une aventure cette entreprise parce que fin 2019, on ne part plus. Donc, fin novembre 2019, je dépose les statuts de l'entreprise. Et puis, en 2020, se passe ce qui se passe. Et donc, quand tu as eu la bonne idée de créer une entreprise la veille d'une pandémie mondiale, si tu veux, il faut être là aussi résilient et créatif sur comment on bouge. Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on, avec Teddy et tous les gens qui ont gravité autour de ce projet, parce qu'il y a beaucoup de monde qui gravitent autour de ce projet, c'est de dire bon ben, utilisons 2020 comme on peut. c'est-à-dire qu'on va développer la solution technique au maximum. On va vraiment, l'objectif, c'est d'avoir un produit fini, vendable, avant que je parte sur l'Atlantique, pour que, à mon retour, on puisse vraiment commencer à vendre. Voilà, si tu veux, le timing qu'on se donne, c'est ça. Et c'est ce qu'on va faire. Au-delà du développement technique, 2020, le confinement et tout ce qui se passe, ça nous oblige à revoir notre modèle. Là où, au départ, on s'était dit, c'est vraiment quelque chose qu'on va vendre aux entreprises pour le bien-être des salariés, pour amener du sport aux salariés. Quand tous les salariés sont enfermés chez eux, tout d'un coup, ça a un peu moins de sens. Donc, il faut revoir notre modèle, nos cibles. Et finalement, pareil, on fait ce qu'on veut des événements, mais nous, on a décidé d'en faire une opportunité et de se dire, qu'est-ce qui a attiré de ça ? C'est de se dire, finalement, ce n'est peut-être pas que l'entreprise, notre marché, mais c'est peut-être les villes qui ont vu pendant le confinement plein de joggeurs se mettre à la course à pied pendant une heure à un kilomètre de chez eux. C'est peut-être les hôtels qui ont envie de faire sortir les gens. C'est peut-être les salles de sport qui, les pauvres, sont fermées et ont besoin de faire faire quand même du sport à leurs adhérents. Et donc, comme ça, on va explorer plein d'autres pistes. Et donc, en parallèle de ma traversée, il y a plein de choses qui avancent avec des équipes sur des identités graphiques, avec des finalisations d'offres, etc. Teddy avance aussi beaucoup pendant mon absence et au retour, effectivement, on démarre commercialement dans un contexte qui est la traîne de cette année 2020 qui rend les choses pas faciles. Mais finalement, la promesse que je m'étais faite sur la traversée de rien lâcher, de toujours chercher une solution aux problèmes qui se présentent et de vraiment s'en servir pour en tirer des enseignements, on va l'appliquer. Et là où on sort de 2019 en se disant, bon, il y a plein de marchés potentiels, on va les essayer pour voir lesquels répondre, en fait, on a commencé à commercialiser en février, aujourd'hui, on est au mois de septembre. Sur tous les marchés qu'on avait envisagés, on a trouvé des clients et des clients contents. donc aujourd'hui, on est dans une situation pas facile à gérer parce que du coup, ça fait beaucoup de boulot mais qui est plutôt idéal dans le sens où partout où on propose, ça répond et ça plaît. Donc voilà, ça s'est bien emboîté et cette entreprise, pour moi, c'est aussi la première fois où vraiment je décloisonne complètement vie pro et vie perso, en tout cas, ses aventures et où les deux vraiment se marient très bien. Si tu veux, cette idée d'Andonora, elle est vraiment née de la rencontre avec Teddy où tu l'as vu quand tu l'as interviewé, Teddy, il a son expérience dans les forces spéciales où l'outdoor, c'est leur terrain de jeu, c'est leur terrain d'entraînement et où moi, l'outdoor, c'est aussi mon terrain de jeu sous un autre axe mais où moi, j'ai toujours eu cette passion de dire c'est toujours mieux quand tu fais un truc dehors même si tu as pris la pluie pendant une randonnée avec tes enfants, tu en gardes un bon souvenir alors que, comme je dis souvent, je ne connais personne qui m'a dit je me souviens en 2007, j'ai fait une séance de course sur tapis incroyable. C'est clair, ça existe peut-être mais je n'ai jamais vu. Et donc, ce qui nous réunit avec Teddy, c'est cette idée de dire il faut qu'on arrive à emmener les gens dehors. Il n'y a rien de mieux que faire de l'activité dehors même si c'est une fois de plus une randonnée facile avec ses enfants, tu n'es pas obligé de faire un Ironman