Gaëlle J'étais plutôt solitaire. En fait, mon but ultime, c'était de m'évader de la maison. Donc, je me souviens, dans mon petit village, je partais en aventure dans les maisons abandonnées. Je me créais des histoires et j'avais toujours cette envie d'aller explorer quelque part. Et en fait, j'ai voyagé pour la première fois toute seule, enfin, du moins avec une personne inconnue. J'avais 15 ans. J'ai pris un avion et je suis partie à Londres.
Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneurs qui ont été réveillés. Ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies.
Gaëlle Je suis ready.
Loïc Tu es ready, c'est parfait. Eh bien, écoute, bienvenue Gaëlle au micro des Frappés. Je suis absolument ravi de te recevoir sur le podcast en direct d'où en Inde ? T'es où là en ce moment d'ailleurs ?
Gaëlle Tout d'abord, merci. Merci pour l'invitation, ça me fait trop plaisir. Je suis vraiment tout au sud de l'Inde, dans une région qui s'appelle Kerala. La ville, bon, le nom est un peu compliqué. Je ne sais pas si c'est sérieux grand-chose que je le dis, mais c'est Tiruvananthapuram.
Loïc Je vois tout à fait.
Gaëlle Donc voilà, je suis vraiment tout au sud, très proche du Sri Lanka.
Loïc Excellent. Trop bien. Gaëlle, habituellement, quand je reçois des invités, c'est souvent sur des thématiques liées au sport, à l'aventure, à l'exploration, parfois des anciennes forces spéciales, des entrepreneuses. Donc habituellement, ma première question, c'est dans les grandes lignes, quel a été ton parcours ? Là, ça ne va pas être possible pour toi. Clairement pas. Donc, ce que je te propose, c'est peut-être plutôt de nous expliquer ce que tu fais aujourd'hui, si ça te va. Et après, on déroulera un fil, si tu veux, rétro-chronologiquement parlant. Et on reviendra à pourquoi tout ça, comment est-ce que tu en arrives à te retrouver dans le Kerala aujourd'hui ?
Gaëlle Ok, très bien, ça me va. Donc actuellement, je suis en Inde, comme on disait, depuis le mois d'octobre 2025. Je suis partie un peu sur un coup de tête, oui et non, je pourrais l'expliquer un peu plus tard. Mais je suis partie apprendre un art martial ancestral qui s'appelle le Kalaripayat. C'est un art qui date de plus de 3000 ans, qui, selon certaines légendes d'histoire, serait l'ancêtre du Kung-Fu. Et il est réputé comme étant maire de tous les arts martiaux. Et donc, ce n'est pas très connu pour le moment. Et donc, je fais ça depuis sept mois maintenant. Et je crois que j'ai trouvé quelque chose qui me correspond. Excellent.
Loïc C'est quoi, du coup, les particularités au-delà de l'histoire ? Effectivement, c'est vrai qu'un art martial de plus de 3000 ans, quand j'ai lu ça, j'en avais pas en tête auparavant. Mais c'est quoi les particularités ? Quel type de mouvement ? Avec quoi est-ce que ça se pratique ?
Gaëlle C'est tellement large, finalement. On a, en gros, le Kalaripayat, si on suit le process d'apprentissage, on commence par conditionner le corps. Donc, il y a des mouvements très particuliers qui permettent de masteriser son corps, si je puis dire. Par exemple, il y a tout un enchaînement qui s'appelle le Meipayat, qui veut dire littéralement se battre avec son corps. Donc, l'idée, c'est de se connaître tellement dans ses moindres recoins, dans ses faiblesses, dans ses forces, qu'on cultive cette confiance en soi et que plus rien ne puisse faire peur. Parce qu'on se connaît tellement que l'extérieur n'a plus d'empris sur nous. Donc, c'est vraiment, moi, en tout cas, la philosophie que j'en retire. Et en fait, quand on master... J'ai trop l'anglais en tête, là. Maîtrise. Quand on maîtrise... Merci. Quand on maîtrise le corps, après, on vient aux armes. Donc, on a les armes en bois, donc les sticks. Moi, je suis toujours au minimum. Donc, là, j'en suis au bâton, comme on peut voir souvent dans le kung fu, les choses comme ça. Donc, c'est assez similaire. De plein de formes différentes. Après, on a les armes en métal. Donc, j'ai pu aussi expérimenter le fait d'avoir des enchaînements avec des épées et des boucliers. Donc, je me retrouve littéralement entre des personnes qui combattent avec des haches, avec des épées, avec des lances. C'est assez fou, j'ai l'impression, d'être dans une autre dimension, une autre époque. Mais c'est génial. C'est tellement puissant. Et en fait, c'est le seul art martial qui a également toute une dimension de soin. C'est-à-dire que, lié au Calari, on a ce qu'on appelle les marmas, les points marmas. Et en fait, quand on maîtrise toutes les armes, après, on apprend tout ce qui est technique de soin. Et donc, à travers le corps, on a une centaine de points marmas, 108 si je ne me trompe pas. Et ces points sont très stratégiques. On peut soigner des personnes avec de la pression ou on peut les mettre à terre. Donc, il y a certains points vitaux, certains points de soin qui peuvent débloquer des muscles, si on se coince, au même niveau santé, des choses dans l'estomac, juste avec des points de pression. Et donc, c'est la particularité aussi du Calari de pouvoir soigner. Mais bon, ça, c'est aussi un très, très long cheminement pour arriver jusque-là.
Loïc Ça déclenche plein de questions, c'est ultra intéressant. En plus, j'ai pratiqué beaucoup d'arts martiaux, j'ai fait beaucoup de judo pendant longtemps. Donc, ça me parle un peu, tu vois, cette notion finalement de découverte de son propre corps, etc. Mais bon, moi, c'est vrai qu'il y avait plus un objectif performant, c'était la compétition. Mais ultra intéressant ce que tu expliques sur la partie soin. L'idée, c'est quoi ? Tu sais un peu historiquement, c'est de se soigner soi-même, de soigner l'autre. D'où ça vient, cette dimension ?
Gaëlle Je ne suis pas sûre à 100% de ma réponse. Mais je sais qu'historiquement, le Calaris, c'était aussi… Il a été banni à une certaine époque par… Si je ne me trompe pas, les Anglais sont venus dans le sud de l'Inde. Et ils ont complètement interdit cet art martial parce que, en fait, c'était des machines à tuer, les gens qui faisaient du Calari. Et en fait, chaque Calari, donc espace de… Parce que Calari Payet, ça veut dire lieu de combat.
Loïc D'accord.
Gaëlle Lieu d'exercice, là où on pratique le Calari. Et en fait, chaque Calari avait le Gourou Kale. Ce n'est pas un gourou, mais on les appelle les Gourou Kale, donc les maîtres qui enseignent. Et de linéage en linéage, ils se passaient cette dimension de soin. Et les gens n'allaient pas chez un médecin ou n'allaient pas… Ah oui, d'accord. Ils allaient se soigner auprès, à une époque, auprès des maîtres qui enseignaient le Calari.
Loïc Ok, donc ce n'est pas une dimension qui reste dans sa bulle pour les pratiquants de Calari. C'était… Pour le coup, il y avait un vrai impact sociétal, en fait.
Gaëlle C'est ça. Les Gourou Kale, à l'époque, donc ils étaient un peu en charge aussi du village, de faire en sorte que le village se porte bien. Donc, ils avaient cette casquette-là. Et donc, les Anglais ont banni cet art. Ils ont continué à pratiquer un peu en secret. Donc, c'était très risqué à l'époque. Et je sais que le maître de notre école, à une époque, il ne savait pas trop s'ils avaient le droit de pratiquer, tellement ça a été réouvert, réaccepté très tard. C'est aussi pour ça que ce n'est pas très connu comme art martial. Et oui, il y a eu une petite fenêtre un peu… On ne sait pas si on peut pratiquer, si c'est toujours légal ou pas. Et voilà, j'ai un peu perdu mon fil du coup. Mais voilà, la dimension de soins. En tout cas, là, moi, je suis le Gourou Kale, c'est la cinquième génération. Et en fait, son père, il soignait toutes les personnes, il venait au Calari, il faisait la queue pour être soigné. C'était… Vraiment, tout le monde venait pour raconter les problèmes, les douleurs, etc. et trouver les moyens de soigner.