pour te sentir bien dehors. Et c'est vraiment ça qui va donner le point de départ et pour moi, à titre perso, c'est vraiment la réunion entre deux vraies passions que j'ai, une pour l'outdoor et une pour l'entreprise. J'adore l'entreprise en tant qu'entité. Je trouve que c'est un outil incroyable de développement personnel pour les gens qui y travaillent, de développement économique parce que ça apporte à la société, par la mission qu'on a d'emmener les gens dehors. Donc pour moi, c'est vraiment l'union de tout ça et finalement, tu vois, l'histoire qu'on raconte, alors je n'aime pas utiliser le mot histoire parce qu'on se dit que c'est romancé, mais cette histoire qui nous a unis avec Teddy et qui a fait ce qu'on donnera et aujourd'hui, elle est vraie, elle est 100% sincère et du coup, je pense que ça se ressent quand on va pitcher notre projet, ça se ressent quand on est dans les négo et ça fait qu'aujourd'hui, effectivement, ça prend un bon départ. Et alors justement, en Donora, qu'est-ce que c'est ? Alors oui, tu as raison parce que du coup, je n'ai même pas dit ce que c'était. Donc en Donora, c'est cette envie d'emmener des gens dehors et avec Teddy, on se dit le meilleur moyen d'emmener des gens dehors, c'est de mettre un coach derrière eux, mettre un coach derrière tout le monde, ce n'est pas possible. Donc l'idée, c'est on fait rentrer le coach dans le téléphone. Donc en Donora, c'est des parcours sportifs audio coachés. L'audio coaching, c'est quoi ? C'est une voix qui sur ton téléphone au travers de notre application va te guider, c'est-à-dire qu'il y a une voix qui va te dire passe entre la pharmacie et la fontaine et ensuite continue tout droit. Donc un guidage vraiment où on se met à la place de l'utilisateur. C'est-à-dire qu'on ne va jamais te dire dans 200 mètres, prenez légèrement à droite sur le boulevard Schumann parce que ça, c'est insupportable en fait. Quand tu es en voiture, ça marche, mais quand tu es à pied, ça ne marche pas. Donc nous, on ne va que utiliser des repères visuels que tu ne peux pas louper quand tu es en train de courir ou de marcher. Donc il y a cette première navigation, l'application va t'encourager, etc. Et surtout, de temps en temps, l'application va te dire tiens stop, arrête-toi, regarde sur la droite, tu dois avoir des bancs. Et bien sur ces bancs, on va faire des pompes faciles. Voilà. Et donc on va t'expliquer le mouvement, etc. Et donc on va te guider comme ça sur des parcours qui vont faire entre 2 km et 8 km et qu'on va créer spécifiquement aux besoins de nos clients. Et donc nos clients, ça va être des villes, des entreprises, des salles de sport, des universités, des grandes écoles, des hôtels, des campings, tous les gens qui veulent mettre en mouvement des populations ou en tout cas valoriser un territoire sur lequel ils sont. Et donc on va faire spécifiquement des parcours. Donc par exemple, une ville qui va nous dire moi je veux faire bouger les étudiants, je veux faire bouger les seniors, je veux valoriser tel parc, tel itinéraire. Nous on va intégrer ça, on va amener toute notre expertise sportive pour créer vraiment les programmes d'entraînement adaptés et on est capable de faire des parcours, voilà on fait des, là on a créé un parcours sur Aix-en-Provence spécial sport en famille, donc une toute petite boucle très simple à faire avec les enfants, ils peuvent être à vélo, à pied, comme ils veulent. Et à l'inverse, on a fait des parcours d'entraînement pour les centres de recrutement des armées où là franchement, je ne souhaite à personne de le faire le parcours, c'est une programmation sportive titanesque, t'es dit qui a fait ça, voilà. Et entre les deux, on sait tout faire, on sait tout faire, on sait faire du programme d'échauffement pour une boîte de BTP qui a des gars qui partent sur les chantiers et qui peuvent se péter le dos parce qu'ils ne sont pas échauffés, on fait des parcours pour des universités qui veulent mettre en mouvement leurs étudiants et qui avec le Covid, etc. ont été obligés de fermer leurs infrastructures intérieures, enfin voilà, donc c'est vraiment ça, c'est créer des parcours ultra personnalisés pour vraiment guider l'utilisateur dehors qui soit pris par la main et qui puisse profiter de ce petit shoot d'endorphine qu'on a dès qu'on se bouge un peu.