Loïc OK. Et aujourd'hui, c'est quoi la place de cet art martial dans la société ? D'ailleurs, je suis assez curieux. Est-ce que tu disais que c'est relativement peu connu ? Est-ce que c'est un sport, un art martial qu'on retrouve à l'étranger ? Enfin, comment toi, tu en as entendu parler déjà ? Peut-être pour commencer par ça.
Gaëlle Alors, moi, l'histoire, elle est assez… Comment dire ? En gros, l'année dernière, j'avais décidé de partir en Chine à la base. Je voulais aller apprendre le Kung Fu. Je voulais partir un an chez les moines Shaolin. C'était mon but ultime. Je me suis préparée pendant un an. J'avais tout… J'avais cherché plein d'écoles, j'avais économisé de cours, etc. Mais il y avait un truc qui commençait. Je n'arrivais pas à trouver d'école. Pourtant, je voulais toujours aller là-bas. Et en fait, fin août l'année dernière, 2025, j'ai fait une rencontre vraiment par hasard. Un homme qui m'a dit « Tu devrais rencontrer ce médecin » qui faisait une médecine alternative. J'étais curieuse. Je me disais « Vas-y, pourquoi il me dit d'aller le voir ? » Je n'en sais rien, mais je vais aller le voir. Et cet homme-là, je me souviens, il m'a dit « Mais comment tu es venu jusqu'à moi ? » Je lui dis « On m'a recommandé. » Et il m'a dit « Ok, ce n'est pas pour rien que tu sois là. » Et je lui raconte que j'ai prévu d'aller en Chine apprendre le Kung Fu. Et il me regarde d'un air après ton nez. « Toi, en Chine, comment ça se fait ? » Je ne sais pas pourquoi. Je ne veux pas te donner d'avis, mais je n'ai pas l'impression que ton chemin soit vers la Chine. Et là, il me dit « Tu devrais te renseigner sur le Calary. » Je dis « Le quoi ? Le Calary ? » Et j'avais mon avion dans deux semaines. Deux, trois semaines, j'avais mon avion. Deux jours après ce rendez-vous, j'ai changé tous mes plans. Je me suis inscrite dans la première école de Calary que j'ai vue et j'ai changé tous mes plans. Et maintenant, je suis là. J'ai jamais mis les plans en Chine.
Loïc J'ai vu pour autant que tu n'as pas forcément… Tu disais dans… Je suis allé voir un peu ton sub-stack, etc. ce que tu publies sur LinkedIn. Tu disais que tu n'as pas forcément fait une croix non plus sur la Chine. Donc, tu yeras peut-être un moment. Mais ok, ultra intéressant.
Gaëlle Ça me plaît toujours. J'ai toujours envie d'aller découvrir le Kung Fu Shaolin. Mais je sens que pour le moment, ma place est ici. Donc, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Et oui, on le verra.
Loïc Incroyable. Ça a été quoi ton rapport avec les arts martiaux en général ? Quand tu as grandi, est-ce que tu as eu une enfance avec des parents qui étaient dans ce type d'activité sportive ? Ou comment tu en es arrivé un jour à te dire « Je vais aller en Chine étudier auprès des moines Shaolin et puis finalement, je bifurque. » Mais c'est toujours une niche un peu dans l'univers des arts martiaux quand même.
Gaëlle Oui, clairement. Et là, je t'avoue qu'encore une fois, je n'en sais rien parce que je n'ai jamais fait d'arts martiaux. En fait, j'ai un truc en moi qui dit « Je veux faire ça, je le sens, j'y vais. » Et je ne sais pas d'où cette intuition vient, mais je sais que c'est le chemin. Et en fait, pour les arts martiaux, je ne sais pas, j'avais fait un mois de Kung Fu au Maroc. Quand j'ai habité au Maroc et que j'ai voyagé là-bas, j'avais rencontré quelqu'un qui me dit « Oh, je sors d'une école d'arts martiaux Shaolin, en plein fin fond du Maroc. » Je me dis « Mais ce n'est pas possible, il y a ça ici. » Le lendemain, j'y étais, je suis restée à moi et je me suis dit « Voilà, j'adore, j'adore. » Ça a réveillé un truc en moi. Et quelques mois après, je me suis dit « Mais attends, il y a un truc qui sonne, ça ne va pas dans ma vie. » Je passe ma vie derrière mon ordi, j'ai arrêté le voyage pour me dire que je vais devenir coach LinkedIn. Je me suis dit « N'importe quoi. » Je me suis dit « Mais n'importe quoi. » J'ai besoin de repartir à l'aventure, j'ai besoin de me reconnecter au corps. Et je me suis souvenu de ce sentiment que j'avais eu en découvrant le Kung Fu. Et je me suis dit « C'est ça. » J'ai besoin de partir un peu… L'idée, c'était vraiment de me connecter un peu au bouddhisme, au fait de revenir à soi, la spiritualité, tout ça, et à côté de maîtriser son corps. Et du coup, c'est qu'elle arrive maintenant. Mais pas de background de grande sportive. Donc, même pour moi, ça m'étonne beaucoup parce que là, je me retrouve à faire un truc qui est tout le temps différent, mais quand même tout le temps pareil. Je me réveille, je vais à l'entraînement, on fait les mêmes mouvements. Mais pourtant, j'adore.
Loïc Tu parles des entraînements. C'est quoi, du coup, ta vie depuis 6-7 mois ? Quand tu l'as décrit, ça a l'air effectivement assez varié. J'ai l'impression qu'il y a une notion un peu d'évolution. Quand tu commences à maîtriser une arme, tu passes à l'autre, etc. Une sorte de montée en grade. Ces 6 derniers mois, ils ont ressemblé à quoi au quotidien ? Alors…
Gaëlle Je suis arrivée là-bas. Je suis allée direct dans le programme pour devenir prof. Je n'ai même pas testé l'art avant de me dire « Allez, je vais faire passer une certification ». Je me suis dit « Bon, pourquoi pas ? » Comme ça, j'allais voir plus en profondeur. Donc déjà, pendant deux mois, c'était des réveils à 5h30, 6h. Et on avait des pratiques jusqu'à 18h, 19h. On a deux gros entraînements de 2h, matin et après-midi. Donc, généralement, c'est séparé en deux. Grosse session de warm-up. Donc, les warm-up sont assez longs. Et après, soit on pratique le stick, soit on pratique le gada, c'est une espèce de grosse massue. Soit on fait les mouvements de corps. Donc, ça dépend du jour ou de la flexibilité aussi. Ou du conditionnement. C'est vrai qu'on a aussi ça pour devenir plus fort. On a… Clairement, on s'éclaque les mains contre le sol. Des choses comme ça. Où on se donne des coups de bâton. Un peu comme on peut voir dans certaines vidéos de Kung Fu où tu les vois qui se frappent avec un bâton sur les muscles. Des choses comme ça. Donc, ouais, voilà. Et de la théorie aussi.
Loïc Ok.
Gaëlle Et après, du coup, on baigne dans l'hindouisme. Mais pas… Enfin, c'est plus la spiritualité ici. Donc, bien sûr, les dieux sont très importants pour eux. Mais ils voient plus ça comme… Je ne sais pas comment dire. Si je commence à partir là-dedans, ça ne va plus en finir. Mais du coup, il y a beaucoup de pratiques aussi où on va faire de la méditation. On va faire des offrandes de fleurs ou des choses comme ça. Des… Aux attributs des déités. Voilà, c'est assez… C'était très nouveau, ça, pour moi. Et un peu perturbant au début. Parce que du coup, tout est nouveau. Mais il est bien enrichissant de découvrir un peu comment ils pratiquent leur spiritualité et comment ils vivent en langue, quoi.
Loïc J'imagine, ouais. Dans ce que tu décris, ce qui a l'air ultra intéressant, c'est que j'ai l'impression que ce n'est pas un art martial pour faire du sport et transpirer et éventuellement faire des compétitions. J'ai plus l'impression que c'est un art martial pour la spiritualité, un mode de vie, la connexion avec le corps, ce qui n'est pas forcément l'approche qu'on a de manière spontanée en Occident avec les arts martiaux en général.
Gaëlle Oui, clairement. C'est un art de vivre. C'est un art de vivre. Après, la particularité du Calari où je suis, si on repart historiquement, le Calari, de base, on commence à 4 ou 7 ans et tu ne peux pas y accéder. Si c'est plus tard, tu ne peux plus y accéder. À partir d'un certain âge, tu ne pouvais pas pratiquer le Calari. Donc ça, ça a beaucoup évolué. Et donc, le Calari où je suis, l'idée, c'est de pouvoir développer un maximum pour que tout le monde puisse bénéficier des bienfaits du Calari sur le corps. Donc, il y a des programmes qui ont été adaptés pour les personnes plus âgées, pour les enfants, pour des personnes locales aussi, enfin localement dans la région pour que les personnes pratiquent une activité sportive. Donc, l'idée, ça a été de rendre le Calari un peu plus global. Et j'ai perdu le fil. Je suis désolée.
Loïc Une pratique finalement d'un art martial qui est plus spirituel, un mode de vie, tu disais, que forcément compète, etc.
Gaëlle C'est ça. Et du coup, en effet, il y a clairement tout un art de vivre parce qu'on a des pratiques de méditation. On a les pratiques, comme je te disais, d'offrandes. Ils appellent ça des nézé-poudjas. Et donc, c'est vraiment tout un panel de petites pratiques, tout ensemble. On a des pratiques avec le soleil, on a des pratiques de respiration. Donc, c'est très global. Mais il y a aussi tout un penchant compète. Il y a de la compétition. Et il y a aussi un côté performance. Donc, il y a des teams où l'idée, c'est de vraiment montrer l'art. Il y a aussi toute une team qui va montrer l'art à travers des performances artistiques, on va dire.
Loïc OK.
Gaëlle Qui, historiquement, aussi, était le moyen de pratiquer le Calari, mais en le faisant passer sur le côté art et non-combat. Donc, il y a vraiment beaucoup de branches différentes. Et ici, on a un peu tout. Mais je suis plutôt intéressée sur le côté art de vivre
Loïc que performance. C'est quoi, du coup, l'objectif, s'il y en a un ? Est-ce que tu t'es fixé une échéance, un certain niveau ? Tu projettes comment, là, sur le futur proche ?
Gaëlle Ça, c'est une question. C'est une question. Clairement. Je rentre en France dans un mois. Mais j'ai prévu de revenir si tout se passe bien, septembre, octobre, je retourne. J'ai eu une offre pour rester dans l'école, pour continuer à apprendre, pour peut-être performer si j'en ai envie, et dans le but de pouvoir promouvoir cet art à l'extérieur de l'Inde. Et donc, à terme, c'est vrai que, bon, ça, c'est des idées que j'ai lées actuellement, mais voilà, je ne sais pas comment les choses vont se développer. Mais j'aimerais beaucoup pouvoir faire le pont entre nos modes de pensée, nos modes de... En Europe, on est hyper stressé. Moi, j'ai vécu l'année dernière... L'année... On est en 2024, 2025. J'étais dans un état pitoyable. J'étais en... Je peux dire maintenant, je pense que j'étais en dépression. Je n'arrivais plus à dormir. Je me posais des questions sur le futur. Et là, quand je vois comment ils sont zen... En tout cas, là, dans Ocalari, pas tous les Indiens sont comme ça, mais en tout cas, les personnes qui pratiquent le Calari, mais je n'ai jamais vu des gens qui se maîtrisent autant dans leurs émotions, dans leurs peurs. Et tout se passe bien. Et en fait, c'est cultivé un peu cet état d'esprit de warrior, comme ils disent. Et j'aimerais beaucoup faire le pont parce qu'avec mon passé où c'était très compliqué pour moi, je ne pensais pas réussir à trouver ma voie un jour. J'avais toujours l'impression de courir. et là, cet art, elle me vraiment l'ancre dans le corps et je réalise à quel point elle n'a pas besoin de courir autant. On nous met tellement de choses dans la tête. Et donc, je ne sais pas sous quelle forme, mais j'aimerais bien faire le pont et de pouvoir faire découvrir cet art à plus grand nombre. Peut-être faire venir des gens en Inde ou bien organiser des retraites à un moment donné, des ateliers en France. C'est des choses que je prévois de faire. et on verra comment ça évolue. Mais en tout cas, je vais continuer. Au moins, je reprends six mois d'entraînement à partir de septembre, d'octobre.
Loïc Excellent. Et par rapport à ce que tu dis, les grosses différences que tu as vues entre l'Occident et les pratiquants locaux que tu côtoies en Inde, comment est-ce que toi, tu dirais que ça t'a changé ? Là, visiblement, tu as l'air de dire que ça t'a peut-être apaisé ou ça a peut-être modifié ton rapport au temps, etc. Mais physiquement, mentalement, est-ce que la pratique du calari en particulier et le fait de vivre en Inde, ça a modifié un peu ta manière de penser, ta manière de considérer ton corps ? J'imagine que oui.
Gaëlle Oui, totalement. Totalement. Au début, ce n'était pas facile parce que je ne suis pas du tout dans un endroit touristique. J'étais la seule occidentale. Donc, niveau culture, niveau échange, c'était assez compliqué au tout début. Et puis, petit à petit, je me suis rendue compte de... Alors, le calari, plus tu pratiques, donc tu fais des mouvements répétitifs, etc., plus je réalise à quel point je me découvrais. Et je me suis rendue compte, mon Dieu, mais ça, je ne savais même pas que j'étais capable de bouger comme ça, je ne connaissais pas ce muscle-là et c'était assez fou. Et en fait, au bout de quelques temps, tu vois tes améliorations et ça crée une confiance en soi que je ne pensais pas ressentir à travers le corps. Donc ça, c'est la première chose que j'ai compris. Moi, qui ai toujours été un peu contre la discipline, je voyais ça comme une prison, et je me suis rendue compte qu'en fait, c'est tout le contraire. Parce qu'à force de faire les mêmes mouvements, on crée une mémoire musculaire qui fait que ça devient complètement automatique et donc, il y a une partie de ton cerveau qui lâche et tu peux intégrer d'autres mouvements, etc., et tu vois tes améliorations et c'est fou. ça se déclenche au bout de quelques temps, mais c'est fou de voir. Donc vraiment, confiance en soi, mais 100%. Et après, du coup, je divague un peu, mais par rapport à leur état d'esprit, ils ont vraiment, ils n'ont pas peur. Et je pense que, je pense que, mine de rien, c'est leur rapport à la mort qui est, qui leur permet de voir les choses de cette manière comparée à nous en Occident, parce que, ici, pour la plupart, dans les discussions que j'ai eues, la mort, c'est vu comme étant un peu une libération du corps, une libération spirituelle. L'âme va retourner là où elle doit aller et ils voient ça comme un, c'est super positif.
Loïc Il y a cette notion de réincarnation, c'est ça, si je ne me trompe pas ?
Gaëlle Ouais, c'est ça. Donc finalement,
Loïc ce n'est pas vraiment la fin, tu as en quelque sorte une nouvelle page blanche qui débute.
Gaëlle C'est ça. De ce que j'ai compris, en tout cas, parce que c'est hyper profond, leur manière, donc je ne me sens pas, je ne peux pas en parler avec autant de profondeur et de conviction, mais ils voient ça comme la réincarnation, donc ce n'est pas terminé, et au bout d'un moment, la réincarnation est terminée, donc ils retournent au point zéro, à la source, comme ils pourraient dire, et en fait, c'est le plus beau des cadeaux qu'ils peuvent avoir dans leur vie. Alors après, je généralise peut-être, ils ne voient pas tous les choses comme ça, mais j'ai eu pas mal de discussions avec des Indiens à ce sujet, et en fait, je pense réellement que c'est un des points qui fait qu'ils n'ont pas peur. Ils n'ont pas peur de la douleur, ils n'ont pas peur des maladies, ils n'ont pas peur... C'est fou d'en parler en fait, parce que je réalise vraiment à quel point ils... Juste, ils vivent. Ils vivent au jour le jour, ils prennent les choses comme elles viennent, et il n'y a pas de stress, il n'y a pas d'anxiété, enfin il y en a, mais présent dans le Calary, je remets des parenthèses là-dessus, c'est par rapport au Calary, et il y a même une personne l'autre jour où je lui... Je devais faire une représentation d'un mouvement, et j'étais stressée. Je me suis stressée, et un des profs qui est avec moi, il me regarde et me dit « Mais ça veut dire quoi, stress ? »
Loïc Ah ouais ?