Loïc Génial. En tout cas, moi j'ai eu la chance de le tester puisque Teddy m'avait fait sur mesure un petit parcours autour de chez moi en Suisse et je le recommande vraiment parce que c'est vrai que l'expérience que tu l'as dit, c'est vraiment, c'est de l'audio...
Lilian Audio coaching. Audio coaching. On n'utilise pas trop l'audio guidage parce que l'audio guidage, des audio guides, tu vois, il y en a déjà plein et l'audio guide, c'est vraiment le côté culturel et l'audio guide, c'est toujours, comme je te disais, c'est dans 200 mètres, prenez la troisième santé au rond-point. Et en fait, moi j'en suis le premier utilisateur, c'est insupportable en fait. C'est bien si tu veux découvrir une ville, si tu veux découvrir un musée, c'est très bien mais nous, ce qu'on veut faire faire, c'est du sport. Et donc, c'était important pour nous de vraiment faire quelque chose de différent et donc, c'est pour ça qu'on utilise le terme audio coaching plutôt que audio guidage. Oui.
Loïc En tout cas, c'est vrai que la différence, elle est juste en termes d'expérience utilisateur, c'est juste incroyable parce que moi, le sentiment que j'avais, c'est que, alors c'était la voix de Teddy, je ne sais pas si c'est tout le temps Teddy qui parle mais j'avais l'impression qu'il était derrière moi, tu vois, c'est cette notion d'éléments visuels que tu ne peux pas rater. Ça fait une énorme différence parce que tu as vraiment l'impression, encore une fois, tu as le coach avec toi, tu vois, quand il te dit, tu arrives à un pont qui passe au-dessus de la rivière chouette qui te fait arriver dans le parc où tu trouveras un banc et on fera des pompes, tu dis, ah ouais, d'accord, ok.
Lilian Tu as eu beaucoup de chance si c'est Teddy qui a personnellement fait la voix pour ton parcours, c'est bien qu'il ne le fait pas pour beaucoup de gens. Mais non, c'est une voix de synthèse normalement, qui est vraiment une très bonne voix de synthèse et c'est vrai, le commentaire que tu fais, tu vois, on l'a régulièrement de la part de premiers utilisateurs qui nous disent, sincèrement, j'avais l'impression d'être espionné. Quand vous m'avez dit qu'on a la boulangerie et qu'il y a vraiment une boulangerie, en fait, l'expérience, elle est vraiment sympa.
Loïc Oui, c'est vraiment génial. Et même sur ces modules d'exercice qui viennent se greffer sur le parcours puisqu'en fait, l'idée, c'est comme un parcours de run et au milieu de ce parcours, tu as le choix, si tu veux, de t'arrêter là où il y a un banc, un muret, une zone plane, etc. pour faire des exercices. Et ce qui est super, c'est que tu as les vidéos, si tu as un doute sur le mouvement, moi, par exemple, tu vois, je n'étais pas bien sûr de, je ne me rappelle plus exactement quel mouvement est-ce qu'il fallait que je fasse, quelle répétition est-ce qu'il fallait que je fasse, mais j'avais un doute sur comment bien faire le mouvement. L'idée, ce n'est quand même pas de se blesser. Et ce qui est génial, c'est que tu as les vidéos intégrées où tu peux voir, encore une fois Teddy, en train de te montrer le mouvement, décidément. Tout à fait. Ce qui est juste génial. C'est un super mix, j'ai trouvé. L'épisode n'est pas sponsorisé par Andonora, il faut quand même le préciser. On n'a pas les moyens. Mais j'ai trouvé que c'était un super mix entre une séance accompagnée avec un coach et puis en fait, une séance en autonomie. C'est-à-dire que le curseur en tout cas pour moi était super bien placé.