Gaëlle Ouais. Je n'ai pas de souhaiter ce que ça veut dire. Il me dit « Non, non, c'est quoi ? » Puis du coup, je demande à quelqu'un d'autre comment lui expliquer stress. Puis quelqu'un lui a dit « Ah, c'est être anxieux, etc. » « Ah d'accord, je vois ce que c'est du coup. » Mais c'était pas dans son vocabulaire. C'est hallucinant.
Loïc Ok, d'accord.
Gaëlle Incroyable. Ouais. J'ai halluciné. Je veux dire « Oui, bon, il y en a vraiment... »
Loïc Le concept est étranger. Non, c'est pas dans le vocabulaire. C'est ça. Du coup, j'imagine, ouais, d'être plongé au quotidien dans ce contexte-là avec des gens comme ça autour de toi. Tu sais, il y a ce... Bon, je ne sais pas d'où vient le dicton, mais cette considération qu'on est finalement, tu vois, la somme des personnes qui nous entourent ou la moyenne des personnes qui nous entourent. Là, j'imagine que toi, ce que tu vis, finalement, ça doit être ça. En termes d'émulation, de changement de perspective, ça doit être complètement fou d'être immergé aussi longtemps dans une culture où il y a autant de différences et de voir, toi, le progrès perso sur ces sujets de spiritualité, reconnexion et l'oubli du mot stress.
Gaëlle Oui, clairement. Puis, ça ouvre l'esprit parce que c'est vrai que quand on est cantonné à tout ce qu'on a vu, tu vois, on est dans cette société où on fait des études, on va travailler, on fait un 35 heures, etc. On pense que c'est la normalité et ici, ce n'est pas facile pour eux. Ils travaillent beaucoup plus que nous. Je les vois, ils n'ont pas de jour off. Ils sont tout le temps au calari. Ils sont tout le temps... Ils enseignent. Tout le temps en action. Mais ils ne se plaignent pas. Tout va bien. Enfin, tout va bien. Je ne peux pas me permettre de dire ça forcément. Mais ils ont une maîtrise sur eux qui est incomparable. Et donc, vraiment, c'est une super belle leçon pour moi dans le sens où je me rends compte de tous les privilèges qu'on a. On a un 35 heures, on se plaint. Ils ont un 60 heures, ils ne se plaignent pas. Et ça me confondre sur toutes les chances qu'on a. Et en fait, ça me motive encore plus à me bouger, quoi. Quand je vois tout ce qu'ils font. et ça remet un peu l'église au milieu du village. Ça permet vraiment de se rendre compte de ce qu'on a, de retrouver cette humilité. Et ça fait du bien. Ça fait du bien.
Loïc Tu appréhendes du coup un peu le retour en France après 6-7 mois sur place ?
Gaëlle Un peu. Je ne sais pas trop. Je ne sais pas trop. J'ai du mal à réaliser, je t'avoue, parce que du coup, je suis partie en septembre, donc ça va faire... Ça fera 9 mois, je crois, en tout, à peu près. Donc, j'avais prévu d'y aller 2 mois de base. Donc, mon parcours, c'est un peu rallongé. Et je n'arrive pas trop à savoir ce que je ressens sur le retour en France. C'est comme si j'avais jamais été en France. C'est un peu bizarre.
Loïc Ok.
Gaëlle Mais je suis contente. de retourner, revoir un peu les proches, la famille, etc. Mais je pense que je vais avoir très hâte
Loïc de repartir. De retourner. Quand tu seras... Tu retournes sur Paris ? Ça va être sur Paris ?
Gaëlle Tu vas être pendant quelques mois ? Bourgogne. Principalement Bourgogne. Je vais être sur Paris quelques temps aussi. Je vais pas mal bouger, je pense.
Loïc Ok. Ça pourrait être une expérience fun de te retrouver, tu vois, sur une petite ligne de métro le matin en heure de pointe histoire de te replonger, de te réapproprier ce que c'est le rythme parisien. mais ok.
Gaëlle Tu avais pas pensé à ça.
Loïc Ouais. C'est ultra intéressant tout ce que tu partages. Moi, ça m'amène à une autre question parce que s'il y en a qui avaient déjà lu un peu tes newsletters qui te suivent sur LinkedIn, ils le sauront. Mais pour celles et ceux qui te découvriraient via l'épisode sur les frappés, t'en es clairement pas à ta première expérience de... Alors, peut-être pas de changement de vie mais en tout cas de ta première expérience différente, en tout cas ta première exploration de chemin un peu parallèle. Je reviens à cette question que j'ai eue pour toi tout à l'heure sur le sport. Ça te vient d'où cette envie d'aller explorer autre chose ? Est-ce que là aussi t'as grandi, tu vois, dans un environnement où vous bougiez beaucoup, où on t'a sensibilisé à finalement regarder ce qui se passe un peu en dehors de son propre village ou comment t'en es arrivé à bouger autant ?
Gaëlle Je pense que... Enfin non, c'est pas je pense... En fait, j'ai pas eu une enfance très joyeuse, très facile et je suis fille unique. Donc, j'étais plutôt solitaire et en fait, mon but ultime, c'était de m'évader de la maison. Donc, je me souviens dans mon petit village, je partais en aventure dans les maisons abandonnées, je me créais des histoires et j'avais toujours cette envie d'aller explorer quelque part et je partais à la rencontre des gens du village et j'allais très bien. J'allais très bien et j'adorais faire ça et en fait, j'ai voyagé pour la première fois toute seule, enfin du moins avec une personne inconnue. Mais ça, c'est aussi une longue histoire, mais j'avais 15 ans. À 15 ans, j'ai pris un avion et je suis partie à Londres et en fait, ça a marqué un peu le début. Je suis même étonnée maintenant que mes parents m'ont laissée à cette épouse. Mais ça a été le début en fait des voyages. Donc, à 15 ans, j'ai fait mon premier voyage mais comment dire, j'avais une famille un peu pas traditionnelle mais mon père me disait réalise tes rêves, sois folle et fais les trucs les plus fous parce que moi, je voulais les faire donc fais-les et ma mère était un peu plus un peu plus non, tu dois faire des études etc. Donc, j'avais un peu ce... J'étais entre les deux parce que je sentais que j'avais envie d'évasion, d'aller voir le monde mais en même temps, on m'avait fait comprendre que c'était trop être dans les étoiles et que c'était pas possible et qu'il fallait rester sérieux donc j'ai fait mes études, j'ai fait des études, je suis allée jusqu'au master, j'ai fait un bac plus 5 voilà mais je me perdais là-dedans et entre... je me souviens, j'ai fait un... donc j'ai continué à voyager un peu comme ça beaucoup l'Angleterre sans aller très très loin jusqu'à mes 20, 19, 20 ans et après, j'ai voyagé pour mes études et entre master 1, master 2, je me souviens, j'ai pété un câble et je leur ai dit je pars en césure parce que là, ce que vous m'apprenez, des pays qui se font la guerre, les frontières, enfin moi, je n'arrivais pas à comprendre, je ne comprends pas notre monde et je me suis dit non, non, je ne peux pas apprendre des choses pareilles, je vais partir en voyage. Donc, je suis partie faire de l'humanitaire et j'ai fait mon premier voyage du coup, loin, solo, je devais avoir 24 ans peut-être et je suis partie au Népal, en Inde et au Sri Lanka.
Loïc Ok.
Gaëlle Donc ça, ça a été ma première aventure solo et donc, bon ça, c'était génial, c'était vraiment l'humanitaire, j'ai vécu dans un monastère bouddhiste, j'ai nettoyé les plages du Sri Lanka, j'ai soigné des tortues handicapées, enfin, j'ai fait beaucoup de... C'était très beau et ça m'a bien ouvert l'esprit aussi sur nos privilèges et en rentrant, j'ai terminé mes études, j'ai essayé de bosser comme étant... de rentrer un peu dans les cases, comme on pourrait dire, mais encore une fois, je ne peux pas me forcer en fait, je sens que ça me tue à l'intérieur parce que je sais que ce n'est pas pour moi et en fait, j'ai toujours eu ce stress de ne pas trouver ma voie, mais en même temps, j'ai toujours eu cette certitude que je devais explorer jusqu'au moment où quelque chose allait arriver sur ma voie, comme là aujourd'hui. Et donc, je me suis laissée cette chance-là de pouvoir continuer d'explorer. Donc, j'ai vécu aussi en Espagne. À une époque, j'ai aussi acheté un van aménager et j'ai traversé France, Espagne, tout le Maroc pour aller jusqu'au dans le Sahara. Ça, je l'ai fait trois fois.