Lilian On ne remplacera jamais un coach et ce n'est pas le but. Il n'y a rien de mieux que l'humain. Mais le coach, il ne faut pas se le payer, il faut qu'il soit dispo. Il y a plein de contraintes. Donc, on essaie de faire le mieux qu'on peut avec la machine, entre guillemets. Après, on essaie vraiment de ne pas trop se coller l'étiquette d'application. Oui, évidemment, le service est distribué autour de cette application. Mais l'idée, c'est vraiment un concept sportif avant tout et ça, c'est vraiment Teddy qui a cette expertise-là et qui l'amène de dire on va mixer à la fois du running et des ateliers de renforcement musculaire parce qu'en fait, ça va faire bosser toutes tes filières, absolument toutes et c'est l'entraînement le plus complet que tu puisses avoir parce que tu as ces petites séances, ces petites jonctions entre les exercices que tu vas faire en courant mais sur parfois juste 200-300 mètres donc tu ne cours pas longtemps mais suffisamment quand même pour bien activer le cardio. Donc, c'est vraiment avant tout une pratique sportive à part entière qui est accessible au travers d'une application évidente.
Loïc Génial. Génial. Et application d'ailleurs qui est en train de... Enfin, qui est en train. Ça ne date pas d'hier mais qui s'éduit de plus en plus parce que ce qui est chouette c'est que je vois maintenant que je suis vos postes il y a des villes, les armées, etc. qui se mettent à utiliser vos services donc très très chouette et je pense que ça présage, ça laisse présager un développement fulgurant, n'est-ce pas ?
Lilian On espère.
Loïc Écoute, moi, une question que j'ai par rapport à cette partie entrepreneuriat, c'est que justement, encore une fois, c'est une question un petit peu égoïste mais je suis en train de... On a créé une boîte avec un associé il y a peu de temps qu'on va faire en sorte de développer à fond et donc, on est sur toute cette partie que moi aussi, je trouve très sympa de construction de la vision, de la stratégie, etc. Et comme tu le disais un peu plus tôt, pour moi, ce qui est... À mes yeux, ce qui est très intéressant également, c'est en fait, comment est-ce que ce projet il vient nourrir un besoin de développement personnel ? Oui. Tu vois ? Et donc, là, voilà, je suis vraiment dans cette phase de réflexion, qu'est-ce que je vais aller chercher pour moi, au-delà de l'aspect manger à travers ce projet ? Donc, je serais curieux de savoir comment est-ce que toi, tu gères cette phase-là quand tu es en phase de lancement puisque ce n'est pas la première fois que tu lances un projet et puis tu le disais, voilà, aujourd'hui, c'est vraiment, avec Andonora, c'est la première fois que tu viens faire sauter peut-être cette barrière entre les aventures perso et puis le monde du business. Donc, comment est-ce que tu gères, toi, cette partie réflexion sur ce que tu vas aller chercher dans un projet entrepreneurial ?
Lilian Je pense, alors, au départ d'un projet, c'est, en fait, c'est assez facile parce que c'est, normalement, c'est justement cette envie, cette vision qui te pousse à te lancer. Ce qui est plus compliqué, c'est de maintenir, tu vois, maintenir le feu, quoi, parce qu'une fois que tu t'es lancé, que tu t'es fait plaisir à faire une charte graphique, à faire des belles présentations pour pitcher ton idée, etc., derrière, il y a une vraie réalité d'entreprise, quoi. Et tu vois, moi, ça fait, avant ça, j'ai fait 7 ans de conseils auprès de plein d'entreprises et je suis toujours partagé autour de l'image qu'on a donnée de la startup et d'ailleurs, moi, je n'utilise plus ce terme parce qu'on l'utilisait à toutes les sauces et ça a donné l'image, si tu veux, que, en gros, tu participes à un startup week-end et tu es un entrepreneur et tu as levé des fonds et c'est gagné, quoi. Alors qu'en fait, ce n'est pas ça, il ne faut pas oublier qu'une startup, c'est avant tout une entreprise et qu'une entreprise, elle vit par l'argent de ses clients et pas par l'argent de ses investisseurs et qu'il y a une vraie réalité derrière, c'est beaucoup de travail, beaucoup de ténacité, beaucoup, beaucoup de moments très, très durs, quoi. Et ce n'est pas juste passer des nuits blanches à mettre en place des plateformes web, quoi. Donc, c'est ça qui est rapidement, en fait, il y a ce quotidien, cette réalité qui vient et donc, il faut trouver justement les relais pour se rappeler justement cette envie qui est là, la nourrir, et faire qu'on continue d'aller de l'avant. Une fois de plus, tu vois, moi, je me dis aujourd'hui, mais voilà, c'est vraiment une réflexion très personnelle, je me dis, cette entreprise, on a vraiment de grandes ambitions avec Teddy pour Andonora, on veut l'amener très loin, mais vraiment, moi, c'est, je dois le faire pour moi. Enfin, je ne sais pas trop comment le dire, mais tout comme la traversée, j'avais besoin d'aller au bout pour me prouver que quoi qu'il arrive, je ne lâcherai pas et que je tiendrai, là, il y a un peu ça aussi, tu vois, j'ai envie d'en faire une très belle entreprise, non pas pour que ce soit une très belle entreprise, mais en fait, pour parcourir le chemin qui m'amène à ça, quoi, tu vois, parce que c'est ce chemin qui va continuer de me faire grandir, continuer de me faire apprendre tout un tas de choses et donc, je l'aborde comme ça en n'oubliant jamais que ça reste une entreprise, que le carburant de l'entreprise, ça reste l'argent qu'elle rentre, que oui, c'est une vision qui la dirige, mais son fuel, c'est le cash qui rentre et là aussi, c'est d'avoir ça en tête dès le début, quoi, dès le début, sans que ce soit une fin en soi, mais c'est évidemment un objectif parce que cette entreprise, il faut qu'elle soit autonome. Moi, ma première aventure entrepreneuriale qui a duré pour moi six ans, une entreprise qui existe toujours, j'ai fait trois levées de fonds sur lesquelles j'ai levé un peu plus de 7 millions d'euros. Donc, je sais ce que c'est que de devoir chercher en permanence des financements pour soutenir un développement, c'est épuisant, c'est défocalisant et je n'ai vraiment pas envie de reproduire ça. Il y a des modèles, il y a des modèles économiques qui t'obligent de passer par là et c'était notre cas sur cette entreprise qui est un opérateur de téléphonie mobile à la fin, donc un métier très intensif en capital. Donc là, c'est aussi l'envie de se dire, non, moi, je veux vraiment une entreprise qui soit capable de voler de ses propres ailes le plus vite possible et donc, il n'y a pas le choix en fait, il faut que commercialement on soit bon. Là où pareil, moi, à titre perso, tu vois, je ne me suis jamais senti l'âme d'un commerçant, j'ai toujours plutôt eu une image négative de ça et en fait, je me suis rendu compte qu'en fait, je me suis complètement lourdé, quoi. Je me suis lourdé et donc, c'est aussi pour moi l'occasion de voir les choses différemment et de mettre ça en œuvre de manière très concrète, quoi. Parce que c'est bien de lire des trucs, d'avoir des idées, mais si tu ne les transformes pas en action derrière, c'est un peu dommage, tu n'es pas allé au bout de l'exercice.
Loïc Donc justement, cette notion de, pas forcément de développement commercial de la boîte, puisque comme tu l'as très bien dit, c'est comme ça qu'une boîte vit, donc c'est évidemment essentiel, mais cette idée d'aventure personnelle, de développement personnel, comment est-ce que vous êtes mis d'accord avec Teddy justement sur ce que vous alliez chercher tous les deux en tant que cofondateur ? Écoute, donc déjà,
Lilian on était parfaitement alignés sur la vision, c'était vraiment une envie perso qu'on avait chacun, donc ça, ça me paraît être une base essentielle et après, ce qu'on a fait avec Teddy, c'est qu'on s'est listé un ensemble de questions, je lui ai proposé tout un tas de questions suite aux expériences précédentes que j'avais pu avoir justement en termes de création d'entreprise, que j'avais pu voir chez mes clients, parce que moi, je travaillais avec les dirigeants ou les équipes de direction, donc j'avais listé tout un tas de questions auxquelles chacun a répondu de son côté et finalement, ça a révélé qu'on était en phase sur pas mal de choses pour ne pas dire quasiment tout et donc, ça nous a permis de savoir que ça, a priori, ça marcherait et ensuite, au quotidien, j'ai envie de dire cette notion de développement personnel au travers de l'entreprise, elle nous colle à la peau à tous les deux et si Teddy, je pense que tu l'as vu au travers de ton échange avec lui, c'est quelqu'un qui a su rebondir quand il a quitté l'armée de manière juste incroyable dans le monde civil, ce que beaucoup de militaires n'arrivent pas à faire, donc je pense, tu vois, ça traduit bien un état d'esprit tout à fait particulier chez lui qui fait qu'aujourd'hui, dans Donora, ça se retrouve et donc, voilà, tiens, on a un souci, on a un échec et bien comment on s'en sert et comment on passe à autre chose plutôt que de s'apitoyer sur notre sort, on apprend beaucoup l'un de l'autre, vraiment, tu vois, Teddy, moi, m'apporte beaucoup, je pense que je lui apporte aussi beaucoup et donc, voilà, cette relation nourrit chacun notre développement et au travers d'un outil qui est cette entreprise-là et ça marche plutôt très bien.