Loïc Ok.
Gaëlle J'ai vécu...
Loïc Pour un événement en particulier dans le Sahara ou pourquoi le Sahara trois fois ?
Gaëlle J'avais trop aimé être là-bas. De base, j'étais partie pour faire une retraite dans le désert, une connaissance qui organisait des marches dans le désert avec les trois règles. Donc, je me suis dit allez, vas-y, je vais me tenter l'aventure. Mais en même temps, je ne voulais pas être au Maroc juste pour aller consommer une retraite dans un endroit où des locaux montrent leur mode de vie. je me sentais un peu... Je ne sais pas, je ne me sentais pas trop alignée à ça. Donc, du coup, je me suis dit qu'est-ce que je peux faire ? Et donc, à côté, j'avais créé une cagnotte pour retaper un refuge animalier d'une Française qui avait créé... Enfin, qui avait ouvert un refuge pour récupérer les animaux maltraités ou en danger du Maroc. Et donc, je me suis fait une petite aventure comme ça où j'allais dans le refuge et je suis allée faire ma retraite. Et en fait, j'ai tellement aimé l'espace où j'ai fait la retraite que je ne suis pas partie. Je suis restée vivre trois mois vraiment aux portes du désert. C'est-à-dire, je faisais cinq minutes à pied, il y avait les dunes devant moi. Donc, j'ai vécu comme ça pendant trois mois. Et ensuite, qu'est-ce que j'ai fait ? Ensuite, j'ai fait l'école d'art martiaux. Et j'ai découvert... Kung-fu au Maroc,
Loïc j'avoue que c'est inattendu là.
Gaëlle C'est ça. Kung-fu au Maroc, je me suis retrouvée à faire le Ramadan. J'étais vraiment en immersion totale. Je voulais vivre comme eux, comprendre ce qui... Comment ils voyaient les choses parce qu'on en entend tellement parler, tu vois, les pratiques, l'islam, etc. Je n'ai jamais voulu me faire d'avis. Je voulais comprendre moi-même comment ils vivaient, comment ils vivaient leur spiritualité, leur religion, etc. Et je me suis retrouvée dans cette famille soufi qui pratique le Kung-fu chez Aoli. Et je me suis dit, c'est improbable. Soufi,
Loïc c'est quoi ?
Gaëlle Soufi, c'est la branche ésotérique de l'islam. Ok. Et donc, je me suis retrouvée à 5h du matin à faire les prières. On me réveillait entre 2h et 4h du matin pour chanter en plein milieu de la nuit, deux fois par semaine, que des choses comme ça. Et en même temps, je pratiquais le Kung-fu et je vivais avec une famille marocaine. Donc, c'était très, très intéressant.
Loïc Et en tant que femme qui voyageait solo, ça a été quoi, ton expérience ?
Gaëlle Je n'ai jamais eu vraiment de problème. je pense que, bien sûr, les intentions des personnes qui m'entouraient n'étaient pas toutes très saines. J'ai eu des moments où ce n'était pas forcément… On sent qu'il y a de l'intérêt derrière les paroles de quelqu'un et je ne me suis pas toujours sentie en sécurité parce que c'est aussi fatigant de voyager en tant que femme et de toujours devoir penser à ce qui pourrait potentiellement arriver quand on a juste envie de croire en l'humain et en se disant que tout le monde est bon est favorable. Mais sauf que, j'ai déchanté au bout d'un moment parce que finalement, j'ai vu qu'il y avait beaucoup d'intérêt derrière les actions.
Loïc Mais ça,
Gaëlle franchement, ça a été. Je pense aussi le plus dur, c'est de voir aussi comment ils considèrent les européennes, les personnes ou les français quand les femmes ont moins de liberté. On nous donne aussi des privilèges en tant que touristes et je n'aime pas trop ça. j'ai eu une grosse prise de conscience sur le voyage récemment où je me suis dit que j'ai l'impression de ne plus trop être alignée au voyage d'une manière générale parce qu'on a tellement de privilèges et il y a des personnes qui ne voyagent jamais de leur vie que maintenant, j'aimerais bien si je voyage principalement pour pouvoir aussi agir localement comme j'avais fait au Maroc. Donc, il y a pas mal de questions. Mais en tant que femme, franchement, je m'attendais à pire par rapport à ce qui pourrait être entendu du Maroc ou de l'Inde. L'Inde, je ne me suis jamais sentie autant en sécurité. Ah oui ? Ok. Oui.
Loïc C'est intéressant d'entendre ça parce que ce n'est pas forcément aligné avec les a priori ou ce qu'on peut entendre. Moi, je ne suis jamais allé en Inde. Mais du coup, ultra intéressant que tu partages ça. et par curiosité, les gens comprennent ta démarche que tu cherches, que ce soit au Maroc, dans cette famille ou maintenant en Inde. Et je te pose la question parce que j'ai souvent des invités, quasiment la moitié de mes invités sont des femmes. Et il n'y a pas très longtemps, j'en ai reçu. J'ai reçu Émilie pour la deuxième fois. Émilie qui fait principalement des voyages à vélo en solitaire. Elle a traversé l'Afrique, tu vois, à vélo en six mois par des petits chemins, etc. Et elle m'expliquait qu'en fait, elle passait beaucoup de temps à répondre aux questions des gens qui disaient mais où est ton mari ? Où sont tes enfants ? Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu n'es pas à la maison ? Qu'est-ce que tu fais sur un vélo ? Donc, mais c'est en même temps ultra intéressant parce que du coup, ça montre aussi, tu vois, la perception qu'il peut y avoir dans d'autres sociétés. Là, en l'occurrence, sur dans quel contexte on rencontre une femme. Mais voilà, je suis assez curieux de savoir, toi, les gens comprennent, ils sont habitués à ce qu'il y ait des gens de l'extérieur, des étrangers qui viennent essayer de comprendre leur culture, apprendre un nouvel art martial ou pas forcément ?
Gaëlle Non, enfin, les gens ne comprennent pas. Pas vraiment. Et c'est vrai que du coup, je me retrouve dans ce qu'elle te racontait, Émilie, c'est que ici, c'est vrai que les premières questions qu'on va me poser, c'est ouais, est-ce que tu es mariée ? Ah oui, ok. Et ça, parce qu'en fait, ici, déjà, dans le Kerala, donc la région où je suis, c'est assez différent, c'est beaucoup plus ouvert, même si, voilà, comparé au nord, par exemple, le nord est beaucoup plus chaotique, alors que le Kerala, c'est une région qui est quand même beaucoup plus... 99% des gens sont scolarisés, ont fait des études, tout le monde parle anglais, donc, c'est une autre démarche, c'est moins pollué, c'est très vert, c'est vraiment un autre monde. Donc, je parle avec un penchant qui n'est pas une généralité en Inde, mais tout de même, les gens me posent toujours cette question, est-ce que tu es mariée ? Comment ça se fait ? Parce que tu as 31 ans, tu devrais être mariée, parce qu'ici, à partir d'un certain âge, pour eux, 30 ans, c'est vieux. Ah oui ? ils sont... Tu sais, il y a aussi les mariages arrangés qui existent toujours ici, il y a des mariages d'amour, mais ils sont beaucoup moins fréquents, et à partir d'un certain âge, l'homme ou la femme est promis à l'un ou l'autre, et ils se marient, et les personnes qui ne sont pas mariées à un certain âge, c'est curieux. Et comme les femmes, ils vivent un peu dans l'import, je sais que les mères sont très, très, très, très, très protectrices, les enfants, ils appellent leurs parents six fois par jour, où es-tu, qu'est-ce que tu as mangé, est-ce que tu as mangé, ils sont vraiment très, très, très, très familles, des fois, ils ne sortent même pas le soir, alors que tout est safe, donc voir une femme solo dans un autre pays voyager, ils sont un peu choqués, comment ça se fait, mais tu n'as pas peur, et tes parents, ils disent quoi, mais comment tu fais, et ça leur paraît complètement hallucinant, mais il y a quand même de plus en plus, là, il y a une nouvelle génération en tout cas qui arrive en Inde, j'ai rencontré plusieurs femmes qui voyageaient solo en Inde, c'était leur première fois, et ça commence à s'émanciper quand même, donc c'était super beau à voir, j'ai partagé une chambre dans un hostel avec trois femmes, les trois femmes, c'était la première fois qu'elles voyageaient solo, elles avaient peut-être 25, 26 ans, et elles avaient des étoiles dans les yeux, elles disaient, waouh, mais c'est génial, je veux refaire ça tout le temps, donc c'est beau, ça s'ouvre, ça s'ouvre.