Loïc Excellent. Excellent. Et comment est-ce que vous faites en sorte de, et bien justement, de ne pas oublier ces éléments que vous aviez notés au moment où vous êtes lancé sur ce que vous venez chercher ?
Lilian Je pense que ça se fait assez naturellement, tu vois, quand on bosse ensemble parce que physiquement, on est rarement ensemble au même endroit pour travailler, tu vois, seulement quelques fois dans la semaine mais voilà, ces échanges débordent toujours juste du cadre pro et donc, du coup, tu vois, ça vient alimenter ces trucs-là donc, je pense qu'il y a une vraie rencontre à un moment donné, tu vois, et que chacun nourrit l'autre et, ouais, je pense, tu vois, on s'est rencontré chacun au bon moment dans nos vies, peut-être que 5 ans en arrière, tu vois, je n'aurais pas accroché avec Teddy ou peut-être lui n'aurait pas accroché avec moi, je n'en sais rien mais voilà, je pense que c'est la bonne rencontre au bon moment et ensuite, des états d'esprit suffisamment alignés pour qu'ils continuent à se nourrir l'un l'autre dans le temps. C'est pas facile, l'association, moi je l'ai vu chez plein de clients ou même dans les associations que j'ai eues dans mes entreprises précédentes, c'est vraiment le truc le plus compliqué, je pense, c'est ce qui peut faire capoter un projet ou au contraire le faire vraiment réussir, je pense que c'est encore plus dur qu'un mariage, on le dit souvent mais je pense que c'est vrai.
Loïc Eh bien écoute, Lilian, on arrive au bout quand même après avoir balayé ce parcours complètement incroyable d'aventurier sur le plan, on va dire, comment est-ce qu'on pourrait appeler ça ? Aventurier perso, je ne sais pas et aventurier entrepreneuriel mais en tout cas, c'était juste passionnant de, quelque part, moi ce que je retiens, c'est que j'ai l'impression qu'avec beaucoup d'humilité, tu nous as partagé toutes ces expériences diverses et variées mais qui quand même quelque part sont en train de monter en intensité, moi c'est l'impression que je retiens mais ce que je retiens aussi c'est que tu as réussi à faire ça sans avoir des millions sur un compte, tu es allé chercher des sponsors comme tout le monde, comme dans tous les projets, il y a eu des galères et puis tu as réussi avec beaucoup de détermination et de résilience et de ténacité comme tu l'as dit à les surmonter et à faire en sorte que les projets voient quand même le jour. Donc moi c'est vraiment ce que je retiens de notre échange, c'est cette capacité à continuer à aller de l'avant, croire en ses projets et puis aller chercher la prochaine aventure qui fera en sorte que, ben voilà, tu vois, en termes de développement puisqu'on a pas mal parlé, tu viens rajouter des blocs, tu vois, tu viens rajouter des petites pierres à l'édifice et l'aventure. Et l'aventure se poursuit comme ça au fur et à mesure. Donc vraiment, un grand, grand merci pour ce super partage. Je ne sais pas, toi d'ailleurs, est-ce que tu disais que voilà, tu es parti en vélo avec tes filles au début et que ça a été un projet familial mais s'il y avait, tu vois, fort de toutes ces aventures, s'il y avait peut-être un message que tu aurais envie de faire passer alors que ce soit à tes filles ou à d'autres, tu vois, des gens plus, peut-être un peu plus âgés qui seraient à deux doigts de se lancer comme toi,
Lilian merci vraiment de m'avoir permis de partager tout ça et c'est vrai que, tu vois, j'essaie vraiment de partager en direct, tu vois, les préparations, ce qui se passe vraiment et de le faire vraiment sans filtre. Tu vois, je n'ai aucun problème à dire que sur la Transat, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps plusieurs fois, je n'ai aucun problème avec ça parce que c'est la réalité en fait et on la voit assez peu, tu vois, cette réalité. Souvent, on voit le truc à la fin. Tiens, ça y est, ils ont traversé l'Atlantique en 47 jours. Ça y est, la boîte a réussi, elle fait tant de millions d'euros de chiffre d'affaires et puis ça vient gommer, tu vois, où on ne voit pas tout ce qu'il y a avant, tout ce que ça veut dire et donc, j'ai vraiment envie de montrer ça et voilà, comme tu l'as dit, moi, je suis vraiment monsieur tout le monde, tu vois, je ne me suis jamais considéré comme sportif, vraiment, tu vois, vraiment, la notion de sport, pour moi, c'est entraînement, c'est compétition, monsieur, madame, tout le monde. Professionnellement, j'ai repéré, quoi, je n'ai jamais été le premier de ma classe, majeure de promo ou je ne sais pas quoi. Donc, j'essaie de passer ce truc que c'est possible, en fait, c'est possible, il faut juste, en fait, passer de, tu vois, moi, j'ai toujours, il faut passer de l'inspiration à l'action parce que l'inspiration, on nous en bassine les oreilles mais à longueur de journée, quoi, il suffit d'ouvrir Instagram ou n'importe quel réseau social et toute la journée, tu vas avoir des idées qui pop dans ta tête en mode, ça, j'aimerais bien faire, ça, ça me fait rêver, ça me donne envie, etc. Donc, déjà, il faut se rappeler que ce n'est pas la réalité, qu'il y a beaucoup de travail derrière, etc. Mais il faut surtout se rappeler qu'en fait, c'est possible, tu vois, c'est vraiment possible. complètement. Si un autre être humain a réussi à faire tel truc, c'est qu'en fait, je dois être capable aussi de le faire et que pour y aller, le premier truc, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est essayer de décomposer tout ça, trouver le plus petit élément qui peut me permettre de passer à l'action tout de suite et puis de ce premier élément, il y en aura un autre et puis un autre et puis un autre. Et tu vois, de l'extérieur, je comprends qu'on puisse se dire, tu vois, les aventures, par exemple, elles sont à l'écréchendo. En fait, moi, je ne le vis pas comme ça parce que, tu vois, quand je prends la décision de faire le Tour de France à vélo alors que je n'ai même pas de vélo de route, que je n'ai jamais fait de vélo de route, enfin de vélo avec des quatre pieds et que je me dis, dans six mois, je pars faire quasiment 5000 kilomètres et je me mets le chain de le faire en 20 jours, tu vois, c'est sacrément intense, quoi. Alors que quand je pars sur l'Atlantique, je ne dis pas que ce n'est pas intense mais tu vois, il y a déjà tout ça avant. Donc, à titre perso, tu ne vis pas du tout les choses pareilles que ça peut être perçu de l'extérieur et quand je dis que la transat à la RAM, c'est accessible à tout le monde, je le pense sincèrement, tu vois et il suffit de creuser un peu pour voir qu'il y a des gens à la retraite qui traversent des osons à la RAM, il y a des gens amputés des deux jambes qui traversent des océans à la RAM. Donc, si tu veux, pour deux trentenaires un peu passés en pleine forme, oui, c'est évidemment faisable. c'est vraiment ce message-là que je veux faire passer. Il ne faut juste pas sous-estimer tout le travail que ça demande, la ténacité qu'il va falloir développer mais qu'en fait, tout ça, tu vois, ça vient nous faire grandir et moi, tu vois, mes premières auditrices, c'est mes filles, je veux vraiment leur passer ce message de leur dire, je m'en fous, tu vois, qu'un jour, elles ont envie de traverser un océan à la RAM, ce n'est pas le but mais si un jour, il y a un truc qui leur fait envie, il faut se donner les moyens d'y aller, il faut y aller, il faut s'accrocher et ça va le faire quoi, ça va le faire et en fait, même si ça ne le fait pas, en fait, tu auras grandi en chemin, tu vois, et ce truc-là, il est juste énorme, tu vois, je ne sais pas si ça, je ne sais pas si j'ai piqué la citation, pardon, à quelqu'un ou si je peux m'auto-proclamer comme auteur de celle-là mais tu vois, je disais, il n'y a pas longtemps, à un ami, je disais, tu vois, on dit toujours, il faut savoir se contenter de ce qu'on a et je pense que c'est vrai, il faut savoir se contenter de ce qu'on a mais par contre, on ne peut jamais se contenter de ce qu'on est et pour moi, ces aventures professionnelles, sportives, tu vois, aventures au sens large, c'est ça en fait, à partir