Loïc Gaëlle, du coup, j'ai vu, je ne sais plus si c'est sur tes articles LinkedIn ou sur tes newsletters, mais qu'un de tes objectifs, tes missions, c'est de partager aussi tout ce que tu vis, tu le fais comment aujourd'hui ? Alors là, il y a ce podcast, mais est-ce que c'est principalement via des interviews, est-ce que tu as, au-delà de la newsletter, il y a d'autres endroits où tu partages un peu ton expérience ?
Gaëlle Alors, principalement, newsletter, bien que là, je t'avoue, je ne suis pas très régulière, mais je ne peux pas faire les dents, en même temps, je dois vivre mon aventure, intégrer, et ensuite, en parler, donc je sais que je vais réécrire bientôt, je sens que ça commence à me titiller, mais du coup, newsletter, je suis aussi, quand on m'invite sur des podcasts ou des radios, ou sur LinkedIn, beaucoup sur LinkedIn, mine de rien, et j'ai aussi fait quelques prises de parole en ligne pour des petits ateliers, à l'époque, c'était sur des thématiques, de faire le point sur sa vie, de suivre un parcours hors normes, et là, j'aimerais beaucoup développer le côté conférence et parler un petit peu de mes aventures, donc j'ai donné une première conférence, c'était quand ? C'était l'année dernière, l'été dernier, donc pas loin avant mon départ, et donc, je pensais développer ça, mais finalement, je suis toujours en voyage, donc, donc, c'est pas pour tout de suite, mais, mais ouais, c'est principalement comme ça, je pousse pas trop sur les réseaux, je t'avoue, donc, j'aime bien, j'aime être présente et partager ce que je ressens, ce que je vis, ce que je comprends, et je sais que ça va toucher les personnes que ça doit toucher, je cherche pas à grossir forcément, à être influenceuse ou être dans l'inspirationnel, ou quoi, non, j'aime bien rester plutôt calme, et s'il y a des personnes que ça touche, comme toi, tu vois, t'es venue me voir, et bien, c'est avec grand plaisir de le faire et de peut-être ouvrir, je sais pas, des voies dans la vie de certaines personnes ou de voir les choses autrement, donc, donc, voilà, pour le moment, c'est, mais j'ai quand même aussi, il y a une dernière chose que j'ai très envie de faire et qui me, c'est d'écrire un livre, c'est vraiment,
Loïc j'oublie,
Gaëlle c'est vraiment quelque chose qui m'appelle de plus en plus, j'ai plusieurs idées déjà.
Loïc Un livre pour raconter l'Inde en particulier ou ta vision de, justement, de l'exploration de la vie, de son potentiel ?
Gaëlle C'est plus, ouais, l'exploration de la vie. Je me suis rendue compte que, finalement, en tant qu'humain, on traverse tous les mêmes choses, on a tous les mêmes réalisations à un moment donné, sauf qu'on les vit à travers des événements différents. Et donc, je l'ai compris avec toutes les personnes avec qui j'ai pu parler, de tous, les, tous pays, religions ou tout autre mode de pensée. À chaque fois, je trouvais des similarités sur les questionnements, sur les réalisations. Et donc, j'aimerais beaucoup peut-être créer un peu comme un, comme un petit roman initiatique sur, sur la vie et sur les choses. Et puis, les paroles qu'on m'a dites, j'ai beaucoup de personnes qui m'ont, qui m'ont dit des, des phrases très sages qui, qui, qui reste ancrées. Et donc, j'aimerais beaucoup aussi pouvoir faire parler les personnes que j'ai, que j'ai rencontrées et qui m'ont marquées. Donc, à voir, j'en sais rien. Là, tu vois, je te, je te, je te balance ça un petit peu, un petit peu sur le feu. j'y réfléchis sans y réfléchir. Le teasing,
Loïc le teasing.
Gaëlle Ça me plairait beaucoup, clairement.
Loïc Ah, trop bien. Excellent. Et, est-ce que tu as encore des destinations, des expériences à vie sur ta checklist ou pour le moment, tu es vraiment focus sur l'instant présent et le calary et c'est très bien comme ça ?
Gaëlle Je n'ai pas, à chaque fois que j'avais un objectif, il n'est pas, il n'est pas arrivé. Donc, j'ai compris que je fonctionnais différemment. J'ai, j'ai, comme je dis dans ma bio Instagram, je ne recherche pas des objectifs, je réponds à mes appels. Enfin, je le disais en anglais et en fait, c'est vrai que je, je sens que, si je sens que je dois rester quelque part, quelque part que je reste, si je sens que je dois partir, je pars et je me retrouve finalement toujours dans, tu vois là, par exemple, j'avais prévu de faire un tour de l'Asie du Sud-Est et de faire, ensuite de partir en Chine finalement, je n'ai rien fait du tout. Je me retrouve à faire exactement le même trajet que j'ai fait il y a 7 ans, Népal, Inde, Sri Lanka et je n'avais pas du tout créé du ça. Donc, je me dis, les choses arrivent. J'ai envie de voyager sinon je te dis que j'ai trop envie d'aller au Japon, j'ai trop envie d'aller en Turquie, j'ai trop, enfin, j'ai plein de pays que j'aimerais bien visiter mais je ne prévois rien parce que ça ne se passe jamais comme je le prévois. Donc,
Loïc c'est intéressant cette idée finalement un peu de lâcher prise et de faire confiance c'est-à-dire que les opportunités se présenteront quand ce sera le bon moment, quand les planètes seront alignées.
Gaëlle C'est ça et c'est assez fou parce que finalement ce lâcher prise que j'arrive à avoir, eh bien, à chaque fois, je... On me pose souvent cette question mais comment tu fais financièrement ?
Loïc Écoute, c'était sur une de mes... C'était ma prochaine question. Voilà.