du moment où je me lance dans quelque chose auquel il y a une part d'inconnu, ça veut dire que je vais devoir grandir et je pense que c'est vraiment ça, ce truc, on ne doit jamais se satisfaire de là où on en est personnellement, tu vois, on peut toujours, toujours, toujours grandir, moi, je fais une toute petite parenthèse là-dessus, tu vois, pour conclure, mais j'ai découvert la philosophie historique il y a quelques années et pour moi, c'est un truc énorme qui s'est ouvert, tu vois, et je n'irai pas dans le détail mais il y a un truc en particulier qui m'a vraiment surpris parce que je ne m'attendais pas à ça, c'est que cette philosophie comme bien d'autres, elle t'invite à aller vers de la sagesse mais en fait, elle est totalement consciente que cette sagesse, elle est quasiment inaccessible, tu vois, c'est un objectif inatteignable et que ce qui compte en fait, c'est de toujours progresser vers ça, de toujours avancer vers ce truc qui certainement ne sera jamais atteint et j'aime bien cette image et je pense qu'effectivement, si on a ça comme objectif, en fait, on ne sera jamais déçu parce que que le projet, il aille au bout ou qu'il n'aille pas au bout pour de bonnes raisons, en fait, on aura avancé
Loïc vers ce nouveau soi. donc, on en revient à cette idée de chemin plutôt que de destination en réalité.
Lilian Oui, exactement, mais tu vois, c'est un truc que tu as vu 14 fois sur Instagram avec une jolie photo derrière donc, c'est bien de le rappeler de temps en temps mais en fait, je pense que chacun en a besoin à un moment donné de faire un cheminement qui va faire que ces mots vont vraiment avoir un impact et qu'on va vraiment les comprendre en fait. Alors, évidemment qu'on comprend l'idée derrière, oui, ce n'est pas la destination, c'est le chemin mais en fait, il y a un moment, il y a un truc qui se passe dans nos vies qui est différent certainement pour tout le monde où tout d'un coup, en fait, tu le percutes vraiment et ça te transforme ou parce que tu as été transformé tu le percutes différemment.
Loïc Oui. Qu'est-ce que tu conseillerais à quelqu'un qui voudrait, tu vois, en t'écoutant qui se dit ah bah tiens, ça pique ma curiosité, j'aimerais bien tu vois, découvrir cette notion ?
Lilian Hyper simple, vous foncez à acheter le manuel d'Epic-Tet, c'est un livre qui fait 36 pages qui reprend les pensées les plus fortes d'Epic-Tet, grand philosophe stoïque et je fais le pari que comme moi, vous serez saisi par la modernité des idées, c'est-à-dire que si j'arrache les pages et que je ne vous dis pas que c'est un gars qui a écrit ça des siècles en arrière, vous pouvez être persuadé que c'est un gourou du développement personnel de 2021 qui l'a écrit. C'est incroyable de modernité, il y a des traits d'humour mais qui sont justes mais vraiment saisissants, j'étais peut-être très naïf quand je suis tombé là-dedans mais je ne m'attendais pas du tout qu'un grec antique puisse avoir ce niveau d'humour, je n'avais pas du tout cette image-là et voilà, c'est des idées qui sont simples, qui sont incroyablement percutantes et moi, c'est ce qui m'a saisi, voilà, c'est 36 pages, on peut le trouver dans le domaine public, évidemment, c'est tombé dedans il y a bien longtemps mais ça vaut le coup de l'acheter en papier, ça ne coûte rien du tout et ça, ça peut emmener ensuite sur la lecture des Pensées pour moi-même de Marc Aurel qui là aussi sont absolument incroyables, livres un peu plus longs mais c'est deux livres que tu peux ouvrir à n'importe quelle page, tu n'es pas obligé de commencer à la page 1 et d'aller jusqu'à la page 36, tu peux vraiment prendre au hasard des idées et elles sont juste incroyables quoi. donc voilà, Manuel d'Épictet.
Loïc Manuel d'Épictet, super, super, un immense merci Lilian pour ton temps merci à toi et puis pour tous ces partages et bonne suite dans tes différentes aventures du coup. Merci. Merci beaucoup Loïc. Salut Lilian. A bientôt. Sophie Sophie Sophie
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