Gaëlle J'ai... J'ai... À chaque fois, en fait, j'ai pas... J'ai jamais cherché dans mon bagage d'études. Même si, voilà, j'ai un bac plus 5 et je pourrais prétendre à des choses qui pourraient être potentiellement très avantageuses, j'ai pas... J'ai senti que c'était pour moi un peu une limite, une prison quelque part. Donc, j'ai cherché plutôt qu'est-ce que je pourrais faire qui me permette de voyager et qui me prend pas trop la tête. Donc, je me suis retrouvée à une époque à faire de la prospection pour une start-up dans l'agriculture. Je travaillais quelques heures par semaine. Après, je me suis retrouvée pareil comme... J'ai travaillé dans le recrutement mais comme assistante d'un chef dirigeant et ça, pareil, ça me prenait pas la tête mais je pouvais tout faire à distance. Donc, j'ai commencé mes voyages comme ça et à un moment donné, j'ai commencé à publier sur LinkedIn. J'ai eu des opportunités qui sont venues à moi comme, tu vois, j'avais été coach LinkedIn mindset pour Ulysse Lubin dans ses challenges. Donc ça, j'avais fait ça deux fois. Il en a fait trois et dans deux, j'étais coach une fois participante et ensuite, j'avais travaillé aussi pour une start-up qui vient d'ouvrir ses portes, qui promeut des activités. C'est le voyage autrement. C'est même pas le voyage, c'est une app d'activités insolites mais qui remet l'humain au centre qui s'appelle Meet People. C'est Alexandre Lambert qui a créé, qui est un très, très bon ami à moi maintenant et voilà, on s'est rencontrés grâce à LinkedIn à mes voyages et finalement, j'avais bossé pour lui. Là, j'ai suivi un appel de partir en Inde et je me retrouve maintenant à être en stage dans l'école et à bientôt pouvoir du coup être, pas salariée, mais en tout cas de pouvoir développer la part internationale. Donc finalement, à chaque fois que j'écoute un de mes appels, je me retrouve à participer à la vie locale ou comme au Maroc, j'avais participé à l'organisation d'un festival dans le désert et finalement, je n'avais pas été payée mais je ne payais rien. Donc, c'était un troc et en fait, à chaque fois, ça coule. Donc, je ne dis pas que je ne suis jamais stressée parce qu'il y a quand même des fois une petite angoisse de « Ah ouais, mais attends, je n'ai rien de côté, j'ai 30 ans, qu'est-ce qui se passe dans ma vie ? » Mais je me dis « C'est quoi la vie ? Est-ce que c'est vraiment ce que j'ai envie de me stresser sur la retraite, sur toutes ces choses-là qu'on nous met en tête ? » Je sais que ça va bien se passer. J'ai cette confiance extrêmement en la vie et je me dis « La plus belle chose que je peux m'offrir actuellement, c'est les souvenirs parce que c'est la seule chose qu'on ne peut pas acheter. » Et donc, c'est tellement vrai. je me concentre là-dessus. Si un jour, je suis vraiment dans la panade financière, mais ce n'est pas grave parce que je sais que je peux travailler. Je sais que je vais travailler dans un resto ou même s'il faut faire du ménage, je m'en fiche complètement. Si j'ai pu, à côté, découvrir des pays, découvrir des cultures, suivre mes envies, m'ouvrir l'esprit, découvrir des humains, il n'y a rien de plus beau pour moi. Vraiment, ça me passionne et je peux être pauvre toute ma vie tellement je suis riche de mes expériences.
Loïc Wow ! Ah oui ! Magnifique ! C'est ultra intéressant ce que tu partages et ton point de vue. j'avais suivi une formation quand je travaillais encore chez Apple. Apple m'avait payé en partie une formation de coach, pas coach sportif, coach, business coach, coach en performance. une partie de cette formation, c'était une formation avec l'ICF, International Coaching Federation, qui est un peu un gros lobby international, je crois, le plus gros lobby d'ailleurs de coaching international. Et une partie de cette formation qui du coup était ultra structurée, c'était sur l'exploration des peurs, etc. Et en tout cas, à l'époque où je l'avais suivi en Suisse, cette formation, parce que j'habitais en Suisse, et on se posait les questions entre nous, on devait être peut-être 15 ou 20, sur l'exploration de nos peurs par rapport à nos projets de reconversion ou autre. La peur numéro 1, mais de très très très très loin, c'était quasi systématiquement et pour tout le monde, l'argent. Tu vois ? Et en fait, ah mais je ne peux pas me lancer maintenant parce que je ne suis pas prêt, parce que du coup, il n'y aura pas assez d'argent, je n'ai pas assez économisé. Oui, mais là, il y a si, tu vois, et que des raisons valables, tu vois, raisonnables, qui font sens. Mais, mais ouais, je ne sais pas si c'était représentatif de la société en général, mais je dirais quand même, tu vois, chaque fois que j'en parle avec des potes qui envisagent de quitter un job ou autre, c'est l'aspect financier, quoi, qui revient principalement comme étant le bloqueur, tu vois, non, je ne peux pas aller explorer ce chemin parce que, bah, financièrement, c'est chaud. Donc, gros sujet. Et je ne dis pas que la solution, c'est de tout lâcher, tu vois, toi, tu suis ta route et ton témoignage, il est ultra intéressant et je ne sais pas s'il y a une réponse, tu vois, à cette peur, mais en tout cas, ouais, elle est visiblement, elle est bien là, quoi, pour beaucoup, beaucoup de gens.
Gaëlle Ouais, je ne suis pas du tout étonnée, mais je tiens à préciser quelque chose quand même sur ma vie parce que, parce que, j'ai eu une facilité qui m'a permis aussi d'accéder à cet état d'esprit et je préfère être honnête là-dessus pour pas que les gens se, on ne sait jamais s'il y a des gens qui sont inspirés à tout quitter de quand même prendre certaines choses en considération. C'est que,
Loïc tu as gagné au loto. Non,
Gaëlle j'aurais bien aimé. J'ai reçu à un moment donné dans ma vie une personne de ma famille qui est décidée et j'ai eu une petite somme d'argent, pas grand-chose, mais ça m'a permis de me dégager la peur financière. Bien sûr, je travaillais à côté quand même parce que c'était, je voyageais en travaillant, c'était quelque chose que je voulais faire, mais ça m'a permise à un moment donné de lâcher prise et de réaliser à quel point quand on lâche prise, il y a d'autres choses qui viennent. Après, il faut dire que j'ai un rapport particulier à l'argent aussi. Je ne peux avoir pas grand-chose et acheter quelque chose qui a un prix exorbitant. J'avais fait une formation de coaching, j'avais mis je ne sais pas combien d'argent dedans, mais finalement, je n'ai pas forcément continué dans ce monde-là. Mais j'ai un rapport à l'argent où je me dis c'est là pour être dépensé, ce n'est pas là pour dormir. Peut-être qu'il y a un moment donné où je me dirais j'aurais peut-être dû mettre de côté, je n'en sais rien. Mais voilà, je voulais juste préciser ça parce que c'est vrai que j'ai eu un coup de pouce qui m'a permis de lâcher prise. Je pense que j'y aurais accédé quoi qu'il arrive, mais ça aurait été peut-être un peu plus long. Peut-être que j'aurais été plus anxieuse sur certaines choses. Mais voilà, je tenais à être honnête sur ce point-là, de ne pas mettre de la magie et des étoiles plein les yeux alors qu'il y a quand même toujours plusieurs versant de l'histoire.
Loïc Oui. Bien sûr, encore une fois, le parcours de chacun est unique et chacun, je pense que c'est vraiment un sujet de réflexion et je n'en sais rien si la solution et si ce qui convient à tout le monde, c'est ce que tu fais, c'est arriver à lâcher prise et à partir comme ça sur des périodes quand même relativement longues. Mais en tout cas, je pense que vraiment, c'est toujours intéressant à mon sens d'explorer ces peurs et de voir comment on peut peut-être retravailler certaines perceptions et clairement, ce sujet de l'argent, je pense que c'est peut-être la plus grosse pour beaucoup de gens. Ultra intéressant, Gaël. Alors, je t'ai posé la question un peu plus tôt sur est-ce qu'il te reste des choses à faire sur ta checklist, etc. Bon, là, ta réponse était alignée avec tout ce que tu nous as dit sur le reste de l'épisode. Finalement, tu saisis les opportunités en vol et pour le moment, tu explores et ça te va très bien. mais est-ce qu'il y a sur les mois à venir, après, une fois que ton retour en France sera fait et que tu seras retourné en Inde, tu vas te concentrer sur quoi à ton retour ? Est-ce qu'il y a des milestones dans ta pratique, dans ce que tu veux explorer sur place, que ce soit pour le Calary ou autre chose, que tu as quand même en tête et que tu vises ?
Gaëlle Quand je vais retourner en Inde ou mon retour en France ? Oui,
Loïc quand tu vas retourner en Inde, oui.
Gaëlle Quand je vais retourner en Inde. j'aimerais beaucoup maîtriser les armes en métal.
Loïc Ok.
Gaëlle J'ai un niveau au-dessus
Loïc du coup de ce que tu fais, c'est ça, d'un point de vue grade, entre guillemets ?
Gaëlle Oui, clairement. Dans notre Calary, il n'y a pas vrai... Enfin, on va dire qu'il y a le Calary du Nord, le Calary du Sud, le Calary du Nord, il va plus y avoir cette progression d'abord le corps, après le bois, le métal, etc. Ici, on est un peu plus... Chacun avance à son rythme, on n'a pas tous les mêmes capacités, certains vont plus vite, certains vont plus lentement et quand les maîtres décident qu'on est capable d'aller plus loin, ils vont nous donner cette opportunité. D'accord. Donc, j'ai vraiment envie de voir jusqu'où mes capacités peuvent aller et aussi un petit challenge vis-à-vis de moi-même de me prouver qu'en tant que femme à 30 ans qui n'a pas un parcours très sportif, eh bien, voir tout ce qu'on est capable et que rien n'est impossible et qu'à n'importe quel âge, on peut commencer des choses. je n'ai pas forcément d'objectif, j'ai juste envie de maîtriser au mieux cet art, comprendre mon corps dans ses moindres recoins et de pouvoir à un certain moment enseigner. Je suis très intéressée par la dimension de soins et j'aimerais bien me développer et m'entraîner assez pour qu'à un moment donné, on me dise que je puisse accéder à la dimension de soins. Donc, on va dire que c'est ça l'objectif pour le moment.
Loïc C'est quoi l'arbre en métal la plus stylée que tu as en tête ?
Gaëlle Je ne sais pas comment elle s'appelle mais il y a une espèce de massue.
Loïc Avec des pics partout. Mais oui ! Sérieux ?
Gaëlle Vraiment, tu as l'impression d'être... Quand tu vois des vidéos, quand j'avais vu des vidéos des performances de Calary avant de venir, je n'étais pas forcément hyper impressionnée. Je me suis dit que c'était des performances artistiques, etc. Puis après, quand j'ai vécu les performances en temps réel, je me suis dit mais c'est des malades les mecs. Ils ont tous eu des points de suture. Combien de fois j'ai vu qu'il y avait du sang partout sur la scène de Calary. Ils s'en fichent. Ils vont au bout. Et je ne sais pas pourquoi je suis attirée autant par tout ça. Il y a un esprit guérien en moi qui se réveille quand je suis là-bas et en fait, il y a... Oui, j'ai envie de... Je ne sais pas. Il y a quelque chose qui bouillonne en moi quand je les vois performer et j'ai trop envie de découvrir la hache, l'épée, le bouclier, enfin vraiment tout ça. Et puis, ah non, je n'ai pas parlé de ça. Ils ont une arme, une épée flexible qui s'appelle l'Orumi qui est la dernière étape ultime de maîtrise dans les armes et qui est particulière au Calary. Et donc, à l'époque, ils utilisaient cette arme en tant que ceinture et dès qu'il y avait un danger, ils la sortaient et bam ! Et en fait, ils ont des performances artistiques avec cette arme et donc, quand on atteint un certain niveau, on a le droit d'y accéder. Et c'est assez... C'est un peu le graal du Calary de pouvoir pratiquer le nouveau Mii. Donc, peut-être ça aussi, tu vois.
Loïc Oui. Excellent. La masse, c'est pas la gada, c'est autre chose, c'est ça, c'est plus un outil d'entraînement ça.
Gaëlle Le gada, ouais. Le gada, le gada, c'est un... Comment tu pourrais
Loïc le décrire d'ailleurs, parce qu'on en parle là, mais pour les gens qui... Alors moi, je fais le malin parce que j'ai préparé l'épisode, mais ça ressemble à quoi ?
Gaëlle Le gada, c'est une espèce de... Pareil, une grosse massue en bois qui a pour but de... Il y a aussi des combats avec ça, mais je connais pas trop, j'en ai pas vu, mais je sais que ça existe. Mais l'idée, c'est de créer des mouvements circulaires pour maîtriser le haut du corps et renforcer le haut du corps, mais à travers des mouvements balanciers. Et en fait, ça crée... Ça crée tout un... Comment dire ? Je sais pas comment dire ce que... J'ai une phrase qui me vient, mais qui me paraît compliquée maintenant que j'essaie de la sortir. Mais en gros, c'est maîtrisé à travers le mouvement des hauts du corps et du bras. Tout ce qui est épaules, corps, dos. Et donc, c'est, on va dire, une pratique de conditionnement pour des futures pratiques, même pour le stick, pour les armes qui sont quand même assez lourdes. Le Gada va permettre de créer cette puissance dans le haut du corps pour pouvoir ensuite amener plus de mouvements, plus de power dans les pratiques et dans les enchaînements.
Loïc Excellent. Ok. Eh ben, ultra intéressant. Franchement, un grand, grand merci, Gaëlle. C'était passionnant d'en apprendre plus sur ton parcours en général et ton approche du voyage, de l'immersion, de l'exploration de la vie, en fait, j'ai envie de te dire. Et puis, plus précisément de ce que tu es en train de faire avec le Calari en Inde. On a parlé de beaucoup de choses. Est-ce que toi, il y a un mot de la fin qui te semblerait, qui te semble important que tu voudrais soit ressouligner, soit partager si on ne l'a pas encore évoqué ?
Gaëlle J'ai simplement envie de dire pour les gens qui vont écouter cet épisode que je sais qu'à travers mes rencontres, j'ai vu beaucoup de personnes qui avaient cette espèce de flamme à l'intérieur. Ils avaient envie de faire des choses, mais ils ne l'écoutaient pas et ça s'éteignait de plus en plus. Et je voyais sur leur visage qu'ils avaient besoin d'autres choses dans leur vie, mais ils restaient cantonnés à ce qu'ils connaissaient parce que c'est le confort. Et la peur de l'inconnu qui est beaucoup plus puissante. Mais j'ai envie de dire, écoutez cet appel parce que c'est là-bas qu'on va trouver les trésors de notre vie. Je n'ai jamais suivi les codes ou très rarement. Et je me suis toujours retrouvée dans des situations où je me dis, mais ce n'est pas possible en fait. Il y a tout ça derrière toute cette barrière de la pensée que je me mettais. j'avais un mur devant les yeux à un moment donné. Je me dis, mais non, la vie est beaucoup trop vaste et beaucoup trop précieuse pour rester dans un cadre qui nous fait souffrir. moi, c'est vraiment ça que je combats quelque part parce que j'ai vu tellement de personnes qui s'éteignent. et c'est beaucoup trop triste et je ne supporte pas voir ça. Vraiment, ça me tue de voir des personnes qui... Alors bien sûr, on a tous des impératifs, on a tous des vies différentes. Pas tout est possible. Mais en tout cas, que chaque personne puisse mettre un pas à travers... un pas après l'autre vers leur rêve, qu'importe le temps que ça prendra, je pense que c'est la chose la plus importante. et j'espère que les gens prennent conscience de ça à un moment donné.
Loïc 100% d'accord avec toi, Gaëlle et Aligné. Ma conviction sur le podcast et c'est pour ça que j'adore échanger avec des gens comme toi, c'est qu'on a tous, tu vois, en nous une petite flamme de folie, un côté un peu... peut-être un peu enfantin, l'envie d'explorer, l'envie de découvrir de nouvelles choses et pour plein de raisons différentes, on finit par étouffer tout ça. Plus on grandit, plus on se responsabilise entre guillemets. Mais pour autant, la flamme, je pense qu'elle n'est jamais complètement morte et je suis comme toi convaincu que l'enjeu, le sujet, c'est d'arriver à la raviver, tu vois, à réveiller ce petit grain de folie, ce petit grain de frappé qu'on a en nous. Donc, ultra, ultra intéressant. Un immense merci, Gaëlle. s'il y a des gens qui veulent te suivre, il y a le lien vers ton profil Instagram en description de l'épisode. Est-ce qu'il y a d'autres plateformes sur lesquelles tu communiques ? Il y a Instagram, LinkedIn et ta newsletter en description, mais il y a autre chose qui est importante ?
Gaëlle Non, c'est le principal.
Loïc Ok.
Gaëlle C'est le principal et ça m'a fait trop plaisir aussi. Déjà, quand tu m'as proposé et que j'ai vu le nom du podcast les frapper, je savais déjà que c'était un grand oui et donc, j'ai passé vraiment un super moment. Je suis très contente d'avoir pu parler un peu de mon parcours et voilà.
Loïc Je me suis régalé aussi. Un immense merci, Gaëlle. Profite bien de ces dernières semaines en Inde avant tout retour en France et puis, écoute, je vais continuer à suivre ce que tu fais. Je te dis peut-être à une prochaine pour un nouvel épisode, pour le récit de nouvelles explorations.
Gaëlle Avec grand plaisir.
Loïc Merci Gaëlle. Salut.
Gaëlle A bientôt.
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